<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0">
  <channel>
    <title>Fabula : Toutes les annonces</title>
    <link>https://www.fabula.org/</link>
    <description>Actualité complète de Fabula</description>
    <atom:link href="https://www.fabula.org/rss/global.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/>
    <language>fr-FR</language>
    <sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
    <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
    <copyright>Copyright 2026, Fabula</copyright>
    <pubDate>Sat, 28 Mar 2026 09:00:03 +0100</pubDate>
    <lastBuildDate>Sat, 28 Mar 2026 09:00:03 +0100</lastBuildDate>
    <ttl>60</ttl>
    <item>
      <title>Bertrand Westphal, Street Art. Paysage mental Récit mural</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133629/bertrand-westphal-street-art-paysage-mental-recit-mural.html</link>
      <pubDate>Sat, 28 Mar 2026 06:58:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133629/bertrand-westphal-street-art-paysage-mental-recit-mural.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Le street art suscite de vives réactions. Tantôt il est porté aux nues, tantôt il est voué aux gémonies. Sa nature hétérogène a beau dérouter, des expositions le célèbrent et, devant l’institution, le légitiment, mais, dans la rue, quel effet produit-il sur le promeneur, le flâneur, son public premier ? Ce regard-là importe, c’est le tien. Un paysage s’esquisse. Peu à peu surgit un récit fait de textes et d’images. Il se nourrit des œuvres de graffeurs et de graffeuses, des plus connus aux anonymes. Il solli­cite le cinéma et le documentaire, la littérature et les arts plastiques ; il s’inscrit dans une histoire du hip-hop. Cinq décennies défilent, maints espaces aussi. La démarche est intime mais ambitieuse. Jubilatoire, elle rend hommage à l’art de la rue, à l’âme des villes. Un tel parcours associe les images et les textes. L’auteur y explore certes la production des graffeurs et des graffeuses, dont près de deux cents, des plus connus (Rammellzee, Miss.Tic, Gérard Zlotyka- mien, Kouka, M. Chat...) aux anonymes, sont mentionnés, mais il y sollicite aussi le cinéma et le documentaire qui côtoient l’art pariétal (Wild Style, Agnès Varda, Chris Marker, Carlos Saura, Eric Rohmer, etc.) la littérature et ses illustrations [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133629_c7a63f65412ddea3c4aed59f3c6da4fd.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133629_c7a63f65412ddea3c4aed59f3c6da4fd.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="MsoNormal">Le street art suscite de vives réactions. Tantôt il est porté aux nues, tantôt il est voué aux gémonies. Sa nature hétérogène a beau dérouter, des expositions le célèbrent et, devant l’institution, le légitiment, mais, dans la rue, quel effet produit-il sur le promeneur, le flâneur, son public premier ? Ce regard-là importe, c’est le <em>tien</em>.</p> <p class="MsoNormal">Un paysage s’esquisse. Peu à peu surgit un récit fait de textes et d’images. Il se nourrit des œuvres de graffeurs et de graffeuses, des plus connus aux anonymes. Il solli­cite le cinéma et le documentaire, la littérature et les arts plastiques ; il s’inscrit dans une histoire du hip-hop. Cinq décennies défilent, maints espaces aussi. La démarche est intime mais ambitieuse. Jubilatoire, elle rend hommage à l’art de la rue, à l’âme des villes.</p> <p>Un tel parcours associe les images et les textes. L’auteur y explore certes la production des graffeurs et des graffeuses, dont près de deux cents, des plus connus (Rammellzee, Miss.Tic, Gérard Zlotyka- mien, Kouka, M. Chat...) aux anonymes, sont mentionnés, mais il y sollicite aussi le cinéma et le documentaire qui côtoient l’art pariétal (Wild Style, Agnès Varda, Chris Marker, Carlos Saura, Eric Rohmer, etc.) la littérature et ses illustrations plastiques (Georges Perec, Mi- guel Hernández, Julio Cortázar...) et les arts picturaux et autres instal- lations (Daniel Spoerri...).</p> <p>En définitive, ce sont cinq décennies et de nombreux pays et villes qui sont ici passés au crible jubilatoire du street art.</p> <p class="MsoNormal"><strong><a href="https://r.cantook.com/eden/sample/aHR0cHM6Ly93d3cuZWRlbmxpdnJlcy5mci9zYW1wbGUvODIyMTEyL3dlYl9yZWFkZXJfbWFuaWZlc3Q_Zm9ybWF0X25hdHVyZT1wZGYmc2lnaWQ9MTcyNjMxNjUzNiZzaWduYXR1cmU9N2E1NmVmNWYyMWFjNDRjOGQxZmM3NTM1MWIxZjU5NjM4NTg0NTBkMjExZDA4OTk0ZTY5MWJjYTA5MTJiMTAwNA">Feuilleter le livre…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133629_c7a63f65412ddea3c4aed59f3c6da4fd.jpg" type="image/jpeg" length="75990"/>
    </item>
    <item>
      <title>Valérie Favre, Virginia Woolf et ses petites sœurs. Un lieu à soi et sa postérité</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133628/valerie-favre-virginia-woolf-et-ses-petites-soeurs.html</link>
      <pubDate>Sat, 28 Mar 2026 06:37:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133628/valerie-favre-virginia-woolf-et-ses-petites-soeurs.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Texte phare de l’écrivaine Virginia Woolf, Un lieu à soi (ou Une chambre à soi) a connu depuis sa parution en 1929 un retentissement sans égal à travers le monde, notamment dans l’espace atlantique anglophone. Quel dialogue ont engagé les « petites sœurs » – écrivaines, critiques et féministes contemporaines – avec Woolf et son essai ? Pour répondre, Valérie Favre s’attache aux conditions matérielles de l’écriture, à la place des femmes dans l’histoire et en littérature et aux liens entre écriture, identité et conscience de genre. Iel analyse finement les textes d’une cinquantaine d’autrices et de critiques féministes anglo-américaines et reconstitue une véritable constellation autour de l’oeuvre woolfienne. Le livre dresse ainsi un panorama inédit de la postérité littéraire, critique et féministe d’Un lieu à soi des années 1960 à nos jours, aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, au prisme du féminisme intersectionnel. Valérie Favre est maître.sse de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où iel enseigne l’anglais et les études sur le genre. Ses recherches portent sur les littératures de langue anglaise aux XXe et XXIe siècles, sur les rapports entre littérature, études sur le genre et féminismes, sur les études de réception et sur l’histoire littéraire et culturelle.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133628_c3da53b3570c854ac14ddc99641facf0.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133628_c3da53b3570c854ac14ddc99641facf0.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Texte phare de l’écrivaine Virginia Woolf, <em>Un lieu à soi</em> (ou <em>Une chambre à soi</em>) a connu depuis sa parution en 1929 un retentissement sans égal à travers le monde, notamment dans l’espace atlantique anglophone. Quel dialogue ont engagé les « petites sœurs » – écrivaines, critiques et féministes contemporaines – avec Woolf et son essai ?</p> <p>Pour répondre, Valérie Favre s’attache aux conditions matérielles de l’écriture, à la place des femmes dans l’histoire et en littérature et aux liens entre écriture, identité et conscience de genre. Iel analyse finement les textes d’une cinquantaine d’autrices et de critiques féministes anglo-américaines et reconstitue une véritable constellation autour de l’oeuvre woolfienne.</p> <p>Le livre dresse ainsi un panorama inédit de la postérité littéraire, critique et féministe d’<em>Un lieu à soi</em> des années 1960 à nos jours, aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, au prisme du féminisme intersectionnel.</p> <p><em>Valérie Favre est maître.sse de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où iel enseigne l’anglais et les études sur le genre. Ses recherches portent sur les littératures de langue anglaise aux XXe et XXIe siècles, sur les rapports entre littérature, études sur le genre et féminismes, sur les études de réception et sur l’histoire littéraire et culturelle.</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133628_c3da53b3570c854ac14ddc99641facf0.jpeg" type="image/jpeg" length="64131"/>
    </item>
    <item>
      <title>Noémie Beslon-Monsacré, L'Imaginaire prédateur (éd. Hélène L’Heuillet, Souleymane Bachir Diagne)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133627/noemie-beslon-monsacre-l-imaginaire-predateur-ed-helene-l-heuillet-souleymane-bachir-diagne.html</link>
      <pubDate>Sat, 28 Mar 2026 06:33:01 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133627/noemie-beslon-monsacre-l-imaginaire-predateur-ed-helene-l-heuillet-souleymane-bachir-diagne.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>La culpabilité, l’angoisse, la haine de soi, autant de « symptômes » du caractère profondément mortifère et destructeur de la prédation érigée en système. C’est pour ouvrir à un autre niveau de réflexion que la fin de ce travail donne à entendre d’autres voix qui osent rêver à une autre réalité, une autre façon d’être au monde : dépasser la seule survie du corps pour se jeter tout entier dans la conquête de l’existence, s’efforcer d’aller vers la reconnaissance réciproque, l’altruisme, vers un monde où l’on crée et où l’on ne se contente plus de dévorer, un monde où l’identité prédatrice et les segmentations qu’elle opère laisseront la place à une identité relationnelle pensée comme une arborescence. — Noémie Beslon-Monsacré — Table des matières L’histoire de ce livreHélène L’Heuillet et Souleymane Bachir DiagneAvant-propos Introduction. Identité et imaginaire prédateur  I. La prédation coloniale, Batouala de René Maran I. Le colonialisme comme prédationII. Le colonialisme, ennemi de l’authenticité ?III. Batouala, le roman des stéréo types coloniaux IV. Africaniser le style, culture orale et musicalité II. La prédation antisémite : Céline. Bagatelles pour un massacre et L’École des cadavres I. La psyché célinienne.II. Haine des Juifs et prédation III. Antisémitisme et négrophobie IV. Politiques de prédation V. Le thème de la décadence  III. Prédation [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133627_bf1679336b3f08109cf8088e7f6c624c.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133627_bf1679336b3f08109cf8088e7f6c624c.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La culpabilité, l’angoisse, la haine de soi, autant de « symptômes » du caractère profondément mortifère et destructeur de la prédation érigée en système.</p> <p>C’est pour ouvrir à un autre niveau de réflexion que la fin de ce travail donne à entendre d’autres voix qui osent rêver à une autre réalité, une autre façon d’être au monde : dépasser la seule survie du corps pour se jeter tout entier dans la conquête de l’existence, s’efforcer d’aller vers la reconnaissance réciproque, l’altruisme, vers un monde où l’on crée et où l’on ne se contente plus de dévorer, un monde où l’identité prédatrice et les segmentations qu’elle opère laisseront la place à une identité relationnelle pensée comme une arborescence. — Noémie Beslon-Monsacré</p> <p>—</p> <p><strong>Table des matières</strong></p> <p>L’histoire de ce livre<br />Hélène L’Heuillet et Souleymane Bachir Diagne<br />Avant-propos <br />Introduction. Identité et imaginaire prédateur <br /><strong></strong></p> <p><strong>I. La prédation coloniale, <em>Batouala</em> de René Maran </strong><br />I. Le colonialisme comme prédation<br />II. Le colonialisme, ennemi de l’authenticité ?<br />III. Batouala, le roman des stéréo types coloniaux <br />IV. Africaniser le style, culture orale et musicalité<br /><strong></strong></p> <p><strong>II. La prédation antisémite : Céline.<em> Bagatelles pour un massacre</em> et <em>L’École des cadavres</em> </strong><br />I. La psyché célinienne.<br />II. Haine des Juifs et prédation <br />III. Antisémitisme et négrophobie <br />IV. Politiques de prédation <br />V. Le thème de la décadence <br /><strong></strong></p> <p><strong>III. Prédation et ségrégation raciste. <em>Native Son</em> de Richard Wright</strong><br />I. Chicago, 1940 : la prédation omniprésente<br />II. À travers la fiction, une approche polysémique de la prédation <br />III. Le truchement par le corps : une relation indirecte à l’Autre<br />IV. Communisme<br />V. Tabou, la peur face au monde de l’Autre<br />VI. Métamorphose et renaissance<br />VII. Vers un « nouvel humanisme » ?<br /><strong></strong></p> <p><strong>IV. Une déconstruction des catégories de la prédation. <em>Peau noire, masques blancs</em> de Frantz Fanon</strong> <br />I. La construction psychique de l’infériorisé <br />II. Société raciste, société prédatrice <br />III. Catégories de la prédation <br />IV. Corps-objet, corps-tombeau, identité de surface <br />V. Persona<br />VI. Humanisme et universalisme <br />Conclusion <br />Bibliographie</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133627_bf1679336b3f08109cf8088e7f6c624c.jpg" type="image/jpeg" length="70217"/>
    </item>
    <item>
      <title>Zoé Angelis, Pierre Bayard (dir.), Cold cases en Grèce antique</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133625/zoe-angelis-pierre-bayard-dir-cold-cases-en-grece-antique.html</link>
      <pubDate>Sat, 28 Mar 2026 06:23:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133625/zoe-angelis-pierre-bayard-dir-cold-cases-en-grece-antique.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Un crime mystérieux, une enquête serrée, un dénouement surprenant puisque le détective lui-même se révèle être l’assassin : la pièce de Sophocle, OEdipe roi, est le premier exemple de roman policier. Mais la culpabilité d’Œdipe est-elle si assurée ? Quand on l’examine en détail, la solution, apparemment rigoureuse, laisse apparaître une faille majeure. Est-il alors possible qu’Œdipe n’ait pas tué son père et que l’assassin coure encore ? Comment résoudre le plus ancien cold case de l’histoire de la littérature ? Et ce mythe fondateur est-il le seul à être sujet à caution ? D’Antigone à Thésée, d’Ajax à Orphée, d’autres enquêtes dans la Grèce ancienne n’auraient-elles pas été bâclées, qui mériteraient d’être rouvertes dans un souci de justice et de vérité ? Relire la mythologie à la lumière de la critique policière est le défi que tente de relever ce volume, en recourant à un anachronisme assumé, consistant à poser à des textes anciens des questions que leurs auteurs, bien à tort, ne soulevaient pas. Sous la direction de Zoé Angelis et Pierre Bayard, avec les contributions de Laurent Binet, Delphine Edy, Stratos Myrogiannis, Efi Papadodima, Claire Paulian, Stéphane Pouyaud, Iraclite Steudler, Lucie Thévenet, Jean-Philippe Toussaint. Lire un extrait… Voir [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133625_abd3ef996b9c08ac9c5c12b24a0767f9.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133625_abd3ef996b9c08ac9c5c12b24a0767f9.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Un crime mystérieux, une enquête serrée, un dénouement surprenant puisque le détective lui-même se révèle être l’assassin : la pièce de Sophocle, <em>OEdipe roi</em>, est le premier exemple de roman policier.</p> <p>Mais la culpabilité d’Œdipe est-elle si assurée ? Quand on l’examine en détail, la solution, apparemment rigoureuse, laisse apparaître une faille majeure. Est-il alors possible qu’Œdipe n’ait pas tué son père et que l’assassin coure encore ? Comment résoudre le plus ancien cold case de l’histoire de la littérature ?</p> <p>Et ce mythe fondateur est-il le seul à être sujet à caution ? D’Antigone à Thésée, d’Ajax à Orphée, d’autres enquêtes dans la Grèce ancienne n’auraient-elles pas été bâclées, qui mériteraient d’être rouvertes dans un souci de justice et de vérité ?</p> <p>Relire la mythologie à la lumière de la critique policière est le défi que tente de relever ce volume, en recourant à un anachronisme assumé, consistant à poser à des textes anciens des questions que leurs auteurs, bien à tort, ne soulevaient pas.</p> <p>Sous la direction de Zoé Angelis et Pierre Bayard, avec les contributions de Laurent Binet, Delphine Edy, Stratos Myrogiannis, Efi Papadodima, Claire Paulian, Stéphane Pouyaud, Iraclite Steudler, Lucie Thévenet, Jean-Philippe Toussaint.</p> <p><a href="https://www.calameo.com/read/00478202318230bf95e71?page=1">Lire un extrait…</a></p> <p><a href="https://youtu.be/C4Q2z95X0MU">Voir la vidéo de présentation…</a></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133625_abd3ef996b9c08ac9c5c12b24a0767f9.jpg" type="image/jpeg" length="89747"/>
    </item>
    <item>
      <title>Sinophonies</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132350/sinophonies-05-03.html</link>
      <pubDate>Sat, 28 Mar 2026 05:50:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132350/sinophonies-05-03.html</guid>
      <category>fabula_questions_societe</category>
      <description>Si la notion de "francophonie" est bien connue en France, celle de "sinophonie", apparue au début du XXIe siècle, l’est beaucoup moins. Ce concept ne se limite pas à l’étude des variations et créolisations de la langue chinoise au sein de ses multiples diasporas : il invite à envisager les communautés sinophones autrement qu’à travers le seul prisme de la Chine continentale. Nourries par les théories critiques de la race et les études postcoloniales, les études sinophones proposent ainsi de lire/comprendre la Chine de l’Empire Qing et la République Populaire de Chine comme des empires coloniaux, aux logiques comparables à celles des empires occidentaux. Elles proposent de déconstruire les imaginaires politiques véhiculés, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Chine, à travers le « mandarin » qui est lui-même, rappelons-le, une construction lin- guistique du XXe siècle. La revue Critique consacre son dernier sommaire aux Sinophonies, en s'attachant notamment à l’exemple de Taïwan. (Illustr. : Festival des Lanternes en février 2012, à Zhuozhou, Provinnce de Hebei, Getty Images)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132350_bce9f2cfe2b4d2c1035e7c24c1909758.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132350_bce9f2cfe2b4d2c1035e7c24c1909758.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Si la notion de "francophonie" est bien connue en France, celle de "sinophonie", apparue au début du XXIe siècle, l’est beaucoup moins. Ce concept ne se limite pas à l’étude des variations et créolisations de la langue chinoise au sein de ses multiples diasporas : il invite à envisager les communautés sinophones autrement qu’à travers le seul prisme de la Chine continentale. Nourries par les théories critiques de la race et les études postcoloniales, <a href="https://www.fabula.org/actualites/133393/critique-n-945-sinophonies.html">les études sinophones proposent ainsi de lire/comprendre la Chine de l’Empire Qing et la République Populaire de Chine comme des empires coloniaux, aux logiques comparables à celles des empires occidentaux. Elles proposent de déconstruire les imaginaires politiques véhiculés, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Chine, à travers le « mandarin » qui est lui-même, rappelons-le, une construction lin- guistique du XXe siècle. La revue <em>Critique</em> consacre son dernier sommaire aux <em>Sinophonies</em>, en s'attachant notamment à l’exemple de Taïwan</a>.</p> <p><em>(Illustr. : Festival des Lanternes en février 2012, à Zhuozhou, Provinnce de Hebei, Getty Images)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132350_bce9f2cfe2b4d2c1035e7c24c1909758.jpg" type="image/jpeg" length="191936"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le métier de Matisse</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133524/matisse.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 17:21:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133524/matisse.html</guid>
      <category>fabula_web</category>
      <description>"Ce que je rêve, c’est un art d’équilibre, de pureté, de tranquillité, sans sujet inquiétant ou préoccupant, qui soit, pour tout travailleur cérébral, pour l’homme d’affaires aussi bien que pour l’artiste des lettres, par exemple, un lénifiant, un calmant cérébral, quelque chose d’analogue à un bon fauteuil qui le délasse de ses fatigues physiques." Sous le titre Le métier de peindre. Un art d'équilibre un ouvrage publié aux éditions Hermann et désormais accessible en ligne via Cairn nous propose de redécouvrir Henri Matisse à  travers quelques-uns de ses textes les plus connus. Pour préluder à l'exposition Matisse qui s'ouvre ces jours-ci au Grand-Palais à Paris, A. Compagnon nous a fait passer sur France Inter Un hiver avec Matisse. La série de podcasts demeure accessible sur le site de RadioFrance, mais on peut choisir de retrouver ces chroniqus dans le volume qui paraît aux éditions Les Équateurs.  Rappelons qu'on peut lire sous la signature de Nathalie Piégay un compte rendu de l'essai de Dominique Vaugeois, L’épreuve du livre. Henri Matisse, roman d’Aragon (Presses Universitaires du Septentrion, 2002) : Les genres d’un "roman" : Henri Matisse. (Illustr. : La fenêtre ouverte, Collioure, 1905 National Gallery of Art, Washington)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133524_04afcadf474cd043ff39cdb07ddd4e4c.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133524_04afcadf474cd043ff39cdb07ddd4e4c.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="p1">"Ce que je rêve, c’est un art d’équilibre, de pureté, de tranquillité, sans sujet inquiétant ou préoccupant, qui soit, pour tout travailleur cérébral, pour l’homme d’affaires aussi bien que pour l’artiste des lettres, par exemple, un lénifiant, un calmant cérébral, quelque chose d’analogue à un bon fauteuil qui le délasse de ses fatigues physiques." <a href="https://www.fabula.org/actualites/128244/henri-matisse-le-metier-de-peindre-un-art-d-equilibre.html">Sous le titre <em>Le métier de peindre. Un art d'équilibre </em>un ouvrage publié aux éditions Hermann et désormais accessible en ligne via Cairn nous propose de redécouvrir Henri Matisse à  travers quelques-uns de ses textes les plus connus</a>. Pour préluder à <a href="https://www.grandpalais.fr/fr/programme/matisse-1941-1954">l'exposition Matisse qui s'ouvre ces jours-ci au Grand-Palais</a> à Paris, A. Compagnon nous a fait passer sur France Inter <em>Un hiver avec Matisse. </em>La série de podcasts demeure <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/serie-un-hiver-avec-matisse">accessible sur le site de RadioFrance</a>, mais on peut choisir de retrouver ces chroniqus dans <a href="https://www.fabula.org/actualites/133525/antoine-compagnon-un-hiver-avec-matisse.html">le volume qui paraît aux éditions Les Équateurs</a>. </p> <p>Rappelons qu'on peut lire sous la signature de Nathalie Piégay un compte rendu de l'essai de Dominique Vaugeois, <em><a href="http://www.fabula.org/actualites/l-epreuve-du-livre-henri-matisse-roman-d-aragon_5187.php">L’épreuve du livre. Henri Matisse, roman d’Aragon</a></em> (Presses Universitaires du Septentrion, 2002) : <a href="https://www.fabula.org/revue/document11345.php">Les genres d’un "roman" : Henri Matisse</a>.</p> <p><em>(Illustr. : </em>La fenêtre ouverte, Collioure<em>, 1905 National Gallery of Art, Washington)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133524_04afcadf474cd043ff39cdb07ddd4e4c.jpg" type="image/jpeg" length="526087"/>
    </item>
    <item>
      <title>Une littérature relationnelle</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133619/une-litterature-relationnelle.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 12:48:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133619/une-litterature-relationnelle.html</guid>
      <category>fabula_une</category>
      <description>La littérature fait relation du monde. Elle en relate les histoires, les événements, en décrit les espaces, les fonctionnements, les modes d’être. Elle met en œuvre les relations humaines et les relations que les humains développent avec leur environnement, leurs territoires. Elle fait mémoire de ce qui fut, dessine ce qui pourrait être, arpente les contrées de l’imaginaire. C’est là sa vocation originelle. Notre temps se caractérise peut-être par les dialogues qu'elle engage avec les disciplines qui se sont donné ces questions pour objet : l’histoire, la sociologie, l’anthropologie… S’inventent alors des échanges inédits, des emprunts réciproques, des partages singuliers. C’est à cette dimension relationnelle de la littérature contemporaine que, reprenant à Édouard Glissant sa formule, que s'attache le sommaire préparé par Tiphaine Samoyault, Ana Kiffer, Alexandre Gefen et Dominique Viart et accueilli au sein des Colloques en ligne de Fabula sous le titre "Littérature et relations : l’hypothèse d’une littérature relationnelle". (Illustr. : Clara Moreira, tous droits réservés)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133619_d0f02ddf9d02cdb53fec666075de6150.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133619_d0f02ddf9d02cdb53fec666075de6150.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La littérature fait relation du monde. Elle en relate les histoires, les événements, en décrit les espaces, les fonctionnements, les modes d’être. Elle met en œuvre les relations humaines et les relations que les humains développent avec leur environnement, leurs territoires. Elle fait mémoire de ce qui fut, dessine ce qui pourrait être, arpente les contrées de l’imaginaire. C’est là sa vocation originelle. <a href="https://www.fabula.org/colloques/sommaire14087.php">Notre temps se caractérise peut-être par les dialogues qu'elle engage avec les disciplines qui se sont donné ces questions pour objet : l’histoire, la sociologie, l’anthropologie… S’inventent alors des échanges inédits, des emprunts réciproques, des partages singuliers. C’est à cette dimension relationnelle de la littérature contemporaine que, reprenant à Édouard Glissant sa formule, que s'attache le sommaire préparé par Tiphaine Samoyault, Ana Kiffer, Alexandre Gefen et Dominique Viart et accueilli au sein des Colloques en ligne de Fabula sous le titre "Littérature et relations : l’hypothèse d’une littérature relationnelle"</a>.</p> <p><em>(Illustr. : Clara Moreira, tous droits réservés)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133619_d0f02ddf9d02cdb53fec666075de6150.jpg" type="image/jpeg" length="9684"/>
    </item>
    <item>
      <title>Illustrer l'Arioste. Dossier Rubriques du site Utpictura18</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133616/illustrer-l-arioste-dossier-rubriques-urpictura18.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 11:15:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133616/illustrer-l-arioste-dossier-rubriques-urpictura18.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>Comité scientifique Fanny Eouzan, Docteure en Études italiennes, Professeure agrégée d’italienClarisse Evrard, Docteure en Histoire de l’art, Professeure agrégée de lettres classiquesGianluca Genovese, Professeur à l’Università degli Studi Suor Orsola Benincasa de NaplesMichel Paoli, Professeur à l’université d’AmiensAndrea Torre, Professeur associé à l’École normale supérieure de Pise Dossier coordonné par Stéphane Lojkine Calendrier et consignes Les propositions d’articles (250-300 mots) devront être envoyées, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, avant le 1er septembre 2026 à Stéphane Lojkine, stephane.lojkine@univ-amu.fr. Le comité donnera sa réponse à la mi-octobre 2026. Les articles dont les propositions auront été retenues devront nous parvenir avant le 5 février 2027. Longueur maximale des articles : 25000 signes, espaces compris. Se conformer aux consignes de mise en page (à lire avant de commencer à rédiger) : https://utpictura18.univ-amu.fr/consignes-mise-en-page-articles Chaque article pourra être illustré de 15 images maximum. Les consignes sur la préparation des dossiers iconographiques seront données aux auteurs en octobre 2026. Publication prévue à l’été 2027. — Présentation du projetLe dossier « Illustrer l’Arioste » se propose de mettre à la disposition des enseignants du secondaire et des étudiants tous les éléments nécessaires pour aborder le corpus iconographique ariostien, et l’exploiter à des fins pédagogiques et de recherche.Le corpus des images est [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133616_b72d65da813d0847467c0182a42c89e6.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133616_b72d65da813d0847467c0182a42c89e6.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Comité scientifique</strong></p> <p>Fanny Eouzan, Docteure en Études italiennes, Professeure agrégée d’italien<br />Clarisse Evrard, Docteure en Histoire de l’art, Professeure agrégée de lettres classiques<br />Gianluca Genovese, Professeur à l’Università degli Studi Suor Orsola Benincasa de Naples<br />Michel Paoli, Professeur à l’université d’Amiens<br />Andrea Torre, Professeur associé à l’École normale supérieure de Pise</p> <p><strong>Dossier coordonné par Stéphane Lojkine</strong></p> <p><strong>Calendrier et consignes</strong></p> <p>Les propositions d’articles (250-300 mots) devront être envoyées, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, avant le 1er septembre 2026 à Stéphane Lojkine, <a href="mailto:stephane.lojkine@univ-amu.fr">stephane.lojkine@univ-amu.fr</a>.</p> <p>Le comité donnera sa réponse à la mi-octobre 2026.</p> <p>Les articles dont les propositions auront été retenues devront nous parvenir avant le 5 février 2027.</p> <p>Longueur maximale des articles : 25000 signes, espaces compris. Se conformer aux consignes de mise en page (à lire avant de commencer à rédiger) : <a href="https://utpictura18.univ-amu.fr/consignes-mise-en-page-articles">https://utpictura18.univ-amu.fr/consignes-mise-en-page-articles</a></p> <p>Chaque article pourra être illustré de 15 images maximum. Les consignes sur la préparation des dossiers iconographiques seront données aux auteurs en octobre 2026.</p> <p>Publication prévue à l’été 2027.</p> <p>—</p> <p><strong>Présentation du projet</strong><br />Le dossier « Illustrer l’Arioste » se propose de mettre à la disposition des enseignants du secondaire et des étudiants tous les éléments nécessaires pour aborder le corpus iconographique ariostien, et l’exploiter à des fins pédagogiques et de recherche.<br />Le corpus des images est gigantesque et multiforme : le premier objectif est d’en faire connaître les différentes composantes et d’aider à y circuler.<br />Le texte du <em>Roland furieux</em>, avec ses 46 chants, a de quoi impressionner : d’une certaine manière, l’iconographie y a opéré, sinon un tri, du moins une hiérarchisation des contenus narratifs. Le second objectif est de présenter, à partir de leur iconographie, les épisodes les plus célèbres, d’en proposer l’analyse et les enjeux culturels.<br />Ces enjeux sont en effet cruciaux pour comprendre comment s’est constitué le socle culturel commun de la Renaissance européenne, dont l’imaginaire contemporain est encore largement tributaire. Le troisième objectif de ce dossier sera de dégager les liens qui unissent, par l’image, l’Arioste à la fiction contemporaine, et notamment à la <em>Fantasy</em>.<br />Enfin, le corpus iconographique ariostien offre la particularité de fournir un volume soutenu et multinational d’images, pendant quatre siècles, se référant à un texte commun : il permet ainsi de mesurer précisément la genèse et l’évolution européenne de nos dispositifs et régimes de représentation, et fournit à ce titre les éléments d’une propédeutique à l’analyse d’image. La mise en place, à partir de l’iconographie de l’Arioste, d’une méthodologie d’analyse de l’image d’illustration constitue le 4e objectif de ce dossier.</p> <p><strong>Propositions de contributions</strong><br />Les articles sont à destination pédagogique. Ils n’excèderont pas 25000 signes. Dans le dossier, 4 rubriques sont prévues :</p><p> Editions illustrées de l’Arioste : présentation des principales éditions (éditeur, imprimeur, graveurs, type de gravure), parentés iconographiques, postérité. L’Arioste hors du livre : peinture, théâtre, objets d’art. Analyse des circulations, des adaptations, des procédés de narration visuelle et des milieux de réception. Scènes et personnages : étude transhistorique et intermédiale d’un épisode ou d’un personnage. Régimes de représentation : méthodologie de l’analyse d’image à partir d’études de cas. </p> <p>On détaille ci-après les grandes caractéristiques du corpus d’étude, sur lequel porteront les contributions :</p> <p><strong>Livres illustrés</strong><br />Le <em>Roland furieux</em> a été illustré très tôt. Le succès extraordinaire du livre et l’avance technique des typographes italiens expliquent sans doute le nombre des éditions illustrées. Les illustrations se présentent d’abord sous forme de vignettes gravées sur bois, une par chant : Ferrare, Zoppino, 1530 ; Venise, Giolito de’ Ferrari, 1543 ; Venise, Valvassori, 1553 ; Venise, Rampazetto, 1564 ; et une rare édition Gratioso Perchacino, 1567. A l’exception de cette dernière, toutes sont réimprimées à plusieurs reprises.<br />Viennent ensuite des programmes d’illustration plus ambitieux, en pleine page : Venise, Valgrisi, 1560, et inspirées de Valgrisi, les gravures sur cuivre de Girolamo Porro pour Franceschi, en 1584. Les gravures de Gaultier, pour l’édition en français de Paris, Foüet, 1615 doivent également beaucoup à Valgrisi.<br />Au XVIIIe siècle on voit à nouveau apparaître de luxueuses éditions illustrées de gravures sur cuivre pleine page : elles composant des scènes, et non plus un récit à petits personnages. Deux séries notamment se distinguent : celle de Cipriani, Moreau et Eisen pour l’édition en italien de Baskerville à Birmingham (1771-1773) et celle de Cochin pour l’édition en français de Brunet à Paris (1775). On peut mentionner également les 12 gravures de Chodowiecki pour l’Almanach général de Berlin, les gravures de P. A. Novelli pour l’édition de Venise, Zatta, 1776, et les dessins réalisés par Fragonard au début des années 1780, qui n’ont finalement pas été gravés. L’ensemble de ces séries est assez ramassé dans le temps : les années 1770 constituent un tournant dans l’illustration ariostienne et un témoignage essentiel de la manière dont il était lu et imaginé.<br />L’évolution iconographique se poursuit au XIXe siècle, et bénéficie de la révolution technologique des gravures sur bois de bout, qui permettent une illustration abondante à bien meilleur marché. Les deux séries les plus remarquables sont celle de Paris, Mallet, 1844, à laquelle participent Tonny Joahnnot et Célestin Nanteuil, et celle de Paris, Hachette, 1879, illustrée par Gustave Doré, qui prépare le basculement vers l’imaginaire de la <em>fantasy</em>.</p> <p><strong>Peinture</strong><br />Sans doute le livre a-t-il joué un rôle central dans la diffusion européenne et dans l’évolution historique de l’iconographie du <em>Roland furieux</em>. Mais il n’en a pas été le seul vecteur. Les plus anciennes peintures prenant pour thème le <em>Roland furieux</em> sont contemporaines des premières gravures d’illustration. On peut citer <em>Le Combat de Roland contre Rodomont</em>, peint au début des années 1530 par Battista Dossi ou un de ses élèves ; la série de fresques peintes par Niccolò del’Abbate pour le palais Torfanini à Bologne en 1548 ; ou encore les cinq médaillons monochromes de Pietro Dolce peints à fresque à Chiusa di Pesto vers 1550, peut-être d’après les gravures de Giolito de Ferrari. La peinture est d’abord pensée comme une création sérielle, sous la forme d’un cycle anthologique (sélection d’épisodes) ou monographique (narration suivie), pour une galerie ou pour servir de cartons de tapisserie : les douze tableaux du château d’Effiat, réalisés à la fin des années 1620, en sont un exemple caractéristique.<br />Dès la deuxième moitié du XVIe siècle, on assiste à une standardisation des épisodes peints. Les artistes et leurs commanditaires ne retiennent que quelques scènes au sein du gigantesque répertoire narratif des 46 chants de l’Arioste : la folie de Roland, puis les amours d’Angélique et Médor vont devenir de véritables topoï iconographiques, illustrés par Peterzano, Lanfranco, Caliari, Tiarini, puis Sebastiano Ricci, Tiepolo en Italie ; en France, par Dubreuil, Blanchard, La Hyre, puis Coypel et Boucher ; dans les Flandres, par Bartholomeus Spranger, Bloemaert.… Au XIXe siècle, c’est surtout Angélique au rocher menacée par l’orque et sauvée par Roger sur son hippogriphe qui séduit les artistes. Parmi les tableaux les plus célèbres, on peut citer ceux d’Ingres (1819), ou d’Arnold Böcklin (1873).</p> <p><strong>Théâtre, opéra, ballet</strong><br />Le monde fictionnel du <em>Roland furieux</em> s’autonomise peu à peu par rapport au texte. Dès le début du 17e siècle, on porte Roland à la scène, ou plus exactement on extrait de l’Arioste tel ou tel scénario qui en reprend partiellement et plus ou moins fidèlement les contenus. En France, les pièces de Charles Bauter, dit le sieur de Méliglosse, sont sans doute parmi les premières : <em>La Rodomontade</em> (1605) ; <em>Tragedie françoise des amours d’Angelique et de Medor</em> (1614), <em>La Mort de Roger</em> 1620). Riche puis Gilbert donnent à Paris <em>Les Amours d’Angélique et de Médor</em> (1637, 1664) ; Mairet donne un <em>Roland furieux</em> en 1638 ; Quinault fournit le livret de l’opéra de Lully, créé en 1685.<br />Au XVIIIe siècle, Roland est exploité sous forme parodique par la Comédie-Italienne et le théâtre de la foire : <em>Arlequin Roland furieux</em> (1694) de l’abbé Bordelon ; <em>Pierrot Roland</em> (1709) et <em>Pierrot furieux</em> (1717) de Fuzelier, <em>Arlequin Roland</em> (1727) de Dominique et Romagnesi et <em>Roland</em> (1744) de Panard et Sticotti. Parallèlement l’<em>opera seria</em> s’empare également du sujet : Vivaldi met en musique en 1714 un <em>Orlando furioso</em> (remanié jusqu’en 1727) et un <em>Orlando finto pazzo</em> qui est plutôt inspiré de Boiardo ; Haendel monte un <em>Orlando</em> en 1733 à Londres. Le spectacle ne se concentre pas nécessairement sur la folie de Roland, la magicienne Alcine et certains récits enchâssés, en particulier celui de Guenièvre et Ariodant connaissent une fortune particulière : on peut citer par exemple <em>Olimpia in Ebuda</em> de Hasse (1740), ou l’<em>Ariodante</em> puis l’<em>Alcina</em> de Haendel (1735).</p> <p>Cette intense production a produit des décors de théâtre, et à partir d’eux des gravures d’illustration sur les livrets, des tableaux et cartons de tapisserie. Pendant trois siècles, l’Europe s’est divertie, a rêvé, a imaginé avec l’Arioste.</p> <p><strong>Objets d’art</strong><br />La fiction ariostienne entre dans les intérieurs et habille les objets. Dès 1525, on voit apparaître sur les majoliques les figures des héroïnes et des héros de l’Arioste (ou de Boiardo). Francesco Xanto Avelli introduit l’hippogriffe dans ses créations : en 1532, il produit un <em>tondo</em> représentant Astolphe chassant les harpies ; en 1531, sans doute un Roger fuyant l’île d’Alcine. Les artisans puisent ainsi dans le nouveau répertoire de modèles fournis par l’imaginaire ariostéen pour décorer tapisseries, vaisselle, coffres peints ou encore cornes à poudre durant toute la période moderne. </p> <p><strong>Sources croisées</strong><br />Il ne faut pas se représenter une iconographie se déployant directement à partir d’un texte unique. L’Arioste vient après Boiardo qui lui-même puise dans le roman de chevalerie français, où une bonne partie de leurs personnages ont déjà existé ; par ailleurs, le <em>Roland furieux</em> sollicite massivement la culture antique : par exemple, l’évocation de la descendance de Bradamante par la magicienne Mélisse dans la caverne de Merlin (chant III) rappelle la rencontre que Virgile avait imaginée d’Énée avec Anchise aux Enfers ; le double épisode d’Olympe, puis d’Angélique au rocher (chant XI) parodie l’histoire de Persée et Andromède, qu’on peut lire chez Ovide ; la folie de Roland utilisant le corps d’un berger comme massue (chant XXIV) reprend l’histoire d’Hercule furieux massacrant Lichas. L’imaginaire ariostien est donc dès le départ un imaginaire interculturel aux inspirations multiples.</p> <p>L’usage de la gravure par ailleurs n’est pas toujours scrupuleux : bien souvent, les bois gravés employés pour illustrer un texte sont réemployés pour un autre. La raison n’en est pas seulement économique ; l’image peut renvoyer très précisément au texte comme elle peut le décorer, lui fournir un cadre, ou même simplement constituer un agrément de mise en page. Elle peut signifier le texte au détail près, comme elle peut renvoyer à la circulation intertextuelle dans laquelle il est inscrit.</p> <p>La circulation est d’abord interne. On remarque par exemple que d’une réédition l’autre, les bois de Rampazetto pour le Roland furieux changent de chant, ou que certaines des vignettes de Percacino sont utilisées pour plusieurs chants.</p> <p>On assiste également a des réemplois externes : depuis ou vers les illustrations des <em>Métamorphoses</em> d’Ovide et de leurs avatars (les <em>Trasformationi</em> de Dolce) ; des <em>Amadis</em> (la traduction de Nicolas d’Herberay des Essarts, Paris, Janot, 1540, et ses nombreux avatars) ; du <em>Roland amoureux</em> vers le <em>Roland furieux</em> et vice-versa : les toutes petites vignettes du premier <em>Roland amoureux</em> illustré, Venise, G. de Ruconi, 1513, donnent le cadre et les formes génériques à partir desquelles l’illustration épico-romanesque va se déployer ; la très rare édition Zoppino de 1521 propose déjà des bois in-4° pleine page ; le <em>Roland amoureux</em> de Venise, imprimé par Nicolini da Sabbio en 1539 s’ouvre avec une carte : on voit ainsi se dessiner les étapes préparatoires du dispositif territorial des gravures pleine page de l’édition Valgrisi du <em>Roland furieux </em>en 1560, qui, repris et corrigé dans les gravures sur cuivre de l’édition Franceschi en 1584, va servir de base à une organisation scénique de l’image.</p> <p><strong>Bibliographie</strong><br /><strong>Editions modernes du <em>Roland furieux</em></strong></p> <p><em>On n’entre pas ici dans le détail de la généalogie du texte et de ses éditions successives du vivant de l’auteur.</em></p> <p>Ludovico Ariosto, <em>Orlando furioso</em>, A cura di Lanfranco Caretti, Presentazione di Italo Calvino, 2 volumes, Turin, Einaudi, 1966, 1992. Voir l’introduction de Lanfranco Caretti, p. V-LX</p> <p>Ludovico Ariosto, <em>Opere</em>. A cura di Gabriele Pedullà, Rome, Editalia, Istituto Poligrafico e Zecca dello Stato, 2011 (contient tout l’apparat critique de la Renaissance et reproduit les cinq principaux cycles illustrés du Roland furieux du XVIe siècle et des Cinq Chants)</p> <p>Ludovico Ariosto, <em>Orlando furioso</em>, commento di Emilio Bigi, a cura di Cristina Zampese, Milan, BUR Rizzoli classici, 2012</p> <p><strong>Traductions et anthologies</strong><br />L’Arioste, <em>Roland furieux</em>, édition bilingue, introduction, traduction et notes par André Rochon, 4 volumes, Les Belles Lettres, 1998-2002. Voir l’introduction d’André Rochon, p. XI-LXXXIII</p> <p>L’Arioste, <em>Roland furieux</em>, éd. et trad. de Michel Orcel, 2 vol., Seuil, 2000 (bilingue), Points, 2021 (en français seulement)</p> <p>L’Arioste, <em>Roland furieux</em>, trad. Francisque Reynard (1880), Folio, 2003 (résumés chant par chant)</p> <p>Arioste, <em>Roland furieux</em>, présenté et raconté par Italo Calvino, Einaudi, 1970, traduction des extraits de l’Arioste par C. Hippeau, traduction d’I. Calvino par Nino Frank, Flammarion (GF), 1982. Voir l’introduction p. 5-30</p> <p><strong>Bibliographie critique</strong><br />Giorgia Atzeni, « Letteratura e immagini: le prime illustrazioni del Furioso », <em>ArcheoArte</em>, 2012, DOI: 10.4429/j.arart.2011.suppl.48</p> <p>Guido Beltramini &amp; Adolfo Tura, dir., <em>Orlando Furioso 500 anni: cosa vedeva Ariosto quando chiudeva gli occhi</em>, Ferrare, 2016</p> <p>Lina Bolzoni, <em>La stanza della memoria</em>, Einaudi, 1995</p> <p>Lina Bolzoni, dir., <em>Galassia Ariosto. Il modello editoriale dell’</em>Orlando furioso<em> dal libor illustrato al web</em>, Donzelli editore, 2017</p> <p>Nicole Botti, <em>Il baule del Furioso. La fortuna del poema ariostesco nel melodramma</em>, Lucca, Pacini Fazzi, 2018</p> <p>Mario Casari, Monica Preti, Michael Wyatt, <em>Ariosto and the Arabs: Contexts for the </em>Orlando furioso, Harvard University Press, 2022</p> <p>Marina Cogotti, Vincenzo Farinella, Monica Preti, dir., <em>I voli dell’Ariosto: L’“Orlando furioso” e le arti</em>, Milan, Officina Libraria, 2016</p> <p>Alexandre Doroszlai, <em>Ptolémée et l’hippogriffe. La géographie de l’Arioste soumise à l’épreuve des cartes</em>, Edizioni dell’Orso, 1998</p> <p>José Guidi, Alexandre Doroszlai ; Marie-Françoise Piéjus, André Rochon, <em>Espaces réels et espaces imaginaires dans le </em>Roland Furieux, Paris, Presses universitaires de la Sorbonne nouvelle, 1991</p> <p>Fanny Eouzan, « L’Arioste réécrit pour l’opéra : un voyage en Europe et dans les genres », <em>Cahiers d’études romanes</em>, n°20, 2009, p. 321-345</p> <p>Clarisse Evrard, « Les métamorphoses des paladins de l’Arioste au Cinquecento, de l’espace livresque à l’autonomie visuelle », <em>Histoire et civilisation du livre</em>, Genève, Droz, 2024, p. 137-147</p> <p>Gianluca Genovese, <em>Le vie del furioso</em>, Napoli, Guida, 2017</p> <p>Daniel Leisawitz, « Ironic Geography in Ariosto’s <em>Orlando furioso</em> », <em>Renaissance Quarterly</em>, 75/2, 2022, DOI: 10.1017/rqx.2022.103</p> <p>Stéphane Lojkine, « L’effet Argo. Le système des territoires dans le <em>Roland furieux</em> de l’Arioste », <em>Patrimoine et littérature au collège et au lycée,</em> Scérén, CRDP Franche-Comté, 2007, p. 123-153</p> <p>Stéphane Lojkine, « Les trois territoires de la fiction : le <em>Roland furieux</em> et ses illustrateurs », <em>Geographiae imaginariae : Dresser le cadastre des mondes inconnus dans la fiction narrative de l’Ancien Régime</em>, Presses de l’Université Laval, p. 165-193</p> <p>Stéphane Lojkine, « Entre nœud et lieu : géo-stratégie du <em>Roland furieux</em> », <em>Cahiers d’études romanes</em>, n°51, L’image réinterprétée, dir. P. Abbrugiati et Mathieu Corp, PUP, 2026, p. 125-145</p> <p>Ita Mac Carthy, « Icons in Time: Ariosto’s <em>Orlando furioso</em> and Chivalric Literature through the Ages », <em>The Oxford Handbook of Italian Literature</em>, Oxford University Press, 2025</p> <p>Peter W. Parshall, Rainer Schoch, et alii, <em>Origins of European Printmaking</em>, Yale University Press, 2005</p> <p>Michel Paoli et Monica Preti, dir., L’Arioste et les arts, Paris, Louvre éditions, 2012</p> <p>Francesco Sberlati, « Allegoriche figure. L’edizione Valgrisi del ‘Furioso’ (Venezia 1556) », <em>Letteratura &amp; Arte</em>, XII, 2014, p. 37–53</p> <p>Andrea Torre, « Il <em>Furioso</em> on the Web. Un archivio digitale delle illustrazioni cinquecentesche del poema », <em>Italianistica</em>, 2008, n°3</p> <p>Andrea Torre, « Pino Zac, <em>Orlando furioso</em> di Ludovico Ariosto », Arabeschi, 2013</p> <p>Andrea Torre, « Ovidio dopo Ariosto. Doppiaggi iconografici e testuali in edizioni illustrate del Cinquecento », <em>Galassia Ariosto</em>… (voir <em>supra</em>), 2017, p. 283-309</p> <p>Paolo Trovato, « Ariosto d’oro e figurato. Le principali edizioni illustrate del Cinquecento [dell''Orlando furioso'], in <em>L’‘Orlando furioso’ nello specchio delle immagini</em>, a cura di Lina Bolzoni, Roma, Istituto della Enciclopedia Italiana, 2014, p. 1-3</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133616_b72d65da813d0847467c0182a42c89e6.jpg" type="image/jpeg" length="181306"/>
    </item>
    <item>
      <title>Sophie Leclercq, Éduquer et séduire. Images scolaires de l'Empire au temps colonial (1870-1960)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133612/sophie-leclercq-eduquer-et-seduire-images-scolaires-de-l-empire-au-temps-colonial-1870-1960.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 08:59:01 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133612/sophie-leclercq-eduquer-et-seduire-images-scolaires-de-l-empire-au-temps-colonial-1870-1960.html</guid>
      <category>fabula_question_societe</category>
      <description>Préface de Laurence Bertrand Dorléac. Images coloniales, images scolaires. Un ouvrage majeur d'histoire de l'art avec lequel Sophie Leclercq, croisant et analysant de multiples sources, textes et documents visuels, éclaire un point resté aveugle du colonialisme français : comment, entre 1870 et 1960, à travers une imagerie édifiante, fut enseignée aux enfants la conquête coloniale, et de quelle façon fut éduqué leur regard sur les populations colonisées ? Une petite image de récompense de la prise de Marovoay, une chasse à l'éléphant sur la couverture d'un cahier, la projection lumineuse de Tahitiens souriants ou d'un pont à Hanoï, au mur les tâches rouges d'un planisphère… Au temps colonial, les classes de la République se parent des images polychromes de la « France des cinq parties du monde ». L'école laïque, gratuite et obligatoire est le lieu de promotion de la Nation et de ses prolongements exotiques : les colonies. La prolifération de l'image profite aussi à l'éducation qui la convoite pour ses vertus pédagogiques. L'espace scolaire est alors inondé de fascinantes illustrations exotiques d'une France grandie par ses colonies. Comment, entre 1870 et 1960, à travers une imagerie édifiante, fut enseigné l'Empire aux enfants ? De quelle manière fut éduqué [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133612_5f732a84bfba6ba0230e11ef4e49ba38.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133612_5f732a84bfba6ba0230e11ef4e49ba38.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Préface de Laurence Bertrand Dorléac.</strong></p> <p>Images coloniales, images scolaires. Un ouvrage majeur d'histoire de l'art avec lequel Sophie Leclercq, croisant et analysant de multiples sources, textes et documents visuels, éclaire un point resté aveugle du colonialisme français : comment, entre 1870 et 1960, à travers une imagerie édifiante, fut enseignée aux enfants la conquête coloniale, et de quelle façon fut éduqué leur regard sur les populations colonisées ?</p> <p>Une petite image de récompense de la prise de Marovoay, une chasse à l'éléphant sur la couverture d'un cahier, la projection lumineuse de Tahitiens souriants ou d'un pont à Hanoï, au mur les tâches rouges d'un planisphère… Au temps colonial, les classes de la République se parent des images polychromes de la « France des cinq parties du monde ». L'école laïque, gratuite et obligatoire est le lieu de promotion de la Nation et de ses prolongements exotiques : les colonies. La prolifération de l'image profite aussi à l'éducation qui la convoite pour ses vertus pédagogiques. L'espace scolaire est alors inondé de fascinantes illustrations exotiques d'une France grandie par ses colonies.</p> <p>Comment, entre 1870 et 1960, à travers une imagerie édifiante, fut enseigné l'Empire aux enfants ? De quelle manière fut éduqué leur regard sur l'Autre et l'Ailleurs ? Faut-il voir avant tout dans ces images scolaires un ensemble documentaire visant à la connaissance de l'Empire ? S'agit-il plutôt de prolonger à l'École la propagande graphique du roman national, qui s'écrit largement comme une fiction coloniale ? À partir d'archives de l'éducation, cette étude explore les multiples facettes d'un colonialisme visuel qui envahit les écoles françaises jusqu'au crépuscule de l'Empire.</p> <p><strong><a href="https://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=9829&amp;menu=0">Découvrir quelques pages et le sommaire sur le site de l'éditeur…</a></strong></p> <p><em>Docteure en histoire culturelle, Sophie Leclercq est spécialiste des images et des arts en contexte colonial et postcolonial. Elle est directrice des études à l'École européenne supérieure de l'image et enseigne à Sciences Po. Elle a travaillé avec le musée national de l'Éducation et au musée du quai Branly.</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133612_5f732a84bfba6ba0230e11ef4e49ba38.jpg" type="image/jpeg" length="743746"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le corps à l'épreuve des frontières (Univ. de La Réunion)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133613/le-corps-a-l-epreuve-des-frontieres.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 08:59:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133613/le-corps-a-l-epreuve-des-frontieres.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>Appel à communications LE CORPS À L’ÉPREUVE DES FRONTIÈRES Colloque international, les 4 et 5 juin 2026 Université de La Réunion, île de La Réunion Colloque organisé par : Julien AUBERT (DIRE, Université de La Réunion), Sophie IRELAND (DIRE, Université de La Réunion), Ada LESCAY (DIRE, Université de La Réunion), Mélodie LHERMINEZ (OIES, Université de La Réunion), Jean Pierre SAGNO (LCF, Université de La Réunion) Soutenu par l’Observatoire des Sociétés de l’océan Indien – OSOI-FED4127 — Calendrier Diffusion de l’appel : vendredi 27 mars 2026 Date limite de soumission des résumés : mercredi 22 avril 2026 Notification d’acceptation : lundi 27 avril 2026 Dates du colloque : jeudi 4 et vendredi 5 juin 2026 La publication d’un ouvrage, composé de chapitres approfondissant les communications du colloque qui auront été sélectionnées, est ensuite prévue. Soumission des chapitres : vendredi 15 janvier 2027 Retour des évaluateurs (en double aveugle) : vendredi 4 juin 2027 Remise des chapitres définitifs : vendredi 3 septembre 2027 — Le colloque Le corps à l’épreuve des frontières souhaite explorer les multiples manières dont les corps humains, qu’ils soient individuels, collectifs, réels ou représentés (Le Breton et al. 2013 ; Berthelot, 1997), se confrontent aux limites qui les [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Appel à communications</p> <p style="text-align:center;"><strong>LE CORPS À L’ÉPREUVE DES FRONTIÈRES</strong></p> <p style="text-align:left;">Colloque international, les 4 et 5 juin 2026</p> <p style="text-align:left;">Université de La Réunion, île de La Réunion</p> <p style="text-align:left;">Colloque organisé par : Julien AUBERT (DIRE, Université de La Réunion), Sophie IRELAND (DIRE, Université de La Réunion), Ada LESCAY (DIRE, Université de La Réunion), Mélodie LHERMINEZ (OIES, Université de La Réunion), Jean Pierre SAGNO (LCF, Université de La Réunion)</p> <p style="text-align:left;">Soutenu par l’Observatoire des Sociétés de l’océan Indien – OSOI-FED4127</p> <p>—</p> <p><strong>Calendrier</strong></p> <p>Diffusion de l’appel : vendredi 27 mars 2026</p> <p>Date limite de soumission des résumés : mercredi 22 avril 2026</p> <p>Notification d’acceptation : lundi 27 avril 2026</p> <p>Dates du colloque : jeudi 4 et vendredi 5 juin 2026</p> <p>La publication d’un ouvrage, composé de chapitres approfondissant les communications du colloque qui auront été sélectionnées, est ensuite prévue.</p> <p>Soumission des chapitres : vendredi 15 janvier 2027</p> <p>Retour des évaluateurs (en double aveugle) : vendredi 4 juin 2027</p> <p>Remise des chapitres définitifs : vendredi 3 septembre 2027</p> <p>—</p> <p>Le colloque <em>Le corps à l’épreuve des frontières </em>souhaite explorer les multiples manières dont les corps humains, qu’ils soient individuels, collectifs, réels ou représentés (Le Breton et al. 2013 ; Berthelot, 1997), se confrontent aux limites qui les définissent, les contraignent ou les transforment, à celles qui les environnent, affectent leurs déplacements et orientent leurs trajectoires. Les frontières, comprises au sens large, couvrent l’ensemble de ces limites, qu’elles soient politiques ou territoriales, sociales ou normatives mais aussi esthétiques, médiatiques, temporelles ou perceptives. Elles concernent autant les corps vécus que les corps imaginaires, performés ou médiés par des dispositifs techniques. </p> <p>Le « corps » et la « frontière » sont deux notions productives en sciences humaines et sociales. De nombreux travaux ont mis à profit ces notions (sans forcément les lier) pour penser, entre autres, le pouvoir, les relations humaines, les mobilités, l’identité, l’altérité, la violence, la beauté, le stigmate ou encore la construction de soi. Articuler les notions de « corps » et de « frontière » exige l’examen (et/ou le réexamen) des relations plurielles que ces notions entretiennent et incite à questionner leur opérativité, à prendre en compte les transformations socio-politiques et à être attentif aux spécificités culturelles ainsi qu’aux cadres transnationaux.</p> <p>Qu’est-ce qu’un corps ? Qu’est-ce qu’une frontière ? À quoi servent-ils ? Au-delà d’être une structure, une entité physique et visible, lieu d’ancrage de nos expériences singulières, le corps (ou encore la corporéité) est un construit social. Parlant des sociétés de type individualiste, Le Breton (1992 [2023], p. 34) explique que « (…) le corps fonctionne là à la façon d’une vivante borne frontière<sup>1</sup> pour délimiter face aux autres la souveraineté de la personne » alors que dans les sociétés de type traditionnel ou communautaire, le corps est une partie du collectif, il est lié à l’« énergie collective ». Par ailleurs, le corps, notamment celui des femmes, a fait l’objet de plusieurs études qui ont mis en évidence les formes de contrôle, surveillance et/ou de résistance auxquelles il est soumis (Frigon, Kérisit et al. 2000 ; Butler, 1993 ; Butler, 2004 [2016]). De ce point de vue, il est notamment important de réfléchir à la manière dont les corps « abîmés » (Butnaru et Le Breton, 2013), « subalternes », « handicapés », « transgenres » et « migrants » ont bouleversé les frontières (Le Blanc, 2010 ; Agier 2018 ; Peiretti-Courtis, 2021 ; Balibar, 2022).</p> <p>Concernant la frontière, soulignons que nous vivons dans un monde saturé de limites, de passages et de contrôles : du portail d’immeuble à la portière d’un véhicule, nos déplacements les plus ordinaires sont rythmés par la traversée d’espaces juxtaposés et segmentés. La multiplication des portes, bornes et sas matérialise une tomogenèse de l’espace, c’est-à-dire la création de sections et de découpes qui organisent le passage entre le dedans et le dehors, entre le privé et le public (Gay, 2016). Ces seuils ne sont jamais neutres car ils trient, filtrent et hiérarchisent les corps qui les franchissent, ou qui restent tenus à distance. Cette segmentation du territoire s’illustre également par l’interdiction progressive du vagabondage et la restriction des formes de subsistance libre qui ont façonné un monde moins poreux, pour les humains comme pour les autres êtres vivants (Vanuxem et Mathieu, 2025).</p> <p>Dans ce colloque, la frontière est entendue dans un sens volontairement large. Elle renvoie d’abord à sa définition classique comme limite entre États et compétence territoriale, produit d’une histoire politique et cartographique qui a vu s’imposer la frontière-ligne, continue et juridiquement fixée, au détriment des confins plus flous. Mais, au-delà de cette acception strictement étatique, la frontière désigne toute discontinuité entre des espaces, des régimes d’appropriation ou des formes de pouvoir (Géoconfluences, 2025). Les frontières peuvent être ainsi coupures ou coutures, lieux de séparation mais aussi interfaces de contact, de circulation et de friction. Envisagées comme processus, elles illustrent aussi l’exploitation capitaliste des ressources, l’espace de dépossession des populations locales, ou encore les zones de tensions et d’arrangements entre acteurs aux intérêts divergents (Acloque, 2022). Mais à quoi sert la frontière ?