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Éric Vuillard, écrivain : engagement et complexité

Éric Vuillard, écrivain : engagement et complexité

Publié le par Marc Escola (Source : Jérémie Majorel)

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Colloque international

Éric Vuillard, écrivain : engagement et complexité

Université Paris Nanterre, 23-25 mars 2027

Éric Vuillard, prix Goncourt 2017, traduit en une quarantaine de langues, est un écrivain qui se tourne vers « les races, les tribus, les continents, l’histoire et la géographie, toujours un champ social[1] » : colonisations (Conquistadors, Congo, Tristesse de la terre, Une sortie honorable et Les Orphelins), révolutions (14 juillet et La Guerre des pauvres), conflits mondiaux (La Bataille d’Occident et L’Ordre du jour). Il est, si ce n’est engagé, du moins « embarqué[2] » à l’extrême gauche d’un champ politique de plus en plus polarisé. Ainsi, de son soutien aux Gilets Jaunes non seulement lors d’un entretien paru dans un journal proche du Comité invisible[3] mais aussi en choisissant de publier La Guerre des pauvres (2019) au moment même de la crise. Par un effet de boucle, la photographie d’un tag rouge sur un mur, « Lisez la guerre des Pauvres. E. VUILLARD », vient illustrer l’interview, tout comme une formule extraite du livre, taguée quant à elle en noir : « Le MARTYR EST UN PIÈGE / Seule la victoire COMPTE ». Plus récemment, il a enjoint dans le même journal à refuser l’exécution du mandat d’arrêt européen émis par la Hongrie contre un militant antifasciste[4]. L’auteur met donc sa notoriété, acquise par l’écriture, au service de causes politiques.

Mais y a-t-il parfaite coïncidence entre son œuvre littéraire et ses partis pris publics ? Ses livres seraient-ils des « romans à thèse[5] » ? Cherche-t-il à épouser la vision des vaincus, contre une histoire qui serait toujours écrite par les vainqueurs, selon les thèses de Walter Benjamin qu’on a coutume de résumer de la sorte[6] ? Si on revient sur la trajectoire de l’écrivain, et sur chaque livre qui la ponctue, alors c’est plutôt un espace remarquable de tensions qui se manifeste, dont une principale entre engagement et complexité, au plan historique, moral et politique, impliquant des « enjeux de représentation, de discours ou de délégation[7] ».

Ainsi, Vuillard débute par trois livres, Le Chasseur (1999), Bois vert (2002) et Tohu (2005), qui diffèrent avec la suite de l’œuvre, dont le moment charnière est Conquistadors (2009), tandis que La Bataille d’Occident et Congo, publiés en 2012, en actent le véritable (re)commencement. Certes, Le Chasseur est en partie matriciel, par le couple qu’il met en scène – un prédateur et une proie –, et une dialectique qui transpose celle du maître et de l’esclave. Ce premier livre contient en puissance les innombrables figures d’oppresseur et d’opprimé qu’ausculte Vuillard encore aujourd’hui. Néanmoins, il est difficile après-coup de le rattacher au même auteur. En effet, comme son titre allégorique le suggère, il s’agit d’un bref récit où l’abstraction règne : aucun contexte historique ou géographique n’est précisé. En outre, sans terme assigné, la parabole est amputée de sa morale. Le contraste est encore plus marqué avec Bois vert : mince recueil de poèmes en prose où se condensent les tribulations d’un « je » rimbaldien. Tohu poursuit encore plus radicalement dans cette veine poétique et d’une certaine façon l’épuise. C’est un livre à la fois touffu et fragmentaire, sans fil narratif, juxtaposant des visions cauchemardesques. Le titre résonne avec une œuvre qui semble en quête de sa propre genèse. À l’origine donc, un tohu(-bohu), mais qui reste pour l’instant intérieur.

