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Frontières – Frontiers and Borders (Tours)

Frontières – Frontiers and Borders (Tours)

Publié le par Marc Escola (Source : Catherine Douzou)

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Colloque international

« Frontières – Frontiers and Borders»

Faculté de Lettres et Langues -Université de Tours, France, les 5-6-7 octobre 2023
 

Limite, démarcation, bordure, séparation ou mur, la notion de frontière prend des formes multiples et complexes en ce début de XXIe siècle.

Qu’elle désigne une limite déterminant l’étendue d’un territoire ou toute espèce d’obstacle que l’on doit franchir, qu’elle soit le point de séparation entre deux choses opposées, ou au contraire un territoire à découvrir, la frontière, virtuelle ou réelle, naturelle ou arbitraire, linguistique ou territoriale, sociétale ou historique, partitionne nos pays et notre connaissance, conditionne nos déplacements et nos réflexions, sépare nos langues et nos espaces de vie, limite nos échanges et nos avenirs, divise nos opinions et nos croyances, éloigne nos cultures et nos sociétés. La frontière, une fois franchie, permet aussi de rapprocher l’éloigné, de concilier l’inconciliable, d’entremêler les différences et de connecter l’antagoniste.

À l’instar d’autres concepts fondamentaux de notre modernité politique (souveraineté, ouvrier, classe, etc.), la frontière est une notion que d’aucuns considèrent aujourd’hui comme dépassée ou en crise. Marquées par les incertitudes, par l’accélération du temps et par la perte de sens lié à l’effritement des repères sociaux, nos sociétés seraient devenues « liquides » (Baumann). Ce constat pessimiste est pourtant accompagné bien souvent d’un discours normatif (le devoir-être) qui regarde vers le futur avec optimisme : ce n’est pas simplement que les frontières ne seraient plus aujourd’hui ce qu’elles étaient ; elles n’auraient plus de place dans notre monde, qui devrait les faire disparaître. Sans doute la mondialisation – à échelle globale – et l’Union européenne – à échelle régionale-continentale – est-elle le projet politique et économique le plus représentatif de cette approche très libérale.

Reste que les frontières ne sauraient disparaître (le peuvent-elles ?) aussi vite que certains le prétendent. En réalité, elles sont encore là, et sans doute d’une manière moins liquide que les thèses postmodernistes ne le suggèrent. Pensons aux frontières physiques (ces murs que l’on dresse pour barrer le passage aux immigrants). Pensons à la nécessaire dimension territoriale du droit, qui a besoin d’une frontière pour délimiter son champ d’application. Pensons encore aux frontières entre vie privée et vie publique ou, pour nous autres chercheurs, entre champs disciplinaires. Ces frontières seraient-elles aussi à supprimer (car empêchant une circulation perçue comme étant positive) ou bien seraient-elles fondamentales afin de définir les contours et les formes d’une vie décente (la vie privée face au Big Brother (Orwell) dans nos sociétés ultra-connectées) ou d’un domaine de connaissance par définition fortement spécialisé et cloisonné (Kelsen) ?    

La réflexion sur la notion de frontière peut encore être étendue à toutes les limites sociales que les personnes rencontrent dans leur vie : le travail et sa précarisation creusant un gouffre entre les riches et les pauvres ; le plafond de verre auquel se heurtent les femmes ; les discriminations à l’égard des minorités raciales, religieuses ou linguistiques ; la crise de la représentation politique témoignant de la distance et de la perte de confiance entre gouvernants et gouvernés ; etc.

L’atelier 1 « Frontières et droit ​: frontières et autodétermination »​​ (responsable : Jorge Cagiao y Conde)​ s’intéresse à la manière dont les frontières peuvent être redessinées au regard des principes et valeurs démocratiques au XXIe siècle. S’agissant des frontières étatiques, l’opinion dominante, qui converge à la fois avec le droit international public et avec la théorie académique la plus influente (remedial right only theory), défend fondamentalement le droit des États-nation consolidés à leur intégrité territoriale. En dehors des cas coloniaux (de moins en moins nombreux) et des contextes violents ou de violation systématique des droits humains, les demandes de sécession seraient perçues comme étant illégitimes. Or, ces vingt ou trente dernières années, plusieurs conflits sécessionnistes dans des démocraties avancées (Canada, Royaume-Uni, Espagne) ont pu semer le doute sur les fondements démocratiques de cette opinion ou théorie dominante. Tout comme la mondialisation, du reste, qui de plus en plus incline à interroger le sens et le rôle classique des frontières. Droit primaire ou droit exceptionnel ? Frontières renégociables ou quasiment immuables ? Voilà le débat qui est proposé aux intervenants.

