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Éco-critique de la littérature d’expression française :Voix du vivant, mémoires du monde (Tlemcen, Algérie)

Éco-critique de la littérature d’expression française :Voix du vivant, mémoires du monde (Tlemcen, Algérie)

Publié le par Marc Escola (Source : Sari Latifa)

Éco-critique de la littérature d’expression française :

Voix du vivant, mémoires du monde
 
Colloque National

(Hybride)

20 octobre 2026

Laboratoire LLC / Université de Tlemcen

Coordonné par Dr. Fatiha CHAOUIB

Étudier la littérature aujourd’hui, c’est aussi écouter le monde qui s’y exprime, ou plutôt les mondes qui s’y croisent : humains, animaux, végétaux, terrestres et imaginaires. L’éco-critique, champ en plein essor des études littéraires, nous invite à cette écoute. Elle interroge la manière dont les textes donnent forme à notre rapport au vivant, aux milieux qui nous entourent et aux forces souvent réduites au silence. Dans cette perspective, la nature cesse d’être un simple décor ou une métaphore : elle devient sujet, présence, partenaire d’histoire.

Ce colloque national souhaite offrir un espace de rencontre autour des littératures d’expression française, sans se limiter à un territoire. De l’Afrique aux Caraïbes, du Québec à l’Europe, la langue française est aujourd’hui le lieu d’une imagination écologique foisonnante. On y lit la mémoire des catastrophes et des résistances, mais aussi des inventions formelles qui redonnent voix à l’air, aux fleuves, aux forêts, aux déchets, aux virus même. Ces écritures du vivant dessinent une sensibilité nouvelle, où s’entrelacent poésie, politique et éthique. Quatre axes guideront nos échanges, chacun ouvrant une porte différente sur cette polyphonie du monde vivant.

1- Le non-humain comme sujet

Donner une voix à ce qui, d’ordinaire, n’en a pas : tel est l’un des gestes fondateurs de l’éco-critique. Comment les écrivains francophones font-ils entendre les animaux, les plantes, les éléments ou les matières qui habitent leurs récits ? Quelles figures narratives, quels choix de mots, quels rythmes permettent à ces présences non humaines de devenir agissantes, sensibles, expressives ? Cet axe propose de redéfinir la subjectivité littéraire au-delà de l’humain.

2- Écologie et postcolonialisme

L’écologie, dans les littératures francophones, ne peut être pensée sans mémoire. Les terres, les forêts, les littoraux ont souvent porté les marques de la colonisation, de l’extraction et de la dépossession. Les écrivains et écrivaines réinventent aujourd’hui des récits où l’écologie devient aussi décolonisation : décolonisation des sols, des imaginaires, des langues. Cet axe invite à croiser les analyses éco-critiques et postcoloniales pour interroger cette jonction féconde entre blessure et reconstruction.

3- Poétiques du vivant

Face aux bouleversements environnementaux, quelles formes littéraires émergent ? Comment dire le vivant qui s’effondre, se régénère ou persiste ? De nouvelles poétiques apparaissent : rythmes haletants, écritures de la contamination, lexiques hybrides où se mêlent les voix humaines et non humaines. L’éco-critique devient ici une écologie du langage lui-même : elle observe comment la littérature invente une langue à la fois fragile et tenace, capable d’accueillir le vivant dans toute sa complexité.

4- Enseigner l’éco-critique : approches didactiques et linguistiques

Enfin, parce que la pensée du vivant se partage, cet axe s’adresse aux chercheuses et chercheurs en didactique et en sciences du langage. Enseigner l’éco-critique, c’est confronter la classe à des textes qui parlent autrement du monde. Quels choix pédagogiques, quels outils linguistiques, quels objectifs citoyens peuvent soutenir cette transmission ? Du côté linguistique, il s’agira d’analyser les mécanismes par lesquels le langage prête voix et action au non-humain : pronoms, verbes, énonciations, figures. L’étude du discours écologique devient ainsi une passerelle entre analyse, pédagogie et engagement.

Ce colloque se veut un lieu d’échanges vivant, ouvert aux littéraires, linguistes, didacticiens, mais aussi aux géographes, anthropologues, artistes et acteurs de terrain. Car lire le vivant, c’est déjà participer à sa sauvegarde, et, par la littérature, inviter à penser autrement notre place dans le monde.

Les propositions de communication préciseront l’axe choisi. La pertinence théorique, l’originalité des corpus et l’attention à la diversité linguistique et géographique seront particulièrement valorisées.