C’est dire la rupture que représente la publication de Conquistadors. Ce livre, qui retrace de façon globalement linéaire sur près de quatre-cents pages la conquête espagnole du Pérou au XVIe siècle, délaisse l’expérimentation littéraire au profit de la tradition du roman historique. Après le tohu-bohu poétique, c’est donc un retour à l’ordre narratif. De même, l’angle adopté sur l’Histoire semble clair : « GLORIA VICTIS ! » (« gloire aux vaincus ») est ainsi gravé en majuscules à la dernière page du livre. Il s’agirait, d’un côté, de glorifier les Incas, les Indiens, de l’autre, de détricoter la geste héroïque dont se sont vantés après-coup les conquérants espagnols. Cependant, ce roman historique, premier d’une suite nombreuse, ne cherche en fait nullement à adopter la vision des vaincus : « Ce que faisaient alors les Indiens, nous ne le saurons pas. » (p. 57) Vuillard fait donc un choix : épouser le point de vue de Pizarre, de ses frères, de ses soldats. C’est qu’il présuppose avec eux une plus grande proximité, malgré la distance historique. Outre le fait qu’il appelle à suspendre les jugements moraux vers la fin du récit, il dresse un étonnant parallèle entre l’exécution d’Atahualpa, et celles de Charles Ier et de Louis XVI, faisant de Pizarre, de façon paradoxale, une figure révolutionnaire inaugurale. En rappelant que parmi les conquistadors nombreux étaient les « bâtards » (p. 181), il laisse entendre que la conquête du Pérou aurait été une façon pour ces hommes de venger leur classe. Ainsi, être aux côtés des conquistadors, ne serait-ce pas déjà être, jusqu’à un certain point, du côté des « pauvres » ?

Les livres postérieurs sont traversés à leur tour par une tension entre engagement et complexité qui prend diverses formes et qui varie en intensité. Avec La Bataille d’Occident, qui marque son transfert à Actes Sud, l’image d’un auteur qui revisite les événements du passé à l’aune des luttes du présent commence à se cristalliser. De son côté, Congo abandonne l’amplitude narrative de Conquistadors au profit d’une poétique de la brièveté qu’il va privilégier désormais. Ce n’est plus le récit d’une conquête. C’est une galerie de portraits. Le livre amorce un art où l’auteur excelle – la caricature politique – en s’inscrivant dans la lignée de Daumier et de Philipon[8]. Le ton à dominante satirique laisserait-il moins de place à la nuance ? Que l’on songe au « pharaon du caoutchouc », Léopold II, et à la galerie des impérialistes belges qui couvrent les crimes coloniaux. Si Vuillard les tire de l’oubli, c’est pour mieux les exposer, comme il le fera ensuite avec Buffalo Bill dans Tristesse de la terre, avec le personnel politique de la IVe République face à l’Indochine dans Une sortie honorable, ou encore avec les grands patrons allemands ayant financé le parti nazi dans L’Ordre du jour. L’Académie Goncourt récompense alors le livre sans doute le plus univoque de l’auteur, mais pas le moins efficace ni le moins actuel.

L’art du portrait littéraire se double de l’ekphrasis de photographies[9]. Sur ce point, Congo n’hésite pas à opérer des montages qui pourraient relever de l’agit-prop. Vuillard s’ingénie à gratter l’aura héroïque ou le vernis de respectabilité sous lesquels se drapent les puissants qui ont commis, fait commettre, cautionné, mis à profit ou blanchi le pire. Les illustrations de jaquette et de couverture jouent désormais un rôle central dans cette visée : Henry Morton Stanley qui pose fusil à la main à côté d’un jeune Africain dans Congo, le couple Jacqueline et Christian de la Croix de Castries, pochette de costume et porte-cigarette aux lèvres, dans Une sortie honorable, ou encore Gustav Krupp, de plain-pied, col blanc, chapeau d’une main, gants de l’autre, dans L’Ordre du jour. Tristesse de la terre, qui intègre des photographies à l’intérieur même du livre, concrétise le type de montage voulu par le narrateur de Congo : alternent une photographie où Buffalo Bill pose avec superbe aux côtés du chef indien Sitting Bull et des photographies de rescapés du massacre de Wounded Knee. C’est La Bataille d’Occident qui avait mis en place une tension entre texte et images : une photographie de gueule cassée venait ironiser les plans calamiteux des stratèges cacochymes de la IIIe République.

