Issu d’une culture franco-kabyle et colombienne, j’ai grandi à Charleville-Mézières dans un environnement où récits oraux, pratiques écologiques et arts populaires se croisaient. Cette pluralité culturelle a façonné mon rapport au monde et nourri un intérêt précoce pour les dynamiques sociales, les cultures populaires et les formes émergentes d’expression dans les milieux urbains. Très tôt, j’ai cherché à comprendre comment les expériences individuelles et collectives s’organisent dans des contextes marqués par la diversité et les tensions sociales.
Après une Classe Préparatoire A/L, spécialité cinéma (2017-2020), j’ai intégré l’EHESS où j’ai obtenu un Master 2 dans le parcours « Arts, littératures et langages ». Mon mémoire, consacré à « l’esthétique des relations sociales dans les quartiers populaires », mobilise l’esthétique pragmatiste (Dewey, Shusterman), la sociologie interactionniste (Simmel, Goffman, Becker) et les travaux sur les bandes urbaines (Whyte, Lepoutre, Mohammed). Il propose une analyse des relations ordinaires, des gestes, des formes d’attention et des modes de présence qui structurent la vie quotidienne dans les espaces populaires.
À Porte de la Chapelle, j’ai mené une immersion de plusieurs années, donnant lieu à des courts-métrages réalisés avec les jeunes du quartier. Présentés à l’EHESS, ces films documentent leur expérience de la rue, leurs relations de groupe et la manière dont ils négocient visibilité, mobilité et appartenance dans un environnement marqué par la précarité. Cette approche de recherche-création fait du film un outil d’enquête et de mise en récit, permettant d’articuler réflexion sociologique, expérience esthétique et production audiovisuelle.
De 2020 à 2023, j’ai co-construit des projets socio-culturels dans le 18ᵉ arrondissement : ateliers littéraires et audiovisuels, médiation artistique, accompagnement de jeunes publics et d’éducateurs. Avec l’École Kourtrajmé, les Ateliers Médicis et des structures locales, j’ai co-organisé les premières fêtes de quartier de Porte de la Chapelle (2022-2023), qui ont rassemblé habitants, associations et artistes de Paris Nord et de Seine-Saint-Denis. Ces expériences ont renforcé ma capacité à relier institutions, terrain et action collective.
Parallèlement, j’ai travaillé dans la production cinématographique au sein de Diplomats, Phare et Balises, contribuant à des projets et dossiers CNC pour des artistes tels que Gazo, Tiakola ou Lala &ce, en France et en Côte d’Ivoire. Depuis 2023, je co-gère le Studio Volta, un espace de création audiovisuelle et musicale dédié aux artistes émergents, qui nourrit ma compréhension des économies culturelles contemporaines.
Depuis 2020, je suis également engagé dans une association d’aide au décrochage scolaire. Aux côtés du Groupe de Recherche et d’Action auprès des Jeunes Adolescents de la Rue (GRAJAR), j’ai orienté mon action vers l’espace public, là où se déploient les sociabilités juvéniles. Référent du programme « Critique d’art », financé par la Politique de la ville et l’École Normale Sociale, je développe un dispositif de médiation culturelle ancré dans la recherche-action.
Ces expériences académiques, ethnographiques, audiovisuelles et socio-culturelles nourrissent aujourd’hui ma réflexion sur la pluriversité et les mondes multiples qui coexistent dans les espaces populaires. Dans la perspective de poursuivre ce travail en thèse, je souhaite intégrer votre formation afin de consolider mon cadre théorique et méthodologique.