Traduit de l'espagnol (Argentine) par André Gabastou
Un hôtel en bord de mer, à Bosque del Mar. C’est là que le médecin homéopathe Humberto Huberman a choisi de se ressourcer, espérant y trouver le calme nécessaire à l’écriture de scénarios auxquels il songe. Ce lieu reculé est pourtant loin d’être aussi apaisé qu’il le souhaite : rapidement, un des hôtes est retrouvé mort et d’autres disparaissent.
Alors qu’une tempête de sable isole encore davantage la résidence, une enquête est diligentée et les relations entre les différents personnages se tendent, chacun devenant progressivement suspect, épiant et s’alliant tour à tour avec ses voisins. De la passion à la haine, en passant par l’envie, c’est toute une palette de passions humaines qui est mise en lumière tandis que se dévoilent les fantômes et les désirs de chacun.
Grands amateurs de littérature de genre, Silvina Ocampo et Adolfo Bioy Casares tissent, dans leur unique œuvre à quatre mains, un huis clos astucieux et redoutablement efficace où leurs lectures ne cessent d’affleurer, comme autant d’influences et de personnages à part entière.
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Née à Buenos Aires, Silvina Ocampo (1903-1993), va d’abord suivre des cours de dessin et de peinture à Paris sous la tutelle de Giorgio de Chirico et de Fernand Léger avant de se consacrer à la littérature vers l’âge de trente ans. Sa sœur aînée, Victoria, éditrice du magazine argentin à succès SUR, l’invite à écrire pour elle. À l’âge de 28 ans, elle rencontre l’écrivain Adolfo Bioy Casares, qu’elle épouse en 1940. Avec lui et son ami Jorge Luis Borges, elle collabore à deux anthologies de la littérature fantastique de l’époque. Son œuvre littéraire est principalement composée de recueils de poèmes, de nouvelles et de courts romans, parmi lesquels Autobiographie d’Irène (1948), Les Noms (1953) et La Colère (1959).
Né à Buenos Aires, Adolfo Bioy Casares (1914-1999) rencontre Borges en 1932 : c’est le début d’une longue amitié qui influencera ses écrits et donnera lieu à une féconde collaboration littéraire publiée sous le pseudonyme de Bustos Domecq. Mais, ce n’est qu’en 1940, après six ouvrages reniés, que débute sa carrière littéraire, avec la parution de L’Invention de Morel. Influencés par l’œuvre de H. G. Wells, de Dino Buzzati ou encore de Robert Louis Stevenson, tous ses romans et ses nouvelles sont à mi-chemin entre le fantastique et la vie quotidienne, marqués par un humour, une écriture dense. Bioy Casares a été couronné pour l’ensemble de son œuvre par le Prix Cervantes, la plus haute distinction des lettres en langue espagnole, en 1990.