</p> <p>« À faire corps ». C’est la réponse que Régis Debray (2010) donne à cette question dans son Éloge des frontières. Aussi la frontière a-t-elle une fonction liée à un élan collectif et exprime-t-elle un principe identitaire qui se forge dans la recherche de l’unité autant que dans le rapport à l’altérité. La frontière, en effet, marque un double mouvement, l’un centripète, l’autre centrifuge, et plus largement encore rappelle « ce qu’il faut d’ailleurs pour qu’un ici prenne et tienne » (Régis Debray, ibid., p. 62.) Indissociable de l’ancrage territorial, la frontière structure l’espace collectif. Mais qu’en est-il de ses effets sur le corps propre ? </p> <p>L’un des enjeux de ce colloque est d’explorer ce que l’écriture du corps révèle de la frontière et de l’expérience que l’on en fait. Il s’agira notamment d’étudier les éléments constitutifs des poétiques du corps et des frontières dans les textes se référant à l’expérience de la mobilité.</p> <p>C’est en prenant en compte ces différents éléments (et dans une perspective pluri-interdisciplinaire) que le colloque propose de situer la réflexion sur les corps à l’épreuve des frontières. Les contributions attendues s’attacheront à particulièrement réfléchir à l’opérativité d’une réflexion liant la notion de « corps » à celle de la « frontière ». Voici quelques propositions d’intrication :</p> <p>L’une des intrications possibles de ces deux notions est celle de « corps-frontière » qui peut se définir comme « […] un corps qui, traversé par les limitations sociales et spatiales, est marginalisé et effacé […] » (Simard, 2019, p.72). À ce « corps-frontière », on associe le corps-migrant, le corps violé, le corps stigmatisé, le corps du sans-abri, le corps racisé, le corps exilé ; un corps envisagé sous l’angle du néomalthusianisme, un excédent, un corps de trop, qu’on associe aux déchets (Mbembe, 2020), à l’instar des politiques de contrôle démographique opérées par le ventre des femmes racisées à La Réunion. Ces corps mutilés sans consentement sont devenus des objets de gouvernance en faisant l’objet de dispositifs de régulation démographique, médicalisation contrainte et violences institutionnelles, justifiées au nom d’un prétendu équilibre économique et social.</p> <p>On peut aussi s’interroger sur ce que la frontière fait aux corps ou ce que les corps font aux frontières. La première partie de cette interrogation peut particulièrement mobiliser la question de la visibilité ou de l’invisibilité des corps de part et d’autre des frontières (Guénif, 2010 ; Leclère, 2025). Quant à la seconde, elle peut inviter à réfléchir à l’imaginaire des frontières créé par les corps (par exemple, que nous racontent les corps des migrants qui se heurtent aux frontières nationales ?).</p> <p>La question de la « frontiérisation »<sup>2</sup> des corps mérite d’être examinée. Il s’agit ici d’aborder le corps non à partir des frontières territoriales mais plutôt sociales ; entendons par là le processus par lequel des discours et des codes imposent aux corps des limites à ne pas franchir. De fait, la frontière est une institution discursive dans la mesure où elle est l’objet de discussions, délibérations, codifications, en somme objet d’énonciation (politique, littéraire, journalistique etc.).</p> <p>À la suite d’une réflexion sur la visibilité, on pourra aborder la médiatisation de ces « corps-frontières » et des « corps aux frontières ». Comment sont-ils représentés ? Quels sont les codes médiatiques utilisés ? Par ailleurs, ces corps peuvent aussi être analysés comme des corps qui communiquent, ou des corps qui font trace (Galinon-Melenec, B. et al., 2017). Lier les notions de « corps » et de « frontière » à celle de la « trace » (données, digitalisation des corps physiques etc.) permet de questionner le corps dans le contexte numérique. On pourra ainsi interroger les frontières que le numérique impose aux corps, le réinvestissement des frontières sociales dans les espaces numériques ; ou encore se demander, plus globalement, ce que le numérique fait simultanément aux corps et aux frontières.</p> <p>Les propositions qui articulent réflexions théoriques et études contextualisées sont vivement encouragées, en particulier celles portant sur le contexte indiaocéanique. Elles permettront notamment d’interroger l’ancrage des corps, des pratiques et des représentations dans cet espace maritime, bordier et insulaire traversé par des circulations, des héritages pluriels et des rapports de pouvoir. À partir de terrains situés dans l’océan Indien, il s’agira notamment d’examiner comment les frontières s’y incarnent, s’y éprouvent et s’y recomposent. L’ensemble des propositions s’inscriront dans l’un des trois axes thématiques proposés ci-dessous.</p> <p><strong>Axe 1 : Le corps et le tracé des frontières</strong></p> <p>Notre premier axe propose d’aborder l’émergence et la création des frontières, ainsi que tout ce qu’implique l’acte de les tracer, dans toute la diversité de leurs acceptions, de la géopolitique à l’intime. Étudier les relations entre corps et frontières sous cet angle pourrait permettre de mettre au jour certains archétypes, rappelant notamment la dimension sacrée qui préside à l’acte de délimitation. Songeons par exemple à la fondation légendaire de Rome au cours de laquelle Romulus trace d’un sillon dans le sol les limites de la ville en prononçant des paroles sacramentelles. Ces limites alors définies par un sillon sacré distinguent deux espaces qu’elles séparent sans appel. Plus généralement, les frontières occupent une place importante dans les récits de cosmogonies ou dans les mythes ; leur tracé se fait délimitation de l’ordre et du chaos. Ces récits trouvent d’importants échos dans les sociétés contemporaines, notamment au sein de l’actualité internationale et des textes philosophiques et littéraires où des rôles fondamentaux sont accordés aux frontières et où est réinterrogé l’acte de séparation (Suter et Fournier Kiss, 2021).</p> <p>Le tracé des frontières ne saurait être envisagé seulement comme un geste figé ou purement spatial. Il s’inscrit dans des temporalités multiples, faites de déplacements des corps et des sens ainsi que de reconfigurations symboliques. Les frontières se déplacent, se (re)dessinent, se brouillent, à mesure que les pratiques sociales, artistiques et politiques les investissent voire les définissent. Qu’il s’agisse de frontières géographiques, corporelles ou esthétiques, leur tracé révèle autant un désir d’ordre et de séparation qu’une dynamique de passage et de transformation. Explorer ces lignes, c’est ainsi ouvrir un espace de réflexion sur ce qui distingue, relie et met en tension les corps, les territoires et les imaginaires.</p> <p>Enfin, le tracé des frontières engage une réflexion sur les espaces contemporains, marqués par la multiplication des dispositifs de contrôle, de surveillance et de normalisation des corps. Des frontières nationales aux frontières urbaines, numériques ou administratives, les lignes de démarcation se font parfois invisibles mais n’en demeurent pas moins agissantes. Elles produisent inclusions, exclusions et assignations des individus à des positions différenciées. Cette réflexion s’inscrit également dans un enjeu de place (Lussault, 2009). Les frontières ne séparent donc pas seulement des territoires, elles distribuent des places aux corps, autorisent ou interdisent des présences, orchestrent des luttes inégales pour l’accès aux espaces les plus valorisés. Étudier ces frontières, c’est alors interroger les rapports de pouvoir qu’elles cristallisent. En effet, l’hégémonie (Gramsci, 2003, 2004) a imposé des frontières tangibles et métaphoriques que les corps marginalisés ont dû apprendre à franchir, ou du moins à frôler, pour donner sens à leurs existences.</p> <p><strong>Axe 2 : Le corps et la traversée des frontières</strong></p> <p>Les expériences contemporaines de déplacement sont indissociables des tensions que cristallise le passage des frontières. Régi par des règles, ce dernier filtre les individus et dessine une géographie morale des mobilités (Schmoll, 2025). Les différents régimes de mobilité résultent de codes en vigueur sur des territoires donnés ; l’individu passant une frontière est donc directement confronté aux pouvoirs qui s’exercent dans les territoires qu’il traverse. Les normes d’usage de l’espace pour un groupe spécifique et les emplacements concrets qu’il est autorisé ou capable d’occuper s’incarnent en effet dans des institutions, des lois, des normes culturelles et des dispositifs spatiaux et ils organisent très concrètement qui peut être où, avec qui, à quel moment. En quoi les différentes modalités de déplacement affectent-elles les corps, qu’ils soient en mouvement ou assignés, en transit ou immobilisés ?</p> <p>Des aventures d’Ulysse aux épreuves contemporaines des migrants, le corps constitue un motif propre à refléter de manière toute concrète et toute symbolique, en deçà de l’ensemble des données relevant de l’organisation de la collectivité, la singularité de qui fait l’épreuve de la frontière. Si « la frontière est d’abord une affaire intellectuelle et morale » – selon le mot de l’historien Christian Jacob que cite Régis Debray (2010) dans son Éloge des frontières - elle est aussi affaire de corps. La fascination pour la frontière que ressent le personnage d’Aldo dans Le Rivage des Syrtes (Gracq, 1951), et qui l’incite à dépasser le tracé de la frontière, s’exprime en des termes qui renvoient à une expérience qui a trait au corps et à l’altération des limites du sujet : « Ce que je voulais n’avait de nom dans aucune langue. Être plus près. Ne pas rester séparé. Me consumer à cette lumière. Toucher ». Qu’est-ce que les représentations du corps dans les zones frontalières révèlent de la frontière, du corps et de leurs usages ? En quoi ces représentations qui font valoir les relations entre l’intime et le collectif, entre l’identité et l’altérité, entre l’expérience du corps propre et celles des institutions (Foucault, “Le corps utopique”, 1966) permettent-elles de dégager un ensemble d’enjeux spécifiques au passage des frontières, de penser un phénomène crucial du monde d’aujourd’hui et d’en appréhender les défis ?</p> <p>Par ailleurs, la frontière annonce l’incertain et son franchissement apparaît comme une confrontation à l’inconnu. Les représentations des passages de frontières mobilisent des éléments liés au mythe d’Orphée franchissant le seuil du monde connu grâce aux pouvoirs de son chant. Quel serait le monde inconnu auquel ouvrent les textes où se tisse la poétique du corps à l’épreuve de la frontière ? En quoi ce monde oscille-t-il entre espace référentiel et « espace littéraire » (Blanchot, 1951) ? Est-il à même de fournir des éléments de renouvellement de notre expérience de l’espace et plus encore de recréer notre rapport au territoire, de redéfinir les corps, de les investir de manière inédite ? De tels questionnements sont à la croisée de la littérature et des arts de la scène qui, tout particulièrement, incitent à aborder la porosité entre fiction et réel.</p> <p>En outre, le jeu d’acteur comme certains types de personnages incarnent un franchissement symbolique où l’identité devient surface mobile, et où le corps, volontairement ou malgré lui, transgresse ses assignations. Aussi la scène met-elle en lumière des corps soumis à l’épreuve constante des frontières. Par les jeux de masques, les simulations corporelles et les stratégies de traversée des normes, les frontières, tant sociales que morales, sont envisagées dans leur fragilité. La frontière au théâtre se manifeste également à travers la séparation, plus concrète mais parfois instable, entre la scène et les spectateurs. Ce seuil, matérialisé par l’espace scénique ou institutionnalisé sous la forme du « quatrième mur », organise la distribution des regards, des voix et des présences. Pourtant, il demeure une frontière poreuse, sans cesse traversée par les adresses directes, les apartés, les ruptures d’illusion ou les performances qui sollicitent la participation du public. Cette limite, qui sépare fiction et réalité, constitue un espace de tension où se négocient autorité dramatique et liberté interprétative. En jouant avec ce mur symbolique, en le renforçant, en le fissurant ou en le faisant voler en éclats, les dramaturges interrogent les conditions mêmes de la représentation, tout en exposant les corps à une zone de friction où se redéfinissent leurs places respectives.</p> <p><strong>Axe 3 : Le corps et les modes d’habiter les frontières</strong></p> <p>Au-delà de la prise en compte des modes selon lesquels les frontières sont tracées ou traversées, il nous importe également de valoriser les manières dont nous les habitons. Selon Léonora Miano, la frontière « […] est l’endroit où les mondes se touchent, inlassablement. C’est le lieu d’oscillation constante : d’un espace à l’autre, d’une sensibilité à l’autre, d’une vision du monde à l’autre » (Miano, 2012, p. 25). Les corps qui habitent cet espace structurent leurs identités à partir du dialogue ou du conflit entre des matrices ou des modèles culturels de nature diverse.</p> <p>Penser la frontière en tant qu’espace liminaire d’aller-retour favorise une conversation féconde sur les réalités et les imaginaires d’individus ou de groupes sociaux qui ont trouvé le sens de leur existence (Frankl, 1991) dans, au moins, deux contextes géographiquement ou symboliquement séparés. Que signifie habiter la frontière ? Quels sont les avantages et les défis liés au fait de l’habiter ? Les frontières peuvent-elles habiter les corps ?</p> <p>Dans quelle mesure les sciences sociales contemporaines ont-elles contribué à répondre à ces interrogations ? Dans quelle mesure l’histoire, la science politique, la géographie, l’anthropologie, la sociologie, la psychologie, les sciences de l’information et de la communication ont-elles apporté un éclairage sur ce sujet ? Quels sont les codes textuels et visuels qui ont permis de représenter les manières d’habiter les frontières ? Comment les études littéraires et les études sur la culture visuelle se sont-elles approchées des imaginaires inhérents aux rapports corps/frontières ? Nous espérons que les débats suscités dans le cadre du colloque apporteront des réponses à ces questions et à d’autres interrogations liées à ce thème.</p> <p>Une fois analysées les manières dont les frontières sont tracées, traversées ou habitées, nous souhaiterions inviter les participants au colloque à réfléchir à la possibilité de concevoir un monde, réel ou symbolique, sans frontières. Que se passe-t-il lorsque les binarismes se brisent ? À quoi ressemblerait le monde si les barrières entre le blanc et le noir disparaissaient ? À quoi ressemblerait le monde si nous oubliions les catégorisations liées à l’origine, la couleur de peau ou le genre ? À quoi ressemblerait un monde sans frontières ?</p> <p>—</p> <p>Pour terminer, le colloque invite également à répondre à plusieurs séries de questions : en quoi la frontière affecte-t-elle le corps du voyageur ? Quelles sont les représentations du corps dans les textes évoquant la traversée des frontières ? Le passage de frontière est-il l’occasion d’exprimer, via le corps, une réappropriation de la subjectivité, une perméabilité à l’altérité, une transformation identitaire, une créolisation, une ouverture radicale à l’inconnu ? Comment les corps subalternes ont-ils franchi ou contourné les frontières ? Quelles ont été les circonstances ayant motivé les relations conflictuelles avec les frontières ?In fine, les études de cas pourront également questionner les dispositifs au cœur de l’activité de « frontiérisation » et leurs effets sur les corps. Les analyses (sémiotique, discursive, littéraire, théâtrale, iconique etc.) des mises en scène, des récits de ces corps qui résistent aux frontières sont également bienvenues.</p> <p>—</p> <p><strong>Notes</strong></p><p> </p> <p>C’est nous qui soulignons.</p> <p></p> De l’anglais bordering, la « frontiérisation » désigne « (…) l’émergence, l’instauration et la consolidation de la frontière en tant qu’objet matériel et symbolique à travers l’instauration de dispositifs d’affirmation et de régulation du pouvoir ». [Source : Lexique de l’institut des frontières et discontinuités (Groupement d’intérêt scientifique transfrontalier Franco-Belge). En ligne : <a href="https://ifd.hypotheses.org/lexique">https://ifd.hypotheses.org/lexique</a> (consulté le 9 janvier 2026)].<p> </p> <p>—</p> <p><strong>Modalités de soumission</strong></p> <p>Les propositions de communication (500 mots environ, avec les références bibliographiques et courte notice biographique) sont à envoyer jusqu’au 22 avril 2026. Elles doivent notamment comporter l’axe choisi et le titre de l’intervention. Nous vous suggérons qu’elles contiennent les éléments suivants : problématique générale, question de recherche, cadre théorique, méthodologie et contribution(s) principale(s).</p> <p>Les propositions et communications pourront être présentées en français et anglais (ou encore espagnol et créole avec soumission de la communication traduite dans les grandes lignes pour en faciliter la diffusion et la compréhension). Les communications seront d’une durée de 20 minutes, suivies de 10 minutes de questions. Les propositions d’ordre artistique, type performances ou autres, sont également bienvenues.</p> <p>Contact et envoi des propositions à <a href="mailto:corps.frontieres@gmail.com">corps.frontieres@gmail.com</a>.</p> <p>NB. L’acceptation des propositions de communication ne vaut pas acceptation des articles qui seront soumis à évaluation anonyme. Les articles devront répondre aux standards des publications scientifiques. Une feuille de style vous sera transmise à cet effet.</p> <p>—</p> <p><strong>Informations pratiques</strong></p> <p>Aucune prise en charge des frais (transport, hébergement, etc.) ne pourra être assurée, mais les repas du midi ainsi que le dîner du dernier soir seront offerts.</p> <p>—</p> <p><strong>Comité scientifique</strong></p> <p>Nathanaëla ANDRIANASOLO-MATHIEU (LPL, Aix-Marseille Université)<br />Marc ARINO (DIRE, Université de La Réunion)<br />Julien AUBERT (DIRE, Université de La Réunion)<br />Myriam BOUCHARENC (CSLF, Université Paris X Nanterre)<br />Christophe COSKER (HCTI, Université de Bretagne Occidentale)<br />Catherine HAMAN (HLLI, Université Littoral Côte d’Opale)<br />Fabrice FOLIO (OIES, Université de La Réunion)<br />Sophie IRELAND (DIRE, Université de La Réunion)<br />Marie-Annick LAMY-GINER (OIES, Université de La Réunion)<br />Ada LESCAY (DIRE, Université de La Réunion)<br />Mélodie LHERMINEZ (OIES, Université de La Réunion)<br />Valérie MAGDELAINE-ANDRIANJAFITRIMO (LCF, Université de La Réunion)<br />Axelle MARTIN (LERASS, Université Paul-Valéry Montpellier 3)<br />Alison MORANO (LCF, Université de La Réunion)<br />Urbain NDOUKOU-NDOUKOU (EHIC, Université de Limoges)<br />Simon NGONO (LCF, Université de La Réunion)<br />Christine OROBITG (DIRE, Université de La Réunion)<br />Yolaine PARISOT (UPEC, Paris-Est Créteil)<br />Sylviane RABETSARAZAKA (DIRE, Université de La Réunion)<br />Christiane RAFIDINARIVO (LCF, Université de La Réunion / CEVIPOF, Sciences Po)<br />Colin ROBINEAU (LCF, Université de La Réunion)<br />Jean Pierre SAGNO (LCF, Université de La Réunion)<br />François TAGLIONI (OIES, Université de La Réunion)<br />Sofiane TAOUCHICHET (chercheur indépendant)<br />Laurène TETU (LCF, Université de La Réunion)</p> <p><strong>Comité d’organisation</strong></p> <p>Julien AUBERT (DIRE, Université de La Réunion)<br />Fabrice FOLIO (OIES, Université de La Réunion)<br />Morgane GRONDIN (OIES, Université de La Réunion)<br />Sophie IRELAND (DIRE, Université de La Réunion)<br />Ada LESCAY (DIRE, Université de La Réunion)<br />Mélodie LHERMINEZ (OIES, Université de La Réunion)<br />Valérie MAGDELAINE-ANDRIANJAFITRIMO (LCF, Université de La Réunion)<br />Balaviknesh NILAMEGAME (OIES, Université La Réunion)<br />Jean Pierre SAGNO (LCF, Université de La Réunion)<br />Françoise SYLVOS (DIRE, Université de La Réunion)<br />Kasia SOBONIAK (DIRE, Université de La Réunion)</p> <p>—</p> <p><strong>Bibliographie </strong></p> <p>Acloque, Delphine (2022), « Frontière désertique, front pionnier et territorialisation. Approche à partir du cas égyptien », Géoconfluences, mis en ligne en juin 2022.<br />[consulté le 18/12/2025].</p> <p>Agier, Michel (2018), <em>L’Étranger qui vient : repenser l’hospitalité</em>. Paris, Éditions du Seuil. </p> <p>Balibar, Etienne (2022), <em>Cosmopolitique : Des frontières à l’espèce humaine</em>. Paris, La Découverte.</p> <p>Berthelot, Francis (1997), <em>Le Corps du héros. Pour une sémiotique de l’incarnation romanesque.</em> Paris, Nathan.</p> <p>Blanchot, Maurice (1955),<em> L’Espace littéraire.</em> Paris, Gallimard.</p> <p>Butler, Judith (1993),<em> Bodies That Matter</em>. New York, Routledge.</p> <p>Butler, Judith (2004 [2016]), <em>Défaire le genre</em>. Traduit de l’anglais par Maxime Cervulle. Paris, Éditions Amsterdam.</p> <p>Butnaru, Denisa et Le Breton, David (ed.) (2013), <em>Corps abîmés.</em> Laval, Presses de l’Université Laval.</p> <p>Debray, Régis (2010), <em>Éloge des frontières</em>. Paris, Gallimard.</p> <p>Foucault, Michel (1966 [2009]), <em>Le Corps utopique, les hétérotopies</em>. Paris, Éditions Lignes.</p> <p>Frankl, Viktor E (1991), <em>El hombre en busca de sentido</em>. Barcelona, Editorial Herder. </p> <p>Frigon, Sylvie et Kérisit, Michèle (ed.) (2000), <em>Du corps des femmes : contrôles, surveillances et résistances</em>. Ottawa, University of Ottawa Press.</p> <p>Galinon-Melenec, Béatrice (éd.) (2017), <em>L’Homme-trace</em>. Paris, CNRS Éditions.</p> <p>Gay, Jean-Christophe (2016), <em>L’Homme et les Limites</em>. Paris, Economica-Anthropos.</p> <p>Géoconfluences (2025), « Frontière, frontières ». Glossaire de géographie en ligne : [consulté le 18/12/2025].</p> <p>Gracq, Julien (1951), <em>Le Rivage des Syrtes</em>. Paris, Éditions José Corti.</p> <p>Gramsci, Antonio (2003), <em>Notas sobre Maquiavelo, sobre la política y sobre el Estado moderno</em>. Nueva Visión.</p> <p>Gramsci, Antonio (2004), <em>Los Intelectuales y la organización de la cultura</em>. Nueva Visión.</p> <p>Guénif, Nacira (2010), « Le corps-frontière, traces et trajets postcoloniaux ». In Mbembe Achille et al. (2010), <em>Ruptures postcoloniales : Les nouveaux visages de la société française</em>. Paris, La Découverte.</p> <p>Le Blanc, Guillaume (2010), <em>Dedans, dehors : la condition d’étranger</em>. Paris, Éditions du Seuil. </p> <p>Le Breton, David (1992 [2023]), <em>La Sociologie du corps</em>. Paris, Presses Universitaires de France.</p> <p>Le Breton, David et al. (2013),<em> Corps en formes</em>. Paris, CNRS éditions.</p> <p>Leclère, Anaïs (2025), « Les frontières corporelles-affectives dans l’espace public national français et néerlandais ». In Maryam Kolly, Anaïs Leclère, et Sarah Bracke (2025), Reprendre le voir. Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis.</p> <p>Lussault, Michel (2009), <em>De la lutte des classes à la lutte des places</em>. Paris, Grasset.</p> <p>Mbembe, Achille (2020), <em>Brutalisme</em>. Paris, La Découverte.</p> <p>Miano, Léonora (2012), <em>Habiter la frontière</em>. Paris, L’Arche Éditeur.</p> <p>Peiretti-Courtis, Delphine (2021), <em>Corps noirs et médecins blancs : La fabrique du préjugé racial, XIXe-XXe siècles.</em> Paris, La Découverte.</p> <p>Schmoll, Camille (2025),<em> Chacun sa place : une géographie morale des mobilités. </em>Paris, CNRS Éditions.</p> <p>Simard, Mélissa (2019), « Poétique et discours du corps-frontière : explorer les frontières sociales et culturelles et le rapport de la corporalité à l’espace », thèse soutenue sous la direction de Liviu Dospinescu et Constanza Camelo Suarez, Université de Laval.</p> <p>Suter, Patrick et Fournier Kiss, Corinne (ed.) (2021), <em>Poétique des Frontières</em>. Genève, MétisPresses.</p> <p>Vanuxem Sarah, Mathieu Geoffroy (2025), <em>Du droit de déambuler.</em> Marseille, Éditions Wildproject.</p> <p>Vergès, Françoise (2017), <em>Le Ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme</em>. Paris, Albin Michel.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Logiques du corps</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/132094/logiques-du-corps-20-03.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 08:14:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/132094/logiques-du-corps-20-03.html</guid>
      <category>fabula_questions_societe</category>
      <description>Dans Les logiques du corps. Une autre manière de penser le temps (Seuil), Georges Vigarello parachève quarante ans de travail sur les différentes façons par lesquelles les sociétés occidentales ont pensé le corps humain dans son unité. Il met en lumière la succession des différents modèles (le modèle fibreux, humoral, énergétique, informationnel) par lesquels le corps a été appréhendé depuis l’Antiquité jusqu’au temps présent, en mobilisant aussi bien les savoirs scientifiques que les conceptions philosophiques et religieuses du corps, ou encore les œuvres de fiction et l’histoire de l’art. Le livre ne se contente pas de retracer l’histoire des imaginaires du corps en Occident. Il s’intéresse aussi au rapport au corps vécu, en portant une attention subtile à ses usages, aux manières d’être et d’agir qui ne cessent d’évoluer au cours de l’histoire. Notre propre conception contemporaine du corps en sort singulièrement dépaysée.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/132094_4f8b85b51add5e193187185832938b26.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="132094_4f8b85b51add5e193187185832938b26.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/133555/georges-vigarello-les-logiques-du-corps-une-autre-maniere-de-penser-le-temps.html">Dans <em>Les logiques du corps. </em><em>Une autre manière de penser le temps</em> (Seuil), Georges Vigarello parachève quarante ans de travail sur les différentes façons par lesquelles les sociétés occidentales ont pensé le corps humain dans son unité. Il met en lumière la succession des différents modèles (le modèle fibreux, humoral, énergétique, informationnel) par lesquels le corps a été appréhendé depuis l’Antiquité jusqu’au temps présent, en mobilisant aussi bien les savoirs scientifiques que les conceptions philosophiques et religieuses du corps, ou encore les œuvres de fiction et l’histoire de l’art. Le livre ne se contente pas de retracer l’histoire des imaginaires du corps en Occident. Il s’intéresse aussi au rapport au corps vécu</a>, en portant une attention subtile à ses usages, aux manières d’être et d’agir qui ne cessent d’évoluer au cours de l’histoire. Notre propre conception contemporaine du corps en sort singulièrement dépaysée.</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/132094_4f8b85b51add5e193187185832938b26.jpg" type="image/jpeg" length="94221"/>
    </item>
    <item>
      <title>Panayota Badinou, Sylvian Fachard, Helder Mendes Baiao (éds), La ville idéale. Entre utopie et réalité</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133611/panayota-badinou-sylvian-fachard-helder-mendes-baiao-eds-la-ville.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 07:56:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133611/panayota-badinou-sylvian-fachard-helder-mendes-baiao-eds-la-ville.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Vivre dans un espace propice au bonheur collectif et à l’épanouissement individuel, tel fut l’aspiration des individus qui ont rêvé de villes idéales. Quel rôle la quête d’un monde exemplaire et les théories utopiques ont-elles joué dans l’élaboration des formes urbaines? Quelles réalisations concrètes en ont découlé, et à quels défis majeurs ces projets ont-ils dû faire face? Enfin, en quoi l’idéal de la «ville parfaite» continue-t-il d’influencer notre manière d’imaginer, de concevoir et de comprendre le monde qui nous entoure? Archéologues, historiens, littéraires, philosophes, historiens de l’art, spécialistes du cinéma, géographes et architectes, doctorant·e·s et chercheur·e·s, échangent leurs regards dans cet ouvrage et offrent au lecteur une perspective nouvelle sur la ville idéale. Dirigé par Panayota Badinou, Sylvian Fachard et Helder Mendes Baiao, ce volume fait suite à un colloque tenu en juin 2022 au sein de la Faculté des lettres de l’Université de Lausanne. Il est disponible en texte intégral sur cairn.info… Voir la vidéo de présentation…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133611_11975a63baa6e3a7e2ad024f711f9b43.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133611_11975a63baa6e3a7e2ad024f711f9b43.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Vivre dans un espace propice au bonheur collectif et à l’épanouissement individuel, tel fut l’aspiration des individus qui ont rêvé de villes idéales. Quel rôle la quête d’un monde exemplaire et les théories utopiques ont-elles joué dans l’élaboration des formes urbaines? Quelles réalisations concrètes en ont découlé, et à quels défis majeurs ces projets ont-ils dû faire face? Enfin, en quoi l’idéal de la «ville parfaite» continue-t-il d’influencer notre manière d’imaginer, de concevoir et de comprendre le monde qui nous entoure?</p> <p>Archéologues, historiens, littéraires, philosophes, historiens de l’art, spécialistes du cinéma, géographes et architectes, doctorant·e·s et chercheur·e·s, échangent leurs regards dans cet ouvrage et offrent au lecteur une perspective nouvelle sur la ville idéale.</p> <p>Dirigé par Panayota Badinou, Sylvian Fachard et Helder Mendes Baiao, ce volume fait suite à <a href="https://www.unil.ch/fdi/fr/home/menuinst/recherche/colloques-scientifiques/archives-des-colloques/colloques-2020-/colloque-2022-ville.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un colloque tenu en juin 2022</a> au sein de la Faculté des lettres de l’Université de Lausanne.</p> <p><strong>Il est disponible en texte intégral sur <a href="https://shs.cairn.info/la-ville-ideale--9782940648313?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cairn.info…</a></strong></p> <p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=7eQryMOswXs&amp;feature=youtu.be"><strong>Voir la vidéo de présentation…</strong></a></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133611_11975a63baa6e3a7e2ad024f711f9b43.jpg" type="image/jpeg" length="89141"/>
    </item>
    <item>
      <title>Séminaire du Centre de Recherche sur la Théorie et l'Histoire du Théâtre (Sorbonne nouvelle)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133624/seminaire-du-crtht-centre-de-recherche-sur-la-theorie-et-l-histoire-du-theatre.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 07:09:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133624/seminaire-du-crtht-centre-de-recherche-sur-la-theorie-et-l-histoire-du-theatre.html</guid>
      <category>fabula_evenement</category>
      <description>La prochaine séance du séminaire du Centre de Recherche sur la Théorie et l’Histoire du Théâtre aura lieu le vendredi 3 avril 2026, de 14h à 16h, en salle A608, au campus Nation de l'Université Sorbonne Nouvelle (8 avenue de Saint-Mandé, 75012 Paris, métro Nation). Nous aurons le plaisir d’y accueillir Céline Candiard qui présentera son ouvrage Molière au travail. Écrire pour une troupe (éd. Hermann, 2025). La séance suivante du séminaire se tiendra le vendredi 19 juin 2026 (même horaire, même salle) : Antoine Pignot présentera sa thèse en cours, L'Esthétique de la grâce dans le théâtre classique.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133624_0985adfb1b12a3e3ffdba32946c491cd.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133624_0985adfb1b12a3e3ffdba32946c491cd.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La prochaine séance du séminaire du Centre de Recherche sur la Théorie et l’Histoire du Théâtre aura lieu le vendredi 3 avril 2026, de 14h à 16h, en salle A608, au campus Nation de l'Université Sorbonne Nouvelle (8 avenue de Saint-Mandé, 75012 Paris, métro Nation).</p> <p>Nous aurons le plaisir d’y accueillir <strong>Céline Candiard qui présentera son ouvrage <a href="https://www.fabula.org/actualites/130446/celine-candiard-moliere-au-travail-ecrire-pour-une-troupe.html"><em>Molière au travail. Écrire pour une troupe</em></a> (éd. Hermann, 2025).</strong></p> <p>La séance suivante du séminaire se tiendra le vendredi 19 juin 2026 (même horaire, même salle) : Antoine Pignot présentera sa thèse en cours, <em>L'Esthétique de la grâce dans le théâtre classique</em>.</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133624_0985adfb1b12a3e3ffdba32946c491cd.png" type="image/png" length="34978"/>
    </item>
    <item>
      <title>État(s) de siège dans les littératures francophones (Nanterre)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133623/journee-d-etudes-etat-s-de-siege-dans-les-litteratures-francophones-universite-paris-nanterre.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 05:32:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133623/journee-d-etudes-etat-s-de-siege-dans-les-litteratures-francophones-universite-paris-nanterre.html</guid>
      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Journée d'études : État(s) de siège dans Les littératures francophones Le 3 avril 2026, à l'Université Paris Nanterre 9h30-16h30 Bâtiment de la formation continue, Salle des conférences (RDC) 200 Av. de la République, 92000 Nanterre RER A : Nanterre Université   État(s) de siège dans Les littératures francophones PROGRAMME  matin 09h30 : Accueil 9h45 Mots d’ouverture : Stefania Cubeddu-Proux (Université Paris Nanterre)   1ère session : Mathilde Bernard (Université Paris Nanterre) 10h00  Carole Boidin (Université Paris Nanterre) : « Réflexions comparatistes sur l’état de siège comme thème et métaphore, autour du modèle troyen » 10h20  Romuald Fonkoua (Sorbonne Université) : « Ecrire en pays assiégé : l'art littéraire comme un art militaire en francophonie » 10h40  Discussion 11h00  Pause   2ème session : Ridha Boulaabi (Université Paris Nanterre) 11h15  Yolaine Parisot (Université Paris EST Créteil) : « L'État de siège autorise-t-il les troubles à / de l'autorité dans les littératures francophones ? » 11h35  Mounira Chatti (Université Paris 8) : « Le Cadavre encerclé de Kateb Yacine : état de siège et "réalisme poétique" » 11h55 : Discussion 12h15 : Déjeuner après-midi 3ème session : Stefania Cubeddu-Proux (Université Paris Nanterre) 14h15  Alex Demeulenaere (Université de Lorraine) : « L’état de siège comme laboratoire [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133623_931713ce16e5f168e0bea47c19db63d1.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133623_931713ce16e5f168e0bea47c19db63d1.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>Journée d'études : État(s) de siège dans Les littératures francophones</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Le 3 avril 2026, à l'Université Paris Nanterre</strong></p> <p style="text-align:center;">9h30-16h30</p> <p style="text-align:center;"><a href="https://daloe.parisnanterre.fr/nos-poles/ade-pilotage/plan-du-campus-de-nanterre-universite-3">Bâtiment de la formation continue</a>, Salle des conférences (RDC)</p> <p style="text-align:center;">200 Av. de la République, 92000 Nanterre</p> <p style="text-align:center;">RER A : Nanterre Université  </p> <p style="text-align:center;"><strong>État(s) de siège dans Les littératures francophones</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>PROGRAMME</strong> </p> <p style="text-align:center;"><em>matin</em></p> <p>09h30 : Accueil</p> <p>9h45 Mots d’ouverture : <strong>Stefania Cubeddu-Proux</strong> (Université Paris Nanterre)</p> <p> </p> <p>1ère session :<strong> Mathilde Bernard </strong>(Université Paris Nanterre)</p> <p>10h00  <strong>Carole Boidin</strong> (Université Paris Nanterre) : « Réflexions comparatistes sur l’état de siège comme thème et métaphore, autour du modèle troyen »</p> <p>10h20  <strong>Romuald Fonkoua</strong> (Sorbonne Université) : « Ecrire en pays assiégé : l'art littéraire comme un art militaire en francophonie »</p> <p>10h40  Discussion</p> <p>11h00  Pause</p> <p> </p> <p>2ème session : <strong>Ridha Boulaabi</strong> (Université Paris Nanterre)</p> <p>11h15  <strong>Yolaine Parisot</strong> (Université Paris EST Créteil) : « L'État de siège autorise-t-il les troubles à / de l'autorité dans les littératures francophones ? »</p> <p>11h35  <strong>Mounira Chatti</strong> (Université Paris 8) : «<em> Le Cadavre encerclé</em> de Kateb Yacine : état de siège et "réalisme poétique" »</p> <p>11h55 : Discussion</p> <p>12h15 : Déjeuner</p> <p style="text-align:center;"><em>après-midi</em></p> <p>3ème session : <strong>Stefania Cubeddu-Proux</strong> (Université Paris Nanterre)</p> <p>14h15  <strong>Alex Demeulenaere</strong> (Université de Lorraine) : « L’état de siège comme laboratoire fictionnel. La crise d’octobre 1970 dans la littérature québécoise »</p> <p>14h35  <strong>Antony Soron</strong> (INSPE Paris/Sorbonne Université) : « L’état de siège ou l’expression d’une peau de chagrin : relecture écopoétique de <em>Taqawan </em>(Éric Plamondon, 2017) »</p> <p>14h55 : Discussion </p> <p>15h15 : Pause</p> <p> </p> <p>3ème session : <strong>Florence Paravy</strong> (Université Paris Nanterre)</p> <p>15h30 <strong>Kalliopi Ploumistaki </strong>(Université Aristote de Thessalonique) : « Des femmes en état de siège : <em>Les Impatientes</em> de Djaïli Amadou Amal » </p> <p> </p> <p>15h50  <strong>Virginie Brinker</strong> (CPTC, Université Bourgogne Europe/SLL, University of Cape Town) : « Rouvrir l’espace : dialectique de l’état de siège dans <em>L’Afrance</em> d’Alain Gomis »</p> <p>16h10 : Discussion et clôture de la journée</p> <p> </p> <p> </p> <p><strong>Organisation </strong>: Stefania Cubeddu-Proux (<a href="mailto:prouxs@parisnanterre.fr">prouxs@parisnanterre.fr</a>)</p> <p><a href="https://cslf.hypotheses.org/category/oec"><strong>Observatoire des écritures françaises et francophones contemporaines - OEC</strong></a></p> <p><a href="https://cslf.parisnanterre.fr/"><strong>Centre des Sciences des Littératures en langue Française - CSLF</strong></a></p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133623_931713ce16e5f168e0bea47c19db63d1.png" type="image/png" length="322705"/>
    </item>
    <item>
      <title>Contester l’ordre : traditions contestataires, néo-contestation et reconfigurations politiques dans les Amériques (Nice &amp; Toulon)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133622/contester-l-ordre-traditions-contestataires-neo-contestation-et-reconfigurations-politiques-dans-les-ameriques.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 05:26:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133622/contester-l-ordre-traditions-contestataires-neo-contestation-et-reconfigurations-politiques-dans-les-ameriques.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>Contester l’ordre : traditions contestataires, néo-contestation et reconfigurations politiques dans les Amériques Colloque international Université Côte d’Azur (LIRCES) et Université de Toulon (BABEL) Jeudi 26 et vendredi 27 novembre 2026 Organisation : José García-Romeu (Université de Toulon, BABEL), Anne-Claudine Morel (Université Côte d’Azur, LIRCES), Ruxandra Pavelchievici (Université Côte d’Azur, LIRCES) — Les sociétés américaines – qu’il s’agisse de l’Amérique du Nord, de l’Amérique latine ou des Caraïbes – se sont historiquement constituées comme des espaces de luttes, traversés par une pluralité de forces contestataires. Des mobilisations pour les droits civiques aux États-Unis dans les années 1960 aux soulèvements populaires d’Amérique latine, des expériences révolutionnaires et contre-révolutionnaires aux tournants autoritaires contemporains, l’histoire des Amériques est jalonnée de moments où la contestation est devenue un vecteur de reconfiguration politique et sociale. Ces dernières années, les élections de figures dites « antisystème » – Donald Trump aux États-Unis, Jair Bolsonaro au Brésil, Javier Milei en Argentine – ont donné une nouvelle visibilité à des formes de rupture avec les modèles démocratiques libéraux. Qu’elles se manifestent par des mouvements sociaux, des reconfigurations idéologiques, ou encore par des votes sanction et des discours populistes, les dynamiques contestataires s’expriment dans et en dehors du cadre électoral. [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133622_444a762acf2458ebd7ba1a982ac0713d.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133622_444a762acf2458ebd7ba1a982ac0713d.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Contester l’ordre : traditions contestataires, néo-contestation et reconfigurations politiques dans les Amériques</strong></p> <p><strong>Colloque international Université Côte d’Azur (LIRCES) et Université de Toulon (BABEL)</strong></p> <p><strong>Jeudi 26 et vendredi 27 novembre 2026</strong></p> <p><strong>Organisation : </strong></p> <p>José García-Romeu (Université de Toulon, BABEL),</p> <p>Anne-Claudine Morel (Université Côte d’Azur, LIRCES),</p> <p>Ruxandra Pavelchievici (Université Côte d’Azur, LIRCES)</p> <p>—</p> <p>Les sociétés américaines – qu’il s’agisse de l’Amérique du Nord, de l’Amérique latine ou des Caraïbes – se sont historiquement constituées comme des espaces de luttes, traversés par une pluralité de forces contestataires. Des mobilisations pour les droits civiques aux États-Unis dans les années 1960 aux soulèvements populaires d’Amérique latine, des expériences révolutionnaires et contre-révolutionnaires aux tournants autoritaires contemporains, l’histoire des Amériques est jalonnée de moments où la contestation est devenue un vecteur de reconfiguration politique et sociale.</p> <p>Ces dernières années, les élections de figures dites « antisystème » – Donald Trump aux États-Unis, Jair Bolsonaro au Brésil, Javier Milei en Argentine – ont donné une nouvelle visibilité à des formes de rupture avec les modèles démocratiques libéraux. Qu’elles se manifestent par des mouvements sociaux, des reconfigurations idéologiques, ou encore par des votes sanction et des discours populistes, les dynamiques contestataires s’expriment dans et en dehors du cadre électoral. Elles s’inscrivent dans des temporalités longues, mobilisent des mémoires collectives et se nourrissent souvent des héritages de luttes passées, réactivant des formes anciennes de dissidence ou en inventant de nouvelles.</p> <p>L’activité contestataire en Amérique latine est, à cet égard, particulièrement fournie depuis une quarantaine d’années : elle prend la forme de « mobilisations contre les régimes autoritaires, revendications indigènes, luttes contre l’extractivisme, émeutes et pillages liés à l’austérité économique, manifestations de rue contre la corruption ou mobilisations féministes, aujourd’hui parmi les plus emblématiques à l’échelle planétaire. »[1] Aux États-Unis, les transformations rapides et profondes opérées par l'administration Trump, visant à contester l’ordre politique et social, suscitent elles-mêmes une vague de contestation contre ce qui est perçu comme une forme nouvelle d’autoritarisme.</p> <p>Ce colloque propose d’interroger la notion de contestation, notamment à l’aune des bouleversements électoraux dans les Amériques, en adoptant une perspective diachronique et transdisciplinaire (histoire, sociologie, sciences politiques, anthropologie, études culturelles, littérature). Il s’agira d’examiner les interactions complexes entre mobilisation sociale et dynamique institutionnelle, entre traditions militantes et transformations du politique, dans un espace géographique (les Amériques) traversé par de profondes inégalités structurelles et de fortes tensions historiques, des années 1960 à nos jours.</p> <p>Une réflexion sur les notions de contestation et de néo-contestation, menées souvent au nom de la liberté, de la démocratie et/ou de la justice sociale, permettra de dégager les mécanismes d’opposition à l’ordre établi. Ces mécanismes pourront être également envisagés comme des forces de transformation ou de consolidation des régimes politiques et des imaginaires collectifs. </p> <p>Envisager ces multiples facettes de la contestation permettra de comprendre leur évolution dans le temps et dans un espace soumis à différentes pressions de type politique et économique, voire climatique, ainsi qu’à d’importantes transformations culturelles.</p> <p><strong>Axes de réflexion proposés </strong></p> <p><em>Champ politique - histoire :</em></p> <p>-  Héritages, continuités, mutations et réinvention des traditions contestataires dans les Amériques</p> <p>-  Mouvements sociaux, mobilisations populaires et reconfigurations du champ politique</p> <p>-  Médias, réseaux sociaux et nouvelles technologies de mobilisation</p> <p>-  Populisme, radicalité politique et (dé)légitimation des élites</p> <p><em>Champ culturel - littérature :</em></p> <p>-  Imaginaires révolutionnaires, contre-cultures et contestation politique, formes esthétiques de la dissidence : musique, art, littérature</p> <p>-  Médias, réseaux sociaux et nouvelles formes de mobilisation</p> <p>-  Acteurs et figures de la contestation et de la dissidence : intellectuels, leaders, militants et collectifs</p> <p>-  Discours de rupture et mémoire des luttes et réécriture de l’histoire militante</p> <p>—</p> <p><strong>Soumission des propositions </strong></p> <p>Les propositions de communication devront comporter un titre, un résumé (entre 300 et 500 mots), une brève notice biographique (100 à 150 mots), mentionnant l’affiliation institutionnelle et les axes de recherche.</p> <p>Les propositions pourront être rédigées en français, anglais ou espagnol.</p> <p>Elles devront être envoyées aux trois adresses suivantes avant le 15 juin 2026 :</p> <p><a href="mailto:anne-claudine.morel@univ-cotedazur.fr">anne-claudine.morel@univ-cotedazur.fr</a> </p> <p><a href="mailto:ruxandra.pavelchievici@univ-cotedazur.fr">ruxandra.pavelchievici@univ-cotedazur.fr</a> </p> <p><a href="mailto:jose.garcia-romeu@univ-tln.fr">jose.garcia-romeu@univ-tln.fr</a></p> <p>Une sélection d’articles fera l’objet d’une publication dans la revue Babel pour les travaux relevant de l’histoire et de la civilisation, ainsi que dans la revue Cycnos pour les travaux relevant de la littérature.</p> <p>— <br />[1] Hélène Combes, « Mobilisations », <em>Dictionnaire politique de l’Amérique latine</em>, Paris, Ed. de l’IHEAL, nov.  2024, p. 381.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133622_444a762acf2458ebd7ba1a982ac0713d.jpg" type="image/jpeg" length="16233"/>
    </item>
    <item>
      <title>Vers un monde commun ? Déconstruire les conflits, repenser les liens terrestres (Prague)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133621/vers-un-monde-commun-deconstruire-les-conflits-repenser-les-liens-terrestres.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 04:23:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133621/vers-un-monde-commun-deconstruire-les-conflits-repenser-les-liens-terrestres.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>25e édition de l’Université Européenne d’Été (UEE) du réseau OFFRES (Organisation Francophone pour la Formation et la Recherche Européennes en Sciences humaines). Cette édition aura lieu à l’Université Charles de Prague (Faculté des Lettres) du 12 au 19 juillet 2026 et sera consacrée au thème : « Vers un monde commun ? Déconstruire les conflits, repenser les liens terrestres ». — Après l’Université européenne d’été de Lyon, consacrée en 2025 à la dimension politique et historique du monde commun, l’édition pragoise de 2026 abordera sa dimension terrestre et écologique. Le monde commun n’est pas seulement l’espace du vivre-ensemble humain : il est également l’écosystème fragile et interdépendant où se tissent les conditions mêmes de la vie. L’époque actuelle révèle moins notre séparation d’avec la nature que notre coexistence problématique en son sein : ce qui autrefois relevait de déséquilibres locaux devient désormais un dérèglement global des conditions de la vie terrestre, et les effets des activités humaines se répercutent à l’échelle planétaire. Alors que les sociétés se fragmentent selon des lignes de pouvoir et d’accès aux ressources, nous demeurons pourtant pris dans un même réseau de dépendances vitales, si bien qu’en détruisant les conditions d’existence des autres vivants, c’est notre [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133621_c0bc1e809dd2808073d98d35abe4f754.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133621_c0bc1e809dd2808073d98d35abe4f754.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>25e édition de l’Université Européenne d’Été (UEE) du réseau OFFRES (Organisation Francophone pour la Formation et la Recherche Européennes en Sciences humaines).</p> <p>Cette édition aura lieu à l’Université Charles de Prague (Faculté des Lettres) du 12 au 19 juillet 2026 et sera consacrée au thème :</p> <p><strong>« Vers un monde commun ? Déconstruire les conflits, repenser les liens terrestres ».</strong></p> <p>—</p> <p>Après l’Université européenne d’été de Lyon, consacrée en 2025 à la dimension politique et historique du monde commun, l’édition pragoise de 2026 abordera sa dimension terrestre et écologique. Le monde commun n’est pas seulement l’espace du vivre-ensemble humain : il est également l’écosystème fragile et interdépendant où se tissent les conditions mêmes de la vie. L’époque actuelle révèle moins notre séparation d’avec la nature que notre coexistence problématique en son sein : ce qui autrefois relevait de déséquilibres locaux devient désormais un dérèglement global des conditions de la vie terrestre, et les effets des activités humaines se répercutent à l’échelle planétaire. Alors que les sociétés se fragmentent selon des lignes de pouvoir et d’accès aux ressources, nous demeurons pourtant pris dans un même réseau de dépendances vitales, si bien qu’en détruisant les conditions d’existence des autres vivants, c’est notre propre avenir que nous condamnons. Cette tension entre la divergence des intérêts et l’unicité du monde habitable constitue le fil directeur de notre réflexion. De ce point de vue, notre université d’été entend analyser les conflits environnementaux afin de comprendre comment des formes de cohabitation deviennent possibles malgré la pluralité irréductible des perspectives. Elle cherchera à repenser les liens terrestres, c’est-à-dire ces relations multiples (écologiques, techniques, économiques, symboliques, affectives) qui nous relient aux autres vivants et aux milieux de vie dont dépend notre existence commune.</p> <p>Comme chaque année, l'université d'été du réseau OFFRES prévoit des conférences plénières le matin et des ateliers thématiques l’après-midi, destinés à la formation à la recherche.</p> <p><strong>LES ATELIERS THEMATIQUES</strong></p> <p>1.        Une politique de la nature est-elle possible ?</p> <p>Atelier dirigé par Michel Baudouin (Éducation Nationale, France) et Abdou Cissokho</p> <p>2.        Le commun esthétique: Politiques du jardin terrestre</p> <p>Atelier dirigé par Orgest Azizaj (Musée Picasso, Paris), Momchil Hristov (Université de Sophia)</p> <p>3.        De l’espèce humaine au genre animal. Nous repolitiser par la dissolution du sens commun?</p> <p>Atelier dirigé par Clément Lion (Université de Lille) et Sofia Sorokina (Södertörn University, Suède)</p> <p>4.        Réconcilier économie et écologie (atelier franco-allemand)</p> <p>Atelier dirigé par Miriam Teschl (l’Université Goethe de Francfort), Falk Bretschneider (EHESS Paris) </p> <p>5.    Le lien vital à la terre: l'agriculture</p> <p>Atelier dirigé par Guillaume de Vaulx (Education nationale, France) et Alexandre Dubreu (Université du Littoral Côte d’Opale)</p> <p>—</p> <p>La participation à l’université d’été est gratuite. Nous encourageons les candidat·e·s à solliciter, dans la mesure du possible, un financement auprès de leur institution. Un hébergement en résidence universitaire sera proposé à tarif réduit ; selon les ressources disponibles, une prise en charge pourra être envisagée pour les participant·e·s ne disposant d’aucun financement.</p> <p>—</p> <p>Pour télécharger les documents, consultez le site : <a href="https://offres.hypotheses.org/1643">https://offres.hypotheses.org/1643</a> </p> <p>·      l'appel à candidatures (qui comporte l’argument scientifique, les descriptifs des ateliers et le programme)</p> <p>·      la fiche de candidature est à retourner complétée avant le 25 avril à l'adresse suivante :  <a href="mailto:uee2026@gmail.com">uee2026@gmail.com</a></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133621_c0bc1e809dd2808073d98d35abe4f754.jpg" type="image/jpeg" length="197023"/>
    </item>
    <item>
      <title>Écopoétique et recherche-création (MucemLab, Marseille)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133620/ecopoetique-et-recherche-creation.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 01:37:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133620/ecopoetique-et-recherche-creation.html</guid>
      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Comment les pratiques de recherche-création peuvent-elles constituer une réponse à la crise écologique ? Telle est la question centrale de ces journées, organisées grâce à un partenariat entre Aix-Marseille Université, le MucemLab, le Centre Norbert Elias et la Fabrique des écritures ethnographiques. Tables rondes, projections-discussions, conférences-performances, visite d’exposition et workshop rassembleront actrices et acteurs aux prises avec la recherche-création, en écriture littéraire, anthropologie visuelle et arts de la scène (théâtrale, muséale et juridique). Elles seront l’occasion d’explorer les expériences d’écriture par lesquelles transformer nos modes de connaissance, nos manières d’habiter le monde, et contribuer à l’émergence de communs. Découvrir sur Fabula le détail du programme… Entrée gratuite mais réservation obligatoire : mucemlab@mucem.org</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133620_7adc8051ba858feae623e2e6052881df.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133620_7adc8051ba858feae623e2e6052881df.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Comment les pratiques de recherche-création peuvent-elles constituer une réponse à la crise écologique ? Telle est la question centrale de ces journées, organisées grâce à un partenariat entre Aix-Marseille Université, le MucemLab, le Centre Norbert Elias et la Fabrique des écritures ethnographiques. Tables rondes, projections-discussions, conférences-performances, visite d’exposition et workshop rassembleront actrices et acteurs aux prises avec la recherche-création, en écriture littéraire, anthropologie visuelle et arts de la scène (théâtrale, muséale et juridique). Elles seront l’occasion d’explorer les expériences d’écriture par lesquelles transformer nos modes de connaissance, nos manières d’habiter le monde, et contribuer à l’émergence de communs.</p> <p><strong><a href="https://www.fabula.org/actualites/documents/133620_442bc1b92024c104df938b961b35ce96.jpg">Découvrir sur Fabula le détail du programme…</a></strong></p> <p><em>Entrée gratuite mais réservation obligatoire : <a href="mailto:mucemlab@mucem.org">mucemlab@mucem.org</a></em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133620_7adc8051ba858feae623e2e6052881df.jpg" type="image/jpeg" length="762666"/>
    </item>
    <item>
      <title>Géographie des œuvres</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133554/geographie-des-oeuvres.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 20:38:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133554/geographie-des-oeuvres.html</guid>
      <category>fabula_questions_societe</category>
      <description>L’art peut-il être véritablement local ? Existe-t-il, par exemple, des oeuvres strictement "toulousaines", "françaises" ou "japonaises" ? Loin d’être anecdotique, cette question est au coeur des tensions identitaires, culturelles et patrimoniales. À l’heure où celles-ci se trouvent ravivées, il devient nécessaire de prendre du recul sur les débats et de s’outiller théoriquement pour mieux comprendre la géographie à l’oeuvre. Sachant que les artistes n’ont jamais été complètement coupés des échanges, comment penser l’"ailleurs" dans l’"ici et maintenant" de la création ? Dans Voir l'ailleurs dans l'ici. Pour une micro-histoire globale de l'art (P.U. Rennes), Léa Saint-Raymond s’appuie sur l’étude concrète d’une centaine d’objets choisis de l’Océanie aux Grandes Plaines d’Amérique du Nord, depuis le Paléolithique jusqu’à la période contemporaine. Au plus près de la micro-histoire, mais dans une approche résolument globale, l'ouvrage vient démêler les fils de la notion trop vague d’"influence", et mieux cerner des termes fréquemment employés, comme "métissage", "mondialisation" ou encore "globalisation". Fabula vous invite à découvrir sa Table des matières… et à en lire l'Introduction… (Illust. : Anawari Inpiti Mitchell, Angilyiya Tjapiti Mitchell, Lalla West, Jennifer Nginyaka Mitchell, Eileen Tjayanka Woods, Lesley Laidlaw &amp; Robert Muntantji Woods, Kungkarrangkalpa Tjukurrpa, 2015)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133554_f2e199170504f0a1d41d07d177eb8138.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133554_f2e199170504f0a1d41d07d177eb8138.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/133553/lea-saint-raymond-voir-l-ailleurs-dans-l-ici-pour-une-micro-histoire-globale-de-l-art.html">L’art peut-il être véritablement local ? Existe-t-il, par exemple, des oeuvres strictement "toulousaines", "françaises" ou "japonaises" ? Loin d’être anecdotique, cette question est au coeur des tensions identitaires, culturelles et patrimoniales. À l’heure où celles-ci se trouvent ravivées, il devient nécessaire de prendre du recul sur les débats et de s’outiller théoriquement pour mieux comprendre la géographie à l’oeuvre. Sachant que les artistes n’ont jamais été complètement coupés des échanges, comment penser l’"ailleurs" dans l’"ici et maintenant" de la création ? Dans <em>Voir l'ailleurs dans l'ici. Pour une micro-histoire globale de l'art</em><em> </em>(P.U. Rennes), Léa Saint-Raymond s’appuie sur l’étude concrète d’une centaine d’objets choisis de l’Océanie aux Grandes Plaines d’Amérique du Nord, depuis le Paléolithique jusqu’à la période contemporaine</a>. Au plus près de la micro-histoire, mais dans une approche résolument globale, l'ouvrage vient démêler les fils de la notion trop vague d’"influence", et mieux cerner des termes fréquemment employés, comme "métissage", "mondialisation" ou encore "globalisation". Fabula vous invite à découvrir sa <a href="https://s3.eu-west-3.amazonaws.com/nova-pur-production/upload/documents_1/c57a7b07-0668-4f7d-86fe-23c554c004cd.pdf">Table des matières…</a> et à en lire l'<a href="https://s3.eu-west-3.amazonaws.com/nova-pur-production/upload/documents_1/5fc23f7b-f3c6-427d-b9b4-23968ad9a8b8.pdf">Introduction…</a></p> <p><em>(Illust. : Anawari Inpiti Mitchell, Angilyiya Tjapiti Mitchell, Lalla West, Jennifer Nginyaka Mitchell, Eileen Tjayanka Woods, Lesley Laidlaw &amp; Robert Muntantji Woods, Kungkarrangkalpa Tjukurrpa, 2015)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133554_f2e199170504f0a1d41d07d177eb8138.jpg" type="image/jpeg" length="271387"/>
    </item>
    <item>
      <title>Annales Benjamin Constant, n° 50 : "Objets iconophores du politique au tournant des Lumières" (dir. G. Poisson)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133605/annales-benjamin-constant-n-50-objets-iconophores-du-politique.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 14:20:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133605/annales-benjamin-constant-n-50-objets-iconophores-du-politique.html</guid>
