Dissonances culturelles, mémorielles et patrimoniales : accords et ruptures dans le "vivre ensemble" (Metz)
Dans le prolongement du programme scientifique du Centre de recherche sur les médiations (Crem, Université de Lorraine), l’équipe de recherche Passages se propose d’interroger les formes contemporaines du « vivre ensemble », à partir des phénomènes de dissonances culturelles, mémorielles et patrimoniales. Cette perspective implique d’analyser la manière dont toute société gère les tensions issues des différences qui les traversent – eu égard au contrat social qui les structure – étant donné que les fondements du « vivre ensemble » sont par nature instables. La culture, le patrimoine, la mémoire – et les objets, les lieux ou les pratiques dans lesquels ils s’incarnent – participent tout autant à la quête d’une harmonie collective qu’au surgissement de désaccords. En filant la métaphore musicale, ces trois domaines peuvent en effet devenir dissonants.
Dans la langue commune, l’usage probablement le plus répandu du mot « dissonant » renvoie à l’univers de la musique et au fait de jouer ensemble ou consécutivement deux notes dysharmoniques qui installent une impression désagréable, qui éloignent de la consonance attendue (Di Stefano, Vuust, Brattico, 2022). De la même manière, le fait de (re)qualifier comme étant « problématique » ou « choquant » une œuvre, un propos ou un dispositif culturel, mémoriel ou patrimonial fait vaciller des équilibres fragiles (les représentations de minorités en art, des statues héritées d’une période coloniale, l’édition ou la réédition de textes controversés d’un auteur) (Erard, 2007 ; Lemelin et al., 2013 ; Näripea, 2006). Avec la dissonance, on observe que le charme collectif est rompu, que la cohérence est fissurée, que des éléments ne s’accordent plus. Un décalage, une contradiction, une incompatibilité s’installent et créent une tension imprévue ou nouvelle. Ce qui était pensé et vécu comme consensuel et contribuant à l’harmonie (rassembler autour d’œuvres à découvrir ou redécouvrir, représenter la diversité, préserver une mémoire commune) va désormais « sonner faux », faire entendre et rendre visibles des désaccords. Ce qui devait produire de l’harmonie ou y contribuer va créer de la dissonance (Dragićević Šešić, Rogač, 2014).
La dissonance dans les sciences humaines et sociales.
La dissonance caractérise une situation dans laquelle un individu ou un groupe d’individus doit faire face à des manières antagonistes d’aborder un problème. La notion a été travaillée par le psychologue Leon Festinger dans A Theory of Cognitive Dissonance (1957) lorsqu’il forge l’expression « dissonance cognitive » pour décrire l’état dans lequel se trouvent une personne ou un groupe de personnes confrontés à une situation qui génère une tension psychologique ou idéologique (Aronson, 1968 ; 1997). Cette notion a irrigué de nombreux travaux dans les disciplines des SHS et plus spécialement dans les champs du management ou du marketing pour aborder la question des conflits entre acteurs (Gallen, Brunel, 2014), l’adoption ou non de comportements éthiques (Cherré, Laarraf, Yanat, 2014), les tensions entre respect de la loi et usages, ou encore entre respect ou non de certaines valeurs fondamentales considérées comme utiles au bon fonctionnement d’un groupe ou, plus largement, de la vie en société (honnêteté, confiance) (Gire, Williams, 2007 ; Mendel, 2004 ; Stark, 2009). L’espace de l’anthropologie de la communication est également occupé par l’exploration de phénomènes dissonants. Lorsque Gregory Bateson et ses collaborateurs façonnent le concept de Double Bind, il est question de décrire une forme de dissonance communicationnelle : un individu reçoit à différents niveaux au moins deux messages contradictoires (verbal/non-verbal, explicite/implicite) et il ne peut ni obéir aux deux, ni pointer la contradiction, ni quitter la situation (Bateson, Jackson, Haley, Weakland, 1956). Quant à Erving Goffman, il analyse dans The Presentation of Self in Everyday Life (1959) les dissonances qui émergent entre l’identité qu’on souhaite projeter ("front stage") et l’identité réelle en coulisse ("back stage").
La dissonance dans les recherches sur la culture, la mémoire et le patrimoine.
Dans le champ des études culturelles, mémorielles et patrimoniales, la question de la dissonance a également été travaillée. On la retrouve notamment chez Bernard Lahire quand il étudie dans la Culture des individus (2004) le phénomène « d’hybridation stylistique », ou comment un individu ou un groupe d’individus combine(nt) des pratiques culturelles éclectiques ou hétérogènes autour d’objets allant des plus aux moins légitimes. La dissonance désigne alors ces juxtapositions d’éléments « désaccordés » au regard des normes sociales de la légitimité -comme au regard des cadres théoriques mettant ces normes au jour (Bourdieu, 1979).
