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Les revues comme espaces de médiation culturelle du fascisme et du postfascisme entre Italie et France, 1920-1970 (Nice)

Les revues comme espaces de médiation culturelle du fascisme et du postfascisme entre Italie et France, 1920-1970 (Nice)

Publié le par Marc Escola (Source : Giacomelli)

Appel à communications 

Les revues comme espaces de médiation culturelle du fascisme et du postfascisme entre Italie et France (1920-1970) 

Cette manifestation s’inscrit dans le renouvellement scientifique et méthodologique impulsé par les periodical studies, qui envisagent les périodiques comme un objet d’étude à part entière. Les revues y sont analysées dans toute leur complexité — contenu, matérialité, réseaux et contextes de production — à la croisée de l’histoire et de la littérature. L’essor des humanités numériques, notamment à travers la lecture distante et l’analyse de réseaux, ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives pour appréhender à la fois les « revues en réseau » et les « réseaux de 
revues ». Sur le plan thématique, cette journée d’études s’inscrit dans le renouvellement des recherches consacrées au fascisme italien, en particulier dans le cadre du projet ANR EUROFA. Europe et fascisme italien (1922-1943), transnationalisme, circulations et réseaux. Elle propose d’examiner les relations entre revues et culture entre 1920 et 1970, dans une perspective croisée entre la France et l’Italie, en interrogeant le rôle des périodiques comme lieux d’élaboration intellectuelle et vecteurs d’idéologies en formation. 

Dès les premières années du régime de Benito Mussolini, les revues s’imposent en effet comme des instruments essentiels de production, de médiation et de diffusion de la culture fasciste. Elles contribuent à façonner un imaginaire et un lexique en articulant étroitement projet esthétique et projet idéologique. Dans le même temps, les périodiques de l’exil antifasciste maintiennent des espaces de dissidence et de débat, notamment en France. La circulation matérielle des revues et leur réception, en Italie comme à l’étranger, témoignent ainsi de leur rôle central dans les dynamiques culturelles et politiques de l’époque. 

Du milieu des années 1930 jusqu’à l’immédiat après-guerre, les revues italiennes constituent un observatoire privilégié des bouleversements politiques et culturels induits par la guerre. Elles accompagnent l’affirmation d’un impérialisme culturel reflétant les ambitions coloniales et expansionnistes du régime, tandis que les publications antifascistes en exil proposent une lecture critique des événements. Dans ce contexte, la circulation des périodiques se trouve profondément conditionnée par la guerre et les occupations. Après 1945, la chute du fascisme ouvre une phase de refondation intellectuelle marquée par une véritable floraison de revues culturelles, devenues les symboles d’une liberté retrouvée. Nombre d’entre elles posent explicitement la question d’une « nuova cultura », redéfinissant les rapports entre littérature, politique et société dans une Italie engagée dans la reconstruction démocratique. 

À partir des années 1950, les revues italiennes s’affirment enfin comme des laboratoires de l’expérimentalisme, de la néo-avant-garde et de la contre-culture, sur fond de « miracolo economico » et de généralisation des médias. Elles remettent en question les modèles traditionnels d’écriture, expérimentent de nouvelles formes linguistiques et intègrent à la réflexion littéraire la sémiotique, la sociologie ou l’analyse de l’industrie culturelle. Ouvertes au contexte international et attentives aux circulations intellectuelles, elles accueillent des voix étrangères et prolongent l’héritage des avant-gardes. La revue devient ainsi un espace d’élaboration théorique, d’innovation esthétique et de résistance symbolique face à la massification culturelle, contribuant à redéfinir les rapports entre langage et idéologie ainsi que la fonction de l’intellectuel dans une société en mutation.

