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Études françaises, vol. 44, no 3 (2008) - Microrécits médiatiques. Les formes brèves du journal, entre médiations et fiction

Parution revue

Information publiée le mercredi 14 janvier 2009 par Gabriel Marcoux-Chabot (source : Érudit)


Études françaises, vol. 44, no 3 (2008) - Microrécits médiatiques. Les formes brèves du journal, entre médiations et fiction, Presses de l'Université de Montréal, 2010.
Fondée en 1965, Études françaises est une revue de critique et de théorie publiée en français. Elle s'intéresse aux littératures de langue française, aux rapports entre les arts et les sciences humaines, les discours et l'écriture. Chaque numéro contient un ensemble thématique ainsi que diverses études. Elle s'adresse particulièrement aux spécialistes des littératures française et québécoise, mais aussi à toute personne qu'intéresse la littérature.

Vol. 44, no 3 (2008) - Microrécits médiatiques. Les formes brèves du journal, entre médiations et fiction
Sous la direction de Marie-Ève Thérenty et Guillaume Pinson

Presses de l'Université de Montréal

Marie-Ève Thérenty et Guillaume Pinson
Présentation : le minuscule, trait de civilisation médiatique

Petit lexique des microformes journalistiques

Jean-Didier Wagneur
Le journalisme au microscope. Digressions bibliographiques
Le développement important de la petite presse à la fin de la monarchie de Juillet et sous le Second Empire s'offre comme un corpus riche de représentations autoscopiques du journalisme. Empruntant aux genres physiologique, biographique, didactique, cette textualité fonctionne à la fois comme connivence avec le lectorat, construction de sa légitimation dans le champ littéraire et mémoire. Est ici proposée une excursion bibliographique parmi ces interventions. Tour à tour satiriques, parodiques ou apologétiques, ces textes travaillés par une forte ironisation sont le symptôme d'une fascination du social pour la presse en même temps qu'ils soulignent les procédures d'appropriation et de détournement de formes littéraires.

Boris Lyon-Caen
« Esprit, es-tu là ? » Épigramme et satire en 1830
« Pochades », « Bigarrures », « Coups de lancettes »… L'épigramme en 1830 investit la prose journalistique, de la manière lapidaire et économe qui constitue sa marque de fabrique. Notre article vise à présenter les ressorts comiques et critiques de cette forme brève. À décrire la rhétorique du sous-entendu qui la fonde, contraintes législatives « aidant ». À la réinscrire, aussi, dans le cadre de l'histoire culturelle et politique du trait d'esprit : les plumes alertes et acérées du Figaro ou de La Caricature font passer dans l'opposition cet apanage de la culture aristocratique qu'étaient, chez l'honnête homme du xviie et du xviiie siècles, la raillerie et le persiflage. Par-delà son caractère divertissant, l'éloquence y devient corrosive. Les circonstances (historiques) et le support (périodique) de l'épigramme font s'actualiser et se réinventer l'éthique et l'esthétique du satiriste, tout en distinction et en connivence. Corrélat méthodologique : les formes ainsi prises par la satire prouvent la nécessité, s'il le fallait, d'ancrer la pragmatique du discours dans l'histoire.

Marie-Ève Thérenty
Vies drôles et « scalps de puce » : des microformes dans les quotidiens à la Belle Époque
Cet article étudie le développement d'un nouveau genre journalistique à la Belle Époque : des articles très travaillés et souvent minuscules qui paraissent en une de quotidiens comme Le Figaro, L'Écho de Paris ou Le Gaulois. Certains écrivains, comme Jules Renard, Étienne Grosclaude, Alfred Capus ou Alphonse Allais, s'en font une spécialité et en vivent. Ces articles se définissent à la fois par leur caractère bref et par leur humour souvent fondé sur l'absurde et l'incongru. Il s'agira de montrer que, loin d'avoir uniquement une fonction de divertissement, ces textes intègrent les mutations du système de l'information, le passage à la chose vue et les exigences d'une écriture de l'actualité. Mais, ce faisant, ils prennent aussi à revers et à défaut la grande machinerie de l'information par ces petites déflagrations ironiques et poétiques

installées au sein même de ses colonnes d'actualité.