Ces procédés, qui marquent un point de vue engagé, ne dissipent pas pour autant la complexité historique, morale et politique. Pas plus que Conquistadors, ces livres ne cherchent à épouser la vision des vaincus. Le narrateur reste fasciné par les colonisateurs. Un mélange d’attrait et de répulsion est sensible dans le portrait de « Stanley, le petit gamin de l’orphelinat de Saint-Asaph, avec derrière lui sa blessure secrète, le registre de naissance où il est écrit : “John Rowlands, bâtard”, lui le fils d’ivrogne, abandonné, maltraité, sorti tout droit d’un roman de Dickens » et qui finira en première ligne de la « grande entreprise léopoldienne » (p. 45). L’affinité avec les « orphelins » est déjà ici sous-jacente. On mesure la déception du narrateur face à une trajectoire qui aurait pu être celle d’un Oliver Twist ou d’un David Copperfield, ou mieux encore, d’un Jean Genet, voire d’un révolutionnaire, déception analogue à celle éprouvée face aux conquistadors. De même, certes, Tristesse de la terre reconduit le dessein de Conquistadors : dissiper les mirages de l’épopée, cette fois de la « conquête de l’Ouest » que le Wild West Show de Buffalo Bill a ancrée dans les imaginaires[10]. Cependant, la satire ne va pas aussi loin que Buffalo Bill and the Indians, or Sitting Bull’s History Lesson (1976), film de Robert Altman, emblématique de la contre-culture des seventies. En effet, Vuillard prête à son personnage des moments de lucidité et fait même montre d’une certaine empathie au moment où les divertissements plus modernes ringardisent le Wild West Show.

Orientations

Enjeux stylistiques et morales de la forme

L’œuvre vuillardienne nécessite par conséquent d’entrer dans les subtilités stylistiques[11], en gardant à l’esprit la « morale de la forme[12] » (Barthes) : dans quelle mesure certains choix formels engagent-ils des choix moraux, voire politiques ? Ceux-ci coïncident-ils ou contredisent-ils ceux-là ? On pourrait partir d’une distinction entre procédés au service d’un engagement (devenir slogan des sentences et maximes, brièveté lapidaire, portraits au vitriol, ekphrasis émouvante de photographies, tonalité ironique, nomination préférée à la suggestion...) et figures de la complexité (aphorismes, discours indirect libre, focalisation interne, modalisations, vocabulaire axiologique qui se nuance, inflexions de la voix narrative, mélange concerté des niveaux de langue...) pour mieux ensuite préciser cette distinction, voire la dialectiser. Ce questionnement concernerait aussi l’expérience de réalisateur de Vuillard, notamment son adaptation, sortie en 2014, d’une nouvelle corse de Prosper Mérimée, Mateo Falcone. Réciproquement, un art du montage inspiré du cinéma nourrit-il son écriture[13] ? L’attention sensible aux paysages naturels, par ailleurs, n’est-elle pas présente de part et d’autre ? N’appellerait-elle pas une approche écopoétique, en complément de la critique d’un capitalisme extractiviste ? Pensons au dernier chapitre de Tristesse de la terre, consacré au premier photographe à avoir fixé sur la pellicule des flocons de neige. De même, l’adaptation de L’Ordre du jour par Jean Bellorini à la Comédie-Française au printemps 2026 invite à se demander si une forme de théâtralité, ou de vision théâtrale de l’Histoire, ne serait pas aussi inhérente à l’écriture vuillardienne. 

