


Mise en ligne de la traduction du livre I du Prélude (1805) de William Wordsworth, par Maxime Durisotti. Traduction précédée d'une présentation du livre I et de notes sur la traduction.
Blog "À sauts & à gambades"
http://mdurisotti.wordpress.com/william-wordsworth-le-prelude/
Le Prélude ou La Croissance de l'esprit d'un poète est une vaste entreprise autobiographique que William Wordsworth (1770-1850) n'a cessé d'élaborer puis de retravailler toute sa vie. Ce devait n'être qu'une partie d'un plus vaste poème, The Recluse (Le Reclus), mais il trouva son autonomie et devint l'un des principaux chantiers du poète.
Trois versions sont aujourd'hui disponibles : la première, encore courte (deux livres), date de 1799 ; la seconde, en treize livres, est de 1805 ; et enfin celle de 1850, en quatorze livres. C'est cette dernière version qui fut d'abord publiée, à la mort du poète, par sa femme. Les versions antérieures, découvertes et éditées au cours du XXe siècle, n'ont d'abord été connues, à tout le moins, que du seul cercle familial (l'épouse Mary et Dorothy la soeur) et amical : Coleridge, bien sûr, le dédicataire du poème, l'ami interpellé si souvent au fil du texte. Les retouches qu'a faites Wordsworth sur la version de 1805 semblent vouloir réfréner les ardeurs et l'insouciance de la jeunesse, en conférant ici une certaine rigidité, là une certaine pompe, qui font regretter la spontanéité de jadis, quand l'envie de démontrer ou de moraliser travaillait moins Wordsworth. La version de 1805 se distingue par sa fraîcheur, et tout ce qui trahit encore un manque de contrôle de la part de l'écrivain ; c'est celle qui a été retenue pour cette traduction.
Très tôt dans l'histoire de la poésie, Wordsworth perçoit le statut déterminant de l'enfance dans la vie d'un homme, Le Prélude s'efforce d'explorer et d'entretenir cette mémoire de l'enfant qu'il a été. Le livre I revient sur quelques-uns des moments marquants de cette époque d'intense sensibilité ; mais le traitement de cette matière s'opère à l'occasion d'un recours plein d'angoisse, d'une quête de la confiance perdue, au moment où les fondements de la subjectivité semblent complètement ébranlés. C'est ce moment négatif, ce faux départ, et enfin l'issue trouvée, qui font l'objet de ce livre I.
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