

Courrier de Bernard Paulré - Elu au CA de Paris 1 (liste Pour une Université des Savoirs):
Chers
Collègues,
Notre Université va traiter d'une question cruciale pour les conditions de travail de ses personnels enseignants et administratifs ainsi que pour celles de ses étudiants, il s'agit du futur calendrier de l'année universitaire.
Deux projets de calendriers transitoires pour
l'année 2010-2011
vont être
soumis
au Cevu de Paris 1 le 1er juillet 2010 et
au
CA le 5 juillet 2010 (en
attendant
les futurs nouveaux calendriers pour 2011-2012 non encore dévoilés)
Depuis quelques années, une évolution silencieuse et presque invisible
se
produit dans l'enseignement supérieur français, consistant à placer la
deuxième
session d'examens non plus en septembre mais fin juin - début juillet.
L'une des raisons affichées est la désaffection qui se manifeste, pour un grand nombre d'unités de valeur, à l'égard de la session de septembre. Une autre est la mise en place d'un système LMD fondé sur une "vraie" semestrialisation (cf. note de l'AMUE : LMD et nouveau calendrier, un peu surprenant : <http://www.cdul.fr/sites/www.cdul.fr/IMG/pdf_LMD_Calend.pdf).
Il semble que la décision récente et salutaire de Valérie Pécresse d'accorder un dixième mois de bourse aux étudiants soit une forme d'incitation à la mise en place d'une année universitaire qui irait effectivement de septembre à fin juin mais qui, pour les enseignants, peut se prolonger, compte tenu des jurys, jusqu'à mi-juillet (cf. exemples de Paris 7 et de l'Université de Franche Comté à la fin de ce mail, choisis quasiment au hasard. L'argumentaire de l'Université de Limoges est également reproduit).
Enfin,
ce nouveau calendrier s'accorde
parfaitement
— mais est-ce surprenant ? — à la masterisation, en particulier au
calendrier des épreuves du Capes.
Etablis en fonction d'une année
universitaire allant de septembre à début juillet, ces nouveaux
calendriers, se traduisent en fait par une
détérioration des conditions de travail des enseignants et des
personnels
administratifs. Aux semaines de cours effectués sans aucune coupure au
1er
semestre et suivies immédiatement, dans certains cas, de la première
session
d'examens avant Noël (cf. exemple de l'Université de Franche Comté),
s'ajoutent
en fin d'année le cumul de plusieurs sessions d'examens, menées
simultanément
avec l'organisation de l'année suivante, et les procédures de
recrutement des
nouveaux enseignants qui absorbent une certaine énergie, pour une partie
des
enseignants au moins, au mois de mai.
Les nouveaux calendriers entrainent une détérioration des conditions de vie et de travail des étudiants : (i) le salariat étudiant, que nous déplorons mais qui, à ce jour, est une réalité non dissimulable et malheureusement considérée comme inévitable dans bon nombre de cas, devient impossible, ce qui revient à interdire l'accès à l'enseignement supérieur à tous les étudiants qui, pour des raisons variées, sont obligés de travailler ; (ii) la durée de chaque semestre est souvent, dans les universités ayant adopté ce système, réduite d'une semaine au moins, entre autres raisons pour laisser la place à deux semaines dites "de soutien" en juin qui semblent n'être bien souvent qu'une sorte d'aimable bavardage. On voit mal comment un étudiant qui a loupé une ou deux épreuves va se remettre à niveau en à peine deux semaines avec quelques jours de rattrapage pédagogique effectués par d'autres enseignants que ceux qui ont dispensé les cours. A l'Université de Limoges on utilise aussi le mot "tutorat" pour désigner ces journées. L'expérience montre d'ailleurs que, dans certaines universités, ce soutien est assurée, pour une année, par un seul enseignant, pour un résultat vraiment médiocre puisque la seconde session compte aussi peu d'étudiants que celle de septembre...
Je ne développerai pas ici la question du délai légal de deux mois qui doit séparer la 1ère de la 2ème session d'examens, et je renvoie à un texte de l'UNEF (cf. fin de ce mail) pour un exposé clair du problème.
La compression du temps aura également comme effet l'appauvrissement des
contenus pédagogiques, la diminution du temps de maturation nécessaire
du
contenu des u.v., et la réduction des plages de vacances utilisables
pour faire avancer la recherche et la préparation de publications par
les enseignants
(toutes les vacances
sont réduites à une semaine à Lyon 2).
La mise en place des nouveaux calendriers pourra avoir aussi pour
conséquence
de modifier les dates de remise des mémoires de Master. Dans certaines
universités déjà, les étudiants doivent désormais rendre leur mémoire de
M2R en
juin. Qu'en sera-t-il de l'organisation des M2 Pro ?
