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    <title>Fabula : Toutes les annonces</title>
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    <description>Actualité complète de Fabula</description>
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    <copyright>Copyright 2026, Fabula</copyright>
    <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 13:00:02 +0200</pubDate>
    <lastBuildDate>Thu, 16 Jul 2026 13:00:02 +0200</lastBuildDate>
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    <item>
      <title>États du livre. Un dossier d'en-attendant-nadeau.fr</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135640/etats-du-livre-un-dossier-d-en-attendant-nadeau-fr.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 01:28:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_web</category>
      <description>Le site en-attendant-nadeau met en ligne le premier volet de son dossier estival : "États du livre" On peut lire dans le premier volet de notre dossier estival : « Nous ne cessons jamais de transformer les livres. » Façon de dire que les livres ne cessent jamais de nous transformer. Ils font de nous des lecteurs de toute nature, ils suscitent nos interprétations et parfois nous incitent à écrire à notre tour. Cette circulation permanente de la lecture à l’écriture fait du livre un objet particulièrement vivant pour nous. Un dossier coordonné par Pierre Senges | Hors-série n° 9 : États du livre. — Que faisons-nous des livres ?, par Tiphaine Samoyault  Que devient un livre entre les mains des critiques ? Répondre à cette question suppose de comprendre le fonctionnement d’un comité éditorial. Celui d’En attendant Nadeau né d’une aventure collective en 2016 à la suite de La Quinzaine littéraire de Maurice Nadeau.  « Une aventure de langue » : entretien avec Marie-Hélène Lafon, par Isaure Hiace Marie-Hélène Lafon nous parle de son rapport à la lecture et à l’écriture. Deux activités qui ont été pour elle la voie d’une certaine libération et ont fait d’elle une aventurière [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135640_efdb179027d07034fdac4c9cbd23c9c5.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135640_efdb179027d07034fdac4c9cbd23c9c5.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/hors-serie-n9-livre/">Le site en-attendant-nadeau met en ligne le premier volet de son dossier estival : "États du livre"</a></strong></p> <p>On peut lire dans le premier volet de notre dossier estival : « <em>Nous ne cessons jamais de transformer les livres. </em>» Façon de dire que les livres ne cessent jamais de nous transformer. Ils font de nous des lecteurs de toute nature, ils suscitent nos interprétations et parfois nous incitent à écrire à notre tour. Cette circulation permanente de la lecture à l’écriture fait du livre un objet particulièrement vivant pour nous.</p> <p><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/hors-serie-n9-livre/"><strong><em>Un dossier coordonné par Pierre Senges | Hors-série n° 9 : États du livre</em>.</strong></a></p> <p><strong>—</strong></p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/que-faisons-nous-des-livres/">Que faisons-nous des livres ?, par Tiphaine Samoyault </a></p> <p>Que devient un livre entre les mains des critiques ? Répondre à cette question suppose de comprendre le fonctionnement d’un comité éditorial. Celui d’<em>En attendant Nadeau</em> né d’une aventure collective en 2016 à la suite de <em>La Quinzaine littéraire</em> de Maurice Nadeau. </p> <p><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/une-aventure-de-langue-entretien-avec-marie-helene-lafon/">« Une aventure de langue » : entretien avec Marie-Hélène Lafon, par Isaure Hiace</a></p> <p>Marie-Hélène Lafon nous parle de son rapport à la lecture et à l’écriture. Deux activités qui ont été pour elle la voie d’une certaine libération et ont fait d’elle une aventurière de la langue. </p> <p><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/cryptique/">Cryptique, par luvan</a></p> <p>De quelle manière, concrètement, écrit-on un livre ? luvan, autrice des romans <em>Agrapha</em> et <em>Nout</em>, raconte comment elle est descendue dans la crypte de l’abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard pour travailler une scène d’enfermement. Et comment l’histoire du lieu l’a rattrapée.  </p> <p><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/preuve-de-depot/">Preuve de dépôt, par Frédéric Forte</a></p> <p>Il existe des livres sans titre ou aux titres changeants ou arbitraires. D’autres restés à l’état de brouillons. Parfois, il faut proclamer un titre, officiellement, comme on dépose un nom, pour lui donner naissance. </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/y-a-t-il-encore-de-la-critique/">Y a-t-il encore de la critique ?, par Pascal Engel</a></p> <p>Comme la question « Que faire ? », la question « Qu’est-ce que la critique ? » demande à être reposée régulièrement. Il s’agit entre autres de savoir comment, dans un temps de polémiques artificielles (querelles personnelles), on peut être encore sévère et juste.</p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/les-voix-dans-ma-tete/">Les voix dans ma tête, par Santiago Artozqui</a></p> <p>On déplore souvent une diminution de la lecture et des lecteurs. Mais si le peuple des lecteurs est très divers, les modalités de lectures sont aussi multiples. Et certaines d’entre elles, enchanteresses, incitent au dialogue. </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/ghost-writer/">Ghost writer, par Jane Sautière</a></p> <p>Lire est une des versions de l’avidité, surtout quand lire se pratique à l’enfance. Quand vient le moment de passer à l’écriture, de l’autre côté du miroir, la page blanche devient à la fois source de désir et d’embarras. </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/epreuves-vous-avez-dit-epreuves/">Épreuves, vous avez dit épreuves ?, par Roger-Yves Roche</a></p> <p>Entre les brouillons et le livre se tient le jeu d’épreuves non corrigées. Il est à la fois le privilège du critique littéraire, son avant-première, et un possible fardeau. Le mot épreuve change alors de sens et fait lire autrement.</p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/de-la-galaxie-gutenberg-a-la-galaxie-numerique/">De la galaxie Gutenberg au numérique, par Alain Roussel</a></p> <p>Les livres tiennent compagnie sans fatalement condamner à la solitude. Bien souvent, ils provoquent des rencontres, et quand le lecteur devient à son tour écrivain puis critique, les auteurs chroniqués composent une émouvante liste d’amis. </p> <p>—</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/hors-serie-n9-livre/">Accéder au dossier…</a></strong></p> <p></p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>IIe Congrès International « Le monstre et la méchanceté. Articulations et dérivations de l’idée du Mal dans la culture » (université de León)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135623/iie-congres-international-le-monstre-et-la-mechancete-articulations.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:53:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>La présente rencontre académique, de nature interdisciplinaire, s’inscrit dans le prolongement de la première édition, intitulée «El monstruo y el miedo. Indagaciones sobrela monstruosidad y su relación con lo humano», qui s’est tenue en octobre 2025 à l’Université de León. Si cette première manifestation visait à analyser les multiples modalités selon lesquelles le monstrueux s’articule autour de la terreur et des effets que celle-ci produit sur l’être humain, cette nouvelle édition entend approfondir une autre de ses dérivations fondamentales : sa relation avec la méchanceté et le Mal. Cette association, toutefois, est loin d’être stable ou univoque, comme en témoignent les nombreuses tentatives visant à comprendre le principe du Mal, lequel constitue une préoccupation philosophique, religieuse, sociopolitique et anthropologique traversant l’histoire de l’humanité sous des formes diverses.  Cette année, l’attention se porte sur les articulations du mal : ses représentations, ses imaginaires, ses mécanismes de légitimation et ses liens avec le monstrueux dans lalittérature, le cinéma, les arts, la philosophie ou encore l’histoire — en somme, dans l’ensemble des disciplines relevant des arts et des humanités. L’objectif est de problématiser l’émergence et la délimitation du mal à partir de ces différents champs de savoir ; de penser l’idée du Mal en relation avec le motif [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135623_e88414c2473ae5a3d8c62c718ecf04f5.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135623_e88414c2473ae5a3d8c62c718ecf04f5.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La présente rencontre académique, de nature interdisciplinaire, s’inscrit dans le prolongement de la première édition, intitulée «El monstruo y el miedo. Indagaciones sobre<br />la monstruosidad y su relación con lo humano», qui s’est tenue en octobre 2025 à l’Université de León. Si cette première manifestation visait à analyser les multiples modalités selon lesquelles le monstrueux s’articule autour de la terreur et des effets que celle-ci produit sur l’être humain, cette nouvelle édition entend approfondir une autre de ses dérivations fondamentales : sa relation avec la méchanceté et le Mal. Cette association, toutefois, est loin d’être stable ou univoque, comme en témoignent les nombreuses tentatives visant à comprendre le principe du Mal, lequel constitue une préoccupation philosophique, religieuse, sociopolitique et anthropologique traversant l’histoire de l’humanité sous des formes diverses. </p> <p>Cette année, l’attention se porte sur les articulations du mal : ses représentations, ses imaginaires, ses mécanismes de légitimation et ses liens avec le monstrueux dans la<br />littérature, le cinéma, les arts, la philosophie ou encore l’histoire — en somme, dans l’ensemble des disciplines relevant des arts et des humanités. L’objectif est de problématiser l’émergence et la délimitation du mal à partir de ces différents champs de savoir ; de penser l’idée du Mal en relation avec le motif du monstre qui surgit de l’obscurité pour déstabiliser l’ordre, favoriser le chaos, pervertir les conditions supposées de stabilité et conduire, finalement, à la célébration même de son existence.</p> <p><strong>Axes thématiques</strong><br />Les propositions de communication pourront s’inscrire dans les champs de connaissance précédemment mentionnés ou interroger l’un ou plusieurs des axes thématiques suivants :<br />1. Parcourir les frontières de l’éthique : la genèse du Mal face à l’idée du Bien.<br />2. Comportements non normatifs : du monstre mythologique à la conduite criminelle.<br />3. Iconographies du mal ou les modes de représentation de l’aberrant.<br />4. Théologies du Mal.<br />5. Le monstre politique : censure, répression, manipulation de l’histoire et institutionnalisation du mal.<br />6. Marginalité et exclusion sociale : relégation et stigmatisation des individus inadaptés ou déviants.<br />7. La construction de l’Autre : le mythe de la civilisation face à la barbarie.<br />8. Technologie, surveillance et formes contemporaines de déshumanisation et de violence.<br />9. La monstruosité féminine et les poétiques de la perversité : de l’ange du foyer à la femme infâme.<br />10. Masculinités en conflit : les liens entre les représentations du masculin et l’exercice du mal.<br />11. Méchants et héros en déconstruction : analyse d’un mythe culturel.<br />12. Monstruosités queer : confrontation entre la norme et la dissidence dans les configurations sexo-genrées.<br />13. Corps monstrueux : maladie, mutation, contamination et difformité.<br />14. Créatures hybrides : perversités non humaines ou plus qu’humaines.<br />15. Écogothique, effondrement climatique et représentations du mal écologique : paysages toxiques, ruines environnementales et imaginaires de l’horreur à l’ère de l’Anthropocène.<br />16. Espaces liminaires et hétérotopies du mal : où habite le monstre ?<br />17. Folk horror : magie, superstition, ritualité et paganisme.<br />18. La domestication de la méchanceté : la construction du monstre à partir des logiques hégémoniques.</p> <p><strong>Soumission des communications</strong><br />Nous invitons toutes les personnes souhaitant participer à cette rencontre à explorer la manière dont l’art, la littérature, le cinéma, la philosophie, l’histoire, l’histoire de l’art ou les sciences humaines au sens le plus large ont abordé la question du mal en relation avec le monstrueux.</p> <p>Cette rencontre se tiendra les 6, 7 et 8 avril 2027 selon un format hybride : à la fois en ligne et en présentiel, au siège de la Faculté de Philosophie et de Lettres de l’Université de León (Espagne).</p> <p>Les propositions de communication, originales et inédites, dont la durée de présentation orale ne devra pas dépasser 20 minutes, devront être envoyées sous la forme d’un seul document PDF à l’adresse e-mail <a href="mailto:congresomonstruoule@gmail.com">congresomonstruoule@gmail.com</a> <strong>avant le 31 octobre 2026</strong>. Les propositions devront inclure les informations suivantes :<br />- Nom et prénom<br />- Adresse e-mail de contact<br />- Affiliation<br />- Titre de la proposition<br />- Brève synthèse de la proposition (300 mots maximum)<br />- Thème(s) auquel/auxquels se rattache la proposition<br />- Brève biographie (300 mots maximum)<br />- Préférence de participation : en présentiel/en ligne<br />Par ailleurs, les propositions de tables rondes, comprenant au maximum 4 propositions de communication, seront également prises en compte ; dans ce cas, le titre de la<br />table ronde devra être précisé dans le document PDF, en plus des informations indiquées précédemment.</p> <p>Les langues acceptées lors du congrès seront l'espagnol, l'anglais et le français.</p> <p>Les propositions individuelles et celles de panels seront évaluées par le comité scientifique. L'organisation du congrès communiquera l'acceptation ou le rejet des propositions à l'adresse e-mail de contact fournie <strong>le 22 décembre 2026</strong>.</p> <p><strong>Inscription</strong><br />Vous trouverez ci-dessous les tarifs d'inscription au congrès :<br />- Docteurs présentant une communication : 60 €<br />- Doctorants/étudiants en master présentant une communication : 40 €<br />- Membres de l'Université de León présentant une communication : 20 €<br />- Étudiants/participants sans communication de l'Université de León : 15 €<br />- Étudiants/participants externes sans communication : 25 €</p> <p>Les dates et les instructions pour finaliser l’inscription, qui s’effectuera via la plateforme de Extensión Universitaria de l’Université de León (plateforme pour la formation<br />continue), seront communiquées ultérieurement.</p> <p>L’inscription en tant qu'auditeur libre et l'obtention du certificat qui en découle impliquent la participation à au moins 80 % des sessions du congrès, ainsi que la remise d'un bref résumé et/ou d'une réflexion (deux pages maximum) sur les thèmes abordés au cours des sessions. Ce résumé devra être envoyé à l'adresse e-mail <a href="mailto:congresomonstruoule@gmail.com">congresomonstruoule@gmail.com </a>après la fin du congrès.</p> <p><strong>Publication</strong><br />À l'issue du congrès, les modalités de publication seront communiquées, ainsi que les dates limites d'envoi des manuscrits, qui feront ensuite l'objet d'une évaluation par les pairs en aveugle.</p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Cycle de séminaires sur l'ironie (2026-2027) : "Ironie, pouvoir et rapports de force" (séance 1)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135622/cycle-de-seminaires-sur-l-ironie-2026-2027.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:47:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Ce séminaire est le premier d'un cycle qui s'étendra sur l'année scolaire 2026-2027. Cette séance aura lieu le 07 octobre 2026 à l'Université d'Orléans. Les manifestations d'intérêt sont les bienvenues: n'hésitez pas à écrire à Laelia.Veron@univ-orleans.fr    Ironie, pouvoir et rapports de force Le descriptif de cette journée s'appuie en bonne partie sur le chapitre "L'ironie comme arme. Domination et rapports de pouvoir" dans "T'es sérieuse? Pouvoirs politiques de l'ironie" de Laélia Véron avec Guillaume Fondu, La Découverte, 2026 Si on entend l’ironie comme une « posture énonciative » (Leca-Mercier, 2023) et plus précisément une « mention critique » (Véron et Fondu, 2026), elle est fondamentalement tournée vers le discours de l’autre :  elle se fait l’écho d’un discours qu’elle ne reprend en réalité pas (ou pas totalement) à son compte, voire qu’elle ridiculise ou critique vertement. Cette critique du discours de l’autre peut d’ailleurs l’emporter sur l’affirmation d’un discours propre. Or l’ironie prend souvent pour cible non seulement des discours actuels, mais des discours dominants, dans le sens où ils sont jugés massivement présents (souvent trop présents) dans le monde social. Elle peut démontrer en acte l’arbitraire de ces discours de domination ou en pointer le ridicule. Mais la [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135622_30e88defa471a225f7bc0e6c112e3587.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135622_30e88defa471a225f7bc0e6c112e3587.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>Ce séminaire est le premier d'un cycle qui s'étendra sur l'année scolaire 2026-2027. Cette séance aura lieu le 07 octobre 2026 à l'Université d'Orléans. Les manifestations d'intérêt sont les bienvenues: n'hésitez pas à écrire à &lt;<a href="mailto:">frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr</a>"&gt;<a href="mailto:frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr">frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr</a> et <a href="mailto:">Laelia.Veron@univ-orleans.fr</a>"&gt;<a href="mailto:Laelia.Veron@univ-orleans.fr">Laelia.Veron@univ-orleans.fr</a> </em></p> <p> </p> <p style="text-align:center;"><strong>Ironie, pouvoir et rapports de force</strong></p> <p><em>Le descriptif de cette journée s'appuie en bonne partie sur le chapitre "L'ironie comme arme. Domination et rapports de pouvoir" dans "T'es sérieuse? Pouvoirs politiques de l'ironie" de Laélia Véron avec Guillaume Fondu, La Découverte, 2026</em></p> <p>Si on entend l’ironie comme une « posture énonciative » (Leca-Mercier, 2023) et plus précisément une « mention critique » (Véron et Fondu, 2026), elle est fondamentalement tournée vers le discours de l’autre :  elle se fait l’écho d’un discours qu’elle ne reprend en réalité pas (ou pas totalement) à son compte, voire qu’elle ridiculise ou critique vertement. Cette critique du discours de l’autre peut d’ailleurs l’emporter sur l’affirmation d’un discours propre. Or l’ironie prend souvent pour cible non seulement des discours actuels, mais des discours dominants, dans le sens où ils sont jugés massivement présents (souvent trop présents) dans le monde social. Elle peut démontrer en acte l’arbitraire de ces discours de domination ou en pointer le ridicule. Mais la définition de ce qui est un discours dominant peut être sujette à polémique et varier selon les camps politiques. L’ironie semble donc pouvoir aussi renforcer des processus de domination en ajoutant l’humiliation (symbolique) du rire aux dominations réelles</p> <p>On peut considérer que l’ironie est, par définition, une parole de pouvoir et même de domination, puisqu’elle appartient à ce domaine des pratiques langagières où peut s’exprimer de manière très forte la violence symbolique. Le discours ironique parait alors profondément asymétrique : on y trouve une locutrice ou un locuteur attaquant, une cible, dont il s’agit, la plupart du temps, de se moquer. Mais cette asymétrie doit être interrogée : elle peut être très ponctuelle (on pense aux chroniques minutées d’humoristes faces à des personnalités politiques), elle peut être spectaculaire en façade, pendant le temps du discours, mais finalement bien fragile par rapport aux autres ressources (économiques, sociales) de la cible. Elle peut également être tempérée et dépassée, notamment dans les cas d’ironie pédagogique quand l’ironie n’est plus spectacle au profit d’un public tiers au détriment de l’autre mais qu’elle se met à son service, notamment dans certains types d’échange dialogique (voir Véron et Fondu, 2026, sur l’ironie comme itinéraire pédagogique).</p> <p>On résume souvent l’alternative à laquelle l’ironie (et plus généralement l’humour politique) est soumis en ces termes : soit elle ferait écho aux dominations (et reproduirait alors des discours, des découpages du monde social, des clichés jugés oppressifs), soit elle tenterait de lutter contre ces dominations en les critiquant, les dénonçant, ou en tentant de proposer d’autres découpages du monde social que ceux jugés majoritaires et problématiques. C’est donc souvent à l’aune du choix de la cible que l’on interroge la politisation de l’humour et de l’ironie : de qui se moque-t-on? Des personnes puissantes, dominantes ou au contraire des dominées ? L’humour politique serait un « bon » humour s’il s’attaque puissants, aux dominants (dans ce cas, il renversait les dominations et sa violence symbolique serait acceptable puisqu’il s’agirait d’une défense), un « mauvais » humour s’il s’attaque aux faibles au lieu des forts : dans ce cas, il les redoublerait et sa violence symbolique ne serait pas acceptable car il s’agirait d’humiliation (c’est la position de Gazalé, 2024).</p> <p>Cette bipartition est cependant plus abstraite et morale qu’analytique, car en réalité, les situations sont souvent plus complexes, comme en témoignent les innombrables polémiques liées à l’utilisation de l’ironie, même à l’intérieur d’un camp politique. Les débats peuvent se multiplier que ce soit sur le choix de la cible ou sur la manière de la viser. Quand bien même l’identification et le choix de cette cible ne poseraient pas de problème, l’ironie, elle, peut toujours poser question, pour des raisons morales mais aussi politiques. Est-il éthiquement acceptable d’humilier une personne, même si cette personne est une personne de pouvoir ? Est-il politiquement judicieux d’utiliser des moyens qui peuvent servir à stigmatiser des groupes minoritaires (par exemple la caricature de certains accents, des termes comme « gogol » « autiste », des insultes visant le physique, des remarques sexistes) sous prétexte que la cible, elle, fait partie du camp des dominants ? </p> <p>Les partitions trop binaires ne permettent pas de comprendre le fonctionnement social et politique de l’ironie. En effet, comme l’a notamment montré le sociologue Élie Guéraut (2023) une même personne peut utiliser, selon les contextes, les cibles et selon ses ressources, l’ironie comme une résistance vis-à-vis d’une domination ou comme un moyen d’assoir une domination. Il n’est par ailleurs pas toujours aisé de délimiter quel est le fondement de l’ironie et pour quelles raisons on se moque d’une cible. Par exemple, l’ironie qui vise la manière de parler de l’animateur Cyril Hanouna relève-t-elle d’un « mépris de classe », comme le disait l’ancienne ministre chargée de la Citoyenneté (et invitée dans l’émission d’Hanouna), Marlène Schiappa ? Donc d’une ironie de dominants, qui possèdent un capital culturel et scolaire que n’aurait pas l’animateur de télévision, une ironie illégitime ? ou d’une attaque politique légitime contre le ton infantilisant, insultant, humiliant d’Hanouna ?</p> <p>Cette séance de séminaire cherchera à étudier les rapports de force politiques et sociaux en jeu autour de l’ironie dans une perspective socio-linguistique, en évitant de tomber soit dans des écueils élitistes soit dans des visions misérabilistes. Voici les axes que nous aimerions creuser.</p> <p><br /><strong><em>La socialisation de/à l’ironie </em></strong></p> <p>-Quels sont les lieux où apprend l’ironie ? Lignier (2023) a étudié la socialisation au rire chez les très jeunes enfants mais qu’en est-il de l’ironie ? On pense bien entendu à l’environnement familiale, à l’école (Charles et Godart-Wendling, 2022 a et b) mais aussi aux cadres militants (voir par exemple les travaux sur les ateliers « anti-langue de bois » de Krieg-Planque, 2018). Ces lieux de socialisation peuvent-ils contrebalancer certaines dispositions familiales ? Existe-t-il d’autres lieux d’apprentissage de l’ironie? Des études sur la familiarisation à une culture ironique numérique (Saint-Amand, 2026) seraient les bienvenues.</p> <p>-Le parcours d’ironisation peut-il être aussi un parcours de politisation ? Par exemple, les spectacles d’humoristes, et notamment des humoristes politiques, sont-ils non seulement des lieux d’écoute mais d’apprentissage, voire d’incitation à l’ironie ?</p> <p><br /><strong><em>Les ressources sociales de l’ironie </em></strong></p> <p>-Quelles sont les conditions sociales de pratique de l’ironie : qui a les ressources qui peuvent susciter ou favoriser le désir d’ironiser dans quel contexte, et surtout qui peut en retirer des bénéfices ? Qui peut, a contrario, rire de l’ironie, l’accepter, voire la retourner ? </p> <p>-L’ironie est-elle liée à certaines ressources sociales ? Permet-elle ainsi de structurer certains groupes autour de la détention d’un capital culturel ? Est-elle davantage la pratique des dominants « culturels » exercée contre les dominés « culturels », sans qu’on puisse présumer par-là d’autres rapports de domination potentiellement inverses entre eux ? (sur la critique de l’écueil qui viendrait à ne pas distinguer capital culturel et capital économique voir Geraut et Véron 2025) Nécessite-t-elle plutôt une certaine omnivorité culturelle (Peterson 2004) qui pourraient permettre à l’ironiste de naviguer entre divers registres et adapter ainsi son ironie aux situations ?</p> <p>-L’ironie, qui peut se définir comme une distance énonciative, est-elle favorisée par une certaine distance sociale (Véron/Fondu, 2026), qui serait le gage d’une certaine sécurité alors qu’un manque de distance peut provoquer une adhésion (si la domination est acceptée parce que normalisée), un silence ou une fuite, si la domination est écrasante, ou encore une révolte si la domination n’est pas acceptée mais ressentie comme violence ?</p> <p>-Existe-t-il des types de pratiques de l’ironie qui pourraient être reliées à des milieux sociaux ? Ce type de questionnement (dans la lignée de Flandrin 2021) pourrait permettre d’éviter une vision misérabiliste (telle qu’elle est par exemple portée par Annie Ernaux dans La Place lorsque la narratrice estime que l’ironie est l’apanage des classes dominantes alors que les classes populaires pratiqueraient au contraire l’humour et la gaieté (pour une analyse plus fine, voire Martin-Achard (2025)). Ernaux semble ici réduire toute l’ironie à un type d’ironie (l’ironie lettrée pratiquée par sa belle-famille qui est étrangère à son père). </p> <p>-La production de l’ironie peut être reliée à des milieux sociaux mais aussi à un espace marqué par un contexte de financiarisation. Des interventions dans la lignée méthodologique de Chaplet (2018) seraient bienvenues.</p> <p><br /><strong><em>L’efficacité et les limites de l’ironie</em></strong></p> <p>-On pourra étudier l’efficacité de l’ironie en tant que lien social en analysant la manière dont l’ironie peut faire groupe. On pourra se demander dans quelle mesure cette socialisation par l’ironie est démagogique (il s’agit de bâtir sur des a prioris communs, elle joue sur des signaux qui sont de véritables « vacances argumentatives » comme le dit Krieg-Planque, 1999) ou pédagogique (l’ironie pourrait permettre de construire des valeurs communes). On s’intéressera par exemple à la dimension sociale et commerciale de l’ironie comme produit formaté pour un public précis lorsque l’humour devient « une véritable industrie culturelle, gouvernée par des enjeux économiques » (Quemener 2023). L’efficacité de l’ironie peut être aussi une efficacité commerciale (Chaplet 2018).</p> <p>-On pourra également s’interroger sur l’efficacité de l’ironie en termes de renversement (ou non) des rapports de pouvoir : le fait de « titiller les interdits » (comme le disait la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth) permet-il vraiment de contester le pouvoir ? Ou ne s’agit-il que d’une fausse impertinence qui est finalement plus conservatrice que subversive ? la question se pose depuis le fameux « rire carnavalesque » analysé par Bakhtine (Gazalé 2024). Mais même lorsque l’ironie fait mouche, que peut-elle réellement provoquer ? Pour répondre à cette question, on cherchera à replacer l’ironie dans des rapports de force plus généraux. Dans quelles conditions peut-elle provoquer plus qu’une vexation ponctuelle et une catharsis tout aussi ponctuelle ? </p> <p>-Loin d’être une locutrice ou un locuteur tout-puissant, l’ironiste est aussi un·e salarié·e et un·e justiciable (Arzoumanov 2025, Véron 2025). On se demandera comment la justice juge aujourd’hui, en France, les mots de l’ironie et à quel point la spécificité énonciative de l’ironie entre discours rapporté et discours non assumé est pris en compte dans ce type de procédure. </p> <p>***</p> <p>Frédéric Martin-Achard et Laélia Véron proposent un cycle de séminaires de travail interdisciplinaire (ouverts au public) sur l'ironie.</p> <p>Premières séances</p> <ul> <li>"Ironie, pouvoir et rapports de force" (coordination par Laélia Véron): le mercredi 07 octobre 2026 à l'Université d'Orléans</li> <li>"Ironie, valeur et légitimation dans le champ littéraire" (coordination par Frédéric Martin-Achard) : en avril 2027 à l'Université de Saint-Etienne</li> </ul> <p>Le programme sera complété ultérieurement.</p> <p>Pour toute information, écrire à &lt;<a href="mailto:frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr">frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr</a>&gt;; <a href="mailto:Laelia.Veron@univ-orleans.fr">Laelia.Veron@univ-orleans.fr</a> </p>]]></content:encoded>
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      <title>Émile Zola, L'Œuvre (éd. Clément Dessy et François-Marie Mourad)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135621/emile-zola-l-oeuvre-prepas-scientifiques-2026-2027-texte-avec-dossier.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:33:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution</category>
      <description>Face au conformisme du Salon officiel, Claude Lantier n’a qu’une ambition : faire souffler un vent nouveau sur la peinture, l’ouvrir enfin au plein air et à des visions singulières. Mais malgré le soutien de son ami d’enfance Sandoz et de sa femme Christine, l’artiste se heurte à l’hostilité du public, à l’incompréhension de ses pairs et aux limites de son propre génie. Il s’abîme alors dans une lutte acharnée pour réaliser son chef-d’œuvre et lui insuffler la vie, au risque de mettre la sienne en péril… Roman parmi les plus personnels de Zola, L’Œuvre interroge les affres de la création et les liens ambigus qu’elle entretient avec l’existence. Dossier • Arcanes de la création : facere de materia• Dominer le chaos : L’Œuvre• Simulacres de la création : la « grande boutique d’images ».</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135621_b23ddcb0695a95a7ffcb29a90fcd2cb1.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135621_b23ddcb0695a95a7ffcb29a90fcd2cb1.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Face au conformisme du Salon officiel, Claude Lantier n’a qu’une ambition : faire souffler un vent nouveau sur la peinture, l’ouvrir enfin au plein air et à des visions singulières. Mais malgré le soutien de son ami d’enfance Sandoz et de sa femme Christine, l’artiste se heurte à l’hostilité du public, à l’incompréhension de ses pairs et aux limites de son propre génie. Il s’abîme alors dans une lutte acharnée pour réaliser son chef-d’œuvre et lui insuffler la vie, au risque de mettre la sienne en péril…</p> <p>Roman parmi les plus personnels de Zola, <em>L’Œuvre</em> interroge les affres de la création et les liens ambigus qu’elle entretient avec l’existence.</p> <p><strong>Dossier</strong></p> <p>• Arcanes de la création : <em>facere de materia</em><br />• Dominer le chaos : <em>L’Œuvre</em><br />• Simulacres de la création : la « grande boutique d’images ».</p>]]></content:encoded>
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      <title>René Depestre, En état de poésie – En estado de poesía, éd. Cécile Bertin-Elisabeth et José Manuel Cruz Rodriguez</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135620/rene-depestre-en-etat-de-poesie-en-estado-de.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:26:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution</category>
      <description>René Depestre (1926-2023), écrivain et poète haïtien né à Jacmel, s'engage très tôt en politique et en littérature. Contraint à l'exil pour son opposition aux dictatures, il fait du déracinement le moteur de son œuvre. À Paris, il fréquente les milieux surréalistes et les figures de la négritude comme Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, puis séjourne à Cuba avant de s'installer en France. Son écriture mêle poésie et engagement, explorant l'identité, la mémoire et la liberté. Prix Renaudot 1988 pour Hadriana dans tous mes rêves, il affirme dans En état de poésie (1980), objet de cette édition bilingue, une voix lyrique et combative célébrant les cultures noires et la dignité humaine. — Sommaire INTRODUCTION : SOLÈY LEVE/LEVER DU JOUR TRADUIRE LA POÉSIE DE DEPESTRE DOCUMENTS ICONOGRAPHIQUES/DOCUMENTOS ICONOGRÁFICOS AGRADECIMIENTOS INTRODUCCIÓN: SOLÈY LEVE/EL SOL AMANECE TRADUCIR LA POESÍA DE DEPESTRE PRÉLUDE/PRELUDIO L’ETAT DE POÉSIE/EL ESTADO DE POESÍA. 1 - CÔTE NORD DE LA TENDRESSE/COSTA NORTE DE LA TERNURA MÉTAMORPHOSES DE L’AN 77/METAMORFOSIS DEL AÑO 77. UN HÉRITIER DE CHARLOT/UN HEREDERO DE CHARLOT. TOUTE LA DOULEUR DU MONDE/TODO EL DOLOR DEL MUNDO. TOUT L’ESPOIR DU MONDE/TODA LA ESPERANZA DEL MUNDO. UNE CONSCIENCE EN FLEUR POUR AUTRUI/UNA CONCIENCIA EN FLOR PARA EL PRÓJIMO LE [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135620_a6cbccaee43d88be89ad5c1788d0dac9.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135620_a6cbccaee43d88be89ad5c1788d0dac9.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>René Depestre (1926-2023), écrivain et poète haïtien né à Jacmel, s'engage très tôt en politique et en littérature. Contraint à l'exil pour son opposition aux dictatures, il fait du déracinement le moteur de son œuvre. À Paris, il fréquente les milieux surréalistes et les figures de la négritude comme Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, puis séjourne à Cuba avant de s'installer en France. Son écriture mêle poésie et engagement, explorant l'identité, la mémoire et la liberté. Prix Renaudot 1988 pour <em>Hadriana dans tous mes rêves</em>, il affirme dans <em>En état de poésie</em> (1980), objet de cette édition bilingue, une voix lyrique et combative célébrant les cultures noires et la dignité humaine.</p> <p>—</p> <p><strong>Sommaire</strong></p> <ul> <li>INTRODUCTION : SOLÈY LEVE/LEVER DU JOUR</li> </ul> <p></p> <ul> <li>TRADUIRE LA POÉSIE DE DEPESTRE</li> </ul> <p></p> <ul> <li>DOCUMENTS ICONOGRAPHIQUES/DOCUMENTOS ICONOGRÁFICOS</li> </ul> <p></p> <ul> <li>AGRADECIMIENTOS</li> </ul> <p></p> <ul> <li>INTRODUCCIÓN: SOLÈY LEVE/EL SOL AMANECE</li> </ul> <p></p> <ul> <li>TRADUCIR LA POESÍA DE DEPESTRE</li> </ul> <p></p> <ul> <li>PRÉLUDE/PRELUDIO</li> </ul> <p></p> <ul> <li>L’ETAT DE POÉSIE/EL ESTADO DE POESÍA.</li> </ul> <p><br /><br /></p> <p><strong>1 - CÔTE NORD DE LA TENDRESSE/COSTA NORTE DE LA TERNURA</strong></p> <p><br /><br /></p> <ul> <li>MÉTAMORPHOSES DE L’AN 77/METAMORFOSIS DEL AÑO 77.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>UN HÉRITIER DE CHARLOT/UN HEREDERO DE CHARLOT.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>TOUTE LA DOULEUR DU MONDE/TODO EL DOLOR DEL MUNDO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>TOUT L’ESPOIR DU MONDE/TODA LA ESPERANZA DEL MUNDO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>UNE CONSCIENCE EN FLEUR POUR AUTRUI/UNA CONCIENCIA EN FLOR PARA EL PRÓJIMO</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LE POÈTE/EL POETA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li> RETOUR À UN JARDIN DE L’ENFANCE/REGRESO A UN JARDÍN DE LA INFANCIA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LA CONQUE MARINE/LA CARACOLA MARINA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>RAGE DE VIVRE/RABIA DE VIVIR.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>UN CAS CURIEUX/UN CASO CURIOSO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LE FOUR DE CALIBAN/EL HORNO DE CALIBÁN.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>FER À REPASSER/PLANCHA DE HIERRO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>POÈTE EN OCCIDENT/POETA EN OCCIDENTE.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>PAROLES D’UN SOIR DE JUIN/PALABRAS DE UNA NOCHE DE JUNIO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>ÉPITAPHE/EPITAFIO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>CHRIST AND CO/CRISTO AND CO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>BLUES EN AUTOMNE/BLUES EN OTOÑO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>UN TRAIN NOMMÉ ROSÉNA/UN TREN LLAMADO ROSÉNA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>L’ÉPONGE ENCHANTÉE/LA ESPONJA ENCANTADA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>VOYAGES AVEC ANITA MIRAFLOR/VIAJES CON ANITA MIRAFLOR.</li> </ul> <p><br /><br /></p> <p><strong>2 - D’UN EXIL À L’AUTRE/DE UN EXILIO AL OTRO</strong></p> <p><br /><br /></p> <ul> <li>UNE MOITIÉ D’ÎLE EN DÉRIVE/MEDIA ISLA A LA DERIVA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LE POUVOIR QUI REND FOU/EL PODER QUE VUELVE LOCO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>UN POÈME À ODEUR DE POMME/UN POEMA CON AROMA<br />A MANZANA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>L’ARTIBONITE/ARTIBONITO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>D’UN EXIL À L’AUTRE/DE UN EXILIO AL OTRO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>PROFESSION DE FOI TRANSRACIALE/PROFESIÓN DE FE TRANSRACIAL.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LOIN DE JACMEL/LEJOS DE JACMEL.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>PANNE D’ASCENSEUR/ASCENSOR AVERIADO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>CORPS SIMPLES DE LA POÉSIE/CUERPOS SENCILLOS DE LA POESÍA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>IDENTITÉ/IDENTIDAD.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>ADIEU AU TABAC, À LA FUMÉE/ADIÓS AL TABACO, AL HUMO.</li> </ul> <p><br /><br /></p> <p><strong>3 - VOYAGES À DOS DE CHAMEAU ET VIA SATELLITE… /VIAJES A LOMOS DE CAMELLO Y VÍA SATÉLITE…</strong></p> <p><br /><br /></p> <ul> <li>LE DERNIER DEGRÉ DE L’EXIL/EL ÚLTIMO GRADO DEL EXILIO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LE PIANO DE BEETHOVEN/EL PIANO DE BEETHOVEN.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>KARL MARX/CARLOS MARX.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>CHE GUEVARA PRÉSENT/CHE GUEVARA PRESENTE.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>L’ÉTOILE DU CHE/LA ESTRELLA DEL CHE.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LA RÉVOLUTION SANS FÉTICHES/LA REVOLUCIÓN SIN AMULETOS.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LA ZAFRA/LA ZAFRA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>FARAH MARIA À SOPOT 77/FARAH MARIA EN SOPOT 77.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>ALBERTO JUANTORENA/ALBERTO JUANTORENA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>PABLO NERUDA/PABLO NERUDA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>POÈME D’AUTOMNE/POEMA DE OTOÑO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LIBRES PAROLES VIA SATELLITE/PALABRAS LIBRES VÍA SATÉLITE.</li> </ul>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Penser l’enfant au XIXe siècle : l’enfance au croisement des discours, entre la monarchie de Juillet et la Troisième république (1830-1882)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135619/penser-l-enfant-au-xixe-siecle-l-enfance-au-croisement-des.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 10:14:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Penser l’enfant au XIXe siècle : l’enfance au croisement des discours, entre la monarchie de Juillet et la Troisième république (1830-1882). 15 janvier 2027, Université de Montpellier  Le XIXe siècle serait le siècle de l’enfance : « tout se passe comme si, à chaque époque, correspondait un âge privilégié et une périodisation particulière de la vie humaine : la « jeunesse est l’âge privilégié du XVIIe siècle, l’enfance du XIXe siècle, l’adolescence du XXe » (Ariès, p. 51). Certes, il s’agit là de l’« interprétation naïve, que l’opinion donne, à chaque époque, de sa structure démographique » (Ariès, p. 52), mais l’affirmation attire l’attention sur les multiples représentations dont l’enfant est l’objet et qui cherchent à le définir. S’il faut attendre la Troisième République pour qu’un arsenal de lois accordent un statut particulier à l’enfant (lois Ferry sur l’instruction primaire obligatoire, loi de 1889 sur la protection des enfants maltraités ou moralement abandonnés, loi de 1912 sur le statut pénal des enfants), le XIXe siècle ne cesse de penser la condition enfantine, à travers un ensemble profus de discours. Cependant, si les études sont nombreuses pour le début et pour la fin du siècle, au moment où se met en [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Penser l’enfant au XIXe siècle : l’enfance au croisement des discours, entre la monarchie de Juillet et la Troisième république (1830-1882).</strong></p> <p><strong>15 janvier 2027, Université de Montpellier </strong></p> <p>Le XIXe siècle serait le siècle de l’enfance : « tout se passe comme si, à chaque époque, correspondait un âge privilégié et une périodisation particulière de la vie humaine : la « jeunesse est l’âge privilégié du XVIIe siècle, l’enfance du XIXe siècle, l’adolescence du XXe » (Ariès, p. 51). Certes, il s’agit là de l’« interprétation naïve, que l’opinion donne, à chaque époque, de sa structure démographique » (Ariès, p. 52), mais l’affirmation attire l’attention sur les multiples représentations dont l’enfant est l’objet et qui cherchent à le définir.</p> <p>S’il faut attendre la Troisième République pour qu’un arsenal de lois accordent un statut particulier à l’enfant (lois Ferry sur l’instruction primaire obligatoire, loi de 1889 sur la protection des enfants maltraités ou moralement abandonnés, loi de 1912 sur le statut pénal des enfants), le XIXe siècle ne cesse de penser la condition enfantine, à travers un ensemble profus de discours.</p> <p>Cependant, si les études sont nombreuses pour le début et pour la fin du siècle, au moment où se met en place une prise en charge institutionnelle de l’enfance, elles sont lacunaires ou très ponctuelles pour la période allant de la monarchie de Juillet aux grandes lois Ferry de 1881-1882.</p> <p>C’est donc à cette période que cette journée d’étude voudrait s’attacher.</p> <p><strong>L’enfant : entre charité et éducation</strong></p> <p>Jean-Noël Luc (1989) montre qu’émerge, des textes médicaux du début du XIXe siècle, la perception nouvelle d’une « seconde enfance » (de 2 à 6 ans, après le nourrisson et avant l’âge de raison), de plus grande maturité corporelle, « qui peut donner prise à une première éducation où, de manière variable selon les auteurs, se combinent les éléments moraux et religieux (…) » (É. Plaisance, 2000, p.189). Le discours médical vient ici servir les discours pédagogiques, eux-mêmes lieux de relations complexes voire de confrontations, au cours du siècle, entre les institutions familiale, scolaire et ecclésiastique. C’est dans cette dynamique qu’entre la fin des années 1820 et l’instauration de l’école maternelle en 1882, entre paternalisme et philanthropie bourgeoise, s’ouvrent dans tout le pays des salles d’asile pour préparer l’enfant à l’école autant que libérer les mères pour le travail d’usine, à la croisée des discours médicaux et scolaire (J.-N. Luc, 2010).</p> <p>Sur le plan scolaire, les lois Guizot de 1833 ou le développement des méthodes d’enseignement héritées de Jean-Baptiste de La Salle, entendent d’abord prendre en charge les enfants de familles indigentes autant pour conditionner l’aide qui leur est apportée que pour donner des connaissances minimales à ceux qui devront devenir de bons ouvriers et de bons soldats. (Querrien, 2005).</p> <p>Des travaux d’Itard avec l’enfant de l’Aveyron au début du siècle à ceux de Séguin jusqu’à la création du service pour enfants « aliénés et déficients » du Dr Bourneville à l’hôpital Bicêtre à la fin du XIXe, les médecins s’intéressent aussi aux enfants, aux principes de leur développement comme de leurs conditions d’apprentissage (Barrandon, 2019 ; Le Bras, 2018). Si l’intention est médicale, l’ambition est tout autant pédagogique et Bourneville sera à pied d’œuvre dans la constitution des classes de perfectionnement en 1909. Ce n’est qu’à la fin du siècle, une fois l’école républicaine installée dans ses murs, que pourra se mettre en place tout un édifice institutionnel à destination des enfants restés dans ses marges.</p> <p><strong>L’enfant : entre marginalité, vulnérabilité et devoir de protection</strong></p> <p>La prétendue faiblesse constitutive des complexions enfantines, héritée des XVIIe et XVIIIe siècle (Locke, Rousseau, Cambacérès) légitime le retour de la puissance paternelle inscrite dans le code civil de 1804, qui est « vue comme une mesure de protection pour remédier à l’inexpérience de la jeunesse et à l’impétuosité des passions » (Desrayaud, A., 2012, p. 13). Le père dans le Code civil, est un magistrat domestique. Mais dans le même temps, l’État – qui doit s’affirmer face à la famille – favorise progressivement tout un encadrement institutionnel autour de l’enfant. Puisque celui-ci est faible, il faudra que ce soit la société qui lui vienne en aide, dans les différentes situations qu’il peut rencontrer, pour qu’advienne l’individu qu’elle attend. Dans ces différents mouvements, la série de lois concernant l’enfance (sur la pénalité, le travail et plus tard la déchéance paternelle) ouvre des brèches sur la diversité et la spécificité de sa condition, et invite à penser progressivement la nécessité de sa protection et son inscription dans le droit.</p> <p>L’enfant orphelin et souffrant devient par exemple un personnage littéraire central. À côté des héros de Dickens, et bien avant les souffre-douleurs de Daudet ou de Renard, à la fin du siècle, Balzac, Hugo ou Sand donnent ainsi naissance à Pierrette, Fadette, Cosette ou Gwynplaine, personnages nouveaux et complexes dont on peut se demander dans quelle mesure ils éclairent des manières de penser l’enfant. On peut également s’interroger sur la prégnance de ce type de personnages dans la littérature de jeunesse, en plein essor. Certes, celle-ci s’explique par la disponibilité narrative qu’ils offrent, autorisant les récits à se dérouler loin du monde des adultes, ou par les visées proprement éducatives de ce corpus. Cependant, on peut aussi les questionner dans leurs rapports aux discours sociaux : comment les rencontrent-ils et comment, le cas échéant, les reconfigurent- ils ?  Dans quelle mesure, réciproquement, ces représentations fictionnelles mettent-elles au jour la constitution d’un certain nombre d’institutions centrées sur l’enfance qui voient le jour au XIXe siècle ?  </p> <p>Du côté pénitentiaire, en parallèle des premières prisons pour mineurs comme la Petite Roquette, se développent, sous la Restauration et la monarchie de Juillet, les colonies pénitentiaires et les colonies agricoles (Pierre &amp; Dupont-Bouchat, 2001). Institutions publiques et privées où la charité vient prêter main forte aux volontés correctionnelles de l’époque, elles deviendront le point de départ de l’encadrement de l’enfance délinquante par l’administration pénitentiaire à la fin du siècle (Yvorel, 2006 ; Yvorel, 2019).</p> <p><strong>L’enfant : sujet ou enjeu social et politique ? </strong></p> <p>Au cours de la période, la reconnaissance du statut de l’enfant constitue un enjeu social et politique important. C’est le but, par exemple, des jeunes accusés des barricades de 1848. Étudiant les dossiers des procès de ces jeunes prévenus, Alexandre Frondizi montre qu’ils « mettent richement en débat » la notion d’enfance (2023, [En ligne] §5). La question du statut de l’enfant se pose avec la même acuité et la même perplexité dans un tout autre domaine, avec le cas de la troupe enfantine du théâtre Comte. N’ayant pas le privilège de se nommer « théâtre » (le nombre de salles de spectacle étant strictement limité par le décret de 1807), Louis Comte, physicien et prestidigitateur s’impose pourtant parmi les scènes de la Restauration sous le titre de « Théâtre des Jeunes Élèves », « jouant sur la liberté qu’offrent des comédiens enfants ou adolescents pour concurrencer les théâtres secondaires. » (Marc Soléranski, 2021, [En ligne] § 2). Le théâtre est finalement contraint de fermer pour affaires de mœurs. Cet exemple pose donc doublement la question du statut de l’enfant : du point de vue de la réglementation du travail et du point de vue de la protection contre les abus sexuels.</p> <p>Selon une autre perspective, c’est l’histoire politique qui a un impact sur l’appréhension de l’enfance : dans son ouvrage de référence, Librairie de jeunesse et littérature industrielle au XIXe siècles (2006), Francis Marcoin dresse une typologie calquée sur les césures politiques qui scandent le siècle. Ainsi, il distingue « l’enfant des philosophes » (sous la Restauration), « l’enfant de Juillet » (sous la monarchie de Juillet), « l’enfant de la modernité » (sous le second empire) et « l’enfant patriote et anarchiste » (sous la Troisième République). Si l’objet du livre est d’interroger les spécificités de la littérature de jeunesse à l’aune de problématiques d’histoire littéraire, d’histoire des médias et d’histoire sociologique, la typologie adoptée attire l’attention sur les oppositions et les enjeux idéologiques dont l’enfant est la cible. Revendiquant régulièrement le dessein d’éduquer en amusant – et se légitimant par ce double objectif – presse et littérature jeunesse constituent un bon poste d’observation des différentes instances éducatives qui se disputent l’enfant lecteur, des conceptions de l’enfance qui sous-tendent ces discours et des conflits qui les traversent. Par exemple, dans « L’enfant de juillet », le chercheur « souligne à quel point l’enfant est au centre de l’engouement romantique pour la nouveauté, suscitant d’ailleurs, du côté des religions chrétiennes (catholique et protestante) un souci de moralisation par le livre et la fiction » (A. Vaillant, 2008).</p> <p><strong>L’enfant : un sujet ? Quel sujet ?</strong></p> <p>Le discours médiatique dont l’enfant est une cible nouvelle définit également, en creux, par ses adresses, ses titres et ses contenus, ce destinataire singulier : l’enfant n’est pas l’adolescent, et des différences genrées se font jour, à partir de l’adolescence justement (âge pour lequel se développe, par exemple, un Journal des demoiselles). Ces scansions renvoient, sans nécessairement les recouvrir entièrement, aux seuils d’âge des discours médicaux, pédagogiques et juridique. Peut-on, à partir de là, penser l’enfant comme un sujet, comme se le demande Amélie Caldérone (Calderone, 2018) ? Cette question se pose au regard des représentations évoquées plus haut de Balzac, Hugo ou Sand (pour ne citer qu’eux), qu’il s’agisse de textes romanesques ou d’écrits autobiographiques : dans Histoire de ma vie, par exemple, donnant toute leur place au regard et aux perceptions enfantines, George Sand élabore une singularité de la subjectivité enfantine. Le développement de toute une culture matérielle de l’enfance pourrait aller dans ce sens, même si, comme le souligne Alexandre Frondizi, il faut bien avoir à l’esprit la diversité d’expérience sociales que recouvrent les termes « enfant » ou « enfance », qui est aussi « un âge de classe » (A. Frondizi, 2018).</p> <p>Ainsi, dans la temporalité particulière se déployant entre le début de la monarchie de Juillet et avant que l’école ne devienne le centre de gravité autour duquel penser les conditions enfantines sous la Troisième République, tout un ensemble de discours, y compris artistiques, concourt à élaborer une – ou des – figure(s) nouvelle(s) de l’enfance.</p> <p>Dans les quelques exemples évoqués, l’enfance apparait régulièrement comme un espace de tension entre « les droits de l’ordre social » (centrés sur différentes instances institutionnelles, familiale, étatiques et ecclésiastiques), les droits de protection de l’enfant (en développement au XIXe siècle) et « les droits de l’homme » (qui pensent l’émancipation) (D. Youf, 2011), bref, comme un puissant catalyseur de luttes institutionnelles et idéologiques, ce qui n’est sans doute pas si étonnant dans une période politique de tensions et de constructions autour de l’idéal démocratique.</p> <p>L’ambition de cette journée d’étude est de croiser les perspectives disciplinaires pour examiner la manière dont les jonctions ou les conflits entre ces discours éclairent l’institutionnalisation du statut de l’enfant, mettent en lumière des points devenus aveugles dans la pensée de l’enfance, et le cas échéant, configurent une altérité de l’enfance. D’une part, on pourra se demander comment caractériser et cartographier cette abondante « littérature » dans et en dehors de ces champs disciplinaires spécifiques. D’autre part, on pourra questionner la manière de considérer les discours – scientifiques, pédagogiques, juridiques, médicaux et littéraires – qui essaiment autour de l’enfant.</p> <p>Par exemple : comment ces différents discours se croisent-ils ? Dans quels lieux ? Dans quels types de représentations ? Celles-ci font-elles émerger des enfances spécifiques ?  La littérature permet-elle de construire des représentations singulières de l’enfance ? Participe-t-elle à l’élaboration et à la diffusion d’imaginaires institutionnels ? Si oui, dans quelle mesure et selon quelles périodisations ?</p> <p>Plusieurs axes d’étude et plusieurs approches méthodologiques pourront être envisagés (analyse des discours, analyse littéraire, approche historienne, etc.)</p> <p>Les propositions (3000 à 5000 signes), accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer avant le 30 septembre 2026 à : <a href="mailto:marion.mas@umontpellier.fr">marion.mas@umontpellier.fr</a> et <a href="mailto:michael.pouteyo@umontpellier.fr">michael.pouteyo@umontpellier.fr</a>.</p> <p>Journée d’étude organisée par Marion Mas et Michaël Pouteyo (Lirdef), à la faculté d’Éducation, Université de Montpellier, 15 janvier 2027.</p> <p><strong>Bibliographie indicative (et non exhaustive)</strong> </p> <p>-              Ariès, P. (1970), <em>L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime</em>, Seuil.</p> <p>-              Barrandon, A. (2019), « La parenthèse médico-pédagogique : une tentative éphémère d’assistance de l’enfant aliéné à la fin du xixe siècle », <em>Revue d'histoire du XIXe siècle</em>, 58 | 2019, p. 229-248.</p> <p>-              Becchi, E., Julia, D. (1998). <em>Histoire de l’enfance</em>. Tome II : <em>Du xviiie siècle à nos jours</em>, Seuil.</p> <p>-              Berthiaud, Emmanuelle, et al. (dir.). (2021), <em>Prévenir, accueillir, guérir. La médecine des enfants de l’époque moderne à nos jours</em>. Presses universitaires du Septentrion.</p> <p>-              Biet, C. (2002), <em>Droit et littérature sous l’Ancien Régime</em>, Honoré Champion.</p> <p>-              Caldérone, A. (2018). « Les voix lointaines du jeune lecteur dans la presse de jeunesse du XIXe siècle : entre lectorat effectif à créer et sujet idéal à former », dans Stiénon V. &amp; Absalyamova É., <em>Les Voix du lecteur dans la presse française du XIXe siècle</em>, Limoges, Presses Universitaires de Limoges, « Médiatextes », p. 99-115.</p> <p>-              Chauvau, F. (1995), « Gavroche et ses pairs. Aspects de la violence politique dans le groupe enfantin », <em>Culture et conflits. La Violence politique des enfants</em>, 18. <a href="https://journals.openedition.org/conflits/463">https://journals.openedition.org/conflits/463</a></p> <p>-              Chevalier, L. (1958), <em>Classes laborieuses et classes dangereuses</em>, Plon.</p> <p>-              Desrayaud, A. (2012). « Le père dans le Code civil, un magistrat domestique ». <em>Napoleonica. La Revue</em>, 14(2), p. 3-24.</p> <p>-              Frondizi, A. (2023). « Les Gavroches de 1848. Enfance combattante et justice d’exception après les journées de juin », <em>Romantisme</em>, 201, p.79-90.</p> <p>-              Gutman, D. (2003), notice « Enfant », dans D. Salas et S. Rials (dir.), <em>Dictionnaire de la culture juridique</em>, PUF, p. 613-614.</p> <p>-              Jablonka, I. (2006), « Les Droits de l’enfant abandonné (1811-2003), Cahiers de la recherche sur les droits fondamentaux, n°5 « l’Enfant », p. 23-30.</p> <p>-              Le Bras, A. (2018), <em>Un enfant à l’asile - Vie de Paul Taesch (1874-1914)</em>, CNRS Éditions.</p> <p>-              Luc, J.-N. (1989), « A trois ans l’enfant devient intéressant … : la découverte médicale de la seconde enfance (1750-1900) », <em>Revue d’histoire moderne et contemporaine</em>, 36/1, p. 83-112.</p> <p>-              Luc, J.-N. (2010), « Je suis petit mais important. La scolarisation des jeunes enfants en France du début du XIXe siècle à nos jours », <em>Carrefours de l’éducation</em>, 30/2, p. 9-22.</p> <p>-              Manson, M., Renonciat, A. (2012), « La Culture matérielle de l’enfance : un nouvel horizon de recherche », <em>Strenae</em>, 4, <a href="https://journals.openedition.org/strenae/600">https://journals.openedition.org/strenae/600</a>.</p> <p>-              Marcoin, F. (2006), <em>Librairie de jeunesse et littérature industrielle au XIXe siècle</em>, Honoré Champion.</p> <p>-              Perrot, M. (1989), « L’enfance révolutionnée par la révolution ? parents et enfants au XIXe siècle », dans M.-F. Lévy (dir.), <em>L'enfant, la famille et la Révolution française</em>, Plon, p. 401-412.</p> <p>-              Picaper, F. (1995), <em>L’enfant dans le roman français du XIXe siècle (1850-1914)</em>, thèse.</p> <p>-              Pierre, E. &amp; Dupont-Bouchat, M.-P. (2001), <em>Enfance et justice au XIXe siècle</em>, PUF.</p> <p>-              Querrien, A. (2005), <em>L’école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?</em>, Empêcheurs de tourner en rond.</p> <p>-              Plaisance, É. (2000), <em>Revue française de Pédagogie</em>, n°130.</p> <p>-              Soléranski, M. (2021). « Le Théâtre des jeunes élèves de Louis Comte » dans Pauline Beaucé et al., <em>Les espaces du spectacle vivant dans la ville</em>, Presses universitaires Blaise-Pascal, p. 181-202, [https://doi.org/10.4000/13r2m.]</p> <p>-              Vaillant, A. (2008). <em>Littérature de jeunesse Francis Marcoin, Librairie de jeunesse et littérature industrielle au XIXe siècle</em>, Paris, Honoré Champion, coll. « Histoire culturelle de l’Europe », 2006, 893 p. Romantisme, 139(1).</p> <p>-              Vigarello, G. (2005), « L'intolérable de la maltraitance infantile Genèse de la loi sur la protection des enfants maltraités et moralement abandonnés en France », dans P. Bourdelais et É. Fassin (dir.), <em>Les Constructions de l’intolérable</em>, La Découverte, p.111-127.</p> <p>-              Youf, D. (2011), « Seuils juridiques d’âge : du droit romain aux droits de l’enfant », <em>Société et jeunesse en difficulté</em>, n°11.</p> <p>-              Yvorel, J.-J. (2006). Brève histoire de l'hébergement des mineurs de justice. <em>Les Cahiers Dynamiques</em>, 37(1), p. 24-27 ;</p> <p>-              Yvorel, J.-J. (2019). Justice des mineurs et « traitement sanitaire de la question sociale » : une vieille histoire ? Commentaire. <em>Sciences sociales et santé</em>, 37(2), p. 31-38.</p> <p> </p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Le lien biologique à l'épreuve : violences, conflits et métamorphoses desrelations familiales dans la fiction espagnole contemporaine (XIX-XX-XXIe siècles) (Colegio de España à Paris)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135634/le-lien-biologique-a-l-epreuve-violences-conflits-et-metamorphoses.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 06:25:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>                                                                                Appel à communications - Journée d'études doctorales – Narrativa Española Contemporánea                                                                                « Le lien biologique à l'épreuve : violences, conflits et métamorphoses des relations familiales dans la fiction                   espagnole contemporaine (XIX-XX-XXIème siècles) » Organisation :- Adrien Almeida (Université Bordeaux Montaigne, AMERIBER/ Université Gustave Eiffel)- Claire Fabre (Université Bordeaux Montaigne, AMERIBER) La famille, en tant qu'institution sociale et structure affective, constitue depuis longtemps un topos privilégié de la littérature espagnole. Des romans picaresques du Siècle d'Or aux récits familiaux dix-neuvièmistes, en passant par les œuvres ouvrant le XXème siècle et ceux appartenant à la période franquiste et postfranquiste, la représentation des liens familiaux a constamment interrogé les rapports de pouvoir, les mécanismes de transmission [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135634_3a59deac760566f6293667be31ed4f9f.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135634_3a59deac760566f6293667be31ed4f9f.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">                                                                               <strong> Appel à communications - Journée d'études doctorales – Narrativa Española Contemporánea</strong><br /><strong>                                                                                « Le lien biologique à l'épreuve : violences, conflits et métamorphoses des relations familiales dans la fiction                   espagnole contemporaine (XIX-XX-XXIème siècles) »</strong></p> <p><strong>Organisation :</strong><br />- Adrien Almeida (Université Bordeaux Montaigne, AMERIBER/ Université Gustave Eiffel)<br />- Claire Fabre (Université Bordeaux Montaigne, AMERIBER)</p> <p>La famille, en tant qu'institution sociale et structure affective, constitue depuis longtemps un topos privilégié de la littérature espagnole. Des romans picaresques du Siècle d'Or aux récits familiaux dix-neuvièmistes, en passant par les œuvres ouvrant le XXème siècle et ceux appartenant à la période franquiste et postfranquiste, la représentation des liens familiaux a constamment interrogé les rapports de pouvoir, les mécanismes de transmission et les processus d'individuation. Toutefois, la production fictionnelle espagnole contemporaine se caractérise par une intensification remarquable de la représentation des violences intrafamiliales et par une mise en question radicale du lien biologique comme<br />fondement naturel et incontestable de l'appartenance familiale. Cette évolution s'inscrit dans un contexte socio historique marqué par ce que le sociologue Julio Iglesias de Ussel nomme le passage « de una sociedad de familias a una sociedad de individuos ». La démocratisation de l'Espagne, l'émancipation progressive des femmes, la reconnaissance juridique de nouvelles formes de conjugalité et de parentalité, ainsi que la sécularisation accélérée de la société ont profondément transformé les structures familiales traditionnelles. Ces mutations sociologiques trouvent un écho puissant dans la fiction contemporaine, où les œuvres de Camilo José Cela, Almudena Grandes, Sara Mesa, Edurne Portela, Najat El Hachmi, Cristina Morales, ou encore Aixa de la Cruz mettent en scène des familles dysfonctionnelles, des violences transgénérationnelles et des trajectoires de rupture avec les héritages imposés. Comment la fiction espagnole contemporaine représente-t-elle la mise en crise du lien biologique comme fondement de la famille, et quels processus de métamorphose identitaire, corporelle et relationnelle met-elle en scène pour penser l'émergence de nouvelles formes de « faire famille » dans un contexte marqué par l'omniprésence des violences intrafamiliales ?</p> <p>Cette question centrale se décline en plusieurs interrogations subsidiaires :<br />• Quelles formes de violence familiale (directe, structurelle, symbolique) la fiction contemporaine privilégie-t-elle, et comment ces représentations dialoguent-elles avec les transformations sociohistoriques de la famille espagnole post-franquiste ?<br />• Par quels procédés narratifs, symboliques et génériques les auteurs et autrices représentent-ils les trajectoires de rupture, de résilience et de reconstruction identitaire des personnages confrontés à la violence familiale ?<br />• Comment la fiction interroge-t-elle les normes de genre, les injonctions corporelles et les scripts identitaires transmis par la famille, et quelles formes de subversion ou de<br />réappropriation met-elle en scène ?<br />• Quels modèles alternatifs de famille (posfamilia, familles électives, réseaux affinitaires) émergent dans la fiction contemporaine, et comment ces configurations redéfinissent-elles les notions d'appartenance, de filiation et de transmission ?</p> <p>Les propositions peuvent porter sur des œuvres romanesques publiées au XIX, XX et XXIème siècles et, par conséquent, mettre en exergue des familles espagnoles de ces diverses époques.</p> <p><strong>Bibliographie indicative</strong><br />[1] Iglesias de Ussel, J. (1998). La familia y el cambio político en España. Madrid: Tecnos.<br />[2] Galtung, J. (1969). Violence, Peace, and Peace Research. Journal of Peace Research, 6(3), 167-191.<br />[3] Bourdieu, P. (1998). La domination masculine. Paris: Seuil.<br />[4] Beck, U., &amp; Beck-Gernsheim, E. (2002). Individualization: Institutionalized Individualism and its Social and Political Consequences. London: Sage.<br />[5] Ricœur, P. (1990). Soi-même comme un autre. Paris: Seuil.<br />[6] Butler, J. (1990). Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity. New York: Routledge.<br />[7] Cyrulnik, B. (1999). Un merveilleux malheur. Paris: Odile Jacob.<br />[8] Morgan, D. H. J. (1996). Family Connections: An Introduction to Family Studies. Cambridge: Polity Press.<br />[9] Segalen, M. (2010). Sociologie de la famille (8e éd.). Paris: Armand Colin.</p> <p><strong>Modalités de soumission</strong><br /><strong>Format des propositions</strong><br />Les propositions de communication, rédigées en français ou en espagnol, devront comporter :<br />1. Un titre provisoire de la communication<br />2. Un résumé de 300 à 500 mots présentant :<br />• La problématique et les objectifs de la communication<br />• Le corpus d'œuvres analysées (avec références bibliographiques complètes)<br />• Le cadre théorique et méthodologique mobilisé<br />• Les principaux axes d'analyse<br />• 5 mots-clés maximum<br />3. Une notice biobibliographique de 100 mots maximum (nom, prénom, institution de rattachement, année de thèse, directeur/directrice, titre provisoire de la thèse, principaux axes de recherche)</p> <p><strong>Modalités de participation</strong><br />La journée d’ études se tiendra au Colegio de España à Paris. Les communications en modalité hybride sont possibles mais nous vous prions de privilégier le présentiel. La journée d’études donnera lieu à la publication d’un numéro dans la revue Narradoc de la NEC+ qui est accessible en ligne. La participation à la journée d’études ne vaut pas engagement de publication, les textes remis à l’issue de celle-ci devant être soumis à expertises.</p> <p><strong>Calendrier</strong><br />• Date limite de soumission des propositions : 10 novembre 2026<br />• Notification d'acceptation : 10 décembre 2026<br />• Date de la journée d'études : 15 mai 2027<br />• Durée des communications : 20 minutes, suivies de 10 minutes de discussion</p> <p><strong>Adresse de soumission</strong><br />Les propositions sont à envoyer aux adresses suivantes :<br /><a href="mailto:adrien.almeida@univ-eiffel.fr">adrien.almeida@univ-eiffel.fr</a><br /><a href="mailto:claire.fabre@u-bordeaux-montaigne.fr">claire.fabre@u-bordeaux-montaigne.fr</a></p> <p></p>]]></content:encoded>
