

DÉSOBÉISSANCES. Lectures et traversées de l’oeuvre de Suzanne Jacob
Appel à communications
14 – 15 juin 2013, Université d’Innsbruck (Autriche)
Depuis un quart de siècle, l’oeuvre romanesque, poétique, nouvelliste et essayiste de Suzanne Jacob nous envoûte et nous défie ; elle nous désarme aussi et, surtout, nous invite à repenser les « évidences du consensus » (Comment pourquoi, 53) au niveau littéraire, philosophique et existentiel. Suzanne Jacob, dont l’activité d’écriture s’apparente à l’exécution artistique d’une lecture du monde qui se refuse aux discours dominants, assigne à l’écrivain le devoir de « travailler et faire travailler la langue pour que son oeuvre nous fasse prendre conscience de ce dont nous sommes capables, de ce dont nous sommes privés, que nous n’imaginons pas ». (La Bulle d'encre, 48) Ce principe définit non seulement la façon de lire et d’écrire de Suzanne Jacob – là-dessus, elle s’explique notamment dans ses étonnants essais La Bulle d’encre (1997, prix de la revue Études françaises) et Comment pourquoi (2002)–, mais marque également le point de vue ou d’écoute des voix qu’elle invente. Ainsi, les protagonistes féminines de ses romans, par exemple, travaillent à se soustraire à l’emprise d’un discours dominant qui leur attribue une place, un rôle, une langue, bref une « réalité » qui, au lieu de l’éclairer, occulte leur existence et l’ampute de ses possibilités. Ces protagonistes sont toutes, à tout moment et chacune à sa manière, des êtres en train de lire (autrement) et exigent le droit de renégocier les « évidences » et, peut-être par-dessus toute chose, de relire leur roman familial. Il en est de même, d’ailleurs, pour les voix qui émergent de ses cycles poétiques, explorant eux aussi des fugues mémorielles et des possibilités de renaissance vers des histoires qui les ancrent dans la vie.
Le colloque, organisé en collaboration avec le Centre d’études canadiennes de l’université d’Innsbruck, se donne pour but de réfléchir sur la totalité de l’oeuvre de Suzanne Jacob afin d’en relever les thèmes récurrents et les questions sans cesse renouvelées, les nombreuses « histoires muettes », leurs contours et leur rythme, tout ce qui est inscrit de fugitif et de violemment présent dans cette écriture qui se veut « étude et pensée, étude et réflexion, étude et écoute contre et avec la langue ». (Comment pourquoi, 49)
Veuillez envoyer vos propositions de communication (nom et prénom, institution d’affiliation, résumé de 300 mots maximum) avant le 1er décembre 2012 à l’adresse suivante : doris.g.eibl@uibk.ac.at
Doris G. Eibl, Institut für Romanistik, Universität Innsbruck, Innrain 52/d, A-6020 Innsbruck, Autriche
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