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    <title>Fabula : Toutes les annonces</title>
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    <description>Actualité complète de Fabula</description>
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    <copyright>Copyright 2026, Fabula</copyright>
    <pubDate>Mon, 20 Jul 2026 12:00:02 +0200</pubDate>
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      <title>Hack the Game. Game Art, détournements et imaginaires vidéoludiques</title>
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      <pubDate>Sun, 19 Jul 2026 02:53:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>English version below Il fut un temps où jouer signifiait suspendre le monde. Un temps hors du temps. Un « cercle magique », dirait Johan Huizinga, protégé de la gravité du réel. Aujourd’hui, ce cercle n’est plus fermé. Né comme divertissement technique, le jeu vidéo s’est progressivement imposé comme l’un des principaux dispositifs culturels de notre époque. Nous ne jouons plus seulement en lui : nous voyons, pensons et habitons le monde à travers des interfaces qui organisent notre expérience selon des logiques de mission, de progression, de récompense et d’avatarisation. Notre regard s’est accoutumé à ce que le jeu vidéo a naturalisé : une insider’s eye view, immersive et opératoire, où l’image n’est plus seulement contemplée mais traversée, et où l’expérience devient un espace d’action. Depuis plusieurs décennies, artistes, hackers, designers et théoriciens déplacent ainsi le jeu vidéo hors de son cadre industriel pour en faire un matériau esthétique, critique et politique. Mods, machinimas, réécritures de code, game art, pratiques de remixing et de reworking, glitch ou détournements interrogent les règles mêmes du dispositif, révélant les idéologies inscrites dans ses architectures techniques. Dans un contexte marqué par la surveillance algorithmique, la gamification des comportements et l’essor de l’intelligence artificielle, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135675_92d65e39131a261332d4b514f918bef9.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135675_92d65e39131a261332d4b514f918bef9.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>English version below</em></p> <p>Il fut un temps où jouer signifiait suspendre le monde. Un temps hors du temps. Un « cercle magique », dirait Johan Huizinga, protégé de la gravité du réel. Aujourd’hui, ce cercle n’est plus fermé. Né comme divertissement technique, le jeu vidéo s’est progressivement imposé comme l’un des principaux dispositifs culturels de notre époque. Nous ne jouons plus seulement en lui : nous voyons, pensons et habitons le monde à travers des interfaces qui organisent notre expérience selon des logiques de mission, de progression, de récompense et d’avatarisation. Notre regard s’est accoutumé à ce que le jeu vidéo a naturalisé : une insider’s eye view, immersive et opératoire, où l’image n’est plus seulement contemplée mais traversée, et où l’expérience devient un espace d’action.</p> <p>Depuis plusieurs décennies, artistes, hackers, designers et théoriciens déplacent ainsi le jeu vidéo hors de son cadre industriel pour en faire un matériau esthétique, critique et politique. Mods, machinimas, réécritures de code, game art, pratiques de remixing et de reworking, glitch ou détournements interrogent les règles mêmes du dispositif, révélant les idéologies inscrites dans ses architectures techniques. Dans un contexte marqué par la surveillance algorithmique, la gamification des comportements et l’essor de l’intelligence artificielle, le jeu vidéo apparaît désormais comme un véritable champ de forces où peuvent s’inventer de nouvelles formes de résistance.</p> <p>Au Maroc, cette réflexion accompagne la volonté de faire du jeu vidéo un espace de création, d’innovation et de production d’imaginaires, au-delà de sa seule dimension industrielle. Elle s’inscrit également dans une dynamique méditerranéenne plus large, de Tétouan à Athènes, de Lisbonne à Alexandrie, où institutions artistiques, chercheur·euses et praticien·nes expérimentent de nouvelles formes de circulation des savoirs, de coopération et de création.</p> <p>C’est dans cette perspective que s’inscrit Hack the Game : Game Art, détournements et imaginaires vidéoludiques, première édition du Technology and Art Research International Colloquium (TARIC), organisée dans le cadre de la 17e Biennale des Écoles d’Art en Méditerranée. Le colloque réunira artistes, chercheur·euses, théoricien·nes et praticien·nes afin d’explorer le jeu vidéo comme médium de recherche-création, d’expérimentation esthétique et de pensée critique.</p> <p>Le jeu vidéo peut-il devenir un espace de désobéissance esthétique ? Le code peut-il se faire matière plastique ? L’avatar peut-il devenir un corps agissant ?</p> <p>Plus qu’un simple objet d’étude, le jeu vidéo apparaît aujourd’hui comme un terrain où s’inventent d’autres manières de produire des formes, des récits et des communautés. Là où il y a programme, il existe toujours la possibilité d’une déviation.</p> <p>—</p> <p>There was a time when playing meant stepping outside the world—a suspension of ordinary reality. A time beyond time. A "magic circle", as Johan Huizinga famously described it, sheltered from the gravity of everyday life. Today, however, that circle is no longer closed. Born as a form of technical entertainment, the video game has gradually become one of the defining cultural media of our time. We no longer simply play games; we perceive, think, and inhabit the world through interfaces that shape our experience around systems of missions, progression, rewards, and avatars. Our contemporary gaze has become accustomed to what video games have normalized: an insider's eye view in which images are no longer merely observed but inhabited, and where experience itself becomes a space for action.</p> <p>Over the past decades, artists, hackers, designers, and theorists have moved video games beyond their industrial framework, transforming them into a medium for aesthetic, critical, and political inquiry. Mods, machinima, code interventions, game art, practices of remixing and reworking, glitches, and other forms of détournement challenge the very logic of the medium, exposing the ideologies embedded within its technical architectures. In an era shaped by algorithmic surveillance, the gamification of everyday life, and the rapid expansion of artificial intelligence, video games have become a site where new forms of artistic resistance and critical experimentation can emerge.</p> <p>In Morocco, these questions accompany a growing ambition to position video games not only as an industry, but also as a space for artistic creation, innovation, and the production of new cultural imaginaries. They also resonate within a broader Mediterranean context, stretching from Tetouan to Athens, from Lisbon to Alexandria, where art institutions, researchers, and practitioners are developing new forms of collaboration, knowledge exchange, and creative experimentation.</p> <p>It is within this context that Hack the Game: Game Art, Détournement and Video Game Imaginaries, the first edition of the Technology and Art Research International Colloquium (TARIC), is organised as part of the 17th Mediterranean Biennale of Art Schools. Bringing together artists, researchers, theorists, and practitioners, the colloquium aims to explore video games as a medium for artistic research, aesthetic experimentation, and critical inquiry while fostering dialogue across the Mediterranean region.</p> <p>Can video games become spaces of aesthetic disobedience? Can code become an artistic material? Can the avatar become an acting body?</p> <p>More than a mere object of study, the video game has become a site where new forms, narratives, and communities continue to emerge. Wherever there is a program, there is always the possibility of deviation.</p> <p>—</p> <p><strong>Axes thématiques :</strong></p> <p>Le colloque accueille des propositions s'inscrivant dans les axes suivants, sans s'y limiter :</p> <p><strong>1. Esthétiques du détournement et pratiques du hack</strong>. Mods, Machinimas, glitch art, réécriture de code, interventions dans les moteurs de jeu. Poétiques du dysfonctionnement et stratégies de reworking.</p> <p><strong>2. Game art et recherche-création</strong>. Le jeu vidéo comme langage artistique, médium d’expérimentation esthétique et dispositif de recherche-création dans les pratiques artistiques contemporaines.</p> <p><strong>3. Résistance et imaginaires critiques</strong>. Gamification des comportements sociaux, surveillance algorithmique, jeu et militarisation, contre-narrations et stratégies critiques. Jeu vidéo comme espace de négociation des mémoires collectives et des récits partagés dans l'espace méditerranéen.</p> <p><strong>4. Identités, avatars, corps agissants</strong>. Représentations dans les jeux ; avatar comme espace d'expérimentation identitaire ; postphénoménologie des relations humain-technologie.</p> <p><strong>5. Rétrospective et mémoires du jeu.</strong> Conservation et archivage des pratiques vidéoludiques ; obsolescence technologique ; mémoire des cultures du jeu et tensions esthétiques entre low-poly et photoréalisme face au fétichisme technologique. </p> <p><strong>6. Perspectives décoloniales et scènes émergentes</strong>. Game studies depuis le Sud global et les marges méditerranéennes ; imaginaires postcoloniaux et contre-narrations ; industries créatives locales comme enjeu de souveraineté culturelle ; dynamiques de coopération Nord-Sud et circulations asymétriques des savoirs et des imaginaires vidéoludiques.</p> <p><strong>7. Narrations interactives et imaginaires transmédiatiques.</strong> Narration non linéaire, hypertextualité, co-création narrative, transmedia storytelling et nouvelles formes de récit interactif.</p> <p><strong>8. Serious games et usages culturels du jeu</strong>. Stratégies de médiation culturelle, diffusion et valorisation du patrimoine matériel et immatériel à travers les environnements ludiques.</p> <p><strong>9. Jeu vidéo et pédagogies artistiques</strong>. Expérimentations pédagogiques et pratiques d'enseignement par le jeu et sur le jeu dans les institutions d'enseignement artistique supérieur méditerranéennes.</p> <p>—</p> <p><strong>Types de contributions :</strong></p> <p><strong>1. Communications longues</strong></p> <p>Les communications longues correspondent à des travaux de recherche approfondis en lien avec les axes thématiques du colloque.</p> <p><strong>Article : </strong>4 000 à 6 000 mots (hors notes et bibliographie)</p> <p><strong>Présentation orale :</strong> 15 minutes + 5 min discussion</p> <p><strong>Participation en présentiel requise</strong></p> <p><strong>2. Projets artistiques / œuvres</strong></p> <p>Le colloque accueille également des propositions artistiques explorant le jeu vidéo comme médium de création et d’expérimentation. Les propositions peuvent prendre la forme de :</p> <ul> <li>installations interactives</li> <li>œuvres de game art</li> <li>prototypes expérimentaux</li> <li>performances ou dispositifs ludiques</li> <li>expériences immersives etc..</li> </ul> <p>—</p> <p><strong>Comité d'organisation :</strong></p> <p>Mehdi Zouak, INBA Media Lab, Institut National des Beaux-Arts, Tétouan, Maroc<br />Mikael Fetri Daoudi, INBA Media Lab, Institut National des Beaux-Arts, Tétouan, Maroc<br />Chu-Yin Chen, INREV-AIAC, Université Paris 8, France<br />Salma Bahlaouane, INREV-AIAC, Université Paris 8 | INBA Media Lab, France-Maroc<br /><br /><strong>Comité scientifique (en cours de constitution) : </strong></p> <p>Mehdi Zouak, INBA Media Lab, Institut National des Beaux-Arts, Tétouan, Maroc<br />Hélène Sirven, ACTE, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, France<br />Chu-Yin Chen, INREV-AIAC, Université Paris 8, France<br />Mohamed Essaaidi, IEEE, ENSIAS, Université Mohammed V, Rabat, Maroc<br />María Inmaculada Rodríguez-Cunill, Periferias CAP, Universidad de Sevilla, Espagne<br />Claire Chatelet, LARA-SEPPIA, ENSAV, Université Toulouse Jean Jaurès, France<br />Peter Sinclair, Locus Sonus Vitae, ESAAix | LESA, Université Aix-Marseille, France<br />Kamal Reklaoui, ENSA, Université Abdelmalek Essaadi, Tétouan, Maroc<br />Youssef Zaz, Université Abdelmalek Essaadi, Tétouan, Maroc<br />Houria Kelkoul, Université Ibn Tofail, Maroc<br />Yannick Vernet, La Cellule, ENSP Arles, France<br />Charafdine Majdouline, Institut National des Beaux-Arts, Tétouan, Maroc<br />Ahmed Mjidou, Institut National des Beaux-Arts, Tétouan, Maroc<br />M'hammed Cherkaoui, Institut National des Beaux-Arts, Tétouan, Maroc<br />Yasser Mesmoudi, ENSA, Université Abdelmalek Essaadi, Tétouan, Maroc<br />Mikael Fetri Daoudi, INBA Media Lab, Institut National des Beaux-Arts, Tétouan, Maroc<br />Amine Asselman, Institut National des Beaux-Arts, Tétouan, Maroc<br />Isabelle Arvers, FBAUL, LARSyS, ITI, Portugal-France<br />Leslie Astier, Locus Sonus Vitae, ESAAix, France</p> <p><strong>Comité artistique :</strong></p> <p>Chu-Yin Chen, INREV-AIAC, Université Paris 8, France<br />Guillaume Stagnaro, ESAAix, France<br />Mikael Fetri Daoudi, INBA Media Lab, Institut National des Beaux-Arts, Tétouan, Maroc</p> <p>—</p> <p><strong>Calendrier et dates clés</strong></p> <p>Date limite d'envoi des résumés des communications et des propositions de projets artistiques pour évaluation en double aveugle : <strong>31 août 2026</strong></p> <p>Notification d'acceptation des communications et des projets artistiques sélectionnés pour l'exposition : <strong>7 septembre 2026</strong></p> <p>Date limite de paiement des frais d'inscription : <strong>du 07 au 30 septembre 2026 (inclus)</strong></p> <p>Publication du programme définitif : <strong>05 octobre 2026</strong></p> <p>Publication des actes du colloque (catalogue de l'exposition, liste des participants et résumés des communications) : <strong>9 novembre 2026</strong></p> <p>17e Biennale des Écoles d'Art en Méditerranée : <strong>du 9 au 13 novembre 2026</strong></p> <p>Date limite d'envoi des textes définitifs pour évaluation en double aveugle et publication ultérieure sous forme de chapitres d'ouvrage : <strong>du 5 octobre 2026 au 10 janvier 2027 (inclus)</strong></p> <p>—</p> <p><strong>Modalités de soumission :</strong></p> <p>Les propositions doivent être soumises exclusivement via la plateforme <strong>sciencesconf</strong> (<a href="https://taric26.sciencesconf.org/"><strong>https://taric26.sciencesconf.org/</strong></a>), <strong>avant</strong> le <strong>1 septembre 2026</strong>, en suivant les rubriques du formulaire (titre, résumé, mots-clés, axe thématique, type de contribution, affiliation et courte notice biographique des auteur·es). </p> <p><strong>Instructions aux auteurs : <a href="https://taric26.sciencesconf.org/resource/page/id/4">Ici…</a></strong></p> <p>—</p> <p><strong>Lieu du colloque :<br /></strong>Les sessions du colloque se tiendront à l'<strong>Auditorium de l'<a href="https://maps.app.goo.gl/x77r2pshbDFvBrnk7">Institut National des Beaux-Arts (INBA)</a></strong>, Avenue Mohammed V, Cité Scolaire, BP 89, Tétouan, Maroc.</p> <p><strong>Lieu de l'exposition : </strong><br />Les œuvres et projets artistiques sélectionnés seront présentés au <a href="https://maps.app.goo.gl/Qps53TcZtYtB4j4D9"><strong>Centre d'Art Moderne de Tétouan</strong></a>.</p> <p>—</p> <p><strong>Frais d'inscription :</strong></p> <p>Chercheur·euses senior (inclus hébergement) - 300€<br />Doctorant·es (inclus hébergement) - 150€<br />Participant·es de la 17e Biennale des Écoles d'Art en Méditerranée - 60€<br />Participant·es du Maroc (sans hébergement) - 60€<br />5 Boursier·ères du Maroc et du Maghreb (inclus hébergement) - 60€</p> <p><strong>Bourses : </strong>5 bourses couvrant l'hébergement sont disponibles pour les participant·es du Maroc et du Maghreb non invité·es dans le cadre de la Biennale. L'attribution des bourses relève du comité scientifique.</p> <p>Les frais d'inscription incluent (60€) :</p> <ul> <li>L'accès aux sessions du colloque</li> <li>L'accès à l'exposition collective</li> <li>Le programme et les « actes du colloque » (catalogue, liste des participants et résumés)</li> <li>Le certificat de participation</li> <li>Les pauses café</li> <li>La possibilité de publication dans l'ouvrage collectif</li> </ul> <p><strong>Contact : </strong><a href="mailto:hackthegame@inba.ma">hackthegame@inba.ma</a></p> <p>—</p> <p><strong>Bibliographie :</strong></p> <p>Aarseth, Espen. “Computer Game Studies, Year One.” Game Studies 1, no. 1 (2001). <a href="http://www.gamestudies.org/0101/editorial.html">Source</a>.<br />Barnabé, Fanny. “Les détournements de jeux vidéo par les joueurs: Une incarnation du play.” RESET: Recherches en Sciences Sociales sur Internet 4 (2015). <a href="https://doi.org/10.4000/reset.527">DOI</a>.<br />Barnabé, Fanny. “Video Game Détournement: Playing Across Media.” In Proceedings of DiGRA 2019: Game, Play and the Emerging Ludo-Mix. DiGRA, 2019. <a href="https://doi.org/10.26503/dl.v2019i1.1064">DOI</a>.<br />Bey, Hakim. T.A.Z.: The Temporary Autonomous Zone, Ontological Anarchy, Poetic Terrorism. Brooklyn, NY: Autonomedia, 1991.<br />Bittanti, Matteo, and Domenico Quaranta, eds. Gamescenes: Art in the Age of Videogames. Milan: Johan &amp; Levi Editore, 2006.<br />Brin, Sarah E. Artists' Game Mods and the New Public Sphere. Master's thesis, University of Southern California, 2011.<br />Mitchell, Grethe, and Andy Clarke. “Videogame Art: Remixing, Reworking and Other Interventions.” In Level Up: Proceedings of the 1st International Digital Games Research Conference, edited by Marinka Copier and Joost Raessens, 338–348. Utrecht: Utrecht University Press, 2003.<br />Dyer-Witheford, Nick, and Greig de Peuter. Games of Empire: Global Capitalism and Video Games. Minneapolis: University of Minnesota Press, 2009.<br />Flusser, Vilém. Filosofia da Caixa Preta: Ensaios para uma Futura Filosofia da Fotografia. São Paulo: Hucitec, 1985.<br />Flusser, Vilém. “Games.” Translated by Nancy Roth. Flusser Studies, 2019. Originally published as “Jogos,” O Estado de São Paulo, December 9, 1967.<br />Flusser, Vilém. Towards a Philosophy of Photography. London: Reaktion Books, 2000.<br />Galloway, Alexander R. Gaming: Essays on Algorithmic Culture. Minneapolis: University of Minnesota Press, 2006.<br />Huizinga, Johan. Homo Ludens. Boston: Beacon Press, 1955. First published 1938.<br />Ihde, Don. Technology and the Lifeworld: From Garden to Earth. Bloomington: Indiana University Press, 1990.<br />Quaranta, Domenico. “Game Aesthetics: How Videogames Are Transforming Contemporary Art.” In Gamescenes: Art in the Age of Videogames, edited by Matteo Bittanti and Domenico Quaranta, 297–307. Milan: Johan &amp; Levi Editore, 2006.<br />Schleiner, Anne-Marie. “Parasitic Interventions: Game Patches and Hacker Art.” OpenSorcery, 1999. <a href="http://opensorcery.net/patchnew.html">Source</a>.<br />Schleiner, Anne-Marie, Brody Condon, and Joan Leandre. Velvet-Strike [mod for Counter-Strike]. 2002. <a href="http://www.opensorcery.net/velvet-strike/">Source</a>.<br />Wiener, Norbert. Cybernetics: Or Control and Communication in the Animal and the Machine. Cambridge, MA: MIT Press, 1948.</p> <p></p>]]></content:encoded>
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      <title>Revue internationale de philosophie, 2026/2, Vol. 316 : "Simone de Beauvoir"</title>
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      <pubDate>Sat, 18 Jul 2026 14:43:22 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution_revue</category>
      <description>In her “Preface” to L’Existentialisme et la sagesse des nations [Existentialism and Popular Wisdom] (1948), Simone de Beauvoir views attacks on the then-new philosophy of existentialism as rooted less in a preference for one philosophical system over another than in a rejection of the stringencies of philosophy tout court. [1] Beauvoir prizes philosophy for its unremitting capacity to pose questions, and more specifically for the often ruthless manner in which it interrogates the doxai of the dominant bourgeois culture, those inherited assumptions or “platitudes” she refers to by the collective term “popular wisdom” (la sagesse des nations). [2] The latter are characterized by a pre- and anti-philosophical inconsistency, that is, by an intellectual dishonesty and bad faith that it is the responsibility of every individual to subject to rigorous scrutiny. “Man cannot escape philosophy,” she writes, “because he cannot escape his freedom, which implies questioning and refusal of the given.” If this process of (self-)reflection is an inevitably uncomfortable and painful one, it is also politically fraught, hence why Beauvoir concludes that all “organized thought,” from Socrates onwards, has been subject to open ridicule and reproach. […] Contents Introduction: Thinking with Beauvoir Par Paul Earlie Rethinking the Method of “Lived Experience”: Simone [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135670_32659903b6b118ff8cd3b8e78dc18d21.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135670_32659903b6b118ff8cd3b8e78dc18d21.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>In her “Preface” to <em>L’Existentialisme et la sagesse des nations </em>[<em>Existentialism and Popular Wisdom</em>] (1948), Simone de Beauvoir views attacks on the then-new philosophy of existentialism as rooted less in a preference for one philosophical system over another than in a rejection of the stringencies of philosophy tout court. <a href="https://shs.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2026-2-page-5?lang=en#re1no1">[1]</a> Beauvoir prizes philosophy for its unremitting capacity to pose questions, and more specifically for the often ruthless manner in which it interrogates the <em>doxai</em> of the dominant bourgeois culture, those inherited assumptions or “platitudes” she refers to by the collective term “popular wisdom” (<em>la sagesse des nations</em>). <a href="https://shs.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2026-2-page-5?lang=en#re2no2">[2]</a> The latter are characterized by a pre- and anti-philosophical inconsistency, that is, by an intellectual dishonesty and bad faith that it is the responsibility of every individual to subject to rigorous scrutiny. “Man cannot escape philosophy,” she writes, “because he cannot escape his freedom, which implies questioning and refusal of the given.” If this process of (self-)reflection is an inevitably uncomfortable and painful one, it is also politically fraught, hence why Beauvoir concludes that all “organized thought,” from Socrates onwards, has been subject to open ridicule and reproach. […]</p> <p><strong>Contents</strong></p> <p>Introduction: Thinking with Beauvoir</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-paul-earlie--677757?lang=fr">Paul Earlie</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2026-2-page-9?lang=en"></a></p> <p>Rethinking the Method of “Lived Experience”: Simone de Beauvoir’s Critical Social Philosophy</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-katja-cicigoj--909331?lang=fr">Katja Čičigoj</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2026-2-page-43?lang=en"></a></p> <p>Childhood, Seriousness, and Terror in the Modern World: A Reading of Simone de Beauvoir’s <em>The Ethics of Ambiguity </em>(1947)</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-sujaya-dhanvantari--909332?lang=fr">Sujaya Dhanvantari</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2026-2-page-69?lang=en"></a></p> <p>The Antinomy of Cancel Culture: A Study of Alfonso Cuarón’s <em>Disclaimer</em>*</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-kelli-fuery--909333?lang=fr">Kelli Fuery</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2026-2-page-87?lang=en"></a></p> <p>“If You Are Truly on the Left”:</p> <p>Simone de Beauvoir and Betty Friedan on (Paid and Unpaid) Labour</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-emma-mcnicol--909334?lang=fr">Emma McNicol</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2026-2-page-109?lang=en"></a></p> <p>Is Femininity Solely Patriarchal? Revealing Some Tensions in <em>The Second Sex</em></p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-mickaelle-provost--698141?lang=fr">Mickaëlle Provost</a></p>]]></content:encoded>
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      <title>James Sacré, Compagnie de l’animal poème</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135669/james-sacre-compagnie-de-l-animal-poeme.html</link>
      <pubDate>Sat, 18 Jul 2026 14:32:36 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution</category>
      <description>La présence des bêtes dans les poèmes de James Sacré tient en grande partie à son histoire, à son enfance rurale, à tout ce qu’il a pu apprendre dans les étables et dans les prés. Mais cette continuité d’une présence animale dans l’écriture peut intriguer jusqu’à l’auteur lui-même.       Compagnie de l’animal poème est à la fois un recueil de poèmes, en vers ou en prose, et une poétique. James Sacré expose, avec tout à la fois simplicité et profondeur, l’ensemble des questions soulevées en lui par le fait d’écrire de la poésie et par le fruit de cet art que sont les poèmes.       Qu’il s’agisse du statut du poème, de sa genèse ou de sa réception par l’autre, des questions de forme, de la rime, du mètre, s’instaure ici une sorte de dialogue entre le poète et ses créatures. Et cette forme animale qui vient se glisser jusque dans les mots a la vertu de faire de cet être de verbe un être vivant. Dont nous aurions à déchiffrer, à tâtons, le langage non verbal.      L’animal incarne peut-être ce familier toujours étrange, ou cet étranger plus ou moins familier dont chaque poème pourrait être porteur.      La langue est un monde qui ne nous appartient pas ; [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135669_f711e06974e00bded3de760f688bcf08.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135669_f711e06974e00bded3de760f688bcf08.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La présence des bêtes dans les poèmes de James Sacré tient en grande partie à son histoire, à son enfance rurale, à tout ce qu’il a pu apprendre dans les étables et dans les prés. Mais cette continuité d’une présence animale dans l’écriture peut intriguer jusqu’à l’auteur lui-même. <em>   </em></p> <p><em>  Compagnie de l’animal poème</em> est à la fois un recueil de poèmes, en vers ou en prose, et une poétique. James Sacré expose, avec tout à la fois simplicité et profondeur, l’ensemble des questions soulevées en lui par le fait d’écrire de la poésie et par le fruit de cet art que sont les poèmes. </p> <p>     Qu’il s’agisse du statut du poème, de sa genèse ou de sa réception par l’autre, des questions de forme, de la rime, du mètre, s’instaure ici une sorte de dialogue entre le poète et ses créatures. Et cette forme animale qui vient se glisser jusque dans les mots a la vertu de faire de cet être de verbe un être vivant. Dont nous aurions à déchiffrer, à tâtons, le langage non verbal.</p> <p>     L’animal incarne peut-être ce familier toujours étrange, ou cet étranger plus ou moins familier dont chaque poème pourrait être porteur.</p> <p>     La langue est un monde qui ne nous appartient pas ; la poésie est là pour nous le rappeler.</p> <p><em> L’animal « poème a grandi je crois à cause des mufles que les vaches poussaient dans mes rêveries puis dans les mots qui me sont venus après ces ennuis émerveillés d’un temps mal bucolique ?</em></p> <p><em>Figures animales ou figures de mots, donc, sentiments et pensées devant les remuements des bêtes ou ce qui s’est passé durant l’écriture de soi-disant plus vrais poèmes plus tard. Tentatives de penser et de comprendre un peu : n’était-ce pas ce même animal en forme de mots ou de cuir poilu plein d’odeurs qui se laissait caresser en même temps qu’il m’échappait alors que je croyais le tenir ou l’avoir apprivoisé ? Quelque chose de beaucoup moins familier que ce que j’avais pu penser.  — </em>J. S.</p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>IVe Congrès international sur la perspective de genre et la didactique des langues et de leurs littératures (Univ. de Castille- La Manche)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135667/ive-congres-international-sur-la-perspective-de-genre-et-la.html</link>
      <pubDate>Sat, 18 Jul 2026 10:55:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>IVe Congrès international sur la perspective de genre et la didactique des langues et de leurs littératures les 19 et 20 novembre 2026 à la Faculté d’Éducation d’Albacete de l’Université de Castille-La Manche. Cette quatrième édition aura pour titre : Mémoires traduites, altérité et plurilinguisme Le congrès se veut un espace de rencontre, de réflexion et d’échange scientifique autour des relations entre mémoire, traduction, genre, altérité et diversité linguistique et culturelle. Dans une perspective interdisciplinaire, il s’agira d’examiner les différentes manières dont les mémoires individuelles et collectives s’écrivent, se traduisent, se transmettent et se reconstruisent à travers les langues, les littératures, les discours culturels et les pratiques éducatives. La thématique permettra d’accueillir des recherches, des expériences pédagogiques et des propositions portant notamment sur : — la représentation et la traduction des mémoires individuelles et collectives ;— les écritures de l’identité, de l’altérité, de l’exil, de la migration et du déplacement ;— la perspective de genre dans les langues, les littératures et leur enseignement ;— les voix réduites au silence, minoritaires ou traditionnellement invisibilisées ;— le plurilinguisme, l’interculturalité et la médiation linguistique et culturelle ;— la traduction littéraire et culturelle comme espace de transmission, de transformation ou de résistance ;— la [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135667_67170911148a5f998be433a1345ed769.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135667_67170911148a5f998be433a1345ed769.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>IVe Congrès international sur la perspective de genre et la didactique des langues et de leurs littératures</strong></p> <p><strong>les 19 et 20 novembre 2026 </strong></p> <p><strong>à la Faculté d’Éducation d’Albacete de l’Université de Castille-La Manche.</strong></p> <p>Cette quatrième édition aura pour titre :</p> <p><strong>Mémoires traduites, altérité et plurilinguisme</strong></p> <p>Le congrès se veut un espace de rencontre, de réflexion et d’échange scientifique autour des relations entre mémoire, traduction, genre, altérité et diversité linguistique et culturelle. Dans une perspective interdisciplinaire, il s’agira d’examiner les différentes manières dont les mémoires individuelles et collectives s’écrivent, se traduisent, se transmettent et se reconstruisent à travers les langues, les littératures, les discours culturels et les pratiques éducatives.</p> <p>La thématique permettra d’accueillir des recherches, des expériences pédagogiques et des propositions portant notamment sur :</p> <p>— la représentation et la traduction des mémoires individuelles et collectives ;<br />— les écritures de l’identité, de l’altérité, de l’exil, de la migration et du déplacement ;<br />— la perspective de genre dans les langues, les littératures et leur enseignement ;<br />— les voix réduites au silence, minoritaires ou traditionnellement invisibilisées ;<br />— le plurilinguisme, l’interculturalité et la médiation linguistique et culturelle ;<br />— la traduction littéraire et culturelle comme espace de transmission, de transformation ou de résistance ;<br />— la didactique des langues et des littératures selon des approches inclusives, plurielles et critiques.</p> <p>La date limite d’envoi des propositions de communication est fixée au 30 septembre 2026.</p> <p>Nous encourageons tout particulièrement la participation des enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs, des doctorantes et doctorants, des jeunes chercheuses et chercheurs, des enseignantes et enseignants de langues et de littératures, ainsi que de toutes les personnes intéressées par les études de genre, la traduction, la mémoire, la diversité culturelle et l’éducation plurilingue.</p> <p>Toutes les informations concernant les axes thématiques, les modalités d’envoi des propositions, les dates, les inscriptions et le programme sont disponibles sur le site officiel du congrès :</p> <p><a href="https://eventos.uclm.es/153861/dates/iv-congreso-internacional-sobre-perspectiva-de-genero-y-didactica-de-las-lenguas-y-sus-literaturas.html">https://eventos.uclm.es/153861/dates/iv-congreso-internacional-sobre-perspectiva-de-genero-y-didactica-de-las-lenguas-y-sus-literaturas.html</a>.</p> <p></p>]]></content:encoded>
