

Dossier réforme du lycée
Dès la rentrée 2010, les élèves de seconde devraient désormais suivre au moins un enseignement entre sciences économiques et sociales et “économie appliquée à la gestion”. Autre source d'inquiétude pour les sciences sociales : le programme de SES vient d'être modifié pour cette même classe de seconde, faisant la part belle à la microéconomie au détriment des sciences sociales.
L'Association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES) a diffusé un commmuniqué de presse. À noter également sur le site de l'association une comparaison éloquente de l'ancien et du nouveau programme qui met en évidence les notions qui apparaissent et celles qui disparaissent… [source: blog Agora/Sciences sociales]
Ci-dessous:
- Communiqué de presse de l'APSES du 23 janvier 2010
- Lettre de l'apses et projet de programme alternatif (février 2010)
- Revue de presse
Communiqué de presse de l'APSES du 23 janvier 2010 : Par qui et pour qui a été fait le nouveau programme de SES de seconde ? http://www.apses.org/initiatives-actions/communiques-et-courriers/article/communique-de-presse-de-l-apses-du-2454
Le Ministère vient de communiquer aux éditeurs le projet de nouveau programme de sciences économiques et sociales (SES) de seconde. Ce projet de programme réoriente profondément les finalités de l'enseignement de SES.
1. Un programme qui gomme systématiquement les enjeux économiques et sociaux contemporains Le Ministère a choisi délibérément d'évacuer du programme de SES proposé en classe de seconde la plupart des questions de société qui y étaient abordées jusqu'à présent : suppression des questionnements sur l'emploi et le chômage, sur l'investissement, sur les revenus et les inégalités ou encore sur les transformations de la famille au profit de questions sur l'épargne, la fixation des prix (y compris du prix d'équilibre) dans une perspective positiviste et monolithique de l'économie. Taire les questions de société, c'est renoncer à la dimension citoyenne que véhiculent tous les enseignements généraux du lycée et faire perdre à l'enseignement des SES ce qui fonde son succès depuis plus de 40 ans. Le parlement avait tenté de faire enseigner les « aspects positifs de la colonisation » en Histoire-Géographie, le Ministère souhaite-t-il faire enseigner les « aspects positifs de l'économie » en SES, bref une « économie Bisounours » ?
2. Un programme qui marginalise les autres sciences sociales Les entrées sociologiques du programme sont réduites à la portion congrue et placées à la fin. Or, le document diffusé par le Ministère précise qu'il faudra traiter « au moins les 10 premières questions ». Compte tenu de sa lourdeur, les autres sciences sociales deviennent de facto optionnelles au profit d'un enseignement désincarné d'économie fondamentale. Le ministère relègue la sociologie, l'anthropologie, la science politique au rang d'accessoires alors même que ces disciplines permettent aux lycéens de prendre du recul et donc de mieux comprendre des éléments essentiels de leur environnement quotidien comme la famille, l'école, les médias. Après avoir pourtant rendu un vibrant hommage à Claude Lévi-Strauss, Luc Chatel souhaite-t-il donc à ce point « cacher ces sciences sociales qu'il ne saurait voir » ?. Mais le sort réservé à l'économie n'est pas pour autant plus enviable. C'est une présentation de l'économie atemporelle sans hommes ni institutions, une économie réduite à des courbes, dérivées, élasticités et autre prix d'équilibre. Le Ministère souhaite-t-il vraiment que les lycéens puissent disposer des moyens de se repérer dans l'actualité économique et sociale dans laquelle ils baignent à travers les discussions de famille et la télévision ?
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Courrier de l'Apses:
Madame, Monsieur,
Comme vous le savez peut-être le projet de programme de seconde de sciences économiques et sociales – que le ministère Chatel a récemment rendu public dans le cadre de la réforme du lycée – suscite les plus vives inquiétudes chez les enseignants de cette discipline.
En effet :
L'association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES) a donc décidé de réagir en publiant son propre projet de programme. Celui-ci est le fruit de plusieurs mois de réflexion et de débats au sein de l'association. Il a déjà été soutenu par :
Nous vous appelons donc à apporter votre soutien à ce projet. Vous pourrez en prendre connaissance et signer électroniquement sur notre site.
Le projet de programme de l'APSES est ici :
http://www.apses.org/debats-enjeux/analyses-reflexions/article/
Vous pouvez signer ici :
https://spreadsheets.google.com/viewform?
hl=fr&formkey=dEdFb0N2d1BWVUJsUU1OcjdJaHNNUEE6MA
N'hésitez pas à diffuser cet appel à tous vos collègues de l'enseignement supérieur.
Bureau national de l'APSES
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Revue de presse:
Lettre d’A. Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 à F. Hollande (7/2/2012)
Motion de la 21e section du CNU sur l'évaluation des enseignants-chercheurs (2/2/12)
"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)
L'enseignements des lettres classiques à la rentrée 2012 (motion CNARELA du 14/01/12)
Pétition contre la criminalisation d'un canular et du mouvement social à l'Ens (février 2012)
"IUFM : Après le démantèlement, l’éradication", par J.-L. Auduc (cafepedagogique.net)
"Ne bradons pas les diplômes de licence!" (tribune, Le Monde, 19/1/12)
"Les Célébrations nationales 2012 inaugurées par une polémique", par P. Assouline (blog)
Fondation Copernic, L'éducation nationale en danger
"Libraires épuisés", par V. Chabault (lavidesidees.fr)
Lettre du président de la région Languedoc-Roussillon aux responsables de "ses" universités
"La face cachée de l'autonomie des facs": l'exemple de l'UPPA (L'Humanité, 6/1/12)
"Étudiants étrangers: pourquoi le gouvernement a reculé", par M. Bellan (Lesechos.fr, 26/12/11)
"Quand Gallica vend du porno…" (BibliObs)
"L'université est universelle": pétition contre la circulaire Guéant (21/12/11)