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Nouvelle parution
Études françaises, vol. 60-2 :

Études françaises, vol. 60-2 : "Créativités plurielles. Reflets de la littérature d’Haïti au féminin" (dir. Mylène Dorcé & Christiane Ndiaye)

Publié le par Marc Escola (Source : Antoine Vuillin)

Études françaises, volume 60, numéro 2

« Créativités plurielles. Reflets de la littérature d’Haïti au féminin »

Numéro préparé par Mylène Dorcé et Christiane Ndiaye

La littérature écrite haïtienne est la plus ancienne des littératures francophones. Elle s’étend sur trois siècles, du XIXe au XXIe, avec une production croissante caractérisée par une inventivité remarquable qui ne se dément pas depuis le premier regroupement d’écrivains et de savants connu sous le nom d’École de 1836. Cela est vrai également des écrits des femmes, dont les premiers textes publiés datent aussi du XIXe siècle. Cependant, même si quelques écrivaines haïtiennes jouissent aujourd’hui d’une renommée internationale, l’œuvre d’un grand nombre d’auteures demeure peu lue et peu étudiée.

Les écrivaines haïtiennes font pourtant preuve d’une grande audace sur le plan des formes et des thèmes, faisant régulièrement fi des conventions de la littérature dite lettrée et du discours sociopolitique admis pour traiter de sujets controversés : préjugés de race, de classe et de religion, sexualité féminine, sexisme, traumatismes de la vie intime, esclavage, maltraitance des enfants, par exemple. En étudiant des œuvres appartenant à plusieurs genres de quelques écrivaines connues et moins connues telles que Virginie Sampeur, Chantal Kénol, Ida Faubert, Jeanne Perez, Marie Vieux-Chauvet, Nadine Magloire, Kettly Mars, Marie-Célie Agnant et Évelyne Trouillot, ce dossier entend illustrer la richesse de ce volet de la littérature haïtienne resté encore largement dans l’ombre et qui pourtant confirme la grande inventivité de cette littérature francophone qui ne cesse de se renouveler depuis plus de cent cinquante ans.

Sommaire

Mylène Dorcé, Christiane Ndiaye, Présentation. Créativités plurielles. Reflets de la littérature d’Haïti au féminin, p. 5-16.

Nadève Ménard, Un silence retentissant. « Un drame » de Virginie Sampeur et « Crime et châtiment » de Chantal Kénol, p. 17-26.

Emeline Pierre, Les contes d’Ida Faubert à l’épreuve de la violence, p. 27-42.

Darline Alexis, L’héroïsme de Sanite Bélair de Jeanne Perez. Du théâtre plaidoyer pour l’autodétermination des femmes, p. 43-59.

Christiane Ndiaye, La mémoire littéraire des amours inavouables dans Amour de Marie Vieux-Chauvet, p. 61-80.

Mylène Dorcé, Nadine Magloire. Romancière séditieuse mal-aimée de la critique littéraire, p. 81-94.

Marie-José Nzengou-Tayo, Kettly Mars. Dévoiler les tabous de la classe moyenne haïtienne, p. 95-111.

Françoise Naudillon, Marie-Célie Agnant. Écrits et engagements pour la jeunesse, p. 113-128.

Delphine Gras, Changer de refrain. Redécouvrir Haïti dans Il faut parfois chanter d’Évelyne Trouillot, p. 129-142.

Maria Vrancken, La religion, de l’écran à l’écrit dans Guelwaar d’Ousmane Sembène, p. 145-159.