Fabula, la recherche en littérature (agenda)

« Nos mots et les leurs » (séminaire Anachronies)

Evénement

Information publiée le vendredi 23 septembre 2011 par Frédérique Fleck

Vendredi 25 novembre 2011, Paris, ENS


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Séminaire « Anachronies : textes anciens et théories modernes »

 

Séminaire transversal DSA - LILA, en collaboration avec l’Équipe Fabula à l’ENS

 

Séance 3 : « Nos mots et les leurs »

(Titre emprunté à la conférence de Carlo Ginzburg lors du colloque « Ginzburg. Des formes et des preuves », 4 mars 2011)

Vendredi 25 novembre 2011, ENS, 46 rue d'Ulm, 75005 Paris, salle de Conférence

Coordination : Karine Abiven, Laure Depretto.

Intervenants : Karine Abiven, Lise Charles, Laure Depretto.

Lire les actes du séminaire dans l'Atelier de Fabula: Anachronies.

 

Le questionnement qui fonde cette séance est celui du métadiscours que se choisit le commentateur de textes anciens (en l’occurrence, de textes des XVIIe et XVIIIe siècles). Doit-il reprendre la terminologie endogène, par souci de respect des mots en usage dans un état ancien de la langue et de la pratique des textes ? Ou peut-il se permettre d’utiliser les catégories du métadiscours moderne peut-être plus aptes à construire un objet proprement historique ?

Plusieurs exemples viendront étayer cette réflexion. Ainsi, pour le récepteur moderne, tel passage des lettres de Sévigné est d’emblée identifié comme un fait divers, tel croquis narratif de Saint-Simon est manifestement ce que nous appelons une anecdote. Pourtant ni l’un ni l’autre mot n’existant en ce sens à l’époque, les locuteurs parlent alors d’histoire tragique et de particularité. De même, on parlera aujourd'hui spontanément, chez Mme de Lafayette, de la scène de l’aveu, de la scène du portrait, alors que le terme n’est jamais employé dans la critique romanesque du XVIIe siècle, où l’on préfère celui de morceau, par exemple. Quel gain l’emploi de mots anachroniques représente-t-il pour l’analyse de ces textes ?

 

************

Bibliographie

Pour la réflexion sur le statut de la terminologie historienne, et notamment sur l’équivocité du vocabulaire hérité  :

- * Bloch, Marc, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien. Paris : Armand Colin, Cahier des Annales, n° 3, [1949] 1952, chapitre IV, 3, « La Nomenclature ». Version papier : E. Bloch (éd.), J. Le Goff (préf.), Paris : A. Colin, coll. « Références : histoire », 1997, p. 135 sqq. ; repris dans L’Histoire, la guerre, la Résistance, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 2006, p. 958-971.

- Bloch, Marc, « Pour une histoire comparée des sociétés européennes » [1928], L’Histoire, la guerre, la Résistance. Paris : Gallimard, coll. « Quarto », 2006, p. 347-380 ; voir, pour notre propos, les pages 378 et 379.

Pour des études de cas sur les problèmes posés par le vocabulaire métalinguistique dans l’analyse des textes d’Ancien Régime :

- * Jourde, Michel & Monferran, Jean-Charles (dir.), Le Lexique métalittéraire français (XVIe-XVIIe siècles). Paris : Droz, 2006. Voir l’introduction de M. Jourde et J.-C. Monferran : « L’histoire du lexique métalittéraire français (XVIe-XVIIe siècles) : quelques enjeux », ou une section au choix (un article sur le personnage, le genre de la Vie, sur le comique, etc.). Sommaire disponible sur gbooks.

- * Jouhaud, Christian, Ribard Dinah, Schapira Nicolas, Histoire, littérature, témoignage. Ecrire les malheurs du temps, Paris, Gallimard, coll. Folio histoire, 2009, p. 23-40 (remise en cause de l’étiquette « Mémoires »).

Pour une réflexion sur la pragmatique des genres :

- Schaeffer, Jean-Marie, Qu’est-ce qu’un genre littéraire ? Paris : Seuil, coll. « Poétique »,  1989. Section « De l’identité textuelle à l’identité générique », p. 64 sqq.

 

NB: La bibliographie est restreinte à dessein pour que les participants puissent prendre connaissance de l'ensemble de ces textes, qui serviront de base commune à la discussion; les textes précédés d'un astérisque pourront faire l'objet d'un exposé lors de la séance.

 

Voir la présentation générale du séminaire et le programme des séances




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