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      <title>Fabrique narrative et politique du fait divers : regards littéraires et historiques, XIXe - XXIe s. (Paris)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135666/fabrique-narrative-et-politique-du-fait-divers-regards-litteraires.html</link>
      <pubDate>Sat, 18 Jul 2026 10:41:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Colloque  Fabrique narrative et politique du fait divers  : regards littéraires et historiques (XIXe - XXIe siècles) les 15-16 février 2027 à l’Université Paris Cité  &amp; à l’Université Paris-Est Créteil  Comité d’organisation :  Guillaume Arancibia (UBM Plurielles) ; Lucile Bordes (UBM Plurielles) ; Clara Chauvel-Thébault (UPC Cerilac/Echelles) ; Alice Selenati (UPEC CRHEC) Au croisement de l’Histoire et de la Littérature, le fait divers constitue un observatoire privilégié des mécanismes de mise en récit - et en intrigue - d’un événement. Comme le souligne Laetitia Ganon, « le fait divers rencontre [dès le] XIXe siècle d’autres formes d’écriture, étroitement liées elles-mêmes au journalisme, comme le conte ou le roman-feuilleton, avec lesquelles il échange certains procédés » (Ganon, 2011). En effet, son développement dans la presse s’accompagne d’un lien fort avec le genre romanesque. Relatant des événements à la fois banals et singuliers, il dépasse une fonction qui pourrait être purement informative par l’élaboration d’une narration spécifique. Cette structure narrative du fait divers repose sur des schémas récurrents qui favorisent sa circulation et sa réappropriation. Il devient ainsi un outil d’analyse des processus de production du sens, de l’émotion et des formes de légitimation. Dans les discours médiatiques, le fait divers participe [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Colloque </p> <p style="text-align:center;"><strong>Fabrique narrative et politique du fait divers  : </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>regards littéraires et historiques (XIXe - XXIe siècles)</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>les 15-16 février 2027</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>à l’Université Paris Cité  &amp;</strong><strong> à l’Université Paris-Est Créteil </strong></p> <p style="text-align:center;">Comité d’organisation : </p> <p style="text-align:center;"><strong>Guillaume Arancibia (UBM Plurielles) ; Lucile Bordes (UBM Plurielles) ; </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Clara Chauvel-Thébault (UPC Cerilac/Echelles) ; Alice Selenati (UPEC CRHEC)</strong></p> <p><br />Au croisement de l’Histoire et de la Littérature, le fait divers constitue un observatoire privilégié des mécanismes de mise en récit - et en intrigue - d’un événement. Comme le souligne Laetitia Ganon, « le fait divers rencontre [dès le] XIXe siècle d’autres formes d’écriture, étroitement liées elles-mêmes au journalisme, comme le conte ou le roman-feuilleton, avec lesquelles il échange certains procédés » (Ganon, 2011). En effet, son développement dans la presse s’accompagne d’un lien fort avec le genre romanesque. Relatant des événements à la fois banals et singuliers, il dépasse une fonction qui pourrait être purement informative par l’élaboration d’une narration spécifique. Cette structure narrative du fait divers repose sur des schémas récurrents qui favorisent sa circulation et sa réappropriation. Il devient ainsi un outil d’analyse des processus de production du sens, de l’émotion et des formes de légitimation. Dans les discours médiatiques, le fait divers participe à la fabrique de l’actualité et à la hiérarchisation de l’information ; dans les discours politiques, il peut être instrumentalisé comme exemplum, alimentant des stratégies argumentatives et des logiques de persuasion.</p> <p>S’il a longtemps été relégué aux marges du champ légitime de la recherche, le fait divers s’impose depuis plusieurs années comme un observatoire des formes narratives, de leurs effets de réception et des imaginaires sociaux et sensibilités collectives qu’il crée (Ambroise-Rendu, 2004). Objet polymorphe et transversal, le fait divers constitue enfin un terrain pour expérimenter des approches interdisciplinaires et interroger les frontières entre Histoire et Littérature. La numérisation de la presse comme de la littérature nous invite également à réfléchir à la manière dont elle renouvelle les manières d’aborder, de traiter et d’analyser ces archives, tout en conservant une vision critique notamment concernant le choix des corpus numérisés. Le fait divers ne se contente donc pas d’être un objet d’étude : il constitue un véritable outil critique pour penser les régimes de vérité, de narration et de réception des sociétés contemporaines. Dès lors, il convient de s’interroger sur les continuités et les mutations des formes narratives du fait divers du XIXe au XXIe siècle. Comment ses structures évoluent-elles selon les contextes historiques et médiatiques ? Quels effets produisent-elles sur les publics et sur les représentations sociales ? Et de quelle manière le fait divers, en tant que récit, contribue-t-il à configurer des imaginaires collectifs, à construire des figures de l’altérité ou à cristalliser des tensions sociales et politiques ?</p> <p>Ce colloque propose ainsi d’examiner les interactions entre discours littéraires, médiatiques et politiques, en analysant leurs pratiques narratives du fait divers et leurs influences réciproques. Notre réflexion s’étendra du XIXe siècle jusqu’à l’époque contemporaine, et portera plus spécifiquement sur la France, mais des études comparatives entre ce pays et d’autres sont tout à fait encouragées pour mettre en évidence des spécificités. Les communications devront prêter une attention particulière aux méthodologies employées et à la question de l’approche (pluri-)disciplinaire. Les contributions attendues pourront mobiliser des approches issues de l’analyse du discours, de la narratologie, de la littérature, de l’histoire et des sciences politiques et de l’information. Les propositions pourront s’inscrire dans les axes suivants :</p> <p><strong>Dimension littéraire et historique du fait divers</strong></p> <p>En tant qu'événement à la fois banal et marginal, ordinaire et extraordinaire, relevant de « l'inclassable » (Barthes, 1964), le fait divers entretient avec la forme littéraire un rapport à la fois étroit et ambigu. S’il renvoie à un événement historiquement situé, il se distingue par une structure particulière, tendant à se refermer sur elle-même. Il se comporte ainsi comme un événement autosuffisant, dont le contexte politique, économique ou social s'efface pour devenir un simple arrière-plan. C’est en ce sens que Barthes le qualifie d’« information totale », car, comme le rappelle Georges Auclair, la structure du fait divers contient « les unités d’information » propres à une rhétorique classique des circonstances (Auclair, 1970). On portera alors une attention particulière d’une part à cette inscription du fait divers à la croisée de l’histoire et de la littérature et d’autre part à cette structure narrative spécifique qui le caractérise (Baroni, 2007). Car, depuis le XIXe siècle, le fait divers constitue un objet de prédilection pour la fiction littéraire. Des œuvres telles que Le Rouge et le Noir de Stendhal ou La Bête humaine de Zola s’inspirent respectivement de l’affaire Berthet (1827) pour le premier roman, de l’affaire Fenayrour (1882) et de l’affaire Barrême (1886) pour le second. Au XXe siècle, l’affaire Blanche Monier et le procès de Blanche Canaby servent respectivement de canevas à Les Séquestrés de Poitiers (1930) d’André Gide et à Thérèse Desqueyroux (1927) de François Mauriac. Plus récemment, Laëtitia ou la fin des hommes (2016) de Ivan Jablonka ou L’Adversaire (2000) d’Emmanuel Carrère puisent également leur matière dans des faits divers. Une étude du fait divers comme matériau littéraire sera donc la bienvenue. </p> <p>Objet littéraire, le fait divers constitue ainsi, pour la littérature, un matériau de base essentiel, tout en contribuant, au sein des œuvres, à une forme d’élaboration de l’Histoire. En effet, il ne se réduit pas à un simple ressort narratif : il permet d’ancrer la fiction dans une réalité située. En intégrant des événements réels, souvent perçus comme ordinaires, la littérature rend visibles des fragments du passé qui échappent parfois aux récits historiques dominants. Le fait divers devient dès lors un point d’entrée vers une histoire « par le bas », attentive aux expériences individuelles et aux dynamiques du quotidien. Des contributions autour de cette pluralité fonctionnelle du fait divers, entre matériau pour l’intrigue romanesque et pour la documentation historique, sont encouragées. Les communications pourront également s’interroger sur ce qu’implique réellement un passage du fait divers (comme événement historique) aux formes et aux structures du récit ? et plus généralement en quoi le fait divers met en lumière le lien paradoxal entre l’Histoire et la Littérature.</p> <p><strong>Dimension politique du fait divers</strong></p> <p>S’il s’inscrit pleinement dans une dimension littéraire, le fait divers s’inscrit également sans conteste dans une dimension politique. Celle-ci se manifeste dès les choix de sélection opérés : certains événements sont mis en récit, tandis que d’autres sont passés sous silence. On pourra ainsi s’interroger sur la façon et les raisons pour lesquelles ces événements sont choisis. Une attention particulière sera donc donnée aux variations, sur un temps long, des événements mis en récit par le fait-divers, dans une perspective diachronique. En effet, ces choix tracent une frontière entre ce qui peut (ou veut) être dit et ce qui demeure invisible, entre ce qui capte l’attention et ce qui suscite l’indifférence, entre les événements interrogés et ceux qui restent tus. La forme du fait divers variant en fonction des modalités de traitement de ce dernier, entre nuances, torsions et déformations, erreurs, omissions, amplifications, voire exagérations (Ringoot, 2014), on accordera une attention à la mise en mots ou en images d’un événement. La mise en récit ne produit pas des significations politiques identiques pour un même fait divers. Ces significations varient selon qu’elle privilégie l’événement en lui-même ou l’enquête, selon le niveau de précision des détails retenus, ainsi que l’ancrage dans un espace et un contexte déterminés. Le fait divers peut également faire l’objet de réappropriations dans les sphères politiques et militantes, où il devient support de critique ou, à l’inverse, de légitimation d’un régime politique (Boltanski et Esquerre, 2022). À une échelle plus large, il participe également à la construction du national. On sera alors attentif aux circulations des faits divers : la circulation d’un événement local à l’échelle nationale tendant à produire une version partagée du réel, tandis que les faits divers internationaux contribuent, en miroir, à définir et à interroger les contours de l’espace national. Enfin, la mise en récit d’événements, par le fait divers, peut servir de levier pour revendiquer des transformations sociales et politiques : réformes législatives, dispositifs de protection et/ou reconnaissance de groupes vulnérabilisés et invisibilisés. Les communications pourront ainsi aborder les effets et les conséquences politiques d’un fait divers sur le long terme. Il conviendra d’interroger alors les effets concrets de ces discours politiques sur le ressenti et les pratiques des individus.</p> <p><strong>Histoire des réceptions du fait divers</strong></p> <p>À la croisée du discours médiatique, du récit littéraire et de l’énonciation politique, le fait divers constitue un objet hybride dont les fonctions (informative, émotionnelle, morale, économique, politique) contribuent à orienter, voire à configurer des modes spécifiques de lecture, d’interprétation et d’appropriation. En mettant l’accent sur la réception, cet axe vise à comprendre comment les faits divers participent à la construction de normes, de peurs, d’émotions et de formes d’engagement, rejoignant ainsi les perspectives ouvertes par l’histoire des sensibilités (Corbin). Dans le prolongement des travaux de Roland Barthes (1957 ; 1964) sur la structure du fait divers comme forme narrative close et signifiante, cet axe propose donc d’interroger la manière dont les fonctions assignées au fait divers, depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours, déterminent des régimes de réception différenciés et, de fait, contribuent activement à la construction des représentations et des imaginaires. On pourra notamment examiner la tension entre banalité et exceptionnalité, entre exemplarité morale et fascination pour l’irrégulier, qui structure la réception de ces récits (Kalifa, 1995). Enfin, une attention particulière pourra être portée aux dispositifs narratifs et médiatiques : formes brèves de la presse du XIXe siècle, chroniques judiciaires, romans inspirés de faits divers, reportages contemporains ou formats numériques. Comment ces dispositifs encadrent-ils l’interprétation ? Quels effets produisent les variations d’échelle (du local au global), de temporalité (immédiateté médiatique ou réélaboration littéraire) ou encore de focalisation ? On s’attachera aussi à analyser les émotions suscitées par la connaissance des événements rapportés (indignation, colère, peur, insécurité ou indifférence…) : quels types d'émotions sont ressenties, sur quelle durée (persistance éventuelle dans les imaginaires sur plusieurs générations) et comment ces sensibilités influent concrètement sur les pratiques des individus ?</p> <p>Enfin, l’étude du fait divers engage un dialogue fécond entre histoire et études littéraires, mais soulève également des enjeux méthodologiques et épistémologiques majeurs. Pour l’historien comme pour le littéraire, il s’agit de travailler sur des récits déjà construits, médiatisés, souvent retravaillés, qui brouillent la distinction entre fait et fiction, document et mise en intrigue. Les communications sont ainsi invitées à aborder pleinement ces questions méthodologiques et épistémologiques. Comment articuler le regard de l’historien.ne et celui du littéraire ? Quel statut accorder au fait-divers comme source ? Quels outils mobiliser pour penser la réception ? Comment penser la porosité entre discours médiatique et littéraire, propre au fait-divers ? Interroger la réception du fait divers revient ainsi à questionner les cadres mêmes de nos disciplines : cela invite à décloisonner les approches, à croiser les méthodes (analyse de discours, narratologie, histoire culturelle, études médiatiques) et à réfléchir aux conditions de production des savoirs sur des objets situés à la frontière du réel et du récit.</p> <p>—</p> <p><strong>Modalités de soumission :</strong></p> <p>Les propositions de communication devront être envoyées <strong>avant le 1er octobre 2026 </strong>à l’adresse mail suivante : <a href="mailto:">guillaume.arancibia@gmail.com</a>.</p> <p>Elles devront comporter un titre, un résumé de la communication (500 mots maximum), accompagnés d’une courte présentation de l’auteur·rice et d’une bibliographie de 5 références maximum. </p> <p>Les communications dureront 25 minutes.</p> <p><strong>Lieu : Université Paris Cité ; Université Paris-Est Créteil </strong></p> <p><strong>Calendrier :</strong></p> <p><strong>Fin juin 2026 : publication de l’appel à propositions ; </strong><br /><strong>1er octobre 2026 : date limite de soumission des propositions ;</strong><br /><strong>30 octobre 2026 : réponses et envoi du programme ;</strong><br /><strong>15-16 février 2027 : colloque.</strong></p> <p><strong></strong>—</p> <p><strong>Bibliographie indicative :</strong></p> <p>Jean-Michel Adam, Le Texte narratif, Nathan, 1985 ; « Unités rédactionnelles et genres discursifs : cadre général pour une approche de la presse écrite », Pratiques, 94, 3-18, 1997 ; « Genres de la presse écrite et analyse de discours », Semen, 13, 2001.</p> <p>Anne-Claude Ambroise-Rendu, Petits récits des désordres ordinaires. Les faits divers dans la presse française des débuts de la IIIe République à la Grande Guerre, Seli Arslan, 2004.</p> <p>Georges Auclair, Le Mana quotidien. Structures et fonctions de la chronique des faits divers, Paris, Anthropos, 1970.</p> <p>Raphaël Baroni, La Tension narrative. Suspense, curiosité et surprise, Paris, Seuil, 2007.</p> <p>Roland Barthes, Mythologies, Œuvres complètes, I, 671-870, [1957] 2002 ; « Structure du fait divers », Œuvres complètes, II, 442-451, [1964b] 2002 ; Essais critiques, Essais, Points Essais, [1964] 2015.</p> <p>Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, Qu’est-ce que l’actualité politique ? Événements et opinions au XXIe siècle, Paris, Gallimard, coll. « NRF Essais », 2022.</p> <p>Annik Dubied, « L’analyse médiatique au croisement de la narratologie et de l’ethnologie. Confrontations, délocalisations et “bricolage” », Recherches en communication, 7, 151-166, 1997 ; « Invasion péritextuelle et contaminations médiatiques. Le “fait divers”, une catégorie complexe ancrée dans le champ journalistique », Semen, 13, 2004.</p> <p>Franck Evrard, Fait divers et littérature, Nathan, 1997.</p> <p>Philippe Hamon, « Fait divers et littérature », Romantisme, 97, 7-16, 1997.</p> <p>Dominique Kalifa, “Crimes. Fait divers et culture populaire à la fin du XIXe siècle”, Genèses. Sciences sociales et histoire, 19, 1995, pp. 68-82.</p> <p>Sophie Moirand, Les discours de la presse quotidienne. Observer, analyser, comprendre, PUF, 2007.</p> <p>Roselyne Ringoot, Analyser le discours de presse, Armand Colin, Paris, 2014.</p> <p>Marie-Ève Thérenty, La Littérature au quotidien. Poétiques journalistiques au XIXe siècle, Seuil, 2007.</p> <p>Laetitia Gonon, “De l’influence d’un style du fait divers criminel sur le roman au XIXe siècle”, in. Croisées de la fiction. Journalisme et littérature, 7, 2011 ; Le fait divers criminel dans la presse quotidienne française du XIXe siècle. Presses Sorbonne Nouvelle, 2012.</p> <p>—</p> <p><strong>Comité d’organisation : </strong></p> <p>Guillaume Arancibia - Doctorant contractuel en littérature française - Plurielles, Université Bordeaux Montaigne - <a href="mailto:guillaume.arancibia@gmail.com">guillaume.arancibia@gmail.com</a></p> <p>Lucile Bordes - Doctorante contractuelle en littérature comparée et en histoire contemporaine - Plurielles, Université Bordeaux Montaigne - <a href="mailto:lucilebordes@hotmail.com">lucilebordes@hotmail.com</a></p> <p>Clara Chauvel-Thébault - Doctorante et ATER en histoire contemporaine - Cerilac/Echelles, Université Paris Cité - <a href="mailto:clara.chauvel@orange.fr">clara.chauvel@orange.fr</a></p> <p>Alice Selenati - Doctorante contractuelle en histoire contemporaine - Centre de Recherche en Histoire Européenne Comparée (CRHEC), Université Paris-Est Créteil - <a href="mailto:aliceselenati123@gmail.com">aliceselenati123@gmail.com</a></p> <p></p>]]></content:encoded>
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      <title>S’écrire entre femmes à la Renaissance : réseaux féminins européens</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135673/s-ecrire-entre-femmes-a-la-renaissance-reseaux-feminins-europeens.html</link>
      <pubDate>Sat, 18 Jul 2026 08:33:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Ces journées d’étude s’orientent vers une approche transnationale des échanges littéraires et intellectuels féminins (XVe–XVIIe siècles). La réflexion portera sur les pratiques d’adresse entre femmes (correspondances, dédicaces, traductions) comme formes de légitimation intraféminine, en interrogeant notamment la question des langues. Plusieurs types de corpus seront étudiés (lettres, poèmes…) en anglais, italien, français, latin, et espagnol. Les journées articuleront communications et atelier de traductologie, avec une attention particulière aux circulations textuelles en Europe. Les contributions et traductions seront publiées en ligne dans Les Mains invisibles. — Programme 5 octobre 2026 14h Accueil des organisateurs 14h30 Audrey Gilles et Agnès Lafont : Réseaux féminins protestants entre France et Grande-Bretagne : correspondances, dédicaces, réécritures. Cette communication s’intéresse à la correspondance entre Catherine de Bourbon et Elizabeth d’Angleterre, aux dédicaces qu’adresse Esther Inglis à des femmes de la noblesse protestante française (Catherine de Bourbon, Catherine de Parthenay, Louise de Coligny) ainsi qu’à sa réécriture des Emblèmes de Georgette de Montenay. Il s’agit de mettre en évidence la présence d’une communauté féminine protestante de part et d’autre de la Manche. Dans une période troublée par les Guerres de Religion, ces échanges littéraires avec les protestantes britanniques apparaissent pour les Françaises comme un véritable soutien idéologique [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135673_71f08c0c6621373c6a09767b0c14620f.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135673_71f08c0c6621373c6a09767b0c14620f.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Ces journées d’étude s’orientent vers une approche transnationale des échanges littéraires et intellectuels féminins (XV<sup>e</sup>–XVII<sup>e</sup> siècles). La réflexion portera sur les pratiques d’adresse entre femmes (correspondances, dédicaces, traductions) comme formes de légitimation intraféminine, en interrogeant notamment la question des langues. Plusieurs types de corpus seront étudiés (lettres, poèmes…) en anglais, italien, français, latin, et espagnol. Les journées articuleront communications et atelier de traductologie, avec une attention particulière aux circulations textuelles en Europe. Les contributions et traductions seront publiées en ligne dans <em>Les Mains invisibles</em>.</p> <p>—</p> <p><strong>Programme</strong></p> <p><strong>5 octobre 2026</strong></p> <p>14h Accueil des organisateurs</p> <p>14h30 <strong>Audrey Gilles et Agnès Lafont : Réseaux féminins protestants entre France et Grande-Bretagne : correspondances, dédicaces, réécritures.</strong></p> <p>Cette communication s’intéresse à la correspondance entre Catherine de Bourbon et Elizabeth d’Angleterre, aux dédicaces qu’adresse Esther Inglis à des femmes de la noblesse protestante française (Catherine de Bourbon, Catherine de Parthenay, Louise de Coligny) ainsi qu’à sa réécriture des Emblèmes de Georgette de Montenay. Il s’agit de mettre en évidence la présence d’une communauté féminine protestante de part et d’autre de la Manche. Dans une période troublée par les Guerres de Religion, ces échanges littéraires avec les protestantes britanniques apparaissent pour les Françaises comme un véritable soutien idéologique et moral.</p> <p>15h30 <strong>Victoria Rimbert : Un rendez-vous manqué ? La correspondance de Cassandra Fedele et Isabelle de Castille</strong></p> <p>L’humaniste du XV<sup>e</sup> siècle Cassandra Fedele entretient une correspondance suivie, en latin, avec Isabelle de Castille, à partir de 1487. Souhaitant pouvoir vivre pleinement de sa pratique littéraire et intellectuelle, Cassandra Fedele recherche la protection de la souveraine espagnole, avec succès : elle finit par être invitée à la cour d’Espagne, mais ne s’y rend finalement jamais. La communication propose de revenir sur cette correspondance pour en étudier les modalités, en se concentrant sur l’argumentation rhétorique de la jeune humaniste visant à convaincre la puissante mécène de la soutenir.</p> <p>16h30 pause</p> <p>17h Atelier de traduction</p> <p>—</p> <p><strong>6 octobre 2026</strong></p> <p>9h30 <strong>Adeline Lionetto : Dialogues transalpins entre femmes : Marguerite de Navarre et les poétesses italiennes contemporaines</strong></p> <p>À partir de l’anthologie de Lodovico Domenichi (1559) et d’autres anthologies italiennes, cette communication examine les échanges poétiques entre femmes à la Renaissance, en croisant les adresses de Marguerite de Navarre à Vittoria Colonna et celles de poétesses italiennes à la princesse française. Alors que la correspondance de Colonna et de Marguerite a déjà été largement analysée, notamment par Daniel Fliege, l’étude se concentre sur les pièces poétiques en français et en italien, révélant un dialogue transalpin aux enjeux de reconnaissance et de légitimation intraféminine. Elle montre comment ces pratiques d’adresse structurent un réseau européen de sociabilité féminine et de circulation intellectuelle.</p> <p>10h30 <strong>Nacéra Guenfoud : Tullia d’Aragona « la repentie » sous la protection d’Éléonore de Tolède, duchesse de Florence</strong></p> <p>Après une carrière de courtisane lettrée remarquée au cours de la première moitié du XVI<sup>e</sup> siècle, Tullia d’Aragona opère une « conversion » ayant vraisemblablement pour origine la recherche d’une légitimité intellectuelle et artistique. L’étude propose d’éclairer les rapports entre Tullia d’Aragona et Eléonore de Tolède à travers notamment les poèmes adressés à la duchesse ainsi que l’intercession de celle-ci dans un épisode judiciaire lié aux lois somptuaires en vigueur à Florence. </p>]]></content:encoded>
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      <title>"Ricœur, mort ou vif ?" Séminaire mensuel du Fonds Ricœur (ENS Paris)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135672/ricoeur-mort-ou-vif-seminaire-mensuel.html</link>
      <pubDate>Sat, 18 Jul 2026 03:21:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>English version below « Ricœur, mort ou vif ? ». Séminaire mensuel du Fonds Ricœur – ENS, rue d'Ulm, 2026/27 Présentation du séminaire Le séminaire « Actualités de Ricœur » propose d'offrir un espace de discussion et d'élaboration pour la jeune recherche ricœurienne. Organisé à l'École Normale Supérieure pour l'année 2026–2027, il accueillera des propositions de doctorant·es, post-doctorant·es et jeunes chercheur·euses désireux·ses d'explorer, de prolonger ou de mettre à l'épreuve les ressources de la philosophie de Paul Ricœur. La première édition de ce séminaire a pour titre « Ricœur, mort ou vif ? » – une formule délibérément ambiguë, qui nous invite à interroger à la fois la vitalité interne de son œuvre et sa capacité à nourrir les débats philosophiques, éthiques et politiques d'aujourd'hui.  La phénoménologie herméneutique de Ricœur n'est-elle pas définie essentiellement par la défense, et comme le "vœu", en faveur de la vie, du vif et du vivace ? Mais est-il encore un interlocuteur vivant, ou bien sa pensée s'est-elle sédimentée en patrimoine ? Le séminaire se déroulera selon le format suivant : deux intervenants par séance de la durée de deux heures, dont 30 minutes de présentation et 30 minutes de débat chacun.e.   Pour les [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135672_320704db829c142667f9bb680c06e67e.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135672_320704db829c142667f9bb680c06e67e.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>English version below</em></p> <p><strong>« Ricœur, mort ou vif ? ». Séminaire mensuel du Fonds Ricœur – ENS, rue d'Ulm, 2026/27</strong></p> <p><strong>Présentation du séminaire</strong></p> <p>Le séminaire « Actualités de Ricœur » propose d'offrir un espace de discussion et d'élaboration pour la jeune recherche ricœurienne. Organisé à l'École Normale Supérieure pour l'année 2026–2027, il accueillera des propositions de doctorant·es, post-doctorant·es et jeunes chercheur·euses désireux·ses d'explorer, de prolonger ou de mettre à l'épreuve les ressources de la philosophie de Paul Ricœur.</p> <p>La première édition de ce séminaire a pour titre « Ricœur, mort ou vif ? » – une formule délibérément ambiguë, qui nous invite à interroger à la fois la vitalité interne de son œuvre et sa capacité à nourrir les débats philosophiques, éthiques et politiques d'aujourd'hui. </p> <p>La phénoménologie herméneutique de Ricœur n'est-elle pas définie essentiellement par la défense, et comme le "vœu", en faveur de la vie, du vif et du vivace ? Mais est-il encore un interlocuteur vivant, ou bien sa pensée s'est-elle sédimentée en patrimoine ?</p> <p>Le séminaire se déroulera selon le format suivant : deux intervenants par séance de la durée de deux heures, dont 30 minutes de présentation et 30 minutes de débat chacun.e.  </p> <p>Pour les propositions d’interventions, nous proposons trois axes de problématisation et thématiques.</p> <p><strong>Axe I. La vie comme résistance – langage, temps et action</strong></p> <p>Comment la vie s'affirme, se narre et se configure-t-elle face à ce qui la nie ? La phénoménologie herméneutique de Ricœur est traversée par une tension fondamentale entre la puissance d'agir et les formes multiples de son entrave. Face au mal, à l'oubli ou encore à la mort, Ricœur explore les diverses formes de résistances au sein de la vie - métaphores, récits, mémoires, histoire. Ces résistances, en tant qu'actions possèdent une logique intrinsèque et continuent de créer le sens de la vie. </p> <p><strong>Suggestions de pistes</strong></p> <p>1. Le langage comme résistance : Comment la « métaphore vive » (<em>La Métaphore vive</em>, 1975) constitue-t-elle une forme de résistance à « l'entropie du langage », figeant le sens ? En quel sens l'innovation sémantique est-elle un acte vital, une « reviviscence » ?</p> <p>2.  Le récit comme résistance : Dans <em>Temps et récit</em> (1983 –1985), la mise en intrigue est présentée comme une victoire provisoire sur la discordance temporelle. Comment penser cette victoire face à la radicalité de l'« être-pour-la-mort » heideggérien ?</p> <p>3. La mémoire comme résistance : <em>La Mémoire, l'Histoire, l'Oubli </em>(2000) distingue oubli de réserve et oubli d'effacement. En quoi cette distinction engage-t-elle une éthique de la mémoire comme forme de fidélité à la vie ? </p> <p><strong>Axe II. Une vie à soi - ipséité, vulnérabilité, éthicité</strong></p> <p>Comment la vulnérabilité, loin d'être une limite de la subjectivité, en est peut-être la condition de possibilité éthique ? L'herméneutique du soi ricœurienne se construit sur la reconnaissance d'une fragilité constitutive : l'identité narrative est toujours exposée à la rupture, à la souffrance, au pâtir de l'autre - l'autre s'inscrivant au cœur même du soi. Cet axe propose d'approfondir la réflexion sur la relation entre le soi et l'autre, et d'explorer les modalités d'accomplissement d'une « vie bonne » à partir des épreuves concrètes de la vulnérabilité : traumatismes, quête de reconnaissance mutuelle et précarité de l'existence. </p> <p><strong>Suggestions de pistes</strong></p> <p>4. L'épreuve de l'identité narrative : <em>Soi-même comme un autre</em> (1990) articule identité-<em>idem</em> et identité-<em>ipse</em> autour du maintien de soi sous l'épreuve. Que devient cette articulation lorsque l'épreuve est celle de l'effondrement identitaire - maladie grave, exil, trauma ? L’herméneutique ricœurienne de l’identité narrative entre aussi en résonance avec les débats sur la performativité de l'identité et les études de genre (Butler).</p> <p>5. La réciprocité de la reconnaissance : Dans <em>Parcours de la reconnaissance</em> (2004), Ricœur passe de la reconnaissance de soi à la reconnaissance mutuelle. Comment ce parcours peut-il dialoguer avec les théories contemporaines de la vulnérabilité (Weil, Levinas) ou du care ?</p> <p>6. La vie éthique : La « visée éthique » définie dans les « Études éthiques » (<em>Soi-même comme un autre</em>, Études 5 à 7) cherche à réaliser une « vie bonne ». Cette notion est-elle opératoire face aux situations de vie empêchée, de précarité ou de désubjectivation ?</p> <p><strong>Axe III. La survie de Ricœur - héritages présents</strong></p> <p>Ricœur a noué une relation singulière avec son époque, marquée aussi bien par des résonances fécondes que par de vifs conflits. Cet axe cherche à interroger l'actualité philosophique de ces débats passés : quels prolongements, quelles corrections, et quelles ruptures la pensée ricœurienne appelle-t-elle aujourd'hui ? Les propositions inscriront les textes de Ricœur dans un dialogue critique avec des problématiques contemporaines, sans se limiter à la reconstitution historique.</p> <p><strong>Suggestions de pistes</strong></p> <p>7. L’altérité radicale dans la phénoménologie : Ricœur a engagé un double dialogue critique avec la déconstruction derridienne et l'éthique lévinassienne - deux contestations distinctes de l'autonomie du soi, l'une par le jeu du langage, l'autre par l'injonction éthique du visage. Comment ces confrontations éclairent-elles, ensemble, les limites et les ressources de l'herméneutique du soi face aux défis contemporains de l'hospitalité, de la communication et de la responsabilité ? </p> <p>8. L’anthropologie philosophique : L’homme, en tant qu’« homme capable » (<em>Du texte à l'action</em>, 1986), est-il en mesure d’accueillir de nouvelles formes d'agentivité – collective, distribuée, numérique – ou ses présupposés anthropologiques le limitent-ils ? À cet égard, la philosophie ricœurienne pourrait établir un dialogue fécond avec les théories de Stiegler (la rétention tertiaire) et d’Arendt (l’action collective).