      <category>fabula_parution_revue</category>
      <description>Les objets iconophores du politique apparaissent, aux côtés de la presse et des brochures, des caricatures et des chansons, comme un des canaux de diffusion des débats idéologiques en Europe aux XVIIIe et XIXe siècles.  Les contributions regroupées dans ce volume des Annales Benjamin Constant dirigé par Guillaume Poisson (Institut Benjamin Constant) portent sur la production et la circulation de ces objets en France et en Suisse au tournant des Lumières. Cartes à jouer et éventails, parures et tabatières, mais aussi tatouages et papiers peints, permettent de cerner, sous un angle original, la politisation d’une société ou d’un individu, et d’identifier autrement les stratégies politiques qui se mettent en place à l’ère des révolutions. — Sommaire Guillaume Poisson - Avant-propos Emmanuel Fureix – Objets iconophores et politisation populaire en France : approches historiques du premier XIXesiècle Léonard Burnand – Le vent de l’histoire : Necker dans les éventails révolutionnaires Charlotte Guinois – Les cartes à jouer comme support des changements politiques en France de la Révolution à l’Empire Catherine Lanoë – Matérialité, technique et construction du politique : quelques remarques sur des articles de parure entre Lumières et Révolution Guillaume Poisson – Tabatière contre tabatière : tabagie et opinion politique [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133605_1e0979db5d4afde1d8119b289591bb2f.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133605_1e0979db5d4afde1d8119b289591bb2f.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Les objets iconophores du politique apparaissent, aux côtés de la presse et des brochures, des caricatures et des chansons, comme un des canaux de diffusion des débats idéologiques en Europe aux XVIIIe et XIXe siècles. </p> <p>Les contributions regroupées dans ce volume des Annales Benjamin Constant dirigé par Guillaume Poisson (<a href="https://www.unil.ch/ibc/fr/home.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut Benjamin Constant</a>) portent sur la production et la circulation de ces objets en France et en Suisse au tournant des Lumières. Cartes à jouer et éventails, parures et tabatières, mais aussi tatouages et papiers peints, permettent de cerner, sous un angle original, la politisation d’une société ou d’un individu, et d’identifier autrement les stratégies politiques qui se mettent en place à l’ère des révolutions.</p> <p>—</p> <p><strong>Sommaire</strong></p> <p>Guillaume Poisson - Avant-propos</p> <p>Emmanuel Fureix – Objets iconophores et politisation populaire en France : approches historiques du premier XIX<sup>e</sup>siècle</p> <p>Léonard Burnand – Le vent de l’histoire : Necker dans les éventails révolutionnaires</p> <p>Charlotte Guinois – Les cartes à jouer comme support des changements politiques en France de la Révolution à l’Empire</p> <p>Catherine Lanoë – Matérialité, technique et construction du politique : quelques remarques sur des articles de parure entre Lumières et Révolution</p> <p>Guillaume Poisson – Tabatière contre tabatière : tabagie et opinion politique sous la Restauration</p> <p>Pierre Triomphe – La naissance d’un nouveau corps politique ? Usages du tatouage partisan et regards sur cette pratique en France durant le premier XIX<sup>e</sup> siècle (1814-1871)</p> <p>Helen Bieri Thomson – L’arbalète au salon ou lorsque Guillaume Tell fait irruption dans les intérieurs de la bourgeoisie : entre exaltation romantique et revendication politique</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133605_1e0979db5d4afde1d8119b289591bb2f.png" type="image/png" length="1458348"/>
    </item>
    <item>
      <title>BDFIL Festival. 20e édition (Lausanne)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133604/bdfil-festival-20e-edition-lausanne.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 14:17:32 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133604/bdfil-festival-20e-edition-lausanne.html</guid>
      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Pour célébrer cet anniversaire en grand format, le festival accueillera plus d’une centaine d’artistes, parmi lesquels Zep, Boulet, Charles Berberian, Guy Delisle, Marcello Quintanilha, Fanny Vaucher, Sandrine Deloffre, Emilie Gleason ou encore Hélène Becquelin, aux côtés de son invitée d’honneur Mirion Malle et d’une riche délégation venue du Québec. Au total, plus de 80 rencontres, projections, visites et performances seront proposées du 27 avril au 10 mai 2026, dans le quartier de la gare de Lausanne. Cette année encore, BDFIL propose une programmation foisonnante : workshops, visites guidées, conférences et tables rondes aborderont des thématiques variées telles que les liens entre bande dessinée et cinéma, la bande dessinée documentaire, la famille, l’espace, l’humour ou encore les questions queer. Les performances rythmeront également le festival, avec notamment un concert dessiné, des duels graphiques, un spectacle d’improvisation dessinée ou encore une conférence dessinée autour du complotisme. En complément de cette riche programmation : projections de courts métrages, une séance spéciale au Capitole, un programme OFF foisonnant, ainsi que les soirées du festival avec, entre autres, une Silent Party, un karaoké et un concert dessiné à la Datcha. Le prolifique Espace Micro-édition fera également son retour à la Maison de Quartier Sous-Gare du 1er [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133604_c2861481c2ef51007e9c98cb93767f37.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133604_c2861481c2ef51007e9c98cb93767f37.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Pour célébrer cet anniversaire en grand format, le festival accueillera plus d’une <strong>centaine d’artistes</strong>, parmi lesquels Zep, Boulet, Charles Berberian, Guy Delisle, Marcello Quintanilha, Fanny Vaucher, Sandrine Deloffre, Emilie Gleason ou encore Hélène Becquelin, aux côtés de son invitée d’honneur Mirion Malle et d’une riche délégation venue du Québec. Au total, plus de <strong>80 rencontres, projections, visites et performances</strong> seront proposées du 27 avril au 10 mai 2026, dans le quartier de la gare de Lausanne.</p> <p>Cette année encore, BDFIL propose une programmation foisonnante : <strong>workshops</strong>, <strong>visites</strong> <strong>guidées</strong>, <strong>conférences</strong> et <strong>tables</strong> <strong>rondes</strong> aborderont des thématiques variées telles que les liens entre bande dessinée et cinéma, la bande dessinée documentaire, la famille, l’espace, l’humour ou encore les questions queer. Les <strong>performances</strong> rythmeront également le festival, avec notamment un concert dessiné, des duels graphiques, un spectacle d’improvisation dessinée ou encore une conférence dessinée autour du complotisme.</p> <p class="p1">En complément de cette riche programmation : projections de courts métrages, une <strong>séance spéciale au Capitole</strong>, un <strong>programme OFF</strong> foisonnant, ainsi que les <strong>soirées du festival </strong>avec, entre autres, une Silent Party, un karaoké et un concert dessiné à la Datcha. Le prolifique <strong>Espace Micro-édition</strong> fera également son retour à la Maison de Quartier Sous-Gare du 1er au 3 mai, réunissant plus de 25 structures venues de Suisse et d’Europe.</p> <p><strong>Le programme est à découvrir en détail dès maintenant sur le <a href="https://bdfil.us5.list-manage.com/track/click?u=88330f094d82a5dc1a517a0fc&amp;id=e7bc9cfa3a&amp;e=2d72b8dbd7" target="_blank" rel="noreferrer noopener">site internet</a> du Festival…</strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133604_c2861481c2ef51007e9c98cb93767f37.png" type="image/png" length="730070"/>
    </item>
    <item>
      <title>Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France (éd. Aude Déruelle)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133600/augustin-thierry-lettres-sur-l-histoire-de-france.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 12:44:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[mihaisorinduma@gmail.com (Mihai Duma)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133600/augustin-thierry-lettres-sur-l-histoire-de-france.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Augustin Thierry Lettres sur l’histoire de France Édition d'Aude Déruelle Paris, Classiques Garnier, coll. « Classiques Jaunes », n° 836, 2026. Manifeste inaugural du renouveau de l'historiographie au XIXe siècle, les Lettres sur l'histoire de France invitent à ressaisir l'ensemble des siècles passés à la lumière de 1789. La présente édition critique redonne sa place à ce texte novateur qui n'avait plus été publié en intégralité depuis 1884. Table des matières…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133600_b9ed281855900393924746a3157f950f.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133600_b9ed281855900393924746a3157f950f.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Augustin Thierry</strong></p> <p><strong><em>Lettres sur l’histoire de France</em></strong></p> <p><strong>Édition d'Aude Déruelle</strong></p> <p>Paris, Classiques Garnier, coll. « Classiques Jaunes », n° 836, 2026.</p> <p>Manifeste inaugural du renouveau de l'historiographie au XIXe siècle, les <em>Lettres sur l'histoire de France</em> invitent à ressaisir l'ensemble des siècles passés à la lumière de 1789. La présente édition critique redonne sa place à ce texte novateur qui n'avait plus été publié en intégralité depuis 1884.</p> <p><strong><a href="https://classiques-garnier.com/lettres-sur-l-histoire-de-france-1.html">Table des matières…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133600_b9ed281855900393924746a3157f950f.png" type="image/png" length="177946"/>
    </item>
    <item>
      <title>Victor Ferry, Traité de rhétorique à usage des historiens</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133599/victor-ferry-traite-de-rhetorique-a-usage-des-historiens.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 12:35:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[mihaisorinduma@gmail.com (Mihai Duma)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133599/victor-ferry-traite-de-rhetorique-a-usage-des-historiens.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Victor Ferry Traité de rhétorique à usage des historiens Paris, Classiques Garnier, coll. « Classiques Jaunes », n° 834, série « Essais » n° 48, 2026. Cet ouvrage examine les outils rhétoriques au cœur de la maîtrise de trois enjeux de l'écriture de l'histoire : comment produire un discours acceptable sur un sujet polémique ? Comment mettre en mots les intuitions de la phase de découverte ? Peut-on tirer des leçons de l'histoire et comment les formuler ? Table des matières…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133599_df0e45b97a36000c2d02db3ad2d5c8d4.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133599_df0e45b97a36000c2d02db3ad2d5c8d4.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Victor Ferry</strong></p> <p><strong><em>Traité de rhétorique à usage des historiens</em></strong></p> <p>Paris, Classiques Garnier, coll. « Classiques Jaunes », n° 834, série « Essais » n° 48, 2026.</p> <p style="text-align:left;">Cet ouvrage examine les outils rhétoriques au cœur de la maîtrise de trois enjeux de l'écriture de l'histoire : comment produire un discours acceptable sur un sujet polémique ? Comment mettre en mots les intuitions de la phase de découverte ? Peut-on tirer des leçons de l'histoire et comment les formuler ?</p> <p><strong><a href="https://classiques-garnier.com/traite-de-rhetorique-a-usage-des-historiens-1.html">Table des matières…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133599_df0e45b97a36000c2d02db3ad2d5c8d4.png" type="image/png" length="147095"/>
    </item>
    <item>
      <title>(In)visibilisation des récits d'expériences par les institutions (Charenton-le-Pont &amp; Cergy)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133598/in-visibilisation-des-recits-d-experiences-par-les-institutions.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 12:25:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[mihaisorinduma@gmail.com (Mihai Duma)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133598/in-visibilisation-des-recits-d-experiences-par-les-institutions.html</guid>
      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Le colloque “(In)visibilisation des récits d’expériences par les institutions” concerne l'étude des récits qui portent à la connaissance du public des expériences habituellement invisibilisées. A partir de la question : “les institutions portent-elles une attention suffisante aux récits qui nous constituent ?”, il s’agit de recueillir des initiatives publiques qui ont sollicité la narration d’expériences dans des cadres différents et d’analyser la manière dont elles s’articulent à des institutions. Au-delà de la contestation des normes ou des cadres institués, permettent-elles de repenser le rôle dévolu à l’école ou l’université, à l’hôpital, aux structures politiques, juridiques ou religieuses ?  Le colloque réunit des communications et des tables rondes associant des chercheurs, enseignants-chercheurs, professionnels des institutions et acteurs associatifs. Il commence par une soirée autour du « manifeste pour l’écriture » de Delphine Saubaber et Isabelle Carré (Laffont, 2026) et se termine par par une performance collective de 17 femmes artistes autour du « poème tangent » d’Isabelle Garron (Flammarion, 2026).   PROGRAMME Mercredi 1er avril, 17h-19h – Auditorium de la médiathèque du patrimoine et de la photographie à Charenton-le-Pont   Lancement du colloque - En ateliers d’écriture créative, quel “monde de demain” raconté par les jeunes ? -       17h - ouverture par [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133598_10b0c646e2326984384da37fc6029040.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133598_10b0c646e2326984384da37fc6029040.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Le colloque “(In)visibilisation des récits d’expériences par les institutions” concerne l'étude des récits qui portent à la connaissance du public des expériences habituellement invisibilisées. <br />A partir de la question : “<strong>les institutions portent-elles une attention suffisante aux récits qui nous constituent ?”</strong>, il s’agit de recueillir des initiatives publiques qui ont sollicité la narration d’expériences dans des cadres différents et d’analyser la manière dont elles s’articulent à des institutions. Au-delà de la contestation des normes ou des cadres institués, permettent-elles de repenser le rôle dévolu à l’école ou l’université, à l’hôpital, aux structures politiques, juridiques ou religieuses ? </p> <p>Le colloque réunit des communications et des tables rondes associant des chercheurs, enseignants-chercheurs, professionnels des institutions et acteurs associatifs.</p> <p>Il commence par une soirée autour du « manifeste pour l’écriture » de Delphine Saubaber et Isabelle Carré (Laffont, 2026) et se termine par par une performance collective de 17 femmes artistes autour du « poème tangent » d’Isabelle Garron (Flammarion, 2026). </p> <p><strong> PROGRAMME</strong></p> <p><strong>Mercredi 1er avril, 17h-19h – Auditorium de la médiathèque du patrimoine et de la photographie à Charenton-le-Pont </strong></p> <p> Lancement du colloque - En ateliers d’écriture créative, quel “monde de demain” raconté par les jeunes ?</p> <p>-       17h - ouverture par AMarie Petitjean, François Germinet et Charles Autheman </p> <p>-       17h10 - présentation par Delphine Saubaber du manifeste rédigé avec Isabelle Carré Nos enfants l’urgence d’agir ! Manifeste pour l’écriture, Robert Laffont.</p> <p>-       17h30 - lecture par les jeunes des textes écrits en atelier sur le « monde de demain » </p> <p>-       17h50 - « Les récits écrits en ateliers et les institutions » : table ronde animée par Amarie Petitjean avec Marie-Pierre Castelli (Conseillère Pédagogique Circonscription de Bernay), Jean-Yves Mary (Inspecteur de l’Education Nationale), Antony Soron (MCF HDR Académie de Paris), Marie-Claude Penloup (professeure émérite, université de Rouen-Normandie), Viviane Youx (concours Florilège-FIPF et AFEF).</p> <p>-       18h50 -  bilan par Delphine Saubaber et les organisateurs.</p> <p> </p> <p><strong>Jeudi 2 avril, 9h15-16h45 - Auditorium de la maison de la recherche Annie Ernaux à Cergy</strong></p> <p> 9h15-9h30 café d’accueil</p> <p>9h30-9h45 - Introduction par Charles Autheman, François Germinet, AMarie Petitjean</p> <p>9h45-10h15 - AMarie Petitjean,  « Les ateliers d’écriture à l’école et l’université : faveurs et écueils institutionnels »</p> <p><strong>panel 1 : écrire dans les marges</strong>, modération AMarie Petitjean</p> <p>10h15-10h45 – témoignages d’animateurs d’ateliers : Guilherme Duran (Les Mots), Sophie Poudroux (Les Petits gros mots)</p> <p>discussion - pause </p> <p>11h10-11h50- table ronde  animée par Charles Autheman sur la visibilisation/ invisibilisation des récits des jeunes, avecEmmanuel Vaillant (la Zone d'Expression Prioritaire), Elsa Pellegri (Labo des histoires), Aude Guéneau (Plume).</p> <p>discussion - Pause méridienne 12h-13h30 </p> <p><strong>panel 2  : littérature testimoniale</strong>, modération François Germinet</p> <p>13h30-13h50 – Mauro Cazolla, « Le récit autosociobiographique comme contestation de l’institution littéraire et les enjeux de la traduction : l’exemple d’Édouard Louis ».</p> <p>13h50-14h10 –  Anne-Claire Marpeau « Le récit de soi empêché : l’inceste dans la littérature jeunesse et l’institution littéraire ». discussion </p> <p>panel 3  : narrer les vulnérabilités</p> <p>14h20-15h table ronde sur les migrations et les vulnérabilités sociales, animée par François Germinet, avec Clémentine Eveno, Bademou Coulibaly (foyer Siqueros de Saint Denis), Daniel Truong-Loï et Ali Bettayeb (dispositif Philosophia Orientations Parent).</p> <p>pause</p> <p> 15h10-15h50 - panel animé par AMarie Petitjean : Thomas Cournée, Roberto Poma, Valérie Thomas, « Pratiques narratives et vulnérabilités dans le projet PRANASAN » - discussion </p> <p>15h50-16h10 - Yanan Wuh, « De l’invisibilité administrative à la visibilité narrative : La dimension testimoniale comme contre-dispositif institutionnel dans Bleu-Blanc-Rouge d’Alain Mabanckou » (à distance). </p> <p>16h20-16h40 témoignages : Samia El Ouazzani et Corinne Baque. </p> <p></p> <p><strong>Vendredi 3 avril 9h30-13h30 - Auditorium de la maison de la recherche Annie Ernaux à Cergy</strong></p> <p>9h30-9h40 café d’accueil</p> <p><strong>panel 4 : soins narratifs</strong>, modération Cathy Dissler</p> <p>9h40-10h– Alex Lehoux, « Vulnérable mais pas coupable : quand l’expérience ne trouve pas de suite »</p> <p>10h-10h20 - Jérôme Stephan, « De la vulnérabilité au récit souverain : pour une narrathérapie existentielle »</p> <p>10h20-10h40 - Priscille Athoy, « Invisibilisation des récits d'expérience dans le contexte hospitalier: entre capital symbolique, médiatisation et légitimité » - discussion - pause</p> <p><strong>ouverture : d’autres récits</strong>, modération Anne Schneider</p> <p>11h-11h30 - Tiphaine Samoyault « Changer les récits : visibilité et institution littéraire (autour de Toutes sortes de Misérables, Seuil, 2026) »- discussions</p> <p>Présentation de la tangente et déplacement vers le lieu de la performance</p> <p>11h45-12h30 performance du groupe « la tangente » avec Isabelle Garron et 17 artistes femmes.</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133598_10b0c646e2326984384da37fc6029040.png" type="image/png" length="1825804"/>
    </item>
    <item>
      <title>Revue d'Histoire littéraire de la France, 2026-1 : "La littérature belge d'expression française"</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133597/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 12:10:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133597/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france.html</guid>
      <category>fabula_parution_revue</category>
      <description>Revue d'Histoire littéraire de la France 1 – 2026. 126e année, n° 1 Sous la direction d'Emmanuel Bury Paris, Classiques Garnier, coll. « Revue d'Histoire littéraire de la France », n° 1, 2026. Fondée en 1894, la Revue d'Histoire littéraire de la France propose, à raison de quatre numéros par an et d’un numéro bibliographique hors-série, un panorama de la recherche actuelle sur la littérature d’expression française. Sommaire… Lire les résumés…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133597_6115b0b8215467aa24565523b31d5282.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133597_6115b0b8215467aa24565523b31d5282.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong><em>Revue d'Histoire littéraire de la France</em> 1 – 2026. 126e année, n° 1</strong></p> <p>Sous la direction d'Emmanuel Bury</p> <p>Paris, Classiques Garnier, coll. « Revue d'Histoire littéraire de la France », n° 1, 2026.</p> <p>Fondée en 1894, la <em>Revue d'Histoire littéraire de la France</em> propose, à raison de quatre numéros par an et d’un numéro bibliographique hors-série, un panorama de la recherche actuelle sur la littérature d’expression française.</p> <p><strong><a href="https://classiques-garnier.com/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-1-2026-126e-annee-n-1-varia.html">Sommaire…</a></strong></p> <p><a href="https://classiques-garnier.com/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-1-2026-126e-annee-n-1-varia-resumes.html?displaymode=full"><strong>Lire les résumés…</strong></a></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133597_6115b0b8215467aa24565523b31d5282.png" type="image/png" length="172865"/>
    </item>
    <item>
      <title>Philippe Dagen, Primitivismes III. Crises et mutations</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133596/philippe-dagen-primitivismes-iii-crises-et-mutations.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 12:02:33 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133596/philippe-dagen-primitivismes-iii-crises-et-mutations.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Philippe Dagen clôt ici sa trilogie sur les primitivismes en examinant, à travers oeuvres et écrits, la période de la Seconde Guerre mondiale aux années 1980. Dans un premier temps, l’idée d’une continuité avec l’entre-deux-guerres semble s’imposer. La culture primitiviste constituée et transmise par le surréalisme est aussi déterminante dans la formation de l’expressionnisme abstrait à New York que dans celle de CoBrA en Europe. Ce système de références est désormais reconnu et célébré à travers expositions et livres, jusqu’à la création du Museum of Primitive Art en 1954 à New York et aux expositions du musée de l’Homme, dont Arts primitifs dans les ateliers d’artistes en 1967. À cette date, cela fait plus de vingt ans que des écrivains et des philosophes – Claude Lévi-Strauss, Jean-Paul Sartre et, plus particulièrement, Aimé Césaire et Michel Leiris – ont démontré que le primitif est indissociable du fait colonial et de ses fondements racistes. Ainsi le triomphe public du système primitiviste s’accomplit-il alors que les notions sur lesquelles il se fonde sont déjà ruinées par la mise à nu de leurs prémisses et des stéréotypes de hiérarchie entre les cultures qu’elles portent en elles. À partir de la fin des années 1950 cependant, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133596_917f091a688c5e867007f0934aac23ff.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133596_917f091a688c5e867007f0934aac23ff.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Philippe Dagen clôt ici sa trilogie sur les primitivismes en examinant, à travers oeuvres et écrits, la période de la Seconde Guerre mondiale aux années 1980. Dans un premier temps, l’idée d’une continuité avec l’entre-deux-guerres semble s’imposer. La culture primitiviste constituée et transmise par le surréalisme est aussi déterminante dans la formation de l’expressionnisme abstrait à New York que dans celle de CoBrA en Europe. Ce système de références est désormais reconnu et célébré à travers expositions et livres, jusqu’à la création du Museum of Primitive Art en 1954 à New York et aux expositions du musée de l’Homme, dont <em>Arts primitifs dans les ateliers d’artistes</em> en 1967.</p> <p>À cette date, cela fait plus de vingt ans que des écrivains et des philosophes – Claude Lévi-Strauss, Jean-Paul Sartre et, plus particulièrement, Aimé Césaire et Michel Leiris – ont démontré que le <em>primitif</em> est indissociable du fait colonial et de ses fondements racistes. Ainsi le triomphe public du système primitiviste s’accomplit-il alors que les notions sur lesquelles il se fonde sont déjà ruinées par la mise à nu de leurs prémisses et des stéréotypes de hiérarchie entre les cultures qu’elles portent en elles.</p> <p>À partir de la fin des années 1950 cependant, les fonctions critiques du <em>primitif</em>, qui ont été les armes de Dada et du surréalisme, sont réactivées par des pratiques nouvelles. Elles le sont dans des happenings jugés scandaleux, de Jean Benoît à Jean-Jacques Lebel, qui transgressent les interdits bourgeois. Elles le sont par les performances de celles – Carolee Schneemann, Yayoi Kusama ou Ana Mendieta – qui font de leur corps et de sa liberté les enjeux et les instruments de leur résistance à la marchandisation et à l’oppression de la femme dans la société occidentale capitaliste. Et elles le sont, simultanément, par Betye Sarr, David Hammons ou Noah Purifoy, artistes afro-américains, qui se saisissent des arts africains anciens pour les dégager des appropriations et leur rendre leur puissance symbolique.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133596_917f091a688c5e867007f0934aac23ff.jpg" type="image/jpeg" length="114578"/>
    </item>
    <item>
      <title>Philippe Rabaté, Nathalie Dartai-Maranzana (dir.), Les Masculinités au Siècle d’or espagnol, XVIe-XVIIe s.</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133595/les-masculinites-au-siecle-d-or-espagnol-xvie-xviie-siecles.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 12:00:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133595/les-masculinites-au-siecle-d-or-espagnol-xvie-xviie-siecles.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Les Masculinités au Siècle d’or espagnol (XVIe-XVIIe siècles) Sous la direction de Philippe Rabaté et Nathalie Dartai-Maranzana Paris, Classiques Garnier, coll. « Constitution de la modernité », n° 65, 2026. Le présent ouvrage propose d’étudier le thème des masculinités et de leurs représentations dans les littératures du Siècle d’or espagnol (XVIe-XVIIe siècles) à travers quinze contributions. Il aborde les normes et transgressions liées à la virilité dans la prose, le théâtre et la poésie castillanes classiques. Table des matières… Existe également en version reliée - EAN 9782406199359 - au prix de 91 EUR.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133595_df4e4d38f87a967caf314a4bbf14489d.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133595_df4e4d38f87a967caf314a4bbf14489d.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong><em>Les Masculinités au Siècle d’or espagnol (XVIe-XVIIe siècles)</em></strong></p> <p><strong>Sous la direction de Philippe Rabaté et Nathalie Dartai-Maranzana</strong></p> <p>Paris, Classiques Garnier, coll. « Constitution de la modernité », n° 65, 2026.</p> <p>Le présent ouvrage propose d’étudier le thème des masculinités et de leurs représentations dans les littératures du Siècle d’or espagnol (XVIe-XVIIe siècles) à travers quinze contributions. Il aborde les normes et transgressions liées à la virilité dans la prose, le théâtre et la poésie castillanes classiques.</p> <p><strong><a href="https://classiques-garnier.com/les-masculinites-au-siecle-d-or-espagnol-xvie-xviie-siecles.html">Table des matières…</a></strong></p> <p>Existe également en version reliée - EAN 9782406199359 - au prix de 91 EUR.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133595_df4e4d38f87a967caf314a4bbf14489d.png" type="image/png" length="78754"/>
    </item>
    <item>
      <title>ICE Breakers. Hantises, résistances et imaginaires des corps racialisés, trans, queers et/ou migrants (revue radiophonique Nuage Mycelium)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133610/ice-breakers-hantises-resistances-et-imaginaires-des-corps-racialises-trans.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 09:22:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133610/ice-breakers-hantises-resistances-et-imaginaires-des-corps-racialises-trans.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description> Appel à contributions pour le deuxième numéro de Nuage Mycélium, revue radiophonique de recherche-création du Laboratoire des Imaginaires.   “ avec pour seul horizon le mur noir, la digue gigantesque ki ka protéjé nou, ki ka fenmen nou anba Lanvil. Rien ni change isi-ba. Ayen pa chanjé."  — Michael Roch, Tè Mawon  "You don't need to die to leave a mark of psychic pain." — Carmen Maria Machado, In the Dream House, 2019  Nuage Mycélium est la revue radiophonique de recherche-création du Laboratoire des Imaginaires. Format hybride articulant recherche académique et création artistique autour de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique et de la création sonore, elle se veut un “pulp universitaire radiophonique” qui fait dialoguer chercheur·euse·s, auteur·ice·s, artistes et amateur·ice·s passionné·e·s. Chaque émission de 2h se compose de capsules tissées par une voix off qui crée correspondances et échos entre les propositions.    Appel à contributions  Quelle est la température d’un fantôme ? Les fascismes ne reviennent pas, ils n’ont jamais vraiment disparu. Ils se reforment, se normalisent, trouvent des tribunes, des élus, des algorithmes. Et avec eux, la même logique ancienne : désigner des corps comme jetables, des vies comme non-pleurables, des mémoires comme effaçables. Il y a une [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133610_bd183f731f415f4a30a8716466082f9c.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133610_bd183f731f415f4a30a8716466082f9c.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:right;"><strong> Appel à contributions pour le deuxième numéro de <em>Nuage Mycélium</em>, revue radiophonique de recherche-création du Laboratoire des Imaginaires.</strong><br />  <br /> “ avec pour seul horizon le mur noir, la digue gigantesque ki ka protéjé nou, ki ka fenmen nou anba Lanvil. Rien ni change isi-ba. Ayen pa chanjé."  — Michael Roch, <em>Tè Mawon</em></p> <p style="text-align:right;"> "You don't need to die to leave a mark of psychic pain." — Carmen Maria Machado, <em>In the Dream House</em>, 2019</p> <p style="text-align:left;"> Nuage Mycélium est la revue radiophonique de recherche-création du Laboratoire des Imaginaires. Format hybride articulant recherche académique et création artistique autour de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique et de la création sonore, elle se veut un “pulp universitaire radiophonique” qui fait dialoguer chercheur·euse·s, auteur·ice·s, artistes et amateur·ice·s passionné·e·s. Chaque émission de 2h se compose de capsules tissées par une voix off qui crée correspondances et échos entre les propositions.  </p> <p style="text-align:left;"><strong> Appel à contributions</strong></p> <p style="text-align:left;"><em> Quelle est la température d’un fantôme ?</em></p> <p style="text-align:left;">Les fascismes ne reviennent pas, ils n’ont jamais vraiment disparu. Ils se reforment, se normalisent, trouvent des tribunes, des élus, des algorithmes. Et avec eux, la même logique ancienne : désigner des corps comme jetables, des vies comme non-pleurables, des mémoires comme effaçables.</p> <p style="text-align:left;">Il y a une peur que certain·es d’entre nous portent dans le corps depuis l’enfance. Pas la même peur, pas le même bourreau, pas la même histoire. Mais une même structure : savoir qu’un nom, un corps, une couleur ou une existence peuvent devenir une cible. </p> <p> Que ça s’est déjà passé. </p> <p> Que ça se passe encore. </p> <p> Que ça pourrait recommencer.</p> <p>Comment vivre avec des morts que le monde dominant refuse de pleurer ? Comment porter des fantômes que personne d’autre ne voit ? Comment résister quand l’indicible devient censure ?</p> <p>Cette thématique s’inscrit dans la continuité des réflexions contemporaines sur les corporéités racialisées, les transidentités et les mémoires minorisées développées par les études postcoloniales, les Black studies, les Trans studies et les études décoloniales. Elle fait écho aux travaux d’Avery Gordon sur la hantise comme forme politique (Ghostly Matters, 1997), l’idée que les fantômes ne sont pas des résidus du passé mais les signes de ce qui a été violemment supprimé et qui refuse de disparaître.</p> <p>Pour ce deuxième numéro, nous proposons d'explorer la figure du corps fantôme à travers les cultures de l'imaginaire : ces existences racialisées, trans, queers, minorisées que les systèmes dominants s'efforcent de rendre spectrales avant même leur mort. La fiction spéculative, le fantastique et l'horreur sociale ne fuient pas le réel, ils le rendent visible autrement.</p> <p>En 2022, <em>Anhell69 </em>Theo Montoya filmait une génération de jeunes queers à Medellín, élevé·es pour la plupart sans père, décédés ou disparus. Certain·es jeunes mouraient pendant le tournage et le film en est devenu leur nécrologie.</p> <p>Depuis les fugitifs du marronnage jusqu'à Tony Morrison, Octavia Butler ou Michaëla Danjé, une tradition souterraine transforme la peur en mémoire, les morts en hantises qui travaillent l'avenir. Ces œuvres sont des cartographies de la peur collective projetée dans l'imaginaire pour pouvoir la regarder en face.</p> <p>La radio est elle-même un médium spectral, une voix sans corps, captée dans le noir, venue d’ailleurs. Ce que la transmission orale a traversé, génocides, esclavage, colonisations, ce n’est pas l’archive écrite, c’est la voix. Les cercles de parole, les griots, les chants codés, les langues créoles : autant de formes de survivance par l’auralité. Nuage Mycélium s’inscrit dans cet héritage.</p> <p><strong> Axes de réflexion</strong></p> <p><em> 1)  Fantômes et mémoire :</em> Hantise et trauma transgénérationnel, morts non-pleurés, archives du silence, génocides et effacement mémoriel, corps racialisés comme spectres sociaux, marronnage et résistance souterraine, retour du refoulé colonial, deuils impossibles…</p> <p><em> 2) L’imaginaire des résistances  : </em>Afrofuturisme, indigofuturisme, solarpunk décolonial, horreur sociale comme critique des systèmes d’oppression, monstres comme figures des minorités, corps trans et non-binaires dans la SF, intersectionnalité et fiction spéculative, weird et étrangeté politique…</p> <p> <em>3) L’auralité comme survivance :</em> Tradition orale et résistance, cercles d’oralité, griots et transmission, voix comme archive des corps réduits au silence, radio comme médium spectral, chants codés, langues minorisées et créoles comme actes de résistance, polyphonie comme forme politique… </p> <p>Ces axes peuvent être combinés et interrogés à travers toutes les formes des cultures de l’imaginaire : littérature, cinéma, jeux vidéo, bande dessinée, séries, musique, performance, et dans la diversité des aires géographiques et temporelles.</p> <p>—</p> <p><strong>Modalités pour les contributions radiophoniques</strong></p> <p>Nous recherchons des propositions qui embrassent l'hybridation des formats et explorent les potentialités expressives du médium radiophonique, dans l'esprit d'une accessibilité transgressive : rendre audibles des recherches pointues tout en préservant leur charge subversive, créer des "jingles théoriques" immédiatement reconnaissables.</p> <p>Toute proposition se rattachant aux sciences humaines et sociales ou aux pratiques artistiques est la bienvenue, dès lors qu'elle s'inscrit dans les cultures de l'imaginaire au sens large : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur, mais aussi jeux vidéo, bande dessinée, cinéma, musique, podcast, arts plastiques, théâtre, toute forme où émerge dans la fiction un élément nouveau, extraordinaire ou futuriste, ou qui explore comment ces fictions se vivent, se partagent et se réapproprient collectivement.</p> <p><strong>Formats attendus</strong></p> <p>Chronique académique (3-7 min) : Analyse critique, réflexion théorique, décryptage d'œuvre, approche historique ou comparative. Plus courte qu'une communication universitaire, proche du format "Ma thèse en 180 secondes" — 7 minutes à l'oral, c'est 1000 mots.</p> <p>Création littéraire :Poème, lecture performée (5 min max)</p> <p>Nouvelle originale, théâtre radiophonique (jusqu'à 10 min)</p> <p>Entretien fragmenté (12-20 min répartis) : Proposition d'interview avec un·e invité·e (auteur·ice, chercheur·euse, artiste) accompagnée d'un conducteur</p> <p>Création sonore (1-7 min) : Musique originale, ambiance, field recording, Hörspiel, musique électroacoustique, interlude, paysage sonore, synthèse modulaire…</p> <p>Format libre : Expérimentation radiophonique, performance sonore, récit documentaire…</p> <p>—</p> <p><strong>Modalités pratiques</strong></p> <p> Propositions</p> <p><em> À l'écrit :</em></p> <p> Titre, résumé programmatique (500-1000 caractères), format choisi, prénom et bio-bibliographie (quelques lignes pour vous présenter)</p> <p><em> En audio :</em></p> <p>Vous pouvez aussi postuler directement en envoyant un fichier son — une tradition des podcasts de cabaret littéraire comme Mange Tes Mots. Un vocal, une maquette, une lecture : toute forme est bienvenue pour faire connaissance.</p> <p><em> Deadline propositions :</em> 25 mai 2026</p> <p><em> Remise des contributions finales : </em>Entre juin et juillet 2026</p> <p><em> Diffusions prévues </em>: Automne 2026</p> <p><em> Format technique </em>: wave si possible, mais toutes les qualités sont les bienvenues, du studio de streamer·euse aux vocaux enregistrés en marchant.</p> <p>—</p> <p><strong> Contact : </strong><a href="mailto:laboratoiredesimaginaires@gmail.com">laboratoiredesimaginaires@gmail.com</a> Objet : "Nuage Mycélium #2 – ICE breakers"</p> <p><strong>Langues :</strong> Français principalement, autres langues bienvenues avec sous-titrage audio dans le fichier son (en parallèle ou l’une après l’autre) ou traduction en texte dans les métadonnées.</p> <p>—</p> <p><strong> Qui peut participer ?</strong></p> <p>Chercheur·euse·s en sciences humaines et sociales, en art, en littérature, en histoire, en biologie, en physique, en recherche-création, en musicologie, en droit ou  en mécanique des fluides.</p> <p>Artistes, auteur·ice·s, créateur·ice·s sonores, amateur·ice·s passionné·e·s et autres "indiscipliné·e·s" des cultures de l'imaginaire.</p> <p><em>Le Laboratoire des Imaginaires a pour vocation d’accompagner et de valoriser les travaux de jeunes chercheur·euse·s et artistes. Nous pouvons donc offrir aide et conseils aux personnes n’ayant jamais (ou peu) produit de contenu radiophonique ou scientifique.</em></p> <p style="text-align:right;"> “Au croisement étoilé de la négritude et de la transidentité, l’accidentelle et lumineuse poésie de nos vies lancée au monde.”  — Michaëla Danjé, AfroTrans</p> <p>—</p> <p><strong>Comité éditorial et scientifique</strong></p> <p>Anaconda-Sauna Del Rio<br />Hibou-Hamac Oak Of Brocéliande<br />Tanuki-Etendoir Nanakamado<br />Chouette-Feutre Di Panti</p> <p>— </p> <p><strong> Bibliographie</strong></p> <p><em>Hantise, mémoire, politique</em><br /> Derrida, Jacques. Spectres de Marx. Galilée, 1993.<br /> Gordon, Avery F. Ghostly Matters: Haunting and the Sociological Imagination. University of Minnesota Press, 1997.<br /> Sharpe, Christina. In the Wake: On Blackness and Being. Duke University Press, 2016.<br /> Hartman, Saidiya. Lose Your Mother: A Journey Along the Atlantic Slave Route. Farrar, Straus and Giroux, 2007.<br /> Mbembe, Achille. « Nécropolitique ». Raisons politiques, n° 21, 2006, p. 29-60.<br /> Touam Bona, Dénètem. Sagesse des lianes : Marronnages et devenirs minoritaires. Post-Éditions, 2021.</p> <p><em> Diasporas, exils et mémoires</em><br /> Djavadi, Négar. Désorientale. Liana Levi, 2016.<br /> Maynard, Robyn et Simpson, Leanne Betasamosake. Rehearsals for Living. Haymarket Books, 2022.</p> <p><em> Fiction spéculative, race, résistance</em><br /> Butler, Octavia E. Kindred. Doubleday, 1979.<br /> Jemisin, N.K. La Cinquième Saison. J'ai Lu, 2017.<br /> Roch, Michael. Tè Mawon. La Volte, 2022.<br /> Machado, Carmen Maria. In the Dream House. Graywolf Press, 2019.<br /> Dillon, Grace L. (dir.). Walking the Clouds: An Anthology of Indigenous Science Fiction. University of Arizona Press, 2012.<br /> Eshun, Kodwo. « Further Considerations on Afrofuturism ». CR: The New Centennial Review, vol. 3, n° 2, 2003, p. 287-302.<br /> Womack, Ytasha L. Afrofuturism: The World of Black Sci-Fi and Fantasy Culture. Chicago Review Press, 2013.</p> <p><em> Transidentités et corps</em><br /> Preciado, Paul B. Dysphoria Mundi. Grasset, 2022.<br /> Malatino, Hil. Trans Care. University of Minnesota Press, 2020.<br /> Danjé, Michaëla (dir.). AfroTrans. Cases Rebelles, 2021.</p> <p><em> Féminismes décoloniaux et résistances autochtones</em><br /> Vergès, Françoise. Un féminisme décolonial. La Fabrique, 2019.<br /> Anzaldúa, Gloria. Borderlands / La Frontera : The New Mestiza. Aunt Lute Books, 1987.<br /> Simpson, Leanne Betasamosake. As We Have Always Done: Indigenous Freedom through Radical Resistance. University of Minnesota Press, 2017.</p> <p><em> Auralité, voix, résistance</em><br /> Glissant, Édouard. Poétique de la Relation. Gallimard, 1990.<br /> Ochoa Gautier, Ana María. Aurality: Listening and Knowledge in Nineteenth-Century Colombia. Duke University Press, 2014.<br /> LaBelle, Brandon. Acoustic Territories: Sound Culture and Everyday Life. Continuum, 2010.<br /> Sterne, Jonathan. The Audible Past: Cultural Origins of Sound Reproduction. Duke University Press, 2003.</p> <p>—</p> <p><strong> Laboratoire des Imaginaires</strong></p> <p><strong>Association de jeunes chercheur·euse·s - Rennes</strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133610_bd183f731f415f4a30a8716466082f9c.jpg" type="image/jpeg" length="217976"/>
    </item>
    <item>
      <title>Thégan, La Bonté de l'empereur Louis</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133593/thegan-la-bonte-de-l-empereur-louis.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 09:13:47 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133593/thegan-la-bonte-de-l-empereur-louis.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Texte introduit, traduit et commenté par Philippe Depreux. Le règne de Louis le Pieux (814-840) a tout d’un drame : commencé en fanfare en célébrant la justice et l’unanimité, il tourne au fiasco, avec son lot de trahisons allant jusqu’à la déposition de l’empereur, qui revient au pouvoir à la faveur d’un revirement d’alliances. Thégan est le témoin de ces errements. Vers 836, il rédige un réquisitoire contre Ebbon, l’archevêque de Reims qui a trahi son bienfaiteur. Tout oppose les deux prélats, non seulement l’extraction, noble pour l’un, servile pour l’autre, mais aussi la fidélité à l’empereur et aux idéaux qu’il incarne.La Bonté de l’empereur Louis est non seulement une violente diatribe contre les conseillers indignes et impies, c’est surtout une réflexion sur l’exercice du pouvoir. Écrivant à la manière des annales, Thégan truffe son récit de développements sur les thèmes qui lui sont chers (les vertus d’un prince exemplaire, les vices d’un évêque infâme) et propose une analyse qui peut être lue comme un « miroir ». Ce texte, dont chaque mot est soupesé, est le témoignage exceptionnel d’un second couteau sur l’actualité politique des temps carolingiens.Ce livre est le premier volume de la Bibliothèque médiévale dirigée par Philippe [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133593_8a2afc961c923896480795165d9b3b41.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133593_8a2afc961c923896480795165d9b3b41.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Texte introduit, traduit et commenté par Philippe Depreux</strong>.</p> <p>Le règne de Louis le Pieux (814-840) a tout d’un drame : commencé en fanfare en célébrant la justice et l’unanimité, il tourne au fiasco, avec son lot de trahisons allant jusqu’à la déposition de l’empereur, qui revient au pouvoir à la faveur d’un revirement d’alliances. Thégan est le témoin de ces errements. Vers 836, il rédige un réquisitoire contre Ebbon, l’archevêque de Reims qui a trahi son bienfaiteur. Tout oppose les deux prélats, non seulement l’extraction, noble pour l’un, servile pour l’autre, mais aussi la fidélité à l’empereur et aux idéaux qu’il incarne.<br /><em>La Bonté de l’empereur Louis</em> est non seulement une violente diatribe contre les conseillers indignes et impies, c’est surtout une réflexion sur l’exercice du pouvoir. Écrivant à la manière des annales, Thégan truffe son récit de développements sur les thèmes qui lui sont chers (les vertus d’un prince exemplaire, les vices d’un évêque infâme) et propose une analyse qui peut être lue comme un « miroir ». Ce texte, dont chaque mot est soupesé, est le témoignage exceptionnel d’un second couteau sur l’actualité politique des temps carolingiens.<br /><br />Ce livre est le premier volume de la <em>Bibliothèque médiévale</em> dirigée par Philippe Depreux, une collection qui propose des traductions commentées de sources relatives à l’histoire de l’Europe médiévale (du monde méditerranéen aux contrées les plus septentrionales), depuis l’Antiquité tardive jusqu’à l’aube des Temps modernes.</p> <p class="MsoNormal">—<br /><strong>Table des matières</strong></p> <p class="MsoNormal"><strong>Introduction</strong><br />Thégan, un noble prélat de l’archidiocèse de Trèves, prend parti dans les débats de son temps<br />Le titre des <em>Gesta</em><br />La stratégie narrative de Thégan<br />Une analyse originale du règne de Louis le Pieux<br />Thégan, théoricien du pouvoir<br />Thégan, un auteur qui pèse ses mots<br />La « brièveté » au service d’une cause : Thégan, un auteur partial<br />À propos de la présente traduction<br /><strong>Sources et bibliographie</strong><br /><strong>Thégan, <em>La Bonté de l’empereur Louis</em></strong><br />Annexe : Trois modèles de diplômes rétablissant dans leurs droits ceux qui en furent injustement privés<br />index des noms de lieux<br />index des noms de personnes</p> <p class="MsoNormal">—</p> <p class="MsoNormal"><strong>Philippe Depreux</strong>, professeur d’Histoire médiévale à l’université de Hambourg, est un historien spécialiste du haut Moyen-Âge occidental. Il est membre honoraire de l’Institut universitaire de France et membre ordinaire de l’Académie des Sciences à Hambourg.</p> <p class="MsoNormal">—</p> <p class="MsoNormal"><a href="https://www.calameo.com/read/0052959620559742330c2?page=1"><strong>Lire un extrait...</strong></a></p> <p class="MsoNormal"><a href="https://actualitte.com/article/130054/edition/les-belles-lettres-lancent-une-nouvelle-collection-de-sources-medievales"><strong>On peut lire sur actualitte.com un article sur cet ouvrage...</strong></a></p> <p class="MsoNormal"></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133593_8a2afc961c923896480795165d9b3b41.png" type="image/png" length="202082"/>
    </item>
    <item>
      <title>Dom Duarte, Loyal conseiller</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133592/dom-duarte-loyal-conseiller.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 08:50:21 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133592/dom-duarte-loyal-conseiller.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Traduction du portugais d'Anne-Marie Quint. Postface de João Viegas.  Loyal Conseiller a été écrit par le roi Duarte de Portugal (1433-1438). Il s’agit d’un recueil de réflexions morales réunies vers 1438 qui porte sur une vaste gamme de questions, politiques ou domestiques. Écrit sur un ton intimiste annonçant déjà Les Essais de Montaigne, il était destiné à la Reine. Le roi Duarte y expose – sans grand ordre ou avec une surabondance d’ordre, ce qui revient au même – ses réflexions sur les vertus et les vices ainsi que ses conseils pour faire face aux difficultés de la vie. On y trouve une curieuse description de la dépression qu’a connue le monarque durant trois ans, qu’il attribue à unsurmenage (le premier burn out de l’histoire). C’est également la toute première analyse raisonnée de la saudade, notion éminemment portugaise promise à un illustre avenir poétique et littéraire. Il comporte aussi des enseignements politiques et, en cela, se rapproche d’un Miroir du Prince. S’y entremêlent une forme encore médiévale par certains côtés, avec le recours obsessionnel à des listes ou des catalogues, et une liberté de ton déjà étonnamment moderne. D’une lecture agréable, rempli de trouvailles étonnantes, c’est un texte sans véritable équivalent, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133592_6d5e67070442b2950132f9f7798d1063.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133592_6d5e67070442b2950132f9f7798d1063.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Traduction du portugais d'Anne-Marie Quint. Postface de João Viegas. </strong></p> <p>Loyal Conseiller a été écrit par le roi Duarte de Portugal (1433-1438). Il s’agit d’un recueil de réflexions morales réunies vers 1438 qui porte sur une vaste gamme de questions, politiques ou domestiques. Écrit sur un ton intimiste annonçant déjà Les Essais de Montaigne, il était destiné à la Reine. Le roi Duarte y expose – sans grand ordre ou avec une surabondance d’ordre, ce qui revient au même – ses réflexions sur les vertus et les vices ainsi que ses conseils pour faire face aux difficultés de la vie. On y trouve une curieuse description de la dépression qu’a connue le monarque durant trois ans, qu’il attribue à unsurmenage (le premier burn out de l’histoire). C’est également la toute première analyse raisonnée de la saudade, notion éminemment portugaise promise à un illustre avenir poétique et littéraire. Il comporte aussi des enseignements politiques et, en cela, se rapproche d’un <em>Miroir du Prince</em>. S’y entremêlent une forme encore médiévale par certains côtés, avec le recours obsessionnel à des listes ou des catalogues, et une liberté de ton déjà étonnamment moderne. D’une lecture agréable, rempli de trouvailles étonnantes, c’est un texte sans véritable équivalent, qui montre la richesse du versant ibérique de la première Renaissance.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133592_6d5e67070442b2950132f9f7798d1063.png" type="image/png" length="376112"/>
    </item>
    <item>
      <title>Shakespeare, Le Roi Lear. King Lear (éd. bilingue)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133591/shakespeare-le-roi-lear-king-lear-ed-bilingue.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 08:42:13 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133591/shakespeare-le-roi-lear-king-lear-ed-bilingue.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Texte et préface de Dieudonné Niangouna. Édition bilingue publiée sous la direction de Florient Azoulay et Yan Brailowski. Le roi Lear est un homme orgueilleux et colérique. Se sentant vieillir, il décide d’abdiquer et de partager son royaume entre ses trois filles, mais pas avant qu’elles déclarent publiquement tout l’amour qu’elles ont pour lui. Cette décision entraîne une suite d’évènements terribles, des exils, des trahisons, des meurtres. Le roi sombre dans la folie, le royaume plonge dans le chaos.Possédé par la langue de Shakespeare, habité par le personnage de Lear, Dieudonné Niangouna, auteur, metteur en scène et acteur, signe avec cette nouvelle traduction un texte qui emporte tout sur son passage. Cette version du Roi Lear hisse au plus haut l'incandescence de ce chef-d’oeuvre de la littérature dramatique. —Table des matières Note de l’éditeur PréfaceNote sur le texte anglaisAbréviations Le Roi LearKing LearActe I / Act IActe II / Act IIActe III / Act IIIActe IV / Act IVActe V / Act V — Auteur, metteur en scène et comédien, Dieudonné Niangouna crée la Compagnie Les Bruits de la Rue en 1997. Ses spectacles, d’une poésie explosive, sont d’abord joués dans les rues de Brazzavile, sa ville natale, avant de tourner en [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133591_7778dd014ac2d3aa2e0f9d7b67beee0a.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133591_7778dd014ac2d3aa2e0f9d7b67beee0a.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Texte et préface de Dieudonné Niangouna. Édition bilingue publiée sous la direction de Florient Azoulay et Yan Brailowski.</strong></p> <p>Le roi Lear est un homme orgueilleux et colérique. Se sentant vieillir, il décide d’abdiquer et de partager son royaume entre ses trois filles, mais pas avant qu’elles déclarent publiquement tout l’amour qu’elles ont pour lui. Cette décision entraîne une suite d’évènements terribles, des exils, des trahisons, des meurtres. Le roi sombre dans la folie, le royaume plonge dans le chaos.<br />Possédé par la langue de Shakespeare, habité par le personnage de Lear, Dieudonné Niangouna, auteur, metteur en scène et acteur, signe avec cette nouvelle traduction un texte qui emporte tout sur son passage. Cette version du <em>Roi Lear</em> hisse au plus haut l'incandescence de ce chef-d’oeuvre de la littérature dramatique.</p> <p class="MsoNormal">—<br /><strong>Table des matières</strong></p> <p class="MsoNormal">Note de l’éditeur <br />Préface<br />Note sur le texte anglais<br />Abréviations <br />Le Roi Lear<br />King Lear<br />Acte I / Act I<br />Acte II / Act II<br />Acte III / Act III<br />Acte IV / Act IV<br />Acte V / Act V</p> <p class="MsoNormal">—</p> <p>Auteur, metteur en scène et comédien, <strong>Dieudonné Niangouna</strong> crée la Compagnie Les Bruits de la Rue en 1997. Ses spectacles, d’une poésie explosive, sont d’abord joués dans les rues de Brazzavile, sa ville natale, avant de tourner en France et maintenant à travers le monde. En 2013, il est artiste associé au Festival d’Avignon. En 2021, l'Académie française lui décerne le prix du jeune théâtre Béatrix-Dussane-André-Roussin pour l'ensemble de ses ouvrages dramatiques qui compte désormais près d’une trentaine de pièces. Figure incontournable du renouveau théâtral du continent noir africain et plus largement du monde littéraire francophone, il écrit également des romans dont La Mise en Papa reçoit en 2024 le Grand Prix Afrique Avant-Garde.</p> <p><strong>Florient Azoulay</strong> est auteur, dramaturge et metteur en scène. Il travaille pour le théâtre et l'opéra en France et à l'étranger. Parmi ses ouvrages (essais, traductions, pièces de théâtre), citons La Vie cachée des écrivains, Le Fantôme d’Aziyadé, Majorana 370, Mnemonic  ou encore Apologie d’un mathématicien. Il a traduit aux Belles Lettres Winnie ille Pu de A.A. Milne, ainsi que Les Contes de Shakespeare de Mary et Charles Lamb. Depuis 2019, il co-dirige La Salle Blanche, le laboratoire de l'acteur chercheur à Paris. ll co-dirige la publication des oeuvres théâtrales de Shakespeare en bilingue, dont trois titres sont déjà parus : Comme il vous plaira / As you like it (2019), Le Conte d'hiver / The Winter's Tale (2022) et La Tempête / The Tempest (2023).</p> <p><strong>Yan Brailowsky</strong> est professeur en histoire et littérature britanniques de la première modernité à l'Université Paris Nanterre. Il dirige également les Presses Universitaires de Paris Nanterre. Aux Belles Lettres, il dirige avec Florient Azoulay la publication des oeuvres théâtrales de Shakespeare en bilingue, dont trois titres sont déjà parus : Comme il vous plaira / As you like it (2019), Le Conte d'hiver. The Winter's Tale (2022) et La Tempête / The Tempest (2023). </p> <p>—</p> <p><a href="https://www.calameo.com/read/005295962bcca4c9fdcba?page=1"><strong>Lire un extrait...</strong></a></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133591_7778dd014ac2d3aa2e0f9d7b67beee0a.png" type="image/png" length="273125"/>
    </item>
    <item>
      <title>Romain Gary, De combien d'avertissements avons-nous besoin ? 3 courts essais d'écologie</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133590/romain-gary-de-combien-d-avertissements-avons-nous-besoin-3-courts-essais-d-ecologie.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 08:31:44 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133590/romain-gary-de-combien-d-avertissements-avons-nous-besoin-3-courts-essais-d-ecologie.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Textes issus du volume L'affaire homme Traduction par Pierre-Emmanuel Dauzat. Préface d'Igor Krtolica « De combien d'avertissements avons-nous besoin ? De combien de preuves et de statistiques, de combien de morts, de combien de beauté disparue, de combien de "derniers spécimens" dans ces tristes zoos ?Au risque de passer pour un idéaliste, je refuse néanmoins de croire que l'indispensable soutien à la protection de la nature ne peut venir que sous la forme d'une réponse à la nécessité de se préserver soi-même. Il y faut autre chose, quelque chose de différent de la raison pure et dure. Quelque nom qu'on lui donne - générosité, émerveillement, sympathie, désir ardent de l'innocence perdue -, cela a beaucoup plus à voir avec les sentiments et les émotions qu'avec la dialectique de notre propre survie. »Qu'il évoque les mers. adresse une lettre à un éléphant ou alerte sur les espèces en voie de disparition. Romain Gary se découvre, dans ces trois textes d'une sérénité inquiète, en penseur original de l'écologie.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133590_4e2c39bfe39d68212051422637455a85.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133590_4e2c39bfe39d68212051422637455a85.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Textes issus du volume <em>L'affaire homme</em></p> <p><strong>Traduction par Pierre-Emmanuel Dauzat. Préface d'Igor Krtolica</strong></p> <p>« De combien d'avertissements avons-nous besoin ? De combien de preuves et de statistiques, de combien de morts, de combien de beauté disparue, de combien de "derniers spécimens" dans ces tristes zoos ?<br />Au risque de passer pour un idéaliste, je refuse néanmoins de croire que l'indispensable soutien à la protection de la nature ne peut venir que sous la forme d'une réponse à la nécessité de se préserver soi-même. Il y faut autre chose, quelque chose de différent de la raison pure et dure. Quelque nom qu'on lui donne - générosité, émerveillement, sympathie, désir ardent de l'innocence perdue -, cela a beaucoup plus à voir avec les sentiments et les émotions qu'avec la dialectique de notre propre survie. »<br /><br />Qu'il évoque les mers. adresse une lettre à un éléphant ou alerte sur les espèces en voie de disparition. Romain Gary se découvre, dans ces trois textes d'une sérénité inquiète, en penseur original de l'écologie.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133590_4e2c39bfe39d68212051422637455a85.png" type="image/png" length="652477"/>
    </item>
    <item>