L’atelier 2 « Frontières et traduction dans un contexte de mondialisation »​ (responsable : Joëlle Popineau)​ se propose d’appréhender les différences sociétales, culturelles et juridiques entre deux pays donnés comme autant de frontières en termes de traduction ou d’équivalence, engendrant incompréhension, maladresse et malaise dans certains cas, contre-sens et pertes financières dans d’autres cas. Par exemple, la culture du nouveau pays d’installation ou du pays visité peut être perçue comme un mur d’incompréhension pour les migrants ou les voyageurs, pour qui la société et la culture autres sont mal comprises ou mal traduites, voire intraduisibles. Autre domaine, celui des contrats : les différences juridiques entre deux pays contractants peuvent être conçues comme autant de frontières traductionnelles, remettant par exemple en cause la fluidité des biens et des marchandises favorisée par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). En effet, on peut se demander quel système juridique doit prévaloir dans la rédaction d’un contrat liant une société britannique et une société française, sachant que le système juridique de common law de l’Angleterre et le système de tradition civiliste de la France puisent leurs origines dans deux conceptions différentes et contiennent des notions ou clauses intraduisibles, telle la notion de droit d’auteur ou la clause d’inexécution d’un contrat en cas de force majeure ? Pour chaque type de frontière traductionnelle envisagée, il conviendra de mener une réflexion approfondie de la notion ou du concept et proposer une traduisibilité ou équivalence argumentée et exemplifiée.

Pour ce qui concerne la linguistique (Atelier 3 « Frontières et linguistique​ : marqueurs de frontière ​​et de dépassement », responsable : Sylvester Osu), il semble intéressant de mener la réflexion sur les manières d’exprimer la frontière dans les langues et dans le même mouvement proposer une analyse linguistique de ces expressions. Par exemple, l’adverbe français presque comme dans « c’est presque cuit » implique que ce n’est pas du cru et en même temps, ce n’est pas du cuit, on est à la frange, à la limite du cuit. Donc, presque renvoie à la frontière entre cru et cuit. Autre exemple : Jacques a franchi la ligne d’arrivée du marathon de Paris en 2h. La ligne d’arrivée constitue la frontière entre l’espace de non-arrivée et l’espace d’arrivée. Y a-t-il un lien entre la frontière telle que construite par presque et par franchir ? Voici quelques éléments pour réflexion côté linguistique. Le recours à la topologie en linguistique pourrait permettre une analyse fine des unités linguistiques en question (énonciation).

Comprendre le rôle des frontières dans les sentiments de sécurité et d'insécurité des populations et avoir un regard plus englobant sur ces questions de politique internationale est le thème de l’atelier 4 « Politiques (policies) et frontières : sécurité et insécurité » (responsable : Elizabeth Sheppard Sellam). En effet, les événements récents, de la guerre en Ukraine aux activités terroristes en France et ailleurs, donnent à la population européenne l'impression qu'à mesure que nos frontières se fluidifient, la sécurité semble moins stable que par le passé. De nombreux défis à la sécurité intérieure sont devenus transnationaux, affectant le sentiment de sécurité parmi les populations. Qu'il s'agisse de la montée de la xénophobie en Europe, de la cybercriminalité, de la traite des êtres humains et de la violence en général, les sondages d'opinion montrent que ces sujets sont considérés comme essentiels par le grand public et nourrissent le populisme en politique. Si la mondialisation et la libéralisation menée par l'UE en particulier ont exacerbé ces questions, on ne peut exclure les problématiques plus traditionnelles de souveraineté pour les pays limitrophes de la Russie, pour lesquels la notion de « frontières » rime avec une forme plus traditionnelle d'insécurité venue de l'Est. Cet atelier proposera une approche interdisciplinaire pour analyser et comprendre le rôle des frontières dans la sécurité.

Les concepts de « ville » et de « frontière » sont déterminants en géographie. Ville-frontière, villes-doublons, ville frontalière, agglomération transfrontalière et ville post-frontière représentent quelques déclinaisons de leur association. « Ville » et « frontière » s’articulent également en termes de périurbanité, ou territoires aux frontières de la ville et sont les thèmes de l’atelier 5 (responsable : Molly O’Brien Castro). Les frontières intra-urbaines, ces séparations socio-raciales et territoriales imposées ou découlant d’un mécanisme naturel de ségrégation, qui évoquent enfermement et rupture, menace et protection, ces frontières matérielles ou imaginées, constituent une autre interprétation du lien entre les deux termes, de même que la « nouvelle frontière urbaine » : l’urbanisme souterrain.

