Avec la collaboration de Geneviève Javary
Mélanippe la philosophe est le titre d’une pièce d’Euripide dont il ne subsiste que quelques fragments. La philosophe Séverine Auffret s’est penchée sur cette œuvre méconnue, qu’elle considère comme la trace d’une pensée philosophique féminine ancienne, effacée par l’histoire officielle. Son essai ne se contente pas de réhabiliter une figure invisibilisée : il interroge les liens entre philosophie et féminin. Initialement publié en 1988, l’ouvrage adopte une triple approche : réflexion philosophique, étude et traduction des fragments conservées, puis prolongement par une réflexion poétique imaginant la « préhistoire de la philosophie ». En reliant l’Antiquité à notre époque, Séverine Auffret redonne voix à une pensée perdue et ouvre une réflexion sur le mythe, le langage et l’histoire des idées. Ce livre figure parmi les coups de cœur 2024 des bibliothécaires de la ville de Paris.
« À l’époque où la jeune philosophie grecque bouillonne encore dans la formation de son langage, de ses schémas directeurs et de ses institutions, La Philosophe a été prononçable, pensable, dans une tragédie. » S.A.
Agrégée de philosophie, Séverine Auffret a enseigné en lycée de 1968 à 2002, tout en menant des recherches philosophiques et littéraires. Autrice d’une dizaine d’ouvrages dont plusieurs aux éditions des femmes-Antoinette Fouque : Des couteaux contre des femmes, 1982 ; Nous Clytemnestre, 1984 ; Mélanippe la philosophe, 1988.
Membre fondatrice de l’université populaire de Caen en 2002, elle a dirigé et animé un séminaire sur l’écriture d’une autre histoire des idées féministes. Elle a obtenu, en 2018, le prix Simone Veil « Coup de cœur du Jury » pour son livre Une histoire du féminisme de l’Antiquité grecque à nos jours (éditions de l’Observatoire).