La concentration du travail de préparation des sessions d'examen, de
l'enregistrement des notes, de la préparation des jurys et de la
préparation de
la rentrée conduira dorénavant les personnels Biatos à travailler en
flux très
tendus (encore plus tendus qu'actuellement).
Enfin, contrairement au souhait de Jacques Calvet dans la note de l'AMUE déjà citée, la mise en place du nouveau calendrier ne permet pas aux étudiants de passer d'une université à l'autre en cours d'année : un examen des différents calendriers adoptés par les universités françaises révèle leur hétérogénéité, sans compter que certaines d'entre-elles, et non des moindres, ont choisi pour l'instant de conserver la session de septembre. Cet argument de mobilité et d'uniformisation nationale des calendriers semble donc fallacieux, au moins dans l'immédiat.
Les
exemples de calendriers joints permettent d'entrevoir deux cas de
figures :
- Au mieux
l'année universitaire débute
mi-septembre et s'achève mi-juin. Les semestres comportent de 12 à 14
semaines
comprenant enseignements et sessions d'examen (La 1ère session du 1er
semestre
a lieu en décembre ou janvier. La 1ère session du 2ème semestre a lieu
en mai).
La 2ème session pour chacun des semestres de l'année est organisée en
juin. Un
dispositif de soutien est organisé avant celle-ci. Les enseignants sont
libérés
pour le 1er juillet. Ils disposent en principe des deux mois d'été et
des
quinze premiers jours de septembre pour leur recherche. Mais dans le
courant de
l'année universitaire il y aura peu de plages significatives pour
s'engager
dans un travail approfondi.
- Au pire
l'année universitaire commence début septembre et
s'achève un
peu avant le 14 juillet. Elle empiète sur les deux mois d'été et le mois
de
septembre est totalement consacré à la rentrée et l'enseignement. La
grande
période d'été que mettent en général à profit les enseignants pour
développer
leur recherche est fortement entamée, surtout si l'on tient compte d'une
inévitable période réelle de vacances de 2 ou 3 semaines. Et cela à un
moment
où les exigences et les contrôles sur la recherche se font plus
pressants sinon
plus tatillons.
Au vu des deux exemples de calendriers nouveaux, dont on peut souligner l'optimisme, on peut craindre qu'inévitablement et rapidement une certaine dilatation se produira, laquelle conduira à clore l'année universitaire vers mi-juillet au moins. Si les universités organisent en plus des oraux pour des matières à forts effectifs ce calendrier se prolongera très vraisemblablement jusqu'à la fin juillet. Il suffit d'être un peu réaliste pour augurer cette évolution.
En ce qui concerne les calendriers transitoires de Paris 1qui seront examinés au Cevu le 1er juillet, ils prévoient : pour l'un 2 semestres d'enseignement de 12 semaines et, pour l'autre, des semestres de 11 et 12 semaines. Dans la mesure où les services de bon nombre d'enseignants sont déjà déterminés, le plus souvent sur 2x13 semaines, doit on considérer que l'Université va convenir d'un forfait ou bien va-t-elle demander à chaque enseignant de trouver des éléments de service permettant de faire les 3 heures (au moins) ou les 9 heures manquantes ? Et que deviennent les plannings de TD prévus sur 13 ou 12 semaines (au lieu, maintenant, de 11 et 10) ? Est-il raisonnable de fixer le prochain calendrier universitaire la première semaine de juillet ?
Il est
donc
indéniable que, d'une part, les enjeux sont considérables pour
l'organisation
du travail des enseignants et des personnels administratifs et que,
d'autre
part, le nouveau calendrier aura des conséquences importantes pour les
étudiants compte tenu de leur inégale capacité à s'adapter à un rythme
intense
nécessitant dorénavant un engagement total et quasi permanent.
Il est vraisemblable que les enseignants, les personnels Biatos et les
étudiants de notre université n'ont pas été convenablement informés de
cette
décision à venir et de ses conséquences. C'est pourquoi, soucieux d'une
véritable transparence, nous avons tenu à exposer publiquement la nature
et
l'ampleur du problème.
Il peut sembler à tout le moins
opportun de spécifier les conditions strictes
sur lesquelles l'université pourrait s'engager, et dans lesquelles ce
type de
nouveau calendrier pourrait avoir des chances d'atteindre les objectifs
qui le
justifient sans provoquer de dégradation des conditions de travail des
étudiants, des enseignants et des personnels Biatos.