</p> <p>9. Justices actuelles : Comment les réflexions ricœuriennes sur la justice, la mémoire collective et le pardon (<em>La Mémoire, l'Histoire, l'Oubli</em>, Épilogue) peuvent-elles s'articuler aux enjeux contemporains des conflits mémoriels, des politiques de réconciliation ou des réparations post-coloniales ? La philosophie de Ricœur se noue avec des figures telles que Halbwachs, Derrida et Honneth. Sa réflexion sur la mémoire et le pardon éclaire durablement les pratiques de la justice transitionnelle.</p> <p>—</p> <p><strong>Modalités de soumission</strong></p> <p>Pour l'envoi des propositions ou toute question, nous vous prions de nous écrire à l'adresse suivante : <a href="mailto:seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com">seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com</a>. Les propositions sont attendues de doctorant·es, post-doctorant·es et jeunes chercheur·euses, quelle que soit leur discipline (philosophie, études littéraires, théologie, sciences sociales, droit), dès lors qu'elles s'ancrent dans les textes de Ricœur et les débats contemporains pour lesquels la théorie ricoeurienne pourrait être mobilisée de manière féconde. Les propositions comparatistes ou transdisciplinaires sont bienvenues. Nous accueillerons des propositions en français et en anglais.</p> <p>—</p> <p><strong>Comité d’organisation</strong></p> <p>Tristan Barberousse (ENS)</p> <p>Kexin Hu (ENS)</p> <p>Martina Lodi (Lumsa-ICP)</p> <p>Qiyu Chen (Montpellier III)</p> <p>— </p> <p><strong>Informations pratiques</strong></p> <p>Envoi de soumission : <a href="mailto:seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com">seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com</a>. </p> <p>Date limite de soumission : 20.09.2026</p> <p>Lieu : École Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, Paris (75005)</p> <p>Fréquence : mensuelle (année 2026–2027), normalement tous les derniers mardi du mois, en commençant toutefois le mardi 6 octobre.</p> <p>Calendrier : 06/10 ; 27/10 ; 24/11 ; 15/12 (en raison des vacances) ; 26/01 ; 23/02 ; 30/03 ; 27/04.</p> <p><strong>Les propositions de communication devront suivre ces consignes :  </strong></p> <p>Résumé anonymisé de 400 à 600 mots au format Word précisant le titre de la communication, l'axe retenu et la thèse défendue, accompagné d'une bibliographie indicative. <br />Une brève bio-bibliographie (nom, affiliation, situation, directeur·rice de thèse le cas échéant) doit être présentée dans le corps du mail. Afin de faciliter l’archivage et le traitement de votre dossier, nous vous prions de bien vouloir nommer l'objet de votre courriel selon le format suivant : [Candidature Séminaire] Nom – Titre de la communication. Consignes de mise en page pour le résumé (anonyme) : Police Times New Roman ou Arial, taille 12, interligne 1,5.<br />Nous souhaitons que les communications se déroulent en présentiel, pour faciliter les discussions qui sont au cœur de l'esprit séminarial de cette initiative. Nous aurons toutefois un lien pour pouvoir suivre l'événement en distanciel, le cas échéant. </p> <p>—</p> <p>Le séminaire ne dispose pas de budget dédié au remboursement des frais de déplacement et d'hébergement, et la participation en présentiel est à la charge des intervenant·es. Nous les encourageons donc à explorer prioritairement les financements disponibles auprès de leur laboratoire, école doctorale ou institution d'appartenance. </p> <p>—</p> <p>Les intervenant·es retenus·es seront invité·es à soumettre un texte préparatoire (25 000 signes maximum) diffusé aux participant·es une semaine avant la séance, ainsi qu'à l'adresse de contact (<a href="mailto:seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com">seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com</a>).</p> <p>—</p> <p>(<em>This English version of the call for papers was produced from the French original with the assistance of AI and revised by the organizers.</em>) </p> <p><strong>Presentation of the Seminar</strong></p> <p>The seminar "Actualités de Ricœur" ("Ricœur Studies Today") aims to offer a space for discussion and development for early-career research on Ricœur. Hosted at the École Normale Supérieure for the 2026–2027 academic year, it welcomes proposals from doctoral students, postdoctoral researchers, and early-career scholars who wish to explore, extend, or put to the test the resources of Paul Ricœur's philosophy.</p> <p>The first edition of this seminar is entitled "Ricœur, Dead or Alive?" — a deliberately ambiguous formulation, one that invites us to question both the internal vitality of his œuvre and its capacity to nourish the philosophical, ethical, and political debates of today.</p> <p>Is Ricœur's hermeneutic phenomenology not defined, in essence, by its defense of — and, as it were, its "vow" (vœu) in favor of — life, the living, and the lively? But is he still a living interlocutor, or has his thought sedimented into heritage?</p> <p>The seminar will follow this format: two speakers per two-hour session, with 30 minutes of presentation and 30 minutes of discussion for each speaker.</p> <p>For paper proposals, we welcome submissions engaging with three thematic axes. </p> <p><strong>Axis I. Life as Resistance – Language, Time, and Action</strong></p> <p>How does life affirm, narrate, and configure itself in the face of what negates it? Ricœur's hermeneutic phenomenology is traversed by a fundamental tension between the power to act and the multiple forms of its hindrance. Confronted with evil, forgetting, or indeed death, Ricœur explores the diverse forms of resistance at work within life — metaphors, narratives, memories, history. These resistances, as actions, possess an intrinsic logic and continue to create the meaning of life.</p> <p><strong>Suggested Lines of Approach</strong></p> <p>1. Language as resistance: How does the "living metaphor" (<em>The Rule of Metaphor</em>, 1975) constitute a form of resistance to the "entropy of language," which freezes meaning? In what sense is semantic innovation a vital act, a "revival"?</p> <p>2. Narrative as resistance: In <em>Time and Narrative </em>(1983–1985), emplotment is presented as a provisional victory over temporal discordance. How are we to think this victory in the face of the radicality of Heideggerian "being-towards-death"?</p> <p>3. Memory as resistance: <em>Memory, History, Forgetting</em> (2000) distinguishes between forgetting kept in reserve and forgetting through effacement. In what way does this distinction commit us to an ethics of memory as a form of fidelity to life?</p> <p><strong>Axis II. A Life of One's Own – Selfhood, Vulnerability, Ethicity</strong></p> <p>How might vulnerability, far from being a limit of subjectivity, be its very condition of ethical possibility? Ricœur's hermeneutics of the self is built upon the recognition of a constitutive fragility: narrative identity is always exposed to rupture, to suffering, to undergoing the action of the other — the other inscribing at the very heart of the self. This axis proposes to deepen reflection on the relation between the self and the other, and to explore the modes by which a "good life" may be accomplished, starting from the concrete ordeals of vulnerability: trauma, the quest for mutual recognition, and the precariousness of existence.</p> <p><strong>Suggested Lines of Approach</strong></p> <p>4. The ordeal of narrative identity: <em>Oneself as Another</em> (1990) articulates <em>idem</em>-identity and <em>ipse</em>-identity around the self-constancy under trial. What becomes of this articulation when the trial is that of identity's collapse — serious illness, exile, trauma? Ricœur's hermeneutics of narrative identity also resonates with debates on the performativity of identity and with gender studies (Butler).</p> <p>5. The reciprocity of recognition: In <em>The Course of Recognition</em> (2004), Ricœur moves from self-recognition to mutual recognition. How might this course enter into dialogue with contemporary theories of vulnerability (Weil, Levinas) or of care?</p> <p>6. The ethical life: The "ethical aim" defined in the "ethical studies" (<em>Oneself as Another</em>, Studies 5-7) seeks to realize a "good life." Does this notion remain operative in the face of situations of thwarted life, precarity, or desubjectivation?</p> <p><strong>Axis III. Ricœur’s Survival – Present Legacies</strong></p> <p>Ricœur maintained a singular relationship with his own era, marked as much by fruitful resonances as by sharp conflicts. This axis seeks to interrogate the philosophical actuality of these past debates: what extensions, what corrections, and what ruptures does Ricœurian thought call for today? Proposals will place Ricœur's texts in critical dialogue with contemporary problematics, without confining themselves to historical reconstruction.</p> <p><strong>Suggested Lines of Approach</strong></p> <p>7. Radical alterity in phenomenology: Ricœur engaged in a twofold critical dialogue with Derridean deconstruction and Levinasian ethics — two distinct contestations of the autonomy of the self, the one through the play of language, the other through the ethical injunction of the face. How do these confrontations, taken together, illuminate the limits and the resources of the hermeneutics of the self in the face of the contemporary challenges of hospitality, communication, and responsibility?</p> <p>8. Philosophical anthropology: Is the human being, understood as the "capable human being" (<em>From Text to Action</em>, 1986), in a position to accommodate new forms of agency — collective, distributed, digital — or do its anthropological presuppositions constrain it? In this regard, Ricœurian philosophy could enter into fruitful dialogue with the theories of Stiegler (tertiary retention) and Arendt (collective action).</p> <p>9. Justice today: How might Ricœur's reflections on justice, collective memory, and forgiveness (<em>Memory, History, Forgetting</em>, Epilogue) be articulated with the contemporary stakes of memory conflicts, politics of reconciliation, or postcolonial reparations? Ricœur's philosophy is bound up with figures such as Halbwachs, Derrida, and Honneth. His reflection on memory and forgiveness continues to shed lasting light on the practices of transitional justice.</p> <p>—</p> <p><strong>Submission Guidelines</strong></p> <p>To submit a proposal or for any inquiries, please write to us at the following address: <a href="mailto:seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com">seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com</a>. Proposals are welcome from doctoral students, postdoctoral researchers, and early-career scholars of any discipline (philosophy, literary studies, theology, social sciences, law), provided that they are grounded in Ricœur's texts and in contemporary debates for which Ricœurian theory could be fruitfully mobilized. Comparative and transdisciplinary proposals are welcome. We will accept proposals in French and in English.</p> <p>—</p> <p><strong>Organizing Committee</strong></p> <p>Tristan Barberousse (ENS)</p> <p>Kexin Hu (ENS)</p> <p>Martina Lodi (Lumsa-ICP)</p> <p>Qiyu Chen (Montpellier III)</p> <p>—</p> <p><strong>Practical Information</strong></p> <p>Submissions: <a href="mailto:seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com">seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com</a></p> <p>Submission deadline: 20 September 2026</p> <p>Venue: École Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, Paris (75005)</p> <p>Frequency: monthly (2026–2027 academic year), normally on the last Tuesday of each month, beginning however on Tuesday 6 October.</p> <p>Schedule: 6 October; 27 October; 24 November; 15 December (due to the holiday break); 26 January; 23 February; 30 March; 27 April.</p> <p><strong>Paper proposals must follow these guidelines:</strong></p> <p>An anonymized abstract of 400 to 600 words in Word format, specifying the title of the paper, the chosen axis, and the thesis defended, accompanied by an indicative bibliography.</p> <p>A brief bio-bibliographical note (name, affiliation, current position, thesis supervisor where applicable) should be included in the body of the email. To facilitate the archiving and processing of your submission, we kindly ask you to format the subject line of your email as follows: [Seminar Application] Surname – Title of the Paper. Formatting guidelines for the (anonymous) abstract: Times New Roman or Arial, 12-point font, 1.5 line spacing.</p> <p>We wish for the papers to be delivered in person, in order to facilitate the discussions that lie at the heart of the seminar spirit of this initiative. A link will nevertheless be available for those who wish to follow the event remotely, where applicable.</p> <p> —</p> <p>The seminar has no dedicated budget for the reimbursement of travel and accommodation expenses, and in-person participation is at the speakers' own expense. We therefore encourage them to explore, as a first step, the funding available from their research unit, doctoral school, or home institution.</p> <p>—</p> <p>Selected speakers will be invited to submit a preparatory text (25,000 characters maximum), to be circulated to participants one week before the session, and sent to the contact address (<a href="mailto:seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com">seminaire.actualites.ricoeur@gmail.com</a>).</p>]]></content:encoded>
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      <title>Prix l’Association des Lecteurs de Claude Simon pour la création. Première édition</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135671/prix-alcs-de-la-creation-premiere-edition.html</link>
      <pubDate>Sat, 18 Jul 2026 03:14:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_postes</category>
      <description>Prix ALCS de la création L’Association des Lecteurs de Claude Simon organise la première édition de son nouveau prix, le Prix ALCS de la création. Son but est d’encourager la création dans tous les domaines artistiques (littérature, peinture, musique, etc.) en tant qu’elle entretient une relation avec l’œuvre de Claude Simon. Décerné tous les deux ans, ce prix récompense l’excellente qualité d’une création inédite dont l’impulsion est liée à l’œuvre de Claude Simon. Ce concours est ouvert à toute personne qui serait intéresée, et la participation à celui-ci est gratuite. Toutes les formes de création artistique sont éligibles à la condition qu’elles puissent être communiquées au secrétaire du jury par voie électronique (à l'adresse suivante : asso.lecteurs.claude.simon@gmail.com). Chaque édition du prix est associée à un thème, avec lequel les œuvres candidates devront entretenir une relation étroite. Ce thème peut prendre des formes diverses (par exemple un mot, une phrase, une image…). Il est renouvelé à chaque édition du prix. Il figure sur la page d’accueil du prix, sur le site web de l'ALCS. La date limite d’envoi des propositions a été fixée au 5 janvier 2027. Récompense du prix : une somme de 500 euros un volume dans la collection [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135671_53cd3fee135096dd75fa1d1f3b359fd7.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135671_53cd3fee135096dd75fa1d1f3b359fd7.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Prix ALCS de la création</strong></p> <p>L’Association des Lecteurs de Claude Simon organise la première édition de son nouveau prix, le Prix ALCS de la création. Son but est d’encourager la création dans tous les domaines artistiques (littérature, peinture, musique, etc.) en tant qu’elle entretient une relation avec l’œuvre de Claude Simon.</p> <p>Décerné tous les deux ans, ce prix récompense l’excellente qualité d’une création inédite dont l’impulsion est liée à l’œuvre de Claude Simon. Ce concours est ouvert à toute personne qui serait intéresée, et la participation à celui-ci est gratuite.</p> <p>Toutes les formes de création artistique sont éligibles à la condition qu’elles puissent être communiquées au secrétaire du jury par voie électronique (à l'adresse suivante : <a href="mailto:asso.lecteurs.claude.simon@gmail.com">asso.lecteurs.claude.simon@gmail.com</a>).</p> <p>Chaque édition du prix est associée à un thème, avec lequel les œuvres candidates devront entretenir une relation étroite. Ce thème peut prendre des formes diverses (par exemple un mot, une phrase, une image…). Il est renouvelé à chaque édition du prix. Il figure sur la page d’accueil du prix, sur le site web de l'ALCS.</p> <p>La date limite d’envoi des propositions a été fixée au 5 janvier 2027.</p> <p>Récompense du prix :</p> <ul> <li>une somme de 500 euros</li> <li>un volume dans la collection « Pléiade » de Gallimard au choix du candidat (sous réserve de disponibilité)</li> <li>une invitation à présenter le travail accompli en tant que communication au séminaire de l’Association des Lecteurs de Claude Simon</li> <li>la diffusion de l'œuvre accomplie dans les Cahiers Claude Simon ou, si le format rend cette solution impraticable, sur le site internet de l'ALCS</li> </ul> <p>Toutes les informations pratiques, notamment le règlement du Prix, sont à consulter sur le site de l'Association des Lecteurs de Claude Simon :</p> <p><a href="https://associationclaudesimon.org/Prix-ALCS-de-la-creation.html">https://associationclaudesimon.org/Prix-ALCS-de-la-creation.html</a></p>]]></content:encoded>
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      <title>Prix Claude et Réa Simon. Sixième édition</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135668/prix-claude-et-rea-simon-sixieme-edition.html</link>
      <pubDate>Sat, 18 Jul 2026 02:31:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_postes</category>
      <description>Sixième édition du Prix Claude et Réa Simon destiné aux jeunes chercheurs L’Association des Lecteurs de Claude Simon organise la sixième édition du Prix Claude et Réa Simon, destiné à encourager l’étude de l’œuvre de Claude Simon par des chercheurs débutants. Attribué tous les deux ans, ce prix récompense l’excellente qualité d’un article inédit consacré en totalité ou en grande partie à l’œuvre de Claude Simon. Il est ouvert à toute personne inscrite en master, en thèse ou ayant soutenu sa thèse depuis moins de trois ans à la date limite de dépôt des candidatures. Il n’est pas nécessaire que la thèse porte sur Claude Simon. Les propositions s’inscrivant dans une perspective comparatiste sont les bienvenues, à condition que les articles soumis soient en grande partie consacrés à l’œuvre de Claude Simon. La date limite d’envoi des propositions a été fixée au 5 janvier 2027. Le prix comprend : une somme de 500 euros un volume dans la collection « Pléiade » de Gallimard au choix du candidat (sous réserve de disponibilité) une invitation à présenter l’article en tant que communication au séminaire de l’Association des Lecteurs de Claude Simon la publication de l’article dans les Cahiers Claude Simon Toutes [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135668_e743cb15943d7f69edddaadf2f290627.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135668_e743cb15943d7f69edddaadf2f290627.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Sixième édition du Prix Claude et Réa Simon destiné aux jeunes chercheurs</strong></p> <p>L’Association des Lecteurs de Claude Simon organise la sixième édition du Prix Claude et Réa Simon, destiné à encourager l’étude de l’œuvre de Claude Simon par des chercheurs débutants.</p> <p>Attribué tous les deux ans, ce prix récompense l’excellente qualité d’un article inédit consacré en totalité ou en grande partie à l’œuvre de Claude Simon. Il est ouvert à toute personne inscrite en master, en thèse ou ayant soutenu sa thèse depuis moins de trois ans à la date limite de dépôt des candidatures. Il n’est pas nécessaire que la thèse porte sur Claude Simon.</p> <p>Les propositions s’inscrivant dans une perspective comparatiste sont les bienvenues, à condition que les articles soumis soient en grande partie consacrés à l’œuvre de Claude Simon.</p> <p>La date limite d’envoi des propositions a été fixée au 5 janvier 2027.</p> <p>Le prix comprend :</p> <ul> <li>une somme de 500 euros</li> <li>un volume dans la collection « Pléiade » de Gallimard au choix du candidat (sous réserve de disponibilité)</li> <li>une invitation à présenter l’article en tant que communication au séminaire de l’Association des Lecteurs de Claude Simon</li> <li>la publication de l’article dans les Cahiers Claude Simon</li> </ul> <p>Toutes les informations pratiques, notamment le règlement du Prix, sont à consulter sur le site de l'Association des Lecteurs de Claude Simon :</p> <p><a href="https://associationclaudesimon.org/Prix-Claude-et-Rea-Simon-406.html">https://associationclaudesimon.org/Prix-Claude-et-Rea-Simon-406.html</a></p>]]></content:encoded>
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      <title>"Homère n'aurait rien compris à notre mauvaise conscience". Entretien avec Daniel Mendelsohn (legrandcontinent.eu)</title>
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      <pubDate>Sat, 18 Jul 2026 00:22:35 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_web</category>
      <description>"Il y a deux Daniel Mendelsohn, et la France n’en connaît bien qu’un. Le nôtre est l’auteur des Disparus, prix Médicis étranger, l’homme qui a parcouru douze pays pour retrouver six noms engloutis, celui de Trois anneaux, prix du Meilleur Livre étranger, méditation sur l’exil où se croisent Auerbach à Istanbul, Fénelon en disgrâce et Sebald en Angleterre. Un écrivain de la mémoire et du deuil, donc, que l’on invite dans les colloques sur la Shoah. L’autre, l’Américain, est un critique. Depuis vingt-cinq ans, il tient dans la New York Review of Books et dans le New Yorker une chronique où il passe, sans changer de ton ni baisser d’exigence, de Sappho à Mad Men, de Rimbaud à Avatar, de l’Énéide à Game of Thrones. Ses recueils l’annoncent dès le titre : Waiting for the Barbarians. Essays from the Classics to Pop Culture ; puis Ecstasy and Terror. From the Greeks to Game of Thrones. Le lecteur français n’en a qu’un échantillon, Si beau, si fragile, où l’on passe de la Marie-Antoinette de Sofia Coppola aux 300 de Sparte, de Tarantino à Philip Roth, de Thucydide aux Bienveillantes. Il y a démoli Mad Men dans un article resté célèbre pour sa violence [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135665_dd44d5ad3ba21b0ce05f0077e8c4ce46.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135665_dd44d5ad3ba21b0ce05f0077e8c4ce46.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>"Il y a deux Daniel Mendelsohn, et la France n’en connaît bien qu’un. Le nôtre est l’auteur des <em>Disparus</em>, prix Médicis étranger, l’homme qui a parcouru douze pays pour retrouver six noms engloutis, celui de <em>Trois anneaux</em>, prix du Meilleur Livre étranger, méditation sur l’exil où se croisent Auerbach à Istanbul, Fénelon en disgrâce et Sebald en Angleterre. Un écrivain de la mémoire et du deuil, donc, que l’on invite dans les colloques sur la Shoah.</p> <p>L’autre, l’Américain, est un critique. Depuis vingt-cinq ans, il tient dans la <em>New York Review of Books</em> et dans le <em>New Yorker</em> une chronique où il passe, sans changer de ton ni baisser d’exigence, de Sappho à <em>Mad Men</em>, de Rimbaud à <em>Avatar</em>, de l’<em>Énéide</em> à <em>Game of Thrones</em>. Ses recueils l’annoncent dès le titre : <em>Waiting for the Barbarians. Essays from the Classics to Pop Culture</em> ; puis <em>Ecstasy and Terror. From the Greeks to Game of Thrones</em>. Le lecteur français n’en a qu’un échantillon, <em>Si beau, si fragile</em>, où l’on passe de la <em>Marie-Antoinette</em> de Sofia Coppola aux <em>300</em> de Sparte, de Tarantino à Philip Roth, de Thucydide aux <em>Bienveillantes</em>. Il y a démoli <em>Mad Men</em> dans un article resté célèbre pour sa violence courtoise, et pris au sérieux la comédie musicale <em>Spider-Man</em> de Julie Taymor comme un helléniste prend au sérieux un fragment.</p> <p>Cette double appartenance n’est pas un ornement de biographie : c’est la méthode. Mendelsohn ne descend pas des Grecs vers la pop culture comme on condescend. Il tient que le rôle du critique consiste à faire l’intermédiaire, intelligemment et avec du style, entre une œuvre et son public, et que cette tâche ne change pas de nature selon qu’il s’agit de Cavafy ou d’un blockbuster. D’où l’évidence de lui parler cette semaine. Un homme qui a passé sa vie à lire l’<em>Odyssée</em> en grec et qui a aussi écrit sur James Cameron est à peu près le seul lecteur possible d’un film IMAX à deux cent cinquante millions de dollars tiré d’Homère.</p> <p>Car voilà l’événement : Christopher Nolan sort son <em>Odyssée</em>, tournée entièrement en IMAX 70 mm, avec Matt Damon en Ulysse, Anne Hathaway en Pénélope, Tom Holland en Télémaque, Zendaya en Athéna. Mendelsohn l’a vu il y a une semaine. Il a, pour l’occasion, revu tous les films de Nolan. Son verdict n’est pas celui qu’on attend d’un professeur devant un blockbuster, et c’est bien ce qui le rend intéressant.</p> <p>Il commence par prévenir : « Je suis en réalité un grand admirateur de Christopher Nolan, j’ai beaucoup aimé ses films. » Ce n’est pas une formule de politesse avant l’exécution. Le détail des éloges est précis, technique, celui d’un homme qui a regardé. Visuellement, dit-il, c’est assez impressionnant. Certaines scènes sont vraiment réussies : Circé et les cochons, les Cyclopes, les tempêtes magnifiques.</p> <p>Sur l’IMAX, il ne fait aucune ironie, alors que le procédé se prêtait à toutes les moqueries d’helléniste. « En IMAX, vous avez cette quantité gigantesque d’information sensorielle », dit-il, et cela fonctionne très bien pour les tempêtes. Le <em>sound design</em> est excellent. Sa recommandation est celle d’un spectateur, pas d’un mandarin : « Si vous le voyez, voyez-le en IMAX, c’est un peu tout l’intérêt. » Et sur le public : « Les gens vont l’aimer, ils vont trouver que c’est une belle histoire d’aventures, et ils seront contents. » Aucun mépris dans la phrase. C’est un constat, et peut-être un regret.</p> <p>Le problème arrive ensuite, et il tient en une phrase : « Il transforme Ulysse en un personnage nolanien. »</p> <p>L’Ulysse de Damon est hanté par la culpabilité de la guerre de Troie. Une figure du stress post-traumatique. Le film porte sur ce qu’il éprouve devant le sac de la ville. Or l’<em>Odyssée</em>, rappelle Mendelsohn, repose tout entière sur la complexité d’un homme que le grec qualifie de <em>polymètis</em> et de <em>polymèchanos</em> : malin, inventif, drôle, retors. « Rien de tout cela n’est dans le film. C’est une sorte de vétéran dépressif et traumatisé. Cette qualité-là me manque énormément. »" […]</p> <p><strong><a href="https://legrandcontinent.eu/fr/dimanches/un-cafe-avec-daniel-mendelsohn/">Lire la suite sur legrandcontinent.eu…</a></strong></p>]]></content:encoded>
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      <title>Liliane Pérez, Le livre de poche de Salomon Hyman</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135664/liliane-perez-le-livre-de-poche-de-salomon-hyman.html</link>
      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 23:10:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_question_societe</category>
      <description>Le livre de poche de Salomon Hyman, marchand juif ashkénaze, rapiécé, transporté au fil de ses incessants voyages à travers la Manche, est  l’archive d’une expérience, celle de l’insertion d’un marchand juif de Franconie dans le commerce franco-anglais qui polarise l’économie européenne à la fin du XVIIIe siècle. — À partir d’un modeste carnet de comptes rédigé en caractères hébraïques, Liliane Hilaire-Pérez fait surgir tout un pan méconnu de l’histoire économique européenne. Le Livre de poche de Salomon Hyman retrace l’itinéraire singulier d’un marchand juif ashkénaze du XVIIIᵉ siècle, acteur clé des échanges entre la France et l’Angleterre. Entre Londres et Paris, au cœur du marché des biens de consommation des Lumières, se dessine le portrait d’un intermédiaire cosmopolite, révélateur de la place essentielle des Juifs dans l’essor des échanges et des cultures matérielles. Le livre de Liliane Hilaire-Pérez s’impose d’emblée comme un modèle de recherche, tant par la richesse de ses sources que par l’inventivité de sa méthode. Au centre de l’enquête : Salomon Hyman, marchand juif ashkénaze installé à Londres, dans l’enclave des Minories, et à Paris, rue Beaubourg, spécialisé dans le commerce de quincaillerie entre fabricants anglais et artisans-boutiquiers français, tout en exportant vers l’Angleterre des productions [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135664_c981e8c8044bfdde8d3127914d212fa0.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135664_c981e8c8044bfdde8d3127914d212fa0.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Le livre de poche de Salomon Hyman, marchand juif ashkénaze, rapiécé, transporté au fil de ses incessants voyages à travers la Manche, est  l’archive d’une expérience, celle de l’insertion d’un marchand juif de Franconie dans le commerce franco-anglais qui polarise l’économie européenne à la fin du XVIIIe siècle.</p> <p>—</p> <p>À partir d’un modeste carnet de comptes rédigé en caractères hébraïques, Liliane Hilaire-Pérez fait surgir tout un pan méconnu de l’histoire économique européenne. Le Livre de poche de Salomon Hyman retrace l’itinéraire singulier d’un marchand juif ashkénaze du XVIIIᵉ siècle, acteur clé des échanges entre la France et l’Angleterre. Entre Londres et Paris, au cœur du marché des biens de consommation des Lumières, se dessine le portrait d’un intermédiaire cosmopolite, révélateur de la place essentielle des Juifs dans l’essor des échanges et des cultures matérielles.</p> <p>Le livre de Liliane Hilaire-Pérez s’impose d’emblée comme un modèle de recherche, tant par la richesse de ses sources que par l’inventivité de sa méthode. Au centre de l’enquête : Salomon Hyman, marchand juif ashkénaze installé à Londres, dans l’enclave des Minories, et à Paris, rue Beaubourg, spécialisé dans le commerce de quincaillerie entre fabricants anglais et artisans-boutiquiers français, tout en exportant vers l’Angleterre des productions parisiennes d’orfèvrerie et de bijouterie.</p> <p>La découverte de son livre de comptes, tenu durant douze années et intégralement rédigé en caractères hébraïques, constitue le point de départ d’une enquête exceptionnelle. Ce carnet, véritable objet-monde, mêle yiddish, allemand hébraïsé, transcriptions de termes français et anglais : un idiolecte multilexical qui reflète à la fois la mobilité géographique du marchand et son acculturation progressive. À travers cette écriture hybride se lit l’insertion d’un Juif originaire de Franconie dans les circuits économiques qui, à la fin du XVIIIᵉ siècle, structurent et polarisent l’économie européenne.</p> <p>L’ouvrage ne se limite pas à la reconstitution d’une trajectoire individuelle. Il éclaire plus largement la sociologie des Juifs ashkénazes à Paris et à Londres, au moment de leur entrée progressive dans la société d’Ancien Régime. L’autrice met en lumière leur rôle dans le développement des marchés de biens manufacturés et dans la diffusion d’une culture consumériste caractéristique du siècle des Lumières.</p> <p>La méthodologie déployée est à la fois rigoureuse et inventive. Une simple mention d’envoi d’argent pour Pessa’h permet ainsi d’identifier l’origine bavaroise (franconienne) de Hyman. L’exploitation de sources inédites - notamment les contrôles de police de 1774-1775 conservés au ministère des Affaires étrangères - permet d’établir une cartographie des logeurs parisiens accueillant des Juifs, ouvrant des perspectives entièrement nouvelles sur leur implantation urbaine.</p> <p>Les cartes, illustrations et reproductions de pages du carnet, accompagnées de leurs transcriptions et traductions, renforcent encore l’intérêt de cette étude minutieuse. En faisant parler une archive fragile, transportée au fil des traversées de la Manche, Liliane Hilaire-Pérez révèle une trace tangible de la présence juive dans la France d’Ancien Régime et renouvelle profondément l’histoire économique et culturelle du XVIIIᵉ siècle.</p> <p>À la croisée de l’histoire sociale, économique et culturelle, <em>Le Livre de poche de Salomon Hyman</em> devrait ainsi toucher à la fois les chercheurs et un public cultivé et curieux, sensible à la manière dont une micro-histoire peut éclairer les dynamiques majeures de l’Europe des Lumières. </p> <p>—</p> <p>Lien vers la base de données relationnelle HEURIST réalisée dans le cadre de l’IUF pour l’étude du carnet de comptes en yiddish de Solomon Hyman (fonds des faillites, Archives de Paris : D5B6 4376), analysé dans <em>Le livre de poche de Salomon Hyman. Juifs, commerce et industrie entre Paris et Londres au XVIIIe siècle</em> , Paris, Albin Michel, coll. L’Evolution de l’Humanité, 2026 :</p> <p><a href="https://heurist.huma-num.fr/heurist/?db=lhp_Hyman&amp;website=33956">https://heurist.huma-num.fr/heurist/?db=lhp_Hyman&amp;website=33956 </a></p>]]></content:encoded>
