Le 18 mars 1871 sonne comme une date ineffaçable, glorieuse pour les uns, maudite pour les autres. Ce jour-là Paris s’insurge. Après avoir subi le siège des Prussiens, la ville refuse d’être désarmée par le gouvernement de M. Thiers. S’ensuit l’instauration de la Commune, qui se maintiendra soixante-douze jours avant d’être écrasée par l’armée versaillaise au terme d’une « Semaine sanglante ». Michel Winock retrace ici cette journée dramatique. Il met au jour les déchirements de la nation, la genèse de la révolution qui prendra le caractère d’une guerre civile dont il s’efforce de sonder les ressorts.
Qu’est-ce que la Commune ? D’où vient-elle ? Que veut-elle ? Comment expliquer ses origines et sa résonance jusqu’à nous ? Malaimée de l’histoire scolaire, célébrée par les prophètes de la société sans classes, elle fut d’abord une tragédie dans laquelle, aux côtés des victimes de la guerre intestine, un autre vaincu de taille se découvre : le camp des pacificateurs, des conciliateurs, des républicains, qui, tels Clemenceau et Victor Hugo, ont échoué dans leur œuvre de paix face à l’intransigeance des hommes d’ordre impitoyables et des insurgés ivres de leur liberté.
Parfois sublime, parfois médiocre, cet événement s’inscrit dans la longue durée comme un de ces moments de cristallisation des peurs et des haines qui n’ont cessé de meurtrir la France depuis les guerres de Religion.