Les travaux centrés sur le patrimoine proposent cependant un étayage théorique différent de la dissonance. Pour John Tunbridge et Gregory Ashworth et la parution de leur livre Dissonant Heritage (1996), la dissonance naît du désaccord ou du conflit entre différents acteurs (pouvoirs publics, institutions, visiteurs et touristes) autour d’un héritage qui est chargé de significations ou de valeurs et qui est précisément contesté par certains d’entre eux. Cette approche du patrimoine dissonant – autrement qualifié d’inconfortable, de difficile ou d’embarrassant – a fait florès et a permis de prolonger, mais aussi de singulariser, la question de la dissonance (Broudehoux, 2024 ; Carvalho, Semedo, 2023 ; Crenn, 2025 ; Dahm, Müller, Jacques, 2024 ; MacDonald, 2009 ; Potz, Scheffler, 2023). Dans le registre mémoriel, on trouve aussi des dissonances dans les processus de qualification ou de requalification de lieux, comme par exemples des lieux de détention ou de massacre (Fleury & Walter, 2008-2011). Il en va de même pour certaines productions testimoniales (Walter, 2005 ; Walter, 2010)
À la suite de ces recherches, se pose ici la question de savoir si un bien matériel ou immatériel hérité du passé porte ontologiquement une part de dissonance au regard de ses origines (provenance géographique, identité de ses créateurs, conditions de son entrée dans des collections patrimoniales…) ou de ses caractéristiques (polysémie des interprétations possibles, conflit de valeurs, charge émotionnelle ou politique). Selon Višnja Kisić (2016), tout patrimoine est intrinsèquement dissonant, tandis que pour Giulia Crippa (2021), la dissonance serait nécessairement liée à des conflits d’interprétation dans des contextes de débats sociaux, politiques et historiques renouvelés. Dans cette perspective, l’analyse de la dissonance rejoint celle des logiques de la réception, de la diversité des perceptions d’un même contenu et d’une même œuvre. Au-delà de leurs divergences, il s’agit là, dans le domaine du patrimoine, de travaux qui se rejoignent autour de l’idée suivante : repenser le patrimoine en termes de dissonance signifie cesser de le considérer comme inamovible/intouchable.
La dissonance : des dynamiques de rupture
La façon dont la dissonance se manifeste ne va pas de soi. Le décalage ressenti ou perçu peut ne déboucher que sur la reconduite d’un statu quo, demeurant ainsi, au niveau collectif, de l’ordre de l’impensé ou du non-dit. Au contraire, la dissonance peut amener à l’expression publique de qualifications contradictoires des biens culturels considérés et elle peut donner lieu à controverse ou polémique, selon les capacités des groupes impliqués à exprimer et faire valoir leur point de vue, à l’argumenter, à susciter leur reprise médiatique. Tandis que la publicisation ou le traitement médiatique de la dissonance peut s’inscrire dans une stratégie de dénonciation et résolution de celle-ci comme dans une instrumentalisation à des fins militantes autres (la mise en scène de spectacles offrant une relecture ou un détournement de l’histoire, le déboulonnage de statues, les sit-in ou jets de soupe dans les musées) (Barbéris, 2025 ; Bessette, Bessette, 2022, 2025 ; Hottin et al., 2024).
Dans tous les cas de figure, la dissonance est marquée par le passage d’une configuration à une autre, soit dans le temps long, soit par le surgissement d’une situation imprévue : un commentaire ou un discours, des pratiques inédites, des actions qui conduisent à (re)qualifier un objet, une croyance, des valeurs, des événements, une nouvelle théorie, un autre projet politique, des mobilisations entraînent une reconsidération des éléments culturels, mémoriels ou patrimoniaux. Des situations qui ne sont pas sans créer de tensions qui s’articulent autour d’une grande diversité d’objets ou de sujets : les lectures divergentes ou réécritures de l’histoire (de la Révolution française à la Shoah ou à la guerre en Algérie), l’articulation entre incarnation et identité au théâtre et au cinéma, la mise en scène ou l’exposition de spectacles ou d’œuvres jugés blasphématoires et les conflits religieux et juridiques d’interprétation qui en résultent, etc.
Perspectives
L’ambition de cette journée d’études est de poser les cadres heuristiques de la dissonance culturelle en cherchant à offrir à cette notion une définition stable qui prend en compte, d’une part, le caractère conflictuel ou concurrentiel des objets, pratiques ou interprétations dissonant(e)s et qui s’attache, d’autre part, à observer la dissonance en la (re)situant dans une perspective diachronique.
