
"Libelles en quête d’auteurs ?"
Sous la direction de
Karine Aʙɪᴠᴇɴ, Delphine Aᴍsᴛᴜᴛᴢ, Alexandre Gᴏᴅᴇʀɴɪᴀᴜx et Adrienne Pᴇᴛɪᴛ
La figure du libelliste est aussi insaisissable que l’est la définition du libelle (petit livre au sens matériel, et/ou pamphlet au sens fonctionnel d’écrit polémique). On reconnaît pourtant facilement les libelles à leurs caractéristiques éditoriales proches (formats stéréotypés, nombre de pages restreint, coordonnées éditoriales minimales, présentation dégradée) et à leur teneur polémique. Mais une autre régularité apparaît : leur auteur est rarement mentionné. Les libelles, parfois définis par la négative comme des « imprimés non-livres » (non-book printed material), pourraient aussi bien être dits « imprimés sans auteurs » (no-author printed material). Ainsi, en dépit de leur grande hétérogénéité à d’autres égards, ils peuvent être interrogés sous un angle commun : comment se construit leur origine énonciative ? Le présent numéro propose de revenir sur la question de la figure du libelliste au miroir de celle de l’auteur, entre le XVIe et le XVIIIe siècles, l’âge d’or des libelles.
Sommaire
Des libelles en quête d’auteur ?
Guillaume Du Vair sous la Ligue. Des libelles anonymes aux œuvres signées, l’affirmation d’un auteur
Relire L’Isle des Hermaphrodites (1605)
Les mazarinades, le nom de Scarron et le fait littéraire
En quête d’une définition : les libelles dans la Correspondance littéraire de Grimm (1765)
L’écriture des libelles chez Simon Linguet, du droit au journalisme