Regard panoramique : tohu-bohu et ligne claire

Un retour sur la période charnière entre, d’un côté, Conquistadors, de l’autre, La Bataille d’Occident et Congo, permettrait d’observer la mue d’une écriture. On pourrait aussi étudier des regroupements : les trois premiers livres, le diptyque des guerres mondiales, celui des révolutions, la pentalogie de la colonisation, au sein de laquelle se distinguent Tristesse de la terre : une histoire de Buffalo Bill Cody et Les Orphelins : une histoire de Billy the Kid. Et s’il est tentant de rapprocher 14 juillet et La Guerre des pauvres, force est de constater qu’ils présentent deux images a priori incompatibles du phénomène révolutionnaire[14]. Ces regroupements thématiques ne recoupent pas forcément ceux que l’on peut établir à partir d’aspects davantage formels, autour du portrait littéraire et photographique, ou bien encore des stratégies énonciatives. À ce propos, Vuillard confirme non seulement la « mort de l’auteur » (Barthes) mais aussi celle du « narrateur », congédiant sans ménagement ces « secrets de polichinelle », au profit d’un « je » qui ne laisserait s’interposer entre lui et le lecteur aucun « faux-semblant[15] ». Il convient donc d’interroger l’évolution de la poétique du récit de Vuillard et de son éthos discursif, dans ses mutations, ses ruptures, mais aussi ses éventuelles permanences.

Réception : entre contestation et consécration

Dès lors, comment aller au-delà d’un lectorat convaincu par avance de la nécessité de ses combats ? Considérons la réception des livres de Vuillard dans toute sa diversité : de la plus militante à la plus institutionnelle en passant par la presse. Outre le Goncourt, l’auteur a obtenu de nombreux prix (prix de l’inaperçu – Ignatius J. Reilly, prix Franz-Hessel, prix Valery-Larbaud, prix Joseph-Kessel, prix Alexandre-Vialatte, prix Ernst-Bloch). Mais obtenir le Goncourt est une chose. Retrouver des extraits de ses livres tagués sur des murs en est une autre, encore plus rare. C’est la preuve d’un usage politique de l’œuvre, d’une performativité à laquelle aspirent beaucoup d’écrivains, d’une coïncidence fugace avec les « écrits sauvages de la contestation[16] ». Néanmoins, entre ces deux pôles, il ne faudrait pas oublier l’accueil réservé par la presse spécialisée (écrite, radiophonique, en ligne). Quelle image de l’œuvre et de l’écrivain se forge la critique ? Quel type de « posture littéraire[17] » Vuillard construit-il au cours de ses apparitions médiatiques ?

Pensée de la fiction

Vuillard n’a encore jamais publié d’essai sur le roman qui théoriserait sa propre pratique. Les moments réflexifs de la sorte sont rares, et d’autant plus précieux, dans ses livres mêmes. En revanche, ses nombreux entretiens accordés à la presse sont devenus le lieu principal d’une pensée originale, mouvante, des rapports entre « réalisme » et « fiction » : « ce qui est intéressant au fond je pense lorsqu’on écrit, si le mot “fiction” est au cœur toujours des opérations en littérature, ou le mot “roman”, c’est parce qu’au fond on est tous prisonniers d’une fausse conscience d’une certaine façon, et donc je crois qu’écrire justement, que ce soit de la littérature ou autre chose, à ce titre, c’est essayer bizarrement de se défaire de la fiction. Alors la fiction peut être un outil pour se défaire d’elle-même, puisqu’il y a différents types de fiction, au fond[18]. » L’abandon de la mention « roman » au profit de la mention « récit » à partir de La Bataille d’Occident ne se réduit donc nullement à un rejet du fictionnel au profit du factuel. Tenter de reconstituer cette pensée complexe de la fiction, mais sans la figer, est donc une autre ambition de ce colloque[19]. 