Nous vous invitons à prendre contact avec les membres du CEVU pour leur
faire
part de vos observations :
http://www.univ-paris1.fr/universite/gouvernance-de-luniversite/composition-du-cevu/
Dernier point : un certain nombre de grandes universités n'ont pas
adopté le
nouveau type de calendrier. Dans certaines d'entre elles la question est
très
débattue et a conduit parfois à des refus. Il serait important de savoir
si son
adoption constitue ou non une obligation fixée par le Ministère.
(Dernière minute : il semblerait qu'une grande université parisienne qui avait voté la mise en place du nouveau calendrier à partir de l'année prochaine a été conduite, compte tenu des difficultés, à y renoncer.)
Bien cordialement,
Bernard Paulré
Elu au CA
Liste Pour une Université des Savoirs
----------------------------
Observations sur les calendriers présentés ci-dessous : les "semaines de soutien" sont souvent organisées dès la fin de la 1ère session d'examens du second semestre. Par exemple : 28 mai vs 30 mai pour Paris 7 [tableau non reproduit]. Ce qui signifie logiquement que le soutien a lieu avant que les étudiants soient avertis de leurs résultats et que les jurys de 1ère session se soient tenus. Cela implique-t-il que tous les étudiants sont tenus de suivre les semaines de soutien ? La remarque vaut aussi pour l'Université de Franche Comté. Sur le calendrier de L'université de France Comté il apparaît que la 1ère session du 2ième semestre se termine le 29 mai et que les jurys se tiennent dès le 1er juin. En moyenne et en étant optimiste les enseignants et les personnels de la scolarité disposent donc d'une semaine pour corriger les copies, enregistrer les notes et préparer les procès verbaux de jury.... C'est ce que nous appelons des flux tendus.
Université de Franche Comté
Calendrier universitaire 2010-2011
http://www.univ-paris-diderot.fr/sc/site.php?bc=formations&np=ACCUEIL&g=m
Informations de rentrée
le jeudi 10 septembre 2009 - starter SVT (1ère année de licence)
le vendredi 11 septembre 2009 - starter ST (1ère année de licence)
Premier
semestre
Début des cours
du mercredi 2 septembre 2009 au lundi 28 septembre 2009 selon les
formations
Fin des cours
le samedi 12 décembre 2009
Première session d'examens
du lundi 14 décembre au samedi 19 décembre 2009
du lundi 4 janvier au samedi 9 janvier 2010
Deuxième session d'examens
du lundi 14 juin au mercredi 30 juin 2010
Deuxième
semestre
Début des cours
du lundi 18 janvier 2010 au vendredi 22 janvier 2010
Fin des cours
samedi 15 mai 2010
Première session d'examens
du lundi 17 mai au samedi 29 mai 2010
Deuxième session d'examens
du vendredi 14 juin au mercredi 30 juin 2010
Dates des jurys
pour la 1ère session d'examens
: du 31 mai au 10 juin 2010
pour la 2ème session d'examens : du 1er juillet au 13 juillet
2010
Argumentaire
de
l'Université de Limoges
Le
calendrier universitaire
2010-2011
Dans le cadre de la mise en place du système d'enseignement supérieur
"LMD"
(Licence, Master, Doctorat), l'Université de Limoges propose un nouveau
calendrier universitaire.
Le but :
- être en phase avec les autres universités françaises et étrangères
pour
permettre les échanges d'étudiants en cours d'année
- favoriser la réussite des étudiants à la 2ème session d'examen
Rentrée en septembre pour tous et des semestres bien identifiés
La rentrée se fera dans toutes les filières début septembre. Les
semestres
seront bien identifiés et couvriront les mêmes périodes dans toutes les
unités
de formation. Cette structuration permettra aux étudiants souhaitant
diversifier leur parcours d'aller étudier dans une autre Faculté de
Limoges, de
la France ou de l'Etranger, en cours d'année. Et, à l'inverse, à notre
Université, d'accueillir des étudiants étrangers.
Une deuxième session d'examen en juin et non en septembre
Il s'agit de mettre en place la 2ème session des examens en juin et non
plus en
septembre. D'autres universités, comme Valenciennes ou Clermont-Ferrand
II,
emploient ce système et obtiennent de bons résultats. Les étudiants
seraient
plus nombreux à se présenter et obtiendraient de meilleurs taux de
réussite.
Par ailleurs, cela permet aux étudiants souhaitant travailler pendant
les
vacances d'avoir 2 mois complets (juillet, août) pour exercer une
activité
professionnelle.
Du soutien pour réussir ses examens
L'Université proposera entre la 1ère et la 2ème session d'examen des
compléments de formation et du tutorat pour les étudiants qui le
souhaitent,
afin de mettre toutes les chances de réussite de leur côté.
