Elle n'était jusqu'ici qu'un nom attaché par un personnage du Banquet de Platon à son propre discours, ou le titre d'une tragédie d'Euripide dont septante huit vers seulement nous sont conservés, outre une rapide mention du personnage dans la Poétique d'Aristote et une citation dans le Dialogue sur l'amour de Plutarque. Un article de Maria Paola Castiglioni avait commencé à lever le voile sur "La sophia de Mélanippe" dans le volume La Poésie dramatique comme discours de savoir supervisé par Marie-Laurence Desclos. Mais c'est à Sévérine Auffret que revient le mérite de nous avoir rendu Mélanippe la philosophe dans un essai publié en 1988 et réédité trop discrètement par les éditions Des Femmes en 2004. Partant des fragments d'Euripide, l'autrice fait l'hypothèse que la pièce portait la trace d’une pensée philosophique portée par des femmes dès les temps anciens et totalement refoulée par l’histoire de la philosophie, qu'elle entreprend de reconstituer en prolongeant l'enquête archéologique par les moyens d'une fiction poétique. Elle nous introduit ainsi à un imaginaire de ce qu’a pu être la "préhistoire de la philosophie". Fabula vous propose de découvrir un extrait de l'ouvrage…