
| Le message suivant a été posté par le visiteur Adam Aegidius le 14 Mai 2002 : |
Ce genre nouveau se situe au juste milieu entre le poème en prose et le récit poétique, étant peut-être leur mélange. L'autobiographie poétique en prose (notion que j'ai proposée pour une revue de critique littéraire danoise) serait autobiographique de deux manières : 1) ses textes se réfèrent à la vie propre de l'auteur, 2) la structure immanente du texte est autobiographique, c'est-à-dire qu'il comporte une progression symbolique entre les poèmes en prose allant de la naissance du sujet à sa mort. Le texte raconte, par ailleurs, sa propre genèse en en prenant presque toujours ses distances ironiques.
Ainsi, il est extrêmement difficile de distinguer l'univers fictif de l'univers autobiographique, car l'autobiographique devient fictif, même quand il ne le désire pas:
"La grande difficulté quand on écrit son journal dit monsieur Songe c'est d'oublier qu'on ne l'écrit pas pour les autres... ou plutôt de ne pas oublier qu'on ne l'écrit que pour soi... ou plutôt d'oublier qu'on ne l'écrit pas pour un temps où on sera devenu un autre... ou plutôt de ne pas oublier qu'on est un autre en l'écrivant... ou plutôt de ne pas oublier qu'il ne doit avoir d'intérêt que pour soi-même immédiatement c'est-à-dire pour quelqu'un qui n'existe pas puisqu'on est un autre aussitôt qu'on se met à écrire..." ('Monsieur Songe', Robert Pinget)
Adam Aegidius
Danemark
http://site.voila.fr/sjp.cdrom