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      <title>Six nouvelles traductions et leurs notices sur Coran 12-21</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135655/six-nouvelles-traductions-et-leurs-notices-sur-coran-12-21.html</link>
      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 11:49:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_web</category>
      <description>L'équipe Coran 12-21 vient de mettre en ligne six nouvelles traductions alignées, accompagnées de leurs notices en français et en anglais, sur sa plateforme de recherche Coran 12-21 : https://coran12-21.org/fr/. Vous pouvez désormais accéder aux traductions : - de Salomon Schweigger, première traduction allemande du texte coranique, réalisée à partir de l’italien, publiée en 1616 et présentée par Lot Brouwer ; - de Ross (mais lequel ?), première traduction anglaise, réalisée d’après celle d’André Du Ryer et publiée en 1649 ; - de Claude-Etienne Savary, dont la traduction, publiée en 1783, a inspiré à Bonaparte certaines de ses formules les plus marquantes pendant l’expédition d’Égypte ; - d’Albert Kazimirski, encore réimprimée en 2024, mais dans un état désavoué par le traducteur : nous en donnons le bon texte, celui de 1852 ; - de John Medows Rodwell, première traduction anglaise à modifier l’ordre des sourates dans un dessein philologique, publiée en 1861 ; - d’Edward Henry Palmer, conçue jusque sous les tentes bédouines du Sinaï par un linguiste qui ne se relisait pas, publiée en 1880. La traduction de Schweigger est introduite par Lot Brouwer et alignée par Tristan Vigliano ; celles de Ross, Savary, Kazimirski, Rodwell et Palmer sont [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135655_b195c2e62c02a715eefd5335bce602c2.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135655_b195c2e62c02a715eefd5335bce602c2.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>L'équipe Coran 12-21 vient de mettre en ligne six nouvelles traductions alignées, accompagnées de leurs notices en français et en anglais, sur sa plateforme de recherche <em>Coran 12-21</em> : <a href="https://coran12-21.org/fr/">https://coran12-21.org/fr/</a>.</p> <p>Vous pouvez désormais accéder aux traductions :</p> <p>- de <a href="https://coran12-21.org/fr/contextes/schweigger">Salomon Schweigger</a>, première traduction allemande du texte coranique, réalisée à partir de l’italien, publiée en 1616 et présentée par Lot Brouwer ;</p> <p>- de <a href="https://coran12-21.org/fr/contextes/ross">Ross </a>(mais lequel ?), première traduction anglaise, réalisée d’après celle d’André Du Ryer et publiée en 1649 ;</p> <p>- de <a href="https://coran12-21.org/fr/contextes/savary">Claude-Etienne Savary</a>, dont la traduction, publiée en 1783, a inspiré à Bonaparte certaines de ses formules les plus marquantes pendant l’expédition d’Égypte ;</p> <p>- d’<a href="https://coran12-21.org/fr/contextes/kazimirski">Albert Kazimirski</a>, encore réimprimée en 2024, mais dans un état désavoué par le traducteur : nous en donnons le bon texte, celui de 1852 ;</p> <p>- de <a href="https://coran12-21.org/fr/contextes/kazimirski">John Medows Rodwell</a>, première traduction anglaise à modifier l’ordre des sourates dans un dessein philologique, publiée en 1861 ;</p> <p>- d’<a href="https://coran12-21.org/fr/contextes/palmer">Edward Henry Palmer</a>, conçue jusque sous les tentes bédouines du Sinaï par un linguiste qui ne se relisait pas, publiée en 1880.</p> <p>La traduction de Schweigger est introduite par Lot Brouwer et alignée par Tristan Vigliano ; celles de Ross, Savary, Kazimirski, Rodwell et Palmer sont introduites, alignées et partiellement éditées par Mouhamadoul Khaly Wélé.</p> <p>Ces ajouts s’accompagnent d’une nouveauté : toutes les notices contextuelles sont désormais citables. Un bouton « Citer cette notice » (« Cite this entry ») fournit, en français comme en anglais, une référence bibliographique prête à copier, comprenant l’URL et la date de consultation, de quoi renvoyer proprement à nos notices dans vos propres travaux.</p> <p>Les performances et la stabilité de la plateforme ont également été améliorées grâce à un travail d'optimisation, facilité par la migration vers une version plus récente de son moteur. La consultation des sourates est désormais bien plus fluide, notamment pour les plus longues, en dépit du fait que nous présentons désormais 18 textes (contre 5 au lancement du site, en 2019).</p> <p>Bonne navigation sur Coran 12-21 !</p>]]></content:encoded>
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    </item>
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      <title>Les Anciens ont-ils inventé la culture ? La notion de culture, hier et aujourd’hui : formes, histoire, représentations (Rouen)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135654/les-anciens-ont-ils-invente-la-culture-la-notion-de.html</link>
      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 11:31:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>Appel à communications Colloque organisé par Catherine Baroin et Anne-Lise Worms  (Université de Rouen Normandie) Les Anciens ont-ils inventé la culture ? La notion de culture, hier et aujourd’hui : formes, histoire, représentations Le concept de « nature » est aujourd’hui abondamment retravaillé, en particulier par des anthropologues, des philosophes, des théoriciens de l’écologie politique[1]. Cette réflexion porte tout particulièrement sur le couple « nature et culture », distinction traditionnelle dans la philosophie occidentale et en anthropologie, que Philippe Descola et Tim Ingold, entre autres, ont proposé de dépasser. En écho à ces recherches, les spécialistes de l’Antiquité grecque et romaine s’interrogent eux aussi sur la nature et sur le concept d’environnement – en prenant en compte les remises en cause actuelles de celui-ci. C’est ce qu’attestent plusieurs travaux récents et en cours, qui réfléchissent sur différents aspects de la « nature » (phusis, natura) pour les Anciens et qui les mettent en débat avec des conceptions modernes et contemporaines. Ainsi, le récent volume intitulé Natura. Approches anciennes, enjeux contemporains, dirigé par Maria Cecilia D’Ercole, Silvia D’Intino et Florence Gherchanoc (2024), rassemble les contributions de spécialistes de divers domaines (la littérature, la philosophie, le droit, la religion, les images, l’agriculture, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135654_93a7cfd395c7d992e7d3e8921a501faf.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135654_93a7cfd395c7d992e7d3e8921a501faf.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Appel à communications</p> <p style="text-align:center;">Colloque organisé par Catherine Baroin et Anne-Lise Worms </p> <p style="text-align:center;">(Université de Rouen Normandie)</p> <p style="text-align:center;"><strong>Les Anciens ont-ils inventé la culture ?</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>La notion de culture, hier et aujourd’hui : formes, histoire, représentations</strong></p> <p style="text-align:left;">Le concept de « nature » est aujourd’hui abondamment retravaillé, en particulier par des anthropologues, des philosophes, des théoriciens de l’écologie politique<sup>[1]</sup>. Cette réflexion porte tout particulièrement sur le couple « nature et culture », distinction traditionnelle dans la philosophie occidentale et en anthropologie, que Philippe Descola et Tim Ingold, entre autres, ont proposé de dépasser.</p> <p>En écho à ces recherches, les spécialistes de l’Antiquité grecque et romaine s’interrogent eux aussi sur la nature et sur le concept d’environnement – en prenant en compte les remises en cause actuelles de celui-ci. C’est ce qu’attestent plusieurs travaux récents et en cours, qui réfléchissent sur différents aspects de la « nature » (<em>phusis</em>, <em>natura</em>) pour les Anciens et qui les mettent en débat avec des conceptions modernes et contemporaines. Ainsi, le récent volume intitulé <em>Natura. Approches anciennes, enjeux contemporains</em>, dirigé par Maria Cecilia D’Ercole, Silvia D’Intino et Florence Gherchanoc (2024), rassemble les contributions de spécialistes de divers domaines (la littérature, la philosophie, le droit, la religion, les images, l’agriculture, etc.) qui s’interrogent, selon des perspectives croisées (philologique, anthropologique, historique, économique), sur ce qu’est la « nature» dans les mondes grec, romain, indien et sumérien. Dans ce volume, les articles d’Alessandro Buccheri (sur Homère et les présocratiques), de Marion Faure (sur Ovide), de Dario Mantovani (sur le Droit romain) et de Pierre Vesperini (sur Lucrèce) notamment montrent que nature et culture sont loin d’être opposées.</p> <p>S’il est important de s’interroger sur le concept de nature chez les Anciens, il est tout aussi essentiel de réfléchir sur la notion de « culture » dans ces mêmes univers antiques. </p> <p>Pour ce faire, on propose de prendre comme point de départ l’étude des termes latins <em>cultus</em> et <em>cultura</em>, qui sont à l’origine des mots français « culture», « culte », etc., et qui sont très riches de sens. Ces deux mots sont dérivés du verbe <em>colo</em>, lui-même polysémique, qui signifie « habiter » ; « soigner », « s’occuper de », d’où le sens de « cultiver » quand il s’agit de la terre, d’un champ ; « orner » des objets ou des êtres humains ; « respecter », « honorer » (des ancêtres, la patrie…) et plus spécifiquement « rendre un culte à » quand il s’agit des dieux. Le substantif <em>cultus</em>, dérivé du verbe <em>colo</em>, désigne l'action de « prendre soin de », qu'il s'agisse de la terre (agriculture), des animaux<sup>[2]</sup>, des êtres humains, notamment de leur corps (en cela, il est lié aux vêtements, aux ornements, à la parure<sup>[3]</sup>), mais aussi des dieux. Complété par les génitifs <em>animi</em> ou <em>litterarum</em>, il désigne la « culture de l’esprit » et la « pratique des lettres ». <em>Cultus</em> désigne également le résultat de l’acte de « prendre soin », exercé sur ces divers objets. En ce sens, le terme peut dénoter les moyens qui servent à embellir et à orner, mais aussi la « civilisation », le « genre de vie ». Les emplois du terme <em>cultura</em> sont beaucoup moins étendus, mais peuvent avoir les mêmes objets : la terre comme l’esprit, <em>animus</em><sup>[4]</sup>.</p> <p>Il s’agit donc, dans un premier temps, de partir de l’exploration des différents emplois des mots latins <em>cultus</em> (surtout) et <em>cultura</em>, en montrant les relations éventuelles entre ces emplois, pour s’interroger sur les conceptions, les représentations et l’imaginaire romains de la « culture » – sans donner de celle-ci une définition préalable et restrictive. La polysémie du substantif et du participe passé <em>cultus</em> peut ainsi constituer le point d’appui de différentes questions :</p> <p>- Quelle est la relation des mots <em>cultus</em> et <em>cultura</em> avec le terme latin <em>natura</em>, qui signifie, pour le dire rapidement, la « naissance », la « nature d'une chose » et « l'ensemble du monde physique », animé et non animé ?</p> <p>- Quelle relation est faite par les auteurs latins entre le culte des dieux et les autres acceptions du mot <em>cultus</em><sup>[5]</sup> ?</p> <p>- Comment s’articulent les notions de <em>cultus</em> et de <em>rusticitas</em> ? </p> <p>- Quelle est la place des animaux au sein de la relation entre nature et (agri)culture ?</p> <p>- L’agriculture est-elle le modèle de la culture de soi, du corps et de l’esprit ?</p> <p>- Où est la place de la nudité dans le partage entre nature et culture ? Et celle de la beauté ?</p> <p>- Quels liens peut-on faire entre <em>cultus</em>, <em>eruditio</em>, <em>humanitas</em>, <em>urbanitas</em> ?</p> <p>- Ceux que les Romains considèrent traditionnellement comme des Barbares ont-ils du <em>cultus</em> ? Si l’on envisage le <em>cultus</em> comme « genre de vie », « mode de vie », cela ne paraît pas impossible.</p> <p>La finalité de ces questions, dont la liste n’est pas exhaustive, n’est pas seulement d’explorer ce qu’est le <em>cultus</em> pour les Romains de l’Antiquité, mais de mettre en perspective la « culture » du point de vue romain avec ce qu’elle peut être dans d’autres civilisations et à d’autres périodes, grâce à de multiples approches (linguistique et sémantique, littéraire, philosophique, anthropologique, historique, artistique…). Ainsi, pour faire référence ici, en amont, au seul monde grec ancien, on se demandera, par exemple, comment s’y organisent le lexique et les concepts de la « culture » au sens large, alors même que la grille des termes latins ne peut être appliquée à la langue grecque. En effet, pour paraphraser Jean-Pierre Vernant qui soulignait que « Le grec ne connaît pas de terme correspondant à celui de “travail” »<sup>[6]</sup>, nous pourrions dire que le grec ne connaît pas non plus de terme correspondant à celui de « culture » (dans ses multiples acceptions en latin comme en français). L’on pourra ainsi s’appuyer sur cette difficulté pour s’interroger, par exemple, sur ce à quoi s’oppose le terme de <em>phusis</em>, sur ce que recouvrent les termes <em>paideia</em>, <em>therapeia/therapeuô</em>, <em>kosmos</em>, <em>schêma</em>, …</p> <p>Les questions proposées ci-dessus peuvent être synthétisées selon quelques orientations ou articulations qui permettent aisément d’aborder d’autres champs de recherche que ceux de l’Antiquité :</p> <p>- culture/nature</p> <p>- culture/urbanité/rusticité</p> <p>- culture, parure, ornement, artifice/état brut, non travaillé</p> <p>- culture/authenticité</p> <p>- culture, civilisation, humanité/monde sauvage/barbare, autre, étranger</p> <p>- culture/éducation, formation, art</p> <p>- culture/nature/beauté, etc.</p> <p>À partir de cette réflexion sur les conceptions antiques de la « culture », et en parallèle avec elle, notre souhait est donc de construire un colloque interdisciplinaire, où le dialogue soit ouvert avec des anthropologues qui puissent faire le point sur la pensée contemporaine de ces questions, mais aussi avec des spécialistes de périodes et d’aires culturelles autres que celles de l’Antiquité<sup>[7]</sup>, relevant de différentes disciplines : littérature, philosophie, histoire, géographie, sociologie, droit, économie, sciences de l’éducation<sup>[8]</sup>…</p> <p> À une époque où la « culture », en un sens certes plus restreint, peut paraître partout menacée<sup>[9]</sup>, il nous semble important de réfléchir et de s’interroger à nouveaux frais sur la notion même de « culture », dans son historicité, ses multiples représentations, et son actualité. </p> <p>—</p> <p><em>Dates</em><strong> : du mercredi 26 mai au vendredi 28 mai 2027</strong></p> <p><em>Lieu</em><strong> : Université de Rouen Normandie</strong></p> <p><em>Organisatrices</em> : Catherine Baroin (Université Rouen Normandie - URN, UR 4705 ERIAC / UMR 8210 ANHIMA) et Anne-Lise Worms (Université Rouen Normandie - URN, UR 4705 ERIAC).</p> <p><em>Modalités de soumission des propositions </em>:</p> <p>les propositions de communication (d’un maximum de 1000 mots) seront envoyées <strong>avant le 15 JANVIER</strong> <strong>2027</strong> à :</p> <p><a href="mailto:catherine.baroin@univ-rouen.fr">catherine.baroin@univ-rouen.fr</a></p> <p><a href="mailto:anne-lise.worms@univ-rouen.fr">anne-lise.worms@univ-rouen.fr</a></p> <p>Cette rencontre donnera lieu à une publication. </p> <p>—</p> <p><strong><em>Comité scientifique</em></strong> :</p> <p>Matthieu Amat (URN) ; Lydie Bodiou (Université de Poitiers) ; Marine Bretin-Chabrol (Université Jean Moulin-Lyon 3) ; Marion Faure (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ; Isabelle Gassino (URN) ; Florence Gherchanoc (Université Paris Cité) ; Mélanie Lucciano (URN) ; Véronique Mehl (Université Bretagne Sud) ; Estelle Oudot (Université Bourgogne Europe) ; Veronica Revello (URN) ; Joëlle Soler (Sorbonne Université) ; Jean Trinquier (ENS-PSL) ; Emmanuelle Valette (Université Paris Cité) ; Anne Vial-Logeay (URN).</p> <p>—</p> <p><strong><em>Indications bibliographiques (classement thématique) :</em></strong></p> <p><strong>Sur le <em>cultus</em> et le <em>kosmos</em> : </strong></p> <p>- Baroin Catherine, <em>Beauté et présentation de soi dans le monde romain. Normes, écarts et transgressions</em>, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2025.</p> <p>- Berg Ria, « Wearing Wealth. <em>Mundus Muliebris</em> and <em>Ornatus</em> as Status Markers for Women in Imperial Rome », dans P. Setäla, R. Berg, R. Hälikka, M. Keltanen, J. Pölönen, V. Vuolanto, <em>Women, Wealth and Power in the Roman Empire</em>, Rome, Acta Instituti Romani Finlandiae, 2002, p. 15-72.</p> <p>- Blonski Michel, <em>Se nettoyer à Rome. IIe s. avant J.-C.- IIe s. après J.-C. Pratiques et enjeux</em>, Paris, Les Belles Lettres, 2014.</p> <p>- Bodiou Lydie et Mehl Véronique (dir.), <em>Dictionnaire du corps dans l’Antiquité</em>, Rennes, PUR, 2019.</p> <p>- Boudon-Millot Véronique, « Médecine et esthétique : Nature de la beauté et beauté de la Nature chez Galien », <em>BAGB</em>, 2, 2003, p. 77-91.</p> <p>- Briand Michel, « Esthétique et idéologie du <em>kosmos</em> dans la poésie mélique grecque archaïque », dans L. Bodiou, F. Gherchanoc, V. Huet et V. Mehl (éd.), <em>Parures et artifices : le corps exposé dans l’Antiquité</em>, Paris, L’Harmattan, 2011, p. 217-232.</p> <p>- Brulé Pierre, <em>Les sens du poil (grec)</em>, Paris, Les Belles Lettres, 2015.</p> <p>- Casevitz Michel, « À la recherche du <em>Kosmos</em>. Là tout n’est qu’ordre et beauté », <em>Le temps de la réflexion</em>, 10, 1989, p. 97-119.</p> <p>- Cordier Pierre, « L’ethnographie romaine et ses primitifs : les paradoxes de la préhistoire au présent », <em>Anabases</em>, 3, 2006, p. 173-193. <a href="https://journals.openedition.org/anabases/2716">https://journals.openedition.org/anabases/2716</a></p> <p>- Gherchanoc Florence, « Beauté, ordre et désordre vestimentaires féminins en Grèce ancienne », <em>Clio. Histoire, Femmes et Sociétés, 36 : Costumes,</em> S. Cassagnes-Brouquet C. Dousset-Seiden (dir.), 2012, p. 19-42.</p> <p>- Gherchanoc Florence, « “L’attrait du <em>kosmos</em>, le désir de parure, le plaisir d’être [belle ou] beau” et les dangers de l’éclat. Mode de circulation des parures nuptiales et des présents conjugaux en Grèce ancienne », dans H. Harich-Schwarbauer und C. Scheidegger Lämmle (éd.), <em>Gender Studies in den Altertums Wissenschaften. Women and Objects in Antiquity</em>, Trèves, WVT, 2022, p. 225-240.</p> <p>- Guez Jean-Philippe, Klein Florence, Peigney Jocelyne, Prioux Evelyne (dir.), <em>Dictionnaire des images du poétique dans l’Antiquité</em>, Paris, Classiques Garnier, 2025.</p> <p>- Prêtre Clarisse, Kosmos et kosmena. <em>Les offrandes de parure dans les inscriptions de Délos</em>, Liège, Presses universitaires (Kernos, suppl., 27), 2008.</p> <p>- Puhvel Jaan, « The Origins of Greek <em>Kosmos</em> and Latin <em>Mundus</em> », <em>AJPh</em>, 97-2, 1976, p. 154-167.</p> <p>- Robert Jean-Noël, « Société et <em>cultus</em> à l’époque de Martial », <em>Humanitas. Revista do Instituto de Estudos Clássicos</em>, 56, 2004, p. 49-69.</p> <p><a href="https://www.uc.pt/fluc/eclassicos/publicacoes/humanitas56">https://www.uc.pt/fluc/eclassicos/publicacoes/humanitas56</a></p> <p>- Wilhelm Robert M., « The second <em>Georgic</em>. The Sowing of a Republic », <em>Ziva Antiqua</em>, 26.1, 1976, p. 63-72. <a href="https://antiquitasviva.com/regular-issues/ziva-antika-antiquite-vivante-26-1-1976/">https://antiquitasviva.com/regular-issues/ziva-antika-antiquite-vivante-26-1-1976/</a></p> <p> </p> <p><strong>Sur la culture et l’éducation :</strong></p> <p>- Bonner Stanley F., <em>Education in ancient Rome: from the elder Cato to the younger Pliny</em>, Berkeley/Los Angeles, University of California Press, 1977.</p> <p>- Jaeger Werner, P<em>aideia. La formation de l’homme grec</em>, Paris, Gallimard, 1988 (19341 ; 1954-19592).</p> <p>- Marrou Henri-Irénée, <em>Histoire de l’éducation dans l’Antiquité</em>, Paris, Le Seuil, 19917 (1948).</p> <p> </p> <p><strong>Sur le <em>cultus</em> dans la poésie élégiaque :</strong></p> <p>- Fabre-Serris Jacqueline, « <em>De cultu puellarum</em>. Modélisation et enjeux de la toilette des femmes selon les élégiaques (Tib.3.8, Properce 1.2, Ovide) », dans H. Harich-Schwarbauer und C. Scheidegger Lämmle (éd.), <em>Gender Studies in den Altertums Wissenschaften. Women and Objects in Antiquity</em>, Trèves, WVT, 2022 p. 171-85.</p> <p>- Faure Marion, « Rome au naturel ? Paradoxes poétiques d’Ovide entre nature et... parure », dans M. C. D’Ercole, S. D'Intino, F. Gherchanoc (dir.), <em>Natura. Approches anciennes, enjeux contemporains</em>, Paris, Classiques Garnier, 2024, p. 165-174.</p> <p>- Watson Patricia, « Ovid and <em>cultus</em>: Ars Amatoria 3. 113-28 », <em>TAPhA</em>, 112, 1982, p. 237-244.</p> <p></p> <p><strong>Sur le rapport nature/culture :</strong></p> <p>- Blandenet, Maelys, « Le poète paysan des <em>Géorgiques</em> : un homme de culture », <em>BAGB</em>, 2, 2007, p. 123-146.</p> <p>- Blandenet, Maelys, « Rusticité et identité romaine à l’époque républicaine », <em>Vita Latina</em>, 193-194, 2016. p. 29-44.</p> <p>- Corbeill Anthony, <em>Nature Embodied: Gesture in Ancient Rome</em>, Princeton et Oxford, PUP, 2004.</p> <p>- Descola Philippe, <em>Par-delà nature et culture</em>, Paris, Gallimard, 2005.</p> <p>- Ingold Tim, « Culture, nature et environnement » (édité par P. Charbonnier, trad. P. Madelin), <em>Tracés, 22 : Écologiques. Enquêtes sur les milieux humains</em>, 2012, p. 169-187. <a href="https://journals.openedition.org/traces/5470">https://journals.openedition.org/traces/5470</a></p> <p> </p> <p><strong>Sur les plantes et l’utilisation du lexique et des métaphores végétales pour décrire des réalités et des institutions humaines : </strong></p> <p>- Bretin-Chabrol Marine, « Soigner la terre, matrice des plantes. Agriculture et gynécologie chez Columelle », dans A. Macé et S. Carvallo (éd.), <em>Analogies végétales dans la connaissance de la vie de l’Antiquité à l’âge classique</em>, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté 2023. Volume en ligne : <a href="https://books.openedition.org/pufc/51621">https://books.openedition.org/pufc/51621</a></p> <p>- Buccheri Alessandro, <em>Penser les humains à travers les plantes. Métaphores botaniques du corps et de la parenté dans la poésie grecque archaïque et classique</em>, Grenoble, J. Millon, 2024<sup>10</sup>. </p> <p> </p> <p><strong>Sur les animaux :</strong></p> <p>- Lazaris Stavros, Spruyt Margaux et Trinquier Jean, « Le refus du visage animal durant l’Antiquité et le Moyen Âge », dans É. Baratay (dir.), <em>L’animal désanthropisé. Interroger et redéfinir les concepts</em>, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2024, p. 33-51. <a href="https://books.openedition.org/psorbonne/129708">https://books.openedition.org/psorbonne/129708</a></p> <p>- Le Doze Philippe, <em>Les animaux dans le monde romain</em>, Paris, PUF, 2026.</p> <p>- Pfaff-Reydellet Maud, <em>Le bestiaire des poètes. La mise en scène de l’animal chez Lucrèce, Virgile et Ovide</em>, Paris, Sorbonne Université Presses, 2025.</p> <p> </p> <p><strong>Sur la nature :</strong></p> <p>- d’Ercole Maria Cecilia, D’Intino Silvia et Gherchanoc Florence (dir), <em>Natura. Approches anciennes, enjeux contemporains</em>, Paris, Classiques Garnier, 2024.</p> <p><a href="https://classiques-garnier.com/natura-approches-anciennes-enjeux-contemporains.html">https://classiques-garnier.com/natura-approches-anciennes-enjeux-contemporains.html</a></p> <p>- Macé Arnaud, « La naissance de la nature en Grèce ancienne », dans S. Haber et A. Macé (éd.), <em>Anciens et Modernes par-delà nature et société</em>, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, 2012, p. 47-84. <a href="https://books.openedition.org/pufc/42387">https://books.openedition.org/pufc/42387</a></p> <p> </p> <p><strong>Sur le spectacle de la nature, en relation avec sa présence dans l’espace domestique, notamment sous forme picturale : </strong></p> <p>-<em> Le spectacle de la nature. Regards grecs et romains</em>, s. dir. Emmanuelle Valette et Stéphanie Wyler, Cahiers Mondes anciens, 2017. <a href="https://journals.openedition.org/mondesanciens/1872">https://journals.openedition.org/mondesanciens/1872</a></p> <p>- <em>Nature/natures : approches anthropologiques</em>, <em>Mètis</em>, N.S.20, 2022.</p> <p> </p> <p><strong>Notes : </strong></p> <p>1. Voir par exemple Philippe Descola et Alessandro Pignocchi, <em>Ethnographies des mondes à venir</em>, Paris, Éditions du Seuil, 2022.</p> <p>2. Notons qu’en français on « élève » des animaux, mais qu’en latin on pratique le <em>cultus</em> des champs et du bétail (Virgile, Columelle) : si l’on se fie au lexique, ce n’est pas le fait de faire grandir qui compte (comme pour des petits humains), c’est d’abord le faire de prendre soin, de veiller sur.</p> <p>3. En ce sens, le nom <em>cultus</em> est proche des substantifs <em>ornatus</em> et <em>ornamentum</em> (ornement), mais aussi <em>mundus</em> (objets de toilette, ornements, en particulier dans l’expression <em>mundus muliebris</em>). Il existe aussi l’adjectif <em>mundus</em>, dont le premier sens est « propre ». On ne sait pas si le substantif « <em>mundus</em> » qui signifie « monde », « univers » et <em>mundus</em> au sens d’objet de toilette ou de parure ont la même origine.</p> <p>4. Cf. Cicéron, <em>Tusculanes</em>, II, 5, 13.</p> <p>Pour ces différents sens et emplois de <em>colo</em>, de <em>cultus</em> et de <em>cultura</em>, nous nous appuyons ici sur le classement du <em>Thesaurus Linguae Latinae</em> – qui peut évidemment être remis en question et retravaillé.</p> <p>5. Voir par exemple Augustin, <em>Cité de Dieu</em>, X, 1.</p> <p>6. J.-P. Vernant, <em>Mythe et pensée chez les Grecs</em>, Éditions François Maspéro, Paris, 1969 (section IV, chap. 2, « Travail et nature dans la Grèce ancienne », p. 197).</p> <p>7. Notamment celles de l’Unité de Recherches ERIAC (UR 4705 Université de Rouen : <a href="https://eriac.univ-rouen.fr/)">https://eriac.univ-rouen.fr/)</a></p> <p>8. Ce colloque s’inscrira également dans les orientations scientifiques de l’axe 2 de l'IRIHS (Fédération de recherche en SHS de l’université de Rouen), Cultures, patrimoines, langages, représentations (<a href="https://irihs.univ-rouen.fr/irihs/">https://irihs.univ-rouen.fr/irihs/</a>).</p> <p>9. Voir, par exemple, le titre du numéro 5 de la revue Analyse, Opinion, Critique (AOC, printemps 2026) : CULTURE.</p> <p>10. Voir le projet ERC Starting Grant (2023-2028) dirigé par A. Buccheri et intitulé « POLYBOTA. Polytheism and Botany: An Experimental Approach to the Environmental Dimensions of Ancient Greek Religion » : <a href="https://anr.fr/Project-ANR-23-AERC-0010">https://anr.fr/Project-ANR-23-AERC-0010</a> </p> <p><br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> </p> <p><br /> <br /> <br /> <br /> <br /> </p>]]></content:encoded>
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      <title>Identifier les autres et/ou se faire “Lecteur de soi-même" : Proust et la reconnaissance (Illiers-Combray)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135653/identifier-les-autres-et-ou-se-faire-lecteur-de-soi-meme-proust-et-la-reconnaissance.html</link>
      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 11:21:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Identifier les autres et/ou se faire "Lecteur de soi-même" : Proust et la reconnaissance Journées d’étude organisée par Luc Fraisse (Université de Strasbourg / IUF) et Olivier Guerrier (Université Toulouse Jean Jaurès / IUF) Illiers-Combray, 4 et 5 septembre 2026 Reconnaissance. Aristote prise fort, chez les Tragiques, ces scènes de reconnaissance où par exemple Électre s’avise que ce jeune homme devant elle n’est autre que son frère Oreste, avec l’appui duquel elle va enfin pouvoir venger son père. Beaucoup de scènes de reconnaissance peuplent le cycle romanesque de Proust, jusqu’à l’ultime « Matinée » qui les réunit en un feu d’artifice. Mais dans le même temps chemine, pour le héros qui deviendra écrivain, une autre forme d’anagnôrisis, la reconnaissance de soi, en une série de prises de conscience qui tissent la trame d’« une intrigue de la psyché » (Terence Cave). Avant même que le narrateur du Temps retrouvé ne déclare : « La reconnaissance en soi-même, par le lecteur, de ce que dit le livre, est la preuve de la vérité de ce dernier et vice-versa », les diverses scènes de lecture, réparties dans les volumes précédents, prennent volontiers pour enjeu un certain type de reconnaissance. On tentera dès lors [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135653_58c67fe79bf38ca8edfa66b51fbfa94a.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135653_58c67fe79bf38ca8edfa66b51fbfa94a.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Identifier les autres et/ou se faire "Lecteur de soi-même" :</strong></p> <p><strong>Proust et la reconnaissance</strong></p> <p>Journées d’étude organisée</p> <p>par Luc Fraisse (Université de Strasbourg / IUF) et Olivier Guerrier (Université Toulouse Jean Jaurès / IUF)</p> <p><strong>Illiers-Combray, 4 et 5 septembre 2026</strong></p> <p>Reconnaissance. Aristote prise fort, chez les Tragiques, ces scènes de reconnaissance où par exemple Électre s’avise que ce jeune homme devant elle n’est autre que son frère Oreste, avec l’appui duquel elle va enfin pouvoir venger son père. Beaucoup de scènes de reconnaissance peuplent le cycle romanesque de Proust, jusqu’à l’ultime « Matinée » qui les réunit en un feu d’artifice. Mais dans le même temps chemine, pour le héros qui deviendra écrivain, une autre forme d’anagnôrisis, la reconnaissance de soi, en une série de prises de conscience qui tissent la trame d’« une intrigue de la psyché » (Terence Cave). Avant même que le narrateur du Temps retrouvé ne déclare : « La reconnaissance en soi-même, par le lecteur, de ce que dit le livre, est la preuve de la vérité de ce dernier et vice-versa », les diverses scènes de lecture, réparties dans les volumes précédents, prennent volontiers pour enjeu un certain type de reconnaissance.</p> <p>On tentera dès lors de revisiter une conception proustienne qui renoue avec l’anamnèse et la réminiscence d’origine platonicienne – mais dont Aristote traitait également dans son De memoria et reminiscentia, sans parler du rapport entre reconnaissance et mémoire qu’évoque la Poétique –, qui voisine avec l’« épiphanie » et implique tant interprétation savante (et même intertextualité) que lecture courante, et qui peut déboucher à ce compte sur une phénoménologie ou encore une pragmatique.</p> <p>Pour ce faire, on pourra aussi bien proposer une interprétation de scènes de reconnaissance (vis-à-vis des personnages, ou tournée vers l’intérieur de soi-même), que développer une interprétation du concept et du phénomène même de reconnaissance dans À la recherche du temps perdu.</p> <p><em>Avec le soutien de l’Institut Universitaire de France.</em></p> <p><strong><a href="https://www.fabula.org/actualites/documents/135653_8806e1883d8ddbc7fcc898d53aee2c08.pdf">Découvrir sur Fabula l'affiche de la journée…</a></strong></p> <p>—</p> <p><strong>Programme</strong></p> <p><strong>Vendredi 4 septembre 2026, matinée</strong></p> <p>Président de séance : Eleonora Sparvoli</p> <p>9h- Proust et la reconnaissance dans la critique contemporaine (Olivier Guerrier, Université de Toulouse, IUF)</p> <p>9h30- L’esthétique proustienne de la reconnaissance (Luc Fraisse, Université de Strasbourg, IUF)</p> <p>10h- Discussion et pause</p> <p>10h30- “Inquiétante étrangetéˮ et reconnaissance (Eleonora Sparvoli, Université de Milan)</p> <p>11h15- Reconnaissance et mémoire (Isabelle Serça, Université de Toulouse)</p> <p>12h- Le regard et la reconnaissance de l’avenir dans Du côté de chez Swann (Clément Girardi, Université de Toulouse)</p> <p><strong>Vendredi 4 septembre 2026, après-midi</strong></p> <p>Président de séance : Thomas Klinkert</p> <p>14h30- Deux régimes de reconnaissance, deux sens de la vie (Miguel de Beistegui, Université de Warwick)</p> <p>15h15- Pour une lecture jamesienne de la trajectoire de Swann (Aline Wiame, Université de Toulouse)</p> <p>16h- La reconnaissance et la phénoménologie de l’esprit (Gérard Bensussan, Université de Strasbourg)</p> <p>Pause</p> <p>17h- Identifier les autres et/ou se faire “lecteur de soi-mêmeˮ (Luc Sautin, Université de Toulouse)</p> <p>17h45- De l’illustre inconnu à l’inconnu illustre : le mystère du génie dans À la recherche du temps perdu (Sébastien Baudoin, Paris)</p> <p> —</p> <p><strong>Samedi 5 septembre 2026, matinée</strong></p> <p>Président de séance : Miguel de Beistegui</p> <p>9h- Musique et reconnaissance dans À la recherche du temps perdu (Thomas Klinkert, Université de Zurich)</p> <p>9h45- « Je me reconnus » : mémoire musicale et révélation de soi dans l’écoute du septuor de Vinteuil (Arthur Morisseau, professeur agrégé)</p> <p>10h30- Les scènes de reconnaissance dans les adaptations cinématographiques (Thomas Carrier-Lafleur, Université de Montréal)</p> <p>11h15- Conclusions.</p> <p>—</p> <p>Contacts :</p> <p>Olivier Guerrier : <a href="mailto:">olivier.guerrier@wanadoo.fr</a></p> <p>Luc Fraisse : <a href="mailto:">fraisseluc@gmail.com</a></p>]]></content:encoded>