La
position de l'UNEF
Pour information complémentaire utile sur certains points (la
question du
délai des deux mois notamment),
voici un extrait du texte que l'on trouve
cependant
encore en ligne sur le site de l'UNEF (http://www.unef.fr/delia-CMS/index/article_id-869/old_article-868/topic_id-290,5,12/a-t-on-droit-a-2-sessions-d-examens.html)
:
A
l'université, un délai de deux mois est obligatoire entre les deux
sessions d'examens La deuxième session doit donc avoir lieu en Septembre
! Ce
délai de deux mois permet de consacrer du temps à ses révisions et bien
préparer les examens. Pratiquement, cela signifie que le rattrapage doit
se
faire au mois de septembre, que les études soient semestrialisées ou
non.
Attention : certaines administrations veulent mettre les deux sessions
d'examens avant l'été, ce qui priverait de nombreux étudiants, notamment
ceux
qui sont salariés, de la possibilité de préparer sérieusement le
rattrapage.
Pourtant, comme les examens de février et de juin ne forment qu'une
session (la
première session), c'est deux mois après les examens de juin que doit
avoir
lieu le rattrapage. Les universités peuvent déroger à cette règle sous
réserve
de dispositions pédagogiques particulières, mais bien souvent celles-ci
n'existent pas. La réforme LMD remet en cause la session de rattrapage
en
septembre. Si le principe de la deuxième session est maintenu, les
examens de
janvier et de juin forment deux sessions séparées du fait de la
semestrialisation intégrale. Pour
les rattrapages du premier
semestre,
le délai de 2 mois court donc à partir de janvier, et ils peuvent donc
avoir
lieu pendant le second semestre, en même temps que les examens du second
semestre, ou plus probablement juste après. Encouragées par le
ministère,
beaucoup d'universités envisagent de ne plus respecter le délai de deux
mois.
Il faut donc être vigilant. (gras
par BP)
La position de l'UNEF a évolué puisque aujourd'hui ce syndicat étudiant semble favorable - sous conditions fortes toutefois - à l'organisation de la seconde session en juin. Cf. texte transmis à tous les membres du CA de Paris 1 le 29 juin dont j'extrais ceci :
"C'est
dans ce contexte qu'attachés aux rattrapages en septembre,
nous
sommes prêts à envisager un changement de session. Et cela, uniquement
dans le
cadre d'une véritable refonte des modalités de contrôle de connaissance
et
d'enseignement. Nous n'accepterons en aucun cas, un déplacement de la
session
de rattrapage qui soit régressif pour les étudiants.
Une telle transformation nécessiterait de développer des vrais temps de
préparation avant les examens, un accompagnement renforcé des étudiants
et de
véritables garanties dans l'organisation des sessions.
Il s'agit donc de veiller à ce que l'ensemble des avantages issus des
rattrapages en septembre soient compensés, de définir « les mesures
pédagogiques spécifiques » : la refonte des MCC à mettre en oeuvre, et
le dispositif spécifique à mettre en place dans le cadre du processus de
transition. "
Refus de l'Idex: dossier Slu (mai 2012)
02/06/12: Des Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Oui, mais comment?
"Une nouvelle loi sur l’autonomie des universités pour début 2013" (Le Monde.fr - 24.05.2012)
"Le gouvernement doit émettre des signaux forts". Communiqué de l’intersyndicale ESR (22/05/12)
Des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche à l’automne 2012
"A quoi sert l’échec scolaire?", par Bertrand Ogilvie, La Revue des Livres, mai 2012
"Ne pas trahir 2009": Communiqué de la CNESU - 21 mai 2012
Manifestation en soutien au mouvement étudiant québécois, à Paris le 22 mai 2012
Collet (ainsi que Filâtre et Fontanille?) au cabinet de Geneviève Fioraso (màj 24/05/12)
Dossier: qui est Geneviève Fioraso? (màj 23/05/12)
"La formidable grève des étudiants québécois", par C. Laval (blog Mediapart, 17/05/12)
"Ne pas trahir 2009": communiqués syndicaux (mai 2012)
Mouvement étudiant au Québec: la ministre démissionne (14/05/12)
L'Agence de l'évaluation s'autoévalue (Slu, 09/05/12)
Coordination Nationale des Etablissements Scientifiques et Universitaires (CNESU) le 21 mai 2012
"Sarko est parti, vive la LRU? Le changement, c’est quand?" Sud étudiant - mai 2012
Paris 22: deux étudiants arrêtés à la fac de Saint-Denis (màj 14/05/12)
Éducation: urgences et premières revendications (VousNousIls, 09/05/12)
Renouvellement du CA de Sauvons la Recherche: appel à candidatures