


Â
Sébastien Charbonnier, Deleuze pédagogue
Paris : L'Harmattan, coll. "Pédagogie : crises, mémoires, répères", 2009, 234 p.
Présentation de l'éditeur :
« Deleuze pédagogue » : pourquoi ce titre ? S'agit-il de rallier un grand philosophe, malgré lui, aux causes du pédagogisme ? Loin de ces stériles débats, hors des alternatives malheureuses, cette enquête sur Deleuze espère faire fonctionner un pan essentiel de son oeuvre concernant la dimension intrinsèquement problématique de la pensée, et voir que cet Apprentissage essentiel en la pensée, qui est la pensée elle-même, conduit à des perspectives riches sur la question de l'enseignement.
Lorsque Deleuze est interpellé sur le terme « professeur » dans l'Abécédaire, celui-ci remarque en premier lieu : « J'ai aimé profondément faire cours. » Pendant les minutes qui suivent, on réalise que Deleuze est riche d'une grande réflexion concernant l'enseignement de la philosophie. D'ailleurs, ses talents de professeur sont connus et reconnus ; mais au-delà de ce constat sur la personne, les concepts de Deleuze – et Guattari – peuvent-ils fonctionner pour l'enseignement comme tel ? Cela ne semble pas aller de soi, puisqu'on entend parfois dire qu'ils seraient élitistes, irréalistes, en tout cas inutiles pour toute réflexion sur l'enseignement de la philosophie, à cause de la définition « héroïque » ou « artistique » de la philosophie comme création de concepts…
Face à l'apparent manque d'efficience de certaines positions de Deleuze, ce livre essaie d'expliciter au maximum le caractère sensé de concepts qui s'opposent frontalement au bon sens pédagogique. Le souci de faire comprendre et de dédramatiser une philosophie déjà dramatique dans son essence incite à parcourir l'écart fécond entre l'aspect a priori contre-intuitif de ses thèses pour l'enseignement et le fond proprement pédagogique de toute sa philosophie.
Sommaire :
Première partie. Les conditions effectives de l'apprentissage : comment en vient-on à désirer philosopher ?
Chapitre 1. La griffe de la nécessité : un transcendantal matériel
Chapitre 2. Une apologie du concret
Chapitre 3. L'automate spirituel : un transcendantal impersonnel
Chapitre 4. Questions d'énergétique à propos de l'apprentissage
Seconde partie. Éloge de la bêtise – L'Idiot² comme héraut du paradoxe
Chapitre 5. La bêtise comme faculté transcendantale : danger et nécessité
Chapitre 6. L'Idiot naïf face à l'opinion cynique : la fonction du paradoxe
Chapitre 7. Le rôle du langage dans l'enseignement : du mot d'ordre au mot de passe
Troisième partie. Le champ transcendantal comme champ problématique infini
Chapitre 8. D'une pensée sans image à l'image deleuzienne de la pensée
Chapitre 9. La figure du « personnage conceptuel » et ses fonctions
Chapitre 10. Le modèle mathématique : perdurer dans le problème
Conclusion. La trinité de l'enseignement de la philosophie : apprendre – problématiser – critiquer
A. Cousin de Ravel, Quignard, Maître de lecture. Lire, vivre, écrire
P. Engel, Les Lois de l'esprit. Julien Benda ou la raison
M. Crouzet, M. Myself ou La Vie de Stendhal (nouvelle version)
Laurence Brogniez (dir.), Écrits voyageurs. Les artistes et l'ailleurs
O. Biaggini, B. Milland-Bove (dir.), Miracles d'un autre genre Â
Sévigné, Lettres de l'année 1671
A. Pope & J. Swift, Pensées sur différents sujets
H. Melville, Le Marchand de paratonnerres, suivi de La Véranda
S. Kierkegaard, La Crise et une crise dans la vie d'une actrice
E. Maigret et M. Stefanelli (dir.), La Bande dessinée : une médiaculture
I. Raynauld, Lire et écrire un scénario - Le Scénario de film comme texte
J.-F. Bédia, Les Ecritures africaines face à la logique actuelle du comparatisme
Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Commentaire - Tome I : Études d'introduction
P. Engel, Les lois de l'esprit, Julien Benda ou la raison Â
P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine
O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes
A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534
Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma