Essai
Nouvelle parution
Aurore Turbiau, Engagées : littératures féministes en France et au Québec (1969-1985)

Aurore Turbiau, Engagées : littératures féministes en France et au Québec (1969-1985)

Publié le par Université de Lausanne

Ce qui caractérise la littérature féministe, ce n’est ni un style ni un thème, c’est un engagement, certes situé, mais de portée globale. Aurore Turbiau le démontre ici à travers l’examen des pensées et des pratiques politiques de la littérature que mettent en œuvre les écrivaines féministes en France et au Québec, entre 1969 et 1985.

Pour ce faire, elle s’appuie sur un vaste corpus d’autrices parmi lesquelles l’étude privilégie, au Québec, Nicole Brossard, France Théoret, Louky Bersianik et Madeleine Gagnon, et, en France, Monique Wittig, Hélène Cixous, Françoise d’Eaubonne et Christiane Rochefort. Dans un élan collectif, ces dernières créent un nouveau territoire littéraire, interrogent l’identité « femme » et élaborent depuis leur point de vue spécifique le concept de genre. Elles discutent enfin la place qu’occupent l’insolence et la violence en littérature.

L’urgence des questions féministes – parmi les autres batailles sociales avec lesquelles elles sont en lien – est aujourd’hui renouvelée et cet ouvrage panoramique et comparatiste, en apportant sa pierre à l’histoire littéraire des femmes et à l’histoire du féminisme comme des luttes homosexuelles, y répond avec force.

Lire sur Fabula la conclusion de l'ouvrage…

Aurore Turbiau est docteure en littérature comparée, première assistante à l’université de Lausanne et membre associée de l’université Marie-et-Louis-Pasteur. Elle a notamment coécrit Écrire à l’encre violette : littératures lesbiennes en France de 1900 à nos jours (Le Cavalier bleu, 2022).

Exergue : 

« Quand le feu aura pris partout, le désert refleurira et la nuit fera place au jour. C’est notre rôle d’écrivain, s’il en reste un, de foutre partout le feu à coups de plume. […] Les coups, les opérations à vif, l’avortement, ­l’accouchement, [mon corps] a tout vécu en défiant l’ennemi et se redressait en chantant : ma ­monture, mon plus fidèle ami – le seul, ai-je dit et je le répète, avec l’écriture. Ces deux-là ne m’ont jamais fait défaut, pas plus que l’amour le plus exigeant et le plus comblant, celui de l’insurrection armée, ­massive, générale, milliard de loups arrosés de pétrole et qui flambent. » — Françoise d’Eaubonne, « De l’écriture, du corps et de la révolution », Les Cahiers du GRIF, n° 20, 1978, p. 9.

Sommaire en ligne via OpenEdition…

Épigraphe

Note de l’autrice

Introduction

Le genre de l’engagement

I. Rassembler

Présentation

Venir à l’écriture

Inventio : faire fonds commun

Dispositio : articuler la cause des femmes

II. Situer

Présentation

Elocutio : situations d/enonciations

Actio : ambivalences du dévoilement

Memoria : af/franchir l’histoire

III. Faire sauter

Présentation

Écrivain/es illisibles ?

Précieuses furieuses : in/filtrer l’ordre linguistique

Faire violence, des/armer l’engagement

Conclusion

1969-1985, un moment féministe de l’engagement

Bibliographie

Index des noms de personnes

Remerciements