Après avoir été beaucoup étudiée dans les années soixante-dix la littérature qu'on appelle de voyage l'a moins été à partir de la fin des années quatre-vingt. Elle connaît depuis environ cinq ans un regain d'intérêt mais sa définition s'est élargie et elle prend des aspects nouveaux liés à l'évolution de nos sociétés au fil du temps. Il serait ainsi intéressant d'explorer les nouvelles directions de cette littérature de voyage qui s'intéresse non seulement aux expériences et écrits de voyage mais également aux migrations de populations qui sont une des caractéristiques de notre époque, ainsi qu'au déplacement touristiques de masse qui en sont une autre. Dans l’atelier 6 – Littérature de voyage, littérature de frontière (responsable : Catherine Douzou), on pourra ainsi réfléchir aux évolutions des formes et des thèmes que prennent les textes qui actuellement évoquent des changements de territoires, des migrations, des voyages, des passages de frontières dans les littératures française ou étrangères, francophones ou non.  



Ce colloque international se propose d’envisager la frontière sous ses angles politiques, sociétaux, traductionnels, linguistiques et sécuritaires dans ses manifestations et expressions passées, présentes et futures, réelles ou virtuelles.



Modalités de soumission :

Les langues du colloque sont le français et l’anglais.

Adresse générale du colloque : frontieres2023@gmail.com

La plateforme du colloque est sciencesconf.

Les propositions de communication (format 20 minutes de présentation, 10 minutes de question), rédigées en anglais ou en français (entre 300 et 500 mots) accompagnées d’une courte notice biographique, sont à adresser à chaque responsable d’atelier (voir liste ci-dessous).

La date limite de soumission est le 31 mars 2023 et la notification d’acceptation des propositions sera envoyée au plus tard fin avril 2023.

·      Atelier 1 « Frontières et droit ​: frontières et autodétermination »​​

Responsable : Jorge Cagiao y Conde : jorge.cagiao@univ-tours.fr

·      Atelier 2 « Frontières et traduction dans un contexte de mondialisation »​

Responsable :   Joëlle Popineau : joelle.popineau@univ-tours.fr
 
·      Atelier 3 « Frontières et linguistique​ : marqueurs de frontière ​​et de dépassement »

Responsable : Sylvester Osu : sylvester.osu@univ-tours.fr

·      ​Atelier 4 « Politiques (policies) et frontières : sécurité et insécurité​ »

Responsable : Elizabeth Sheppard Sellam : elizabeth.sheppard@univ-tours.fr

·      Atelier 5 « Frontières et villes »​ 

Responsable : Molly O’Brien Castro : molly.obriencastro@orange.fr

·      Atelier 6 « Littérature de voyage, littérature de frontière »

Responsable : Catherine Douzou : catherine.douzou@univ-tours.fr



Comité d’organisation :

·       Portage : Joëlle Popineau, MCF, UFR LL, Laboratoire Ligérien de Linguistique (LLL UMR 7270) ;

·       Sylvester Osu, Professeur Linguistique, UFR LL, Laboratoire Ligérien de Linguistique (LLL UMR 7270) ;

·       Elizabeth Sheppard Sellam, UFR LL, Laboratoire Interactions Culturelles & Discursives (ICD EA 6297) ;

·       Marc Goetzmann, MCF, UFR LL, Laboratoire Interactions Culturelles & Discursives (ICD EA 6297).



Ce colloque pluridisciplinaire se tiendra à la Faculté des Lettres et Langues de l’université de Tours les 5-6-7 octobre 2023 et est organisé le :

·      LLL (Laboratoire Ligérien de Linguistique, UMR CNRS 72720, Univ Tours, Univ Orléans, BnF, CNRS) ;

et a obtenu un soutien financier de :

·      ICD (Interactions culturelles et discursives, EA 6297).


International conference

“Frontières – Frontiers and Borders”

University of Tours, France

5-6-7 October 2023

At the beginning of the 21st century, frontiers are a complex and multiform reality. They can be referred to as limits, boundaries, demarcations, borders, separations, or walls.

Frontiers may refer to any limit demarcating a territory or any kind of obstacle that needs to be crossed. Frontiers may also mean the diverging point between two opinions or, on the contrary, a new territory yet to discover. Whether frontiers are virtual or real ones, natural or arbitrary ones, linguistic or territorial ones, societal or historical ones, they partition our countries and our knowledge, determine where we can go and what we can think, restrict our communication skills and restrict our living spaces, limit our trade and markets, and narrow our futures, divide our opinions and our beliefs, distance our cultures and our societies. A frontier, once crossed, also brings together what is far away, reconciles what cannot be reconciled, bridges discrepancies and gaps, and connects what is not similar.

