Olivier Rolin avait mené l'enquête en écrivain en nous entraînant l'an dernier sur les deux plus formidables barricades de l’insurrection parisienne de juin 1848 évoquées par Victor Hugo dans une digression des Misérables. Philippe Darriulat livre aujourd'hui un travail d'historien sur L’acropole des va-nu-pieds (Champ Vallon), dans un essai consacré à Juin 1848: l'insurrection et ses conséquences vues du Faubourg Saint-Antoine. Quels furent les espoirs, les aspirations, la perception de l’événement des protagonistes ? Quelles furent les conséquences de la féroce répression qui s’abattit sur eux ? Qu’arriva-t-il à ceux qui furent arrêtés, emprisonnés, déportés ? Comment la vie se poursuivit-elle dans leur quartier ravagé par les combats ? C’est la quête de leurs paroles, de leurs regards, de leurs attentes que ce livre entreprend. Une histoire "au ras de la rue", au plus près d’acteurs souvent invisibilisés par de grands récits didactiques.
(Illustr. : La barricade de la rue Saint-Maur-Popincourt, avant l'attaque des troupes du général Lamoricière, dimanche 25 juin 1848 à 7 h du matin. Daguerréotype conservé au Musée d'Orsay)