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      <title>Femmes, une minorité paradoxale dans les mondes hispaniques : domination, visibilité et émancipation (Paris)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135633/femmes-une-minorite-paradoxale-domination-visibilite-et-emancipation-journee-d-etudes.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 05:37:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Cette journée d’études, organisée dans le cadre du réseau sur « Les minorités dans les mondes hispaniques », propose d’explorer la condition féminine à travers un paradoxe : bien que constituant la moitié de l’humanité, les femmes ont souvent été reléguées, dans l’histoire et ses représentations, au statut de « minorité ». L’objectif de cette journée est d’analyser la tension constante entre les structures de domination et les stratégies de visibilisation et d’émancipation déployées par les femmes du Moyen Âge à nos jours.  Les thématiques suivantes seront abordées : le féminin dans la langue et les stéréotypes, la situation de la femme juive dans l’Espagne du Moyen Âge, l’écriture féminine au Siècle d’or, la femme romancière dans l’Amérique du Sud, la femme mapuche à travers sa poésie émancipatrice, les autrices de bandes dessinées espagnoles et les représentations de la femme dans la littérature de jeunesse et dans le cinéma. Un débat final permettra d’ouvrir des perspectives de travail. Ce bref colloque aura lieu au Colegio de España à Paris le 28 septembre 2026. Découvrir le programme…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135633_e560628106793984a93bf8923f662e1b.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135633_e560628106793984a93bf8923f662e1b.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Cette journée d’études, organisée dans le cadre du réseau sur « Les minorités dans les mondes hispaniques », propose d’explorer la condition féminine à travers un paradoxe : bien que constituant la moitié de l’humanité, les femmes ont souvent été reléguées, dans l’histoire et ses représentations, au statut de « minorité ». L’objectif de cette journée est d’analyser la tension constante entre les structures de domination et les stratégies de visibilisation et d’émancipation déployées par les femmes du Moyen Âge à nos jours. </p> <p>Les thématiques suivantes seront abordées : le féminin dans la langue et les stéréotypes, la situation de la femme juive dans l’Espagne du Moyen Âge, l’écriture féminine au Siècle d’or, la femme romancière dans l’Amérique du Sud, la femme mapuche à travers sa poésie émancipatrice, les autrices de bandes dessinées espagnoles et les représentations de la femme dans la littérature de jeunesse et dans le cinéma. Un débat final permettra d’ouvrir des perspectives de travail.</p> <p>Ce bref colloque aura lieu au Colegio de España à Paris le 28 septembre 2026.</p> <p><strong><a href="https://www.fabula.org/bo/v">Découvrir le programme…</a></strong></p>]]></content:encoded>
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      <title>Le cinéma de Teresa Villaverde: poétique des désorientations (Université de Poitiers)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135632/le-cinema-de-teresa-villaverde-poetique-des-desorientations.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 04:58:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Journée d'étude  "Le cinéma de Teresa Villaverde : poétique des désorientations" Université de Poitiers Organisation : Robert Bonamy et Sandra Teixeira (Laboratoire FORELLIS, Université de Poitiers) Teresa Villaverde est l’une des cinéastes les plus singulières du cinéma européen contemporain. Révélée par A Idade Maior (1991) et reconnue pour plusieurs films marquants, dont Os Mutantes (1998) et Transe (2006), elle a fait l’objet d’une rétrospective intégrale au Centre Pompidou en 2019. Pourtant, cette reconnaissance n’a suscité aucune publication monographique et aucun travail universitaire d’envergure. Cette lacune, surprenante au regard de la densité de son œuvre, nous conduit à l’organisation de cette journée d’étude le 11 mars 2027. Le titre « poétique des désorientations » entend mesurer la pluralité des registres dans lesquels la désorientation opère chez Villaverde. Désorientation des personnages d’abord : jeunes errants, corps en fuite ou en retrait, traversant des espaces urbains et périphériques - banlieues lisboètes, hôtels sans ancrage d’Europe centrale dans Transe, plages fluviales du Tage dans Colo (2017). Désorientation géographique et politique ensuite : les films s’inscrivent dans une histoire du Portugal post-révolutionnaire, tout en interrogeant la pauvreté et la violence des institutions. Son plus récent long métrage, Justa (2025) s’engage sur les terrains calcinés par [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135632_a1907f35648f89fccb8c8be0f761180c.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135632_a1907f35648f89fccb8c8be0f761180c.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>Journée d'étude </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>"Le cinéma de Teresa Villaverde : poétique des désorientations"</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Université de Poitiers</strong></p> <p style="text-align:center;">Organisation : Robert Bonamy et Sandra Teixeira (Laboratoire FORELLIS, Université de Poitiers)</p> <p>Teresa Villaverde est l’une des cinéastes les plus singulières du cinéma européen contemporain. Révélée par <strong><em>A Idade Maior</em> (1991)</strong> et reconnue pour plusieurs films marquants, dont <strong><em>Os Mutantes </em>(1998) </strong>et <strong><em>Transe </em>(2006)</strong>, elle a fait l’objet d’une rétrospective intégrale au Centre Pompidou en 2019. Pourtant, cette reconnaissance n’a suscité aucune publication monographique et aucun travail universitaire d’envergure. Cette lacune, surprenante au regard de la densité de son œuvre, nous conduit à l’organisation de cette <strong>journée d’étude le 11 mars 2027</strong>.</p> <p>Le titre « poétique des désorientations » entend mesurer la pluralité des registres dans lesquels la désorientation opère chez Villaverde. Désorientation des personnages d’abord : jeunes errants, corps en fuite ou en retrait, traversant des espaces urbains et périphériques - banlieues lisboètes, hôtels sans ancrage d’Europe centrale dans Transe, plages fluviales du Tage dans <strong><em>Colo</em> (2017).</strong> Désorientation géographique et politique ensuite : les films s’inscrivent dans une histoire du Portugal post-révolutionnaire, tout en interrogeant la pauvreté et la violence des institutions. Son plus récent long métrage, <strong><em>Justa</em> (2025)</strong> s’engage sur les terrains calcinés par l’incendie de Pedrógão Grande. Teresa Villaverde y construit une fiction de la mémoire hantée et des corps brulés, inscrivant le drame dans une réflexion sur la perte et la survivance. La désorientation est ainsi aussi celle du réalisme lui-même. La mise en scène de Villaverde, selon un sens particulièrement remarquable du cadrage et du montage, côtoie des tonalités fantastiques. L’analyse esthétique approfondie de ses films devra s’engager dans la texture même des plans et du montage, sans en rester à des évocations thématiques.</p> <p>Ses réalisations documentaires ne doivent être en aucune manière négligées, notamment dans leur capacité à proposer une réflexion sur la création, y compris dans d’autres disciplines artistiques et à la faveur d’autres médiums (dont la musique et la danse, en articulation avec des terrains politiques). En 2003, elle réalise <em><strong>A Favor da Claridade</strong></em>, documentaire commandé par la 50e Biennale de Venise sur l’artiste plasticien Pedro Cabrita Reis. <strong><em>Six Portraits of Pain</em></strong> (court métrage documentaire expérimental, 2018 ; réalisé à partir d’une composition du musicien portugais António Pinho Vargas) et <strong><em>Où en êtes-vous, Teresa Villaverde ?</em></strong> (court métrage documentaire, 2019) constituent aussi des films décisifs. Pour le film de 2019, commandé par le Centre Pompidou, Teresa Villaverde se rend à Rio de Janeiro, qui fête son carnaval après l’élection de Jair Bolsonaro. Le film se concentre sur l’école de samba de Mangueira, qui dédie son hymne aux communautés oubliées et à Marielle Franco.</p> <p>Cette journée d’étude souhaite réunir des contributions en esthétique du cinéma, en études portugaises et lusophones privilégiant des approches culturelles et historiques ainsi qu’en études de genre, afin de construire un premier espace d’étude à la hauteur de cette œuvre insuffisamment considérée à ce jour. Un partenariat avec le cinéma TAP Castille est à l’étude afin de proposer en parallèle de cette JE une rétrospective de plusieurs films de la cinéaste.</p> <p><br /><strong>Axes possibles :</strong><br />- Analyses filmiques des formes, des modalités figuratives et des récits, dans la fiction et/ou le documentaire.<br />- Teresa Villaverde aux prises avec le Portugal contemporain : portrait d’une jeunesse incomprise, traversée des tensions socio-économiques, interrogation des politiques sociales.<br />- Espaces et paysages dans l’œuvre de Teresa Villaverde.<br />- L’esthétique de Teresa Villaverde : influences et héritages (ou comment les cinéastes se sont inspiré·es de son œuvre).<br />- L’œuvre de Teresa Villaverde au prisme des études de genre</p> <p><br />Les propositions résumées d’articles peuvent être rédigées <strong>en français, anglais ou portugais</strong> et devront comprendre le nom, affiliation, adresse mail et quelques lignes de présentation de l’auteur.e, ainsi qu’une proposition de titre et un résumé de 2 000 à 3 000 caractères (espaces comprises). Elles doivent être envoyées à <a href="mailto:robert.bonamy@univ-poitiers.fr">robert.bonamy@univ-poitiers.fr</a> et <a href="mailto:sandra.teixeira@univ-poitiers.fr">sandra.teixeira@univ-poitiers.fr</a> <strong>avant le 30 septembre 2026.</strong></p> <p><br /><strong>Comité scientifique</strong> : Robert Bonamy, Corinne Maury, Alexandre Moussa et Sandra Teixeira (Université de Poitiers) ; Rémi Fontanel (Université Lumière-Lyon 2) ; Marc Gruas (Université Toulouse-Jean Jaurès); Anabela Oliveira (UTAD-Universidade de Vila Real) ; Agnès Pellerin (chercheuse INET-md/ Universidade Nova de Lisbonne-FCSH).</p> <p> </p>]]></content:encoded>
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      <title>Textimage, n° 19 : "Quignard en images" (dir. Maxime Cartron)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135631/textimage.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 04:48:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution_revue</category>
      <description>Revue Textimage, n°19 : Quignard en images dir. Maxime Cartron L’œuvre de Pascal Quignard, c’est presque un truisme de l’écrire, vit et respire par l’image ; elle se nourrit du dialogue avec les artistes et les peintres au moins autant que de celui avec les musiciens. Il semble donc qu’elle fournisse un champ d’investigation idéal pour aborder le thème Un auteur en images, puisqu’elle peut couvrir toutes les déclinaisons de cette formule, comme le montrent les articles rassemblés ici. Sommaire Entretien avec Bernard Vouilloux Lecture, écriture et rhétoriques de l’image Irène Fenoglio L’image comme antériorité sensible de l’écriture chez Pascal Quignard Agnès Cousin de Ravel Quignard, de la page à la scène, le texte et l’image en face à face Mina Norouzi et Allahshokr Assadollahi Quignard, ou l’art du récit en image Gilles Declercq Lector errabundus. Images quignardiennes et rhétorique de la lecture Noir quignardien Mireille Calle-Gruber il fait venir l’image d’un théâtre obscurément.Pascal Quignard dans l’œil de la ténèbre Jonathan Degenève Rencontre sur fond noir entre le texte et l’imagedans La Nuit sexuelle de Pascal Quignard Stéphanie Boulard Noir comme corbeau. Les dessins de Pascal Quignard Peintures et gravures Stella Spriet La peinture dans l’œuvre de Pascal Quignard : une porteouverte sur l’autre [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135631_4085f9f7200ab87ebd242f2ee771f94c.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135631_4085f9f7200ab87ebd242f2ee771f94c.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong><a href="https://revue-textimage.com/sommaire/sommaire_25quignard_images.html"><em>Revue Textimage</em>, n°19 : <em>Quignard en images</em></a></strong></p> <p><strong>dir. Maxime Cartron</strong></p> <p>L’œuvre de Pascal Quignard, c’est presque un truisme de l’écrire, vit et respire par l’image ; elle se nourrit du dialogue avec les artistes et les peintres au moins autant que de celui avec les musiciens. Il semble donc qu’elle fournisse un champ d’investigation idéal pour aborder le thème <em>Un auteur en images</em>, puisqu’elle peut couvrir toutes les déclinaisons de cette formule, comme le montrent les articles rassemblés ici.</p> <p><strong><a href="https://revue-textimage.com/sommaire/sommaire_25quignard_images.html">Sommaire</a></strong></p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/vouilloux1.html">Entretien avec Bernard Vouilloux</a></p> <p><strong>Lecture, écriture et rhétoriques de l’image</strong></p> <p>Irène Fenoglio</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/fenoglio1.html">L’image comme antériorité sensible de l’écriture chez Pascal Quignard</a></p> <p>Agnès Cousin de Ravel</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/cousinderavel1.html">Quignard, de la page à la scène, le texte et l’image en face à face</a></p> <p>Mina Norouzi et Allahshokr Assadollahi</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/norouzi-assadollahi1.html">Quignard, ou l’art du récit en image</a></p> <p>Gilles Declercq</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/declercq1.html"><em>Lector errabundus</em>. Images quignardiennes et rhétorique de la lecture</a></p> <p><strong>Noir quignardien</strong></p> <p>Mireille Calle-Gruber</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/calle-gruber1.html">il fait venir l’image d’un théâtre obscurément.</a><br /><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/calle-gruber1.html">Pascal Quignard dans l’œil de la ténèbre</a></p> <p>Jonathan Degenève</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/degeneve1.html">Rencontre sur fond noir entre le texte et l’image</a><br /><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/degeneve1.html">dans <em>La Nuit sexuelle</em> de Pascal Quignard</a></p> <p>Stéphanie Boulard</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/boulard1.html">Noir comme corbeau. Les dessins de Pascal Quignard</a></p> <p><strong>Peintures et gravures</strong></p> <p>Stella Spriet</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/spriet1.html">La peinture dans l’œuvre de Pascal Quignard : une porte</a><br /><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/spriet1.html">ouverte sur l’autre monde</a></p> <p>Clément Girardi</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/girardi1.html">Natures mortes chez Pascal Quignard</a></p> <p>Marouene Souab</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/souab1.html">La picturalisation du Jadis chez Quignard</a></p> <p>Alexandre Solans</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/solans1.html">L’énigme au fond du puits : écrire Lascaux, de Bataille à Quignard</a></p> <p>Damien Fortin</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/fortin1.html">Les ombres bleues de la vengeance. A propos de</a><br /><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/fortin1.html"><em>La Frontière</em> de Pascal Quignard</a></p> <p>Maxime Cartron</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/cartron1.html">Les réunions du sensible : résurgence des images et</a><br /><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/cartron1.html">« retentissements de l’émotion » dans <em>L’Amour, la Mer</em></a></p> <p></p>]]></content:encoded>
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      <title>Jean Galbert de Campistron, Théâtre complet. Tome II. Tragédies (Ruoting Ding, Céline Fournial, Caroline Labrune et Yasmine Loraud, éd.)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135630/jean-galbert-de-campistron-theatre-complet-tome-ii-tragedies.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 04:35:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <description>Jean Galbert de Campistron Théâtre complet. Tome II. Tragédies Édition de Ruoting Ding, Céline Fournial, Caroline Labrune et Yasmine Loraud Paris, Classiques Garnier, coll. « Bibliothèque du théâtre français », n° 124, 2026. Le deuxième tome du Théâtre complet de Jean Galbert de Campistron rassemble plusieurs tragédies aussi bien publiées aux XVIIe et XVIIIe siècles que restées manuscrites. Cette édition permet au lecteur de découvrir et d’apprécier l’œuvre d’un des dramaturges majeurs du règne de Louis XIV. Table des matières Existe également en version reliée - EAN 9782406205142 - au prix de 112 euros</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135630_7be042e5aa4c935e2d9c2a5942423f92.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135630_7be042e5aa4c935e2d9c2a5942423f92.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Jean Galbert de Campistron</strong></p> <p><strong><em>Théâtre complet. Tome II. Tragédies</em></strong></p> <p><strong>Édition de Ruoting Ding, Céline Fournial, Caroline Labrune et Yasmine Loraud</strong></p> <p>Paris, Classiques Garnier, coll. « Bibliothèque du théâtre français », n° 124, 2026.</p> <p>Le deuxième tome du <em>Théâtre complet</em> de Jean Galbert de Campistron rassemble plusieurs tragédies aussi bien publiées aux XVIIe et XVIIIe siècles que restées manuscrites. Cette édition permet au lecteur de découvrir et d’apprécier l’œuvre d’un des dramaturges majeurs du règne de Louis XIV.</p> <p><a href="https://classiques-garnier.com/campistron-jean-galbert-de-theatre-complet-tome-ii-tragedies.html">Table des matières</a></p> <p>Existe également en version reliée - EAN 9782406205142 - au prix de 112 euros</p>]]></content:encoded>
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      <title>Rossella Saetta Cottone, Aristophane et l'art de l’injure. Poétique et pragmatique</title>
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      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 04:19:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution</category>
      <description>Rossella Saetta Cottone Aristophane et l'art de l’injure. Poétique et pragmatique Paris, Classiques Garnier, coll. « Kaïnon - Anthropologie de la pensée ancienne », n° 34, 2026. Comment agit l’injure dans les comédies d’Aristophane (Ve siècle av. J.-C.) ? En prenant en compte la spécificité du contexte théâtral, l’histoire des genres poétiques, et le rôle de l’injure dans la dramaturgie comique et dans la définition de la poétique de l’auteur, on tente de répondre à cette interrogation. Table des matières Existe également en version reliée - EAN 9782406202950 - au prix de 92 euros</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135629_053859fffcb050529a40dbeffb3c8f17.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135629_053859fffcb050529a40dbeffb3c8f17.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Rossella Saetta Cottone</strong></p> <p><strong><em>Aristophane et l'art de l’injure. Poétique et pragmatique</em></strong></p> <p>Paris, Classiques Garnier, coll. « Kaïnon - Anthropologie de la pensée ancienne », n° 34, 2026.</p> <p>Comment agit l’injure dans les comédies d’Aristophane (Ve siècle av. J.-C.) ? En prenant en compte la spécificité du contexte théâtral, l’histoire des genres poétiques, et le rôle de l’injure dans la dramaturgie comique et dans la définition de la poétique de l’auteur, on tente de répondre à cette interrogation.</p> <p><a href="https://classiques-garnier.com/aristophane-et-l-art-de-l-injure-poetique-et-pragmatique.html">Table des matières</a></p> <p>Existe également en version reliée - EAN 9782406202950 - au prix de 92 euros</p>]]></content:encoded>
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      <title>Alkemie, 2026 – 1, n° 37 : "L'angoisse"</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135628/alkemie.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 04:08:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>Alkemie. Revue semestrielle de littérature et philosophie 2026 – 1, n° 37. L'angoisse Sous la direction de Răzvan Enache et Mihaela-Genţiana Stănişor Paris, Classiques Garnier, coll. « Alkemie », n° 37, 2026. Francophone et internationale, Alkemie est une revue semestrielle de littérature et philosophie. Elle bénéficie du soutien d’universitaires, de philosophes, d’écrivains reconnus. Sommaire… Lire les résumés…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135628_4317d290b8d519c1c53046a58dbb4dbc.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135628_4317d290b8d519c1c53046a58dbb4dbc.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong><em>Alkemie. Revue semestrielle de littérature et philosophie </em>2026 – 1, n° 37. L'angoisse</strong></p> <p><strong>Sous la direction de Răzvan Enache et Mihaela-Genţiana Stănişor</strong></p> <p>Paris, Classiques Garnier, coll. « Alkemie », n° 37, 2026.</p> <p>Francophone et internationale, <em>Alkemie </em>est une revue semestrielle de littérature et philosophie. Elle bénéficie du soutien d’universitaires, de philosophes, d’écrivains reconnus.</p> <p><strong><a href="https://classiques-garnier.com/alkemie-2026-1-revue-semestrielle-de-litterature-et-philosophie-n-37-l-angoisse.html">Sommaire…</a></strong></p> <p><a href="https://classiques-garnier.com/export/pdf/alkemie-2026-1-revue-semestrielle-de-litterature-et-philosophie-n-37-l-angoisse-resumes.html?displaymode=full"><strong>Lire les résumés…</strong></a></p>]]></content:encoded>
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      <title>Jouda Sellami (dir.), Dérives guerrières dans la littérature française du Moyen Âge et du XVIe siècle</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135627/derives-guerrieres-dans-la-litterature-francaise-du-moyen-age-et-du-xvie-siecle.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 03:59:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <description>Dérives guerrières dans la littérature française du Moyen Âge et du XVIe siècle Sous la direction de Jouda Sellami Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », n° 728, série « Civilisation médiévale » n° 70, 2026. Les études présentées dans cet ouvrage tentent d’identifier et d’analyser les dérives guerrières inscrites dans l’histoire et la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance en analysant leurs modes et techniques de transcription ainsi que leur réception. Table des matières… Existe également en version reliée - EAN 9782406201649 - au prix de 79 EUR.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135627_3cb27c5f44be1fddaf3dfe7a3ebc9d29.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135627_3cb27c5f44be1fddaf3dfe7a3ebc9d29.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong><em>Dérives guerrières dans la littérature française du Moyen Âge et du XVIe siècle</em></strong></p> <p><strong>Sous la direction de Jouda Sellami</strong></p> <p>Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », n° 728, série « Civilisation médiévale » n° 70, 2026.</p> <p>Les études présentées dans cet ouvrage tentent d’identifier et d’analyser les dérives guerrières inscrites dans l’histoire et la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance en analysant leurs modes et techniques de transcription ainsi que leur réception.</p> <p><strong><a href="https://classiques-garnier.com/derives-guerrieres-dans-la-litterature-francaise-du-moyen-age-et-du-xvie-siecle.html">Table des matières…</a></strong></p> <p>Existe également en version reliée - EAN 9782406201649 - au prix de 79 EUR.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Corinne Fournier Kiss et Valentina Ponzetto (dir.), Sociabilités et spectacles chez George Sand</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135626/sociabilites-et-spectacles-chez-george-sand.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 03:45:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135626/sociabilites-et-spectacles-chez-george-sand.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Sociabilités et spectacles chez George Sand Sous la direction de Corinne Fournier Kiss et Valentina Ponzetto Paris, Classiques Garnier, coll. « Carrefour des lettres modernes », n° 19, 2026. Au point de rencontre entre pratiques sociales et mises en scène littéraires, les sociabilités sandiennes apparaissent indissociables du spectacle. L’ouvrage met en lumière la place de Sand au cœur d’amitiés internationales et interartistiques, et sa vision du spectacle comme coopération créatrice. Table des matières…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135626_620126aca99d5e7c498872de87175a08.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135626_620126aca99d5e7c498872de87175a08.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:left;"><strong><em>Sociabilités et spectacles chez George Sand</em></strong></p> <p style="text-align:left;"><strong>Sous la direction de Corinne Fournier Kiss et Valentina Ponzetto</strong></p> <p style="text-align:left;">Paris, Classiques Garnier, coll. « Carrefour des lettres modernes », n° 19, 2026.</p> <p style="text-align:left;">Au point de rencontre entre pratiques sociales et mises en scène littéraires, les sociabilités sandiennes apparaissent indissociables du spectacle. L’ouvrage met en lumière la place de Sand au cœur d’amitiés internationales et interartistiques, et sa vision du spectacle comme coopération créatrice.</p> <p style="text-align:left;"><strong><a href="https://classiques-garnier.com/sociabilites-et-spectacles-chez-george-sand.html">Table des matières…</a></strong></p>]]></content:encoded>
      <enclosure url="https://www.fabula.org/actualites/documents/135626_620126aca99d5e7c498872de87175a08.png" type="image/png" length="97992"/>
    </item>
    <item>
      <title>Emily Q. Shuman, Reflexivity in French Rap. More than a Mirror to the Republic</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135625/emily-q-shuman-reflexivity-in-french-rap-more-than-a-mirror-to-the-republic.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 03:43:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135625/emily-q-shuman-reflexivity-in-french-rap-more-than-a-mirror-to-the-republic.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Reflexivity in French Rap offers a new look at rap's position in the French cultural landscape. Emily Q. Shuman examines how French rappers hold up a mirror to themselves and to their social world, playing off the terms of debate over the music's aesthetic value and place in the French social imaginary. Shuman traces commonly held beliefs about French rap, from selectively legitimizing parallels to France's literary patrimony, to belief in its innate capacity to incite violence, to expectations that it performs racial difference, to lamentations of its commodified nature, to reinforcements of the mainstream media as its principal antagonist. However, rather than writing off these representations as distorted exterior gazes projected onto the music, Shuman instead shows how French rappers channel them into the lyrical, sonic, and visual qualities of their performances. Featuring rappers and groups such as MC Solaar, Médine, Booba, Tandem, Sniper, La Rumeur, Youssoupha, Abd al Malik, Casey, PNL, Alpha Wann, Shay, NTM, Keny Arkana, and Vald, this fascinating book finds that the richest knowledge that French rap produces about its social and political context is entwined with its meta-commentary on its aesthetic form and anticipated reception. Emily Q. Shuman is Assistant Professor of Francophone Cultures at [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135625_bb16ccda00feb61c3c9b88558137049a.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135625_bb16ccda00feb61c3c9b88558137049a.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Reflexivity in French Rap offers a new look at rap's position in the French cultural landscape. Emily Q. Shuman examines how French rappers hold up a mirror to themselves and to their social world, playing off the terms of debate over the music's aesthetic value and place in the French social imaginary. Shuman traces commonly held beliefs about French rap, from selectively legitimizing parallels to France's literary patrimony, to belief in its innate capacity to incite violence, to expectations that it performs racial difference, to lamentations of its commodified nature, to reinforcements of the mainstream media as its principal antagonist.</p> <p>However, rather than writing off these representations as distorted exterior gazes projected onto the music, Shuman instead shows how French rappers channel them into the lyrical, sonic, and visual qualities of their performances. Featuring rappers and groups such as MC Solaar, Médine, Booba, Tandem, Sniper, La Rumeur, Youssoupha, Abd al Malik, Casey, PNL, Alpha Wann, Shay, NTM, Keny Arkana, and Vald, this fascinating book finds that the richest knowledge that French rap produces about its social and political context is entwined with its meta-commentary on its aesthetic form and anticipated reception.</p> <p><strong>Emily Q. Shuman</strong> is Assistant Professor of Francophone Cultures at Radboud University. Her research focuses on questions of race, gender, and sexuality in contemporary French popular culture. She has previously published articles on French rap in <em>French Cultural Studies</em>, <em>Itinéraires. Littérature, textes, cultures</em>, and <em>Modern &amp; Contemporary France</em>.</p> <p>—</p> <p><strong>Contents</strong></p> <p>Introduction: "A Little Soft for Rebel Music": Negotiating French Rap's Representational Space<br />1:Literary Litmus Tests: Rap Artistry and the Figure of the Author<br />2:Poetic Injustice: Staging the Penalization of French Rap<br />3:Drawing in the Gaze: Reflexivity and the Performativity of Race in French Rap<br />4:Illicit Aesthetics: Market Cravings and Rap's Stupefying Appeal<br />5:Complicit Critiques: Rap's Immersion in the Media Landscape<br />Conclusion: <em>Validé, Nouvelle École</em>, and the Futures of French Rap's Reflexivity</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Albert Einstein, Pourquoi le socialisme ?</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135613/albert-einstein-pourquoi-le-socialisme.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 15:07:31 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135613/albert-einstein-pourquoi-le-socialisme.html</guid>
      <category>fabula_question_societe</category>
      <description>On connaît Einstein comme l’un des plus grands savants du xxᵉ siècle. On sait moins qu’il fut aussi un critique résolu du capitalisme. Publié en 1949, Pourquoi le socialisme ? est un texte bref, limpide, d’une remarquable clarté. En quelques pages, Einstein montre comment la recherche du profit dérègle l’économie, fragilise les individus et affaiblit la démocratie. À cette logique, il oppose l’idée d’une organisation économique tournée vers les besoins de tous, sans jamais sacrifier la liberté. Cette édition permet de redécouvrir un texte essentiel, mais aussi un Einstein politique trop souvent oublié : un penseur de l’éducation, de la démocratie et de la justice sociale. Albert Einstein (1879-1955), physicien parmi les plus importants du xxe siècle, fut aussi une figure intellectuelle majeure de son temps. John Bellamy Foster, éditeur de la Monthly Review et professeur émérite de sociologie à l’université de l’Oregon. — On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage : "La révolution politique d’Einstein", par Martino Lo Bue Pourquoi le socialisme ? propose la traduction de l’article qu’Albert Einstein écrivit en 1949 – et qui fut publié aux États-Unis par la Monthly Review – pour expliquer son adhésion aux idéaux du socialisme. À l’aide des deux essais [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135613_304f087dd517afaf06896df7d85190c0.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135613_304f087dd517afaf06896df7d85190c0.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p class="p2">On connaît Einstein comme l’un des plus grands savants du xxᵉ siècle. On sait moins qu’il fut aussi un critique résolu du capitalisme.</p> <p class="p2">Publié en 1949, <em>Pourquoi le socialisme ?</em> est un texte bref, limpide, d’une remarquable clarté. En quelques pages, Einstein montre comment la recherche du profit dérègle l’économie, fragilise les individus et affaiblit la démocratie. À cette logique, il oppose l’idée d’une organisation économique tournée vers les besoins de tous, sans jamais sacrifier la liberté.</p> <p class="p2">Cette édition permet de redécouvrir un texte essentiel, mais aussi un Einstein politique trop souvent oublié : un penseur de l’éducation, de la démocratie et de la justice sociale.</p> <p class="p2"><em>Albert Einstein (1879-1955), physicien parmi les plus importants du xxe siècle, fut aussi une figure intellectuelle majeure de son temps.</em></p> <p class="p2"><em>John Bellamy Foster, éditeur de la Monthly Review et professeur émérite de sociologie à l’université de l’Oregon.</em></p> <p class="p2">—</p> <p class="p2">On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage :</p> <p class="p2"><strong><a href="https://editionscritiques.fr/product/pourquoi-le-socialisme-albert-einstein/">"La révolution politique d’Einstein", par Martino Lo Bue</a></strong></p> <p class="p2"><em>Pourquoi le socialisme ?</em> propose la traduction de l’article qu’Albert Einstein écrivit en 1949 – et qui fut publié aux États-Unis par la Monthly Review – pour expliquer son adhésion aux idéaux du socialisme. À l’aide des deux essais qui accompagnent ce texte, la mise en situation de cet Albert Einstein socialiste, s’opposant au libéralisme économique et à ses conséquences, nous parle avec urgence.</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>D. H. Lawrence, Apocalypse, suivi de Réflexions sur la mort d'un porc-épic et autres essais</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135612/d-h-lawrence-apocalypse-suivi-de-reflexions-sur-la-mort.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 15:02:19 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135612/d-h-lawrence-apocalypse-suivi-de-reflexions-sur-la-mort.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Traduction de Thérèse Aubray Texte essentiel de la pensée de D. H. Lawrence, Apocalypse est une vision poétique et hallucinatoire où chaos et destruction se mêlent à lumière et renaissance, offrant une méditation intense sur la fin des temps et la transformation de l’âme humaine. On y retrouve ainsi les thèmes récurrents dans l’oeuvre de l’auteur de L’Amant de Lady Chatterley : l’amour, la mort, la rédemption et son amour de la nature. Pour compléter notre vision de Lawrence l’essayiste, part moins connue mais tout aussi importante de l’oeuvre, on trouvera dans ce volume les essais réunis par sa traductrice historique, Thérèse Aubray, sous le titre Réflexions sur la mort d’un porc-épic. Présentation audio… Lire un extrait… — Table des matières APOCALYPSERÉFLEXIONS SUR LA MORT D’UN PORC-ÉPIC ET AUTRES ESSAISPréfaceLa couronneLe romanCelui qui se mord la queueBénis soient les puissantsL’enfance de l’amourRéflexions sur la mort d’un porc-épicAristocratie — On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage : "La contre-Apocalypse de D. H. Lawrence", par Marc Porée Des écrits de David Herbert Lawrence, on ne sort jamais indemne. De la lecture de son Apocalypse, récemment ressortie dans une traduction de Thérèse Aubray livrée en 1949, encore moins. Composé dans la dernière année de sa vie, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135612_296ad4db6359fb81f96cc9426c5e37fd.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135612_296ad4db6359fb81f96cc9426c5e37fd.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Traduction de Thérèse Aubray</strong></p> <p>Texte essentiel de la pensée de D. H. Lawrence, <em>Apocalypse</em> est une vision poétique et hallucinatoire où chaos et destruction se mêlent à lumière et renaissance, offrant une méditation intense sur la fin des temps et la transformation de l’âme humaine. On y retrouve ainsi les thèmes récurrents dans l’oeuvre de l’auteur de <em>L’Amant de Lady Chatterley</em> : l’amour, la mort, la rédemption et son amour de la nature. Pour compléter notre vision de Lawrence l’essayiste, part moins connue mais tout aussi importante de l’oeuvre, on trouvera dans ce volume les essais réunis par sa traductrice historique, Thérèse Aubray, sous le titre <em>Réflexions sur la mort d’un porc-épic</em>.</p> <p><strong><a href="https://smartlink.ausha.co/les-belles-lettres-extraits-sonores/d-h-lawrence-apocalypse">Présentation audio…</a></strong></p> <p><strong><a href="https://www.calameo.com/read/005295962baebf014c7f6?page=1">Lire un extrait…</a></strong></p> <p>—</p> <p><strong>Table des matières</strong></p> <p>APOCALYPSE<br />RÉFLEXIONS SUR LA MORT D’UN PORC-ÉPIC ET AUTRES ESSAIS<br />Préface<br />La couronne<br />Le roman<br />Celui qui se mord la queue<br />Bénis soient les puissants<br />L’enfance de l’amour<br />Réflexions sur la mort d’un porc-épic<br />Aristocratie</p> <p>—</p> <p>On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage :</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/d-h-lawrence-et-sa-contre-apocalypse/">"La contre-Apocalypse de D. H. Lawrence", par Marc Porée</a></strong></p> <p>Des écrits de David Herbert Lawrence, on ne sort jamais indemne. De la lecture de son <em>Apocalypse,</em> récemment ressortie dans une traduction de Thérèse Aubray livrée en 1949, encore moins. Composé dans la dernière année de sa vie, à l’aube d’une mort survenue à l’âge de quarante-quatre ans, l’essai crépite sous les feux d’une ardeur qui consume autant qu’elle bouscule et dérange. Sous prétexte d’expliquer le dernier livre de la Bible, qu’il place sous le signe de la destruction, Lawrence lui oppose une vibrante et solaire contre-Apocalypse, quitte à s’y brûler les ailes.</p> <p></p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>L. Petit, V. Tiffon, Ch. de Paiva Santana (dir.), Arts et dé-coïncidence. Réel, raté, inouï  (préf. F. Jullien)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135608/l-petit-v-tiffon-et-ch-de-paiva-santana-dir.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 12:20:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135608/l-petit-v-tiffon-et-ch-de-paiva-santana-dir.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Chercheurs et artistes expérimentent l'opérativité et l'efficacité du concept de dé-coïncidence forgé par le philosophe François Jullien en le mettant à l'épreuve des arts. Le concept de dé-coïncidence proposé par le philosophe, helléniste et sinologue François Jullien a fédéré, pendant une année, une équipe de chercheurs et artistes venus de différents horizons : des philosophes, des psychanalystes, des artistes peintres, des compositeurs, des enseignants-chercheurs de l'université d'Aix-Marseille et un metteur en scène ont lancé une véritable expérience de recherche à laquelle François Jullien lui-même s'est associé. Ensemble, ils ont cherché à rendre compte de l'opérativité et de l'efficacité du concept de dé-coïncidence à l'épreuve des arts. De leurs diverses rencontres est né cet ouvrage, organisé selon cinq axes thématiques qui ont émergé de leurs rencontres : " Dé-coïncidence : décapement, décalement, découvrement " ; " Réel, raté, inouï " ; " Écart, effet (entre) " ; " Rouvrir des possibles " ; et enfin " Différence et dé-coïncidence ". Chaque chapitre de ce volume résulte donc d'une nécessité d'approfondir une thématique en particulier, soit du fait de son caractère insistant, soit parce qu'elle soulève des questions, voire des points de confrontation, lors des rencontres interdisciplinaires, notamment le concept même de dé-coïncidence en lien avec la notion de différance, ou celui d'inouï avec la notion de réel. Table [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135608_f6de881a790134fa065ffba8cffa650d.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135608_f6de881a790134fa065ffba8cffa650d.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Chercheurs et artistes expérimentent l'opérativité et l'efficacité du concept de dé-coïncidence forgé par le philosophe François Jullien en le mettant à l'épreuve des arts. Le concept de dé-coïncidence proposé par le philosophe, helléniste et sinologue François Jullien a fédéré, pendant une année, une équipe de chercheurs et artistes venus de différents horizons : des philosophes, des psychanalystes, des artistes peintres, des compositeurs, des enseignants-chercheurs de l'université d'Aix-Marseille et un metteur en scène ont lancé une véritable expérience de recherche à laquelle François Jullien lui-même s'est associé. Ensemble, ils ont cherché à rendre compte de l'opérativité et de l'efficacité du concept de dé-coïncidence à l'épreuve des arts. De leurs diverses rencontres est né cet ouvrage, organisé selon cinq axes thématiques qui ont émergé de leurs rencontres : " Dé-coïncidence : décapement, décalement, découvrement " ; " Réel, raté, inouï " ; " Écart, effet (entre) " ; " Rouvrir des possibles " ; et enfin " Différence et dé-coïncidence ". Chaque chapitre de ce volume résulte donc d'une nécessité d'approfondir une thématique en particulier, soit du fait de son caractère insistant, soit parce qu'elle soulève des questions, voire des points de confrontation, lors des rencontres interdisciplinaires, notamment le concept même de dé-coïncidence en lien avec la notion de différance, ou celui d'inouï avec la notion de réel.</p> <p><strong><a href="http://presses-universitaires.univ-amu.fr/system/files/media-ressource/tdm_DECOINCIDENCE.pdf">Table des matières…</a></strong></p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Monique LaRue, Barthes, dans l'angle mère</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135607/monique-larue-barthes-dans-l-angle-mere.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 12:10:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135607/monique-larue-barthes-dans-l-angle-mere.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>Orphelin de père, Roland Barthes n’a que très peu écrit sur sa mère, qu’il a expressément séparée de son travail intellectuel. Il partage pourtant avec elle toute sa vie sous le même toit. Cet essai révèle l’ombre de la mère en élaboration dans son œuvre, dès les études des tragédies de Racine. L’ombre se fait de plus en plus dense, jusqu’à devenir clairement le centre et l’objet de l’écriture. L’autrice, qui fut son élève dans les années 1970, retrouve, en relisant Barthes, la voix, la manière d’être et d’enseigner du Maître qui l’a tant marquée. Elle se redécouvre elle-même en découvrant un écrivain qui se reconnaît fils de sa mère. Feuilleter l'ouvrage… Monique LaRue a écrit six romans entre 1979 (La Cohorte fictive) et 2009 (L’œil de Marquise). Elle est aussi essayiste (La Leçon de Jérusalem, 2015 ; La Nécessité d’être né : philosophie de la mère, 2022). Retraitée de l’enseignement, elle est membre de l’Académie des lettres du Québec.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135607_c7bf065a4b59d25d1a3e18195d15da7c.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135607_c7bf065a4b59d25d1a3e18195d15da7c.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:justify;">Orphelin de père, Roland Barthes n’a que très peu écrit sur sa mère, qu’il a expressément séparée de son travail intellectuel. Il partage pourtant avec elle toute sa vie sous le même toit. Cet essai révèle l’ombre de la mère en élaboration dans son œuvre, dès les études des tragédies de Racine. L’ombre se fait de plus en plus dense, jusqu’à devenir clairement le centre et l’objet de l’écriture. L’autrice, qui fut son élève dans les années 1970, retrouve, en relisant Barthes, la voix, la manière d’être et d’enseigner du Maître qui l’a tant marquée. Elle se redécouvre elle-même en découvrant un écrivain qui se reconnaît fils de sa mère.</p> <p style="text-align:justify;"><strong><a href="https://r.cantook.com/enqc/sample/aHR0cHM6Ly93d3cuZW50cmVwb3RudW1lcmlxdWUuY29tL3NhbXBsZS8xNDY5MzUvd2ViX3JlYWRlcl9tYW5pZmVzdD9mb3JtYXRfbmF0dXJlPWVwdWImc2lnaWQ9MTcyNjMxNjUzNiZzaWduYXR1cmU9ODYzYzg0ZjM5MDhlMmQ4ZGM1Yjc3NjE5YzE1MmFjYjI2ZjRmZjA0MWI3ZjM4ZDZkOWQxYmYxNDFjMzdiYmU1MQ">Feuilleter l'ouvrage…</a></strong></p> <p style="text-align:justify;">Monique LaRue a écrit six romans entre 1979 (<em>La Cohorte fictive</em>) et 2009 (<em>L’œil de Marquise</em>). Elle est aussi essayiste (<em>La Leçon de Jérusalem</em>, 2015 ; <em>La Nécessité d’être né : philosophie de la mère</em>, 2022). Retraitée de l’enseignement, elle est membre de l’Académie des lettres du Québec.</p> <p style="text-align:justify;"></p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Implicites et non-dits dans les discours en langue française : déploiements et implications (Béjaia, Algérie)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135616/implicites-et-non-dits-dans-les-discours-en-langue-francaise-deploiements-et-implications.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 11:02:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135616/implicites-et-non-dits-dans-les-discours-en-langue-francaise-deploiements-et-implications.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>Implicites et non-dits dans les discours en langue française : déploiements et implications Le colloque sera organisé les 4 et 5 novembre 2026 Présidents du colloque :  Pr. LANSEUR Soufiane &amp; Dr. BELKESSA Lahlou  Cette deuxième édition du colloque sur l’implicite langagier, organisée par le laboratoire LESMS en collaboration avec la faculté des lettres et des langues de l’université de Bejaia, se veut un espace de réflexion, d’échanges et de débats autour des questions d'implicite et de non-dits dans les discours tenus en langue française. Elle interroge ces deux notions théoriques et heuristiques pour explorer des contextes de communication particuliers, tout en adoptant des approches diverses, parfois spécifiques, et parfois interdisciplinaires.  La portée de cette question est d'autant plus intéressante qu'elle touche à tous les genres du discours et à toutes les situations où la langue française est utilisée. Interroger l'implicite et le non-dit revient à questionner tous les usages de la langue française, car ces deux phénomènes sont diffus et omniprésents, et ils se déploient à différents niveaux langagiers (le mot, la phrase, le texte, le discours, etc.). En effet, quelle que soit la situation, dès qu'on veut dire, on dit et on tait (Kerbrat-Orecchioni, 1986). L'explicite et l'implicite [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135616_33aac4788fb258ad1623d77c8d9b48a3.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135616_33aac4788fb258ad1623d77c8d9b48a3.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>Implicites et non-dits dans les discours en langue française : déploiements et implications</strong></p> <p style="text-align:center;">Le colloque sera organisé les 4 et 5 novembre 2026</p> <p style="text-align:center;">Présidents du colloque : </p> <p style="text-align:center;"><strong>Pr. LANSEUR Soufiane &amp; Dr. BELKESSA Lahlou </strong></p> <p>Cette deuxième édition du colloque sur l’implicite langagier, organisée par le laboratoire LESMS en collaboration avec la faculté des lettres et des langues de l’université de Bejaia, se veut un espace de réflexion, d’échanges et de débats autour des questions d'implicite et de non-dits dans les discours tenus en langue française. Elle interroge ces deux notions théoriques et heuristiques pour explorer des contextes de communication particuliers, tout en adoptant des approches diverses, parfois spécifiques, et parfois interdisciplinaires. </p> <p>La portée de cette question est d'autant plus intéressante qu'elle touche à tous les genres du discours et à toutes les situations où la langue française est utilisée. Interroger l'implicite et le non-dit revient à questionner tous les usages de la langue française, car ces deux phénomènes sont diffus et omniprésents, et ils se déploient à différents niveaux langagiers (le mot, la phrase, le texte, le discours, etc.). En effet, quelle que soit la situation, dès qu'on veut dire, on dit et on tait (Kerbrat-Orecchioni, 1986). L'explicite et l'implicite s’imbriquent souvent. Si le dit répond à des intentions, le non-dit est soumis lui aussi à des desseins et à des restrictions. On non-dit pour dissimuler, pour laisser entendre, pour se protéger, pour ne pas assumer, pour mieux dire, pour mieux embellir… Toutefois, le non-dit et l’implicite ne relèvent pas toujours de la stratégie communicative ou discursive : on tait aussi certaines choses parce que c’est tabou, ou parce qu’on refuse de dire. </p> <p>L'implicite et le non-dit présentent divers aspects langagiers et requièrent parfois des outils complexes pour en comprendre et en étudier les subtilités. Leur analyse implique les intentions des instances interlocutives agissant dans un contexte spécifique où le discours prend forme. Les questionnements autour de ces deux notions suscitent un vif intérêt chez de nombreux chercheurs en linguistique, didactique, sociolinguistique, analyse du discours et en sciences des textes littéraires.</p> <p>Nous proposons de regrouper les communications suivant les objets auxquels elles pourraient s'intéresser au-delà des approches théoriques et méthodologiques adoptées. Les 7 axes suivants, sans pour autant prétendre à l'exhaustivité, couvrent un large panel des discours que les chercheurs pourraient analyser :</p> <p><strong>Axe 1 : Implicite et non-dits au quotidien  </strong></p> <p>Dans diverses situations de communication informelle, les locuteurs ont souvent recours à des implicites pour atteindre leurs objectifs de communication. Les genres "conversationnels" (Maingueneau, 2004) sont caractérisés par "leur grande instabilité, liée aux stratégies d’ajustement et de négociations des interlocuteurs" (Delarue-Breton, 2019 : 54), et regorgent d'implicites, de présupposés et de sous-entendus. Comme le souligne Zarate (1985), "derrière la trivialité du quotidien se cache l'implicite ; il est présent derrière l'apparente insignifiance des interactions sociales".</p> <p><strong>Axe 2. Implicite et non-dits dans les genres conventionnels</strong></p> <p>Cet axe englobe les réflexions concernant l'implicite en relation avec les genres de discours “institués” (Maingueneau, 2004). L'analyse se concentre sur la description et la formalisation des implicites en tant qu'éléments constitutifs de genres de discours spécifiques dans lesquels ils se déploient, car l'implicite est avant tout une caractéristique du discours, et son déploiement ainsi que sa compréhension dépendent des enjeux propres à chaque genre discursif.</p> <p><strong>Axe 3. Implicite et non-dits dans les discours politiques </strong></p> <p>L'implicite est omniprésent dans tous types de discours, mais celui du domaine politique est sans doute le plus saturé de sous-entendus, d'allusions et de détournements. Que ce soit lors des meetings, des allocutions présidentielles, ou des débats télévisés, les politiciens, les militants et les commentateurs politiques exploitent largement les implicites. Il y a ceux qui tentent de convaincre les électeurs de la pertinence de leurs projets politiques, ceux qui cherchent à semer le doute dans les propos de leurs rivaux, et d'autres encore qui, parfois, se retranchent derrière les malentendus pour se protéger L’implicite a, en effet, cette particularité de renforcer “l’argumentation en présentant sous forme indirecte et voilée les croyances et opinions qui en constituent les prémisses incontestées, ou encore les éléments qu’il est habile de faire passer par la bande” (Amossy, 2021 : 191). </p> <p><strong>Axe 4. Implicite et non-dits dans les médias</strong></p> <p>Dans les discours de presse, l’implicite y joue plusieurs fonctions déterminantes pour leur compréhension. Sa posture étant très souvent délicate, le journaliste ou le chroniqueur se trouve dans l’obligation d’utiliser l’implicite pour parvenir à son objectif, celui d’être lu et d’être compris. Dans les chroniques, les éditos, les billets et autres genres journalistiques, l’implicite est bien présent et prend des formes diverses. </p> <p><strong>Axe 5. Implicite et non-dits scolaires et situations didactiques </strong></p> <p>La notion d’implicite est fructueuse dans le domaine de l’enseignement-apprentissage. Il est de plus en plus admis qu’il existe une multitude d'éléments implicites et de non-dits dans le contexte de l'enseignement et de l'apprentissage. Ces aspects posent des difficultés pour bon nombre d'apprenants (Bautier et Rochex, 1997 ; Bautier, &amp; Rayou, 2013 ; Lavieu-Gwozdz &amp; Pagnier, 2022), notamment ceux qui sont peu familiarisés avec les standards de l'école et de l'université. Ces éléments peuvent se retrouver dans les manuels scolaires, les ressources pédagogiques, les discours éducatifs, les instructions et durant les activités d'apprentissage. Il est donc pertinent de questionner les diverses situations didactiques qui peuvent favoriser l'émergence de ces non-dits. De plus, il paraît essentiel que les chercheurs identifient et exposent ces éléments, et qu'ils établissent les bases d'une pédagogie explicite afin de diminuer les inégalités.</p> <p><strong> Axe 6.  Implicite et non-dits dans les genres d’expression littéraires</strong></p> <p>Dans cette perspective, il s'agit d'analyser la façon dont les auteurs francophones utilisent les implicites et les non-dits pour enrichir leurs œuvres littéraires. Les subtilités de ces éléments peuvent transcender les différents genres littéraires tels que les romans, la poésie, le théâtre, et autres formes d'expression artistique, offrant ainsi une profondeur et une complexité supplémentaires à leurs créations. Certaines œuvres en font de l’implicite leur principal enjeu :  “toute œuvre qui figure au corpus de la Littérature pousse son lecteur à traquer l’implicite. Il y a même des œuvres (...) qui indiquent nettement au lecteur qu’il faut traquer l’implicite” (Maingeuneau, 2001 : 78).</p> <p><strong>Axe 7. Implicite et non-dits dans les communications médiatisées </strong></p> <p>L'intégration des nouvelles technologies dans tous les aspects de la vie quotidienne crée des contextes favorables à l'émergence d'implicites, lesquels peuvent évoluer pour s'adapter aux innovations de la communication contemporaine. Les réseaux sociaux, à titre d’exemple, donnent forme à de nouvelles pratiques discursives qui nécessitent d'être examinées à travers le prisme de l'implicite.</p> <p> —</p> <p><strong>Bibliographie </strong></p> <p>Amossy, R. (2021). L'argumentation dans le discours . Paris : Armand Colin. <a href="https://doi-org/10.3917/arco.amoss.2021.01.0181">https://doi-org/10.3917/arco.amoss.2021.01.0181</a></p> <p>Bautier, É. et Rayou, P. (2013). Les inégalités d’apprentissage. Programmes, pratiques et malentendus scolaires. Paris : PUF. DOI : 10.3917/puf.bauti.2009.01</p> <p>Bautier, É. et Rochex, J.-Y. (1997). Apprendre, des malentendus qui font la différence. Dans J.-P. Terrail (dir.), La scolarisation de la France. Critique de l’état des lieux (p. 105-122). Paris : La Dispute.</p> <p>Kerbrat-Orecchioni, C. (1986).  L’implicite.  Paris, A. Colin, coll. « Linguistique ».</p> <p>Lavieu-Gwozdz, B. &amp; Pagnier, T. (2022). L’implicite des visées d’apprentissage dans les supports pédagogiques. Le français aujourd'hui, 218, 57-70. <a href="https://doi.org/10.3917/lfa.218.0057">https://doi.org/10.3917/lfa.218.0057</a></p> <p>Maingueneau D. (2004). Le discours littéraire. Paratopie et scène d’énonciation. Paris : Armand Colin.</p> <p>Maingueneau D. (2001). Pragmatique pour le discours littéraire. Nathan, Paris. </p> <p>Zarate, G. (1985). Enseigner une culture étrangère. Hachette, Paris. </p> <p> </p> <p><strong>Modalités de soumission :</strong></p> <p>● Cet appel à communication s’adresse à tous les chercheurs (doctorants et enseignants) travaillant dans les domaines des lettres et des langues.</p> <p>● Les interventions, qui ne devront pas excéder 20 minutes, seront suivies de 10 minutes de discussion avec le public.</p> <p>● Les propositions en français contenant nom, prénom, statut, affiliation, discipline, le titre et le résumé (200-300 mots) de la communication, doivent être transmises au plus tard le 15 aout 2025 à l’adresse suivante : <a href="mailto:laboratoire.lesms@langue.univ-bejaia.dz">laboratoire.lesms@langue.univ-bejaia.dz</a> </p> <p>● Les candidat.e.s seront informé.e.s de l’acceptation ou du refus de leurs propositions au plus tard le 5 septembre 2026.</p> <p>·      Les candidats dont les propositions ont été acceptées doivent soumettre une version intégrale de leurs communications, d’une longueur comprise entre 15 000 et 20 000 caractères (espaces inclus), soit environ 8 à 10 pages au format Word, au plus tard le 15 octobre 2026. </p> <p>·      En l’absence de la communication complète, l’acceptation de la proposition sera automatiquement annulée. </p>]]></content:encoded>
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      <title>Tala y Lagar de Gabriela Mistral: entre lo local y lo universal, entre lo íntimo y lo colectivo (en ligne)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135606/tala-y-lagar-de-gabriela-mistral-entre-lo-local-y.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 10:35:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Esta jornada de estudio, que se sitúa en la prolongación del coloquio internacional coorganizado con el CELICH y la Universidad Católica de Chile en septiembre de 2025 y se enmarca en la temática mistraliana alrededor de Tala y Lagar de la preparación a las oposiciones a profesorado del español en Francia (Agrégation interne 2027), tiene como objetivo el de confrontar miradas sobre estas dos obras esenciales en la producción mistraliana, ofrecer puntos de vista siempre renovados sobre la creación de Gabriela y confirmar, si fuese necesario, que los poemas de Mistral se sitúan a años luz de muchos estudios caricaturescos que la presentaron como poeta fácil y la redujeron a la creación de rondas para niños. Así, este evento pretende mostrar cómo los dos libros mistralianos Tala y Lagar se sitúan entre lo local y lo universal, entre lo íntimo y lo colectivo. Para contestar esta problemática, se llevará a cabo una reflexión sobre temas como  - el imaginario rural de la infancia y de la poeta que escribe ambos poemarios lejos de su tierra,  la musicalidad y la conciencia metapoética que Mistral introduce en sus versos mediante el empleo de una isotopía del canto y de la voz,  el uso de lo coloquial y la renovación poética llevada a cabo por Mistral, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135606_bcbfc3953e15de4a874066960ebc7fba.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135606_bcbfc3953e15de4a874066960ebc7fba.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Esta jornada de estudio, que se sitúa en la prolongación del coloquio internacional <br />coorganizado con el CELICH y la Universidad Católica de Chile en septiembre de 2025 y se <br />enmarca en la temática mistraliana alrededor de <em>Tala</em> y <em>Lagar</em> de la preparación a las <br />oposiciones a profesorado del español en Francia (Agrégation interne 2027), tiene como <br />objetivo el de confrontar miradas sobre estas dos obras esenciales en la producción <br />mistraliana, ofrecer puntos de vista siempre renovados sobre la creación de Gabriela y <br />confirmar, si fuese necesario, que los poemas de Mistral se sitúan a años luz de muchos <br />estudios caricaturescos que la presentaron como poeta fácil y la redujeron a la creación de <br />rondas para niños.</p> <p>Así, este evento pretende mostrar cómo los dos libros mistralianos <em>Tala</em> y <em>Lagar</em> se <br />sitúan entre lo local y lo universal, entre lo íntimo y lo colectivo. Para contestar esta <br />problemática, se llevará a cabo una reflexión sobre temas como  - <br />el imaginario rural de la infancia y de la poeta que escribe ambos poemarios lejos de <br />su tierra,  la musicalidad y la conciencia metapoética que Mistral introduce en sus versos <br />mediante el empleo de una isotopía del canto y de la voz,  <br />el uso de lo coloquial y la renovación poética llevada a cabo por Mistral,  <br />la versificación y los géneros poéticos adoptados, la métrica y los procedimientos <br />estilísticos característicos del discurso poético mistraliano,  <br />la presencia de un Yo lírico femenino dada la preocupación por la mujer en todas sus <br />facetas y de un Yo caracterizado por su marginalidad, <br />el terruño y la apertura al continente así como al mundo. <br /><br /><strong>Comité organizador :  </strong></p> <p>Lise Demeyer y Benoît Santini (ULCO, UR 4030 HLLI).</p> <p><strong>Comité científico :  </strong></p> <p>Dante Barrientos Tecún (Aix-Marseille Université) <br />José Manuel Camacho (Universidad de Sevilla) <br />Anaïs Fabriol (Université de Bretagne Occidentale) <br />Sandra Hernández (Université Lyon 2) <br />Néstor Ponce (Université Rennes 2)</p> <p>—</p> <p><strong>Programa :</strong></p> <p>Inauguración : 18:30h-18:40h. <br />18:40-19:00: Elizabeth Horan (Arizona States University): «El mapa secreto de <em>Tala</em>: lugares, <br />personas y revelaciones inéditas (Barcelona, 1935)». <br />19:00-19:20: Yenny Ariz (Universidad Católica de la Santísima Concepción): «La <br />experiencia del duelo en <em>Lagar</em>». <br />19:20-19:40: Barbara Seray (Université Bordeaux Montaigne et Université Littoral Côte <br />d’Opale): «Le motif de la maison dans le recueil de poèmes <em>Lagar</em> (1954)». <br />19:40-20:00: Paula Miranda (Universidad Católica de Chile): « Heterotopía y extopía en <br />"Saudade" (<em>Tala</em>) y "Luto" (<em>Lagar</em> y <em>Lagar</em> II) de Gabriela Mistral ». <br />20:00-20:20: Magda Sepúlveda Eriz (Universidad Católica de Chile): «Mistral escucha sus <br />ríos». <br />20:20-20:40: Alfredo Gorrochotegui Martell (Universidad de Navarra): « Gabriela Mistral y <br />Jacques Maritain ante las crisis del siglo XX: una lectura histórico-intelectual de <em>Tala</em> y <br /><em>Lagar</em> ». <br />Debate: 20:40-21:20.</p> <p></p>]]></content:encoded>
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      <title>Photographie et émerveillement (Paris 8)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135615/photographie-et-emerveillement.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 10:33:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie, le département Photographie de l’université Paris 8 Vincennes-St Denis organise un colloque international : « Photographie et émerveillement » Comité scientifique : Clarisse Boromé (Paris 8), Paul Edwards (Paris 8), Manon Dessoudres (Paris 8), Manel Pons (Paris 8), Julien Schuh (Université Paris Nanterre) Lieu : Université Paris 8 Vincennes-St Denis, Maison de la Recherche, Amphithéâtre MR002 Dates : vendredi 23-samedi 24 avril 2027 Depuis Nièpce, écrire avec la lumière est une nouvelle magie de la lumière, mais quels appareils, inventions, procédés chimiques, détournements, jeux, glitchs, clinamens, contraintes heureuses, ou mises en scène ont pu provoquer un émerveillement rappelant les origines mêmes de la photographie ?  Le colloque « Photographie et émerveillement » explorera les ressorts sensibles, esthétiques et critiques de l’expérience photographique.  Le colloque rassemblera des communications sur les inventions et pratiques non issues de l’IA générative, tels que les séances de projection, les appareils photo, les technologies obsolètes, le photobook, ou toute créativité qui stimule l’émerveillement, qui permet d’écrire avec la lumière, de séduire par la narration, de jouer avec le sublime, et, au final, d’interroger notre relation avec le soleil, le monde dit « naturel », et la société. Langue [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135615_96324547574c673f96d95b5f2eed2ab2.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135615_96324547574c673f96d95b5f2eed2ab2.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie, le département Photographie de l’université Paris 8 Vincennes-St Denis organise un colloque international :</p> <p style="text-align:center;"><strong>« Photographie et émerveillement »</strong></p> <p><strong>Comité scientifique :</strong> Clarisse Boromé (Paris 8), Paul Edwards (Paris 8), Manon Dessoudres (Paris 8), Manel Pons (Paris 8), Julien Schuh (Université Paris Nanterre)</p> <p><strong>Lieu :</strong> Université Paris 8 Vincennes-St Denis, Maison de la Recherche, Amphithéâtre MR002</p> <p><strong>Dates :</strong> vendredi 23-samedi 24 avril 2027</p> <p>Depuis Nièpce, écrire avec la lumière est une nouvelle magie de la lumière, mais quels appareils, inventions, procédés chimiques, détournements, jeux, glitchs, clinamens, contraintes heureuses, ou mises en scène ont pu provoquer un émerveillement rappelant les origines mêmes de la photographie ? </p> <p>Le colloque « Photographie et émerveillement » explorera les ressorts sensibles, esthétiques et critiques de l’expérience photographique. </p> <p>Le colloque rassemblera des communications sur les inventions et pratiques non issues de l’IA générative, tels que les séances de projection, les appareils photo, les technologies obsolètes, le photobook, ou toute créativité qui stimule l’émerveillement, qui permet d’écrire avec la lumière, de séduire par la narration, de jouer avec le sublime, et, au final, d’interroger notre relation avec le soleil, le monde dit « naturel », et la société.</p> <p><strong>Langue :</strong> Les communications peuvent être en français ou en anglais.</p> <p><strong>Propositions :</strong> Propositions de communication individuelle de vingt minutes, ou propositions de table-ronde, doivent être envoyées au coordinateur pour le 1er novembre 2026. Réponses courant décembre.</p> <p><strong>Format :</strong> Proposition individuelle de 300 à 400 mots, accompagnée d’une courte bibliographie, puis d’une bio-bibliographie de 100 à 200 mots. Pour les tables ronde : 300 à 400 mots par personne, bio-bibliographie de 100 à 200 mots par personne, bibliographie commune, coordonnées de chacun·e et identification de la personne qui coordonne la table ronde.</p> <p><strong>Coordinateur :</strong> Paul Edwards (<a href="mailto:paul.edwards@univ-paris8.fr">paul.edwards@univ-paris8.fr</a>)</p> <p style="text-align:center;">— </p> <p style="text-align:center;"><strong>“Photography and Wonder”</strong></p> <p style="text-align:center;">CALL FOR PAPERS</p> <p><strong>Scientific committee:</strong> Clarisse Boromé (Paris 8), Manon Dessoudres (Paris 8), Paul Edwards (Paris 8), Manel Pons (Paris 8), Julien Schuh (Université Paris Nanterre)</p> <p><strong>Location:</strong> Université Paris 8 Vincennes-St Denis, Maison de la Recherche, Amphithéâtre MR002</p> <p><strong>Dates:</strong> Friday 23-Saturday 24 April 2027</p> <p><strong>Language:</strong> Papers may be given in English or French.</p> <p>With Nièpce, the image in the camera obscura was fixed, permanently, since the celebrated view from his window can still be seen today. In the language of the day, the mirror had a memory. It was magic, wondrous, unsettling. The effervescence known familiarly as la daguerréotypomanie (after Maurisset’s 1839 lithograph) took hold of Paris a dozen years later when the secret of the daguerreotype process was disclosed. The question we ask is: since then, what photography can compare to that frenzy and excitement, what tool, invention, chemistry, application, game, glitch, clinamen, creative constraint, narrative or performance has provoked such wonder that photography itself seems to have been invented anew? </p> <p>The symposium “Photography and Wonder” will be the occasion to explore the emotional, aesthetic and critical energies of the photographic experience.</p> <p>The symposium will gather papers on the inventions and practices of photography before the age of generative AI, such as lantern-slide shows, cameras, obsolete technologies, the photobook, any creativity that stimulates wonder, that writes with light, that seduces with narrative, that engages with or rocks “the sublime”, that interrogates our relationship with society, the sun and with what we call the “natural” world. </p> <p><strong>Submission guidelines</strong></p> <p>Proposals are welcome from researchers at all stages of their careers (PhD candidates, postdoctoral scholars, faculty), as well as from artists, curators and other image professionals.</p> <p>• A title and an abstract of 300-400 words, followed by a short bibliography, </p> <p>• A bio-bibliography of 100-200 words. </p> <p>• For roundtable proposals: a title and an abstract of 300-400 words per speaker, a bio-bibliography of 100-200 words per speaker, a common bibliography, a list of the names and email addresses of all participants specifying who will be the roundtable coordinator.</p> <p><strong>Deadline for submissions:</strong> Proposals for 20-minute papers, or roundtables, to be sent to the coordinator on or before 1st November 2026. Notifications of acceptance will be sent in December.</p> <p><strong>Coordinator:</strong> Paul Edwards (<a href="mailto:paul.edwards@univ-paris8.fr">paul.edwards@univ-paris8.fr</a>).</p> <p> </p>]]></content:encoded>