Frictions épistémologiques

La polémique avec l’historien américain Robert O. Paxton, consécutive à la traduction en anglais de L’Ordre du jour, n’épuise ni les termes ni le sujet de la discorde[20]. Vuillard a reçu une solide formation en sciences humaines et sociales (DEA d’histoire et civilisations à l’EHESS sous la direction de Jacques Derrida, entre autres), il se documente pour chaque nouveau livre, il voyage dans le monde entier. Ceci le rapproche de beaucoup d’écrivains de sa génération (lui qui est né à Lyon le 4 mai 1968, cela ne s’invente pas). En revanche, il n’écrit pas de récits de voyage. Il n’arpente pas les territoires de l’intime, ni même ne part de l’intime pour élargir la focale vers le politique. Ses livres ne ressemblent pas non plus à des récits d’enquête ni n’entrent dans l’aire d’une littérature factuelle. Ceci le singularise au sein du paysage narratif contemporain. L’œuvre est somme toute difficilement catégorisable. Il nous faut donc interroger ce que Vuillard retient et délaisse, sa façon de traiter le matériau historique, la nécessité qu’il éprouve de s’en détacher partiellement, la force et la tâche aveugle des points de vue qu’il adopte, ou des montages qu’il opère, les résonances qu’il cherche entre ses livres, leur contexte de publication et le dépassement de ce contexte. L’ouvrage de Nathan Wachtel, La vision des vaincus : les Indiens du Pérou devant la Conquête espagnole (1971), a-t-il été pris en compte pour écrire Conquistadors ? Dans quelle mesure Congo participe-t-il à la redécouverte d’une mémoire belge de la colonisation initiée bien en amont par King Leopold’s Ghost (1998) de l’historien américain Adam Hochschild[21] ? C’est donc la question des rapports complexes entre les savoirs et la littérature d’une part, entre la narration historique et la fiction d’autre part, que ne cesse de poser l’œuvre de Vuillard et qui mérite, à ce titre, d’être examinée de près.

Situations

Étudier ces différents points saillants de l’œuvre aboutirait enfin à mesurer le rapport de Vuillard à la tradition du roman historique, mais aussi au legs perecquien, puisque Robert Bober lui a rendu un très bel hommage dans Par instants, la vie n’est pas sûre (2020), sensible au souci de nommer les Juifs qui se sont suicidés lors de l’Anschluss dans L’Ordre du jour, d’exhumer les quelques noms propres retrouvés parmi la foule révolutionnaire dans 14 juillet, ou encore de s’adresser à un jeune garçon mutilé dans Congo, au point d’inviter Vuillard, après avoir lu Tristesse de la terre, à commenter une photographie de Jean Moulin enfant dans Il y a quand même dans la rue des gens qui passent (2023). Dans cette optique, une attention spéciale devrait se tourner vers son attachement à la description signifiante – lieux, vêtements, objets, détails –, en tant que ceux-ci matérialisent des rapports de force, dans une tradition réaliste et naturaliste qu’il renouvelle à sa manière. Les préfaces que Vuillard a écrites pour une réédition d’Histoire de la colonne infâme (1840) d’Alessandro Manzoni ou pour Lettres à la bien-aimée et autres poèmes (2025) de Thierry Metz incitent à percevoir des affinités entre leurs œuvres respectives. Mais des comparaisons fructueuses pourraient être menées avec des écrivains contemporains qui partagent des combats, des thèmes, un ton ou une pratique du récit analogues (Joseph Andras, Sandra Lucbert, Arnaud Maïsetti, Philippe Videlier...) et le goût de décaper le genre du western (Céline Minard, Christine Montalbetti...), ou bien avec des auteurs ayant abordé de mêmes événements historiques mais selon des options littéraires très différentes (Laurent Binet, Gérard Macé, Pierre Michon, Jean Rouaud, Pierre Senges...).

Format et date-limite d’envoi des propositions : 

Les propositions de 2500 à 3000 signes, accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, et au format PDF, sont à envoyer à Alexis Buffet (alexis.buffet@univ-lille.fr) et Jérémie Majorel (jmajorel@parisnanterre.fr) avant le 23 juin 2026 inclus.

Une réponse sera communiquée autour du 23 septembre 2026.

Comité scientifique

Hélène Baty-Delalande (maîtresse de conférences, Rennes 2, CELLAM)

Ridha Boulaâbi (professeur des universités, Paris Nanterre, CSLF)

Alexis Buffet (maître de conférences, Lille, ALITHILA)

Laurence Campa (professeure des universités, Paris Nanterre, CSLF)

Stéphane Chaudier (professeur des universités, Lille, ALITHILA)

Maxime Decout (professeur des universités, Sorbonne, CELLF)

Laurent Demanze (professeur des universités, Grenoble Alpes, LITT&ARTS)

Jean-François Hamel (professeur des universités, UQAM, FIGURA - Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire)

Justine Huppe (chargée de recherches, Liège, FNRS)

Jérémie Majorel (professeur des universités, Paris Nanterre, CSLF)

Nathalie Piégay (professeure des universités, Genève)

