Fabula, la recherche en littérature (appels)

L'idée de littérature à l'épreuve des arts populaires (1870-1945)

Appel à contribution

Information publiée le lundi 28 novembre 2011 par Jean-Louis Jeannelle (source : Pascale Alexandre)

Date limite : 15 février 2012

 


PROJET ANR HIDIL (Université Paris Sorbonne)

HISTOIRE DE L’IDEE DE LITTERATURE

COLLOQUE "L’IDEE DE LITTERATURE A L’EPREUVE DES ARTS POPULAIRES"

(1870-1945)

UNIVERSITE PARIS-EST MARNE-LA-VALLEE

13-14-15 JUIN 2012

 

A l’encontre de la littérature pure, idéal qui fut porté pendant plus d’un demi-siècle par les générations des écrivains post-romantiques, symbolistes ou issus du symbolisme et qui a fait l’objet d’un colloque international organisé à Florence en septembre 2011, s’édifie une littérature, a priori moins pure, qui puise dans des formes artistiques considérées comme populaires : le feuilleton, l’almanach, le roman policier, le roman d’aventures, le roman colonial, le conte bleu, la bande dessinée, la chanson, le mélodrame, l’opérette, le jazz, le cirque, le carnaval, la pantomime, le music-hall, la littérature destinée à vulgariser les savoirs, la littérature scolaire… Bien des auteurs empruntent à ces littératures et ces pratiques populaires, Materlinck, Jarry, Apollinaire et ses héritiers, Mac Orlan par exemple, Péguy, Claudel, les avant-gardes, Colette, Cocteau. Bien des auteurs participent à la reconnaissance d’une littérature populaire, qui puise dans les traditions et les arts populaires son inspiration et son matériau. Que l’on songe aux écrivains de la terre, Giono, Pourrat, Ramuz, ou à la littérature nationale produite pendant la Première Guerre mondiale, ou à la littérature régionaliste, ou à la littérature scolaire destinée au public des écoles communales. On le voit, ce n’est pas tant la notion de littérature qui pose ici problème que l’épithète de populaire, qui recouvre autant la notion de peuple, héritée de la pensée romantique, repensée par les socialismes et le marxisme, que celle de nation, issue de la Révolution française ou encore celle de communauté, régionale, ethnique, religieuse, scolaire… Et cette culture populaire recoupe les pratiques propres à un groupe, le folklore, des arts pensés comme premiers ou originels, des esthétiques qui privilégient l’effet intense, le pathétique, l’émotionnel, le larmoyant. On mesurera bien l’empan du champ littéraire couvert par la notion en opposant, de 1870 à 1945, deux références aux arts populaires : Jarry, Claudel, Apollinaire, font de la marionnette l’acteur idéal de leur théâtre ; Roger Caillois fait du roman policier, en 1942, l’exemple même du romanesque, construit contre l’oeuvre de Valéry qui représente la littérature d’esprit.

Dans l’écriture, ce métissage bouscule les frontières et les hiérarchies, artistiques, esthétiques, génériques. Dans la mise en scène, il bouleverse la hiérarchie des spectacles. Dans le cadre d’une sociologie des littératures, il conteste l’élitisme intellectuel et social souvent associé à l’idée convenue de littérature. Dans la géographie littéraire, réelle ou symbolique, il défait les centres reconnus, institution, ville, nation, d’une autorité jusqu’alors incontestée : le populaire, dans ses multiples acceptions, c’est l’autre, non l’autre d’une alternative, mais la différence radicale et parfois irréductible. Dans le discours critique enfin, on pourrait mesurer la place occupée, dans la critique dramatique, par les arts populaires, ou l’introduction progressive de références aux écritures populaires dans la pensée de la littérature, par exemple par le collège de sociologie.

A ce titre, la littérature populaire s’avère un observatoire privilégié des mutations esthétiques, poétiques, spectaculaires qui travaillent l’idée de littérature impure de 1870 à la Seconde Guerre mondiale.

 

Le champ est immense. Ouvert aux monographies ou aux communications couvrant de larges corpus (un mouvement, un genre, un metteur en scène, un théâtre …), le colloque aura pour objectif d’étudier :

-le transfert de formes populaires (écrits, arts, traditions) dans la littérature de 1870 à 1945 ;

-les effets esthétiques et poétiques de ces transferts ;

-les bouleversements des canons littéraires provoqués par ces transferts ;

-la relation établie avec le public, de la complicité à la provocation ;

-la part faite à cette culture populaire, dans le discours critique de 1870 à 1945.

 

Les propositions de communication doivent être faites au plus tard le 15 février  2012 et adressées à pascale.alexandre@wanadoo.fr.

 




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