Édition
Nouvelle parution
Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles (trad. Marie Darrieussecq)

Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles (trad. Marie Darrieussecq)

Publié le par Marc Escola

Illustration de Tove Jansson

Traduit de l'anglais par Marie Darrieussecq

Alice était assise près de sa sœur sur la berge et elle commençait à s’ennuyer sérieusement, d’autant qu’elle n’avait rien à faire du tout : une fois ou deux, elle avait glissé un œil vers le livre que sa sœur lisait, mais il n’avait ni images ni dialogues. Et à quoi bon un livre, songea Alice, sans images ni dialogues ?

On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage :

"Alice au pays des merveilles est l’un des livres les plus vendus et les plus lus dans le monde, l’un de ces livres qui parlent aux enfants comme aux adultes. Dans cette nouvelle version des éditions Cambourakis, on découvre les illustrations de Tove Jansson : oniriques pour certaines, inquiétantes pour d’autres. La Reine de cœur aux pupilles félines est glaçante à souhait, tandis que les innombrables et improbables bestioles – du Dodo au Griffon en passant par la Quasi-Tortue – folâtrent dans un joyeux désordre. La nouvelle traduction de Marie Darrieussecq est inégale, avec des trouvailles comme la « course en sec » et des dialogues particulièrement soignés. D’autres choix, cédant à l’usage du moment, sont plus discutables, comme « curieux de chez curieux », sans parler de « de plus en plus trop bizarre » pour le célèbre « curiouser and curiouser ». Quant aux gants du Lapin blanc, ils deviennent des « gants pour enfant », le sens premier de « kid » (chevreau) ayant vraisemblablement été perdu de vue. Notons tout de même un effort louable pour restituer les jeux de mots, pas toujours des plus subtils, dont Lewis Carroll a truffé le texte. 

Et Alice, dans tout cela ? Elle se débat avec les changements de taille et débat avec la Chenille ou le Chapelier, comme il se doit. Celle de Tove Jansson a un air mélancolique, voire inquiet, dans ce monde absurde où la petite fille frôle, ou presque, l’empoisonnement, la noyade, la décapitation. Le Chat du Cheshire a l’air particulièrement méchant, comme s’il était le double de Dinah, la chatte d’Alice, qui effraie tant les créatures du Pays des merveilles. On joue, avec les mots, avec la peur, et c’est bien là le principal." — Sophie Ehrsam