De Dufresne à Dion, le souffle des chanteuses québécoises et le renouveau du spectacle musical français, 1970-2000 (webinaire mensuel "Circulations théâtrales : le rôle des agentes")
Prochaine séance du webinaire mensuel « Circulations théâtrales : le rôle des agentes », le vendredi 24 avril de 14h à 16h, sur BBB. Nous aurons le plaisir d’écouter Bernard Jeannot-Guérin (Université de Lorraine - Nancy) pour une conférence intitulée « De Dufresne à Dion, le souffle des chanteuses québécoises et le renouveau du spectacle musical français (1970-2000) ». [Report de la séance du 27 mars pour problème technique sur BBB]
Le webinaire se veut accessible à toutes et à tous, aux chercheurs et aux chercheuses, aux étudiantes et aux étudiants, aux curieux et aux curieuses, aux amies et aux amis, que vous souhaitiez rejoindre le groupe de recherche ou simplement écouter les conférences.
Pour participer à l’événement, vous pouvez vous connecter sur le lien suivant : https://bbb.univ-avignon.fr/rooms/txo-fyd-5sy-ntg/join
Pour plus d’informations à propos du projet, vous pouvez consulter le carnet Dramagentes : https://dramagentes.hypotheses.org/
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De Dufresne à Dion, le souffle des chanteuses québécoises et le renouveau du spectacle musical français (1970-2000)
Même si de nombreux interprètes masculins ont jalonné l’histoire de la chanson québécoise et fait entendre au public français les sonorités de la belle province (Félix Leclerc, Gilles Vignault, Robert Charlebois…), ce sont bien les artistes féminines qui ont imposé leur ethos dans les spectacles musicaux français. Quand les opéras-rock francophones sont créés à Paris au début des années 1970, le Québec est déjà pionnier de la culture rock et sait en théâtraliser l'esthétique pour en faire une dramaturgie musicale. Paradoxalement, il faut attendre Starmania, créé au palais des Congrès de Paris en avril 1979 pour que des artistes québécois s’illustrent dans un spectacle dramatico-musical destiné au public français. Fabienne Thibeault est plébiscitée pour son interprétation sensible et tragique des titres qui deviendront les tubes du spectacle (« Le Monde est stone » ; « Les uns contre les autres »…) tandis que Diane Dufresne occupe la scène et conforte son personnage de « Diva excentrique ». D’ailleurs, Starmania n’aurait sans doute pas existé si Michel Berger n’avait pas écouté l’album Opéra Cirque, écrit par Plamondon pour son égérie Dufresne en 1973. Le parolier et son interprète ont ainsi incontestablement revivifié la scène culturelle des années 70 de Montréal à Paris, de la chanson d’album à la théâtralité scénique. Au prisme de Starmania, les hyperproductions qui occupent l’espace dramatique des années 80-90 jouent sur les échanges entre le Québec et la France, tant en termes de création, d’interprétation et de production. Cette période connaît son apogée avec Notre-Dame de Paris (1998), que Céline Dion universalise par sa reprise magistrale du single promotionnel « Vivre », traduit en anglais (« Live for the one I love ») et réorchestré à la mesure de son empan vocal pour créer un véritable morceau de bravoure télévisuel et scénique. En 1999, « Live for the one I love » donne déjà toutes les clefs de lecture de ce que seront les performances interprétatives de Céline à Las Vegas, confirmant s'il le fallait la possibilité hyperthéâtrale de la chanson francophone.
Dans cette période qui couvre 30 ans d’échanges culturels entre le Québec et la France, Bernard Jeannot-Guérin abordera quatre axes de réflexion sur la théâtralité des chanteuses québécoises et les enjeux de leur présence dans la création des spectacles français :
Excentricités et iconicité : les postures interprétatives des rockeuses québécoises ;
Vocalité et corporalité : le soft power des minorités exposées ;
L’ACI (Autrice compositrice interprète) québécoise et les micro-drames chantés en France : l'exemple d’Un éternel hiver (opéra-folk de Lynda Lemay) ;
Céline Dion et la recherche de postérité du spectacle musical français.
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Bernard Jeannot-Guérin est maître de conférences en littérature française, docteur en langue et littérature françaises et en arts du spectacle. Il enseigne actuellement dans le département d’études culturelles de l’université de Lorraine (Nancy). Chercheur au LIS (UR 7305), il est spécialiste de la comédie musicale francophone, de 1971 à nos jours, et adosse ses travaux sur les arts du spectacle populaire contemporains aux études cantologiques. Auteur de nombreux articles sur la chanson francophone et la comédie musicale, il a publié en 2024 La Comédie musicale à la française : de l’opéra-rock à l’opéra urbain, aux Presses universitaires de Provence, et a assuré la direction de l'ouvrage collectif Starmania, ou la passion de l'opéra-rock français, (Presses universitaires de Rennes, 2026). Il est à l’origine d’un projet inter-universités de patrimonialisation et de conservation des archives du spectacle musical populaire contemporain ("Le spectacle musical en archives numériques : une patrimonialisation immatérielle du XXIe siècle", Université d'Angers, Université de Lorraine, Sorbonne nouvelle). Bernard Jeannot-Guérin est également artiste professionnel : il pratique le théâtre et la comédie musicale depuis l'âge de 15 ans.
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Rappel du programme annuel 25-26
Saison 2, automne 25
17 octobre : Marianne Bouchardon, Sorbonne Université : « Suzanne Lalique, décoratrice et costumière à la Comédie-Française : l'invention d'un style qui s'exporte »
14 novembre : Oriane Chevalier, Université Clermont Auvergne : « Judith Gautier : traductrice du théâtre chinois et japonais pour la Belle Époque »
12 décembre : Florence Filippi, Université de Rouen : « D’un siècle à l’autre : Mlle Raucourt et Mlle George ou le renouvellement des modèles (1780–1830) »
Saison 2, hiver-printemps 2026
30 janvier : Flávia Hiroki, Université Marie et Louis Pasteur : « Entre Paris et Rio de Janeiro : la dramaturgie de Júlia Lopes de Almeida (1862-1934), influences théâtrales françaises et construction d’une identité féminine brésilienne dans la Première République au Brésil (1889-1930) »
18 mars : présence du webinaire lors de la JE « invisibiliser/visibiliser les femmes » à l'Université Bourgogne-Europe.
27 mars : Bernard Jeannot-Guerin, Université de Lorraine : « De Dufresne à Dion, le souffle des chanteuses québécoises et le renouveau du spectacle musical français (1970-2000) »
29 mai : Céline Candiard, Université Lumière-Lyon 2 : « Comédiennes françaises en Europe (XVIIe-XVIIIe siècles) »
19 avril : Véronique Lochert, Université de Haute-Alsace : « Les dédicaces, indices du rôle joué par les reines dans la circulation du théâtre européen aux XVIe et XVIIe siècles »
Contacts
Corinne François-Denève : corinne.francois@u-bourgogne.fr
Nicolas Diassinous : nicolas.diassinous@univ-avignon.fr