Silvia Disegni
Poème en prose et formes brèves au milieu du xixe siècle
L'auteur de l'article vise à examiner l'apport de la presse dans la définition, la pratique et le développement d'une nouvelle forme poétique en prose dans les années 1840-1860 du xixe siècle en France. Elle tend à démontrer qu'un tel renouvellement poétique ne peut être dûment analysé que si l'on opère une distinction entre les formes brèves du journal et les formes les plus longues (chroniques, contes et certains faits divers), les unes et les autres n'ayant pas toujours joué le même rôle dans l'histoire du poème en prose. Si les premières ont marqué la poésie de l'avant-garde dont les traces peuvent déjà être trouvées vers la fin du xixe siècle, dans les années qui ont succédé les décennies examinées, lors des années 1840-1860, le poème en prose se développe surtout dans le cadre des formes longues et plus légitimées auxquelles se sont essayés les écrivains majeurs du siècle. Car un tel cadre permet mieux, pour la nature et l'extension de celles-ci, d'accueillir les nouvelles compositions de la modernité et de développer les différentes formes de dualisme oxymorique qui les caractérisent.

Corinne Saminadayar-Perrin
Micro-histoire(s) du contemporain : détails et choses vues (1830-1870)
Historien du contemporain, le petit journal au xix e siècle se donne pour mission d'enregistrer en temps réel les infimes particularités qui font l'actualité — d'où la prédilection pour une saisie fragmentée du social dont rendent compte les faits-Paris, les échos, les « choses vues » ou les nouvelles à la main ; d'où aussi une réévaluation des fonctions traditionnelles du détail, lequel désormais vaut moins pour ce qu'il signifie que par ce qu'il manifeste. L'écriture journalistique de l'histoire au présent rend sensible l'opacité, le bougé, la résistance au sens qui caractérisent l'événement en acte. Les expériences formelles que favorisent les microformes journalistiques esquissent une possible redéfinition de l'écriture historique, dialogique et soucieuse de préserver le noeud de virtualités qu'incarne à tout moment le devenir. À cet égard, le caractère périodique et médiatique du journal manifeste et favorise un changement de paradigme et une conception nouvelle du discours historique, préfigurant ainsi la rencontre à venir du reportage et de la littérature d'avant-garde.

Guillaume Pinson
L'impossible panorama : l'histoire fragmentée du journal au xixe siècle
Quel discours le xixe siècle a-t-il tenu sur le journal, quel imaginaire a-t-il déployé pour tenter de décrire l'objet périodique et son impact sur la société française ? Telle est la question que pose cet article qui se propose de mettre en concordance les petites formes médiatiques, telles qu'elles se déploient dans le journal, et la façon dont le xixe siècle a représenté et mis en scène le journal. Autrement dit, le modèle micropoétique qui organise la mosaïque médiatique contamine le discours tenu sur le journal. On peut le vérifier dans plusieurs genres et registres : la « littérature panoramique » (études de moeurs, codes, physiologies, keepsakes) sous la monarchie de Juillet, les inventaires anecdotiques et les petites biographies de journalistes sous le Second Empire ou encore les Mémoires de journalistes sous la IIIe République. Tous ces genres sont directement inspirés de la sphère médiatique et connaissent souvent des prépublications en journal ; ils se situent au croisement de la nouvelle à la main (la blague) et de l'anecdote, tout en dérivant constamment vers la fiction. Mais une nuance doit être apportée, notamment du côté de certaines entreprises romanesques (les Illusions perdues de Balzac, Charles Demailly des Goncourt, Bel-Ami de Maupassant, entre autres) ainsi que des débuts de l'historiographie du journal, qui naît à la fin des années 1850 avec la vaste Histoire politique et littéraire de la presse en France d'Eugène Hatin. On trouve là une ampleur et une hauteur de vue qui déplacent indéniablement le modèle micropoétique.

