Fabula, la recherche en littérature (appels)

Culture et valeurs

Appel à contribution

Information publiée le dimanche 29 septembre 2013 par Laure Depretto (source : R. Gauthier)

Date limite : 30 mai 2014

XXXVe COLLOQUE D’ALBI LANGAGES ET SIGNIFICATION

Organisé par le C.A.L.S. et le C.P.S.T. (LERASS)

Université de Toulouse-le-Mirail

au Centre Saint-Amarand , 16 rue de la République 81000 ALBI.

 

7-10 juillet 2014

 

 

Cultures et valeurs :

La transmission des textes, des objets et des pratiques

 

 

 

APPEL À COMMUNICATION

 

 

Organisés dans les trois dernières décennies par le CALS, les séminaires d’Albi ont abordé des thématiques sociales et culturelles multiples et de premier plan, privilégiant d’abord le point de vue sémiotique et linguistique. Resserrant encore plus les liens avec le CPST – dont le CALS est l’émanation historique – les responsables respectifs ont mis en oeuvre une très étroite collaboration pour les années à venir. Le moment est venu de poursuivre cette tradition et de ressaisir, dans une perspective théorisante et dans un esprit fédératif, d’autres investigations thématiques dans les domaines des sciences humaines.

 

 

Pour une articulation de la problématique des cultures

La problématique choisie pour le colloque s’inscrit dans le cadre d’un projet pluridisciplinaire de développement des Sciences de la Culture. Cette manifestation voudrait oeuvrer à la fédération des Sciences Humaines et Sociales situant l’approche sémio-linguistique dans un rôle d’interface.

Les cultures et les valeurs sont d’ailleurs les deux sphères supérieures où s’exerce la pratique de la comparaison en sciences humaines. Un tel questionnement devient crucial à l’ère de la mondialisation car on interroge ici les rapports entre cultures selon leurs diversités et par le rôle que jouent les valeurs dans une semblable logique d’homogénéisation. On rencontrera inévitablement, en relation avec la notion de « culture », d’autres notions qui la délimitent ou qui participent à la définir : « nature », « identité/altérité », « civilisation/barbarie », « particulier/général ». Mais il s’agira surtout (i) d’articuler cette notion avec celle de « valeur » dans son contraste avec la notion d’ «événement », sans exclure une relation de complexité entre ces deux notions pas si étanches qu’on pourrait le penser ; (ii) de comprendre le fonctionnement culturel en tant que transmission – terme qui méritera lui aussi une définition plus précise en commençant par le distinguer de celui de communication (car il y a des transmissions par diffusion, par mimesis, par pratiques corporelles) ; (iii) d’ouvrir ainsi la voie à un riche examen comparatiste : d’une part entre pratiques proches, mais appartenant à des cultures différentes, de l’autre entre pratiques éloignées qui cohabitent dans une même culture (entre autres, la diversité des soi-disant subcultures) ; enfin, (iv) entre genres et générations en tant que communautés transversales ciblées par les valeurs de la mondialisation (problématique de l’homogénéisation par genres sexuels et âges de la vie).

 

 

La transmission : entre oubli et mémoire

La problématique de la transmission de l’héritage culturel se présente d’abord comme une constante cyclique du passage des connaissances et des valeurs entre générations qui se succèdent dans le temps ou entre cultures distribuées sur un territoire. Il s’agit ici d’approcher cette problématique par la circulation interne des valeurs, des discours, des objets et des pratiques, ainsi que par la condition externe des échanges et des influences entre cultures.

            Selon une première hypothèse formulée par Lotman et Ouspensky, la voie culturelle s’opposerait avant tout à la voie naturelle de la transmission : une des particularités de l’espèce humaine étant de faire circuler par la voie culturelle tout ce qui n’arrive pas à être transmis par voie génétique et donc, en définitive, par la nature. Cet héritage concerne avant tout le transfert de connaissances par des procédures de mémorisation : le transfert d’information orale par des techniques de mémorisation et répétition ; le transfert d’information écrite par des techniques d’inscription et lecture ; et  actuellement, le transfert d’information numérique par des techniques d’enregistrement, reproduction et manipulation audiovisuelle.

Dans la sémiotique des cultures, proposée par Lotman et Ouspensky, le moyen et le véhicule de cette transmission est le texte en tant que principe d’organisation et de sélection de l’information écrite. La transmission limitée au savoir semble pourtant constituer une des limites d’une telle sémiotique. Élargissant la transmission, à la circulation des discours oraux, aux objets et aux pratiques, la sémiotique des cultures se donne d’autres moyens de comparaison. D’ailleurs, la participation de textes, objets et pratiques à un même domaine donne naissance à l’articulation des cultures par formations discursives et sémiotiques, ce qui permet de les comparer par leur champs de savoirs et selon leurs pratiques (religion, médecine, astronomie, physique, technique, etc.). Les éléments qui sont écartés des champs de savoirs par ce circuit de sélection vont faire partie, tôt ou tard, de ce répertoire de discours, d’objets ou des pratiques oubliés par la culture. D’autre part, tout ce qui en revanche est réputé nécessaire à la survivance et au bien-être d’une culture ou à son équilibre symbolique fait l’objet d’enseignement en tant que pratique de transmission au sens large.

