Fabula, la recherche en littérature (agenda)

Présence des dieux à l'opéra

Evénement

Information publiée le mercredi 19 avril 2006 par Florent Albrecht (source : Aude Locatelli)

Du 6 juillet 2006 au 13 juillet 2006, Aix-en-Provence

Rencontres Sainte Cécile
(Recherches européennes consacrées aux rapports de la littérature et de la musique)

6 -13 juillet 2006

Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme
5, rue du château de l'Horloge Aix-en-Provence


1. Annonce
2. Problématique
3. Programme
4. Organisation matérielle


1. Annonce :

L'Université de Provence Aix-Marseille I organise au début du mois de juillet 2006 et au début du Festival d'Art Lyrique d'Aix-en-Provence, pour la troisième année, une Université d'été européenne d'une durée de huit jours : les "Rencontres Ste Cécile". Celles-ci ont pour but de réunir de jeunes chercheurs travaillant en Lettres et Sciences humaines (Musicologie, Littérature générale et comparée, Philosophie, etc.) sur les rapports de la littérature et de la musique.
Après avoir abordé la question de la citation en 2004 ("Entes, citations musicales en littérature, citations littéraires en musique"), puis les rapports du théâtre et de l'opéra en 2005, les Rencontres porteront cette année, en liaison avec le programme du Festival d'art lyrique, sur la "Présence des dieux à l'opéra". L'Université d'été propose en alternance des conférences et des séminaires, en français et en langues étrangères, présentées par des spécialistes ; les soirées sont réservées aux spectacles du Festival d'Aix. Les participants ne font pas de communication (il s'agit d'une semaine d'étude et non d'un colloque), mais sont amenés à rédiger une contribution qui articule leur propre sujet de recherche et la problématique spécifique envisagée lors des Rencontres. Les contributions font l'objet par la suite d'une publication en ligne sur le site "Littérature et musique" : http://www.up.univ-mrs.fr/littemu.

Pour participer, envoyer un CV à E. Rallo Ditche. D'un point de vue matériel, les frais d'inscription sont de 100 euros pour la semaine, le voyage est à la charge des participants, les frais de séjour sont pris en charge par les Rencontres.

Les organisateurs :
Elisabeth Rallo Ditche, Professeur de Littérature Comparée UP erallodi@up.univ-aix.Fr
Aude Locatelli, Maître de Conférence Littérature Comparée UP aude.locatelli@up.univ-aix.Fr
Eric Lecler, Maître de Conférence Littérature Comparée UP leclereric@hotmail.com


2. Problématique :

"Présence des dieux à l'opéra"

Dans un article de 1929, Kurt Weill vitupère contre Wagner et contre Strauss : « L'époque des dieux et des héros est révolue ! ». Révolue ? C'est à voir. Et, pour les participants des Rencontres Sainte-Cécile 2006, la production de la Tétralogie wagnérienne par le festival d'Aix-en-Provence fournit justement l'occasion rêvée de revenir sur les enjeux et débats qui ont pu mener à une telle affirmation, et d'en mesurer la pertinence.

Pourquoi, tout d'abord, l'éternel retrait, mais aussi –de Monteverdi à Gluck, de Wagner à Strauss, de Szymanowski à Liebermann- l'éternel retour des dieux sur la scène lyrique ? « Afin que l'état d'âme tragique ne périsse pas » répond Nietzsche. Les dieux reviennent à des époques bien précises quand ils se sentent menacés. Jung parlait du « retour de Wotan », ce grand vent d'irrationnel par lequel les dieux, relégués dans la forêt, venaient prendre leur revanche contre un processus civilisateur imparfaitement accompli. La nature de cet « état d'âme tragique », cette présence des dieux que la religion ne suffirait pas à combler, que la religion chrétienne a parfois même refoulée, mais qui devait cependant trouver son espace et sa dramaturgie dans un palais adjacent à l'église, au temple ou à la synagogue –et rival, comme le révèle l'oratorio (cet opéra déguisé) : voilà un premier enjeu qu'il faudra s'employer à définir. Car pourquoi revenir incessamment aux Anciens pour aller de l'avant ? Quel est ce sacré que célèbre l'opéra qui –selon Lévi-Strauss- est héritier et continuateur des mythes ? De quel sacrifices et rituels antiques répète-t-il le geste ? Enfin : l'homme honore-t-il vraiment les dieux ou seulement la belle image de sa propre communauté –éventuellement nationale- sublimée par le temps magique de la représentation ?