Bibliographie indicative 

Alain Suberchicot, Littérature et environnement : pour une écocritique comparée, Paris, Honoré Champion, 2012.

 Alexander Beecroft, An Ecology of World Literature: From Antiquity to the Present Day, Verso, 2015.

Baptiste Morizot, Manières d’être vivant : enquêtes sur la vie à travers nous, postface d’Alain Damasio, Actes Sud, 2020.

Bienvenue Bekone Bekone, Écostylistique : méthodologie et application, Éditions universitaires européennes, 2021.

Bruno Latour, Face à Gaïa, La Découverte, 2015, p. 285-288.

Pierre Charbonnier, Abondance et liberté : une histoire environnementale des idées politiques, La Découverte, 2020.

Dominique Quessada, Raphaël Liogier, Manifeste métaphysique, Les Liens qui libèrent, 2019.

Jean-Baptiste Fressoz, « L’anthropocène et l’esthétique du sublime », in Hélène Guénin (dir.), Sublime : les tremblements du monde, Metz, Centre Pompidou-Metz, 2016, p. 44-49.

Richard Powers, L’Arbre-monde (The Overstory, 2018), trad. de l’anglais par Serge Chauvin, Le Cherche midi, 2018.

Kerbrat-Orecchioni, Catherine, Nous et les autres animaux, Limoges, Lambert-Lucas, 2021.

Kerbrat-Orecchioni, Catherine, « Ce ne sont que des animaux », Le spécisme en question, Paris, Le Pommier, 2023.

Posthumus, Stephanie, « État des lieux de la pensée écocritique française », in Ecozon@ : European Journal of Literature, Culture, Environment, vol. 1, no. 1, 2010, p. 148–154.

Posthumus, Stephanie, « Penser l’imagination environnementale française sous le signe de la différence », in Raison publique, no. 17, 2012, p. 15–31.

Posthumus, Stephanie, « Pour une écocritique interdisciplinaire et engagée. Analyse de la nature et de l’environnement dans les sciences humaines », Formes poétiques contemporaines, vol. 11, 2014, p. 7–30.

Suberchicot, Alain, Littérature américaine et écologie. Paris, Harmattan, 2003.

Suberchicot, Alain, Littérature et environnement. Pour une écocritique comparée, Paris, Honoré Champion, 2012.

Comité scientifique

Pr Sari Mohammed Latifa (Uinv. Tlemcen)

Pr Merbouh Hadjer (Univ. Ain Témouchent

Pr Harig Fatima Zohra (Uuniv. Oran 2)

Pr Amrouche Fouzia (Univ. M’Sila)

Pr Sehli Yamina (Univ. Sidi Belabès)

Pr. Sari Mohammed Leila (Univ. Tlemcen)

Pr. Belkaid Amaria(Univ. Tlemcen)

Dr. Chaouib Fatiha (Univ. Ain Témouchent)

Dr Bahri Souad (Univ. Ain Témouchent)

Dr Djeradi Kheira (Univ. Oran 2)

Dr Dahoua Sabah (Univ. Ain Témouchent)

Dr Belouadi Fatima Zohra (Univ. Ain Témouchent)

Dr Soussi Nadia (Univ. Ain Témouchent)

Dr Lachachi Amina (Univ. Ain Témouchent)

Dr. Brahimi Souad (Univ. Khemis Miliana)

Comité d’organisation

Chaouib Fatiha, Berbar Souad, Bennefissa Nabila, Issad Djawida, Sidi Yakoub Aicha, Abdeldjelil Amina-Salima, Rahoui Khadija.

Modalités de participation 

Langues du colloque : Français

Les propositions de communication (environ 300 mots) comportant un titre et un résumé, cinq mots clés et une courte notice biobibliographique devront être adressées avant le 15 septembre 2026 aux adresses suivantes : ninachaouib@gmail.com // labolanguesllc@gmail.com

 Les propositions seront examinées par le comité scientifique. Les participants préciseront l’axe dans lequel ils inscrivent leur communication.

Calendrier

Soumission des propositions : 15 septembre 2026

Notification des acceptations : 22 septembre 2026

Programme définitif : 12 octobre 2026

Tenue du colloque : 20 octobre 2026

Responsable scientifique : Dr. Fatiha CHAOUIB

L’appel est accessible ici : https://llc.univ-tlemcen.dz/fr 

Laboratoire de recherche L.L.C : https://llc.univ-tlemcen.dz/fr

Adresse : Université Abou Bakr Belkaïd, Tlemcen : https://www.univ-tlemcen.dz/fr