Acta Fabula
ISSN 2115-8037

2008
Février 2008 (volume 9, numéro 2)
Thibaut Chaix-Bryan

Correspondances de Freud

Correspondances de Freud, sous la direction de Stéphane Michaud, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007.

1Ce petit ouvrage (153 p. hors annexes) rassemble les neuf communications données lors d’un Colloque organisé par Stéphane Michaud, Professeur de littérature comparée à la Sorbonne Nouvelle-Paris III, en octobre 2006  sur la traduction et ses rapports à l’analyse prenant place dans la moisson apportée par la célébration du 150ème anniversaire de la naissance du fondateur de la psychanalyse, comme le souligne Stéphane Michaud au début de son introduction.

2La photographie choisie en guise d’ouverture à ces réflexions sur les échanges épistolaires de Freud fait d’emblée pénétrer dans l’intimité et dans la complexité des correspondances. Elle donne en effet à voir Freud assis à son bureau lisant une lettre dont on peut lire par transparence la destinataire. Cette ouverture visuelle complétée par l’introduction de Stéphane Michaud met d’emblée en avant l’importance de l’échange épistolaire pour Freud mais également et surtout ce qui constitue l’essence de ces échanges et de la psychanalyse : le langage. Les pouvoirs, les ambiguïtés, les implicites de ce langage constituent le cœur des analyses des différents comparatistes, traducteurs, analystes réunis lors de ce Colloque. Comme le souligne également Stéphane Michaud, cet ouvrage participe au décloisonnement de disciplines qui « trop souvent s’observent, s’estiment, mais restent séparés, chacune sur un côté de la rive » (p. 9). Cette transdisciplinarité constitue pour le lecteur une grande richesse car elle fait de chaque intervention une nouvelle découverte : de celle de Michel Molinar, directeur de la Freud House de Londres, à celle de l’auteur de Réouverture après travaux Michel Deguy  concluant ce colloque avec beaucoup de hauteur et de poésie.

3 Par ailleurs, la brièveté des articles, propre à un colloque, offre au lecteur une synthèse condensée de chaque aspect abordé. Une lecture plus ciblée est même possible grâce à un index des noms de lieux et un index des noms de personnes en fin d’ouvrage. De plus, la bibliographie sommaire1, également en annexe, participe à la  dimension très didactique de cet ouvrage.

4Le premier article du directeur du Freud Museum de Londres mais également auteur de deux ouvrages de référence sur Freud (Sigmund Freud, Chronique la plus brève Paris, Albin Michel, 1992 et S. Freud, Notre cœur tend vers le sud. Correspondance de voyage 1895-1923, éd. Christfried Tögel, Paris, Plon, 2005) propose un état présent des correspondances freudiennes. Après avoir proposé une estimation chiffrée de cette correspondance, démontré brièvement l’impossibilité d’une édition intégrale de celle-ci – il qualifie même ce « rêve totalisant plutôt cauchemar que rêve » (P. 18)-  et évoqué les deux phases qui se dégagent dans l’historiographie de la correspondance freudienne (la première correspondant aux quarante années qui ont suivi la mort du fondateur de la psychanalyse et la deuxième après la mort d’Anna Freud en 1982, dernière survivante des enfants de Freud), il envisage en linguiste la portée du problème de la langue, de la grammaire voire de la traduction en procédant à « quelques tentatives de lecture et de relecture » des correspondances pour reprendre sa formule. Ainsi, il démontre à partir d’un échange épistolaire deux cas de mauvaise lecture, d’actes manqués notamment avec le mot allemand « Prüderie ». Cette relecture amène Michel Molinar à conclure sur l’importance des multiples lectures qui peuvent être faites des correspondances freudiennes selon la sensibilité du lecteur.