      <title>Pierre Adrian, Hotel Roma (rééd.)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133589/pierre-adrian-hotel-roma.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 08:22:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133589/pierre-adrian-hotel-roma.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>« Je lui avais donc donné le livre de Pavese que je trouvais le plus beau, un “Imaginaire” à la couverture blanc et roux, ignorant alors que ce serait à ses côtés, la plupart du temps, que j’arpenterais les avenues de Turin. La ville serait une petite géographie de notre amour. Turin voudrait dire “l’autre” et mieux encore, la promesse de l’autre. »Le 27 août 1950, Cesare Pavese se donne la mort dans la chambre 49 de l’Hotel Roma, à Turin. Il laisse un mot d’excuse, des poèmes et un journal intime, Le métier de vivre. Hanté par l’écrivain et ce drame, Pierre Adrian retrace le dernier été d’un homme tourmenté par le suicide. Au fil de ce pèlerinage littéraire se dévoile une Italie d’après-guerre, celle de Monica Vitti et Antonioni, de Calvino ; mais aussi une histoire d’amour où Turin devient le lieu éblouissant des retrouvailles entre le narrateur et l’être aimé. — Lire un extrait...</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133589_58ec272bfb88ff6cb42c90d59827834d.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133589_58ec272bfb88ff6cb42c90d59827834d.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>« Je lui avais donc donné le livre de Pavese que je trouvais le plus beau, un “Imaginaire” à la couverture blanc et roux, ignorant alors que ce serait à ses côtés, la plupart du temps, que j’arpenterais les avenues de Turin. La ville serait une petite géographie de notre amour. Turin voudrait dire “l’autre” et mieux encore, la promesse de l’autre. »<br /><br />Le 27 août 1950, Cesare Pavese se donne la mort dans la chambre 49 de l’Hotel Roma, à Turin. Il laisse un mot d’excuse, des poèmes et un journal intime, <em>Le métier de vivre</em>. Hanté par l’écrivain et ce drame, Pierre Adrian retrace le dernier été d’un homme tourmenté par le suicide. Au fil de ce pèlerinage littéraire se dévoile une Italie d’après-guerre, celle de Monica Vitti et Antonioni, de Calvino ; mais aussi une histoire d’amour où Turin devient le lieu éblouissant des retrouvailles entre le narrateur et l’être aimé.</p> <p class="MsoNormal">—</p> <p class="MsoNormal"><a href="https://r.cantook.com/eden/sample/aHR0cHM6Ly93d3cuZWRlbmxpdnJlcy5mci9zYW1wbGUvODIxMjE1L3dlYl9yZWFkZXJfbWFuaWZlc3Q_Zm9ybWF0X25hdHVyZT1lcHViJnNpZ2lkPTE3MjYzMTY1MzYmc2lnbmF0dXJlPTc3MzI1NDk2YWMwNjEzZmQwZDEzNWYxOWRmZGE5NDRlZTQzYWMyOGNlNjZjOWU5Nzg2ZmMxODI0MjQwNTBiNTM"><strong>Lire un extrait...</strong></a></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133589_58ec272bfb88ff6cb42c90d59827834d.png" type="image/png" length="534789"/>
    </item>
    <item>
      <title>Histoires de voir</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133531/voir-le-passe.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 07:45:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133531/voir-le-passe.html</guid>
      <category>fabula_une</category>
      <description>La machine à voir le temps existe-t-elle ? Certes avec les yeux on ne peut voir du passé que des traces qui ont traversé le temps (textes, images, ruines). Pourtant il n’y a pas de frontière étanche entre les images mentales produites par l’expérience de voir et celle de croire voir ou de penser voir. Dans Voir le passé. Savoir historique et expériences de la vision (Champvallon), Christian Jouhaud croise des manières de voir vécues dans le passé avec des expériences de vision de ce passé vécues par l’historien. À cette fin, cinq chapitres cheminent d’une collection d’histoires de voir (du XVe au XXe siècle) vers l’acte de faire voir pour persuader, puis, à travers une série de désarrois en face de ce qui est vu, vers la rencontre de scènes indésirables, pour finir avec la découverte de l’invisible dans des récits ou des images ayant pour objectif de faire voir. Fabula vous invite à découvrir le sommaire… (Illustr. : Le siège de La Rochelle, 1627-1628, d'après une gravure de Jacques Callot)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133531_4fc71d12c3835cd792f9300497edd3cf.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133531_4fc71d12c3835cd792f9300497edd3cf.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La machine à voir le temps existe-t-elle ? Certes avec les yeux on ne peut voir du passé que des traces qui ont traversé le temps (textes, images, ruines). Pourtant <a href="https://www.fabula.org/actualites/133530/christian-jouhaud-voir-le-passe-savoir-historique-et-experiences-de-la-vision.html">il n’y a pas de frontière étanche entre les images mentales produites par l’expérience de voir et celle de croire voir ou de penser voir. Dans <em>Voir le passé. Savoir historique et expériences de la vision</em><em> </em>(Champvallon), Christian Jouhaud croise des manières de voir vécues dans le passé avec des expériences de vision de ce passé vécues par l’historien. À cette fin, cinq chapitres cheminent d’une collection d’histoires de voir (du XVe au XXe siècle) vers l’acte de faire voir pour persuader, puis, à travers une série de désarrois en face de ce qui est vu, vers la rencontre de scènes indésirables, pour finir avec la découverte de l’invisible dans des récits ou des images ayant pour objectif de faire voir</a>. Fabula vous invite à <a href="https://www.calameo.com/read/005018212a2253570d0df">découvrir le sommaire…</a></p> <p><em>(Illustr. : Le siège de La Rochelle, 1627-1628, d'après une gravure de Jacques Callot)</em></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133531_4fc71d12c3835cd792f9300497edd3cf.jpg" type="image/jpeg" length="47146"/>
    </item>
    <item>
      <title>Faire œuvre avec Pierre Bayard (Pau)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133588/colloque-faire-oeuvre-avec-pierre-bayard.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 07:37:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133588/colloque-faire-oeuvre-avec-pierre-bayard.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>« Faire œuvre avec Pierre Bayard » Colloque organisé par Sylvie Loignon et Loraine Toque  (UPPA, Alter UR 7504) 1er et 2 avril 2027 La recherche universitaire s’est emparée des travaux de Pierre Bayard afin d’examiner en quoi ils constituaient des outils d’analyse pertinents pour la didactique de la littérature, pour la théorie littéraire et pour les relations qu’entretiennent la littérature et la vie. En témoignent la journée d’étude organisée par Éric Hoppenot et Antony Soron en février 2023 et intitulée « Enseigner la littérature avec Pierre Bayard », et les deux colloques internationaux organisés pour l’un à l’université de Chicago par Loriane Lafont-Grave et Jacqueline Victor : « Creative Reading : Rethinking our Relationship to Art and Literature through Pierre Bayard » en octobre 2024 et, pour l’autre, par un collectif emmené par Aurélien Fouillet à l’ENSCI en décembre 2025 : « Design, narration(s) et théorie(s) littéraire(s). Au prisme de l’œuvre de Pierre Bayard ». Si le colloque « Faire œuvre avec Pierre Bayard » s’inscrit dans ces perspectives, il entend envisager les livres de Pierre Bayard non pas seulement comme des outils pour appréhender le monde, la fiction et leurs relations complexes, mais comme une œuvre à part [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>« Faire œuvre avec Pierre Bayard »</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Colloque organisé par Sylvie Loignon et Loraine Toque </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>(UPPA, Alter UR 7504)</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>1er et 2 avril 2027</strong></p> <p>La recherche universitaire s’est emparée des travaux de Pierre Bayard afin d’examiner en quoi ils constituaient des outils d’analyse pertinents pour la didactique de la littérature, pour la théorie littéraire et pour les relations qu’entretiennent la littérature et la vie. En témoignent la journée d’étude organisée par Éric Hoppenot et Antony Soron en février 2023 et intitulée « Enseigner la littérature avec Pierre Bayard », et les deux colloques internationaux organisés pour l’un à l’université de Chicago par Loriane Lafont-Grave et Jacqueline Victor : « <em>Creative Reading : Rethinking our Relationship to Art and Literature through Pierre Bayard </em>» en octobre 2024 et, pour l’autre, par un collectif emmené par Aurélien Fouillet à l’ENSCI en décembre 2025 : « Design, narration(s) et théorie(s) littéraire(s). Au prisme de l’œuvre de Pierre Bayard ».</p> <p>Si le colloque « Faire œuvre avec Pierre Bayard » s’inscrit dans ces perspectives, il entend envisager les livres de Pierre Bayard non pas seulement comme des outils pour appréhender le monde, la fiction et leurs relations complexes, mais comme une œuvre à part entière. En somme, il s’agit d’interroger la façon dont Pierre Bayard « fait œuvre ».</p> <p>Cette question de l’œuvre – nécessairement en construction – permet d’interroger le statut de l’auteur et celui du narrateur, d’en comprendre l’écart et le jeu. Comment faire œuvre en effet quand le narrateur fait preuve de désinvolture ou d’ironie à l’égard de la notion même d’œuvre ? Or, une telle interrogation suggère aussi d’analyser une énonciation qui sème le doute : « je sommes plusieurs » en quelque sorte… Ce faisant, ce statut ambigu questionne encore l’ethos auctorial et, plus largement, la posture adoptée par l’auteur, tout comme il questionne le genre dont relèvent ses livres (essai, fiction ?). Aux frontières de la théorie littéraire, de la critique et de la fiction, Pierre Bayard fait preuve d’une hybridité générique et revendique un détour par les autres arts. Dans l’ouvrage Le Détour par les autres arts : pour Marie-Claire Ropars qu’il a dirigé, Pierre Bayard propose en effet de recourir aux autres arts afin de mieux appréhender la littérature : le détour « modifie aussi profondément les œuvres entre lesquelles il les fait circuler, rendant perceptible en chacune l’inquiétude d’elle-même[1] ». Il affirme ainsi dans son article « Peut-on appliquer le cinéma à la psychanalyse ? », le pouvoir de la littérature d’affirmer la vie psychique, ce que lui envierait le cinéma.</p> <p>Faire œuvre suppose encore une cohérence dans la production, dessine les contours d’une unité qui ne semble pas si évidente de prime abord. Quelle serait alors la périodisation de la production bayardienne ? Peut-on voir des jeux d’échos d’un écrit à l’autre et selon quelle modalité : opposition, reprise, regrets et repentirs ? Faire œuvre, c’est aussi s’inscrire dans le champ littéraire, trouver une place dans un contexte éditorial et dans des courants critiques. Il s’agit ainsi d’étudier jusqu’à quel point l’œuvre de Pierre Bayard est novatrice, d’envisager la réception de ses livres, de ne pas éluder la dimension polémique de ceux-ci et de réévaluer leur place dans la critique contemporaine et plus largement dans la production littéraire d’aujourd’hui. </p> <p>Mais « faire œuvre avec Pierre Bayard » c’est aussi souligner la façon dont il mobilise la capacité de son / ses narrateur(s) à former des œuvres nouvelles à partir de textes connus, à partir de lectures supposées, à partir d’hypothèses qui vont souvent à l’encontre des lectures convenues et du « sens de l’auteur ». Pierre Bayard pose la question cruciale du sens et du contresens. Il place au cœur de ses œuvres la notion d’intertextualité et d’intertexte. Ce faisant, ses livres amènent souvent une implication du lecteur, voire sa participation active. Or, il serait intéressant d’envisager les modalités de cette participation du lecteur, d’étudier par exemple la structure inquisitoriale de certains de ses livres, dont on trouve un prolongement dans le travail de Clémentine Beauvais : <em>Pierre Bayard DéteXtive privé</em> (trois tomes parus : <em>L’Affaire Petit Prince</em>, <em>Enquête sur Peter Pan</em> et <em>Code Petite Sirène</em>). Si affleure l’éloge de la subjectivité du lecteur et de sa capacité à imaginer, le lecteur est-il cocréateur non pas seulement des œuvres dont parlent les livres de Pierre Bayard mais de ces derniers eux-mêmes ? Ne pourrait-on pas imaginer un lecteur qui prend à la lettre les textes de Bayard tant la démonstration se fait minutieuse et l’hypothèse crédible ? Jouer ou ne pas jouer le jeu…</p> <p> Si la place du lecteur et celle de l’auteur sont activement questionnées ici, on pourra aussi se demander comment les livres de Pierre Bayard, jouant donc de l’intertexte, dessinent une vision paradoxale de la littérature : elle semble participer de ce murmure indéfini dont parle Michel Foucault à propos de Flaubert : « chaque œuvre littéraire appartient au murmure indéfini de l’écrit ». Se donne alors à voir une intransitivité de la littérature, qui, se fermant sur elle-même, renvoie à une immense bibliothèque. Toutefois, à la lecture des livres de Pierre Bayard, la littérature est aussi un questionnement vif du réel : soit que la fiction anticipe la catastrophe et plus largement interfère avec la réalité (voir notamment <em>Le Titanic fera naufrage</em>), soit qu’il s’agit par la fiction d’interroger notre propre relation à nous-mêmes, aux autres, au réel et à l’Histoire, ce qui est au cœur du livre Aurais-je été résistant ou bourreau ? La littérature est donc aussi ce qui explore les questions sociales, éthiques et politiques les plus contemporaines. Apparaît alors un dernier questionnement : celui de l’actualité de l’œuvre bayardienne. Jouant sur les temporalités et les paradoxes (<em>Le Plagiat par anticipation</em>), cette œuvre fait œuvre avec son temps et à contretemps. </p> <p>—</p> <p> Les propositions de communication (500 signes espaces comprises) accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique sont à adresser conjointement à <a href="mailto:loraine.toque@univ-pau.fr">loraine.toque@univ-pau.fr</a> et <a href="mailto:sylvie.loignon@univ-pau.fr">sylvie.loignon@univ-pau.fr</a>  pour le 30 septembre 2026.</p> <p> —</p> <p><strong>Comité scientifique :</strong></p> <p>Pierre Bayard (Université Paris 8)</p> <p>Michel Braud (UPPA)</p> <p>Caroline Julliot (Université Jean Moulin Lyon 3)</p> <p>Eric Hoppenot (Sorbonne Université – Inspé)</p> <p>Sylvie Loignon (UPPA)</p> <p>Nancy Murzilli (Université Paris 8)</p> <p>Pascale Peyraga (UPPA)</p> <p>Mireille Séguy (Université Sorbonne Nouvelle)</p> <p>Loraine Toque (UPPA)</p> <p>Laurent Zimmermann (Université Paris Cité)</p> <p> </p> <p>[1] Pierre Bayard et Christian Doumet, « Avant-propos », in Pierre Bayard et Christian Doumet (dir.), <em>Le Détour par les autres arts : pour Marie-Claire Ropars</em>, Éditions L’improviste, 2004, p. 10. </p> <p><strong>NB : Les frais d'inscription au colloque s'élèvent à 50 euros. </strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Georges Perec, Les Revenentes</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133587/georges-perec-les-revenentes.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 07:31:22 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133587/georges-perec-les-revenentes.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Avec Les Revenentes, Georges Perec constuit un récit entièrement basé sur une contrainte ludique : n'utiliser que la voyelle 'e'. Un exercice de style inventif et malicieux. Vous avez lu quelque part que la lettre la plus fréquemment utilisée de la langue française était la voyelle " e ". Cela, bien sûr, vous a semblé injuste, et même intolérable, et vous avez décidé d'agir. Vous avez donc pris un dictionnaire de la langue française et vous avez recueilli tous les mots " sans e ". Vous vous en êtes servi pour raconter une histoire que vous avez appelée, évidemment, La Disparition. Néanmoins, vous n'étiez pas entièrement satisfait. Il vous semblait que vous n'aviez fait que la moitié du chemin. Vous avez donc récidivé, en prenant, cette fois-ci, les mots ne comportant que la voyelle " e ", c'est-à-dire les mots " sans a ", " sans i ", - " sans o " et " sans u " (" y " est une semi-voyelle et mérite un traitement particulier). Vous vous en êtes servi pour raconter une histoire qu'à juste titre vous avez intitulé Les Revenentes. Vous serez peut-être surpris de constater que vos deux ouvrages se ressemblent par de [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133587_c981e8c8044bfdde8d3127914d212fa0.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133587_c981e8c8044bfdde8d3127914d212fa0.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Avec<em> Les Revenentes</em>, Georges Perec constuit un récit entièrement basé sur une contrainte ludique : n'utiliser que la voyelle 'e'. Un exercice de style inventif et malicieux.</p> <p>Vous avez lu quelque part que la lettre la plus fréquemment utilisée de la langue française était la voyelle " e ". Cela, bien sûr, vous a semblé injuste, et même intolérable, et vous avez décidé d'agir.</p> <p>Vous avez donc pris un dictionnaire de la langue française et vous avez recueilli tous les mots " sans e ". Vous vous en êtes servi pour raconter une histoire que vous avez appelée, évidemment, <em>La Disparition</em>.</p> <p>Néanmoins, vous n'étiez pas entièrement satisfait. Il vous semblait que vous n'aviez fait que la moitié du chemin. Vous avez donc récidivé, en prenant, cette fois-ci, les mots ne comportant que la voyelle " e ", c'est-à-dire les mots " sans a ", " sans i ", - " sans o " et " sans u " (" y " est une semi-voyelle et mérite un traitement particulier). Vous vous en êtes servi pour raconter une histoire qu'à juste titre vous avez intitulé <em>Les Revenentes</em>.</p> <p>Vous serez peut-être surpris de constater que vos deux ouvrages se ressemblent par de nombreux traits bien qu'ils n'aient aucun mot en commun.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133587_c981e8c8044bfdde8d3127914d212fa0.jpg" type="image/jpeg" length="78508"/>
    </item>
    <item>
      <title>Fernando Pessoa, Courts-métrages : quatre arguments pour le cinématographe</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133585/fernando-pessoa-courts-metrages-quatre-arguments-pour-le-cinematographe.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 07:19:14 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133585/fernando-pessoa-courts-metrages-quatre-arguments-pour-le-cinematographe.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Traduction de Patrick Quillier Fernando Pessoa a écrit des scénarios pour des films et rêvait de créer une société de production. Patrick Quillier a été le premier à publier, dans ce petit volume intitulé Courts métrages, quatre scénarios écrits par l’auteur. Sa riche introduction permet de comprendre l’intérêt que Pessoa a eu pour le cinéma et les liens que son oeuvre pouvait avoir avec le septième art. Les quatre ébauches de scénarios qui sont ici publiées reflètent des thèmes reconnaissables dans l’œuvre de Pessoa, allant de l’échange d’identités aux voyages sur de grands navires où les personnages recherchent des trésors inexistants. Textes courts, ils suffisent à confirmer l’intérêt de l’auteur pour le cinéma, qui semble contredire le mépris affiché dans sa correspondance. Lorsque Pessoa fait référence à la consommation de masse et au manque de dimension artistique et vitale du cinéma, il fait référence à un certain type de films et non à l’art cinématographique en général.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133585_9bac477dd09376cdc0f68b030c5d446f.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133585_9bac477dd09376cdc0f68b030c5d446f.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Traduction de Patrick Quillier</strong></p> <p>Fernando Pessoa a écrit des scénarios pour des films et rêvait de créer une société de production. Patrick Quillier a été le premier à publier, dans ce petit volume intitulé <em>Courts métrages</em>, quatre scénarios écrits par l’auteur. Sa riche introduction permet de comprendre l’intérêt que Pessoa a eu pour le cinéma et les liens que son oeuvre pouvait avoir avec le septième art. Les quatre ébauches de scénarios qui sont ici publiées reflètent des thèmes reconnaissables dans l’œuvre de Pessoa, allant de l’échange d’identités aux voyages sur de grands navires où les personnages recherchent des trésors inexistants. Textes courts, ils suffisent à confirmer l’intérêt de l’auteur pour le cinéma, qui semble contredire le mépris affiché dans sa correspondance. Lorsque Pessoa fait référence à la consommation de masse et au manque de dimension artistique et vitale du cinéma, il fait référence à un certain type de films et non à l’art cinématographique en général.</p> <p></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133585_9bac477dd09376cdc0f68b030c5d446f.jpg" type="image/jpeg" length="67728"/>
    </item>
    <item>
      <title>Imaginaires eschatologiques : approches interdisciplinaires des discours de la fin (Djerba, Tunisie)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133609/imaginaires-eschatologiques-approches-interdisciplinaires-des-discours-de-la-fin.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 05:59:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133609/imaginaires-eschatologiques-approches-interdisciplinaires-des-discours-de-la-fin.html</guid>
      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Colloque international du Laboratoire LÉRIC (Laboratoire d’Études et de Recherches Interdisciplinaires et Comparée) Imaginaires eschatologiques : approches interdisciplinaires des discours de la fin Djerba (hôtel TUI BLUE Palm Beach Palace), les 9, 10 et 11 avril 2026 Parrainé par Le CRI2i (Centre de Recherches Internationales sur l’Imaginaire) En collaboration avec le LAPRIL (Laboratoire Pluridisciplinaire de Recherches   sur l’Imaginaire) de l’Université Bordeaux Montaigne  — Programme  Lieu : Hôtel TUI BLUE Palm Beach Palace Jeudi 9 avril  8h : Accueil des participants 8h30-9h : Allocutions de bienvenue   -          Allocution du Président de l’Université de Sfax  -          Allocution de la Doyenne de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax -          Allocution du Directeur du Laboratoire LÉRIC -          Allocution des Coordinateurs du colloque —  Première séance : 09h - 10h35 Typologies de la fin : croissance, déclin et prophéties Président : Ahmed HADJ KACEM 09h-09h20 - Jean-Jacques WUNENBURGER (CRI2i, Université Jean-Moulin Lyon 3, France) : « Figures du temps : les imaginaires de la croissance et du déclin. ».  09h20-09h40 - Bertrand GERVAIS (CRI2i, Université du Québec à Montréal, canada) : « La fin du [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133609_7d8fc4dde1fe5e1fd31b9a46811b8046.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133609_7d8fc4dde1fe5e1fd31b9a46811b8046.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Colloque international du Laboratoire LÉRIC</p> <p style="text-align:center;">(Laboratoire d’Études et de Recherches Interdisciplinaires et Comparée)</p> <p style="text-align:center;"><strong>Imaginaires eschatologiques : approches interdisciplinaires des discours de la fin</strong></p> <p style="text-align:center;">Djerba (hôtel TUI BLUE Palm Beach Palace), les 9, 10 et 11 avril 2026</p> <p style="text-align:center;">Parrainé par Le CRI2i (Centre de Recherches Internationales sur l’Imaginaire)</p> <p style="text-align:center;">En collaboration avec le LAPRIL (Laboratoire Pluridisciplinaire de Recherches  </p> <p style="text-align:center;">sur l’Imaginaire) de l’Université Bordeaux Montaigne</p> <p style="text-align:center;"> —</p> <p style="text-align:center;"><strong>Programme</strong> </p> <p style="text-align:center;">Lieu : Hôtel TUI BLUE Palm Beach Palace</p> <p><strong>Jeudi 9 avril </strong></p> <p>8h : Accueil des participants</p> <p>8h30-9h : Allocutions de bienvenue  </p> <p>-          Allocution du Président de l’Université de Sfax </p> <p>-          Allocution de la Doyenne de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax</p> <p>-          Allocution du Directeur du Laboratoire LÉRIC</p> <p>-          Allocution des Coordinateurs du colloque</p> <p style="text-align:center;">— </p> <p style="text-align:center;">Première séance : 09h - 10h35</p> <p style="text-align:center;"><strong>Typologies de la fin : croissance, déclin et prophéties</strong></p> <p style="text-align:center;">Président : Ahmed HADJ KACEM</p> <p>09h-09h20 - Jean-Jacques WUNENBURGER (CRI2i, Université Jean-Moulin Lyon 3, France) : « Figures du temps : les imaginaires de la croissance et du déclin. ». </p> <p>09h20-09h40 - Bertrand GERVAIS (CRI2i, Université du Québec à Montréal, canada) : « La fin du monde est à nos portes : l’IA et les prophéties apocalyptiques ». </p> <p>09h40-10h00 - Mohamed JERBI (LÉRIC, Université de Sfax, Tunisie) : « L’évolution du concept de la fin de l’histoire : des fondateurs de l’idée à l’imposition de la logique de la violence et de la volonté des commanditaires du génocide ».</p> <p>10h-10h20 - Henri HUDRISIER (Lab. Paragraphe, Université Paris 8, Chaire Unesco en innovation, France) : « La normalisation des technologies : une mobilisation indispensable contre les acteurs libertariens des technologies, notamment numériques ».</p> <p>Discussion (15mn)</p> <p>Pause-café</p> <p style="text-align:center;">Deuxième séance : 11h -12h35</p> <p style="text-align:center;"><strong> Histoire et formes des fins </strong></p> <p style="text-align:center;">Président : Najiba CHKIR </p> <p>11h-11h20 - Abdelwahed MOKNI (LÉRIC, Université de Sfax, Tunisie) : « La fin tragique de Bourguiba et de Lamine Bey : entre affabulation et réalité ».</p> <p>11h20 -11h40 - Hayet BEN CHARRADA (Université Tunis-El Manar, Tunisie) : « Bourguiba, le déni de la fin ».</p> <p>11h40-12h - Ali TOUMI ABASSI (Université de la Manouba) : « Écriture et déni de la fin, une parole auctoriale ».</p> <p>12h-12h20 - Crina ZARNESCU (CRI2i, Centre Universitaire Pitești, Roumanie) : « Survivances et reconfigurations de l’imaginaire eschatologique médiéval - de Bosch et Bruegel au cinéma et séries contemporaines ».</p> <p>Discussion (15mn)</p> <p>Déjeuner</p> <p style="text-align:center;">Troisième séance : 14h30 -16h05</p> <p style="text-align:center;"><strong>Penser l’anthropocène : images, éthiques et réalités écologiques</strong></p> <p style="text-align:center;">Président : Ali TOUMI ABASSI</p> <p>14h30-14h50 - Daniel PROULX (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Canada) &amp; Carol PRIEGO (Fulbright Scholar à New York, USA) : « Anthropocène, extractivisme et imaginaires : temporalités conflictuelles et médiations esthétiques en région minière ».</p> <p>14h50-15h10 - Fatiha ALIOUANE &amp; Yasmina FOURALI (Université Akli Mohand Oulhadj, Bouira, Algérie) : « Les gens face à la mort et le vécu du deuil dans la société   kabyle ».</p> <p>15h10-15h30 - Mouna ENNOURI (LAM, Université de Sfax, Tunisie) : « Entre disparition et survivance : l’art écologique face à la crise du vivant ».</p> <p>15h30-15h50 - Pierre CILLIFFO GRIMALDI (GRIPIC – CELSA Sorbonne Université, France) : « L’influence des représentations médiatiques des mégafeux sur la construction d’un imaginaire climatique contemporain ».</p> <p>Discussion (15mn)</p> <p>Pause-café</p> <p style="text-align:center;">Quatrième séance : 16h30-17h-45</p> <p style="text-align:center;"><strong>Portails de l’eschatologie : art brut, vertige et destinées nouvelles</strong></p> <p style="text-align:center;">Président : Hayet BEN CHARRADA</p> <p>16h30-16h50 - Zeineb NABOULTANE KHADRI (Université Sorbonne Paris Nord, France) : « La Fin, ce Portail vers une nouvelle Destinée ».</p> <p>16h50-17h10 - Meriam BELGUIT (LLTA-ADNT, Université de Sfax, Tunisie) : « La fin comme seuil : entre vertige du réel et renaissance virtuelle ».</p> <p>17h10-17h30 - Quentin BAZIN (Universités Jean-Moulin Lyon 3 et Grenoble-Alpes, France) : « Figures de la fin du monde dans l’art brut : visions singulières et prophéties de survivance ».</p> <p>Discussion (15mn)</p> <p style="text-align:center;">— </p> <p style="text-align:center;"><strong>Vendredi 10 avril </strong></p> <p style="text-align:center;">Cinquième séance : 9h-10h35</p> <p style="text-align:center;"><strong>Aux horizons de la fin : cultures, deuils et récits eschatologiques</strong></p> <p style="text-align:center;">Président : Jean-Jacques WUNENBURGER</p> <p>9h-9h20 - Cristiana LUCAS SILVA &amp; José EDUARDO FRANCO (CRI2i, Université Aberta, Portugal) : « Imaginaires eschatologiques dans la culture portugaise : Typologies, usages et significations ».</p> <p>9h20-9h40 - Laura LAZAR ZAVALEANU (CRI2i, Université Babes-Bolyai, Roumanie) : « Scénarios des apocryphes apocalyptiques dans la culture roumaine ancienne ».  </p> <p>9h40-10h - Laura T. ILEA (CRI2i, Université Babes-Bolyai, Roumanie) : « La radiation comme allégorie planétaire et "l’éthique du passant" ». </p> <p>10h-10h20 - Karen FERREIRA-MEYERS (University of Eswatini, Eswatini) : « Fins du monde, mémoires blessées et futurs spéculatifs : les discours eschatologiques dans les récits romanesques d’Afrique australe ».</p> <p>Discussion (15mn)</p> <p>Pause-café</p> <p style="text-align:center;">Sixième séance : 11h -12h15</p> <p style="text-align:center;"><strong>Rituels, ruines et survivances eschatologiques</strong></p> <p style="text-align:center;">Président : Nathalie LACELLE</p> <p>11h-11h20 - Salem MOKNI (LÉRIC, Université de Sfax, Tunisie) : « "Cité morte", "cité vivante" dans l’Antiquité : La destruction comme généalogie dans les mythes de fondation des cités antiques ».</p> <p>11h20-11h40 - Solenn DE LARMINAT (CNRS, CCJ, Université Aix Marseille, France) : « Des textes aux sépultures antiques en Afrique du Nord : lecture croisée pour une approche des croyances eschatologiques ».</p> <p>11h40-12h - Fanny LANGLADE (PLH- EA 4601, Université Toulouse II Jean Jaurès, France) : « Rituels dionysiaques et préoccupations eschatologiques ».</p> <p>Discussion (15mn)</p> <p>Déjeuner</p> <p style="text-align:center;">Septième séance : 14h-15h-35</p> <p style="text-align:center;"><strong>Dispositifs et décadences eschatologiques</strong></p> <p style="text-align:center;">Président : Mohamed JERBI</p> <p>14h-14h20 - Hatem HAMDI (Université Jean Monnet - Saint-Étienne, France) : « Le dernier séjour : tourisme, mobilité et espaces du mourir ».</p> <p>14h20-14h40 - Farouk BAHRI (Université de la Manouba, Tunisie) : « Entre ruine du monde et refondation poétique : imaginaires eschatologiques chez les poètes de la  Pléiade ».</p> <p>14h40-15h - Nancy SAAD (Université Libanaise, Liban) : « <em>Comment c’est</em> ou l’eschatologie biblique ruinée : prophétisme nihiliste, apocalypse anéantie et temporalité brisée chez Beckett ».</p> <p>15h-15h20 - Faten MASMOUDI (LÉRIC, Université de Sfax, Tunisie) : « Esthétiques de la fin et imaginaires décadents : frontières eschatologiques chez Joris-Karl Huysmans et Marcel Schwob ».</p> <p>Discussion (15mn)</p> <p>Pause-café</p> <p style="text-align:center;"><em>Programme culturel : visite guidée du site archéologique de Meninx.</em></p> <p style="text-align:center;"> —</p> <p style="text-align:center;"><strong>Samedi 11 avril </strong></p> <p style="text-align:center;">Huitième séance : 9h-10h35</p> <p style="text-align:center;">Cassandres modernes : dystopies, mythes et apocalypses </p> <p style="text-align:center;">Président : Hédia ABDELKEFI</p> <p>9h-9h20 – Hichem ISMAÏL (LÉRIC, Université de Sfax, Tunisie) : « Dystopies et imaginaire du posthumain : de Zamiatine, Huxley et Orwell à la réflexion philosophique de Michel Onfray ».</p> <p>9h20-9h40 - Najate NERCI (Université Hassan II de Casablanca, Maroc) : « Un mythe féministe de la fin des temps dans <em>Chroniques du Pays des Mères</em> d’Élisabeth Vonarburg ». </p> <p>9h40-10h - Ruxandra CESEREANU (CRI2i, Université Babes-Bolyai, Roumanie) : « L’Apocalypse selon Bujor Nedelcovici ».</p> <p>10h-10h20 - Bachir Hichem BOUDJEMAA (Université de Tissemsilt, Algérie) : « Discours dissident, discours complotiste, discours réactionnaire : réflexions autour de ces nouveaux Cassandres de la fin des temps ».</p> <p>Discussion (15mn)</p> <p>Pause-café</p> <p style="text-align:center;">Neuvième séance : 11h -12h35</p> <p style="text-align:center;"><strong>Fins de l’humain : imaginaires technologiques et eschatologies de l’intime</strong></p> <p style="text-align:center;">Président : Bertrand GERVAIS</p> <p>11h -11h20 - Nathalie LACELLE (Université du Québec à Montréal, canada) : « L’école contre les écrans ? Intelligence artificielle et crise des imaginaires pédagogiques ».</p> <p>11h20-11h40 - Valentina TIRLONI (Université Côte d’Azur, France) : « Le transhumanisme : la fin de l’homme ? ».</p> <p>11h40-12h - Corin BRAGA (CRI2i, Université Babes-Bolyai, Roumanie) : « Antiutopies apocalyptiques modernes ».</p> <p>12h-12h20 - Hédia ABDELKEFI (Université de Tunis EL Manar, Tunisie) : « La fin du discours amoureux ? Eschatologie de l’intime dans la postmodernité ». </p> <p>Discussion (15mn)</p> <p>12h35-12h55 : Synthèse du colloque par Jean-Jacques WUNENBURGER et Corin BRAGA                          </p> <p>12h55-13h15 : Présentation du VIe Congrès du CRI2i (Montréal, 5-7 mai 2027) par Bertrand GERVAIS, Jean-Jacques WUNENBURGER et Corin BRAGA</p> <p>13h15 : Clôture du colloque.</p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133609_7d8fc4dde1fe5e1fd31b9a46811b8046.jpg" type="image/jpeg" length="302726"/>
    </item>
    <item>
      <title>Géographie des sentiments hostiles dans la littérature et les arts (Montréal)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133608/colloque-international-geographie-des-sentiments-hostiles-dans-la-litterature-et-les-arts.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 05:11:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133608/colloque-international-geographie-des-sentiments-hostiles-dans-la-litterature-et-les-arts.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>Colloque international Géographie des sentiments hostiles dans la littérature et les arts Les 24-25 septembre 2026 – Université du Québec à Montréal Organisateurs : Laboratoire des Afriques Innovantes (LAFI) &amp; Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles Dans une époque marquée par des crises multiformes mettant à mal le vivre-ensemble, et se manifestant dans les négociations polarisantes entre individus et communautés, formes diverses et divergentes de sociabilités, ainsi que dans les rapports entre l’humain et son environnement, il apparaît impératif de s’attarder sur une « géographie » ponctuelle des sentiments hostiles dans la littérature et les arts en général.  Les sentiments hostiles, les affects les plus durs, les plus destructeurs ont quelque chose d’insaisissable, comme toute émotion, d’ailleurs. Les nommer, c’est déjà en faire quelque chose d’un peu trop rigide, c’est leur donner la fixité, l’immobilité d’une catégorie abstraite ; loin du désordre et de la bouillie affective dont ils sont issus. C’est que les sentiments, les affects, quels qu’ils soient, ne sont jamais simples ni entiers. Il n’y a jamais que la haine, ni quel’angoisse ; il n’y a jamais que la honte, ni que le dégoût, car l’angoisse préside à la haine, le dégoût est partie intégrante [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133608_8eaf62eb1353cac46e65162dbc7fc301.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133608_8eaf62eb1353cac46e65162dbc7fc301.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Colloque international</p> <p style="text-align:center;"><strong>Géographie des sentiments hostiles dans la littérature et les arts</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Les 24-25 septembre 2026 – Université du Québec à Montréal</strong></p> <p style="text-align:center;">Organisateurs :</p> <p style="text-align:center;">Laboratoire des Afriques Innovantes (LAFI)</p> <p style="text-align:center;">&amp; Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles</p> <p>Dans une époque marquée par des crises multiformes mettant à mal le vivre-ensemble, et se manifestant dans les négociations polarisantes entre individus et communautés, formes diverses et divergentes de sociabilités, ainsi que dans les rapports entre l’humain et son environnement, il apparaît impératif de s’attarder sur une « géographie » ponctuelle des sentiments hostiles dans la littérature et les arts en général. </p> <p>Les sentiments hostiles, les affects les plus durs, les plus destructeurs ont quelque chose d’insaisissable, comme toute émotion, d’ailleurs. Les nommer, c’est déjà en faire quelque chose d’un peu trop rigide, c’est leur donner la fixité, l’immobilité d’une catégorie abstraite ; loin du désordre et de la bouillie affective dont ils sont issus. C’est que les sentiments, les affects, quels qu’ils soient, ne sont jamais simples ni entiers. Il n’y a jamais que la haine, ni quel’angoisse ; il n’y a jamais que la honte, ni que le dégoût, car l’angoisse préside à la haine, le dégoût est partie intégrante de la honte. On peut trouver une foule d’exemples — mais il suffit d’éprouver réellement une émotion complexe — pour savoir à quel point tout ce qui s’agite en nous, tout ce qui nous agite, est essentiellement ambigu, mouvant, instable. Souvent, d’ailleurs, on ne saurait trop dire ce qui nous prend, ce qui nous fait basculer d’une émotion à une autre ; alors qu’une émotion unique, que l’on dirait formée d’un seul bloc, unidirectionnelle, en quelque sorte, passe pour peu nuancée, voire malade. Ce n’est plus alors une émotion, c’est un symptôme. Sans doute est-ce l’affaire de la psychologie ou de la philosophie d’interroger la fibre affective qui nous constitue, le ressort des passions humaines, la plasticité des affects dont l’art, la littérature parlent depuis des siècles. </p> <p>L’inconstance des affects, leur ambiguïté, mais aussi leur plasticité sont caractéristiques de la vie affective du sujet, ce qu’il éprouve, ce dont il fait l’épreuve, mais cette inconstance, cette ambiguïté, cette plasticité ne sont pas moins caractéristiques des affects lorsqu’ils sont éprouvés, exprimés et mobilisés collectivement. La « société des affects », pour reprendre l’expression de Frédéric Lordon (2013), est tout autant le lieu de cette instabilité qui les rend en partie insaisissables. S’il est vrai que le sujet de la psychologie ou de la philosophie ne sait plus toujours ce qu’il éprouve (colère, haine, peur, angoisse ; et parfois tout cela à la fois), on peut se demander si un groupe social, à petite ou à grande échelle, n’est pas plongé dans le même désarroi affectif. Ce désarroi se traduit d’ailleurs bien souvent par de réels effets ; il arrive, ainsi, qu’on ne sache plus ce qu’on doit faire parce qu’on ne sait plus ce qu’on éprouve. Or, il arrive, aussi, qu’on ne sache plus ce qu’on éprouve, parce que trop d’émotions sont prescrites, endiguées par autre chose. La question est alors éminemment politique. </p> <p>Du point de vue des communautés qui ont fait l’expérience de violences historiques (esclavage, colonisations etc.), les sentiments hostiles apparaissent comme une force travaillant en amont et en aval des dynamiques de répression et de résistance, quand elles justifient, par exemple, l’assujettissement de l’autre à partir d’une identification qui le place au bas de l’échelle des valeurs, comme le démontre toute l’histoire de la construction de la « race » ; ou en réaction à ces mécanismes d’exclusion et de rabaissement, lorsque ces violences suscitent des émotions diverses qui ne sont pas toujours de l’ordre de la haine facilement prévisible de la part de sujets victimes des régimes de violence inouïes et explosives, ou parfois insidieuses, structurelles (Johan Galtung, 1990). Bien au contraire, la théorisation des réactions des sujets colonisés ou racisés, comme le montrent Albert Memmi, Frantz Fanon, entre autres, pointe une ambivalence des attitudes et des sentiments envers le colonisateur qui varient de la haine à la honte et au mépris, non seulement de l’envahisseur, mais de soi également. Par conséquent, la géographie des sentiments hostiles (en référence non contraignante à La géographie de la colère d’Arjun Appadurai, 2007) que propose ce colloque nécessiterait à tout le moins une double exploration :</p> <p>1) Exploration d’une part des sentiments qui s’inscrivent dans une dynamique oppositionnelle a priori et appréhendés dans les figurations littéraires et artistiques en général, et que la littérature cible de manière récurrente: « Aimez-vous les Blancs », demande un procureur français à un prévenu africain accusé d’avoir usurpé la paternité d’un roman dont il est pourtant le véritable auteur (Sembène Ousmane, Le docker noir, 1956). Ici, les sentiments hostiles suivent les contours de la race et tracent des frontières à l’aide d’une palette de couleurs réduite au blanc et au noir. Au-delà de cet exemple tiré d’un classique des littératures africaines, il est possible d’observer et d’étudier dans d’autres littératures cette figuration des sentiments hostiles suivant une opposition radicale entre émotions positives et négatives.</p> <p>2) Le deuxième volet d’exploration de la géographie des sentiments hostiles est complémentaire du premier. Il s’agira d’aller vers des zones interstitielles où se logent les sentiments hostiles en se soustrayant aux catégorisations dichotomiques courantes : haine vs. amour, joie vs. peine, rires vs. pleurs. Cet examen s’attachera à rendre justice aux sentiments hostiles dans la littérature et les arts suivant leur complexité. Il inclura l’exploration par exemple de l’inaudible, de l’indicible, du silence et de toutes ces formes d’expression des émotions que l’on a tendance à ne pas voir ou entendre car justement étouffées par les cris de haine et les éclats de rire. En clair, il s’agira de poser un regard sensible à l’inconstance des affects, leur ambiguïté, mais aussi leur plasticité, là où le rire rencontre les pleurs et s’y noie dans l’oxymore parfois caractéristique de l’ambivalence des sentiments hostiles. </p> <p>Le colloque « Géographie des sentiments hostiles » s’adresse aux chercheur.e.s en littérature, dans les arts et plus largement dans les sciences humaines et sociales qui s’intéressent aux figurations et aux théorisations des émotions négatives. En parcourant les territoires littéraires et artistiques des sentiments hostiles, à petite (localement, individuellement) et à grande échelle (collectivement), il permettra de réfléchir sur les lieux symboliques et réels des tensions qui structurent les relations qu’entretiennent les sujets et les communautés. </p> <p>—</p> <p><strong>Soumission de résumés: </strong>Pour soumettre vos propositions de communications (200 - 300 mots), cliquez sur le lien suivant : <a href="https://forms.gle/4q6uN6BZizawWKDF9">https://forms.gle/4q6uN6BZizawWKDF9</a></p> <p><strong>Correspondance:</strong> Prière d’adresser toute correspondance relative au colloque à l’adresse suivante : <a href="mailto:geographiesentimentshostiles@gmail.com">geographiesentimentshostiles@gmail.com</a></p> <p>—</p> <p><strong>Calendrier de l’événement</strong> :</p> <p><strong>Date limite</strong> de soumission des propositions de communication : <strong>15 juin 2026</strong></p> <p><strong>Réponse</strong> aux auteur.e.s : <strong>19 juin 2026</strong> (si vous souhaitez une réponse avant cette date, merci de le spécifier lors de la soumission de votre proposition)</p> <p><strong>Date du colloque :</strong> Jeudi 24 - Vendredi 25 septembre 2026</p> <p><strong>Nota Bene : </strong>Le Comité d’organisation du colloque réunit les ressources pour la tenue de l’événement. Il ne dispose pas de moyens supplémentaires pour contribuer à la prise en charge des participant.e.s.</p> <p> —</p> <p><strong>Comités :</strong></p> <p><strong>Responsables du colloque :</strong></p> <p>Isaac Bazié, professeur, directeur du Laboratoire des Afriques Innovantes – LAFI, UQAM</p> <p>Alexis Lussier, professeur, directeur du Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles</p> <p><strong>Comité scientifique :</strong></p> <p>Isaac BAZIÉ, professeur, directeur du Laboratoire des Afriques Innovantes – LAFI, Département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, Canada</p> <p>Cassie BÉRARD, professeure, Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles, Département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, Canada</p> <p>Hassen BKHAIRIA, enseignant-chercheur, Institut Supérieur des Études Appliquées en Humanités de Gafsa, Tunisie</p> <p>Souleymane GANOU, maître de conférences, Laboratoire Littératures, Arts, Espaces et Sociétés (LLAES), Université Joseph KI-ZERBO, Ouagadougou, Burkina Faso</p> <p>Jalel EL GHARBI, professeur, écrivain</p> <p>Jonathan HOPE, professeur, Laboratoire des Afriques Innovantes – LAFI, Département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, Canada</p> <p>Alexis LUSSIER, professeur, directeur du Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles, Département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, Canada</p> <p>Fatou Ghislaine SANOU, maître de conférences, Laboratoire Littératures, Arts, Espaces et Sociétés (LLAES), Université Joseph KI-ZERBO, Ouagadougou, Burkina Faso</p> <p> </p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/133608_8eaf62eb1353cac46e65162dbc7fc301.png" type="image/png" length="427968"/>
    </item>
    <item>
      <title>Enfer/mements extractivistes et écologies décoloniales : le charbon (Omeros de Derek Walcott) et la bauxite (« Boxed In » d’Olive Senior)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16157</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:58:15 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16157</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>[…] tout juste si des dames neRêvèrent d’une batterie de cuisineEn nègre du Sénégal d’un service à théEn massif négrillon des Antilles 1 On sait combien les réalités géographiques de l’archipel caribéen ont été fortement déformées par un imaginaire exotique, par une construction coloniale projetant des paysages édéniques, ou, quand la plantation était représentée, par des structures agricoles idéalisées2. Cette inadéquation radicale entre le réel et l’imaginaire est vraie également des structures économiques caribéennes, et notamment de la manière dont la prégnance de l’imaginaire de la plantation a occulté une autre exploitation des ressources naturelles : l’extraction minière. Cet article se concentre sur deux types d’activités minières, celle du charbon, et celle de la bauxite, telles que représentées respectivement par Derek Walcott, auteur saint-lucien, et Olive Senior, auteure jamaïcaine.  Rappelons que l’extractivisme est couramment défini comme une production de matières premières dont plus de 50% destinés à l’exportation, et dont la transformation est principalement ou exclusivement opérée dans des centres de production extérieurs (Bednik 2016). Autant dire que toute (la) colonialité est par essence extractiviste, et que ces extractions entraînent des déplacements à grande échelle. Le régime extractiviste de la plantation a constitué une forme précoce d’écocide et anticipé les dévastations mondialisées dont nous sommes témoins aujourd’hui ; c’est une question tout à fait balisée maintenant par la critique (voir Davis et al. 2019 ; Haraway 2015 ; Murphy and Schroering 2020). Reste encore à pleinement explorer les pistes ouvertes par des ouvrages tel que celui qu’ont récemment publié Sharae Deckard, Michael Niblett et Stephen Shapiro (2024), qui s’emparent du concept d’écologie-monde (« world-ecology ») élaboré par Jason Moore (2003) pour mettre en lumière les imbrications, bien au-delà de la plantation, de l’ensemble des formes de déprédations coloniales dans la Caraïbe et ailleurs.  L’hypothèse de recherche qui structure cet article est triple : elle postule que ces extractions de la terre sont à considérer comme une continuité de l’exploitation des corps de la déportation transatlantique, s’inscrivant donc dans le sillage de l’écologie décoloniale, indissociable des inégalités socio-raciales, telle que pensée par Malcom Ferdinand (2019 ; 2025). Deuxièmement, mon analyse interroge le lien entre l’archipel et une industrialisation dont la modernité</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Enfer/mements extractivistes et écologies décoloniales : le charbon (Omeros de Derek Walcott) et la bauxite (« Boxed In » d’Olive Senior)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>[…] tout juste si des dames neRêvèrent d’une batterie de cuisineEn nègre du Sénégal d’un service à théEn massif négrillon des Antilles 1 On sait combien les réalités géographiques de l’archipel caribéen ont été fortement déformées par un imaginaire exotique, par une construction coloniale projetant des paysages édéniques, ou, quand la plantation était représentée, par des structures agricoles idéalisées2. Cette inadéquation radicale entre le réel et l’imaginaire est vraie également des structures économiques caribéennes, et notamment de la manière dont la prégnance de l’imaginaire de la plantation a occulté une autre exploitation des ressources naturelles : l’extraction minière. Cet article se concentre sur deux types d’activités minières, celle du charbon, et celle de la bauxite, telles que représentées respectivement par Derek Walcott, auteur saint-lucien, et Olive Senior, auteure jamaïcaine.  Rappelons que l’extractivisme est couramment défini comme une production de matières premières dont plus de 50% destinés à l’exportation, et dont la transformation est principalement ou exclusivement opérée dans des centres de production extérieurs (Bednik 2016). Autant dire que toute (la) colonialité est par essence extractiviste, et que ces extractions entraînent des déplacements à grande échelle. Le régime extractiviste de la plantation a constitué une forme précoce d’écocide et anticipé les dévastations mondialisées dont nous sommes témoins aujourd’hui ; c’est une question tout à fait balisée maintenant par la critique (voir Davis et al. 2019 ; Haraway 2015 ; Murphy and Schroering 2020). Reste encore à pleinement explorer les pistes ouvertes par des ouvrages tel que celui qu’ont récemment publié Sharae Deckard, Michael Niblett et Stephen Shapiro (2024), qui s’emparent du concept d’écologie-monde (« world-ecology ») élaboré par Jason Moore (2003) pour mettre en lumière les imbrications, bien au-delà de la plantation, de l’ensemble des formes de déprédations coloniales dans la Caraïbe et ailleurs.  L’hypothèse de recherche qui structure cet article est triple : elle postule que ces extractions de la terre sont à considérer comme une continuité de l’exploitation des corps de la déportation transatlantique, s’inscrivant donc dans le sillage de l’écologie décoloniale, indissociable des inégalités socio-raciales, telle que pensée par Malcom Ferdinand (2019 ; 2025). Deuxièmement, mon analyse interroge le lien entre l’archipel et une industrialisation dont la modernité]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>L’attitude postextractiviste, une voie vers l’écosolidarité ? Plaidoyers littéraires de Daniel Marchildon et Gabrielle Filteau-Chibas pour la protection des territoires autochtones au Québec </title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16156</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:57:40 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16156</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Remarques préliminaires : Postextractivisme dans le Nord global ? ! Au premier regard, la focalisation vers sur l’hémisphère nord peut surprendre dans le contexte du discours sur le postextractivisme – un concept développé principalement dans les années 2010 par l’Uruguayen Eduardo Gudynas (2011) et discuté surtout en Amérique latine comme transition vers un modèle économique et social qui dépasse la simple exploitation des matières premières et se concentre sur les besoins locaux, durables et sociaux. C’est ainsi que l’anthropologue colombo-américain Arturo Escobar précise :  Alors que l’ère à venir est décrite dans le Nord comme étant post-croissance, post-matérialiste, post-économique, post-capitaliste et post-humaine, elle est exprimée dans le Sud en termes de post-développement, non libérale, post-capitaliste/non capitaliste, biocentrique et post-extractiviste1. (Escobar, 2018, p. 140) Comme le constate Paula Serafini dans Creating Worlds Otherwise. Art, Collective Action, and (Post)Extractivism (2022), le postextractivisme peut pourtant être compris comme une perspective de transition qui  […] se concentre sur l’éradication de la dynamique de l’extractivisme au cœur des modèles de développement actuels, mais qui remet également en question la validité de l’extractivisme en tant qu’approche durable pour toute forme de société, d’économie ou de gouvernement. La transition vers un modèle postextractiviste distingue différents types d’extractivisme, de l’indispensable au prédateur, dans le but d’esquisser les étapes d’une transition vers des sociétés qui ne soient plus centrées sur l’extraction2. (Serafini 2022, p. 17) La pensée postextractiviste est donc loin d’être restreint au Sud global. L’un des points de départ centraux des mouvements anti- et postextractivistes réside dans la question du territoire, qui, surtout dans les pays du Sud, est toujours associée à la prise de contrôle coloniale des terres, à l’appropriation, à la déterritorialisation et à la reterritorialisation. L’espace public, en tant que bien commun à tous et habitat spécifique des populations autochtones, occupe une place centrale dans les courants écoterritoriaux en contexte postcolonial. La question de la compréhension et de la gestion de l’espace public en tant qu’espace de vie commun à tous est donc un point de cristallisation des mouvements postextractivistes, dans lesquels les droits territoriaux et le droit à la nature sont essentiels. Ainsi, « […] la lutte pour les biens com</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='L’attitude postextractiviste, une voie vers l’écosolidarité ? Plaidoyers littéraires de Daniel Marchildon et Gabrielle Filteau-Chibas pour la protection des territoires autochtones au Québec '/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Remarques préliminaires : Postextractivisme dans le Nord global ? ! Au premier regard, la focalisation vers sur l’hémisphère nord peut surprendre dans le contexte du discours sur le postextractivisme – un concept développé principalement dans les années 2010 par l’Uruguayen Eduardo Gudynas (2011) et discuté surtout en Amérique latine comme transition vers un modèle économique et social qui dépasse la simple exploitation des matières premières et se concentre sur les besoins locaux, durables et sociaux. C’est ainsi que l’anthropologue colombo-américain Arturo Escobar précise :  Alors que l’ère à venir est décrite dans le Nord comme étant post-croissance, post-matérialiste, post-économique, post-capitaliste et post-humaine, elle est exprimée dans le Sud en termes de post-développement, non libérale, post-capitaliste/non capitaliste, biocentrique et post-extractiviste1. (Escobar, 2018, p. 140) Comme le constate Paula Serafini dans Creating Worlds Otherwise. Art, Collective Action, and (Post)Extractivism (2022), le postextractivisme peut pourtant être compris comme une perspective de transition qui  […] se concentre sur l’éradication de la dynamique de l’extractivisme au cœur des modèles de développement actuels, mais qui remet également en question la validité de l’extractivisme en tant qu’approche durable pour toute forme de société, d’économie ou de gouvernement. La transition vers un modèle postextractiviste distingue différents types d’extractivisme, de l’indispensable au prédateur, dans le but d’esquisser les étapes d’une transition vers des sociétés qui ne soient plus centrées sur l’extraction2. (Serafini 2022, p. 17) La pensée postextractiviste est donc loin d’être restreint au Sud global. L’un des points de départ centraux des mouvements anti- et postextractivistes réside dans la question du territoire, qui, surtout dans les pays du Sud, est toujours associée à la prise de contrôle coloniale des terres, à l’appropriation, à la déterritorialisation et à la reterritorialisation. L’espace public, en tant que bien commun à tous et habitat spécifique des populations autochtones, occupe une place centrale dans les courants écoterritoriaux en contexte postcolonial. La question de la compréhension et de la gestion de l’espace public en tant qu’espace de vie commun à tous est donc un point de cristallisation des mouvements postextractivistes, dans lesquels les droits territoriaux et le droit à la nature sont essentiels. Ainsi, « […] la lutte pour les biens com]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Une vision amérindienne de l’extractivisme illégal : Davi Kopenawa et La Chute du ciel</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16155</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:57:20 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16155</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>J’aborderai ici, très brièvement, le témoignage d’un auteur qui est devenu célèbre pour la défense de son ethnie et aussi pour celle de la forêt où il vit, de plus en plus menacée par des pratiques extractives illégales, dans la région amazonienne du Brésil : Davi Kopenawa Yanomami. Je tiens à préciser, avant tout, qu’il n’y a pas que des pratiques extractives illégales en Amazonie. Il existe également une exploitation responsable et durable qui préserve la forêt, pratiquée notamment par les populations autochtones, les récolteurs de latex [appelés seringueiros], de noix du Brésil, d’açaï, de noix de coco babaçu, d’huile et de plantes médicinales, et bien d’autres travailleurs qui dépendent de la forêt pour leur survie et luttent pour sa préservation. La figure la plus emblématique de ce type d’extractivisme est Chico Mendes, président du syndicat des travailleurs ruraux de Xapuri et leader des seringueiros d’Acre (région amazonienne), assassiné en 1988 pour avoir défendu les intérêts des « peuples de la forêt »1. Les peuples originaires des Amériques nous mettent en garde, depuis longtemps, contre les effets dévastateurs de l’extractivisme irresponsable pour l’avenir de notre planète. Ces avertissements, parfaitement en accord avec les connaissances scientifiques environnementales actuelles, puisent leurs racines dans un savoir ancestral. Or, ce savoir se heurte à la résistance des mêmes groupes d’intérêts qui s’opposent aux sciences environnementales, les accusant d’être catastrophistes et erronées. Récemment, le président de la première puissance mondiale a même déclaré à l’ONU que les conclusions scientifiques sur le réchauffement climatique étaient un canular sans fondement. Davi Kopenawa est depuis longtemps une figure de proue de la diffusion de ces avertissements. Je l’ai rencontré pour la première fois personnellement en août 2024, lors du Ve Congrès international Mundos indígenas [Mondes autochtones] qui a eu lieu à l’Université fédérale de Roraima, dans le nord du Brésil, où vivent ce leader amérindien et son peuple, les Yanomami2. Il y était venu escorté d’agents de la police fédérale lourdement armés, qui sont restés en alerte permanente contre toute éventuelle attaque, car Kopenawa reçoit des menaces de mort depuis 2014 (soit dit en passant, Chico Mendes avait également une escorte policière, ce qui ne l’a pas empêché d’être assassiné). Ces précautions se justifient, car il est depuis longtemps l’une des principales voix des peuples autochton</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Une vision amérindienne de l’extractivisme illégal : Davi Kopenawa et La Chute du ciel'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>J’aborderai ici, très brièvement, le témoignage d’un auteur qui est devenu célèbre pour la défense de son ethnie et aussi pour celle de la forêt où il vit, de plus en plus menacée par des pratiques extractives illégales, dans la région amazonienne du Brésil : Davi Kopenawa Yanomami. Je tiens à préciser, avant tout, qu’il n’y a pas que des pratiques extractives illégales en Amazonie. Il existe également une exploitation responsable et durable qui préserve la forêt, pratiquée notamment par les populations autochtones, les récolteurs de latex [appelés seringueiros], de noix du Brésil, d’açaï, de noix de coco babaçu, d’huile et de plantes médicinales, et bien d’autres travailleurs qui dépendent de la forêt pour leur survie et luttent pour sa préservation. La figure la plus emblématique de ce type d’extractivisme est Chico Mendes, président du syndicat des travailleurs ruraux de Xapuri et leader des seringueiros d’Acre (région amazonienne), assassiné en 1988 pour avoir défendu les intérêts des « peuples de la forêt »1. Les peuples originaires des Amériques nous mettent en garde, depuis longtemps, contre les effets dévastateurs de l’extractivisme irresponsable pour l’avenir de notre planète. Ces avertissements, parfaitement en accord avec les connaissances scientifiques environnementales actuelles, puisent leurs racines dans un savoir ancestral. Or, ce savoir se heurte à la résistance des mêmes groupes d’intérêts qui s’opposent aux sciences environnementales, les accusant d’être catastrophistes et erronées. Récemment, le président de la première puissance mondiale a même déclaré à l’ONU que les conclusions scientifiques sur le réchauffement climatique étaient un canular sans fondement. Davi Kopenawa est depuis longtemps une figure de proue de la diffusion de ces avertissements. Je l’ai rencontré pour la première fois personnellement en août 2024, lors du Ve Congrès international Mundos indígenas [Mondes autochtones] qui a eu lieu à l’Université fédérale de Roraima, dans le nord du Brésil, où vivent ce leader amérindien et son peuple, les Yanomami2. Il y était venu escorté d’agents de la police fédérale lourdement armés, qui sont restés en alerte permanente contre toute éventuelle attaque, car Kopenawa reçoit des menaces de mort depuis 2014 (soit dit en passant, Chico Mendes avait également une escorte policière, ce qui ne l’a pas empêché d’être assassiné). Ces précautions se justifient, car il est depuis longtemps l’une des principales voix des peuples autochton]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Extractivisme et Enforestements : en quelles forêts nos récits nous font-ils marcher ?