Acta fabula
ISSN 2115-8037

2009
Août-Septembre 2009 (volume 10, numéro 7)
Denis Vigneron

Les grands cimetières sous la lune de Georges Bernanos : témoignage d’un homme libre ou imposture ?

DOI: 10.58282/acta.5145
Magdalena Padilla García, Autobiografía y ensayo en Georges Bernanos. Una lectura de Los grandes cementerios bajo la luna, Universidad Católica San Antonio, Murcia, 2008, 162 p.

1Les presses universitaires de l’Université Catholique San Antonio de Murcia – Espagne – publient un essai de Magdalena Padilla García sur un texte de Georges Bernanos Les grands cimetières sous la lune : livre rédigé sur l’île Baléare de Majorque entre juillet 1936 et janvier 1937 et publié à Paris en 1938.

2Spécialiste de littérature française, l’universitaire espagnole qui signe cette étude s’affronte avec courage à une double polémique : le contenu idéologique de l’œuvre bernanosienne et le discours sur la guerre civile espagnole, thématique toujours sensible pour le lecteur espagnol d’aujourd’hui qui, malgré une volonté gouvernementale de réhabilitation de la mémoire historique, apprend non sans peine à briser les tabous et à sortir du pacte du silence imposé d’abord par des années de plomb de dictature franquiste puis entretenu pendant les années de transition démocratique par crainte de raviver des blessures non cicatrisées ou des haines inextinguibles. C’est dans ce contexte marqué par le souci de la vérité historique que Magdalena Padilla García publie cet essai consacré au texte pamphlétaire de Georges Bernanos qui assiste sur l’île de Majorque au début de la guerre civile espagnole. La description de la violence, de l’horreur et de la cruauté qui vont déchirer l’Espagne pendant trois années de guerre civile, et au-delà par l’instauration d’une dictature de plus de trente-cinq ans, prend sous la plume de l’écrivain français une dimension prémonitoire. La guerre d’Espagne est en effet pour lui le prélude à la tragédie universelle du vingtième siècle qui trouve dans son écriture une résonnance à la fois autobiographique et idéologique. Mais ce qui est pour lui la crise morale d’une humanité assujettie à la modernité annonce déjà la meurtrissure du conflit mondial à venir. Ainsi, lorsqu’il écrit : « La tragédie espagnole, préfiguration de la tragédie universelle, fait éclater à l’évidence la misérable condition de l’homme de bonne volonté dans la société moderne qui l’élimine peu à peu, ainsi qu’un sous-produit inutilisable. »1, il révèle une lucidité résolument moderne, dans la mesure où elle est extrêmement attentive au présent, qui se situe au cœur de ses préoccupations littéraires.

3La problématique contenue dans cette citation révèle la préoccupation d’un homme aux prises avec les déchirures de l’histoire. Mais cette inquiétude que fait peser la modernité sur l’écrivain ne représente en réalité rien d’autre qu’une profonde angoisse du futur attisée dans le refuge d’une idéologie sans cesse tiraillée. Désabusé par la perte des valeurs morales au profit des nouvelles valeurs de la guerre  vanité, cupidité, envie , il s’interroge sur le devenir de l’humanité en se demandant avec un pessimisme exacerbé « [s]i dans le monde moderne, le bon l’emporte-t-il encore assez sur le mauvais pour que nous devions nous considérer comme solidaires de tous ceux qui le défendent, même s’ils en sont les injustes privilégiés ? »2 C’est au cœur de ces tiraillements de la vie, de l’histoire, de l’idéologie, de la spiritualité que Magdalena Padilla García analyse comment le Moi de l’écrivain se construit et mûrit pour nous léguer une œuvre à la fois universelle et autobiographique.