5La deuxième intervention de l’éditeur de la correspondance désormais complète entre Freud et Karl Abraham, Fernand Cambon analyse l’échange entre le maître et son disciple décédé prématurément en 1925, à l’âge de 48 ans, au moment où Freud comptait sur son cadet berlinois pour prendre la tête de l’Association psychanalytique internationale. En introduction, le traducteur rappelle la proximité de l’échange épistolaire avec la communication orale en qualifiant l’entreprise d’une telle publication d’une « sorte de viol d’intimité ». Ce rappel lui permet de montrer dans quelle mesure la correspondance est « au plus près de la parole psychanalytique », il s’agit en effet d’un dialogue au cours duquel rien ou presque n’est censuré. Sa tâche en tant que traducteur a été justement de prendre en compte, comme il le souligne, cette multiplicité des tons, de n’établir aucune hiérarchie entre les divers registres du corpus et de ne surtout porter aucun préjugés sur les centres d’intérêts des possibles lecteurs. Après ces remarques préliminaires, Fernand Cambon entre dans la problématique de sa communication. Il s’agit pour lui de nous donner une « aide partielle » sur un chapitre qu’il pense peu connu par les francophones : l’importance des deux aires distinctes de la germanophonie auxquelles appartiennent Freud et Abraham, Vienne et Berlin, l’Autriche et la Prusse qui ne sont pas sans importance dans cet échange épistolaire. Après un rappel historique assez bref de l’histoire de la Prusse, le traducteur en vient à définir et développer les enjeux que cela implique pour les deux psychanalystes. Les deux hommes n’ont en effet de cesse de jouer avec les références culturelles et religieuses : leur judéité commune, l’antagonisme austro-prussien qu’ils ne rejouent pas dans leurs échanges mais qu’ils évoquent avec humour. « Cette manière ludique, tellement libre et décontractée » constitue pour le traducteur l’intérêt de cette correspondance dans la mesure où toutes ces références sont subvertis par les deux hommes pour les hausser au rang de métaphores comme le démontrent Fernand Cambon à travers quelques citations assez brèves mais très bien sélectionnées. 

6La troisième communication du traducteur littéraire Olivier Mannoni analyse la correspondance entre Freud et Eitingon dont il a achevé la traduction en septembre 2006. Comprenant 1850 feuillets, cette correspondance traite en particulier du mouvement psychanalytique alors que la question de la psychanalyse en tant que telle, comme le souligne le traducteur, ne fait l’objet que de passages très rares. Il s’agit donc là d’une correspondance beaucoup plus institutionnelle constituant un ensemble très instructif sur l’histoire, le fonctionnement et les crises du mouvement psychanalytique entre 1926, date de la première lettre d’Eitingon à Freud  et le 20 juin 1939, date de la dernière qu’Eitingon envoya depuis Jérusalem à un Freud proche de la mort. Après avoir rappelé quelques éléments biographiques de Max Eitingon, Olivier Mannoni procède à l’appui de quelques citations à une analyse plus poussée en tirant plusieurs conclusions de cet échange épistolaire. Le traducteur insiste tout d’abord sur l’objet principal de ces lettres : le combat pour la cause de la psychanalyse mais aussi et surtout pour la cause de Freud. A ce propos, Olivier Mannoni cite la préface de Michaël Schröter, éditeur des deux volumineux tomes de cette correspondance : «  auxiliaire et partisan, homme d’appareil et liaison directe avec Freud, qui se construit prudemment mais sûrement sa position au sein du mouvement psychanalytique et auquel on fait notamment appel dans des situations où l’œuvre de Freud paraît menacée » (P.49). De plus, le traducteur souligne la relation asymétrique de cette correspondance. Alors que Eitingon multiplie les précautions oratoires, les termes d’atténuation (ce qui a d’ailleurs fait une des difficultés de la traduction), Freud montre quant à lui une certaine sécheresse. Il s’agit d’après Mannoni d’un clivage intellectuel plutôt injuste dû certainement entre autres aux difficultés linguistiques d’Eitingon dont l’allemand n’est pas sa langue maternelle. Cette relation complexe est donc une mine pour ce qu’elle révèle du destin de l’Association psychanalytique berlinoise, l’Association psychanalytique internationale, du comité secret et du Verlag (Internationaler Psychoanalytischer Verlag ), un véritable « trésor pour les historiens » pour reprendre les termes d’Olivier Mannoni.