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      <title>Le corps à l'épreuve des frontières</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135663/le-corps-a-l-epreuve-des-frontieres.html</link>
      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 09:25:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Appel à contributions Chapitres d'ouvrage aux Presses Universitaires Indianocéaniques  LE CORPS À L'ÉPREUVE DES FRONTIÈRES  Dirigé par : Julien AUBERT (DIRE, Université de La Réunion) Sophie IRELAND (DIRE, Université de La Réunion) Ada LESCAY (DIRE, Université de La Réunion) Mélodie LHERMINEZ (OIES, Université de La Réunion) Jean Pierre SAGNO (LCF, Université de La Réunion)  ARGUMENTAIRE  L'ouvrage collectif Le corps à l'épreuve des frontières souhaite explorer les multiples manières dont les corps humains, qu'ils soient individuels, collectifs, réels ou représentés (Le Breton et al. 2013; Berthelot, 1997), se confrontent aux limites qui les environnent, affectent leurs déplacements, orientent leurs trajectoires et, partant, les définissent, les contraignent ou les transforment.  Les frontières, comprises au sens large, couvrent l'ensemble de ces limites, qu'elles soient politiques ou territoriales, sociales ou normatives mais aussi esthétiques, médiatiques, temporelles ou perceptives. Elles concernent autant les corps vécus que les corps imaginaires, performés ou médiés par des dispositifs techniques.  Le « corps » et la « frontière » sont deux notions productives en sciences humaines et sociales. De nombreux travaux ont mis à profit ces notions (sans forcément les lier) pour penser, entre autres, le pouvoir, les relations humaines, les mobilités, l'identité, l'altérité, la violence, la beauté, le [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135663_06983dcb57941a9591640f9730550279.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135663_06983dcb57941a9591640f9730550279.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>Appel à contributions</strong></p> <p style="text-align:center;">Chapitres d'ouvrage aux Presses Universitaires Indianocéaniques </p> <p style="text-align:center;"><strong><em>LE CORPS À L'ÉPREUVE DES FRONTIÈRES </em></strong></p> <p>Dirigé par : Julien AUBERT (DIRE, Université de La Réunion) Sophie IRELAND (DIRE, Université de La Réunion) Ada LESCAY (DIRE, Université de La Réunion) Mélodie LHERMINEZ (OIES, Université de La Réunion) Jean Pierre SAGNO (LCF, Université de La Réunion) </p> <p style="text-align:center;">ARGUMENTAIRE </p> <p>L'ouvrage collectif <em>Le corps à l'épreuve des frontières</em> souhaite explorer les multiples manières dont les corps humains, qu'ils soient individuels, collectifs, réels ou représentés (Le Breton et al. 2013; Berthelot, 1997), se confrontent aux limites qui les environnent, affectent leurs déplacements, orientent leurs trajectoires et, partant, les définissent, les contraignent ou les transforment. </p> <p>Les frontières, comprises au sens large, couvrent l'ensemble de ces limites, qu'elles soient politiques ou territoriales, sociales ou normatives mais aussi esthétiques, médiatiques, temporelles ou perceptives. Elles concernent autant les corps vécus que les corps imaginaires, performés ou médiés par des dispositifs techniques. </p> <p>Le « corps » et la « frontière » sont deux notions productives en sciences humaines et sociales. De nombreux travaux ont mis à profit ces notions (sans forcément les lier) pour penser, entre autres, le pouvoir, les relations humaines, les mobilités, l'identité, l'altérité, la violence, la beauté, le stigmate ou encore la construction de soi. Articuler les notions de « corps » et de « frontière » exige l'examen (et/ou le réexamen) des relations plurielles que ces notions entretiennent et incite à questionner leur opérativité, à prendre en compte les transformations socio-politiques et à être attentif aux spécificités culturelles ainsi qu'aux cadres transnationaux. </p> <p>Qu'est-ce qu'un corps ? Qu'est-ce qu'une frontière ? À quoi servent-ils ? </p> <p>Le corps désigne généralement l'enveloppe matérielle et physique d'un être ; il renvoie à son anatomie, à ses fonctions physiologiques et à la dépouille d'un être inanimé. Le corps fait aussi référence à un ensemble de personnes ou de choses considéré comme une unité. Dans les sociétés humaines, les questions relatives à la formation, à l'évolution et à la représentation des corps tiennent une place centrale ; elles sont au cœur des préoccupations de nombreuses institutions, qu'elles soient politiques, religieuses, ou scolaires, et font l'objet de recherches dans des disciplines variées telles que la sociologie, la médecine, la littérature ou la géographie (Shilling, 2016). </p> <p>« Comme point de départ et d'arrivée, il y a le corps » (Lefebvre, 2000, p. 225 cité par Coëffé, 2014) car au-delà d'être une structure, une entité physique et visible, lieu d'ancrage de nos expériences singulières, le corps (ou encore la corporéité) est un construit social. Le corps constitue un objet pris dans des rapports de pouvoir qui le disciplinent « (...) le marquent, le dressent, le supplicient, l'astreignent à des travaux, l'obligent à des cérémonies, exigent de lui des signes » (Foucault, 1975, p.34). Il est également perçu comme un projet individuel : c'est-à-dire une « matière première » qu'il faut façonner afin d'exprimer pleinement son identité individuelle (Shilling, 2016). En outre, le corps conditionne la manière dont les individus peuvent prendre place dans le monde et se placer proche ou à distance des objets, qu'ils soient humains ou non humains. Ces choix proxémiques (Hall, 1963 [1971]) ordonnent donc les existences en fonction des corps biologiques mais aussi de la manière dont ils s'inscrivent dans le réel selon des codes et normes qui leurs sont propres (Coëffé, 2014). </p> <p>Parlant des sociétés de type individualiste, Le Breton (1992 [2023], p. 34) explique que « (...) le corps fonctionne là à la façon d'une vivante borne frontière pour délimiter face aux autres la souveraineté de la personne » alors que dans les sociétés de type traditionnel ou communautaire, le corps est une partie du collectif, il est lié à l'« énergie collective ». Par ailleurs, le corps, notamment celui des femmes, a fait l'objet de plusieurs études qui ont mis en évidence les formes de contrôle, surveillance et/ou de résistance auxquelles il est soumis (Frigon, Kérisit et al. 2000; Butler, 1993; Butler, 2004 [2016]). De ce point de vue, il est notamment important de réfléchir à la manière dont les corps « abîmés » (Butnaru et Le Breton, 2013), « subalternes », « handicapés », « transgenres » et « migrants » ont bouleversé les frontières (Le Blanc, 2010; Agier 2018; Peiretti-Courtis, 2021; Balibar, 2022). De surcroît, le corps est aussi appréhendé comme capital ou marchandise, c'est-à-dire comme une ressource susceptible d'être possédée, exploitée ou échangée. L'histoire de la traite négrière et l'esclavage sexuel illustrent cette réduction du corps comme objet de propriété et de transaction. Ajoutons également que les organes et la chair des vivants et des morts font l'objet de formes de marchandisation. D'un autre point de vue, le soin apporté à son apparence physique sert en particulier à améliorer son statut social, à favoriser les relations interpersonnelles, et à accroître ses opportunités sur le marché du travail. </p> <p>Les corps, sans forcément rencontrer ou incarner la frontière, font toutefois l'expérience de notre monde saturé de limites, de passages et de contrôles : du portail d'immeuble à la portière d'un véhicule, nos déplacements les plus ordinaires sont rythmés par la traversée d'espaces juxtaposés et segmentés. La multiplication de bornes et de sas matérialise une tomogenèse de l'espace, c'est-à-dire la création de sections et de découpes qui organisent le passage entre le dedans et le dehors, entre le privé et le public (Gay, 2016). Ces seuils ne sont jamais neutres car, même sans traduire la souveraineté d'un État, ils trient, filtrent et hiérarchisent les corps qui les franchissent, ou qui restent tenus à distance. Cette segmentation du territoire s'illustre également par l'interdiction progressive du vagabondage et la restriction des formes de subsistance libre qui ont façonné un monde moins poreux, pour les humains comme pour les autres êtres vivants (Vanuxem et Mathieu, 2025). </p> <p>Dans le cadre d'un ouvrage à ambition transdisciplinaire, il nous semble important d'accueillir des contributions faisant valoir la richesse de la notion de frontière, tout en veillant à ce que le glissement vers l'emploi métaphorique de la notion ne nuise pas à la cohérence d'ensemble. En effet, ce terme renvoie d'abord à une définition classique et westphalienne de la frontière comme limite entre États et compétence territoriale, produit d'une histoire politique et cartographique qui a vu s'imposer la frontière-ligne, continue et juridiquement fixée, au détriment des confins plus flous. Mais elle ne pourra s'y restreindre, le terme lui-même recouvrant, au fil des siècles, des réalités variées. Nous encourageons donc les auteurs de cet ouvrage à adopter une approche qui tienne compte de la richesse du terme, sans exclure les recherches sur les mutations des frontières au XXIe siècle : une approche, en somme, qui fasse valoir la multiplicité des expériences de la frontière. </p> <p>Il convient alors d'articuler les notions de frontières et de limites sans les confondre. Si au Moyen-âge les limites de l'État et celles des autres formes de société humaines n'étaient pas désignées par des termes différents, c'est que la notion de souveraineté territoriale n'était pas encore élaborée et que la limite de l'État n'était pas liée à la militarisation de la nation (Febvre, 1928). Aussi serait-il intéressant d'interroger l'interchangeabilité des deux termes de nos jours en français et d'examiner les situations dans lesquelles elle a lieu. Est-ce dû à des situations où la souveraineté est appelée à être redéfinie, où les notions d'appartenance et d'identification se reconstituent ? </p> <p>Une importance toute particulière sera accordée à la frontière en tant que  « construction historique évolutive » (Groupe Frontière, 2004), résultant entre autres, de pratiques sociales et pouvant entraîner la dissémination loin de la ligne des fonctions attribuées aux frontières, qu'elles soient de contrôle ou de filtrage (Amilhat Szary, 2024). Afin de mieux percevoir la spécificité de la frontière, nous nous reportons au travail du Groupe Frontière qui propose de définir cet objet géographique au-delà de ses expressions matérielles. La construction de la frontière est alors vue comme mettant en œuvre des « dispositifs d'appropriation et de souveraineté à travers une distanciation d'ordre matériel (barrière, fossé, mur, etc.) et idéel (normes, représentations, etc.) » (Groupe Frontière, 2004). </p> <p>Si les frontières, au-delà de leur acception strictement étatique, désignent toute discontinuité entre des espaces, des régimes d'appropriation ou des formes de pouvoir (<em>Géoconfluences</em>, 2025), elles peuvent être coupures aussi bien que coutures, lieux de différenciation et de séparation mais aussi interfaces de contact, de circulation et de friction. Envisagées comme processus, elles illustrent aussi l'exploitation capitaliste des ressources, l'espace de dépossession des populations locales, ou encore les zones de tensions et d'arrangements entre acteurs aux intérêts divergents (Acloque, 2022). Mais à quoi sert la frontière ? </p> <p>« À faire corps ». C'est la réponse que Régis Debray (2010) donne à cette question dans son Éloge des frontières. Aussi la frontière a-t-elle une fonction liée à un élan collectif et exprime-t-elle un principe identitaire qui se forge dans la recherche de l'unité autant que dans le rapport à l'altérité. La frontière, en effet, marque un double mouvement, l'un centripète, l'autre centrifuge, et plus largement encore rappelle « ce qu'il faut d'ailleurs pour qu'un ici prenne et tienne » (Debray, <em>ibi</em>d., p. 62). Indissociable de l'ancrage territorial, la frontière structure l'espace collectif. D'ailleurs, en français, le sens du terme frontière évolue lorsqu'il est question, au moment de la Révolution française, de faire corps en « agglomérant puissamment » l'ensemble des citoyens et d'abolir les barrières intérieures qui organisaient la société d'Ancien Régime caractérisée par une « collection de sujets, de vassaux, de membres de communautés restreintes » (Febvre, 1928). Mais qu'en est-il des conséquences sur le corps propre ? Est-il possible pour une société de faire corps sans violenter les corps ? </p> <p>C'est en prenant en compte ces différents éléments (et dans une perspective transdisciplinaire) que l'ouvrage propose de situer la réflexion sur les corps à l'épreuve des frontières. Les contributions attendues s'attacheront à particulièrement réfléchir à l'opérativité d'une réflexion liant la notion de « corps » à celle de la « frontière ». Voici quelques propositions d'intrication : </p> <p>L'une des intrications possibles de ces deux notions est celle de « corps-frontière », soit un corps humain qui ne franchit pas la frontière mais qui est la frontière, qui l'incarne et la transporte avec lui (Guénif, 2010) auquel on associe le corps-migrant, le corps violé, le corps stigmatisé, le corps du sans-abri, le corps racisé, le corps exilé. Le « corps-frontière » peut donc se définir comme « [...] un corps qui, traversé par les limitations sociales et spatiales, est marginalisé et effacé [...] » (Simard, 2019, p.72); un corps envisagé sous l'angle du néomalthusianisme, un excédent, un corps de trop, qu'on associe aux déchets (Mbembe, 2020), à l'instar des politiques de contrôle démographique opérées par le ventre des femmes racisées à La Réunion. Ces corps mutilés sans consentement sont devenus des objets de gouvernance en faisant l'objet de dispositifs de régulation démographique, médicalisation contrainte et violences institutionnelles, justifiées au nom d'un prétendu équilibre économique et social (Vergès, 2017). </p> <p>On peut aussi s'interroger sur ce que la frontière fait aux corps ou ce que les corps font aux frontières. La première partie de cette interrogation peut particulièrement mobiliser la question de la visibilité ou de l'invisibilité des corps de part et d'autre des frontières (Leclère, 2025). Quant à la seconde, elle peut inviter à réfléchir à l'imaginaire des frontières créé par les corps (par exemple, que nous racontent les corps des migrants qui se heurtent aux frontières nationales ?). On pourra aussi réfléchir à l'incorporation de l'expérience de la limite qui devient alors très intime, dans les cas où les trajectoires dues aux frontières produisent « d'autres spatialités, d'autres seuils, d'autres limites, dans une réorganisation progressive, à des niveaux très infra symboliques », comme l'explique Cédric Parizot dans un entretien avec Corinne Fournier Kiss et Patrick Suter (Amilhat Szary et Parizot, 2021, p. 324). </p> <p>La question de la « frontiérisation 1 » des corps mérite également d'être examinée. Il s'agit ici d'aborder le corps non à partir des frontières territoriales mais plutôt sociales ; entendons par là le processus par lequel des discours et des codes imposent aux corps des limites à ne pas franchir. De fait, la frontière est une institution discursive dans la mesure où elle est l'objet de discussions, délibérations, codifications, en somme objet d'énonciation (politique, littéraire, journalistique etc.). </p> <p>1 De l'anglais bordering, la « frontiérisation » désigne « (...) l'émergence, l'instauration et la consolidation de la frontière en tant qu'objet matériel et symbolique à travers l'instauration de dispositifs d'affirmation et de régulation du pouvoir ». [Source: Lexique de l'institut des frontières et discontinuités (Groupement d'intérêt scientifique transfrontalier Franco-Belge). En ligne : <a href="https://ifd.hypotheses.org/lexique">https://ifd.hypotheses.org/lexique</a> (consulté le 9 janvier 2026)]. </p> <p>À la suite d'une réflexion sur la visibilité, on pourra aborder la médiatisation de ces « corps-frontières » et des « corps aux frontières ». Comment sont-ils représentés ? Quels sont les codes médiatiques utilisés ? Par ailleurs, ces corps peuvent aussi être analysés comme des corps qui communiquent, ou des corps qui font trace (Galinon-Melenec, B. et al., 2017). Lier les notions de « corps » et de « frontière » à celle de la « trace » (données, digitalisation des corps physiques etc.) permet de questionner le corps dans le contexte numérique. On pourra ainsi interroger les frontières que le numérique impose aux corps, le réinvestissement des frontières sociales dans les espaces numériques; ou encore se demander, plus globalement, ce que le numérique fait simultanément aux corps et aux frontières. Les conséquences sont de taille : « Tant que l'on ne prendra pas en compte les mutations de nos espaces et de nos corps, nous n'arriverons pas à comprendre les transformations des frontières, des systèmes de contrôles aux frontières ou encore les modalités de leur contournement » (Parizot in « Entretien avec Corinne Fournier Kiss et Patrick Suter », 2021, p. 327). </p> <p>L'un des enjeux de cet ouvrage est d'explorer ce que la représentation du corps révèle de la frontière et de l'expérience que l'on en fait. Il s'agira notamment d'étudier les éléments constitutifs des poétiques du corps et des frontières dans les textes se référant à l'expérience de la mobilité. A cet égard, le recours aux arts et à la littérature, et l'étude de la poétique des œuvres permettra d'analyser les dynamismes frontaliers (Philippe Antoine &amp; Wolfram, 2015, p. 12.) sous l'angle d'éléments qui échappent aux discours dominants et d'évaluer leur portée subversive. </p> <p>Les propositions qui articulent réflexions théoriques et études contextualisées sont vivement encouragées, en particulier celles portant sur le contexte indianocéanique. Elles permettront notamment d'interroger l'ancrage des corps, des pratiques et des représentations dans cet espace maritime, bordier et insulaire traversé par des circulations, des héritages pluriels et des rapports de pouvoir. À partir de terrains situés dans l'océan Indien, il s'agira notamment d'examiner comment les frontières s'y incarnent, s'y éprouvent et s'y recomposent. Les propositions devront s'inscrire dans l'un des trois axes thématiques proposés ci-dessous.  </p> <p><em><strong>Axe 1: Le corps et le tracé des frontière</strong></em>s </p> <p>Notre premier axe propose d'aborder l'émergence et la création des frontières, ainsi que tout ce qu'implique l'acte de les tracer, dans toute la diversité de leurs acceptions, de la géopolitique à l'intime. Étudier les relations entre corps et frontières sous cet angle pourrait permettre de mettre au jour certains archétypes, rappelant notamment la dimension sacrée qui préside à l'acte de délimitation. Songeons par exemple à la fondation légendaire de Rome au cours de laquelle Romulus trace d'un sillon dans le sol les limites de la ville en prononçant des paroles sacramentelles. Ces limites alors définies par un sillon sacré distinguent deux espaces qu'elles séparent sans appel. Elles sont aussi indissociables de la violence, comme l'indique le meurtre de Rémus qui suit la transgression du tracé symbolique. Plus généralement, les frontières occupent une place importante dans les récits de cosmogonies ou dans les mythes; leur tracé se fait délimitation de l'ordre et du chaos. Ces récits trouvent d'importants échos dans les sociétés contemporaines, notamment au sein de l'actualité internationale et des textes philosophiques et littéraires où des rôles fondamentaux sont accordés aux frontières et où est réinterrogé l'acte de séparation (Suter et Fournier Kiss, 2021). A cet égard, il pourrait être porteur d'interroger les différents mythes fondateurs, et notamment d'étudier les différences entre les récits de fondation de Rome, matrice des villes de l'Empire romain, et la fondation des villes dont les légendes ne sont pas forgées par la culture latine. Les littératures d'Europe centrale et orientale, qui, par ailleurs, mettent en lumière une expérience de la frontière marquée par la domination des empires successifs et la balkanisation - offrant une approche plurielle de la frontière en Europe, pourraient s'avérer être un laboratoire de la poétique des phénomènes de frontiérisation. </p> <p>Le tracé des frontières ne saurait être envisagé seulement comme un geste figé ou purement spatial. Il s'inscrit dans des temporalités multiples, faites de déplacements des corps et des sens ainsi que de reconfigurations symboliques. Les frontières se déplacent, se (re)dessinent, se brouillent, à mesure que les pratiques sociales, artistiques et politiques les investissent voire les définissent. Qu'il s'agisse de frontières géographiques, corporelles ou esthétiques, leur tracé révèle autant un désir d'ordre et de séparation qu'une dynamique de passage et de transformation. Explorer ces lignes, c'est ainsi ouvrir un espace de réflexion sur ce qui distingue, relie et met en tension les corps, les territoires et les imaginaires. </p> <p>Enfin, le tracé des frontières engage une réflexion sur les espaces contemporains, marqués par la multiplication des dispositifs de contrôle, de surveillance et de normalisation des corps. Des frontières nationales aux frontières urbaines, numériques ou administratives, les lignes de démarcation se font parfois invisibles mais n'en demeurent pas moins agissantes. Elles produisent inclusions, exclusions et assignations des individus à des positions différenciées. Cette réflexion s'inscrit également dans un enjeu de place (Lussault, 2009). Les frontières ne séparent donc pas seulement des territoires, elles distribuent des places aux corps, autorisent ou interdisent des présences, orchestrent des luttes inégales pour l'accès aux espaces les plus valorisés. Étudier ces frontières, c'est alors interroger les rapports de pouvoir qu'elles cristallisent. En effet, l'hégémonie (Gramsci, 2003, 2004) a imposé des frontières tangibles et métaphoriques que les corps marginalisés ont dû apprendre à franchir, ou du moins à frôler, pour donner sens à leurs existences.  </p> <p><em><strong>Axe 2 : Le corps et la traversée des frontières </strong></em></p> <p>Les expériences contemporaines de déplacement sont indissociables des tensions que cristallise le passage des frontières. Régi par des règles, ce dernier filtre les individus et dessine une géographie morale des mobilités (Schmoll, 2025). Les différents régimes de mobilité résultent de codes en vigueur sur des territoires donnés ; l'individu passant une frontière est donc directement confronté aux pouvoirs qui s'exercent dans les territoires qu'il traverse. Les normes d'usage de l'espace pour un groupe spécifique et les emplacements concrets qu'il est autorisé ou capable d'occuper s'incarnent en effet dans des institutions, des lois, des normes culturelles et des dispositifs spatiaux et ils organisent très concrètement qui peut être où, avec qui, à quel moment. En quoi les différentes modalités de déplacement affectent-elles les corps, qu'ils soient en mouvement ou assignés, en transit ou immobilisés ? </p> <p>De l'Exode de la Bible aux épreuves contemporaines des migrants, en passant par les aventures d'Ulysse, le corps constitue un motif propre à refléter de manière toute concrète et toute symbolique, en deçà de l'ensemble des données relevant de l'organisation de la collectivité, la singularité de qui fait l'épreuve de la frontière. Si « (...) la frontière est d'abord une affaire intellectuelle et morale » (Debray, 2010, p.17), elle est aussi affaire de corps. La fascination pour la frontière que ressent le personnage d'Aldo dans Le Rivage des Syrtes (Gracq, 1951), et qui l'incite à dépasser le tracé de la frontière, s'exprime en des termes qui renvoient à une expérience qui a trait au corps et à l'altération des limites du sujet : « Ce que je voulais n'avait de nom dans aucune langue. Être plus près. Ne pas rester séparé. Me consumer à cette lumière. Toucher ». Qu'est-ce que les représentations du corps dans les zones frontalières révèlent de la frontière, du corps et de leurs usages ? En quoi ces représentations qui font valoir les relations entre l'intime et le collectif, entre l'identité et l'altérité, entre l'expérience du corps propre et celles des institutions (Foucault, « Le corps utopique », 1966) permettent-elles de dégager un ensemble d'enjeux spécifiques au passage des frontières, de penser un phénomène crucial du monde d'aujourd'hui et d'en appréhender les défis ? </p> <p>Par ailleurs, la frontière annonce l'incertain et son franchissement apparaît comme une confrontation à l'inconnu. Les représentations des passages de frontières mobilisent des éléments liés au mythe d'Orphée franchissant le seuil du monde connu grâce aux pouvoirs de son chant. Quel serait le monde inconnu auquel ouvrent les textes où se tisse la poétique du corps à l'épreuve de la frontière ? En quoi ce monde oscille-t-il entre espace référentiel et « espace littéraire » (Blanchot, 1951)? Est-il à même de fournir des éléments de renouvellement de notre expérience de l'espace et plus encore de recréer notre rapport au territoire, de redéfinir les corps, de les investir de manière inédite ? De tels questionnements sont à la croisée de la littérature et des arts de la scène qui, tout particulièrement, incitent à aborder la porosité entre fiction et réel. </p> <p>En outre, le jeu d'acteur comme certains types de personnages incarnent un franchissement symbolique où l'identité devient surface mobile, et où le corps, volontairement ou malgré lui, transgresse ses assignations. Aussi la scène met-elle en lumière des corps soumis à l'épreuve constante des frontières. Par les jeux de masques, les simulations corporelles et les stratégies de traversée des normes, les frontières, tant sociales que morales, sont envisagées dans leur fragilité. La frontière au théâtre se manifeste également à travers la séparation, plus concrète mais parfois instable, entre la scène et les spectateurs (Suter, 2014). Ce seuil, matérialisé par l'espace scénique ou institutionnalisé sous la forme du « quatrième mur », organise la distribution des regards, des voix et des présences. Pourtant, il demeure une frontière poreuse, sans cesse traversée par les adresses directes, les apartés, les ruptures d'illusion ou les performances qui sollicitent la participation du public. Cette limite, qui sépare fiction et réalité, constitue un espace de tension où se négocient autorité dramatique et liberté interprétative. En jouant avec ce mur symbolique, en le renforçant, en le fissurant ou en le faisant voler en éclats, les dramaturges interrogent les conditions mêmes de la représentation, tout en exposant les corps à une zone de friction où se redéfinissent leurs places respectives.  </p> <p><em><strong>Axe 3: Le corps et les modes d'habiter les frontières </strong></em></p> <p>Au-delà de la prise en compte des modes selon lesquels les frontières sont tracées ou traversées, il nous importe également de valoriser les manières dont nous les habitons. Selon Léonora Miano, la frontière « [...] est l'endroit où les mondes se touchent, inlassablement. C'est le lieu d'oscillation constante: d'un espace à l'autre, d'une sensibilité à l'autre, d'une vision du monde à l'autre » (Miano, 2012, p. 25). Les corps qui habitent cet espace structurent leurs identités à partir du dialogue ou du conflit entre des matrices ou des modèles culturels de nature diverse. </p> <p>Penser la frontière en en tant qu'espace liminaire d'aller-retour favorise une conversation féconde sur les réalités et les imaginaires d'individus ou de groupes sociaux qui ont trouvé le sens de leur existence (Frankl, 1991) dans, au moins, deux contextes géographiquement ou symboliquement séparés. Que signifie habiter la frontière ? Quels sont les avantages et les défis liés au fait de l'habiter ? Les frontières peuvent-elles habiter les corps? </p> <p>Dans quelle mesure les sciences sociales contemporaines ont-elles contribué à répondre à ces interrogations ? Dans quelle mesure l'histoire, la science politique, la géographie, l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, les sciences de l'information et de la communication ont-elles apporté un éclairage sur ce sujet ? Quels sont les codes textuels et visuels qui ont permis de représenter les manières d'habiter les frontières ? Comment les études littéraires et les études sur la culture visuelle se sont-elles approchées des imaginaires inhérents aux rapports corps/frontières ? </p> <p>Une fois analysées les manières dont les frontières sont tracées, traversées ou habitées, nous souhaiterions inviter les auteurs à réfléchir à la possibilité de concevoir un monde, réel ou symbolique, sans frontières. Que se passe-t-il lorsque les binarismes se brisent? À quoi ressemblerait le monde si les barrières entre le blanc et le noir disparaissaient ? À quoi ressemblerait le monde si nous oubliions les catégorisations liées à l'origine, la couleur de peau ou le genre ? À quoi ressemblerait un monde sans frontières ? </p> <p>Pour terminer, l'ouvrage invite également à répondre à plusieurs séries de questions : en quoi la frontière affecte-t-elle le corps du voyageur ? Quelles sont les représentations du corps dans les textes évoquant la traversée des frontières ? Le passage de frontière est-il l'occasion d'exprimer, via le corps, une réappropriation de la subjectivité, une perméabilité à l'altérité, une transformation identitaire, une créolisation, une ouverture radicale à l'inconnu ? Comment les corps subalternes ont-ils franchi ou contourné les frontières? Quelles ont été les circonstances ayant motivé les relations conflictuelles avec les frontières ? In fine, les études de cas pourront également questionner les dispositifs au cœur de l'activité de «&lt; frontiérisation » et leurs effets sur les corps. Les analyses (sémiotique, discursive, littéraire, théâtrale, iconique etc.) des mises en scène, des récits de ces corps qui résistent aux frontières sont également bienvenues. </p> <p>—</p> <p><strong>Modalités de soumission </strong></p> <p>À la suite du colloque Le corps à l'épreuve des frontières, qui s'est tenu les 4 et 5 juin 2026, nous proposons de publier un ouvrage (et non les actes du colloque) portant sur la même thématique. La participation au colloque vaut encouragement mais non pas engagement de publication. </p> <p>Les auteures et auteurs devront soumettre leurs chapitres, avant le 15 décembre 2026, en respectant la feuille de style (<a href="https://drive.google.com/file/d/1r-KIbvJ1uNjSMCqtDha7XjXpFy7qgPh3/view?usp=sharing">https://drive.google.com/file/d/1r-KIbvJ1uNjSMCqtDha7XjXpFy7qgPh3/view?usp=sharing</a>). Merci également de vous présenter dans le mail : nom, prénom, coordonnées et rattachement institutionnel de chaque contributeur.ice. Les contributions sont à envoyer à l'adresse : <a href="mailto:corps.frontieres@gmail.com">corps.frontieres@gmail.com</a>. </p> <p>Les chapitres seront préalablement examinés par les coordinateurs de l'ouvrage, puis évalués anonymement par au moins deux lecteurs externes. Le Comité éditorial des PUI examinera également le manuscrit final. La chaîne d'évaluation est rigoureuse, c'est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir respecter les consignes de l'argumentaire et des PUI. </p> <p><strong>Calendrier </strong></p> <p>Date limite de soumission des chapitres : 15 décembre 2026</p> <p>Retour des évaluateurs (en double aveugle) : 4 mars 2027</p> <p>Remise des chapitres définitifs : 15 mai 2027 </p> <p><strong>Bibliographie </strong></p> <p>Acloque, Delphine (2022), « Frontière désertique, front pionnier et territorialisation. Approche à partir du cas égyptien »,<em> Géoconfluences</em>, mis en ligne en juin 2022. [consulté le 18/12/2025]. </p> <p>Agier, Michel (2018), <em>L'Étranger qui vient : repenser l'hospitalité</em>. Paris, Éditions du Seuil. </p> <p>Amilhat Szary, Anne-Laure (2024), <em>Qu'est-ce qu'une frontière aujourd'hui... et demain ?