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    </item>
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      <title>Carlo Arcuri, La communauté sans roman. G. Lukács, W. Benjamin : épos, oralité, chronique, montage</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135604/carlo-arcuri-la-communaute-sans-roman-g-lukacs-w-benjamin.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 04:53:51 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135604/carlo-arcuri-la-communaute-sans-roman-g-lukacs-w-benjamin.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>« L(a)’Epik, la Romantik, la Klassik, la Moderne : dans les quatre cas le féminin connote la même puissance de création, la même aptitude à puiser au plus profond de la vie “la bonté du fauve renouveau” évoquée par Rimbaud dans un poème où il est question de la Commune. En fait il suffit de poursuivre la lecture de La Théorie du roman pour comprendre à quel point, aux yeux de son auteur, il n’y a que cette Epik et son potentiel inexprimé qui comptent en matière de narration. » Dans La Théorie du roman (1916) G. Lukács envisage un au-delà du roman comme un idéal calqué sur l’Hellade des aèdes. La Communauté sans roman s’interroge sur ce « tournant épique » conçu moins comme un modèle littéraire que comme une « forme de vie » caractérisée par la transmission orale dans le cadre d’une communauté « insécable », autrement dit sans classes. Cette étude confronte l’hypothèse fondatrice de Lukács aux essais de Walter Benjamin sur le même sujet (notamment « Le narrateur » de 1936 et ses travaux sur Proust), à Esprit de l’utopie (1918) d’Ernst Bloch et à un certain nombre de romans et d’écrits d’auteurs connus et moins connus du XXe siècle : V. Woolf, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135604_4cfb58d08ff02f19d2804890c5a3b046.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135604_4cfb58d08ff02f19d2804890c5a3b046.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>« L(a)’<em>Epik</em>, la <em>Romantik</em>, la <em>Klassik</em>, la <em>Moderne </em>: dans les quatre cas le féminin connote la même puissance de création, la même aptitude à puiser au plus profond de la vie “la bonté du fauve renouveau” évoquée par Rimbaud dans un poème où il est question de la Commune. En fait il suffit de poursuivre la lecture de <em>La Théorie du roman </em>pour comprendre à quel point, aux yeux de son auteur, il n’y a que cette <em>Epik </em>et son potentiel inexprimé qui comptent en matière de narration. »</p> <p>Dans <em>La Théorie du roman</em> (1916) G. Lukács envisage un au-delà du roman comme un idéal calqué sur l’Hellade des aèdes. <em>La Communauté sans roman</em> s’interroge sur ce « tournant épique » conçu moins comme un modèle littéraire que comme une « forme de vie » caractérisée par la transmission orale dans le cadre d’une communauté « insécable », autrement dit sans classes.</p> <p>Cette étude confronte l’hypothèse fondatrice de Lukács aux essais de Walter Benjamin sur le même sujet (notamment « Le narrateur » de 1936 et ses travaux sur Proust), à Esprit de l’utopie (1918) d’Ernst Bloch et à un certain nombre de romans et d’écrits d’auteurs connus et moins connus du XXe siècle : V. Woolf, W. Morris, A. Moravia, I. Kadaré, A. Seghers, N. Balestrini.</p> <p>Carlo Arcuri est enseignant-chercheur (maître de conférences) en littérature comparée à L’Université de Picardie Jules Verne où il a animé notamment plusieurs séminaires dans un master d’esthétique (arts, philosophie, littérature). Il a coordonné des ouvrages sur Lukács, sur l’interprétation politique des œuvres littéraires et a également postfacé la traduction italienne de <em>Qu’est-ce que la philosophie ?</em> de Deleuze-Guattari et la <a href="https://www.fabula.org/actualites/120679/romanesques-hors-serie-2023-georg-lukacs-la-theorie-du-roman.html">nouvelle traduction française de <em>La Théorie du roman</em> de Lukács</a>, récemment <a href="https://www.fabula.org/actualites/130367/georg-lukacs-la-theorie-du-roman.html">rééditée au format de poche</a>.</p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Caroline Zéau, Le cinéma qui manque. Une histoire du film local</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135603/caroline-zeau-le-cinema-qui-manque-une-histoire-du-film-local.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 04:47:32 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_question_societe</category>
      <description>« En priorisant le soin et la cérémonie, ces cinéastes se sont dotés d’un outil de résilience mais aussi de communication – tambour ou bâton de paroles – pour permettre au monde de partager la lucidité et la puissance des cultures autochtones au moment le plus crucial. » En nommant « film local » toute expérience cinématographique qui se destine en premier lieu à offrir un espace de reconnaissance, de réappropriation, de réparation et de réflexion à celles et ceux qui sont filmé.e.s, on découvre une part immense de l’histoire du cinéma qui s’est construite sous les radars de la cinéphilie. En plaçant la relation et la participation démocratique au centre du processus créatif, et en répondant aux besoins de réparation et de réconciliation du moment présent, il devient l’outil privilégié des politiques de reconnaissance des minorités et des revendications contemporaines des communautés sous-représentées. En lui postulant une histoire aussi longue que celle du cinéma, le présent ouvrage se propose d’amorcer une histoire jamais racontée de ce « cinéma qui manque ». Caroline Zéau enseigne à l’université Paris Cité, où elle est responsable du Master « Le Documentaire, écritures du monde contemporain ». Elle est l’autrice de nombreux textes et [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135603_c7ceab3a8443c07bd217541ed7915309.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135603_c7ceab3a8443c07bd217541ed7915309.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>« En priorisant le soin et la cérémonie, ces cinéastes se sont dotés d’un outil de résilience mais aussi de communication – tambour ou bâton de paroles – pour permettre au monde de partager la lucidité et la puissance des cultures autochtones au moment le plus crucial. »</em></p> <p>En nommant « film local » toute expérience cinématographique qui se destine en premier lieu à offrir un espace de reconnaissance, de réappropriation, de réparation et de réflexion à celles et ceux qui sont filmé.e.s, on découvre une part immense de l’histoire du cinéma qui s’est construite sous les radars de la cinéphilie. En plaçant la relation et la participation démocratique au centre du processus créatif, et en répondant aux besoins de réparation et de réconciliation du moment présent, il devient l’outil privilégié des politiques de reconnaissance des minorités et des revendications contemporaines des communautés sous-représentées.</p> <p>En lui postulant une histoire aussi longue que celle du cinéma, le présent ouvrage se propose d’amorcer une histoire jamais racontée de ce « cinéma qui manque ».</p> <p><em>Caroline Zéau enseigne à l’université Paris Cité, où elle est responsable du Master « Le Documentaire, écritures du monde contemporain ». Elle est l’autrice de nombreux textes et ouvrages parmi lesquels </em>Pour la Suite du Monde. Façons de croire, façons de dire, façons de faire<em> (2017) et </em>Le Cinéma direct : un art de la mise en scène<em> (réédition 2025).</em></p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>"De l’autre côté du miroir". Poétiques de l’anti-mimétisme dans les textes narratifs de langues française et espagnole du XXIe s. (Salamanque, Espagne)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135614/colloque-international-de-l-autre-cote-du-miroir-poetiques.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 03:26:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Colloque international 2e édition (suite de la journée d'étude organisée à l’Université de Caen Normandie le 1er avril 2026) « De l’autre côté du miroir » Poétiques de l’anti-mimétisme dans les textes narratifs de langues française et espagnole du XXIe siècle Faculté de philologie de l’Université de Salamanque, 5, 6 et 7 mai 2027 « Un roman : c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin » (épigraphe du chapitre XIII du Livre I du Rouge et le Noir, citation attribuée par Stendhal à Saint-Réal). La notion de mimèsis est toute comprise dans la métaphore stendhalienne, qui fait du roman le miroir du réel. L’opération mimétique, par laquelle une œuvre d’art représente le réel, est l’un des objets principaux de la poétique, d’Aristote à nos jours. Pourtant, elle évolue jusqu’à être considérée comme impossible par la critique structuraliste et les dernières avant-gardes, qui, des années 1950 à la fin des années 1970, tiennent à distance le réel et envisagent la littérature comme un système en miroir de lui-même, ne pouvant échapper à la clôture du langage. Cette parenthèse semble s’être refermée au début des années 1980 et la littérature contemporaine se fait de nouveau « transitive », pour reprendre [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135614_e6dd1c801e36d4c780a391c1305b9e58.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135614_e6dd1c801e36d4c780a391c1305b9e58.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Colloque international</p> <p style="text-align:center;">2e édition (suite de la journée d'étude organisée à l’Université de Caen Normandie le 1er avril 2026)</p> <p style="text-align:center;"><strong>« De l’autre côté du miroir »</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Poétiques de l’anti-mimétisme dans les textes narratifs de langues française et espagnole du XXIe siècle</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Faculté de philologie de l’Université de Salamanque, 5, 6 et 7 mai 2027</strong></p> <p>« Un roman : c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin » (épigraphe du chapitre XIII du Livre I du Rouge et le Noir, citation attribuée par Stendhal à Saint-Réal). La notion de mimèsis est toute comprise dans la métaphore stendhalienne, qui fait du roman le miroir du réel. L’opération mimétique, par laquelle une œuvre d’art représente le réel, est l’un des objets principaux de la poétique, d’Aristote à nos jours. Pourtant, elle évolue jusqu’à être considérée comme impossible par la critique structuraliste et les dernières avant-gardes, qui, des années 1950 à la fin des années 1970, tiennent à distance le réel et envisagent la littérature comme un système en miroir de lui-même, ne pouvant échapper à la clôture du langage. Cette parenthèse semble s’être refermée au début des années 1980 et la littérature contemporaine se fait de nouveau « transitive », pour reprendre le terme de Dominique Viart qui tend à rendre compte du « désir d’écrire autour du sujet, du réel, de la mémoire historique ou personnelle » (La Littérature française au présent. Héritage, modernité, mutations, p. 14). En témoignent la multiplicité des écritures introspectives, les récits de filiation, les fictions biographiques, la littérature « de terrain » et dite « engagée », le récit documentaire ou d’enquête, ainsi que les nouvelles formes d’écriture littéraire de l’histoire.</p> <p>Mais qu’en est-il de ceux qui résistent ? En marge de ce « retour au réel », la littérature contemporaine semble également traversée par un élan anti-mimétique. Par « littérature anti-mimétique » nous désignons les œuvres qui transgressent les conventions et présupposés du réalisme et mettent en crise la fonction imitative de la littérature, en proposant des éléments, des situations ou des dispositifs qui sont physiquement, logiquement ou cognitivement impossibles selon les lois du monde réel (vid. Postclassical Narratology, Jan Alber et Monika Fludernik). Ainsi, la littérature anti-mimétique comprendrait aussi bien les récits qui mettent en place d’autres mondes que le nôtre (narrations « non naturelles », fantastiques, magico-réalistes, oniriques, etc.), que les écritures qui refusent ou sabotent la transparence référentielle en ayant recours à l’aporie, la fragmentation, l’autoréflexivité, les temporalités impossibles, l’uchronie...</p> <p>Dans le prolongement de la première journée internationale « "De l’autre côté du miroir" - L’envers du réel dans les textes narratifs contemporains (à partir de 1980) de langue française » (Université de Caen, avril 2026), ce colloque propose de continuer à analyser le refus, la critique ou la subversion du modèle réaliste dans la littérature contemporaine (des années 2000 à nos jours).</p> <p>L’appel est ouvert à des propositions s’interrogeant sur les textes narratifs anti-mimétiques dans la littérature en langue française, mais aussi dans la littérature en langue espagnole pour une approche comparatiste.</p> <p>Sans que cette liste soit restrictive, les chercheurs sont invités à s’interroger sur :</p> <p><strong>- Les genres et modalités anti-mimétiques. </strong>De quelle manière les écritures anti-mimétiques affectent-elles les classifications génériques ? Comment sont revisités les genres historiquement anti-mimétiques (réalisme magique, fantastique, narration surréaliste, etc.) ? Quels autres genres sont aujourd’hui investis par la veine ? Quelles nouvelles modalités génériques contribue-t-elle à faire émerger ? Par ailleurs, la catégorie de « genre » peut-elle résister à cette percée ? Comment s’en trouve-t-elle altérée, modifiée ? Enfin, peut-on considérer l’anti-mimétisme comme un genre, ou plutôt comme une fonction, une modalité discursive, voire une posture ?</p> <p><strong>- Les figures, dispositifs et esthétiques anti-mimétiques. </strong>Si l’anti-mimétisme contemporain transgresse délibérément les lois physiques, logiques et humaines, comment cette transgression s’articule-t-elle à l’échelle de la phrase comme à celle de l’œuvre entière ? Du minimalisme au maximalisme, de l’économie lexicale à l’hypertrophie linguistique, du ressassement aux énonciations plurielles, croisées ou polymorphes : par quels moyens formels et énonciatifs s’expriment les tensions entre le texte et le réel ? Quels dispositifs (la dénarration, les métalepses ontologiques, les temporalités bouclées ou impossibles, l’intertextualité) travaillent cette discordance ? Quelle place est laissée au lecteur ? Quelles figures incarnent cet anti-mimétisme ? Quelles créatures, quels narrateurs, quels personnages l’habitent et comment défient-ils nos biais cognitifs ou anthropomorphiques ? Quelles réflexions et revendications alimentent-ils ? Enfin, quels tonalités, styles, langages investissent-ils ? Quelle place est offerte à l’ironie, la parodie, le pastiche et comment altèrent-ils le processus de représentation ? Quelles esthétiques sont reprises, refusées, déjouées, déformées ? Pourrait-on proprement parler d’une esthétique anti-mimétique ?</p> <p><strong>- Les mondes anti-mimétiques. </strong>Mondes hallucinés, réalités parallèles, espaces oniriques, fantastiques, mythologiques, mondes impossibles, spéculatifs, dystopiques, utopiques, uchroniques : quels mondes la littérature anti-mimétique donne-elle à imaginer ? À quels mondes s’ouvre-t-elle parmi ceux des plantes, des animaux, des autres planètes, des esprits, et même parmi ceux en ruines ? À quelles échelles ces mondes sont-ils explorés ? Que révèlent ces mondes concurrentiels ou radicalement autres sur notre présent, sur notre histoire ou sur notre humanité ? Que spéculent-ils et que dénoncent-ils de notre passé, notre présent, et même de notre avenir ? Peut-on parler d’un usage critique ou politique du dérèglement ou du réenchantement anti-mimétique ? Ces textes peuvent-ils aller jusqu’à défier la possibilité même de représenter un monde, quel qu’il soit ? Existe-t-il des narrations sans monde, des récits qui ne tiennent pas par la force de représentation mais par la mondification de la langue ? Qu’en est-il de ces écosystèmes de mots et de paroles, de ces créatures d’encre qui habitent le texte et font de celui-ci une matière vivante ? Enfin, comment mettent-ils en question les frontières de la fiction ?</p> <p><strong>- Les circulations et écarts entre les littératures anti-mimétiques de langue française et de langue espagnole (perspective comparatiste). </strong>Loin de constituer une particularité de la littérature française, l’anti-mimétisme apparaît comme une tendance traversant plusieurs littératures et plusieurs langues, notamment espagnole, ibérique et hispano-américaine. Cette situation invite à adopter une perspective proprement comparatiste : existe-t-il des traditions anti-mimétiques nationales, régionales ou historiques particulières ? Quels points de contact et quelles différences peut-on observer entre ces écritures en langue française et celles en langue espagnole ? Y a-t-il aujourd’hui des genres, des modalités ou des thèmes qui circulent davantage d’un espace littéraire à l’autre (pensons par exemple au réalisme magique ou au surréalisme du siècle dernier) ? Comment se trouvent-ils réinterprétés dans ces divers contextes historiques, politiques, culturels ou esthétiques ? Peut-on identifier des zones de convergence, des héritages communs, des liens directs ou, au contraire, des pratiques anti-mimétiques divergentes et singulières ? De la même façon, d’un territoire à l’autre, comment les théoriciens et critiques s’emparent-ils de ces questions ? Comment lisent-ils ces phénomènes ? Sur quels concepts s’appuient-ils ?</p> <p>—</p> <p><strong>Informations et inscription</strong></p> <p>Le colloque aura lieu le 5, 6, 7 mai 2027 dans la Faculté de Philologie de l’Université de Salamanque (Salamanque, Espagne). Il se déroulera uniquement en présentiel.</p> <p>Le colloque accueillera des communications concernant la littérature contemporaine anti-mimétique du XXIe siècle en langue française, et dans une perspective comparatiste, en langue espagnole, sans restriction d’aire géographique. Les langues du congrès seront le français, l’espagnol et l’anglais.</p> <p>Les actes seront publiés dans une édition française, et donc en langue française.</p> <p>Les propositions de communication sont à envoyer à l’adresse <a href="mailto:delautrecotedumiroirlitt@gmail.com">delautrecotedumiroirlitt@gmail.com</a> pour le 1 octobre 2026. Elles doivent inclure le titre de la proposition, un résumé (200 - 300 mots) et une brève notice bio-bibliographique avec les informations de filiation.</p> <p>—</p> <p><strong>Coordination du colloque :</strong></p> <p>Lorenzo Piera Martin (Profesor Ayudante Doctor, Université de Salamanque, Groupe ILICIA [Inscripciones Literarias de la Ciencia]).</p> <p>Pauline Adeline (doctorante contractuelle, Université de Caen Normandie, LASLAR [Lettres Arts du Spectacle Langues Romanes])</p> <p>Comité d’organisation :</p> <p>Clemente Leparoux (Université de Salamanque)</p> <p>Candela Salgado Ivanich (Université de Salamanque)</p> <p>Diego Serrano Espegel (Université de Salamanque)</p> <p>Comité scientifique :</p> <p>Anne-Sophie Donnarieix (Université de Saarlandes)</p> <p>Amelia Gamoneda Lanza (Université de Salamanque)</p> <p>Carmen García Cela (Université de Salamanque)</p> <p>Benito Elías García Valero (Université d’Alicante)</p> <p>Marie Hartmann (Université de Caen)</p> <p>Sylvie Loignon (Université de Pau et des Pays d’Adour)</p> <p>Lorenzo Piera Martín (Université de Salamanque)</p> <p>Candela Salgado Ivanich (Université de Salamanque)</p> <p>Cécile Yapaudjian-Labat (Université de Saint-Étienne).</p> <p>—</p> <p><strong>Bibliographie indicative (non exhaustive) </strong>:</p> <p>Ouvrages généraux</p> <p>- ALBER, Jan, FLUDERNIK, Monika (dir.), <em>Postclassical Narratology. Approaches and Analyses</em>, Columbus, The Ohio State University Press, 2010, 323 p.</p> <p>- BLANCKEMAN, Bruno, DAMBRE, Marc, MURA-BRUNEL, Aline (dir.), <em>Le Roman français au tournant du XXIème siècle</em>, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2004, 590 p. (voir notamment : BERTHELOT, Francis, « Les fictions transgressives », pp. 349-357). </p> <p>- BLANCKEMAN, Bruno, HAVERCROFT, Barbara (dir.), <em>Narrations d’un nouveau siècle</em>, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2013, 324 p. (voir notamment le panorama critique de la première décennie du XXème siècle : ROCHE, Anne, « Lignes occupées », pp. 17-28).</p> <p>- DOMÍNGUEZ, César, O’DWYER, Manus (dir.), <em>Contemporary Developments in Emergent Literatures and the New Europe</em>, Santiago de Compostela, USC Editora, 2014, 297 p.</p> <p>- MILLOIS, Jean-Christophe, BLANCKEMAN, Bruno (dir.), <em>Le roman français aujourd'hui. Transformations, perceptions, mythologies</em>, Paris, Éditions Prétexte, 2004, 123 p.</p> <p>- TADIÉ, Jean-Yves, CERQUIGLINI, Blanche, <em>Le roman d’hier à demain</em>, Paris, Gallimard, coll. « Hors série Connaissance », 2012, 464 p.</p> <p>- VIART, Dominique, VERCIER, Bruno, <em>La Littérature française au présent. Héritage, modernité, mutations</em>, Paris, Bordas, 2005, 511 p. (voir notamment les chapitres « Le roman "impassible" et ludique » (pp. 384-396) et « Malaises du roman » (pp. 397-407)).</p> <p>Les écritures du réel</p> <p>- Collectif d’auteurs contemporains, <em>Devenirs du roman</em>, vol.2, Écritures et matériaux, Paris, Éditions Inculte, coll. « Essais », 2014, 345 p.</p> <p>- BURGELIN, Claude, GRELL, Isabelle, ROCHE, Roger-Yves (dir.), <em>Autofiction(s)</em>, Lyon, Presses universitaire de Lyon, 2010, 536 p.</p> <p>- DION, Robert, <em>Des fictions sans fiction ou le partage du réel</em>, Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 2018, 224 p.</p> <p>- GEFEN, Alexandre (dir.), <em>Territoires de la non-fiction. Cartographie d’un genre émergent</em>, Brill, Leyde, 2020, 377 p.</p> <p>- JAMES, Alison, VIART, Dominique (dir.), « Littératures de terrain », <em>in</em> : <em>Fixxion</em>, n° 18, juin 2019.</p> <p>- LARROUX, Guy, <em>Et moi avec eux. Récit de filiation contemporain</em>, Chêne-Bourg, La Baconnière, coll. « Nouvelle collection Langages », 2020, 230 p.</p> <p>- RUBINO, Gianfranco, VIART, Dominique (dir.), <em>Écrire le présent</em>, Paris, Armand Colin, coll. « Recherches », 2013, 256 p.</p> <p> - RUBINO, Gianfranco, VIART, Dominique (dir.), <em>Le Roman français contemporain face à l’Histoire : thèmes et formes</em>, Rome, Quodlibet, 2015, 528 p.</p> <p>- SAMOYAULT, Tiphaine, <em>Excès du roman</em>, Paris, Maurice Nadeau, 1999, 199 p.</p> <p>D’autres représentations</p> <p>- ALBER, Jan, <em>Unnatural narrative. Impossible Worlds in Fiction and Drama</em>, Lincoln et Londres, University of Nebraska Press, 2016, 310 p.</p> <p>- BERTHELOT, Francis, <em>Bibliothèque de l’Entre-Mondes</em>, Paris, Gallimard, coll. « Folio SF », 2005, 336 p.</p> <p>- BLANCKEMAN, Bruno, <em>Les Fictions singulières, étude sur le roman français contemporain</em>, Sainte-Geneviève-des-Bois, Prétexte éditeur, 2002, 172 p.</p> <p>- BLANCKEMAN, Bruno, <em>Les Récits indécidables : Jean Echenoz, Hervé Guibert, Pascal Quignard</em>, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2008,</p> <p>- CURVAL, Philippe, « Appellation d'origine incontrôlée », URL : <a href="https://www.quarante-deux.org/archives/curval/divers/Appellation_d%27origine_incontrolee/">https://www.quarante-deux.org/archives/curval/divers/Appellation_d%27origine_incontrolee/</a> [consulté le 05/09/2025]. </p> <p>- DONNAREIX, Anne-Sophie, <em>Puissances de l’ombre. Le surnaturel du roman contemporain</em>, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2022, 358 p.</p> <p>- GARCÍA VALERO, Benito-Elías,<em> La naturaleza de la luz en la magia literaria: tramas de la física en la literatura fantástica y el realismo mágico</em>, Cádiz, Universidad de Cádiz, 2020, 174 p.</p> <p>- JOURDE, Pierre, <em>Empailler le toréador. L’incongru dans la littérature française de Charles Nodier à Éric Chevillard</em>, Saint-Denis, José Corti, coll. « Les Essais », 1999, 352 p.</p> <p>- KUKKONEN, Karin, « Fantastic Cognition », <em>in </em>: Michael Burke et Emiliy Troscianko (dir.), <em>Dialogues between Literature and Cognition</em>, New York, Oxford University Press, 2026, pp. 151-176.</p> <p>- ROAS DEUS, David (dir.), <em>Historia de lo fantástico en la cultura española contemporánea (1990-2015)</em>, Madrid, Iberoamericana/Vervuert, 2017, 388 p.</p> <p>- RUFFEL, Lionel, <em>Le dénouement</em>, Rieux-en-Val, Éditions Verdier, 2005, 106 p.</p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Cours d'expression-communication en 1ère année département TC (IUT de Sceaux)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135610/recherche-intervenant-pour-cours-d-expression-communication-en-1ere-annee-departement-tc-a-l-iut-de-sceaux.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 02:30:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135610/recherche-intervenant-pour-cours-d-expression-communication-en-1ere-annee-departement-tc-a-l-iut-de-sceaux.html</guid>
      <category>fabula_postes</category>
      <description>L'IUT de Sceaux recherche un ou plusieurs intervenants (profil de professeur de français) pour des cours d'Expression, Communication et Culture (ECC) en 1ère année de BUT Techniques de commercialisation, au sein du Département TC à l'IUT de Sceaux (92- RER B Sceaux ou Robinson), pour le semestre 1 à partir du 14 septembre, pour 10 semaines de cours. Quatre groupes sont à pourvoir. Chaque groupe représente un bloc de 3h par semaine pour l'enseignant (1h de TD et 2h de TP, en demi-groupe), soit 30h pour le semestre (120h en tout, si l'intervenant prend en charge les 4 groupes disponibles). Il s'agit de faire travailler l'expression écrite, la prise de parole à l'oral, de faire pratiquer la recherche documentaire, la restitution écrite ou orale de cette recheche documentaire et d'améliorer la culture générale (presse, cinéma, histoire..., etc.). Les personnes intéressées sont invitées à envoyer leur CV à Olivier Bravard (olivier.bravard@universite-paris-saclay.fr), responsable de cet enseignement en L1.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135610_c67b51051e7aa12a47f6d4657fe06ca6.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135610_c67b51051e7aa12a47f6d4657fe06ca6.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>L'IUT de Sceaux recherche un ou plusieurs intervenants (profil de professeur de français) pour des cours d'Expression, Communication et Culture (ECC) en 1ère année de BUT Techniques de commercialisation, au sein du Département TC à l'IUT de Sceaux (92- RER B Sceaux ou Robinson), pour le semestre 1 à partir du 14 septembre, pour 10 semaines de cours.</p> <p>Quatre groupes sont à pourvoir. Chaque groupe représente un bloc de 3h par semaine pour l'enseignant (1h de TD et 2h de TP, en demi-groupe), soit 30h pour le semestre (120h en tout, si l'intervenant prend en charge les 4 groupes disponibles). Il s'agit de faire travailler l'expression écrite, la prise de parole à l'oral, de faire pratiquer la recherche documentaire, la restitution écrite ou orale de cette recheche documentaire et d'améliorer la culture générale (presse, cinéma, histoire..., etc.).</p> <p>Les personnes intéressées sont invitées à envoyer leur CV à Olivier Bravard (olivier.bravard@universite-paris-saclay.fr), responsable de cet enseignement en L1.</p> <p></p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Edgar Morin et la pensée de la complexité: héritages, dialogues et perspectives contemporaines (Revue Complexus)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135609/edgar-morin-et-la-pensee-de-la-complexite-heritages.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 01:06:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Revue Complexus Revue Interdisciplinaire en Littératures, Critique, Histoire de l’art et Didactique Interdisciplinary Journal in Literature, Criticism, Art History and Didactics n° 10, 2027: Appel à contributions « Edgar Morin et la pensée de la complexité: héritages, dialogues et perspectives contemporaines »  « Edgar Morin and the Thought of Complexity: Legacies, Dialogues, and Contemporary Perspectives » Dossier coordonné par Mounir CHAFYQ Date limite de soumission des articles : 30 novembre 2026 Retour d’évaluation : 30 décembre 2026 Parution : 28 février 2027  — La disparition récente d’Edgar Morin, survenue le 29 mai 2026, clôt un parcours intellectuel hors norme, traversé par une curiosité encyclopédique et une inquiétude lucide face aux défis de son temps. Son œuvre, traduite dans le monde entier, a profondément marqué les sciences humaines et sociales, les études culturelles, la philosophie, l’éducation, la communication, l’écologie politique, ainsi que les épistémologies contemporaines. À travers une production monumentale, au cœur de laquelle se déploie La Méthode (six volumes, 1977-2004), Morin a élaboré une pensée de la complexité qui ne se réduit pas à une simple méthode, mais constitue une véritable posture épistémologique. Celle-ci invite à dépasser les cloisonnements disciplinaires, la disjonction des savoirs et la simplification réductrice (héritée du paradigme [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135609_6c964647e0fb42ff6fc7c864194d2b70.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135609_6c964647e0fb42ff6fc7c864194d2b70.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:left;"><strong>Revue <em>Complexus</em></strong></p> <p style="text-align:left;"><em>Revue Interdisciplinaire en Littératures, Critique, Histoire de l’art et Didactique Interdisciplinary Journal in Literature, Criticism, Art History and Didactics</em></p> <p style="text-align:left;"><strong>n° 10, 2027: Appel à contributions</strong></p> <p style="text-align:left;"><strong>« Edgar Morin et la pensée de la complexité: héritages, dialogues et perspectives contemporaines » </strong></p> <p style="text-align:left;"><strong>« Edgar Morin and the Thought of Complexity: Legacies, Dialogues, and Contemporary Perspectives »</strong></p> <p style="text-align:left;">Dossier coordonné par <strong>Mounir CHAFYQ</strong></p> <p style="text-align:left;">Date limite de soumission des articles : <strong>30 novembre 2026</strong></p> <p style="text-align:left;">Retour d’évaluation : <strong>30 décembre 2026</strong></p> <p style="text-align:left;">Parution : <strong>28 février 2027</strong></p> <p style="text-align:left;"> —</p> <p>La disparition récente d’Edgar Morin, survenue le 29 mai 2026, clôt un parcours intellectuel hors norme, traversé par une curiosité encyclopédique et une inquiétude lucide face aux défis de son temps. Son œuvre, traduite dans le monde entier, a profondément marqué les sciences humaines et sociales, les études culturelles, la philosophie, l’éducation, la communication, l’écologie politique, ainsi que les épistémologies contemporaines. À travers une production monumentale, au cœur de laquelle se déploie La Méthode (six volumes, 1977-2004), Morin a élaboré une pensée de la complexité qui ne se réduit pas à une simple méthode, mais constitue une véritable posture épistémologique. Celle-ci invite à dépasser les cloisonnements disciplinaires, la disjonction des savoirs et la simplification réductrice (héritée du paradigme cartésien), pour appréhender les phénomènes humains dans leur multidimensionnalité, leurs interactions en boucle, leurs émergences et leurs dynamiques de transformation.</p> <p>Cette approche, qui refuse l’illusion de la transparence et l’aveuglement de la spécialisation sans mise en relation, est plus que jamais indispensable pour naviguer dans un monde interdépendant, turbulent et incertain.</p> <p>À une époque marquée par des crises enchevêtrées (écologiques, énergétiques, sociales, sanitaires, culturelles, technologiques et géopolitiques), la pensée morinienne apparaît d’une brûlante actualité. Elle fournit des outils conceptuels puissants : la dialogique (articulation des contraires), la récursion (causalité circulaire), le principe hologrammatique (la partie est dans le tout, le tout est dans la partie) ; ce pour penser les interdépendances, les incertitudes, les contradictions, les risques et les rétroactions qui caractérisent la condition historique présente. Son appel à une réforme de la pensée, formulé notamment dans Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur (commandé par l’UNESCO en 1999), continue d’inspirer chercheurs, enseignants, artistes, décideurs et acteurs de la société civile, bien au-delà des seules sphères académiques. Morin nous exhorte à cultiver une « intelligence générale » et une écologie de l’action, seules capables de relier ce qui est disjoint, de surmonter la pensée linéaire et d’embrasser la complexité du réel. Il nous rappelle que « le tout est plus que la somme des parties » (propriétés émergentes), mais aussi que les parties sont contenues dans le tout (principe hologrammatique), dans un mouvement de récursion permanente.</p> <p>Ce numéro 10 de la revue <em>Complexus</em>, dédiée à l’étude et à la diffusion des approches complexes, entend à la fois rendre hommage à l’œuvre d’Edgar Morin et interroger sa fécondité dans les recherches contemporaines. Il s’agit d’explorer les prolongements, les réappropriations créatrices, les critiques internes et externes, ainsi que les renouvellements de la pensée complexe dans les domaines de la littérature, des arts, des sciences humaines, de l’éducation, mais aussi du management, des politiques publiques ou des humanités numériques. Une attention particulière sera portée aux dialogues inattendus que sa pensée a suscités, notamment en Amérique latine, où son approche syncrétique et relationnelle a trouvé un écho profond. Là s’est développée une véritable « pensée du Sud », en dialogue avec des auteurs comme Enrique Leff, Boaventura de Sousa Santos ou les épistémologies décoloniales, qui interroge l’hégémonie des savoirs occidentaux, valorise les qualités des cultures du Sud et promeut une écologie des savoirs. Ces réceptions multiples montrent la plasticité et la puissance heuristique de la pensée morinienne, capable de transcender les frontières géographiques, disciplinaires et épistémologiques, tout en ouvrant la voie à des approches écologiques, décoloniales et éthico-politiques profondément renouvelées.</p> <p>Les contributions pourront adopter des approches théoriques, historiques, critiques, empiriques ou appliquées. Elles porteront aussi bien sur l’œuvre même de Morin que sur les perspectives qu’elle ouvre dans différents champs du savoir, en explorant comment ses concepts peuvent éclairer les grands défis du XXIe siècle : l’Anthropocène et les effondrements écologiques, les mutations numériques et l’intelligence artificielle, les migrations et le cosmopolitisme, les recompositions démocratiques, ou encore les nouvelles formes de vulnérabilité et de reliance.</p> <p><strong>Axes indicatifs </strong>(non limitatifs)</p> <p>-        La pensée complexe : fondements théoriques et évolutions : Retour sur les principes clés (dialogique, récursion, hologrammatique, introduction du désordre, de l’aléatoire et de l’incertitude) et leur généalogie dans l’œuvre morinienne.</p> <p>-        Edgar Morin et l’interdisciplinarité/transdisciplinarité : Analyse des méthodes, des obstacles institutionnels et des enjeux du décloisonnement des savoirs, en lien avec la réforme de la pensée et la formation des chercheurs.</p> <p>-        Complexité et sciences humaines et sociales : Renouvellements apportés en sociologie (complexité du social), en anthropologie (l’homme multidimensionnel), en histoire (l’événement et le temps non linéaire), en psychologie (l’individu-sujet), etc.</p> <p>-        Littérature et pensée de la complexité : La littérature comme laboratoire de la condition humaine, de l’ambiguïté morale et des destins croisés ; lectures moriniennes d’écrivains (Proust, Kafka, Dostoïevski, etc.).</p> <p>-        Arts, création et approches complexes : Contribution des arts à la représentation de la complexité (théâtre, cinéma, arts plastiques, musique) ; influences réciproques entre Morin et les pratiques artistiques contemporaines.</p> <p>-        Complexité, culture et mondialisation : Analyse morinienne des phénomènes culturels globaux : identités métissées, unité/diversité humaine, dialogique du local et du planétaire.</p> <p>-        Éducation, pédagogie et réforme de la pensée : Impact des Sept savoirs sur les curriculums, les pédagogies actives, la formation des enseignants et les éducations à l’environnement et au développement durable.</p> <p>-        Humanisme, éthique et citoyenneté chez Morin : Dimensions éthiques et politiques de la pensée complexe : éthique de la compréhension, anthropo-éthique, concept de Terre-Patrie, citoyenneté planétaire.</p> <p>-        Complexité et défis environnementaux : Écologie de l’action, pensée écologique de Morin, critiques de la technoscience, apports aux théories de la transition, de la résilience et de l’Anthropocène.</p> <p>-        Héritages et critiques de la pensée morinienne : Évaluation de son influence épistémologique, débats critiques (risque de généralisme, tensions avec les sciences dures, réceptions contrastées).</p> <p>-        Actualité d’Edgar Morin dans les recherches contemporaines : Réceptions, réappropriations et malentendus de sa pensée dans les travaux récents en sciences, en philosophie et en ingénierie.</p> <p>-        Dialogues entre la pensée complexe et les approches décoloniales, écologiques ou numériques : Convergences et divergences avec les épistémologies du Sud, les humanités environnementales, l’intelligence artificielle, les big data, les communs numériques et la gouvernance algorithmique.</p> <p>—</p> <p><strong>Bibliographie essentielle (Edgar Morin)</strong></p> <p><strong>La Méthode </strong></p> <p>-        <em>La Méthode</em>. Tome 1 : La Nature de la nature (1977) ; Tome 2 : La Vie de la vie (1980) ; Tome 3 : La Connaissance de la connaissance (1986) ; Tome 4 : Les Idées (1991) ; Tome 5 : L’Humanité de l’humanité (2001) ; Tome 6 : L’Éthique (2004). Paris, Seuil. [Rééd. « Points Essais » puis « Opus »]</p> <p><strong>Épistémologie de la complexité</strong></p> <p>-        <em>Introduction à la pensée complexe</em>. Paris, ESF, 1990 ; Seuil, « Points Essais », 2005.</p> <p>-        <em>Science avec conscience</em>. Paris, Fayard, 1982 ; « Points Sciences », 1990.</p> <p><strong>Éducation et réforme de la pensée</strong></p> <p>-       <em> Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur</em>. Paris, Seuil / UNESCO, 2000 ; « Points Essais », 2025.</p> <p>-        <em>La Tête bien faite. Repenser la réforme, réformer la pensée</em>. Paris, Seuil, 1999.</p> <p>-        <em>Enseigner à vivre. Manifeste pour changer l’éducation</em>. Paris, Actes Sud, 2014.</p> <p><strong>Anthropologie, société et culture</strong></p> <p>-        <em>L’Homme et la Mort</em>. Paris, Corréa, 1948 ; Seuil, « Points Essais », 1977.</p> <p>-        <em>Le Cinéma ou l’homme imaginaire</em>. Paris, Minuit, 1956.</p> <p>-        <em>L’Esprit du temps</em>. Essai sur la culture de masse. Paris, Grasset, 1962 (t.1) et 1976 (t.2) ; Armand Colin, 2008.</p> <p>-        <em>La Rumeur d’Orléans</em>. Paris, Seuil, 1969 ; « Points Essais », 1982.</p> <p><strong>Politique, écologie et Terre-Patrie</strong></p> <p>-        <em>Terre-Patrie</em> (avec Anne-Brigitte Kern). Paris, Seuil, 1993 ; « Points », 1996.</p> <p>-        <em>Penser l’Europe</em>. Paris, Gallimard, 1987 ; « Folio », 2022.</p> <p>-        <em>La Voie. Pour l’avenir de l’humanité</em>. Paris, Fayard, 2011 ; « Pluriel », 2012.</p> <p>-        <em>Changeons de voie. Les leçons du coronavirus</em> (avec Sabah Abouessalam). Paris, Denoël, 2020.</p> <p>-        <em>Réveillons-nous !</em> Paris, Denoël, 2022 ; « Folio », 2023.</p> <p> —</p> <p><strong>Modalité de soumission</strong></p> <p>-      Les textes, en français ou en anglais, doivent être soumis directement via la plateforme de la revue :  <a href="https://revues.imist.ma/index.php/Complexus/about/submissions#onlineSubmissions">https://revues.imist.ma/index.php/Complexus/about/submissions#onlineSubmissions</a> (Les auteurs doivent s’inscrire sur la plateforme de la revue) ;</p> <p>-      ou envoyés en fichier attaché au format Word accompagné d’un résumé (en français et en anglais) de 250 à 300 mots et d’un court CV (une dizaine de lignes précisant les coordonnées, statut, institution universitaire, discipline scientifique, orientations de recherche de l’auteur et les principales publications). Le courriel doit être adressé avant le 30 novembre 2026 délai de rigueur, à l’adresse suivante : <a href="mailto:revuecomplexus@gmail.com">revuecomplexus@gmail.com</a></p> <p>-      La rédaction de l'article devra respecter les normes de la revue. Merci de consulter à cette fin : <a href="https://revues.imist.ma/index.php/Complexus/about/submissions#onlineSubmissions">https://revues.imist.ma/index.php/Complexus/about/submissions#onlineSubmissions</a></p> <p>-     Les articles doivent compter de 30 000 à 40 000 signes, incluant les espaces, mais excluant les références. Ils seront évalués en double aveugle par le comité de lecture. Les décisions du comité scientifique seront communiquées aux auteurs avant le 30 décembre 2026.</p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Guillaume Hannezo, Hakim El Karoui, Thierry Pech, Sans eux. La France sans les immigrés</title>
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      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 00:33:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution</category>
      <description>Partis ! Chassés par des lois anti-immigration toujours plus restrictives, ou ayant rejoint d'eux-mêmes des horizons plus hospitaliers. La France de 2030 est un pays sans immigrés.  Le pouvoir jubile, le pays moins : hôpital exsangue, restaurants sans cuisiniers, Ehpad abandonnés... La mort subite du président de la République changera-t-elle la donne ? Qui sera son successeur ? Un récit haletant s'enclenche, entre campagne présidentielle, enquête policière, voyage au pays des cryptos, délocalisation des patients, hausse de la criminalité. Décidément, la France sans ses immigrés n'est plus... la France. Les auteurs de Marine Le Pen présidente. Dystopie politique 2026-2029 poursuivent leur exploration d'un avenir qu'il nous appartient de laisser à la fiction. — On peut lire sur nonfiction.fr un article de Jean Bastier sur cet ouvrage…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135601_c981e8c8044bfdde8d3127914d212fa0.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135601_c981e8c8044bfdde8d3127914d212fa0.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Partis ! Chassés par des lois anti-immigration toujours plus restrictives, ou ayant rejoint d'eux-mêmes des horizons plus hospitaliers. La France de 2030 est un pays sans immigrés. </p> <p>Le pouvoir jubile, le pays moins : hôpital exsangue, restaurants sans cuisiniers, Ehpad abandonnés...</p> <p>La mort subite du président de la République changera-t-elle la donne ? Qui sera son successeur ? Un récit haletant s'enclenche, entre campagne présidentielle, enquête policière, voyage au pays des cryptos, délocalisation des patients, hausse de la criminalité. Décidément, la France sans ses immigrés n'est plus... la France.</p> <p>Les auteurs de <em>Marine Le Pen présidente</em>. Dystopie politique 2026-2029 poursuivent leur exploration d'un avenir qu'il nous appartient de laisser à la fiction.</p> <p>—</p> <p><strong><a href="https://www.nonfiction.fr/article-12799-quand-la-fiction-revele-les-effets-des-politiques-migratoires.htm">On peut lire sur nonfiction.fr un article de Jean Bastier sur cet ouvrage…</a></strong></p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Nabil El Jabbar, Mzago Dokhtourichvili, Gerardo Acerenza (dir.), La Bibliothèque infinie. Mémoires, héritages et promesses de lecture</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135600/nabil-el-jabbar-mzago-dokhtourichvili-gerardo-acerenza-dir-la-bibliotheque.html</link>
      <pubDate>Tue, 14 Jul 2026 00:26:54 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution</category>
      <description>Nous gardons tous en nous la mémoire des bibliothèques qui ont façonné notre regard de lecteurs et d’écrivains : les petites bibliothèques d’enfance, familières et fondatrices ; les grandes bibliothèques publiques, vastes comme des cathédrales de savoir ; les bibliothèques de recherche, discrètes et exigeantes, où se précise la pensée ; et enfin nos bibliothèques personnelles, où s’accumulent les livres aimés, hérités, retrouvés ou jamais rendus. Cet ouvrage collectif réunit des voix diverses qui racontent, avec sensibilité et subjectivité, les liens singuliers qu’elles entretiennent avec ces lieux de mémoire et d’apprentissage. Il ne s’agit pas d’un traité savant, mais d’une traversée intime des bibliothèques qui accompagnent une vie de lecture, d’étude et d’écriture. Une invitation à redécouvrir les espaces où naissent nos curiosités, se forgent nos idées et s’épanouissent nos imaginaires. Lire un extrait…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135600_40ae1130c6d0c4ac89a095c6c3659a4e.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135600_40ae1130c6d0c4ac89a095c6c3659a4e.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Nous gardons tous en nous la mémoire des bibliothèques qui ont façonné notre regard de lecteurs et d’écrivains : les petites bibliothèques d’enfance, familières et fondatrices ; les grandes bibliothèques publiques, vastes comme des cathédrales de savoir ; les bibliothèques de recherche, discrètes et exigeantes, où se précise la pensée ; et enfin nos bibliothèques personnelles, où s’accumulent les livres aimés, hérités, retrouvés ou jamais rendus.</p> <p>Cet ouvrage collectif réunit des voix diverses qui racontent, avec sensibilité et subjectivité, les liens singuliers qu’elles entretiennent avec ces lieux de mémoire et d’apprentissage. Il ne s’agit pas d’un traité savant, mais d’une traversée intime des bibliothèques qui accompagnent une vie de lecture, d’étude et d’écriture.</p> <p>Une invitation à redécouvrir les espaces où naissent nos curiosités, se forgent nos idées et s’épanouissent nos imaginaires.</p> <p><strong><a href="https://liseuse.harmattan.fr/9782336632674">Lire un extrait…</a></strong></p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Sophocle, Antigone, éd. J.-M. Narbonne, J. Razgonnikoff et Ch. Borello</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135595/sophocle-antigone-ed-j-m-narbonne-j-razgonnikoff-et-ch-borello.html</link>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 17:25:28 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution</category>
      <description>Antigone, peut-être la pièce la plus célèbre du répertoire théâtral mondial, met en scène l’essentiel des antagonismes à l’œuvre dans l’existence humaine, ceux de l’homme et de la femme, de la jeunesse et de la vieillesse, des humains et des dieux, des vivants et des morts, du privé et du commun. C’est ce dernier conflit, celui du privé et du commun, de l’individu ou de la famille face à la Cité, qui retient ici davantage l’attention. Est-il aussi irréconciliable qu’on le dit ? Antigone veut enterrer dignement son frère en dépit de l’interdit décrété par Créon, le nouveau dirigeant. Est-ce là tout le propos de Sophocle, l’affrontement tragique des deux personnages qui s’ensuit ? À l’analyse, on se rend compte que des voix de compromis s’élèvent dans le récit, des invitations au dialogue et à la délibération commune. Ce qu’entraîne de rester sourd à ces appels, là est peut-être, en définitive, le cœur du message du poète. Traduction inédite de la pièce accompagnée d’essais complémentaires. </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135595_01af992440b9bd0cf9bd44ae21af0759.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135595_01af992440b9bd0cf9bd44ae21af0759.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>Antigone</em>, peut-être la pièce la plus célèbre du répertoire théâtral mondial, met en scène l’essentiel des antagonismes à l’œuvre dans l’existence humaine, ceux de l’homme et de la femme, de la jeunesse et de la vieillesse, des humains et des dieux, des vivants et des morts, du privé et du commun. C’est ce dernier conflit, celui du privé et du commun, de l’individu ou de la famille face à la Cité, qui retient ici davantage l’attention. Est-il aussi irréconciliable qu’on le dit ? Antigone veut enterrer dignement son frère en dépit de l’interdit décrété par Créon, le nouveau dirigeant. Est-ce là tout le propos de Sophocle, l’affrontement tragique des deux personnages qui s’ensuit ? À l’analyse, on se rend compte que des voix de compromis s’élèvent dans le récit, des invitations au dialogue et à la délibération commune. Ce qu’entraîne de rester sourd à ces appels, là est peut-être, en définitive, le cœur du message du poète.</p> <p></p> <p>Traduction inédite de la pièce accompagnée d’essais complémentaires. </p>]]></content:encoded>
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      <title>Écritures de la vulnérabilité dans la littérature latino-américaine contemporaine (MSH Poitiers)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135599/ecritures-de-la-vulnerabilite-dans-la-litterature-latino-americaine-contemporaine.html</link>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 11:43:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>Écritures de la vulnérabilité dans la littérature latino-américaine contemporaine.  Journée d'étude des doctorant.e.s du CRLA-Archivos, Université de Poitiers Jeudi 22 octobre 2026 Au cours des deux dernières décennies, la vulnérabilité s'est imposée comme une catégorie essentielle des sciences sociales et de la philosophie politique, au point de constituer ce que certain.es qualifient de « vulnerability turn » (Fineman, 2008). Dans Politiques de la vulnérabilité, Marie Garrau analyse ce concept en soulignant la nécessité d’interroger ses usages institutionnels et idéologiques afin d’en dégager le potentiel critique. La distinction établie par Judith Butler entre precariousness (precaridad en espagnol) et precarity (precariedad) est centrale pour appréhender la notion : la première désigne « une condition générale que l’on peut qualifier d’existentielle », inhérente à toute vie humaine, tandis que la seconde renvoie « à la manière dont la fragilité existentielle du vivant et l’absence de garantie quant à sa continuation s’expriment ou sont exploitées au point de vue social et politique» (Butler, 2009 : 9). Les deux aspects sont interdépendants : la précarité existentielle de toute vie constitue la condition sur laquelle s'exercent les formes sociales et politiques de la précarisation.  Si la notion de vulnérabilité est aujourd’hui largement mobilisée, cette journée d’étude se [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135599_1e5202df4b6e3f143a65854ecbdccc74.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135599_1e5202df4b6e3f143a65854ecbdccc74.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>Écritures de la vulnérabilité dans la littérature latino-américaine contemporaine. </strong></p> <p style="text-align:center;">Journée d'étude des doctorant.e.s du CRLA-Archivos, Université de Poitiers</p> <p style="text-align:center;"><strong>Jeudi 22 octobre 2026</strong></p> <p>Au cours des deux dernières décennies, la vulnérabilité s'est imposée comme une catégorie essentielle des sciences sociales et de la philosophie politique, au point de constituer ce que certain.es qualifient de « vulnerability turn » (Fineman, 2008). Dans <em>Politiques de la vulnérabilité</em>, Marie Garrau analyse ce concept en soulignant la nécessité d’interroger ses usages institutionnels et idéologiques afin d’en dégager le potentiel critique.</p> <p>La distinction établie par Judith Butler entre <em>precariousness </em>(<em>precaridad</em> en espagnol) et <em>precarity</em> (<em>precariedad)</em> est centrale pour appréhender la notion : la première désigne « une condition générale que l’on peut qualifier d’existentielle », inhérente à toute vie humaine, tandis que la seconde renvoie « à la manière dont la fragilité existentielle du vivant et l’absence de garantie quant à sa continuation s’expriment ou sont exploitées au point de vue social et politique» (Butler, 2009 : 9). Les deux aspects sont interdépendants : la précarité existentielle de toute vie constitue la condition sur laquelle s'exercent les formes sociales et politiques de la précarisation. </p> <p>Si la notion de vulnérabilité est aujourd’hui largement mobilisée, cette journée d’étude se propose d'interroger les apports de ces renouvellements théoriques dans le champ des études littéraires latino-américaines. La vulnérabilité y sera envisagée comme une manière de repenser le rapport à l’Autre à partir d’un sujet fondamentalement ouvert, perméable et interdépendant. Il s’agira de penser les affects en littérature, puisque la vulnérabilité renvoie à notre capacité constitutive d’être affecté par autrui. Elle constitue ainsi le point de départ de réflexions sur l’interdépendance, la responsabilité, les pratiques du <em>care</em> et les formes de résistance, que nous penserons ici par et dans la littérature. </p> <p>Sortie de son autonomie (Ludmer, 2010 ; Citton, 2007 ; Gefen, 2021), la littérature contemporaine semble renouer avec le monde social, tandis que la théorie littéraire connaît un véritable « moment éthique », nourri notamment par le « tournant affectif » (Berlant, 1997 ; Ahmed, 2004 ; Clough, 2007…) Ces dernières années, de nombreux travaux ont ainsi interrogé les liens entre littérature, affects et vulnérabilités (Puchmüller Andrea et Cristina Patricia Sosa, 2025 ; Boblet, Marie-Hélène, et Anne Gourio. 2020 ; Gamba, 2025…) </p> <p>Ce renouvellement critique invite à penser les « écritures de la vulnérabilité », en considérant la littérature non seulement comme un espace de représentation de la vulnérabilité, mais comme un lieu où se reconfigurent les subjectivités contemporaines (Arfuch, 2002, 2005). Les œuvres ne se contentent pas de rendre visibles des sujets vulnérables,  au risque parfois de reconduire les stigmates qui leur sont associés : elles élaborent des formes capables de les penser. Comme le rappellent Guerrero et Bouzaglo, « La literatura como productora de metáforas tiene la capacidad de inventar, reforzar, invertir, resistir, desconectar o reconectar las metáforas que otras instituciones y hasta la propia literatura instalan » (2007 : 25). La vulnérabilité apparaît ainsi comme un principe poétique qui reconfigure les modalités de narration, les régimes d’énonciation et les rapports entre fiction, témoignage et document ; et la littérature comme un espace de cette reconfiguration des imaginaires de la fragilité, de la souffrance ou de la marginalité. Il s’agira également de penser une « littérature précaire », afin de déplacer la question de la représentation de la vulnérabilité vers les conditions matérielles de l’écriture et les transformations contemporaines de l’objet littéraire, de ses institutions et de ses modes de production (voir axe 5).</p> <p>Les propositions pourront notamment s'inscrire dans les axes suivants, sans que cette liste soit exhaustive :</p> <p><br /><strong>Axe 1 : Corps vulnérables, biopolitique et contre-pédagogies de la cruauté</strong></p> <p><br />Du latin <em>vulnus</em> (« blessure ») et <em>vulnerare </em>(« blesser »), le terme « vulnérable » renvoie d’abord à notre condition corporelle. Le corps constitue une frontière physique entre soi et autrui, séparant le dedans du dehors par l’intermédiaire de la peau : une barrière à la fois protectrice et fragile, une enveloppe poreuse (Le Breton, 2024 ; Anzieu, 1985). Au-delà de cette acception première, « la vulnérabilité (…) définit en creux ce qu’une société considère comme étant un corps intègre » (Cahiers du Genre, n° 58, 2015). Cet axe propose d’interroger la corporéité comme fondement de la gouvernementalité biopolitique (Moraña, 2021), en considérant la matérialité des corps comme le premier lieu d’inscription des normes et des rapports de pouvoir, mais aussi comme l’espace où se construisent et se négocient les processus de subjectivation, de reconnaissance et d’exclusion.</p> <p>Dans le sillage des travaux de Rita Segato sur les « pédagogies de la cruauté », il s’agira d’examiner les mécanismes par lesquels certains corps sont rendus disponibles à la violence, déshumanisés ou transformés en objets : « Llamo pedagogías de la crueldad a todos los actos y prácticas que enseñan, habitúan y programan a los sujetos a transmutar lo vivo y su vitalidad en cosas. » (Segato; 2018 : 11). On pourra ainsi  s’interroger sur la manière dont la littérature élabore de véritables « contre-pédagogies de la cruauté ». Cet axe accueillera des réflexions sur les écritures du corps souffrant, de la maladie et du vieillissement, mais également sur les corps féminisés, queer, racisés, dissidents ou encore sur les corps-cadavres.</p> <p>Nous invitons également à penser les métaphores du corps, afin d’examiner les liens entre vulnérabilité, territoire et pouvoir. À la manière d’Anzaldúa qui fait du territoire lui-même un corps vulnérable en décrivant la frontière entre les États-Unis et le Mexique comme « una herida abierta donde el Tercer Mundo se raspa contra el Primero y sangra » (Anzaldúa, 1987 : 3), les communications pourront explorer les continuités entre les violences exercées sur les corps et les territoires, en s’intéressant aux territoires colonisés soumis aux logiques extractivistes, aux espaces et corps migrants, ou encore aux effets des crises écologiques.</p> <p><br /><strong>Axe 2 : Écritures du traumatisme, (post)mémoire et rhétoriques de la réparation </strong></p> <p><br />« L’expérience du traumatisme et du deuil « exemplifient et exacerbent la vulnérabilité « fondamentale » (Garrau, 2018 : 17). Cet axe invite à penser l’écriture du traumatisme, dans son sens premier de choc, blessure comme dans sa définition la plus répandue de traumatisme psychique. Les <em>Trauma Studies,</em> développées à partir des réflexions sur les violences de masse du XXᵉ siècle, ont renouvelé l’approche des expériences traumatiques en interrogeant leurs conditions de représentation, et enjeux éthiques et esthétiques liés à la mise en récit de l’indicible. Il s’agira de penser les écritures contemporaines du traumatisme, individuel ou collectif, à partir des tensions entre mémoire, oubli et transmission, en mobilisant par exemple les concepts de post-mémoire (Hirsch, 2012), le paradigme de l’après-coup (Laumier, 2023) ou encore les rapports entre fiction et non-fiction dans la définition d’une éthique du témoignage. </p> <p>Dans la mesure où, selon Adriana Cavarero, la condition vulnérable oscille entre deux pôles, « la herida y la cura » (2009: 43) et « En cuanto vulnerable, expuesto al otro, el cuerpo singular se manifiesta irremediablemente en ambas respuestas » (ibid.),  cet axe propose également de questionner les rhétoriques contemporaines de la réparation qui marquent la théorie littéraire contemporaine. Sans les réduire à une conception thérapeutique de l'écriture, il s'agira d’examiner comment certaines œuvres élaborent des pratiques d’attention, d’écoute et de relation, en dialogue avec les éthiques du <em>care</em> (Carol Gilligan, Joan Tronto, Sandra Laugier). Une attention particulière pourra être portée à la question de la voix — qui parle, qui est entendu, qui demeure réduit au silence ? —, aux esthétiques de l'écoute, ainsi qu'aux pratiques d'enquête, de collecte et de travail d'archives qui participent à la transmission de mémoires blessées.</p> <p><br /><strong>Axe 3 : Victimes, vulnérabilité et résistance</strong></p> <p><br />Dans <em>La potencia feminista o el deseo de cambiarlo todo,</em> Verónica Gago rappelle, à partir de Judith Butler, la nécessité de dissocier vulnérabilité et passivité : « Butler propone así desacoplar vulnerabilidad de victimización. Poner el cuerpo en la línea, en la valla, en el frente, no es incompatible con sostener la vulnerabilidad: sólo hay que dejar de lado el paternalismo masculino que opone poder a la vulnerabilidad » (2019 : 179) Dans cette perspective, cet axe propose de penser la vulnérabilité non comme pas comme l’envers de la capacité d’agir ou une faiblesse à dépasser, mais comme condition relationnelle à partir de laquelle peuvent émerger des formes de résistance (Butler, Gambetti, Sabsay, 2016). Dans <em>Résistances affectives,</em> Chowra Makaremi analyse notamment le deuil comme une « technologie de résistance affective », en montrant comment le chagrin, la colère et l’amour peuvent devenir des ressources politiques dans des mobilisations collectives, allant des Mères de la place de Mai au mouvement <em>Black Lives Matter.</em> Cet axe accueillera des réflexions sur les pratiques de résistance féministes, antiracistes et décoloniales, mais également sur les formes littéraires qui interrogent la figure de la victime. Comment la littérature peut-elle déplacer le regard porté sur les sujets vulnérabilisés, en les faisant apparaître non seulement comme des sujets blessés, mais comme des sujets capables d’action et de transformation politique ? </p> <p><br /><strong>Axe 4: Vers une critique de la catégorie de vulnérabilité</strong></p> <p><br />Dans «White Innocence in the Black Mediterranean: Hospitality and the Erasure of History», Ida Danewid met en évidence les limites d’un « nouvel humanisme » fondé sur une vulnérabilité partagée, notamment à partir d’une lecture critique de l’éthique butlérienne du deuil et de la pleurabilité. En substituant à l’histoire des violences une ontologie générale de la vulnérabilité, ces approches risquent d’effacer les rapports historiques de pouvoir, notamment coloniaux, ainsi que les responsabilités politiques qui les sous-tendent. Danewid interroge ainsi la capacité d’une éthique fondée sur la souffrance d’une humanité abstraite à répondre aux formes contemporaines d’injustice : selon elle, une « politique de la lamentation » peut aisément se transformer en une « lamentation de la politique », qui se contente de pleurer la violence plutôt que d’en interroger les conditions historiques et structurelles. En s’appuyant sur Sara Ahmed et Clare Hemmings, elle montre également que cette approche peut conduire à une « cannibalisation of the other masquerading as care » (2012 : 152), où la compassion envers l’autre vulnérable ne fait que reconduire une forme d’innocence blanche. Par ailleurs, pour Florent Coste, cette omniprésence de la catégorie de vulnérabilité dit quelque chose d’un « hyper-individualisme exaltant et marchandant les valeurs indexées sur la singularité ; dans cette société libérale qu’on croit sans classes, la littérature se gargarise assez volontiers d’individualités et de subjectivités » (2024 : 37). Cet axe entend ainsi ouvrir une réflexion épistémologique sur la catégorie de vulnérabilité elle-même. Sans en nier la fécondité heuristique, il s’agira d’en interroger les usages, les impensés et les effets critiques : que rend-elle visible, mais aussi, que risque-t-elle d'invisibiliser ?</p> <p><br /><strong>Axe 5 : Littérature en péril : vulnérabilité de la discipline littéraire ?</strong></p> <p><br />À partir des réflexions d'Annick Louis sur l'objet et la discipline littéraires (2022), cette journée d'étude entend également interroger la vulnérabilité de la littérature en tant que champ de savoir et institution. Dans cette perspective, les outils des sciences humaines et sociales permettent de dépasser une lecture strictement textualiste des œuvres. Ils invitent à penser conjointement les formes littéraires, les conditions de leur production et les régimes de circulation des textes, afin de mieux comprendre comment la vulnérabilité s'inscrit également dans les structures mêmes du champ littéraire mondialisé, sans dissocier les œuvres des rapports de force qui organisent leur production, leur diffusion et leur légitimation. Cette perspective conduit par exemple à interroger les mutations contemporaines de l'auctorialité : loin de la figure du génie romantique, de nombreuses pratiques d'écriture privilégient aujourd'hui des formes de création collaborative ou relationnelle qui font de l'interdépendance et de l'exposition à autrui des conditions mêmes de l'écriture. Les communications pourront ainsi interroger les formes contemporaines de l'auctorialité, les politiques de la publication, les conditions matérielles de production des œuvres, ainsi que les rapports entre création, précarité et institution.</p> <p><br />Les propositions de communication (environ 300 mots), en français ou en espagnol, accompagnées d'une courte notice bio-bibliographique, devront être envoyées, au format PDF, <strong>avant le 7 septembre </strong>à l'adresse suivante : <a href="mailto:CRLAdoctoriales2026@gmail.com">CRLAdoctoriales2026@gmail.com</a>, La journée d’étude aura lieu à l’<strong>Université de Poitiers</strong> le <strong>jeudi 22 octobre 2026</strong>.<strong> </strong>Une seconde journée d’étude est envisagée au courant du mois de mars 2027.</p> <p><br /><strong>Comité d’organisation : </strong></p> <p>Lola Tinevez (Université de Poitiers)</p> <p>Victor Lagos Bascuñan (Université de Poitiers)</p> <p></p> <p><strong>Comité scientifique : </strong></p> <p>Cécile Quintana (Université de Poitiers)</p> <p>Marie-Agnès Palaisi (Université de Toulouse Jean Jaurès)</p> <p>María Martinez Deyros (Université de Valladolid) </p> <p> </p> <p style="text-align:right;">Illustration : Leonilson,<em> Longo caminho de um rapaz apaixonado</em>, 1989</p> <p> </p> <p style="text-align:center;">---</p> <p style="text-align:center;"><strong>Escrituras de la vulnerabilidad en la literatura latinoamericana contemporánea.</strong></p> <p style="text-align:center;">Jornada doctoral del CRLA-Archivos</p> <p style="text-align:center;">Jueves 22 de octubre de 2026 </p> <p> </p> <p><br /><strong>Convocatoria:</strong></p> <p>Durante las dos últimas décadas, la vulnerabilidad se ha impuesto como una categoría esencial de las ciencias sociales y de la filosofía política, hasta constituir el denominado «vulnerability turn» (Fineman, 2008). En <em>Politiques de la vulnérabilité,</em> Marie Garrau analiza este concepto subrayando la necesidad de interrogar sus usos institucionales e ideológicos para extraer su potencial crítico.