Fabula, la recherche en littérature (agenda)

Migrations, exils, errances, écritures

Evénement

Information publiée le vendredi 22 janvier 2010 par Florian Pennanech (source : Corinne Alexandre-Garner)

Du 18 juin 2010 au 19 juin 2010, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Le Centre de Recherche Espaces/Ecritures , (CREA,( EA 370) de l'université Paris Ouest Nanterre La Défense envisage un travail à long terme en collaboration avec la BDIC et la Cité Nationale de l 'Immigration, en collaboration avec l'Université McMaster (Ontario, Canada) sur le thème Migrations, Exils, Errances, Ecritures . C'est dans une perspective résolument transdisciplinaire , que nous envisageons ce travail qui réunira des collègues de sciences humaines et sociales.

Le premier colloque  de la série de rencontres autour de "Migrations, exils, errances, écritures", organisé par le Centre de Recherches Espaces/Ecritures ( CREA, EA 370) aura lieu les 18 et 19 juin prochains à l'Université Paris Ouest.

Nous vivons dans un monde où les frontières s'abolissent, se transforment et se reforment dans d'incessantes fluctuations. Une totale recomposition de la géographie politique, économique et culturelle est en cours. Les chemins s'ouvrent et se multiplient pour les errances comme pour les exils sans qu'il y ait toujours de retour possible. Les espaces décloisonnés qui sont les nôtres sont autant de lieux nouveaux pour une quête de soi, qu'elle soit choisie dans la révolte contre un ordre établi, mûrement élaborée dans un projet de questionnement philosophique, ou imposée par des conditions historiques, politiques, économiques qui ont mené au départ.

Les routes de l'errance se tracent dans la difficile réalité dont elle s'origine et dans laquelle elle s'enracine mais également dans le désir d'un monde rêvé, celles de l'exil s'inscrivent souvent dans la perte et un deuil impossible, faisant de l'imaginaire ou de la mémoire l'ultime espace où demeurer.

L'exil se comprend alors, ainsi que l'explique Shmuel Trigano dans Le Temps de l'exil (18-19), comme "une expérience, de la perte, de la disparition, de l'absence": perte de l'espace qui est nécessairement un espace-temps, celui d'"avant la cassure du départ", mais également perte de l'être: "l''exil 'déracine' le moi" affirme également Trigano. Perdant cet espace qui l'habite, l'exilé se retrouve comme dépouillé de lui-même: l'expérience de l'exil s'apparente ainsi à celle de la mort.
La solitude qui accompagne l'éclatement du monde et des communautés d'autrefois peut ainsi conduire à penser que les lieux] de l'imaginaire et de la mémoire se multiplient au rythme des migrations, s'atomisant dans la diversité des parcours des uns et des autres.
Lorsque le lieu de chacun devient une "patrie imaginaire"( Salman Rushdie), la création qu'elle soit littéraire, plastique ou picturale apparaît avec force comme le langage nécessaire pour exprimer l'expérience des migrations, des exils et des errances. La contrée de prédilection de l'exilé n'est alors autre que le langage car c'est à travers la parole, celle du récit, du souvenir, de la nostalgie, que l'exilé redécouvre la présence, présence au monde, à soi et à l'autre.

Ainsi, pour reprendre à nouveau les concepts de Trigano (108) "il ne s'agit plus pour la conscience de réduire la perte [...] mais de la faire imploser". C'est le même mouvement qui préside au processus de déterritorialisation / reterrritorialisation décrit par Deleuze: "la racine principale a avorté [...] vient se greffer sur elle une multiplicité immédiate et quelconque de racines secondaires qui prennent un grand développement" (Mille Plateaux, 12). Ainsi, l'expérience de l'exil conduit l'artiste à errer à la frontière, à hanter les marges du langage, à s'ouvrir à d'autres langues, pour devenir cet "hôte [...] dont le métier est de demeurer vulnérable à de multiples présences étranges, qui doit garder ouvertes à tous les vents les portes de son logis du moment.” (G. Steiner, Extraterritorialité, essai sur la littérature et la révolution du langage 48). La langue devient alors un nouvel espace de reterritorialisation, et l'écrivain "un sorcier [...] parce qu'écrire est un devenir, écrire est traversé d'étranges devenirs qui ne sont pas des devenirs-écrivain, mais des devenirs-rat, des devenirs-insecte, des devenirs-loup, etc." (Mille Plateaux, 293-4) 


Responsable : Corinne Alexandre-Garner

Url de référence :
http://anglais.u-paris10.fr/spip.php?rubrique4

Adresse : Université Paris Ouest Nanterre La Défense CREE/ CREA Bibliothèque Durrell, E101 200 avenue de la république 92000 Nanterre Cedex



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