Parti sur les traces des savants voyageurs du XVIIIe siècle, Stéphane Van Damme livre une histoire globale du scepticisme à l’heure de la construction de la France-Monde, et révèle une contestation scientifique de l’universalisme occidental méconnue, première forme d’altermondialisme.
Des conquêtes d’Alexandre le Grand, qui suscitent l’éclosion du pyrrhonisme sur les rives du Gange, à la critique des ravages de la colonisation pointés par Montaigne lors de la Renaissance, les savoirs sceptiques ont souvent émergé dans des moments d’expansion impériale.
Géographie, astronomie, médecine, cartographie, chimie, géologie, botanique ou encore archéologie : tout est bon aux libertins pour critiquer cette nouvelle globalisation française mise en œuvre par la monarchie absolutiste. Mais ils promeuvent aussi par là une autre vision du monde, opposant aux logiques de la domination et de l’appropriation les promesses de la rencontre.
Porteurs d’une contestation scientifique inédite de l’universalisme occidental, ces voyageurs du doute élaborent le premier altermondialisme.
Stéphane Van Damme est professeur au département d’histoire de l’École normale supérieure (Paris). Ses recherches portent sur les sciences modernes et la culture européenne du xvie au xixe siècle. Il a publié en 2020, aux Presses du Réel, Seconde Nature. Rematérialiser les sciences entre Bacon et Tocqueville.
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On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage :
"Des sceptiques peu casaniers", par Pascal Engel (en ligne le 5 septembre 2023).
Stéphane Van Damme décrit un courant de libertins érudits et sceptiques critiques de la globalisation française au dix-septième et au dix-huitième siècle. Mais sa conception du scepticisme est si large et si floue qu’on peut se demander si l’on a vraiment affaire à des « savoirs sceptiques ».