Fabula, la recherche en littérature (debats)

"Khadafi et la London School of Economics : les universités européennes prises au piège", SLR, 23/02/2011

Points de vue et débats

Information publiée le mercredi 23 février 2011 par Arnaud Welfringer (source : SLR)


"Khadafi et la London School of Economics : les universités européennes prises au piège", Sauvons la Recherche, 23/02/2011

La prestigieuse London School of Economics financée à hauteur de 1,78 million d'euros par la Gaddafi International Charity and Development Foundation que préside Saif al Islam, le fils du dirigeant libyen et ancien élève de cette université.

C'est ce que révèle l' EuObserver dans un article du 22 février Gaddafi scandal highlights funding trap for EU universities, alors que Saïf al Islam a menacé le pays il y a quelques jours d'une répression sans faille (près de 400 morts à ce jour).

Comme l'indique son titre, l'article insiste fortement sur la relation entre ce scandale et le recours général des universités européennes aux financements externes palliant la diminution des fonds publics :

Meanwhile, a report published Tuesday by the European University Association stresses the need for maintaining public funding for the bloc's 5,000-or-so universities.

The study reveals that "additional funding sources cannot replace sufficient public funding", as the latter accounts on average for 73 percent of the university budget.

"Philanthropic funding" of the type LSE received in the Gaddafi case accounts on average for about 4.5 percent of the total university funding, while tuition fees, business contracts and international grants can make up for the rest of the budget.

Among the 150 universities surveyed over the past two years, more than half expected public funding to fall, while only 30 percent believed it will remain stable. Almost half of the respondents said non-public funding was likely to increase.

L[ondon]S[chool of]E[onomics] itself last year was playing with the idea of going completely private and thus being able to generate more income from higher tuition fees.

In the Netherlands, shrinking university budgets and pressure to find alternative sources of income has seen Dutch professors and students take to the streets in January. The new government has proposed changes which would see students in the Netherlands take longer to graduate potentially paying an extra €3,000 per year in fees.

More to the east, university professors in Romania are baffled by a snap decision of their government to send into retirement hundreds of them the moment they meet the pension age, without being able to finish their classes and close the academic year.

L'article de l'EuObserver ne mentionne pas en revanche que, indépendamment de toute austérité budgétaire conjoncturelle, les instances européennes préconisent très officiellement depuis plusieurs années le recours aux financements privés sous le nom de "flux de recettes plus diversifié" [1].

La nouvelle du financement libyen semble avoir déclenché un mouvement d'occupation de la LSE par les étudiants, qui voient dans ces faits une confirmation éclatante de leurs protestations de ces derniers mois contre les coupes budgétaires décidées par le gouvernement britannique.

Il y a quelques mois, le pneumologue français et ancien directeur de l'Institut Necker Philippe Even expliquait au Nouvel observateur :

Philippe Even.- Il fallait beaucoup d'argent pour refaire les labos et recruter des « hauts de gamme » à l'étranger et en 1990, j'ai par hasard été consulté par le gouvernement saoudien. Histoire de hasard pur. Un train qui passe, où j'ai sauté : « Est-ce que vous acceptez de participer au développement de nos meilleurs hôpitaux ? » et je réponds à un appel d'offres international. Un mètre de documents arabe-anglais pour faire mes propositions pour conduire et gérer un grand hôpital saoudien marbre et or, avec une usine de dessalement d'eau de mer, une usine de production électrique, plus tout ce qui est un hôpital.

(...) Attendez, les Saoudiens avaient mis une condition : « Ce qui nous intéresse, c'est qu'il y ait des étrangers de qualité qui nous conseillent et qui portent un nom connu dans le monde entier, et Necker tout le monde connaît. Mais nous ne voulons pas traiter avec l'Etat français, parce qu'on essaie depuis cinq ans, et il y a toujours des obstacles, toujours un ministère qui intervient, on piétine. Donc nous n'ouvrons notre appel d'offres qu'à des universités privées ». Alors j'ai fabriqué l'Association Institut Necker en quinze jours, avec le nom de Necker - parce qu'ils le voulaient -, et un truc privé pour traiter avec eux. C'était en 1990.

(...) C'était le 1er août 1990, je pars en vacances. Le lendemain, 2 août, je suis réveillé à 7 heures du matin dans mon hôtel : « Est-ce que vous pouvez prendre au téléphone Son Altesse Royale le prince Sultan ben Abdulazziz al-Saoud ? » J'étais à peine réveillé. Le Prince me demande (...) "Est-ce que vous êtes toujours d'accord pour venir ? » Je dis oui. C'était un samedi matin, le lundi j'étais à Ryad et signais le contrat - 1 milliard de francs sur 3 ans. Le budget de ma fac, c'était 3 millions !

[1] Conclusions du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil le 26 novembre 2009, sur le renforcement du rôle de l'éducation en vue d'assurer le bon fonctionnement du triangle de la connaissance, publiées 12-12-2009 au Journal officiel de l'Union européenne


Url de référence :
http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3401



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