Sylvie Servoise (professeure des universités, Le Mans, 3L.AM)

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Bibliographie

Œuvres d’Éric Vuillard

Le Chasseur, Paris, éditions Michalon, 1999 ;

Bois vert, Paris, éditions Léo Scheer, 2002 ;

Tohu, Paris, éditions Léo Scheer, 2005 ;

Conquistadors, Paris, éditions Léo Scheer, 2009 ;

La Bataille d’Occident, Arles, Actes Sud, 2012 ;

Congo, Arles, Actes Sud, 2012 ;

Tristesse de la terre : une histoire de Buffalo Bill Cody, Arles, Actes Sud, 2014 ;

14 juillet, Arles, Actes Sud, 2016 ;

L’Ordre du jour, Arles, Actes Sud, 2017 ;

La Guerre des pauvres, Arles, Actes Sud, 2019 ;

Une sortie honorable, Arles, Actes Sud, 2022 ;

Les Orphelins : une histoire de Billy the Kid, Arles, Actes Sud, 2026.

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Textes en revue

« Mes rêves entraînent des cataclysmes », Vacarme, n° 11, 2000/1, p. 80 ;

« Cris figés par l’ombre : (extraits) », Vacarme, n° 13, 2000/3, p. 72-74 ;

« J’ai vécu sous la paupière », Lignes, n° 5, 2001/2, p. 134-145 ;

« Le pain et la gloire », En attendant Nadeau, n° 21, 22 novembre 2016, URL : < https://www.en-attendant-nadeau.fr/2016/11/22/pain-gloire-london-vuillard/ > ;

« Des poignées de corolles… », La Nouvelle Revue française, n° 626, 2017/5, p. 63-71 ;

« Titien et la blanchisseuse », Cahiers de L’Herne, « Giono », 2020, p. 181-183 ;

« Une simple phrase », La Nouvelle Revue française, n° 657, 2024/1, p. 32-36 ;

« Ronan Barrot et l’énigme de la peinture », En attendant Nadeau, n° 215, 25 février 2025, URL : < https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/02/25/ronan-barrot-et-lenigme-de-la-peinture/ >.

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Sur Éric Vuillard

Le Matricule des anges, n° 176, « Éric Vuillard fait sa révolution », septembre 2016 ;

Le Matricule des anges, n° 269, « Éric Vuillard, rendre justice », janvier 2026 ; 

Alix, Florian, « Éric Vuillard. Congo », Afrique contemporaine, n° 252, 2014/ 4, p. 210-213 ;

Autin, Louis, Pierre-Victor Haurens & Yves Schulze, « De la poétique de la foule à la politique de la foule dans 14 juillet d’Éric Vuillard », La Révolution française, n° 17, 2020, URL : < http://journals.openedition.org/lrf/3532 > ;

Bober, Robert, Par instants, la vie n’est pas sûre, Paris, P.O.L, 2020, p. 237-246 ;

–, Il y a quand même dans la rue des gens qui passent, Paris, P.O.L, 2023, p. 189-197 ;

Bracher, Nathan, “Learning the Lessons of History and Literature. The case of Éric Vuillard’s L’Ordre du jour”, History & Memory, vol. 31, n° 1, printemps-été 2019, p. 3-24 ;

Chaffel, Boris, « Naturalisations : deuil et violence coloniale », Savoirs et Clinique, n° 22, 2017, p. 105-114 ;

Demanze, Laurent, « Émeutes historiographiques selon Éric Vuillard (14 juillet) », Diacritik, 1er décembre 2016, URL : < https://diacritik.com/2016/12/01/emeutes-historiographiques-selon-eric-vuillard-14-juillet/ > ;

Dion, Robert, « Ce que l’histoire fait à la littérature (et inversement) : L’Ordre du jour d’Éric Vuillard », Roman 20-50, n° 65, 2018/ 2, p. 201-214 ;

Huppe, Justine, La littérature embarquée, Paris, Éditions Amsterdam, 2023, p. 92-96 ;

Macé, Marielle, « Le chant sinistre de la conquête », Critique, n° 838, 2017/3, p. 202-214 ;