</em> Presses Universitaires de France. </p> <p>Amilhat Szary, Anne-Laure et Parizot, Cédric (2021), « Entretien avec Corinne Fournier Kiss et Patrick Suter in Suter, Patrick et Fournier Kiss, Corinne (ed.),<em> Poétique des Frontières</em>. Genève, MétisPresses. </p> <p>Antoine, Philippe &amp; Nitsch, Wolfram (dir.) (2015), <em>Le Mouvement des frontières. Déplacement, brouillage, effacement</em>. Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, coll. « Littératures ». </p> <p>Balibar, Etienne (2022), <em>Cosmopolitique : Des frontières à l'espèce humaine</em>. Paris, La Découverte. </p> <p>Berthelot, Francis (1997), <em>Le Corps du héros. Pour une sémiotique de l'incarnation romanesque</em>. Paris, Nathan. </p> <p>Blanchot, Maurice (1955), <em>L'Espace littéraire</em>. Paris, Gallimard. </p> <p>Butler, Judith (1993), <em>Bodies That Matter</em>. New York, Routledge. </p> <p>Butler, Judith (2004 [2016]), <em>Défaire le genre</em>. Traduit de l'anglais par Maxime Cervulle. Paris, Éditions Amsterdam. </p> <p>Butnaru, Denisa et Le Breton, David (ed.) (2013), <em>Corps abîmés</em>. Laval, Presses de l'Université Laval. </p> <p>Coëffé, Vincent (2014), « Le corps, un objet scientifique venu au monde ». <em>L'Information géographique</em>, 78(1), 6-26. </p> <p>Debray, Régis (2010),<em> Éloge des frontières</em>. Paris, Gallimard. </p> <p>Foucault, Michel (1966 [2009]), <em>Le Corps utopique. Les Hétérotopies</em>. Paris, Éditions Lignes. </p> <p>Foucault, Michel (1975 [2014]),<em> Surveiller et punir : Naissance de la prison</em>. Paris, Gallimard. </p> <p>Febvre, Lucien (1928), « Frontière le mot et la notion »,<em> Bulletin du Centre international de synthèse</em>, XLV. </p> <p>Frankl, Viktor E (1991),<em> El hombre en busca de sentido</em>. Barcelona, Editorial Herder. </p> <p>Frigon, Sylvie et Kérisit, Michèle (ed.) (2000), <em>Du corps des femmes : contrôles, surveillances et résistances</em>. Ottawa, University of Ottawa Press. </p> <p>Groupe Frontière (2004), « La frontière, un objet spatial en mutation » in Espaces Temps.net. <a href="https://www.espacestemps.net/articles/la-frontiere-un-objet-spatial-en-mutation/">https://www.espacestemps.net/articles/la-frontiere-un-objet-spatial-en-mutation/</a> [consulté le 18/06/2026]. </p> <p>Galinon-Melenec, Béatrice (éd.) (2017), <em>L'Homme-trace</em>. Paris, CNRS Éditions. </p> <p>Gay, Jean-Christophe (2016), <em>L'Homme et les Limites</em>. Paris, Economica-Anthropos. </p> <p>Géoconfluences (2025), « Frontière, frontières ». Glossaire de géographie en ligne : [consulté le 18/12/2025]. </p> <p>Gracq, Julien (1951), <em>Le Rivage des Syrtes</em>. Paris, Éditions José Corti. </p> <p>Gramsci, Antonio (2003), <em>Notas sobre Maquiavelo, sobre la política y sobre el Estado moderno</em>. Nueva Visión. </p> <p>Gramsci, Antonio (2004), <em>Los Intelectuales y la organización de la cultura</em>. Nueva Visión. </p> <p>Guénif, Nacira (2010), « Le corps-frontière, traces et trajets postcoloniaux ». In Mbembe Achille et al. (2010), <em>Ruptures postcoloniales : Les nouveaux visages de la société française</em>. Paris, La Découverte. </p> <p>Hall Edward (1971),<em> La Dimension cachée.</em> Paris, Éditions du Seuil, coll. « Essais ». </p> <p>Le Blanc, Guillaume (2010), <em>Dedans, dehors: la condition d'étranger</em>. Paris, Éditions du Seuil. </p> <p>Le Breton, David (1992 [2023]), <em>La Sociologie du corps</em>. Paris, Presses Universitaires de France. </p> <p>Le Breton, David et al. (2013), <em>Corps en formes</em>. Paris, CNRS éditions. </p> <p>Leclère, Anaïs (2025), « Les frontières corporelles-affectives dans l'espace public national français et néerlandais ». In Maryam Kolly, Anaïs Leclère, et Sarah Bracke (2025), <em>Reprendre le voir</em>. Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis. </p> <p>Lefebvre, Henri (2000), <em>La Production de l'espace </em>(4° édition). Anthropos, Paris. </p> <p>Lussault, Michel (2009), <em>De la lutte des classes à la lutte des places</em>. Paris, Grasset. </p> <p>Mbembe, Achille (2020), <em>Brutalisme</em>. Paris, La Découverte. </p> <p>Miano, Léonora (2012), <em>Habiter la frontière.</em> Paris, L'Arche Éditeur. </p> <p>Peiretti-Courtis, Delphine (2021), <em>Corps noirs et médecins blancs : La fabrique du préjugé racial, XIXe-XXe siècles.</em> Paris, La Découverte. </p> <p>Schmoll, Camille (2025), <em>Chacun sa place : une géographie morale des mobilités</em>. Paris, CNRS Éditions. </p> <p>Shilling, Chris (2016), <em>The Body : A very short introduction</em>. Oxford, Oxford university press. </p> <p>Simard, Mélissa (2019), « Poétique et discours du corps-frontière: explorer les frontières sociales et culturelles et le rapport de la corporalité à l'espace », thèse soutenue sous la direction de Liviu Dospinescu et Constanza Camelo Suarez, Université de Laval. </p> <p>Suter, Patrick (2014),<em> Frontières. Théâtre-essai</em>. Guern, passage d'encres. </p> <p>Suter, Patrick et Fournier Kiss, Corinne (ed.) (2021), <em>Poétique des Frontières</em>. Genève, MétisPresses. </p> <p>Vanuxem Sarah, Mathieu Geoffroy (2025), <em>Du droit de déambuler</em>. Marseille, Éditions Wildproject. </p> <p>Vergès, Françoise (2017), <em>Le Ventre des femmes</em>. Capitalisme, racialisation, féminisme. Paris, Albin Michel. </p> <p>Wackermann, Gabriel (2003), <em>Les Frontières dans un monde un mouvement</em>. Paris, Ellipses. </p>]]></content:encoded>
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      <title>Revue Astrolabe, rubrique "Varia"</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135662/appel-a-contribution-astrolabe-rubrique-varia.html</link>
      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 06:32:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Appel à contribution – Astrolabe, rubrique « Varia »  Astrolabe (ISSN 2102-538X) est une revue en ligne du Centre de Recherche sur la Littérature des Voyages (CRLV) fondée il y a plus de vingt ans.  Avec sa nouvelle ligne éditoriale, la revue Astrolabe adopte une perspective interdisciplinaire forte qui associe les approches ressortissant à la fictionnalité, l'histoire, l'anthropologie, la géographie, les arts visuels ou encore l'intermédialité, visant ainsi à explorer le champ des études viatiques dans toute sa diversité, dans la lignée des travel studies anglo-saxonnes. La revue publie deux numéros thématiques annuels, qui comportent une rubrique varia. Les chercheuses et chercheurs qui souhaiteraient contribuer à la rubrique varia du numéro du printemps 2027 sont invité.e.s à soumettre dès à présent leur proposition d'article.  Modalités de soumission : Les articles, aux normes de la revue et d'une longueur comprise entre 25 000 signes et 45 000 signes maximum (espaces comprises), sont à envoyer le 15 octobre 2026 au plus tard pour une parution dans le numéro d'avril 2027, à l'adresse suivante : emmanuel.hourcade[at]ens-lyon.fr.  Les articles seront soumis à une double expertise. </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135662_947a544e4842df1b71d17e5aeabacd47.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135662_947a544e4842df1b71d17e5aeabacd47.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Appel à contribution – <em>Astrolabe</em>, rubrique « Varia » </strong></p> <p><em>Astrolabe</em> (ISSN 2102-538X) est une revue en ligne du Centre de Recherche sur la Littérature des Voyages (CRLV) fondée il y a plus de vingt ans. </p> <p>Avec sa nouvelle ligne éditoriale, la revue <em>Astrolabe</em> adopte une perspective interdisciplinaire forte qui associe les approches ressortissant à la fictionnalité, l'histoire, l'anthropologie, la géographie, les arts visuels ou encore l'intermédialité, visant ainsi à explorer le champ des études viatiques dans toute sa diversité, dans la lignée des <em><strong>travel studies</strong></em> anglo-saxonnes.</p> <p>La revue publie deux numéros thématiques annuels, qui comportent une rubrique <em>varia.</em> Les chercheuses et chercheurs qui souhaiteraient contribuer à la rubrique <em>varia</em> du numéro du printemps 2027 sont invité.e.s à soumettre dès à présent leur proposition d'article. </p> <p><strong>Modalités de soumission :</strong></p> <p>Les articles, aux normes de la revue et d'une longueur comprise entre 25 000 signes et 45 000 signes maximum (espaces comprises), sont à envoyer le 15 octobre 2026 au plus tard pour une parution dans le numéro d'avril 2027, à l'adresse suivante : emmanuel.hourcade[at]ens-lyon.fr. </p> <p>Les articles seront soumis à une double expertise. </p>]]></content:encoded>
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      <title>Zones humides et zones marécageuses dans les arts hispaniques (XVI-XXIe s.). Littérature, peinture, musique, photographique, cinéma (Boulogne-sur-Mer)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135661/zones-humides-et-zones-marecageuses-dans-les-arts-hispaniques-xvi-xxieme.html</link>
      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 04:38:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>Appel à communication Colloque international Zones humides et zones marécageuses dans les arts hispaniques (XVI-XXIème siècles)  Littérature, peinture, musique, photographique, cinéma 23-24 mars 2027 Organisateurs : Lise Demeyer, Benoît Santini, Florence Toucheron UR 4030, HLLI, en collaboration avec le TVES (ULR 4477). Conférence inaugurale de Xenia Philippenko Université du Littoral Côte d’Opale (Boulogne-sur-Mer) Spanish version… Ce colloque international, sur la représentation des zones humides et marécageuses dans les arts hispaniques du siècle d’or à nos jours, entend s’inscrire dans le cadre de la réflexion entamée au sein de l’UR4030 sur l’espace maritime, et serait un prolongement des manifestations organisées à l’HLLI autour des différents espaces littoraux. La conférence inaugurale sera assurée par Xenia Philippenko, MCF en géographie humaine, spécialiste des risques côtiers, membre de l’ULR 4477 (TVES) afin de proposer une définition pragmatique de ces espaces hybrides, aquatiques et terrestres. Espaces de l’entre-deux, à la fois terrestre et humide et pour cela même frontalier, l’estran, les marais, lagunes et marécages se caractérisent par leur dimension souvent nauséabonde (pensons à la vase et au limon), instable et labyrinthique. Sa représentation et son symbolisme sont pourtant versatiles : lieu de vie d’êtres fantastiques (comme c’est le cas pour Mélusine en France, pour [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135661_68d5535b971d558f594f10a5affd0a71.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135661_68d5535b971d558f594f10a5affd0a71.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Appel à communication</p> <p>Colloque international</p> <p><strong>Zones humides et zones marécageuses dans les arts hispaniques (XVI-XXIème siècles) </strong></p> <p><strong>Littérature, peinture, musique, photographique, cinéma</strong></p> <p><strong>23-24 mars 2027</strong></p> <p>Organisateurs : Lise Demeyer, Benoît Santini, Florence Toucheron</p> <p>UR 4030, HLLI, en collaboration avec le TVES (ULR 4477). Conférence inaugurale de Xenia Philippenko</p> <p><strong>Université du Littoral Côte d’Opale (Boulogne-sur-Mer)</strong></p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/documents/135661_de012d31e01389a0d7c9ff670da1312c.pdf"><strong>Spanish version…</strong></a></p> <p>Ce colloque international, sur la représentation des zones humides et marécageuses dans les arts hispaniques du siècle d’or à nos jours, entend s’inscrire dans le cadre de la réflexion entamée au sein de l’UR4030 sur l’espace maritime, et serait un prolongement des manifestations organisées à l’HLLI autour des différents espaces littoraux. La conférence inaugurale sera assurée par Xenia Philippenko, MCF en géographie humaine, spécialiste des risques côtiers, membre de l’ULR 4477 (TVES) afin de proposer une définition pragmatique de ces espaces hybrides, aquatiques et terrestres.</p> <p>Espaces de l’entre-deux, à la fois terrestre et humide et pour cela même frontalier, l’estran, les marais, lagunes et marécages se caractérisent par leur dimension souvent nauséabonde (pensons à la vase et au limon), instable et labyrinthique. Sa représentation et son symbolisme sont pourtant versatiles : lieu de vie d’êtres fantastiques (comme c’est le cas pour Mélusine en France, pour la Roussalka dans la littérature slave, etc.), berceau de la naissance de nouvelles civilisations dans nombres de légendes et de mythologies (pensons à ce que représentent les lagunes de Texcoco et de Catemaco au Mexique ou les rivages du lac Titicaca dans les cosmogonies préhispaniques), lieu du fantastique, lieu de l’épopée ratée (on pourrait étudier l’héritage des chroniques des Indes, notamment celle d’Alvar Núñez Cabeza de Vaca, Naufragios, en proie aux marécages de Floride au XVIème siècle, dans la littérature hispano-américaine contemporaine), lieu où la violence se fait sournoise, car étouffée par les caractéristiques du paysage, lieu où les réflexions sur l’anthropocène se développent de manière prégnante, etc. L’un des axes de ce colloque serait de se demander si cet espace hybride, flou, mystérieux, est propice à certains genres littéraires comme le fantastique, le roman noir, le millénarisme, etc. Cet espace est d’ailleurs présent de manière récurrente au sein des littératures hispaniques : citons Cañas y barro de Vicente Blasco Ibáñez qui ouvre le XXème siècle, Camilo José Cela qui aborde subrepticement Doñana dans Primer viaje andaluz quand Caballero Bonald développe l’intrigue d’Ágata ojo de gato dans ces mêmes marais,  En la orilla de Rafael Chirbes, Distintas formas de mirar el agua de Julio Llamazares pour l’Espagne ou les références de Juan Ramón Jiménez aux marais de Huelva dans Platero y yo et aux zones marécageuses de Floride dans d’autres de ses écrits; Temporada de huracanes de Fernanda Melchor, La estación del pantano de Yuri Herrera, Mugre rosa de Fernanda Trías ou Nuestra parte de noche de Mariana Enríquez etc. pour l’Amérique. Est-ce un espace chanté également par les poètes ? En effet, les eaux stagnantes ne sont pas oubliées dans la poésie latino-américaine : José Santos Chocano consacre un sonnet aux « pantanos », Blanca Varela dans ses poèmes « Casa de cuervos » et « En lo más negro del verano » fait, elle aussi, référence au « pantano » tout comme Piedad Bonnett dans son poème « Abismos ». Que dévoile la constellation sémantique des eaux stagnantes et des zones marécageuses dans la poésie latino-américaine ? Quelle en est la portée symbolique ? </p> <p>La musique reprend également cette thématique, comme dans Marisma cansada, une composition du guitariste Pedro Bacán, ou dans « Aguas estancadas» du groupe d’enfants Brotes de Olivo. La musique fait-elle pour autant du marécage un espace lyrique, poétique, musical?</p> <p>En peinture, citons La pradera de San Isidro de Goya, Barco en la Albufera de Sorolla, Puente en la marisma, de Emil Nolde, Estero manso de Pedro Lira, Paisaje de las salinas d’ Antonio Berni, par exemple. La représentation de ces zones humides et marécageuses est-elle la même qu’en littérature ? Comment et pourquoi représenter de manière picturale cette zone de l’entre-deux ? Par ailleurs, quel est le parti pris des photographes qui s’intéressent à ces espaces ? Pensons par exemple au photographe sevillan Atín Aya Abaurre, connu pour ses séries des Marismas del Guadalquivir (1991-1996). En plus des photographies naturalistes s’intéressant à la flore et à la faune qui habitent ces espaces (celles de Sebatião Salgado étant les plus célèbres), les photographies des eaux stagnantes thématisent-elles le trouble, le silence, le mystère, l’au-delà, etc. ?</p> <p>Au cinéma, le film, El silencio del pantano (2009), choisit précisément la Albufera pour mettre en scène une série d’assassinats dans un contexte où corruption politique et mafia locale s’entremêlent. Les marais, de l’embouchure du Guadalquivir cette fois-ci, sont aussi repris dans un autre film policier espagnol à succès, La isla mínima (2014), marais qui installent une atmosphère asphyxiante tout au long du film. Dans le cinéma latino-américain, les eaux stagnantes qui ambiancent le long-métrage de Jayro Bustamente, La llorona (2019), soulignent le lien entre l’espace marécageux et l’expression du réalisme magique. S’exprime-t-il la même symbolique en cinéma qu’en littérature ? Comment filmer la spécificité des marécages ?</p> <p>Deuxièmement, plus encore que de pointer la présence ou la description de ce topos, il s’agirait d’explorer les liens entre la dimension spatiale, par définition instable et asphyxiante du marécage (et des zones humides en général) et les traits psychologiques attribués aux personnages qui les habitent dans la fiction, à partir de la phénoménologie de l’espace de Gaston Bachelard[1], en particulier la « topo-analyse ». Pourquoi les marécages convoquent-ils en littérature et au cinéma des personnages dont l’attitude est négative ou versatile, des personnages marqués par l’errance, la mélancolie, la maladie, la dépression, la trahison, le meurtre ? Est-ce un invariant de tous les imaginaires ? Ou bien, certaines cultures trouvent-elles dans les zones marécageuses un lieu de bouillons de culture, des symboliques de vie et d’effervescence qui habiteraient leurs personnages (pensons aux lagunes intérieures des Andes et du Mexique) ?  Serait-ce un lieu symbolique pour évoquer certaines formes de maternité, qui transgresseraient les normes établis ? Est-ce un lieu propre à la sorcellerie ou aux phénomènes paranormaux ? Les nouvelles approches géopoétiques pourraient permettre d’explorer les liens entre le topos des espaces humides et marécageux et la construction des personnages qui les habitent ? </p> <p>Par ailleurs, les nouvelles perspectives soulevées par l’éco critique et l’éco poésie permettent d’envisager les zones humides et marécageuses comme des espaces menacés et menaçants, des espaces victimes, par exemple, du réchauffement climatique, de l’érosion des côtes et de la montée des eaux. Peut-on trouver chez certains artistes le reflet de leurs préoccupations climatiques quand ils choisissent l’espace marécageux comme lieu de leur fiction ? Les zones marécageuses, dans ce qu’elles représentent de territoire inhospitalier, sont-elles un lieu idéal pour refléter une certaine anxiété écologique ? </p> <p>Axe 1 : zones humides, espace marécageux et genre et sous-genre littéraires ou artistiques</p> <p>Axe 2 : zones humides, espace marécageux et personnage (phénoménologie de l’espace, topo-analyse et géopoétique).</p> <p>Axe 3 : zones humides, espace marécageux et crise climatique.</p> <p>—</p> <p>Les communications se feront en français et en espagnol.</p> <p>Les propositions d’une dizaine de lignes accompagnées d’une brève présentation bio-bibliographique des auteurs/autrices devront parvenir à  <a href="mailto:lise.demeyer@univ-littoral.fr">lise.demeyer@univ-littoral.fr</a>, benoit.santini@univ-littoral. et <a href="mailto:florence.toucheron@univ-littoral.fr">florence.toucheron@univ-littoral.fr</a>  avant le 18 septembre 2026.</p> <p>—</p> <p><strong>Comité scientifique</strong></p> <p>Macarena Areco, Universidad Pontificia de Chile, CELICH (Chili)</p> <p>José Manuel Camacho Delgado, Universidad de Sevilla (Espagne)</p> <p>Virginia Capote, Universidad de Granada (Espagne)</p> <p>Florence Dumora, Université du Mans</p> <p>Michèle Guillemont, Université de Lille 3</p> <p>Fabrice Guizard, Université du Littoral Côte d’Opale</p> <p>Christine Orobitg, Université de La Réunion </p> <p>Francisca Noguerol, Universidad de Salamanca (España)</p> <p>—</p> <p><strong>Bibliographie indicative :</strong></p> <p>BACHELARD Gaston (1961), La poétique de l’espace, Paris, Les Presses universitaires de France, 2010.</p> <p>BLANC, Nathalie, CHARTIER, Denis, PUGHE, Thomas, “Littérature &amp; écologie : vers une écopoétique”, Ecologie &amp; politique, vol. N°36, no 2, 2008.</p> <p>BLASCO IBÁÑEZ, Vicente, Cañas y barro, Madrid, Alianza Editorial, 1998.</p> <p>CABALLERO BONALD, José Manuel, Ágata ojo de gato, Barcelona, Seix Barral, 2007.</p> <p>CABEZA DE VACA, Alvar, Naufragios, Madrid, Alianza Editorial, 1996.</p> <p>CELA, Camilo José, Primer viaje andaluz, Barcelona, Editorial Noguer, 1961. </p> <p>CHIRBES, Rafael, En la orilla, Barcelona, Anagrama, 2013.</p> <p>ENRÍQUEZ, Mariana Nuestra parte de noche, Barcelona, Anagrama, 2019.</p> <p>HERRERA, Yuri, La estación del pantano, Cáceres, Periférica, 2022. </p> <p>JIMÉNEZ, Juan Ramón, Platero y yo, Madrid, Cátedra, 1978.</p> <p>LARSEN, Svend Erik, “Mar, identidad y literatura”, Anuario de literatura comparada, Aarhus University, Ediciones Universidad de Salamanca, 2013, pp. 171-188. </p> <p>LLAMAZARES, Julio, Distintas formas de mirar el agua, Madrid, Alfaguara, 2015.</p> <p>MEILLON, Bénédicte, “Le champ de recherche transdisciplinaire de l’écocritique et de l’écopoétique : définitions et notions”, Perpignan, Ecopoetics Pergignan, 2016, p. 6-7.</p> <p>MELCHOR, Fernanda, Temporada de huracanes, Barcelona, Random House, 2017.</p> <p>OJEDA RIVERA Felipe, VILLA DIAZ Juan, “La Doñana contada. País y paisajes de Doñana en la novela contemporánea”, Ería, 89, 2012, pp. 231-256.</p> <p>SCHOENTJES, Pierre, Ce qui a lieu : essai d'écopoétique, Paris, éditions Wildproject, 2015, 295 p.</p> <p>TRÍAS, Fernanda, Mugre rosa, Barcelona, Random House, 2021.</p> <p>—<br /> <br />[1] Gaston Bachelard (1961), La poétique de l’espace, Paris, Les Presses universitaires de France, 2010.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Traduire les voix minorisées - Translating Minoritised Voices (Toulouse &amp; en ligne)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135660/traduire-les-voix-minorisees-translating-minoritised-voices.html</link>
      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 04:04:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>Appel à communications Traduire les voix minorisées  Le vingtième siècle a été un siècle de bouleversements et de redéfinition des frontières mondiales à bien des égards : conflits, déplacements de population, fin de l’ère coloniale ou encore mouvements de revendication des années 1960-80 ont contribué à une transformation du discours intellectuel occidental, progressivement confronté à des voix longtemps invisibilisées – peuples colonisés, jeunes, ouvriers, minorités ethniques et de genre, personnes en situation de handicap, etc. L’essor des études postcoloniales et décoloniales, de la sociolinguistique, des études de genre ou encore des études critiques du handicap, qui suscitent de plus en plus d’intérêt académique et institutionnel, sont le reflet de ces changements de paradigme. L’inscription désormais centrale de ces enjeux dans le champ de la traduction pose un défi de taille aux traducteur·ices de fiction comme de non-fiction, qui se trouvent confronté·es à une réalité plurielle, bien éloignée des anciennes conceptions monolingues et eurocentrées des langues standard. Langues régionales, accents, dialectes, sociolectes ; langues issues d’anciens espaces colonisés ou des diasporas ; voix associées aux minorités sexuelles et de genre ; parlers jeunes ; ou encore voix des personnes en situation de handicap ou neuroatypiques, représentent autant de voix minorisées qui [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135660_503cafa28e982368a1129a8beaa768af.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135660_503cafa28e982368a1129a8beaa768af.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Appel à communications</p> <p><strong>Traduire les voix minorisées </strong></p> <p>Le vingtième siècle a été un siècle de bouleversements et de redéfinition des frontières mondiales à bien des égards : conflits, déplacements de population, fin de l’ère coloniale ou encore mouvements de revendication des années 1960-80 ont contribué à une transformation du discours intellectuel occidental, progressivement confronté à des voix longtemps invisibilisées – peuples colonisés, jeunes, ouvriers, minorités ethniques et de genre, personnes en situation de handicap, etc. L’essor des études postcoloniales et décoloniales, de la sociolinguistique, des études de genre ou encore des études critiques du handicap, qui suscitent de plus en plus d’intérêt académique et institutionnel, sont le reflet de ces changements de paradigme.</p> <p>L’inscription désormais centrale de ces enjeux dans le champ de la traduction pose un défi de taille aux traducteur·ices de fiction comme de non-fiction, qui se trouvent confronté·es à une réalité plurielle, bien éloignée des anciennes conceptions monolingues et eurocentrées des langues standard. Langues régionales, accents, dialectes, sociolectes ; langues issues d’anciens espaces colonisés ou des diasporas ; voix associées aux minorités sexuelles et de genre ; parlers jeunes ; ou encore voix des personnes en situation de handicap ou neuroatypiques, représentent autant de voix minorisées qui viennent aujourd’hui redéfinir les frontières entre les langues et questionner l’agentivité des sujets traduisants. Nous entendons ici la notion de voix minorisées dans un sens large, comme des formes d’expression dont la légitimité, la visibilité ou la circulation ont été historiquement limitées par des rapports de pouvoir linguistiques et socio-politiques. </p> <p>Créé à la suite du colloque international « Traduire les minorités linguistiques des sphères anglophone et francophone » et actif depuis 2019, le réseau de recherche « Traduire les voix minoritaires » (récemment renommé « Traduire les voix minorisées » pour souligner le caractère construit et imposé de cette marginalité) a proposé, entre 2021 et 2024, un séminaire mensuel dédié à ces thématiques, ainsi qu’une journée d’étude en 2023, dans le but de donner à voir la vitalité des discussions académiques mais aussi des pratiques contemporaines autour de la représentation et de la traduction des voix minorisées. Adoptant une perspective multilingue et englobant une multiplicité de formats (communications, présentation de travaux collaboratifs, ateliers, etc.), le réseau a ainsi abordé des problématiques telles que le rôle du texte hétérolingue dans sa sphère culturelle d’origine, l’organisation de la réception de l’altérité dans la culture-cible, le positionnement éthique des sujets traduisants, ou encore les stratégies à disposition pour rendre plus audibles les voix minorisées en traduction.</p> <p>Dans le prolongement de ces communications et discussions, le réseau de recherche « Traduire les voix minorisées » lance un appel à communications pour une journée d’études qui se tiendra le <strong>23 avril 2027 à l’Université Toulouse Jean-Jaurès</strong>. Pour les collègues n’ayant pas la possibilité de se déplacer à Toulouse, <strong>quelques séances de séminaire en ligne</strong> seront également organisées entre novembre 2026 et mai 2027 en complément de cette journée (dates à définir). Une sélection des communications présentées fera l’objet d’une publication dans un numéro de revue de traductologie (envoi des articles avant le 31 mai 2027). </p> <p>Les propositions doivent porter sur au moins une variété de français ou d’anglais comme langue source ou cible. Nous invitons les personnes intéressées à soumettre des propositions de communication en lien avec les thématiques et problématiques suivantes :</p> <ul> <li>traduction des identités racisées, des héritages coloniaux et des perspectives décoloniales ;</li> <li>traduction des minorités sexuelles et de genre, approches féministes et queer de la traduction ;</li> <li>traduction des langues régionales ou variétés linguistiques minorisées (dialectes, sociolectes, parlers jeunes ou populaires, etc.) ;</li> <li>traduction et expériences du handicap et de la neurodivergence.</li> </ul> <p>Les propositions adoptant une approche intersectionnelle, attentive à l’articulation de plusieurs formes de minorisation, sont particulièrement bienvenues. Les propositions pourront s’appuyer sur des corpus et des pratiques de traduction variés, notamment les textes littéraires, la bande dessinée, le théâtre, les œuvres audiovisuelles, les jeux vidéo, ainsi que la traduction institutionnelle et spécialisée ou l’interprétation. Les communications peuvent porter aussi bien sur la traduction de voix minorisées que sur les approches traductologiques développées pour répondre aux enjeux de leur représentation.</p> <p>De manière transversale, ces thématiques pourront être abordées sous des angles variés, parmi lesquels :</p> <ul> <li>les propriétés du texte hétérolingue : tension entre oral et écrit, questions de standardisation, rapports de force entre les langues, stratégies de représentation de l’altérité, rôle du texte dans la construction de l’identité de la communauté, etc. ;</li> <li>l’organisation de la réception de textes présentant des voix minorisées dans la culture-cible : définition du public-cible, contraintes commerciales influençant le processus de traduction, attentes du lectorat et notion d’authenticité, diffusion auprès des groupes représentés, etc. ;</li> <li>la sociologie du marché littéraire mondialisé ;</li> <li>la retraduction, l’autotraduction ou la non-traduction de textes donnant à entendre des voix minorisées ;</li> <li>les pratiques de traduction collaboratives et décentrées (ex. co-traductions, « sensitivity readers », groupes de lecture, etc.) ;</li> <li>le rôle du militantisme dans les projets de traduction et de recherche portant sur les voix minorisées.</li> </ul> <p>—</p> <p>Les propositions de communication (500 mots), accompagnées d’une courte notice biblio-biographique, sont à soumettre avant le 18 octobre 2026 à l’adresse suivante : <a href="mailto:traduireminorites.tract@gmail.com">traduireminorites.tract@gmail.com</a>.</p> <p>Une réponse sera communiquée avant le 15 décembre 2026.</p> <p><strong>Réseau de recherche « Traduire les voix minorisées » :</strong></p> <p>Charles Bonnot (TRACT/PRISMES, Université Sorbonne Nouvelle)<br />Sophie Chadelle (CAS, Université Toulouse Jean-Jaurès)<br />Camille Le Gall (CAS, Université Toulouse Jean-Jaurès)<br />Tiffane Levick (CAS, Université Toulouse Jean-Jaurès)<br />Juliette Pezaire (TransCrit, Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis)</p> <p>—</p> <p><strong>Call for papers: Translating Minoritised Voices</strong></p> <p>In many respects, the twentieth century was a century of upheaval and of redefinition of global borders: conflicts, displacement, the end of the colonial era and the protest movements of the 1960s–80s all contributed to a transformation of Western intellectual discourse, progressively confronted with voices that had long been marginalised – colonised peoples, youth, labourers, ethnic and gender minorities, people with disabilities, etc. The rise of postcolonial and decolonial studies, sociolinguistics, gender studies and disability studies, which continue to attract increasing academic and institutional interest, reflect these paradigm shifts.</p> <p>The now central place of these issues in the field of translation poses a major challenge to translators of both fiction and non-fiction, who find themselves confronted with a plural reality, far removed from former monolingual and Eurocentric conceptions of standard languages. Regional languages, accents, dialects, sociolects; languages of formerly colonised spaces or diasporas; voices associated with gender or sexual minorities, youth and queer speech; or the voices of disabled and neurodivergent people, represent minoritised voices that are contributing to redefining the boundaries between languages and questioning the agency of the translating subject. We use the term “minoritised voices” broadly, to refer to forms of expression whose legitimacy, visibility or circulation have been historically limited by linguistic and socio-political power relations. </p> <p>Created in 2019 following the international conference “Translating linguistic minorities within and between the anglophone and francophone spheres”, the “Translating Minority Voices” research network (recently renamed “Translating Minoritised Voices” to emphasise the constructed and imposed nature of this marginality) organised a monthly online seminar series dedicated to these themes between 2021 and 2024, as well as a one-day symposium in 2023, with the aim of showcasing the vitality of both academic discussions and contemporary practices around the representation and translation of minoritised voices. Adopting a multilingual perspective across a variety of formats (research papers, presentation of collaborative projects, workshops, etc.), the network addressed issues such as the role of heterolingual texts in their original cultural sphere, the reception of otherness in target cultures, the ethical positioning of the translating subject, and the strategies available to increase the audibility of minoritised voices in translation.