Cet appel n’entend pas fixer de restriction a priori à ce qui fait l’objet de dissonances et ses problématiques peuvent être appliquées à une diversité de biens culturels, mémoriels ou patrimoniaux (objets, lieux, pratiques, paysages, traditions, etc.). La réflexion autour de la notion de dissonance se veut ouvertement propédeutique. Plusieurs axes de cadrage sont cependant proposés pour explorer cette thématique générale de la dissonance. Ils ont pour ambition de comprendre comment la dissonance se met en place dans le domaine de la culture, de la mémoire et du patrimoine, comment elle se manifeste, se négocie ou se gère. Les propositions de contributions pourront se concentrer sur un axe spécifiquement ou en combiner plusieurs si la problématique s’y prête.
Axe 1 L’émergence de la dissonance : contextes et temporalités
Sont attendues ici des contributions prenant en compte la temporalité dans laquelle s’inscrit la dissonance. Celle-ci peut s’attacher à un bien culturel dès sa création ou sa publicisation ou, au contraire, elle peut n’émerger que par la suite, à l’occasion des changements du contexte dans lequel le bien trouve sa place. Une sculpture présente dans l’espace public depuis des décennies devient inacceptable, un artiste longtemps valorisé fait l’objet d’une remise en cause. C’est dans ses processus historiques que la dissonance peut être comprise. Quelles sont les conditions d’émergence de la dissonance ? Quelles sont les logiques du changement de perception d’un même objet ? Ce premier axe porte donc sur l’historicisation de la réception des biens culturels, patrimoniaux et mémoriels et sur l’analyse des controverses ou des polémiques qui peuvent l’accompagner.
Axe 2 Les acteurs de la dissonance : rôles et implications
Les processus de dissonance sont produits et portés par des acteurs. Tant par ceux qui visent à l’exprimer et à la faire percevoir que par ceux qui se trouvent confrontés à ces discours et ces mobilisations en raison de leur rôle, choisi ou non, dans la diffusion et la présentation des biens contestés. Pouvoirs publics, bien évidemment, mais également collectivités locales, institutions culturelles, associations culturelles, mémorielles, religieuses ou encore identitaires, entreprises privées, descendants ou ayants droit, artistes, publics et visiteurs, etc. : la liste ne peut en être exhaustive et la nature des acteurs impliqués varient selon les objets de la dissonance et les contextes de leur mise en cause. Ce deuxième axe invite non seulement à l’identification des acteurs de la dissonance, des agendas qu’ils poursuivent et des ressources qu’ils peuvent mobiliser au service de leurs stratégies, mais aussi à porter le regard sur les relations qui existent entre eux et les configurations changeantes dans lesquelles ils se trouvent, volontairement ou non, impliqués.
Axe 3 Les dispositifs de la dissonance : production et gestion
L’expression de la dissonance, comme les tentatives d’y répondre ou d’y remédier, supposent pour les acteurs de recourir à des moyens leur permettant de faire valoir et publiciser leurs interprétations des biens culturels. À côté des formes plus classiques de l’action collective (manifestation, boycott, pétition et leurs déclinaisons en ligne) se retrouvent des modalités reposant sur la provocation à des fins de médiatisation (les œuvres d’art aspergées de soupe ou de peinture, par exemple) mais aussi des instruments plus techniques (le droit notamment) ou plus spécialisés (tels que les commentaires paratextuels, présents dans le monde muséal comme dans l’édition pour accompagner la diffusion d’œuvres devenues problématiques). Des logiques participatives ou de co-construction trouvent parfois leur place dans ces dispositifs, de manière à impliquer les publics ou les communautés concernés par les biens dissonants. Outre le repérage de ces répertoires, l’enjeu de ce troisième axe est aussi de voir les effets, souhaités ou subis, des moyens retenus par les acteurs, de comprendre comment les dispositifs mis en place permettent d’atténuer la dissonance ou au contraire peuvent l’aviver.
Comme on le voit à la lecture de cet appel, les recherches sur la dissonance sont relativement circonscrites et les perspectives sont encore limitées. S’il existe bien des travaux qui ont cadré la notion (en particulier ceux de Festinger ou encore de Lahire, mais avec des ambitions différentes), on remarque que ce sont essentiellement les spécialistes du patrimoine (pour ne pas dire des institutions muséales) qui se sont emparés de la notion et l’ont travaillé pour saisir les effets du temps sur la conservation des objets, des œuvres, des bâtiments, etc. Pourtant, la dissonance résonne dans d’autres sphères de la culture et de la mémoire : la bande dessinée, le cinéma, la littérature, la musique, le spectacle vivant, les loisirs, etc.
L’objectif de cette journée d’études sera d’explorer cette notion et – nous le souhaitons – de lui offrir une envergure à travers des terrains nouveaux ou des apports théoriques renouvelés. Cette journée d’études constituera une première étape de travail devant ouvrir à une publication inaugurale dans le champ des études sur la dissonance culturelle, mémorielle et patrimoniale.