Majorel, Jérémie, « Paradoxes de l’empathie : Conquistadors, Congo et Tristesse de la terre d’Éric Vuillard », Itinéraires. Littérature, Textes, Cultures, à paraître au printemps 2026 ;

Mannet, Geoffrey, « Jacques Rancière et Éric Vuillard. Des exclus de la fiction à la fiction des exclus », En marge du récit : enjeux critiques de la narration, Marie-Hélène Desmeules, Geoffroy Mannet & Thibault Tranchant (dir.), Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », 2025, p. 167-198 ;

Paxton, Robert O., “The Reich in Medias Res”, The New York Review of Books, 6 décembre 2018, URL : < https://www.nybooks.com/articles/2018/12/06/eric-vuillard-third-reich-medias-res/ > ;

Rachebœuf, Sam, « Éric Vuillard et la photographie ‒ l’album de notre modernité », Loxias, n° 70, 2020, URL : < https://epi-revel.univ-cotedazur.fr/publication/item/5977 > ;

Ritz, Olivier, « Un 14 juillet de combat », Écrire l’histoire, n° 18, 2018, p. 209-211 ;

–, « Compte-rendu de la table ronde autour du récit d’Éric Vuillard, 14 juillet, Paris Diderot, 9 juin 2017 », URL : ;

Schoentjes, Pierre, « Regards romanesques sur la Grande Guerre : Échenoz, Vuillard et les arts visuels », dans Le roman français contemporain face à l’Histoire : thèmes et formes, Gianfranco Rubino & Dominique Viart (dir.), Macerata, Quodlibet, 2014, p. 259-274 ;  

–, « 14 juillet : réinventer le mythe », Critique, n° 840, 2017/5, p. 402-413 ;

Traverso, Enzo, Passés singuliers : le « je » dans l’écriture de l’histoire, Montréal, Lux, 2020 [développements sur L’Ordre du jour] ;

Von Tschilschke, Christian, « Panorama et recadrage. La mise en récit de l’Histoire dans Conquistadors (2009) d’Éric Vuillard », dans Le roman contemporain à l’épreuve du temps : configurations et défigurations narratives, Jochen Mecke & Anne-Sophie Donnarieix (dir.), Berlin et al., Peter Lang, 2025, p. 83-96 ;

Wesley, Bernabé, « De mémoire vulnérable : le massacre des Sioux dans Tristesse de la terre d’Éric Vuillard », ELFe xx-xxi, n° 9, 2020, URL : < http://journals.openedition.org/elfe/2562 >.


