

PRES, Opé Campus, autonomie : la restructuration de l'enseignement supérieur en débat - Camille Stromboni, Educpros, 19 mars 2010 PRES, plan Campus, loi LRU, grand emprunt… Comment insuffler une cohérence à l'enseignement supérieur français en pleine évolution ? La question fait réagir les acteurs du secteur. Directeur général de l'ENS de Lyon, Olivier Faron ouvre la réflexion sur son blog dans un billet intitulé Autonomie versus alliance(s).
Président de l'UPMC (université Paris 6), Jean-Charles Pomerol estime dans son édito que trois logiques à l'oeuvre sont incompatibles : celle des PRES (pôles de recherche et d'enseignement supérieur), celle de la loi LRU et enfin la logique territoriale (Opé Campus). La CPU (Conférence des présidents d'université) s'intéresse également aux différentes logiques qui se superposent.
"L'actualité du grand emprunt conjuguée à la sortie d'un rapport sur les PRES, succédant lui-même à ce qu'on appelle le rapport Aghion, ont suscité la mise en débat, en CPU plénière, de deux textes consacrés l'un au grand emprunt et l'autre aux principes de la gouvernance", écrit-elle dans sa newsletter.
Le rapport sur les PRES en question, rendu par l'IGAENR (Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche) et intitulé « Développement des PRES et reconfiguration des sites universitaires », fait réagir Pierre Dubois.
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Documents joints Edito Pomerol (PDF – 666.9 ko) Développement des pRES (PDF – 881.7 ko)  -----------------------------------------------------
Sur le site de Poolp, samedi 20 mars 2010:
La loi LRU, ce n'était qu'un début... ... dans l'entreprise de démantèlement de l'université.
En effet, le dernier
rapport de l'IGAENR à la ministre de l'ESR (n° 2010-014, mars 2010),
intitulé "Pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES)
et reconfiguration des sites universitaires" [Rapport IGAENR
sur PRES mars 2010] va au-delà de ce que l'on
pouvait imaginer en 2006.
Ce rapport est édifiant en ce qu'il ne se
préoccupe jamais de l'enseignement supérieur et de la recherche
scientifique qui se font, mais exclusivement de la façon dont ils sont
«gouvernés» pour obtenir des «performances» selon des
«normes de qualité» visant «l'excellence» et fixées «Ã
l'international». Par exemple:
"[…] « mieux
gouverner, expérimenter de nouveaux modèles de
gouvernance qui favorisent la définition de stratégies consistantes,
accroissent la réactivité dans un contexte concurrentiel exigeant des
circuits de décisions plus efficaces et plus courts, construisent un
nouvel équilibre entre les attentes des partenaires externes et la
participation des acteurs internes et parviennent à créer des modèles "Ã
la française" adaptés à la nouvelle mondialisation des espaces de
l'enseignement supérieur et de la recherche".[p.87]
On
est frappé par la façon dont ce jargon fonctionne en boucle -mieux
gouverner pour mieux concurrencer pour mieux gouverner...-, mais
aussi par l'insistance sur la nécessité d'obtenir un "consensus", qui,
elle, peut prêter à ricanement...
