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Regards croisés sur les migrations africaines : une approche interdisciplinaire (Ngaoundéré, Cameroun)

Regards croisés sur les migrations africaines : une approche interdisciplinaire (Ngaoundéré, Cameroun)

Publié le par Marc Escola (Source : Guedeyi Hayatou)

Regards croisés sur les migrations africaines : une approche interdisciplinaire

2e édition des Journées Internationales Jeunes Chercheur·e·s

Laboratoire des Imaginaires et Pensées Africains Contemporains (LIPAC)
 
Ngaoundéré (Cameroun) du 2 au 3 juin 2023


La mobilité des humains constitue un véritable enjeu dans notre espace “Tout-monde” (Glissant). L’embrasement de passions qu’elle déchaîne ne doit cependant pas faire penser à un phénomène nouveau. Les mouvements migratoires dans le contexte africain préexistent à notre ère. Nous assistons en ce premier quart du XXIème siècle à un changement d’échelle produit par le raccourcissement significatif des distances géographiques et la multiplication des possibilités de se déplacer.

Par ailleurs, il faut souligner que pendant longtemps, la migration faisait uniquement référence aux personnes déplacées pour cause de conflits, de guerres, de persécutions politiques ou de problèmes économiques. Le migrant ou l’exilé environnemental n’a été que très récemment identifié comme faisant partie du flux migratoire. Or les migrations dues aux variations environnementales ont toujours constitué une réalité humaine. Elles peuvent être individuelles comme collectives, et les témoignages qui les relatent offrent une représentation hétérogène d’un vécu humain qui transmet une multiplicité de points de vue. Il faut pouvoir considérer les enjeux qu’impliquent de tels déplacements, notamment lorsqu’une catastrophe naturelle en est à l’origine. Les récits de vie, mais aussi les rapports historiques, médicaux, sociologiques, politiques, économiques, ou juridiques entrent en jeu et se combinent les uns aux autres pour offrir une représentation d’un monde qui s’est effondré. Les vies emportées et autres fragments humains perdus laissent des traces sensibles dans les esprits, et le constat de ces pertes génère des troubles qui ne se révèlent qu’à l’aune du temps qui passe.

Les individus en mouvement investissent des mondes et des lieux aussi lointains et diversifiés que peuvent l'être les mobiles et les logiques qui jalonnent leurs projets migratoires. Ces déplacements bouleversent économiquement, politiquement et démographiquement les sociétés qu’ils quittent. Parallèlement, ils provoquent des recompositions sociales et institutionnelles, des dynamiques de repli et de rejet, des sentiments d'empathie, d'indifférence ou de haine (Mbembe, 2016), questionnant ainsi le lien social dans les sociétés d’accueil. Le développement de technologies spécifiques de gouvernance, de contrôle, d’intégration et de catégorisation, doit aussi être pris en compte. 
Vivant à cheval entre les frontières, dans un ou plusieurs pays au même moment comme s’ils possédaient des attributs ubiquitaires, ces migrant.e.s ne font pas que transformer les lieux qu’ils investissent. Ils/elles sont eux/elles-mêmes travaillés par ces transformations, lesquelles infèrent chez eux/elles de nouvelles manières d'être au monde, de faire monde, et de se rapporter à lui : des habitus transnationaux. La question est alors de décrire, de comprendre dans leur complexité, les mécanismes à partir desquels la mobilité de ces femmes et hommes structure les sociétés contemporaines. 

Les mobilités et circulations multiples, de plus en plus prégnantes en ce début de XXIe siècle, génèrent de profondes mutations. Elles font exploser des matrices structurantes, redessinent les territoires et produisent de nouvelles altérités, source de peurs, d’antagonismes, mais aussi d’innovations personnelles et sociétales. 
Outre l’analyse des « discours migrants » entre réalité et fiction, les flux migratoires, conditionnés par les changements géopolitiques de la planète, peuvent également être abordés d’un point de vue diachronique, sociologique, historique, anthropologique, voire géographique, en témoignage des réalités sociales et de l’évolution des groupes migrants à travers les âges. Dans quelle mesure la combinaison d’une perspective interdisciplinaire et intertextuelle permet-elle finalement de faire face aux difficultés critériologiques et taxinomiques autour de ces discours ? Il est indéniable que cette thématique riche et complexe est devenue un sujet de contemporanéité qui permet une approche interdisciplinaire du point de vue éthique, anthropologique, artistique et médiatique. Le Laboratoire des Imaginaires et Pensées Africains Contemporains invite les uns et les autres à interroger également la manière dont la littérature, les arts et les sciences humaines et sociales peuvent servir d’objets de compréhension du phénomène migratoire et exilique environnemental.

AXES DE REFLEXION, DE FAÇON NON EXHAUSTIVE : 

•       Les littératures migrantes et les littératures nationales (L’Ailleurs et l’Ici)
•       Déplacement, voyage, exil, exode rural/urbain, cosmopolitisme, et quête identitaire
•       Littérature migrante au féminin
•       Circulations mémorielles et patrimoniales
•       L’exil pour raisons politiques et les phénomènes de « fuite des cerveaux »
•       Espace et territoire
•       Migrations et exil environnemental
•       Migrations et discours de « crise environnementale » 
•       Migration versus colonisation
•       Les représentations de la migration dans l’histoire 
•       Mobilités et sédentarité des Africains
•       Déplacements géographiques et changements démographiques
•       Enjeux et problématiques du droit d’asile
•       L’archéologie des migrations africaines hier et aujourd'hui

MODALITÉS DE SOUMISSION :

Les propositions de communications peuvent être soumises en français ou en anglais, à l’adresse électronique: lipafricaincontemporain@gmail.com au plus tard le 9 janvier 2023. Et elles doivent inclure le titre de la communication, un résumé de 350 mots maximum, suivi de 5 mots-clés et une brève notice biographique et présentées sous Word. Les langues de présentation peuvent être le français (de préférence) ou l’anglais. Une publication ultérieure dans la revue IPAC. Revue scientifique des imaginaires et pensées africains contemporains est prévue après un processus d’évaluation par les pairs (système en double aveugle).

La durée des communications ne devra pas dépasser les 20 minutes.
 

Dates à retenir :

Envoi des résumés :(350 mots) : 9 janvier 2023
Notifications d’acceptation aux auteurs des communications retenues : 9 février 2023
Tenue du colloque : 2 et 3 juin 2023

Notes importantes :
1. Le colloque est en format présentiel.
2. Les frais de voyage et de séjour sont à la charge des participants.


 
COMITE D’ORGANISATION :

Kasereka Kavwahirehi (Université d’Ottawa – Canada)
Wounfa Jean Marie (Université de Ngaoundéré – Cameroun)
Subha Xavier (Emory University – USA)
Guedeyi Hayatou (Iowa State University – USA)
Marion Tricoire (Grinnell College – USA).