Acta fabula
ISSN 2115-8037

2019
Juin-juillet 2019 (volume 20, numéro 6)
titre article
Muriel Denèfle

Pour une lecture exigeante & humaine de la poésie moderne

DOI: 10.58282/acta.12255
Michel Collot, Sujet, monde et langage dans la poésie moderne. De Baudelaire à Ponge, Paris : Classiques Garnier, coll. « Études de littérature des XXe et XXIe siècles », 2018, 278 p., EAN : 9782406078098.

1L’actualité éditoriale de Michel Collot est particulièrement féconde en ce début d’année 2019 : après la parution en 2018 du Parti pris des lieux (La lettre volée) et de Sujet, monde et langage dans la poésie moderne. De Baudelaire à Ponge (Classiques Garnier), 2019 a vu paraître Le Chant du monde dans la poésie française contemporaine (Corti). Si la publication de ces trois ouvrages coïncide avec la fin d’une riche carrière d’enseignant‑chercheur, ils sont cependant loin de constituer le point final des recherches de l’auteur, mais témoignent au contraire de la vitalité d’une pensée de la poésie moderne et contemporaine qui n’a de cesse de s’approfondir et de se renouveler depuis la publication des deux volumes de L’Horizon fabuleux (Corti) en 1988. C’est sous le signe de l’Autre, pensé à la fois comme une altérité à laquelle se confrontent les poètes, mais aussi comme un potentiel vecteur d’altération, qu’est entièrement placé l’ouvrage Sujet, monde et langage dans la poésie moderne. De Baudelaire à Ponge. Cette altérité est constitutive aussi bien du sujet lyrique depuis que Rimbaud a proclamé que « JE est un autre1 », que du monde, devenu fondamentalement étranger depuis la révolution industrielle. Enfin, l’altérité s’inscrit au sein du langage poétique lui‑même, qui se détache de la tradition poétique pour explorer ses propres potentiels. Les poètes, ainsi aux prises avec une expérience aussi féconde que problématique de l’altérité du « sujet », du « monde » et du « langage », cherchent à établir une relation neuve avec ces trois entités. En (re)plaçant ces trois notions au cœur de tout acte poétique, M. Collot (ré)affirme la nécessité d’une critique littéraire qui s’attache à saisir la spécificité du langage poétique, sans jamais perdre de vue la portée ontologique de la poésie, de même que « l’expérience humaine2 » que représente tout acte poétique.

« Vaporisation » & « centralisation » du « Moi3 » : l’espacement jubilatoire du sujet lyrique

2Le principe fondateur de l’ouvrage de M. Collot, qui repose sur les dynamiques oscillatoires entre le Même et l’Autre, le sujet et le monde, ou encore l’unité et le multiple, peut être puisé dans l’article central qu’il consacre à Baudelaire : « Le Cœur‑espace. Aspects du lyrisme dans Les Fleurs du mal » (p. 127‑147). Au cœur de cet article, les notions de « vaporisation » et de « centralisation », qui constituent le pivot des écrits autobiographiques de Baudelaire, fondent une oscillation qui irradiera tout au long du xxe siècle aussi bien en tant qu’expérience du sujet lyrique lui‑même, que de parti pris intellectuel et esthétique. Au mouvement d’expansion de la conscience, qui explore des altérités que sont désormais pour les poètes modernes le sujet, le monde et le langage, s’adjoint en effet un mouvement inverse de retour vers soi ou vers le Même, pour ressaisir une forme d’unité, pressentie comme originelle, qui soit apte à fonder un acte poétique substantiel. Tout au long de l’ouvrage, M. Collot montre cette dynamique à l’œuvre chez les poètes qu’il étudie, en particulier Apollinaire, Reverdy, Ponge, Supervielle. Solidaire avec le mouvement de « vaporisation », la notion d’« espacement » du sujet (p. 135) permet de mener une réflexion sur la dynamique d’ouverture au monde qui est à l’œuvre dans la modernité — cette expansion du sujet lyrique hors de lui‑même provoquant un renouvellement du rapport à soi, au monde, mais aussi un renouvellement de la poésie elle‑même. M. Collot montre notamment que Baudelaire, qui semble condamner la « vaporisation » « du Moi », y a cependant recours de façon constante dans Les Fleurs du mal, où elle apparaît comme un principe fécond. Pour l’auteur, cette tendance de Baudelaire, qui constitue son héritage romantique, est paradoxalement l’un des éléments de la modernité de sa poésie, en ce qu’elle procède à une refondation du lyrisme : non plus expression des sentiments personnels de l’auteur, le lyrisme avec Baudelaire devient ek‑stasis, sortie de soi.

