


Rachel BOUÉ, L'Éloquence du silence. Celan, Sarraute, Duras, Quignard…
Paris, L'Harmattan, Coll. "Critique littéraire", février 2009, 108 p.
Présentation de l'éditeur:
La création au XXème siècle trouve ses motivations dans la découverte et l'exploration d'une évidence : l'image n'est pas ce qu'elle montre et la parole n'est pas ce qu'elle dit. Depuis, la littérature porte en elle cette imprescriptible scission. C'est au creux de cette fissure que s'inscrit désormais le geste d'écrire. Litote d'un monde qui la déborde, la littérature offre aux écrivains deux postulats esthétiques, l'un de tout dire pour « qu'on n'en parle plus », et l'autre de parler à l'économie et même de se taire dans l'espoir d'atteindre l'absolu du dire.
De ce dilemme entre dire et taire, naît une littérature, non plus préoccupée d'elle-même et en proie au doute, mais plutôt capable de dire ce qu'elle n'arrive pas à être. Ce sont ces postures paradoxales de la parole que nous appelons silence. Le paradoxe tient à ce que l'exploration des limites du dicible ne conduit pas à l'extinction de l'écriture mais au contraire à sa confirmation littéraire. Le silence, c'est-à-dire ce que l'écriture ne peut pas être, est bien ce qui fonde la parole littéraire, animée d'un désir de surpassement. C'est cette dimension translangagière qui sera étudiée chez Rilke, Celan, Beckett, Sarraute, Duras et chez trois écrivains contemporains, Pascal Quignard, Valère Novarina et Frédéric-Yves Jeannet.
Rachel Boué partage sa vie entre la France, New York et Chicago où elle enseigne la littérature française. S'intéressant aux limites de la représentation, elle a travaillé sur Sarraute, Beckett, Duras, Simon, Celan, Cixous. Elle a publié des essais, Nathalie Sarraute, La sensation en quête de parole, L'Harmattan, 1997, Parcours de lecture sur « Enfance », Bertrand Lacoste, 2000.
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