Les propositions de communication pourront s’inscrire, à titre indicatif et non exhaustif, dans les axes suivants :

1 – Les revues et la diffusion de la culture fasciste

- Production et circulation matérielle infra- et transnationale
- Réception politique, intellectuelle et institutionnelle
- Confrontations entre fascisme et antifascisme
- Enjeux et débats de l’élaboration théorique d’une culture fasciste

2 – Les revues comme laboratoires entre conflits et « nuova cultura »

- Valorisation et critique de la culture impérialiste fasciste
- Circulation matérielle dans un contexte de guerre
- Laboratoires de pensées durant la reconstruction postfasciste
- Débats sur la fonction de la littérature dans l’immédiat d’après-guerre

3 – Revues, expérimentalisme et contre-culture

- Laboratoires d’expérimentation formelle et interdisciplinaire
- Littérature et industrie culturelle : nouvelles perspectives critiques
- Dialogues franco-italiens et élaboration d’une identité littéraire européenne
- Polémiques et conflits dans l’espace des revues culturelles

Une attention particulière sera également accordée aux approches relevant des humanités numériques (lexicométrie, analyse de réseaux, approches prosopographiques, etc.), ainsi qu’à l’exploitation d’archives variées allant des archives de correspondances et de fonds éditoriaux aux archives administratives.

Les propositions de communication (300–400 mots en français, italien ou anglais) seront accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique et devront être envoyées avant le 1er juin 2026 aux adresses suivantes : virginia.giacomelli@univ-cotedazur.fr ; vincent.sarbach-pulicani@outlook.com.

La journée d’étude se tiendra les 8 et 9 octobre 2026 à Nice et en distanciel. Les langues de travail seront le français, l’italien et l’anglais ; la maîtrise du français et de l’italien est vivement recommandée.

Le transport est à la charge des participants.

L’hébergement et la restauration (un repas et un buffet) sont à la charge de l’organisation.

Comité d’organisation : Virginia Giacomelli (doctorante, CMMC – Università "La Sapienza") ; Jérémy Guedj (MCF, CMMC) ; Barbara Meazzi (PR, CMMC) ; Jean-Paul Pellegrinetti (PR, CMMC) ; Vincent Sarbach-Pulicani (doctorant, CMMC – Università di Pisa).

Comité scientifique : Cecilia Bello Minciacchi (Università "La Sapienza") ; Jérémy Guedj (CMMC) ; Stéphanie Lanfranchi (ENS Lyon) ; Barbara Meazzi (CMMC) ; Jean-Paul Pellegrinetti (CMMC).

Call for papers
Le riviste come spazi di mediazione culturale tra fascismo e postfascismo tra Italia e Francia (1920-1970)

Questa manifestazione si inserisce nel rinnovamento scientifico e metodologico promosso dai periodical studies, che considerano i periodici come un oggetto di studio a sé stante. Le riviste vengono analizzate in tutta la loro complessità — contenuti, materialità, reti e contesti di produzione — all’incrocio tra storia e letteratura. Lo sviluppo delle digital humanities, in particolare attraverso la distant reading e l’analisi delle reti, apre oggi nuove prospettive per comprendere sia le «riviste in rete» sia le «reti di riviste». Da un punto di vista tematico, questa giornata di studi si inserisce nel rinnovamento delle ricerche dedicate al fascismo italiano, in particolare nell’ambito del progetto ANR EUROFA. Europe et fascisme italien (1922-1943), transnationalisme, circulations et réseaux. Essa propone di esaminare le relazioni tra riviste e cultura tra il 1920 e il 1970, in una prospettiva incrociata tra Italia e Francia, interrogando il ruolo dei periodici come luoghi di elaborazione intellettuale e vettori di ideologie in formazione.

Fin dai primi anni del regime di Benito Mussolini, le riviste si affermano infatti come strumenti essenziali di produzione, mediazione e diffusione della cultura fascista. Esse contribuiscono a plasmare un immaginario e un lessico, tenendo strettamente uniti progetto estetico e progetto ideologico. Allo stesso tempo, i periodici dell’esilio antifascista mantengono spazi di dissenso e di dibattito, in particolare in Francia. La circolazione materiale delle riviste e la loro ricezione, in Italia come all’estero, testimoniano così il loro ruolo centrale nelle dinamiche culturali e politiche dell’epoca.

Dalla metà degli anni Trenta fino all’immediato dopoguerra, le riviste italiane costituiscono un osservatorio privilegiato dei mutamenti politici e culturali provocati dal conflitto. Se da un lato esse accompagnano l’affermazione di un imperialismo culturale che riflette le ambizioni coloniali ed espansionistiche del regime, dall’altro le pubblicazioni antifasciste in esilio offrono una lettura critica degli eventi. In questo contesto, la circolazione dei periodici risulta profondamente condizionata dalla guerra e dall’occupazione straniera. Dopo il 1945, la caduta del fascismo apre una fase di rifondazione intellettuale segnata da una vera e propria fioritura di riviste culturali, divenute simbolo di libertà ritrovata. Molte di esse pongono esplicitamente la questione di una nuova cultura, ridefinendo i rapporti tra letteratura, politica e società in un’Italia impegnata nella ricostruzione democratica.

A partire dagli anni Cinquanta, le riviste italiane si affermano come laboratori di sperimentalismo, neoavanguardia e controcultura, sullo sfondo del miracolo economico e della diffusione generalizzata dei media. Esse mettono in discussione i modelli tradizionali di scrittura, sperimentano nuove forme linguistiche e integrano nella riflessione letteraria la semiotica, la sociologia e l’analisi dell’industria culturale. Aperte al contesto internazionale e attente alla circolazione intellettuale, accolgono voci straniere e prolungano l’eredità delle avanguardie. La rivista diventa così uno spazio di elaborazione teorica, di innovazione estetica e di resistenza simbolica alla massificazione culturale, contribuendo a ridefinire i rapporti tra linguaggio e ideologia, nonché la funzione dell’intellettuale in una società in trasformazione.

Le proposte di comunicazione potranno inserirsi, a titolo indicativo e non esaustivo, nei seguenti assi di ricerca:

1 – Le riviste e la diffusione della cultura fascista
- Produzione e circolazione materiale infra- e transnazionale
- Ricezione politica, intellettuale e istituzionale
- Confronti tra fascismo e antifascismo
- Questioni e dibattiti legati all’elaborazione teorica di una cultura fascista

2 – Le riviste come laboratori tra conflitti e “nuova cultura”
- Valorizzazione e critica della cultura imperialista fascista
- Circolazione materiale in un contesto di guerra
- Laboratori di pensiero durante la ricostruzione postfascista
- Dibattiti sulla funzione della letteratura nell’immediato dopoguerra

3 – Riviste, sperimentalismo e controcultura
- Laboratori di sperimentazione formale e interdisciplinare
- Letteratura e industria culturale: nuove prospettive critiche
- Dialoghi franco-italiani e costruzione di un’identità letteraria europea
- Polemiche e conflitti nello spazio delle riviste culturali

Particolare attenzione sarà inoltre rivolta agli approcci legati alle digital humanities (lessicometria, analisi di reti, approcci prosopografici, ecc.), nonché all’utilizzo di archivi eterogenei: dalle corrispondenze e dai fondi editoriali, fino agli archivi amministrativi.

Le proposte di comunicazione (300–400 parole, in francese, italiano o inglese) dovranno essere accompagnate da una breve nota bio-bibliografica e inviate entro il 1° giugno 2026 ai seguenti indirizzi: virginia.giacomelli@univ-cotedazur.fr ; vincent.sarbach-pulicani@outlook.com . La giornata di studio si terrà l’8 e 9 ottobre 2026 a Nizza e online. Le lingue di lavoro saranno il francese, l’italiano e l’inglese; è fortemente raccomandata una buona conoscenza del francese e dell’italiano.

Le spese di viaggio sono a carico dei partecipanti. L’alloggio e la ristorazione (un pasto e un buffet) sono a carico dell’organizzazione.

Comitato organizzativo: Virginia Giacomelli (dottoranda, CMMC – Università "La Sapienza"); Jérémy Guedj (MCF, CMMC); Barbara Meazzi (prof.ssa, CMMC); Jean-Paul Pellegrinetti (prof., CMMC); Vincent Sarbach-Pulicani (dottorando, CMMC).
Comitato scientifico: Cecilia Bello Minciacchi (Università "La Sapienza"); Jérémy Guedj (CMMC); Stéphanie Lanfranchi (ENS Lyon); Barbara Meazzi (CMMC); Jean-Paul Pellegrinetti (CMMC).