3Aussi l’auteur montre‑t‑il que les Alcools d’Apollinaire sont au pluriel pour refléter la « variété du réel » (p. 70) autant que celle de la « personnalité lyrique» du poète. Cette « vaporisation » du domaine du poétique se manifeste dans la diversité des influences esthétiques qui traversent le recueil, mais sa « centralisation » est manifeste elle aussi : elle repose sur l’aspect ouvertement autobiographique du lyrisme apollinarien, de même que sur les principes de musicalisation des vers. Cette dynamique caractérise aussi le travail mené par Reverdy sur la transformation de l’émotion brute en émotion poétique, puisque, comme le signale M. Collot, « Reverdy insiste sur le travail de condensation que suppose l’opération poétique » (p. 88) pour confier au « seul pouvoir des mots » (p. 89) celui de faire naître l’émotion poétique. Mais à cet effort de condensation (« centralisation ») s’ajoute le mouvement d’expansion nécessaire (« vaporisation ») à la mise en mouvement de l’« é‑motion » poétique :

L’é‑motion poétique n’est pas un état intérieur, comme l’indique le préfixe qui marque une sortie de soi ; elle n’existe qu’à condition de s’extérioriser en s’exprimant dans les mots mais aussi dans les choses. C’est le contact avec la réalité qui révèle au poète son intime altérité. (p. 92)

4Chez Supervielle, la tension féconde et dynamique entre « centralisation » et « vaporisation » se manifeste notamment dans son recours à l’imaginaire du bestiaire : l’identité multiple du poète se déploie dans les différentes figures d’animaux qu’il fait intervenir dans ses poèmes, de même que dans sa position vis‑à‑vis d’eux (ami ou ennemi) : « l’animal est dans la poésie de Supervielle la figure récurrente d’une intime altérité » (p. 103). Cette tendance à la « vaporisation » dans l’épreuve de l’altérité va jusqu’à menacer l’unité des vers, que M. Collot qualifie à plusieurs reprises de « classiques » (p. 105, 109, 178). Supervielle, qui écrit « pour harmoniser les dissonances intérieures, pour faire taire le tumulte et le désordre de l’inertie » (d’après les notes manuscrites du poète citées p. 111) parvient cependant à maintenir l’unité du moi et du poème grâce à ce que l’auteur appelle une « petite musique du vers, des insectes et des oiseaux » (p. 111). L’expérience poétique de Ponge, quant à elle, est fondée sur une exploration de la réalité dans son altérité en apparence la plus éloignée de l’homme. En cela aussi, sa démarche peut être placée sous le signe de la « vaporisation ». Dans sa quête d’objectivité, la poésie de Ponge cherche en effet, comme le montre M. Collot, à provoquer un « enrichissement » de la « personnalité » (p. 57) du sujet en saisissant ce que les objets ont de plus radicalement différent de lui, ainsi qu’à étendre le panel des sentiments humains. Mais au centre de la poésie de Ponge, la notion d’objoie, qui revisite le joi médiéval, repose dans la découverte d’un point de convergence entre le « moi », le « monde » et les « mots » (p. 59). Il y va donc ici encore d’un mouvement de « centralisation », qui cherche non pas à réduire les différences mais à trouver un point d’unité d’où la poésie peut jaillir et se révéler jubilatoire.