7Les deux articles suivants également de deux traducteurs mais également analystes : Judith Dupont et Claude Nachin commentent et analysent une part de la correspondance qu’ils ont révélée au public. Judith Dupont, membre du comité scientifique de ce colloque, s’intéresse à l’humour dans  la correspondance entre Freud et le psychanalyste hongrois Sandor Ferenczi. 

8Elle rapproche tout d’abord l’humour, le mot d’esprit à la psychanalyse : l’humour permettant à mettre en évidence un sens caché. Comme elle le rappelle, Freud a même consacré un ouvrage à cette question en 1905 : Le mot d’esprit et son apport à l’inconscient que Ferenczi à son tour a présenté dans son article de 1911 : « Psychologie du mot d’esprit et du comique ». Leur correspondance, parfois comparée à une psychanalyse épistolaire, ne pouvait qu’être imprégnée de cet humour. Alors que Freud pratique un humour assez acéré, caustique, se moquant très souvent d’un tiers, celui de Ferenczi s’apparente davantage à de l’autodérision que l’on pourrait identifier comme caractéristique de la judéité de Ferenczi. A la différence de Freud, Ferenczi n’a en effet pas du tout cherché à s’éloigner de cette judéité. Leurs lettres demeurent cependant émaillées d’histoires juives pour exprimer certains sentiments et certaines émotions. Dans les dernières lettres, Judith Dupont montre que l’humour caractérisant les débuts de cet échange épistolaire disparaît pour laisser plutôt place à l’amitié. Ferenczi meurt le 22 mai 1933, et Freud rédige sa nécrologie et les travaux de Ferenczi qui ont tant choqué au début le fondateur de la psychanalyse, ce qui n’a pas été sans créer des divergences assez profondes entre les deux hommes, lui paraissent de plus en plus dignes d’intérêt. En conclusion de sa communication, la traductrice et analyste cherche à caractériser les deux hommes et leur forme d’esprit : elle qualifie ainsi Ferenczi d’ « optimiste désespéré » et Freud de « pessimiste joyeux ». Deux facettes que l’on pourrait dire, à la lecture des lettres entre les deux hommes, complémentaires.

9Claude Nachin, qunat à lui, s’intéresse à la correspondance Freud-Rank, en lien avec Ferenczi et le Comité. Il travaille à l’édition de cette correspondance en collaboration avec Judith Dupont. Le médecin et psychanalyste dégage trois versants de cette correspondance : un versant amical et familial, un concernant la gestion du mouvement psychanalytique et un autre sur la psychanalyse proprement dite. Il souligne également le fait que cette correspondance ne présente pas d’intérêt littéraire particulier à la différence d’autres échanges épistolaires. En dégageant 3 périodes de cette correspondance (1907-1914/1915-1921/ 1922-1925), Claude Nachin décrit le contenu de cette correspondance en insistant sur l’amitié profonde qui liait la famille Freud et Rank particulièrement entre 1915 et 1921 et en rapportant les quelques points précis de psychanalyse appliquée sur lesquels ont échangé les deux thérapeutes.

10Les deux interventions suivantes respectivement de l’éditrice allemande Ingeborg Meyer-Palmedo et de Stéphane Michaud sont consacrées à la figure centrale d’Anna Freud.

11Comme le souligne Stéphane Michaud dans son introduction, la communication de l’éditrice de la correspondance entre Freud et sa fille Anna (Francfort-sur-le-Main, Fischer, été 2006) parvient à analyser précisément les relations entre le père et sa fille en montrant l’indépendance de caractère d’Anna au milieu de ses sœurs, sa détermination à faire des études et à échapper au modèle domestique auquel la pression sociale et les vœux de son père la portaient à répondre mais surtout l’épanouissement que lui apporte la psychanalyse comme thérapeute, avec la spécialité d’analyste d’enfants  et comme auxiliaire et bientôt remplaçante de son père dans la structure de l’institution. Cette première correspondance intégrale de Freud avec l’un de ses enfants offre une multitude de thèmes mais Ingeborg Meyer-Palmedo développe dans cet article, comme elle le souligne,  un des thèmes qui s’est cristallisé lors de son travail et qui l’a touché.