 
[1] Gilles Deleuze, Pourparlers, Paris, Minuit, 2003 [1990], p. 197. Nous écririons aujourd’hui : les procédés de racisation de l’autre.  
[2] Voir les pages que Justine Huppe consacre à Vuillard dans La littérature embarquée, Paris, éditions Amsterdam, 2023, p. 92-96.
[3] « Dialogue avec Éric Vuillard », lundimatin#182, 10 mars 2019, URL : < https://lundi.am/Dialogue-avec-Eric-Vuillard >.
[4] « La justice ne serait-elle plus qu’un mot en Europe ? Éric Vuillard sur l’affaire “Gino” », lundimatin#466, 14 mars 2025, URL : < https://lundi.am/La-justice-ne-serait-elle-plus-qu-un-mot-en-Europe >.
[5] Susan Rubin Suleiman, Le roman à thèse ou l’autorité fictive, Paris, Classiques Garnier, 2018 [1988].
[6] Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, trad. de l’allemand par Olivier Mannoni, Paris, Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot », 2017 [1942].
[7] « L’opuscule de Vuillard [La Guerre des pauvres] [...] montre bien que les enjeux de représentation, de discours ou de délégation sont à restituer à leur complexité et à leur matérialité » (Justine Huppe, La littérature embarquée, op. cit., p. 92).
[8] Il établit cette filiation dans un entretien, La Marche de l’histoire, France inter, 09 novembre 2017, URL : < https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-marche-de-l-histoire/eric-vuillard-goncourt-avec-l-ordre-du-jour-3745535 >.
[9] Voir Sam Rachebœuf, « Éric Vuillard et la photographie ‒ l’album de notre modernité », Loxias, n° 70, 2020, URL : < https://epi-revel.univ-cotedazur.fr/publication/item/5977 >.
[10] Voir Bernabé Wesley, « De mémoire vulnérable : le massacre des Sioux dans Tristesse de la terre d’Éric Vuillard », ELFe xx-xxi, n° 9, 2020, URL : < http://journals.openedition.org/elfe/2562 >.
[11] Ce qu’amorcent ces deux articles : Marielle Macé, « Le chant sinistre de la conquête », Critique, n° 838, 2017/3, p. 202-214 ; Louis Autin, Pierre-Victor Haurens & Yves Schulze, « De la poétique de la foule à la politique de la foule dans 14 juillet d’Éric Vuillard », La Révolution française, n° 17, 2020, URL : < http://journals.openedition.org/lrf/3532 >.
[12] Voir à ce propos Claude Coste, Morales de la forme, Paris, Classiques Garnier, coll. « Études de littérature des XXe et XXIe siècles », 2022.
[13] Voir Pierre Schoentjes, « Regards romanesques sur la Grande Guerre : Échenoz, Vuillard et les arts visuels », dans Le roman français contemporain face à l’Histoire : thèmes et formes, Gianfranco Rubino & Dominique Viart (dir.), Macerata, Quodlibet, 2014, p. 259-274 ; Christian Von Tschilschke, « Panorama et recadrage. La mise en récit de l’Histoire dans Conquistadors (2009) d’Éric Vuillard », dans Le roman contemporain à l’épreuve du temps : configurations et défigurations narratives, Jochen Mecke & Anne-Sophie Donnarieix (dir.), Berlin et al., Peter Lang, 2025, p. 83-96.
[14] Voir Laurent Demanze, « Émeutes historiographiques selon Éric Vuillard (14 juillet) », Diacritik, 1er décembre 2016, URL : < https://diacritik.com/2016/12/01/emeutes-historiographiques-selon-eric-vuillard-14-juillet/ > ; Olivier Ritz, « Un 14 juillet de combat », Écrire l’histoire, n° 18, 2018, p. 209-211 ; Pierre Schoentjes, « 14 juillet : réinventer le mythe », Critique, n° 840, 2017/5, p. 402-413.
[15] Le Matricule des anges, n° 176, « Éric Vuillard fait sa révolution », septembre 2016, p. 22.
[16] Voir le colloque du même nom en ligne sur Fabula, URL : < https://www.fabula.org/colloques/sommaire9277.php >.
[17] Jérôme Meizoz, Postures littéraires : mises en scène modernes de l’auteur, Genève, Éditions Slatkine, 2007.
[18] La Marche de l’histoire, entretien cité.
[19] Les interviews de Vuillard disponibles en podcast sur France inter ou sur France culture fournissent un matériau déjà conséquent, voir URL : < https://www.radiofrance.fr/personnes/eric-vuillard?p=2 >. On remarquera un tic de langage oral, l’expression « au fond », dans les réponses de l’auteur, assez en phase avec l’archéologie des événements du passé à laquelle il s’adonne, sa pulsion d’excavation des intérêts qu’ils recouvrent.
[20] Voir Robert O. Paxton, “The Reich in Medias Res”, The New York Review of Books, 6 décembre 2018 ; Éric Vuillard, “Novels as History”, The New York Review of Books, 7 février 2019. Tandis que l’un taxe la prose de l’écrivain de « dogmatique » (“opinionated”), l’autre rappelle l’engagement colonialiste de son maître Raoul Girardet. Voir aussi ces deux lectures différentes du même livre : Robert Dion, « Ce que l’histoire fait à la littérature (et inversement) : L’Ordre du jour d’Éric Vuillard », Roman 20-50, n° 65, 2018/ 2, p. 201-214 ; Nathan Bracher, “Learning the Lessons of History and Literature. The case of Éric Vuillard’s L’Ordre du jour”, History & Memory, vol. 31, n° 1, printemps-été 2019, p. 3-24.
[21] Voir Florian Alix, « Éric Vuillard. Congo », Afrique contemporaine, n° 252, 2014/ 4, p. 210-213.