Mathilde Nourisson-Moncey
Attachée temporaire d'enseignement et de recherche - Département Histoire de l'art & archéologie - Aix-Marseille université
Historienne de l’art, je suis spécialiste des relations entre art contemporain et technologies numériques. En 2024, j’ai soutenu ma thèse intitulée Les mondes de l’art numérique : genèse et figures d’une rencontre France/Québec, sous la direction de Jean-Paul Fourmentraux. Ce travail porte sur l’évolution des échanges artistiques entre la France et le Québec dans le champ de l’art visuel et du numérique. Il articule l’histoire de l’art, la sociologie des réseaux et les études culturelles, afin d’analyser la nature et la réciprocité des liens qui se tissent entre ces deux scènes. Cette recherche valide ainsi l’hypothèse de l’émergence d’un espace artistique singulier, né de la convergence des mondes de l’art numérique français et québécois, et met en lumière les transformations paradigmatiques issues de ces circulations culturelles, qui ont contribué à façonner un champ de création transnational et dynamique.
Dans la continuité de mon doctorat, mes recherches s’articulent à-présent autour des relations entre l’art et les technologies numériques, en interrogeant la manière dont ces dernières s’inscrivent dans l’histoire de l’art ainsi que dans les dynamiques politiques et culturelles suivant les territoires, considérés ici comme des flux (McLuhan, 1996). Mon premier terrain de recherche porte sur les relations entre la France et le Québec dans ce domaine, ce qui m’a permis d’établir une première cartographie des réseaux, susceptible d’être enrichie à l’avenir grâce aux outils des humanités numériques. En maintenant la notion de flux comme point d’ancrage, ma recherche s’étend désormais à l’espace transméditerranéen et aux échanges entre art et technologies numériques qui y émergent. Mis en miroir avec le développement d’Internet, elle ouvre un champ de questionnement pluriel : comment et par quels processus, les artistes et les technologies numériques dialoguent-ils en fonction des contextes sociaux, économiques et culturels propres à chacun ? Quels réseaux résultent de ces flux d’échanges, et quelles en sont les répercussions ?
L’étude de ces interactions, par l’intermédiaire des flux, invite à approfondir des thématiques connexes liées aux nouvelles formes d’écriture audiovisuelle, telles que l’impact de la réalité virtuelle ou de l’intelligence artificielle sur les créations et pratiques artistiques.
Axes de recherche :
· Mondes de l’art, histoire de l’art du XXe/XXIe siècle
· Nouveaux médias, médias numériques, arts numériques, intermédia
· Sociologie et cartographie des réseaux, flux, humanités numériques, politiques culturelles
· France, Québec, transméditerranéen, Méditerranée, territoires numériques
· Technologies numériques : technologies immersives (réalité virtuelle, réalité augmentée, réalité mixte), intelligence artificielle, art génératif, formes connectées et interactives
J'enseigne actuellement l’histoire de l’art à l’université d’Aix-Marseille, tout en restant engagée dans la scène de l’art contemporain. Au cours des dix dernières années, j'ai eu l'opportunité de collaborer avec plusieurs grandes biennales, parmis lesquelles la Biennale internationale d’art numérique (BIAN - Elektra) à Montréal (Québec, Canada), où j'ai occupé le poste dedirectrice artistique associée, ainsi que la Biennale des imaginaires numériques (CHRONIQUES) à Aix-Marseille (France), en tant que chargée des relations internationales. Ces projets curatoriaux s'inscrivent dans une démarche de recherche-action portant sur la redéfinition des scènes artistiques contemporaines à l’ère numérique et sur les dynamiques d’échanges culturels entre divers contextes géographiques et politiques.