</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16154</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:57:01 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16154</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Baptiste Morizot parle d’enforestement dans plusieurs de ses livres. Il utilise même le terme, sous la forme d’un verbe pronominal, comme titre de l’un d’entre eux, S’enforester (2022, désormais S’enf.), élaboré avec l’artiste Andrea Olga Montavani. L’ouvrage cristallise à propos de la forêt de Bialowieza, dernière forêt « primaire » d’Europe, à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, une réflexion philosophique et politique – je dirais même écopoétique – sur la nécessité de modifier notre rapport au monde. Il s’agit, écrit Morizot, de « Faire un exercice de mythologie réelle à portée politique pour demain » (S’enf., p. 25) Et de préciser l’exercice :  […] opérer un détour par le pouvoir mythologique de la dernière forêt primaire d’Europe, relique du passé, pour revenir armé et décillé vers la question actuelle de l’avenir des forêts partout en Europe, et en France en particulier, de leur destin, de comment interagir avec elles – de comment les traiter. (Ibid.) Deux choses ici m’intéressent : le fait de vouloir inventer une « mythologie », fût-elle oxymoriquement « réelle », et celui de vouloir l’orienter vers un avenir. Car non seulement cela s’accorde avec l’idée que les récits écopoétiques, par leur souci du monde, des grandes forces élémentaires et de la place de l’humain parmi les vivants, pourraient être situés dans « le contexte des grands récits mythiques » (Cavallin, 2019, § 13) à l’origine de la littérature, mais plus concrètement encore, cela nous projette vers deux œuvres inventrices d’une mythologie forestière orientée vers la réinvention de notre rapport au monde, appuyée sur une réinvention de la langue poétique, le tout en résistance à l’approche « naturaliste » du monde (la forêt est un autre monde, nous est étrangère) et du même coup – et plus encore – à l’approche extractiviste (la forêt n’est qu’une ressource à exploiter1). Je veux parler de Que ma joie demeure (1935) de Jean Giono et Enfance d’un chaman (2017) d’Anne Sibran. La différence entre ces deux ouvrages pourrait sembler proportionnelle à leur éloignement temporel, mais il s’agit pourtant de deux textes faisant le constat à presque un siècle d’intervalle de l’égarement de notre civilisation moderne encore essentiellement extractiviste dans son rapport au monde, égarement auquel pourrait remédier une autre perception de la forêt portée par la langue poétique. Je partirai donc de leur commun constat des corruptions de notre rapport au monde et du monde, pour analyser les</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Extractivisme et Enforestements : en quelles forêts nos récits nous font-ils marcher ?'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Baptiste Morizot parle d’enforestement dans plusieurs de ses livres. Il utilise même le terme, sous la forme d’un verbe pronominal, comme titre de l’un d’entre eux, S’enforester (2022, désormais S’enf.), élaboré avec l’artiste Andrea Olga Montavani. L’ouvrage cristallise à propos de la forêt de Bialowieza, dernière forêt « primaire » d’Europe, à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, une réflexion philosophique et politique – je dirais même écopoétique – sur la nécessité de modifier notre rapport au monde. Il s’agit, écrit Morizot, de « Faire un exercice de mythologie réelle à portée politique pour demain » (S’enf., p. 25) Et de préciser l’exercice :  […] opérer un détour par le pouvoir mythologique de la dernière forêt primaire d’Europe, relique du passé, pour revenir armé et décillé vers la question actuelle de l’avenir des forêts partout en Europe, et en France en particulier, de leur destin, de comment interagir avec elles – de comment les traiter. (Ibid.) Deux choses ici m’intéressent : le fait de vouloir inventer une « mythologie », fût-elle oxymoriquement « réelle », et celui de vouloir l’orienter vers un avenir. Car non seulement cela s’accorde avec l’idée que les récits écopoétiques, par leur souci du monde, des grandes forces élémentaires et de la place de l’humain parmi les vivants, pourraient être situés dans « le contexte des grands récits mythiques » (Cavallin, 2019, § 13) à l’origine de la littérature, mais plus concrètement encore, cela nous projette vers deux œuvres inventrices d’une mythologie forestière orientée vers la réinvention de notre rapport au monde, appuyée sur une réinvention de la langue poétique, le tout en résistance à l’approche « naturaliste » du monde (la forêt est un autre monde, nous est étrangère) et du même coup – et plus encore – à l’approche extractiviste (la forêt n’est qu’une ressource à exploiter1). Je veux parler de Que ma joie demeure (1935) de Jean Giono et Enfance d’un chaman (2017) d’Anne Sibran. La différence entre ces deux ouvrages pourrait sembler proportionnelle à leur éloignement temporel, mais il s’agit pourtant de deux textes faisant le constat à presque un siècle d’intervalle de l’égarement de notre civilisation moderne encore essentiellement extractiviste dans son rapport au monde, égarement auquel pourrait remédier une autre perception de la forêt portée par la langue poétique. Je partirai donc de leur commun constat des corruptions de notre rapport au monde et du monde, pour analyser les]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Dé-miner par la tras-versée du ventre de l’Atlantique. Les extractivismes passés et présents : le choix de l’HU-MATERRE-NITÉ de Christophe Mert</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16153</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:56:22 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16153</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>« Les mémoires irradient dans la Trace, elles l’habitent d’une présence-sans-matière offerte à l’émotion » (Glissant 1996, p. 120). L’extractivisme, terme employé notamment depuis les années 90 correspond à des pratiques prédatrices qui rejoignent les soifs humaines d’accumulations économiques et les dominations politiques attenantes. On considère que l’extraction de richesses naturelles questionne dans le même temps, et à plusieurs titres, les richesses et les « valeurs » humaines (Gudynas 2015). L’extractivisme fait référence à des ressources peu transformées et destinées à l’exportation en grande quantité. C’est pourquoi dans cette présentation-performance notre postulat est que le B/bois d’ébène, marchandise du tristement célèbre commerce triangulaire de l’époque moderne, est à inclure dans ces pratiques d’exploitation et de domination extractivistes dont les conséquences sont encore fortement prégnantes dans les imaginaires et les psychismes des Afrodescendants, déterritorialisés de la terre-Mère Afrique et reterritorialisés dans les mondes américano-caraïbes.  En interaction avec Christophe Mert, qui répondra avec trois autres artistes par une performance multisensorielle (arts plastiques, danse et musique), j’analyserai le regard porté par l’art mertien sur ces processus qui minent les rapports entre passé, présent et avenir. Et ce afin de permettre de mieux appréhender la toute récente installation de ce plasticien à l’Anse Figuier : le bway/boyau/ventre.  Cécile Bertin-Elisabeth à Christophe Mert (à la façon des veillées créoles) : -Est-ce que tu dors Christophe ? Est-ce que la cour dort ? Christophe Mert : Non, Cécile, la cour ne dort pas… La réflexion introductive de ce volume évoque justement l’importance à accorder aux artistes et à leurs utopies1. Aussi, on se demandera quels modèles théoriques et esthétiques nous propose Christophe Mert pour dé-miner les extractivismes passés et présents dans une Caraïbe où la prégnance du Ventre de l’Atlantique est une trace/tras de type ontologique.  Dans un premier temps, on rappellera la conscience extractiviste des représentations des Bois d’ébène en tant que minerai noir dans les écrits caribéens franco-créolophones et l’écho de cette trace/tras chez le plasticien Christophe Mert. Puis, dans un second temps, on analysera le recours au motif de la fenêtre-volet qui encadre les visages chez Mert pour dé-visager la mémoire extractiviste. Dans un troisième temps, on présentera la tras-versée du bway, boyau</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Dé-miner par la tras-versée du ventre de l’Atlantique. Les extractivismes passés et présents : le choix de l’HU-MATERRE-NITÉ de Christophe Mert'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>« Les mémoires irradient dans la Trace, elles l’habitent d’une présence-sans-matière offerte à l’émotion » (Glissant 1996, p. 120). L’extractivisme, terme employé notamment depuis les années 90 correspond à des pratiques prédatrices qui rejoignent les soifs humaines d’accumulations économiques et les dominations politiques attenantes. On considère que l’extraction de richesses naturelles questionne dans le même temps, et à plusieurs titres, les richesses et les « valeurs » humaines (Gudynas 2015). L’extractivisme fait référence à des ressources peu transformées et destinées à l’exportation en grande quantité. C’est pourquoi dans cette présentation-performance notre postulat est que le B/bois d’ébène, marchandise du tristement célèbre commerce triangulaire de l’époque moderne, est à inclure dans ces pratiques d’exploitation et de domination extractivistes dont les conséquences sont encore fortement prégnantes dans les imaginaires et les psychismes des Afrodescendants, déterritorialisés de la terre-Mère Afrique et reterritorialisés dans les mondes américano-caraïbes.  En interaction avec Christophe Mert, qui répondra avec trois autres artistes par une performance multisensorielle (arts plastiques, danse et musique), j’analyserai le regard porté par l’art mertien sur ces processus qui minent les rapports entre passé, présent et avenir. Et ce afin de permettre de mieux appréhender la toute récente installation de ce plasticien à l’Anse Figuier : le bway/boyau/ventre.  Cécile Bertin-Elisabeth à Christophe Mert (à la façon des veillées créoles) : -Est-ce que tu dors Christophe ? Est-ce que la cour dort ? Christophe Mert : Non, Cécile, la cour ne dort pas… La réflexion introductive de ce volume évoque justement l’importance à accorder aux artistes et à leurs utopies1. Aussi, on se demandera quels modèles théoriques et esthétiques nous propose Christophe Mert pour dé-miner les extractivismes passés et présents dans une Caraïbe où la prégnance du Ventre de l’Atlantique est une trace/tras de type ontologique.  Dans un premier temps, on rappellera la conscience extractiviste des représentations des Bois d’ébène en tant que minerai noir dans les écrits caribéens franco-créolophones et l’écho de cette trace/tras chez le plasticien Christophe Mert. Puis, dans un second temps, on analysera le recours au motif de la fenêtre-volet qui encadre les visages chez Mert pour dé-visager la mémoire extractiviste. Dans un troisième temps, on présentera la tras-versée du bway, boyau]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Mérine Céco. Écoféminisme et postextractivisme. Entretien du vendredi 24 octobre avec Franck Collin, Archives territoriales de Martinique</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16152</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:56:00 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16152</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Mérine Céco est une romancière martiniquaise qui a publié cinq romans. En 2013, elle a fait paraître son premier roman, La Mazurka perdue des femmes-couresse. En 2016 : Au revoir Man Tine. En 2018 : Le Talisman de la Présidente, qui est signé de son nom véritable. Le quatrième roman s’intitule D’autres vies sous la tienne (2019). Et le cinquième, en 2021, Le pays d’où l’on ne vient pas. Ce sont surtout le premier et les deux derniers roman qui concernent le plus notre problématique postextractiviste. Toutefois, dans Le Talisman de la Présidente, elle n’est pas non plus absente, quoique moins immédiatement, car le roman, en marquant sa grande tristesse face à la déchéance d’un milieu institutionnel précis, celui de l’université des Antilles, montre métaphoriquement comment des comportements humains égoïstes et corrompus, détournant les ressources à leur profit, précipitent une dégradation globale, tout à la fois sociétale et environnementale. Mais nous nous concentrerons d’abord sur les trois romans cités en nous focalisant sur les thématiques écoféministes qui s’y dessinent.  La Mazurka des femmes-couresse perdues raconte l’histoire de Reine, une jeune femme qui, influencée par les récits de son arrière-grand-mère et les idéaux de Clément, s’engage dans une révolution contre la consommation excessive et la perte des racines culturelles. Reine, qui est soutenue par des femmes rebelles, tente de rétablir une connexion avec l’histoire oubliée de son peuple, tout en affrontant les résistances internes et externes. Il y est question de la « Grande Catastrophe » qui symbolise la prise de conscience collective de l’aliénation sociale et culturelle dans laquelle la colonisation a plongé et continue de plonger la Martinique.  Franck Collin : Mérine Céco, pourriez-vous tout d’abord expliquer à ceux qui ne vous ont pas encore lu le terme de « femme-couresse » ?  Mérine Céco : Je vous remercie, d’abord, beaucoup de votre invitation qui me touche beaucoup. Concernant les femmes-couresse, il s’agit, en fait, d’un rapprochement avec les serpents « couresse » qui sont une espèce presque disparue, qui traversaient les rivières avec la tête droite et qui étaient tout à la fois efficaces et discrets. Et pour moi, cela pouvait représenter justement le rôle et la condition des femmes, toujours finalement à l’œuvre, toujours au travail, mais assez invisibles, bien que piliers en même temps, gardant la tête bien droite pour maintenir debout à la fois leur famille et un certain o</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Mérine Céco. Écoféminisme et postextractivisme. Entretien du vendredi 24 octobre avec Franck Collin, Archives territoriales de Martinique'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Mérine Céco est une romancière martiniquaise qui a publié cinq romans. En 2013, elle a fait paraître son premier roman, La Mazurka perdue des femmes-couresse. En 2016 : Au revoir Man Tine. En 2018 : Le Talisman de la Présidente, qui est signé de son nom véritable. Le quatrième roman s’intitule D’autres vies sous la tienne (2019). Et le cinquième, en 2021, Le pays d’où l’on ne vient pas. Ce sont surtout le premier et les deux derniers roman qui concernent le plus notre problématique postextractiviste. Toutefois, dans Le Talisman de la Présidente, elle n’est pas non plus absente, quoique moins immédiatement, car le roman, en marquant sa grande tristesse face à la déchéance d’un milieu institutionnel précis, celui de l’université des Antilles, montre métaphoriquement comment des comportements humains égoïstes et corrompus, détournant les ressources à leur profit, précipitent une dégradation globale, tout à la fois sociétale et environnementale. Mais nous nous concentrerons d’abord sur les trois romans cités en nous focalisant sur les thématiques écoféministes qui s’y dessinent.  La Mazurka des femmes-couresse perdues raconte l’histoire de Reine, une jeune femme qui, influencée par les récits de son arrière-grand-mère et les idéaux de Clément, s’engage dans une révolution contre la consommation excessive et la perte des racines culturelles. Reine, qui est soutenue par des femmes rebelles, tente de rétablir une connexion avec l’histoire oubliée de son peuple, tout en affrontant les résistances internes et externes. Il y est question de la « Grande Catastrophe » qui symbolise la prise de conscience collective de l’aliénation sociale et culturelle dans laquelle la colonisation a plongé et continue de plonger la Martinique.  Franck Collin : Mérine Céco, pourriez-vous tout d’abord expliquer à ceux qui ne vous ont pas encore lu le terme de « femme-couresse » ?  Mérine Céco : Je vous remercie, d’abord, beaucoup de votre invitation qui me touche beaucoup. Concernant les femmes-couresse, il s’agit, en fait, d’un rapprochement avec les serpents « couresse » qui sont une espèce presque disparue, qui traversaient les rivières avec la tête droite et qui étaient tout à la fois efficaces et discrets. Et pour moi, cela pouvait représenter justement le rôle et la condition des femmes, toujours finalement à l’œuvre, toujours au travail, mais assez invisibles, bien que piliers en même temps, gardant la tête bien droite pour maintenir debout à la fois leur famille et un certain o]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>La Légende des soleils d’Homero Aridjis : une forme d’« écriture géologique » située entre dystopie extractiviste et utopie symbioéthique</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16151</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:55:29 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16151</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Depuis la fin du siècle dernier, le discours environnemental a acquis une importance considérable sur le plan international, prenant forme à travers une grande diversité de perspectives. D’un point de vue littéraire, la science-fiction s’est distinguée comme un genre privilégié pour aborder cette question, notamment sous l’angle de la dystopie et de l’utopie (Guerrero McManus, 2016). Un exemple clair de ce type de littérature est le roman La leyenda de los soles (La Légende des soleils) (1993) de l’écrivain mexicain Homero Aridjis : celui-ci présente les conditions de vie d’un futur dystopique au sein duquel la surexploitation de l’eau a conduit à la disparition complète de cette même ressource. Au sein de Ciudad Moctezuma, un espace très similaire à celui de la ville de Mexico désormais aride, les personnages sont confrontés à une modification radicale de leurs activités quotidiennes et de leur manière de vivre.  Cependant, bien que le caractère catastrophique du récit implique une critique du mode de vie contemporain du point de vue de l’extractivisme (Ferdinand, 2019 ; Gómez-Barris, [2017] 2021), l’œuvre présente en même temps une perspective renouvelée et pleine d’espoir à partir de la redéfinition du mythe fondateur préhispanique de la ville. Celle-ci se fonde sur une réflexion profonde menée sur notre époque à travers la mobilisation de diverses strates spatio-temporelles, identitaires, culturelles et historiques accumulées (Rivera Garza, 2022) et réinterprétées au sein de la diégèse. Ainsi, tout au long du roman, nous pouvons observer trois niveaux de lecture, celui de la recherche de l’origine, celui du traçage d’histoires perdues et enfin celui d’une récupération de la vision du monde préhispanique structurée à partir d’une relation « symbioéthique » (Riechmann, 2022), c’est-à-dire du lien entretenu avec l’environnement, et conçu dans sa globalité d’expressions et d’interactions. Ce dernier aspect permet d’imaginer des scénarios alternatifs de régénération culturelle et naturelle qui offrent à repenser de nouveaux possibles environnementaux à partir des écueils expérimentés de ce point de vue par les sociétés capitalistes occidentales.  Cette étude  se concentre pour cette raison sur la représentation des effets dystopiques dérivés des pratiques extractivistes et de la corruption, sans pour autant délaisser les projections utopiques ouvertes par la projection de nouveaux mondes et de nouvelles temporalités permises par la science-fiction. Notre ré</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La Légende des soleils d’Homero Aridjis : une forme d’« écriture géologique » située entre dystopie extractiviste et utopie symbioéthique'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Depuis la fin du siècle dernier, le discours environnemental a acquis une importance considérable sur le plan international, prenant forme à travers une grande diversité de perspectives. D’un point de vue littéraire, la science-fiction s’est distinguée comme un genre privilégié pour aborder cette question, notamment sous l’angle de la dystopie et de l’utopie (Guerrero McManus, 2016). Un exemple clair de ce type de littérature est le roman La leyenda de los soles (La Légende des soleils) (1993) de l’écrivain mexicain Homero Aridjis : celui-ci présente les conditions de vie d’un futur dystopique au sein duquel la surexploitation de l’eau a conduit à la disparition complète de cette même ressource. Au sein de Ciudad Moctezuma, un espace très similaire à celui de la ville de Mexico désormais aride, les personnages sont confrontés à une modification radicale de leurs activités quotidiennes et de leur manière de vivre.  Cependant, bien que le caractère catastrophique du récit implique une critique du mode de vie contemporain du point de vue de l’extractivisme (Ferdinand, 2019 ; Gómez-Barris, [2017] 2021), l’œuvre présente en même temps une perspective renouvelée et pleine d’espoir à partir de la redéfinition du mythe fondateur préhispanique de la ville. Celle-ci se fonde sur une réflexion profonde menée sur notre époque à travers la mobilisation de diverses strates spatio-temporelles, identitaires, culturelles et historiques accumulées (Rivera Garza, 2022) et réinterprétées au sein de la diégèse. Ainsi, tout au long du roman, nous pouvons observer trois niveaux de lecture, celui de la recherche de l’origine, celui du traçage d’histoires perdues et enfin celui d’une récupération de la vision du monde préhispanique structurée à partir d’une relation « symbioéthique » (Riechmann, 2022), c’est-à-dire du lien entretenu avec l’environnement, et conçu dans sa globalité d’expressions et d’interactions. Ce dernier aspect permet d’imaginer des scénarios alternatifs de régénération culturelle et naturelle qui offrent à repenser de nouveaux possibles environnementaux à partir des écueils expérimentés de ce point de vue par les sociétés capitalistes occidentales.  Cette étude  se concentre pour cette raison sur la représentation des effets dystopiques dérivés des pratiques extractivistes et de la corruption, sans pour autant délaisser les projections utopiques ouvertes par la projection de nouveaux mondes et de nouvelles temporalités permises par la science-fiction. Notre ré]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Remonter les fleuves pour contrer l’extorsion : littérature et bassins-versants</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16150</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:54:36 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16150</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>L’œil véritable de la terre, c’est l’eau. (Gaston Bachelard [1942], 1985, p. 45).  C’est par ses agents les plus faibles que la nature révèle le mieux sa force. Vue au microscope, la gouttelette qui s’est formée sous la roche accomplit une œuvre géologique proportionnellement bien plus grande que celle de l’océan sans bornes. (Élisée Reclus [1869], 2023, p. 411-412)1.  Approches des bassins versants  La notion de bassin versant, qui vient remodeler notre appréhension de l’espace terrestre et contrecarrer la plupart de nos frontières géopolitiques, apporte un changement de perspective utile pour réancrer autrement nos pratiques et nos modes de vie autour des ressources hydrographiques, ainsi qu’entendent le démontrer les auteurs et compilateurs de l’ouvrage Les Veines de la Terre. Une anthologie des bassins-versants (Schaffner, Rollot, Guerroué [éd.], 2021). Depuis quelques décennies, et bien longtemps après la très belle Histoire d’un ruisseau d’Élisée Reclus ([1869], 2023) mais depuis les mêmes corridors géographiques et libertaires2, le terme de bassin versant fait son chemin dans divers champs de recherche, d’engagement, de législation et de politiques publiques d’aménagement. Les nombreux débats actuels autour de l’octroi d’une personnalité juridique aux cours d’eau en témoignent. Ainsi, dans bien des régions du monde, on songe à faire des fleuves des personnes juridiques dotées de droit et de voix au chapitre. Dans son ouvrage Les Droits de la Terre-Mère. Nature, Pachamama et buen vivir (2024), Alfredo Gomez-Muller rappelle en ouverture le « retentissement juridique » (p. 9) de l’inscription des droits de la nature dans la constitution équatorienne en 2008, bien qu’elle n’ait pas mené à la cessation de toute activité extractiviste, loin de là3. Il fait ensuite la liste non exhaustive des progressions juridiques des droits de la nature depuis lors, et notamment en ce qui concerne les cours d’eaux : une dizaine de fleuves ont été déclarés sujets de droit depuis 2016 en Colombie, une personnalité juridique a été octroyée au fleuve Whanganui et au volcan Taranaki en Nouvelle Zélande entre 2012 et 2017, les droits de deux fleuves (Gange et Yamuna) et deux glaciers (Gangotri et Yamunotri) ont été reconnus en Inde (p. 10). En France, les auditions du Parlement de Loire depuis 2019 œuvrent pour l’octroi d’une personnalité juridique au fleuve, et ce n’est pas un cas isolé car de nombreux collectifs de citoyens se composent autour des questions de protection et</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Remonter les fleuves pour contrer l’extorsion : littérature et bassins-versants'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’œil véritable de la terre, c’est l’eau. (Gaston Bachelard [1942], 1985, p. 45).  C’est par ses agents les plus faibles que la nature révèle le mieux sa force. Vue au microscope, la gouttelette qui s’est formée sous la roche accomplit une œuvre géologique proportionnellement bien plus grande que celle de l’océan sans bornes. (Élisée Reclus [1869], 2023, p. 411-412)1.  Approches des bassins versants  La notion de bassin versant, qui vient remodeler notre appréhension de l’espace terrestre et contrecarrer la plupart de nos frontières géopolitiques, apporte un changement de perspective utile pour réancrer autrement nos pratiques et nos modes de vie autour des ressources hydrographiques, ainsi qu’entendent le démontrer les auteurs et compilateurs de l’ouvrage Les Veines de la Terre. Une anthologie des bassins-versants (Schaffner, Rollot, Guerroué [éd.], 2021). Depuis quelques décennies, et bien longtemps après la très belle Histoire d’un ruisseau d’Élisée Reclus ([1869], 2023) mais depuis les mêmes corridors géographiques et libertaires2, le terme de bassin versant fait son chemin dans divers champs de recherche, d’engagement, de législation et de politiques publiques d’aménagement. Les nombreux débats actuels autour de l’octroi d’une personnalité juridique aux cours d’eau en témoignent. Ainsi, dans bien des régions du monde, on songe à faire des fleuves des personnes juridiques dotées de droit et de voix au chapitre. Dans son ouvrage Les Droits de la Terre-Mère. Nature, Pachamama et buen vivir (2024), Alfredo Gomez-Muller rappelle en ouverture le « retentissement juridique » (p. 9) de l’inscription des droits de la nature dans la constitution équatorienne en 2008, bien qu’elle n’ait pas mené à la cessation de toute activité extractiviste, loin de là3. Il fait ensuite la liste non exhaustive des progressions juridiques des droits de la nature depuis lors, et notamment en ce qui concerne les cours d’eaux : une dizaine de fleuves ont été déclarés sujets de droit depuis 2016 en Colombie, une personnalité juridique a été octroyée au fleuve Whanganui et au volcan Taranaki en Nouvelle Zélande entre 2012 et 2017, les droits de deux fleuves (Gange et Yamuna) et deux glaciers (Gangotri et Yamunotri) ont été reconnus en Inde (p. 10). En France, les auditions du Parlement de Loire depuis 2019 œuvrent pour l’octroi d’une personnalité juridique au fleuve, et ce n’est pas un cas isolé car de nombreux collectifs de citoyens se composent autour des questions de protection et]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Ko ngo, Kwa ngo, Loa ngo. Pour en finir avec le Congocène (de Joseph Conrad à Jean Bofane)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16149</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:54:16 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16149</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Ko ngo, Kwa ngo, Loa ngo. Est évoquée ici la source du mot Congo, nom que portent un fleuve et deux pays d’Afrique issus du royaume fondé en 1275 par Nimi-Lukéni, ou Mwènè Ntinu. En langues téké et tégué, Ko ou Kwa signifie « lieu » ; et Ngo ou Ngoh, « la panthère ». […] Le nom Congo a donc pour acception : « le pays de la panthère » ou « l’allié de la panthère » (ou léopard). Voilà pourquoi la panthère reste l’animal de la seigneurie et l’animal totémique par excellence des peuples bantous. (Okoundji, 2025, p. 155) Les peuples dits « pygmées » de l’Afrique équatoriale n’appartiennent pas à la grande famille des bantous, mais le léopard suscite chez eux pareille vénération. Dans Congo Inc. Le Testament de Bismarck, roman picaresque paru en 2014, l’auteur kinois In Koli Jean Bofane (né en 1954) raconte le périple de Lomama, chef des pygmées ekonda, et de son neveu, Isookanga, parti à la capitale Kinshasa pour chercher fortune. Lors d’une traque en forêt, Lomama tombe sur la dépouille mutilée du léopard Nkoi Mobali, seigneur du lieu : « […] le corps du léopard était parsemé de plaques rouge vif là où la chair avait été mordue et arrachée. Au vu de la superficie dévastée, le combat avait duré une éternité » (Congo, p. 205). L’emploi ici du mot superficie n’est pas sans rappeler les vues aériennes de la forêt du sud et de l’est de la République Démocratique du Congo, à la peau crevée par des mines à ciel ouvert.  Lomama parvient à rejoindre son neveu à Kinshasa pour lui montrer la peau du léopard : — Il y a des problèmes au village, Isookanga. À l’époque, tu as considéré l’installation de l’antenne des télécommunications comme un bienfait, mais regarde cette peau. Observe ses blessures. C’est la catastrophe, Isoo. […] — Mais, mon oncle, comment tout cela a-t-il pu être possible ? — Quelque chose se passe dans l’écosystème, Isookanga. Des paramètres sont en train de changer de façon radicale. Si la survie d’une force de la nature comme Nkoi Mobali n’est pas assurée, je ne donne pas cher de la peau des Ekonda, mon fils. — Mais, mon oncle, on ne peut pas continuer à vivre à la périphérie du monde, nous devons intégrer le globe, sinon sûrement nous ne tarderons pas à disparaître complètement des écrans radars. ― Nkoi Mobali faisait partie du globe, il était même un des chaînons essentiels. Sa mort représente un déséquilibre grave. […] Il faut que le monde sache que Nkoi Mobali est mort et que son corps a été mutilé sauvagement. (Congo, p. 248-251) Voyons, par cons</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Ko ngo, Kwa ngo, Loa ngo. Pour en finir avec le Congocène (de Joseph Conrad à Jean Bofane)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Ko ngo, Kwa ngo, Loa ngo. Est évoquée ici la source du mot Congo, nom que portent un fleuve et deux pays d’Afrique issus du royaume fondé en 1275 par Nimi-Lukéni, ou Mwènè Ntinu. En langues téké et tégué, Ko ou Kwa signifie « lieu » ; et Ngo ou Ngoh, « la panthère ». […] Le nom Congo a donc pour acception : « le pays de la panthère » ou « l’allié de la panthère » (ou léopard). Voilà pourquoi la panthère reste l’animal de la seigneurie et l’animal totémique par excellence des peuples bantous. (Okoundji, 2025, p. 155) Les peuples dits « pygmées » de l’Afrique équatoriale n’appartiennent pas à la grande famille des bantous, mais le léopard suscite chez eux pareille vénération. Dans Congo Inc. Le Testament de Bismarck, roman picaresque paru en 2014, l’auteur kinois In Koli Jean Bofane (né en 1954) raconte le périple de Lomama, chef des pygmées ekonda, et de son neveu, Isookanga, parti à la capitale Kinshasa pour chercher fortune. Lors d’une traque en forêt, Lomama tombe sur la dépouille mutilée du léopard Nkoi Mobali, seigneur du lieu : « […] le corps du léopard était parsemé de plaques rouge vif là où la chair avait été mordue et arrachée. Au vu de la superficie dévastée, le combat avait duré une éternité » (Congo, p. 205). L’emploi ici du mot superficie n’est pas sans rappeler les vues aériennes de la forêt du sud et de l’est de la République Démocratique du Congo, à la peau crevée par des mines à ciel ouvert.  Lomama parvient à rejoindre son neveu à Kinshasa pour lui montrer la peau du léopard : — Il y a des problèmes au village, Isookanga. À l’époque, tu as considéré l’installation de l’antenne des télécommunications comme un bienfait, mais regarde cette peau. Observe ses blessures. C’est la catastrophe, Isoo. […] — Mais, mon oncle, comment tout cela a-t-il pu être possible ? — Quelque chose se passe dans l’écosystème, Isookanga. Des paramètres sont en train de changer de façon radicale. Si la survie d’une force de la nature comme Nkoi Mobali n’est pas assurée, je ne donne pas cher de la peau des Ekonda, mon fils. — Mais, mon oncle, on ne peut pas continuer à vivre à la périphérie du monde, nous devons intégrer le globe, sinon sûrement nous ne tarderons pas à disparaître complètement des écrans radars. ― Nkoi Mobali faisait partie du globe, il était même un des chaînons essentiels. Sa mort représente un déséquilibre grave. […] Il faut que le monde sache que Nkoi Mobali est mort et que son corps a été mutilé sauvagement. (Congo, p. 248-251) Voyons, par cons]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Extractivisme, géoscience et mythe dans Doggerland (É. Filhol) : une imbrication toxique</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16148</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:53:49 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16148</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>L’extractivisme s’attaque aux soubassements même de ce que les géologues nomment « zone critique », cette bande qui, de la roche mère à la canopée, permet à la vie de se développer et aux cycles naturels de perdurer ou d’évoluer librement. Remobilisé par Bruno Latour notamment dans Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, paru en 2017, le concept permet de réinsérer la crise écologique dans des situations locales rapportées à des responsabilités précises, et de la rendre représentable. Au sein d’une même aire socio-culturelle, l’atteinte à la zone critique passe par des structures économiques qui impliquent ses acteurs à de multiples niveaux, qu’ils soient au centre, ou, de façon moins visible mais elle aussi efficiente, à sa périphérie. Dès lors, s’intéresser aux procédés littéraires reliant exploitation des ressources naturelles et exploitation des ressources humaines, permet de dévoiler et démonter ses rouages psychiques et affectifs, et de permettre une autre approche, plus incarnée, du fonctionnement de l’extractivisme industriel. L’objectif de cette contribution est donc d’explorer d’un point de vue narratologique un roman portant sur une aire intra-européenne, à travers les troubles et complexes relations entre recherche scientifique et industrie en mer du Nord, et, de façon moins centrale, en mer de Norvège. Élisabeth Filhol, romancière atypique, a fait des études en conseil en organisation pour les entreprises et en gestion financière. Elle a dès lors une vision singulière des relations entre capitalisme, sciences et littérature. Ses deux premiers romans, La Centrale, publié en 2010, et Bois II, publié en 2014, abordent les éprouvantes conditions de travail en entreprise : celles des salariés intérimaires au sein d’une centrale nucléaire dans le premier roman ; celles de syndicalistes qui refusent la délocalisation de leur usine d’aluminium dans le suivant.  Son troisième roman, Doggerland I (désormais D), paru chez P.O.L en 2019, effectue encore une plongée en interne, mais se situe cette fois dans la perspective d’acteurs plus privilégiés du système – le vécu des ouvriers, par exemple, n’est pas l’objet du récit. Celui-ci opère surtout une traversée des temps et une conjonction des lieux. Traversée des temps puisque la romancière alterne les échelles, par une focale sur des périodes géologiques vieilles de millions d’années, qui ont permis la formation des gisements d’hydrocarbures, pour aboutir à aujourd’hui ; entre ces deux extrêmes, ell</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Extractivisme, géoscience et mythe dans Doggerland (É. Filhol) : une imbrication toxique'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’extractivisme s’attaque aux soubassements même de ce que les géologues nomment « zone critique », cette bande qui, de la roche mère à la canopée, permet à la vie de se développer et aux cycles naturels de perdurer ou d’évoluer librement. Remobilisé par Bruno Latour notamment dans Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, paru en 2017, le concept permet de réinsérer la crise écologique dans des situations locales rapportées à des responsabilités précises, et de la rendre représentable. Au sein d’une même aire socio-culturelle, l’atteinte à la zone critique passe par des structures économiques qui impliquent ses acteurs à de multiples niveaux, qu’ils soient au centre, ou, de façon moins visible mais elle aussi efficiente, à sa périphérie. Dès lors, s’intéresser aux procédés littéraires reliant exploitation des ressources naturelles et exploitation des ressources humaines, permet de dévoiler et démonter ses rouages psychiques et affectifs, et de permettre une autre approche, plus incarnée, du fonctionnement de l’extractivisme industriel. L’objectif de cette contribution est donc d’explorer d’un point de vue narratologique un roman portant sur une aire intra-européenne, à travers les troubles et complexes relations entre recherche scientifique et industrie en mer du Nord, et, de façon moins centrale, en mer de Norvège. Élisabeth Filhol, romancière atypique, a fait des études en conseil en organisation pour les entreprises et en gestion financière. Elle a dès lors une vision singulière des relations entre capitalisme, sciences et littérature. Ses deux premiers romans, La Centrale, publié en 2010, et Bois II, publié en 2014, abordent les éprouvantes conditions de travail en entreprise : celles des salariés intérimaires au sein d’une centrale nucléaire dans le premier roman ; celles de syndicalistes qui refusent la délocalisation de leur usine d’aluminium dans le suivant.  Son troisième roman, Doggerland I (désormais D), paru chez P.O.L en 2019, effectue encore une plongée en interne, mais se situe cette fois dans la perspective d’acteurs plus privilégiés du système – le vécu des ouvriers, par exemple, n’est pas l’objet du récit. Celui-ci opère surtout une traversée des temps et une conjonction des lieux. Traversée des temps puisque la romancière alterne les échelles, par une focale sur des périodes géologiques vieilles de millions d’années, qui ont permis la formation des gisements d’hydrocarbures, pour aboutir à aujourd’hui ; entre ces deux extrêmes, ell]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Épuisement et création : variantes d’imaginaires postextractivistes dans la littérature latino-américaine contemporaine</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16147</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:53:25 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16147</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Au cours de ces quinze dernières années, le paradigme optimiste de la mondialisation à l’œuvre depuis les années 1990 a été abandonné une fois pour toutes. L’extension des conflits armés, les nouvelles vagues de réfugiés et de migrants, les épidémies et les pandémies ont contribué à l’épuisement de ce projet, tout comme les phénomènes d’aliénation globale, sans oublier l’impact écologique menaçant la vie et la santé humaines sous le signe d’une idéologie consumériste. C’est dans ce contexte que j’ai développé le concept de Welt(er)schöpfung (création/épuisement du monde). Je conçois l’ambivalence de l’épuisement et de la création, qui sous-tend ce concept en allemand en jouant sur la distinction entre les termes création (Schöpfung) et épuisement (Erschöpfung), comme l’expression esthétique de la confrontation aux phénomènes de crise que traverse aujourd’hui le monde. Cette approche inclut également une réflexion sur l’extractivisme destructeur et sur ses inégalités néocoloniales. Que peut faire la littérature face à une exploitation des ressources qui ne cesse de progresser en dépit de ce que l’on sait, face au dogme capitaliste de la croissance, face à des asymétries qui s’aggravent à l’échelle mondiale ? En m’appuyant sur les romans récemment publiés de Samanta Schweblin (Argentine), Rita Indiana (République dominicaine) et Fernanda Trías (Uruguay), j’aimerais examiner comment une jeune génération d’écrivain.e.s d’Amérique latine cherche, à l’intersection de l’épuisement extractiviste du monde et de l’imagination créatrice, des possibilités de rendre littérairement tangible l’échec d’une mondialisation basée sur le capitalisme prédateur et comment elle tente d’apporter ainsi une contribution aux imaginaires et aux discours postextractivistes. Il s’agit en particulier aussi de rendre visibles des éclats et des fragments de futurs possibles au sens d’« archives des exceptions à venir [archives of the exceptions to come] » (Sánchez Prado, 2023, p. 171). Si je m’appuie sur des textes d’autrices d’Amérique latine dans mes analyses littéraires, c’est, d’une part, parce que cette région concentre l’ambivalence de l’expérience de la mondialisation, où s’articule le lien historique entre la fin des vieux empires, l’avènement du néolibéralisme et la mondialisation du capitalisme (Slobodian 2018). D’autre part, les impacts socio-écologiques problématiques découlant de l’intégration de la région dans les circuits économiques mondiaux y sont devenus une question cen</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Épuisement et création : variantes d’imaginaires postextractivistes dans la littérature latino-américaine contemporaine'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Au cours de ces quinze dernières années, le paradigme optimiste de la mondialisation à l’œuvre depuis les années 1990 a été abandonné une fois pour toutes. L’extension des conflits armés, les nouvelles vagues de réfugiés et de migrants, les épidémies et les pandémies ont contribué à l’épuisement de ce projet, tout comme les phénomènes d’aliénation globale, sans oublier l’impact écologique menaçant la vie et la santé humaines sous le signe d’une idéologie consumériste. C’est dans ce contexte que j’ai développé le concept de Welt(er)schöpfung (création/épuisement du monde). Je conçois l’ambivalence de l’épuisement et de la création, qui sous-tend ce concept en allemand en jouant sur la distinction entre les termes création (Schöpfung) et épuisement (Erschöpfung), comme l’expression esthétique de la confrontation aux phénomènes de crise que traverse aujourd’hui le monde. Cette approche inclut également une réflexion sur l’extractivisme destructeur et sur ses inégalités néocoloniales. Que peut faire la littérature face à une exploitation des ressources qui ne cesse de progresser en dépit de ce que l’on sait, face au dogme capitaliste de la croissance, face à des asymétries qui s’aggravent à l’échelle mondiale ? En m’appuyant sur les romans récemment publiés de Samanta Schweblin (Argentine), Rita Indiana (République dominicaine) et Fernanda Trías (Uruguay), j’aimerais examiner comment une jeune génération d’écrivain.e.s d’Amérique latine cherche, à l’intersection de l’épuisement extractiviste du monde et de l’imagination créatrice, des possibilités de rendre littérairement tangible l’échec d’une mondialisation basée sur le capitalisme prédateur et comment elle tente d’apporter ainsi une contribution aux imaginaires et aux discours postextractivistes. Il s’agit en particulier aussi de rendre visibles des éclats et des fragments de futurs possibles au sens d’« archives des exceptions à venir [archives of the exceptions to come] » (Sánchez Prado, 2023, p. 171). Si je m’appuie sur des textes d’autrices d’Amérique latine dans mes analyses littéraires, c’est, d’une part, parce que cette région concentre l’ambivalence de l’expérience de la mondialisation, où s’articule le lien historique entre la fin des vieux empires, l’avènement du néolibéralisme et la mondialisation du capitalisme (Slobodian 2018). D’autre part, les impacts socio-écologiques problématiques découlant de l’intégration de la région dans les circuits économiques mondiaux y sont devenus une question cen]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>« Comprendre toute l’âme du monde ». Nature et mystique matérialiste chez Georges Navel</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16146</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:52:52 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16146</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Un ouvrier qui dit sa joie dans la nature Des constats aussi justes qu’élogieux ont été formulés depuis longtemps sur l’œuvre de Georges Navel (1904-1993), auteur aujourd’hui oublié du plus grand nombre mais, dont Travaux ([1945] 1966 ; désormais Trav.) s’était imposé lors de sa parution comme un des livres les plus remarquables de l’année. Pressenti pour le Goncourt, l’ouvrage retrace les expériences de vie de son auteur, un anarchiste libertaire né pauvre mais fasciné depuis l’enfance par la nature. Hostile au productivisme, et conscient de l’aliénation qui en découle pour les prolétaires, il ne tombe pas dans la rhétorique militante qui caractérise bon nombre des anarcho-syndicalistes de sa génération mais s’efforce de mettre sa vie en accord avec ses principes. Il a loué ses bras comme tourneur en usine mais a vécu surtout comme ouvrier agricole sur des chantiers en plein air. C’est dans la nature qu’il éprouve un sentiment de plénitude, auquel les lecteurs se sont jusqu’ici trop peu arrêtés et qui appelle la lecture écopoétique proposée ici. Paul Géraldy, poète réputé bourgeois qui a appris à connaître Navel en voisin dans le Midi, signe la préface du premier livre d’un auteur qui n’en publiera que cinq : II me raconte sa rude journée de pelle, de pioche, ou de faux. Je le regarde. Je l’écoute. Chez Navel l’esprit et le corps ne semblent pas différenciés. Sa pensée, en prise directe avec le monde extérieur, est intimement accordée au souple jeu de ses jarrets, de ses poignets et de ses reins. « Il faut penser avec le cœur », répétait souvent Hofmannsthal. « faut penser avec le corps », a l’air de corriger Navel. (Trav., p. 10) Géraldy ne cache pas son estime pour l’écriture d’un homme qui s’est formé en autodidacte, faisant d’importantes lectures et fréquentant les communistes libertaires ou l’université syndicale. Jean Giono préfacera quant à lui Chacun son royaume (1960 ; désormais CSR), un récit qui comme tous ceux de Navel, de Travaux à Passages (1982) en passant par Parcours, (1950) exploite un vécu personnel identique, que l’on retrouve aussi dans la correspondance avec le philosophe Bernard Groethuysen : Sable et Limon (1952). Navel avait eu l’occasion de participer au Contadour en 1939 et l’initiateur de ces rencontres dira son admiration et soulignera la capacité de l’auteur à dire une réalité inséparable de son être profond : Ici la réalité est maniée de main de maître. Elle est nue et crue, c’est incontestable ; la sublimation se fait par t</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='« Comprendre toute l’âme du monde ». Nature et mystique matérialiste chez Georges Navel'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Un ouvrier qui dit sa joie dans la nature Des constats aussi justes qu’élogieux ont été formulés depuis longtemps sur l’œuvre de Georges Navel (1904-1993), auteur aujourd’hui oublié du plus grand nombre mais, dont Travaux ([1945] 1966 ; désormais Trav.) s’était imposé lors de sa parution comme un des livres les plus remarquables de l’année. Pressenti pour le Goncourt, l’ouvrage retrace les expériences de vie de son auteur, un anarchiste libertaire né pauvre mais fasciné depuis l’enfance par la nature. Hostile au productivisme, et conscient de l’aliénation qui en découle pour les prolétaires, il ne tombe pas dans la rhétorique militante qui caractérise bon nombre des anarcho-syndicalistes de sa génération mais s’efforce de mettre sa vie en accord avec ses principes. Il a loué ses bras comme tourneur en usine mais a vécu surtout comme ouvrier agricole sur des chantiers en plein air. C’est dans la nature qu’il éprouve un sentiment de plénitude, auquel les lecteurs se sont jusqu’ici trop peu arrêtés et qui appelle la lecture écopoétique proposée ici. Paul Géraldy, poète réputé bourgeois qui a appris à connaître Navel en voisin dans le Midi, signe la préface du premier livre d’un auteur qui n’en publiera que cinq : II me raconte sa rude journée de pelle, de pioche, ou de faux. Je le regarde. Je l’écoute. Chez Navel l’esprit et le corps ne semblent pas différenciés. Sa pensée, en prise directe avec le monde extérieur, est intimement accordée au souple jeu de ses jarrets, de ses poignets et de ses reins. « Il faut penser avec le cœur », répétait souvent Hofmannsthal. « faut penser avec le corps », a l’air de corriger Navel. (Trav., p. 10) Géraldy ne cache pas son estime pour l’écriture d’un homme qui s’est formé en autodidacte, faisant d’importantes lectures et fréquentant les communistes libertaires ou l’université syndicale. Jean Giono préfacera quant à lui Chacun son royaume (1960 ; désormais CSR), un récit qui comme tous ceux de Navel, de Travaux à Passages (1982) en passant par Parcours, (1950) exploite un vécu personnel identique, que l’on retrouve aussi dans la correspondance avec le philosophe Bernard Groethuysen : Sable et Limon (1952). Navel avait eu l’occasion de participer au Contadour en 1939 et l’initiateur de ces rencontres dira son admiration et soulignera la capacité de l’auteur à dire une réalité inséparable de son être profond : Ici la réalité est maniée de main de maître. Elle est nue et crue, c’est incontestable ; la sublimation se fait par t]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>L’image de la terre dans les essais magonistes. Cinq angles d’un concept fondateur</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16145</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:52:32 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16145</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Inspiré par l’anarchisme européen, mais adapté à la situation du Mexique du début du XXe siècle et fortement influencé par les connaissances et les idées d’origine indigène, la pensée magoniste a été déterminante pour le développement de la Révolution mexicaine et a laissé une empreinte profonde dans le discours politique du pays. Le magonisme – dont le nom vient des frères Flores Magón1, mais qui englobe également leurs collaborateurs et collaboratrices du Partido Liberal Mexicano et du journal Regeneración – a été décrit comme une doctrine anarcho-syndicaliste et démocratique, anticapitaliste et anti-impérialiste, d’influence libérale et ancrée dans l’horizon idéologique des rébellions agraires mexicaines (Abad de Santillán, 1986 ; Bobbio, Matteucci y Pasquino, 2015 ; Hart, 2021).  La présente étude pose la question de la manière dont les magonistes ont traité le concept et la problématique de la terre dans leurs essais. Aussi avons-nous identifié cinq caractéristiques du concept de terre dans la pensée magoniste, tout en reconnaissant que notre réflexion en suffira pas à épuiser la question de la complexité de cette notion ni son traitement dans les essais de cette période. Les caractéristiques que nous décrivons sont le résultat d’une lecture attentive d’une sélection de textes des magonistes publiés dans les journaux Regeneración, Vésper et ¡Tierra!, ainsi que des brochures Por la tierra y por la raza (Pour la terre et pour la race) de Juana Belén Gutiérrez et Manifiesto a la mujer (Manifeste à la femme) de Blanca de Moncaleano.  Nous considérons qu’il est nécessaire de revenir sur cette notion et son traitement dans le cadre de la littérature militante pendant la Révolution car, d’un point de vue théorique, le magonisme est un cadre conceptuel qui s’avère encore fructueux pour comprendre les problématiques sociales et économiques de notre région et pour entrevoir certaines de leurs issues ; en outre, il s’agit d’un courant de pensée politique, sociale et esthétique proprement latino-américain, dont l’évaluation chronique participe de nos efforts pour décoloniser nos références théoriques. Et, d’un point de vue pratique, parce que l’histoire du magonisme nous permet d’observer un militantisme politique qui s’est largement développé et diffusé à travers les lettres, et qui, en tant que tel, nous offre une illustration exemplaire de la manière dont la littérature et la presse peuvent influencer la réalité politique de notre région. Notre approche vise é</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='L’image de la terre dans les essais magonistes. Cinq angles d’un concept fondateur'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Inspiré par l’anarchisme européen, mais adapté à la situation du Mexique du début du XXe siècle et fortement influencé par les connaissances et les idées d’origine indigène, la pensée magoniste a été déterminante pour le développement de la Révolution mexicaine et a laissé une empreinte profonde dans le discours politique du pays. Le magonisme – dont le nom vient des frères Flores Magón1, mais qui englobe également leurs collaborateurs et collaboratrices du Partido Liberal Mexicano et du journal Regeneración – a été décrit comme une doctrine anarcho-syndicaliste et démocratique, anticapitaliste et anti-impérialiste, d’influence libérale et ancrée dans l’horizon idéologique des rébellions agraires mexicaines (Abad de Santillán, 1986 ; Bobbio, Matteucci y Pasquino, 2015 ; Hart, 2021).  La présente étude pose la question de la manière dont les magonistes ont traité le concept et la problématique de la terre dans leurs essais. Aussi avons-nous identifié cinq caractéristiques du concept de terre dans la pensée magoniste, tout en reconnaissant que notre réflexion en suffira pas à épuiser la question de la complexité de cette notion ni son traitement dans les essais de cette période. Les caractéristiques que nous décrivons sont le résultat d’une lecture attentive d’une sélection de textes des magonistes publiés dans les journaux Regeneración, Vésper et ¡Tierra!, ainsi que des brochures Por la tierra y por la raza (Pour la terre et pour la race) de Juana Belén Gutiérrez et Manifiesto a la mujer (Manifeste à la femme) de Blanca de Moncaleano.  Nous considérons qu’il est nécessaire de revenir sur cette notion et son traitement dans le cadre de la littérature militante pendant la Révolution car, d’un point de vue théorique, le magonisme est un cadre conceptuel qui s’avère encore fructueux pour comprendre les problématiques sociales et économiques de notre région et pour entrevoir certaines de leurs issues ; en outre, il s’agit d’un courant de pensée politique, sociale et esthétique proprement latino-américain, dont l’évaluation chronique participe de nos efforts pour décoloniser nos références théoriques. Et, d’un point de vue pratique, parce que l’histoire du magonisme nous permet d’observer un militantisme politique qui s’est largement développé et diffusé à travers les lettres, et qui, en tant que tel, nous offre une illustration exemplaire de la manière dont la littérature et la presse peuvent influencer la réalité politique de notre région. Notre approche vise é]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>La dévoration du capital : Le droit à la paresse de Paul Lafargue</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16144</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:52:08 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16144</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Le droit à la paresse de Paul Lafargue est un pamphlet qui a connu un énorme succès à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Publié en 1883, il s’inscrit dans un contexte marqué par l’industrialisation croissante et l’affirmation du capitalisme comme système dominant. Lafargue y dénonce l’aliénation des travailleurs, réduits à une identité définie par le labeur, et propose une réduction drastique du temps de travail comme moyen de subversion. Bien que ce texte fasse l’objet d’un oubli relatif de nos jours, son message demeure important et sa forme est assez curieuse pour qu’on s’y intéresse du point de vue des études littéraires. Il mérite à mon avis une relecture attentive, non seulement pour sa dimension polémique, mais aussi pour sa capacité à articuler une critique sociale à une proposition artistique et utopique. Son originalité réside dans sa capacité à mobiliser un imaginaire révolutionnaire pour contester l’idéologie du travail, alors en pleine consolidation. Au XIXe siècle émerge une morale bourgeoise qui sacralise le labeur, présentée comme une vertu cardinale, voire une fin en soi. Face à cette doxa, Lafargue oppose une vision provocatrice : le travail n’est pas une libération, mais une aliénation, et la paresse, loin d’être un vice, pourrait devenir un acte de résistance. Par sa rhétorique carnavalesque, l’auteur transforme la lutte des classes en un spectacle grotesque où la bourgeoisie s’abîme dans l’autophagie sous le regard satisfait de la classe ouvrière désormais maître de son temps. En effet, Le droit à la paresse défend l’instauration d’une journée de travail limitée à trois heures. Un temps hypothétique de renversement des classes est alors imaginé. Libérés de la raison productiviste de leurs anciens maîtres, les prolétaires peuvent désormais paresser et profiter du spectacle loufoque des bourgeois agités. C’est donc une temporalité postexploitative qu’imagine Lafargue en arrachant la classe ouvrière à sa condition d’esclave de l’horloge. Le droit à la paresse a pavé la voie à d’autres textes promouvant des idées similaires dans la première moitié du XXe siècle, tels que La paresse comme vérité effective de l’homme (1921) de Kazimir Malevitch ou Éloge de l’oisiveté (1932) de Bertrand Russell. Ces deux derniers textes demeurent plus connus aujourd’hui (ils ont été réédités chez Allia en 1997 et 2002 respectivement et connaissent une meilleure circulation), mais ce sont des essais assez convenus, tandis que la po</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La dévoration du capital : Le droit à la paresse de Paul Lafargue'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le droit à la paresse de Paul Lafargue est un pamphlet qui a connu un énorme succès à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Publié en 1883, il s’inscrit dans un contexte marqué par l’industrialisation croissante et l’affirmation du capitalisme comme système dominant. Lafargue y dénonce l’aliénation des travailleurs, réduits à une identité définie par le labeur, et propose une réduction drastique du temps de travail comme moyen de subversion. Bien que ce texte fasse l’objet d’un oubli relatif de nos jours, son message demeure important et sa forme est assez curieuse pour qu’on s’y intéresse du point de vue des études littéraires. Il mérite à mon avis une relecture attentive, non seulement pour sa dimension polémique, mais aussi pour sa capacité à articuler une critique sociale à une proposition artistique et utopique. Son originalité réside dans sa capacité à mobiliser un imaginaire révolutionnaire pour contester l’idéologie du travail, alors en pleine consolidation. Au XIXe siècle émerge une morale bourgeoise qui sacralise le labeur, présentée comme une vertu cardinale, voire une fin en soi. Face à cette doxa, Lafargue oppose une vision provocatrice : le travail n’est pas une libération, mais une aliénation, et la paresse, loin d’être un vice, pourrait devenir un acte de résistance. Par sa rhétorique carnavalesque, l’auteur transforme la lutte des classes en un spectacle grotesque où la bourgeoisie s’abîme dans l’autophagie sous le regard satisfait de la classe ouvrière désormais maître de son temps. En effet, Le droit à la paresse défend l’instauration d’une journée de travail limitée à trois heures. Un temps hypothétique de renversement des classes est alors imaginé. Libérés de la raison productiviste de leurs anciens maîtres, les prolétaires peuvent désormais paresser et profiter du spectacle loufoque des bourgeois agités. C’est donc une temporalité postexploitative qu’imagine Lafargue en arrachant la classe ouvrière à sa condition d’esclave de l’horloge. Le droit à la paresse a pavé la voie à d’autres textes promouvant des idées similaires dans la première moitié du XXe siècle, tels que La paresse comme vérité effective de l’homme (1921) de Kazimir Malevitch ou Éloge de l’oisiveté (1932) de Bertrand Russell. Ces deux derniers textes demeurent plus connus aujourd’hui (ils ont été réédités chez Allia en 1997 et 2002 respectivement et connaissent une meilleure circulation), mais ce sont des essais assez convenus, tandis que la po]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>La traduction au XVIe siècle, un outil d’émancipation pour les femmes  ?</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20947</link>