4Dans les deux premiers chapitres de son essai, « Quête du Moi » et « De la pensée à l’écriture », l’auteure étudie comment le Moi, par son histoire et son expérience, contribue à la naissance de l’écrivain engagé. Une judicieuse mise en garde en début de chapitre rappelle que la quête du moi va bien au-delà de la recréation d’un portrait physique ou psychique de l’auteur à partir d’éléments extraits du texte. La méthode que suit Magdalena Padilla García consiste à « mettre en évidence comment la totalité de l’écriture bernanosienne est la projection d’un moi écrivain qui envahit le récit, s’autobiographie de texte en texte, se recrée et construit un espace utopique pour y développer son moi désiré, dans la fiction ». Cette méthode n’exclut cependant pas la recherche d’éléments biographiques pour comprendre comment projection du moi et affirmation de l’engagement sont indissociables dans l’œuvre littéraire de Georges Bernanos. Le rapport de l’écrivain à l’Histoire est indéniable : face à elle, il affirme sa position d’écrivain engagé en s’exprimant, comme le rappelle Magdalena Padilla García, « sur les grands problèmes de son temps, et en dépassant avec ses écrits tout terrain idéologique par la rupture totale avec toute idéologie ». Cette dialectique montre comment la création littéraire de Bernanos s’est construite sur des contradictions qui ont parfois rendu floues les frontières entre la vérité el l’imposture. Mais pour l’universitaire espagnole, l’œuvre de Georges Bernanos est sans aucun doute une violente attaque contre tout type d’imposture : surtout à partir de 1936, année de la publication de Journal d’un curé de campagne et Nouvelle histoire de Mouchette, où l’urgence de l’Histoire lui fait mettre fin aux œuvres de fiction au profit d’une œuvre polémique et pamphlétaire.

5Les pages que Magdalena Padilla García consacre à la biographie de Georges Bernanos sont particulièrement intéressantes car elles donnent les clés de la pensée de l’écrivain polémique dans différents domaines : littéraire, social, politique et religieux. Elles montrent l’évolution d’une pensée relativement libre qui ne redoute pas la contradiction, l’erreur et l’affranchissement. C’est ainsi qu’il est capable de revenir sur son adhésion de la première heure au franquisme.

6Georges Bernanos naît au sein d’une famille qui le prédispose, sous l’influence paternelle, à la fréquentation des idées monarchistes et antisémites en vogue dans certains milieux conservateurs et catholiques français de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième siècle. La figure d’Edouard Drumont y est particulièrement admirée et elle continuera d’exercer sur Bernanos une fascination qu’il exprimera dans son livre de 1931, La grande peur des bien-pensants. Toute l’évolution politique de Bernanos, en particulier jusqu’à son départ pour Palma de Majorque en 1934, est liée aux relations qu’il entretient avec la droite monarchiste de l’époque. Son adhésion à l’organisation Les camelots du roi, branche de la jeunesse combative et militante de l’Action française, dirigée par Charles Maurras, lui offre différentes tribunes, en particulier dans des revues ou journaux comme Le Panache ou L’avant-garde de Normandie, où il exprime ses idéaux monarchistes, ses attaques contre le philosophe Alain, contre la bourgeoisie des bien-pensants, contre le mouvement démocratique de rapprochement de l’Église à la République Le Sillon. C’est aussi au cours de ces années 1908-1913 qu’il développe son culte à Jeanne d’Arc : culte qui apparaît dans plusieurs pages des Grands cimetières sous la lune.

7Élevé dès l’enfance dans la foi catholique et les idéaux monarchistes auxquels il montre un attachement fidèle, Bernanos subit également l’influence de deux événements majeurs qui conditionnent sa pensée : la première guerre mondiale à laquelle il participe et la guerre civile espagnole dont il est un témoin direct. Ces deux événements traumatisants le conduisent à l’exercice du libre-arbitre et au refus de toute forme de soumission ou de consensus qui sont pour lui des marques de médiocrité.