</p> <p>Building on these presentations, papers, and discussions, the Translating Minoritised Voices research network invites proposals for a one-day symposium to be held on<strong> 23 April 2027 </strong>at <strong>Université de Toulouse Jean-Jaurès in France</strong>. For colleagues unable to travel to Toulouse, a small number of<strong> online seminar sessions</strong> may also be organised between November 2026 and May 2027 in addition to the symposium (dates to be confirmed). A selection of papers will be considered for publication in a special issue of a translation studies journal (full papers expected by 31 May 2027).</p> <p>Proposals should examine at least one variety of French or English as either a source or a target language. We welcome abstracts related to the following themes:</p> <ul> <li>translation of racialised identities, colonial legacies, and decolonial perspectives;</li> <li>translation of marginalised gender and sexual identities, feminist and queer approaches to translation;</li> <li>translation of regional languages or marginalised linguistic varieties (dialects, sociolects, youth speech, vernacular, etc.);</li> <li>translation and experiences of disability and neurodivergence.</li> </ul> <p>Proposals adopting an intersectional approach, attentive to the interplay of multiple forms of marginalisation, are particularly welcome. Contributions may draw on a wide range of corpora and translation practices, including literary texts, comics and graphic novels, theatre, audiovisual works, video games, as well as institutional and specialised translation and interpreting. They may therefore focus on the translation of minoritised voices or on the translation theories and practices developed in response to the challenges of representing them.</p> <p>Across these themes, papers may address, among others, the following issues:</p> <ul> <li>the properties of heterolingual texts: the tension between oral and written forms, issues related to standardisation, power relations between languages, strategies for representing otherness, the role of texts in the construction of community identity, etc.;</li> <li>the reception of texts presenting minoritised voices in target cultures: definition of target audiences, commercial constraints influencing the translation process, readership expectations and the notion of authenticity, dissemination among represented communities, etc.;</li> <li>the sociology of the globalised literary market;</li> <li>retranslation, self-translation or non-translation of texts featuring minoritised voices;</li> <li>the value of de-centred and collaborative practices in translation: e.g. co-translations, sensitivity readers, reading groups, etc.;</li> <li>the role of activism in translation and research projects involving minoritised voices.</li> </ul> <p>Abstracts (500 words), accompanied by a short bio-bibliographical note, should be submitted by<strong> 18 October 2026</strong> to the following address: <a href="mailto:traduireminorites.tract@gmail.com">traduireminorites.tract@gmail.com</a>.</p> <p>Authors will be notified of the outcome of their submission by 15 December 2026.</p> <p><strong>Research Network “Translating Minoritised Voices” :</strong></p> <p>Charles Bonnot (TRACT/PRISMES, Université Sorbonne Nouvelle)<br />Sophie Chadelle (CAS, Université Toulouse Jean-Jaurès)<br />Camille Le Gall (CAS, Université Toulouse Jean-Jaurès)<br />Tiffane Levick (CAS, Université Toulouse Jean-Jaurès)<br />Juliette Pezaire (TransCrit, Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis)</p> <p> —</p> <p><strong>Bibliographie indicative / Selected bibliography: </strong></p> <p>AFRICA VIDAL CLARAMONTE, Maria Carmen, 2012, “The Map Is Not the Territory: Towards a Minor Translation”, Perspectives, vol. 20, no. 3, London, Routledge.</p> <p>BAKER, Mona, 2006, Translation and Conflict: A Narrative Account, London/New York, Routledge.</p> <p>BAER, Brian J. and KAINDL, Klaus (eds.), 2017, Queering Translation, Translating the Queer, New York, Routledge.</p> <p>BANDIA, Paul F. (ed.), 2014, Writing and Translating Francophone Discourse: Africa, the Caribbean, Diaspora, Amsterdam/New York, Rodopi.</p> <p>BANDIA, Paul F. (ed.), 2016, Orality and Translation, New York, Routledge.</p> <p>BASSNETT, Susan and TRIVEDI, Harish (eds.), 1996, Postcolonial Translation: Theory and Practice, London, Routledge.</p> <p>BOURDIEU, Pierre, 1982, Ce que parler veut dire. L’économie des échanges linguistiques, Paris, Fayard.</p> <p>CASANOVA, Pascale, 2002, « Consécration et accumulation de capital littéraire. La traduction comme échange inégal », Actes de la recherche en sciences sociales, no 144.</p> <p>CRONIN, Michael, 1995, “Altered States: Translation and Minority Languages”, TTR : Traduction, Terminologie, Rédaction, vol. 8, no 1, p. 85-103.</p> <p>CRONIN, Michael, 1998, “The Cracked Looking Glass of Servants: Translation and Minority Languages in a Global Age”, The Translator, vol. 4, no. 2, p. 145-162.</p> <p>DAVIS, Lennard J., 1995, Enforcing Normalcy: Disability, Deafness, and the Body, London, Verso.</p> <p>DELEUZE, Gilles and GUATTARI, Félix, 1983, “What Is a Minor Literature?”, trans. Robert Brinkley, Mississippi Review, vol. 11, no. 3, p. 13-33.</p> <p>FEDERICI, Federico M. (ed.), 2011, Translating Dialects and Languages of Minorities, Oxford, Peter Lang.</p> <p>GAL, Susan, 2015, “Politics of Translation”, Annual Review of Anthropology, vol. 44.</p> <p>GRECO, Gian Maria, 2018, “The Nature of Accessibility Studies”, Journal of Audiovisual Translation, vol. 1, no. 1.</p> <p>GRUNENWALD, Noémie, 2021, Sur les bouts de la langue. Traduire en féministe/s, Lille, La Contre Allée.</p> <p>HALL, Alice, 2016, Literature and Disability, London/New York, Routledge.</p> <p>LIPPI-GREEN, Rosina, 1997, English with an Accent: Language, Ideology, and Discrimination in the United States, London, Routledge.</p> <p>MEYLAERTS, Reine, 2006, “Heterolingualism in/and Translation: How Legitimate Are the Other and His/Her Language? An Introduction”, Target, vol. 18, no. 1.</p> <p>NEVES, Josélia, 2022, “Translation and Accessibility: The Translation of Everyday Things”, in The Routledge Handbook of Translation and Methodology, New York, Routledge.</p> <p>NIRANJANA, Tejaswini, 1992, Siting Translation: History, Poststructuralism and the Colonial Context, Berkeley, University of California Press.</p> <p>PETERSON, Elizabeth, 2019, Making Sense of “Bad English”: An Introduction to Language Attitudes and Ideologies, London/New York, Taylor &amp; Francis.</p> <p>PYM, Anthony, 2012, On Translator Ethics: Principles for Mediation between Cultures, Amsterdam/Philadelphia, John Benjamins.</p> <p>SAMOYAULT, Tiphaine, 2020, Traduction et violence, Paris, Seuil.</p> <p>SAPIRO, Gisèle, 2014, La sociologie de la littérature, coll. « Repères », no 641, Paris, La Découverte.</p> <p>SIMON, Sherry, 1996, Gender in Translation: Cultural Identity and the Politics of Transmission, London, Routledge.</p> <p>SPIVAK, Gayatri Chakravorty, 2008 [1993], “The Politics of Translation”, in Outside in the Teaching Machine, New York, Routledge.</p> <p>SUCHET, Myriam, 2009, Outils pour une traduction postcoloniale. Littératures hétérolingues, Paris, Éditions des Archives contemporaines.</p> <p>TYMOCZKO, Maria, 1999, Translation in a Postcolonial Context: Early Irish Literature in English Translation, Manchester, St. Jerome Publishing.</p> <p>VENUTI, Lawrence (ed.), 1998, “Introduction: Translation and Minority”, The Translator, vol. 4, no. 2.</p> <p>VON FLOTOW, Luise, 1997, Translation and Gender: Translating in the Era of Feminism, Manchester, St. Jerome Publishing.</p> <p>WOLF, Michaela, 2013, “The Sociology of Translation and Its ‘Activist Turn'”, Translation and Interpreting Studies, vol. 7, no. 2, p. 129-143.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Rencontre avec Liliane Hilaire-Pérez pour Le Livre de poche de Salomon Hyman (en ligne)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135659/rencontre-avec-liliane-hilaire-perez-pour-le-livre-de-poche-de.html</link>
      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 03:25:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Le séminaire d'actualité de la recherche de l'université d'Orléans (laboratoire POLEN) reçoit l'historienne Liliane Hilaire-Pérez, qui présentera son livre  Le Livre de poche de Salomon Hyman. Juifs, commerce et industrie entre Paris et Londres au XVIIIe siècle (Albin Michel, 2026) La séance aura lieu le mardi 17 novembre de 18h à 19h30. Le séminaire est ouvert à toutes et à tous, en ligne uniquement. Pour obtenir le lien, écrivez à Laélia Véron: Laelia.Veron@univ-orleans.fr — Résumé de l'ouvrage (sur le site de la fondation pour la mémoire de la Shoah). À partir d’un modeste carnet de comptes rédigé en caractères hébraïques, Liliane Hilaire-Pérez fait surgir tout un pan méconnu de l’histoire économique européenne. Le Livre de poche de Salomon Hyman retrace l’itinéraire singulier d’un marchand juif ashkénaze du XVIIIᵉ siècle, acteur clé des échanges entre la France et l’Angleterre. Entre Londres et Paris, au cœur du marché des biens de consommation des Lumières, se dessine le portrait d’un intermédiaire cosmopolite, révélateur de la place essentielle des Juifs dans l’essor des échanges et des cultures matérielles. Le livre de Liliane Hilaire-Pérez s’impose d’emblée comme un modèle de recherche, tant par la richesse de ses sources que par l’inventivité de sa méthode. Au [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135659_86a4be3263eac25da56be34871f32343.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135659_86a4be3263eac25da56be34871f32343.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Le séminaire d'actualité de la recherche de l'université d'Orléans (laboratoire POLEN) reçoit l'historienne Liliane Hilaire-Pérez, qui présentera son livre </p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/135664/liliane-perez-le-livre-de-poche-de-salomon-hyman.html"><strong><em>Le Livre de poche de Salomon Hyman.</em></strong></a></p> <p><a href="https://www.fabula.org/actualites/135664/liliane-perez-le-livre-de-poche-de-salomon-hyman.html"><strong><em>Juifs, commerce et industrie entre Paris et Londres au XVIIIe siècle</em></strong></a> (Albin Michel, 2026)</p> <p>La séance aura lieu le <strong>mardi 17 novembre de 18h à 19h30.</strong></p> <p>Le séminaire est ouvert à toutes et à tous, en ligne uniquement.</p> <p>Pour obtenir le lien, écrivez à Laélia Véron: <a href="mailto:Laelia.Veron@univ-orleans.fr">Laelia.Veron@univ-orleans.fr</a></p> <p>—</p> <p><strong>Résumé de l'ouvrage</strong> (sur le site de la fondation pour la mémoire de la Shoah).</p> <p>À partir d’un modeste carnet de comptes rédigé en caractères hébraïques, Liliane Hilaire-Pérez fait surgir tout un pan méconnu de l’histoire économique européenne. Le Livre de poche de Salomon Hyman retrace l’itinéraire singulier d’un marchand juif ashkénaze du XVIIIᵉ siècle, acteur clé des échanges entre la France et l’Angleterre. Entre Londres et Paris, au cœur du marché des biens de consommation des Lumières, se dessine le portrait d’un intermédiaire cosmopolite, révélateur de la place essentielle des Juifs dans l’essor des échanges et des cultures matérielles.</p> <p>Le livre de Liliane Hilaire-Pérez s’impose d’emblée comme un modèle de recherche, tant par la richesse de ses sources que par l’inventivité de sa méthode. Au centre de l’enquête : Salomon Hyman, marchand juif ashkénaze installé à Londres, dans l’enclave des Minories, et à Paris, rue Beaubourg, spécialisé dans le commerce de quincaillerie entre fabricants anglais et artisans-boutiquiers français, tout en exportant vers l’Angleterre des productions parisiennes d’orfèvrerie et de bijouterie.</p> <p>La découverte de son livre de comptes, tenu durant douze années et intégralement rédigé en caractères hébraïques, constitue le point de départ d’une enquête exceptionnelle. Ce carnet, véritable objet-monde, mêle yiddish, allemand hébraïsé, transcriptions de termes français et anglais : un idiolecte multilexical qui reflète à la fois la mobilité géographique du marchand et son acculturation progressive. À travers cette écriture hybride se lit l’insertion d’un Juif originaire de Franconie dans les circuits économiques qui, à la fin du XVIIIᵉ siècle, structurent et polarisent l’économie européenne.</p> <p>L’ouvrage ne se limite pas à la reconstitution d’une trajectoire individuelle. Il éclaire plus largement la sociologie des Juifs ashkénazes à Paris et à Londres, au moment de leur entrée progressive dans la société d’Ancien Régime. L’autrice met en lumière leur rôle dans le développement des marchés de biens manufacturés et dans la diffusion d’une culture consumériste caractéristique du siècle des Lumières.</p> <p>La méthodologie déployée est à la fois rigoureuse et inventive. Une simple mention d’envoi d’argent pour Pessa’h permet ainsi d’identifier l’origine bavaroise (franconienne) de Hyman. L’exploitation de sources inédites - notamment les contrôles de police de 1774-1775 conservés au ministère des Affaires étrangères - permet d’établir une cartographie des logeurs parisiens accueillant des Juifs, ouvrant des perspectives entièrement nouvelles sur leur implantation urbaine.</p> <p>Les cartes, illustrations et reproductions de pages du carnet, accompagnées de leurs transcriptions et traductions, renforcent encore l’intérêt de cette étude minutieuse. En faisant parler une archive fragile, transportée au fil des traversées de la Manche, Liliane Hilaire-Pérez révèle une trace tangible de la présence juive dans la France d’Ancien Régime et renouvelle profondément l’histoire économique et culturelle du XVIIIᵉ siècle.</p> <p>À la croisée de l’histoire sociale, économique et culturelle, Le Livre de poche de Salomon Hyman devrait ainsi toucher à la fois les chercheurs et un public cultivé et curieux, sensible à la manière dont une micro-histoire peut éclairer les dynamiques majeures de l’Europe des Lumières. </p>]]></content:encoded>
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      <title>Matrimoine mystique et modernité occidentale dans les arts et les Lettres. Domaine francophone et Europe du Sud (Toulouse)</title>
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      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 03:13:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>« Matrimoine mystique et modernité occidentale dans les arts et les lettres. Domaine francophone et Europe du Sud. » Université de Toulouse 2. Jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2026. Laboratoire PLH « Patrimoine Littérature Histoire » (EA4601) Organisation Lydie Parisse (Toulouse 2) et Aurélie Choné (Strasbourg) Cette journée détudes est le second opus d'une manifestation intersites Strasbourg/Toulouse 2, dans le cadre du séminaire "Processus créateur et voies négatives",  dont la première partie a vu le jour les 26 et 27 mars 2026 à l'université de Strasbourg. Le colloque international de Strasbourg, organisé par le laboratoire "Mondes germaniques et européens" (EA1341) était consacré au domaine germanophone, scandinave et à l'Europe du Nord. Le programme de Strasbourg est en ligne sur ce lien : https://mgne.unistra.fr/agenda/colloque-matrimoine-mystique-et-modernite-occidentale-dans-les-arts-et-les-lettres/ Le matrimoine mystique comprend, du Moyen Âge à nos jours, des œuvres majeures qui ne sont pas souvent étudiées pour leur valeur intrinsèquement littéraire, et encore moins du point de vue des renouvellements fondamentaux qu’elles ont pu amener dans l’histoire occidentale des arts et de la littérature dès le début du XXe siècle. Cependant, elles ont nourri les processus créateurs d’artistes et d’écrivain-e-s parmi les plus célèbres. Or, cette influence est encore invisibilisée dans les études [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135658_596507a92a1258baccb672a3e8f2a4bd.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135658_596507a92a1258baccb672a3e8f2a4bd.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>« Matrimoine mystique et modernité occidentale dans les arts et les lettres.</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Domaine francophone et Europe du Sud. »</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Université de Toulouse 2. Jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2026.</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Laboratoire PLH « Patrimoine Littérature Histoire » (EA4601)</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Organisation Lydie Parisse (Toulouse 2) et Aurélie Choné (Strasbourg)</strong><strong></strong></p> <p style="text-align:left;">Cette journée détudes est le second opus d'une manifestation intersites Strasbourg/Toulouse 2, dans le cadre du séminaire "Processus créateur et voies négatives",  dont la première partie a vu le jour les 26 et 27 mars 2026 à l'université de Strasbourg. Le colloque international de Strasbourg, organisé par le laboratoire "Mondes germaniques et européens" (EA1341) était consacré au domaine germanophone, scandinave et à l'Europe du Nord. Le programme de Strasbourg est en ligne sur ce lien :</p> <p style="text-align:center;"><a href="https://mgne.unistra.fr/agenda/colloque-matrimoine-mystique-et-modernite-occidentale-dans-les-arts-et-les-lettres/">https://mgne.unistra.fr/agenda/colloque-matrimoine-mystique-et-modernite-occidentale-dans-les-arts-et-les-lettres/</a></p> <p>Le matrimoine mystique comprend, du Moyen Âge à nos jours, des œuvres majeures qui ne sont pas souvent étudiées pour leur valeur intrinsèquement littéraire, et encore moins du point de vue des renouvellements fondamentaux qu’elles ont pu amener dans l’histoire occidentale des arts et de la littérature dès le début du XXe siècle. Cependant, elles ont nourri les processus créateurs d’artistes et d’écrivain-e-s parmi les plus célèbres. Or, cette influence est encore invisibilisée dans les études littéraires.</p> <p>Selon l’historien de la mystique Michel de Certeau, la mystique est l’un des visages de la modernité, refoulé pendant les périodes de certitude scientifique, mais qui resurgit sur le devant de la scène pour évoquer « un au-delà des systèmes vérifiables ou falsifiables : une étrangeté ‘intérieure’ qui se donne désormais pour représentations les lointains de l’Islam ou du Moyen Âge. » (Certeau 2013) Certeau considère la mystique comme une figure transitoire entre l’univers médiéval et l’époque moderne. Cette dernière se caractérise elle-même par des moments charnières favorables à la résurgence de discours mystiques témoignant de réactions diverses face à la modernité – nostalgie d’une unité perdue (Certeau), « stratégie de compensation, réaction de défense, catalyseur de l’innovation » (Baßler / Châtellier 1998) ; la période autour de 1900 voit par exemple émerger des discours mêlant mystique, psychanalyse et ésotérisme à une époque de fascination pour les mystiques orientales dans l’espace franco-et germanophone. </p> <p>L’importance du paradigme mystique dans l’élaboration de la modernité artistique et culturelle en contexte laïc a déjà été bien mise en évidence (Parisse, 2012, 2019). Cette journée d'études, dans le prolongement de la manifestation de Strasbourg, se propose d’approfondir la place des femmes dans la constellation qui relie mystique, processus de création et modernité, dans le contexte du développement récent de théologies féministes au sein de l’histoire de la philosophie et du champ religieux (Anderson 1999, Anderson/Clarke 2004). Il sera centré sur les femmes écrivaines et mystiques, en particulier dans l’aire culturelle francophone et germanophone, à partir du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui, et sur la question de la réception et de la matrimonialisation de grandes mystiques, à l'intérieur d' aires culturelles européennes comme l’Italie et l’Espagne.</p> <p>Comment, en contexte laïc et hors de tout prosélytisme religieux, l’étude du matrimoine mystique, dont l’influence est forte et revendiquée sur les écrivain-e-s et les artistes depuis la fin du XIXe siècle, peut-elle fournir des outils aux chercheur-e-s en vue d’une relecture d’une partie ignorée de l’histoire littéraire et de l’histoire de l’art ? L’étude de l’influence du matrimoine mystique et des nombreux phénomènes d’intertextualité ouvre un champ épistémologique aux chercheuses et aux chercheurs.</p> <p>Comment ces femmes mystiques, par le renouvellement de l’approche de la langue, nous aident à comprendre le processus créateur : au sens de la création d’une œuvre, mais aussi de la création de soi par soi ? Par exemple, les paradigmes négatifs d’« abandon » et de « décréation » ont été forgés par Jeanne Guyon et Simone Weil.</p> <p>Comment peut-on renouveler le regard sur les œuvres du matrimoine mystique, hors des préjugés essentialistes (sur « le féminin », « la femme ») ou socio-historiques (l’enfermement dans la psychopathologie clinique et la « mystique» dite « affective »), car si l’adjectif « mystique » a été largement dévalorisé, au contraire de « la mystique » qui s’est imposé comme un domaine de recherche, la question des femmes mystiques – à distinguer des femmes atteintes de délires religieux – est chargée de toutes les représentations sociales qui visent à les ghettoïser, voire à les invisibiliser en tant qu’écrivaines. Or, il est important de dégager chez elles une pensée à l’œuvre : car c’est bien Marguerite Porete qui est à l’origine de la pensée de Maître Eckhart ; quant à Simone Weil, sans cesse citée de nos jours, il n’est plus à démontrer à quel point sa pensée, indissociable de sa vocation mystique, était en avance sur son temps. On soulignera l’importance sur le plan anthropologique, de ces grandes penseuses, l’idée d’humanité étant, selon Henri Bergson, venue des mystiques.</p> <p>Les échanges prendront place au carrefour de plusieurs domaines : la recherche-création et l’épistémologie du processus créateur ; l’histoire des discours critiques sur la mystique ; l’histoire littéraire et l’histoire des arts visuels et des arts du spectacle ; les études féministes, et en particulier écoféministes.</p> <p style="text-align:center;">—</p> <p style="text-align:center;"><em>Pré-programme de la manifestation toulousaine.</em><strong></strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Jeudi 22 octobre</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Maison de la Recherche 4e étage </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Salle F 422-423</strong> </p> <p style="text-align:left;">14h. Accueil des participant-e-s</p> <p style="text-align:left;">14h15. Lydie Parisse (MCF HDR, Université de Toulouse 2) et Aurélie Choné (PR, Université de Strasbourg). Introduction.</p> <p style="text-align:left;"></p> <p style="text-align:left;"><strong>Representations du matrimoine mystique au cinéma et au théâtre.</strong></p> <p style="text-align:left;">Président-e de séance.  Flore Garcin-Marrou.</p> <p style="text-align:left;">14h30. Lou Andrea Depaule (Docteure, Toulouse 2). De Hadewijch (2009) de Bruno Dumont à Thérèse d’Alain Cavalier (1986) : Céline et Thérèse, deux visages, deux exhibitions de l’aestus amoris.</p> <p style="text-align:left;">14h50. Julien Tanguy (doctorant, Sorbonne nouvelle). « « Je responderay » : éthique et esthétique de la profanation dans le théâtre d’Angélica Liddell »</p> <p style="text-align:left;">15h10. Lydie Parisse (MCF HDR, Toulouse 2, PLH). « L’importance de Jeanne Guyon dans le théâtre de Valère Novarina »</p> <p style="text-align:left;">15h20.Pause.</p> <p style="text-align:left;"> </p> <p style="text-align:left;"><strong>Simone weil : pensée radicale et processus de decreation. </strong></p> <p style="text-align:left;">Présidente de séance. Geneviève Azam.</p> <p style="text-align:left;">15h45. Nelli Solonko (MCF, Université de Szczecin, Pologne). « La mort de l’ego d’après Simone Weil (dans Les Cahiers) »</p> <p style="text-align:left;">16h05. Létitia Mouze (MCF,Toulouse 2, Erraphis). « Les Cahiers de Simone Weil. L’écriture comme moyen d’action sur soi, sur le monde. »</p> <p style="text-align:left;">16h25. Pierre Gillouard (Docteur, Université de Genève). « Simone Weil, source de la pensée écologique »</p> <p style="text-align:left;">16h45. Michèle Sellès-Lefranc (docteure, chercheuse associée, EHESS).  « Un matrimoine mystique interculturel à l’échelle de la modernité (1900-1940) :  Isabelle Eberhadt, Amélie-Marie Goichon, Simone Weil ».</p> <p style="text-align:left;"> 17h05. Pause.</p> <p style="text-align:left;"></p> <p style="text-align:left;"><strong>Thérèse d’Avila et ses réceptions  littéraires et artistiques.</strong></p> <p style="text-align:left;">Président de séance.  Ghislain Waterlot.</p> <p style="text-align:left;">17h25. Sophie Lespinasse-Milan (Doctorante en recherche-création, Université de Cergy), « Pour une mystique dansante : Thérèse d’Avila comme source d’inspiration, aujourd’hui, en France »</p> <p style="text-align:left;">18h05. Discussion et départ pour le centre-ville. Dans le cadre de la manifestation, deux spectacles professionnels en hommage aux écrivaines mystiques sont proposés. </p> <p style="text-align:left;"> 19h 15-20h30.</p> <p style="text-align:left;"></p> <p style="text-align:left;"><strong>Spectacle au théâtre Roquelaine</strong></p> <p style="text-align:left;">(37 bis Rue Roquelaine. Métro Jean Jaurès ou Jeanne d’Arc)</p> <p style="text-align:left;"><em>SX ULTIMA 22</em></p> <p style="text-align:left;">Avec Roxane Borgna, Ludivine Bluche, Nicolas Ehrsam, Yves Gourmelon </p> <p style="text-align:left;">Compagnie Via Negativa</p> <p style="text-align:left;">(Durée 1H15)</p> <p style="text-align:left;">Tarif unique 10 euros</p> <p style="text-align:left;"> 20h30. Fin de la journée.</p> <p> </p> <p></p> <p style="text-align:center;"> <strong>Vendredi 23 octobre</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong> Maison de la Recherche 4e étage </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Salle F 422-423</strong></p> <p> </p> <p><strong>Jeanne Guyon : l’inquiétude de la liberté.</strong></p> <p>Présidente de séance.  Lydie Parisse</p> <p> </p> <p>9h. Ghislain Waterlot (Professeur, Université de Genève). « Madame Guyon ou la subversion des pratiques sociales par la mystique ».</p> <p>9h20. Mariel Mazzocco  (Docteure, Université de Genève). « Genre, langage et pouvoir : les « jeux spirituels » de Jeanne Guyon ».</p> <p>9h40. Florent Libral (MCF, Toulouse 2, Il Laboratorio). « Marie de l’Incarnation relue par son fils Claude Martin. Dans la tourmente (de )de la querelle du quiétisme ».</p> <p>10h. Pause et discussion.</p> <p></p> <p><strong>Matrimoine mystique, féminisme et altérités  culturelles</strong></p> <p>Président-e de séance.   </p> <p> </p> <p>10h20. Claude Le Fustec (Professeure, Université de Rennes 2). « Je me nomme Consolata Sosa » Féminisme et mystique, une lecture spirituelle du Paradis de Toni Morrison »</p> <p>10h40. Aurelie Choné (Professeure, Université de Strasbourg). « Sur la mystique de l’Inde. De Blanca Schlamm à Atmananda ou le grand renoncement : une mystique au féminin. »</p> <p>11h. Stéphanie Smadja (Professeure, Toulouse 2, PLH) et Clara Giordano (Doctorante, Toulouse 2, PLH), « Jeanne d’Arc, entendeuse de voix et mystique »</p> <p>11h20. Discussion.</p> <p>12h-12h35 :</p> <p></p> <p><strong>Spectacle </strong></p> <p>Hall de la Maison de la Recherche</p> <p><em>La Pesanteur et la grâce</em>, d’après Simone Weil, avec Roxane Borgna </p> <p>Compagnie Les Nageurs de Nuit</p> <p>(durée 35 mn)</p> <p>Participation libre et nécessaire  </p> <p>14 h. Fin du colloque.</p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p> </p> <p></p> <p style="text-align:center;"></p>]]></content:encoded>
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      <title>Lumières, n° 47 : "Les corps de la langue" (dir. Élise Pavy-Guilbert)</title>
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      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 23:41:49 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution_revue</category>
      <description>Les représentations de la langue française et les imaginaires qui les entourent évoluent au XVIIIe siècle. La comparaison de la langue à un corps et l’expression le corps de la languereviennent tels des leitmotive dans les écrits théoriques et fictionnels. Ce numéro explore cette analogie afin d’en analyser les fondements, les enjeux et les mutations. Les Lumières remettent en question l’idéal de fixité, d’ordre et de clarté prôné par la langue dite classique. La Révolution impose la présence du corps charnel et l’image de la langue comme entité sociale et unité de la nation. L’époque souligne des pratiques situées et incorporées dans un usage plus quotidien et créatif de la langue. La fin du siècle cherche à penser la langue du côté du mouvement et de l’énergie, du désordre et de l’opacité, de la folie et de la poésie, moins les mots euxmêmes que les voix incarnées qui les énoncent. — Sommaire en ligne via Cairn… Dossier : Le corps de la langue Les corps de la langue : biologique, politique et poétique Par Élise Pavy-Guilbert De sappho aux poétesses du XVIIe et premier XVIIIe siècles : la tendresse de la langue élégiaque Par Élise Legendre-Blondel « Perdu dans la forêt ou [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135652_5181aefe480172bcf9fdd60e07a679f6.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135652_5181aefe480172bcf9fdd60e07a679f6.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Les représentations de la langue française et les imaginaires qui les entourent évoluent au XVIII<sup>e</sup> siècle. La comparaison de la langue à un corps et l’expression <em>le corps de la langue</em>reviennent tels des <em>leitmotive</em> dans les écrits théoriques et fictionnels. Ce numéro explore cette analogie afin d’en analyser les fondements, les enjeux et les mutations. Les Lumières remettent en question l’idéal de fixité, d’ordre et de clarté prôné par la langue dite classique. La Révolution impose la présence du corps charnel et l’image de la langue comme entité sociale et unité de la nation. L’époque souligne des pratiques situées et incorporées dans un usage plus quotidien et créatif de la langue. La fin du siècle cherche à penser la langue du côté du mouvement et de l’énergie, du désordre et de l’opacité, de la folie et de la poésie, moins les mots euxmêmes que les voix incarnées qui les énoncent.</p> <p>—</p> <p><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1?lang=fr"><strong>Sommaire en ligne via Cairn…</strong></a></p> <p><em>Dossier : Le corps de la langue</em><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-7?lang=fr"></a></p> <p>Les corps de la langue : biologique, politique et poétique</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-elise-pavy-guilbert--109973?lang=fr">Élise Pavy-Guilbert</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-35?lang=fr"></a></p> <p>De sappho aux poétesses du XVII<sup>e</sup> et premier XVIII<sup>e</sup> siècles : la tendresse de la langue élégiaque</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-elise-legendre-blondel--910305?lang=fr">Élise Legendre-Blondel</a></p> <p>« Perdu dans la forêt ou en chute libre » les métaphores corporelles de l’erreur dans la langue française (1680-1772)</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-moritz-rauchhaus--910306?lang=fr">Moritz Rauchhaus</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-75?lang=fr"></a></p> <p>La langue incarnée des couleurs : sensualisme et notations colorées au XVIII<sup>e</sup>siècle</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-aurelia-gaillard--98141?lang=fr">Aurélia Gaillard</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-93?lang=fr"></a></p> <p>La langue et les corps dans le <em>Tableau de Paris</em> de Mercier</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-gilles-magniont--137104?lang=fr">Gilles Magniont</a> et <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-arnaud-welfringer--141464?lang=fr">Arnaud Welfringer</a></p> <p>Corps de la langue, corps de la nation : une langue « une et indivisible » ?</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-helene-parent--722634?lang=fr">Hélène Parent</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-149?lang=fr"></a></p> <p>Le corps de la langue, entre poésie et folie : de pinel à gall</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-juan-rigoli--101245?lang=fr">Juan Rigoli</a></p> <p>—</p> <p><em>Varia</em><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-171?lang=fr"></a></p> <p>Pas de paix sans États responsables ? La théorie benthamienne de la paix</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-benjamin-bourcier--655674?lang=fr">Benjamin Bourcier</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-203?lang=fr"></a></p> <p>Marivaux ou la traversée des genres : le double jeu du travestissement dans <em>La Fausse Suivante</em> et <em>Le Triomphe de l’amour</em></p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-eric-avocat--720160?lang=fr">Éric Avocat</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-221?lang=fr"></a></p> <p>« Traduit à partir du manuscrit ». Pratiques transmédiales et interconnexions franco-allemandes dans <em>De la littérature des nègres</em> de Henri Grégoire (1808)</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-iwan-michelangelo-daprile--759235?lang=fr">Iwan-Michelangelo D’Aprile</a></p> <p>—</p> <p><strong>Recensions</strong><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-245?lang=fr"></a></p> <p>Jennifer Ruimi, <em>Voltaire et le théâtre de société. Le plaisir et la gloire</em>, Paris, Hermann, 2025, 256 p.</p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-catherine-ramond--663170?lang=fr">Catherine Ramond</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-247?lang=fr"></a></p> <p><em>Martin Urmann,</em> « L’Olympe même de nos lumières est jaloux ». Die Preisfragen der französischen Akademien (1670-1794) als Medium der Wissensreﬂexio<em>n, Wiesbaden, Harrassowitz Verlag, 2025.</em></p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-vanessa-de-senarclens--19658?lang=fr">Vanessa de Senarclens</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-249?lang=fr"></a></p> <p><em>Margot Damiens,</em> Regards germaniques sur le Nord scandinave au XVIII<sup>e</sup>siècle, <em>Paris, Classiques Garnier, 2025, 656 p.</em></p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-alessandra-orlandini-carcreff--766830?lang=fr">Alessandra Orlandini Carcreff</a><a href="https://shs.cairn.info/revue-lumieres-2026-1-page-254?lang=fr"></a></p> <p><em>Wolfgang Fink &amp; Norbert Waszek (dir.),</em> Aufklärung und Vormärz. Kontinuitäten und Brüche. Des Lumières allemandes à 1848. Continuités et ruptures, <em>Brême, édition lumière, 2024.</em></p> <p>Par <a href="https://shs.cairn.info/publications-de-maiwenn-roudaut--721884?lang=fr">Maiwenn Roudaut</a></p>]]></content:encoded>