Du recueil au livre : une démarche critique placée sous le signe de la cohésion dans le multiple

5La démarche heuristique de l’auteur peut elle‑même être placée sous le double signe de la « vaporisation » (soit d’un mouvement d’expansion) et de la « centralisation » (soit d’une concentration dans l’unité). En effet, l’ouvrage, qui reprend des articles publiés entre 1990 et 2016 en revues ou dans des actes de colloques, le plus souvent remaniés par leur auteur, de même que plusieurs chapitres inédits issus de séminaires ou de cours, traite de problématiques diverses, et témoigne du cheminement intellectuel de l’auteur au fil des années. Loin cependant d’être un simple recueil, l’ouvrage, marqué du sceau de la triade originaire qui lui a donné son titre, est au contraire remarquablement cohérent et unifié. Dans une structure tripartite, chacune des trois notions du titre est approfondie : la notion d’altérité du sujet lyrique lui‑même est abordée en détails dans la première partie (« JE est un autre »), le rapport de la poésie à l’espace est analysé dans la deuxième partie (« Au cœur du monde ») et les problématiques spécifiques au langage poétique de la modernité sont soulevées dans la troisième partie (« Formes et sens »). Cependant, malgré cette organisation en trois pôles distincts, les trois notions ne sont jamais séparées à l’intérieur des chapitres, qui abordent les thématiques traitées dans un mouvement de pensée qui s’approfondit en formant des cercles concentriques — ce qui permet à l’auteur de toujours apporter de la matière nouvelle à sa réflexion sur les trois notions elles‑mêmes comme sur les poètes étudiés, tout en évitant les répétitions ou la dilution du propos. La fécondation réciproque de « sujet », « monde » et « langage », toujours réaffirmée, n’a par ailleurs de cesse de révéler l’enjeu profondément humain de l’acte poétique, de même que sa nécessité.

6De la même manière, la démarche heuristique de l’auteur mêle plusieurs disciplines (« vaporisation ») pour développer une pensée inédite du texte, qui s’inspire des procédés d’analyse existants sans se réclamer d’aucun courant, mais prend au contraire son « propre parti4 » (« centralisation »). Aussi l’acte de pensée qui se déploie tout au long du livre est‑il un véritable acte de liberté, mais de ceux que permet la parfaite maîtrise de ses outils par l’auteur‑artisan de pensée : sont convoquées différentes branches de la linguistique (poétique, stylistique, sémiotique…), mais aussi la philosophie (notamment la phénoménologie), la psychanalyse, de même que les outils traditionnels de la critique littéraire (étymologie, rhétorique, questionnement sur les genres…). Le recours à ces différentes disciplines permet à l’auteur de proposer des analyses fines des textes, de donner à son propos une teneur pleinement scientifique, tout en menant une démonstration qui ne se borne jamais à penser la poésie comme un fait de langage seul, mais s’interroge au contraire toujours sur le sujet écrivant et le lien que le poème cherche à établir avec le monde. La langue de l’auteur elle‑même est précise, éclairante et subtile : sans lyrisme, et sans affectations inutiles, elle parvient à transmettre une pensée toujours claire, dans un constant souci du lecteur qui, auparavant, était en posture d’auditeur des conférences ou séminaires réunis en ouvrage. À l’attention portée à la richesse des mots, à leur justesse, nous reconnaissons l’exigence de l’enseignant‑chercheur qu’est M. Collot, mais aussi, et peut‑être même avant tout, celle du poète. Aussi voyons‑nous dans cet ouvrage une œuvre de poète délivrant une pensée de la poésie autant qu’un ouvrage universitaire — mais dans tout ce que le mot de « poète » implique d’exigence éthique envers le langage, de même que de confiance dans son potentiel signifiant. De fait, la démarche critique de l’auteur tend au dépassement de l’opposition entre forme et sens, de même qu’entre « littérarisme » et « positivisme » (p. 199) et parvient à renouveler la méthode de lecture des textes analysés, tout en faisant de la critique littéraire une science fondamentalement « humaine », particulièrement inspirante pour son lecteur. Et ce d’autant plus, sans doute, s’il se trouve être un jeune chercheur en quête d’une pensée critique originale et transdisciplinaire de la poésie.

