Lorsque, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la société française s’engage sur la voie de la modernisation productive, la sociologie renaissante est sollicitée afin de concourir au changement social. Sous la houlette de Georges Friedmann qui, en 1948, définit un programme de recherche sur les métiers et les qualifications, une génération de jeunes chercheurs et chercheuses jette les bases d’une spécialité nouvelle : la sociologie du travail. Grâce à de nombreuses archives, Michel Lallement rend compte ici des premières enquêtes menées, au tournant des décennies 1940 et 1950, à l’ombre de ce que l’on a commencé par nommer la sociologie industrielle. Il tire de l’oubli les artisans et artisanes de cette jeune discipline et éclaire d’un jour nouveau les conditions dans lesquelles s’est constitué un savoir alors balbutiant sur les mondes productifs. Il brosse, plus généralement encore, le tableau d’une série d’inflexions analytiques et institutionnelles dont la sociologie française d’aujourd’hui porte toujours les marques.
Table des matières
Introduction
Chapitre premier. Georges Friedmann au Conservatoire national des arts et métiers
Chapitre II. Le Centre d’études sociologiques
Chapitre III. La sociologie industrielle au CES
Chapitre IV. Enquêter sur le travail : le programme de 1948
Chapitre V. Enquêter sur le travail : le tournant des années 1950
Chapitre VI. Une pionnière en sociologie du travail : Viviane Isambert-Jamati
Chapitre VII. Un pionnier des relations professionnelles : Jean-Daniel Reynaud
Chapitre VIII. De la sociologie industrielle à la sociologie du travail
Conclusion
Bibliographie
Index des noms
Index des notions