L’anthropologie a d’ailleurs bien saisi la distinction entre les cultures orales et écrites par les différentes pratiques de transmission. À cette distinction par rapport à la présence ou l’absence de l’écriture, il faut maintenant ajouter les cultures qui pratiquent la transmission par la voie électronique et, par conséquent, selon les multiples pratiques numériques. Cette technologie provoque des mutations remarquables à plusieurs niveaux et concerne tous les aspects impliqués par la problématique de l’héritage et de l’archivage. Ce passage met en cause précisément le quoi et le comment conserver, produire, reproduire et transmettre. Par son développement médiatique, grâce à l’Internet, on possède une documentation minutieuse des pratiques individuelles à partir des enregistrements de l’oral écrit par les blogs, les forums, les réseaux sociaux. Cette puissance à documenter le niveau micro des échanges, enregistrés au jour le jour, marque un point de non-retour dans l’archivage du quotidien car on supprime le critère de sélection introduit auparavant par l’oubli. Condamnées à ne pas oublier, les cultures électroniques semblent renoncer à l’opération de sélection qui est pourtant constitutive des textes comme des valeurs à transmettre. Quelles conséquences à partir d’un modèle de transmission de l’héritage culturel qui semble réfractaire à l’ars oblivionalis évoquée par Eco ?

 

Domaines de recherche sollicités :

 

– Analyse du discours et argumentation

– Anthropologie culturelle

– Archivage

– Apprentissage en réseau

– Cultures et valeurs

Cultural Studies

– Linguistique

– Philosophie

– Sémantique

– Sémiotique des cultures

– Sémiotique des pratiques et des objets

– Sociologie et anthropologie de la modernité

– Sociologie des pratiques

– Théories des Médias

 

 

Quelques références bibliographiques

 

AMOSSY, R., 2001 « D’une culture à l’autre : réflexion sur la transposition des clichés et des stéréotypes », Palimpsestes  n° 13, « Le Cliché en traduction », Paris :  Presses de la Sorbonne Nouvelle, pp. 9-27.

BRUNER J., 1999, L'éducation, entrée dans la culture, Paris : Retz.

DARRAULT-HARRIS, I. & FONTANILLE, J. (éds. 2008), Les âges de la vie. Sémiotique de la culture et du temps, Paris : PUF.

DESCOLA Ph., 2005, Par delà nature et culture, Paris : Gallimard.

ECO, U. et MIGIEL, M. (1988), « An Ars Oblivionalis ? Forget It ! », en ligne : http://www.jstor.org/stable/462374

FONTANILLE, J., & ZINNA, A., (éds. 2005), Les objets au quotidien, Limoges : PULIM.

FONTANILLE, J., 2008, Pratiques sémiotiques, Paris : PUF.

GEERTZ Clifford,1973, The interpretation of cultures : selected essays, New York : Basic Books.

GEERTZ Clifford, 1983, Local Knowledge, New York : Basic Books.

GREIMAS, A.-J. et LANDOWSKI, E., 1997, Sémiotique et sciences sociales, Paris : Hachette.

JULLIEN, F., 2012, L’écart et l’entre, leçon inaugurale de la Chaire sur l'altérité, Paris : Galilée.

JULLIEN, F., 2010, De l’universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures, Paris : Seuil, coll. « Points ».

JULLIEN, F., 2010, Le Pont des Singes, de la diversité à venir, fécondité culturelle face à l'identité nationale, Paris : Galilée.

LASSÈGUE, J. Pour une anthropologie sémiotique ;  recherches sur le concept de Forme symbolique, HDR Paris 4.

LATOUR, B. (éd. 2007), Le dialogue des cultures, actes des rencontres inaugurales du Musée du quai Branly, 21 juin 2006, Arles, Actes Sud ; Paris, Musée du quai Branly, « Babel ».

LATOUR, B., 2009, Sur le culte moderne des dieux fétiches, suivi de Iconoclash, Paris : Synthélabo.

LOTMAN, Y., 1998, La sémiosphère, Limoges : PULIM.

PIAGET J., 1967, Biologie et connaissance, Paris : Gallimard.

RATIER, F. et   BOUQUET S. (éds. 2002), Une introduction aux sciences de la culture, Paris : PUF.

RASTIER, F., 2001, Arts et sciences du texte, Paris : PUF.

RASTIER, F., 2013 Apprendre pour transmettre, l’éducation contre l’idéologie managériale, PUF et articles divers sur le thème du colloque in Texto ! Notamment : l'action et le sens- pour une sémiotique des cultures ; sémiotique et sciences de la culture ; sciences de la culture et post-humanité ; naturalisation et culturalisation.

RICŒUR, P., 1990, Soi-même comme un autre, Paris : Seuil.

RICŒUR, P., 2000, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris : Seuil.

SPERBER, D. , 1996, Explaining culture : a naturalistic approach, Oxford, Blackwell.

TORT, P., 2008, L’effet Darwin – sélection naturelle et naissance de la civilisation, coll. Science ouverte, Seuil.

ZINNA, A., 2012, « Les formations sémiotiques », in Versus n° 114, Milan : Bompiani.

 


Responsable : P. Marillaud

Url de référence :
http://w3.gril.univ-tlse2.fr/CALS.htm

Adresse : Pierre Marillaud1280, route de CosF - 82130 LAMOTHE – CAPDEVILLE



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