Refonder le lyrisme à partir de la rupture du principe d’équivalence

7Une autre des orientations majeures du livre de M. Collot est son effort pour penser la notion de « lyrisme » comme recherche d’un équilibre, dans l’acte poétique, entre les trois instances placées en exergue. Le rapport des poètes à un monde pensé comme une altérité signifiante les pousse en effet à se mettre en quête d’une écriture poétique « objective » (p. 50) et à promouvoir le retrait du sujet lyrique au profit de la présence du monde, dans une forme poétique neuve.

8C’est le cas de Ponge, bien sûr, qui cherche à accueillir les objets du monde dans ses poèmes, mais c’est aussi celui de Rimbaud, dont certaines des Illuminations cherchent à rendre compte d’un monde « fait de purs objets, radicalement extérieur au sujet » (p. 51). C’est le cas, encore, de Reverdy : celui‑ci théorise en effet les fondements d’un « lyrisme de la réalité » (selon l’expression du poète, citée p. 93), qui repose dans l’élaboration en poésie d’un point de rencontre entre soi, le monde et le langage. M. Collot définit ce lyrisme « objectif » comme la tentative faite par le poète de procéder à une « objectivation du plus intime » (p. 58). Mais l’auteur montre encore que l’effort des poètes pour exprimer ce qui est le plus éloigné de soi ou, de façon plus générale, ce qui est le plus radicalement différent de l’humain, est loin de provoquer le retrait de la conscience subjective hors de l’acte d’écriture : il s’agit au contraire, pour les auteurs, de penser la conscience humaine à l’intérieur de son rapport au monde, dans une perspective humaniste. En effet, loin de nier le lyrisme, la recherche de l’objectivité permet sa refondation, grâce au contact avec la réalité extérieure.

9De même, la notion de « circonstance », remotivée par M. Collot comme « ce qui se tient autour » (p. 116), permet de penser le lyrisme comme le produit de l’action du monde sur le sujet, et le « poème de circonstance » comme un texte né d’un « coup du dehors5 » pour reprendre l’expression du poète Alain Freixe. En cela, il s’inscrit dans la continuité de ses précédents travaux, où le lyrisme est pensé davantage comme l’expression d’une relation entre le sujet et le monde que comme l’expression du sujet lui‑même. Cette modalité du lyrisme, que M. Collot fait remonter au poème « À une passante » de Baudelaire, est développée dans le chapitre consacré à l’auteur des Fleurs du mal, où le clivage entre poésie subjective et objective est dépassé : la modernité de Baudelaire, selon M. Collot, réside donc dans le premier effort d’objectivation du lyrisme, ou encore, dans la quête d’un « lyrisme hors de soi » (p. 128). Caractéristique aussi de ce lyrisme de la rencontre avec le monde, le rapport de « co‑naissance » que Claudel entretient avec le monde, et qui se révèle notamment dans son rapport au paysage chinois (p. 148‑166). De même, M. Collot retrace l’évolution des liens que Ponge entretient avec les lieux : d’inaccessible et intimidant, le paysage devient un sujet de plus en plus urgent pour le poète, qui décide, dans le contexte politique douloureux des années 1940, de répondre à la nécessité intérieure qui le presse et d’affirmer le parti pris du lieu. Face au paysage comme face à la chose, le lyrisme naît de l’« interaction entre le dedans et le dehors » (p. 189). Et l’auteur de rappeler que « Naître, c’est venir au monde ; être, c’est avoir lieu » (p. 190) : en resémantisant les deux expressions « venir au monde » et « avoir lieu », M. Collot affirme l’urgence d’une pensée critique de la relation au monde.