8Le constat que la Grande Guerre n’a pas apporté la régénération de la France, le rôle de l’Action française dans le gouvernement d’après-guerre, le manque de spiritualité du mouvement qui fait l’objet des attaques répétées du Vatican, sa grande fidélité à l’Église l’incitent à rompre avec ses anciens amis Charles Maurras, Maurice Pujo et Léon Daudet dont il avait par ailleurs reçu de nombreux appuis. Cet éloignement de l’Action Française ne signifie pas pour autant le renoncement aux idéaux d’extrême-droite qu’il continue à divulguer dans un journal Réaction dont il soutient le lancement. L’imprécision des dates et le manque de lisibilité des sources sont à reprocher ici à Magdalena Padilla García.

9En 1934, fuyant les difficultés financières, Georges Bernanos quitte la France pour s’installer à Majorque où il espère pouvoir se consacrer plus facilement à sa carrière littéraire. C’est sur l’île espagnole qu’il rédige le Journal d’un curé de campagne, roman qui, après sa publication en 1936, sera couronné du Grand prix de l’Académie française et lui apportera la gloire. C’est là aussi qu’en juillet 1936 il assiste au soulèvement militaire des généraux conspirateurs qui marque le début de la guerre civile espagnole. Il est évident que ses premières réactions sont celles du soutien à la droite espagnole : soutien relayé par l’engagement de son fils Yves dans la Phalange. Le soulèvement de la droite nationaliste espagnole représente pour lui l’union à laquelle n’est pas parvenue la droite française. Ce qui montre bien la véhémence des idées politiques de Bernanos qui reprochait à la droite française sa mollesse, contrairement à la droite espagnole capable de prendre les armes. « Les droites espagnoles n’ont pas été si bêtes, c’est une justice à leur rendre. »3, écrit-il. Le discours, par trop impartial, de Magdalena Padilla García tend parfois à reléguer au rang d’anecdote la contribution de Bernanos, par ses actes et ses prises de parole, à l’instabilité et à la violence de la situation politique des années trente. Néanmoins, il faut reconnaître à Bernanos le courage, étant donné l’engagement qui est le sien, de se rétracter publiquement et de considérer, devant les cruautés dont il est témoin, son soutien au franquisme comme une erreur. C’est le sens qu’on peut donner à ces lignes : « Certes, mes illusions sur l’entreprise du général Franco n’ont pas duré longtemps  quelques semaines. Aussi longtemps qu’elles ont duré je me suis honnêtement efforcé de vaincre le dégoût que m’inspiraient certains hommes et certaines formules. S’il faut tout dire, j’ai accueilli les premiers avions italiens sans déplaisir. »4 Sa dénonciation du franquisme ne signifie pas pour autant son adhésion aux idées de la République espagnole, qu’il juge de toute façon déloyale.

10La situation espagnole et les dangers que lui font encourir ses positions conduisent Bernanos à rentrer en France en mars 1937 d’où il repartira en juillet 1938 pour l’Amérique latine, écœuré par la situation politique qui conduit selon lui le pays au déshonneur et à l’humiliation.

11Magdalena Padilla García termine la biographie de l’écrivain par l’évocation de son installation au Brésil, d’où il condamne le régime de Vichy qui trahit l’esprit national, puis son retour en France, rappelé par Charles de Gaulle, et sa mort en 1948. Jusqu’à la fin de ses jours, Bernanos continue à s’exprimer sur la situation politique de son pays qui lui inspire dégoût et désillusion et ne cesse d’en appeler au retour des valeurs morales et spirituelles qui n’ont cessé d’être au cœur de ses préoccupations littéraires.

12Cette préoccupation constante, exprimée à travers le prisme d’une foi inébranlable, est pour Magdalena Padilla García la marque de l’intégrité de l’auteur. Elle qualifie Bernanos, dans le troisième chapitre, d’écrivain de la sainteté et analyse sa production littéraire à la lumière d’une recherche constante de mysticisme qui rapproche la vocation littéraire de la vocation sacerdotale à laquelle plus jeune, il s’était senti appelé. La dimension moralisatrice de son œuvre est très nettement perceptible dans les différents appels qu’il lance à la jeunesse et l’expression d’une foi authentique qui refuse le culte de l’argent. « Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. La Puissance de l’argent s’oppose à la puissance de Dieu. »5, écrit-il dans Les grands cimetières sous la lune, en affirmant, comme le dit l’essayiste espagnole, un esprit de pauvreté en cohérence avec son idéal chrétien.