      <pubDate>Tue, 17 Mar 2026 13:52:30 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20947</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Ces dix dernières années, les études sur les femmes à la Renaissance ont vu se développer un intérêt des chercheurs et des chercheuses pour la question de la traduction1. Le court ouvrage de Pierre-Emmanuel Roy poursuit cette dynamique en proposant d’orienter la réflexion sur les discours paratextuels des traductrices françaises au xvie siècle afin de montrer comment ces formes littéraires permettent l’élaboration d’une image de soi. L’ouvrage d’Emmanuel Roy, tiré de son mémoire de maîtrise réalisé à l’Université McGill, repose sur un sujet et un corpus bien définis, dont les enjeux sont clairement exposés. Il permet de donner une visibilité à des textes et des autrices de la Renaissance, pour la plupart peu connus, dans une étude structurée de façon chronologique et suivie de la retranscription intégrale du corps étudié. Cet accès aux textes est appréciable et essentiel pour mieux saisir les analyses menées et pour découvrir les paratextes choisis. Le sujet, très spécifique, permet cependant d’embrasser des problématiques importantes pour l’histoire littéraire du xvie siècle et pour l’étude des femmes. Le corpus d’étude a été établi selon trois critères précis : la disponibilité des textes (ne sont étudiés que des textes dont une trace a pu être conservée), la présence d’un discours paratextuel accompagnant la traduction et des paratextes où le statut de traductrice est pleinement assumé. Il s’agit ainsi pour l’auteur de mettre en lumière un corpus où « s’élabore pleinement un véritable ethos d’autrice » (p. 15). Six traductrices sont ainsi étudiées, dans un corpus qui propose des dédicaces variées, soit à un membre de leur entourage familier, soit à un personnage de la Cour : Claudine Scève et Marie de Cotteblanche s’adressent chacune à l’une de leurs amies, Marguerite de Cambis à son père, Anne de Graville à la reine Claude de France, Anne de Marquets à la jeune princesse Marguerite de Valois et Hélisenne de Crenne au roi François Ier. Une approche rhétorique L’inscription de l’étude dans le champ rhétorique est au fondement de principes d’analyses qui sont clairement explicités dès l’introduction : Pierre-Emmanuel Roy s’attache en effet à mettre en évidence l’existence d’une « rhétorique paratextuelle » (p. 17) des traductrices qui se distinguerait de celle des traducteurs. Pour cela, il s’intéresse à la forme de ces discours paratextuels ainsi qu’à la façon dont les conventions d’écriture s’y manifestent. Cette dimension rhétorique met en évidence des</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20947/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202026-03-17%20%C3%A0%2014.09.12.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La traduction au XVIe siècle, un outil d’émancipation pour les femmes  ?'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Ces dix dernières années, les études sur les femmes à la Renaissance ont vu se développer un intérêt des chercheurs et des chercheuses pour la question de la traduction1. Le court ouvrage de Pierre-Emmanuel Roy poursuit cette dynamique en proposant d’orienter la réflexion sur les discours paratextuels des traductrices françaises au xvie siècle afin de montrer comment ces formes littéraires permettent l’élaboration d’une image de soi. L’ouvrage d’Emmanuel Roy, tiré de son mémoire de maîtrise réalisé à l’Université McGill, repose sur un sujet et un corpus bien définis, dont les enjeux sont clairement exposés. Il permet de donner une visibilité à des textes et des autrices de la Renaissance, pour la plupart peu connus, dans une étude structurée de façon chronologique et suivie de la retranscription intégrale du corps étudié. Cet accès aux textes est appréciable et essentiel pour mieux saisir les analyses menées et pour découvrir les paratextes choisis. Le sujet, très spécifique, permet cependant d’embrasser des problématiques importantes pour l’histoire littéraire du xvie siècle et pour l’étude des femmes. Le corpus d’étude a été établi selon trois critères précis : la disponibilité des textes (ne sont étudiés que des textes dont une trace a pu être conservée), la présence d’un discours paratextuel accompagnant la traduction et des paratextes où le statut de traductrice est pleinement assumé. Il s’agit ainsi pour l’auteur de mettre en lumière un corpus où « s’élabore pleinement un véritable ethos d’autrice » (p. 15). Six traductrices sont ainsi étudiées, dans un corpus qui propose des dédicaces variées, soit à un membre de leur entourage familier, soit à un personnage de la Cour : Claudine Scève et Marie de Cotteblanche s’adressent chacune à l’une de leurs amies, Marguerite de Cambis à son père, Anne de Graville à la reine Claude de France, Anne de Marquets à la jeune princesse Marguerite de Valois et Hélisenne de Crenne au roi François Ier. Une approche rhétorique L’inscription de l’étude dans le champ rhétorique est au fondement de principes d’analyses qui sont clairement explicités dès l’introduction : Pierre-Emmanuel Roy s’attache en effet à mettre en évidence l’existence d’une « rhétorique paratextuelle » (p. 17) des traductrices qui se distinguerait de celle des traducteurs. Pour cela, il s’intéresse à la forme de ces discours paratextuels ainsi qu’à la façon dont les conventions d’écriture s’y manifestent. Cette dimension rhétorique met en évidence des]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20947/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202026-03-17%20%C3%A0%2014.09.12.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Henri Michaux ou la possession par les gouffres </title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20940</link>
      <pubDate>Tue, 17 Mar 2026 13:48:49 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20940</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Comment dire l’impossible expérience des gouffres, celle-là même qui échappe aux mots. Peut-être en l’approchant par petites doses, pas après pas, ou plutôt feuillet par feuillet. Telle est l’expérience à laquelle nous convie Muriel Pic. Après avoir publié Mescaline 551 chez Claire Paulhan, qui retrace la première prise de mescaline en compagnie de Jean Paulhan et de la poétesse Édith Boissonnas, voici qu’elle nous fait entrer dans les archives de la drogue d’Henri Michaux, un ensemble composé d’une quinzaine de cahiers ou de liasses de papiers, non sans avoir tenté l’impossible esquisse d’une prise de trois ampoules de mescaline, décrivant la fièvre des métamorphoses, les secousses qui bousculent son écriture, les nausées, les bruissements cellulaires. Ainsi commencent les leçons de possession. Elle lâche le lecteur au cœur d’une séance qui se conclut par ces mots écrits sur un feuillet : « L’infini est torture ou béatitude, c’est-à-dire expérimental ». On le savait déjà turbulent, depuis le titre du livre de 1957, mais les archives nous introduisent au cœur du trouble, en amont du poème, avant que l’écriture n’opère et ne retraduise l’expérience en une lisibilité. Ainsi, ce livre défriche un terrain brut, premier, opérant cueillette et collecte d’éclats d’expérience, d’une part parce que l’écriture de Michaux est difficile, d’autre part parce qu’il s’accroche à sa plume et ne la lâche pas, ou difficilement. Le lecteur est donc plongé dans la trace première de ce que Michaux nomme la « Description d’un trouble », d’après le titre de son exposition à la Hune en 1956.  Mettre à nu le cerveau Bien plus qu’une étude sur le rapport entre littérature et drogues ou une enquête sur la poétique des états de conscience altérée, le travail de Muriel Pic s’inscrit dans sa démarche sur le document pour laisser ces archives de la drogue articuler la place qu’occupe Henri Michaux — non plus comme poète ou peintre, mais comme expérimentateur — au sein de la « révolution psychopharmacologique » qui eut lieu entre Paris et Bâle en 1956. L’archive permet de situer le rôle du poète, son apport à une révolution scientifique qui va modifier l’intérêt apporté jusqu’alors aux psychotropes, dont les dérivés pharmacologiques présentent un intérêt médical potentiel dans le traitement de la dépression, de l’anxiété, du syndrome de stress post-traumatique, ou encore de l’alcoolisme. Mais comme le rappelle Muriel Pic dans un précédent essai intitulé Élégies documentaires, « Rien à fai</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20940/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202026-03-17%20%C3%A0%2014.06.32.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Henri Michaux ou la possession par les gouffres '/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Comment dire l’impossible expérience des gouffres, celle-là même qui échappe aux mots. Peut-être en l’approchant par petites doses, pas après pas, ou plutôt feuillet par feuillet. Telle est l’expérience à laquelle nous convie Muriel Pic. Après avoir publié Mescaline 551 chez Claire Paulhan, qui retrace la première prise de mescaline en compagnie de Jean Paulhan et de la poétesse Édith Boissonnas, voici qu’elle nous fait entrer dans les archives de la drogue d’Henri Michaux, un ensemble composé d’une quinzaine de cahiers ou de liasses de papiers, non sans avoir tenté l’impossible esquisse d’une prise de trois ampoules de mescaline, décrivant la fièvre des métamorphoses, les secousses qui bousculent son écriture, les nausées, les bruissements cellulaires. Ainsi commencent les leçons de possession. Elle lâche le lecteur au cœur d’une séance qui se conclut par ces mots écrits sur un feuillet : « L’infini est torture ou béatitude, c’est-à-dire expérimental ». On le savait déjà turbulent, depuis le titre du livre de 1957, mais les archives nous introduisent au cœur du trouble, en amont du poème, avant que l’écriture n’opère et ne retraduise l’expérience en une lisibilité. Ainsi, ce livre défriche un terrain brut, premier, opérant cueillette et collecte d’éclats d’expérience, d’une part parce que l’écriture de Michaux est difficile, d’autre part parce qu’il s’accroche à sa plume et ne la lâche pas, ou difficilement. Le lecteur est donc plongé dans la trace première de ce que Michaux nomme la « Description d’un trouble », d’après le titre de son exposition à la Hune en 1956.  Mettre à nu le cerveau Bien plus qu’une étude sur le rapport entre littérature et drogues ou une enquête sur la poétique des états de conscience altérée, le travail de Muriel Pic s’inscrit dans sa démarche sur le document pour laisser ces archives de la drogue articuler la place qu’occupe Henri Michaux — non plus comme poète ou peintre, mais comme expérimentateur — au sein de la « révolution psychopharmacologique » qui eut lieu entre Paris et Bâle en 1956. L’archive permet de situer le rôle du poète, son apport à une révolution scientifique qui va modifier l’intérêt apporté jusqu’alors aux psychotropes, dont les dérivés pharmacologiques présentent un intérêt médical potentiel dans le traitement de la dépression, de l’anxiété, du syndrome de stress post-traumatique, ou encore de l’alcoolisme. Mais comme le rappelle Muriel Pic dans un précédent essai intitulé Élégies documentaires, « Rien à fai]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20940/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202026-03-17%20%C3%A0%2014.06.32.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Les Très Riches Archives d’un cobaye de la drogue nommé Henri Michaux</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20923</link>
      <pubDate>Tue, 17 Mar 2026 13:48:01 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20923</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Il se publie parfois des essais formidables : en voici un. Quiconque s’intéresse à l’œuvre d’Henri Michaux y rencontrera de quoi relancer sa lecture, sinon sa passion. Qu’il s’agisse des œuvres spécialement consacrées aux expériences des drogues, dessins et peinture y compris, mais aussi d’autres versants en prose et en vers, il y a beaucoup à apprendre, à goûter. Cet ouvrage est la synthèse d’une enquête dans le fonds documentaire parisien inédit des archives de l’écrivain relatives à son travail avec les drogues entre 1955 et 1966, complétées par les retranscriptions destinées au dernier volume des Œuvres complètes en Pléiade. Outre un panorama précis de la recherche psychopharmacologique à cette époque, on tirera beaucoup de cet essai à propos de ce que permet la fréquentation expérimentale de divers hallucinogènes pour explorer les univers mentaux de la folie. On y puisera enfin de quoi (re)découvrir nombre des meilleurs textes de Michaux, observés en gésine au laboratoire central d’une archive proprement considérable à tous égards, qui nous confronte à l’inouï de ce que peut la poésie — quand c’est elle.   Après une « Introduction aux possessions », l’essai est décliné en sept « Leçons » suivies d’une « Conclusion sur les exorcismes ». En annexe, suit la transcription d’« Une séance d’Henri Michaux sous haschich vers 1960 ». Une révolution psychopharmacologique La première « Leçon » (qui occupe un quart de l’essai) dresse un panorama précis de l’évolution de la recherche scientifique sur les usages médicaux des psychotropes depuis le xixe siècle, et de l’implication résolue de Michaux dans le travail expérimental avec les scientifiques à partir de 1955, jusqu’à la révolution psychédélique des années 1960-1970 (il rencontrera Ginsberg en 1965). L’histoire scientifique dans laquelle s’inscrit Michaux est d’abord celle de la neurologie, avec la première imagerie du système nerveux central publié à la fin des années 1880, puis l’étude de ses dimensions électrique et chimique, enfin l’expérimentation médicale des substances psychoactives dont attestait déjà en amont le travail de Moreau de Tours avec le haschich supposé capable d’introduire in vivo le médecin aux troubles de l’aliénation mentale. Au xxe siècle, cette drogue se trouve supplantée en termes d’effets hallucinogènes par la mescaline, la psilocybine (alcaloïdes tirés de champignons mexicains) et le LSD (tiré de l’ergot de seigle, jadis cause du « mal des ardents »). L’hypothèse de travail demeur</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20923/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202026-03-17%20%C3%A0%2014.06.32.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Les Très Riches Archives d’un cobaye de la drogue nommé Henri Michaux'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Il se publie parfois des essais formidables : en voici un. Quiconque s’intéresse à l’œuvre d’Henri Michaux y rencontrera de quoi relancer sa lecture, sinon sa passion. Qu’il s’agisse des œuvres spécialement consacrées aux expériences des drogues, dessins et peinture y compris, mais aussi d’autres versants en prose et en vers, il y a beaucoup à apprendre, à goûter. Cet ouvrage est la synthèse d’une enquête dans le fonds documentaire parisien inédit des archives de l’écrivain relatives à son travail avec les drogues entre 1955 et 1966, complétées par les retranscriptions destinées au dernier volume des Œuvres complètes en Pléiade. Outre un panorama précis de la recherche psychopharmacologique à cette époque, on tirera beaucoup de cet essai à propos de ce que permet la fréquentation expérimentale de divers hallucinogènes pour explorer les univers mentaux de la folie. On y puisera enfin de quoi (re)découvrir nombre des meilleurs textes de Michaux, observés en gésine au laboratoire central d’une archive proprement considérable à tous égards, qui nous confronte à l’inouï de ce que peut la poésie — quand c’est elle.   Après une « Introduction aux possessions », l’essai est décliné en sept « Leçons » suivies d’une « Conclusion sur les exorcismes ». En annexe, suit la transcription d’« Une séance d’Henri Michaux sous haschich vers 1960 ». Une révolution psychopharmacologique La première « Leçon » (qui occupe un quart de l’essai) dresse un panorama précis de l’évolution de la recherche scientifique sur les usages médicaux des psychotropes depuis le xixe siècle, et de l’implication résolue de Michaux dans le travail expérimental avec les scientifiques à partir de 1955, jusqu’à la révolution psychédélique des années 1960-1970 (il rencontrera Ginsberg en 1965). L’histoire scientifique dans laquelle s’inscrit Michaux est d’abord celle de la neurologie, avec la première imagerie du système nerveux central publié à la fin des années 1880, puis l’étude de ses dimensions électrique et chimique, enfin l’expérimentation médicale des substances psychoactives dont attestait déjà en amont le travail de Moreau de Tours avec le haschich supposé capable d’introduire in vivo le médecin aux troubles de l’aliénation mentale. Au xxe siècle, cette drogue se trouve supplantée en termes d’effets hallucinogènes par la mescaline, la psilocybine (alcaloïdes tirés de champignons mexicains) et le LSD (tiré de l’ergot de seigle, jadis cause du « mal des ardents »). L’hypothèse de travail demeur]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20923/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202026-03-17%20%C3%A0%2014.06.32.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Éclat du minuscule : La Petite Bonne (2024) de Bérénice Pichat</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20917</link>
      <pubDate>Tue, 17 Mar 2026 13:45:18 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20917</guid>
      <category>acta</category>
      <description>« Une gueule cassée / une femme désespérée / et une maladroite / Nous voilà bien » (p. 92), s’exaspère la voix muette d’une petite bonne, dans un récit qui enchevêtre la prose et le vers libre pour sonder le climat d’une triple crise intime. Retraçant les répercussions tragiques de la Grande guerre et de la France des années 30, La Petite Bonne orchestre une « valse entre […] trois corps1 » meurtris, trois corps usés, trois corps mutilés. Trois corps confinés dans le huis-clos d’une « chambre d’impotent » (p. 26) elle-même baignée dans l’ombre « mortuaire2 » d’un silence hivernal. Des oubliés de l’Histoire officielle, des humiliés, des « taiseux3 » que tout oppose, en apparence. Une « petite bonniche » « pas assez intelligente / savante » (p. 110-111), méprisée par les maîtres, violentée par son homme, meurtrie par le drame secret d’un ventre vide. Un pianiste bourgeois, artiste « isolé au milieu des autres » (p. 219) devenu « héros / en fauteuil / inutile » (p. 218). Sa femme, « mutilée sociale4 » coupée du monde depuis vingt ans, « enterr[ée] vivante auprès / d’un demi-homme » (p. 27). Autant de « vies minuscules », pourrait soupirer Pierre Michon5, de micro-figures marginales à partir desquelles Bérénice Pichat explore les possibilités de la générosité et de la grandeur d’âme. Car à travers un récit choral, c’est une certaine humilité de la figure marginale et de la manière de la narrer qui est mise en lumière. Et si « le “minuscule” se présente comme le pendant exact de l’illustre », s’il est « l’individu quelconque, le “on” inexemplaire de l’anonymat de l’histoire6 », Bérénice Pichat, dans cet éclat de vies imaginaires, pose la question de la célébrité autant que de la brisure des corps. Croisant les enjeux esthétiques et poétiques de l’inexemplaire en scrutant l’éclat du minuscule, notre article veut révéler la réversibilité de ces figures, en définitive, d’exception. Inexemplarité de vies en sourdine Participant de la « déflation de l’exemplarité7 » qui caractérise, selon Alexandre Gefen, la littérature contemporaine, le roman de Bérénice Pichat atteste du « désir fondateur de la modernité qui […] conduit à écrire les particularités d’oubliés, d’inexemplaires de l’Histoire8 ». D’emblée, le titre donne le ton, réduisant la modestie du sujet à l’hypocoristique « petite bonne ». Privée de nom propre – carence nominale qui accentue la condition infime du personnage féminin – et circonscrite, dès l’ouverture du récit, dans une cellule étriquée (« Ici c’e</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20917/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202026-03-17%20%C3%A0%2014.02.54.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Éclat du minuscule : La Petite Bonne (2024) de Bérénice Pichat'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>« Une gueule cassée / une femme désespérée / et une maladroite / Nous voilà bien » (p. 92), s’exaspère la voix muette d’une petite bonne, dans un récit qui enchevêtre la prose et le vers libre pour sonder le climat d’une triple crise intime. Retraçant les répercussions tragiques de la Grande guerre et de la France des années 30, La Petite Bonne orchestre une « valse entre […] trois corps1 » meurtris, trois corps usés, trois corps mutilés. Trois corps confinés dans le huis-clos d’une « chambre d’impotent » (p. 26) elle-même baignée dans l’ombre « mortuaire2 » d’un silence hivernal. Des oubliés de l’Histoire officielle, des humiliés, des « taiseux3 » que tout oppose, en apparence. Une « petite bonniche » « pas assez intelligente / savante » (p. 110-111), méprisée par les maîtres, violentée par son homme, meurtrie par le drame secret d’un ventre vide. Un pianiste bourgeois, artiste « isolé au milieu des autres » (p. 219) devenu « héros / en fauteuil / inutile » (p. 218). Sa femme, « mutilée sociale4 » coupée du monde depuis vingt ans, « enterr[ée] vivante auprès / d’un demi-homme » (p. 27). Autant de « vies minuscules », pourrait soupirer Pierre Michon5, de micro-figures marginales à partir desquelles Bérénice Pichat explore les possibilités de la générosité et de la grandeur d’âme. Car à travers un récit choral, c’est une certaine humilité de la figure marginale et de la manière de la narrer qui est mise en lumière. Et si « le “minuscule” se présente comme le pendant exact de l’illustre », s’il est « l’individu quelconque, le “on” inexemplaire de l’anonymat de l’histoire6 », Bérénice Pichat, dans cet éclat de vies imaginaires, pose la question de la célébrité autant que de la brisure des corps. Croisant les enjeux esthétiques et poétiques de l’inexemplaire en scrutant l’éclat du minuscule, notre article veut révéler la réversibilité de ces figures, en définitive, d’exception. Inexemplarité de vies en sourdine Participant de la « déflation de l’exemplarité7 » qui caractérise, selon Alexandre Gefen, la littérature contemporaine, le roman de Bérénice Pichat atteste du « désir fondateur de la modernité qui […] conduit à écrire les particularités d’oubliés, d’inexemplaires de l’Histoire8 ». D’emblée, le titre donne le ton, réduisant la modestie du sujet à l’hypocoristique « petite bonne ». Privée de nom propre – carence nominale qui accentue la condition infime du personnage féminin – et circonscrite, dès l’ouverture du récit, dans une cellule étriquée (« Ici c’e]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20917/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202026-03-17%20%C3%A0%2014.02.54.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Introduction. Demain est-il annulé ? L’engagement des artistes face à Ploutos en faveur du postextractivisme.</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16137</link>
      <pubDate>Mon, 16 Mar 2026 15:45:15 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16137</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Ploutos et l’extractivisme Ploutos était, pour les Grecs, le dieu de la richesse. Un dieu qui obsède particulièrement les hommes, beaucoup d’entre eux étant contraints de « gagner » péniblement leur vie, tandis qu’une minorité est « gagnée » par le désir de cumuler plus de richesses, au nom de l’investissement, de l’audace d’entreprendre et d’un développement qu’ils assurent rendre accessible à tous (Weber, 1920 ; Dufour, 2019, chap. 2). Les sociétés modernes, construites sur le progrès industriel et technologique, ont acté que leur croissance et leur richesse dépendaient de ressources dont elles sont toujours plus dévoratrices, quand bien même ces ressources s’épuisent, ou requièrent une technologie extractiviste onéreuse voire toxique à l’égard de la biodiversité. Cette course en avant que les économies occidentales ont les premières promue s’est désormais globalisée, entraînant une consommation croissante de minerais, d’énergies fossiles, ou même d’eau et de forêts. Cela s’apparente à une dévoration effrénée, dont les intérêts financiers sont colossaux, et les mouvements largement dirigés en faveur des pays riches du G20. L’exploitation insatiable des ressources – faut-il plutôt dire leur confiscation ? (Orain 2025, chap. 5) – sert non seulement le confort des pays déjà les mieux nantis, mais profite en même temps à d’énormes « bulles » financières dont les gains dépassent le budget de certains états. Ploutos ne cesse de grossir sans modération. Son appétit pour une technologie dévoratrice de matières premières montre qu’il a partout « renonc[é] au bien commun » selon le titre et l’analyse de Massuh (2012).  Dans la comédie éponyme d’Aristophane (jouée et rejouée de -408 à -388), Ploutos est un dieu châtié par Zeus. Le maître de l’Olympe l’a rendu aveugle et a fait de lui un vieillard désorienté et sale. Si Zeus a condamné Ploutos à la cécité, c’est parce que ce petit dieu (« petit » parce qu’il vit chez les humains et non sur l’Olympe) avait menacé de ne fréquenter que des gens justes et honnêtes, et de répartir la richesse selon les besoins. Rendu aveugle, Ploutos ne distingue ainsi plus entre bonne et mauvaise compagnie (v. 87-92). Chrémyle, le personnage principal, lassé de constater que ce sont les plus malhonnêtes qui s’enrichissent outre mesure, souhaite donc guérir le dieu en lui rendant la vue, afin qu’il puisse à nouveau discerner et fréquenter les gens honnêtes comme lui-même, tout en améliorant leur condition (v. 111-116). Une fois que Plout</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Introduction. Demain est-il annulé ? L’engagement des artistes face à Ploutos en faveur du postextractivisme.'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Ploutos et l’extractivisme Ploutos était, pour les Grecs, le dieu de la richesse. Un dieu qui obsède particulièrement les hommes, beaucoup d’entre eux étant contraints de « gagner » péniblement leur vie, tandis qu’une minorité est « gagnée » par le désir de cumuler plus de richesses, au nom de l’investissement, de l’audace d’entreprendre et d’un développement qu’ils assurent rendre accessible à tous (Weber, 1920 ; Dufour, 2019, chap. 2). Les sociétés modernes, construites sur le progrès industriel et technologique, ont acté que leur croissance et leur richesse dépendaient de ressources dont elles sont toujours plus dévoratrices, quand bien même ces ressources s’épuisent, ou requièrent une technologie extractiviste onéreuse voire toxique à l’égard de la biodiversité. Cette course en avant que les économies occidentales ont les premières promue s’est désormais globalisée, entraînant une consommation croissante de minerais, d’énergies fossiles, ou même d’eau et de forêts. Cela s’apparente à une dévoration effrénée, dont les intérêts financiers sont colossaux, et les mouvements largement dirigés en faveur des pays riches du G20. L’exploitation insatiable des ressources – faut-il plutôt dire leur confiscation ? (Orain 2025, chap. 5) – sert non seulement le confort des pays déjà les mieux nantis, mais profite en même temps à d’énormes « bulles » financières dont les gains dépassent le budget de certains états. Ploutos ne cesse de grossir sans modération. Son appétit pour une technologie dévoratrice de matières premières montre qu’il a partout « renonc[é] au bien commun » selon le titre et l’analyse de Massuh (2012).  Dans la comédie éponyme d’Aristophane (jouée et rejouée de -408 à -388), Ploutos est un dieu châtié par Zeus. Le maître de l’Olympe l’a rendu aveugle et a fait de lui un vieillard désorienté et sale. Si Zeus a condamné Ploutos à la cécité, c’est parce que ce petit dieu (« petit » parce qu’il vit chez les humains et non sur l’Olympe) avait menacé de ne fréquenter que des gens justes et honnêtes, et de répartir la richesse selon les besoins. Rendu aveugle, Ploutos ne distingue ainsi plus entre bonne et mauvaise compagnie (v. 87-92). Chrémyle, le personnage principal, lassé de constater que ce sont les plus malhonnêtes qui s’enrichissent outre mesure, souhaite donc guérir le dieu en lui rendant la vue, afin qu’il puisse à nouveau discerner et fréquenter les gens honnêtes comme lui-même, tout en améliorant leur condition (v. 111-116). Une fois que Plout]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Pourquoi Cyrano n’est-il probablement pas l’auteur de L’Art de persuader ?</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20840</link>
      <pubDate>Tue, 10 Mar 2026 16:36:00 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20840</guid>
      <category>acta</category>
      <description>C’est à l’occasion de la vente aux enchères d’un manuscrit anonyme intitulé L’Art de persuader que cette comédie, exhumée en 2022, bénéficie aujourd’hui d’une édition critique. Lors de la vente, le texte fut attribué au dramaturge Gabriel Gilbert (1620-1670). Toutefois, les éditeurs de L’Art de persuader proposent de regarder du côté de Cyrano de Bergerac, l’auteur des États et Empires de la Lune et du Soleil et dont la comédie du Pédant joué inspira à Molière la fameuse « scène de la galère » des Fourberies de Scapin. Or, nous souhaiterions ici essentiellement discuter de la pertinence de cette attribution. Les intuitions premières d’une nouvelle attribution : un double vol  Le vol d’un manuscrit Comme l’indiquent en préambule les éditeurs critiques de L’Art de persuader, l’intuition de cette nouvelle attribution repose tout d’abord sur un événement biographique non élucidé : un vol de manuscrits. En effet, aux dires d’Henri Le Bret – ami d’enfance de Cyrano et préfacier de son roman lunaire –, l’auteur des États et Empires de la Lune aurait vu ses manuscrits subtilisés par « un voleur qui pilla son coffre1 ». À partir de la déclaration de Le Bret — au sujet duquel Madeleine Alcover a révélé que la plupart des témoignages sur Cyrano étaient à lire avec circonspection2 —, les éditeurs de L’Art de persuader ont émis l’hypothèse que le manuscrit de la comédie récemment redécouvert aurait pu faire partie de ce larcin. À ce premier argument, on peut répondre tout d’abord que les manuscrits subtilisés sentaient le souffre de l’irrévérence et de l’hétérodoxie. Ce « pillage » fut probablement commandité par la Compagnie du Saint-Sacrement qui ne voulait pas voir publier les textes de Cyrano dont certains membres de sa famille côtoyaient l’illustre Compagnie3. Or, aucune réplique de L’Art de persuader n’atteint les irrévérences des deux romans cyraniens — où sont discutés la finitude du monde et le dogme de la résurrection — ni ne s’approche de l’équivocité de certains vers de l’unique tragédie de Cyrano, La Mort d’Agrippine, où les dieux et la peur de la mort sont réduits à néant4. Vol vers la lune ? Le second argument des éditeurs de L’Art de persuader repose sur un détail de l’intrigue de la comédie anonyme : son protagoniste est un rhéteur hissé sur une nasse pour méditer au plus près de la lune. Il s’adresse ainsi à son valet Philippin au début de la pièce : Endure et viens m’aider tout sur l’heure à monter  Où tu sais que je veux près des cieux méditer.  La </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20840/Couv_Rosenthal_Cyrano.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Pourquoi Cyrano n’est-il probablement pas l’auteur de L’Art de persuader ?'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>C’est à l’occasion de la vente aux enchères d’un manuscrit anonyme intitulé L’Art de persuader que cette comédie, exhumée en 2022, bénéficie aujourd’hui d’une édition critique. Lors de la vente, le texte fut attribué au dramaturge Gabriel Gilbert (1620-1670). Toutefois, les éditeurs de L’Art de persuader proposent de regarder du côté de Cyrano de Bergerac, l’auteur des États et Empires de la Lune et du Soleil et dont la comédie du Pédant joué inspira à Molière la fameuse « scène de la galère » des Fourberies de Scapin. Or, nous souhaiterions ici essentiellement discuter de la pertinence de cette attribution. Les intuitions premières d’une nouvelle attribution : un double vol  Le vol d’un manuscrit Comme l’indiquent en préambule les éditeurs critiques de L’Art de persuader, l’intuition de cette nouvelle attribution repose tout d’abord sur un événement biographique non élucidé : un vol de manuscrits. En effet, aux dires d’Henri Le Bret – ami d’enfance de Cyrano et préfacier de son roman lunaire –, l’auteur des États et Empires de la Lune aurait vu ses manuscrits subtilisés par « un voleur qui pilla son coffre1 ». À partir de la déclaration de Le Bret — au sujet duquel Madeleine Alcover a révélé que la plupart des témoignages sur Cyrano étaient à lire avec circonspection2 —, les éditeurs de L’Art de persuader ont émis l’hypothèse que le manuscrit de la comédie récemment redécouvert aurait pu faire partie de ce larcin. À ce premier argument, on peut répondre tout d’abord que les manuscrits subtilisés sentaient le souffre de l’irrévérence et de l’hétérodoxie. Ce « pillage » fut probablement commandité par la Compagnie du Saint-Sacrement qui ne voulait pas voir publier les textes de Cyrano dont certains membres de sa famille côtoyaient l’illustre Compagnie3. Or, aucune réplique de L’Art de persuader n’atteint les irrévérences des deux romans cyraniens — où sont discutés la finitude du monde et le dogme de la résurrection — ni ne s’approche de l’équivocité de certains vers de l’unique tragédie de Cyrano, La Mort d’Agrippine, où les dieux et la peur de la mort sont réduits à néant4. Vol vers la lune ? Le second argument des éditeurs de L’Art de persuader repose sur un détail de l’intrigue de la comédie anonyme : son protagoniste est un rhéteur hissé sur une nasse pour méditer au plus près de la lune. Il s’adresse ainsi à son valet Philippin au début de la pièce : Endure et viens m’aider tout sur l’heure à monter  Où tu sais que je veux près des cieux méditer.  La ]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20840/Couv_Rosenthal_Cyrano.jpg" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>« Peindre, c’est avant tout dessiner, c’est presque sculpter », ou l’art vivant aux frontières du rêve et de la matière</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20831</link>
      <pubDate>Tue, 10 Mar 2026 16:18:48 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20831</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Le deuxième tome des Œuvres complètes de Théophile Gautier, Critique d’art, Salons 1844-1849, publié sous la direction de Stéphane Guégan, Lois Cassandra Hamrick, James Kearns et Karen Sorenson, avec la relecture et la coordination de Marie-Hélène Girard, s’inscrit dans la continuité d’un projet éditorial ambitieux consacré à l’un des plus grands critiques d’art du xixᵉ siècle. Ce volume rassemble les chroniques que Gautier a consacrées aux Salons parisiens durant les dernières années de la monarchie de Juillet et les débuts de la Seconde République, période de profonds bouleversements artistiques et sociaux. L’édition se distingue par une organisation soignée et des ressources précieuses pour le lecteur. Dès les premières pages, une note liminaire met en avant le caractère inédit de ces « Salons » jusqu’à aujourd’hui, tout en précisant que le texte proposé est une transcription intégrale, respectant à la lettre la version publiée dans La Presse — ponctuation et orthographe comprises, même lorsqu’elles s’écartent des usages contemporains. Pour l’année 1847, le lecteur bénéficie en outre d’une édition critique, fruit d’un travail philologique approfondi. Chaque Salon est précédé d’une introduction concise qui éclaire les enjeux majeurs du texte et replace les chroniques dans leur contexte historique et artistique. L’ouvrage s’enrichit d’une bibliographie substantielle, ouvrant de nombreuses pistes pour approfondir la lecture de Gautier et la critique d’art du xixᵉ siècle. Des index détaillés recensent les noms d’artistes et les œuvres évoquées, facilitant la navigation et la recherche à travers le volume. Ce travail éditorial rigoureux permet de redécouvrir la richesse des analyses de Gautier, la finesse de ses portraits d’artistes et son engagement en faveur de la liberté créatrice. L’ensemble invite à penser l’histoire de l’art comme une aventure vivante, toujours en dialogue avec son temps, et offre au lecteur contemporain des outils précieux pour situer et comprendre ces textes dans toute leur profondeur. Abondance et lassitude des Salons L’Exposition de 1844, inaugurée au Louvre le 15 mars, marque un tournant dans l’histoire des Salons parisiens. Avec 2423 œuvres recensées, soit près d’un millier de plus que l’année précédente, elle se distingue par une densité et une diversité sans précédent. Pourtant, cette profusion cache une profonde monotonie dans le choix des sujets, une tendance qui perdurera en 1845 avant de s’atténuer vers la fin de 1846, mome</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20831/Couv_Angard_Gautier.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='« Peindre, c’est avant tout dessiner, c’est presque sculpter », ou l’art vivant aux frontières du rêve et de la matière'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le deuxième tome des Œuvres complètes de Théophile Gautier, Critique d’art, Salons 1844-1849, publié sous la direction de Stéphane Guégan, Lois Cassandra Hamrick, James Kearns et Karen Sorenson, avec la relecture et la coordination de Marie-Hélène Girard, s’inscrit dans la continuité d’un projet éditorial ambitieux consacré à l’un des plus grands critiques d’art du xixᵉ siècle. Ce volume rassemble les chroniques que Gautier a consacrées aux Salons parisiens durant les dernières années de la monarchie de Juillet et les débuts de la Seconde République, période de profonds bouleversements artistiques et sociaux. L’édition se distingue par une organisation soignée et des ressources précieuses pour le lecteur. Dès les premières pages, une note liminaire met en avant le caractère inédit de ces « Salons » jusqu’à aujourd’hui, tout en précisant que le texte proposé est une transcription intégrale, respectant à la lettre la version publiée dans La Presse — ponctuation et orthographe comprises, même lorsqu’elles s’écartent des usages contemporains. Pour l’année 1847, le lecteur bénéficie en outre d’une édition critique, fruit d’un travail philologique approfondi. Chaque Salon est précédé d’une introduction concise qui éclaire les enjeux majeurs du texte et replace les chroniques dans leur contexte historique et artistique. L’ouvrage s’enrichit d’une bibliographie substantielle, ouvrant de nombreuses pistes pour approfondir la lecture de Gautier et la critique d’art du xixᵉ siècle. Des index détaillés recensent les noms d’artistes et les œuvres évoquées, facilitant la navigation et la recherche à travers le volume. Ce travail éditorial rigoureux permet de redécouvrir la richesse des analyses de Gautier, la finesse de ses portraits d’artistes et son engagement en faveur de la liberté créatrice. L’ensemble invite à penser l’histoire de l’art comme une aventure vivante, toujours en dialogue avec son temps, et offre au lecteur contemporain des outils précieux pour situer et comprendre ces textes dans toute leur profondeur. Abondance et lassitude des Salons L’Exposition de 1844, inaugurée au Louvre le 15 mars, marque un tournant dans l’histoire des Salons parisiens. Avec 2423 œuvres recensées, soit près d’un millier de plus que l’année précédente, elle se distingue par une densité et une diversité sans précédent. Pourtant, cette profusion cache une profonde monotonie dans le choix des sujets, une tendance qui perdurera en 1845 avant de s’atténuer vers la fin de 1846, mome]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20831/Couv_Angard_Gautier.jpg" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Leçons de peinture, leçons d’écriture : inspirations végétales</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20825</link>
      <pubDate>Mon, 09 Mar 2026 13:11:09 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20825</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Loin du simple beau-livre que suggèrent leur format, leur présentation sous coffret et leur couverture toilée, les deux ouvrages que Clélia Nau publie chez Hazan — Feuillages. L’art et les puissances du végétal (2021) et La Parade des fleurs. Leçons de peinture (2025) — sont de véritables essais. Relevant d’un même projet, ils interrogent à nouveaux frais des motifs végétaux universellement exploités par les arts comme sources d’inspiration : le feuillage et les fleurs. Sujet écrasant s’il est traité dans une perspective thématique, le motif végétal méritait l’approche spéculative que lui réserve Clélia Nau. De formation philosophique, l’historienne de l’art poursuit d’un livre à l’autre une réflexion sur le statut ontologique du végétal, à l’épreuve des représentations picturales que l’art en a données, de la Renaissance à l’abstraction. Clélia Nau met son savoir et son érudition au service d’une révision fondamentale du regard que la culture occidentale pose sur les végétaux. Elle s’inscrit, comme en témoignent le sous-titre de Feuillages ainsi que les références aux travaux d’Emanuele Coccia ou de Michael Marder, dans le contexte contemporain de réhabilitation du végétal comme expression de refus de l’anthropo- ou du zoocentrisme. Dans son compte rendu de Feuillages, Laura Ouillon situe ce qu’on appelle depuis 2015 le plant turn et documente les recherches qui l’illustrent, en sciences humaines et en particulier dans une histoire environnementale de l’art en plein essor1. Clélia Nau se tient cependant à distance d’une mouvance actuelle saturée de mots, de notions et de slogans — la biodiversité, le vivant, la pensée verte, la sagesse du végétal, etc. — qui font des plantes un bon objet culturel devenu aussi fourre-tout que cache-misère, dans des productions à fort potentiel commercial. Elle s’en distingue d’autant mieux que son discours critique est porté par une langue très élégante et personnelle, faisant grand usage des étymologies, recourant à la dérivation lexicale et forgeant des néologismes. Sa prose riche et inventive est à la mesure de l’immense diversité du végétal, dont les arts s’inspirent en termes de couleurs, de formes et de matières. « La fleur est le secret de la nature le plus ostensiblement exposé » Les fleurs en peinture n’ont peut-être jamais été vraiment regardées : selon Clélia Nau, le problème tient à une « cécité de l’historien de l’art à l’égard de la vie des plantes, à son incapacité à voir la fleur pour ce qu’elle est » (p. 1</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20825/Couv_Jaquier_Nau.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Leçons de peinture, leçons d’écriture : inspirations végétales'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Loin du simple beau-livre que suggèrent leur format, leur présentation sous coffret et leur couverture toilée, les deux ouvrages que Clélia Nau publie chez Hazan — Feuillages. L’art et les puissances du végétal (2021) et La Parade des fleurs. Leçons de peinture (2025) — sont de véritables essais. Relevant d’un même projet, ils interrogent à nouveaux frais des motifs végétaux universellement exploités par les arts comme sources d’inspiration : le feuillage et les fleurs. Sujet écrasant s’il est traité dans une perspective thématique, le motif végétal méritait l’approche spéculative que lui réserve Clélia Nau. De formation philosophique, l’historienne de l’art poursuit d’un livre à l’autre une réflexion sur le statut ontologique du végétal, à l’épreuve des représentations picturales que l’art en a données, de la Renaissance à l’abstraction. Clélia Nau met son savoir et son érudition au service d’une révision fondamentale du regard que la culture occidentale pose sur les végétaux. Elle s’inscrit, comme en témoignent le sous-titre de Feuillages ainsi que les références aux travaux d’Emanuele Coccia ou de Michael Marder, dans le contexte contemporain de réhabilitation du végétal comme expression de refus de l’anthropo- ou du zoocentrisme. Dans son compte rendu de Feuillages, Laura Ouillon situe ce qu’on appelle depuis 2015 le plant turn et documente les recherches qui l’illustrent, en sciences humaines et en particulier dans une histoire environnementale de l’art en plein essor1. Clélia Nau se tient cependant à distance d’une mouvance actuelle saturée de mots, de notions et de slogans — la biodiversité, le vivant, la pensée verte, la sagesse du végétal, etc. — qui font des plantes un bon objet culturel devenu aussi fourre-tout que cache-misère, dans des productions à fort potentiel commercial. Elle s’en distingue d’autant mieux que son discours critique est porté par une langue très élégante et personnelle, faisant grand usage des étymologies, recourant à la dérivation lexicale et forgeant des néologismes. Sa prose riche et inventive est à la mesure de l’immense diversité du végétal, dont les arts s’inspirent en termes de couleurs, de formes et de matières. « La fleur est le secret de la nature le plus ostensiblement exposé » Les fleurs en peinture n’ont peut-être jamais été vraiment regardées : selon Clélia Nau, le problème tient à une « cécité de l’historien de l’art à l’égard de la vie des plantes, à son incapacité à voir la fleur pour ce qu’elle est » (p. 1]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20825/Couv_Jaquier_Nau.jpg" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le droit d’être muse ?</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20699</link>
      <pubDate>Tue, 17 Feb 2026 15:03:53 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20699</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Dans son introduction intitulée « Muses à part entière » [« Musas por derecho propio »], Victoria Combalía énonce l’intention de son ouvrage : elle se propose de mettre en lumière les « muses, mécènes et amantes » du surréalisme qui ont joué un rôle actif au sein du mouvement, tout en reconnaissant l’impossibilité d’en dresser un panorama exhaustif. Elle affirme que le titre, volontairement provocateur, vise à interroger la portée du terme de muse, tout en notant que celui-ci a été remis en question par les féministes « en raison de la passivité qui leur était présupposée » [« El concepto de musa, además, ha sido puesto en cuestión por las feministas debido a la pasividad que se les presuponía », p. 11]. Or, bien que Combalía mentionne cette critique féministe, elle ne questionne pas véritablement le terme ni ne cite les travaux majeurs qui ont contribué à déconstruire ce concept dans le surréalisme, en particulier l’ouvrage fondateur de Whitney Chadwick, Women Artists and the Surrealist Movement (1985)1. Ce silence peut être interprété de deux façons : soit comme une prise de distance implicite par rapport à ces approches, soit comme une tentative d’apporter une réponse plus nuancée à cette problématique sans entrer frontalement dans le champ de l’histoire de l’art féministe. Le choix du titre « Muses à part entière » semble, en ce sens, ambigu. Revendiquer pour ces femmes le « droit d’être muse » pourrait apparaître comme un geste de réhabilitation, visant à réinscrire leur rôle dans une histoire de l’art traditionnellement centrée sur les figures masculines. Mais cette formulation entre en tension avec les critiques féministes qui ont justement dénoncé le rôle assigné à la muse comme celui d’un objet d’inspiration muet, passif et subordonné à la créativité masculine. En ce sens, Combalía semble prendre une position à contre-courant de ces revendications, en réaffirmant une certaine légitimité de la muse — à condition qu’elle soit reconnue comme actrice de l’histoire, et non plus comme simple figure décorative. Il est d’autant plus regrettable que l’introduction n’instaure aucun dialogue explicite avec les analyses de Chadwick ; l’évocation des chapitres « À la recherche de la muse » et « La femme, muse et artiste »2 aurait notamment permis de contextualiser le propos et de situer l’ouvrage dans un paysage critique déjà bien balisé. Cette absence laisse les lecteurs et lectrices dans une zone d’indétermination : s’agit-il d’une réponse implicite à ces tr</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20699/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2016.01.14.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le droit d’être muse ?'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans son introduction intitulée « Muses à part entière » [« Musas por derecho propio »], Victoria Combalía énonce l’intention de son ouvrage : elle se propose de mettre en lumière les « muses, mécènes et amantes » du surréalisme qui ont joué un rôle actif au sein du mouvement, tout en reconnaissant l’impossibilité d’en dresser un panorama exhaustif. Elle affirme que le titre, volontairement provocateur, vise à interroger la portée du terme de muse, tout en notant que celui-ci a été remis en question par les féministes « en raison de la passivité qui leur était présupposée » [« El concepto de musa, además, ha sido puesto en cuestión por las feministas debido a la pasividad que se les presuponía », p. 11]. Or, bien que Combalía mentionne cette critique féministe, elle ne questionne pas véritablement le terme ni ne cite les travaux majeurs qui ont contribué à déconstruire ce concept dans le surréalisme, en particulier l’ouvrage fondateur de Whitney Chadwick, Women Artists and the Surrealist Movement (1985)1. Ce silence peut être interprété de deux façons : soit comme une prise de distance implicite par rapport à ces approches, soit comme une tentative d’apporter une réponse plus nuancée à cette problématique sans entrer frontalement dans le champ de l’histoire de l’art féministe. Le choix du titre « Muses à part entière » semble, en ce sens, ambigu. Revendiquer pour ces femmes le « droit d’être muse » pourrait apparaître comme un geste de réhabilitation, visant à réinscrire leur rôle dans une histoire de l’art traditionnellement centrée sur les figures masculines. Mais cette formulation entre en tension avec les critiques féministes qui ont justement dénoncé le rôle assigné à la muse comme celui d’un objet d’inspiration muet, passif et subordonné à la créativité masculine. En ce sens, Combalía semble prendre une position à contre-courant de ces revendications, en réaffirmant une certaine légitimité de la muse — à condition qu’elle soit reconnue comme actrice de l’histoire, et non plus comme simple figure décorative. Il est d’autant plus regrettable que l’introduction n’instaure aucun dialogue explicite avec les analyses de Chadwick ; l’évocation des chapitres « À la recherche de la muse » et « La femme, muse et artiste »2 aurait notamment permis de contextualiser le propos et de situer l’ouvrage dans un paysage critique déjà bien balisé. Cette absence laisse les lecteurs et lectrices dans une zone d’indétermination : s’agit-il d’une réponse implicite à ces tr]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20699/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2016.01.14.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Formation commune du modèle typologique ou rapports centre / périphérie inspirants ?</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20694</link>
      <pubDate>Tue, 17 Feb 2026 15:00:29 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20694</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Le surréalisme serbe se développe surtout de 1922 à 1932, parallèlement au surréalisme français et en contact avec celui-ci. Plus de dix de ses représentants sont des poètes, tels que Dušan Matić, Marko Ristić, Milan Dedinac, Vane Bor ou Koča Popović. Les surréalistes de Belgrade publient dans les revues du groupe parisien, signent des tracts et des déclarations collectives ; les textes de leurs collègues français paraissent dans la capitale serbe en traduction et en version originale. Les membres des deux groupes collaborent à la réalisation d’enquêtes, échangent des lettres et se soutiennent (affaire Aragon, persécutions des surréalistes serbes au début des années 1930). Belgrade est la ville la plus souvent mentionnée dans les publications surréalistes françaises, du cahier interne du Bureau des recherches surréalistes (1924-25) au SASDR (1930-33)1. Les rapports entre le surréalisme serbe et français constituent donc un chapitre important de l’histoire de ce mouvement, notamment durant ses dix premières années. Cependant, en France, il manquait une publication d’actualité présentant le surréalisme serbe dans un contexte large, enchaînant sur les travaux comparatistes précédents2 consacrés aux groupes de Belgrade et de Paris et ouvrant de nouvelles possibilités d’interprétation. C’est dans ce contexte qu’est paru, en 2023 — une soixantaine d’années après la thèse de Hanifa Kapidžić-Osmangić3 et près de quinze ans après le numéro XXX de la revue Mélusine 4 —, aux éditions Non Lieu, l’ouvrage Le Surréalisme de Belgrade : Perspectives comparatistes de Jelena Novaković.  Au premier abord, le titre semble quelque peu énigmatique, même si la publication en France permet de comprendre l’ambiguïté. Étant donné que de nombreux chercheurs s’intéressent actuellement à l’internationalisation du surréalisme sous des angles très différents, il serait appréciable de préciser sur quels pays se concentrent les « perspectives comparatistes » évoquées. Une légère modification de l’intitulé permettrait de remédier aisément à cette situation. Dans l’avant-propos, l’auteure indique que son objectif est tout d’abord d’examiner les caractéristiques du surréalisme belgradois et l’évolution de celui-ci. Elle pose des questions qui créent l’impression que le chapitre aura une ample envergure : le climat intellectuel, littéraire et artistique, le contexte de l’avant-garde en général, l’influence du surréalisme français, les spécificités et l’originalité du surréalisme serbe, les ci</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20694/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2016.00.38.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Formation commune du modèle typologique ou rapports centre / périphérie inspirants ?'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le surréalisme serbe se développe surtout de 1922 à 1932, parallèlement au surréalisme français et en contact avec celui-ci. Plus de dix de ses représentants sont des poètes, tels que Dušan Matić, Marko Ristić, Milan Dedinac, Vane Bor ou Koča Popović. Les surréalistes de Belgrade publient dans les revues du groupe parisien, signent des tracts et des déclarations collectives ; les textes de leurs collègues français paraissent dans la capitale serbe en traduction et en version originale. Les membres des deux groupes collaborent à la réalisation d’enquêtes, échangent des lettres et se soutiennent (affaire Aragon, persécutions des surréalistes serbes au début des années 1930). Belgrade est la ville la plus souvent mentionnée dans les publications surréalistes françaises, du cahier interne du Bureau des recherches surréalistes (1924-25) au SASDR (1930-33)1. Les rapports entre le surréalisme serbe et français constituent donc un chapitre important de l’histoire de ce mouvement, notamment durant ses dix premières années. Cependant, en France, il manquait une publication d’actualité présentant le surréalisme serbe dans un contexte large, enchaînant sur les travaux comparatistes précédents2 consacrés aux groupes de Belgrade et de Paris et ouvrant de nouvelles possibilités d’interprétation. C’est dans ce contexte qu’est paru, en 2023 — une soixantaine d’années après la thèse de Hanifa Kapidžić-Osmangić3 et près de quinze ans après le numéro XXX de la revue Mélusine 4 —, aux éditions Non Lieu, l’ouvrage Le Surréalisme de Belgrade : Perspectives comparatistes de Jelena Novaković.  Au premier abord, le titre semble quelque peu énigmatique, même si la publication en France permet de comprendre l’ambiguïté. Étant donné que de nombreux chercheurs s’intéressent actuellement à l’internationalisation du surréalisme sous des angles très différents, il serait appréciable de préciser sur quels pays se concentrent les « perspectives comparatistes » évoquées. Une légère modification de l’intitulé permettrait de remédier aisément à cette situation. Dans l’avant-propos, l’auteure indique que son objectif est tout d’abord d’examiner les caractéristiques du surréalisme belgradois et l’évolution de celui-ci. Elle pose des questions qui créent l’impression que le chapitre aura une ample envergure : le climat intellectuel, littéraire et artistique, le contexte de l’avant-garde en général, l’influence du surréalisme français, les spécificités et l’originalité du surréalisme serbe, les ci]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20694/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2016.00.38.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Recension du livre : The British Surrealists par Desmond Morris</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20689</link>