Car Dieu et les dieux sont rivaux. Mais aussi, dans une Europe travaillée par les rivalités mimétiques, les dieux du Nord et les dieux du Sud ; les dieux romantiques et les dieux classiques. Et encore : les dieux et les hommes. « Dieux vengeurs », « dieux implacables », « dieux justes et bons » ne cesse-t-on d'entendre implorer chez Charpentier, Rameau Berlioz –et même Verdi. Les dieux exigent d'atroces sacrifices. Mais c'est pour revenir in extremis –deus ex machina et lieto fine- clore le grand cycle de la terreur et de la pitié qu'ils avaient déchaîné (Gluck). C'est que, sur la scène lyrique, la dialectique de l'humain et du divin est particulièrement tendue. Les hommes ont un désir de divinité qui les consume (certains Haendel), cependant que les dieux se mettent à rêver de métamorphose et de finitude (Wagner, Strauss). Parfois, enfin, les dieux se retirent dans les cintres de l'opéra et s'opposent par médiateurs interposés. Démons, diables, esprits, anges, prophètes, prêtres, pythies, inquisiteurs, oracles, ermites : riche est le personnel « religieux » sur la scène lyrique pour faire souffler le vent de l'au-delà, de l'irrationnel, du fantastique. Multiples et complexes, ainsi que le rappellent les travaux psychanalytiques de M. Poizat, les possibilités de lui donner un corps, une voix, un chant. Et durable, sous la coupole où chantent les anges purs et radieux, dans la fosse où s'étreignent les génies de la luxure, cette opposition archétypale entre le saint fanatique et la prostituée repentante (Meyerbeer, Gounod, Massenet).

Cet antagonisme se reporte sur l'opéra comme lieu et comme pratique. Avec sa nostalgie de l'amphithéâtre antique et du mystère médiéval, l'opéra est-il un temple sacré qui se prendrait un peu trop au sérieux, ou, avec ses bustes impérieux et son poids de références érudites, un manuel de haute culture, et encore, avec ses idoles à la feuille d'or et ses statues de stuc (Apollon qui protège des fantômes dans le roman de Gaston Leroux), un hôtel bourgeois qui ne célèbrerait rien d'autre que le plaisir –et la société de luxe et d'argent qui va avec ? Car la débauche de machineries merveilleuses qui meuvent le microcosme de l'opéra, ne dit rien d'autre que cela : l'homme démiurge qui s'amuse –mais s'amuse seulement- à se prendre pour un dieu et à imiter le jeu de la nature. Et que dire de l'extase lyrique, et du culte maladif et pittoresque dont jouissent, depuis quatre siècles, nos -bien nommés- divos et divas ? Enfin, de cette ambiguïté fondamentale de l'opéra découlent deux questions capitales : face aux dieux, qu'ils soient vrais ou contrefaits, faut-il rire (Offenbach) ou frémir (Schönberg) ? Et, sur scène et selon nos propres convictions à propos de la sempiternelle question de la « mort de dieu » et du « crépuscule des idoles » : faut-il les voir ou les suggérer, les glorifier ou les ridiculiser (cf. la scénographie wagnérienne, de Wieland à Konwitschny, en passant par Chéreau, Kupfer, Wilson et bien d'autres) ? On le voit : c'est par l'approche interdisciplinaire seule (mêlant psychanalyse, anthropologie, philosophie, sociologie, mais aussi histoire culturelle, littérature, musicologie et dramaturgie) que les participants aux Rencontres Sainte-Cécile 2006 pourront comprendre pourquoi, à l'opéra, « du lever au baisser du rideau, tout se meut sur le mode orageux du sacré, sans relâche, parmi les relents de bazar mêlés au ferraillement d'automates à quelques sous. » (M. Leiris).

Programme :

JEUDI 6 JUILLET

Arrivée des participants, dans l'après-midi.

Accueil par les organisateurs et les coordinateurs : permanence à partir de 14h dans la salle de l'Association des "Amis du Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence", située dans le centre-ville (Hôtel de Gaillard d'Agoult 24, place des Martyrs de la Résistance Tél. 04.42.96.44 répondeur).

17h-19h : réception, même lieu.

VENDREDI 7 JUILLET

- 10h-11h30 : Conférence de M. Jean MOLINO, Université de Lausanne : "La musique : en-deçà et au-delà du profane et du sacré".

- 14h : Réunion des participants avec les coordinateurs* : tour de table pour une présentation des domaines de recherche des participants et de leurs projets pour les contributions écrites.

- 16h-17h30 : Séminaire (en français) de M. Timothée PICARD, Université de Rennes : "Présence des dieux à l'opéra".

{à confirmer - Concert des Nuits d'été (Debussy, Ravel, Boulez) 10 places disponibles}

SAMEDI 8 JUILLET :

- 10h-11h30 :

Conférence de M. Ernesto NAPOLITANO, Université de Turin : "Mozart : les dieux de La Flûte enchantée".

-14h-15h30 :

Séminaire (en anglais) de Mme Siglind BRUHN, Université d'Ann Harbor : "Siddharta", Hermann Hesse et Per Norgard.

-16h-17h30 : Séminaire (en italien) de M. Paolo RICAGNO, Université de Turin : "Orfeo mis en scène".

-Festival d'Art Lyrique : L'Or du Rhin de R. Wagner, Théâtre de l'Archevêché.

DIMANCHE 9 JUILLET :

Temps libre

[à confirmer]

-18h30 : Présentation, dans le cadre de l'année Mozart, du Dictionnaire Mozart (R. Laffont) par T. Picard, co-auteur à Ventabren, suivi d'un cocktail.