13« Evolution du Moi » et « L’essai chez Georges Bernanos », titres des deux chapitres suivants, montrent comment, devant l’urgence de l’Histoire, le Moi se projette dans l’écriture au point que l’étroite relation entre l’essai et l’essayiste attribue à l’œuvre une dimension purement subjective. Cette recherche de vérité dans la subjectivité est une caractéristique de l’écriture bernanosienne et définit un positionnement existentiel qui mène l’écrivain à l’isolement et à une perpétuelle errance. C’est aussi par la subjectivité que l’écrivain rend compte des événements, décrits en fonction du lieu, du moment, de l’état d’âme dans une apparente incohérence qui dissimule le fil conducteur d’une écriture autobiographique spirituelle et amère.

14Ces caractéristiques de l’essai, héritage de l’œuvre de Montaigne également perceptible chez l’écrivain espagnol Azorín, délimitent l’analyse que Magdalena Padilla García conduit dans le dernier chapitre « Les grands cimetières sous la lune. La mort de l’espoir ». L’universitaire espagnole a été sensible dans le texte de Bernanos au regard que l’écrivain porte sur la guerre civile, mais elle refuse de s’associer aux critiques qui voient dans le livre de Bernanos un plaidoyer contre la guerre civile espagnole. Pour elle, le récit de la guerre d’Espagne ne constitue pas l’essentiel du texte, qu’il faut plutôt rechercher dans la construction d’un moi qui n’hésite pas à adapter à sa convenance la réalité des événements historiques.

15La position de Bernanos ne cesse d’être ambiguë dans la mesure où il adhère dans un premier temps au désir des nationalistes espagnols de renverser la République au nom d’un idéal moral et religieux. D’ailleurs, comme le rappelle fort bien Magdalena Padilla García, il entretenait des relations très étroites avec le Marquis de Zayas, chef de la phalange locale, amphitryon de l’écrivain sur l’île de Majorque, et futur beau-père de Claude Bernanos, fille de Georges.

16C’est l’arrivée en août 1936 d’un faux aristocrate envoyé par Mussolini, Arconovaldo Bonacorsi, fanatique fasciste italien connu sous le nom de « Comte Rossi » qui va susciter chez Bernanos un nouveau regard. Mais là encore, on peut douter comme le fait l’universitaire de la sincérité de l’écrivain, dont le fils faisait justement partie des escadrons de la mort dirigés par Rossi. Pourtant, la lecture des Grands cimetières sous la lune montre que la terreur instaurée par le « Comte Rossi » est inacceptable, d’autant plus qu’elle est relayée par l’évêque de Palma, José Miralles, que Bernanos n’hésite pas à traiter de responsable de l’épuration de l’île. Par ce biais, Bernanos attaque directement l’Eglise qui dans sa participation à la guerre se détourne de sa dimension chrétienne, qu’il défend dans son culte à Jeanne d’Arc ou à Thérèse de Lisieux, car toutes deux incarnent l’esprit de l’enfance et la sainteté.

17Pour Magdalena Padilla García, « sa défense du camp républicain n’est qu’une nouvelle exaltation du moi, et il ne redoute pas pour cela d’utiliser l’ambigüité et la distorsion de l’Histoire. » Tout cela dans le but d’afficher une neutralité et se situer au-dessus de la barbarie espagnole. L’universitaire espagnole voit dans l’attitude de Bernanos un mépris de l’Espagne pour « diviniser et exalter sa patrie », « comme l’unique dépositaire des valeurs suprêmes de la Chrétienté et du Moyen-âge. »

18Le Moi qui s’autobiographie dans Les grands cimetières sous la lune est encore pétri d’antisémitisme, lorsqu’il évoque Edouard Drumont, d’exaltation de la monarchie, du christianisme, de l’esprit d’enfance : thèmes récurrents de l’œuvre bernanosienne qui prouvent la présence de l’intertextualité.

