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La pensée sur l'art dans le roman des XXe et XXIe s.

La pensée sur l'art dans le roman des XXe et XXIe s.

Publié le par Marc Escola (Source : Judith Sarfati Lanter)

La pensée sur l’art dans le roman des XXe et XXIe siècles

Colloque international organisé par

Simona Carretta, Bernard Franco et Judith Sarfati Lanter

 

Université Paris-Sorbonne

Centre de Recherche en Littérature Comparée

17 et 18 novembre 2014

Le roman de l’artiste a connu un développement important au fil du XIXe siècle, témoignant de la vocation du genre romanesque à élaborer un espace critique au sein de la fiction. Mais le XXe siècle a diversifié les formes et les objets de ce type de discours, faisant du roman une sorte d’atelier de la création, ou construisant, à travers la polyphonie propre au genre romanesque, des formes de réflexion esthétique interdites au discours spécifiquement théorique. Qu’il s’agisse d’intégrer le discours critique dans la fiction ou d’élaborer un autre type de discours sur l’art, le roman a pu se construire, par sa forme et par sa teneur spéculative, comme le genre par excellence qui prenait l’art pour objet. De Proust à l’époque contemporaine, le roman a pu ainsi développer une pensée sur l’art à travers laquelle pouvait également se dessiner un métadiscours, la pensée sur l’art dans le roman permettant alors de circonscrire les enjeux esthétiques de l’écriture elle-même.

Cette réflexion et ce discours sur l’art ont pu aborder différents modes d’expressions artistiques – peinture, sculpture, musique, architecture, danse – et prendre différentes formes : le récit d’une vie d’artiste, ou plus simplement la mise en scène d’un artiste ou d’une intrigue liée à l’art, ou encore un dialogue, un discours, ou des réflexions sur l’art. De même, de telles positions esthétiques peuvent être incarnées par un personnage, représentées par une intrigue, exposées dans un discours, symbolisées par des formes.

Dans certaines œuvres, le dialogue entre les arts se noue ainsi à partir des personnages d’écrivains et d’artistes qui y sont représentés, comme dans Point counter point (1928) d’Huxley, œuvre dans laquelle un romancier cherche à s’inspirer des structures propres à la musique.  Ce dialogue peut aussi se manifester dans la forme même de l’écriture, qu’on pense par exemple au Naufragé (1983) de Thomas Bernhard, où le dialogue avec la musique et les interprétations de Glenn Gould imprègnent le rythme de l’écriture. Enfin, on pourra évoquer les cas où le discours critique se trouve intégré au sein du récit, comme le sont les citations d’Elie Faure dans La Bataille de Pharsale (1969) de Claude Simon, ou comme «l’essai spécifiquement romanesque», que Milan Kundera reprend partiellement de Hermann Broch et qui est l’une des formes qu’emprunte la réflexion critique dans le roman.

La pensée de l’art dans le roman peut ainsi apparaître comme le refus d’un irrédentisme de l’écriture, de l’image ou de la musique, voire la réactualisation d’un rêve ancien de fusion entre les arts. Mais cette tendance du roman à l’absorption, thématique, discursive et formelle, d’éléments appartenant à d’autres modes d’expression artistique peut se lire aussi comme une tentative pour repenser et réaffirmer sa spécificité.

C’est cette diversité du discours esthétique – de ses formes et de ses objets – dans le roman des XXe et XXIe siècles qui sera l’objet du présent colloque. Celui-ci visera ainsi à montrer comment le genre, dans sa modernité, entreprend de fondre ensemble création et critique.

Rapprochant des spécialistes de différentes littératures, croisant littérature et arts, ce colloque s’inscrit dans une perspective résolument interdisciplinaire, au croisement des études littéraires, de l’esthétique, de l’histoire de l’art ou de la musicologie.

 

Programme

           

17 novembre:

 

Matinée :  

Salle des Actes, Université Paris-Sorbonne

 

1. Le genre romanesque, entre critique d’art et réflexion esthétique

Présidence : Romuald Fonkoua

9h10 : Simona Carretta, docteure des universités de Trente et de Paris-Sorbonne : « Le spectre des arts à travers la lentille de l’essai spécifiquement romanesque »

9h30 : Lakis Proguidis, directeur de la revue L’Atelier du roman : « L’Atlantide engloutie de l’esthétique »

9h50 : Bernard Franco, professeur de Littérature comparée à l’université Paris-Sorbonne : « L’atelier du peintre : significations d’un topos romanesque »

10h10 : Frédéric Weinmann, traducteur, professeur au lycée Hélène Boucher : « “In arte lo stilo è tutto”. Le dialogue des arts dans Il nome giusto de Sergio Garufi (2011) »

10h30-10h45 : discussion

10h45-11h15 : pause

 

2. Réflexivité du roman

Présidence : Brigitte Ferrato-Combe

11h15 : Isabelle Daunais, professeure de Littérature française à l’université MacGill, « Pensée sur l’art et réflexivité : aspects de la création romanesque au XXe siècle »

11h35 : Marie-Bernard Bat, doctorante à l’université Paris-Sorbonne, « Du roman de l’artiste à un nouvel art du roman : la mise en abyme de la réflexion esthétique dans l’écriture fictionnelle d’Octave Mirbeau au tournant du siècle »

11h55 : Rodolphe Gauthier, doctorant à l’université Paris-Sorbonne : « Lisibilité d’un changement de paradigme artistico-littéraire dans Du côté de chez Swann ».