Like other political concepts (sovereignty, work, class, etc.), a frontier is a notion that some people today consider outdated or out of control. Marked by uncertain challenges, shrinking deadlines, and a world that is losing its meaning, social values, and references, our societies have become societies with ‘liquid modernity' (Baumann). However, this pessimistic observation is often linked to a normative discourse (what should be) that looks to the future with some kind of optimism: borders are no longer what they used to be; they have no place in our world, which should make them disappear. Without any doubt, globalization and the European Union - on a regional scale - are the political and economic projects which most represent this very liberal approach aimed at making frontiers and borders disappear.

The fact remains that frontiers cannot disappear (can they?) as quickly as some claim. They are still standing, and probably in a less liquid way than postmodernist opinions suggest. What of physical borders (the walls that are erected to block immigrants from entering a country)? What of the necessary territorial dimension of law, which needs a border to limit its scope? What of the borders between private and public life or, for researchers, borders between disciplines? Are these boundaries also to be removed (because they prevent a free circulation that is seen as positive) or are they a prerequisite to defining the shapes and forms of a decent life (private life confronted with Orwell’s “Big Brother” in our hyper-connected societies) or of a field of knowledge that is by definition highly specialized and delineated (Kelsen)?     

An observation of frontiers can be extended to any social limits that people encounter in their lives: the demarcation between steady and precarious jobs; working women facing a glass ceiling; discrimination against minorities; the crisis of political representation

 

Workshop 1 "Frontiers and Law: Frontiers and Self-Determination" (workshop supervisor: Dr. Jorge Cagiao y Conde) focuses on how frontiers can be delineated in the light of democratic principles and values in the 21st century. Regarding state frontiers, the dominant view, which converges with public international law and the most influential academic theory (remedial right only theory), basically defends the right of consolidated nation-states to their territorial integrity. Apart from colonial cases (which are decreasing nowadays) amid violence or systematic human rights violations, demands for secession would be seen as illegitimate. However, over the last twenty or thirty years, several secessionist conflicts in advanced democracies (Canada, the United Kingdom, and Spain) have cast doubt on the democratic foundations of this dominant view or theory. Moreover, just like globalization is increasingly inclining us to question the meaning and traditional role of borders. Primary law or exceptional law? Borders that can be renegotiated or virtually unchangeable? This is the debate that is proposed to the speakers.

  

Workshop 2 "Frontiers and translation in the context of globalization" (workshop supervisor:  Dr. Joëlle Popineau) proposes to understand the societal, cultural, and legal differences between two given countries as frontiers in terms of translation or equivalence, generating misunderstanding, awkwardness and discomfort in some cases, and misinterpretation and financial losses in others. For example, the host country’s culture for newcomers or of the country visited can be seen as a wall full of misunderstandings for migrants or visitors, for whom the new society and culture are misunderstood or badly translated, or even untranslatable. Another area where borders exist is that of contracts: legal differences between two contracting countries can be seen as translational borders, calling into question, for example, the free movement of goods and merchandise favored by the World Trade Organization (WTO). Indeed, which legal system should prevail in the drafting of a contract between a British and a French company, knowing that the common law legal system of England and the civil law system of France have their origins in two different conceptions and contain untranslatable notions or clauses, such as the notion of copyright or the clause on non-performance of a contract in case of force majeure? For each type of translational boundary envisaged, it will be necessary to carry out an in-depth reflection of the notion or concept and to propose an argued and exemplified translatability or equivalence.

 

As far as linguistics is concerned (Workshop 3 "Frontiers and linguistics: markers of frontiers and beyond frontiers", Workshop supervisor: Prof. Sylvester Osu), it seems interesting to think about the ways borders are voiced in languages and at the same time to propose a linguistic analysis of these expressions. For example, the French adverb "presque" (almost) as in "c'est presque cuit" (it is almost cooked) implies that it is not raw and at the same time, it is not cooked, it is at the fringe, at the limit of being cooked. So “presque” (almost) refers to the border between raw and cooked. Another example: Jacques crossed the finish line of the Paris marathon in 2 hours. The finish line is the border between the non-finish space and the finished space. Is there a link between the border as constructed by “presque” (almost) and by “franchir” (to cross)? Here is some food for thought on the linguistic side. The use of topology in linguistics could allow a fine analysis of the linguistic units in question (enunciation).

