

[dossier L'académie de Créteil de plus en plus mobilisée contre la casse de l'Éducation publique]
Lettre
ouverte des professeurs-stagiaires de l'Académie de Créteil. On
ne naît pas professeur, on le devient !
Les réformes programmées par le ministre Chatel pour la rentrée 2010 sont autant d'attaques contre le service public de l'éducation. La formation des enseignants, le contenu des concours de recrutement, les modalités d'entrée dans le métier vont se dégrader considérablement, au mépris de la qualité de la formation des élèves et des conditions de travail des personnels.
        Dès
la rentrée prochaine, les stagiaires assureront un service
d'enseignement à temps plein devant les élèves, sans formation
digne de ce nom et sans accompagnement susceptibles de les guider
dans leur nouvel univers professionnel. Ils seront privés de la
possibilité de réfléchir sur leurs pratiques pédagogiques et de
les analyser, de devenir des professeurs responsables donnant du sens
aux contenus qu'ils enseignent.
        Les
étudiants admissibles au concours de recrutement des professeurs
(nouveau calendrier : écrits en novembre, admissibilité en février,
stage en établissement en avril, oraux en juin) remplaceront les
professeurs-stagiaires pendant plusieurs semaines en avril. Ces
étudiants passant les concours enseigneront dans toutes leurs
classes. Les professeurs-stagiaires suivront, durant cette période,
une parodie de formation, bien trop tardive. Ils seront tous
inspectés pour titularisation après avoir quitté trop longtemps
leurs classes.
        Cette
« réforme » dangereuse est menée dans le seul but de
satisfaire au principe dogmatique des économies budgétaires de
courte vue. Elle est connectée aux réformes actuelles du lycée, de
l'autonomie programmée des E.P.L.E., des nouveaux contenus
d'enseignement, des conditions de travail et de « mobilité »
des fonctionnaires. Depuis plusieurs semaines, des collègues et des
parents d'élèves sont en lutte dans l'académie de Créteil pour
exiger le retrait de ces réformes injustes et dangereuses.
        En
parallèle, les établissements voient leur dotation horaire globale
baisser dès septembre 2010; ajouté à la baisse des postes, ce
processus conduira mécaniquement à l'augmentation du nombre
d'élèves dans les classes et à la dégradation des conditions de
travail de tous les personnels. Les possibilités de mutations des
personnels titulaires en seront drastiquement réduites. Les futurs
enseignants titulaires seront ainsi voués à enseigner sur plusieurs
établissements, désorganisant le travail des équipes pédagogiques,
décrédibilisant considérablement leur rôle auprès des élèves,
favorisant un climat de violence au sein des établissements.
        Stagiaires
dans une académie qui sert de laboratoire aux dernières
expérimentations gouvernementales, nous ne pouvons pas rester figés
dans un silence mi-consterné mi-craintif. Consterné, à cause de
l'ampleur et la coordination des attaques gouvernementales ;
craintif, face aux enjeux que constituent pour notre carrière cette
année de titularisation.
Alors même que nous apprenons notre métier cette année, que nous construisons jour après jour notre relation aux élèves et notre positionnement d'enseignant, le ministère de l'Éducation casse cette École qui nous est chère.
Nous
invitons tous les personnels et les parents d'élèves de
l'Académie de Créteil à rejoindre massivement le mouvement de
grève et de contestation qui s'organise contre ces réformes
iniques. Nous soutenons l'appel de l'intersyndicale à la grève
de jeudi 18 février 2010* (RDV : 14h à Luxembourg – Ve arr).
Nous rappelons que le ministre Chatel donnera le cadrage national de
ces réformes à la fin de la semaine. Il est donc d'autant plus
urgent et indispensable de se mobiliser immédiatement et de diffuser
cette lettre ouverte.
Les professeurs-stagiaires en lutte de l'Académie de Créteil
*Voir aussi l'agenda militant
La FCPE appelle à l'Ecole déserte en Seine Saint Denis, de la maternelle au lycée
Le jeudi 18 février 2010.