      <pubDate>Tue, 17 Feb 2026 14:53:17 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20689</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Malgré la visibilité restreinte du mouvement surréaliste en Grande-Bretagne par rapport à d’autres pays — notamment la France, la Belgique et les États-Unis — l’importance du mouvement britannique se joue sur deux plans. Il reste à la fois un mouvement national pour les implications qu’il a eues sur les autres écoles modernes du pays, chronologiquement en amont et en aval, mais il a eu également son impact au niveau international par l’implication d’artistes de renom, tels que Leonora Carrington et Henry Moore. Cependant, cet écosystème britannique reste néanmoins méconnu ; on peut voir là l’origine de l’élan qui poussa Desmond Morris à documenter une histoire à laquelle il se sentait particulièrement lié, notamment car il rejoignit le surréalisme dans les années 1940. Ceci donna forme à son livre, The British Surrealists, publié en 2022 par Thames &amp; Hudson à Londres. Ainsi qu’il l’explique dans son introduction : « Dans le cas des surréalistes britanniques, il existe une gamme particulièrement fascinante d’artistes excentriques et idiosyncratiques qui ne sont peut-être pas célébrés à l’étranger, mais qui jouèrent un rôle important dans l’histoire de l’art moderne en Grande-Bretagne. » [« In the case of the British surrealists, there is a particularly fascinating range of eccentric, idiosyncratic artists who may not be feted abroad, but who have played an important role in the history of modern art in Britain », p. 7.] Son argument est convaincant, grâce à sa manière de rendre compte succinctement des vies de ces artistes associés au surréalisme britannique. Organisé par des chapitres dont chacun est consacré à un artiste britannique de l’entre-deux-guerres, ce livre se divise en trente-quatre mini-biographies. Il partage son monde en l’ouvrant au lecteur, par un aperçu du mouvement à la première personne. Le rythme régulier d’un chapitre à l’autre est agréable et sa façon d’écrire, engageante, est facile à suivre. Les histoires des surréalistes se chevauchent et s’entremêlent naturellement dans ce livre, autant probablement que dans la vraie vie, mais Morris a écrit de manière à ce que les chapitres individuels puissent être lus séparément sans risquer de manquer des informations. Le revers de la médaille est qu’occasionnellement, on retrouve à plusieurs reprises les mêmes informations. Ce risque de redondance n’est au bout du compte pas excessif. Par exemple, on saluera la présence de plusieurs explications concernant le surréaliste belge E.L.T. Mesens, </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20689/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2015.59.52.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Recension du livre : The British Surrealists par Desmond Morris'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Malgré la visibilité restreinte du mouvement surréaliste en Grande-Bretagne par rapport à d’autres pays — notamment la France, la Belgique et les États-Unis — l’importance du mouvement britannique se joue sur deux plans. Il reste à la fois un mouvement national pour les implications qu’il a eues sur les autres écoles modernes du pays, chronologiquement en amont et en aval, mais il a eu également son impact au niveau international par l’implication d’artistes de renom, tels que Leonora Carrington et Henry Moore. Cependant, cet écosystème britannique reste néanmoins méconnu ; on peut voir là l’origine de l’élan qui poussa Desmond Morris à documenter une histoire à laquelle il se sentait particulièrement lié, notamment car il rejoignit le surréalisme dans les années 1940. Ceci donna forme à son livre, The British Surrealists, publié en 2022 par Thames & Hudson à Londres. Ainsi qu’il l’explique dans son introduction : « Dans le cas des surréalistes britanniques, il existe une gamme particulièrement fascinante d’artistes excentriques et idiosyncratiques qui ne sont peut-être pas célébrés à l’étranger, mais qui jouèrent un rôle important dans l’histoire de l’art moderne en Grande-Bretagne. » [« In the case of the British surrealists, there is a particularly fascinating range of eccentric, idiosyncratic artists who may not be feted abroad, but who have played an important role in the history of modern art in Britain », p. 7.] Son argument est convaincant, grâce à sa manière de rendre compte succinctement des vies de ces artistes associés au surréalisme britannique. Organisé par des chapitres dont chacun est consacré à un artiste britannique de l’entre-deux-guerres, ce livre se divise en trente-quatre mini-biographies. Il partage son monde en l’ouvrant au lecteur, par un aperçu du mouvement à la première personne. Le rythme régulier d’un chapitre à l’autre est agréable et sa façon d’écrire, engageante, est facile à suivre. Les histoires des surréalistes se chevauchent et s’entremêlent naturellement dans ce livre, autant probablement que dans la vraie vie, mais Morris a écrit de manière à ce que les chapitres individuels puissent être lus séparément sans risquer de manquer des informations. Le revers de la médaille est qu’occasionnellement, on retrouve à plusieurs reprises les mêmes informations. Ce risque de redondance n’est au bout du compte pas excessif. Par exemple, on saluera la présence de plusieurs explications concernant le surréaliste belge E.L.T. Mesens, ]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20689/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2015.59.52.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Cet obscur objet du désir : le surréalisme français après 1945</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20685</link>
      <pubDate>Mon, 16 Feb 2026 15:50:23 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20685</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Depuis quelques années, Hermann apparaît décidément comme l’une des grandes plateformes de la valorisation d’un certain surréalisme. Entre les écrits du groupe résistant La Main à plume1 et la pensée de Pierre Mabille2, en passant par les carnets d’exil de Breton3, la critique a récemment accordé une belle part à la période excédant l’entre-deux-guerres, trop souvent négligée par les manuels littéraires et autres études académiques. Ce surréalisme ignoré, Anne Foucault propose de l’aborder dans une étude minutieuse et attentive du cercle surréaliste parisien, depuis les remous qu’a causé Le Déshonneur des poètes de Benjamin Péret (1945) jusqu’au « surréalisme éternel » convoqué par Jean Schuster pour faire tomber le rideau sur presque un demi-siècle d’agitation surréaliste. L’ouvrage, issu de son travail de thèse soutenue en 2019, s’intéresse aux mécanismes historiques qui ont fait du surréalisme, aux yeux de beaucoup, un mouvement profondément anachronique après la Seconde Guerre mondiale. Le surréalisme, fort d’un passé à s’approprier, ancré dans un présent à enchanter et tourné vers un futur à inventer, doit renégocier sa position, alors qu’une partie de ses acteurs a été absente pendant la guerre. Aussi bien attaqué par ceux qui font l’actualité de la vie intellectuelle que menacé de récupération par la société marchande et les institutions (parfois avec l’aide de ces mêmes intellectuels), le mouvement porté par Breton refuse encore de se taire et de se compromettre. Mais il doit adopter de nouvelles stratégies pour faire entendre sa voix et multiplier les batailles pour rappeler sa pertinence artistique et politique. Si la question poétique mérite d’être abordée ultérieurement, l’autrice, en historienne de l’art, développe son propos autour de trois enjeux majeurs : l’historiographie et la réception du mouvement après 1945 ; sa position artistique entre les expositions « Le surréalisme en 1947 » et « L’Écart absolu » (1965) ; l’évolution de sa situation politique depuis le retour d’exil de Breton jusqu’au « Quatrième chant » de Jean Schuster. « Prenez garde, André Breton, de figurer plus tard dans les manuels d’histoire littéraire » Les années qui suivent 1945 ne sont pas un contexte favorable au surréalisme. Attaqué par les tenants du stalinisme français, menacé d’obsolescence par d’autres avant-gardes émergentes et mouvements intellectuels ou de récupération académique et religieuse, le mouvement cherche à préciser son rapport à l’histoire, son hist</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20685/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2015.51.08.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Cet obscur objet du désir : le surréalisme français après 1945'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Depuis quelques années, Hermann apparaît décidément comme l’une des grandes plateformes de la valorisation d’un certain surréalisme. Entre les écrits du groupe résistant La Main à plume1 et la pensée de Pierre Mabille2, en passant par les carnets d’exil de Breton3, la critique a récemment accordé une belle part à la période excédant l’entre-deux-guerres, trop souvent négligée par les manuels littéraires et autres études académiques. Ce surréalisme ignoré, Anne Foucault propose de l’aborder dans une étude minutieuse et attentive du cercle surréaliste parisien, depuis les remous qu’a causé Le Déshonneur des poètes de Benjamin Péret (1945) jusqu’au « surréalisme éternel » convoqué par Jean Schuster pour faire tomber le rideau sur presque un demi-siècle d’agitation surréaliste. L’ouvrage, issu de son travail de thèse soutenue en 2019, s’intéresse aux mécanismes historiques qui ont fait du surréalisme, aux yeux de beaucoup, un mouvement profondément anachronique après la Seconde Guerre mondiale. Le surréalisme, fort d’un passé à s’approprier, ancré dans un présent à enchanter et tourné vers un futur à inventer, doit renégocier sa position, alors qu’une partie de ses acteurs a été absente pendant la guerre. Aussi bien attaqué par ceux qui font l’actualité de la vie intellectuelle que menacé de récupération par la société marchande et les institutions (parfois avec l’aide de ces mêmes intellectuels), le mouvement porté par Breton refuse encore de se taire et de se compromettre. Mais il doit adopter de nouvelles stratégies pour faire entendre sa voix et multiplier les batailles pour rappeler sa pertinence artistique et politique. Si la question poétique mérite d’être abordée ultérieurement, l’autrice, en historienne de l’art, développe son propos autour de trois enjeux majeurs : l’historiographie et la réception du mouvement après 1945 ; sa position artistique entre les expositions « Le surréalisme en 1947 » et « L’Écart absolu » (1965) ; l’évolution de sa situation politique depuis le retour d’exil de Breton jusqu’au « Quatrième chant » de Jean Schuster. « Prenez garde, André Breton, de figurer plus tard dans les manuels d’histoire littéraire » Les années qui suivent 1945 ne sont pas un contexte favorable au surréalisme. Attaqué par les tenants du stalinisme français, menacé d’obsolescence par d’autres avant-gardes émergentes et mouvements intellectuels ou de récupération académique et religieuse, le mouvement cherche à préciser son rapport à l’histoire, son hist]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20685/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2015.51.08.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>De l’automatisme à la mitraillette : anatomie d’une étoile distante du surréalisme</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20679</link>
      <pubDate>Mon, 16 Feb 2026 15:27:27 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20679</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Ce numéro d’Acta Fabula serait incomplet sans l’évocation du livre de Léa Nicolas-Teboul consacré à La Main à plume (1940-1944). Issu de sa thèse, l’ouvrage retrace l’histoire du groupe surréaliste hétérodoxe méconnu et de la vingtaine de ses membres, tant peintres que poètes et plasticiens, dont émergent comme figures fortes Régine Raufast, Christian Dotremont, Tita, Maurice Blanchard, Jacques Bureau, Raoul Ubac, Jean-Fançois Chabrun, Robert Rius (ancien secrétaire de Breton), et Noël Arnaud. L’ouvrage commence en 1940, avec le départ de Breton et de Péret pour les Amériques et la publication d’une première plaquette au nom du groupe, en 1941. Il s’achève à la Libération ; la Main à plume s’auto-détruit, ou plutôt s’étiole, à la suite de disparitions tragiques de ses membres, du reflux du surréalisme après-guerre et de l’attraction du Parti communiste sur l’un de ses membres éminents (Jean-François Chabrun). Restent les poèmes, les traces, les mots, l’espoir : « Rien n’est perdu, le surréel peut sauver le monde. Dans l’homme si mauvais par ailleurs, il y a cette étincelle d’espoir qui peut tout enflammer, tout réduire en cendres et tout faire renaître. / Phoenix », écrit Bureau à Arnaud, en 1943 (p. 260).  Réparer l’oubli Fort de près quatre-cents pages, avec une préface éclairante de Louis Janover, un index précieux et une imposante bibliographie, l’ouvrage, publié chez Hermann en 2023, s’appuie sur des archives et témoignages inédits pour refaire une histoire en déshérence du surréalisme sous l’Occupation. En effet, bien qu’il en ait connu les membres, Nadeau ne fait pas grand cas de la Main à Plume dans son Histoire du surréalisme ; distant, Breton l’évoque d’un revers de main dans les Entretiens de 1952 ; La Main à plume est enfin négligée par Gisèle Sapiro dans son histoire des intellectuels durant la Deuxième Guerre mondiale. Léa Nicolas-Teboul entend donc réparer un oubli dommageable, à peine compensé par l’ouvrage de Michel Fauré, Histoire du surréalisme sous l’Occupation 1, « contesté dans le champ des héritiers ou passionnés de la Main à Plume » (p. 23) pour sa partialité et l’hypothèse débattue d’un ralliement final au Parti communiste. Tandis que Michel Fauré multipliait les approches biographiques, reproduisait les documents d’époque et accordait une importance écrasante à Arnaud (témoin par excellence et figure éditoriale décisive), l’autrice entend réévaluer la position politique propre du groupe, en même temps qu’elle étudie sa création ar</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20679/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2015.26.57.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='De l’automatisme à la mitraillette : anatomie d’une étoile distante du surréalisme'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Ce numéro d’Acta Fabula serait incomplet sans l’évocation du livre de Léa Nicolas-Teboul consacré à La Main à plume (1940-1944). Issu de sa thèse, l’ouvrage retrace l’histoire du groupe surréaliste hétérodoxe méconnu et de la vingtaine de ses membres, tant peintres que poètes et plasticiens, dont émergent comme figures fortes Régine Raufast, Christian Dotremont, Tita, Maurice Blanchard, Jacques Bureau, Raoul Ubac, Jean-Fançois Chabrun, Robert Rius (ancien secrétaire de Breton), et Noël Arnaud. L’ouvrage commence en 1940, avec le départ de Breton et de Péret pour les Amériques et la publication d’une première plaquette au nom du groupe, en 1941. Il s’achève à la Libération ; la Main à plume s’auto-détruit, ou plutôt s’étiole, à la suite de disparitions tragiques de ses membres, du reflux du surréalisme après-guerre et de l’attraction du Parti communiste sur l’un de ses membres éminents (Jean-François Chabrun). Restent les poèmes, les traces, les mots, l’espoir : « Rien n’est perdu, le surréel peut sauver le monde. Dans l’homme si mauvais par ailleurs, il y a cette étincelle d’espoir qui peut tout enflammer, tout réduire en cendres et tout faire renaître. / Phoenix », écrit Bureau à Arnaud, en 1943 (p. 260).  Réparer l’oubli Fort de près quatre-cents pages, avec une préface éclairante de Louis Janover, un index précieux et une imposante bibliographie, l’ouvrage, publié chez Hermann en 2023, s’appuie sur des archives et témoignages inédits pour refaire une histoire en déshérence du surréalisme sous l’Occupation. En effet, bien qu’il en ait connu les membres, Nadeau ne fait pas grand cas de la Main à Plume dans son Histoire du surréalisme ; distant, Breton l’évoque d’un revers de main dans les Entretiens de 1952 ; La Main à plume est enfin négligée par Gisèle Sapiro dans son histoire des intellectuels durant la Deuxième Guerre mondiale. Léa Nicolas-Teboul entend donc réparer un oubli dommageable, à peine compensé par l’ouvrage de Michel Fauré, Histoire du surréalisme sous l’Occupation 1, « contesté dans le champ des héritiers ou passionnés de la Main à Plume » (p. 23) pour sa partialité et l’hypothèse débattue d’un ralliement final au Parti communiste. Tandis que Michel Fauré multipliait les approches biographiques, reproduisait les documents d’époque et accordait une importance écrasante à Arnaud (témoin par excellence et figure éditoriale décisive), l’autrice entend réévaluer la position politique propre du groupe, en même temps qu’elle étudie sa création ar]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20679/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2015.26.57.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Tenter l’aventure de l’homme : principes d’une exploration merveilleuse</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20671</link>
      <pubDate>Mon, 16 Feb 2026 15:17:21 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20671</guid>
      <category>acta</category>
      <description>La célébration du centenaire du surréalisme, en dehors des hommages convenus, constitue l’occasion de prêter attention à certaines époques ou à certaines figures du mouvement qui, si elles habitent le champ de la critique universitaire, restent communément peu considérées voire tout simplement ignorées. Alors que justice est enfin rendue par la recherche francophone aux différentes incarnations du mouvement depuis 19401 ainsi qu’aux démarches collaboratives féminines alors à l’œuvre2, c’est aujourd’hui au tour de l’œuvre de Pierre Mabille de bénéficier d’un regain d’intérêt. La parution de ses écrits sous forme anthologique chez Hermann3 constitue un grand pas en avant pour sa redécouverte, de même que la reparution du Miroir du Merveilleux permet enfin au lecteur, chercheur et curieux de profiter d’une œuvre jusqu’à alors inaccessible : originellement publiée en 1940 aux éditions du Sagittaire et accompagnée de sept dessins d’André Masson, l’œuvre réapparait aux éditions de Minuit en 1962 augmentée d’une préface d’André Breton avant de retomber dans les limbes du livre de collection. La présente édition, imprimée chez Fage et doublée du plus court essai Le Merveilleux, entend pallier ce problème. En dépit de quelques défauts typographiques, c’est avec une quasi-exactitude que nous retrouvons le texte de Mabille, cette fois-ci précédé d’une non moins sérieuse préface écrite par Emmanuel Bauchard, spécialiste de l’auteur. L’essai développe une notion phare du surréalisme, maintes fois reprise et commentée dans l’histoire critique du mouvement : le merveilleux. Renouant avec une certaine conception du mythe, l’auteur entend poser les fondements méthodologiques d’une (re)découverte sensible du monde par laquelle l’homme renouera avec « l’expression spontanée de ses désirs » (p. 72). À ce titre, si l’important appareil critique apporté par Emmanuel Bauchard nous permet de considérer la permanence, les mutations mais aussi les spectres du Miroir du merveilleux dans la production universitaire et artistique depuis sa première publication, le préfacier nous rappelle que le merveilleux permet à Mabille de rapprocher « sa proposition épistémologique […] au plus près des expériences surréalistes » (préface, p. 19). L’œuvre vient et revient dans le flot des discours, jusque chez d’ambigus opposants comme Debord ou Jaguer, mais c’est avec le surréalisme que l’on peut ainsi comprendre avec le merveilleux « la similitude des êtres et des choses, leur mesure dans l’unité</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20671/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2011.17.21.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Tenter l’aventure de l’homme : principes d’une exploration merveilleuse'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>La célébration du centenaire du surréalisme, en dehors des hommages convenus, constitue l’occasion de prêter attention à certaines époques ou à certaines figures du mouvement qui, si elles habitent le champ de la critique universitaire, restent communément peu considérées voire tout simplement ignorées. Alors que justice est enfin rendue par la recherche francophone aux différentes incarnations du mouvement depuis 19401 ainsi qu’aux démarches collaboratives féminines alors à l’œuvre2, c’est aujourd’hui au tour de l’œuvre de Pierre Mabille de bénéficier d’un regain d’intérêt. La parution de ses écrits sous forme anthologique chez Hermann3 constitue un grand pas en avant pour sa redécouverte, de même que la reparution du Miroir du Merveilleux permet enfin au lecteur, chercheur et curieux de profiter d’une œuvre jusqu’à alors inaccessible : originellement publiée en 1940 aux éditions du Sagittaire et accompagnée de sept dessins d’André Masson, l’œuvre réapparait aux éditions de Minuit en 1962 augmentée d’une préface d’André Breton avant de retomber dans les limbes du livre de collection. La présente édition, imprimée chez Fage et doublée du plus court essai Le Merveilleux, entend pallier ce problème. En dépit de quelques défauts typographiques, c’est avec une quasi-exactitude que nous retrouvons le texte de Mabille, cette fois-ci précédé d’une non moins sérieuse préface écrite par Emmanuel Bauchard, spécialiste de l’auteur. L’essai développe une notion phare du surréalisme, maintes fois reprise et commentée dans l’histoire critique du mouvement : le merveilleux. Renouant avec une certaine conception du mythe, l’auteur entend poser les fondements méthodologiques d’une (re)découverte sensible du monde par laquelle l’homme renouera avec « l’expression spontanée de ses désirs » (p. 72). À ce titre, si l’important appareil critique apporté par Emmanuel Bauchard nous permet de considérer la permanence, les mutations mais aussi les spectres du Miroir du merveilleux dans la production universitaire et artistique depuis sa première publication, le préfacier nous rappelle que le merveilleux permet à Mabille de rapprocher « sa proposition épistémologique […] au plus près des expériences surréalistes » (préface, p. 19). L’œuvre vient et revient dans le flot des discours, jusque chez d’ambigus opposants comme Debord ou Jaguer, mais c’est avec le surréalisme que l’on peut ainsi comprendre avec le merveilleux « la similitude des êtres et des choses, leur mesure dans l’unité]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20671/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-16%20a%CC%80%2011.17.21.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Une postérité contrariée : relire Villiers de l’Isle-Adam</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20612</link>
      <pubDate>Wed, 11 Feb 2026 08:47:26 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20612</guid>
      <category>acta</category>
      <description>À la faveur de l’été a paru un très beau livre collectif qui avait jusqu’alors manqué à la critique récente de la seconde moitié du xixᵉ siècle français. C’est « enrichis de contributions supplémentaires », que Romain Enriquez et Anne Orset publient les actes du séminaire « Villiers de L’Isle-Adam » organisé de 2021 à 2023 à Sorbonne Université, permettant à tout un chacun d’avoir entre les mains le merveilleux hommage que la critique contemporaine rend à un auteur si longtemps et si injustement demeuré confidentiel dans la recherche dix-neuviémiste. Car l’histoire de la réception de Villiers est faite de regains d’intérêt et de désamours successifs, le dernier ouvrage collectif d’envergure sur l’exorciste du réel 1 remontant aux actes de colloques du centenaire de sa mort2, où l’on s’était pris à nouveau à rêver à une durable célébrité reconquise. À ce nouvel ouvrage ont collaboré des grands noms des études villiériennes ainsi que des spécialistes de la littérature et des médias du xixᵉ siècle. Citons, par ordre alphabétique, les neuf collaborateurs : R.‑L. Cahoua, A. Delattre, A.‑S. Dufief, A. Heck, S. Kunkel, J. Noiray, A. Orset, J. Schuh et B. Vibert. L’introduction est quant à elle signée R. Enriquez. On peut lire, bien sûr, chacun des articles indépendamment les uns des autres mais l’on découvre assez rapidement et avec plaisir qu’un fil conducteur traverse leur propos et fait de l’ouvrage plus qu’une étude collective, une véritable enquête. Car il s’agit bien ici de comprendre les raisons qui ont, sinon empêché, du moins freiné le succès de celui en qui la famille plaçait tous ses espoirs3 de gloire littéraire. Chacun des articles s’attache ainsi à interroger sous des angles différents les rapports ambigus et tumultueux de Villiers à ses contemporains, l’ambivalence de son regard sur la presse, la réception complexe de son œuvre théâtrale, ce qui — enfin — a été empêché par l’époque et ce qu’on peut imputer à Villiers lui-même directement ou indirectement. Divisé en deux parties entre une « Approche globale » de la paradoxale modernité anti­moderne de Villiers, et un deuxième mouvement intitulé « Affinités » sur les jeux de filiation et d’influence de l’exorciste du réel, l’ouvrage se lance finalement dans l’enquête de ce que Jacques Noiray nomme « l’injuste oubli » (p. 17) de Villiers et apporte des réponses d’importance sur son éternel statut d’auteur de l’idéal réservé à de fidèles happy few. En creux, cette étude collective pose aussi la questio</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20612/Couv_Enriquez_Hafner.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Une postérité contrariée : relire Villiers de l’Isle-Adam'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>À la faveur de l’été a paru un très beau livre collectif qui avait jusqu’alors manqué à la critique récente de la seconde moitié du xixᵉ siècle français. C’est « enrichis de contributions supplémentaires », que Romain Enriquez et Anne Orset publient les actes du séminaire « Villiers de L’Isle-Adam » organisé de 2021 à 2023 à Sorbonne Université, permettant à tout un chacun d’avoir entre les mains le merveilleux hommage que la critique contemporaine rend à un auteur si longtemps et si injustement demeuré confidentiel dans la recherche dix-neuviémiste. Car l’histoire de la réception de Villiers est faite de regains d’intérêt et de désamours successifs, le dernier ouvrage collectif d’envergure sur l’exorciste du réel 1 remontant aux actes de colloques du centenaire de sa mort2, où l’on s’était pris à nouveau à rêver à une durable célébrité reconquise. À ce nouvel ouvrage ont collaboré des grands noms des études villiériennes ainsi que des spécialistes de la littérature et des médias du xixᵉ siècle. Citons, par ordre alphabétique, les neuf collaborateurs : R.‑L. Cahoua, A. Delattre, A.‑S. Dufief, A. Heck, S. Kunkel, J. Noiray, A. Orset, J. Schuh et B. Vibert. L’introduction est quant à elle signée R. Enriquez. On peut lire, bien sûr, chacun des articles indépendamment les uns des autres mais l’on découvre assez rapidement et avec plaisir qu’un fil conducteur traverse leur propos et fait de l’ouvrage plus qu’une étude collective, une véritable enquête. Car il s’agit bien ici de comprendre les raisons qui ont, sinon empêché, du moins freiné le succès de celui en qui la famille plaçait tous ses espoirs3 de gloire littéraire. Chacun des articles s’attache ainsi à interroger sous des angles différents les rapports ambigus et tumultueux de Villiers à ses contemporains, l’ambivalence de son regard sur la presse, la réception complexe de son œuvre théâtrale, ce qui — enfin — a été empêché par l’époque et ce qu’on peut imputer à Villiers lui-même directement ou indirectement. Divisé en deux parties entre une « Approche globale » de la paradoxale modernité anti­moderne de Villiers, et un deuxième mouvement intitulé « Affinités » sur les jeux de filiation et d’influence de l’exorciste du réel, l’ouvrage se lance finalement dans l’enquête de ce que Jacques Noiray nomme « l’injuste oubli » (p. 17) de Villiers et apporte des réponses d’importance sur son éternel statut d’auteur de l’idéal réservé à de fidèles happy few. En creux, cette étude collective pose aussi la questio]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20612/Couv_Enriquez_Hafner.jpg" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le surréalisme en partage : autour de quelques désaffilié·es</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20594</link>
      <pubDate>Wed, 11 Feb 2026 08:35:37 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=20594</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Andrea Oberhuber a fait paraître voici bientôt deux ans, en publication franco-québécoise (Presses Universitaires de Rennes et de Montréal), Faire œuvre à deux. Le Livre surréaliste au féminin : essai focalisé doublement sur la question intermédiale de définir ce qu’est le « Livre » surréaliste, a fortiori quand il est écrit à deux et bouscule la fonction auteur classique, et sur la question de genre soulevée par le fait d’une co-création « au féminin ». Car « de manière générale, le Livre surréaliste n’a presque jamais un seul auteur », rappelle Andrea Oberhuber (p. 13) : objet « unique », comme le souhaitait Aragon, il entraîne cependant une « réalité double » (p. 14) qui n’est pas celle d’un livre illustré, ni celle d’un album, ni celle d’un dialogue poétique (p. 90), mais bien celle d’un livre hybride, intermédial, où texte et image co-créent le sens. Mais lorsqu’il pose, en plus, des questions de genre, l’interprétation de cet aspect intermédial se voit elle-même en partie bousculée et reconfigurée. Le Livre surréaliste « au masculin », lui, est bien étudié : généralement co-publié par un artiste et un auteur, les classiques du genre cités par Andrea Oberhuber sont ceux de Michel Leiris et André Masson (Simulacre, 1925), d’André Breton et Wifredo Lam (Fata Morgana, 1942), de Paul Éluard et Man Ray (Facile, 1935), ou encore de Tristan Tzara et Joan Miro (Parler seul, 1950) ; ils ont déjà fait l’objet de nombreux travaux, tels ceux de Renée Riese Hubert1, d’Yves Peyré2, d’Henri Béhar3 ou d’Andrea Oberhuber elle-même4 (p. 16). En regard cependant, les livres surréalistes co-publiés par des femmes sont bien moins connus, alors que le corpus qu’Andrea Oberhuber peut présenter dans Faire œuvre à deux est vaste et divers. La chercheuse compte une quarantaine d’ouvrages dont l’instigation est attribuée à une femme (p. 17), publiés au long de plus d’un demi-siècle même si c’est dans une autre temporalité que celle du mouvement le plus connu (p. 38) et bien que, pour le reste, aucun dispositif commun ou contexte éditorial spécialisé ne soit clairement identifiable (la désignation « au féminin » elle-même provient d’un geste de recherche, mais pas d’une intention créatrice) (p. 18). Si l’introduction et la conclusion de l’étude jouent leur rôle de synthèses théoriques, l’ouvrage propose centralement une série de sept cas d’étude, organisée selon une tripartition conceptuelle. En premier, les collaborations entre femmes, ensuite les collaborations mixtes et, en d</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20594/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-23%20a%CC%80%2013.37.15.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le surréalisme en partage : autour de quelques désaffilié·es'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Andrea Oberhuber a fait paraître voici bientôt deux ans, en publication franco-québécoise (Presses Universitaires de Rennes et de Montréal), Faire œuvre à deux. Le Livre surréaliste au féminin : essai focalisé doublement sur la question intermédiale de définir ce qu’est le « Livre » surréaliste, a fortiori quand il est écrit à deux et bouscule la fonction auteur classique, et sur la question de genre soulevée par le fait d’une co-création « au féminin ». Car « de manière générale, le Livre surréaliste n’a presque jamais un seul auteur », rappelle Andrea Oberhuber (p. 13) : objet « unique », comme le souhaitait Aragon, il entraîne cependant une « réalité double » (p. 14) qui n’est pas celle d’un livre illustré, ni celle d’un album, ni celle d’un dialogue poétique (p. 90), mais bien celle d’un livre hybride, intermédial, où texte et image co-créent le sens. Mais lorsqu’il pose, en plus, des questions de genre, l’interprétation de cet aspect intermédial se voit elle-même en partie bousculée et reconfigurée. Le Livre surréaliste « au masculin », lui, est bien étudié : généralement co-publié par un artiste et un auteur, les classiques du genre cités par Andrea Oberhuber sont ceux de Michel Leiris et André Masson (Simulacre, 1925), d’André Breton et Wifredo Lam (Fata Morgana, 1942), de Paul Éluard et Man Ray (Facile, 1935), ou encore de Tristan Tzara et Joan Miro (Parler seul, 1950) ; ils ont déjà fait l’objet de nombreux travaux, tels ceux de Renée Riese Hubert1, d’Yves Peyré2, d’Henri Béhar3 ou d’Andrea Oberhuber elle-même4 (p. 16). En regard cependant, les livres surréalistes co-publiés par des femmes sont bien moins connus, alors que le corpus qu’Andrea Oberhuber peut présenter dans Faire œuvre à deux est vaste et divers. La chercheuse compte une quarantaine d’ouvrages dont l’instigation est attribuée à une femme (p. 17), publiés au long de plus d’un demi-siècle même si c’est dans une autre temporalité que celle du mouvement le plus connu (p. 38) et bien que, pour le reste, aucun dispositif commun ou contexte éditorial spécialisé ne soit clairement identifiable (la désignation « au féminin » elle-même provient d’un geste de recherche, mais pas d’une intention créatrice) (p. 18). Si l’introduction et la conclusion de l’étude jouent leur rôle de synthèses théoriques, l’ouvrage propose centralement une série de sept cas d’étude, organisée selon une tripartition conceptuelle. En premier, les collaborations entre femmes, ensuite les collaborations mixtes et, en d]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/20594/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-02-23%20a%CC%80%2013.37.15.png" type="image/jpeg" length="19842"/>
    </item>
    <item>
      <title>Inventer un désir sans identité : penser queer avec Carolin Emcke</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4758</link>
      <pubDate>Sat, 22 Nov 2025 00:24:26 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4758</guid>
      <category>lht</category>
      <description>Si le désir pouvait se libérer, il n’aurait rien à voir avec le marquage préliminaire des sexes.(Wittig, [1979] 2001, p. 101.) Dès le seuil de son essai Notre désir ([2013] 2018a), la philosophe autrichienne Carolin Emcke opère un renversement : le titre pose un désir qui appartient à un nous non spécifié1, non marqué 2. L’ancrage de ce nous est cependant bientôt clarifié ; il renvoie à deux personnes, la locutrice – l’autrice elle-même – et un copain d’école, Daniel, qui se font harceler par une bande d’enfants – surtout des garçons, est-il précisé – sans que l’on ne sache trop pourquoi. En cours de lecture il apparait que ce qui unit les deux enfants est plus grand qu’elleux : leur nous est homosexuel, que le titre de l’ouvrage pose ainsi comme universel, le dé-marquant. Dans un texte fragmenté mêlant récit intime et réflexion politique, Emcke nous engage à réfléchir avec elle à la case dans laquelle elle a été catégorisée avec Daniel, bien avant qu’elle ne « découvre » elle-même son orientation sexuelle, alors que son « étrangeté » – sa queeritude – avait été décelée par d’autres. De là, elle se demande comment résister aux assignations. Et s’il faut s’émanciper de ces dernières, c’est bien parce que leur seule utilité est de classer, pour mieux justifier un traitement différent, dominer3, et éventuellement exclure. Dans un entretien sur France Culture, Emcke soutient qu’avec ce livre elle a voulu s’intéresser « à la mécanique et aux structures d’exclusion » (Renard, 2019). Rapportant avoir été l’objet d’ostracisme après son coming out à 25 ans, elle demande : « Comment décrète-t-on que telle personne fait partie du groupe et telle autre non ? » (Renard, 2019.) « Il y a toujours des structures, des systèmes de pouvoir, des matrices et des codes qui incluent certaines personnes et en excluent d’autres » (Emcke, 2018b), constate-t-elle, ce qui la conduit à interroger le désir, ici critère d’exclusion, ainsi que les conditions d’interrogation de ce désir : « Pourquoi les hétérosexuels devraient-ils se poser moins de questions sur la sexualité que ne le font les homosexuels ? » (Emcke, [2013] 2018a, p. 135.) Rappeler que le désir est éminemment personnel – « je désire comme je désire et […] j’aime comme j’aime » (Emcke, [2013] 2018a, p. 167) – n’empêche pas de reconnaitre l’usage que le politique fait de ce désir, pas plus que de convenir de l’utilité politique des identités par ailleurs, notamment dans le cadre des luttes pour l’obtention de droits. De mêm</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Inventer un désir sans identité : penser queer avec Carolin Emcke'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Si le désir pouvait se libérer, il n’aurait rien à voir avec le marquage préliminaire des sexes.(Wittig, [1979] 2001, p. 101.) Dès le seuil de son essai Notre désir ([2013] 2018a), la philosophe autrichienne Carolin Emcke opère un renversement : le titre pose un désir qui appartient à un nous non spécifié1, non marqué 2. L’ancrage de ce nous est cependant bientôt clarifié ; il renvoie à deux personnes, la locutrice – l’autrice elle-même – et un copain d’école, Daniel, qui se font harceler par une bande d’enfants – surtout des garçons, est-il précisé – sans que l’on ne sache trop pourquoi. En cours de lecture il apparait que ce qui unit les deux enfants est plus grand qu’elleux : leur nous est homosexuel, que le titre de l’ouvrage pose ainsi comme universel, le dé-marquant. Dans un texte fragmenté mêlant récit intime et réflexion politique, Emcke nous engage à réfléchir avec elle à la case dans laquelle elle a été catégorisée avec Daniel, bien avant qu’elle ne « découvre » elle-même son orientation sexuelle, alors que son « étrangeté » – sa queeritude – avait été décelée par d’autres. De là, elle se demande comment résister aux assignations. Et s’il faut s’émanciper de ces dernières, c’est bien parce que leur seule utilité est de classer, pour mieux justifier un traitement différent, dominer3, et éventuellement exclure. Dans un entretien sur France Culture, Emcke soutient qu’avec ce livre elle a voulu s’intéresser « à la mécanique et aux structures d’exclusion » (Renard, 2019). Rapportant avoir été l’objet d’ostracisme après son coming out à 25 ans, elle demande : « Comment décrète-t-on que telle personne fait partie du groupe et telle autre non ? » (Renard, 2019.) « Il y a toujours des structures, des systèmes de pouvoir, des matrices et des codes qui incluent certaines personnes et en excluent d’autres » (Emcke, 2018b), constate-t-elle, ce qui la conduit à interroger le désir, ici critère d’exclusion, ainsi que les conditions d’interrogation de ce désir : « Pourquoi les hétérosexuels devraient-ils se poser moins de questions sur la sexualité que ne le font les homosexuels ? » (Emcke, [2013] 2018a, p. 135.) Rappeler que le désir est éminemment personnel – « je désire comme je désire et […] j’aime comme j’aime » (Emcke, [2013] 2018a, p. 167) – n’empêche pas de reconnaitre l’usage que le politique fait de ce désir, pas plus que de convenir de l’utilité politique des identités par ailleurs, notamment dans le cadre des luttes pour l’obtention de droits. De mêm]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Trouble dans l’habiter : l’utopie queer dans Melmoth furieux (2021) de Sabrina Calvo et Maraude(s) (2022) de dilem et Bri</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4748</link>
      <pubDate>Sat, 22 Nov 2025 00:09:55 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4748</guid>
      <category>lht</category>
      <description>La queerité, concept alliant dynamisme et potentialités, se caractérise par sa résistance aux normes, mais aussi par sa créativité. Autrement dit, la résistance queer relève d’une « négativité positive, c’est-à-dire une négativité qui se déploie en tant que création » (Ducharme, 2015, p. 119) – une opposition et une critique de systèmes normatifs en même temps qu’une ouverture des possibles. Ce double mouvement, lorsqu’il s’inscrit en littérature, appelle le développement d’une pensée utopique, dans la mesure où celle-ci met en récit une « rupture radicale et systémique avec ce futur prédit et colonisé qui ne constituerait qu’un prolongement de notre présent capitaliste » (Jameson, [2005] 2021, p. 314). Investie par des auteurs et autrices, l’utopie constitue « une mise en perspective de ce qu’est une norme et de ce qu’est une déviation » (Carabédian, 2022, p. 47). Cette affinité entre pensée utopique et queerité se manifeste notamment par l’entremise du concept d’« habiter » qui engage « la dimension spatiale de la socialité » (Duret, 2019, p. 144). Par conséquent, toute utopie pourrait être appréhendée dans une perspective queer à travers « les critiques de l’habiter contemporain et les propositions d’habiter alternatifs » (p. 70) qui sont mises en scène dans les textes. À ce titre, les dernières œuvres de Sabrina Calvo que sont le roman Melmoth furieux et la nouvelle écrite en collaboration avec dilem1, Maraude(s), publiés respectivement en 2021 et 2022 à La Volte, proposent un « point de départ d’un possible futur queer » (Calvo, dans Clameurs, 2021, § 5). Pour ce faire, l’autrice développe un univers formellement transgénérique où la science-fiction s’hybride à « la fantasy, […] l’uchronie […] [et au] réalisme magique » (Duret, 2022, p. 18). L’écrivaine justifie ce recours à la science-fiction par sa spécificité subversive : « la SF passe par le corps, comme dernier lieu de résistance au tranchant des abstractions, de la métrique : de la mise en mesure du conscient » (Calvo, 2022, p. 98). On retrouve la « Métrique » au sein de l’univers fictionnel partagé de Melmoth furieux et Maraude(s) sous la forme d’un dispositif répressif ordonnant le vivant et s’étendant au Grand Paris. C’est à partir des développements de Giorgio Agamben ([2006] 2014) que la notion de « dispositif », dénotant « tout ce qui a, d’une manière ou d’une autre, la capacité de capturer, d’orienter, de déterminer […] les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres viv</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Trouble dans l’habiter : l’utopie queer dans Melmoth furieux (2021) de Sabrina Calvo et Maraude(s) (2022) de dilem et Bri'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>La queerité, concept alliant dynamisme et potentialités, se caractérise par sa résistance aux normes, mais aussi par sa créativité. Autrement dit, la résistance queer relève d’une « négativité positive, c’est-à-dire une négativité qui se déploie en tant que création » (Ducharme, 2015, p. 119) – une opposition et une critique de systèmes normatifs en même temps qu’une ouverture des possibles. Ce double mouvement, lorsqu’il s’inscrit en littérature, appelle le développement d’une pensée utopique, dans la mesure où celle-ci met en récit une « rupture radicale et systémique avec ce futur prédit et colonisé qui ne constituerait qu’un prolongement de notre présent capitaliste » (Jameson, [2005] 2021, p. 314). Investie par des auteurs et autrices, l’utopie constitue « une mise en perspective de ce qu’est une norme et de ce qu’est une déviation » (Carabédian, 2022, p. 47). Cette affinité entre pensée utopique et queerité se manifeste notamment par l’entremise du concept d’« habiter » qui engage « la dimension spatiale de la socialité » (Duret, 2019, p. 144). Par conséquent, toute utopie pourrait être appréhendée dans une perspective queer à travers « les critiques de l’habiter contemporain et les propositions d’habiter alternatifs » (p. 70) qui sont mises en scène dans les textes. À ce titre, les dernières œuvres de Sabrina Calvo que sont le roman Melmoth furieux et la nouvelle écrite en collaboration avec dilem1, Maraude(s), publiés respectivement en 2021 et 2022 à La Volte, proposent un « point de départ d’un possible futur queer » (Calvo, dans Clameurs, 2021, § 5). Pour ce faire, l’autrice développe un univers formellement transgénérique où la science-fiction s’hybride à « la fantasy, […] l’uchronie […] [et au] réalisme magique » (Duret, 2022, p. 18). L’écrivaine justifie ce recours à la science-fiction par sa spécificité subversive : « la SF passe par le corps, comme dernier lieu de résistance au tranchant des abstractions, de la métrique : de la mise en mesure du conscient » (Calvo, 2022, p. 98). On retrouve la « Métrique » au sein de l’univers fictionnel partagé de Melmoth furieux et Maraude(s) sous la forme d’un dispositif répressif ordonnant le vivant et s’étendant au Grand Paris. C’est à partir des développements de Giorgio Agamben ([2006] 2014) que la notion de « dispositif », dénotant « tout ce qui a, d’une manière ou d’une autre, la capacité de capturer, d’orienter, de déterminer […] les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres viv]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Pour une lecture queer des corps et de l’autofiction : la « porosité visqueuse »</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4737</link>
      <pubDate>Fri, 21 Nov 2025 18:16:34 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4737</guid>
      <category>lht</category>
      <description>Les métaphores employées pour « penser queer en français », qui cherchent à décrire le dépassement des binarismes, notamment de genre et de sexualité, ont tendance à renvoyer à des images matérielles prises dans un sens abstrait (la fluidité, le trouble1, le flou, le brouillage, la perméabilité). Mais que se passe-t-il si on décide de les prendre au pied de la lettre ? Quel « queer » se met-on à penser quand on s’intéresse à des théories qui n’utilisent pas toujours ce terme et qui forgent pourtant des images similaires, en s’attachant à leur sens concret ? Ce sont ces questions qui m’orientent vers la « porosité visqueuse », telle que Nancy Tuana l’imagine à travers l’analyse de deux grands exemples (l’ouragan Katrina et le plastique), illustrant la façon dont les corps et ce qui les environne se transforment mutuellement. Son article s’inscrit dans un ouvrage collectif, Material Feminisms (Alaimo et Hekman, 2008), dont le point de départ est d’adresser un même reproche aux théories constructivistes queers et matérialistes, à savoir le fait qu’elles se soient, malgré leur hétérogénéité, débarrassées de l’idée de nature, de la matière des corps.  Or, en se référant à la biologiste Donna Haraway et à la physicienne Karen Barad, la réflexion qui s’y déploie me paraît reconduire un geste queer, étendu à la critique des dichotomies séparant la nature de la culture, le social du biologique, le naturel de l’artificiel. Ce que j’appelle « queer » relève donc d’abord d’un geste (inquiéter le tracé de frontières, défaire les catégories2), mais, en allant au-delà du genre et de la sexualité3, celui-ci se retrouve à son tour « étrangé » par les objets sur lesquels il porte : qu’inclut alors le « queer » et peut-il jamais vraiment être fixé comme un contenu indépendamment de la lecture qui en est faite ? Karen Barad nous indique bien que « “[q]ueer” n’est pas un mot figé et déterminé ; il n’y a pas de contexte de référence stable, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il signifie tout ce que l’on veut4 » (2023, p. 93-94). La « porosité visqueuse » me semble décrire ce que font les théories queers, en renvoyant à la façon dont les catégories sont constituées – mais aussi troublées – par leur mise en relation. En découle la nécessité de « rematérialiser le social » et de « prendre au sérieux l’agentivité de ce qui est naturel » (Tuana, 2008, p. 188 ; ma traduction). La ligne de partage entre la nature et la culture, entre sexe et genre s’avère impossible à stabiliser :</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Pour une lecture queer des corps et de l’autofiction : la « porosité visqueuse »'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Les métaphores employées pour « penser queer en français », qui cherchent à décrire le dépassement des binarismes, notamment de genre et de sexualité, ont tendance à renvoyer à des images matérielles prises dans un sens abstrait (la fluidité, le trouble1, le flou, le brouillage, la perméabilité). Mais que se passe-t-il si on décide de les prendre au pied de la lettre ? Quel « queer » se met-on à penser quand on s’intéresse à des théories qui n’utilisent pas toujours ce terme et qui forgent pourtant des images similaires, en s’attachant à leur sens concret ? Ce sont ces questions qui m’orientent vers la « porosité visqueuse », telle que Nancy Tuana l’imagine à travers l’analyse de deux grands exemples (l’ouragan Katrina et le plastique), illustrant la façon dont les corps et ce qui les environne se transforment mutuellement. Son article s’inscrit dans un ouvrage collectif, Material Feminisms (Alaimo et Hekman, 2008), dont le point de départ est d’adresser un même reproche aux théories constructivistes queers et matérialistes, à savoir le fait qu’elles se soient, malgré leur hétérogénéité, débarrassées de l’idée de nature, de la matière des corps.  Or, en se référant à la biologiste Donna Haraway et à la physicienne Karen Barad, la réflexion qui s’y déploie me paraît reconduire un geste queer, étendu à la critique des dichotomies séparant la nature de la culture, le social du biologique, le naturel de l’artificiel. Ce que j’appelle « queer » relève donc d’abord d’un geste (inquiéter le tracé de frontières, défaire les catégories2), mais, en allant au-delà du genre et de la sexualité3, celui-ci se retrouve à son tour « étrangé » par les objets sur lesquels il porte : qu’inclut alors le « queer » et peut-il jamais vraiment être fixé comme un contenu indépendamment de la lecture qui en est faite ? Karen Barad nous indique bien que « “[q]ueer” n’est pas un mot figé et déterminé ; il n’y a pas de contexte de référence stable, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il signifie tout ce que l’on veut4 » (2023, p. 93-94). La « porosité visqueuse » me semble décrire ce que font les théories queers, en renvoyant à la façon dont les catégories sont constituées – mais aussi troublées – par leur mise en relation. En découle la nécessité de « rematérialiser le social » et de « prendre au sérieux l’agentivité de ce qui est naturel » (Tuana, 2008, p. 188 ; ma traduction). La ligne de partage entre la nature et la culture, entre sexe et genre s’avère impossible à stabiliser :]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Une utopie sémantique : étude des modalités de réception de la théorie queer en France</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4729</link>
      <pubDate>Fri, 21 Nov 2025 18:05:10 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4729</guid>
      <category>lht</category>
      <description>L’usage du terme « queer » en anglais, depuis sa réappropriation par les discours militants et académiques, peut se comprendre comme une utopie sémantique : « queer » a apporté une nouvelle unité de signification permettant de décrire et de rassembler ce qui ne pouvait pas l’être, ou l’était de manière insatisfaisante dans le domaine des études gaies et lesbiennes1. Lors de son émergence aux États-Unis comme lors de son importation en France, le terme a été choisi sciemment, pour sa portée tant polémique qu’heuristique afin de déplacer la réalité, la porter ailleurs, en produisant de nouveaux savoirs. Cette utopie a été performative : elle a influé sur la perception de ce qui existait, sur la manière de (se) dire et sur la compréhension du monde. L’usage du terme « queer » a dessiné un horizon de possibilités, ce qui fait dire par exemple à José Esteban Muñoz, que « la queerness est un mode de désir structurant et éduqué qui nous permet de voir et de sentir par-delà le marécage du présent » (Muñoz, [2009] 2021, p. 19). Ce recours au terme « queer » et à ses dérivés (queerness, queeritude, queerisation queeriser…) s’inscrit dans un projet de définition alternative, qui ouvre un futur épistémologique permettant d’imaginer « à quoi ressemblerait ou à quoi ressemble une culture lorsqu’elle n’est pas hétéronormative » (Lebovici, 2021, p. 10). L’utopie queer inaugure des pratiques de transformation de la vision du monde. Le terme « queer » se transforme lui-même au fur et à mesure de son appropriation et de la diversification de ses usages. C’est ce qui sera discuté à partir de l’analyse des conditions et des modalités d’exposition aux idées queers en France. Comment ont-elles été intégrées dans les traditions nationales de la pensée critique ? Se sont-elles transformées sous l’effet de leur traduction et de leur institutionnalisation ? Les réponses seront apportées à partir d’une socio-histoire de la réception du mot queer en France, combinée à l’étude des conditions et des modalités d’exposition de ce qu’il désigne. Pour cela, nous nous fonderons sur l’étude des catalogues de traductions et de publications des textes queers, sur l’étude des premières thèses portant sur le queer ou utilisant « queer » pour qualifier de nouveaux objets académiques, tout en situant les initiatives pionnières, comme le séminaire du Zoo organisé par Sam Bourcier, qui ont contribué à la diffusion à la fois académique et militante du terme. Notre démarche identifiera également les dé</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Une utopie sémantique : étude des modalités de réception de la théorie queer en France'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’usage du terme « queer » en anglais, depuis sa réappropriation par les discours militants et académiques, peut se comprendre comme une utopie sémantique : « queer » a apporté une nouvelle unité de signification permettant de décrire et de rassembler ce qui ne pouvait pas l’être, ou l’était de manière insatisfaisante dans le domaine des études gaies et lesbiennes1. Lors de son émergence aux États-Unis comme lors de son importation en France, le terme a été choisi sciemment, pour sa portée tant polémique qu’heuristique afin de déplacer la réalité, la porter ailleurs, en produisant de nouveaux savoirs. Cette utopie a été performative : elle a influé sur la perception de ce qui existait, sur la manière de (se) dire et sur la compréhension du monde. L’usage du terme « queer » a dessiné un horizon de possibilités, ce qui fait dire par exemple à José Esteban Muñoz, que « la queerness est un mode de désir structurant et éduqué qui nous permet de voir et de sentir par-delà le marécage du présent » (Muñoz, [2009] 2021, p. 19). Ce recours au terme « queer » et à ses dérivés (queerness, queeritude, queerisation queeriser…) s’inscrit dans un projet de définition alternative, qui ouvre un futur épistémologique permettant d’imaginer « à quoi ressemblerait ou à quoi ressemble une culture lorsqu’elle n’est pas hétéronormative » (Lebovici, 2021, p. 10). L’utopie queer inaugure des pratiques de transformation de la vision du monde. Le terme « queer » se transforme lui-même au fur et à mesure de son appropriation et de la diversification de ses usages. C’est ce qui sera discuté à partir de l’analyse des conditions et des modalités d’exposition aux idées queers en France. Comment ont-elles été intégrées dans les traditions nationales de la pensée critique ? Se sont-elles transformées sous l’effet de leur traduction et de leur institutionnalisation ? Les réponses seront apportées à partir d’une socio-histoire de la réception du mot queer en France, combinée à l’étude des conditions et des modalités d’exposition de ce qu’il désigne. Pour cela, nous nous fonderons sur l’étude des catalogues de traductions et de publications des textes queers, sur l’étude des premières thèses portant sur le queer ou utilisant « queer » pour qualifier de nouveaux objets académiques, tout en situant les initiatives pionnières, comme le séminaire du Zoo organisé par Sam Bourcier, qui ont contribué à la diffusion à la fois académique et militante du terme. Notre démarche identifiera également les dé]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Lire la négativité queer dans Saute ma ville (1968) de Chantal Akerman</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4710</link>
      <pubDate>Wed, 19 Nov 2025 17:42:02 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4710</guid>
      <category>lht</category>