Pierre Popovic
La métamorphose des oxymores. Le résumé de l'étape par Henri Desgrange et Albert Londres
L'idée de faire le tour d'une chose, d'une question, d'un pays est en soi aporétique et illusoire. On ne fait en fait jamais qu'un tour parmi une infinité d'autres possibles en sorte que faire le tour suppose toujours des choix, des renoncements, des ellipses, un art de la synecdoque et, surtout, une façon de décréter que tel itinéraire ou que tel inventaire constitue une partie exemplative d'un grand tout dont il est à la fois le sous-produit et la quintessence temporaire. Pour le dire autrement : faire le tour implique une poétique narrative. Le Tour de France cycliste — précédé par d'autres « tours de France » célèbres (des monarques et des gouvernants, de « deux enfants », de Flora Tristan, des premiers enquêteurs sociologiques) — n'échappe pas à cette règle. Des débuts en 1903 jusqu'à aujourd'hui, les chroniqueurs de « la Grande Boucle » ont développé maintes formes destinées à rendre compte au mieux de la course et à transformer le périple des « forçats de la route » en événement. En prenant pour corpus des textes de deux des plus illustres commentateurs du Tour, son fondateur Henri Desgrange et Albert Londres, l'étude dégage les ressources rhétoriques, narratives, intertextuelles et interdiscursives mobilisées par « le récit de l'étape » avant de montrer que ce récit serait illisible s'il ne se fondait dans l'horizon d'un imaginaire social particulier.

EXERCICE DE LECTURE

Karine Tardif
La bibliothèque imaginaire de l'humanité souffrante dans la trilogie Soifs de Marie-Claire Blais
Cet article examine la façon dont Marie-Claire Blais, dans la trilogie Soifs, convoque des personnages et des textes significatifs de la littérature afin de mettre en relief l'une des constantes thématiques de la trilogie, à savoir la souffrance et l'innocence des victimes du xx e siècle et de l'époque actuelle. Par son ampleur et son insistance, le travail intertextuel tend à se présenter comme une réflexion sur la littérature, conçue non pas comme un refuge dans lequel des consciences troublées par le chaos et la violence du monde d'aujourd'hui peuvent trouver un peu de paix et de beauté préservées de ce même chaos, mais comme un lieu de distance d'où s'établit un point de vue sur le monde, un lieu où le sujet contemporain peut retrouver des traces de ses propres interrogations sur le mal et sur la mort.

Simon Saint-Onge
Le temps contemporain ou le Jadis chez Pascal Quignard
Cet article vise à éclairer certains aspects d'une des dimensions importantes de l'oeuvre de Pascal Quignard, une dimension qui a trait au temps et qui innerve l'ensemble de ses écrits dès la rédaction de ses Petits traités (1977). Plus précisément, au cours de cette étude, on envisage de saisir comment l'écrivain français construit une modalité temporelle qui fraye avec la question de la contemporanéité : le Jadis. La construction de ce temps contemporain à la fois plus actuel et plus originaire que le présent apparaîtra comme un processus de figuration qui fait éclater le continuum de la temporalité ; comme ce qui détermine une poétique du temps d'une portée aporétique se défiant du tribunal de l'histoire. En appui à cette réflexion, on se propose d'analyser comment s'inscrit cette modalité temporelle dans un texte fictionnel, à savoir le conte qui clôt l'ouvrage Sur le Jadis (2002).


Url de référence :
http://www.erudit.org/revue/etudfr/2008/v44/n3/index.html



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O. Biaggini, B. Milland-Bove (dir.), Miracles d'un autre genre  

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E. Maigret et M. Stefanelli (dir.), La Bande dessinée : une médiaculture

I. Raynauld, Lire et écrire un scénario - Le Scénario de film comme texte

J.-F. Bédia, Les Ecritures africaines face à la logique actuelle du comparatisme

Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Commentaire - Tome I : Études d'introduction

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P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine

M.-C. Alexandrine-Sinapah, Itinéraire d'un esclave-poète à Cuba - Juan Francisco Manzano (1797-1854) entre littérature et histoire

Cl. Launchbury, Music, Poetry, Propaganda. Constructing French Cultural Soundscapes at the BBC during the Second World War 

O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes

A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534

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