12Il s’agit pour elle d’analyser trois veines « Freud », « Anna » et la « psychanalyse » qui s’unissent pour former une sorte de « triple hélice ». En reprenant cette image qui a valeur de modèle dans la théorie de l’évolution du paléontologiste américain S.J Gloud, l’éditrice souligne désormais l’indissociabilité de ces 3 éléments.  Anna, que Freud appelait son « diable noir », cherchera en effet tout au long de sa vie à obtenir une place à égalité dans la série des frères et sœurs et à dépasser un complexe lié à une certaine insatisfaction, à des manques ressentis par la jeune fille. Ce complexe fera l’objet de longs développements dans les premières lettres entre le père et la fille. Ce n’est qu’après plusieurs cures qu’Anna pourra tira en 1918 le bilan suivant, encourageant pour son développement futur : « je n’ai désormais plus que des jours raisonnables, un sentiment tout à fait inhabituel » (P. 85). Freud était confronté à une certaine difficulté face à sa benjamine, il souhaitait en effet qu’elle appartienne autant que possible au modèle dominant de la jeune fille tel que ses autres filles l’incarnaient et ne se souciait aucunement de l’avenir professionnel d’Anna tout en ne pouvant s’empêcher de constater combien Anna était différente de ses autres filles. Cette remarque de Freud citée par Ingeborg Meyer-Palmedo à propos du mariage éventuel d’Anna reflète toute la complexité de cette relation : « Il m’arrive de souhaiter la voir avec un homme de bien, et parfois je souffre d’avance à l’idée de la perdre » (P.86). C’est finalement l’intérêt d’Anna pour la psychanalyse qui va la sauver. Ainsi, le nombre, le rythme et l‘ampleur des lettres augmentent en 1919-1920 avec l’entrée plus professionnel d’Anna dans la psychanalyse. Freud suit l’évolution de sa fille avec des sentiments ambivalents et la confie à Lou-Andreas Salomé qui va entre autre lui permettre grâce à l’élaboration de sa première conférence d’être officiellement admise dans la Société psychanalytique de Vienne et de recevoir ses premiers patients pendant l’hiver 1922-23. Lorsque Freud commence à souffrir de sa maladie mortelle, Anna fait le choix de rester dans la maison paternelle et de s’occuper de son père. Elle deviendra progressivement la « confidente, l’émissaire, le relais de la doctrine » de son père pour reprendre les termes de l’auteur. Elle publiera en effet des travaux psychanalytiques prolongeant de son père mais aussi les dépassant. La correspondant renaît à ce moment-là lors des voyages d’Anna qui, devenue à ce point libre, parvient à affirmer sa dépendance par rapport au père. Pour conclure, l’auteure précise qu’elle ne peut souscrire au reproche si souvent adressé à Freud selon lequel il aurait empêché Anna par le lien qu’elle entretenait au père et l’aurait retenue de faire certaines expériences qui auront été à jamais perdues pour elle. Cet échange épistolaire montre au contraire, d’après elle, la victoire que le fondateur de la psychanalyse dut remporter sur lui-même pour renoncer à sa vision première de la féminité.