</p> <p>La distinción establecida por Judith Butler entre <em>precariousness </em>(precariedad) y <em>precarity</em> (precaridad) resulta central para aprehender la noción: la primera designa «más bien una condición general que puede calificarse de existencial», inherente a toda vida humana, mientras que la segunda remite «a la manera en que la fragilidad existencial de lo vivo y la ausencia de garantías respecto de su continuidad se expresan o son explotadas desde el punto de vista social y político» (Butler, 2009: 9). Ambas vertientes son interdependientes: la precariedad existencial de toda vida constituye la condición sobre la cual se ejercen las formas sociales y políticas de precarización.</p> <p>Si la noción de vulnerabilidad es hoy ampliamente movilizada, esta jornada de estudio se propone interrogar los aportes de estas renovaciones teóricas en el campo de los estudios literarios latinoamericanos. La vulnerabilidad será entendida aquí como una forma de repensar la relación con el Otro, a partir de un sujeto fundamentalmente abierto, permeable e interdependiente. Se propone pensar los afectos en la literatura, en la medida en que la vulnerabilidad remite a nuestra capacidad constitutiva de ser afectados por los demás. Constituye así un punto de partida para reflexionar sobre la interdependencia, la responsabilidad, las prácticas del care y las formas de resistencia, que abordaremos aquí desde la literatura.</p> <p>Al desprenderse del paradigma autonomista que durante largo tiempo la definió (Ludmer, 2010; Citton, 2007; Gefen, 2021), la literatura contemporánea parece restablecer sus vínculos con el mundo social. Paralelamente, la teoría literaria atraviesa un verdadero «momento ético», alimentado en particular por el «giro afectivo» (Berlant, 1997; Ahmed, 2004; Clough, 2007...), y en los últimos años, numerosos trabajos se han interesado en los vínculos entre literatura, afectos y vulnerabilidad (Puchmüller y Sosa, 2025; Boblet y Gourio, 2020; Gamba, 2025...).</p> <p>Esta renovación crítica invita a pensar las «escrituras de la vulnerabilidad», considerando la literatura como un espacio donde se reconfiguran las subjetividades contemporáneas (Arfuch, 2002, 2005). Las obras no se limitan a hacer visibles a sujetos vulnerables —a riesgo, en ocasiones, de reproducir los estigmas que se les asocian—: elaboran formas capaces de pensarlos. Como recuerdan Guerrero y Bouzaglo, «La literatura como productora de metáforas tiene la capacidad de inventar, reforzar, invertir, resistir, desconectar o reconectar las metáforas que otras instituciones y hasta la propia literatura instalan» (2007: 25). La vulnerabilidad aparece así como un principio poético que reconfigura las modalidades de la narración, los regímenes de enunciación y las relaciones entre ficción, testimonio y documento; y la literatura como un espacio de esta reconfiguración de los imaginarios de la fragilidad, del sufrimiento o de la marginalidad. Se tratará asimismo de pensar una «literatura precaria», para desplazar la cuestión de la representación de la vulnerabilidad hacia las condiciones materiales de la escritura y las transformaciones contemporáneas del objeto literario, de sus instituciones y de sus modos de producción (véase el eje 5).</p> <p>Las propuestas podrán inscribirse, en particular, en los siguientes ejes, sin que esta lista sea exhaustiva:</p> <p><br /><strong>Eje 1: Cuerpos vulnerables, biopolítica y contra-pedagogías de la crueldad</strong></p> <p>Del latín v<em>ulnus </em>(«herida») y vulnerare («herir»), el término «vulnerable» remite en primer lugar a nuestra condición corporal. El cuerpo constituye una frontera física entre uno mismo y el otro, que separa el adentro del afuera por intermedio de la piel: una barrera a la vez protectora y frágil, una envoltura porosa (Le Breton, 2024; Anzieu, 1985). Más allá de esta acepción primera, «la vulnerabilidad (...) define en negativo lo que una sociedad considera como un cuerpo íntegro» (Cahiers du Genre, n.º 58, 2015). Este eje propone interrogar la corporeidad como fundamento de la gubernamentalidad biopolítica (Moraña, 2021), considerando la materialidad de los cuerpos como el primer lugar de inscripción de las normas y de las relaciones de poder, pero también como el espacio donde se construyen y se negocian los procesos de subjetivación, de reconocimiento y de exclusión.</p> <p>En la línea de los trabajos de Rita Segato sobre las «pedagogías de la crueldad», se propone examinar los mecanismos mediante los cuales ciertos cuerpos son vueltos disponibles para la violencia, deshumanizados o transformados en objetos: «Llamo pedagogías de la crueldad a todos los actos y prácticas que enseñan, habitúan y programan a los sujetos a transmutar lo vivo y su vitalidad en cosas» (Segato, 2018: 11). Podrá interrogarse igualmente la manera en que la literatura elabora verdaderas «contra-pedagogías de la crueldad». Este eje eje acogerá propuestas sobre las escrituras del cuerpo sufriente, de la enfermedad y del envejecimiento, así como sobre los cuerpos feminizados, queer, racializados, disidentes o incluso los cuerpos-cadáveres.</p> <p>Invitamos también a pensar las metáforas del cuerpo para interrogar los vínculos entre vulnerabilidad, territorio y poder. Al igual que Anzaldúa, quien convierte el propio territorio en un cuerpo vulnerable al describir la frontera entre Estados Unidos y México como «una herida abierta donde el Tercer Mundo se raspa contra el Primero y sangra» (Anzaldúa, 1987: 3), las comunicaciones podrán explorar las continuidades entre las violencias ejercidas sobre los cuerpos y los territorios, atendiendo a los territorios colonizados sometidos a lógicas extractivistas, a los espacios y cuerpos migrantes, así como a los efectos de las crisis ecológicas.</p> <p><br /><strong>Eje 2: Escrituras del trauma, (pos)memoria y retóricas de la reparación</strong></p> <p>La experiencia del trauma y del duelo «ejemplifican y exacerban la vulnerabilidad “fundamental”» (Garrau, 2018: 17). Este eje invita a pensar la escritura del trauma, tanto en su sentido primero de choque, de herida, como en su definición más extendida de trauma psíquico. Los <em>Trauma Studies</em>, desarrollados a partir de las reflexiones sobre las violencias de masa del siglo XX, han renovado el abordaje de las experiencias traumáticas interrogando sus condiciones de representación, así como los desafíos éticos y estéticos ligados a la puesta en relato de lo indecible. Se tratará de pensar las escrituras contemporáneas del trauma, individual o colectivo, a partir de las tensiones entre memoria, olvido y transmisión, movilizando por ejemplo los conceptos de posmemoria (Hirsch, 2012), el paradigma del «après-coup» <em>(Nachträglichkeit</em>) (Laumier, 2023) o incluso las relaciones entre ficción y no ficción en la constitución de una ética del testimonio.</p> <p>Según Adriana Cavarero, la condición vulnerable oscila entre dos polos, « la herida y la cura » (2009: 43) y « en cuanto vulnerable, expuesto al otro, el cuerpo singular se manifiesta irremediablemente en ambas respuestas » (ibid.) : este eje propone entonces cuestionar las retóricas de la reparación que atraviesan la teoría literaria contemporánea. Sin reducirlas a una concepción terapéutica de la escritura, se tratará de examinar cómo ciertas obras elaboran prácticas de atención, escucha y relación, en diálogo con las éticas del <em>care</em> (Carol Gilligan, Joan Tronto, Sandra Laugier). Podrá prestarse una atención particular a las cuestiones de la voz —¿quién habla, quién es escuchado, quién permanece reducido al silencio?—, a las estéticas de la escucha, así como a las prácticas de investigación, de recopilación y de trabajo de archivo que participan en la transmisión de memorias heridas.</p> <p><br /><strong>Eje 3: Víctimas, vulnerabilidad y resistencia</strong></p> <p>En <em>La potencia feminista o el deseo de cambiarlo todo</em>, Verónica Gago recuerda, a partir de Judith Butler, la necesidad de disociar vulnerabilidad y pasividad: «Butler propone así desacoplar vulnerabilidad de victimización. Poner el cuerpo en la línea, en la valla, en el frente, no es incompatible con sostener la vulnerabilidad: sólo hay que dejar de lado el paternalismo masculino que opone poder a la vulnerabilidad» (2019: 179). En esta perspectiva, este eje invita a pensar la vulnerabilidad no como el contrapunto de la capacidad de actuar ni como una debilidad que haya que superar, sino como una condición relacional a partir de la cual pueden emerger formas de resistencia (Butler, Gambetti, Sabsay, 2016). En <em>Résistances affectives</em>, Chowra Makaremi analiza en particular el duelo como una «tecnología de resistencia afectiva», mostrando cómo la pena, la rabia y el amor pueden convertirse en recursos políticos dentro de movilizaciones colectivas que van desde las Madres de Plaza de Mayo hasta el movimiento <em>Black Lives Matter. </em>Este eje acogerá reflexiones sobre las prácticas de resistencia feministas, antirracistas y decoloniales, pero también sobre las formas literarias que interrogan la figura de la víctima. ¿Cómo puede la literatura desplazar la mirada dirigida a los sujetos vulnerabilizados, haciéndolos aparecer no solo como sujetos heridos, sino como sujetos capaces de acción y de transformación política? </p> <p><strong>Eje 4: Hacia una crítica de la categoría de vulnerabilidad</strong></p> <p>En «White Innocence in the Black Mediterranean: Hospitality and the Erasure of History», Ida Danewid pone de manifiesto los límites de un «nuevo humanismo» fundado en una vulnerabilidad compartida, en particular a partir de una lectura crítica de la ética butleriana del duelo y de la grievability. Al sustituir la historia de las violencias por una ontología general de la vulnerabilidad, estos enfoques corren el riesgo de borrar las relaciones históricas de poder, particularmente las coloniales, así como las responsabilidades políticas que las sustentan. Danewid cuestiona así la capacidad de una ética fundada en el sufrimiento de una humanidad abstracta para responder a las formas contemporáneas de injusticia: según ella, una «política de la lamentación» puede transformarse fácilmente en una «lamentación de la política», que se limita a llorar la violencia en lugar de interrogar sus condiciones históricas y estructurales. Apoyándose en Sara Ahmed y Clare Hemmings, muestra asimismo que este enfoque puede conducir a una «cannibalisation of the other masquerading as care» (2012: 152), en la que la compasión hacia el otro vulnerable no hace sino reproducir una forma de inocencia blanca. Por otro lado, para Florent Coste, esta omnipresencia de la categoría de vulnerabilidad dice algo de un «hiperindividualismo que exalta y mercantiliza los valores indexados a la singularidad; en esta sociedad liberal que se cree sin clases, la literatura se regodea con bastante gusto en individualidades y subjetividades» (2024: 37). Este eje pretende, así, abrir una reflexión epistemológica sobre la propia categoría de vulnerabilidad. Sin negar su fecundidad heurística, se tratará de interrogar sus usos, sus impensados y sus efectos críticos: ¿qué hace visible, pero también qué corre el riesgo de invisibilizar? </p> <p><strong>Eje 5: La literatura precaria: ¿vulnerabilidad de la disciplina literaria?</strong></p> <p>Siguiendo las reflexiones de Annick Louis sobre el objeto y la disciplina literaria (2022), esta jornada de estudio pretende también interrogar la vulnerabilidad de la literatura como campo de saber e institución. En esta perspectiva, las herramientas de las ciencias humanas y sociales permiten superar una lectura estrictamente textualista de las obras. Se trata, así, de pensar conjuntamente las formas literarias, las condiciones de su producción y los regímenes de circulación de los textos, a fin de comprender mejor cómo la vulnerabilidad se inscribe también en las estructuras mismas del campo literario mundializado, sin disociar las obras de las relaciones de fuerza que organizan su producción, su difusión y su legitimación. Esta perspectiva conduce, por ejemplo, a interrogar las mutaciones contemporáneas de la autoría. Lejos de la figura del genio romántico, numerosas prácticas de escritura privilegian hoy formas de creación colaborativa, relacional o situada, que hacen de la interdependencia y de la exposición al otro las condiciones mismas de la escritura. Las comunicaciones podrán, de este modo, interrogar las formas contemporáneas de la autoría, las prácticas de escritura colectiva,las condiciones materiales de producción de las obras, así como las relaciones entre creación, precariedad e institución.</p> <p>Las propuestas de comunicación, en francés o en español (alrededor de 300 palabras), acompañadas de una breve nota biobibliográfica, deberán enviarse, en formato PDF, <strong>antes del 7 de septiembre</strong> a la siguiente dirección: <a href="mailto:CRLAdoctoriales2026@gmail.com">CRLAdoctoriales2026@gmail.com</a>. La jornada tendrá lugar en la Universidad de Poitiers<strong> el jueves 12 de noviembre de 2026.</strong> Se prevé una segunda jornada de estudio en marzo de 2027.</p> <p><br /><strong>Comité d’organisation : </strong></p> <p>Lola Tinevez (Universidad de Poitiers)</p> <p>Victor Lagos Bascuñan (Universidad de Poitiers)</p> <p></p> <p><strong>Comité scientifique : </strong></p> <p>Cécile Quintana (Universidad de Poitiers)</p> <p>Marie-Agnès Palaisi (Universidad de Toulouse Jean Jaurès)</p> <p>María Martinez Deyros (Universidad de Valladolid) </p> <p> </p> <p style="text-align:right;">Ilustración : Leonilson, <em>Longo caminho de um rapaz apaixonado</em>, 1989</p> <p> </p> <p style="text-align:center;">---</p> <p style="text-align:center;"></p> <p><strong>Bibliographie indicative :  </strong></p> <p><br />Anzaldúa, Gloria, <em>Borderlands/La Frontera. The New Mestiza</em>, Aunt Lute Books, 1987.</p> <p>Anzieu, Didier. <em>Le Moi-peau,</em> Dunod, 1985. </p> <p>Arfuch, Leonor. <em>Identidades, sujetos y subjetividades</em>, Prometeo Libros, 2005. </p> <p>Arfuch, Leonor. <em>El espacio biográfico: dilemas de la subjetividad contemporánea,</em> Fondo de Cultura Económica, 2002.</p> <p>Berlant, Lauren Gail. <em>The Queen of America Goes to Washington City: Essays on Sex and Citizenship,</em> Duke University Press, 1997.</p> <p>Boblet, Marie-Hélène et Anne Gourio. « Dire et lire les vulnérabilités contemporaines. Introduction ». <em>Elfe XX-XXI. Études de la littérature française des XXe et XXIe siècles, no 9, Société d’étude de la littérature de langue française du XXe et du XXIe siècles</em>, 2020. </p> <p>Boehringer, Sandra et Estelle Ferrarese. « Féminisme et vulnérabilité : Introduction ». <em>Cahiers du Genre</em>, vol. 58, no1, 2015, p. 5-19.</p> <p>Butler,  Judith.<em> Bodies that Matter: On the Discursive Limits of « Sex »</em>, Routledge, 2011. </p> <p>Butler, Judith. <em>Frames of war : when is life grievable?,</em> Verso, 2010.</p> <p>Butler, Judith, Zeynep Gambetti, Leticia Sabsay (dir.). <em>Vulnerability in Resistance</em>, Duke University Press, 2016.</p> <p>Carral, Andrea Cobas. <em>Narrar la ausencia: Escritura de Hijas e Hijos de militantes argentinos de los 70</em>, Corregidor, 2024. </p> <p>Cavarero, Adriana. <em>Horrorism: Naming Contemporary Violence,</em> Columbia University Press, 2009. </p> <p>Citton, Yves. <em>Pour une écologie de l’attention</em>, Média Diffusion, 2014. </p> <p>Citton, Yves. <em>Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ?,</em> Amsterdam, 2007.</p> <p>Coste, Florent. <em>L’ordinaire de la littérature. Que peut (encore) la théorie littéraire ?</em>, La Fabrique éditions, 2024.</p> <p>Clough, Patricia Ticineto et Halley, Jean. <em>The Affective Turn: Theorizing the Social, Duke University Press</em>, 2007.</p> <p>Danewid, Ida. <em>« White innocence in the Black Mediterranean: hospitality and the erasure of history »,</em> Third World Quarterly, vol. 38, no 7, 2017, p. 1674-1689.</p> <p>Fineman, Martha Albertson. « The Vulnerable Subject: Anchoring Equality in the Human Condition ». Yale Journal of Law &amp; Feminism, vol. 20, no 1, 2008.</p> <p>Gago, Verónica.<em> La potencia feminista o el deseo de cambiarlo todo</em>, Bajo Tierra Ediciones, 2019</p> <p>Gamba, Ana Marina. <em>Escrituras de la vulnerabilidad. Precariedad, afecto y heteronomía en la narrativa contemporánea de autoras latinoamericanas,</em> 2025. Thèse de doctorat soutenue à l’Université de Lausanne, non publiée. </p> <p>Garrau, Marie. <em>Politiques de la vulnérabilité</em>, CNRS éditions, 2018. </p> <p>Gefen, Alexandre.  <em>L’Idée de littérature. De l’art pour l’art aux écritures d’intervention,</em> Corti, coll. « Les Essais », 2021.</p> <p>Gefen, Alexandre. <em>Réparer le monde : la littérature française face au XXIe siècle,</em> Corti, coll. « Les Essais », 2017.</p> <p>Gilligan, Carol. <em>Une voix différente : pour une éthique du care,</em> Flammarion, coll. « Champs », 2008.</p> <p>Gorton, Kristyn. « Theorizing emotion and affect: Feminist engagements », <em>Feminist Theory,</em> vol. 8, no 3, 2007, p. 333-348.</p> <p>Hemmings, Clare. « Affective solidarity: Feminist reflexivity and political transformation », F<em>eminist Theory</em>, vol. 13, 21, 2012, p. 147-161.</p> <p>Hirsch, Marianne. <em>The Generation of Postmemory: Writing and Visual Culture After the Holocaust</em>, Columbia University Press, 2012.</p> <p>Laumier, Alice<em>. L’après-coup: temporalité de l’événement et approches critiques du trauma</em>, Presses Sorbonne Nouvelle, 2023.</p> <p>Le Breton, David. <em>Cicatrices: l’existence dans la peau,</em> Éditions Métailié, 2024.</p> <p>Louis, Annick. <em>Sin objeto: por una epistemología de la disciplina literaria,</em> Colihue, 2022. </p> <p>Ludmer, Josefina. <em>Aquí América Latina. Una especulación</em>. Eterna Cadencia, 2010.</p> <p>Moraña, Mabel. <em>Pensar el cuerpo: historia, materialidad y símbolo</em>, Herder Editorial, 2021. </p> <p>Meizoz, Jérôme, <em>Faire l’auteur en régime néo-libéral. Rudiments de marketing littéraire,</em> Éditions Slatkine, 2020. </p> <p>Nussbaum, Martha C. <em>The Fragility of Goodness: Luck and Ethics in Greek Tragedy and Philosophy</em>, Cambridge University Press, 2001.</p> <p>Pelluchon, Corine. <em>Éléments pour une éthique de la vulnérabilité: les hommes, les animaux, la nature,</em> Cerf, 2011.</p> <p>Puchmüller, Andrea et Sosa, Cristina Patricia. « Introducción al dossier: Poéticas de la vulnerabilidad en la literatura contemporánea », Cuadernos del CILHA, no 42, 2025, p. 1-9.</p> <p>Rivera Garza, Cristina. <em>Dolerse: textos desde un país herido,</em> Sur+, 2011.</p> <p>Rivera Garza, Cristina. <em>Los muertos indóciles. Necroescrituras y desapropiación,</em> Tusquets, 2013. </p> <p>Segato, Rita Laura. <em>Expuesta a la muerte: escritos acerca de la pandemia</em>, Metales Pesados, coll. « Colección Pasado mañana », 2023.</p> <p>Segato, Rita Laura. <em>Contra-pedagogías de la crueldad,</em> Prometeo Libros, 2018. </p> <p>Tronto, Joan C. <em>Un monde vulnérable : pour une politique du care.</em> La Découverte,  coll. « Les Textes à l’appui », 2009.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Femmes et cartographie du Moyen Âge au XXe s. (Le Havre)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135598/femmes-et-cartographie-du-moyen-age-au-xxe-siecle.html</link>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 10:36:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Colloque "Femmes et cartographie du Moyen Âge au XXe siècle" Université du Havre — 12 et 13 mars 2027 Organisation Comité Français de cartographie Université Le Havre Normandie, UFR Humanités &amp; Sociétés, Groupe de Recherche Identités et Cultures, Bibliothèque patrimoniale du Havre En partenariat avec  Institut universitaire de France Bibliothèque nationale de France EPHE (Histara) CNRS (Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris) —  « Indépendamment de l'ordre qu'on peut et qu'on doit même mettre dans une correspondance, [comment] pourrois-je, Madame, vous parler de l'Amérique, sans que la géographie se présentât pour faire le sujet de cette lettre. Cette science est la première que l'on ait fait entrer de nos jours dans l'éducation d'une demoiselle. » — Marie Le Masson Le Golft, Lettres sur l'éducation, 1788, p. 95. Ce colloque se propose de réinterroger la place des femmes dans la fabrique, la circulation et la réception des savoirs cartographiques jusqu’au XXe siècle, en prenant en compte les différentes modalités de leur participation, les biais documentaires inhérents aux sources et les enjeux méthodologiques contemporains. Il s'inscrit dans le champ plus large de l'histoire des femmes dans les sciences et de l'étude de la construction genrée des savoirs. Un champ de recherche émergent Si l'historiographie [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135598_c32e56d3124efd74445d4bfc3a13a7e4.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135598_c32e56d3124efd74445d4bfc3a13a7e4.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Colloque "Femmes et cartographie du Moyen Âge au XXe siècle"</strong></p> <p><strong>Université du Havre — 12 et 13 mars 2027</strong></p> <p><em>Organisation</em></p> <p>Comité Français de cartographie</p> <p>Université Le Havre Normandie, UFR Humanités &amp; Sociétés, Groupe de Recherche Identités et Cultures,</p> <p>Bibliothèque patrimoniale du Havre</p> <p><em>En partenariat avec </em></p> <p>Institut universitaire de France</p> <p>Bibliothèque nationale de France</p> <p>EPHE (Histara)</p> <p>CNRS (Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris)</p> <p>—</p> <p style="text-align:right;"> « Indépendamment de l'ordre qu'on peut et qu'on doit même mettre dans une correspondance, [comment] pourrois-je, Madame, vous parler de l'Amérique, sans que la géographie se présentât pour faire le sujet de cette lettre. Cette science est la première que l'on ait fait entrer de nos jours dans l'éducation d'une demoiselle. » — Marie Le Masson Le Golft, <em>Lettres sur l'éducation</em>, 1788, p. 95.</p> <p>Ce colloque se propose de réinterroger la place des femmes dans la fabrique, la circulation et la réception des savoirs cartographiques jusqu’au XXe siècle, en prenant en compte les différentes modalités de leur participation, les biais documentaires inhérents aux sources et les enjeux méthodologiques contemporains. Il s'inscrit dans le champ plus large de l'histoire des femmes dans les sciences et de l'étude de la construction genrée des savoirs.</p> <p><strong>Un champ de recherche émergent</strong></p> <p>Si l'historiographie s'intéresse aux femmes de sciences, avant les années 1970, et si l'histoire des femmes et des voyages est régulièrement investie, leur rôle dans la cartographie et leur intérêt pour les cartes n'ont commencé à faire l'objet de recherches qu'au tournant des années 2000, soit près de trente ans plus tard. Ces travaux pionniers ont émergé principalement dans le monde anglo-saxon (Shefrin, 1999 ; Hudson, Ritzlin, 2000 ; Dando, 2018, 2024 ; Tyner, 1997 ; 1999 ; 2001) et en Italie (Rossi, 2005). L'article de synthèse « Women and Cartography » de Christine Petto (2020) a davantage ouvert des perspectives qu'il ne les a closes.</p> <p>Cette latence historiographique s'avère encore plus marquée dans la recherche française. Si cette dernière s'est intéressée aux femmes cartographes du XXe siècle (Robic, 1997, 2009), ainsi qu'au rôle important qu'elles ont joué dans les institutions de recherche et les bibliothèques (Ginsburger, 2015 ; Ginsburger, Robic, 2017 ; Antonutti, 2020), les études portant sur leur place dans la construction du savoir cartographique avant le XXe siècle demeurent trop rares.</p> <p><strong>Une invisibilisation systémique</strong></p> <p>Comme pour les autres champs scientifiques, plusieurs facteurs concourent à l'invisibilisation de l'implication des femmes dans la géographie et la cartographie. Les femmes sont difficiles à repérer dans les archives en raison de leur existence juridique limitée. Les conventions nient leurs compétences ou les assignent à l'anonymat par modestie. Leur identité se dissout dans des initiales en lieu et place du nom complet, ou dans la qualification de « veuve » qui les présente comme de simples continuatrices de l'œuvre de leur époux.</p> <p>Les femmes sont aussi exclues de l'historiographie de la reconnaissance auctoriale en cartographie du fait d'une exigence paradoxale : la maîtrise complète de l'ensemble des compétences liées à la production cartographique (conception intellectuelle, dessin, gravure). Pourtant, cette maîtrise totale n'est détenue quasiment par aucun géographe, la production cartographique étant, par nature, un travail collaboratif. Ainsi, lorsqu'une femme conçoit intellectuellement une carte sans la graver elle-même (la Carte de Tendre de Madeleine de Scudéry), les critiques actuels attribuent l'auctorialité au graveur masculin (François Chauveau). Inversement, les femmes graveuses sont cantonnées au statut d'exécutante.</p> <p><strong>AXES DE RECHERCHE</strong></p> <p><strong>Axe 1 — Trajectoires et productions des femmes cartographes</strong></p> <p>La journée sera l'occasion de s'intéresser aux femmes cartographes :</p> <p>•      En retraçant des parcours individuels, sans mettre de côté le rôle des veuves dans la continuité des ateliers familiaux, qui mérite une attention particulière. Si les veuves ne dirigent généralement l'atelier de leur défunt époux que durant une période limitée (Barker, 1997, p. 90-92), il existe plusieurs exceptions remarquables, comme Mary Senex, qui dirige l'atelier pendant quinze ans après la mort de son époux, Marie Desmaretz, veuve de Duval, Geneviève Hourlier, veuve d'Antoine de Fer, ou encore Marie Darbisse, veuve de Guillaume Delisle, pour ne donner que quelques exemples.</p> <p>•      En établissant les conditions d'accès à la pratique cartographique et les réseaux professionnels et familiaux mobilisés.</p> <p>•      En interrogeant les spécificités éventuelles de leur production : recours privilégié à certaines formes cartographiques comme les cartes allégoriques ou thématiques (Carte de Tendre, carte de Marie Le Masson Le Golft, productions de l'astronome Nicole-Reine Lepaute), ou encore les cartes « informelles » produites dans un cadre ludique ou pédagogique.</p> <p><strong>Axe 2 — Les « petites mains » de la cartographie</strong></p> <p>Dans la lignée des travaux récents de Françoise Waquet (2015, 2022) sur les « petites mains » des sciences, ou encore de Delphine Gardey sur le travail féminin dans les tâches de bureau (2001), cette journée pourrait être l'occasion de mettre au jour le travail invisible des femmes, largement à exhumer : informatrices, copistes, dessinatrices, graveuses, enlumineresses, secrétaires, ouvrières d'atelier. Cet effort a été déployé pour la première moitié du XXe siècle (Swab, 2025), mais il pourrait tout aussi bien être mené pour des périodes antérieures, les femmes étant parfois repérables dans les représentations d’atelier.</p> <p><strong>Axe 3 — Femmes lectrices et réception cartographique</strong></p> <p>La question des femmes lectrices de cartes, qu'il s'agisse de femmes issues des élites, de maîtresses d'école, de libraires, d'écolières ou d'étudiantes, ouvre un champ d'investigation particulièrement fécond. À quelle occasion ces femmes sont-elles confrontées aux cartes ? Sur quels supports ? Et selon quelles modalités de lecture ?</p> <p>Cette interrogation engage également la question de l'enseignement, puisque la lecture cartographique suppose une initiation préalable, et invite donc à s'intéresser à l'ensemble des pratiques éducatives féminines liées à la carte. </p> <p>Enfin, Christine Petto évoque également la piste des périodiques et de la publicité destinée aux femmes, ainsi que les usages ludiques de la carte : jeux, romans, cartes brodées, entre autres formes d'appropriation. À titre d'exemple, la carte de l'île de France (actuelle île Maurice) intégrée au roman Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, succès éditorial majeur de la fin du XVIIIe siècle auprès d'un lectorat largement féminin, illustre cette dimension encore sous-exploitée de la réception cartographique.</p> <p>La journée, en adoptant un cadre chronologique étendu, du Moyen Âge jusqu'au XXe siècle, est ouverte à l'ensemble des aires géographiques. Elle s'adresse aux chercheurs et chercheuses en histoire, histoire des sciences, histoire de l'art, littérature, géographie et disciplines connexes.</p> <p>—</p> <p><strong>MODALITÉS PRATIQUES</strong><br /><strong></strong></p> <p><strong>Les propositions de communication (environ 1500 signes), accompagnées d'une courte bio-bibliographie, sont à envoyer avant le 30 septembre 2026</strong> à l'adresse suivante : <a href="mailto:lucile.haguet@lehavre.fr">lucile.haguet@lehavre.fr</a></p> <p>Le comité de sélection se réunira début octobre et communiquera les résultats de l'appel à communication au plus tard dans la 2e quinzaine d’octobre.</p> <p>Le colloque aura lieu les 12 et 13 mars 2027 à l’université Le Havre Normandie. Une présentation des fonds patrimoniaux de la Bibliothèque municipale du Havre est prévue.</p> <p>Les communications retenues auront vocation à être publiées dans un numéro de la revue du Comité français de cartographie, <em>Cartes &amp; Géomatique</em>, au cours de l'année 2028.</p> <p>—</p> <p><strong>OUVRAGES CITÉS ET BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE</strong></p> <p>Antonutti, Isabelle (dir.). 2020. Figures de bibliothécaires. Villeurbanne : Presses de l'Enssib, coll. « Papiers ». (voir l'entrée Myriam Foncin)</p> <p>Baigent, Elizabeth. 2025. « 'Octavia Always Enjoyed a Map': Octavia Hill, Maps, and Victorian Women Reformers ». The Cartographic Journal 62 (3–4) : 190–204. <a href="https://doi.org/10.1080/00087041.2025.2627791">https://doi.org/10.1080/00087041.2025.2627791</a></p> <p>Barker, Hannah. 1997. « Women, Work and the Industrial Revolution: Female Involvement in the English Printing Trades, c. 1700–1840 ». In Gender in Eighteenth-Century England: Roles, Representations and Responsibilities, éd. Hannah Barker et Elaine Chalus, 81–100. Londres : Longman.</p> <p>Costa, Shelley. 2002. « The Ladies' Diary: Gender, Mathematics, and Civil Society in Early-Eighteenth-Century England ». Osiris, 2e série, 17 : 49–73.</p> <p>Dando, Christine E. 2018. Women and Cartography in the Progressive Era. Londres/New York : Routledge, coll. « Studies in Historical Geography ». Nouvelle édition en 2024.</p> <p>Findlen, Paula. 1995. « Translating the New Science: Women and the Circulation of Knowledge in Enlightenment Italy ». Configurations 3 : 167–206.</p> <p>Gardey, Delphine. 2001. La Dactylographe et l'expéditionnaire. Histoire des employés de bureau, 1890-1930. Paris : Belin, coll. « Modernités ».</p> <p>Ginsburger, Nicolas. 2015. « Les premières géographes universitaires en France : enquête sur les débuts d'une féminisation disciplinaire (1913–1928) ». Cybergeo: European Journal of Geography.</p> <p>Ginsburger, Nicolas et Marie-Claire Robic. 2017. « Portrait en groupe de femmes-géographes. La féminisation du champ disciplinaire au milieu du XXe siècle, entre effets de contexte et de structure (1938–1960) ». Annales de géographie, 2017/1.</p> <p>Hudson, Alice C. et Mary McMichael Ritzlin. 2000. « Preliminary Checklist of Pre-Twentieth-Century Women in Cartography ». Cartographica 37 (3) : 3–24.</p> <p>Longchamps, Denis. 2014. « Political Tourism: Elizabeth Simcoe's Maps and Views of Canada (1791–1796) ». Imago Mundi 66 : 213–223.</p> <p>Pastoureau, Mireille. 1984. Les atlas français, XVIe–XVIIe siècles : répertoire bibliographique et étude. Paris : Bibliothèque nationale, Département des cartes et plans.</p> <p>Pedley, Mary Sponberg. 1979. « The Subscription List of the 1757 Atlas Universel: A Study in Cartographic Dissemination ». Imago Mundi 31 : 66–77.</p> <p>Petto, Christine M. 2009. « Playing the Feminine Card: Women of the Early Modern Map Trade ». Cartographica 44 (2) : 67–81.</p> <p>Petto, Christine M. 2020. Women and Enlightenment: Women as Producers and Consumers of Maps, 1650–1800. History of Cartography, vol. 4. Chicago : University of Chicago Press.</p> <p>Robic, Marie-Claire. 1997. « Exclusion, régression... Du "Ladies' Program" au "sans femme" ? ». Strates : Matériaux pour la recherche en sciences sociales, n° 9.</p> <p>Robic, Marie-Claire. 2009. « Beaujeu-Garnier, J. ». In International Encyclopedia of Human Geography, dir. Rob Kitchin et Nigel Thrift, 275–276. Elsevier.</p> <p>Rossi, Luisa. 2005. L'altra mappa. Esploratrici, viaggiatrici, geografe. Reggio Emilia : Diabasis, 351 p.</p> <p>Shefrin, Jill. 1999. « "Make it a Pleasure and Not a Task": Educational Games for Children in Georgian England ». Princeton University Library Chronicle 60 : 251–275.</p> <p>Shevelow, Kathryn. 1989. Women and Print Culture: The Construction of Femininity in the Early Periodical. Londres : Routledge.</p> <p>Skedd, Susan. 1997. « Women Teachers and the Expansion of Girls' Schooling in England, c. 1760–1820 ». In Gender in Eighteenth-Century England: Roles, Representations and Responsibilities, éd. Hannah Barker et Elaine Chalus, 101–125. Londres : Longman.</p> <p>Swab, Jack. 2025. « Beyond 'Clerical Cartography': Gender and the (Re)Production of Sanborn Fire Insurance Maps ». The Cartographic Journal 62 (3–4) : 177–189. <a href="https://doi.org/10.1080/00087041.2025.2627789">https://doi.org/10.1080/00087041.2025.2627789</a></p> <p>Tyacke, Sarah. 1978. London Map-Sellers, 1660–1720: A Collection of Advertisements for Maps Placed in the London Gazette, 1668–1719, with Biographical Notes on the Map-Sellers. Tring : Map Collector Publications.</p> <p>Tyner, Judith A. 1997. « The Hidden Cartographers: Women in Mapmaking ». Mercator's World 2 (6) : 46–51.</p> <p>Tyner, Judith A. 1999. « Millie the Mapper and Beyond: The Role of Women in Cartography since World War II». Meridian 15 : 23–28.</p> <p>Tyner, Judith A. 2001. « Following the Thread: The Origins and Diffusion of Embroidered Maps ». Mercator's World 6 (2) : 36–41.</p> <p>Waquet, Françoise. 2015. L'Ordre matériel du savoir. Comment les savants travaillent, XVIe-XXIe siècle. Paris : CNRS Éditions (rééd. coll. « Biblis », 2022).</p> <p>Waquet, Françoise. 2022. Dans les coulisses de la science. Techniciens, petites mains et autres travailleurs invisibles. Paris : CNRS Éditions, coll. « Histoire », 347 p.</p> <p>White, Cynthia L. 1970. Women's Magazines, 1693–1968. Londres : Michael Joseph.</p> <p> </p> <p> </p>]]></content:encoded>
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      <title>Cinéma libanais histoires, enjeux et patrimoines cinématographiques (Caen)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135587/cinema-libanais-histoires-enjeux-et-patrimoines-cinematographiques.html</link>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 10:33:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Colloque international    Cinéma libanais histoires, enjeux et patrimoines cinématographiques Caen - 12-13-14 avril 2027 En 1897, Alexandre Promio, opérateur pour les frères Lumières, pose son cinématographe à Beyrouth. Sur la place des canons (Sahet El Bourj), Promio filme ce qui restera comme la plus ancienne trace animée de la ville. Cette « vue lumière » n’est pas seulement le premier jalon technique du cinéma au Liban ; elle est l’acte de naissance du regard cinématographique sur un territoire qui, pendant 130 ans, ne cessera d'être filmé, modelé et reconstruit par les images. À deux ans du centenaire officiel du cinéma national, marqué par Les Aventures d’Elias Mabrouk (Giordano Pidutti, 1929), ce colloque se veut être une étape préparatoire de réflexion. Entre ce premier film de l'italien Giordano Pidutti et l’échéance symbolique de 2029, le cinéma libanais aurait traversé des cycles de création, d’interruption, de destruction et de renaissance. Comment penser cette histoire lorsque ses premières images ont été produites depuis un regard extérieur, dans un contexte où les conditions de production, de diffusion et de réception du cinéma étaient déjà étroitement liées à des enjeux politiques coloniaux ? Se réunir en 2027 permet de poser les fondements d’une réflexion critique [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Colloque international   </p> <p style="text-align:center;"><strong>Cinéma libanais</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>histoires, enjeux et patrimoines cinématographiques</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Caen - 12-13-14 avril 2027</strong></p> <p>En 1897, Alexandre Promio, opérateur pour les frères Lumières, pose son cinématographe à Beyrouth. Sur la place des canons (Sahet El Bourj), Promio filme ce qui restera comme la plus ancienne trace animée de la ville. Cette « vue lumière » n’est pas seulement le premier jalon technique du cinéma au Liban ; elle est l’acte de naissance du regard cinématographique sur un territoire qui, pendant 130 ans, ne cessera d'être filmé, modelé et reconstruit par les images.</p> <p>À deux ans du centenaire officiel du cinéma national, marqué par Les Aventures d’Elias Mabrouk (Giordano Pidutti, 1929), ce colloque se veut être une étape préparatoire de réflexion. Entre ce premier film de l'italien Giordano Pidutti et l’échéance symbolique de 2029, le cinéma libanais aurait traversé des cycles de création, d’interruption, de destruction et de renaissance. Comment penser cette histoire lorsque ses premières images ont été produites depuis un regard extérieur, dans un contexte où les conditions de production, de diffusion et de réception du cinéma étaient déjà étroitement liées à des enjeux politiques coloniaux ? Se réunir en 2027 permet de poser les fondements d’une réflexion critique sur ce siècle d’images avant les célébrations officielles, dans un moment où la question de la mémoire nationale est plus brûlante que jamais.</p> <p>Organiser ce colloque répond à un besoin de comprendre les bouleversements artistiques, culturels et politiques contemporains au Liban. Comme Promio qui, en 1897, a saisi le mouvement à Beyrouth, nous cherchons aujourd’hui à saisir les mouvements cinématographiques qui, malgré l’instabilité persistante, refusent de s’éteindre.</p> <p><strong>Notre colloque s'articulera autour de quatre axes complémentaires :</strong></p> <p><strong>I) Le cinéma national et international : Filmer Beyrouth</strong></p> <p>« Beyrouth a longtemps joué le rôle d’orientale favorite de l’Occident. Une favorite sans rivale au Proche-Orient. Ville de toutes les cultures, de toutes les affaires, de tous les plaisirs, mais aussi ville de tous les drames, Beyrouth sera la ville de tous les mythes ».</p> <p>C’est avec ces mots que Jocelyne Saab et Roland-Pierre Paringaux présentent la capitale libanaise dans leur projet Beyrouth, mille et une images. Ce projet est né de la volonté de créer une Cinémathèque à Beyrouth[1] en regroupant les films occidentaux et orientaux qui ont façonné l’image de la ville. Saab et Paringaux ont programmé en 1993 à la Cinémathèque française et à l’Institut du monde arabe une cinquantaine de films tournés à Beyrouth. En suivant leurs pas, ce premier axe propose d'étudier les images de Beyrouth. Il s'agit d'analyser comment la ville, dépourvue d'identité stable et invariable, devient, à travers les regards des cinéastes, un espace hétéroclite façonné par les affects, plutôt qu'un terrain géographique neutre. Du « simulacre » produit par le cinéma international, pour reprendre les mots du chercheur Elie Yazbek[2], à la « subjectivisation » opérée par le cinéma libanais, Beyrouth apparaît comme une ville-fantôme, sans cesse réinventée par l'objectif.</p> <p>Pour ouvrir la réflexion et guider les futur·e·s intervenant·e·s, cet axe propose quelques pistes de réflexion non exhaustives :</p> <p>·      L'évolution de l'image de Beyrouth dans le cinéma</p> <p>·      Analyse comparative des méthodes de représentation (cinéma occidental / cinéma libanais, fiction / documentaire, cinéma libanais / cinéma au Liban)</p> <p>·      Fragmentation urbaine et cartographie d'une ville sans repères : espace labyrinthique</p> <p><strong>II) Histoire du Liban et Histoire du cinéma : enjeux d’écritures et de représentations</strong></p> <p>Cet axe de recherche examine la relation entre la production filmique et le récit historique au Liban à travers deux approches complémentaires : l’écriture cinématographique de l’histoire du pays et l’écriture de l’histoire du cinéma libanais. Dans un contexte où l’enseignement de l’histoire nationale présente des lacunes et s’arrête officiellement à l’indépendance de 1943, le cinéma occupe une fonction de représentation essentielle. Il permet de documenter une histoire contemporaine souvent absente des programmes scolaires, devenant ainsi un support pédagogique et social capable de proposer un récit là où le manuel fait défaut. Cette démarche s'inscrit dans les réflexions actuelles, notamment portées par l’Association libanaise d'histoire (ALH), sur la nécessité de former les jeunes générations à l’analyse critique des sources. En apprenant à distinguer l’information de son interprétation tout en respectant la pluralité des expériences vécues, le cinéma peut contribuer à la construction d'une mémoire collective intégrant les différentes réalités d’un pays où l'histoire varie souvent d'une communauté à l'autre.</p> <p>Parallèlement, cet axe étudie les défis méthodologiques liés à la rédaction d’une histoire du cinéma libanais. La production cinématographique nationale se caractérise par son aspect fragmenté et éparpillé, ce qui rend complexe la constitution d’une chronologie unifiée. Bien que des chercheurs et chercheuses tels que Mohamed Soueid, Ibrahim al-Ariss, Hady Zaccak, Lina Khatib, Elie Yazbek ou Raphaël Millet, aient publié des ouvrages de référence pour structurer cette mémoire, l’éparpillage des films et des sources primaires demeure un obstacle majeur. Il s’agira ici de rassembler ces fragments de patrimoine pour établir une historiographie du cinéma libanais. L'objectif est de comprendre comment ces deux formes d'écritures s'influencent mutuellement pour définir l'identité culturelle et historique du Liban.</p> <p>Pour guider les communications, cet axe propose quelques pistes de réflexion non exhaustives :</p> <p>·      La représentation cinématographique de l’histoire du Liban</p> <p>·      L'historiographie du cinéma libanais : défis et méthodes</p> <p>·      Cinéma libanais et mémoire collective</p> <p><strong>III) Pratiques artistiques contemporaines</strong></p> <p>Les pratiques contemporaines de l’image nous invitent à penser le cinéma libanais actuel dans d’autres espaces que celui de la salle de projection traditionnelle : lieu d’exposition, réseaux sociaux, plateformes en ligne sont autant de zones - réelles ou virtuelles - au sein desquelles le cinéma libanais se transforme. Des installations multimédia de Lamia Joreige aux films-performances de Rabih Mroué et Lina Saneh, l’objet-film dépasse le cadre classique de la narration pour devenir un lieu d’expérimentation et de recherches. Irriguées par des pratiques d’hybridation, de « trafiquage », de fragmentation, les démarches des cinéastes libanais contemporains (tels que Sirine Fattouh, Ghassan Salhab, Akram Zaatari, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, etc) nous invitent à repenser notre rapport aux images, au réel et à la fiction.</p> <p>Les communications pourront proposer tous types d’approches méthodologiques (analyse filmique, approche génétique, recherche-création, études culturelles). Pour orienter les futur•es intervenant•es, nous proposons quelques pistes de réflexion non exhaustives :</p> <p>·      Hybridation des formes : l’image comme terrain d’expérimentation</p> <p>·      Les représentations filmiques contemporaines face aux représentations médiatiques</p> <p>·      Politiques des images, éthiques du regard et nouveaux récits</p> <p><strong>IV)  Les pratiques archivistiques autour du cinéma libanais</strong></p> <p>Des documents de travail en amont du tournage à ceux qui accompagnent la diffusion des œuvres, les archives non-film du cinéma libanais constituent des ressources majeures pour la recherche en études cinématographiques. Appliquées au cas libanais, elles offrent la possibilité de retracer la circulation des films tout en éclairant les conditions matérielles, institutionnelles et discursives de leur production et de leur réception à différentes époques. À partir de la critique de presse, des affiches, des photographies de plateau et de promotion, des carnets de notes, des scénarios annotés, de la correspondance professionnelle ou de tout autre document afférent à la fabrique et à la circulation des œuvres, cet axe invite à interroger les archives non-film du cinéma libanais afin d'en dégager les régimes de réception successifs, ainsi que les modalités d'accès, différenciées selon les aires géographiques et les périodes historiques, tant aux films eux-mêmes qu'aux savoirs qui s'élaborent à leur sujet.</p> <p>Parallèlement, la préservation de ces fonds mobilise au Liban un ensemble de structures engagées dans un travail soutenu de collecte, d’indexation, de restauration, de numérisation et de valorisation. L'Association Jocelyne Saab, UMAM Documentation and Research, Nadi lekol el Nas, Cinémathèque Beyrouth, l'Arab Image Foundation (AIF), la Bibliothèque Orientale, les Non-Aligned Film Archives, ainsi que plusieurs collections privées (Abboudi Abou Jaoudé, Hady Zaccak, etc.) constituent autant d'instances à partir desquelles se reformulent aujourd'hui les enjeux de conservation, de restitution et de transmission des archives.</p> <p>—</p> <p>Les communications pourront mobiliser une pluralité d'approches méthodologiques (analyse filmique, approche génétique, recherche-création, inventaire et valorisation de corpus au sein des organisations, études culturelles). Afin d'orienter les futur·es intervenant·es, nous proposons quelques pistes de réflexion, à titre non exhaustif :</p> <p>·      La restitution des archives non-films et l’enjeu de leur circulation</p> <p>·      Pratiques Archivistiques : Collecte, Préservation, conservation, restauration et valorisation des archives </p> <p>·      Politiques des archives : le patrimoine libanais, les institutions nationales et les structures culturelles indépendantes</p> <p>Les propositions de communication, d’une longueur de 300 à 500 mots, accompagnées d’une courte biographie de l’auteur (150 mots), sont à envoyer avant le <strong>30 septembre 2026</strong> à <a href="mailto:colloquecinemalibanais@gmail.com">colloquecinemalibanais@gmail.com</a>  </p> <p>Les communications ne devront pas dépasser les 20 minutes. Une réponse sera communiquée avant le <strong>31 octobre 2026.</strong></p> <p>Les frais de déplacement seront à la charge des participants.</p> <p> —</p> <p><strong>Comité d’organisation : </strong></p> <p><strong>Evelyne Hlais</strong> Université Saint-Joseph de Beyrouth, Université de Caen - Normandie, </p> <p><strong>Michael Issa El Helou</strong> Université Saint-Joseph de Beyrouth, Université de Caen - Normandie,</p> <p><strong>Rosalie Tenaillon Chackal </strong>Université Saint-Joseph de Beyrouth, Université de Poitiers, </p> <p><strong>Hady Zaccak</strong> Université Saint-Joseph de Beyrouth, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.</p> <p> —</p> <p><strong>Comité scientifique : </strong></p> <p><strong>Robert Bonamy </strong>Professeur des universités en études cinématographiques (Université de Poitiers)</p> <p><strong>Fabien Boully</strong> Maître de conférences en études cinématographiques (Université Paris Nanterre)</p> <p><strong>Mathilde Rouxel</strong> Docteure en études cinématographiques</p> <p><strong>Ghada Sayegh</strong> Professeure associée en études cinématographiques (Université Saint-Joseph de Beyrouth) </p> <p><strong>Michel Tabet </strong>Anthropologue, Chargé de recherche CNRS - Centre national de la recherche scientifique</p> <p><strong>Laurent Véray</strong> Professeur des universités en études cinématographiques et audiovisuelles (Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3)</p> <p><strong>Valérie Vignaux</strong> Professeur des universités en études cinématographiques (Université de Caen-Normandie)</p> <p><strong>Elie Yazbek</strong> Professeur des universités en études cinématographiques (Université Saint-Joseph de Beyrouth).</p> <p>—</p> <p><strong>Bibliographie indicative :</strong></p> <p>BEDJAOUI, Ahmed et SERCEAU, Michel (dir.). Les cinémas arabes et la littérature. Paris : L’Harmattan, 2019.</p> <p>COLLECTIF. Le livre pour sortir au jour de Jocelyne Saab. Marseille : Éditions Commune, 2023.</p> <p>EL HORR, Dima. Mélancolie libanaise : le cinéma après la guerre civile. Paris : L’Harmattan, 2016.</p> <p>EL KHOURY, Tania. « Les Cinémas Libanais et Leurs Publics ». L'Homme &amp; la Société, vol. 154, n° 4, 2004, p. 131-144. DOI : <a href="https://doi.org/10.3917/lhs.154.0131">https://doi.org/10.3917/lhs.154.0131</a>.</p> <p>FAYAD, Gaelle. L’économie du cinéma libanais : Production et distribution. Paris : L’Harmattan, 2021.</p> <p>KALAKECH, Samar. « La guerre civile libanaise vue par le cinéma libanais ». Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication. Lyon : Université Jean Moulin Lyon 3.</p> <p>KORKOMAZ, Joseph. Présence du cinéma libanais. Paris : L’Harmattan, 2019.</p> <p>MEVEL, Quentin. Le cinéma de Joanna Hadjithomas et Khalil Joreige. Paris : Independencia, 2013.</p> <p>ROUXEL, Mathilde. Jocelyne Saab : la mémoire indomptée. Beyrouth : Dar An-nahar, 2015.</p> <p>SALHAB, Sabine. « Esthétique de la « ligne verte » dans le cinéma libanais de la guerre civile à nos jours ». Beyrouth : Centre d'études et de recherches sur le Proche-Orient, 2012.</p> <p>SAYEGH, Ghada. « Images d’après : l’espace-temps de la guerre dans le cinéma au Liban, du nouveau cinéma libanais (1975) aux pratiques artistiques contemporaines (de 1990 à nos jours) ». Thèse en études cinématographiques. Paris : Université Paris Ouest Nanterre la Défense, 2013.</p> <p>YAZBECK, Elie. Regard sur le cinéma libanais. Paris : L’Harmattan, 2013.</p> <p>ZACCAK, Hady. Le cinéma libanais : itinéraire d’un cinéma vers l’inconnu (1929-1996). Beyrouth : Dar el-Machreq, 1997.</p> <p> </p> <p>***<br /> <br />[1]La Cinémathèque a vu le jour officiellement en 1999 sous le nom de CNL (Cinémathèque nationale libanaise), notamment grâce à ce que Saab avait déposé au Ministère de la Culture.<br />[2] YAZBEK, Elie. « La représentation de la ville de Beyrouth au cinéma ». Communication présentée lors de la journée d'étude à l'Université de Nice - Sophia Antipolis, Chaire Unesco Cinéma et Imaginaire(s) , 5-6 novembre 2009.</p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Author-Audience Politics in Minority Literature (Hybrid Panel, 58th NeMLA Conventi, Newport, RI)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135596/hybrid-panel-author-audience-politics-in-minority-literature.html</link>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 10:13:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135596/hybrid-panel-author-audience-politics-in-minority-literature.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>58th NeMLA Convention Newport, RI |  March 6–9, 2027  Hybrid Panel: "Author-Audience Politics in Minority Literature" Gilles Deleuze’s and Félix Guattari’s definition of minor literature extends beyond the literature of a minority language to the literature a minority writes in a dominant tongue, a literature in which language is deterritorialized, the individual is immediately political, and everything takes on collective value. This definition raises a question that requires critical attention: who reads minor literature, and how does it make itself legible, or deliberately illegible, to its audience? This panel examines the descriptive and narrative strategies that minority writers deploy to negotiate a doubled audience: the insider community whose lived reality is being represented, and the outsider reader who arrives without a map. Central among these strategies is code-switching, which functions as a stylistic texture and as a political act of audience construction. Drawing on Deleuze and Guattari alongside Gloria Anzaldúa's theorization of languaging and Geneva Smitherman's work on African American linguistic politics, I argue that to switch codes within a dominant-language text is to address the insider reader in a language of belonging simultaneously and to confront the outsider reader with the limits of their comprehension, enacting, at the level [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135596_68d5535b971d558f594f10a5affd0a71.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135596_68d5535b971d558f594f10a5affd0a71.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>58th NeMLA Convention</strong></p> <p><strong>Newport, RI |  March 6–9, 2027 </strong></p> <p><strong>Hybrid Panel: "Author-Audience Politics in Minority Literature"</strong></p> <p>Gilles Deleuze’s and Félix Guattari’s definition of minor literature extends beyond the literature of a minority language to the literature a minority writes in a dominant tongue, a literature in which language is deterritorialized, the individual is immediately political, and everything takes on collective value. This definition raises a question that requires critical attention: who reads minor literature, and how does it make itself legible, or deliberately illegible, to its audience?</p> <p>This panel examines the descriptive and narrative strategies that minority writers deploy to negotiate a doubled audience: the insider community whose lived reality is being represented, and the outsider reader who arrives without a map. Central among these strategies is code-switching, which functions as a stylistic texture and as a political act of audience construction. Drawing on Deleuze and Guattari alongside Gloria Anzaldúa's theorization of languaging and Geneva Smitherman's work on African American linguistic politics, I argue that to switch codes within a dominant-language text is to address the insider reader in a language of belonging simultaneously and to confront the outsider reader with the limits of their comprehension, enacting, at the level of form, the social asymmetries the text describes.</p> <p>Code-switching is one instrument within broader descriptive grammar: untranslated language, hyperspecific local geography, embodied cultural ritual, and the strategic withholding of explanation all work to position the outsider reader as a tourist and as a learner. Rather than failures of assimilation, these strategies are instruments of empowerment: ways minority writers claim ownership of their representational worlds and, by the same gesture, define the conditions of entry into them.</p> <p>I invite scholars with papers that engage with the politics of belonging, the politics of language, and the politics of transaction that structure the relationship between minority writers, their communities, and their readers, and that together constitute the emancipatory work of minor literature.</p> <p>Upload your Abstract on the NeMLA website <a href="https://cfplist.com/nemla/Home/S/22382">https://cfplist.com/nemla/Home/S/22382</a>.  </p> <p>Send in your questions on <a href="mailto:patience.odeh@uconn.edu">patience.odeh@uconn.edu</a> </p>]]></content:encoded>
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      <title>Enseignant contractuel Expression et communication (Reims)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135586/enseignant-contractuel-expression-et-communication.html</link>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 08:34:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_postes</category>
      <description>L’Université de Reims Champagne-Ardenne recrute un.e professeur.e contractuel.le en Physique Chimie au sein de l'IUT RCC (Chalons en Champagne). La personne recrutée interviendra dans les trois départements du site de Châlons-en-Champagne : Carrières Sociales (50%), Génie Industrie et Maintenance (25%) et Réseaux et Télécommunications (25%). Elle enseignera les pratiques d’écriture, en lien avec les apprentissages et la méthodologie (bureautique, prise de notes, note de synthèse, etc.), les démarches d’insertion professionnelle, les écrits professionnels et les ateliers d’écriture (savoir s’informer et restituer l’information, élaborer une revue de presse, diffuser l’information). La personne recrutée délivrera également des enseignements et des contenus relatifs à l’intelligence artificielle (IA). Elle pourra enfin sensibiliser les étudiant·es aux enjeux de communication autour de la question environnementale. L’enseignant·e recruté·e aura la charge des modules d’expression écrite et orale: - Expression et communication. Informer, expliquer, argumenter - Expression et communication. Pratiques d'écriture - S'informer et restituer l'information - Écrit professionnel - Élaborer une revue de presse - Méthodologie. Prise de notes et bureautique - Outils de la professionnalisation – Utilisation de l’IA - Projet professionnel personnalisé (PPP) – techniques de communication Autres informations : L’enseignant·e sera en capacité de s’adapter à la diversité des publics étudiants et à rendre accessible les savoirs [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135586_97a7cd18d65131a8cb6b40c40de8a0c1.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135586_97a7cd18d65131a8cb6b40c40de8a0c1.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>L’Université de Reims Champagne-Ardenne recrute un.e professeur.e contractuel.le en Physique Chimie au sein de l'IUT RCC (Chalons en Champagne).</p> <p>La personne recrutée interviendra dans les trois départements du site de Châlons-en-Champagne : Carrières Sociales (50%), Génie Industrie et Maintenance (25%) et Réseaux et Télécommunications (25%).</p> <p>Elle enseignera les pratiques d’écriture, en lien avec les apprentissages et la méthodologie (bureautique, prise de notes, note de synthèse, etc.), les démarches d’insertion professionnelle, les écrits professionnels et les ateliers d’écriture (savoir s’informer et restituer l’information, élaborer une revue de presse, diffuser l’information). La personne recrutée délivrera également des enseignements et des contenus relatifs à l’intelligence artificielle (IA). Elle pourra enfin sensibiliser les étudiant·es aux enjeux de communication autour de la question environnementale.</p> <p>L’enseignant·e recruté·e aura la charge des modules d’expression écrite et orale:</p> <p style="text-align:justify;">- Expression et communication. Informer, expliquer, argumenter</p> <p style="text-align:justify;">- Expression et communication. Pratiques d'écriture</p> <p style="text-align:justify;">- S'informer et restituer l'information</p> <p style="text-align:justify;">- Écrit professionnel</p> <p style="text-align:justify;">- Élaborer une revue de presse</p> <p style="text-align:justify;">- Méthodologie. Prise de notes et bureautique</p> <p style="text-align:justify;">- Outils de la professionnalisation – Utilisation de l’IA</p> <p style="text-align:justify;">- Projet professionnel personnalisé (PPP) – techniques de communication</p> <p><strong><em>Autres informations :</em></strong></p> <p style="text-align:justify;">L’enseignant·e sera en capacité de s’adapter à la diversité des publics étudiants et à rendre accessible les savoirs professionnels et scientifiques propres à chacun des trois départements. À travers des enseignements spécifiques ou en intégrant cette dimension dans les enseignements classiques d’expression et de communication, elle accompagnera aussi les étudiant·es dans des usages maîtrisés et raisonnés de l’IA. Elle pourra également prendre en charge un module lié à la Transition Écologique pour un Développement Sociétal (TEDS).</p> <p style="text-align:justify;">La personne recrutée prendra en charge des suivis de stages pour les trois années du BUT CS. À ce titre, une bonne connaissance du secteur social et des attendus des métiers de la médiation culturelle et socioculturelle serait appréciée. La personne recrutée devra enfin prendre en charge la promotion extérieure du département CS et pourra, à terme, prendre des responsabilités pédagogiques au sein du département.</p> <p style="text-align:justify;"><strong>Référence de l'offre</strong><br />PCT 07<br /><br />Type de recrutement<br />Contrat d'un an à pourvoir au 01/09/2026<br />Localisation : URCA - IUT de Châlons en Champagne<br /><br />Documents obligatoire à fournir<br />• CV<br />• Lettre de motivation<br /><br /><strong>Date limite de dépôt de candidature : 17/07/2026</strong></p> <p></p> <p></p>]]></content:encoded>
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      <title>Quartiers d'été</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135459/a-l-estive.html</link>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 06:47:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_une</category>
      <description>Avec la mise en ligne du sommaire de juillet &amp; août de la revue des parutions Acta fabula, l'équipe Fabula prend ses quartiers d'été, ce qui revient à se déclarer en vacances de bénévolat. Le travail accompli laisse toutefois de quoi lire aux plus assidus de nos visiteurs : la période estivale ne suffira pas à épuiser les ressources mises en ligne depuis l'automne dernier. On pourra ainsi se (re)plonger dans les sommaires mensuels d'Acta fabula, et s'arrêter plus longuement sur ses dossiers critiques ; feuilleter la dernière livraison de la revue Fabula-LhT : "La littérature générale : concordes et discordes autour d’une formule", élaboré par Marie Kondrat et Matilde Manara, et adossé à un solide dossier de recensions et d'entretiens sur la notion de "littérature générale" (et comparée) ; arpenter le catalogue de nos quatre collections de Colloques en ligne, qui ont affiché ces derniers mois une vingtaine de nouveaux volumes ; découvrir les nouvelles entrées de l'Atelier de théorie de littéraire, dont la refonte espérée reste malheureusement au point mort ; ou encore feuilleter l'album du printemps pour retrouver les quelque cent-cinquante billets publiés semaine après semaine sur les trois pages d'accueil que compte le site : ils forment la [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135459_3ebee9b0b3b287afec73ac0d2197b772.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135459_3ebee9b0b3b287afec73ac0d2197b772.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Avec la <a href="https://www.fabula.org/revue/">mise en ligne du sommaire de juillet &amp; août de la revue des parutions </a><em><a href="https://www.fabula.org/revue/">Acta fabula</a>,</em> l'équipe Fabula prend ses quartiers d'été, ce qui revient à se déclarer en vacances de bénévolat. Le travail accompli laisse toutefois de quoi lire aux plus assidus de nos visiteurs : la période estivale ne suffira pas à épuiser les ressources mises en ligne depuis l'automne dernier. On pourra ainsi se (re)plonger dans les <a href="https://www.fabula.org/revue/">sommaires mensuels d'<em>Acta fabula</em></a>, et s'arrêter plus longuement sur ses <a href="https://www.fabula.org/revue/index.php?page=dossiers">dossiers critiques</a> ; feuilleter la <a href="https://www.fabula.org/lht/35/">dernière livraison de la revue <em>Fabula-LhT</em> : "La <em>littérature générale</em> : concordes et discordes autour d’une formule"</a>, élaboré par Marie Kondrat et Matilde Manara, et adossé à un solide <a href="https://www.fabula.org/revue/sommaire21057.php">dossier de recensions et d'entretiens sur la notion de "littérature générale"</a> (et comparée) ; arpenter le <a href="https://www.fabula.org/colloques/catalogue.php">catalogue de nos quatre collections de Colloques en ligne</a>, qui ont affiché ces derniers mois une <a href="https://www.fabula.org/colloques/">vingtaine de nouveaux volumes</a> ; découvrir les <a href="https://www.fabula.org/ressources/atelier/">nouvelles entrées de l'Atelier de théorie de littéraire</a>, dont la refonte espérée reste malheureusement au point mort ; ou encore feuilleter <a href="https://www.fabula.org/archives/editos/">l'album du printemps</a> pour retrouver les quelque cent-cinquante billets publiés semaine après semaine sur les trois pages d'accueil que compte le site : ils forment la liste de lecture idéale de Fabula.</p> <p>Rendez-vous dès le lundi 17 août (qui se trouve être la date de la rentrée en Suisse romande) pour découvrir les essais et événements de la rentrée.</p> <p></p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Five positions as doctoral research associates (m-f-d), Research Training Group "Politics of Enlightenment" (Martin-Luther-University Halle-Wittenberg, Germany)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135594/five-positions-as-doctoral-research-associates-m-f-d-research-training-group.html</link>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 04:34:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135594/five-positions-as-doctoral-research-associates-m-f-d-research-training-group.html</guid>
      <category>fabula_postes</category>
