Fabula apprend avec tristesse la disparition soudaine de Jean-Marie Gleize, jeudi 12 mars 2026.
Écrivain, poéticien et enseignant de littérature, Jean-Marie Gleize a hérité de Ponge une simple conviction : comme il faut aimer la poésie malgré elle, l’aimer c’est continuer à lui résister. Depuis son premier livre, Poésie et Figuration, paru en 1983 aux éditions du Seuil, il arpente les chemins de la « post-poésie » et de la création critique. Il entre et sort des cabanes, comme il l'a volontiers écrit.
Spécialiste de Francis Ponge auquel il a dédié de nombreux livres dont des collectifs, ainsi qu'en 2015, le deuxième colloque de Cerisy dont les Actes, Francis Ponge : ateliers contemporains, ont été publiés en 2019 par les éditions Classiques Garnier, il avait fondé en 2010, avec Armande Ponge, la Société des Lecteurs de Francis Ponge, actuellement présidée par Benoît Auclerc (MARGE - Université Jean Moulin Lyon 3).
Lecteur attentif de ses contemporains, il avait débuté sa carrière universitaire par des travaux portant sur la littérature du XIXe siècle (dont son épouse, Joëlle Gleize, est elle-même spécialiste, tout en participant à l'Association des Lecteurs de Claude Simon). Aux côtés de Claude Duchet, Jacques Seebacher, Guy Rosa, entre autres, Jean-Marie Gleize a participé en 1971 à la création de la revue Romantisme alors présidée par Pierre Barbéris.
Parmi ses derniers livres, il faut noter la parution de :
- TNRC - Reprises & suites, publié par Laurent Cauwet dans la collection « Al Dante » aux Presses du réel, en octobre 2025.
- Je deviens (séances), publié par Laurent Cauwet dans la collection « Al Dante » aux Presses du réel, en 2024.
- Huit mots de lisière, sur des œuvres de Gérard Titus-Carmel, format leporello sous couverture, publié par les éditions Tarabuste, en 2024.
- Jusqu'à ce que l'écran se vide, polaroïds et texte, dans la collection « Cahiers », aux éditions zoème, en 2022.
- Cibles, dans la collection « Hami », aux éditions du Pli, en 2020.
La suite du cycle ouvert en 1990 par Léman au Seuil a été publiée par la collection de Laurent Cauwet « Al Dante », aux Presses du réel.
La plupart des titres de son œuvre critique sont parus aux éditions du Seuil, dans les collections « Pierres vives » et « Fiction & Cie » (dirigée par Denis Roche), et une partie est également éditée par Questions théoriques, maison d'édition fondée par ses anciens étudiants, Christophe Hanna, Olivier Quintyn et Anne-Laure Blusseau. Il faut noter, de surcroît, l'essai intitulé Le Théâtre du poème, vers Anne-Marie Albiach qu'il a publié en 1995 dans la collection « L'extrême contemporain » dirigée par Michel Deguy aux éditions Belin, au sujet d'Anne-Marie Albiach dont l'oeuvre est en partie publiée par Éric Pesty.
Avec Gorge Bataille (Elodie Petit), Philippe Blaizot, Barbara Dimopoulou, Alessandro de Francesco, Emmanuèle Jawad, Stéphane Nowak, Nathalie Quintane, Patrick Sainton, Cécile Sans, il animait la revue Nioques qu'il avait fondée en 1990 et dont le numéro 33 vient de paraître.
Voir également aux éditions Questions théoriques/Vrin, les Actes du colloque d'octobre 2021 qui avait mis son travail d'écrivain et de théoricien à l'honneur, parus en 2024 sous la direction de Romain Benini et de Laure Michel, avec des textes de Stéphane Baquey, Benoît Auclerc, Nathalie Barberger, Romain Benini, Lionel Cuillé, Pauline Flepp, Franck Fontaine, Émilie Frémond, Marie Frisson, Jérôme Game, Jean-Marie Gleize, Christophe Hanna, Antoine Hummel, Abigail Lang, Laure Michel, Luigi Magno, Marcel Jacques de Moraes, Geneviève Mouillaud-Fraisse, Michel Murat, Marion Naccache, Florence Pazzottu, Éric Pellet, Nathalie Quintane, Patrick Sainton, Cécile Sans, Catherine Soulier, Vincent Vivès.
Jean-Marie Gleize fut aussi un grand professeur, un suscitateur (Ponge), qui a compté pour des générations d'étudiant(e)s, de jeunes chercheuses/chercheurs, d'enseignant(e)s, d'autrices et d'auteurs, d'éditrices et d'éditeurs, de plasticiennes et de plasticiens, de documentaristes, dont certain(e)s ont fréquenté l'Université d'Aix-Marseille, ou le Centre d'études poétiques de l'ÉNS de Lyon qu'il a dirigé pendant dix ans : qui encourageait chacun(e) à devenir ce qu'elle/il avait à devenir sans injonctions, ni directives.
Il devait participer en juillet prochain au colloque organisé à Cerisy sur l'œuvre de son ami Denis Roche auquel il avait consacré un magnifique essai (Denis Roche. Éloge de la véhémence), publié par les éditions du Seuil en 2019.
Son dernier livre, Wuhan, dont il avait donné des pages pour le numéro 194 de la revue Po&sie dirigée par Martin Rueff, sera publié prochainement aux Éditions LansKine.
M. F.
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