

« Il est indécent de la part des universités de se plaindre… Il est indécent d'entendre une pareille critique dans un moment qui est grave. » (Valérie Pécresse à propos du budget 2011 de l'enseignement supérieur et de la recherche, « Public Sénat », 26 janvier 2011).
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À propos d'« indécence ». La politique budgétaire de l'ESR en débat (Sauvons l'Université ! 13 février 2011)
Pourquoi donc ce brusque accès de pudeur, alors que l'autonomie des
universités serait la grande oeuvre du quinquennat ? Après que le
ministère a pu, pendant plusieurs années, présenter avec constance,
comme autant de « preuves d'amour » sans doute, des documents
budgétaires pourtant parfois qualifiés d'« insincères » (et aussi)
et prétendre faire pleuvoir les milliards sur l'université, la réalité
rattrape aujourd'hui la communication. Les inquiétudes que de nombreux
acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche exprimaient Ã
mots couverts – ou sans être entendus – commencent à trouver un certain
écho dans le débat public. Trois prises de position récentes en
particulier ont fait porter l'attention sur la politique budgétaire de
l'enseignement supérieur et de la recherche.
 Le 20 janvier, la Conférence des Présidents d'Université (CPU) a dénoncé en termes feutrés mais parfaitement clairs l'insuffisance des crédits récurrents accordés aux établissements d'ESR dans le budget 2011.
 Le 25 janvier, dans une tribune du Monde,
Bertrand Monthubert, ancien président de Sauvons la recherche et actuel
secrétaire national du parti socialiste à l'enseignement supérieur, a
exposé les artifices de présentation budgétaire qui permettent au
gouvernement d'assener que l'ESR est une priorité gouvernementale alors
qu'en réalité les budgets qui lui sont affectés stagnent (au mieux)
depuis 2007.
 Ce texte faisait écho à une tribune publiée dans le même quotidien par des militants d'Europe écologie / Les Verts,
cosignée symboliquement par Cécile Duflot, et consacrée aux effets
pervers de la politique d'« excellence » dont le principe réside, à tous
les niveaux, en une concentration des moyens sur un petit nombre de
projets.
De manière convergente, ces acteurs du monde de l'enseignement et de la
recherche ainsi que ces responsables politiques remettent en cause la
prétendue priorité budgétaire accordée à l'enseignement supérieur et Ã
la recherche par le gouvernement – une antienne jusqu'ici reprise
massivement dans les médias.
Lire la suite sur le site de SLU.
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« L'indécence » de Madame sans-gêne Publié sur SLR et sur le blog d'Henri Audier le 9 février 2011
Après la déclaration de la CPU (Conférence des Présidents d'Université) signalée dans un précédent article, Madame Pécresse a, paraît-il, été profondément choquée, au point de déclarer à Public Sénat : « c'est indécent de la part des universités, dans une période de crise économique, alors qu'elles vont recevoir 22 milliards d'euros du grand emprunt national (…), de se plaindre. »
Indécente la CPU, elle qui fut longtemps un grand soutien de la ministre ! Ingratitude pécressienne, qui va jusqu'à utiliser de mesquins subterfuges pour discréditer le propos de la CPU : elle n'aurait même pas compris qu'il y avait le Grand emprunt ! Pourtant, celle-ci n'avait-elle pas répondu par avance en déclarant : « Seule une vraie dynamique de croissance continue et significative des moyens peut tenir lieu d'investissement d'avenir et faire entrer notre pays dans la société et l'économie de la connaissance. Assurer des moyens récurrents à la hauteur des besoins est un préalable à l'octroi de moyens exceptionnels via le Grand Emprunt pour soutenir des pôles d'excellence ».
Les langues se délient : plusieurs présidents d'université ont expliqué à la presse que le passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE) s'est fait, comme pour les collectivités locales, en sous-estimant le coût pour les universités des compétences transférées, notamment en ce qui concerne le paiement des personnels. Cerise sur le gâteau, même le très consensuel Axel Kahn, Président de Paris-Descartes et responsable de la CPU pour la recherche, parle d'« une diminution claire des moyens », parce que la hausse de 1,5% des crédits de son université sera, selon lui, inférieure à l'inflation, et parce que « les crédits [en provenance du CNRS ou de l'INSERM] des laboratoires sont en baisse de 12% à 14% ». Car le financement porté par les organismes va très majoritairement vers les universités au travers de leurs unités mixtes de recherche (UMR) ou vers des appareillages utiles à tous.
Mais nonobstant, madame sans-gêne continue de professer, comme si de rien n'était, que « le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche a augmenté de 22 % depuis 2007 », en se basant sur un grand classique de la com' : un mensonge répété vingt fois devient vérité, dès lors que les médias s'emploient à le relayer autant que de besoin.
C'est avec le même caractère péremptoire, le même aplomb et surtout la même véracité du propos, qu'elle peut affirmer (voir la vidéo sur Youtube) : « Facebook n'existait pas il y a un an ».
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