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Dormir (rêver peut-être)

Dormir (rêver peut-être)

Publié le par Faculté des lettres - Université de Lausanne

Peut-on considérer une partie des troubles du sommeil comme des pathologies sociales, faisant du sommeil une question politique ? C’est la question que se pose Claire Pagès dans Dormir. Essai de philosophie sociale (Vrin), où elle examine les rapports du dormeur à la fois au monde et à son environnement de sommeil dans une perspective de philosophie sociale, à partir de l’aggravation contemporaine des troubles du sommeil. S’il est manifeste que tous les dormeurs ne profitent pas du même repos, c’est que le sommeil est loin d’égaliser les conditions. Bien que nous dormions, les multiples chaînes qui nous relient au monde, certaines plus étroitement que d’autres, ne se trouvent pas déliées.

Rappelons, déjà salué par Fabula, le volume collectif publié aux éditions Hermann par Marie Bonnot et Émilie Frémond : Les arts du sommeil, qui, cent ans après la naissance du surréalisme et la période des sommeils hypnotiques, entend revenir sur ce qui a fait la légende du mouvement par une série de déplacements – du rêve vers le sommeil, du centre vers la périphérie, de la psyché vers le corps – mais aussi interroger la manière dont les arts plastiques, le cinéma, la bande dessinée et jusqu’à la musique, envisagent le sommeil comme une expérience tout à la fois physique, esthétique et politique. On peut toujours lire sur Fabula l'Introduction de l'ouvrage signé par Émilie Frémond…

(Photogramme : La Jetée de Chris Marker, 1962)