| Le message suivant a été posté par le visiteur Adam Aegidius le 18 Mai 2002 : |
Jean-Marie Schaeffer parle dans son "Qu'est-ce qu'un genre littéraire?" de la généricité auctoriale; les textes auxquels je me réfère nient par eux-mêmes, donc du côté de la généricité auctoriale, toute catégorisation générique. La virtualité de leur auto-catégorisation est surtout évidente chez Lautréamont qui tout au long des "Chants de Maldoror" et surtout au chant sixième, 1+2, décrit son texte comme "ma poésie", "les cinq premiers récits", "mon ouvrage", "mes paroles", "un petit roman", "dramatiques épisodes", "sixième chant", etc.
Cette confusion de notions génériques et semi-génériques, il faut que nous nous en passions pour construire une notion de genre légitime; nous voyons les textes d'un point de vue lectorial (selon Schaeffer), ce qui ne nécessite pas une utilisation des termes dont se servent les textes eux-mêmes. Cela justifie qu'on invente des notions telles que friction proétique et autobiographie poétique en prose, surtout si on précise ce qu'elles signifient, c'est-à-dire selon quels principes ou quels niveaux ("syntaxiques", sémantiques, énonciatifs (Schaeffer)) on construit le nom de genre.
Je pense, d'ailleurs, que la friction proétique et l'autobiographie poétique en prose signifient à peu près la même chose, qu'elles sont complémentaires. Je ne lis malheureusement pas le catalan, mais votre article est sans doute l'expression la plus explicite de vos pensées que je partage entièrement.