Cette année 2010 est marquée par une aggravation des conditions d'apprentissage sans précédent pour nos enfants tant dans le premier degré que le second degré.
L'inquiétude vient d'abord du non-remplacement des enseignants absents dans le 1er degré comme dans le deuxième degré. Depuis la rentrée ce sont des milliers de journées d'absences sans remplacement, ce sont des conditions d'enseignements qui se dégradent au détriment de nos enfants.
L'Education Nationale, une fois de plus, refuse d'ouvrir la liste complémentaire de l'IUFM. Cela est directement lié à la mise en place de la réforme par la masterisation avec suppression de l'IUFM.
Depuis plusieurs mois nous dénonçons la paupérisation des moyens mis par l'Education Nationale, et ce, malgré nos différentes actions. Le Rectorat persiste dans sa décision de continuer à supprimer des postes d'enseignants mettant en péril le bon fonctionnement des établissements. Le nombre d'heures de cours non assuré est en augmentation permanente.
Pour ces raisons la FCPE de Seine Saint-Denis appelle les parents d'élèves à ne pas mettre les enfants à l'école le 18 février 2010.
L'objectif de cette journée est de créer un mouvement départemental unitaire pour exiger dans chaque classe, devant chaque enfant, tous les jours, des enseignants formés.
Nous exigeons aujourd'hui la mise en place d'une Politique Publique d'Education Nationale qui assure la réussite de chaque enfant.
Il s'agit de porter des propositions nouvelles pour un système éducatif plus juste et plus égalitaire. Un système éducatif qui réponde pleinement aux besoins de la société, un système éducatif qui dispose à tous les niveaux des moyens nécessaires à ses missions et qui refuse les déterminismes scolaires et sociaux, un système éducatif qui relance la démocratisation de l'accès au baccalauréat, et diminue le nombre de sorties sans qualification.
APRES LA JOURNEE DU 30 JANVIER PARTICIPEZ MASSIVEMENT A LA MANIFESTATION LE 18 février à 14 h 00 Du Luxembourg au ministère de L'Education Nationale
L'Ecole Publique n'a pas la vocation de régler tous les problèmes de la société, elle en est une des principales victimes.
La Politique gouvernementale en fragilisant les acteurs de la société civile fragilise l'Ecole Publique.
Protéger et faire grandir la Société c'est protéger et faire grandir l'Ecole Publique.
LE 18 FEVRIER CEST AUTOUR DE CES VALEURS QUE NOUS NOUS RETROUVERONS, POUR L'ECOLE PUBLIQUE, POUR LE DROIT A LA REUSSITE, POUR L'EGALITE DES CHANCES DE TOUS LES JEUNES DE NOTREÂ DEPARTEMENT.
Fait à Bobigny le lundi 15 février 2010.
Motion de la 21e section du CNU sur l'évaluation des enseignants-chercheurs (2/2/12)
"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)
L'enseignements des lettres classiques à la rentrée 2012 (motion CNARELA du 14/01/12)
Pétition contre la criminalisation d'un canular et du mouvement social à l'Ens (février 2012)
"IUFM : Après le démantèlement, l’éradication", par J.-L. Auduc (cafepedagogique.net)
"Ne bradons pas les diplômes de licence!" (tribune, Le Monde, 19/1/12)
"Les Célébrations nationales 2012 inaugurées par une polémique", par P. Assouline (blog)
Fondation Copernic, L'éducation nationale en danger
"Libraires épuisés", par V. Chabault (lavidesidees.fr)
Lettre du président de la région Languedoc-Roussillon aux responsables de "ses" universités
"La face cachée de l'autonomie des facs": l'exemple de l'UPPA (L'Humanité, 6/1/12)
"Étudiants étrangers: pourquoi le gouvernement a reculé", par M. Bellan (Lesechos.fr, 26/12/11)
"Quand Gallica vend du porno…" (BibliObs)
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