10Cette quête d’un lyrisme neuf est indissociable de la rupture dans la versification de la notion d’« équivalence », mise à jour par Jakobson : « niant ou déniant l’arbitraire du signe » (p. 15),  la poésie classique reposait sur la circularité du sens et du son, pour chercher à établir une équivalence entre signifiant et signifié. M. Collot montre que le mouvement d’expansion du poème dans la modernité procède de la rupture de ce principe d’équivalence, pour laisser libre cours à l’exploration formelle et l’invention de nouveaux procédés. C’est dans une telle dynamique que s’inscrivent les recherches spatialistes de Mallarmé, qui fonde une poétique nouvelle avec le Coup de dés, remettant profondément en question la notion de vers. C’est d’un tel mouvement d’expansion également que procèdent les Calligrammes d’Apollinaire, qui cherche une forme‑sens en déployant les mots dans l’espace de la page, à la manière d’un peintre. Une telle quête de l’espace par le mot est partagée aussi par Claudel, qui percevait dans le signe chinois la possibilité d’un paysage.Mais il s’agit aussi, en rompant le principe d’équivalence, de mettre en question la notion même de poème : la quête d’une forme adéquate pousse notamment Ponge à tenter de trouver une conjonction entre la prose et la poésie dans ses Proêmes, tout en revisitant des formes anciennes. Il s’agit, encore, de repenser le rapport du poème au sens : Rimbaud propose en effet une expérience poétique dans laquelle « un monde et un moi prennent sens » grâce à une « configuration originale de signifiés et de signifiants » (p. 211), ou, comme le montre l’auteur dans un autre chapitre, propose une poésie lyrique où « fiction » et « autobiographie » se fécondent mutuellement, pour entretenir l’équivoque sur la nature et le sens de ses poèmes.

11Si une place est faite également dans l’ouvrage aux poètes qui constituent l’autre pôle de la modernité, représenté par Valéry, Supervielle ou Prévert, qui écrivaient dans des vers de forme classique, M. Collot montre que les influences de la poésie spatiale et de la rupture du principe d’équivalence n’ont pas laissé leurs vers absolument indemnes. La versification de Prévert notamment repose sur une réévaluation du vers traditionnel, aboutissant à faire du mètre un « horizon » : « un point de repère, certes, mais mobile et jamais atteint » (p. 241). M. Collot montre par ailleurs que si l’Ode secrète de Valéry est écrite en vers réguliers, elle témoigne du profond impact des recherches spatialistes de Mallarmé sur leur auteur. De même, c’est pour chanter son Amérique natale dans Débarcadères que Supervielle se fait européen, en assimilant « certains enseignements de la modernité poétique européenne » (p. 168) — soit l’emploi du vers libres et des versets —, sans pour autant renoncer à la versification traditionnelle par la suite.

12Toutefois l’auteur montre, de fait, que les recherches formelles ne vont jamais sans une extension de la connaissance du monde, et d’enjeux existentiels propres aux poètes eux‑mêmes : il s’agit bien, toujours, d’insister sur ce que cette poésie moderne, qui peut sembler en apparence close sur elle‑même et reposer sur une obsession du langage et de la forme, a de fondamentalement lyrique.


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13Ainsi, c’est un ouvrage dense et fort instructif que nous donne à lire Michel Collot avec Sujet, monde et langage dans la poésie moderne, aussi bien pour la teneur des analyses monographiques qu’il propose que pour la qualité de sa démarche critique. La force du livre réside dans la pensée du lyrisme qui s’y échafaude et dans la grande cohérence qui se dégage de l’architecture de l’ouvrage, véritable synthèse des enjeux soulevés par M. Collot tout au long de sa carrière d’enseignant‑chercheur et de poète. Plus encore que d’un partage des savoirs, c’est de la transmission d’un savoir‑faire, ou plutôt d’un savoir‑penser qu’il s’agit dans ces pages, grâce à une démarche intellectuelle qui parvient à mener une lecture aussi humaine qu’exigeante de la poésie moderne. En cela, nous partageons le sens du vibrant hommage que dédie Antonio Rodriguez aux travaux de M. Collot dans la postface de l’ouvrage.