13Stéphane Michaud complète l’analyse de cette relation complexe en s’intéressant à Lou Andreas- Salomé en tant que conseillère d’Anna Freud. Traducteur de la correspondance entre les deux femmes (A l’ombre du père, Hachette Littératures, 2006), l’auteur montre combien Lou Andreas-Salomé a contribué à faire naître Anna à elle –même pour paraphraser le titre de la communication. La joie exceptionnelle (« Heiterkeit ») de Lou  a en effet accompagné Anna dans sa recherche d’elle-même. Confiée par Freud à Lou Andreas-Salomé, Anna va se lier d’une amitié intime, exclusive avec celle-ci. Les deux aspects qui font l’originalité de cette correspondance sont tout d’abord qu’il s’agit du seul échange où Freud n’est pas un partenaire direct même si tout gravite autour de lui, la même admiration, affection lient les deux femmes au père, et ensuite la légèreté de cet échange que Lou ne rechigne pas à qualifier de « bavardage » ou de « gribouillis ». Cette correspondance, dans l’ombre de Freud, retrace également les crises et les inquiétudes qui affectent l’école freudienne au moment des diverses sécessions ainsi que les tribulations liées à la santé de Freud et aux persécutions que l’analyste et ses représentants vont subir de la part du régime nazi. Le spinozisme de Lou, comme l’explique Stéphane Michaud, permet à Anna de retrouver une sorte d’unité originelle et de s’accomplir pleinement comme le montrera d’ailleurs la sociabilité croissante de cette dernière, elle nouera en effet de nombreuses amitiés, notamment, avec Dorothy Burlingham, qui feront d’ailleurs naître chez Lou une certaine jalousie.

14L’avant dernière communication d’Henriette Michaud éclaire en analyse et angliciste l’énigme que noue l’Angleterre dans la correspondance de Freud. L’auteur travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la psychanalyse sur Freud avec Shakespeare. Elle prépare un livre sur le sujet. Par ailleurs sa connaissance de l’allemand jointe à celle de l’anglais lui permet de se mouvoir avec beaucoup de finesse dans les trois langues de Freud : l’allemand l’anglais et le français. Au centre de l’entreprise freudienne se nouent en effet trois destins que rien ne rapprochait spontanément : ceux de Moïse, de Shakespeare et de Freud lui-même. Le parcours de l’analyste, qui s’apparente d’ailleurs à une enquête et qui rend ainsi cet article particulièrement intéressant, l’amène à travailler en profondeur les échanges épistolaires de Freud. La question qui hante la correspondance de Freud est de savoir quel est l’auteur des fameuses pièces de Shakespeare et de Hamlet en particulier. Véritable leitmotiv, cette question n’est pas seulement liée à des interrogations de l’époque, elle concerne en effet l’intime le plus profond. La réponse à cette énigme pourrait permettre à Freud de résoudre un problème d’ordre psychanalytique. En effet,  la question : le fils d’un humble gantier de Stratford peut-il être le père d’une œuvre prestigieuse contient en elle-même cette autre, qui en forme le revers existentiel, comme le résume Stéphane Michaud dans son introduction au volume, le fils d’un humble marchand de Freiberg peut-il à son tour produire une œuvre majeure ? Ce doute qui affecte l’identité du dramaturge creuse également celle de Moïse, de Freud lui-même mais  de tout individu en général. Cette énigme irrésolue prouve clairement l’impossibilité de répondre à cette question identitaire qui travaille la psychanalyse : « qui suis-je ? ».

15L’ultime communication laisse la parole au poète Michel Deguy. Ce dernier synthétise dans un style magnifique les effets de la déstabilisation freudienne du sujet dans la conscience française depuis les années soixante. Cette dernière intervention est particulièrement intéressante et stimulante pour la pensée dans la mesure où de l’extérieur de la psychanalyse, le poète montre les déplacements et renouvellements qu’elle opère et développe, appuyé sur Mallarmé et Lacan, mais aussi Hölderlin et Heidegger, la polysémie du terme « correspondances » en indiquant d’emblée que son titre est à comprendre comme « changer à Freud » de la même manière que l’on dit « changer à Châtelet ». Ainsi, le poète nous offre un autre regard sur la psychanalyse et ouvre d’autres voies. Mais surtout, il fait travailler le langage,  notamment en ouvrant l’interrogation sur la question religieuse, centrale pour lui, autour de la profanation telle que l’entend Giorgio Agamben. Ce travail sur la langue opère ainsi un magnifique retour sur ce qui constitue le cœur et l’unité de ces neuf communications : le langage et la langue.