Essai
Nouvelle parution
D. Rabaté, Gestes lyriques

D. Rabaté, Gestes lyriques

Publié le par Matthieu Vernet

Compte rendu publié dans Acta fabula (novembre 2013, vol. 14, n° 8) : "Performativité de la poésie" par Lionel Cuillé.

 

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Dominique Rabaté, Gestes lyriques

Paris : José Corti, coll. "Les essais", 2013.

EAN 9782714311092.

160 p.

Prix 20EUR

Présentation de l'éditeur :

Interroger, appeler, interrompre, donner, promettre : ces verbes, parmi quelques autres, désignent certains des gestes lyriques que la poésie moderne permet d’effectuer selon des opérations de langage qui lui sont propres. Telle est l’hypothèse de ce livre. Ce sont de tels gestes que vise le poème. Et ce sont eux qui jouent, en amont, un rôle moteur pour alimenter l’énergie lyrique qui en découle.

   Il s’agira donc moins de décrire le sujet lyrique qui présiderait à ces actions que de recueillir la force de mouvements que la poésie capte, entre vers et prose, dans un partage nouveau que lui a imposé la modernité. Cette recherche d’une dynamique de la parole se rapproche souvent de l’aventure du geste pictural. Quelque chose entraîne, de l’ordre de l’impulsion ou d’un dessaisissement, mais aussi d’une maîtrise et d’un calcul. Dans le rythme d’une scansion qui ne saurait plus reposer sur les anciens patrons métriques, la gestualité lyrique organise une forme-sens qui redonne, ou rêve de redonner, au langage son efficace.

   Cette traversée de quelques gestes lyriques n’est ni un répertoire, ni une typologie. J’ai voulu plutôt rendre au poème sa force de provocation, son énergie d’incitation, et comprendre pourquoi, en lisant un poème, nous sommes aussi appelés à prolonger le geste qui l’a guidé. Ce parcours dans la poésie française moderne et contemporaine va de Hugo, Baudelaire et Apollinaire, en passant par Frénaud, Bonnefoy, Ponge, Jaccottet et Michaux, jusqu’à des tentatives très récentes, notamment chez Deguy, Roubaud, Cadiot, Hocquard, Emaz. Car si la poésie n’est heureusement pas encore chose du passé, et qu’elle nous implique donc dans les possibilités de vie plus large qu’elle invente, c’est parce que se poursuit la recherche par le langage de ce qui peut être absolument hors du langage, mais dont la traduction mobilise le besoin et le désir de dire.