      <description>The Interdisciplinary Centre for European Enlightenment Studies (IZEA) at Martin-Luther-University Halle-Wittenberg is offering 5 part time (65%) positions as part of the “Politics of the Enlightenment” Research Training Group (RTG 2999) as a Research Associate (m-f-d) for a fixed term of up to 4 years, starting from 01.04.2027. Remuneration will be determined based on job duties and responsibilities and will be aligned with the fulfillment of listed personal requirements, up to pay grade 13 under the TV-L (Tarifvertrag für den Öffentlichen Dienst der Länder – ‚German Public Service Pay Agreement for the Federal States‘). Job Responsibilities: – Completion of a dissertation within the Research Training Group’s thematic spectrum.– Assistance with Research Training Group activities.– The research and training objectives of the Research Training Group are available here https://cloud.uni-halle.de/s/XZFiJKO3UaxHmrh Requirements: – Very good academic university degree (master’s, state exam, or equivalent) in one of the areas of study involved in the Research Training Group (English studies, American studies, German studies, Romance studies, comparative literature, history, cultural history, philosophy, political science).– Openness to interdisciplinary cooperation.– Very good language skills in German and English. Further language skills are desirable.– Strong communicative and social skills. We offer: – An open, motivating, interdisciplinary, and international [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135594_c7c91e7ac7a00b2f0db46a909d83c6e9.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135594_c7c91e7ac7a00b2f0db46a909d83c6e9.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>The Interdisciplinary Centre for European Enlightenment Studies (IZEA) at Martin-Luther-University Halle-Wittenberg is offering 5 part time (65%) positions as part of the “Politics of the Enlightenment” Research Training Group (RTG 2999) as a</p> <p>Research Associate (m-f-d)</p> <p>for a fixed term of up to 4 years, starting from 01.04.2027.</p> <p>Remuneration will be determined based on job duties and responsibilities and will be aligned with the fulfillment of listed personal requirements, up to pay grade 13 under the TV-L (Tarifvertrag für den Öffentlichen Dienst der Länder – ‚German Public Service Pay Agreement for the Federal States‘).</p> <p>Job Responsibilities:</p> <p>– Completion of a dissertation within the Research Training Group’s thematic spectrum.<br />– Assistance with Research Training Group activities.<br />– The research and training objectives of the Research Training Group are available here <a href="https://cloud.uni-halle.de/s/XZFiJKO3UaxHmrh">https://cloud.uni-halle.de/s/XZFiJKO3UaxHmrh</a></p> <p>Requirements:</p> <p>– Very good academic university degree (master’s, state exam, or equivalent) in one of the areas of study involved in the Research Training Group (English studies, American studies, German studies, Romance studies, comparative literature, history, cultural history, philosophy, political science).<br />– Openness to interdisciplinary cooperation.<br />– Very good language skills in German and English. Further language skills are desirable.<br />– Strong communicative and social skills.</p> <p>We offer:</p> <p>– An open, motivating, interdisciplinary, and international research context with the opportunity to gain teaching experience.<br />– A structured qualification program for university and non-university career paths including a one- to three-month (optional) internship.<br />30 days of annual vacation plus additional days off on December 24 and 31.<br />– A family-friendly, diversity-oriented, and intercultural work environment at a certified family-oriented university, including holiday childcare.</p> <p>Application Requirements:</p> <p>– Exposé of your dissertation project of no more than 5 pages (additionally, a schedule and a summary of the planned structure). This should demonstrate a methodologically well-reflected research question that can be answered in the given timeframe and with interdisciplinary implications within the thematic framework of the Research Training Group.<br />– Statement of purpose (with one suggestion for a topic and format for an event that could be organized within the Research Training Group, e.g., seminar, workshop)<br />– CV<br />– Your most recent final thesis on a relevant subject<br />– Copies of all relevant transcripts<br />– List of courses taught and publications, if applicable<br />– Certificates of employment, if applicable<br />– Letter of recommendation from a university lecturer</p> <p>Applications from disabled persons, including those of equal status (as certified by the Bundesagentur für Arbeit / Federal Employment Agency), will be given preferential consideration if they are equally suitable and qualified. Women are strongly encouraged to apply. Applications from individuals of all nationalities are explicitly welcome. Applicants with a degree that was not obtained at a German university must submit a Statement of Comparability for Foreign Higher Education Qualifications from the Central Office for Foreign Education (ZAB) (https://www.kmk.org/zab/central-office-for-foreign-education) as proof of equivalence upon conclusion of the employment contract. You can find ways to apply for a financial grant for this under: <a href="https://www.anerkennung-in-deutschland.de/html/en/pro/recognition-grant.php">https://www.anerkennung-in-deutschland.de/html/en/pro/recognition-grant.php</a>.</p> <p>If you have any questions, please contact Mr. Martin Dönike, Email: <a href="mailto:grk@polight.uni-halle.de">grk@polight.uni-halle.de</a>.</p> <p>Please send your application, including Reg. No.: 4-6032/26-D to Martin Luther University Halle-Wittenberg, Graduiertenkolleg “Politik der Aufklärung”, IZEA, Prof. Dr. Elisabeth Décultot, 06099 Halle (Saale) by 25.10.2026.</p> <p>If possible, please send your application documents by email (in a single PDF document) with the subject “Application Documents RTG Doctoral Candidate Position” and the Reg. No. to: <a href="mailto:graduiertenkolleg.pda@izea.uni-halle.de">graduiertenkolleg.pda@izea.uni-halle.de</a>.</p> <p>This job posting is subject to potential budgetary restrictions. Application costs will not be reimbursed by Martin Luther University. Application documents will only be returned if a sufficiently stamped envelope is enclosed. Electronic applications are welcome.</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Appel à communication – Journée Jeunes Chercheurs.ses de l’APLAES 2027</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135593/appel-a-communication-journee-jeunes-chercheurs-ses-de-l-aplaes-2027.html</link>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 04:13:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Après deux premières éditions réussies (2025 et 2026), la Journée Jeunes Chercheurs.ses organisée par l’Association des Professeur.es de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur (APLAES), qui permet aux jeunes chercheurs.ses de présenter leurs travaux aux membres de l’association, titulaires et non-titulaires, est reconduite pour une troisième année. Le thème retenu pour cette troisième édition est « Femmes et pouvoir(s) dans l’Antiquité ». Nous souhaitons interroger les représentations féminines comme figures individuelles tout autant que dans leur(s) condition(s) féminine(s), et la façon dont le genre inscrit les femmes dans les dynamiques de pouvoir, que ce soit en tant qu’actrice de la production et de la transmission de la littérature ou comme objet littéraire ; par « pouvoirs » au pluriel, nous entendons le pouvoir dans toute sa multiplicité : pouvoir politique évidemment, mais aussi pouvoir socio-économique, pouvoir religieux, pouvoir littéraire, etc. Les études de genre représentent évidemment un enjeu crucial dans le cadre de cette thématique, et il faudra donc s’interroger sur l’apport des études de genre à l’étude des textes antiques. Les recherches récentes de Violaine Sébillote Cuchet (avec Les femmes d’Athènes paru en 2025), de Francesca Rohr (et ses travaux sur les matrones romaines, Powerful Matrons en 2022), d’Isabelle Algrain [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135593_6e2ed87086a3387e553bce9616f3b19b.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135593_6e2ed87086a3387e553bce9616f3b19b.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Après deux premières éditions réussies (2025 et 2026), la Journée Jeunes Chercheurs.ses organisée par l’Association des Professeur.es de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur (APLAES), qui permet aux jeunes chercheurs.ses de présenter leurs travaux aux membres de l’association, titulaires et non-titulaires, est reconduite pour une troisième année.</p> <p>Le thème retenu pour cette troisième édition est « <strong>Femmes et pouvoir(s) dans l’Antiquité</strong> ». Nous souhaitons interroger les représentations féminines comme figures individuelles tout autant que dans leur(s) condition(s) féminine(s), et la façon dont le genre inscrit les femmes dans les dynamiques de pouvoir, que ce soit en tant qu’actrice de la production et de la transmission de la littérature ou comme objet littéraire ; par « pouvoirs » au pluriel, nous entendons le pouvoir dans toute sa multiplicité : pouvoir politique évidemment, mais aussi pouvoir socio-économique, pouvoir religieux, pouvoir littéraire, etc. Les études de genre représentent évidemment un enjeu crucial dans le cadre de cette thématique, et il faudra donc s’interroger sur l’apport des études de genre à l’étude des textes antiques. Les recherches récentes de Violaine Sébillote Cuchet (avec <em>Les femmes d’Athènes </em>paru en 2025), de Francesca Rohr (et ses travaux sur les matrones romaines, <em>Powerful Matrons </em>en 2022), d’Isabelle Algrain (spécialiste de l’archéologie du genre,<em> Introduction à l’archéologie du genre </em>en 2024), parmi d’autres, sur l’histoire des femmes et du genre, ainsi que le grand nombre de colloques de ces dernières années sur la question (pour n’en citer que quelques uns : « Les travaux, le rôle et le contrôle des femmes dans les textes didactiques antiques » à Lyon en 2025, « Autorités féminines. Reconsidération du pouvoir des femmes durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge (IVe-VIIIe siècles) » à Francfort en 2024, « Cultures de la violence et résistances féminines : les réceptions des mythes grecs antiques du XIVe au XXIe siècle, en Europe et au-delà » à Caen en 2026), montrent bien toute l’actualité et toute l’importance du sujet que Suzanne Saïd, par exemple, abordait déjà dans <em>Le monde à l’envers : pouvoir féminin et communauté des femmes en Grèce ancienne</em> dès 2013.</p> <p>Ce thème peut être approché selon les axes suivants :</p> <p><strong>1) Femmes autrices et action des femmes dans la littérature/la transmission littéraire : dynamiques de pouvoir dans la création littéraire</strong></p> <p><em>→ Les femmes autrices</em> : quels textes écrits par des femmes nous sont parvenus de l’Antiquité ? Sous quelle forme ? Quels sont les genres auxquels ils appartiennent ? On peut ici se questionner sur la transmission des textes écrits par des femmes, les étapes suivies et leur popularité antique ou contemporaine. Que disent ces textes du pouvoir de leurs autrices, ou de leur absence de pouvoir ?<br /><em>→ L’action des femmes dans la littérature ou la transmission littéraire</em> : quelle influence féminine dans la transmission des textes ? À quelles étapes, selon quelles modalités ? Comment l’action féminine peut-elle influer, révéler ou modifier les dynamiques de pouvoir préexistantes dans l’Antiquité ? On peut penser par exemple aux femmes copistes, qui ont eu une influence directe sur la transmission des textes, comme la copiste Eugenia, qui a copié au IXe siècle le manuscrit latin 7560 conservé à la Bibliothèque nationale de France et comportant des textes grammaticaux.</p> <p><strong>2) La représentation des femmes et des rapports de pouvoir au sein de la littérature antique</strong></p> <p><em>→ Comment les femmes de pouvoir sont-elles représentées dans la littérature antique ?</em> Comment ces femmes qui transgressent les normes de genre sont-elles représentées ? Ont-elles des caractéristiques masculines qui justifient leur prise de pouvoir, par exemple ? Comment sont-elles situées parmi les normes de genre de leur époque (et de l’époque de leur auteur.rice) ? Quel traitement est accordé aux personnages féminins, quel est leur champ d’action et leur influence au sein de l’intrigue ? Peut-on identifier des motifs communs à tout un genre ; quid, par exemple, des personnages types féminins ? Certaines figures se détachent-elles au contraire des schémas usuels ? On orientera ces questions sur la thématique du pouvoir, sous toutes ces formes ; cet axe se prête aussi bien à des études de cas consacrées à des personnages féminins spécifiques qu’à des études d'ensemble.</p> <p><strong>3) Condition féminine et autorité</strong></p> <p><em>→ Comment est représentée la condition féminine dans la littérature antique ?</em> Y a-t-il une conscience de genre, une différence de classe, d’âge, de statut ? À qui sont-elles comparées ? Y a-t-il une unité de représentation ou des variations ? Si oui, à quoi sont-elles liées (géographique, historique…) ? Comment représente-t-on une femme mariée, libre, déesse, esclave ? Y a-t-il une forme d’autorité liée à la condition féminine, ou à l’inverse une dynamique d’effacement ?</p> <p><strong>4) Approches théoriques des dynamiques du pouvoir féminin</strong></p> <p><em>→ Comment les Anciens concevaient-ils les femmes et les dynamiques de pouvoir liées au genre ? </em>Cette approche pourra notamment se focaliser sur les textes historiographiques et philosophiques abordant la question de la place des femmes au sein des sociétés antiques, grecques et romaines ; mais aussi sur les textes techniques, comme les textes juridiques discutant des droits des femmes, ou médicaux qui, en s’intéressant au fonctionnement du corps féminin, ont pu servir de justification théorique à la répartition genrée du pouvoir.</p> <p><strong>5) Études de réception</strong></p> <p><em>→ Les études de réception sont également les bienvenues pour réfléchir à la continuité et l’évolution de ces idées après l’Antiquité.</em> On peut ainsi se demander de quelle façon les thématiques évoquées ci-dessus, l’influence des femmes dans la création littéraire, la représentation du pouvoir féminin, sa conceptualisation, etc., telles qu'elles sont traitées par les Anciens, sont reçues, qu’elles soient conservées, modifiées ou rejetées, au Moyen Âge et à la Renaissance, voire aux époques modernes et contemporaines. On pourra s'intéresser, parmi d’autres possibilités, aux réécritures et réactualisations des œuvres antiques, ainsi qu’à la réinterprétation des personnages féminins antiques dans les écrits médiévaux, modernes et contemporains, à la réception des textes des autrices antiques et des théories médicales et philosophiques par les humanistes, et, au sein de tout cela, à l’évolution des dynamiques du pouvoir féminin par rapport aux conceptions antiques.</p> <p><strong>Organisatrices </strong>: Emmanuelle Jégo (UGA) et Clémence Pelletier (Sorbonne Université), représentantes des non-titulaires au Bureau de l’APLAES.</p> <p><strong>Date de tombée de l’appel</strong> : 16/10/2026 </p> <p><strong>Date de la manifestation</strong> : 15-16/01/2027</p> <p><strong>Informations pratiques</strong> : les propositions de communication, qui devront comporter un titre provisoire, un résumé (de 250-300 mots) et une brève notice biographique, sont à envoyer aux deux organisatrices par mail au plus tard le 16 octobre 2026 (<a href="mailto:emmanuelle.jego@univ-grenoble-alpes.fr">emmanuelle.jego@univ-grenoble-alpes.fr</a> ; <a href="mailto:clemence.pelletier@sorbonne-universite.fr">clemence.pelletier@sorbonne-universite.fr</a>). Les résultats de la sélection seront annoncés fin octobre 2026. La manifestation se tiendra les 15 et 16 janvier 2027, à l’ENS de Paris.</p> <p>Les communications feront ensuite l’objet d’une publication dans la revue des Annales de l’APLAES, sous réserve que les articles soumis aient été validés au préalable par le directeur ou la directrice de thèse de l’auteur.trice.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Démêler les Lumières : regards croisés sur le XVIIIe siècle</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135590/i-colloque-international-demeler-les-lumieres-regards-croises-sur-le-xviiie-siecle.html</link>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 02:52:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>I Colloque International Démêler les Lumières : regards croisés sur le XVIIIe siècle, Facultad de Letras, Vitoria-Gasteiz Université du Pays Basque / Euskal Herriko Unibertsitatea (EHU)  28 et 29 octobre 2026 Longtemps envisagées comme le fondement intellectuel de la modernité occidentale, les Lumières constituent aujourd’hui un objet historiographique profondément reconfiguré. Les certitudes qui les associaient à un idéal unitaire de raison, de progrès et d’émancipation ont progressivement laissé place à des lectures plus complexes, attentives à la diversité des expériences et des médiations qui participent de leur élaboration. Ce déplacement des perspectives s’inscrit dans le profond renouvellement des sciences humaines et sociales. Les apports de l’histoire culturelle, de l’histoire des savoirs, des études littéraires, des études de genre, des approches postcoloniales, de l’histoire globale ou encore des humanités environnementales ont profondément renouvelé les lectures du XVIIIᵉ siècle et conduit à reconsidérer la notion même de Lumières. Loin d’un ensemble homogène ou d’une catégorie univoque, celles-ci apparaissent désormais comme une constellation plurielle, traversée par des circulations, des tensions, des appropriations et des contradictions. La pluralité de leurs expressions, de leurs temporalités et de leurs espaces invite ainsi moins à les penser comme un héritage monolithique qu’à interroger les multiples formes qu’elles [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135590_e1deeed145a5ad2ca1707ed84d539464.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135590_e1deeed145a5ad2ca1707ed84d539464.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>I Colloque International</p> <p><strong>Démêler les Lumières : regards croisés sur le XVIIIe siècle, </strong><strong>Facultad de Letras, Vitoria-Gasteiz</strong></p> <p><strong>Université du Pays Basque / Euskal Herriko Unibertsitatea (EHU)</strong></p> <p><strong> 28 et 29 octobre 2026</strong></p> <p>Longtemps envisagées comme le fondement intellectuel de la modernité occidentale, les Lumières constituent aujourd’hui un objet historiographique profondément reconfiguré. Les certitudes qui les associaient à un idéal unitaire de raison, de progrès et d’émancipation ont progressivement laissé place à des lectures plus complexes, attentives à la diversité des expériences et des médiations qui participent de leur élaboration. Ce déplacement des perspectives s’inscrit dans le profond renouvellement des sciences humaines et sociales. Les apports de l’histoire culturelle, de l’histoire des savoirs, des études littéraires, des études de genre, des approches postcoloniales, de l’histoire globale ou encore des humanités environnementales ont profondément renouvelé les lectures du XVIIIᵉ siècle et conduit à reconsidérer la notion même de Lumières. Loin d’un ensemble homogène ou d’une catégorie univoque, celles-ci apparaissent désormais comme une constellation plurielle, traversée par des circulations, des tensions, des appropriations et des contradictions. La pluralité de leurs expressions, de leurs temporalités et de leurs espaces invite ainsi moins à les penser comme un héritage monolithique qu’à interroger les multiples formes qu’elles revêtent, les usages dont elles font l’objet et les lectures, parfois concurrentes, qu’elles suscitent.</p> <p>Les Lumières ne se donnent plus seulement à lire dans les œuvres canoniques ou les figures tutélaires de la philosophie ; elles se déploient également à travers les réseaux éditoriaux, les pratiques de sociabilité, les formes spectaculaires, les traductions, les périodiques, les correspondances, les objets matériels et les cultures populaires qui ont contribué à leur diffusion, accompagné leurs métamorphoses ou nourri leur contestation. L’intérêt se porte désormais autant sur les conditions concrètes de production, de circulation et d’appropriation des savoirs que sur les systèmes de pensée eux-mêmes. Le XVIIIᵉ siècle</p> <p>apparaît ainsi comme un espace d’échanges, de médiations et de transferts, où les idées se construisent, circulent et se redéfinissent au croisement de réseaux, d’échanges et de contextes multiples.</p> <p>Dans cette perspective, « démêler les Lumières » ne consiste ni à reconduire un récit téléologique de la modernité, ni à leur opposer une critique rétrospective qui en ferait le simple foyer des ambiguïtés contemporaines. Il s’agit plutôt d’en restituer la complexité, d’en éclairer les lignes de force autant que les points de fracture, d’en saisir les continuités comme les ruptures, sans dissocier les productions intellectuelles des conditions historiques, sociales, matérielles et esthétiques qui les rendent possibles. Démêler les Lumières, c’est également démêler les catégories historiographiques qui les ont façonnées, les réseaux qui ont permis leur circulation, les pratiques qui leur ont donné corps, les représentations qui en ont assuré la diffusion ainsi que les héritages qui continuent d’en orienter les usages contemporains. Une telle démarche appelle nécessairement une approche résolument interdisciplinaire. Les œuvres dialoguent avec les pratiques culturelles ; les idées circulent au gré des médiations, des traductions et des transferts ; les discours universalistes coexistent avec des logiques de domination, d’exclusion ou de résistance. Comprendre les Lumières suppose ainsi de croiser les échelles d’analyse, les corpus et les méthodes afin d’en restituer toute la richesse et la complexité.</p> <p>C’est dans cette perspective que s’inscrit le colloque international Démêler les Lumières : regards croisés sur le XVIIIᵉ siècle. Il propose d’offrir un espace de réflexion consacré aux multiples formes de production, de circulation, d’appropriation et de réélaboration des savoirs, des pratiques et des représentations qui ont façonné le long du XVIIIᵉ siècle. Ce colloque souhaite favoriser le dialogue entre la littérature, la philosophie, l’historiographie, l’histoire de l’art, la musicologie, les études théâtrales, la traductologie, la linguistique et les études culturelles, dans la conviction que la mise en abyme des approches transversales constitue aujourd’hui l’une des conditions essentielles du renouvellement des études dix-huitièmistes. Les propositions de communication pourront s’inscrire dans l’un ou plusieurs des axes suivants :</p> <p><strong>Axe 1 – Discours, rhétorique et création littéraire : </strong>Cet axe accueille les travaux portant sur les productions textuelles du XVIIIe siècle, qu’il s’agisse de philosophie, de littérature (roman, théâtre, poésie), de presse, de correspondances ou de traités savants. Il s’intéresse</p> <p>aux stratégies rhétoriques, aux genres littéraires, à l’éloquence et à la mise en discours des idées. Sont bienvenues, entre autres, les réflexions sur : l’écriture encyclopédique, le conte philosophique, la satire, l’autobiographie, les polémiques intellectuelles, ou les rapports entre fiction et argumentation.</p> <p><strong>Axe 2 – Pratiques culturelles, supports et sociabilités : </strong>Cet axe interroge les conditions matérielles et sociales de la production et de la circulation des idées. Il explore les lieux, les acteurs et les médias qui façonnent la culture du XVIIIe siècle.</p> <p>Les propositions pourront aborder : l’histoire du livre et de l’édition, la censure, les bibliothèques, la presse périodique, les salons, les académies, les loges maçonniques, les cercles de lecture, ou encore la question des publics et des usages du texte.</p> <p><strong>Axe 3 – Représentations, arts et imaginaires :</strong> Cet axe est dédié aux formes visuelles, sonores et esthétiques de la culture des Lumières. Il s’intéresse à la manière dont la peinture, le dessin, la gravure, la musique, l’opéra, l’architecture ou les arts décoratifs traduisent, prolongent ou contestent les discours philosophiques et politiques de l’époque. Sont attendues des communications portant sur : l’esthétique du goût, le sublime et le pittoresque, les rapports entre texte et image, l’iconographie politique, l’esthétique littéraire, ou les spectacles et les fêtes publiques. </p> <p><strong>Axe 4 – Politique, altérité et identités :</strong> Cet axe examine les constructions identitaires et les rapports de pouvoir qui traversent le siècle des Lumières. Il s’agit de confronter le discours universaliste des Lumières avec ses exclusions et ses zones d’ombre, en interrogeant les figures de l’altérité (le sauvage, l’esclave, la femme, l’étranger, le fou).</p> <p>Les propositions pourront porter sur : la philosophie politique et les théories du contrat social, l’opinion publique et l’espace public, les écrits sur l’Amérique et les colonies, la question de l’esclavage et des abolitions, les rapports de genre, ou les récits de voyage et les imaginaires géographiques.</p> <p><strong>Axe 5 – Héritages et résonances contemporaines :</strong> Ouvert sur notre propre époque, cet axe propose une réflexion sur la postérité des Lumières et sur la manière dont le XVIIIe siècle est convoqué, réinterprété ou critiqué dans les débats intellectuels et politiques actuels. Il interroge la vitalité – ou l’épuisement – du projet émancipateur des Lumières face aux défis du XXIe siècle. Sont bienvenues des communications explorant : la réception des Lumières aux XIXe et XXe siècles, les lectures critiques (postcoloniales, féministes, écologiques), les usages politiques de la figure des Lumières, ou encore les dialogues possibles entre la pensée du XVIIIe siècle et les enjeux contemporains (intelligence artificielle, démocratie participative, crise climatique).</p> <p>LANGUES DU CONGRÈS</p> <p>Les communications pourront être présentées en français, espagnol, anglais ou basque. </p> <p>MODALITÉS DE SOUMISSION</p> <p>Les propositions de communication (300-500 mots, accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique) sont à envoyer  avant le 30 août aux adresses suivantes :</p> <p><a href="mailto:ane.fernandez@ehu.eus">ane.fernandez@ehu.eus</a> , <a href="mailto:eduardo.sanmartin@ehu.eus">eduardo.sanmartin@ehu.eus</a> et <a href="mailto:estibalizania.valle@ehu.eus">estibalizania.valle@ehu.eus</a> </p> <p>Les communications auront une durée de 20 minutes, suivies d’une discussion. Une publication des actes est envisagée.</p> <p>CALENDRIER</p> <p>Dlimite de soumission : 30 août 2026</p> <p>Notification aux auteur·es : 25 septembre 2026</p> <p>Tenue du congrès : 28 et 29 octobre 2026</p> <p> </p> <p>COMITÉ SCIENTIFIQUE<br />María Elisa Alonso García (Université de Lorraine)</p> <p>Christophe Martin (Sorbonne Université)</p> <p>Jean-Christophe Abramovici (Sorbonne Université)</p> <p>Verónica Trujillo-González (Université de Las Palmas de Gran Canaria).</p> <p> </p> <p> </p> <p>COMITÉ ORGANISATEUR<br />Ane Fernández San Martín (Université du Pays Basque)</p> <p>Eduardo San Martín Fermín (Université du Pays Basque)</p> <p>Estibaliz Ania Valle Ruiz de Garibay (Université du Pays Basque)</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Enquête historique sur le « faire littéraire » dans la modernité</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21404</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:53:08 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21404</guid>
      <category>acta</category>
      <description>La Poétique historique de la « modernité » d’Alain Vaillant poursuit la trajectoire de recherche inaugurée en 2005 par la publication de La Crise de la littérature 1 et prolongée par celle en 2016 de L’Art de la littérature 2. Tandis que son premier livre prenait acte de la chute du système littéraire d’Ancien Régime afin d’en enregistrer les mutations et les répercussions sur le champ et la production littéraires, le deuxième était, quant à lui, consacré à l’invention par les écrivains de la littérature au xixe siècle comme un art autonome, subjectif et assumant un magistère quasi sacré. Son dernier ouvrage, publié chez Classiques Garnier en 2025, se présente sous la forme d’une somme rassemblant nombre de ses travaux précédents3. Il s’intéresse tout particulièrement aux évolutions du « faire littéraire » dans la modernité. Depuis ce cadre méthodologique qu’est la « poétique historique », il invite en effet à considérer la littérature comme une pratique communicationnelle parmi d’autres et à la réinscrire parmi les influences réciproques des deux phénomènes communicationnels majeurs du xixe siècle, à savoir la place prépondérante qu’occupent l’imprimé ainsi que l’objet-livre et la mise en place d’un système médiatique fondé sur la presse papier. Si cette « poétique historique » donne ainsi à lire la méthode employée par Alain Vaillant, la « modernité » recouvre, quant à elle, autant un discours pessimiste sur les transformations économiques et symboliques du xixe siècle qu’une période historique avec laquelle il coïncide et qui s’étend des années 1830 aux années 1870. Afin de donner à lire ces mutations dans la production littéraire, le plan de l’ouvrage propose un parcours en quatre temps. Le premier, intitulé « La communication littéraire », rappelle les principes de sa conception de la littérature comme système de communication à l’heure de l’émergence d’un espace public (Habermas). Consacré à des figures d’auteurs canoniques telles que Baudelaire, Flaubert ou encore Vallès, le deuxième temps envisage et interroge la figure de « L’écrivain » à travers, notamment, ses relations avec l’institution scolaire et au prisme du biographique. Le troisième temps, intitulé « Le rire », s’intéresse à la pratique du rire moderne envisagé dans ses évolutions et jusqu’à son retournement empathique à la fin du siècle. La dernière partie, « Le vers », propose finalement d’envisager la fabrique du vers moderne à l’aune de sa recrudescence en tant que pure forme artiste </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21404/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2018.08.10.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Enquête historique sur le « faire littéraire » dans la modernité'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>La Poétique historique de la « modernité » d’Alain Vaillant poursuit la trajectoire de recherche inaugurée en 2005 par la publication de La Crise de la littérature 1 et prolongée par celle en 2016 de L’Art de la littérature 2. Tandis que son premier livre prenait acte de la chute du système littéraire d’Ancien Régime afin d’en enregistrer les mutations et les répercussions sur le champ et la production littéraires, le deuxième était, quant à lui, consacré à l’invention par les écrivains de la littérature au xixe siècle comme un art autonome, subjectif et assumant un magistère quasi sacré. Son dernier ouvrage, publié chez Classiques Garnier en 2025, se présente sous la forme d’une somme rassemblant nombre de ses travaux précédents3. Il s’intéresse tout particulièrement aux évolutions du « faire littéraire » dans la modernité. Depuis ce cadre méthodologique qu’est la « poétique historique », il invite en effet à considérer la littérature comme une pratique communicationnelle parmi d’autres et à la réinscrire parmi les influences réciproques des deux phénomènes communicationnels majeurs du xixe siècle, à savoir la place prépondérante qu’occupent l’imprimé ainsi que l’objet-livre et la mise en place d’un système médiatique fondé sur la presse papier. Si cette « poétique historique » donne ainsi à lire la méthode employée par Alain Vaillant, la « modernité » recouvre, quant à elle, autant un discours pessimiste sur les transformations économiques et symboliques du xixe siècle qu’une période historique avec laquelle il coïncide et qui s’étend des années 1830 aux années 1870. Afin de donner à lire ces mutations dans la production littéraire, le plan de l’ouvrage propose un parcours en quatre temps. Le premier, intitulé « La communication littéraire », rappelle les principes de sa conception de la littérature comme système de communication à l’heure de l’émergence d’un espace public (Habermas). Consacré à des figures d’auteurs canoniques telles que Baudelaire, Flaubert ou encore Vallès, le deuxième temps envisage et interroge la figure de « L’écrivain » à travers, notamment, ses relations avec l’institution scolaire et au prisme du biographique. Le troisième temps, intitulé « Le rire », s’intéresse à la pratique du rire moderne envisagé dans ses évolutions et jusqu’à son retournement empathique à la fin du siècle. La dernière partie, « Le vers », propose finalement d’envisager la fabrique du vers moderne à l’aune de sa recrudescence en tant que pure forme artiste ]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Aux origines de l’uchronie : l’histoire alternative comme point de divergence avec le régime mainstream de l’historiographie</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21391</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:50:12 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Il est des ouvrages qui marquent une étape décisive dans la compréhension d’un texte ou d’un auteur, mais qui, au-delà de leur objet d’étude, réinterrogent en profondeur les méthodes et les cadres épistémologiques d’une discipline. Peut-on changer l’histoire ? L’histoire alternative dans l’Uchronie de Charles Renouvier, de Monique Clavel-Lévêque et Laure Lévêque, est de ceux-là. Prenant appui sur l’Uchronie de Charles Renouvier (1815-1903), texte fondateur longtemps négligé d’un genre désormais florissant, les autrices ne se contentent pas d’en proposer une exégèse savante : elles en révèlent la portée philosophique, historique et politique et, inscrivant leur propos dans une réflexion plus large sur la nature même de l’histoire, elles engagent une réflexion ambitieuse sur ses usages et ses possibles. Redonner voix à un texte fondateur et méconnu Si le terme « uchronie » nous est aujourd’hui familier maintenant qu’il a gagné la culture populaire — des romans de science-fiction aux films hollywoodiens et à l’univers des séries et des jeux vidéo —, son inventeur, Charles Renouvier, demeure paradoxalement méconnu, tout comme l’œuvre qui l’a vu naître, cette Uchronie (l’utopie dans l’histoire), esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait pu être qui n’avait encore jamais donné lieu à une étude d’ensemble. Monique Clavel-Lévêque et Laure Lévêque remédient aujourd’hui heureusement à cette lacune. Avec minutie, elles reconstituent la genèse complexe du projet de Renouvier, en suivant les étapes de son élaboration depuis les premières publications en revue, intervenues en 1857, jusqu’à la version définitive de 1876 qui s’attache à revisiter l’histoire romaine et à la réorienter, Rome évitant le déclin et la chute sous l’impulsion d’audacieuses réformes politiques et sociales initiées au IIe siècle par Avidius Cassius qui vont lui permettre de se régénérer, faisant bifurquer les destins du monde. Prenant au mot un Renouvier qui reconnaissait à son texte « un objet moral des plus impérieux », les autrices lèvent le voile sur ce que recouvre l’histoire romaine fantasmée par Renouvier : un projet philosophique et politique d’une ampleur considérable. Car Renouvier ne propose pas seulement une fiction historique mais invente un outil critique destiné à dénoncer « l’illusion du fait accompli », cette pente fatale des historiens qui les porte à confondre ce qui est effectivement advenu et ce qui rel</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21391/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2018.06.56%20-%20Grande.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Aux origines de l’uchronie : l’histoire alternative comme point de divergence avec le régime mainstream de l’historiographie'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Il est des ouvrages qui marquent une étape décisive dans la compréhension d’un texte ou d’un auteur, mais qui, au-delà de leur objet d’étude, réinterrogent en profondeur les méthodes et les cadres épistémologiques d’une discipline. Peut-on changer l’histoire ? L’histoire alternative dans l’Uchronie de Charles Renouvier, de Monique Clavel-Lévêque et Laure Lévêque, est de ceux-là. Prenant appui sur l’Uchronie de Charles Renouvier (1815-1903), texte fondateur longtemps négligé d’un genre désormais florissant, les autrices ne se contentent pas d’en proposer une exégèse savante : elles en révèlent la portée philosophique, historique et politique et, inscrivant leur propos dans une réflexion plus large sur la nature même de l’histoire, elles engagent une réflexion ambitieuse sur ses usages et ses possibles. Redonner voix à un texte fondateur et méconnu Si le terme « uchronie » nous est aujourd’hui familier maintenant qu’il a gagné la culture populaire — des romans de science-fiction aux films hollywoodiens et à l’univers des séries et des jeux vidéo —, son inventeur, Charles Renouvier, demeure paradoxalement méconnu, tout comme l’œuvre qui l’a vu naître, cette Uchronie (l’utopie dans l’histoire), esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait pu être qui n’avait encore jamais donné lieu à une étude d’ensemble. Monique Clavel-Lévêque et Laure Lévêque remédient aujourd’hui heureusement à cette lacune. Avec minutie, elles reconstituent la genèse complexe du projet de Renouvier, en suivant les étapes de son élaboration depuis les premières publications en revue, intervenues en 1857, jusqu’à la version définitive de 1876 qui s’attache à revisiter l’histoire romaine et à la réorienter, Rome évitant le déclin et la chute sous l’impulsion d’audacieuses réformes politiques et sociales initiées au IIe siècle par Avidius Cassius qui vont lui permettre de se régénérer, faisant bifurquer les destins du monde. Prenant au mot un Renouvier qui reconnaissait à son texte « un objet moral des plus impérieux », les autrices lèvent le voile sur ce que recouvre l’histoire romaine fantasmée par Renouvier : un projet philosophique et politique d’une ampleur considérable. Car Renouvier ne propose pas seulement une fiction historique mais invente un outil critique destiné à dénoncer « l’illusion du fait accompli », cette pente fatale des historiens qui les porte à confondre ce qui est effectivement advenu et ce qui rel]]></content:encoded>
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      <title>La quête de l’alliance entre tragique et biblique</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21388</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:47:30 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Dans la continuité de ses études sur le théâtre de la première modernité, Tristan Alonge s’intéresse à l’influence de la Bible sur la genèse de la tragédie française. La présence ou l’absence de la littérature antique dans la constitution du genre théâtral dit « classique » avait fait l’objet de deux ouvrages sous la signature du même chercheur, l’un consacré à Racine1 et l’autre, plus général, dédié à l’inspiration de la tragédie grecque dans le renouvellement du genre sous l’Ancien régime2. Dans les deux cas, l’étude de l’intertextualité avec la source antique a permis de révéler les enjeux poétiques, historiques ou religieux liés à l’écriture des pièces. Ces mêmes questionnements structurent le dernier ouvrage du critique, mais dans des rapports différents : celui entre le nouveau genre de la tragédie biblique et sa double origine (sacrée par les textes religieux, païenne par la tradition antique). Tristan Alonge s’interroge alors : peut-on faire du sujet biblique une tragédie ? Ce questionnement émerge d’un constat, celui du succès paradoxal de la tragédie biblique sous l’Ancien régime : alors que la Bible est une source majeure pour le théâtre sérieux, rares ont été les dramaturges étant passés à la postérité. Ces oubliés de l’histoire littéraire mènent notre critique à chercher des critères de sélection justifiant la survivance de quelques œuvres et donc une poétique de la tragédie biblique. Tristan Alonge s’applique ainsi à redécouvrir un corpus majeur, non pas uniquement composé des pièces de Garnier, La Taille, Montchrestien, Du Ryer ou encore Racine, mais réunissant un ensemble de soixante dramaturges. Cette exhaustivité a pour but de chercher le point de départ de la tragédie biblique, et donc, d’une certaine façon, de la tragédie française dans sa conception classique (p. 11). La vue d’ensemble qu’offrent les soixante‑quinze pièces étudiées — pour certaines inédites —, s’étendant de l’Abraham sacrifiant de Buchanan (1550) au début et à l’apogée du théâtre biblique avec l’Athalie racinienne (1691), permet de comprendre de manière globale comment la mise en spectacle de la Bible a contribué au patrimoine théâtral français. Malgré le potentiel tragique des récits hagiographiques qu’il serait pertinent d’explorer, le corpus étudié se limite par souci de faisabilité aux pièces inspirées des deux Testaments. Les études génétiques et comparatives des différents épisodes bibliques mis en scène aux xvie et xviie siècles interrogent la compatibilité entr</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21388/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2017.56.19.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La quête de l’alliance entre tragique et biblique'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans la continuité de ses études sur le théâtre de la première modernité, Tristan Alonge s’intéresse à l’influence de la Bible sur la genèse de la tragédie française. La présence ou l’absence de la littérature antique dans la constitution du genre théâtral dit « classique » avait fait l’objet de deux ouvrages sous la signature du même chercheur, l’un consacré à Racine1 et l’autre, plus général, dédié à l’inspiration de la tragédie grecque dans le renouvellement du genre sous l’Ancien régime2. Dans les deux cas, l’étude de l’intertextualité avec la source antique a permis de révéler les enjeux poétiques, historiques ou religieux liés à l’écriture des pièces. Ces mêmes questionnements structurent le dernier ouvrage du critique, mais dans des rapports différents : celui entre le nouveau genre de la tragédie biblique et sa double origine (sacrée par les textes religieux, païenne par la tradition antique). Tristan Alonge s’interroge alors : peut-on faire du sujet biblique une tragédie ? Ce questionnement émerge d’un constat, celui du succès paradoxal de la tragédie biblique sous l’Ancien régime : alors que la Bible est une source majeure pour le théâtre sérieux, rares ont été les dramaturges étant passés à la postérité. Ces oubliés de l’histoire littéraire mènent notre critique à chercher des critères de sélection justifiant la survivance de quelques œuvres et donc une poétique de la tragédie biblique. Tristan Alonge s’applique ainsi à redécouvrir un corpus majeur, non pas uniquement composé des pièces de Garnier, La Taille, Montchrestien, Du Ryer ou encore Racine, mais réunissant un ensemble de soixante dramaturges. Cette exhaustivité a pour but de chercher le point de départ de la tragédie biblique, et donc, d’une certaine façon, de la tragédie française dans sa conception classique (p. 11). La vue d’ensemble qu’offrent les soixante‑quinze pièces étudiées — pour certaines inédites —, s’étendant de l’Abraham sacrifiant de Buchanan (1550) au début et à l’apogée du théâtre biblique avec l’Athalie racinienne (1691), permet de comprendre de manière globale comment la mise en spectacle de la Bible a contribué au patrimoine théâtral français. Malgré le potentiel tragique des récits hagiographiques qu’il serait pertinent d’explorer, le corpus étudié se limite par souci de faisabilité aux pièces inspirées des deux Testaments. Les études génétiques et comparatives des différents épisodes bibliques mis en scène aux xvie et xviie siècles interrogent la compatibilité entr]]></content:encoded>
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      <title>L’imagination littéraire comme force émancipatrice</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21385</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:44:17 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21385</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Rédigées entre novembre 2019 et juin 2020, les lettres de l’écrivaine et universitaire iranienne Azar Nafisi à son père décédé apparaissent brûlantes d’actualité, voire prophétiques dans leur analyse de la banalité du mal. Elles sont aussi le lieu de défense et illustration de la littérature, et des moyens qu’elle met à notre disposition, écrivains comme lecteurs, pour ne pas céder à la tentation facile du renoncement. Ces cinq lettres, dont le germe est né en octobre 2016 à l’aube du premier mandat de Donald Trump, se présentent comme des méditations conjointement autobiographiques et littéraires, inspirées par les événements emblématiques de la période : les émeutes sanglantes contre la République islamique en Iran, les manifestations consécutives à l’assassinat de Georges Floyd, la pandémie de Covid19, l’exacerbation du conflit israélo-palestinien… Azar Nafisi actualise ainsi la proposition fondatrice de Jean-Paul Sartre : « La fonction de l’écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne puisse s’en dire innocent1 ». Simultanément elle renouvelle et dépasse la conception existentialiste de l’engagement en ne prônant pas « une littérature résistante, mais […] la littérature comme résistance » (p. 26). Ainsi le fil rouge de Lire dangereusement est la puissance de l’imagination fictionnelle comme arme émancipatrice, en écho et prolongement à La République de l’imagination 2, où l’autrice convoquait ses auteurs américains favoris, le Mark Twain des Aventures d’Huckleberry Finn, Sinclair Lewis, Carson McCullers, James Baldwin. Azar Nafisi y affirmait déjà : Les histoires ne sont pas que fuites dans le rêve ou instruments de pouvoir et de contrôle politique. Elles nous relient à notre passé, elles nous fournissent une vision critique du présent et nous permettent de ne pas concevoir nos vies uniquement comme elles sont, mais comme elles devraient être ou pourraient devenir3. Dans Lire dangereusement, Azar Nafisi convoque à nouveau les auteurs qui ont joué un rôle fondateur dans la construction de son identité littéraire, humaine et politique : Salman Rushdie, Platon, Ray Bradbury, Nancy Hurston, Toni Morrison, David Grossman, Elliot Ackerman, Elias Khoury, Margareth Atwood, James Baldwin, Ta-Nehisi Coates. Chaque page nous parle d’émancipation : l’autrice réfléchit aux fondements d’une démocratie authentique, entendue comme une société où la vérité ne se confond pas avec le discours de ceux qui sont au pouvoir. Sa réflexion se</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21385/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2017.55.17.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='L’imagination littéraire comme force émancipatrice'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Rédigées entre novembre 2019 et juin 2020, les lettres de l’écrivaine et universitaire iranienne Azar Nafisi à son père décédé apparaissent brûlantes d’actualité, voire prophétiques dans leur analyse de la banalité du mal. Elles sont aussi le lieu de défense et illustration de la littérature, et des moyens qu’elle met à notre disposition, écrivains comme lecteurs, pour ne pas céder à la tentation facile du renoncement. Ces cinq lettres, dont le germe est né en octobre 2016 à l’aube du premier mandat de Donald Trump, se présentent comme des méditations conjointement autobiographiques et littéraires, inspirées par les événements emblématiques de la période : les émeutes sanglantes contre la République islamique en Iran, les manifestations consécutives à l’assassinat de Georges Floyd, la pandémie de Covid19, l’exacerbation du conflit israélo-palestinien… Azar Nafisi actualise ainsi la proposition fondatrice de Jean-Paul Sartre : « La fonction de l’écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne puisse s’en dire innocent1 ». Simultanément elle renouvelle et dépasse la conception existentialiste de l’engagement en ne prônant pas « une littérature résistante, mais […] la littérature comme résistance » (p. 26). Ainsi le fil rouge de Lire dangereusement est la puissance de l’imagination fictionnelle comme arme émancipatrice, en écho et prolongement à La République de l’imagination 2, où l’autrice convoquait ses auteurs américains favoris, le Mark Twain des Aventures d’Huckleberry Finn, Sinclair Lewis, Carson McCullers, James Baldwin. Azar Nafisi y affirmait déjà : Les histoires ne sont pas que fuites dans le rêve ou instruments de pouvoir et de contrôle politique. Elles nous relient à notre passé, elles nous fournissent une vision critique du présent et nous permettent de ne pas concevoir nos vies uniquement comme elles sont, mais comme elles devraient être ou pourraient devenir3. Dans Lire dangereusement, Azar Nafisi convoque à nouveau les auteurs qui ont joué un rôle fondateur dans la construction de son identité littéraire, humaine et politique : Salman Rushdie, Platon, Ray Bradbury, Nancy Hurston, Toni Morrison, David Grossman, Elliot Ackerman, Elias Khoury, Margareth Atwood, James Baldwin, Ta-Nehisi Coates. Chaque page nous parle d’émancipation : l’autrice réfléchit aux fondements d’une démocratie authentique, entendue comme une société où la vérité ne se confond pas avec le discours de ceux qui sont au pouvoir. Sa réflexion se]]></content:encoded>
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      <title>« Une présence complètement indispensable ». Quand Claude Lanzmann dictait ses mémoires. Entretien avec Juliette Simont sur la genèse du Lièvre de Patagonie</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21373</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:37:37 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21373</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Le 12 mars 2009, Claude Lanzmann, résistant, journaliste, réalisateur et intellectuel, publie le Lièvre de Patagonie — Mémoires dans la collection blanche des éditions Gallimard. S’ensuit une version poche dans la collection Folio en 2010. Récompensé du prix Saint-Simon et traduit dans plusieurs langues, le livre reçoit un accueil critique et commercial très favorable. Lanzmann y raconte son enfance pendant la Seconde Guerre mondiale, son engagement dans la Résistance, sa carrière de journalisme, son amitié avec Sartre, Beauvoir, et les autres membres du comité des Temps Modernes, mais aussi la réalisation de ses films sur Israël et sur la Shoah et son engagement contre la colonisation et pour la défense de l’État hébreu.  Le titre du livre tisse un lien entre le conte de Silvina Ocampo, écrivaine argentine, Le lièvre doré (en espagnol La liebre dorada), que Lanzmann appréciait, et la rencontre d’un lièvre sur une route proche d’El Calafate en Patagonie. Cette rencontre signifie pour l’auteur la plénitude du rapport au monde : « la Patagonie et moi nous étions vrais ensemble, le monde cessait d’être un décor 1 ». Juliette Simont est philosophe, spécialiste de Sartre, maître de recherches au Fonds National de la Recherche scientifique de Belgique. Elle a été directrice-adjointe des Temps Modernes de 2001 à 2018. En 2017, elle a dirigé un ouvrage collectif autour de l’œuvre Claude Lanzmann, intitulé Un voyant dans le siècle2. En 2005, elle avait convaincu Lanzmann d’écrire ses mémoires. Un usage laborieux de l’ordinateur poussa Lanzmann à dicter son récit à Juliette Simont. Au bout de quatre années de travail collaboratif, 560 pages sont publiées dans la collection blanche de Gallimard. Juliette Simont m’a raconté cette expérience singulière.  Nombreux sont les récits autobiographiques pour lesquels les auteurs et autrices ont recours à l’aide d’un interlocuteur ou d’une interlocutrice. Le travail collaboratif prend parfois la forme d’un entretien, comme Albert Memmi avec Victor Malka 3 ou, plus récemment, Etel Adnan avec Laure Adler 4. L’interlocuteur ou l’interlocutrice facilite ainsi le travail de narration, notamment grâce au jeu, quelquefois rhétorique, de question-réponse. Par sa présence physique et morale, l’interlocuteur ou l’interlocutrice assure un soutien, souvent déterminant, à la narration. Parfois, celui ou celle qui accompagne le travail d’écriture s’efface dans la rédaction définitive. Le cas qui nous occupe ici apporte un éclairage un peu d</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21373/couv_Simont_Lanzmann_Rybak.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='« Une présence complètement indispensable ». Quand Claude Lanzmann dictait ses mémoires. Entretien avec Juliette Simont sur la genèse du Lièvre de Patagonie'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le 12 mars 2009, Claude Lanzmann, résistant, journaliste, réalisateur et intellectuel, publie le Lièvre de Patagonie — Mémoires dans la collection blanche des éditions Gallimard. S’ensuit une version poche dans la collection Folio en 2010. Récompensé du prix Saint-Simon et traduit dans plusieurs langues, le livre reçoit un accueil critique et commercial très favorable. Lanzmann y raconte son enfance pendant la Seconde Guerre mondiale, son engagement dans la Résistance, sa carrière de journalisme, son amitié avec Sartre, Beauvoir, et les autres membres du comité des Temps Modernes, mais aussi la réalisation de ses films sur Israël et sur la Shoah et son engagement contre la colonisation et pour la défense de l’État hébreu.  Le titre du livre tisse un lien entre le conte de Silvina Ocampo, écrivaine argentine, Le lièvre doré (en espagnol La liebre dorada), que Lanzmann appréciait, et la rencontre d’un lièvre sur une route proche d’El Calafate en Patagonie. Cette rencontre signifie pour l’auteur la plénitude du rapport au monde : « la Patagonie et moi nous étions vrais ensemble, le monde cessait d’être un décor 1 ». Juliette Simont est philosophe, spécialiste de Sartre, maître de recherches au Fonds National de la Recherche scientifique de Belgique. Elle a été directrice-adjointe des Temps Modernes de 2001 à 2018. En 2017, elle a dirigé un ouvrage collectif autour de l’œuvre Claude Lanzmann, intitulé Un voyant dans le siècle2. En 2005, elle avait convaincu Lanzmann d’écrire ses mémoires. Un usage laborieux de l’ordinateur poussa Lanzmann à dicter son récit à Juliette Simont. Au bout de quatre années de travail collaboratif, 560 pages sont publiées dans la collection blanche de Gallimard. Juliette Simont m’a raconté cette expérience singulière.  Nombreux sont les récits autobiographiques pour lesquels les auteurs et autrices ont recours à l’aide d’un interlocuteur ou d’une interlocutrice. Le travail collaboratif prend parfois la forme d’un entretien, comme Albert Memmi avec Victor Malka 3 ou, plus récemment, Etel Adnan avec Laure Adler 4. L’interlocuteur ou l’interlocutrice facilite ainsi le travail de narration, notamment grâce au jeu, quelquefois rhétorique, de question-réponse. Par sa présence physique et morale, l’interlocuteur ou l’interlocutrice assure un soutien, souvent déterminant, à la narration. Parfois, celui ou celle qui accompagne le travail d’écriture s’efface dans la rédaction définitive. Le cas qui nous occupe ici apporte un éclairage un peu d]]></content:encoded>
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      <title>« Un léger trouble du langage » : Vertu et Rosalinde d’Anne Serre</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21364</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:33:04 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Cet article est le fruit d’une communication faite dans le cadre du séminaire Lectures sur le fil le 19 décembre 2025 à la bibliothèque de l’UFR de Langue française. Voilà plus de trente ans qu’Anne Serre publie des livres beaux et singuliers, que leurs couvertures étiquettent souvent comme romans, bien que le mot ne décrive qu’imparfaitement leur forme vagabonde. Jean-Pierre Richard1 avait très tôt senti l’importance et la singularité de cette œuvre. Sa physionomie s’est depuis redessinée, approfondie sans doute, assouplie et déployée assurément, en renouvelant ses images de prédilection ; mais l’écriture d’Anne Serre est restée fidèle à beaucoup de ses inflexions premières2.   Vertu et Rosalinde : on peut s’étonner qu’un livre paru en 2025 porte un titre qui le situe si visiblement hors du temps présent. On le dirait échappé à une pièce oubliée de Maeterlinck (Aglavaine et Sélysette, Alladine et Palomides ?) ou peut-être, plus près de nous, au dernier livre de Louise Glück (Marigold et Rose) ; à moins qu’Anne Serre n’ait pensé au Ginger and Fred de Fellini, cinéaste qu’elle aime tant qu’elle le glisse désormais au détour de chacun de ses livres ? Peut-être un peu de tout ça, ou bien rien : Anne Serre aime les devinettes irrésolues, et nous nous garderons bien de solder celle-ci. Au reste, je doute qu’elle tienne à enclore ses livres dans les titres qu’elle leur donne. À vrai dire, Vertu et Rosalinde n’a presque du roman que le nom : l’unité de ce livre en trente-trois historiettes réside dans sa narratrice — dans un foyer énonciatif qui agence secrètement ce qu’elle raconte, plutôt que dans le silhouettage de cette dernière, élusif et parfois contradictoire (on ne saura pas même son nom, qui change à mesure ou se dérobe). Gageons qu’Anne Serre s’y est employée très consciemment : […] tout l’intérêt du roman, c’est qu’on ne sait pas qui parle, et c’est pour ça qu’un roman est ensorcelant — enfin, un bon roman, c’est pour ça qu’un bon, un grand roman est ensorcelant, c’est justement à cause de ce mystère : qui parle ? qui est ce narrateur, qui est cette narratrice qui raconte une histoire ? Et c’est cette impossibilité de le localiser, de l’identifier, qui fait toute l’épaisseur du roman et le mystère du roman, et l’art du roman3. Langue La langue de la littérature   Anne Serre n’est pas le moins du monde stylisticienne : mais la langue est son affaire, comme écrivaine et comme lectrice. Entendons-nous toutefois : ce qui retient sa curiosité, c’est ce qu’e</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21364/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2018.01.36.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='« Un léger trouble du langage » : Vertu et Rosalinde d’Anne Serre'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Cet article est le fruit d’une communication faite dans le cadre du séminaire Lectures sur le fil le 19 décembre 2025 à la bibliothèque de l’UFR de Langue française. Voilà plus de trente ans qu’Anne Serre publie des livres beaux et singuliers, que leurs couvertures étiquettent souvent comme romans, bien que le mot ne décrive qu’imparfaitement leur forme vagabonde. Jean-Pierre Richard1 avait très tôt senti l’importance et la singularité de cette œuvre. Sa physionomie s’est depuis redessinée, approfondie sans doute, assouplie et déployée assurément, en renouvelant ses images de prédilection ; mais l’écriture d’Anne Serre est restée fidèle à beaucoup de ses inflexions premières2.   Vertu et Rosalinde : on peut s’étonner qu’un livre paru en 2025 porte un titre qui le situe si visiblement hors du temps présent. On le dirait échappé à une pièce oubliée de Maeterlinck (Aglavaine et Sélysette, Alladine et Palomides ?) ou peut-être, plus près de nous, au dernier livre de Louise Glück (Marigold et Rose) ; à moins qu’Anne Serre n’ait pensé au Ginger and Fred de Fellini, cinéaste qu’elle aime tant qu’elle le glisse désormais au détour de chacun de ses livres ? Peut-être un peu de tout ça, ou bien rien : Anne Serre aime les devinettes irrésolues, et nous nous garderons bien de solder celle-ci. Au reste, je doute qu’elle tienne à enclore ses livres dans les titres qu’elle leur donne. À vrai dire, Vertu et Rosalinde n’a presque du roman que le nom : l’unité de ce livre en trente-trois historiettes réside dans sa narratrice — dans un foyer énonciatif qui agence secrètement ce qu’elle raconte, plutôt que dans le silhouettage de cette dernière, élusif et parfois contradictoire (on ne saura pas même son nom, qui change à mesure ou se dérobe). Gageons qu’Anne Serre s’y est employée très consciemment : […] tout l’intérêt du roman, c’est qu’on ne sait pas qui parle, et c’est pour ça qu’un roman est ensorcelant — enfin, un bon roman, c’est pour ça qu’un bon, un grand roman est ensorcelant, c’est justement à cause de ce mystère : qui parle ? qui est ce narrateur, qui est cette narratrice qui raconte une histoire ? Et c’est cette impossibilité de le localiser, de l’identifier, qui fait toute l’épaisseur du roman et le mystère du roman, et l’art du roman3. Langue La langue de la littérature   Anne Serre n’est pas le moins du monde stylisticienne : mais la langue est son affaire, comme écrivaine et comme lectrice. Entendons-nous toutefois : ce qui retient sa curiosité, c’est ce qu’e]]></content:encoded>
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      <title>Shakespearean biography and the method of de-mastery </title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21363</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:25:49 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>All human, no being If there’s one thing we don’t need, it’s yet another biography of Shakespeare. It’s already remarkable that so much biographical material has been dedicated to a man about whom we know so little, and whose life – to the extent that we can discern it – was comparatively unexciting. He’s a far cry from Christopher Marlowe anyways. Who doesn’t want to read about a man who gets into street fights, counterfeits money, spies for the queen, and dies at the age of 29 at a disreputable bar with a knife in his eye? Now that’s entertainment. By contrast, the records we have for Shakespeare assure us of the man’s biological and bureaucratic existence, but little else. He lived, he litigated, he bought property, he died. That much is certain. But what about his personality, his character, his psyche? This, after all, is the stuff of biography. But there are no letters or diaries left by Shakespeare, and no sensational stories or accusations either. Just dull church records and legal documents.  Well, that’s not completely true. There are also the portraits. You’ve seen them. A balding middle-aged man who refuses to cut the hair he still has on the back and sides; a recently divorced line manager who decides to spice things up by getting an earring. The one surviving portrait of Marlowe – which, by the way, is almost certainly not of him (but that’s another story) – presents a dashing young rogue with a look of detached mischief in his eyes. Will, by contrast, stares back at us blank and expressionless. All human, no being. Just like the archive of Shakespeare’s life more generally: all zōē, no bios.  The method of de-mastery And yet this may be precisely where the interest lies. Images of Shakespeare elicit two immediate and contrasting reactions: that’s Shakespeare and who was Shakespeare? It’s this strange mixture of recognition and incognizance that forms the foudation of Shakespeare’s unique magnetism, that tractor beam of fascination that drives writers again and again to revisit his life. The allure of William Shakespeare, in other words, is not your typical allure. It’s of an entirely different order. It has something to do with what is not given rather than with what is. In that empty space between the dry factual outlines of a man is where we put our imagination, our desires, our questions, ourselves. Between those lines is also where Shakespeare’s plays and poems live – the body of work which connects us to him because they are both his an</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21363/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2017.52.24%20copie.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Shakespearean biography and the method of de-mastery '/></p><p style='text-align:center;'>**</p>All human, no being If there’s one thing we don’t need, it’s yet another biography of Shakespeare. It’s already remarkable that so much biographical material has been dedicated to a man about whom we know so little, and whose life – to the extent that we can discern it – was comparatively unexciting. He’s a far cry from Christopher Marlowe anyways. Who doesn’t want to read about a man who gets into street fights, counterfeits money, spies for the queen, and dies at the age of 29 at a disreputable bar with a knife in his eye? Now that’s entertainment. By contrast, the records we have for Shakespeare assure us of the man’s biological and bureaucratic existence, but little else. He lived, he litigated, he bought property, he died. That much is certain. But what about his personality, his character, his psyche? This, after all, is the stuff of biography. But there are no letters or diaries left by Shakespeare, and no sensational stories or accusations either. Just dull church records and legal documents.  Well, that’s not completely true. There are also the portraits. You’ve seen them. A balding middle-aged man who refuses to cut the hair he still has on the back and sides; a recently divorced line manager who decides to spice things up by getting an earring. The one surviving portrait of Marlowe – which, by the way, is almost certainly not of him (but that’s another story) – presents a dashing young rogue with a look of detached mischief in his eyes. Will, by contrast, stares back at us blank and expressionless. All human, no being. Just like the archive of Shakespeare’s life more generally: all zōē, no bios.  The method of de-mastery And yet this may be precisely where the interest lies. Images of Shakespeare elicit two immediate and contrasting reactions: that’s Shakespeare and who was Shakespeare? It’s this strange mixture of recognition and incognizance that forms the foudation of Shakespeare’s unique magnetism, that tractor beam of fascination that drives writers again and again to revisit his life. The allure of William Shakespeare, in other words, is not your typical allure. It’s of an entirely different order. It has something to do with what is not given rather than with what is. In that empty space between the dry factual outlines of a man is where we put our imagination, our desires, our questions, ourselves. Between those lines is also where Shakespeare’s plays and poems live – the body of work which connects us to him because they are both his an]]></content:encoded>
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      <title>La biographie shakespearienne : le non-savoir comme méthode</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21359</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:19:29 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>S’il y a bien une chose dont nous n’avions sans doute pas besoin, c’est d’une nouvelle biographie de Shakespeare. Il est déjà remarquable que tant d’essais historiographiques aient été consacrés à un homme dont nous savons si peu de choses, et dont la vie ne fut pas vraiment passionnante — pour autant qu’on puisse en juger. Jusqu’à plus ample information, son existence fut bien éloignée du destin d’un Christopher Marlowe. Qui en effet se refuserait à lire l’histoire d’un homme qui prend part à des bagarres de rue, se lance dans la fabrication de fausse-monnaie, devient l’espion de la reine, et meurt à vingt-neuf ans dans un bar douteux, un couteau fiché dans l’œil ? On ne saurait rêver meilleur scénario. Une existence sans biographèmes Les rares documents conservés sur la vie de Shakespeare nous assurent platement de l’existence biologique et bureaucratique de cet homme, mais guère davantage. Il a vécu, il a plaidé, il a acheté des biens, il est mort. Voilà pour les certitudes. Mais qu’en est-il de sa personnalité, de son caractère, de sa psyché, qui forment, somme toute, le matériau d’une biographie ? Shakespeare ne nous a laissé ni lettres ni journaux intimes ; nous n’avons hérité d’aucune histoire sensationnelle à son sujet, et pas davantage d’actes d’accusation. Seulement des registres d’église et quelques fades documents juridiques.  La liste n’est pas tout à fait exacte : il faut aussi compter avec les portraits. Qui ne les a pas en mémoire ? Un homme d’âge moyen, chauve, qui refuse de couper les cheveux qu’il garde à l’arrière et sur les côtés ; une sorte de chef de bureau récemment divorcé qui aurait décidé de pimenter son apparence en s’offrant une boucle d’oreille. Par contraste, le seul portrait conservé de Marlowe — qui, soit dit en passant, n’est peut-être pas le sien (mais c’est une autre histoire) — présente un jeune voyou séduisant, avec un éclat de malice dans les yeux. Will, en revanche, nous regarde d’un œil vide, sans expression. Une personne, pas une personnalité. Les archives de la vie de Shakespeare ? Zōē, et non pas bios : une existence sans biographèmes. Le non-savoir comme méthode Et pourtant, c’est peut-être précisément dans cette tension que réside l’intérêt de toute biographie du dramaturge. Les images de Shakespeare suscitent deux réactions immédiates et contrastées : c’est Shakespeare et qui était Shakespeare ? C’est ce mélange étrange de reconnaissance et d’inconscience qui est à la source du magnétisme unique de Shakespeare</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21359/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2017.52.24.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La biographie shakespearienne : le non-savoir comme méthode'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>S’il y a bien une chose dont nous n’avions sans doute pas besoin, c’est d’une nouvelle biographie de Shakespeare. Il est déjà remarquable que tant d’essais historiographiques aient été consacrés à un homme dont nous savons si peu de choses, et dont la vie ne fut pas vraiment passionnante — pour autant qu’on puisse en juger. Jusqu’à plus ample information, son existence fut bien éloignée du destin d’un Christopher Marlowe. Qui en effet se refuserait à lire l’histoire d’un homme qui prend part à des bagarres de rue, se lance dans la fabrication de fausse-monnaie, devient l’espion de la reine, et meurt à vingt-neuf ans dans un bar douteux, un couteau fiché dans l’œil ? On ne saurait rêver meilleur scénario. Une existence sans biographèmes Les rares documents conservés sur la vie de Shakespeare nous assurent platement de l’existence biologique et bureaucratique de cet homme, mais guère davantage. Il a vécu, il a plaidé, il a acheté des biens, il est mort. Voilà pour les certitudes. Mais qu’en est-il de sa personnalité, de son caractère, de sa psyché, qui forment, somme toute, le matériau d’une biographie ? Shakespeare ne nous a laissé ni lettres ni journaux intimes ; nous n’avons hérité d’aucune histoire sensationnelle à son sujet, et pas davantage d’actes d’accusation. Seulement des registres d’église et quelques fades documents juridiques.  La liste n’est pas tout à fait exacte : il faut aussi compter avec les portraits. Qui ne les a pas en mémoire ? Un homme d’âge moyen, chauve, qui refuse de couper les cheveux qu’il garde à l’arrière et sur les côtés ; une sorte de chef de bureau récemment divorcé qui aurait décidé de pimenter son apparence en s’offrant une boucle d’oreille. Par contraste, le seul portrait conservé de Marlowe — qui, soit dit en passant, n’est peut-être pas le sien (mais c’est une autre histoire) — présente un jeune voyou séduisant, avec un éclat de malice dans les yeux. Will, en revanche, nous regarde d’un œil vide, sans expression. Une personne, pas une personnalité. Les archives de la vie de Shakespeare ? Zōē, et non pas bios : une existence sans biographèmes. Le non-savoir comme méthode Et pourtant, c’est peut-être précisément dans cette tension que réside l’intérêt de toute biographie du dramaturge. Les images de Shakespeare suscitent deux réactions immédiates et contrastées : c’est Shakespeare et qui était Shakespeare ? C’est ce mélange étrange de reconnaissance et d’inconscience qui est à la source du magnétisme unique de Shakespeare]]></content:encoded>
