Acta Fabula
ISSN 2115-8037

DOSSIER CRITIQUE n°55

2019Septembre 2019 (volume 20, numéro 7)
titre du numéro

L'âge du XIXe siècle

 

Pour la rentrée, le nouveau dossier critique d’Acta Fabula se propose d’avoir « L’âge du xixe siècle » et de rajeunir notre lecture d’une période qui, à bien des égards, nous est encore contemporaine. S’il y a une actualité du xixe siècle, c’est non seulement parce que les auteurs abordés dans ces dossier – Balzac, les frères Grimm, Rimbaud, Verne, Zola… – ont posé des repères essentiels et toujours discutés dans l’histoire du roman, du conte ou de la poésie, mais aussi parce qu’ils bénéficient de lectures actualisantes qui contribuent à les renouveler et à les dépoussiérer. Ce 55e dossier d’Acta Fabula est donc l’occasion de présenter des travaux d’ordre monographique aussi bien que des approches synthétiques, qui permettent de redécouvrir des auteurs et des œuvres que leur statut de classiques n’empêche pas d’être parfois méconnus.

La redécouverte commence par le théâtre de Jules Verne, un « théâtre-monde » étudié par Sylvie Roques, et qui nous conduit des derniers avatars du drame romantique aux prémisses du cinéma, comme dans un voyage à grand spectacle. Quant à Rimbaud, Robert St. Clair nous invite à relire ses poèmes des années 1870-1871 au prisme du corps et de la politique, et à y voir l’émergence précoce d’une parole subversive et révolutionnaire. Du côté de la prose narrative, les réactualisations contemporaines ne sont pas en reste, comme le montrent plusieurs synthèses collectives : le dossier de la revue Ondine coordonnée par Catherine Tauveron et Christiane Connan-Pintado nous fait ainsi suivre les réceptions et les adaptations d’un des contes les plus significatifs des frères Grimm, « Le Roi Grenouille ou Henri-de-fer » ; le volume dirigé par Chantal Massol réévalue la réception de Balzac par les romanciers contemporains, pour qui l’auteur de La Comédie humaine constitue toujours une référence, qu’elle soit assumée ou mise à distance ; l’exercice se prolonge pour Zola avec les travaux réunis par Aurélie Barjonet et Jean‑Sébastien Macke, qui explorent les différentes facettes de la mémoire zolienne aujourd’hui. Enfin, la somme de Jean-François Perrin sur la Poétique romanesque de la mémoire nous permet de replacer l’œuvre proustienne en regard d’un long xixe siècle qui n’a cessé, depuis Rousseau, Senancour et le romantisme, de vouloir éclairer les chemins tortueux de la mémoire.