 

Understanding the role of frontiers in people's feelings of security and insecurity and taking a more comprehensive look at these international policy issues is the theme of Workshop 4 "Policies and Frontiers: Security and Insecurity" (workshop supervisor: Dr. Elizabeth Sheppard Sellam). Indeed, recent events, from the war in Ukraine to terrorist activities in France and elsewhere, give the European public the impression that as our borders become more fluid, security seems less stable than in the past. Many challenges to internal security have become transnational, affecting people's sense of security. 

Whether it is the rise of xenophobia in Europe, cybercrime, human trafficking, and violence in general, opinion polls show that these issues are seen as key by the general public and fuel populism in politics. While globalization and EU-led liberalization, in particular, have exacerbated these issues, one cannot exclude the more traditional issues of sovereignty for countries bordering Russia, for whom the notion of 'borders' rhymes with a more traditional form of insecurity from the East. This workshop will offer an interdisciplinary approach to analyzing and understanding the role of borders in security.

 

The concepts of 'city' and “border” are key concepts in geography. Border towns or cities, duplicate cities, cross-border cities, and post-border cities are some examples of their association. City and 'border' are also articulated in terms of peri-urbanity, or territories on the borders of the city, and are the themes of workshop 5 (Workshop supervisor: Dr. Molly O'Brien Castro). Intra-urban borders are those socio-racial and territorial separations imposed or resulting from a natural mechanism of segregation, which evokes enclosure and rupture, threat and protection, those material or imagined borders, and constitutes another interpretation of the link between the two terms, as does the 'new urban border': underground urbanism.

 

Travel literature has been less popular since the late 1980s after being studied extensively in the 1970s. For the last five years or so, travel literature has experienced a revival of interest, but its definition has broadened and it has taken on new aspects linked to the evolution of our societies over time. It would thus be interesting to explore the new directions of this travel literature, which is interested not only in travel experiences and writings but also in the migration of populations, which is one of the major features of our time, as well as in mass tourism, which is another. In workshop 6 - Travel literature, border literature (Workshop supervisor: Prof. Catherine Douzou), we will be able to think about the evolution of the forms and themes of texts that currently evoke changes in territories, migrations, travels, border crossings in French and foreign literature, whether French-speaking or not.  

 

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This international conference will discuss present, past, and future, real or virtual frontiers, and borders in political, societal, translatory, linguistic, security and literature domains.

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Submitting abstracts and deadlines 

 

Email address: frontieres2023@gmail.com

 

All presentations are in French and English; each speaker will have 20 minutes for the presentation, followed by 10 minutes of Q&A).

Abstracts, written in English or French (between 300 and 500 words) and accompanied by a short biographical note, should be sent to each workshop supervisor (below)

Selected papers will be published in a journal (to be determined)

 

The deadline for submission is 31st March 2023 and authors will be notified if accepted by the end of April 2023.

 

·      Workshop 1: Frontiers and Law: Frontiers and Self-Determination.

Workshop supervisor: Dr. Jorge Cagiao y Conde: jorge.cagiao@univ-tours.fr

 

·      Workshop 2: Frontiers and translation in the context of globalization.

Workshop supervisor:  Dr. Joëlle Popineau     

                                 Joëlle Popineau: joelle.popineau@univ-tours.fr

·      Workshop 3: Frontiers and linguistics: markers of frontiers and beyond frontiers.

Workshop supervisor: Prof. Sylvester Osu: sylvester.osu@univ-tours.fr


·      ​Workshop 4: Policies and Frontiers: Security and Insecurity.

Workshop supervisor: Dr. Elizabeth Sheppard Sellam: elizabeth.sheppard@univ-tours.fr

 

·      Workshop 5: City and borders. 

Workshop supervisor: Dr. Molly O'Brien Castro: molly.obriencastro@orange.fr

 

·      Workshop 6: Travel literature, border literature.

Workshop supervisor: Prof. Catherine Douzou: catherine.douzou@univ-tours.fr

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Organizing committee:

·       Dr Joëlle Popineau, Law and Language Department, Laboratoire Ligérien de Linguistique (LLL UMR 7270) ;

·       Prof. Sylvester Osu, Department of Linguistics, Laboratoire Ligérien de Linguistique (LLL UMR 7270) ;

·       Dr. Elizabeth Sheppard Sellam, Law and Language Department, Laboratoire Interactions Culturelles & Discursives (ICD EA 6297) ;

·       Dr. Marc Goetzmann, Law and Language Department, Laboratoire Interactions Culturelles & Discursives (ICD EA 6297).