


Paolo Albani et Berlinghiero Buonarroti, Dictionnaire des langues imaginaires, traduit de l'italien par E. Festa, Les Belles Lettres, février 2001, 576 p., 28 X 22 cm, ISBN 2-251-44170-0, 350 F.
Un dictionnaire des « langues imaginaires » est un étrange corpus : sans limites chronologiques ni géographiques, il s'intéresse aux langues qui, à la différence des langues dites « naturelles », ne nous sont pas apprises par nos parents : il sagit donc de langues qui résultent de lélaboration humaine, d'une invention, d'une création.
Si l « inventeur » en question nest pourtant pas forcément et même très rarement un linguiste, son invention peut se manifester sous diverses formes, souvent ahurissantes, mélanges de logique et de pures dérives imaginaires. Ainsi l'inventeur procède par.
- la simplification grammaticale ou morphologique dune langue donnée.
- la création dun nouveau lexique ou dune nouvelle syntaxe, qui conserve intacte la morphologie dune langue.
- la création dune morphologie nouvelle et dun nouveau lexique.
- leffort pour transcender toutes les données des langues naturelles afin de parvenir à une nouvelle langue, artificielle, supposée plus exacte que les autres ou plus expressive.
Le phénomène des « langues imaginaires » inclut aussi bien langues sacrées (glossolalie, langages mystiques ou extatiques, langage des chamanes etc.) et « profanes », les langues à finalité purement sociale, l'Esperanto et le Volapk, les « pasigraphies » et « pasilalies », ou celles à finalité purement expressive : les langues enfantines, les langues des fous littéraires, les langues des médiums, les langues artistico-littéraires (poésie, théâtre, cinéma, BD), les langues fantastiques, celles de la S.-F., les langues expérimentales (le Zaum, Dada, le lettrisme)
Comprenant environ 1500 articles et répertoriant plus de cinq cents auteurs (ou théoriciens), ce dictionnaire présente chaque langue dans un article simple et concis, en donne un exemple précis et, enfin, renvoie à une bibliographie exhaustive.
Les auteurs cités vont dAristophane (- 405 av. J.-C.) à Harry Harrison (1988), en passant par Thomas More, Folengo, Jakob Böhme, Kircher, Swift, Holberg, Couturat, Tzara, Kandinski, Joyce, Borgès, Artaud, Isou, Dario Fo...
Les grands théoriciens des divers projets de langue parfaite des XVIIe et XVIIIe siècles (Leibniz, Lambert, Schott...), les inventeurs des langues artificielles des XIXe et XXe siècles (Zamenhof, Schleyer...), les inventeurs de systèmes universels (Dalgarno, Delormel, Grosselin, Becher...) et les fous littéraires (Brisset, Postel...) ne sont évidemment pas oubliés par nos auteurs.
Paolo Albani est spécialiste de linguistique fantastique et poète visuel. Berlinghiero Buonarroti est professeur de graphisme éditorial et de technologie graphique.
P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine
O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes
A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534
Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma
I. Mons, Lou Andreas-Salomé. En toute liberté
N. Redouane, Lecture(s) de Rachid Mimouni
Chr. Martin (dir.), Fictions de l'origine (1650-1800)
C. Meyer-Plantureux, Romain Rolland - Théâtre et engagement
C. Aliberti, Du spasme existentiel à la quête de rédemption
M. Kadima-Nzuji, Théâtre et destin national au Congo-Kinshasa - 1965-1990
Jean-Yves Tadié, Le lac inconnu - Entre Proust et Freud
N. Frogneux (dir)., J. Patocka. Liberté, existence et monde commun
Verlaine, Romances sans paroles (éd. Arnaud Bernadet)
Sandrine Dubel et Alain Montandon (dir.), Mythes sacrificiels et ragoûts d'enfants
Jules Verne, Voyages extraordinaires (éd. J.-L. Steinmetz)
T. Karsenti, Le Mythe de Troie dans le théâtre français (1562-1715)
J. Verne, Les Enfants du capitaine Grant – Vingt mille lieues sous les mers
S. Courant, Approche anthropologique des écritures de voyage