Gouvernance
- «
Chaque "PRES 2", comme chaque campus d'excellence, devrait
disposer d'un COS [comité d'orientation stratégique]  très
largement, voire intégralement, ouvert sur l'extérieur et composé de
telle sorte qu'il contribue fortement à définir des lignes prospectives
de développement dans les domaines de la recherche, de la formation et
du partenariat avec le monde économique et social. Les collectivités
territoriales devraient, bien entendu, être pleinement parties prenantes
du comité. » [p.92]
- « S'agissant de la
gouvernance centrale, on voit bien qu'il convient de combiner un conseil
d'administration resserré et largement ouvert aux personnalités
extérieures, un comité d'orientation stratégique, une Assemblée
académique, une instance de dialogue avec la communauté étudiante et un
CTP.» [p.96]
Les pouvoirs PRESsentis
Un PRES devra
être en capacité de « négociation et de contractualisation au nom
de l'ensemble des membres » et « pouvoir être investi
de tous les types de compétences exercées aujourd'hui par les
établissements (...) rien ne lui est par principe interdit. Un
PRES doit pouvoir : inscrire des étudiants, délivrer des formations et
des diplômes, organiser et porter des écoles doctorales, gérer et se
voir rattacher des unités de recherche, etc.» [p.72]. En plus de
pouvoir créer des fondations partenariales, un PRES devrait avoir
-suggestion de l'IGAENR- « la capacité à intervenir dans le domaine
de la gestion des ressources humaines et bénéficier des responsabilités
et compétences élargies : ouvertures de recrutements, organisation de
comités de sélection communs aux membres, affectation d'emplois et
gestion de la masse salariale...» [p.82]
Méthode, vocabulaire
et cynisme
« Ainsi les règles à mettre en place
prévoient que la liste des compétences déléguées au PRES doit pouvoir
évoluer sur simples délibérations concordantes des établissements
membres sans nécessiter de de modification de décret ; elles stipulent
aussi que l'adhésion à un PRES est quasi-définitive, que ce qui est
délégué doit rester délégué sans possibilité de retour en arrière ou
pour le moins, en rendant très difficile un tel retour...» [p.75].
C'est ce qu'ils appellent un "cliquet anti-retour" (sic).
Pour
« conduire -enfin- à la restructuration des sites (...), il
conviendra de  « veiller à la qualité "démocratique" du
fonctionnement du groupement, d'une part pour éviter toute frustration
chez les membres "non dominants" mais aussi, dans le domaine de
l'enseignement supérieur, pour emporter l'adhésion maximale desÂ
personnels comme celle des étudiants.» [p. 66-67, les "" sont dans
le texte de l'IGAENR !].Â
Pour ce "grand saut dans l'inconnu"Â [dixit
p.97], "sens du dialogue, accompagnement et expérimentation"... de
manière à  faire glisser la pilule.
Un des schémas
prônés par l'IGAENR est l'organisation des PRES en "grand établissement"
mais... « la promotion de cette forme d'organisation est de nature Ã
susciter des réactions tant de la part des partenaires sociaux que des
étudiants dans la mesure où (...) la formule du grand établissement est
associée à la sélection des étudiants et à la libre fixation des droits
d'inscription. Ces débats doivent être anticipés et les dispositions
utiles, permettant d'offrir des garanties, être préparés pour éviter que
ne soit tuée dans l'oeuf une idée qui peut être féconde.» [p.100]
Autonomie
et démocratie
Pour reboucler sur la gouvernance, p.71, «
Dans un site choisi pour porter un campus d'excellence, les décisions
d'un conseil d'administration qui touchent à la stratégie du pôle
doivent pouvoir être prises sur avis conforme du conseil d'orientation
stratégique (...)»Â
La LRU, ce n'était qu'un début,
continuons le combat !
Motion de la 21e section du CNU sur l'évaluation des enseignants-chercheurs (2/2/12)
"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)
L'enseignements des lettres classiques à la rentrée 2012 (motion CNARELA du 14/01/12)
Pétition contre la criminalisation d'un canular et du mouvement social à l'Ens (février 2012)
"IUFM : Après le démantèlement, l’éradication", par J.-L. Auduc (cafepedagogique.net)
"Ne bradons pas les diplômes de licence!" (tribune, Le Monde, 19/1/12)
"Les Célébrations nationales 2012 inaugurées par une polémique", par P. Assouline (blog)
Fondation Copernic, L'éducation nationale en danger
"Libraires épuisés", par V. Chabault (lavidesidees.fr)
Lettre du président de la région Languedoc-Roussillon aux responsables de "ses" universités
"La face cachée de l'autonomie des facs": l'exemple de l'UPPA (L'Humanité, 6/1/12)
"Étudiants étrangers: pourquoi le gouvernement a reculé", par M. Bellan (Lesechos.fr, 26/12/11)
"Quand Gallica vend du porno…" (BibliObs)
"L'université est universelle": pétition contre la circulaire Guéant (21/12/11)
Dialogue rompu au sein du CA de l'Université de Haute-Alsace (DNA, 19/12/11)