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      <title>Le souvenir colonial européen au Cameroun. Entre devoir mémoriel, restitution et reconquête identitaire en contexte postcolonial</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21344</link>
      <pubDate>Mon, 29 Jun 2026 11:11:27 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21344</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Les anciennes puissances coloniales européennes face à leur passé colonial1 sont, dans leur grande majorité, toujours confrontées à cette histoire brève pour les uns, mais qui soulève jusqu’à présent une longue et persistante question de mémoire,2 pour les autres. Par ce constat, l’épineuse question de l’expropriation du patrimoine culturel africain ainsi que sa restitution accompagnée des réparations, la recherche de provenance3, continue de susciter l’intérêt des intellectuels vu le caractère sacré et cultuel de ce patrimoine. On peut aussi ajouter à cela l’épineuse question des parties osseuses des ancêtres africains, amérindiens ou asiatiques et australiens. C’est dans cette mouvance que la place des écrivains [africains] dans la résurgence du passé colonial fait rebondir le débat avec plus d’attention et de considération de par leurs œuvres — aussi pluri- que transdisciplinaires — qui, on ne peut le nier, servent de médias pour accéder ou comprendre ce passé (tumultueux et traumatisant). En raison des atrocités du système colonial et des multiples traces physiques ou psychologiques voire traumatiques, ce passé peine à être oublié, compte tenu de l’existence des actes du « bourreau » sur son corollaire, la « victime » pendant la période coloniale. En effet, celui qui veut se consacrer au passé colonial sans passer par une perspective historique classique, devrait se poser certaines questions, comme l’auteur Richard Tsogang Fossi, notamment celles de savoir si le(s) passé(s) colonial(aux) mérite(nt) un autre regard que celui de l’historien « pur » face à cet éventail de paroles des écrivains et écrivaines qui font clairement mais avec beaucoup de créativité du matériau historique le sujet de leurs œuvres, auxquelles ils et elles confèrent en même temps une forte portée mémorielle. Ou bien comment faire resurgir la question mémorielle compte tenu de l’existence de ce matériau. Par cela, ces écrivaines et écrivains semblent montrer un autre regard sur leurs œuvres fondamentalement multi-perspectiviste et interdisciplinaire voire transdisciplinaire, ceci à travers les différentes techniques littéraires d’actualisation et de popularisation de ce passé colonial marqué par la confrontation ternaire germano-franco-anglaise dans la zone de contact camerounaise.  Le corpus de recherche de ce travail d’analyse que nous propose Richard Tsogang Fossi, est issu de trois sous-champs littéraires camerounais, à savoir le sous-champ francophone, germanophone et anglopho</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21344/Couv_Toyem_Fossi.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le souvenir colonial européen au Cameroun. Entre devoir mémoriel, restitution et reconquête identitaire en contexte postcolonial'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Les anciennes puissances coloniales européennes face à leur passé colonial1 sont, dans leur grande majorité, toujours confrontées à cette histoire brève pour les uns, mais qui soulève jusqu’à présent une longue et persistante question de mémoire,2 pour les autres. Par ce constat, l’épineuse question de l’expropriation du patrimoine culturel africain ainsi que sa restitution accompagnée des réparations, la recherche de provenance3, continue de susciter l’intérêt des intellectuels vu le caractère sacré et cultuel de ce patrimoine. On peut aussi ajouter à cela l’épineuse question des parties osseuses des ancêtres africains, amérindiens ou asiatiques et australiens. C’est dans cette mouvance que la place des écrivains [africains] dans la résurgence du passé colonial fait rebondir le débat avec plus d’attention et de considération de par leurs œuvres — aussi pluri- que transdisciplinaires — qui, on ne peut le nier, servent de médias pour accéder ou comprendre ce passé (tumultueux et traumatisant). En raison des atrocités du système colonial et des multiples traces physiques ou psychologiques voire traumatiques, ce passé peine à être oublié, compte tenu de l’existence des actes du « bourreau » sur son corollaire, la « victime » pendant la période coloniale. En effet, celui qui veut se consacrer au passé colonial sans passer par une perspective historique classique, devrait se poser certaines questions, comme l’auteur Richard Tsogang Fossi, notamment celles de savoir si le(s) passé(s) colonial(aux) mérite(nt) un autre regard que celui de l’historien « pur » face à cet éventail de paroles des écrivains et écrivaines qui font clairement mais avec beaucoup de créativité du matériau historique le sujet de leurs œuvres, auxquelles ils et elles confèrent en même temps une forte portée mémorielle. Ou bien comment faire resurgir la question mémorielle compte tenu de l’existence de ce matériau. Par cela, ces écrivaines et écrivains semblent montrer un autre regard sur leurs œuvres fondamentalement multi-perspectiviste et interdisciplinaire voire transdisciplinaire, ceci à travers les différentes techniques littéraires d’actualisation et de popularisation de ce passé colonial marqué par la confrontation ternaire germano-franco-anglaise dans la zone de contact camerounaise.  Le corpus de recherche de ce travail d’analyse que nous propose Richard Tsogang Fossi, est issu de trois sous-champs littéraires camerounais, à savoir le sous-champ francophone, germanophone et anglopho]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Shoah et littératures : « Zakhor »</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21338</link>
      <pubDate>Mon, 29 Jun 2026 10:55:02 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Présenter l’essai original et substantiel d’Éléonore Hamaide sur l’iconotexte de la Shoah ne peut se faire que sous l’égide du souvenir, qu’il soit injonction ou allusion, rétrospection ou prospection, imaginaire ou réel. En effet, c’est à la page 215 de cet ouvrage que figure l’interpellation en hébreu « Zakhor » (p. 215) qui, comme le rappelle la note infrapaginale, est récurrente dans la Bible et signifie « souviens-toi ». Le choix de ce mot pour sous-titre de notre recension est emblématique de l’enjeu de l’ouvrage : loin de se cantonner à une injonction du devoir de mémoire, il entreprend une judicieuse confrontation entre l’histoire de la Shoah et celle de sa littérarisation en prenant appui sur W ou le souvenir d’enfance 1. Il s’agit de mesurer l’apport poïétique2 de cette « autobiographie » dans la relation du génocide aux jeunes lecteurs : le pari est audacieux. Béatrice Finet3 a déjà mis en exergue les points saillants de cet ouvrage en en reprenant la chronologie avec les titres émergents et en insistant sur sa complétude scientifique. Cependant sa richesse est telle qu’elle permet également de l’aborder sous un angle poïétique et mémoriel qui justifierait sa place dans la collection « Témoigner. Entre Histoire et Mémoire » des éditions KIMÉ, revue pluridisciplinaire de la Fondation Auschwitz. Pourquoi ? Comment ? La configuration de l’ouvrage permet d’abord de saisir quels sont les enjeux du souvenir de la catastrophe, puis la manière de les évoquer en littérature de jeunesse avant de se pencher finalement sur l’élargissement prospectif de la clausule. Un quadriptyque perecquien Premièrement le livre de 471 pages se présente comme un quadriptyque sur la Shoah dont chaque tableau repose sur une analyse transversale croisant l’hypotexte perecquien, la littérature générale testimoniale de l’indicible et les exploitations en littérature de jeunesse. Une double approche synchronique et diachronique permet de suivre l’évolution des représentations de la Shoah, tant textuelles qu’iconographiques suscitant ce que l’auteure nomme « lecture verbale » et « lecture iconologique ». Pourquoi avoir choisi Perec ? Outre le fait qu’Éléonore Hamaide a soutenu en 2008 une thèse sur les « influences, jeux d’échos, intertextualité entre l’œuvre de Georges Perec et la littérature de jeunesse des vingt dernières années4 », il faut noter son intérêt particulier pour l’album et le rapport texte/image ainsi qu’une appétence pour l’Oulipo et un topos historique récurrent</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21338/Couv_Hamaide_Meissonier.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Shoah et littératures : « Zakhor »'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Présenter l’essai original et substantiel d’Éléonore Hamaide sur l’iconotexte de la Shoah ne peut se faire que sous l’égide du souvenir, qu’il soit injonction ou allusion, rétrospection ou prospection, imaginaire ou réel. En effet, c’est à la page 215 de cet ouvrage que figure l’interpellation en hébreu « Zakhor » (p. 215) qui, comme le rappelle la note infrapaginale, est récurrente dans la Bible et signifie « souviens-toi ». Le choix de ce mot pour sous-titre de notre recension est emblématique de l’enjeu de l’ouvrage : loin de se cantonner à une injonction du devoir de mémoire, il entreprend une judicieuse confrontation entre l’histoire de la Shoah et celle de sa littérarisation en prenant appui sur W ou le souvenir d’enfance 1. Il s’agit de mesurer l’apport poïétique2 de cette « autobiographie » dans la relation du génocide aux jeunes lecteurs : le pari est audacieux. Béatrice Finet3 a déjà mis en exergue les points saillants de cet ouvrage en en reprenant la chronologie avec les titres émergents et en insistant sur sa complétude scientifique. Cependant sa richesse est telle qu’elle permet également de l’aborder sous un angle poïétique et mémoriel qui justifierait sa place dans la collection « Témoigner. Entre Histoire et Mémoire » des éditions KIMÉ, revue pluridisciplinaire de la Fondation Auschwitz. Pourquoi ? Comment ? La configuration de l’ouvrage permet d’abord de saisir quels sont les enjeux du souvenir de la catastrophe, puis la manière de les évoquer en littérature de jeunesse avant de se pencher finalement sur l’élargissement prospectif de la clausule. Un quadriptyque perecquien Premièrement le livre de 471 pages se présente comme un quadriptyque sur la Shoah dont chaque tableau repose sur une analyse transversale croisant l’hypotexte perecquien, la littérature générale testimoniale de l’indicible et les exploitations en littérature de jeunesse. Une double approche synchronique et diachronique permet de suivre l’évolution des représentations de la Shoah, tant textuelles qu’iconographiques suscitant ce que l’auteure nomme « lecture verbale » et « lecture iconologique ». Pourquoi avoir choisi Perec ? Outre le fait qu’Éléonore Hamaide a soutenu en 2008 une thèse sur les « influences, jeux d’échos, intertextualité entre l’œuvre de Georges Perec et la littérature de jeunesse des vingt dernières années4 », il faut noter son intérêt particulier pour l’album et le rapport texte/image ainsi qu’une appétence pour l’Oulipo et un topos historique récurrent]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>L’ère de la bienveillance</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21333</link>
      <pubDate>Tue, 23 Jun 2026 09:37:43 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Dans un article célèbre de 1950, Nathalie Sarraute annonçait « l’ère du soupçon ». Cette expression, transformée en mot d’ordre, n’a été, depuis lors, que trop entendue et une part significative du programme intellectuel assumé par la postmodernité a consisté en une relecture soupçonneuse de la modernité, c’est-à-dire à la fois des œuvres et des principes qui la constituent. L’essai récent de Vincent Debaene, La Source et le signe, pourrait, notamment, être lu comme une tentative pour ouvrir une nouvelle ère, moins dominée par le soupçon que par la bienveillance : il affirme ainsi « l’exigence de contextualisations multiples et de bienveillance herméneutique » (p. 268). Du soupçon à la bienveillance  Le corpus auquel il s’attache offre, de fait, un terrain de prédilection pour engager une réflexion sur les enjeux inhérents à la lecture et à ses implications politiques. Écrivant à l’époque coloniale, souvent sur commande des instances impériales françaises et, assurément, sous la domination de paradigmes métropolitains, Paul Hazoumé, Fily Dabo Sissoko et Jean-Joseph Rabearivelo illustrent la littérature africaine et malgache d’expression française à ses débuts, avant que la revendication de la négritude ne lui donne une autre tournure, poétique et politique. C’est pourquoi ces œuvres ne semblent pouvoir s’intégrer à un récit historique que négativement, pour ce qu’elles ne sont pas, ou pas encore : leur signification n’est pas étroitement liée à un désir d’émancipation et elles n’ont guère contribué à la réaffirmation d’identités nationales contre la propagande coloniale. Il ne fait pas de doute que, pour beaucoup, cette (relative) faiblesse politique justifie l’oubli dans lequel ces écrivains et leurs œuvres ont sombré. Tout au contraire, Vincent Debaene retourne ces prétendues faiblesses en occasions d’une réflexion magistrale sur les lectures possibles aujourd’hui de textes portant l’empreinte profonde d’une domination politique et culturelle. Anthropologie et littérature La réflexion débute, d’ailleurs, par un détour dont le sens et l’opportunité apparaissent de plus en plus clairement au fil de la lecture de l’ensemble. Opposant les fondements et les méthodes de l’anthropologie française et de l’anthropologie anglo-saxonne, Vincent Debaene montre que la première s’est constituée dans un double rejet de la littérature et de l’exotisme touristique, revendiquant fermement son statut scientifique. Il en est résulté une méfiance intrinsèque pour la parole i</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21333/couverture_nau_debaene.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='L’ère de la bienveillance'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans un article célèbre de 1950, Nathalie Sarraute annonçait « l’ère du soupçon ». Cette expression, transformée en mot d’ordre, n’a été, depuis lors, que trop entendue et une part significative du programme intellectuel assumé par la postmodernité a consisté en une relecture soupçonneuse de la modernité, c’est-à-dire à la fois des œuvres et des principes qui la constituent. L’essai récent de Vincent Debaene, La Source et le signe, pourrait, notamment, être lu comme une tentative pour ouvrir une nouvelle ère, moins dominée par le soupçon que par la bienveillance : il affirme ainsi « l’exigence de contextualisations multiples et de bienveillance herméneutique » (p. 268). Du soupçon à la bienveillance  Le corpus auquel il s’attache offre, de fait, un terrain de prédilection pour engager une réflexion sur les enjeux inhérents à la lecture et à ses implications politiques. Écrivant à l’époque coloniale, souvent sur commande des instances impériales françaises et, assurément, sous la domination de paradigmes métropolitains, Paul Hazoumé, Fily Dabo Sissoko et Jean-Joseph Rabearivelo illustrent la littérature africaine et malgache d’expression française à ses débuts, avant que la revendication de la négritude ne lui donne une autre tournure, poétique et politique. C’est pourquoi ces œuvres ne semblent pouvoir s’intégrer à un récit historique que négativement, pour ce qu’elles ne sont pas, ou pas encore : leur signification n’est pas étroitement liée à un désir d’émancipation et elles n’ont guère contribué à la réaffirmation d’identités nationales contre la propagande coloniale. Il ne fait pas de doute que, pour beaucoup, cette (relative) faiblesse politique justifie l’oubli dans lequel ces écrivains et leurs œuvres ont sombré. Tout au contraire, Vincent Debaene retourne ces prétendues faiblesses en occasions d’une réflexion magistrale sur les lectures possibles aujourd’hui de textes portant l’empreinte profonde d’une domination politique et culturelle. Anthropologie et littérature La réflexion débute, d’ailleurs, par un détour dont le sens et l’opportunité apparaissent de plus en plus clairement au fil de la lecture de l’ensemble. Opposant les fondements et les méthodes de l’anthropologie française et de l’anthropologie anglo-saxonne, Vincent Debaene montre que la première s’est constituée dans un double rejet de la littérature et de l’exotisme touristique, revendiquant fermement son statut scientifique. Il en est résulté une méfiance intrinsèque pour la parole i]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Les mosaïques de l’Eros : un grand XVIIIe siècle qui aime aimer</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21329</link>
      <pubDate>Tue, 23 Jun 2026 09:31:45 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>L’édition 2024 et au format de poche des Leçons d’amour des Lumières remet à la disposition des lecteurs curieux le bel essai de Stéphanie Loubère, initialement paru en 2011 aux mêmes éditions Classiques Garnier1. L’eros, dans toutes ses déclinaisons poétiques, stylistiques, esthétiques mais aussi sociologiques, constitue le fil rouge d’une œuvre critique menée depuis la thèse de l’autrice jusqu’à ses travaux les plus récents. En 2007, elle faisait paraître L’Art d’aimer au siècle des Lumières 2, ouvrage où elle engageait une véritable enquête archéologique : la piste d’Ovide dans la littérature du xviiie siècle se transformait en exploration épistémologique, destinée à saisir l’une des obsessions majeures du siècle — l’amour. En 2023, La Muse légère 3 s’attaque à un autre angle mort des études dix-huitiémistes : la poésie. Stéphanie Loubère y interroge la production hédoniste des vers légers, révélatrice d’un art de vivre et de penser propre aux Hommes des Lumières. Leçons d’amour des Lumières s’inscrit au cœur d’un itinéraire intellectuel, attaché à dévoiler ce qui fut sans doute la grande passion du siècle de la raison : non pas tant célébrer l’amour que le comprendre. Désormais disponible en format de poche, l’ouvrage propose en 2024 une lecture pour qui souhaite saisir, à travers l’analyse qu’en propose Stéphanie Loubère, l’épopée intellectuelle d’un eros éclairé, sensible et rationnel (ou non). L’ambition de l’autrice est claire : décrire, classer, modéliser les formes multiples qu’ont pu prendre, au xviiie siècle, les arts d’aimer. Qu’il s’agisse de textes visant à expliquer ou à enseigner l’amour, ou de fragments romanesques et théâtraux insérés dans des œuvres plus vastes et proposant, à travers un personnage ou un dialogue, de véritables systèmes amoureux, l’ouvrage cherche avant tout à exhausser la pensée de l’amour au fil du siècle. Dépassant les bornes strictes du xviiie siècle pour prolonger la réflexion jusqu’à Balzac4, Stéphanie Loubère, sans jamais quitter Ovide — véritable matrice de la pensée amoureuse des Lumières — met au jour les mécanismes intellectuels de l’amour : entre rationalisation extrême, didactisme sentimental, exploration libertine du corps et satire philosophique. Car l’amour, ici, ne se pense jamais sans philosophie, sans politique, et surtout sans morale. Cette vaste enquête, qui s’élance à travers le siècle et au-delà, met systématiquement en tension les discours, les modèles et les imaginaires amoureux, en les confront</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21329/Couv_de_sousa_loubere_lumieres.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Les mosaïques de l’Eros : un grand XVIIIe siècle qui aime aimer'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’édition 2024 et au format de poche des Leçons d’amour des Lumières remet à la disposition des lecteurs curieux le bel essai de Stéphanie Loubère, initialement paru en 2011 aux mêmes éditions Classiques Garnier1. L’eros, dans toutes ses déclinaisons poétiques, stylistiques, esthétiques mais aussi sociologiques, constitue le fil rouge d’une œuvre critique menée depuis la thèse de l’autrice jusqu’à ses travaux les plus récents. En 2007, elle faisait paraître L’Art d’aimer au siècle des Lumières 2, ouvrage où elle engageait une véritable enquête archéologique : la piste d’Ovide dans la littérature du xviiie siècle se transformait en exploration épistémologique, destinée à saisir l’une des obsessions majeures du siècle — l’amour. En 2023, La Muse légère 3 s’attaque à un autre angle mort des études dix-huitiémistes : la poésie. Stéphanie Loubère y interroge la production hédoniste des vers légers, révélatrice d’un art de vivre et de penser propre aux Hommes des Lumières. Leçons d’amour des Lumières s’inscrit au cœur d’un itinéraire intellectuel, attaché à dévoiler ce qui fut sans doute la grande passion du siècle de la raison : non pas tant célébrer l’amour que le comprendre. Désormais disponible en format de poche, l’ouvrage propose en 2024 une lecture pour qui souhaite saisir, à travers l’analyse qu’en propose Stéphanie Loubère, l’épopée intellectuelle d’un eros éclairé, sensible et rationnel (ou non). L’ambition de l’autrice est claire : décrire, classer, modéliser les formes multiples qu’ont pu prendre, au xviiie siècle, les arts d’aimer. Qu’il s’agisse de textes visant à expliquer ou à enseigner l’amour, ou de fragments romanesques et théâtraux insérés dans des œuvres plus vastes et proposant, à travers un personnage ou un dialogue, de véritables systèmes amoureux, l’ouvrage cherche avant tout à exhausser la pensée de l’amour au fil du siècle. Dépassant les bornes strictes du xviiie siècle pour prolonger la réflexion jusqu’à Balzac4, Stéphanie Loubère, sans jamais quitter Ovide — véritable matrice de la pensée amoureuse des Lumières — met au jour les mécanismes intellectuels de l’amour : entre rationalisation extrême, didactisme sentimental, exploration libertine du corps et satire philosophique. Car l’amour, ici, ne se pense jamais sans philosophie, sans politique, et surtout sans morale. Cette vaste enquête, qui s’élance à travers le siècle et au-delà, met systématiquement en tension les discours, les modèles et les imaginaires amoureux, en les confront]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Un « Grand Siècle » lézardé ? Les pratiques de l’écrit des artistes français</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16941</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 16:58:25 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>L’idée selon laquelle le règne de Louis XIV aurait vu la perfection des pratiques artistiques en France ainsi que l’accès des artistes à un nouveau crédit social, aux côtés des hommes de lettres et des savants, est très présente dans l’historiographie des arts du « Grand Siècle ». Cette dernière s’est ainsi amplement consacrée aux mutations socio-professionnelles (Heinich, 1993 ; Schnapper, 2004), à la naissance de l’Académie royale de peinture et de sculpture et à l’émergence d’une théorie de l’art. Pareilles orientations épousent la conception des « hommes illustres » de Charles Perrault, selon lequel la célébration du pouvoir culturel de la monarchie française ne saurait omettre les artistes : « comme l’intention principale de ce recueil est de faire honneur à notre siècle, on a crû ne devoir pas oublier ceux qui ont excellé dans les beaux-arts et dont les ouvrages n’ont pas moins élevé la France au-dessus des autres États que les prodiges de valeur de nos grands capitaines, que la sagesse consommée de nos grands politiques et que les admirables découvertes que nos gens de lettres ont faites dans toutes les sciences ». Dans un même élan, l’historiographie des arts tend à créditer les peintres et sculpteurs conférenciers de l’Académie royale de peinture et de sculpture de qualités d’analyse et d’expression1, particulièrement Charles Le Brun. L’idée que l’on se fait de la conférence de ce dernier sur l’expression des passions continue de nourrir sa réputation de véritable théoricien2. Lorsque l’idée de « Grand Siècle » a été et est aujourd’hui discutée en matière d’arts français, c’est prioritairement autour des effets des besoins apologétiques sur les milieux et la création artistiques. Pourtant, supposer que les lettres et les arts aient pu suivre des logiques similaires mérite tout autant d’être critiqué. Certes, en France, au xviie siècle, les arts comme les lettres sont également marqués par la naissance d’une académie, les réflexions sur les règles de l’art, la mise en place d’instances de légitimation internes ou encore l’élargissement de la demande sociale et le développement d’un marché3. On sait néanmoins à quel point les académies (gens de lettres, peinture et sculpture, architecture, etc.) sont différentes dans leurs origines, dans leur organisation interne et leurs activités, ainsi que dans leur rapport au pouvoir royal. On ne peut guère comparer les quelques peintres qui s’affranchissent de la maîtrise, aux écrivains engagés dans un processu</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Un « Grand Siècle » lézardé ? Les pratiques de l’écrit des artistes français'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’idée selon laquelle le règne de Louis XIV aurait vu la perfection des pratiques artistiques en France ainsi que l’accès des artistes à un nouveau crédit social, aux côtés des hommes de lettres et des savants, est très présente dans l’historiographie des arts du « Grand Siècle ». Cette dernière s’est ainsi amplement consacrée aux mutations socio-professionnelles (Heinich, 1993 ; Schnapper, 2004), à la naissance de l’Académie royale de peinture et de sculpture et à l’émergence d’une théorie de l’art. Pareilles orientations épousent la conception des « hommes illustres » de Charles Perrault, selon lequel la célébration du pouvoir culturel de la monarchie française ne saurait omettre les artistes : « comme l’intention principale de ce recueil est de faire honneur à notre siècle, on a crû ne devoir pas oublier ceux qui ont excellé dans les beaux-arts et dont les ouvrages n’ont pas moins élevé la France au-dessus des autres États que les prodiges de valeur de nos grands capitaines, que la sagesse consommée de nos grands politiques et que les admirables découvertes que nos gens de lettres ont faites dans toutes les sciences ». Dans un même élan, l’historiographie des arts tend à créditer les peintres et sculpteurs conférenciers de l’Académie royale de peinture et de sculpture de qualités d’analyse et d’expression1, particulièrement Charles Le Brun. L’idée que l’on se fait de la conférence de ce dernier sur l’expression des passions continue de nourrir sa réputation de véritable théoricien2. Lorsque l’idée de « Grand Siècle » a été et est aujourd’hui discutée en matière d’arts français, c’est prioritairement autour des effets des besoins apologétiques sur les milieux et la création artistiques. Pourtant, supposer que les lettres et les arts aient pu suivre des logiques similaires mérite tout autant d’être critiqué. Certes, en France, au xviie siècle, les arts comme les lettres sont également marqués par la naissance d’une académie, les réflexions sur les règles de l’art, la mise en place d’instances de légitimation internes ou encore l’élargissement de la demande sociale et le développement d’un marché3. On sait néanmoins à quel point les académies (gens de lettres, peinture et sculpture, architecture, etc.) sont différentes dans leurs origines, dans leur organisation interne et leurs activités, ainsi que dans leur rapport au pouvoir royal. On ne peut guère comparer les quelques peintres qui s’affranchissent de la maîtrise, aux écrivains engagés dans un processu]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Traduire le « Grand Siècle » : le cas de l’historien de l’art norvégien Jens Thiis (1870-1942)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16927</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 16:08:53 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>En 1932, Henri Verne (1880-1949), alors directeur des Musées nationaux et de l’École du Louvre, propose de traduire du norvégien le tome III de l’œuvre de Jens Thiis [fig. 1] Fransk aand og kunst [L’Esprit et l’art français] (1917-1939), intitulé Det store aarhundrede [Le Grand Siècle] (1930) [fig. 2]. Ce projet, dont nous retracerons la genèse et les principales étapes dans cet article, témoigne des dynamiques d’échanges culturels et scientifiques entre la France et la Norvège durant une décennie marquée par le renforcement des idéologies nationalistes en Europe. D’abord, l’usage de certaines notions historiographiques dans l’ouvrage de Thiis, telles que « le classicisme français », le « Grand Siècle » ou le « Siècle de Louis XIV », révèle les mutations sémantiques que subissent ces notions lorsqu’elles circulent dans une nouvelle tradition intellectuelle. Ensuite, la réception française des trois premiers tomes de l’œuvre, étalée sur près de vingt ans, donne lieu à une seconde mise en circulation de ces mêmes notions, désormais dictée par les choix de sélection qui s’opèrent dans tout processus de traduction. Ainsi, dans un contexte d’intérêt accru pour le rayonnement de l’art français dans le monde, s’agit-il de comprendre les stratégies d’influence et de positionnement propres aux relations intellectuelles asymétriques entre la France et la Norvège, deux pays que l’on peut qualifier, au moins dans le cadre des échanges intellectuels, de « centre » et de « semi-périphérie » (Nygård, 2022). Associée à la notion de transfert culturel, expliquée et analysée dans les travaux fondamentaux de Michel Espagne, l’étude de ces stratégies met en lumière les vecteurs politiques, linguistiques ou sociaux déterminants dans l’importation des concepts historiographiques étrangers (Espagne, 2009 ; 2013). Cet article vise ainsi à explorer comment ces concepts historiographiques français, et notamment la notion de « Grand Siècle », circulent vers la Norvège, y sont appropriés et discutés, puis sont réintroduits en France dans le contexte politique et intellectuel des années 1930.  Fig. 1 : Jens Thiis (1870–1942), historien de l’art et directeur de la Galerie nationale de Norvège entre 1908 et 1941. Photographie d’Ernest Rude, 1924. ©Oslo Museum.  Fig. 2 : Frontispice du troisième tome de L’Esprit et l’art français de Jens Thiis, intitulé Det store aarhundrede [Le Grand Siècle]. L’Esprit et l’art français : une œuvre tentaculaire à la croisée des traditions intellectuelles</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Traduire le « Grand Siècle » : le cas de l’historien de l’art norvégien Jens Thiis (1870-1942)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En 1932, Henri Verne (1880-1949), alors directeur des Musées nationaux et de l’École du Louvre, propose de traduire du norvégien le tome III de l’œuvre de Jens Thiis [fig. 1] Fransk aand og kunst [L’Esprit et l’art français] (1917-1939), intitulé Det store aarhundrede [Le Grand Siècle] (1930) [fig. 2]. Ce projet, dont nous retracerons la genèse et les principales étapes dans cet article, témoigne des dynamiques d’échanges culturels et scientifiques entre la France et la Norvège durant une décennie marquée par le renforcement des idéologies nationalistes en Europe. D’abord, l’usage de certaines notions historiographiques dans l’ouvrage de Thiis, telles que « le classicisme français », le « Grand Siècle » ou le « Siècle de Louis XIV », révèle les mutations sémantiques que subissent ces notions lorsqu’elles circulent dans une nouvelle tradition intellectuelle. Ensuite, la réception française des trois premiers tomes de l’œuvre, étalée sur près de vingt ans, donne lieu à une seconde mise en circulation de ces mêmes notions, désormais dictée par les choix de sélection qui s’opèrent dans tout processus de traduction. Ainsi, dans un contexte d’intérêt accru pour le rayonnement de l’art français dans le monde, s’agit-il de comprendre les stratégies d’influence et de positionnement propres aux relations intellectuelles asymétriques entre la France et la Norvège, deux pays que l’on peut qualifier, au moins dans le cadre des échanges intellectuels, de « centre » et de « semi-périphérie » (Nygård, 2022). Associée à la notion de transfert culturel, expliquée et analysée dans les travaux fondamentaux de Michel Espagne, l’étude de ces stratégies met en lumière les vecteurs politiques, linguistiques ou sociaux déterminants dans l’importation des concepts historiographiques étrangers (Espagne, 2009 ; 2013). Cet article vise ainsi à explorer comment ces concepts historiographiques français, et notamment la notion de « Grand Siècle », circulent vers la Norvège, y sont appropriés et discutés, puis sont réintroduits en France dans le contexte politique et intellectuel des années 1930.  Fig. 1 : Jens Thiis (1870–1942), historien de l’art et directeur de la Galerie nationale de Norvège entre 1908 et 1941. Photographie d’Ernest Rude, 1924. ©Oslo Museum.  Fig. 2 : Frontispice du troisième tome de L’Esprit et l’art français de Jens Thiis, intitulé Det store aarhundrede [Le Grand Siècle]. L’Esprit et l’art français : une œuvre tentaculaire à la croisée des traditions intellectuelles]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>D’un « retour » du bon goût en France au goût français ? Les inspirations étrangères dans les récits de la genèse du goût français (1650-1700)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16918</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 15:18:21 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Roger de Piles, dans son Abrégé de la vie des peintres (1699), admet que « le goût français a toujours été si partagé, qu’il est difficile d’en donner une idée bien juste : car il paraît que les peintres de cette nation ont été dans leurs ouvrages assez différents les uns des autres » (De Piles, 1699, p. 532)1. Certains, ajoute-t-il, ont pris le goût tantôt de Rome, tantôt de Venise, tandis que d’autres « ont mis toute leur industrie à imiter la Nature telle qu’ils la croyaient voir », à l’inverse de ceux qui ont suivi le goût de l’Antique (De Piles, 1699, p. 532). Cette difficulté à cerner le goût français peut paraître étonnante, à une époque où les artistes comme les intellectuels – Abraham Bosse (Bosse, 1649, p. 26-27), André Félibien (Félibien, 1672, p. 61), Gérard Audran (Audran, 1683, Préface, n. p.), ou encore Charles Perrault (Perrault, 1688, p. 40-41), entre autres – tentent activement de définir ce qu’est le bon goût, le mauvais goût, et le goût des nations. Roger de Piles n’a d’ailleurs pas de mal à faire la différence entre les goûts romain, vénitien, lombard, et entre les goûts allemand et flamand (De Piles, 1699, p. 528-532).  Mais rares sont les tentatives explicites de définir le goût français dans l’abondante littérature artistique de la seconde moitié du xviie siècle : le Bernin, cité par Paul Fréart de Chantelou par trois fois dans le récit de son voyage en France, ne propose qu’une définition négative de la manière des Français qu’il décrit comme « petite, triste et menue » (Fréart de Chantelou, 1885, p. 138, 153, 155). Pour cause, les auteurs tentant de définir le goût français dans la littérature artistique de la seconde moitié du xviie siècle sont face à une double difficulté, qui est celle de ses bornes chronologiques, mais aussi de ce qui peut être considéré comme proprement « français ». La France a bien vu naître des artistes avant la première moitié du xviie siècle, mais selon De Piles, « leurs ouvrages néanmoins n’ont rien d’assez considérable pour attirer l’attention des curieux de notre siècle » (De Piles, 1699, p. 458)2. Ils témoignent bien plus d’un goût qu’il qualifie ailleurs de « fade et barbare » avant que Simon Vouet commençât « d’y introduire le bon goût, conjointement avec Blanchart » (De Piles, 1699, p. 457). Le retour du bon goût en France serait donc lié au retour de peintres dont la carrière et la manière sont marquées par l’Italie3. Ainsi, pour la plupart des auteurs de littérature artistique du second xviie si</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='D’un « retour » du bon goût en France au goût français ? Les inspirations étrangères dans les récits de la genèse du goût français (1650-1700)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Roger de Piles, dans son Abrégé de la vie des peintres (1699), admet que « le goût français a toujours été si partagé, qu’il est difficile d’en donner une idée bien juste : car il paraît que les peintres de cette nation ont été dans leurs ouvrages assez différents les uns des autres » (De Piles, 1699, p. 532)1. Certains, ajoute-t-il, ont pris le goût tantôt de Rome, tantôt de Venise, tandis que d’autres « ont mis toute leur industrie à imiter la Nature telle qu’ils la croyaient voir », à l’inverse de ceux qui ont suivi le goût de l’Antique (De Piles, 1699, p. 532). Cette difficulté à cerner le goût français peut paraître étonnante, à une époque où les artistes comme les intellectuels – Abraham Bosse (Bosse, 1649, p. 26-27), André Félibien (Félibien, 1672, p. 61), Gérard Audran (Audran, 1683, Préface, n. p.), ou encore Charles Perrault (Perrault, 1688, p. 40-41), entre autres – tentent activement de définir ce qu’est le bon goût, le mauvais goût, et le goût des nations. Roger de Piles n’a d’ailleurs pas de mal à faire la différence entre les goûts romain, vénitien, lombard, et entre les goûts allemand et flamand (De Piles, 1699, p. 528-532).  Mais rares sont les tentatives explicites de définir le goût français dans l’abondante littérature artistique de la seconde moitié du xviie siècle : le Bernin, cité par Paul Fréart de Chantelou par trois fois dans le récit de son voyage en France, ne propose qu’une définition négative de la manière des Français qu’il décrit comme « petite, triste et menue » (Fréart de Chantelou, 1885, p. 138, 153, 155). Pour cause, les auteurs tentant de définir le goût français dans la littérature artistique de la seconde moitié du xviie siècle sont face à une double difficulté, qui est celle de ses bornes chronologiques, mais aussi de ce qui peut être considéré comme proprement « français ». La France a bien vu naître des artistes avant la première moitié du xviie siècle, mais selon De Piles, « leurs ouvrages néanmoins n’ont rien d’assez considérable pour attirer l’attention des curieux de notre siècle » (De Piles, 1699, p. 458)2. Ils témoignent bien plus d’un goût qu’il qualifie ailleurs de « fade et barbare » avant que Simon Vouet commençât « d’y introduire le bon goût, conjointement avec Blanchart » (De Piles, 1699, p. 457). Le retour du bon goût en France serait donc lié au retour de peintres dont la carrière et la manière sont marquées par l’Italie3. Ainsi, pour la plupart des auteurs de littérature artistique du second xviie si]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Les arts du spectacle au service de la foi et de la grandeur : les fêtes du parti de France à Rome en 1686</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16907</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 14:55:47 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Comment servir son monarque et célébrer sa grandeur lorsqu’on ne vit pas dans sa proximité ? Telle était la tâche complexe qui était explicitement assignée aux ambassadeurs de Louis XIV et, de manière tacite, aux sujets du roi de France qui résidaient hors des frontières du royaume, en particulier aux femmes de la noblesse ayant épousé des étrangers. La présente enquête trouve son origine dans la lecture d’un avviso envoyé de Rome en avril 16861. Le document en question rapporte que Marie-Anne de La Trémoille (1642-1722), alors duchesse de Bracciano et future Princesse des Ursins, organisa dans son palais sur la place Navone, le 28 et le 29 avril, une académie de musique et de chant afin de célébrer la conversion des huguenots et le rôle joué par le roi très chrétien : Dimanche et lundi eut lieu en présence des susdites altesses royales en l’honneur du roi très chrétien une académie de musique et de chants dans le palais de la princesse de Bracciano, faisant allusion à la conversion des huguenots2 (notre traduction). À l’époque, les accademie di musica, ou per musica, renvoyaient autant à de grands concerts qu’à des concerts en effectif réduit, comme ce fut ici probablement le cas. Celle qu’organisa Christine de Suède (1626-1689) au palais Riario de Rome en 1687 pour fêter l’arrivée sur le trône de Jacques II d’Angleterre rassembla, sur une composition de Bernardo Pasquini, les virtuosi de la reine, cent cinquante instruments à archet dirigés par Arcangelo Corelli et cent choristes, et elle marqua les esprits pour longtemps. Derrière les « susdites altesses royales » que mentionne l’avviso se cachent assurément Charles III Ferdinand de Gonzague (1652-1708), duc de Mantoue, et peut-être ladite Christine de Suède, mentionnée à plusieurs reprises dans les avvisi précédents appartenant à la même série.  Marie-Anne de La Trémoille, qui, en 1675, avait épousé en secondes noces le chef du parti francophile à Rome, Flavio Orsini, duc de Bracciano, avait acquis l’estime et la considération d’un grand nombre de cardinaux. Son union avec le duc de Bracciano avait été orchestrée, avec le soutien de Louis XIV, par François-Annibal d’Estrées (1623-1687), ambassadeur de France à Rome, secondé par son frère, le cardinal César d’Estrées (1628-1714). Ce mariage était le fruit de la diplomatie matrimoniale française, qui visait à détacher les princes d’Italie de l’Autriche, la grande rivale. La diplomatie de Louis XIV, qui avait régulièrement recours aux relations familiales</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Les arts du spectacle au service de la foi et de la grandeur : les fêtes du parti de France à Rome en 1686'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Comment servir son monarque et célébrer sa grandeur lorsqu’on ne vit pas dans sa proximité ? Telle était la tâche complexe qui était explicitement assignée aux ambassadeurs de Louis XIV et, de manière tacite, aux sujets du roi de France qui résidaient hors des frontières du royaume, en particulier aux femmes de la noblesse ayant épousé des étrangers. La présente enquête trouve son origine dans la lecture d’un avviso envoyé de Rome en avril 16861. Le document en question rapporte que Marie-Anne de La Trémoille (1642-1722), alors duchesse de Bracciano et future Princesse des Ursins, organisa dans son palais sur la place Navone, le 28 et le 29 avril, une académie de musique et de chant afin de célébrer la conversion des huguenots et le rôle joué par le roi très chrétien : Dimanche et lundi eut lieu en présence des susdites altesses royales en l’honneur du roi très chrétien une académie de musique et de chants dans le palais de la princesse de Bracciano, faisant allusion à la conversion des huguenots2 (notre traduction). À l’époque, les accademie di musica, ou per musica, renvoyaient autant à de grands concerts qu’à des concerts en effectif réduit, comme ce fut ici probablement le cas. Celle qu’organisa Christine de Suède (1626-1689) au palais Riario de Rome en 1687 pour fêter l’arrivée sur le trône de Jacques II d’Angleterre rassembla, sur une composition de Bernardo Pasquini, les virtuosi de la reine, cent cinquante instruments à archet dirigés par Arcangelo Corelli et cent choristes, et elle marqua les esprits pour longtemps. Derrière les « susdites altesses royales » que mentionne l’avviso se cachent assurément Charles III Ferdinand de Gonzague (1652-1708), duc de Mantoue, et peut-être ladite Christine de Suède, mentionnée à plusieurs reprises dans les avvisi précédents appartenant à la même série.  Marie-Anne de La Trémoille, qui, en 1675, avait épousé en secondes noces le chef du parti francophile à Rome, Flavio Orsini, duc de Bracciano, avait acquis l’estime et la considération d’un grand nombre de cardinaux. Son union avec le duc de Bracciano avait été orchestrée, avec le soutien de Louis XIV, par François-Annibal d’Estrées (1623-1687), ambassadeur de France à Rome, secondé par son frère, le cardinal César d’Estrées (1628-1714). Ce mariage était le fruit de la diplomatie matrimoniale française, qui visait à détacher les princes d’Italie de l’Autriche, la grande rivale. La diplomatie de Louis XIV, qui avait régulièrement recours aux relations familiales]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Un regard italien sur l’art français en 1625 </title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16895</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 14:24:51 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Pour examiner la notion de « Grand siècle », cette étude propose d’adopter un point de vue décentré, en s’appuyant sur un récit de voyage en France datant de 1625, un récit souvent cité, mais encore en grande partie inexploité dans toute sa richesse. Il s’agit du voyage diplomatique de la légation papale1 menée par Francesco Barberini, tout juste nommé cardinal en 1623 et neveu du pape. Ce déplacement est documenté par deux récits complémentaires : le journal officiel rédigé par le cardinal Lorenzo Magalotti2, et le journal officieux tenu par Cassiano Dal Pozzo. Ce dernier, bien que soumis aux conventions du genre, bénéficie d’une plus grande liberté d’écriture en raison de son rôle de compagnon de voyage.  Pendant le voyage en France, Dal Pozzo observe et enregistre autant les mœurs que le rapport à la création artistique de la période de la Régence de Marie de Médicis (1610-1617) et du début du règne personnel de Louis XIII. Or, tout ce qui se passe en marge de l’objectif diplomatique au cœur de la mission pontificale sert tout particulièrement pour notre propos. En effet, de manière singulière par rapport au récit du cardinal Magalotti, Cassiano dal Pozzo accorde « une importance inédite aux choses de l’esprit »3, ce qui nous permet d’apercevoir le milieu des élites françaises de 1625 au prisme d’un regard étranger, cultivé et de première main. Ce dernier récit représente alors une source qui se révèle précieuse pour connaître l’« âge d’or » de Marie des Médicis, annonciateur des développements artistiques du « grand siècle » de Louis XIV, dont les retombées pèseront également sur l’Italie. Nous étudierons, en premier lieu, le regard porté par la délégation romaine sur le mécénat de la reine, interprété dans la continuité de la longue tradition des cours princières italiennes. Les collections royales frappent les visiteurs par la qualité des objets d’art, des meubles, des tableaux arrivés d’Italie ou produits localement, qu’ils admirent notamment à Paris, dans les palais des Tuileries, du Louvre4 et du Luxembourg, en plus qu’au château de Fontainebleau. Le fait de retrouver en France des œuvres déplacées ou en lien avec l’Italie ajoute de la valeur et éveille la curiosité des voyageurs pour les créations réunies à la cour. Le cardinal et sa suite, restreinte aux membres de la ‘famille’ les plus proches, sont tout particulièrement surpris par les décors très novateurs des galeries, réalisés par des artistes italiens et par Rubens, flamand ayant longtemps</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Un regard italien sur l’art français en 1625 '/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Pour examiner la notion de « Grand siècle », cette étude propose d’adopter un point de vue décentré, en s’appuyant sur un récit de voyage en France datant de 1625, un récit souvent cité, mais encore en grande partie inexploité dans toute sa richesse. Il s’agit du voyage diplomatique de la légation papale1 menée par Francesco Barberini, tout juste nommé cardinal en 1623 et neveu du pape. Ce déplacement est documenté par deux récits complémentaires : le journal officiel rédigé par le cardinal Lorenzo Magalotti2, et le journal officieux tenu par Cassiano Dal Pozzo. Ce dernier, bien que soumis aux conventions du genre, bénéficie d’une plus grande liberté d’écriture en raison de son rôle de compagnon de voyage.  Pendant le voyage en France, Dal Pozzo observe et enregistre autant les mœurs que le rapport à la création artistique de la période de la Régence de Marie de Médicis (1610-1617) et du début du règne personnel de Louis XIII. Or, tout ce qui se passe en marge de l’objectif diplomatique au cœur de la mission pontificale sert tout particulièrement pour notre propos. En effet, de manière singulière par rapport au récit du cardinal Magalotti, Cassiano dal Pozzo accorde « une importance inédite aux choses de l’esprit »3, ce qui nous permet d’apercevoir le milieu des élites françaises de 1625 au prisme d’un regard étranger, cultivé et de première main. Ce dernier récit représente alors une source qui se révèle précieuse pour connaître l’« âge d’or » de Marie des Médicis, annonciateur des développements artistiques du « grand siècle » de Louis XIV, dont les retombées pèseront également sur l’Italie. Nous étudierons, en premier lieu, le regard porté par la délégation romaine sur le mécénat de la reine, interprété dans la continuité de la longue tradition des cours princières italiennes. Les collections royales frappent les visiteurs par la qualité des objets d’art, des meubles, des tableaux arrivés d’Italie ou produits localement, qu’ils admirent notamment à Paris, dans les palais des Tuileries, du Louvre4 et du Luxembourg, en plus qu’au château de Fontainebleau. Le fait de retrouver en France des œuvres déplacées ou en lien avec l’Italie ajoute de la valeur et éveille la curiosité des voyageurs pour les créations réunies à la cour. Le cardinal et sa suite, restreinte aux membres de la ‘famille’ les plus proches, sont tout particulièrement surpris par les décors très novateurs des galeries, réalisés par des artistes italiens et par Rubens, flamand ayant longtemps]]></content:encoded>
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      <title>Samuel Guichenon (1607-1664) et l’écriture de l’histoire entre France et Savoie. Réflexion sur la notion de « Grand Siècle » au miroir des pratiques de l’érudition</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16884</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 14:23:42 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>En ouverture de l’Histoire généalogique de la royale maison de Savoie parue en 1660, l’auteur, Samuel Guichenon, fait placer une lettre reçue de Louis XIV sept ans plus tôt. En voici la teneur : Monsieur Guichenon, Comme la Maison de Savoye a des alliances si grandes &amp; si particulieres avec celle de France, qu’il est impossible de parler de l’une sans dire beaucoup de choses de l’autre : j’ay crû que la passion que j’ay de faire revivre la gloire de mes Predecesseurs, treuveroit de quoy se satisfaire dans l’Histoire de cette Maison. La cognoissance particuliere que vous vous en estes acquise, &amp; le proiet que vous en avez dressé, m’a paru si beau, que j’approuve extremement le dessein que vous avez de la donner au public. Vous me feres plaisir de le faire le plus soigneusement &amp; le plus promptement que vous pourrés ; &amp; je vous asseure que je n’en considereray pas moins le travail, que s’il estoit employé à la gloire particuliere de ma Maison. C’est le sujet de cette Lettre que je finis, priant Dieu qu’il vous ayt, Monsieur Guichenon, en sa sainte garde. Escrit à Paris le 6. Juillet 1653. Signé LOUYS. Et plus bas, DE LOMENIE. En la Superscription de la Lettre est écrit. A Monsieur Guichenon mon Conseiller &amp; Historiographe de France (Guichenon, 1660a, vol. I, « Lettre du Roy à l’Autheur », n. p.) Louis XIV (ou plutôt son entourage, à commencer par Mazarin) félicite Guichenon pour le projet qu’il a d’écrire l’histoire de la Maison de Savoie. Dans une logique à la fois de compétition historiographique et de rivalité politique, c’est en raison d’une parenté entre les deux Maisons par les différents redoublements d’alliance1 que le Roi-Soleil évoque son intérêt pour le projet de Guichenon, tout en lui rappelant, dans l’adresse, qu’il est déjà son conseiller et qu’il exerce la charge d’« historiographe de France ». L’exemple de Guichenon permet, nous semble-t-il, de décentrer le regard en plaçant la focale sur une terre et un auteur des confins, servant à la fois la France et la Savoie. La présente contribution, partant de l’analyse des papiers personnels de Guichenon, propose ainsi de réfléchir à la question du Grand Siècle par l’étude des pratiques d’écriture de l’histoire dans les années 1630-16602. Itinéraire d’un historiographe entre France et Savoie Le parcours de S. Guichenon s’inscrit dans le cadre de confins territoriaux et de l’interface entre France et Savoie. Né vers 1607, Samuel Guichenon appartient à une famille protestante établie en Bresse, région </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Samuel Guichenon (1607-1664) et l’écriture de l’histoire entre France et Savoie. Réflexion sur la notion de « Grand Siècle » au miroir des pratiques de l’érudition'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En ouverture de l’Histoire généalogique de la royale maison de Savoie parue en 1660, l’auteur, Samuel Guichenon, fait placer une lettre reçue de Louis XIV sept ans plus tôt. En voici la teneur : Monsieur Guichenon, Comme la Maison de Savoye a des alliances si grandes & si particulieres avec celle de France, qu’il est impossible de parler de l’une sans dire beaucoup de choses de l’autre : j’ay crû que la passion que j’ay de faire revivre la gloire de mes Predecesseurs, treuveroit de quoy se satisfaire dans l’Histoire de cette Maison. La cognoissance particuliere que vous vous en estes acquise, & le proiet que vous en avez dressé, m’a paru si beau, que j’approuve extremement le dessein que vous avez de la donner au public. Vous me feres plaisir de le faire le plus soigneusement & le plus promptement que vous pourrés ; & je vous asseure que je n’en considereray pas moins le travail, que s’il estoit employé à la gloire particuliere de ma Maison. C’est le sujet de cette Lettre que je finis, priant Dieu qu’il vous ayt, Monsieur Guichenon, en sa sainte garde. Escrit à Paris le 6. Juillet 1653. Signé LOUYS. Et plus bas, DE LOMENIE. En la Superscription de la Lettre est écrit. A Monsieur Guichenon mon Conseiller & Historiographe de France (Guichenon, 1660a, vol. I, « Lettre du Roy à l’Autheur », n. p.) Louis XIV (ou plutôt son entourage, à commencer par Mazarin) félicite Guichenon pour le projet qu’il a d’écrire l’histoire de la Maison de Savoie. Dans une logique à la fois de compétition historiographique et de rivalité politique, c’est en raison d’une parenté entre les deux Maisons par les différents redoublements d’alliance1 que le Roi-Soleil évoque son intérêt pour le projet de Guichenon, tout en lui rappelant, dans l’adresse, qu’il est déjà son conseiller et qu’il exerce la charge d’« historiographe de France ». L’exemple de Guichenon permet, nous semble-t-il, de décentrer le regard en plaçant la focale sur une terre et un auteur des confins, servant à la fois la France et la Savoie. La présente contribution, partant de l’analyse des papiers personnels de Guichenon, propose ainsi de réfléchir à la question du Grand Siècle par l’étude des pratiques d’écriture de l’histoire dans les années 1630-16602. Itinéraire d’un historiographe entre France et Savoie Le parcours de S. Guichenon s’inscrit dans le cadre de confins territoriaux et de l’interface entre France et Savoie. Né vers 1607, Samuel Guichenon appartient à une famille protestante établie en Bresse, région ]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Malebranche, un « culte de la raison » au Grand Siècle ? </title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16872</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:19:27 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Dans son ouvrage sur La Crise de la conscience européenne, Paul Hazard définit les années 1680 à 1715 par l’émergence d’une « confiance dans la raison » si « déchaînée » (1944, p. 92) qu’elle s’élève au rang de fondement de toute vérité. Cette confiance trouverait son apogée dans la figure de Malebranche, qui, selon lui, fait de cette confiance un « culte de la raison » (p. 94) en identifiant la raison au Verbe même de Dieu. Mais, en même temps qu’il voit dans Malebranche l’une des figures les plus intrépides des « rationaux » (p. 84), Hazard souligne qu’il est aussi l’une des plus ambiguës, dans la mesure où il est tendu entre fidélité à la religion et foi enthousiaste dans la raison, contrairement à certains rationalistes du Grand Siècle, tel Spinoza, auquel l’on a tenté à tort de l’assimiler pour simplifier les difficultés de sa doctrine (Voltaire, 1879, t. XXII, p. 205). Il est également plus audacieux dans son rationalisme que ne le sont Descartes ou Pascal, qui séparent la foi et la raison pour éviter tout conflit entre elles ; enfin, il va plus loin dans l’analyse des rapports entre foi et raison que Leibniz, qui élabore certes une théologie, mais n’entreprend pas de prouver rationnellement la foi et les dogmes. Autrement dit, parce qu’il refuse de dissocier la foi de la raison, et choisit de les confronter pour tenter de les réconcilier, Malebranche témoigne de manière exemplaire des tensions qui habitent le Grand Siècle, dont l’historiographie récente souligne qu’il correspond au moment (1600-1700) où « s’organisent et se formalisent les lieux de conflits qui deviendront des lieux communs dans le paysage culturel occidental, puis mondial, entre la science et la foi » aux xviiie et xixe siècles (Armogathe, 1989, p. 16). Sur la base de cette description, le Grand Siècle apparaît comme cette époque où l’équilibre entre la raison et la foi est un enjeu central, mais instable et fragile. Nous nous proposons de nourrir cette hypothèse en analysant le rationalisme de Malebranche, dont nous venons d’expliquer en quoi il était le symptôme privilégié de cet état de crise. Nous examinerons ainsi la pertinence de la formule de « culte de la raison » proposée par Paul Hazard, oxymore qui suggère que Malebranche, en allant jusqu’à diviniser la raison, révèle le caractère excessif et irrationnel de la confiance que son siècle porte à la raison. En clair, si Malebranche entend résoudre les conflits entre la raison et la foi en instaurant un « culte de la raison »</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Malebranche, un « culte de la raison » au Grand Siècle ? '/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans son ouvrage sur La Crise de la conscience européenne, Paul Hazard définit les années 1680 à 1715 par l’émergence d’une « confiance dans la raison » si « déchaînée » (1944, p. 92) qu’elle s’élève au rang de fondement de toute vérité. Cette confiance trouverait son apogée dans la figure de Malebranche, qui, selon lui, fait de cette confiance un « culte de la raison » (p. 94) en identifiant la raison au Verbe même de Dieu. Mais, en même temps qu’il voit dans Malebranche l’une des figures les plus intrépides des « rationaux » (p. 84), Hazard souligne qu’il est aussi l’une des plus ambiguës, dans la mesure où il est tendu entre fidélité à la religion et foi enthousiaste dans la raison, contrairement à certains rationalistes du Grand Siècle, tel Spinoza, auquel l’on a tenté à tort de l’assimiler pour simplifier les difficultés de sa doctrine (Voltaire, 1879, t. XXII, p. 205). Il est également plus audacieux dans son rationalisme que ne le sont Descartes ou Pascal, qui séparent la foi et la raison pour éviter tout conflit entre elles ; enfin, il va plus loin dans l’analyse des rapports entre foi et raison que Leibniz, qui élabore certes une théologie, mais n’entreprend pas de prouver rationnellement la foi et les dogmes. Autrement dit, parce qu’il refuse de dissocier la foi de la raison, et choisit de les confronter pour tenter de les réconcilier, Malebranche témoigne de manière exemplaire des tensions qui habitent le Grand Siècle, dont l’historiographie récente souligne qu’il correspond au moment (1600-1700) où « s’organisent et se formalisent les lieux de conflits qui deviendront des lieux communs dans le paysage culturel occidental, puis mondial, entre la science et la foi » aux xviiie et xixe siècles (Armogathe, 1989, p. 16). Sur la base de cette description, le Grand Siècle apparaît comme cette époque où l’équilibre entre la raison et la foi est un enjeu central, mais instable et fragile. Nous nous proposons de nourrir cette hypothèse en analysant le rationalisme de Malebranche, dont nous venons d’expliquer en quoi il était le symptôme privilégié de cet état de crise. Nous examinerons ainsi la pertinence de la formule de « culte de la raison » proposée par Paul Hazard, oxymore qui suggère que Malebranche, en allant jusqu’à diviniser la raison, révèle le caractère excessif et irrationnel de la confiance que son siècle porte à la raison. En clair, si Malebranche entend résoudre les conflits entre la raison et la foi en instaurant un « culte de la raison »]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Du « Siècle de Louis le Grand » au « Grand Siècle » : Charles Perrault bâtisseur de la mémoire politique du xviie siècle</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16863</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:13:02 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>L’expression « Grand Siècle », dans ses usages, s’apparente à une marque devenue, comme l’écrit François Bluche dans l’introduction du Dictionnaire du Grand Siècle, « inséparable du patrimoine historique de la France » (2005, p. 17). Charles Perrault est l’un des acteurs de cette opération patrimoniale : observateur et acteur particulièrement proche du pouvoir, artisan du développement de Versailles, Perrault a contribué à la politique élaborant le fantasme d’une monarchie qui s’exercerait comme absolue dans un présent lui-même absolu. L’entreprise est cependant ambivalente, ne serait-ce que parce que la grandeur du « siècle » est dérivée de celle du roi qui le fait exister : le cercle vertueux est clairement exposé, à propos de Versailles, dans le premier tome du Parallèle des Anciens et des Modernes par les mots de l’Abbé : « l’on peut dire de Versailles ce qu’on disait de Rome, que de brique qu’elle était, Auguste l’avait rendue toute de marbre. Il est raisonnable que tout augmente dans ce palais, et se proportionne de jour en jour à la grandeur du Maître » (1688, p. 248, nous soulignons). Perrault, comme la plupart de ses contemporains, qualifie en effet systématiquement Louis XIV de « Grand » et le Parallèle est présenté comme le développement argumentatif du poème Le Siècle de Louis le Grand 1, à la thèse duquel il fournit des « preuves », empiriques pour la plupart, tirées donc de l’expérience de ce siècle présenté comme supérieur. De façon topique, l’entreprise encomiastique implique la célébration de l’époque sur laquelle règne « Des hommes le plus sage, et le plus grand des Rois » ([1687] 1688, p. 25) :  Les Siècles, il est vrai, sont entre eux différents,Il en fut d’éclairés, il en fut d’ignorants,Mais si le règne heureux d’un excellent MonarqueFut toujours de leur prix et la cause et la marque,Quel Siècle pour ses Rois, des hommes révérés,Au Siècle de Louis peut être préféré ?De Louis, qu’environne une gloire immortelle,De Louis, des grands Rois le plus parfait modèle ? (Perrault, [1687] 1688, p. 25) Perrault orchestre cependant de façon originale ce thème du grand roi. L’exhortation à « Aimer le siècle présent » (1690, p. 3) traduit chez lui une expérience temporelle propre à ce présent. Perrault ne cesse ainsi d’utiliser le possessif pour évoquer son époque : « notre temps2 », pour ce « siècle glorieux » ([1668] 1981, p. 228). C’est là l’un des indices de l’assimilation que le Parallèle entend achever entre grandeur et actualité du siècle pou</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Du « Siècle de Louis le Grand » au « Grand Siècle » : Charles Perrault bâtisseur de la mémoire politique du xviie siècle'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’expression « Grand Siècle », dans ses usages, s’apparente à une marque devenue, comme l’écrit François Bluche dans l’introduction du Dictionnaire du Grand Siècle, « inséparable du patrimoine historique de la France » (2005, p. 17). Charles Perrault est l’un des acteurs de cette opération patrimoniale : observateur et acteur particulièrement proche du pouvoir, artisan du développement de Versailles, Perrault a contribué à la politique élaborant le fantasme d’une monarchie qui s’exercerait comme absolue dans un présent lui-même absolu. L’entreprise est cependant ambivalente, ne serait-ce que parce que la grandeur du « siècle » est dérivée de celle du roi qui le fait exister : le cercle vertueux est clairement exposé, à propos de Versailles, dans le premier tome du Parallèle des Anciens et des Modernes par les mots de l’Abbé : « l’on peut dire de Versailles ce qu’on disait de Rome, que de brique qu’elle était, Auguste l’avait rendue toute de marbre. Il est raisonnable que tout augmente dans ce palais, et se proportionne de jour en jour à la grandeur du Maître » (1688, p. 248, nous soulignons). Perrault, comme la plupart de ses contemporains, qualifie en effet systématiquement Louis XIV de « Grand » et le Parallèle est présenté comme le développement argumentatif du poème Le Siècle de Louis le Grand 1, à la thèse duquel il fournit des « preuves », empiriques pour la plupart, tirées donc de l’expérience de ce siècle présenté comme supérieur. De façon topique, l’entreprise encomiastique implique la célébration de l’époque sur laquelle règne « Des hommes le plus sage, et le plus grand des Rois » ([1687] 1688, p. 25) :  Les Siècles, il est vrai, sont entre eux différents,Il en fut d’éclairés, il en fut d’ignorants,Mais si le règne heureux d’un excellent MonarqueFut toujours de leur prix et la cause et la marque,Quel Siècle pour ses Rois, des hommes révérés,Au Siècle de Louis peut être préféré ?De Louis, qu’environne une gloire immortelle,De Louis, des grands Rois le plus parfait modèle ? (Perrault, [1687] 1688, p. 25) Perrault orchestre cependant de façon originale ce thème du grand roi. L’exhortation à « Aimer le siècle présent » (1690, p. 3) traduit chez lui une expérience temporelle propre à ce présent. Perrault ne cesse ainsi d’utiliser le possessif pour évoquer son époque : « notre temps2 », pour ce « siècle glorieux » ([1668] 1981, p. 228). C’est là l’un des indices de l’assimilation que le Parallèle entend achever entre grandeur et actualité du siècle pou]]></content:encoded>