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Les propositions de communication sont à envoyer pour le 7 mars 2026 sous forme de résumé en français (entre 2000 et 2500 signes espaces compris) à Michaël Bourgatte (michael.bourgatte@univ-lorraine.fr) et à Jean-Matthieu Méon (jean-matthieu.meon@univ-lorraine.fr). Les propositions seront accompagnées d’une brève notice biobibliographique, précisant le statut et l’université de rattachement, les axes de recherche et une sélection de travaux récents, ainsi que les coordonnées du/de la contributeur/contributrice.
Les notifications de sélection des contributions seront envoyées le 15 mars 2026.
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Bibliographie
Aronson, E. (1968). Dissonance Theory: Progress and Problems. Rand McNally.
Aronson, E. (1997). Back to the future: Retrospective review of Leon Festinger's A theory of cognitive dissonance. The American Journal of Psychology, 110(1), 127-137. https://www.jstor.org/stable/1423706
Barbéris, I.(2025). Activisme muséal. Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics. https://publictionnaire.huma-num.fr/notice/activisme-museal.
Bateson, G., Jackson, D. D., Haley, J., & Weakland, J. (1956). Toward a Theory of Schizophrenia. Behavioral Science, 1(4), 251-264.
Bessette, A., Bessette, J. (2022). De l’activisme écologiste dans les musées. AOC. https://aoc.media/analyse/2022/11/20/de-lactivisme-ecologiste-dans-les-musees/
Bessette A., Bessette, J. (2025). Actions éco-activistes dans les musées : et après ? AOC. https://aoc.media/analyse/2025/12/16/actions-eco-activistes-dans-les-musees-et-apres/
Bourdieu, P. (1979). La distinction. Critique sociale du jugement, Minuit.
Broudehoux, A.-M. (2024). Memorial agency, heritage dissonance, and the politics of memory in the preservation of Rio de Janeiro's Valongo slave wharf.
Carvalho, S., & Semedo, A. (2023). Contested heritage and colonialism in Portugal: A state of cognitive dissonance. ICOFOM Study Series, 50-2, Spaces for Global Museology.
Chhabra, D. (2012). Un modèle de gestion du patrimoine dissonant centré sur le présent. Annales de la recherche touristique, 39(3), 1701-1705. https://doi.org/10.1016/j.annals.2012.03.001
Crenn, G. (2025). Le patrimoine industriel en Grande Région : Histoires partagées, mémoires dissonantes. Nesselhauf, Jonas & Rees, Joachim ( dirs.), Jarbuch des Frankereichzentrums der Universität des Saarlandes Band, 20, 99-118.
Crippa, G. (2021). Sur l’héritage dissonant et la mémoire : théories et pratiques. Études de communication, 57, 95-110.
Dahm, J., Müller, S., Jacques, C. (2024). Patrimoines en crise. (Ré)appropriation de l’héritage culturel dans l’espace européen. Le Bord de l’eau.
Di Stefano, N., Vuust, P., & Brattico, E. (2022). Consonance and dissonance perception. A critical review of the historical sources, multidisciplinary findings, and main hypotheses. Physics of Life Reviews, 43, 273-304.
Dragićević Šešić, M., & Rogač, Lj. (2014). Balkan dissonant heritage narratives (and their attractiveness) for tourism. American Journal of Tourism Management, 3(1B), 10-19.
Erard, C. (2007). Micheline Ostermeyer : l’exception normale d’une « dissonance culturelle ». Staps, 76, 67-78.
Festinger, L. (1957). A theory of cognitive dissonance. Stanford University Press. https://www.degruyterbrill.com/document/doi/10.1515/9781503620766/html
Fleury, B. & Walter, J. (2008-2011). Qualifier des lieux de détention et de massacre, 4 tomes. Presses universitaires de Nancy.
Gallen, C., & Brunel, O. (2014). La théorie de la dissonance cognitive : un cadre unificateur pour la recherche en marketing sur les conflits. ⟨hal-00924000⟩
Gire, J., & Williams, T. (2007). Dissonance and the honor system: Extending the severity of threat phenomenon. The Journal of Social Psychology, 147(5), 501-510. https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.3200/SOCP.147.5.501-510
Goffman, E. (1959). The presentation of self in everyday life. Anchor Books.
Hottin, C., Schoeni, D, Wendling, T. (dir.) (2024). Agir en intrus dans les musées. Inclusions, controverses, exclusions et patrimoines, ethnographiques.org., 47, juin/décembre. En ligne : https://www.ethnographiques.org/2024/numero-47/.
Kisić, V. (2016). Gouverner la dissonance patrimoniale : promesses et réalités de certaines politiques culturelles. Fondation européenne de la culture.
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