19Magdalena Padilla García tire des conclusions très intéressantes de sa lecture des Grands cimetières sous la lune. Pour elle, le fait historique présenté comme objet et finalité du pamphlet ne sert qu’à la présentation et proclamation du moi écrivain. Ainsi, l’évocation de « la guerre civile montre la lutte fratricide d’un peuple, en même temps que l’imposture de l’Eglise espagnole et l’hypocrisie de ses fidèles, face à la fraternité du peuple français qui domine dans tous les domaines. Un pays, le sien, qui est pour l’écrivain la réserve mondiale du christianisme, caractère hérité d’un passé qui remonte au Haut Moyen-âge, à l’Empire Franc, à la glorieuse chevalerie de moines-soldats qui habitaient les couvents. Ecrits de combat dans lesquels l’auteur n’hésite pas à occulter d’importants détails de l’Histoire, et à mettre en évidence par cette falsification la primauté de sa patrie dans le concert international et l’excellence et l’harmonie qui caractérisaient son ordre intérieur. » Ce sont tous ces éléments qui font dire à l’auteure de cet essai que les écrits de combat de Bernanos sont le cadre d’une écriture autobiographique dont la critique ne peut se passer pour analyser l’ensemble de l’œuvre, à la lumière d’un moi écrivain comme entité omniprésente.

20Le lecteur soucieux de connaître l’œuvre de Georges Bernanos saura gré à Magdalena Padilla García de proposer une perspective nouvelle sur cette lecture des Grands cimetières sous la lune. Néanmoins, le point de vue espagnol de l’auteure de l’essai tend par trop souvent à minimiser le récit de la guerre civile, par souci peut-être d’éviter la polémique, au profit d’une analyse structurelle qui fait de l’œuvre un seul récit autobiographique. Dans le contexte difficile de leur écriture, c’est minimiser le rôle essentiel que des œuvres d’écrivains, de tous pays, de sensibilité différente, ont alors joué pour rendre compte des horreurs de la guerre d’Espagne. La liste est désormais trop longue, mais Bernanos, aux côtés d’Hemingway, d’Orwell, de Malraux a fait partie des premiers écrivains à témoigner sur le vif d’un engagement que le lecteur d’aujourd’hui, enrichi du recul et de la connaissance historique, est libre d’apprécier et de pondérer à sa juste valeur. C’est ce qui fait dire à l’historien Bartolomé Bennassar que « Georges Bernanos est un témoin précieux »6.

21Aujourd’hui, soixante-dix ans après la fin de la guerre civile, la réconciliation reste encore un vain mot pour une partie de la population. La béatification massive de 498 prêtres, victimes pendant la République espagnole de la haine de la foi, selon la terminologie officielle du Vatican, en 2007, l’annonce en juillet 2009 de la béatification de 6 nouveaux prêtres espagnols sont les signes, soutenus par l’épiscopat espagnol, d’une volonté de l’Église de faire obstruction au processus de réconciliation après une guerre qu’elle continue de qualifier de croisade, idée que récusait Bernanos. La lutte des associations de famille pour l’ouverture des fosses communes et la récupération de la mémoire historique, les positions nouvelles de l’Église basque qui demande pardon pour le silence de l’Église face à l’exécution par des franquistes de religieux révèlent la constante résonance de la Guerre civile dans la société d’aujourd’hui. Cela ne rend que plus actuelle la lecture des Grands cimetières sous la lune, livre dans lequel Georges Bernanos écrivait : « Après une guerre civile, la vraie pacification commence toujours par les cimetières, il faut toujours commencer par pacifier les cimetières. »7 C’est là, dans les cimetières d’aujourd’hui, que les Espagnols ont à mener un combat qui apaisera les passions et les guidera sur le chemin d’une réconciliation durable.