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      <title>Une pensée ambivalente ? Le progrès du siècle de Louis le Grand dans l’œuvre de Charles Perrault</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16854</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:08:01 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Charles Perrault, une œuvre au service du Grand Siècle S’il est célèbre de nos jours pour être l’auteur des Contes, Charles Perrault (1628-1703) est principalement connu de son vivant comme poète. Proche de Colbert, il prit la défense du parti des Modernes, déclenchant la « Querelle des Anciens et des Modernes » lors de la lecture, à l’Académie française, de son poème Le Siècle de Louis le Grand (1687). Depuis quelques années, l’auteur était en disgrâce à la suite de la nomination du ministre Louvois, qui l’évinça de la Petite Académie. Charles était le membre d’une famille influente dont la fortune augmenta durant la seconde moitié du xviie siècle. Il était le frère de l’architecte Claude Perrault (1613-1688), qui remporta le concours qui l’opposa au Bernin pour la construction de la façade orientale du Louvre. En outre, les deux frères étaient proches de l’Académie royale des sciences fondée en 1666. Un tableau d’Henri Testelin (fig. 1) représente leur influence auprès de Louis XIV : Charles est disposé à la droite de Colbert, le fond de la composition représentant l’Observatoire construit d’après les plans réalisés par son frère. En 1672, pour son morceau de réception, Philippe Lallemand exécuta un Portrait de Charles Perrault (fig. 2) où celui-ci tient, de la main droite, un livre posé sur un plan d’architecture représentant l’Observatoire.   Fig. 1 : Testelin, Henri, d’après Charles le Brun, Colbert présente à Louis XIV les membres de l’Académie royale des sciences en 1667, huile sur toile, h. 348 ; l. 590 cm, 1673-1681, Versailles, château de Versailles et de Trianon.  Fig 2 : Philippe Lallemand, Portrait de Charles Perrault, huile sur toile, h. 134 ; l. 100 cm, 1672, Versailles, château de Versailles. Défendant les progrès du siècle de Louis XIV, Perrault déploie une œuvre à la gloire des Modernes dont le point culminant est la publication du Parallèle des Anciens et des Modernes (1688-1697). Pourtant, cet imaginaire anthropologique « cyclique », pour reprendre l’expression de Gilbert Durand1, n’est pas sans contradictions internes, la rhétorique volontairement polémiste voire momentanément abusive employée par Perrault l’amenant à formuler, paradoxalement, l’idée d’un Grand Siècle finissant dès la fin des années Colbert. S’il n’est pas positiviste, il anticipe toutefois certains arguments émis au xviiie siècle, en particulier chez Voltaire et dans l’Encyclopédie. Cette étude se propose donc de comprendre cette pensée ambivalente dans l’œuvre de Per</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Une pensée ambivalente ? Le progrès du siècle de Louis le Grand dans l’œuvre de Charles Perrault'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Charles Perrault, une œuvre au service du Grand Siècle S’il est célèbre de nos jours pour être l’auteur des Contes, Charles Perrault (1628-1703) est principalement connu de son vivant comme poète. Proche de Colbert, il prit la défense du parti des Modernes, déclenchant la « Querelle des Anciens et des Modernes » lors de la lecture, à l’Académie française, de son poème Le Siècle de Louis le Grand (1687). Depuis quelques années, l’auteur était en disgrâce à la suite de la nomination du ministre Louvois, qui l’évinça de la Petite Académie. Charles était le membre d’une famille influente dont la fortune augmenta durant la seconde moitié du xviie siècle. Il était le frère de l’architecte Claude Perrault (1613-1688), qui remporta le concours qui l’opposa au Bernin pour la construction de la façade orientale du Louvre. En outre, les deux frères étaient proches de l’Académie royale des sciences fondée en 1666. Un tableau d’Henri Testelin (fig. 1) représente leur influence auprès de Louis XIV : Charles est disposé à la droite de Colbert, le fond de la composition représentant l’Observatoire construit d’après les plans réalisés par son frère. En 1672, pour son morceau de réception, Philippe Lallemand exécuta un Portrait de Charles Perrault (fig. 2) où celui-ci tient, de la main droite, un livre posé sur un plan d’architecture représentant l’Observatoire.   Fig. 1 : Testelin, Henri, d’après Charles le Brun, Colbert présente à Louis XIV les membres de l’Académie royale des sciences en 1667, huile sur toile, h. 348 ; l. 590 cm, 1673-1681, Versailles, château de Versailles et de Trianon.  Fig 2 : Philippe Lallemand, Portrait de Charles Perrault, huile sur toile, h. 134 ; l. 100 cm, 1672, Versailles, château de Versailles. Défendant les progrès du siècle de Louis XIV, Perrault déploie une œuvre à la gloire des Modernes dont le point culminant est la publication du Parallèle des Anciens et des Modernes (1688-1697). Pourtant, cet imaginaire anthropologique « cyclique », pour reprendre l’expression de Gilbert Durand1, n’est pas sans contradictions internes, la rhétorique volontairement polémiste voire momentanément abusive employée par Perrault l’amenant à formuler, paradoxalement, l’idée d’un Grand Siècle finissant dès la fin des années Colbert. S’il n’est pas positiviste, il anticipe toutefois certains arguments émis au xviiie siècle, en particulier chez Voltaire et dans l’Encyclopédie. Cette étude se propose donc de comprendre cette pensée ambivalente dans l’œuvre de Per]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Le « Grand Siècle » et ses envers : que faire des contes du classicisme ?</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16848</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:03:32 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>La notion de « Grand Siècle » a-t-elle d’autre réalité que celle de ses « échos » polémiques (Spielmann, 2011) ? De même que la construction du classicisme apparaît inextricablement liée à l’invention de la modernité, de même le « Grand Siècle » semble toujours considéré à l’aune de ses « envers », que ceux-ci soient perçus négativement – on pense à la supposée décadence du xixe siècle (voir Zékian, 2012) mais aussi à l’usage critique que Bénichou fait de ses « Morales » en 19401 –, ou mobilisés positivement : du fameux ouvrage de Félix Gaiffe (1924) au dernier avatar de l’expression, reprise par Thierry Sarmant (2024), on n’en finit plus de découvrir les « envers » du « Grand Siècle », et de revaloriser, souvent à juste titre, les oubliés des manuels d’antan – les baroques, les libertins, les burlesques, les galants, les précieuses, etc. Si ces envers ont le mérite de faire apparaître d’autres xviie siècles face au mythe absolutiste et à son héritage idéologique, ils tendent à figer les siècles de Louis XIII et Louis XIV – ou ceux de Louis XIV et Louis XV, etc. – dans un antagonisme réducteur, se métamorphosant à l’infini2, mais presque aussi marmoréen dans sa durée que ne l’est l’idéal classique lui-même. Or, comme le défendait naguère un article séminal d’Hélène Merlin-Kajman, « le xviie siècle n’est pas pris, ou pas entièrement pris, dans le face-à-face agonistique du classicisme et de la modernité » (2005, p. 34).  Que faire donc, dans les études littéraires actuelles, dans notre recherche et dans nos enseignements, de ces dichotomies attachées à la notion de « Grand Siècle », autant qu’à celle du classicisme ? La nécessaire historicisation de ces catégories explique que nombre de chercheurs en littérature, historiens et / ou théoriciens, préfèrent les écarter de leurs propres analyses, que leur démarche adopte une position purement constructiviste ou nominaliste à l’égard de ces termes, ou que leurs travaux visent à en compliquer le réalisme, leur rapport à un référent historial pouvant faire passé commun. Mais est-on condamné à reconduire, à travers ces catégories de « classicisme » et de « Grand Siècle », la vision monolithique du xviie siècle qu’elles ont pu charrier dans la construction de notre « roman national » (Milo, 1986) ? Est-on voué à enrichir la collection des configurations, franchement binaires ou plus subtilement dialectiques, opposant absolutisme, académisme et classicisme à leur transgression ? Cet article fait le pari de ne pas rem</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le « Grand Siècle » et ses envers : que faire des contes du classicisme ?'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>La notion de « Grand Siècle » a-t-elle d’autre réalité que celle de ses « échos » polémiques (Spielmann, 2011) ? De même que la construction du classicisme apparaît inextricablement liée à l’invention de la modernité, de même le « Grand Siècle » semble toujours considéré à l’aune de ses « envers », que ceux-ci soient perçus négativement – on pense à la supposée décadence du xixe siècle (voir Zékian, 2012) mais aussi à l’usage critique que Bénichou fait de ses « Morales » en 19401 –, ou mobilisés positivement : du fameux ouvrage de Félix Gaiffe (1924) au dernier avatar de l’expression, reprise par Thierry Sarmant (2024), on n’en finit plus de découvrir les « envers » du « Grand Siècle », et de revaloriser, souvent à juste titre, les oubliés des manuels d’antan – les baroques, les libertins, les burlesques, les galants, les précieuses, etc. Si ces envers ont le mérite de faire apparaître d’autres xviie siècles face au mythe absolutiste et à son héritage idéologique, ils tendent à figer les siècles de Louis XIII et Louis XIV – ou ceux de Louis XIV et Louis XV, etc. – dans un antagonisme réducteur, se métamorphosant à l’infini2, mais presque aussi marmoréen dans sa durée que ne l’est l’idéal classique lui-même. Or, comme le défendait naguère un article séminal d’Hélène Merlin-Kajman, « le xviie siècle n’est pas pris, ou pas entièrement pris, dans le face-à-face agonistique du classicisme et de la modernité » (2005, p. 34).  Que faire donc, dans les études littéraires actuelles, dans notre recherche et dans nos enseignements, de ces dichotomies attachées à la notion de « Grand Siècle », autant qu’à celle du classicisme ? La nécessaire historicisation de ces catégories explique que nombre de chercheurs en littérature, historiens et / ou théoriciens, préfèrent les écarter de leurs propres analyses, que leur démarche adopte une position purement constructiviste ou nominaliste à l’égard de ces termes, ou que leurs travaux visent à en compliquer le réalisme, leur rapport à un référent historial pouvant faire passé commun. Mais est-on condamné à reconduire, à travers ces catégories de « classicisme » et de « Grand Siècle », la vision monolithique du xviie siècle qu’elles ont pu charrier dans la construction de notre « roman national » (Milo, 1986) ? Est-on voué à enrichir la collection des configurations, franchement binaires ou plus subtilement dialectiques, opposant absolutisme, académisme et classicisme à leur transgression ? Cet article fait le pari de ne pas rem]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Les historiens du xviie siècle et la construction du « Grand Siècle »</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16830</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:02:01 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Le règne de Louis XIV n’est pas marqué par l’épanouissement du genre historique et l’on peut s’interroger sur la contribution des historiens du temps à la glorification du « grand roi » et du « Grand Siècle » ; s’interroger aussi sur ce que furent, en la matière, les attentes du roi, celles de Colbert et de ses conseillers et dans quelle mesure l’historiographie officielle était en mesure de répondre aux missions qui lui étaient confiées. En 1639 ou 1640, un anonyme, dans une amplification de l’églogue latine de Campanella sur la naissance du dauphin, annonce la venue d’un « grand historien » pour célébrer un « nouvel âge d’or » : Un grand historien sera pour lors au monde,Qui de la docte plume en recherche fécondeDécrira l’origine et les progrès diversQu’eurent les nations de ce grand univers…Les peuples entendront ce grand historienQui de tout son savoir ne leur cachera rien1 Cette promesse s’accomplit-elle ? Les historiens ont-ils contribué à construire la « grandeur » du règne de Louis le Grand ? Quel lien entre « Louis le Grand », ainsi désigné en 1686, et le « Grand Siècle » ? Louis XIV, il faut le souligner, s’est beaucoup intéressé à l’histoire. Il y fut initié par La Porte, qui lui lisait chaque soir l’Histoire de France de Mézeray (1643) « d’un ton de conte » à la demande d’Anne d’Autriche (La Porte, 1755, p. 249), et aussi par son précepteur, qui lui donna pour modèle son grand-père2. Il fut même l’un des très rares rois à écrire (ou plus exactement à superviser l’écriture de) ses Mémoires et, plus que tout autre roi de France, il s’est préoccupé de sa gloire : « Ceux qui ont quelque droit de prétendre à cette immortalité que l’histoire peut donner, doivent être bien aises de voir de quelle manière elle parle des autres » (Louis XIV, 1860, II, p. 96). Après Richelieu, Louis XIV était convaincu que l’histoire véritable serait celle qu’il écrirait lui-même3. Aussi a-t-il exigé de ses historiographes — Pellisson, Racine et Boileau — qu’ils fussent les témoins oculaires des victoires qu’ils devaient relater. Peut-on dire pour autant que Louis XIV a réussi à créer ou voulu seulement créer « une Manufacture royale d’histoire » (selon l’expression de R. Picard, dans Racine, 1966, p. 193) ? Les coulisses de l’histoire Le pouvoir dispose de la censure pour contrôler l’histoire et de plusieurs moyens d’action pour surveiller la production littéraire et notamment historiographique car l’historien est d’abord et avant tout « un homme rompu à la politique » </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Les historiens du xviie siècle et la construction du « Grand Siècle »'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le règne de Louis XIV n’est pas marqué par l’épanouissement du genre historique et l’on peut s’interroger sur la contribution des historiens du temps à la glorification du « grand roi » et du « Grand Siècle » ; s’interroger aussi sur ce que furent, en la matière, les attentes du roi, celles de Colbert et de ses conseillers et dans quelle mesure l’historiographie officielle était en mesure de répondre aux missions qui lui étaient confiées. En 1639 ou 1640, un anonyme, dans une amplification de l’églogue latine de Campanella sur la naissance du dauphin, annonce la venue d’un « grand historien » pour célébrer un « nouvel âge d’or » : Un grand historien sera pour lors au monde,Qui de la docte plume en recherche fécondeDécrira l’origine et les progrès diversQu’eurent les nations de ce grand univers…Les peuples entendront ce grand historienQui de tout son savoir ne leur cachera rien1 Cette promesse s’accomplit-elle ? Les historiens ont-ils contribué à construire la « grandeur » du règne de Louis le Grand ? Quel lien entre « Louis le Grand », ainsi désigné en 1686, et le « Grand Siècle » ? Louis XIV, il faut le souligner, s’est beaucoup intéressé à l’histoire. Il y fut initié par La Porte, qui lui lisait chaque soir l’Histoire de France de Mézeray (1643) « d’un ton de conte » à la demande d’Anne d’Autriche (La Porte, 1755, p. 249), et aussi par son précepteur, qui lui donna pour modèle son grand-père2. Il fut même l’un des très rares rois à écrire (ou plus exactement à superviser l’écriture de) ses Mémoires et, plus que tout autre roi de France, il s’est préoccupé de sa gloire : « Ceux qui ont quelque droit de prétendre à cette immortalité que l’histoire peut donner, doivent être bien aises de voir de quelle manière elle parle des autres » (Louis XIV, 1860, II, p. 96). Après Richelieu, Louis XIV était convaincu que l’histoire véritable serait celle qu’il écrirait lui-même3. Aussi a-t-il exigé de ses historiographes — Pellisson, Racine et Boileau — qu’ils fussent les témoins oculaires des victoires qu’ils devaient relater. Peut-on dire pour autant que Louis XIV a réussi à créer ou voulu seulement créer « une Manufacture royale d’histoire » (selon l’expression de R. Picard, dans Racine, 1966, p. 193) ? Les coulisses de l’histoire Le pouvoir dispose de la censure pour contrôler l’histoire et de plusieurs moyens d’action pour surveiller la production littéraire et notamment historiographique car l’historien est d’abord et avant tout « un homme rompu à la politique » ]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>L’impossible canon. Norbert Dufourcq (1904–1990) et la question d’un « Grand Siècle » de la musique</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16820</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:00:45 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Des années 1930 aux années 1980, la périodisation et la labellisation de la musique française ont été un enjeu majeur de l’activité intellectuelle de Norbert Dufourcq, particulièrement en ce qui concerne le xviie siècle. En cela, il initiait une démarche originale au sein de la musicologie française, où la teneur biographique et documentaire de la plupart des articles les confinait dans des strates temporelles très courtes, et où le processus de mise en histoire s’établissait donc davantage sur la sérialisation des événements, produite par l’accumulation d’articles d’érudition, que sur une démarche réflexive qui aurait consisté à placer un ou plusieurs de ces événements en perspective avec les autres.  Né en 1904 d’un père historien normalien, agrégé d’histoire, professeur à la Faculté de Bordeaux et spécialiste de l’histoire du christianisme, Norbert Dufourcq a grandi dans un milieu catholique conservateur où se sont épanouis son goût et ses dispositions pour la musique, particulièrement pour l’orgue. À 18 ans, il est nommé titulaire de l’orgue de Saint-Merry puis entre à l’École des chartes, dont il obtient le diplôme d’archiviste-paléographe en 1928 avec une thèse sur la facture française d’orgues, poursuivie par un doctorat ès lettres en 1935. Dès 1927, il avait créé avec le comte Bérenger de Miramon Fitz-James l’association des Amis de l’orgue. L’année suivante, il intégrait la rédaction de Larousse, où il joua un rôle fondamental pour la promotion d’ouvrages consacrés aux arts et particulièrement à la musique1. Sa triple activité d’organiste, de savant et, dirait-on aujourd’hui, de médiateur dans le milieu de l’orgue lui permit d’intégrer en 1932 la Ve section de la commission des monuments historiques, dédiée à cet instrument. C’est à cette époque qu’il est admis dans le comité de la Société des Concerts de Versailles, où il côtoie de nombreuses personnalités de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, très influentes dans les milieux culturels et politiques2. En 1941, il est nommé professeur d’histoire de la musique au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il a formé, jusqu’en 1975, plusieurs générations de musicologues, dont certains ont poursuivi son travail sur la musique française des xviie et xviiie siècles (voir Massip, 1995 ; L’Orgue, 1993). Sa production scientifique est marquée par la génération des fondateurs de la discipline en France et par leur « fétichisme documentaire » (Balmer, Reibel, 2017, p. 432), qui s’exerç</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='L’impossible canon. Norbert Dufourcq (1904–1990) et la question d’un « Grand Siècle » de la musique'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Des années 1930 aux années 1980, la périodisation et la labellisation de la musique française ont été un enjeu majeur de l’activité intellectuelle de Norbert Dufourcq, particulièrement en ce qui concerne le xviie siècle. En cela, il initiait une démarche originale au sein de la musicologie française, où la teneur biographique et documentaire de la plupart des articles les confinait dans des strates temporelles très courtes, et où le processus de mise en histoire s’établissait donc davantage sur la sérialisation des événements, produite par l’accumulation d’articles d’érudition, que sur une démarche réflexive qui aurait consisté à placer un ou plusieurs de ces événements en perspective avec les autres.  Né en 1904 d’un père historien normalien, agrégé d’histoire, professeur à la Faculté de Bordeaux et spécialiste de l’histoire du christianisme, Norbert Dufourcq a grandi dans un milieu catholique conservateur où se sont épanouis son goût et ses dispositions pour la musique, particulièrement pour l’orgue. À 18 ans, il est nommé titulaire de l’orgue de Saint-Merry puis entre à l’École des chartes, dont il obtient le diplôme d’archiviste-paléographe en 1928 avec une thèse sur la facture française d’orgues, poursuivie par un doctorat ès lettres en 1935. Dès 1927, il avait créé avec le comte Bérenger de Miramon Fitz-James l’association des Amis de l’orgue. L’année suivante, il intégrait la rédaction de Larousse, où il joua un rôle fondamental pour la promotion d’ouvrages consacrés aux arts et particulièrement à la musique1. Sa triple activité d’organiste, de savant et, dirait-on aujourd’hui, de médiateur dans le milieu de l’orgue lui permit d’intégrer en 1932 la Ve section de la commission des monuments historiques, dédiée à cet instrument. C’est à cette époque qu’il est admis dans le comité de la Société des Concerts de Versailles, où il côtoie de nombreuses personnalités de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, très influentes dans les milieux culturels et politiques2. En 1941, il est nommé professeur d’histoire de la musique au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il a formé, jusqu’en 1975, plusieurs générations de musicologues, dont certains ont poursuivi son travail sur la musique française des xviie et xviiie siècles (voir Massip, 1995 ; L’Orgue, 1993). Sa production scientifique est marquée par la génération des fondateurs de la discipline en France et par leur « fétichisme documentaire » (Balmer, Reibel, 2017, p. 432), qui s’exerç]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Une esthétique ombragée pour la France : la métaphysique en couleurs de Malebranche dans la seconde moitié du xixe siècle</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16810</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 09:59:24 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>À la question de savoir quelles sont les principales médiations de la fabrique polémique de nos représentations topiques du « Grand Siècle », les récits philosophiques s’efforçant de classer et d’évaluer le passé, dans la France du xixe siècle, peuvent apporter une contribution majeure. Ils permettent en effet d’articuler les représentations emboîtées de trois modernités : la modernité du xixe siècle, qui se décrit comme en crise et qui cherche à se reconstruire après la Terreur postrévolutionnaire ; la modernité des xviie et xviiie siècles1, dans laquelle la première se mire et se cherche des ancêtres à adouber ou à répudier ; et notre modernité à nous, dont la deuxième, qui contient la première, détient un certain nombre de clefs pour nous aider à comprendre comment nous en sommes arrivés là.  La dimension institutionnelle de ces récits désigne l’« éclectisme » ou le « spiritualisme » de Victor Cousin (1792-1867). Afin d’effacer les effets délétères de la métaphysique « sensualiste » du xviiie siècle, qui engendre une morale hédoniste et une politique alternativement qualifiée d’anarchique ou de despotique, il faut ainsi revenir à la psychologie rationalisée de celui que Cousin désigna comme le père légitime de son école : le Descartes de l’édition des Œuvres complètes de 1824-18262, articulée à la politique dite libérale de la Charte et à une morale fondée sur les idées de justice et de charité. Si on suit la logique cousinienne d’un engendrement de toutes les parties de la philosophie dans la seule métaphysique passée qui puisse servir de référence stable : celle du Grand Siècle, l’idée du Beau, solidaire de celle du Bien, devrait donc exprimer un Vrai cartésien. Or, sur les « sous-mains3 » (première modernité) de la conception cousinienne du Beau (deuxième modernité), et sur la participation de cette conception cousinienne du Beau à l’émergence d’une esthétique « française » dont nous serions en conséquence les héritiers (troisième modernité), l’état des connaissances reste étonnamment consensuel : les matériaux de Cousin seraient de part en part allemands. Cousin corrigerait le sensualisme exclusif du xviiie siècle par un kantisme et un néo-kantisme trop sceptiques, finalement rectifiés par le platonisme, afin de conserver l’exigence d’absolu4. Lorsqu’on insiste sur le rôle de Cousin dans la constitution d’un idéalisme « à la française5 », c’est davantage à la reconstitution a posteriori dans cette médiation officielle principale qu’est la Science du</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Une esthétique ombragée pour la France : la métaphysique en couleurs de Malebranche dans la seconde moitié du xixe siècle'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>À la question de savoir quelles sont les principales médiations de la fabrique polémique de nos représentations topiques du « Grand Siècle », les récits philosophiques s’efforçant de classer et d’évaluer le passé, dans la France du xixe siècle, peuvent apporter une contribution majeure. Ils permettent en effet d’articuler les représentations emboîtées de trois modernités : la modernité du xixe siècle, qui se décrit comme en crise et qui cherche à se reconstruire après la Terreur postrévolutionnaire ; la modernité des xviie et xviiie siècles1, dans laquelle la première se mire et se cherche des ancêtres à adouber ou à répudier ; et notre modernité à nous, dont la deuxième, qui contient la première, détient un certain nombre de clefs pour nous aider à comprendre comment nous en sommes arrivés là.  La dimension institutionnelle de ces récits désigne l’« éclectisme » ou le « spiritualisme » de Victor Cousin (1792-1867). Afin d’effacer les effets délétères de la métaphysique « sensualiste » du xviiie siècle, qui engendre une morale hédoniste et une politique alternativement qualifiée d’anarchique ou de despotique, il faut ainsi revenir à la psychologie rationalisée de celui que Cousin désigna comme le père légitime de son école : le Descartes de l’édition des Œuvres complètes de 1824-18262, articulée à la politique dite libérale de la Charte et à une morale fondée sur les idées de justice et de charité. Si on suit la logique cousinienne d’un engendrement de toutes les parties de la philosophie dans la seule métaphysique passée qui puisse servir de référence stable : celle du Grand Siècle, l’idée du Beau, solidaire de celle du Bien, devrait donc exprimer un Vrai cartésien. Or, sur les « sous-mains3 » (première modernité) de la conception cousinienne du Beau (deuxième modernité), et sur la participation de cette conception cousinienne du Beau à l’émergence d’une esthétique « française » dont nous serions en conséquence les héritiers (troisième modernité), l’état des connaissances reste étonnamment consensuel : les matériaux de Cousin seraient de part en part allemands. Cousin corrigerait le sensualisme exclusif du xviiie siècle par un kantisme et un néo-kantisme trop sceptiques, finalement rectifiés par le platonisme, afin de conserver l’exigence d’absolu4. Lorsqu’on insiste sur le rôle de Cousin dans la constitution d’un idéalisme « à la française5 », c’est davantage à la reconstitution a posteriori dans cette médiation officielle principale qu’est la Science du]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Du « Grand Siècle » au « Siècle des Saints ». La construction mémorielle du xviie siècle comme apogée de la Réforme catholique en France</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16800</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 09:58:25 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Le syntagme de « siècle des saints », du fait de son usage fréquent, mériterait une enquête approfondie de lexicométrie. Faute de pouvoir la mener ici, on se propose plus modestement de formuler quelques brèves remarques sur ce que peut révéler l’usage de cette dernière expression dans l’historiographie de langue française.  En effet, le xviie siècle français n’a pas seulement été désigné comme le « Grand Siècle », mais également, quoique plus rarement, comme le « siècle des saints » (expression parfois agrémentée de majuscules). En première approche, dans l’usage courant de la pratique historienne, il semblerait que cette dernière expression désigne une sorte de versant religieux du Grand Siècle : si celui-ci est considéré comme un siècle de « grands hommes », les « grands hommes » dans le domaine religieux ou spirituel, en un temps où la religion catholique reconquiert son hégémonie en France, seraient à l’évidence des saints et des saintes, et aussitôt quelques exemples viennent immédiatement à l’esprit : François de Sales, Vincent de Paul, Louise de Marillac, etc. Cela, bien sûr, n’épuise pas la richesse sémantique de l’expression. De quoi parle-t-on au juste lorsqu’on emploie le syntagme de « siècle des saints » ? Que désigne-t-il précisément ? En d’autres termes, comment caractériser les formes de sainteté dont il fait un attribut identitaire du xviie siècle ? Comment, enfin, mettre en relation cette supposée profusion de sainteté avec la « grandeur » alléguée d’un « Grand Siècle » ? Quelles nuances, finalement, apporte l’idée du « siècle des saints » à un tableau du Grand Siècle ?  Certes, pas plus que celle de « Grand Siècle », l’expression de « siècle des saints » ne s’impose naturellement et massivement pour qualifier le xviie siècle français : il s’agit dans un cas comme dans l’autre du résultat de plusieurs opérations historiographiques, un chrononyme (D. Kalifa) dont il importe de mettre au jour les présupposés, non parce que son emploi serait jugé préférable à celui de « Grand Siècle », mais parce que, si ces deux désignations sont souvent allées de pair dans une certaine historiographie elle-même classique du classicisme, elles ne sont pas équivalentes et ne désignent au fond pas la même chose. En effet, il nous semble que parler de « siècle des saints » opère une forme de déplacement, à la fois chronologique, thématique et critique à l’égard de ce qu’évoque le « Grand Siècle », déplacement qui permet précisément d’en questionner la grandeur</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Du « Grand Siècle » au « Siècle des Saints ». La construction mémorielle du xviie siècle comme apogée de la Réforme catholique en France'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le syntagme de « siècle des saints », du fait de son usage fréquent, mériterait une enquête approfondie de lexicométrie. Faute de pouvoir la mener ici, on se propose plus modestement de formuler quelques brèves remarques sur ce que peut révéler l’usage de cette dernière expression dans l’historiographie de langue française.  En effet, le xviie siècle français n’a pas seulement été désigné comme le « Grand Siècle », mais également, quoique plus rarement, comme le « siècle des saints » (expression parfois agrémentée de majuscules). En première approche, dans l’usage courant de la pratique historienne, il semblerait que cette dernière expression désigne une sorte de versant religieux du Grand Siècle : si celui-ci est considéré comme un siècle de « grands hommes », les « grands hommes » dans le domaine religieux ou spirituel, en un temps où la religion catholique reconquiert son hégémonie en France, seraient à l’évidence des saints et des saintes, et aussitôt quelques exemples viennent immédiatement à l’esprit : François de Sales, Vincent de Paul, Louise de Marillac, etc. Cela, bien sûr, n’épuise pas la richesse sémantique de l’expression. De quoi parle-t-on au juste lorsqu’on emploie le syntagme de « siècle des saints » ? Que désigne-t-il précisément ? En d’autres termes, comment caractériser les formes de sainteté dont il fait un attribut identitaire du xviie siècle ? Comment, enfin, mettre en relation cette supposée profusion de sainteté avec la « grandeur » alléguée d’un « Grand Siècle » ? Quelles nuances, finalement, apporte l’idée du « siècle des saints » à un tableau du Grand Siècle ?  Certes, pas plus que celle de « Grand Siècle », l’expression de « siècle des saints » ne s’impose naturellement et massivement pour qualifier le xviie siècle français : il s’agit dans un cas comme dans l’autre du résultat de plusieurs opérations historiographiques, un chrononyme (D. Kalifa) dont il importe de mettre au jour les présupposés, non parce que son emploi serait jugé préférable à celui de « Grand Siècle », mais parce que, si ces deux désignations sont souvent allées de pair dans une certaine historiographie elle-même classique du classicisme, elles ne sont pas équivalentes et ne désignent au fond pas la même chose. En effet, il nous semble que parler de « siècle des saints » opère une forme de déplacement, à la fois chronologique, thématique et critique à l’égard de ce qu’évoque le « Grand Siècle », déplacement qui permet précisément d’en questionner la grandeur]]></content:encoded>
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      <title>Introduction</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16787</link>
      <pubDate>Mon, 15 Jun 2026 14:21:09 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>En 2007, Christian Jouhaud publiait un ouvrage appelé à marquer et à nourrir le débat dans le champ des études sur la réception de la France du xviiᵉ siècle : Sauver le Grand Siècle ? Présence et transmission du passé (Jouhaud, 2007). Dans ce livre, l’historien s’interroge sur la manière dont l’écriture peut rendre le passé présent. La question n’est donc pas seulement de savoir ce qu’il subsiste du xviiᵉ siècle, mais d’examiner les conditions mêmes de cette survivance — la façon dont le passé continue d’agir dans le présent, à travers les discours, les gestes d’écriture et les institutions de mémoire. Dans cette perspective, Jouhaud envisage l’histoire et la littérature comme deux voies complémentaires vers la « présence du passé » : la première repose sur la rigueur de la méthode, la seconde sur la puissance figurative du langage. Son approche s’inscrit dans la lignée de Walter Benjamin (2000), Marc Bloch (2006) et Michel de Certeau (1975), qui conçoivent l’histoire comme une rencontre risquée entre le présent et l’altérité du passé. Elle rejoint également, par certains aspects, les réflexions de Reinhart Koselleck (1990) et de François Hartog (2003) sur les régimes d’historicité et les modes d’expérience du temps. Ce livre se fonde ainsi sur un déplacement méthodologique décisif. Le Journal de Marie Du Bois, valet de chambre de Louis XIII et de Louis XIV, y est lu comme un texte d’historien : une tentative pour comprendre son temps à travers l’expérience vécue et le geste d’écriture. En miroir, les historiographies modernes du xviiᵉ siècle — de Voltaire (1751) à Marc Fumaroli (1995), en passant par Victor-Lucien Tapié (1957) ou Paul Bénichou (1948) — sont abordées comme des témoignages sur leur propre rapport au passé, révélant les mécanismes par lesquels elles construisent, fixent et sacralisent l’image du « Grand Siècle ». Ce renversement entre témoin et historien permet de désacraliser la figure monumentale du Grand Siècle et d’en révéler les fissures, les zones d’ombre et les fragments oubliés. L’objectif n’est plus de célébrer un passé figé, mais de retrouver, derrière le monument, les lézardes qui laissent filtrer la vie du passé, au-delà des grands récits du xviiᵉ siècle, qui apparaissent souvent comme des entreprises de reconstruction d’une image idéalisée, mais figée, du Grand Siècle. En cela, le livre de Jouhaud, au titre volontairement ironique, ne prétend pas « sauver » le Grand Siècle comme monument mais, plutôt, la possibilité même de son </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Introduction'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En 2007, Christian Jouhaud publiait un ouvrage appelé à marquer et à nourrir le débat dans le champ des études sur la réception de la France du xviiᵉ siècle : Sauver le Grand Siècle ? Présence et transmission du passé (Jouhaud, 2007). Dans ce livre, l’historien s’interroge sur la manière dont l’écriture peut rendre le passé présent. La question n’est donc pas seulement de savoir ce qu’il subsiste du xviiᵉ siècle, mais d’examiner les conditions mêmes de cette survivance — la façon dont le passé continue d’agir dans le présent, à travers les discours, les gestes d’écriture et les institutions de mémoire. Dans cette perspective, Jouhaud envisage l’histoire et la littérature comme deux voies complémentaires vers la « présence du passé » : la première repose sur la rigueur de la méthode, la seconde sur la puissance figurative du langage. Son approche s’inscrit dans la lignée de Walter Benjamin (2000), Marc Bloch (2006) et Michel de Certeau (1975), qui conçoivent l’histoire comme une rencontre risquée entre le présent et l’altérité du passé. Elle rejoint également, par certains aspects, les réflexions de Reinhart Koselleck (1990) et de François Hartog (2003) sur les régimes d’historicité et les modes d’expérience du temps. Ce livre se fonde ainsi sur un déplacement méthodologique décisif. Le Journal de Marie Du Bois, valet de chambre de Louis XIII et de Louis XIV, y est lu comme un texte d’historien : une tentative pour comprendre son temps à travers l’expérience vécue et le geste d’écriture. En miroir, les historiographies modernes du xviiᵉ siècle — de Voltaire (1751) à Marc Fumaroli (1995), en passant par Victor-Lucien Tapié (1957) ou Paul Bénichou (1948) — sont abordées comme des témoignages sur leur propre rapport au passé, révélant les mécanismes par lesquels elles construisent, fixent et sacralisent l’image du « Grand Siècle ». Ce renversement entre témoin et historien permet de désacraliser la figure monumentale du Grand Siècle et d’en révéler les fissures, les zones d’ombre et les fragments oubliés. L’objectif n’est plus de célébrer un passé figé, mais de retrouver, derrière le monument, les lézardes qui laissent filtrer la vie du passé, au-delà des grands récits du xviiᵉ siècle, qui apparaissent souvent comme des entreprises de reconstruction d’une image idéalisée, mais figée, du Grand Siècle. En cela, le livre de Jouhaud, au titre volontairement ironique, ne prétend pas « sauver » le Grand Siècle comme monument mais, plutôt, la possibilité même de son ]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Joseph Joubert, introspection générale</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21296</link>
      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:46:01 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Quelques jours après la mort de Joseph Joubert, survenue le 4 mai 1824, Chateaubriand rendait hommage à cet ami discret qui avait préféré à la célébrité « une vie inconnue au milieu d’une société choisie1 ». Ces propos élogieux, Chateaubriand les reprenait tels quels quatorze ans plus tard dans sa courte préface au Recueil des Pensées de M. Joubert (1838), qui confiait les écrits fragmentaires de son ami à la postérité, en accord avec le principe selon lequel « on ne vit dans la mémoire du monde que par des travaux pour le monde2 ». D’abord réservée à un cercle de connaissances, l’œuvre a ensuite connu un public plus étendu, puis retenu l’attention des critiques les plus célèbres. Georges Poulet a donné en 1966 une nouvelle édition des Pensées et a consacré à Joubert d’importants développements de ses Études sur le temps humain (1952) et de La Pensée indéterminée (19853). Maurice Blanchot, dans Le Livre à venir (1959), a affirmé que Joubert est « un des premiers écrivains tout modernes » : « auteur sans livre, écrivain sans écrit », Joubert y est présenté comme « une première version de Mallarmé », dont la pratique d’écriture révèle « le cheminement d’une pensée qui ne pense pas encore ou d’un langage de poésie qui tente de remonter vers lui-même »4. Œuvre en perpétuel devenir, les Pensées sont aussi un entretien infini : une conversation inachevée avec soi-même et avec les autres, qui laisse au temps le soin de faire son ouvrage. L’œuvre de Joubert demeure intrigante, dans sa présence fantomatique aussi bien que dans ses recompositions. Originale, elle semble cependant ne pas s’appartenir, et ce parce qu’elle a fait l’objet d’interventions extérieures. Chateaubriand avait présenté une sélection des pensées de Joubert selon une approche thématique (« j’ai séparé les sujets confondus sur des chiffons de papier5 »), contribuant à les inscrire dans l’héritage des moralistes ; Georges Poulet avait quant à lui choisi l’ordre chronologique afin de faire sentir les élans et les replis d’une écriture, le « style de l’âme, style rythmique, fait de mouvements et de repos, d’idées et de distance entre les idées6 ». Dans cette édition des Carnets de Joubert préfacée par Christiane Rancé, l’ordre chronologique a lui aussi été privilégié, moins pour isoler des maximes que pour donner à voir Joubert dans une plus profonde intimité par la forme diariste. Ce faisant, cette édition donne un nouvel accès à cette œuvre qui était entrée « à pas feutré […] dans l’histoire des l</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21296/couv_Joubert_schebelen.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Joseph Joubert, introspection générale'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Quelques jours après la mort de Joseph Joubert, survenue le 4 mai 1824, Chateaubriand rendait hommage à cet ami discret qui avait préféré à la célébrité « une vie inconnue au milieu d’une société choisie1 ». Ces propos élogieux, Chateaubriand les reprenait tels quels quatorze ans plus tard dans sa courte préface au Recueil des Pensées de M. Joubert (1838), qui confiait les écrits fragmentaires de son ami à la postérité, en accord avec le principe selon lequel « on ne vit dans la mémoire du monde que par des travaux pour le monde2 ». D’abord réservée à un cercle de connaissances, l’œuvre a ensuite connu un public plus étendu, puis retenu l’attention des critiques les plus célèbres. Georges Poulet a donné en 1966 une nouvelle édition des Pensées et a consacré à Joubert d’importants développements de ses Études sur le temps humain (1952) et de La Pensée indéterminée (19853). Maurice Blanchot, dans Le Livre à venir (1959), a affirmé que Joubert est « un des premiers écrivains tout modernes » : « auteur sans livre, écrivain sans écrit », Joubert y est présenté comme « une première version de Mallarmé », dont la pratique d’écriture révèle « le cheminement d’une pensée qui ne pense pas encore ou d’un langage de poésie qui tente de remonter vers lui-même »4. Œuvre en perpétuel devenir, les Pensées sont aussi un entretien infini : une conversation inachevée avec soi-même et avec les autres, qui laisse au temps le soin de faire son ouvrage. L’œuvre de Joubert demeure intrigante, dans sa présence fantomatique aussi bien que dans ses recompositions. Originale, elle semble cependant ne pas s’appartenir, et ce parce qu’elle a fait l’objet d’interventions extérieures. Chateaubriand avait présenté une sélection des pensées de Joubert selon une approche thématique (« j’ai séparé les sujets confondus sur des chiffons de papier5 »), contribuant à les inscrire dans l’héritage des moralistes ; Georges Poulet avait quant à lui choisi l’ordre chronologique afin de faire sentir les élans et les replis d’une écriture, le « style de l’âme, style rythmique, fait de mouvements et de repos, d’idées et de distance entre les idées6 ». Dans cette édition des Carnets de Joubert préfacée par Christiane Rancé, l’ordre chronologique a lui aussi été privilégié, moins pour isoler des maximes que pour donner à voir Joubert dans une plus profonde intimité par la forme diariste. Ce faisant, cette édition donne un nouvel accès à cette œuvre qui était entrée « à pas feutré […] dans l’histoire des l]]></content:encoded>
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      <title>Pour une esthétique de la curiosité</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21292</link>
      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:39:11 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>« Adieu ma femme, je vais voir Monte-Cristo, je ne sais pas si je reviendrai1... ». La mine grave tout en manifestant une impatience certaine, le bourgeois tend son testament à sa femme éplorée, pendant que leur jeune enfant s’agrippe à la jambe de ce dernier, suppliant le père de famille de ne pas se laisser happer par le Théâtre-Historique. Derrière cette savoureuse critique dessinée, pratique parodique courante de la petite presse humoristique, Cham, caricaturiste prolifique des journaux Philipon, croque la transposition, sur les planches du Théâtre-Historique, en février 1848, de l’un des romans les plus célèbres de Dumas père, Le Comte de Monte-Cristo. C’est à la fois l’activité prolifique de l’écrivain, le genre du roman-feuilleton, ainsi que la réception de ce dernier par des lecteurs attendant avec fébrilité la prochaine livraison, qui sont parodiés au-delà même de l’adaptation théâtrale en tant que telle. L’évènement devient un véritable « spectacle médiatique2 ». Ce que dévoile aussi, et peut-être surtout, la critique de Cham, c’est la pulsion scopique — ou « la curiosité publique » (p. 302) — comme phénomène collectif : à l’image de ces personnages mis en scène dans les vignettes de Cham — bourgeois trépignant d’impatience à l’idée d’assister à cette pièce qui agite tout Paris et spectateurs affamés après quarante-huit heures enfermés dans une salle — les foules post-révolutionnaires réclament des vivres au sens propre comme figuré. L’artiste satirique répond à cet appel, nourrit ce désir de (tout) voir et de (tout) savoir, dans un geste double, qui est aussi celui de Dumas — « saisi[r] le potentiel de la curiosité » (p. 26) tout en se mettant « au service d’une curiosité critique » (p. 200). Caricatures, réécritures, textes parodiques, pamphlets, constitutifs de la presse, apparaissent dès lors comme autant de moyens de répondre à l’avidité du peuple, à « l’attention collective » (p. 302) en matière de nouvelles3, qu’elles soient historiques, politiques, sociétales ou esthétiques, dans un monde hanté par le « couperet de la guillotine4 » et où « la base tremble5 ». Ce lien entre curiosité et Révolution française est très clairement posé par Steffie Van Neste dès le début de son ouvrage Alexandre Dumas ou la curiosité moderne : « le monde n’apparaît plus de la même manière. Les yeux de l’homme post-révolutionnaire se sont désillés, la curiosité concerne alors un plus vaste domaine » (p. 10). Comme l’a montré Erika Wicky, l’éclatement du « régime</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21292/couv_scepi_van-neste.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Pour une esthétique de la curiosité'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>« Adieu ma femme, je vais voir Monte-Cristo, je ne sais pas si je reviendrai1... ». La mine grave tout en manifestant une impatience certaine, le bourgeois tend son testament à sa femme éplorée, pendant que leur jeune enfant s’agrippe à la jambe de ce dernier, suppliant le père de famille de ne pas se laisser happer par le Théâtre-Historique. Derrière cette savoureuse critique dessinée, pratique parodique courante de la petite presse humoristique, Cham, caricaturiste prolifique des journaux Philipon, croque la transposition, sur les planches du Théâtre-Historique, en février 1848, de l’un des romans les plus célèbres de Dumas père, Le Comte de Monte-Cristo. C’est à la fois l’activité prolifique de l’écrivain, le genre du roman-feuilleton, ainsi que la réception de ce dernier par des lecteurs attendant avec fébrilité la prochaine livraison, qui sont parodiés au-delà même de l’adaptation théâtrale en tant que telle. L’évènement devient un véritable « spectacle médiatique2 ». Ce que dévoile aussi, et peut-être surtout, la critique de Cham, c’est la pulsion scopique — ou « la curiosité publique » (p. 302) — comme phénomène collectif : à l’image de ces personnages mis en scène dans les vignettes de Cham — bourgeois trépignant d’impatience à l’idée d’assister à cette pièce qui agite tout Paris et spectateurs affamés après quarante-huit heures enfermés dans une salle — les foules post-révolutionnaires réclament des vivres au sens propre comme figuré. L’artiste satirique répond à cet appel, nourrit ce désir de (tout) voir et de (tout) savoir, dans un geste double, qui est aussi celui de Dumas — « saisi[r] le potentiel de la curiosité » (p. 26) tout en se mettant « au service d’une curiosité critique » (p. 200). Caricatures, réécritures, textes parodiques, pamphlets, constitutifs de la presse, apparaissent dès lors comme autant de moyens de répondre à l’avidité du peuple, à « l’attention collective » (p. 302) en matière de nouvelles3, qu’elles soient historiques, politiques, sociétales ou esthétiques, dans un monde hanté par le « couperet de la guillotine4 » et où « la base tremble5 ». Ce lien entre curiosité et Révolution française est très clairement posé par Steffie Van Neste dès le début de son ouvrage Alexandre Dumas ou la curiosité moderne : « le monde n’apparaît plus de la même manière. Les yeux de l’homme post-révolutionnaire se sont désillés, la curiosité concerne alors un plus vaste domaine » (p. 10). Comme l’a montré Erika Wicky, l’éclatement du « régime]]></content:encoded>
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      <title>Au-delà de la figure, le fou</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21284</link>
      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:33:07 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Le fou est une figure fascinante qui n’a cessé de se transformer à travers les âges et les cultures, pour tenir devant nos yeux le miroir dans lequel se métamorphosent les hétéronomies de l’autre. Dans le jeu des identités, il joue toujours la figure du décentrement, du hors norme. De plus, cette figure possède sa grammaire qui ne s’épuise pas dans une logique des oppositions, mais relève toute la complexité étymologique du latin follis, qui renvoie au « souffle », au « vent » et au « soufflet ». C’est donc en suivant ces mouvements d’air qu’il convient d’approcher cet être creux et grimaçant, dont le vide est traversé par un autre souffle que celui de l’esprit, « dépourvu de sagesse, car il n’est rempli que de vent ». Le Moyen Âge vient enrichir cette définition de nouveaux termes pour désigner le fou : stultus, le « sot », « l’imbécile », mais aussi insipiens, « l’insensé », dépourvu de toute sagesse. En abordant la figure du fou, Élisabeth Antoine-König et Pierre-Yves Le Pogam ont proposé une exposition au musée du Louvre et un riche catalogue dont la démarche consiste à approcher le fou à partir de ses représentations, de son apparition dès la fin de la fin Moyen Âge pour ensuite retracer une démultiplication foisonnante de ses représentations au cours de la Renaissance, jusqu’à son apogée au xixe siècle comme une des grandes figures du romantisme. Il convient donc de commencer par dénombrer les différentes figures à partir des marges de ce monde jusqu’au cœur des cours royales afin d’établir une première nomenclature qui permette de suivre la métamorphose du fou à travers ses multiples avatars. Ainsi, il apparaît en marge des textes, parmi les enluminures du xiie siècle, comme une figure qui est accompagnée par un désordre étrange, bizarre et inquiétant. Il prend part à une faune et une flore étonnantes, participant clairement de ce monde hybride animé de drôleries ou de singeries. Des panneaux, des vitraux, des dalles ou encore les bas-reliefs multiplient les apparitions du fou qui côtoie aussi bien des diables que des chimères. Mais très vite, une des premières rencontres décisives est celle du fou et de dieu, définissant le fou comme le porteur de tous les maux, des peurs et les haines. Le débat théologique qui se noue entre Dieu et le fou est celui d’une « sainte folie » de celui qui nie l’existence divine. Cette incroyance relève du fait que son rire le tient hors de la crainte de Dieu. Autour de la figure du fou, s’entame un combat de valeurs : </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21284/couv_massonet_konig.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Au-delà de la figure, le fou'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le fou est une figure fascinante qui n’a cessé de se transformer à travers les âges et les cultures, pour tenir devant nos yeux le miroir dans lequel se métamorphosent les hétéronomies de l’autre. Dans le jeu des identités, il joue toujours la figure du décentrement, du hors norme. De plus, cette figure possède sa grammaire qui ne s’épuise pas dans une logique des oppositions, mais relève toute la complexité étymologique du latin follis, qui renvoie au « souffle », au « vent » et au « soufflet ». C’est donc en suivant ces mouvements d’air qu’il convient d’approcher cet être creux et grimaçant, dont le vide est traversé par un autre souffle que celui de l’esprit, « dépourvu de sagesse, car il n’est rempli que de vent ». Le Moyen Âge vient enrichir cette définition de nouveaux termes pour désigner le fou : stultus, le « sot », « l’imbécile », mais aussi insipiens, « l’insensé », dépourvu de toute sagesse. En abordant la figure du fou, Élisabeth Antoine-König et Pierre-Yves Le Pogam ont proposé une exposition au musée du Louvre et un riche catalogue dont la démarche consiste à approcher le fou à partir de ses représentations, de son apparition dès la fin de la fin Moyen Âge pour ensuite retracer une démultiplication foisonnante de ses représentations au cours de la Renaissance, jusqu’à son apogée au xixe siècle comme une des grandes figures du romantisme. Il convient donc de commencer par dénombrer les différentes figures à partir des marges de ce monde jusqu’au cœur des cours royales afin d’établir une première nomenclature qui permette de suivre la métamorphose du fou à travers ses multiples avatars. Ainsi, il apparaît en marge des textes, parmi les enluminures du xiie siècle, comme une figure qui est accompagnée par un désordre étrange, bizarre et inquiétant. Il prend part à une faune et une flore étonnantes, participant clairement de ce monde hybride animé de drôleries ou de singeries. Des panneaux, des vitraux, des dalles ou encore les bas-reliefs multiplient les apparitions du fou qui côtoie aussi bien des diables que des chimères. Mais très vite, une des premières rencontres décisives est celle du fou et de dieu, définissant le fou comme le porteur de tous les maux, des peurs et les haines. Le débat théologique qui se noue entre Dieu et le fou est celui d’une « sainte folie » de celui qui nie l’existence divine. Cette incroyance relève du fait que son rire le tient hors de la crainte de Dieu. Autour de la figure du fou, s’entame un combat de valeurs : ]]></content:encoded>
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      <title>Le Parnasse est-il une catégorie (vraiment) générale ? Étude d’un transfert générique et culturel de la France au Brésil</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4852</link>
      <pubDate>Thu, 16 Apr 2026 16:40:15 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>En général, d’ailleurs, les mots dont se nomme un mouvement littéraire et social sont nés non d’une désignation expresse de la critique, de tel critique particulier, mais d’un hasard obscur, d’une profondeur populaire analogue à celle d’où provient le langage courant, et qui leur laisse le vague et la souplesse nécessaires.Albert Thibaudet, Réflexions sur le roman, 1938, p. 110. Dans le cadre d’une réflexion sur la question de la généralité en littérature, je voudrais m’intéresser ici au cas d’une catégorie d’histoire littéraire qui, d’abord conçue en France à la fin du xixe siècle, a ensuite circulé dans différents espaces d’Europe et d’Amérique latine : le Parnasse. L’objectif de cette étude est d’interroger le degré de généralité qu’il est possible d’imputer à la notion de Parnasse ou de poésie parnassienne quand celle-ci est employée dans le discours critique. S’il est d’abord nécessaire de comprendre le fonctionnement logique de cette appellation en tant que catégorie – dont le caractère général, précisément, ne va pas de soi –, on se concentrera principalement sur la fortune qu’a connue le Parnasse, au-delà des limites de son contexte d’élaboration, au Brésil. Le problème que pose une catégorie telle que celle de Parnasse est en effet interculturel avant tout : comment est-il possible qu’une catégorie empirique et historique – au degré de généralité nécessairement limité – puisse subsumer d’autres textes que ceux produits dans le contexte sociohistorique qui a vu naître l’expression ? Le cas du Parnasse brésilien, à cet égard, soulève la question de façon emblématique dans la mesure où il éprouve en effet, plus que tout autre type de transfert générique, les limites de l’interculturalité : là où les notions de romantisme ou de symbolisme semblent avoir évolué de façon globale à l’échelle d’une partie de l’Europe et d’autres espaces, dont le Brésil, le cas du Parnasse – dans ce qu’il a de plus particulier et de plus épisodique à l’échelle de la France – prend l’allure d’une anomalie générique. En ce sens, bien que l’expression « Parnasse » soit très répandue et intuitivement acceptée dans l’historiographie de la littérature brésilienne telle qu’elle s’est constituée au Brésil de la fin du xixe siècle jusqu’à nos jours, il s’agit ici de revenir sur les conditions de ce sentiment d’évidence et de postuler, ce faisant, que l’existence d’une poésie parnassienne au Brésil ne va pas de soi. L’enjeu concerne cependant non pas la littérature parnassienne en s</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le Parnasse est-il une catégorie (vraiment) générale ? Étude d’un transfert générique et culturel de la France au Brésil'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En général, d’ailleurs, les mots dont se nomme un mouvement littéraire et social sont nés non d’une désignation expresse de la critique, de tel critique particulier, mais d’un hasard obscur, d’une profondeur populaire analogue à celle d’où provient le langage courant, et qui leur laisse le vague et la souplesse nécessaires.Albert Thibaudet, Réflexions sur le roman, 1938, p. 110. Dans le cadre d’une réflexion sur la question de la généralité en littérature, je voudrais m’intéresser ici au cas d’une catégorie d’histoire littéraire qui, d’abord conçue en France à la fin du xixe siècle, a ensuite circulé dans différents espaces d’Europe et d’Amérique latine : le Parnasse. L’objectif de cette étude est d’interroger le degré de généralité qu’il est possible d’imputer à la notion de Parnasse ou de poésie parnassienne quand celle-ci est employée dans le discours critique. S’il est d’abord nécessaire de comprendre le fonctionnement logique de cette appellation en tant que catégorie – dont le caractère général, précisément, ne va pas de soi –, on se concentrera principalement sur la fortune qu’a connue le Parnasse, au-delà des limites de son contexte d’élaboration, au Brésil. Le problème que pose une catégorie telle que celle de Parnasse est en effet interculturel avant tout : comment est-il possible qu’une catégorie empirique et historique – au degré de généralité nécessairement limité – puisse subsumer d’autres textes que ceux produits dans le contexte sociohistorique qui a vu naître l’expression ? Le cas du Parnasse brésilien, à cet égard, soulève la question de façon emblématique dans la mesure où il éprouve en effet, plus que tout autre type de transfert générique, les limites de l’interculturalité : là où les notions de romantisme ou de symbolisme semblent avoir évolué de façon globale à l’échelle d’une partie de l’Europe et d’autres espaces, dont le Brésil, le cas du Parnasse – dans ce qu’il a de plus particulier et de plus épisodique à l’échelle de la France – prend l’allure d’une anomalie générique. En ce sens, bien que l’expression « Parnasse » soit très répandue et intuitivement acceptée dans l’historiographie de la littérature brésilienne telle qu’elle s’est constituée au Brésil de la fin du xixe siècle jusqu’à nos jours, il s’agit ici de revenir sur les conditions de ce sentiment d’évidence et de postuler, ce faisant, que l’existence d’une poésie parnassienne au Brésil ne va pas de soi. L’enjeu concerne cependant non pas la littérature parnassienne en s]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Le singulier de la littérature</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4838</link>
      <pubDate>Mon, 13 Apr 2026 11:51:41 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>L’histoire de la théorie en administre régulièrement la preuve, rarement heureuse : il vient toujours un âge où les plus sobres théoriciens délaissent le propos spéculatif pour s’adonner aux douteuses délices de la confession autobiographique. Pour sentir à divers signes que cette heure a pour moi sonné, j’entamerai ici mon autobiographie intellectuelle, dont voici déjà le titre piteux : Mes rencontres ratées avec des écrivains célèbres Titre librement inspiré d’un livre méconnu de Christine Montalbetti : Petits déjeuners avec quelques écrivains célèbres (2008), avec lequel mon propre ouvrage pourrait bien partager un chapitre, puisqu’il se trouve que j’ai été le témoin matinal, et peut-être gênant, d’un de ces petits déjeuners de la romancière avec l’un de ses aînés – Jean-Philippe Toussaint, pour ne rien vous cacher. Mais ce chapitre-là ne saurait être le premier, qui remonte bien plus haut dans le temps, et qui doit recevoir son titre du lieu de ma rencontre avec mon tout premier écrivain célèbre – qui n’était pas Claude Simon : Chapitre 1. Au jardin des plantes Ce fut par un dimanche ensoleillé de l’automne 1990, où j’étais allé lire, à l’ombre du Muséum, Les Caractères de La Bruyère, qui étaient cette année-là au programme de l’agrégation de lettres modernes, à laquelle je me faisais un devoir de me présenter. Il s’agissait moins pour moi de lire le moraliste que de découvrir une édition de son œuvre, une simple anthologie d’extraits déjà ancienne : celle de Pierre Kuentz dans les « Petits Classiques Bordas » (1969), la seule alors à offrir des reproductions de quelques pages de l’édition originale. Je fis dans ce moment la découverte que les remarques de La Bruyère ne constituaient nullement des fragments numérotés isolés par des blancs mais formaient un texte continu scandé par un signe typographique très exotique à l’aube des années 1990 mais que les traitements de texte n’allaient pas tarder à remettre au goût du jour : le pied de mouche.  Jean de La Bruyère, Les Caractères (1688), éd. Pierre Kuentz, Paris, Bordas, coll. « Petits Classiques Bordas », 1969. La découverte venait invalider toute la rêverie de Roland Barthes sur le rôle du blanc au sein des chapitres des Caractères, dans un article célèbre1. Révélation qui fut pour moi bientôt suivie de cette autre : il existe dans le texte des chapitres des alinéas qui ne sont pas marqués du pied de mouche ; c’est le signe que la « remarque » ne se confond pas avec l’alinéa, ou plus exactement que La</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le singulier de la littérature'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’histoire de la théorie en administre régulièrement la preuve, rarement heureuse : il vient toujours un âge où les plus sobres théoriciens délaissent le propos spéculatif pour s’adonner aux douteuses délices de la confession autobiographique. Pour sentir à divers signes que cette heure a pour moi sonné, j’entamerai ici mon autobiographie intellectuelle, dont voici déjà le titre piteux : Mes rencontres ratées avec des écrivains célèbres Titre librement inspiré d’un livre méconnu de Christine Montalbetti : Petits déjeuners avec quelques écrivains célèbres (2008), avec lequel mon propre ouvrage pourrait bien partager un chapitre, puisqu’il se trouve que j’ai été le témoin matinal, et peut-être gênant, d’un de ces petits déjeuners de la romancière avec l’un de ses aînés – Jean-Philippe Toussaint, pour ne rien vous cacher. Mais ce chapitre-là ne saurait être le premier, qui remonte bien plus haut dans le temps, et qui doit recevoir son titre du lieu de ma rencontre avec mon tout premier écrivain célèbre – qui n’était pas Claude Simon : Chapitre 1. Au jardin des plantes Ce fut par un dimanche ensoleillé de l’automne 1990, où j’étais allé lire, à l’ombre du Muséum, Les Caractères de La Bruyère, qui étaient cette année-là au programme de l’agrégation de lettres modernes, à laquelle je me faisais un devoir de me présenter. Il s’agissait moins pour moi de lire le moraliste que de découvrir une édition de son œuvre, une simple anthologie d’extraits déjà ancienne : celle de Pierre Kuentz dans les « Petits Classiques Bordas » (1969), la seule alors à offrir des reproductions de quelques pages de l’édition originale. Je fis dans ce moment la découverte que les remarques de La Bruyère ne constituaient nullement des fragments numérotés isolés par des blancs mais formaient un texte continu scandé par un signe typographique très exotique à l’aube des années 1990 mais que les traitements de texte n’allaient pas tarder à remettre au goût du jour : le pied de mouche.  Jean de La Bruyère, Les Caractères (1688), éd. Pierre Kuentz, Paris, Bordas, coll. « Petits Classiques Bordas », 1969. La découverte venait invalider toute la rêverie de Roland Barthes sur le rôle du blanc au sein des chapitres des Caractères, dans un article célèbre1. Révélation qui fut pour moi bientôt suivie de cette autre : il existe dans le texte des chapitres des alinéas qui ne sont pas marqués du pied de mouche ; c’est le signe que la « remarque » ne se confond pas avec l’alinéa, ou plus exactement que La]]></content:encoded>
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      <title>Lettre au doyen du 26 mai 1965</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4832</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 22:53:16 +0200</pubDate>
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      <description>Lettre écrite par Peter Szondi en 1965, présentée ci-dessous par Romain Bionda. Présentation La lettre qui suit a été publiée dans un volume collectif intitulé Nach Szondi (2016, trad. Après ou Selon Szondi) et consacré à la discipline de la littérature générale et comparée à l’Université libre de Berlin entre 1965 et 2015. Elle a été adressée au doyen de la faculté de philosophie le 26 mai 1965 par Peter Szondi. En avril 1965, celui-ci venait d’être nommé professeur ordinaire en littérature comparée1 (« Chronik », 2016, p. 454). Peter Szondi avait été classé primo et unico loco par une commission en novembre 1964 (p. 453), alors qu’il occupait durant un semestre la chaire de philologie allemande et d’études littéraires générales2 d’Eberhard Lämmert (p. 452), qui avait été créée en 1962 (p. 454). Le 5 mai 1965, le jeune professeur écrit une lettre pour « demander, au sens de l’accord d’engagement, la création d’un séminaire de littérature comparée3 » (p. 454). La lettre du 26 mai corrige partiellement cette requête, en proposant d’ajouter l’adjectif « général » aux noms de l’institut, de la chaire et de la discipline qui lui sont rattachés. Ce nom devra être « Littérature générale et comparée » ou, plus littéralement d’après l’allemand Allgemeine und Vergleichende Literaturwissenschaft, « Études littéraires générales et comparantes »4. En juillet 1963, dans une lettre adressée à Hans-Egon Hass, professeur ordinaire de germanistique à l’Université libre de Berlin, c’était déjà le nom que Peter Szondi donnait à la discipline : « Je préférerais une charge d’enseignement non pas en philologie allemande, mais en littérature générale et comparée5. » (1993, p. 132.) Comme le signale Jürgen Brokoff, cette « lettre du 26 mai 1965 est, d’une certaine manière, le document fondateur du séminaire de littérature générale et comparée de l’Université libre de Berlin6 » (2016, p. 22). La création de ce séminaire est acceptée par la faculté de philosophie en juin 1965 (« Chronik », 2016, p. 454) et décidée officiellement en décembre 1965 : « Il s’agit du premier institut créé sous ce nom dans une université allemande7 » (p. 455). Après le suicide de Peter Szondi en octobre 1971 – qui intervient quelques mois avant sa prise de poste à l’université de Zurich, prévue en avril 1972 (Albers, 2016, p. 10) –, son « séminaire » est renommé « institut » en octobre 1972 (« Chronik », 2016, p. 479). Il porte depuis 2005 le nom de son fondateur : l’Institut Peter Szondi de littérature </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Lettre au doyen du 26 mai 1965'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Lettre écrite par Peter Szondi en 1965, présentée ci-dessous par Romain Bionda. Présentation La lettre qui suit a été publiée dans un volume collectif intitulé Nach Szondi (2016, trad. Après ou Selon Szondi) et consacré à la discipline de la littérature générale et comparée à l’Université libre de Berlin entre 1965 et 2015. Elle a été adressée au doyen de la faculté de philosophie le 26 mai 1965 par Peter Szondi. En avril 1965, celui-ci venait d’être nommé professeur ordinaire en littérature comparée1 (« Chronik », 2016, p. 454). Peter Szondi avait été classé primo et unico loco par une commission en novembre 1964 (p. 453), alors qu’il occupait durant un semestre la chaire de philologie allemande et d’études littéraires générales2 d’Eberhard Lämmert (p. 452), qui avait été créée en 1962 (p. 454). Le 5 mai 1965, le jeune professeur écrit une lettre pour « demander, au sens de l’accord d’engagement, la création d’un séminaire de littérature comparée3 » (p. 454). La lettre du 26 mai corrige partiellement cette requête, en proposant d’ajouter l’adjectif « général » aux noms de l’institut, de la chaire et de la discipline qui lui sont rattachés. Ce nom devra être « Littérature générale et comparée » ou, plus littéralement d’après l’allemand Allgemeine und Vergleichende Literaturwissenschaft, « Études littéraires générales et comparantes »4. En juillet 1963, dans une lettre adressée à Hans-Egon Hass, professeur ordinaire de germanistique à l’Université libre de Berlin, c’était déjà le nom que Peter Szondi donnait à la discipline : « Je préférerais une charge d’enseignement non pas en philologie allemande, mais en littérature générale et comparée5. » (1993, p. 132.) Comme le signale Jürgen Brokoff, cette « lettre du 26 mai 1965 est, d’une certaine manière, le document fondateur du séminaire de littérature générale et comparée de l’Université libre de Berlin6 » (2016, p. 22). La création de ce séminaire est acceptée par la faculté de philosophie en juin 1965 (« Chronik », 2016, p. 454) et décidée officiellement en décembre 1965 : « Il s’agit du premier institut créé sous ce nom dans une université allemande7 » (p. 455). Après le suicide de Peter Szondi en octobre 1971 – qui intervient quelques mois avant sa prise de poste à l’université de Zurich, prévue en avril 1972 (Albers, 2016, p. 10) –, son « séminaire » est renommé « institut » en octobre 1972 (« Chronik », 2016, p. 479). Il porte depuis 2005 le nom de son fondateur : l’Institut Peter Szondi de littérature ]]></content:encoded>