      <description>Saute ma ville (1968) marque le début de la carrière cinématographique de la réalisatrice, actrice, écrivaine et artiste Chantal Akerman (1950-2015)1. Dans ce court-métrage de treize minutes, Akerman joue le seul personnage. L’image montre d’abord un complexe résidentiel sur lequel le titre et la dédicace apparaissent, ensuite un immeuble filmé de bas en haut, puis l’arrivée précipitée de la jeune protagoniste. Elle entre dans son immeuble, prend son courrier, court vers l’ascenseur et, sans attendre qu’il arrive, monte les escaliers quatre à quatre en criant « pipi ! ». Une voix hors-champ accompagne l’arrivée de la protagoniste. Elle chante le mouvement « Tambourin » de la Suite en mi mineur (1724) de Jean-Philippe Rameau. Cette danse baroque conçue pour le clavecin est transposée par la voix d’Akerman, qui la chante en prenant ses libertés avec le rythme de danse écrit par Rameau, modérant la vitesse en fonction de l’essoufflement de son personnage qui monte les escaliers en même temps. C’est le premier de plusieurs refus. Une fois arrivée dans son appartement – la suite du film se déroule uniquement dans la cuisine –, une série d’actes se succèdent. La protagoniste scotche l’encadrement de la porte fermée sans faire attention à son travail et abandonne vite la tâche, se mettant à table pour manger. N’ayant pas terminé son plat, elle le place par terre, casse le robinet en essayant de boire dedans, met de l’eau à bouillir sur le feu et retourne à la porte. Ensuite, la protagoniste commence à accomplir des tâches ménagères à l’envers. Après avoir jeté un seau d’eau sur les poêles et produits éparpillés par terre, la protagoniste passe le balai avec de grands gestes exagérés. De temps en temps, elle reprend le travail de calfeutrer la porte. La voix hors-champ accompagne les actes réalisés dans la cuisine et annonce l’explosion que la coupe au noir remplace visuellement. En effet, dans les dernières minutes du film, la protagoniste met le feu à une lettre qu’elle a reçue et s’allonge la tête à côté du gaz ouvert en mimant le suicide, un bouquet de fleurs dans la main gauche. L’écran coupe au noir et nous entendons la voix hors-champ annoncer « bang ! », puis une série d’explosions. Le tournage de ce film en noir et blanc a été réalisé au cours d’une nuit par une équipe de trois personnes, dont Akerman, et il se déroule dans la cuisine de ses parents à Bruxelles (Rich, 2016, p. 17). Akerman explique dans un entretien avec B. Ruby Rich que cela est dû au fa</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Lire la négativité queer dans Saute ma ville (1968) de Chantal Akerman'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Saute ma ville (1968) marque le début de la carrière cinématographique de la réalisatrice, actrice, écrivaine et artiste Chantal Akerman (1950-2015)1. Dans ce court-métrage de treize minutes, Akerman joue le seul personnage. L’image montre d’abord un complexe résidentiel sur lequel le titre et la dédicace apparaissent, ensuite un immeuble filmé de bas en haut, puis l’arrivée précipitée de la jeune protagoniste. Elle entre dans son immeuble, prend son courrier, court vers l’ascenseur et, sans attendre qu’il arrive, monte les escaliers quatre à quatre en criant « pipi ! ». Une voix hors-champ accompagne l’arrivée de la protagoniste. Elle chante le mouvement « Tambourin » de la Suite en mi mineur (1724) de Jean-Philippe Rameau. Cette danse baroque conçue pour le clavecin est transposée par la voix d’Akerman, qui la chante en prenant ses libertés avec le rythme de danse écrit par Rameau, modérant la vitesse en fonction de l’essoufflement de son personnage qui monte les escaliers en même temps. C’est le premier de plusieurs refus. Une fois arrivée dans son appartement – la suite du film se déroule uniquement dans la cuisine –, une série d’actes se succèdent. La protagoniste scotche l’encadrement de la porte fermée sans faire attention à son travail et abandonne vite la tâche, se mettant à table pour manger. N’ayant pas terminé son plat, elle le place par terre, casse le robinet en essayant de boire dedans, met de l’eau à bouillir sur le feu et retourne à la porte. Ensuite, la protagoniste commence à accomplir des tâches ménagères à l’envers. Après avoir jeté un seau d’eau sur les poêles et produits éparpillés par terre, la protagoniste passe le balai avec de grands gestes exagérés. De temps en temps, elle reprend le travail de calfeutrer la porte. La voix hors-champ accompagne les actes réalisés dans la cuisine et annonce l’explosion que la coupe au noir remplace visuellement. En effet, dans les dernières minutes du film, la protagoniste met le feu à une lettre qu’elle a reçue et s’allonge la tête à côté du gaz ouvert en mimant le suicide, un bouquet de fleurs dans la main gauche. L’écran coupe au noir et nous entendons la voix hors-champ annoncer « bang ! », puis une série d’explosions. Le tournage de ce film en noir et blanc a été réalisé au cours d’une nuit par une équipe de trois personnes, dont Akerman, et il se déroule dans la cuisine de ses parents à Bruxelles (Rich, 2016, p. 17). Akerman explique dans un entretien avec B. Ruby Rich que cela est dû au fa]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>L’esthétique comme critique : généalogie de la subjectivation queer chez Michel Foucault</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4696</link>
      <pubDate>Wed, 19 Nov 2025 17:31:53 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4696</guid>
      <category>lht</category>
      <description>Dans le champ des pensées queers, et en particulier dans celui de leurs sources francophones, il est un auteur incontournable tant les queer studies ont pu s’en inspirer dans leur développement, et continuent à le faire sur un mode plus ou moins critique : Michel Foucault, « grand manitou a posteriori de la théorie queer », selon la formule de Sam Bourcier (2021, p. 150). Ainsi que le rappelait Paul B. Preciado dans une interview pour Libération : En réalité, ce qu’on appelle la théorie queer fut en partie l’effet de la réception du premier volume de l’Histoire de la sexualité et de Surveiller et Punir par les féministes Gayle Rubin, Judith Butler, Teresa de Lauretis, Donna Haraway à partir de la fin des années 80 aux États-Unis, mais aussi les usages que les activistes d’Act Up ont fait de Foucault pour s’opposer à la gestion biopolitique et médiatique du sida. Ce sont ces usages politiques subalternes de Foucault qui m’ont marqué(e) et qui ont déterminé ma lecture postérieure du reste de son œuvre. (Preciado, 2014.) À celles et ceux qui optent résolument pour une « lecture queer » de Foucault à l’instar de Preciado, le philosophe offre moins une pensée toute prête qu’une boîte à outils permettant une formulation et une conceptualisation de questions au cœur des queer studies. On pense bien entendu à l’articulation que Foucault rend pensable entre savoir et pouvoir ; à l’idée de la biopolitique qui fait une place aux corps et à leur gestion ; à une conception du pouvoir comme production et non plus seulement interdit ; à la sexualité comme machine discursive au sein de laquelle sont pris les sujets modernes, contraints à dire le vrai sur eux-mêmes ou pathologisés pour leurs désirs ; ou encore à l’assujettissement et à la normalisation des identités (Sabot, 2017) tels qu’ils s’opèrent dans une société de surveillance, d’examen et d’orthopédie sociale. Autant de concepts, dans cette liste non exhaustive, qui se développent au milieu des années 1970 et dont la critique hérite à travers les ouvrages cités ci-dessus, en particulier La volonté de savoir (1976), premier tome de l’Histoire de la sexualité. Des tomes suivants de cette Histoire de la sexualité et des textes du Foucault des années 1980, l’usage est plus ponctuel au sein des queer studies – bien que l’édition des cours sur le néolibéralisme et Le Courage de la vérité ait suscité un certain nombre de reprises (Foucault Studies, 2012). C’est que Foucault s’adonne dans ces ouvrages à ce qu’il qualifie l</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='L’esthétique comme critique : généalogie de la subjectivation queer chez Michel Foucault'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans le champ des pensées queers, et en particulier dans celui de leurs sources francophones, il est un auteur incontournable tant les queer studies ont pu s’en inspirer dans leur développement, et continuent à le faire sur un mode plus ou moins critique : Michel Foucault, « grand manitou a posteriori de la théorie queer », selon la formule de Sam Bourcier (2021, p. 150). Ainsi que le rappelait Paul B. Preciado dans une interview pour Libération : En réalité, ce qu’on appelle la théorie queer fut en partie l’effet de la réception du premier volume de l’Histoire de la sexualité et de Surveiller et Punir par les féministes Gayle Rubin, Judith Butler, Teresa de Lauretis, Donna Haraway à partir de la fin des années 80 aux États-Unis, mais aussi les usages que les activistes d’Act Up ont fait de Foucault pour s’opposer à la gestion biopolitique et médiatique du sida. Ce sont ces usages politiques subalternes de Foucault qui m’ont marqué(e) et qui ont déterminé ma lecture postérieure du reste de son œuvre. (Preciado, 2014.) À celles et ceux qui optent résolument pour une « lecture queer » de Foucault à l’instar de Preciado, le philosophe offre moins une pensée toute prête qu’une boîte à outils permettant une formulation et une conceptualisation de questions au cœur des queer studies. On pense bien entendu à l’articulation que Foucault rend pensable entre savoir et pouvoir ; à l’idée de la biopolitique qui fait une place aux corps et à leur gestion ; à une conception du pouvoir comme production et non plus seulement interdit ; à la sexualité comme machine discursive au sein de laquelle sont pris les sujets modernes, contraints à dire le vrai sur eux-mêmes ou pathologisés pour leurs désirs ; ou encore à l’assujettissement et à la normalisation des identités (Sabot, 2017) tels qu’ils s’opèrent dans une société de surveillance, d’examen et d’orthopédie sociale. Autant de concepts, dans cette liste non exhaustive, qui se développent au milieu des années 1970 et dont la critique hérite à travers les ouvrages cités ci-dessus, en particulier La volonté de savoir (1976), premier tome de l’Histoire de la sexualité. Des tomes suivants de cette Histoire de la sexualité et des textes du Foucault des années 1980, l’usage est plus ponctuel au sein des queer studies – bien que l’édition des cours sur le néolibéralisme et Le Courage de la vérité ait suscité un certain nombre de reprises (Foucault Studies, 2012). C’est que Foucault s’adonne dans ces ouvrages à ce qu’il qualifie l]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Pensées de la bisexualité : regards sur une « queen des queers »… à la française</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4687</link>
      <pubDate>Tue, 18 Nov 2025 16:18:38 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4687</guid>
      <category>lht</category>
      <description>En 2010, à l’occasion de la réédition de son article « Le rire de la Méduse » (Cixous, 1975b), Hélène Cixous nomme Méduse « [u]ne queer. D’autres disent », précise-t-elle, « la queen des queers. La littérature comme telle est queer. » ([1975] 2010, p. 32-33.) Or Hélène Cixous est historiquement l’une des écrivaines majeures du moment féministe des années 1970-1980 et elle est, dans ce cadre, la principale penseuse de la bisexualité, ou plus précisément de « l’autre bisexualité », qu’elle identifie en 1975 dans La Jeune Née : une bisexualité qui se montre « monstre », qui rit (comme Méduse), qui s’identifie fluide, ouverte, mobile (1975a, p. 155). La bisexualité, chez Cixous, n’est ni une évidence descriptive de réalités sexuellement vécues, ni une référence classique – celle des androgynes du Banquet de Platon –, ni encore un souvenir de l’ange androgyne de la période dite décadente (Causse, 1980), non plus seulement une idée psychanalytique – où la bisexualité se référerait à la complexité des parts féminine et masculine qui se mêlent dans la psyché de chacun et chacune, en proportions variées et problématiques. Si la bisexualité de Cixous est « autre », c’est qu’elle accueille la « différance » au sens derridéen (Derrida, 1967a et 1967b), c’est-à-dire ce qui tend à l’au-delà du binaire, à l’informulé et surtout à l’incertain, à une attente curieuse. Cette notion est vouée à devenir, comme Cixous le reconnaît en 1983, l’une des premières « championnes » théoriques, d’« allure fière et belliqueuse » ([1983] 2021, p. 29-30), de sa carrière. Beaucoup de travaux se sont intéressés à la dimension queer de l’œuvre d’Hélène Cixous, particulièrement dans les sphères anglophones (à titre d’exemples parmi une vaste bibliographie, voir Cooper, 2000 ; Bostow, 2019 ; Setti, 2019 ; Cassigneul, 2021 ; Watson, 2022). Deux éléments, surtout, sont mobilisés pour traiter ce sujet : d’une part, ce que l’autrice en dit elle-même ; d’autre part, ce qui relève d’une proximité entre les théories queers et la pensée de la déconstruction, soit via le développement du mythe de la Méduse, soit via la conceptualisation de « l’autre bisexualité ». Le terme « queer » renvoie fréquemment, dans ces travaux, au sens très abstrait d’une construction intellectuelle et langagière étrange, comique ou monstrueuse, faite d’hypothèses, d’attentes, d’utopies éphémères ou construites par bribes1. Le point de départ de la notion même réside pourtant historiquement dans une question d’identité sexue</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Pensées de la bisexualité : regards sur une « queen des queers »… à la française'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En 2010, à l’occasion de la réédition de son article « Le rire de la Méduse » (Cixous, 1975b), Hélène Cixous nomme Méduse « [u]ne queer. D’autres disent », précise-t-elle, « la queen des queers. La littérature comme telle est queer. » ([1975] 2010, p. 32-33.) Or Hélène Cixous est historiquement l’une des écrivaines majeures du moment féministe des années 1970-1980 et elle est, dans ce cadre, la principale penseuse de la bisexualité, ou plus précisément de « l’autre bisexualité », qu’elle identifie en 1975 dans La Jeune Née : une bisexualité qui se montre « monstre », qui rit (comme Méduse), qui s’identifie fluide, ouverte, mobile (1975a, p. 155). La bisexualité, chez Cixous, n’est ni une évidence descriptive de réalités sexuellement vécues, ni une référence classique – celle des androgynes du Banquet de Platon –, ni encore un souvenir de l’ange androgyne de la période dite décadente (Causse, 1980), non plus seulement une idée psychanalytique – où la bisexualité se référerait à la complexité des parts féminine et masculine qui se mêlent dans la psyché de chacun et chacune, en proportions variées et problématiques. Si la bisexualité de Cixous est « autre », c’est qu’elle accueille la « différance » au sens derridéen (Derrida, 1967a et 1967b), c’est-à-dire ce qui tend à l’au-delà du binaire, à l’informulé et surtout à l’incertain, à une attente curieuse. Cette notion est vouée à devenir, comme Cixous le reconnaît en 1983, l’une des premières « championnes » théoriques, d’« allure fière et belliqueuse » ([1983] 2021, p. 29-30), de sa carrière. Beaucoup de travaux se sont intéressés à la dimension queer de l’œuvre d’Hélène Cixous, particulièrement dans les sphères anglophones (à titre d’exemples parmi une vaste bibliographie, voir Cooper, 2000 ; Bostow, 2019 ; Setti, 2019 ; Cassigneul, 2021 ; Watson, 2022). Deux éléments, surtout, sont mobilisés pour traiter ce sujet : d’une part, ce que l’autrice en dit elle-même ; d’autre part, ce qui relève d’une proximité entre les théories queers et la pensée de la déconstruction, soit via le développement du mythe de la Méduse, soit via la conceptualisation de « l’autre bisexualité ». Le terme « queer » renvoie fréquemment, dans ces travaux, au sens très abstrait d’une construction intellectuelle et langagière étrange, comique ou monstrueuse, faite d’hypothèses, d’attentes, d’utopies éphémères ou construites par bribes1. Le point de départ de la notion même réside pourtant historiquement dans une question d’identité sexue]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Advenir queer dans Viendra le temps du feu de Wendy Delorme</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4675</link>
      <pubDate>Fri, 14 Nov 2025 17:07:44 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4675</guid>
      <category>lht</category>
      <description>Les questions de temporalité sont au cœur de la pensée queer et suscitent de multiples réflexions depuis plusieurs décennies. L’une des controverses les plus emblématiques de cette tendance remonte à 2005, lors de la convention de la MLA (Modern Language Association), où s’opposaient les défenseurs d’un positionnement queer antisocial et les défenseurs de la relationalité, autrement dit de nouvelles relations sociales (Caserio et al., 2006). Pour les premiers, inspirés notamment par Lee Edelman, auteur de Merde au futur ([2004] 2016), il s’agit de ne pas céder aux pressions sociales qui imposent aux sujets queers de se soucier d’un futur qui fait de la figure de l’enfant à venir et de son bien-être l’objectif central. Puisque ce futur reproductif et hétéronormatif1 stigmatise les formes de socialité alternatives, la thèse antisociale préconise de lutter contre un tel projet de société en embrassant la négation du futur. Même s’ils partagent le diagnostic établi par les antisociaux, les tenants de la relationalité proposent une solution moins radicale qui, chez le penseur José Esteban Muñoz, s’incarne dans ce qu’il appelle « futurity » ou, dans sa version française, l’advenir (Muñoz, [2009] 2021). Contrairement au futur reproductif, l’advenir est défini comme le souci du futur émergeant face à l’insatisfaction du présent. Une telle définition s’applique particulièrement bien aux minorités sexuelles puisque, comme l’explique Muñoz dans Cruiser l’utopie. L’après et ailleurs de l’advenir queer ([2009] 2021), l’identité queer n’est pas encore achevée et constitue plutôt un horizon vers lequel les sujets peuvent s’orienter pour faire face aux difficultés du présent : « Le présent n’est pas suffisant. Il est appauvri et toxique pour les personnes queers et les autres personnes qui ne ressentent pas le privilège de l’appartenance majoritaire, des goûts normatifs et des attentes “rationnelles”. » (Muñoz, [2009] 2021, p. 27.) Il est intéressant de remarquer que si Muñoz semble ici utiliser le terme « queer » dans son acception commune, c’est-à-dire ayant rapport à l’orientation sexuelle, la queerité en tant qu’horizon s’envisage surtout comme une notion temporelle orientée vers le futur (Muñoz, [2009] 2021, p. 1). José Esteban Muñoz montre ainsi que la critique queer du présent, loin d’être uniquement une affaire de sexualité, peut impliquer d’autres aspects minoritaires, notamment dans une perspective intersectionnelle, avec par exemple les « queers of color », aux</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Advenir queer dans Viendra le temps du feu de Wendy Delorme'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Les questions de temporalité sont au cœur de la pensée queer et suscitent de multiples réflexions depuis plusieurs décennies. L’une des controverses les plus emblématiques de cette tendance remonte à 2005, lors de la convention de la MLA (Modern Language Association), où s’opposaient les défenseurs d’un positionnement queer antisocial et les défenseurs de la relationalité, autrement dit de nouvelles relations sociales (Caserio et al., 2006). Pour les premiers, inspirés notamment par Lee Edelman, auteur de Merde au futur ([2004] 2016), il s’agit de ne pas céder aux pressions sociales qui imposent aux sujets queers de se soucier d’un futur qui fait de la figure de l’enfant à venir et de son bien-être l’objectif central. Puisque ce futur reproductif et hétéronormatif1 stigmatise les formes de socialité alternatives, la thèse antisociale préconise de lutter contre un tel projet de société en embrassant la négation du futur. Même s’ils partagent le diagnostic établi par les antisociaux, les tenants de la relationalité proposent une solution moins radicale qui, chez le penseur José Esteban Muñoz, s’incarne dans ce qu’il appelle « futurity » ou, dans sa version française, l’advenir (Muñoz, [2009] 2021). Contrairement au futur reproductif, l’advenir est défini comme le souci du futur émergeant face à l’insatisfaction du présent. Une telle définition s’applique particulièrement bien aux minorités sexuelles puisque, comme l’explique Muñoz dans Cruiser l’utopie. L’après et ailleurs de l’advenir queer ([2009] 2021), l’identité queer n’est pas encore achevée et constitue plutôt un horizon vers lequel les sujets peuvent s’orienter pour faire face aux difficultés du présent : « Le présent n’est pas suffisant. Il est appauvri et toxique pour les personnes queers et les autres personnes qui ne ressentent pas le privilège de l’appartenance majoritaire, des goûts normatifs et des attentes “rationnelles”. » (Muñoz, [2009] 2021, p. 27.) Il est intéressant de remarquer que si Muñoz semble ici utiliser le terme « queer » dans son acception commune, c’est-à-dire ayant rapport à l’orientation sexuelle, la queerité en tant qu’horizon s’envisage surtout comme une notion temporelle orientée vers le futur (Muñoz, [2009] 2021, p. 1). José Esteban Muñoz montre ainsi que la critique queer du présent, loin d’être uniquement une affaire de sexualité, peut impliquer d’autres aspects minoritaires, notamment dans une perspective intersectionnelle, avec par exemple les « queers of color », aux]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le monde à l’envers : itinéraire d’une pensée queer dans Les États et Empires de la Lune et du Soleil (Cyrano de Bergerac, 1657 et 1662)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4665</link>
      <pubDate>Fri, 14 Nov 2025 11:59:16 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4665</guid>
      <category>lht</category>
      <description>À mi-chemin entre fiction fantastique et relation de voyage, Cyrano offre deux récits inclassables. Le premier relate un voyage dans la lune ; le second, un voyage dans le soleil. Ces récits, qui forment un diptyque, portent pour titres respectifs : Histoire comique de Monsieur de Cyrano contenant les États et Empires de la Lune (1657) et Histoire comique des États et Empires du Soleil (1662). Les deux titres sont très souvent unifiés par la critique sous l’appellation L’Autre Monde, initialement accolée aux manuscrits de la Lune. Les récits des États et Empires de la Lune partent de l’hypothèse bouffonne que la « lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune » (Cyrano de Bergerac, [1657] 2004, p. 6). Fort de ce présupposé, Dyrcona, le protagoniste et narrateur de l’histoire, tente un premier envol vers la lune, mais il atterrit au Canada. Là, il rencontre le gouverneur de la province, M. de Montmagny, avec lequel il mène quelques dialogues réflexifs sur les lois physiques qui régissent notre univers. Toujours déterminé à vérifier son hypothèse, Dyrcona s’envole une seconde fois vers la lune. Cet envol le mène au paradis terrestre ; il en est cependant banni pour propos blasphématoires. Il parvient enfin sur la lune, et fait tout d’abord un séjour en ville. Objet de curiosité, il est ensuite transféré à la cour pour y être exhibé, puis jugé en procès. Après une amende honorable, il entame un nouveau séjour en ville. Cette fois-ci, il réside dans la maison d’un habitant de la lune. C’est l’occasion pour le protagoniste de débattre du fonctionnement de la société sélénite et d’en observer les us et coutumes. Ayant à nouveau blasphémé, Dyrcona est précipité de la lune vers la terre. Les États et Empires du Soleil, bien qu’inachevés, sont le miroir du récit lunaire. La narration s’ouvre sur les déboires de Dyrcona qui, consécutivement à la publication de ses aventures sélénites, se fait pourchasser et emprisonner à Toulouse. Il s’échappe de sa prison et s’envole vers le soleil. Avant d’atteindre l’astre solaire, il fait un premier séjour sur une macule, c’est-à-dire un satellite du soleil, puis il continue son voyage. Ayant atterri sur le soleil, Dyrcona arrive dans les régions lumineuses de l’astre, où il observe le principe de métamorphose de la matière protéiforme. Il continue vers les régions opaques. Sur ces terres, il découvre le royaume des oiseaux où il subit un nouveau procès. Gracié, Dyrcona poursuit son exploration des régions opaque</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le monde à l’envers : itinéraire d’une pensée queer dans Les États et Empires de la Lune et du Soleil (Cyrano de Bergerac, 1657 et 1662)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>À mi-chemin entre fiction fantastique et relation de voyage, Cyrano offre deux récits inclassables. Le premier relate un voyage dans la lune ; le second, un voyage dans le soleil. Ces récits, qui forment un diptyque, portent pour titres respectifs : Histoire comique de Monsieur de Cyrano contenant les États et Empires de la Lune (1657) et Histoire comique des États et Empires du Soleil (1662). Les deux titres sont très souvent unifiés par la critique sous l’appellation L’Autre Monde, initialement accolée aux manuscrits de la Lune. Les récits des États et Empires de la Lune partent de l’hypothèse bouffonne que la « lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune » (Cyrano de Bergerac, [1657] 2004, p. 6). Fort de ce présupposé, Dyrcona, le protagoniste et narrateur de l’histoire, tente un premier envol vers la lune, mais il atterrit au Canada. Là, il rencontre le gouverneur de la province, M. de Montmagny, avec lequel il mène quelques dialogues réflexifs sur les lois physiques qui régissent notre univers. Toujours déterminé à vérifier son hypothèse, Dyrcona s’envole une seconde fois vers la lune. Cet envol le mène au paradis terrestre ; il en est cependant banni pour propos blasphématoires. Il parvient enfin sur la lune, et fait tout d’abord un séjour en ville. Objet de curiosité, il est ensuite transféré à la cour pour y être exhibé, puis jugé en procès. Après une amende honorable, il entame un nouveau séjour en ville. Cette fois-ci, il réside dans la maison d’un habitant de la lune. C’est l’occasion pour le protagoniste de débattre du fonctionnement de la société sélénite et d’en observer les us et coutumes. Ayant à nouveau blasphémé, Dyrcona est précipité de la lune vers la terre. Les États et Empires du Soleil, bien qu’inachevés, sont le miroir du récit lunaire. La narration s’ouvre sur les déboires de Dyrcona qui, consécutivement à la publication de ses aventures sélénites, se fait pourchasser et emprisonner à Toulouse. Il s’échappe de sa prison et s’envole vers le soleil. Avant d’atteindre l’astre solaire, il fait un premier séjour sur une macule, c’est-à-dire un satellite du soleil, puis il continue son voyage. Ayant atterri sur le soleil, Dyrcona arrive dans les régions lumineuses de l’astre, où il observe le principe de métamorphose de la matière protéiforme. Il continue vers les régions opaques. Sur ces terres, il découvre le royaume des oiseaux où il subit un nouveau procès. Gracié, Dyrcona poursuit son exploration des régions opaque]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Généalogie d’un trouble : la réception de Monsieur Vénus de Rachilde (1884-1889)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4652</link>
      <pubDate>Thu, 13 Nov 2025 22:00:05 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4652</guid>
      <category>lht</category>
      <description>« Ce livre bizarre sera lu et fera réfléchir » (Mélandri, 1884, p. 5) : voici la manière prémonitoire dont le journaliste Achille Mélandri qualifie en 1884 Monsieur Vénus, premier roman de l’autrice Rachilde, alors débutante dans le monde des lettres parisiennes. Il conte la relation entre Raoule, une aristocrate virile1, et Jacques Silvert, un ouvrier désargenté de plus en plus efféminé par sa relation avec celle qui se présente comme « son amant » puis « son mari ». Le texte met en scène une inversion des rôles de genre qui aboutit à la mort de Jacques : soupçonnant qu’il l’ait trompée avec le baron de Raittolbe, un de ses anciens soupirants, Raoule provoque sa mort dans un duel truqué et transforme le corps de Jacques en une poupée de cire à usage sexuel, exhibée dans la scène finale du roman. Ce texte semble s’inscrire dans les codes du roman de mœurs du xixe siècle : exception faite de la dernière phrase du roman sur laquelle nous reviendrons, il ne représente jamais directement l’acte sexuel et fait usage de la gaze libertine, qui limite la censure étatique tout en garantissant une circulation plus large du texte par la publicité due au scandale (Angenot, 1986 ; Abramovici, 2003). Mais cette gaze libertine recèle encore une autre fonction : elle en appelle à la complicité d’un lectorat informé ou non et permet une vaste spéculation sur la nature de la relation sexuelle entre les protagonistes. Ceci entraînera la trajectoire particulière du roman, entre États-Unis et France, qui nous permet d’en faire un cas d’étude idéal pour réfléchir à la possibilité de construire une généalogie française du queer. En effet, comme nous le verrons après avoir passé en revue les réceptions états-unienne et française dans les années 1980, le roman est non seulement qualifié de « queer » ou « proto-queer » par les critiques états-uniennes, mais il est également qualifié de « bizarre » dès sa parution en France, comme en témoigne sa première réception, à laquelle cette contribution se consacre principalement. Dans le cadre des analyses généalogiques sur la sexualité de Michel Foucault, reconnaître l’usage historique de l’insulte « bizarre » comme assignation à une sexualité minoritaire n’implique pas de considérer le roman de Rachilde comme une œuvre queer. En effet, il faut se garder d’appliquer le concept de « genre », qui n’existe pas encore, à des rapports sexuels psychiatrisés (Foucault, [1975] 1999, p. 263-265) : ce que nous appelons « genre », au sens de rôle soc</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Généalogie d’un trouble : la réception de Monsieur Vénus de Rachilde (1884-1889)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>« Ce livre bizarre sera lu et fera réfléchir » (Mélandri, 1884, p. 5) : voici la manière prémonitoire dont le journaliste Achille Mélandri qualifie en 1884 Monsieur Vénus, premier roman de l’autrice Rachilde, alors débutante dans le monde des lettres parisiennes. Il conte la relation entre Raoule, une aristocrate virile1, et Jacques Silvert, un ouvrier désargenté de plus en plus efféminé par sa relation avec celle qui se présente comme « son amant » puis « son mari ». Le texte met en scène une inversion des rôles de genre qui aboutit à la mort de Jacques : soupçonnant qu’il l’ait trompée avec le baron de Raittolbe, un de ses anciens soupirants, Raoule provoque sa mort dans un duel truqué et transforme le corps de Jacques en une poupée de cire à usage sexuel, exhibée dans la scène finale du roman. Ce texte semble s’inscrire dans les codes du roman de mœurs du xixe siècle : exception faite de la dernière phrase du roman sur laquelle nous reviendrons, il ne représente jamais directement l’acte sexuel et fait usage de la gaze libertine, qui limite la censure étatique tout en garantissant une circulation plus large du texte par la publicité due au scandale (Angenot, 1986 ; Abramovici, 2003). Mais cette gaze libertine recèle encore une autre fonction : elle en appelle à la complicité d’un lectorat informé ou non et permet une vaste spéculation sur la nature de la relation sexuelle entre les protagonistes. Ceci entraînera la trajectoire particulière du roman, entre États-Unis et France, qui nous permet d’en faire un cas d’étude idéal pour réfléchir à la possibilité de construire une généalogie française du queer. En effet, comme nous le verrons après avoir passé en revue les réceptions états-unienne et française dans les années 1980, le roman est non seulement qualifié de « queer » ou « proto-queer » par les critiques états-uniennes, mais il est également qualifié de « bizarre » dès sa parution en France, comme en témoigne sa première réception, à laquelle cette contribution se consacre principalement. Dans le cadre des analyses généalogiques sur la sexualité de Michel Foucault, reconnaître l’usage historique de l’insulte « bizarre » comme assignation à une sexualité minoritaire n’implique pas de considérer le roman de Rachilde comme une œuvre queer. En effet, il faut se garder d’appliquer le concept de « genre », qui n’existe pas encore, à des rapports sexuels psychiatrisés (Foucault, [1975] 1999, p. 263-265) : ce que nous appelons « genre », au sens de rôle soc]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Peut-être bien un universalisme de l’autre en soi</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4639</link>
      <pubDate>Thu, 13 Nov 2025 17:49:03 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4639</guid>
      <category>lht</category>
      <description>Dans l’introduction à Qui a peur du genre ?, au moment d’analyser la « syntaxe incendiaire » qui anime le mouvement anti-genre à l’échelle mondiale, Judith Butler rappelle que « la syntaxe, de façon générale, est une manière d’agencer les éléments de la langue pour donner un sens au monde » (Butler, 2024, p. 22). Il faut noter que « penser queer » n’équivaut ni tout à fait à « penser queerly », car le calque lexical ici résiste en français (« penser queerement » ?), ni tout à fait à « penser le queer », car l’objectivation portée par l’article viendrait cette fois trahir ce qui, dans la pensée queer, veut dire autre chose. Qu’on choisisse d’en faire un substantif, un verbe, un adjectif ou, comme dans le titre du présent dossier, un mot qui hésite entre le statut d’adverbe et celui de complément d’objet, la proposition de « penser queer » commence par queeriser la grammaire. L’ambiguïté des usages théoriques du terme « queer » reste, comme on sait, indissociable des vicissitudes de sa circulation transatlantique. Est-il encore bien nécessaire de rappeler, à l’intention d’un public francophone, que dans l’argot new-yorkais des années 1920-1930, cet adjectif a perdu son sens général d’« étrange » pour devenir une injure adressée aux personnes dérogeant à la norme hétérosexuelle par leurs pratiques sexuelles ou par leur expression de genre ? Au tournant des années 1980-1990, le terme a pris un sens différent à mesure qu’il est devenu non seulement un outil d’auto-affirmation des minorités sexuelles, mais aussi un instrument de critique de la politique des identités, en somme une « arme vicieuse et ironique [a sly and ironic weapon] » que les activistes du groupe Queer Nation, formé au sein d’ACT UP New York en avril 1990, ont choisi de « voler des mains de l’homophobe [steal from the homophobe’s hands] » (Queer Nation, 1990, p. 9) pour la retourner contre lui. Contrairement au terme « gay », qui lui est alors concurrent et qui, s’étant lui-même substitué au terme d’origine médicale « homosexual », charrie un ensemble de connotations autrement positives, « queer » est encore à cette époque un « mot difficile [a rough word] » (p. 9), chargé d’une mémoire traumatique pour les individus qui tentent de se le réapproprier collectivement. Il a néanmoins pour mérite de prendre à contrepied les stratégies assimilationnistes dominantes au sein du mouvement gai et lesbien tout en invitant à serrer les rangs car, contrairement à « gay », « queer » « ne signifie pas “homme</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Peut-être bien un universalisme de l’autre en soi'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans l’introduction à Qui a peur du genre ?, au moment d’analyser la « syntaxe incendiaire » qui anime le mouvement anti-genre à l’échelle mondiale, Judith Butler rappelle que « la syntaxe, de façon générale, est une manière d’agencer les éléments de la langue pour donner un sens au monde » (Butler, 2024, p. 22). Il faut noter que « penser queer » n’équivaut ni tout à fait à « penser queerly », car le calque lexical ici résiste en français (« penser queerement » ?), ni tout à fait à « penser le queer », car l’objectivation portée par l’article viendrait cette fois trahir ce qui, dans la pensée queer, veut dire autre chose. Qu’on choisisse d’en faire un substantif, un verbe, un adjectif ou, comme dans le titre du présent dossier, un mot qui hésite entre le statut d’adverbe et celui de complément d’objet, la proposition de « penser queer » commence par queeriser la grammaire. L’ambiguïté des usages théoriques du terme « queer » reste, comme on sait, indissociable des vicissitudes de sa circulation transatlantique. Est-il encore bien nécessaire de rappeler, à l’intention d’un public francophone, que dans l’argot new-yorkais des années 1920-1930, cet adjectif a perdu son sens général d’« étrange » pour devenir une injure adressée aux personnes dérogeant à la norme hétérosexuelle par leurs pratiques sexuelles ou par leur expression de genre ? Au tournant des années 1980-1990, le terme a pris un sens différent à mesure qu’il est devenu non seulement un outil d’auto-affirmation des minorités sexuelles, mais aussi un instrument de critique de la politique des identités, en somme une « arme vicieuse et ironique [a sly and ironic weapon] » que les activistes du groupe Queer Nation, formé au sein d’ACT UP New York en avril 1990, ont choisi de « voler des mains de l’homophobe [steal from the homophobe’s hands] » (Queer Nation, 1990, p. 9) pour la retourner contre lui. Contrairement au terme « gay », qui lui est alors concurrent et qui, s’étant lui-même substitué au terme d’origine médicale « homosexual », charrie un ensemble de connotations autrement positives, « queer » est encore à cette époque un « mot difficile [a rough word] » (p. 9), chargé d’une mémoire traumatique pour les individus qui tentent de se le réapproprier collectivement. Il a néanmoins pour mérite de prendre à contrepied les stratégies assimilationnistes dominantes au sein du mouvement gai et lesbien tout en invitant à serrer les rangs car, contrairement à « gay », « queer » « ne signifie pas “homme]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Se réapproprier les mythes : l’Epistre Othea, Les Guérillères et le Brouillon pour un dictionnaire des amantes</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4603</link>
      <pubDate>Fri, 11 Apr 2025 11:41:31 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4603</guid>
      <category>lht</category>
      <description>« Wittig et Zeig s’inscrivent […] pleinement dans une contradiction et une contre-tradition, critique et satirique » (Garréta, [1976] 2011, p. 13). Cette idée de « contre-tradition » nous semble tout à fait porteuse pour penser le rapport spécifique que trois autrices, des xve et xxe siècles, peuvent partager. Nous envisageons ainsi une comparaison entre l’Epistre Othea de Christine de Pizan (1405), Les Guérillères de Monique Wittig (1969) et le Brouillon pour un dictionnaire des amantes de Monique Wittig et Sande Zeig (1976). L’association entre époques contemporaine et médiévale s’inscrit dans une culture expérimentale de longue date, comme l’ont bien mis en lumière Florent Coste et Amandine Mussou (2018, § 6-7). Selon eux, cette culture se manifeste notamment à travers les travaux de Marc Bloch, poursuivis par ceux d’Alain Boureau et Daniel S. Milo dans Alter histoire (1991). Paul Zumthor a aussi envisagé la littérature contemporaine sous un jour nouveau en la confrontant avec la littérature médiévale. Umberto Eco (1985) révèle combien cette époque lointaine permet de faire une expérimentation sur notre culture moderne (Coste et Mussou, 2018, § 6-7). Penser le contemporain à travers l’époque médiévale et vice-versa permet non seulement de promouvoir l’actualité des questions que soulève le Moyen Âge, mais aussi de porter un nouveau regard sur notre littérature actuelle. Une comparaison entre Christine de Pizan et des autrices contemporaines se justifie également par la modernité de certains aspects de la position de cette autrice médiévale – on pense au scandale suscité par sa prise de parti dans la querelle intellectuelle du Roman de la Rose (Moreau, 2003, p. 2 ; Lacarrière, 2014, p. 8). Nombre de travaux la considèrent encore comme une figure inaugurale de l’histoire des féminismes – La Cité des dames, rédigée en 1405, a notamment été reconnue par la postérité pour sa célébration des grandes femmes du monde ancien et présent – même si la question du « féminisme » au Moyen Âge est à manier avec précaution (Reno, 1980 ; Hicks, 1984 ; Moreau, 2003 ; Valentini, 2013 ; Lacarrière, 2014). Cette notion appliquée à Wittig et Zeig est complexe aussi. « Féminin » et « féministes » s’opposent dans la pensée de Wittig ; « féminin » est disqualifié comme attribut foncièrement patriarcal, au profit de « lesbien », attribut quant à lui « féministe » en tant qu’il est directement politique. Le lien entre Monique Wittig et Christine de Pizan a déjà été pensé par Kate </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Se réapproprier les mythes : l’Epistre Othea, Les Guérillères et le Brouillon pour un dictionnaire des amantes'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>« Wittig et Zeig s’inscrivent […] pleinement dans une contradiction et une contre-tradition, critique et satirique » (Garréta, [1976] 2011, p. 13). Cette idée de « contre-tradition » nous semble tout à fait porteuse pour penser le rapport spécifique que trois autrices, des xve et xxe siècles, peuvent partager. Nous envisageons ainsi une comparaison entre l’Epistre Othea de Christine de Pizan (1405), Les Guérillères de Monique Wittig (1969) et le Brouillon pour un dictionnaire des amantes de Monique Wittig et Sande Zeig (1976). L’association entre époques contemporaine et médiévale s’inscrit dans une culture expérimentale de longue date, comme l’ont bien mis en lumière Florent Coste et Amandine Mussou (2018, § 6-7). Selon eux, cette culture se manifeste notamment à travers les travaux de Marc Bloch, poursuivis par ceux d’Alain Boureau et Daniel S. Milo dans Alter histoire (1991). Paul Zumthor a aussi envisagé la littérature contemporaine sous un jour nouveau en la confrontant avec la littérature médiévale. Umberto Eco (1985) révèle combien cette époque lointaine permet de faire une expérimentation sur notre culture moderne (Coste et Mussou, 2018, § 6-7). Penser le contemporain à travers l’époque médiévale et vice-versa permet non seulement de promouvoir l’actualité des questions que soulève le Moyen Âge, mais aussi de porter un nouveau regard sur notre littérature actuelle. Une comparaison entre Christine de Pizan et des autrices contemporaines se justifie également par la modernité de certains aspects de la position de cette autrice médiévale – on pense au scandale suscité par sa prise de parti dans la querelle intellectuelle du Roman de la Rose (Moreau, 2003, p. 2 ; Lacarrière, 2014, p. 8). Nombre de travaux la considèrent encore comme une figure inaugurale de l’histoire des féminismes – La Cité des dames, rédigée en 1405, a notamment été reconnue par la postérité pour sa célébration des grandes femmes du monde ancien et présent – même si la question du « féminisme » au Moyen Âge est à manier avec précaution (Reno, 1980 ; Hicks, 1984 ; Moreau, 2003 ; Valentini, 2013 ; Lacarrière, 2014). Cette notion appliquée à Wittig et Zeig est complexe aussi. « Féminin » et « féministes » s’opposent dans la pensée de Wittig ; « féminin » est disqualifié comme attribut foncièrement patriarcal, au profit de « lesbien », attribut quant à lui « féministe » en tant qu’il est directement politique. Le lien entre Monique Wittig et Christine de Pizan a déjà été pensé par Kate ]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Roland Barthes, avocat sans conviction et critique intraitable du surréalisme</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4571</link>
      <pubDate>Mon, 31 Mar 2025 17:10:49 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4571</guid>
      <category>lht</category>
      <description>En 1975, un entretien avec Roland Barthes autour du Plaisir du texte (son dernier livre en date) et du surréalisme tourne en véritable procès du mouvement. Chacune de ses réponses porte un chef d’accusation, chaque tentative de son interlocuteur pour l’entraîner sur la voie d’une éventuelle approbation d’un aspect ou d’un autre de l’activité surréaliste se heurte à son acerbe résistance. Le dialogue se termine par une réplique narquoisement sibylline de l’essayiste qui, interrogé sur le fait d’avoir cité dans son ouvrage Antonin Artaud et non pas Robert Desnos, André Breton ou Philippe Soupault, se lance d’abord dans une digression sur l’impossibilité en matière de littérature d’illustrer de manière parfaitement adéquate une observation générale pour ensuite ajouter : « Dans mon oubli, il y a sans doute anguille sous roche : la différence infinie1. » (Barthes, [1975] 2002d, p. 913) La réponse de Barthes, à mi-chemin entre facétie et profondeur introspective, dissimule mal une certaine irritation. Le scénario se reproduit à l’identique trois ans plus tard face à un journaliste qui s’étonne, lui, de l’absence dans Fragments d’un discours amoureux de toute référence à L’Amour fou d’André Breton ou au Fou d’Elsa de Louis Aragon. Dans cet entretien publié sous le titre « Populaire et contemporain à la fois », l’agacement est plus manifeste : « [P]endant les mois où j’ai préparé le livre je n’ai pas eu envie de lire Breton, ni Aragon : je ne me sentais pas “consoner” avec ces discours-là. » (Barthes, [1978] 2002e, p. 543) Et de poursuivre sous la forme d’une savante pédanterie : « Pourquoi ? Il faudrait m’expliquer à moi-même, tout moi-même, puis m’expliquer cette explication même, et ainsi de suite… » (p. 543) La subjectivité assumée de ces propos ne saurait surprendre de la part de celui qui depuis des années s’applique à conceptualiser dans ses essais la relation entre affect, lecture et écriture. Dans S/Z déjà, des variations sur le thème de la « différence infinie » – la « différence qui ne s’arrête pas », le « paradigme infini de la différence » ou encore le « champ de la différence infinie » ([1970] 2002c, p. 121-122) – témoignent de l’entrée de la pensée de Barthes dans cette phase ; ce n’est plus désormais dans le rêve structuraliste de la totalité que s’enracine sa conception du texte littéraire, mais dans un mélange de décorticage sémiologique, de perspectivisme nietzschéen et de postulats psychanalytiques. La différence d’un texte donné (son individu</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Roland Barthes, avocat sans conviction et critique intraitable du surréalisme'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En 1975, un entretien avec Roland Barthes autour du Plaisir du texte (son dernier livre en date) et du surréalisme tourne en véritable procès du mouvement. Chacune de ses réponses porte un chef d’accusation, chaque tentative de son interlocuteur pour l’entraîner sur la voie d’une éventuelle approbation d’un aspect ou d’un autre de l’activité surréaliste se heurte à son acerbe résistance. Le dialogue se termine par une réplique narquoisement sibylline de l’essayiste qui, interrogé sur le fait d’avoir cité dans son ouvrage Antonin Artaud et non pas Robert Desnos, André Breton ou Philippe Soupault, se lance d’abord dans une digression sur l’impossibilité en matière de littérature d’illustrer de manière parfaitement adéquate une observation générale pour ensuite ajouter : « Dans mon oubli, il y a sans doute anguille sous roche : la différence infinie1. » (Barthes, [1975] 2002d, p. 913) La réponse de Barthes, à mi-chemin entre facétie et profondeur introspective, dissimule mal une certaine irritation. Le scénario se reproduit à l’identique trois ans plus tard face à un journaliste qui s’étonne, lui, de l’absence dans Fragments d’un discours amoureux de toute référence à L’Amour fou d’André Breton ou au Fou d’Elsa de Louis Aragon. Dans cet entretien publié sous le titre « Populaire et contemporain à la fois », l’agacement est plus manifeste : « [P]endant les mois où j’ai préparé le livre je n’ai pas eu envie de lire Breton, ni Aragon : je ne me sentais pas “consoner” avec ces discours-là. » (Barthes, [1978] 2002e, p. 543) Et de poursuivre sous la forme d’une savante pédanterie : « Pourquoi ? Il faudrait m’expliquer à moi-même, tout moi-même, puis m’expliquer cette explication même, et ainsi de suite… » (p. 543) La subjectivité assumée de ces propos ne saurait surprendre de la part de celui qui depuis des années s’applique à conceptualiser dans ses essais la relation entre affect, lecture et écriture. Dans S/Z déjà, des variations sur le thème de la « différence infinie » – la « différence qui ne s’arrête pas », le « paradigme infini de la différence » ou encore le « champ de la différence infinie » ([1970] 2002c, p. 121-122) – témoignent de l’entrée de la pensée de Barthes dans cette phase ; ce n’est plus désormais dans le rêve structuraliste de la totalité que s’enracine sa conception du texte littéraire, mais dans un mélange de décorticage sémiologique, de perspectivisme nietzschéen et de postulats psychanalytiques. La différence d’un texte donné (son individu]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>Le Concert sans orchestre, de Robert Schumann à Jean-Paul Zimmermann : entre rhématique et thématique, réflexions sur un titre littéraire emprunté à la musique</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4557</link>
      <pubDate>Fri, 21 Mar 2025 12:05:21 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4557</guid>
      <category>lht</category>
      <description>En 18361, l’éditeur viennois Thomas Haslinger publie l’opus 14 de Robert Schumann, une Sonate pour piano qui sera ultérieurement cataloguée comme la troisième2, mais qui porte dans cette édition princeps le curieux titre français (signe sûr de l’opportunisme de l’éditeur et de l’importance de la place parisienne dans la diffusion de la musique de piano à cette époque) de Concert sans Orchestre / pour le / Piano-Forte. Cet intitulé n’a curieusement appelé que très peu de commentaires, alors qu’il comporte à l’évidence un barbarisme : en allemand, en effet, les acceptions de « concert » et de « concerto » sont subsumées par le même mot Konzert. Schumann (ou son éditeur) entendait ainsi définir sa nouvelle œuvre comme un « concerto sans orchestre », c’est-à-dire comme une pièce qui, quoique destinée au piano seul, possédait une ampleur quasiment symphonique. La version originale avait d’ailleurs été réduite (semble-t-il sous la pression de l’éditeur) de cinq à trois mouvements, pour épouser la forme habituelle du concerto, et ce n’est que dans la seconde édition, de 1853, que Schumann y réintroduira, en guise de deuxième mouvement, un scherzo (voir Boetticher, 1983). Des vertus d’un intitulé problématique On sait que cette ambition d’élever le piano solo à la dignité orchestrale parcourt tout le romantisme ; elle découle du désir de rivaliser avec Beethoven, dont l’opus 106, en particulier, avait fait exploser les cadres classiques de la sonate pour piano. Schumann exprime également cette volonté dans le titre de ses Études symphoniques (1834). Alkan, pour sa part, écrira une Symphonie pour piano seul, qui sera intégrée aux Douze études dans tous les tons mineurs de 1857 (voir les nos 4 à 7), ainsi que – parallèle plus frappant encore avec Schumann – un Concerto pour piano seul (voir les nos 8 à 10 du même ensemble). Quant à Franz Liszt, bien que ses intitulés ne l’expriment pas expressément, il tentera visiblement dans sa Sonate (1853) et dans sa Fantasia quasi una sonata. Après une lecture de Dante (1858) une manière d’hybridation de la sonate pour piano et du poème symphonique. Peut-on également invoquer Henry Litolff, dont les Concertos symphoniques (1844-1867) se donnent une image de super-concertos, comme si l’inflation de l’intitulé avait été rendue nécessaire par la surenchère et les ambitions du piano solo à la même époque ? Les titres proposés par Alkan, qui est un compositeur francophone, achèvent en tout cas de nous convaincre que Schumann a bien </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le Concert sans orchestre, de Robert Schumann à Jean-Paul Zimmermann : entre rhématique et thématique, réflexions sur un titre littéraire emprunté à la musique'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En 18361, l’éditeur viennois Thomas Haslinger publie l’opus 14 de Robert Schumann, une Sonate pour piano qui sera ultérieurement cataloguée comme la troisième2, mais qui porte dans cette édition princeps le curieux titre français (signe sûr de l’opportunisme de l’éditeur et de l’importance de la place parisienne dans la diffusion de la musique de piano à cette époque) de Concert sans Orchestre / pour le / Piano-Forte. Cet intitulé n’a curieusement appelé que très peu de commentaires, alors qu’il comporte à l’évidence un barbarisme : en allemand, en effet, les acceptions de « concert » et de « concerto » sont subsumées par le même mot Konzert. Schumann (ou son éditeur) entendait ainsi définir sa nouvelle œuvre comme un « concerto sans orchestre », c’est-à-dire comme une pièce qui, quoique destinée au piano seul, possédait une ampleur quasiment symphonique. La version originale avait d’ailleurs été réduite (semble-t-il sous la pression de l’éditeur) de cinq à trois mouvements, pour épouser la forme habituelle du concerto, et ce n’est que dans la seconde édition, de 1853, que Schumann y réintroduira, en guise de deuxième mouvement, un scherzo (voir Boetticher, 1983). Des vertus d’un intitulé problématique On sait que cette ambition d’élever le piano solo à la dignité orchestrale parcourt tout le romantisme ; elle découle du désir de rivaliser avec Beethoven, dont l’opus 106, en particulier, avait fait exploser les cadres classiques de la sonate pour piano. Schumann exprime également cette volonté dans le titre de ses Études symphoniques (1834). Alkan, pour sa part, écrira une Symphonie pour piano seul, qui sera intégrée aux Douze études dans tous les tons mineurs de 1857 (voir les nos 4 à 7), ainsi que – parallèle plus frappant encore avec Schumann – un Concerto pour piano seul (voir les nos 8 à 10 du même ensemble). Quant à Franz Liszt, bien que ses intitulés ne l’expriment pas expressément, il tentera visiblement dans sa Sonate (1853) et dans sa Fantasia quasi una sonata. Après une lecture de Dante (1858) une manière d’hybridation de la sonate pour piano et du poème symphonique. Peut-on également invoquer Henry Litolff, dont les Concertos symphoniques (1844-1867) se donnent une image de super-concertos, comme si l’inflation de l’intitulé avait été rendue nécessaire par la surenchère et les ambitions du piano solo à la même époque ? Les titres proposés par Alkan, qui est un compositeur francophone, achèvent en tout cas de nous convaincre que Schumann a bien ]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
    <item>
      <title>La musique, un miroir que l’on promène le long de la littérature ?</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4548</link>
      <pubDate>Fri, 21 Mar 2025 12:04:47 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4548</guid>
      <category>lht</category>
      <description>Ce que nous avons voulu faire, en concevant ce dossier, c’est avant tout une mise au point. Que les gens de lettres pensent (dès avant la cristallisation de la notion même de littérature avec la révolution romantique allemande, et plus encore après bien sûr) la littérature par comparaison avec la musique, c’est une évidence : mieux, c’est un fait, tout simplement. En revanche, les modalités de ce face-à-face sont trop diverses, et ont trop varié dans l’histoire (celle de la littérature, celle de la musique, celle de l’intermédialité aussi, surtout peut-être), pour que cette évidence ne devienne pas trompeuse faute d’une analyse détaillée de la multiplicité des pratiques qu’elle subsume et, d’une certaine façon, obnubile. La « prismatique diversité » de la comparaison musico-littéraire Ces pratiques, d’ailleurs, sont non seulement différentes, mais aussi parfois divergentes, voire contradictoires1. Prenons par exemple ce postulat, que littérature et musique seraient unies par un lien de parenté : il a engendré deux mythes complémentaires, l’un étiologique, l’autre finaliste. Parmi ceux qui rêvent à un temps primordial où les deux arts auraient été indistincts, on pense immédiatement à Rousseau, qui imagine « un langage originel qui aurait été à la fois musique et parole2 » (voir Didier, 2018) ; mais aussi, plus près de nous, à Claude Lévi-Strauss, qui, dans L’Homme nu, décrit le mythe comme un lieu primitif où le divorce entre littérature et musique n’était pas encore consommé3. Quant à ceux qui, symétriquement, font de l’union avec la musique la fin dernière de la littérature, ils comptent dans leurs rangs nombre d’héritiers de la Frühromantik, à commencer par le Mallarmé du « Sonnet en X » (d’abord intitulé, avant de trouver sa forme définitive telle qu’elle sera publiée dans les Poésies en 1899, « Sonnet allégorique de lui-même »). Autre point de clivage : si, pour certains, la comparaison intermédiale est traversée par une dynamique identificatrice, pour d’autres, comparer, c’est plutôt différencier, opposer – voire mettre en concurrence4. Face à la longue histoire de l’ut musica poesis (voir en particulier Bremond, [1926] 2013) se dresse ainsi une tradition presque « mélophobe » (Sounac, 2012) : on songera en particulier à Thomas Mann, qui prête à plusieurs de ses personnages (Settembrini dans La Montagne magique, Serenus Zeitblom, le narrateur humaniste, dans Le Docteur Faustus) des réflexions troublées et troublantes sur le caractère démoniaque (voir</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La musique, un miroir que l’on promène le long de la littérature ?'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Ce que nous avons voulu faire, en concevant ce dossier, c’est avant tout une mise au point. Que les gens de lettres pensent (dès avant la cristallisation de la notion même de littérature avec la révolution romantique allemande, et plus encore après bien sûr) la littérature par comparaison avec la musique, c’est une évidence : mieux, c’est un fait, tout simplement. En revanche, les modalités de ce face-à-face sont trop diverses, et ont trop varié dans l’histoire (celle de la littérature, celle de la musique, celle de l’intermédialité aussi, surtout peut-être), pour que cette évidence ne devienne pas trompeuse faute d’une analyse détaillée de la multiplicité des pratiques qu’elle subsume et, d’une certaine façon, obnubile. La « prismatique diversité » de la comparaison musico-littéraire Ces pratiques, d’ailleurs, sont non seulement différentes, mais aussi parfois divergentes, voire contradictoires1. Prenons par exemple ce postulat, que littérature et musique seraient unies par un lien de parenté : il a engendré deux mythes complémentaires, l’un étiologique, l’autre finaliste. Parmi ceux qui rêvent à un temps primordial où les deux arts auraient été indistincts, on pense immédiatement à Rousseau, qui imagine « un langage originel qui aurait été à la fois musique et parole2 » (voir Didier, 2018) ; mais aussi, plus près de nous, à Claude Lévi-Strauss, qui, dans L’Homme nu, décrit le mythe comme un lieu primitif où le divorce entre littérature et musique n’était pas encore consommé3. Quant à ceux qui, symétriquement, font de l’union avec la musique la fin dernière de la littérature, ils comptent dans leurs rangs nombre d’héritiers de la Frühromantik, à commencer par le Mallarmé du « Sonnet en X » (d’abord intitulé, avant de trouver sa forme définitive telle qu’elle sera publiée dans les Poésies en 1899, « Sonnet allégorique de lui-même »). Autre point de clivage : si, pour certains, la comparaison intermédiale est traversée par une dynamique identificatrice, pour d’autres, comparer, c’est plutôt différencier, opposer – voire mettre en concurrence4. Face à la longue histoire de l’ut musica poesis (voir en particulier Bremond, [1926] 2013) se dresse ainsi une tradition presque « mélophobe » (Sounac, 2012) : on songera en particulier à Thomas Mann, qui prête à plusieurs de ses personnages (Settembrini dans La Montagne magique, Serenus Zeitblom, le narrateur humaniste, dans Le Docteur Faustus) des réflexions troublées et troublantes sur le caractère démoniaque (voir]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" type="image/jpeg" length="27173"/>
    </item>
  </channel>
</rss>