- Festival d'Art Lyrique : Histoire vraie de la Périchole, Hôtel Maynier d'Oppède.

LUNDI 10 JUILLET :

- 10h-11h30 : Conférence de M. Christian Merlin, Université de Lille 3 : "Les personnages divins chez Wagner".

-14h-15h30 : en parallèle

Séminaire (en anglais) de Mme Siglind BRUHN, Université d'Ann Harbor : "Siddharta", Hermann Hesse et Per Norgard.

ou

Séminaire (en italien) de M. Paolo RICAGNO, Université de Turin : "Orfeo mis en scène".

- 16h-17h30 : Séminaire (en français) de M. Timothée PICARD, Université de Rennes : "Présence des dieux à l'opéra".

- Cocktail, à partir de 19h, organisé par les Amis du Festival pour la réception des artistes de l'Académie Européenne de Musique 2005 : Jardins de l'Atelier Cézanne, 9, rue Paul Cézanne.


MARDI 11 JUILLET

- 10h-11h30 : Conférence de M. Pierre Flinois, architecte et critique musical : "Wagner : les dieux mis en scène".

-14h-15h30 : en parallèle

Séminaire (en anglais) de Mme Siglind BRUHN, Université d'Ann Harbor : "Siddharta", Hermann Hesse et Per Norgard.

ou

Séminaire (en italien) de M. Paolo RICAGNO, Université de Turin : "Orfeo mis en scène".

- 16h-17h30 :Séminaire (en français) de M. Timothée PICARD, Université de Rennes : "Présence des dieux à l'opéra".

-Festival d'Art lyrique : La Flûte enchantée de W. A. Mozart, Théâtre de l'Archevêché.

MERCREDI 12 JUILLET

- 10h-11h30 : Conférence de M. Jean-Claude Yon, Université de Versailles Saint Quentin : "L'Olympe s'en va! Dieux et Déesses chez Offenbach".

-14h : Réunion bilan sur la semaine d'étude ; point sur le choix des sujets pour les contributions écrites et discussion sur les perspectives de programme pour l'année 2007.

-16h-17h30 : Conférence de M. Fabio VITTORINI, IULM de Milan : " Le tribunal de sang et la voix de Dieu : Don Carlos de Verdi".

Numéros de téléphone des organisateurs :

E. Rallo-Ditche : 04.42.26.07.31 / 06.07.70.25.73

A.Locatelli : 04.42.96.33.81 / 06.62.60.93.82

E. Lecler : 06.84 85 98 28


Accès à Aix-en-Provence :

Aix-en-Provence compte deux gares SNCF : l'ancienne petite gare, située en centre-ville, et la nouvelle gare "Aix-TGV".

Pour rejoindre la ville, depuis la gare AIX-TGV : prendre la navette (8km en car, départs réguliers) qui mène à la gare routière.

Par avion, depuis l'aéroport de Marignane (Aéroport "Marseille-Provence", tél. 04.42.14.21.14), il faut de même prendre une navette (25 km en car, départs réguliers) qui mène à la gare routière.

La gare routière (avenue de l'Europe, tél. 04.42.91.26.80) est située à 5mn à pied, par l'avenue des Belges, de la place centrale d'Aix-en-Provence dite "La Rotonde".


Accueil des participants :

L'accueil se fera dans la salle de l'Association des "Amis du Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence", située dans le centre-ville (Hôtel de Gaillard d'Agoult 24, place des Martyrs de la Résistance Tél. 04.42.96.11.44).

Lieux d'hébergement :

Hôtel "Le Manoir" : 8, rue d'Entrecasteaux (04.42.26.27.20)

Studios de Mme Cathary (téléphone personnel : 04.42.93.51.37)

Cité universitaire de Cuques : rue de Cuques (04.42.93.57.90) : accessible, depuis la Rotonde, par le minibus de ville n°2 direction Cuques, arrêt "Cuques".


Trajets vers le lieu de la manifestation :

La M.M.S.H. est accessible, depuis la Rotonde, par le bus de ville ligne n°6 direction Jas de Bouffan, arrêt "Pablo Picasso" : tickets en vente à l'Office du Tourisme, place de la Rotonde, ainsi que dans les bus.

5, rue du château de l'Horloge, à Aix-en-Provence.Tél. : 04.42.52.40.00

Frais de transport :

Les professeurs seront défrayés.

Les frais de transport sont à la charge des participants et des coordinateurs.

Frais d'hébergement :

Les professeurs, bien sûr, sont invités, ainsi que les coordinateurs.

Les subventions obtenues nous permettent de prendre en charge les frais d'hébergement. Les frais des participants se limitent aux droits d'inscription aux Rencontres (somme de 100 euros et de 50 euros pour ceux qui n'ont pas besoin d'être logés).

Repas :

Les déjeuners sont prévus à la M.M.S.H. durant la manifestation et les dîners dans le centre-ville (les repas sont compris dans les "frais d'hébergement"), hormis pour la journée du dimanche (temps libre).



Responsable : Aude Locatelli

Adresse : Université de Provence Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme 5, rue du château de l'Horloge Aix-en-Provence



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