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      <title>Edgar Quinet, inventeur de la littérature générale et comparée</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4824</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 22:16:46 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>« [Ma] religion littéraire et politique, je veux dire l’unité des Lettres et la fraternité des peuples modernes. » (Quinet, 1839, p. 282.) Edgar Quinet passe pour être l’inventeur de la littérature générale et comparée à la fois comme catégorie méthodologique et comme institution académique. Il en aurait inauguré lui-même l’enseignement au milieu du xixe siècle. Quinet, malgré sa célébrité, est assez peu étudié, et lorsqu’il l’est, son enseignement et ses écrits concernant la littérature sont à peine mentionnés en quelques lignes. Cette grande figure républicaine qui a été le collègue et alter ego de Jules Michelet au Collège de France est pourtant centrale pour comprendre l’histoire de la pensée française au xixe siècle. Deux textes parus en 1838 et 1839 dans la Revue des Deux Mondes sont le fondement de la littérature comparée, il s’agit de « L’unité des littératures modernes » et de « L’unité morale des peuples modernes », ce dernier article étant en fait la transcription du discours pour la leçon inaugurale de sa chaire de « Littérature étrangère » à Lyon. Ces textes présentent un double intérêt : d’une part, ils permettent d’éclairer la source d’une certaine définition de la littérature et de la philosophie morale et politique de Quinet présente dans l’ensemble de son œuvre ; d’autre part, ils fournissent un point d’appui pour étudier l’apparition en France de la notion de littérature comparée, son contexte politique et intellectuel et son apport méthodologique dans la sphère académique. En 1827-1828, le très jeune Quinet (il est né en 1803) traduit les Idées sur la philosophie de l’histoire de l’Humanité de Johann Gottfried von Herder ([1784-1791] 1827), publiées en Allemagne en 1774. Il fait précéder sa traduction d’une longue introduction intitulée « Étude sur le caractère et les écrits de Herder » ([1827] 1882). À cette date, les études sur la philosophie allemande étaient très peu développées en France ; son travail sera d’ailleurs salué par Goethe. D’abord Quinet est enthousiasmé par l’œuvre de Herder, mais celle-ci devient progressivement l’objet de critiques de la part de son traducteur. Quinet alors commence à se forger sa propre philosophie de l’histoire. Il lit en parallèle Bossuet, Discours sur l’histoire universelle, dont il élabore également une critique. Rappelons que pour Herder chaque peuple a un génie singulier qui s’exprime à certains moments de l’histoire. L’histoire elle-même est alors une série d’apparitions éclatantes et de décl</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Edgar Quinet, inventeur de la littérature générale et comparée'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>« [Ma] religion littéraire et politique, je veux dire l’unité des Lettres et la fraternité des peuples modernes. » (Quinet, 1839, p. 282.) Edgar Quinet passe pour être l’inventeur de la littérature générale et comparée à la fois comme catégorie méthodologique et comme institution académique. Il en aurait inauguré lui-même l’enseignement au milieu du xixe siècle. Quinet, malgré sa célébrité, est assez peu étudié, et lorsqu’il l’est, son enseignement et ses écrits concernant la littérature sont à peine mentionnés en quelques lignes. Cette grande figure républicaine qui a été le collègue et alter ego de Jules Michelet au Collège de France est pourtant centrale pour comprendre l’histoire de la pensée française au xixe siècle. Deux textes parus en 1838 et 1839 dans la Revue des Deux Mondes sont le fondement de la littérature comparée, il s’agit de « L’unité des littératures modernes » et de « L’unité morale des peuples modernes », ce dernier article étant en fait la transcription du discours pour la leçon inaugurale de sa chaire de « Littérature étrangère » à Lyon. Ces textes présentent un double intérêt : d’une part, ils permettent d’éclairer la source d’une certaine définition de la littérature et de la philosophie morale et politique de Quinet présente dans l’ensemble de son œuvre ; d’autre part, ils fournissent un point d’appui pour étudier l’apparition en France de la notion de littérature comparée, son contexte politique et intellectuel et son apport méthodologique dans la sphère académique. En 1827-1828, le très jeune Quinet (il est né en 1803) traduit les Idées sur la philosophie de l’histoire de l’Humanité de Johann Gottfried von Herder ([1784-1791] 1827), publiées en Allemagne en 1774. Il fait précéder sa traduction d’une longue introduction intitulée « Étude sur le caractère et les écrits de Herder » ([1827] 1882). À cette date, les études sur la philosophie allemande étaient très peu développées en France ; son travail sera d’ailleurs salué par Goethe. D’abord Quinet est enthousiasmé par l’œuvre de Herder, mais celle-ci devient progressivement l’objet de critiques de la part de son traducteur. Quinet alors commence à se forger sa propre philosophie de l’histoire. Il lit en parallèle Bossuet, Discours sur l’histoire universelle, dont il élabore également une critique. Rappelons que pour Herder chaque peuple a un génie singulier qui s’exprime à certains moments de l’histoire. L’histoire elle-même est alors une série d’apparitions éclatantes et de décl]]></content:encoded>
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      <title>Introduction : qu’est-ce que la littérature générale ?</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4818</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 18:32:23 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>Qu’il est respectable parce qu’il est le genre général et qu’en être c’est être général en même temps et aussi bien que particulier (le rêve de tous ceux qui ne sont que « particuliers », et le demeurent).(Guillaumin, 1984, p. 65.) Aux sources de ce numéro, un constat : la « littérature générale » constitue un impensé au sein des études littéraires, alors même qu’elle figure dans le nom de la discipline de littérature générale et comparée depuis plusieurs décennies. L’usage elliptique de « littérature comparée » s’est ainsi imposé, faisant l’élision de l’épithète « générale ». Celle-ci apparaît pourtant aux côtés de la littérature comparée peu de temps après l’entrée de la discipline à l’université, au début du xxe siècle. Parmi toutes les tentatives de définition de la générale, on peut distinguer deux ramifications majeures qui se succèdent chronologiquement et qui sont tantôt en continuité, tantôt en rupture avec la comparée. D’abord, une ramification qui prolonge la conception du comparatisme comme étude de plusieurs littératures, conjuguant la méthode historique et le principe de synthèse ; pensons ici à l’histoire littéraire générale ou internationale de Paul Van Tieghem, pour qui la littérature générale désignait un stade avancé du comparatisme littéraire. Cette conception atteint son apogée juste après la Seconde Guerre mondiale avec l’idée que la littérature comparée pourrait être un « instrument de compréhension internationale1 », une discipline de conciliation. Puis, dans la seconde moitié du xxe siècle, une tout autre définition de la générale vient marquer une rupture avec cette première conception totalisante. Le congrès de 1956 de la Société nationale française de littérature comparée (devenue en 1973 la Société française de littérature générale et comparée) a par ailleurs pour thème évocateur « Littérature générale et histoire des idées ». La littérature générale s’oriente désormais vers des questions de théorie littéraire, par conséquent sa visée synthétique a moins trait au généralisme englobant : il s’agit d’un généralisme plus formaliste, qui s’exprime par une articulation de la littérature générale et comparée avec les problématiques qui transcendent ses partages aréaux. Après ce constat, un postulat : la littérature comparée est inévitablement aussi générale, mais c’est la réciproque qui ne va pas de soi. Or les études dites générales, qui vont au-delà de la spécificité des littératures nationales, ne sont pas impérativement dépourvue</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Introduction : qu’est-ce que la littérature générale ?'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Qu’il est respectable parce qu’il est le genre général et qu’en être c’est être général en même temps et aussi bien que particulier (le rêve de tous ceux qui ne sont que « particuliers », et le demeurent).(Guillaumin, 1984, p. 65.) Aux sources de ce numéro, un constat : la « littérature générale » constitue un impensé au sein des études littéraires, alors même qu’elle figure dans le nom de la discipline de littérature générale et comparée depuis plusieurs décennies. L’usage elliptique de « littérature comparée » s’est ainsi imposé, faisant l’élision de l’épithète « générale ». Celle-ci apparaît pourtant aux côtés de la littérature comparée peu de temps après l’entrée de la discipline à l’université, au début du xxe siècle. Parmi toutes les tentatives de définition de la générale, on peut distinguer deux ramifications majeures qui se succèdent chronologiquement et qui sont tantôt en continuité, tantôt en rupture avec la comparée. D’abord, une ramification qui prolonge la conception du comparatisme comme étude de plusieurs littératures, conjuguant la méthode historique et le principe de synthèse ; pensons ici à l’histoire littéraire générale ou internationale de Paul Van Tieghem, pour qui la littérature générale désignait un stade avancé du comparatisme littéraire. Cette conception atteint son apogée juste après la Seconde Guerre mondiale avec l’idée que la littérature comparée pourrait être un « instrument de compréhension internationale1 », une discipline de conciliation. Puis, dans la seconde moitié du xxe siècle, une tout autre définition de la générale vient marquer une rupture avec cette première conception totalisante. Le congrès de 1956 de la Société nationale française de littérature comparée (devenue en 1973 la Société française de littérature générale et comparée) a par ailleurs pour thème évocateur « Littérature générale et histoire des idées ». La littérature générale s’oriente désormais vers des questions de théorie littéraire, par conséquent sa visée synthétique a moins trait au généralisme englobant : il s’agit d’un généralisme plus formaliste, qui s’exprime par une articulation de la littérature générale et comparée avec les problématiques qui transcendent ses partages aréaux. Après ce constat, un postulat : la littérature comparée est inévitablement aussi générale, mais c’est la réciproque qui ne va pas de soi. Or les études dites générales, qui vont au-delà de la spécificité des littératures nationales, ne sont pas impérativement dépourvue]]></content:encoded>
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      <title>La littérature générale, un savoir situé ? Généralisation et pluralisation</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4811</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 12:34:58 +0200</pubDate>
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      <description>La reconfiguration moderne de la « littérature » n’y a rien changé : les termes qui désignent les corpus littéraires (« belles-lettres », « littérature française », « littérature coréenne ») sont aussi ceux qui désignent l’étude de ces derniers. L’objet littéraire se confond avec un champ de recherches ; le champ implique (et cache) la construction de son objet. Bien que se plaçant a priori sur un plan différent, le syntagme « littérature générale » n’échappe pas à cette ambivalence. L’expression est aussi une expression de librairie, par ailleurs discutée, et assez révélatrice de ce dont procède souvent le général en littérature : non d’une généralisation, mais d’une exclusion, en l’occurrence celle des littératures dites « de genre ». D’un autre côté, l’étiquette « littérature générale » est bien souvent brandie en France lorsqu’on s’interroge sur l’appartenance disciplinaire d’un travail où les enjeux linguistiques et culturels sont faibles, et il s’agit alors d’éviter une exclusion du champ de la littérature générale et comparée, en rappelant que dans « littérature générale et comparée », il y a « général ». Mais que signifie alors « général » ? Quelque chose comme : certes, ce n’est pas comparatiste, mais c’est quand même « général-et-comparatiste », « comparatiste-parce-que-général ». La littérature générale apparaît ainsi d’emblée située, au sens le plus trivial du terme, à côté de la littérature comparée et en relation avec cette dernière. Mais elle a aussi une situation, au sens élaboré, après Sartre, par les études féministes et postcoloniales, qui se sont employées depuis les années 1980 à penser les intérêts et biais impensés de la recherche et à proposer des catégories d’analyse. Parmi elles, la situation, explicitée et revendiquée, constitue une méthode pour produire un nouveau type de discours de savoir. Si la théorie littéraire a ainsi été l’objet, récemment, de remarquables travaux1, la « littérature générale », embusquée derrière la théorie, reste cependant délaissée par ces approches, malgré les réflexions sur le général que l’on peut y trouver2. C’est l’objet du présent article que de proposer une tentative de situation de la « littérature générale », à la lumière d’une recherche elle-même située à la croisée des études littéraires et de l’indologie. Littérature générale et littérature comparée L’association de « générale » et « comparée » ne va en réalité pas de soi : l’appellation « littérature générale et comparée » est relativement </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La littérature générale, un savoir situé ? Généralisation et pluralisation'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>La reconfiguration moderne de la « littérature » n’y a rien changé : les termes qui désignent les corpus littéraires (« belles-lettres », « littérature française », « littérature coréenne ») sont aussi ceux qui désignent l’étude de ces derniers. L’objet littéraire se confond avec un champ de recherches ; le champ implique (et cache) la construction de son objet. Bien que se plaçant a priori sur un plan différent, le syntagme « littérature générale » n’échappe pas à cette ambivalence. L’expression est aussi une expression de librairie, par ailleurs discutée, et assez révélatrice de ce dont procède souvent le général en littérature : non d’une généralisation, mais d’une exclusion, en l’occurrence celle des littératures dites « de genre ». D’un autre côté, l’étiquette « littérature générale » est bien souvent brandie en France lorsqu’on s’interroge sur l’appartenance disciplinaire d’un travail où les enjeux linguistiques et culturels sont faibles, et il s’agit alors d’éviter une exclusion du champ de la littérature générale et comparée, en rappelant que dans « littérature générale et comparée », il y a « général ». Mais que signifie alors « général » ? Quelque chose comme : certes, ce n’est pas comparatiste, mais c’est quand même « général-et-comparatiste », « comparatiste-parce-que-général ». La littérature générale apparaît ainsi d’emblée située, au sens le plus trivial du terme, à côté de la littérature comparée et en relation avec cette dernière. Mais elle a aussi une situation, au sens élaboré, après Sartre, par les études féministes et postcoloniales, qui se sont employées depuis les années 1980 à penser les intérêts et biais impensés de la recherche et à proposer des catégories d’analyse. Parmi elles, la situation, explicitée et revendiquée, constitue une méthode pour produire un nouveau type de discours de savoir. Si la théorie littéraire a ainsi été l’objet, récemment, de remarquables travaux1, la « littérature générale », embusquée derrière la théorie, reste cependant délaissée par ces approches, malgré les réflexions sur le général que l’on peut y trouver2. C’est l’objet du présent article que de proposer une tentative de situation de la « littérature générale », à la lumière d’une recherche elle-même située à la croisée des études littéraires et de l’indologie. Littérature générale et littérature comparée L’association de « générale » et « comparée » ne va en réalité pas de soi : l’appellation « littérature générale et comparée » est relativement ]]></content:encoded>
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      <title>À la recherche de la littérature générale</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4793</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 12:17:41 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>Le terme de « littérature générale » reste aujourd’hui dans les noms des sociétés savantes (Société française de littérature générale et comparée), dans les intitulés de master (master de Littérature générale et comparée) sans que l’on sache vraiment ce que cela signifie. Il en va des mots « général » et « comparé » comme de ces termes anciens, surannés – tels que « vertu », « Monseigneur », « bouteille à l’encre » – qui sont restés dans l’usage, sans que l’on se souvienne vraiment de leur sens premier. Il nous arrive pourtant de buter sur ces appellations de « général » et de « comparé », quand il s’agit de présenter notre discipline hors du cercle des habitués, qui ont arrêté d’en questionner le sens. Nous sommes alors bien embarrassés, car notre matière semble loin d’avoir la transparence et la clarté des autres – et un collègue spécialiste d’« histoire médiévale » ou de « littérature contemporaine » paraît immédiatement accomplir un travail plus intéressant et plus accessible. Il n’en va pas seulement de notre image publique : il importe de comprendre ce que ces mots « général » et « comparé » signifient pour mieux savoir d’où viennent nos recherches et dans quelles directions elles évoluent, à l’heure où s’affirme la « littérature mondiale ». L’origine de la « littérature mondiale », en revanche, est bien connue. C’est le terme qu’emploie Goethe, dans une lettre de 1827, pour définir son ambition pour la littérature allemande : Je suis convaincu qu’une littérature mondiale est en train de se former, que toutes les nations y sont enclines et qu’elles font donc des pas amicaux. C’est ici que l’Allemand peut agir le plus, il aura un beau rôle à jouer dans ce grand rassemblement. Nous n’avons pas besoin d’aider la marée montante anglaise, nous devons attendre de voir ce qu’il adviendra de cette inondation. Les Français et les Italiens, en revanche, doivent être amenés discrètement, dans la mesure du possible, car leurs œuvres, même méritantes, ne plaisent pas vraiment au palais et à l’esprit allemands1. (Lettre à Adolf Friedrich Carl Streckfuß du 27 janvier 1827, Goethe, 1827, je traduis.) Pour Goethe la « Weltliteratur » correspond au projet de rassembler les littératures par-delà les frontières nationales, qui « sont disposées [geneigt sind] » à faire des « pas amicaux [freundliche Schritte] » ensemble. Cette idée d’ouverture et de communion est pourtant nuancée dans la suite de sa lettre. La rencontre des différentes littératures doit servir le « rôle </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='À la recherche de la littérature générale'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le terme de « littérature générale » reste aujourd’hui dans les noms des sociétés savantes (Société française de littérature générale et comparée), dans les intitulés de master (master de Littérature générale et comparée) sans que l’on sache vraiment ce que cela signifie. Il en va des mots « général » et « comparé » comme de ces termes anciens, surannés – tels que « vertu », « Monseigneur », « bouteille à l’encre » – qui sont restés dans l’usage, sans que l’on se souvienne vraiment de leur sens premier. Il nous arrive pourtant de buter sur ces appellations de « général » et de « comparé », quand il s’agit de présenter notre discipline hors du cercle des habitués, qui ont arrêté d’en questionner le sens. Nous sommes alors bien embarrassés, car notre matière semble loin d’avoir la transparence et la clarté des autres – et un collègue spécialiste d’« histoire médiévale » ou de « littérature contemporaine » paraît immédiatement accomplir un travail plus intéressant et plus accessible. Il n’en va pas seulement de notre image publique : il importe de comprendre ce que ces mots « général » et « comparé » signifient pour mieux savoir d’où viennent nos recherches et dans quelles directions elles évoluent, à l’heure où s’affirme la « littérature mondiale ». L’origine de la « littérature mondiale », en revanche, est bien connue. C’est le terme qu’emploie Goethe, dans une lettre de 1827, pour définir son ambition pour la littérature allemande : Je suis convaincu qu’une littérature mondiale est en train de se former, que toutes les nations y sont enclines et qu’elles font donc des pas amicaux. C’est ici que l’Allemand peut agir le plus, il aura un beau rôle à jouer dans ce grand rassemblement. Nous n’avons pas besoin d’aider la marée montante anglaise, nous devons attendre de voir ce qu’il adviendra de cette inondation. Les Français et les Italiens, en revanche, doivent être amenés discrètement, dans la mesure du possible, car leurs œuvres, même méritantes, ne plaisent pas vraiment au palais et à l’esprit allemands1. (Lettre à Adolf Friedrich Carl Streckfuß du 27 janvier 1827, Goethe, 1827, je traduis.) Pour Goethe la « Weltliteratur » correspond au projet de rassembler les littératures par-delà les frontières nationales, qui « sont disposées [geneigt sind] » à faire des « pas amicaux [freundliche Schritte] » ensemble. Cette idée d’ouverture et de communion est pourtant nuancée dans la suite de sa lettre. La rencontre des différentes littératures doit servir le « rôle ]]></content:encoded>
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      <title>La littérature générale et comparée française : brève histoire et contextualisation du général dans les contours d’une discipline</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4782</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 12:07:29 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>En France, la discipline comparatiste est aujourd’hui officiellement désignée par le sigle « LGC » – littérature générale et comparée –, souvent abrégé par l’économie du général en « LC » – littérature comparée. Pourtant, l’adjectif générale n’apparaît dans la désignation de la discipline qu’à partir des années 1970. Auparavant et depuis son institutionnalisation au début du xxe siècle, la discipline s’intitulait « littérature comparée », formulation parfois orthographiée au pluriel. Tout comme l’adjectif comparée associé à littérature n’a jamais été une caractérisation interne de la littérature mais a toujours désigné une approche, une démarche (et l’histoire de la discipline montre bien que la définition de la démarche comparatiste n’a rien d’universel ni d’atemporel, qu’elle a connu en France des évolutions importantes et qu’elle ne recouvre pas exactement les mêmes pratiques ailleurs qu’en France), l’adjectif générale – quoi qu’ait pu recouvrir le terme et qu’il recouvre aujourd’hui – n’a jamais constitué une qualification interne de la littérature (une littérature qui serait générale par opposition à une littérature qui ne le serait pas) mais bien une démarche dans l’étude de la littérature. De fait, ce que toutes les définitions de la notion ont en commun au-delà de leurs différences, c’est de désigner une approche, qualifiée de générale, de la littérature et des faits littéraires. Si les premiers « Que sais-je ? » présentant la discipline – celui de Marius-François Guyard en 1951 puis celui d’Yves Chevrel en 1989 – ne mentionnent pas la littérature générale dans son rapport à la littérature comparée, l’édition refondue de 2006 comporte une section intitulée « Littérature comparée, littérature générale » (p. 17-18). Chevrel souligne, d’une part, que « la littérature comparée est à entendre comme la science comparative de la littérature » (p. 4) et, d’autre part, que l’introduction de l’adjectif générale au début des années 1970 « a l’intérêt de relier deux perspectives : le souci d’interroger le concept de littérature, la prise en compte d’un corpus non seulement varié mais aussi composé de traditions différentes » ([1989] 2023, p. 18). En commençant à rédiger cet article, je pensais m’attacher à deux moments des débats autour de la question du général dans son rapport à la discipline comparatiste (les années 1970 et les années 2000) parce que je croyais pouvoir ainsi dégager un mouvement qui aurait fait passer une discipline pensée, dans les débuts </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La littérature générale et comparée française : brève histoire et contextualisation du général dans les contours d’une discipline'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En France, la discipline comparatiste est aujourd’hui officiellement désignée par le sigle « LGC » – littérature générale et comparée –, souvent abrégé par l’économie du général en « LC » – littérature comparée. Pourtant, l’adjectif générale n’apparaît dans la désignation de la discipline qu’à partir des années 1970. Auparavant et depuis son institutionnalisation au début du xxe siècle, la discipline s’intitulait « littérature comparée », formulation parfois orthographiée au pluriel. Tout comme l’adjectif comparée associé à littérature n’a jamais été une caractérisation interne de la littérature mais a toujours désigné une approche, une démarche (et l’histoire de la discipline montre bien que la définition de la démarche comparatiste n’a rien d’universel ni d’atemporel, qu’elle a connu en France des évolutions importantes et qu’elle ne recouvre pas exactement les mêmes pratiques ailleurs qu’en France), l’adjectif générale – quoi qu’ait pu recouvrir le terme et qu’il recouvre aujourd’hui – n’a jamais constitué une qualification interne de la littérature (une littérature qui serait générale par opposition à une littérature qui ne le serait pas) mais bien une démarche dans l’étude de la littérature. De fait, ce que toutes les définitions de la notion ont en commun au-delà de leurs différences, c’est de désigner une approche, qualifiée de générale, de la littérature et des faits littéraires. Si les premiers « Que sais-je ? » présentant la discipline – celui de Marius-François Guyard en 1951 puis celui d’Yves Chevrel en 1989 – ne mentionnent pas la littérature générale dans son rapport à la littérature comparée, l’édition refondue de 2006 comporte une section intitulée « Littérature comparée, littérature générale » (p. 17-18). Chevrel souligne, d’une part, que « la littérature comparée est à entendre comme la science comparative de la littérature » (p. 4) et, d’autre part, que l’introduction de l’adjectif générale au début des années 1970 « a l’intérêt de relier deux perspectives : le souci d’interroger le concept de littérature, la prise en compte d’un corpus non seulement varié mais aussi composé de traditions différentes » ([1989] 2023, p. 18). En commençant à rédiger cet article, je pensais m’attacher à deux moments des débats autour de la question du général dans son rapport à la discipline comparatiste (les années 1970 et les années 2000) parce que je croyais pouvoir ainsi dégager un mouvement qui aurait fait passer une discipline pensée, dans les débuts ]]></content:encoded>
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      <title>Une utopie sémantique : étude des modalités de réception de la théorie queer en France</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4729</link>
      <pubDate>Fri, 21 Nov 2025 18:05:10 +0100</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>L’usage du terme « queer » en anglais, depuis sa réappropriation par les discours militants et académiques, peut se comprendre comme une utopie sémantique : « queer » a apporté une nouvelle unité de signification permettant de décrire et de rassembler ce qui ne pouvait pas l’être, ou l’était de manière insatisfaisante dans le domaine des études gaies et lesbiennes1. Lors de son émergence aux États-Unis comme lors de son importation en France, le terme a été choisi sciemment, pour sa portée tant polémique qu’heuristique afin de déplacer la réalité, la porter ailleurs, en produisant de nouveaux savoirs. Cette utopie a été performative : elle a influé sur la perception de ce qui existait, sur la manière de (se) dire et sur la compréhension du monde. L’usage du terme « queer » a dessiné un horizon de possibilités, ce qui fait dire par exemple à José Esteban Muñoz, que « la queerness est un mode de désir structurant et éduqué qui nous permet de voir et de sentir par-delà le marécage du présent » (Muñoz, [2009] 2021, p. 19). Ce recours au terme « queer » et à ses dérivés (queerness, queeritude, queerisation queeriser…) s’inscrit dans un projet de définition alternative, qui ouvre un futur épistémologique permettant d’imaginer « à quoi ressemblerait ou à quoi ressemble une culture lorsqu’elle n’est pas hétéronormative » (Lebovici, 2021, p. 10). L’utopie queer inaugure des pratiques de transformation de la vision du monde. Le terme « queer » se transforme lui-même au fur et à mesure de son appropriation et de la diversification de ses usages. C’est ce qui sera discuté à partir de l’analyse des conditions et des modalités d’exposition aux idées queers en France. Comment ont-elles été intégrées dans les traditions nationales de la pensée critique ? Se sont-elles transformées sous l’effet de leur traduction et de leur institutionnalisation ? Les réponses seront apportées à partir d’une socio-histoire de la réception du mot queer en France, combinée à l’étude des conditions et des modalités d’exposition de ce qu’il désigne. Pour cela, nous nous fonderons sur l’étude des catalogues de traductions et de publications des textes queers, sur l’étude des premières thèses portant sur le queer ou utilisant « queer » pour qualifier de nouveaux objets académiques, tout en situant les initiatives pionnières, comme le séminaire du Zoo organisé par Sam Bourcier, qui ont contribué à la diffusion à la fois académique et militante du terme. Notre démarche identifiera également les dé</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Une utopie sémantique : étude des modalités de réception de la théorie queer en France'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’usage du terme « queer » en anglais, depuis sa réappropriation par les discours militants et académiques, peut se comprendre comme une utopie sémantique : « queer » a apporté une nouvelle unité de signification permettant de décrire et de rassembler ce qui ne pouvait pas l’être, ou l’était de manière insatisfaisante dans le domaine des études gaies et lesbiennes1. Lors de son émergence aux États-Unis comme lors de son importation en France, le terme a été choisi sciemment, pour sa portée tant polémique qu’heuristique afin de déplacer la réalité, la porter ailleurs, en produisant de nouveaux savoirs. Cette utopie a été performative : elle a influé sur la perception de ce qui existait, sur la manière de (se) dire et sur la compréhension du monde. L’usage du terme « queer » a dessiné un horizon de possibilités, ce qui fait dire par exemple à José Esteban Muñoz, que « la queerness est un mode de désir structurant et éduqué qui nous permet de voir et de sentir par-delà le marécage du présent » (Muñoz, [2009] 2021, p. 19). Ce recours au terme « queer » et à ses dérivés (queerness, queeritude, queerisation queeriser…) s’inscrit dans un projet de définition alternative, qui ouvre un futur épistémologique permettant d’imaginer « à quoi ressemblerait ou à quoi ressemble une culture lorsqu’elle n’est pas hétéronormative » (Lebovici, 2021, p. 10). L’utopie queer inaugure des pratiques de transformation de la vision du monde. Le terme « queer » se transforme lui-même au fur et à mesure de son appropriation et de la diversification de ses usages. C’est ce qui sera discuté à partir de l’analyse des conditions et des modalités d’exposition aux idées queers en France. Comment ont-elles été intégrées dans les traditions nationales de la pensée critique ? Se sont-elles transformées sous l’effet de leur traduction et de leur institutionnalisation ? Les réponses seront apportées à partir d’une socio-histoire de la réception du mot queer en France, combinée à l’étude des conditions et des modalités d’exposition de ce qu’il désigne. Pour cela, nous nous fonderons sur l’étude des catalogues de traductions et de publications des textes queers, sur l’étude des premières thèses portant sur le queer ou utilisant « queer » pour qualifier de nouveaux objets académiques, tout en situant les initiatives pionnières, comme le séminaire du Zoo organisé par Sam Bourcier, qui ont contribué à la diffusion à la fois académique et militante du terme. Notre démarche identifiera également les dé]]></content:encoded>
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      <title>Lire la négativité queer dans Saute ma ville (1968) de Chantal Akerman</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4710</link>
      <pubDate>Wed, 19 Nov 2025 17:42:02 +0100</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>Saute ma ville (1968) marque le début de la carrière cinématographique de la réalisatrice, actrice, écrivaine et artiste Chantal Akerman (1950-2015)1. Dans ce court-métrage de treize minutes, Akerman joue le seul personnage. L’image montre d’abord un complexe résidentiel sur lequel le titre et la dédicace apparaissent, ensuite un immeuble filmé de bas en haut, puis l’arrivée précipitée de la jeune protagoniste. Elle entre dans son immeuble, prend son courrier, court vers l’ascenseur et, sans attendre qu’il arrive, monte les escaliers quatre à quatre en criant « pipi ! ». Une voix hors-champ accompagne l’arrivée de la protagoniste. Elle chante le mouvement « Tambourin » de la Suite en mi mineur (1724) de Jean-Philippe Rameau. Cette danse baroque conçue pour le clavecin est transposée par la voix d’Akerman, qui la chante en prenant ses libertés avec le rythme de danse écrit par Rameau, modérant la vitesse en fonction de l’essoufflement de son personnage qui monte les escaliers en même temps. C’est le premier de plusieurs refus. Une fois arrivée dans son appartement – la suite du film se déroule uniquement dans la cuisine –, une série d’actes se succèdent. La protagoniste scotche l’encadrement de la porte fermée sans faire attention à son travail et abandonne vite la tâche, se mettant à table pour manger. N’ayant pas terminé son plat, elle le place par terre, casse le robinet en essayant de boire dedans, met de l’eau à bouillir sur le feu et retourne à la porte. Ensuite, la protagoniste commence à accomplir des tâches ménagères à l’envers. Après avoir jeté un seau d’eau sur les poêles et produits éparpillés par terre, la protagoniste passe le balai avec de grands gestes exagérés. De temps en temps, elle reprend le travail de calfeutrer la porte. La voix hors-champ accompagne les actes réalisés dans la cuisine et annonce l’explosion que la coupe au noir remplace visuellement. En effet, dans les dernières minutes du film, la protagoniste met le feu à une lettre qu’elle a reçue et s’allonge la tête à côté du gaz ouvert en mimant le suicide, un bouquet de fleurs dans la main gauche. L’écran coupe au noir et nous entendons la voix hors-champ annoncer « bang ! », puis une série d’explosions. Le tournage de ce film en noir et blanc a été réalisé au cours d’une nuit par une équipe de trois personnes, dont Akerman, et il se déroule dans la cuisine de ses parents à Bruxelles (Rich, 2016, p. 17). Akerman explique dans un entretien avec B. Ruby Rich que cela est dû au fa</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Lire la négativité queer dans Saute ma ville (1968) de Chantal Akerman'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Saute ma ville (1968) marque le début de la carrière cinématographique de la réalisatrice, actrice, écrivaine et artiste Chantal Akerman (1950-2015)1. Dans ce court-métrage de treize minutes, Akerman joue le seul personnage. L’image montre d’abord un complexe résidentiel sur lequel le titre et la dédicace apparaissent, ensuite un immeuble filmé de bas en haut, puis l’arrivée précipitée de la jeune protagoniste. Elle entre dans son immeuble, prend son courrier, court vers l’ascenseur et, sans attendre qu’il arrive, monte les escaliers quatre à quatre en criant « pipi ! ». Une voix hors-champ accompagne l’arrivée de la protagoniste. Elle chante le mouvement « Tambourin » de la Suite en mi mineur (1724) de Jean-Philippe Rameau. Cette danse baroque conçue pour le clavecin est transposée par la voix d’Akerman, qui la chante en prenant ses libertés avec le rythme de danse écrit par Rameau, modérant la vitesse en fonction de l’essoufflement de son personnage qui monte les escaliers en même temps. C’est le premier de plusieurs refus. Une fois arrivée dans son appartement – la suite du film se déroule uniquement dans la cuisine –, une série d’actes se succèdent. La protagoniste scotche l’encadrement de la porte fermée sans faire attention à son travail et abandonne vite la tâche, se mettant à table pour manger. N’ayant pas terminé son plat, elle le place par terre, casse le robinet en essayant de boire dedans, met de l’eau à bouillir sur le feu et retourne à la porte. Ensuite, la protagoniste commence à accomplir des tâches ménagères à l’envers. Après avoir jeté un seau d’eau sur les poêles et produits éparpillés par terre, la protagoniste passe le balai avec de grands gestes exagérés. De temps en temps, elle reprend le travail de calfeutrer la porte. La voix hors-champ accompagne les actes réalisés dans la cuisine et annonce l’explosion que la coupe au noir remplace visuellement. En effet, dans les dernières minutes du film, la protagoniste met le feu à une lettre qu’elle a reçue et s’allonge la tête à côté du gaz ouvert en mimant le suicide, un bouquet de fleurs dans la main gauche. L’écran coupe au noir et nous entendons la voix hors-champ annoncer « bang ! », puis une série d’explosions. Le tournage de ce film en noir et blanc a été réalisé au cours d’une nuit par une équipe de trois personnes, dont Akerman, et il se déroule dans la cuisine de ses parents à Bruxelles (Rich, 2016, p. 17). Akerman explique dans un entretien avec B. Ruby Rich que cela est dû au fa]]></content:encoded>
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      <title>Pensées de la bisexualité : regards sur une « queen des queers »… à la française</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4687</link>
      <pubDate>Tue, 18 Nov 2025 16:18:38 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4687</guid>
      <category>lht</category>
      <description>En 2010, à l’occasion de la réédition de son article « Le rire de la Méduse » (Cixous, 1975b), Hélène Cixous nomme Méduse « [u]ne queer. D’autres disent », précise-t-elle, « la queen des queers. La littérature comme telle est queer. » ([1975] 2010, p. 32-33.) Or Hélène Cixous est historiquement l’une des écrivaines majeures du moment féministe des années 1970-1980 et elle est, dans ce cadre, la principale penseuse de la bisexualité, ou plus précisément de « l’autre bisexualité », qu’elle identifie en 1975 dans La Jeune Née : une bisexualité qui se montre « monstre », qui rit (comme Méduse), qui s’identifie fluide, ouverte, mobile (1975a, p. 155). La bisexualité, chez Cixous, n’est ni une évidence descriptive de réalités sexuellement vécues, ni une référence classique – celle des androgynes du Banquet de Platon –, ni encore un souvenir de l’ange androgyne de la période dite décadente (Causse, 1980), non plus seulement une idée psychanalytique – où la bisexualité se référerait à la complexité des parts féminine et masculine qui se mêlent dans la psyché de chacun et chacune, en proportions variées et problématiques. Si la bisexualité de Cixous est « autre », c’est qu’elle accueille la « différance » au sens derridéen (Derrida, 1967a et 1967b), c’est-à-dire ce qui tend à l’au-delà du binaire, à l’informulé et surtout à l’incertain, à une attente curieuse. Cette notion est vouée à devenir, comme Cixous le reconnaît en 1983, l’une des premières « championnes » théoriques, d’« allure fière et belliqueuse » ([1983] 2021, p. 29-30), de sa carrière. Beaucoup de travaux se sont intéressés à la dimension queer de l’œuvre d’Hélène Cixous, particulièrement dans les sphères anglophones (à titre d’exemples parmi une vaste bibliographie, voir Cooper, 2000 ; Bostow, 2019 ; Setti, 2019 ; Cassigneul, 2021 ; Watson, 2022). Deux éléments, surtout, sont mobilisés pour traiter ce sujet : d’une part, ce que l’autrice en dit elle-même ; d’autre part, ce qui relève d’une proximité entre les théories queers et la pensée de la déconstruction, soit via le développement du mythe de la Méduse, soit via la conceptualisation de « l’autre bisexualité ». Le terme « queer » renvoie fréquemment, dans ces travaux, au sens très abstrait d’une construction intellectuelle et langagière étrange, comique ou monstrueuse, faite d’hypothèses, d’attentes, d’utopies éphémères ou construites par bribes1. Le point de départ de la notion même réside pourtant historiquement dans une question d’identité sexue</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Pensées de la bisexualité : regards sur une « queen des queers »… à la française'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En 2010, à l’occasion de la réédition de son article « Le rire de la Méduse » (Cixous, 1975b), Hélène Cixous nomme Méduse « [u]ne queer. D’autres disent », précise-t-elle, « la queen des queers. La littérature comme telle est queer. » ([1975] 2010, p. 32-33.) Or Hélène Cixous est historiquement l’une des écrivaines majeures du moment féministe des années 1970-1980 et elle est, dans ce cadre, la principale penseuse de la bisexualité, ou plus précisément de « l’autre bisexualité », qu’elle identifie en 1975 dans La Jeune Née : une bisexualité qui se montre « monstre », qui rit (comme Méduse), qui s’identifie fluide, ouverte, mobile (1975a, p. 155). La bisexualité, chez Cixous, n’est ni une évidence descriptive de réalités sexuellement vécues, ni une référence classique – celle des androgynes du Banquet de Platon –, ni encore un souvenir de l’ange androgyne de la période dite décadente (Causse, 1980), non plus seulement une idée psychanalytique – où la bisexualité se référerait à la complexité des parts féminine et masculine qui se mêlent dans la psyché de chacun et chacune, en proportions variées et problématiques. Si la bisexualité de Cixous est « autre », c’est qu’elle accueille la « différance » au sens derridéen (Derrida, 1967a et 1967b), c’est-à-dire ce qui tend à l’au-delà du binaire, à l’informulé et surtout à l’incertain, à une attente curieuse. Cette notion est vouée à devenir, comme Cixous le reconnaît en 1983, l’une des premières « championnes » théoriques, d’« allure fière et belliqueuse » ([1983] 2021, p. 29-30), de sa carrière. Beaucoup de travaux se sont intéressés à la dimension queer de l’œuvre d’Hélène Cixous, particulièrement dans les sphères anglophones (à titre d’exemples parmi une vaste bibliographie, voir Cooper, 2000 ; Bostow, 2019 ; Setti, 2019 ; Cassigneul, 2021 ; Watson, 2022). Deux éléments, surtout, sont mobilisés pour traiter ce sujet : d’une part, ce que l’autrice en dit elle-même ; d’autre part, ce qui relève d’une proximité entre les théories queers et la pensée de la déconstruction, soit via le développement du mythe de la Méduse, soit via la conceptualisation de « l’autre bisexualité ». Le terme « queer » renvoie fréquemment, dans ces travaux, au sens très abstrait d’une construction intellectuelle et langagière étrange, comique ou monstrueuse, faite d’hypothèses, d’attentes, d’utopies éphémères ou construites par bribes1. Le point de départ de la notion même réside pourtant historiquement dans une question d’identité sexue]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Advenir queer dans Viendra le temps du feu de Wendy Delorme</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4675</link>
      <pubDate>Fri, 14 Nov 2025 17:07:44 +0100</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>Les questions de temporalité sont au cœur de la pensée queer et suscitent de multiples réflexions depuis plusieurs décennies. L’une des controverses les plus emblématiques de cette tendance remonte à 2005, lors de la convention de la MLA (Modern Language Association), où s’opposaient les défenseurs d’un positionnement queer antisocial et les défenseurs de la relationalité, autrement dit de nouvelles relations sociales (Caserio et al., 2006). Pour les premiers, inspirés notamment par Lee Edelman, auteur de Merde au futur ([2004] 2016), il s’agit de ne pas céder aux pressions sociales qui imposent aux sujets queers de se soucier d’un futur qui fait de la figure de l’enfant à venir et de son bien-être l’objectif central. Puisque ce futur reproductif et hétéronormatif1 stigmatise les formes de socialité alternatives, la thèse antisociale préconise de lutter contre un tel projet de société en embrassant la négation du futur. Même s’ils partagent le diagnostic établi par les antisociaux, les tenants de la relationalité proposent une solution moins radicale qui, chez le penseur José Esteban Muñoz, s’incarne dans ce qu’il appelle « futurity » ou, dans sa version française, l’advenir (Muñoz, [2009] 2021). Contrairement au futur reproductif, l’advenir est défini comme le souci du futur émergeant face à l’insatisfaction du présent. Une telle définition s’applique particulièrement bien aux minorités sexuelles puisque, comme l’explique Muñoz dans Cruiser l’utopie. L’après et ailleurs de l’advenir queer ([2009] 2021), l’identité queer n’est pas encore achevée et constitue plutôt un horizon vers lequel les sujets peuvent s’orienter pour faire face aux difficultés du présent : « Le présent n’est pas suffisant. Il est appauvri et toxique pour les personnes queers et les autres personnes qui ne ressentent pas le privilège de l’appartenance majoritaire, des goûts normatifs et des attentes “rationnelles”. » (Muñoz, [2009] 2021, p. 27.) Il est intéressant de remarquer que si Muñoz semble ici utiliser le terme « queer » dans son acception commune, c’est-à-dire ayant rapport à l’orientation sexuelle, la queerité en tant qu’horizon s’envisage surtout comme une notion temporelle orientée vers le futur (Muñoz, [2009] 2021, p. 1). José Esteban Muñoz montre ainsi que la critique queer du présent, loin d’être uniquement une affaire de sexualité, peut impliquer d’autres aspects minoritaires, notamment dans une perspective intersectionnelle, avec par exemple les « queers of color », aux</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Advenir queer dans Viendra le temps du feu de Wendy Delorme'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Les questions de temporalité sont au cœur de la pensée queer et suscitent de multiples réflexions depuis plusieurs décennies. L’une des controverses les plus emblématiques de cette tendance remonte à 2005, lors de la convention de la MLA (Modern Language Association), où s’opposaient les défenseurs d’un positionnement queer antisocial et les défenseurs de la relationalité, autrement dit de nouvelles relations sociales (Caserio et al., 2006). Pour les premiers, inspirés notamment par Lee Edelman, auteur de Merde au futur ([2004] 2016), il s’agit de ne pas céder aux pressions sociales qui imposent aux sujets queers de se soucier d’un futur qui fait de la figure de l’enfant à venir et de son bien-être l’objectif central. Puisque ce futur reproductif et hétéronormatif1 stigmatise les formes de socialité alternatives, la thèse antisociale préconise de lutter contre un tel projet de société en embrassant la négation du futur. Même s’ils partagent le diagnostic établi par les antisociaux, les tenants de la relationalité proposent une solution moins radicale qui, chez le penseur José Esteban Muñoz, s’incarne dans ce qu’il appelle « futurity » ou, dans sa version française, l’advenir (Muñoz, [2009] 2021). Contrairement au futur reproductif, l’advenir est défini comme le souci du futur émergeant face à l’insatisfaction du présent. Une telle définition s’applique particulièrement bien aux minorités sexuelles puisque, comme l’explique Muñoz dans Cruiser l’utopie. L’après et ailleurs de l’advenir queer ([2009] 2021), l’identité queer n’est pas encore achevée et constitue plutôt un horizon vers lequel les sujets peuvent s’orienter pour faire face aux difficultés du présent : « Le présent n’est pas suffisant. Il est appauvri et toxique pour les personnes queers et les autres personnes qui ne ressentent pas le privilège de l’appartenance majoritaire, des goûts normatifs et des attentes “rationnelles”. » (Muñoz, [2009] 2021, p. 27.) Il est intéressant de remarquer que si Muñoz semble ici utiliser le terme « queer » dans son acception commune, c’est-à-dire ayant rapport à l’orientation sexuelle, la queerité en tant qu’horizon s’envisage surtout comme une notion temporelle orientée vers le futur (Muñoz, [2009] 2021, p. 1). José Esteban Muñoz montre ainsi que la critique queer du présent, loin d’être uniquement une affaire de sexualité, peut impliquer d’autres aspects minoritaires, notamment dans une perspective intersectionnelle, avec par exemple les « queers of color », aux]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Le monde à l’envers : itinéraire d’une pensée queer dans Les États et Empires de la Lune et du Soleil (Cyrano de Bergerac, 1657 et 1662)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4665</link>
      <pubDate>Fri, 14 Nov 2025 11:59:16 +0100</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>À mi-chemin entre fiction fantastique et relation de voyage, Cyrano offre deux récits inclassables. Le premier relate un voyage dans la lune ; le second, un voyage dans le soleil. Ces récits, qui forment un diptyque, portent pour titres respectifs : Histoire comique de Monsieur de Cyrano contenant les États et Empires de la Lune (1657) et Histoire comique des États et Empires du Soleil (1662). Les deux titres sont très souvent unifiés par la critique sous l’appellation L’Autre Monde, initialement accolée aux manuscrits de la Lune. Les récits des États et Empires de la Lune partent de l’hypothèse bouffonne que la « lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune » (Cyrano de Bergerac, [1657] 2004, p. 6). Fort de ce présupposé, Dyrcona, le protagoniste et narrateur de l’histoire, tente un premier envol vers la lune, mais il atterrit au Canada. Là, il rencontre le gouverneur de la province, M. de Montmagny, avec lequel il mène quelques dialogues réflexifs sur les lois physiques qui régissent notre univers. Toujours déterminé à vérifier son hypothèse, Dyrcona s’envole une seconde fois vers la lune. Cet envol le mène au paradis terrestre ; il en est cependant banni pour propos blasphématoires. Il parvient enfin sur la lune, et fait tout d’abord un séjour en ville. Objet de curiosité, il est ensuite transféré à la cour pour y être exhibé, puis jugé en procès. Après une amende honorable, il entame un nouveau séjour en ville. Cette fois-ci, il réside dans la maison d’un habitant de la lune. C’est l’occasion pour le protagoniste de débattre du fonctionnement de la société sélénite et d’en observer les us et coutumes. Ayant à nouveau blasphémé, Dyrcona est précipité de la lune vers la terre. Les États et Empires du Soleil, bien qu’inachevés, sont le miroir du récit lunaire. La narration s’ouvre sur les déboires de Dyrcona qui, consécutivement à la publication de ses aventures sélénites, se fait pourchasser et emprisonner à Toulouse. Il s’échappe de sa prison et s’envole vers le soleil. Avant d’atteindre l’astre solaire, il fait un premier séjour sur une macule, c’est-à-dire un satellite du soleil, puis il continue son voyage. Ayant atterri sur le soleil, Dyrcona arrive dans les régions lumineuses de l’astre, où il observe le principe de métamorphose de la matière protéiforme. Il continue vers les régions opaques. Sur ces terres, il découvre le royaume des oiseaux où il subit un nouveau procès. Gracié, Dyrcona poursuit son exploration des régions opaque</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le monde à l’envers : itinéraire d’une pensée queer dans Les États et Empires de la Lune et du Soleil (Cyrano de Bergerac, 1657 et 1662)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>À mi-chemin entre fiction fantastique et relation de voyage, Cyrano offre deux récits inclassables. Le premier relate un voyage dans la lune ; le second, un voyage dans le soleil. Ces récits, qui forment un diptyque, portent pour titres respectifs : Histoire comique de Monsieur de Cyrano contenant les États et Empires de la Lune (1657) et Histoire comique des États et Empires du Soleil (1662). Les deux titres sont très souvent unifiés par la critique sous l’appellation L’Autre Monde, initialement accolée aux manuscrits de la Lune. Les récits des États et Empires de la Lune partent de l’hypothèse bouffonne que la « lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune » (Cyrano de Bergerac, [1657] 2004, p. 6). Fort de ce présupposé, Dyrcona, le protagoniste et narrateur de l’histoire, tente un premier envol vers la lune, mais il atterrit au Canada. Là, il rencontre le gouverneur de la province, M. de Montmagny, avec lequel il mène quelques dialogues réflexifs sur les lois physiques qui régissent notre univers. Toujours déterminé à vérifier son hypothèse, Dyrcona s’envole une seconde fois vers la lune. Cet envol le mène au paradis terrestre ; il en est cependant banni pour propos blasphématoires. Il parvient enfin sur la lune, et fait tout d’abord un séjour en ville. Objet de curiosité, il est ensuite transféré à la cour pour y être exhibé, puis jugé en procès. Après une amende honorable, il entame un nouveau séjour en ville. Cette fois-ci, il réside dans la maison d’un habitant de la lune. C’est l’occasion pour le protagoniste de débattre du fonctionnement de la société sélénite et d’en observer les us et coutumes. Ayant à nouveau blasphémé, Dyrcona est précipité de la lune vers la terre. Les États et Empires du Soleil, bien qu’inachevés, sont le miroir du récit lunaire. La narration s’ouvre sur les déboires de Dyrcona qui, consécutivement à la publication de ses aventures sélénites, se fait pourchasser et emprisonner à Toulouse. Il s’échappe de sa prison et s’envole vers le soleil. Avant d’atteindre l’astre solaire, il fait un premier séjour sur une macule, c’est-à-dire un satellite du soleil, puis il continue son voyage. Ayant atterri sur le soleil, Dyrcona arrive dans les régions lumineuses de l’astre, où il observe le principe de métamorphose de la matière protéiforme. Il continue vers les régions opaques. Sur ces terres, il découvre le royaume des oiseaux où il subit un nouveau procès. Gracié, Dyrcona poursuit son exploration des régions opaque]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Généalogie d’un trouble : la réception de Monsieur Vénus de Rachilde (1884-1889)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4652</link>
      <pubDate>Thu, 13 Nov 2025 22:00:05 +0100</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>« Ce livre bizarre sera lu et fera réfléchir » (Mélandri, 1884, p. 5) : voici la manière prémonitoire dont le journaliste Achille Mélandri qualifie en 1884 Monsieur Vénus, premier roman de l’autrice Rachilde, alors débutante dans le monde des lettres parisiennes. Il conte la relation entre Raoule, une aristocrate virile1, et Jacques Silvert, un ouvrier désargenté de plus en plus efféminé par sa relation avec celle qui se présente comme « son amant » puis « son mari ». Le texte met en scène une inversion des rôles de genre qui aboutit à la mort de Jacques : soupçonnant qu’il l’ait trompée avec le baron de Raittolbe, un de ses anciens soupirants, Raoule provoque sa mort dans un duel truqué et transforme le corps de Jacques en une poupée de cire à usage sexuel, exhibée dans la scène finale du roman. Ce texte semble s’inscrire dans les codes du roman de mœurs du xixe siècle : exception faite de la dernière phrase du roman sur laquelle nous reviendrons, il ne représente jamais directement l’acte sexuel et fait usage de la gaze libertine, qui limite la censure étatique tout en garantissant une circulation plus large du texte par la publicité due au scandale (Angenot, 1986 ; Abramovici, 2003). Mais cette gaze libertine recèle encore une autre fonction : elle en appelle à la complicité d’un lectorat informé ou non et permet une vaste spéculation sur la nature de la relation sexuelle entre les protagonistes. Ceci entraînera la trajectoire particulière du roman, entre États-Unis et France, qui nous permet d’en faire un cas d’étude idéal pour réfléchir à la possibilité de construire une généalogie française du queer. En effet, comme nous le verrons après avoir passé en revue les réceptions états-unienne et française dans les années 1980, le roman est non seulement qualifié de « queer » ou « proto-queer » par les critiques états-uniennes, mais il est également qualifié de « bizarre » dès sa parution en France, comme en témoigne sa première réception, à laquelle cette contribution se consacre principalement. Dans le cadre des analyses généalogiques sur la sexualité de Michel Foucault, reconnaître l’usage historique de l’insulte « bizarre » comme assignation à une sexualité minoritaire n’implique pas de considérer le roman de Rachilde comme une œuvre queer. En effet, il faut se garder d’appliquer le concept de « genre », qui n’existe pas encore, à des rapports sexuels psychiatrisés (Foucault, [1975] 1999, p. 263-265) : ce que nous appelons « genre », au sens de rôle soc</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Généalogie d’un trouble : la réception de Monsieur Vénus de Rachilde (1884-1889)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>« Ce livre bizarre sera lu et fera réfléchir » (Mélandri, 1884, p. 5) : voici la manière prémonitoire dont le journaliste Achille Mélandri qualifie en 1884 Monsieur Vénus, premier roman de l’autrice Rachilde, alors débutante dans le monde des lettres parisiennes. Il conte la relation entre Raoule, une aristocrate virile1, et Jacques Silvert, un ouvrier désargenté de plus en plus efféminé par sa relation avec celle qui se présente comme « son amant » puis « son mari ». Le texte met en scène une inversion des rôles de genre qui aboutit à la mort de Jacques : soupçonnant qu’il l’ait trompée avec le baron de Raittolbe, un de ses anciens soupirants, Raoule provoque sa mort dans un duel truqué et transforme le corps de Jacques en une poupée de cire à usage sexuel, exhibée dans la scène finale du roman. Ce texte semble s’inscrire dans les codes du roman de mœurs du xixe siècle : exception faite de la dernière phrase du roman sur laquelle nous reviendrons, il ne représente jamais directement l’acte sexuel et fait usage de la gaze libertine, qui limite la censure étatique tout en garantissant une circulation plus large du texte par la publicité due au scandale (Angenot, 1986 ; Abramovici, 2003). Mais cette gaze libertine recèle encore une autre fonction : elle en appelle à la complicité d’un lectorat informé ou non et permet une vaste spéculation sur la nature de la relation sexuelle entre les protagonistes. Ceci entraînera la trajectoire particulière du roman, entre États-Unis et France, qui nous permet d’en faire un cas d’étude idéal pour réfléchir à la possibilité de construire une généalogie française du queer. En effet, comme nous le verrons après avoir passé en revue les réceptions états-unienne et française dans les années 1980, le roman est non seulement qualifié de « queer » ou « proto-queer » par les critiques états-uniennes, mais il est également qualifié de « bizarre » dès sa parution en France, comme en témoigne sa première réception, à laquelle cette contribution se consacre principalement. Dans le cadre des analyses généalogiques sur la sexualité de Michel Foucault, reconnaître l’usage historique de l’insulte « bizarre » comme assignation à une sexualité minoritaire n’implique pas de considérer le roman de Rachilde comme une œuvre queer. En effet, il faut se garder d’appliquer le concept de « genre », qui n’existe pas encore, à des rapports sexuels psychiatrisés (Foucault, [1975] 1999, p. 263-265) : ce que nous appelons « genre », au sens de rôle soc]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Peut-être bien un universalisme de l’autre en soi</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4639</link>
      <pubDate>Thu, 13 Nov 2025 17:49:03 +0100</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>Dans l’introduction à Qui a peur du genre ?, au moment d’analyser la « syntaxe incendiaire » qui anime le mouvement anti-genre à l’échelle mondiale, Judith Butler rappelle que « la syntaxe, de façon générale, est une manière d’agencer les éléments de la langue pour donner un sens au monde » (Butler, 2024, p. 22). Il faut noter que « penser queer » n’équivaut ni tout à fait à « penser queerly », car le calque lexical ici résiste en français (« penser queerement » ?), ni tout à fait à « penser le queer », car l’objectivation portée par l’article viendrait cette fois trahir ce qui, dans la pensée queer, veut dire autre chose. Qu’on choisisse d’en faire un substantif, un verbe, un adjectif ou, comme dans le titre du présent dossier, un mot qui hésite entre le statut d’adverbe et celui de complément d’objet, la proposition de « penser queer » commence par queeriser la grammaire. L’ambiguïté des usages théoriques du terme « queer » reste, comme on sait, indissociable des vicissitudes de sa circulation transatlantique. Est-il encore bien nécessaire de rappeler, à l’intention d’un public francophone, que dans l’argot new-yorkais des années 1920-1930, cet adjectif a perdu son sens général d’« étrange » pour devenir une injure adressée aux personnes dérogeant à la norme hétérosexuelle par leurs pratiques sexuelles ou par leur expression de genre ? Au tournant des années 1980-1990, le terme a pris un sens différent à mesure qu’il est devenu non seulement un outil d’auto-affirmation des minorités sexuelles, mais aussi un instrument de critique de la politique des identités, en somme une « arme vicieuse et ironique [a sly and ironic weapon] » que les activistes du groupe Queer Nation, formé au sein d’ACT UP New York en avril 1990, ont choisi de « voler des mains de l’homophobe [steal from the homophobe’s hands] » (Queer Nation, 1990, p. 9) pour la retourner contre lui. Contrairement au terme « gay », qui lui est alors concurrent et qui, s’étant lui-même substitué au terme d’origine médicale « homosexual », charrie un ensemble de connotations autrement positives, « queer » est encore à cette époque un « mot difficile [a rough word] » (p. 9), chargé d’une mémoire traumatique pour les individus qui tentent de se le réapproprier collectivement. Il a néanmoins pour mérite de prendre à contrepied les stratégies assimilationnistes dominantes au sein du mouvement gai et lesbien tout en invitant à serrer les rangs car, contrairement à « gay », « queer » « ne signifie pas “homme</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Peut-être bien un universalisme de l’autre en soi'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans l’introduction à Qui a peur du genre ?, au moment d’analyser la « syntaxe incendiaire » qui anime le mouvement anti-genre à l’échelle mondiale, Judith Butler rappelle que « la syntaxe, de façon générale, est une manière d’agencer les éléments de la langue pour donner un sens au monde » (Butler, 2024, p. 22). Il faut noter que « penser queer » n’équivaut ni tout à fait à « penser queerly », car le calque lexical ici résiste en français (« penser queerement » ?), ni tout à fait à « penser le queer », car l’objectivation portée par l’article viendrait cette fois trahir ce qui, dans la pensée queer, veut dire autre chose. Qu’on choisisse d’en faire un substantif, un verbe, un adjectif ou, comme dans le titre du présent dossier, un mot qui hésite entre le statut d’adverbe et celui de complément d’objet, la proposition de « penser queer » commence par queeriser la grammaire. L’ambiguïté des usages théoriques du terme « queer » reste, comme on sait, indissociable des vicissitudes de sa circulation transatlantique. Est-il encore bien nécessaire de rappeler, à l’intention d’un public francophone, que dans l’argot new-yorkais des années 1920-1930, cet adjectif a perdu son sens général d’« étrange » pour devenir une injure adressée aux personnes dérogeant à la norme hétérosexuelle par leurs pratiques sexuelles ou par leur expression de genre ? Au tournant des années 1980-1990, le terme a pris un sens différent à mesure qu’il est devenu non seulement un outil d’auto-affirmation des minorités sexuelles, mais aussi un instrument de critique de la politique des identités, en somme une « arme vicieuse et ironique [a sly and ironic weapon] » que les activistes du groupe Queer Nation, formé au sein d’ACT UP New York en avril 1990, ont choisi de « voler des mains de l’homophobe [steal from the homophobe’s hands] » (Queer Nation, 1990, p. 9) pour la retourner contre lui. Contrairement au terme « gay », qui lui est alors concurrent et qui, s’étant lui-même substitué au terme d’origine médicale « homosexual », charrie un ensemble de connotations autrement positives, « queer » est encore à cette époque un « mot difficile [a rough word] » (p. 9), chargé d’une mémoire traumatique pour les individus qui tentent de se le réapproprier collectivement. Il a néanmoins pour mérite de prendre à contrepied les stratégies assimilationnistes dominantes au sein du mouvement gai et lesbien tout en invitant à serrer les rangs car, contrairement à « gay », « queer » « ne signifie pas “homme]]></content:encoded>
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