Tout comme Stanley Cavell a pu développer une philosophie à partir des mélodrames hollywoodiens, la philosophe Sandra Laugier (Paris-Panthéon), professeure invitée à l'UNIL, élabore une réflexion sur l'éducation démocratique, tant éthique qu'esthétique, des citoyens à partir des séries télévisées.
Pour Sandra Laugier, les séries, longtemps déconsidérées comme un sous-genre télévisé, sont devenues un moyen majeur d'éducation cityoenne par la culture populaire: elles représentent un ressort fondamental de perfectionnement moral, social et politique. Si les séries ont un pouvoir d'éducation supérieur au cinéma, c'est qu’elles partent moins sur l’identification aux personnages que sur l’expérience ou l’imprégnation de situations complexes. Nous pouvons entrer dans les coulisses de l’hôpital, de la police, de la justice, de la prison, de l’adolescence, de la folie ou encore des plus hautes sphères du pouvoir, pour en repérer les codes, les visées les plus hautes et les tourments au quotidien.
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Sandra Laugier est philosophe, professeure à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et directrice du Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne. Elle travaille sur des questions de philosophie du langage, de philosophie des sciences, de philosophie morale, de philosophie politique et de genre, et sur les séries télé. Elle a récemment publié Nos vies en séries (Flammarion).