12h15-12h30 : discussion

12h30-14h : pause déjeuner

 

Après-midi :

Salle des Actes, Université Paris-Sorbonne

 

3. Un discours alternatif sur l’art

Présidence : Isabelle Daunais

14h : Ingrid Streble, doctorante à l’université de la Sarre : « Iconographie contre iconologie : les paradigmes de l‘histoire de l’art en question chez les romanciers entre 1975 et 2000 »

14h20 : Brigitte Ferrato-Combe, maître de conférences en Littérature française à l’université Stendhal-Grenoble 3 : « Claude Simon lecteur critique des historiens d’art »

14h40 : Raphaëlle Guidée, maître de conférences en Littérature comparée à l’université de Poitiers, « Contre le “grand art” : le paradigme artisanal chez Joseph Roth et W.G. Sebald ».

15h-15h15 : discussion

15h15-15h45 : pause

 

4. La musique dans le roman I : la musique, un modèle esthétique ?

Présidence : Frédéric Sounac

15h45 : Massimo Rizzante, professeur de Littérature comparée à l’université de Trente : « Musique et roman : Sur l’œuvre d’Alejo Carpentier »

16h05 : Irène Gayraud, ATER en Littérature comparée à l’université d’Amiens : « Musique et métamorphose dans les Solidarités mystérieuses de Pascal Quignard »

16h25-16h40 : discussion

 

18 novembre

 

Matinée :

Salle J636, Université Paris-Sorbonne

 

5. Littérature et arts visuels I : un dialogue en miroir

Présidence : Véronique Gély

9h : Lioudmila Chvedova, maître de conférences en Russe à l’université de Lorraine : « La musique de l'architecture dans le roman de Jean Contrucci La Cathédrale engloutie (1991)»

9h20 : Ferdinando Amigoni, professeur de Littérature comparée à l’université de Bologne : « Perec ou l’esthétique de la photographie dans W ou le souvenir d’enfance »

9h40 : Judith Sarfati Lanter, maître de conférences en Littérature comparée à l’université Paris-Sorbonne : « Présence des arts dans l’œuvre de Malcolm Lowry – figurations esthétiques du chaos »

9h40-9h55 : discussion

9h55-10h30 : pause

 

6. Littérature et arts visuels II : littérature et peinture

Présidence : Judith Lacoue-Labarthe

10h30 : Pascal Dethurens, professeur de Littérature comparée à l’université de Strasbourg : « Un tableau sous chaque roman? Michon lecteur de Gracq et de... Michon »

10h50 : Loïse Lelevé, élève de l’ENS Ulm : « “Les lieux d’une ruse” : la mystification comme discours romanesque sur la peinture »

11h10 : Olena Beresovska, post-doctorante à l’université Jagellonne de Cracovie : « Le jeu des ombres et des lumières dans Les Ombres des ancêtres oubliés de Kotsioubinski »

11h30-11h45 : discussion

11h45-14h : Pause déjeuner

 

Après-midi :

Salle des Actes, Université Paris-Sorbonne

 

7. Art et identités

Présidence : Raphaëlle Guidée

14h : Romuald Fonkoua, professeur de Littératures francophones à l’université Paris-Sorbonne : « L’autre pensée de l’art dans la littérature francophone »

14h20 : Véronique Gély, professeure de Littérature comparée à l’université Paris-Sorbonne : « The Song of the Lark (1915) de Willa Cather : roman de l’art et de l’artiste au féminin ? »

14h40 : Sonia Dosoruth, maître de conférences en Littératures francophones à l’université de l’Ile Maurice : « L’exploration esthétique de l’écriture par Malcolm de Chazal »

15h-15h15 : discussion

15h15-15h45 : pause

 

8. La musique dans le roman II : la référence à Bach

Présidence : Massimo Rizzante

15h45 : Judith Lacoue-Labarthe, maître de conférences en Littérature comparée à l’université de Nantes : « Les Variations Goldberg dans Contrepoint d’Anna Enquist »

16h05 : Frédéric Sounac, maître de conférences en Littérature comparée à l’université de Toulouse-le-Mirail : « La “constellation” Goldberg »

16h25-16h40 : discussion

 

Remerciements