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      <title>Pascal Aquien, Oscar Wilde, écrivain. Poétique de “The Picture of Dorian Gray”</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135645/pascal-aquien-oscar-wilde-ecrivain-poetique-de-the-picture-of-dorian-gray.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 15:24:20 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution</category>
      <description>Qui est Oscar Wilde ? Un poète, un dramaturge, un essayiste, un romancier. Ce livre, fondé sur l’analyse de son unique roman, s’efforce de répondre à une question : qu’est-ce qui fait de lui un écrivain ?  Comment y répondre ? En lisant à la lettre The Picture of Dorian Gray, son architecture et son écriture, c’est-à-dire sa poétique. Sont analysés les schèmes narratifs, la création de l’espace et du temps, l’élaboration des personnages, l’onomastique, la phrase, le rythme et la cadence, la voix de l’auteur de même que le paradoxe et l’aphorisme. D’importantes clefs interprétatives émergent de l’exploitation, parfois inattendue, des genres littéraires voire d’autres formes d’art, telle la musique. L’accent est mis sur les mots, sur la façon dont ils signifient, voire dont ils s’écartent de la logique ordinaire.  Il s’agit de montrer ce qui fait de The Picture of Dorian Gray un texte à l’écriture reconnaissable et d’analyser la conception wildienne du langage : une conception marquée par l’instabilité et la fuite du sens – où demeure le plaisir et la jouissance des mots.  Ce livre est la réédition profondément revue et augmentée d’Oscar Wilde, The Picture of Dorian Gray : pour une poétique du roman paru en 2004 aux [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135645_9f5bd9aad29e979e1d899864ed547f8f.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135645_9f5bd9aad29e979e1d899864ed547f8f.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Qui est Oscar Wilde ? Un poète, un dramaturge, un essayiste, un romancier. Ce livre, fondé sur l’analyse de son unique roman, s’efforce de répondre à une question : qu’est-ce qui fait de lui un écrivain ? </p> <p>Comment y répondre ? En lisant à la lettre <em>The Picture of Dorian Gray,</em> son architecture et son écriture, c’est-à-dire sa poétique. Sont analysés les schèmes narratifs, la création de l’espace et du temps, l’élaboration des personnages, l’onomastique, la phrase, le rythme et la cadence, la voix de l’auteur de même que le paradoxe et l’aphorisme. D’importantes clefs interprétatives émergent de l’exploitation, parfois inattendue, des genres littéraires voire d’autres formes d’art, telle la musique. L’accent est mis sur les mots, sur la façon dont ils signifient, voire dont ils s’écartent de la logique ordinaire. </p> <p>Il s’agit de montrer ce qui fait de <em>The Picture of Dorian Gray </em>un texte à l’écriture reconnaissable et d’analyser la conception wildienne du langage : une conception marquée par l’instabilité et la fuite du sens – où demeure le plaisir et la jouissance des mots. </p> <p>Ce livre est la réédition profondément revue et augmentée d’Oscar Wilde, <em>The Picture of Dorian Gray</em> <em>: pour une poétique du roman</em> paru en 2004 aux Éditions du Temps. </p> <p><em>Pascal Aquien est professeur émérite de littérature anglaise à Sorbonne Université. Spécialiste d’Oscar Wilde, qu’il a préfacé pour la « Bibliothèque de la Pléiade », il a édité, présenté et traduit un grand nombre de ses œuvres. Il lui a consacré une biographie, </em>Oscar Wilde. Les mots et les songe<em>s, parue en 2005 aux Éditions Aden. </em></p>]]></content:encoded>
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      <title>Prix Droz - Association Humanisme et Renaissance</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135644/prix-droz-association-humanisme-et-renaissanc.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 15:19:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_postes</category>
      <description>Le prix « Droz - Association Humanisme et Renaissance » de l'Union Académique Internationale va récompenser, tous les deux ans, un article scientifique de qualité exceptionnelle portant sur l'humanisme et la Renaissance des XVe et XVIe siècles, qu'il s'agisse de critique littéraire ou d'histoire au sens large (histoire de l'art, du livre, du droit, des religions, etc.). L'article, rédigé dans la langue de choix du candidat, doit avoir été publié dans les deux ans écoulés. Il ne doit pas dépasser 60 000 signes (espaces comprises). Sont éligibles les candidat(e)s ayant obtenu leur doctorat dans les six années précédant le dépôt de la candidature. La date limite du dépôt de candidature pour le premier Prix Droz - AHR est fixée au 15 octobre 2026 pour une remise du prix début mai 2027. Les articles devront avoir été publiés entre le 15 octobre 2024 et le 14 octobre 2026. Pour candidater, merci de compléter le formulaire accessible en ligne et de transmettre à l’adresse ecra@unionacademique.org trois documents : l'article au format PDF, un curriculum vitae et une lettre de motivation. Le prix est doté de 3000 euros.</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135644_2b7a2a2d0884570b7ebe553679e46ea0.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135644_2b7a2a2d0884570b7ebe553679e46ea0.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Le prix <a href="https://droz.statslive.info/c/6145627856/eyJpdiI6IllqZjg4XC9FbnVFd0EzQVpLRXJBV1wvT1dSTCtqZlU4Vnd6VFczcDl2S3VXbz0iLCJtYWMiOiJlYmE5ZDFiNzY2M2MyZjAyMjk2NGVlZWNiNmRjN2RkZTI3NDk2YmQ3YjUzNjFmMTY5NjRiM2EwYjI0MTRmZjFmIiwidmFsdWUiOiJjb2QwZ2lSYndqNk1iVkJaTlwvakNUVzFhbnVrdjA3dHpWdUpmUERGSW5DQT0ifQ==" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>« Droz - Association Humanisme et Renaissance »</strong></a><strong> </strong>de l'Union Académique Internationale va récompenser, tous les deux ans, un article scientifique de qualité exceptionnelle portant sur l'humanisme et la Renaissance des XVe et XVIe siècles, qu'il s'agisse de critique littéraire ou d'histoire au sens large (histoire de l'art, du livre, du droit, des religions, etc.).</p> <p>L'article, rédigé dans la langue de choix du candidat, doit avoir été publié dans les deux ans écoulés. Il ne doit pas dépasser 60 000 signes (espaces comprises). Sont éligibles les candidat(e)s ayant obtenu leur doctorat dans les six années précédant le dépôt de la candidature.</p> <p>La date limite du dépôt de candidature pour le premier Prix Droz - AHR est fixée au 15 octobre 2026 pour une remise du prix début mai 2027. Les articles devront avoir été publiés entre le 15 octobre 2024 et le 14 octobre 2026.</p> <p>Pour candidater, merci de compléter le <a href="https://droz.statslive.info/c/6145627858/eyJpdiI6InNYRzVid3FmODhjTWQ3MWgyeUxRWVI3ZzRNY3FzXC9aQ0dUajR1YnlpQkNJPSIsIm1hYyI6IjA0NjNmMGIwNWIyNjMwNGI1YzM0ZmVkODZiNzVmNjM2MmE1NDdjNWNlNTI2ZDA1ODAzMTQwYmI3YmU3MWFjYmIiLCJ2YWx1ZSI6IkYxRjhwckhzUUVlXC9saVwvMFVwTDJ5cFUwdTdKWUhQbmlkYzU1WFZVK2dNdz0ifQ==" target="_blank" rel="noreferrer noopener">formulaire accessible en ligne</a> et de transmettre à l’adresse <a href="https://droz.statslive.info/c/6145627857/eyJpdiI6IkFnZVwvc3FBaWVrTktNczl3QU90RHBjSUR3TWNyY1Vqc1FtZElLWFVOak5vPSIsIm1hYyI6IjhlODFkMzIxM2Y5YmQ4ZTE2OWYwM2UwYzRkYzRlNWM4ZGU1MTViNGZjMjA3OTRlOTUwMmFiNjg5YTQyZDc4OWQiLCJ2YWx1ZSI6Ijg1Wms0bEg4XC9ldk0wSmpxZzR6VkliQ1BkOVY4eTJ2U2xqSFdBaHdhcDRBPSJ9" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><a href="mailto:ecra@unionacademique.org">ecra@unionacademique.org</a> trois documents : l'article au format PDF, un curriculum vitae et une lettre de motivation.</p> <p>Le prix est doté de 3000 euros.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Dialogues sur la scénographie en Océanie (en ligne)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135642/dialogues-sur-la-scenographie-en-oceanie.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 11:15:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_evenement</category>
      <description> Journée d'études LIRISOCEANIE#3.8 « Dialogues sur la scénographie en Océanie », en ligne jeudi 23 juillet entre 22h et 00h30 (heure de Paris) sous la direction scientifique de Sam Trubridge dans le cadre du LIRIS (Laboratoire International de Recherche sur les Images et la Scénographie) attaché à l'IRET (Institut de Recherche en Études Théâtrales - Sorbonne nouvelle).  Découvrir sur Fabula le détail du programme… Grâce à la traduction simultanée, vous pouvez sous-titrer les interventions dans la langue de votre choix. Responsable : Romain Fohr (Direction LIRIS - Institut de Recherche en Études Théâtrales - EA 3959 - ED 267 : École Doctorale Arts &amp; Médias)</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135642_eef56780d9f37dd5008abd8e2197d159.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135642_eef56780d9f37dd5008abd8e2197d159.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p> Journée d'études LIRISOCEANIE#3.8 « Dialogues sur la scénographie en Océanie », en ligne</p> <p>jeudi 23 juillet entre 22h et 00h30 (heure de Paris) sous la direction scientifique de Sam Trubridge dans le cadre du LIRIS (Laboratoire International de Recherche sur les Images et la Scénographie) attaché à l'IRET (Institut de Recherche en Études Théâtrales - Sorbonne nouvelle). </p> <p><strong><a href="https://www.fabula.org/actualites/documents/135642_c568971606c5db8d57163fa4ff36ca85.pdf">Découvrir sur Fabula le détail du programme…</a></strong></p> <p><em>Grâce à la traduction simultanée, vous pouvez sous-titrer les interventions dans la langue de votre choix.</em></p> <p><strong>Responsable : </strong></p> <p>Romain Fohr (Direction LIRIS - Institut de Recherche en Études Théâtrales - EA 3959 - ED 267 : École Doctorale Arts &amp; Médias)</p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Journal for Literary and Intermedial Crossings, vol. 10-1 : "Experimental Literature and Intermedial Relations" (éd. Hannah van Hove, Tessel Veneboer)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135650/experimental-literature-and-intermedial-relations.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 09:29:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution_revue</category>
      <description>This special issue explores how experimental literature stages intermedial relations, suggesting that its departure from literary conventions is inextricably bound up with an interrogation of this dynamic. Featuring essays on the work of William Demby, Kathy Acker, David Wojnarowicz, Cherríe Moraga, and Claudia Rankine, the issue spans experimental writing from 1965 to the present and concludes with an interview with contemporary poet Paul Stephenson. The contributions to this issue explore how experimentation within ostensibly “single-media” forms already mobilizes intermedial logics: through the remediation of other arts, the staging of performance within text, and the incorporation of visual, spatial, or cross-cultural references. The open-access issue can be accessed on the JLIC website… — Contents Experimental Literature and Intermedial Relations "Introduction: Experimental Literature and Intermedial Relations", Hannah Van Hove and Tessel Veneboer, pp. 1–5. "'Cubistic Time' and Phenomenology in William Demby’s The Catacombs", Steven Forbes, pp. 6–20. "'In these Moments I Hate Language': David Wojnarowicz’s Typewriter and Tape Recorder", Joule Zheng Wang, pp. 21–38. "Reading the Body as the Site of Dreams/Dreaming/Dreamers in Kathy Acker’s Work", Eline Cremers, pp. 39–59. "Cross-cultural Drama, Tragic Anomalies, and Queered Spaces: The Case of Cherríe Moraga’s The Hungry Woman: A Mexican Medea (1995)", Kerry-Jane Wallart, pp. 60–76. [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135650_e2c91d17348d5d240f4d6559c17d98fe.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135650_e2c91d17348d5d240f4d6559c17d98fe.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>This special issue explores how experimental literature stages intermedial relations, suggesting that its departure from literary conventions is inextricably bound up with an interrogation of this dynamic. Featuring essays on the work of William Demby, Kathy Acker, David Wojnarowicz, Cherríe Moraga, and Claudia Rankine, the issue spans experimental writing from 1965 to the present and concludes with an interview with contemporary poet Paul Stephenson. The contributions to this issue explore how experimentation within ostensibly “single-media” forms already mobilizes intermedial logics: through the remediation of other arts, the staging of performance within text, and the incorporation of visual, spatial, or cross-cultural references.</p> <p><a href="https://clic.research.vub.be/volume-10-issue-1-2025-experimental-literature-and-intermedial-relations-0"><strong>The open-access issue can be accessed on the <em>JLIC</em> website…</strong></a></p> <p>—</p> <p><strong>Contents</strong></p> <p>Experimental Literature and Intermedial Relations</p> <p>"Introduction: Experimental Literature and Intermedial Relations", Hannah Van Hove and Tessel Veneboer, pp. 1–5.</p> <p>"'Cubistic Time' and Phenomenology in William Demby’s <em>The Catacombs</em>", Steven Forbes, pp. 6–20.</p> <p>"'In these Moments I Hate Language': David Wojnarowicz’s Typewriter and Tape Recorder", Joule Zheng Wang, pp. 21–38.</p> <p>"Reading the Body as the Site of Dreams/Dreaming/Dreamers in Kathy Acker’s Work", Eline Cremers, pp. 39–59.</p> <p>"Cross-cultural Drama, Tragic Anomalies, and Queered Spaces: The Case of Cherríe Moraga’s <em>The Hungry Woman: A Mexican Medea</em> (1995)", Kerry-Jane Wallart, pp. 60–76.</p> <p>"The Politics and Poetics of Intermedial Sentimentality in Claudia Rankine’s <em>Citizen: An American Lyric</em> (2014)", Ege A. Özbek, pp. 77–91.</p> <p>"On the Act and Forms of Writing Grief: Paul Stephenson in Conversation about Hard Drive", interview by Hannah Van Hove, pp. 92–102.</p> <p><em>Varia</em></p> <p>"On Remembering the Voices of Grenfell: Diana Evans in Conversation About Writing as a Political Tool and <em>A House for Alice</em>", Carmijn Gerritsen and Elisabeth Bekers, pp. 103–118.</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Übersetzen, verlegen, lizenzieren. Der Transfer von Texten im Post-Exil, 1945–1960 (Lausanne &amp; online)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135649/ubersetzen-verlegen-lizenzieren-der-transfer-von-texten-im-post-exil-1945-1960-lausanne.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 08:45:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Université de Lausanne)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Universität Lausanne, 27. bis 29. August 2026 Übersetzen, verlegen, lizenzieren. Der Transfer von Texten im Post-Exil (1945–1960) Internationale Tagung im Rahmen des SNF/FWF/DFG-Projekts Translation im Post-Exil. Personen, Texte, Verflechtungen 1945–1960 Die Tagung findet in Präsenz an der Universität Lausanne und online statt. Link zur Online-Teilnahme: https://teams.microsoft.com/meet/324289708683060?p=OX5ZVPMjT77kn7Q6gK — Donnerstag, 27. August 2026, Gebäude Anthropole, Raum 2106 14:00 – Grußwort des Dekans, Prof. Gilles PHILIPPE 14:15 – Pino DIETIKER: What would Jacob do? Zum Schweizer Nachexil des Verlegers und Übersetzers Jakob Hegner 15:00 – Alberto ORLANDO: »Der Hirte manch verlornen Schafes«. Felix Guggenheim und seine Vermittlerrolle als Literaturagent für Mascha Kaléko im Post-Exil (1954–1963) 15:45 – Ana LUPU: Die Zürcher Literaturagenturen. Fluchtgeschichten, Lizenzhandel, Beziehungsformen Kaffeepause 17:00 – Xiao LIU: Chinaerfahrung als Texttransfer. Susanne Wantoch, Fritz Jensen und sozialistische Verlagswege im Post-Exil 17:45 – Heidi ROTROFF: Der frühe Aufbau-Verlag (1945–1955) und das Post-Exil 18:30 – Irene WEBER HENKING: »Angeschmiert«. Autor-Übersetzer-Agent-Verleger. Der Lizenzhandel nach 1945: ein Schweizer Beispiel — Freitag, 28. August 2026, Gebäude Anthropole, Raum 2106 09:15 – Federica ROCCHI: Das Leben als Exilroman. Monika Mann als Schriftstellerin und Übersetzerin im italienischen Nachexil (online) 10:00 – Marina ROUGEMONT: Die Rückkehr des Jägers. Die Rezeption von Michail Prišvins Jagdgeschichten in der Übersetzung von Fega [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135649_a8630917a65b014406a78121e5006918.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135649_a8630917a65b014406a78121e5006918.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Universität Lausanne, 27. bis 29. August 2026</p> <p><strong>Übersetzen, verlegen, lizenzieren. Der Transfer von Texten im Post-Exil (1945–1960)</strong></p> <p>Internationale Tagung im Rahmen des SNF/FWF/DFG-Projekts <em>Translation im Post-Exil. Personen, Texte, Verflechtungen 1945–1960</em></p> <p>Die Tagung findet in Präsenz an der Universität Lausanne und online statt. Link zur Online-Teilnahme: <a href="https://teams.microsoft.com/meet/324289708683060?p=OX5ZVPMjT77kn7Q6gK">https://teams.microsoft.com/meet/324289708683060?p=OX5ZVPMjT77kn7Q6gK</a></p> <p>—</p> <p><strong>Donnerstag, 27. August 2026, Gebäude Anthropole, Raum 2106</strong></p> <p>14:00 – Grußwort des Dekans, Prof. Gilles PHILIPPE</p> <p>14:15 – Pino DIETIKER: What would Jacob do? Zum Schweizer Nachexil des Verlegers und Übersetzers Jakob Hegner</p> <p>15:00 – Alberto ORLANDO: »Der Hirte manch verlornen Schafes«. Felix Guggenheim und seine Vermittlerrolle als Literaturagent für Mascha Kaléko im Post-Exil (1954–1963)</p> <p>15:45 – Ana LUPU: Die Zürcher Literaturagenturen. Fluchtgeschichten, Lizenzhandel, Beziehungsformen</p> <p>Kaffeepause</p> <p>17:00 – Xiao LIU: Chinaerfahrung als Texttransfer. Susanne Wantoch, Fritz Jensen und sozialistische Verlagswege im Post-Exil</p> <p>17:45 – Heidi ROTROFF: Der frühe Aufbau-Verlag (1945–1955) und das Post-Exil</p> <p>18:30 – Irene WEBER HENKING: »Angeschmiert«. Autor-Übersetzer-Agent-Verleger. Der Lizenzhandel nach 1945: ein Schweizer Beispiel</p> <p>—</p> <p><strong>Freitag, 28. August 2026, Gebäude Anthropole, Raum 2106</strong></p> <p>09:15 – Federica ROCCHI: Das Leben als Exilroman. Monika Mann als Schriftstellerin und Übersetzerin im italienischen Nachexil (online)</p> <p>10:00 – Marina ROUGEMONT: Die Rückkehr des Jägers. Die Rezeption von Michail Prišvins Jagdgeschichten in der Übersetzung von Fega Evseevna Frisch</p> <p>Kaffeepause</p> <p>11:15 – Julija BOGUNA: Zeitschriften <em>Aufbau</em> und <em>Sinn und Form</em> im Post-Exil (1945–1955)</p> <p>12:00 – Lydia SCHMUCK: Jeanne Stern als Übersetzerin, Mittlerin und Publizistin im Post-Exil</p> <p>Mittagspause</p> <p>14:15 – Allan Vyctor ARAUJO XAVIER: Flaneur in San José? Zur Zirkulation Walter Benjamins im lateinamerikanischen Buchraum (online)</p> <p>15:00 – Moritz WAGNER: Der verwehrte »Strich Senf« auf dem »Butterbrot des Übersetzers«. Albert Vigoleis Thelens Übersetzungen der Werke Teixeira de Pascoaes‘ im Zürcher Rascher Verlag</p> <p>15:45 – Rafael SCHÖGLER: Spuren, Positionierungen und Effekte von Post-Exil in Buchübersetzungen der Geistes- und Sozialwissenschaften in Deutschland nach 1945</p> <p>Kaffeepause</p> <p>17:00 – Pekka KUJAMÄKI: Translatorische Transformationen des »besetzten« Buchmarkts (1945–1950). Personen, Texte und Institutionen</p> <p>17:45 – Larisa SCHIPPEL: Kriegsgefangenenlager – Generalprobe der antifaschistischen Umerziehung? Die Rolle von Emigranten und ihrer Texte</p> <p> —</p> <p><strong>Samstag, 29. August 2026, Gebäude Anthropole, Raum 2106</strong></p> <p>09:15 – Till GREITE: Crossing Deathly Distances. Anglo-deutsche Literatur-Kontakte und die Kunst des Übersetzens nach dem Krieg</p> <p>10:00 – Julia RICHTER: Hannah Arendt und Translation im Post-Exil. Dislozierte Translation zwischen Etablierung und Rückkehr</p> <p>Kaffeepause</p> <p>11:15 – Sabine BAUMANN: Vom Sesam-Verlag über die Island Press und zurück nach Wien: Helene Scheu-Riesz</p> <p>12:00 – Ela ZUM WINKEL: Übersetzen, verlegen, zensieren. Ungebrochene Karrieren nach 1945 am Beispiel von Gerhard Heller</p> <p>12:45 – Andreas F. KELLETAT: Rückkehr und Aufbruch. Wer aber verlegt sie nach dem Ende des Krieges – die im Exil und Nachexil verfertigten deutschen Übersetzungen? Eine Spurensuche </p> <p>Stehlunch.</p> <p></p>]]></content:encoded>
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      <title>Le Premier Raymond Aron, 1924-1947 (revue Les Études Sociales)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135648/le-premier-raymond-aron-1924-1947.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 08:14:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>Appel à contributions  Le premier Raymond Aron (1924-1947) Les Etudes Sociales, n° 185 - 2027/1 Coord. Vincent Genin et Jean-Christophe Marcel Où en sommes-nous avec Raymond Aron ? Qu’en est-il de ses années à l’École Normale Supérieure, dont les discussions contradictoires avec Jean-Paul Sartre appartiennent désormais à une forme de légende, jusqu’à sa rupture avec son ancien camarade, au moment de quitter la rédaction des Temps Modernes (1924-1947) ? Depuis quelques années, la littérature scientifique, et parfois plus grise, se saisit de manière plus décidée de la figure de Raymond Aron. Celle-ci est même convoquée comme celle d’un prophète, d’un homme sage, visionnaire, nuancé. Il y aurait d’ailleurs toute une mythologie actuelle de la « nuance » à analyser, construite en opposition aux jugements parfois péremptoires et idéologiques de notre contemporanéité, ainsi qu’il en fut d’autres présents. Cette image, c’est celle de celui qui a critiqué dans L’opium des intellectuels (1955) la fièvre de ses congénères à l’égard du communisme, de l’auteur critique de Mai dans La Révolution introuvable (1968) ou D’une sainte famille à l’autre. Essai sur le marxisme imaginaire (1969). Les philosophes et les sociologues (Les Étapes de la pensée sociologique, 1967) ont souvent soutenu et critiqué « [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135648_1dd836930ffe06e064d440913aeeb176.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135648_1dd836930ffe06e064d440913aeeb176.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Appel à contributions </p> <p><strong>Le premier Raymond Aron (1924-1947)</strong></p> <p><strong><em>Les Etudes Sociales</em>, n° 185 - 2027/1</strong></p> <p>Coord. Vincent Genin et Jean-Christophe Marcel</p> <p>Où en sommes-nous avec Raymond Aron ? Qu’en est-il de ses années à l’École Normale Supérieure, dont les discussions contradictoires avec Jean-Paul Sartre appartiennent désormais à une forme de légende, jusqu’à sa rupture avec son ancien camarade, au moment de quitter la rédaction des Temps Modernes (1924-1947) ?</p> <p>Depuis quelques années, la littérature scientifique, et parfois plus grise, se saisit de manière plus décidée de la figure de Raymond Aron. Celle-ci est même convoquée comme celle d’un prophète, d’un homme sage, visionnaire, nuancé. Il y aurait d’ailleurs toute une mythologie actuelle de la « nuance » à analyser, construite en opposition aux jugements parfois péremptoires et idéologiques de notre contemporanéité, ainsi qu’il en fut d’autres présents. Cette image, c’est celle de celui qui a critiqué dans L’opium des intellectuels (1955) la fièvre de ses congénères à l’égard du communisme, de l’auteur critique de Mai dans La Révolution introuvable (1968) ou D’une sainte famille à l’autre. Essai sur le marxisme imaginaire (1969). Les philosophes et les sociologues (Les Étapes de la pensée sociologique, 1967) ont souvent soutenu et critiqué « leur » Aron, politique, tout en intervention, véritable « hérétique consacré » (Pierre Bourdieu, Homo academicus, Paris, Minuit, 1984) de l’université française : tête de promotion 1924 de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm – la fameuse génération Sartre, Merleau-Ponty ou Canguilhem –, professeur de lycée, lecteur à Berlin en 1933, avant de basculer vers le journalisme dans le Londres de la Seconde Guerre mondiale et de revenir en France, quadragénaire, dans une position plus qu’ambigüe. Resté journaliste, animateur des Temps Modernes avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (qu’il quitte en 1947 à la suite d’un profond désaccord, pour entrer au Figaro, jusqu’en 1977), il n’est élu à la Sorbonne qu’à l’aube de ses cinquante ans, puis à l’École pratique des Hautes Études, pour intégrer le Collège de France en 1970. Ses Mémoires parues en 1983, peu avant sa mort, constituent comme une boucle finale à ce parcours au départ écrit, et, finalement, très singulier. Des synthèses ou initiations à Aron sont disponibles, comme L’abécédaire Raymond Aron, dirigé par Fabrice Gardel et sa fille Dominique Schnapper (éditions de L’Observatoire, 2019) ou Introduction à Raymond Aron, de Gwendal Châton (2023). Ceci non sans préciser que cette historiographie, dont la consultation demeure nécessaire, est souvent le fruit d’un champ scientifique sensible à l’intellectuel et à la perpétuation de sa mémoire. </p> <p>L’œuvre de Raymond Aron est bien connue, mais il reste beaucoup à faire. Nous disposons de la biographie de Nicolas Baverez (Flammarion, 1997, rééd. 2005), d’un précieux Cahier de L’Herne qui lui a été consacré en 2022, de ses article parus dans Le Figaro (2 volumes aux éditions de Fallois), mais aussi d’actes de colloques, notamment organisés le CESPRA ou par la Société des Amis de Raymond Aron, comme Aron et la démocratie au XXIe siècle (de Fallois, 2005), Aron, philosophe dans l’histoire (2008), Raymond Aron et la défense de la liberté (2016), nombre d’article dans la revue Commentaire, dont il fut un des fondateurs en 1978, non sans ajouter, sans être exhaustif, qu’une semaine de Cerisy-la-Salle lui fut consacrée en juin 2026 sous l’intitulé « Raymond Aron. Raison et liberté au XXIe siècle », sous la direction de Perrine Simon-Nahum, Elisabeth Dutartre-Michaut, Nicolas Baverez et Maxence Bischoux.</p> <p>Cela étant, le très riche fonds d’archives Raymond Aron – parmi d’autres qui appellent défrichage – conservé aux Archives Nationales (NAF 28060) demeure encore largement inexploré pour les années 1920-1950, ainsi que plus d’une contribution du philosophe, dont les titres référencés figurent dans la Bibliographie dressée par Elisabeth Dutartre et Perrine Simon-Nahum parue en 1989 (Julliard/Société des Amis de Raymond Aron). L’article, déjà ancien, de Jean-François Sirinelli, « Raymond Aron avant Raymond Aron 1923-1933 » (Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 1984/2, p. 15-30) peut constituer une base de réflexion. </p> <p>Mais est-il possible de faire dialoguer les travaux de jeunesse de Raymond Aron, alors philosophe ouvert à la sociologie et à la philosophie de l’histoire avec la correspondance qu’il a entretenue alors ? Quelle influence a pu avoir sur sa trajectoire intellectuelle son passage au Centre de Documentation Sociale à partir de 1934, qui lui permet de quitter le lycée et d’entrer dans le monde de l’enseignement supérieur ? Quels sont les traces de son « éducation politique » au cours de cette période ? Peut-on revenir sur la Sociologie allemande contemporaine (1935), qui l’a érigé en introducteur en France de la pensée de Max Weber, ce qui est à nuancer, quand on sait qu’à l’origine il s’agit d’une commande de Célestin Bouglé, qui concevait ce travail comme une actualisation d’une enquête similaire sur les sciences sociales allemande qu’il avait effectuée dans sa jeunesse, et qui était la condition pour l’obtention de son poste d’assistant au Centre ? Ou encore quid de la réception et de la postérité de son Introduction à la Philosophie de l’histoire (1938), issu d’une thèse dirigée par le même Bouglé, autour d’une approche et d’une épistémologie qui furent toujours à la marge de l’histoire et de la philosophie pour n’être abordée que par une minorité d’auteurs (Paul Veyne, Henri-Irénée Marrou, par exemple) ? Qu’en est-il de son rapport à la SFIO, au Front Populaire, au pacifisme d’Alain, de son article « Réflexions sur les problèmes économiques français » paru en 1937 dans la Revue de Métaphysique et de Morale, et qui reçut un certain écho dans les milieux intellectuels et politiques ? Quelles furent les conditions d’existence, de production et de diffusion des œuvres citées ? Cet Aron d’avant la fin des années 1940, c’est celui qui n’a pas encore investi le champ des relations internationales (ce qui fera dire de lui à Henry Kissinger : « He is my teacher »), et qui, après un début de carrière très marqué par une discipline, semble se complexifier, douter, explorer, pour devenir un observateur, sinon un acteur-« spectateur » des sciences sociales. Comment ce qu’on qualifie après la guerre comme une attitude distante à l’égard du monde académique s’est-elle construite ? </p> <p>Telles sont les premières pistes esquissées pour ce dossier.</p> <p>—</p> <p>Taille maximal des contributions : 60.000 signes</p> <p>Propositions d’articles attendues au 30 septembre 2026.</p> <p>Articles attendus au 30 janvier 2027.</p> <p>Publication en juin-juillet 2027.</p> <p>—</p> <p><strong>Contacts :</strong></p> <p>Vincent Genin : <a href="mailto:vincentgenin2023@gmail.com">vincentgenin2023@gmail.com</a></p> <p>Jean-Christophe Marcel : <a href="mailto:jchristophe.marcel66@gmail.com">jchristophe.marcel66@gmail.com</a></p> <p>Laetitia Guerlain : <a href="mailto:laetitia.guerlain@u-bordeaux.fr">laetitia.guerlain@u-bordeaux.fr</a></p>]]></content:encoded>
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      <title>Incertitudes / Certitudes (Univ. de la Manouba, Tunisie)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135647/incertitudes-certitudes.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 06:08:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>13ème édition du Symposium international interdisciplinaire de l'UMA 3-5 décembre 2026 Incertitudes / Certitudes Argumentaire INTRODUCTION Interroger la tension entre incertitudes et certitudes revient à penser au plus près des turbulences à l’œuvre dans le monde contemporain. Objet d’interprétations contrastées, la certitude a été tantôt appréhendée comme la finalité d’une connaissance rationnelle (du cogito cartésien aux promesses universalistes des Lumières, en passant par la confiance positiviste dans le progrès scientifique…) ; tantôt battue en brèche par des courants philosophiques et scientifiques critiques qui ont mis en évidence les limites de toute prétention à une vérité unique et absolue. Il suffit d’évoquer la remise en cause par F. Nietzsche (1913) des valeurs morales établies au profit d’une conception perspectiviste de la vérité ; la découverte par S. Freud (1915) d’une vie psychique inconsciente qui échappe à la maîtrise du sujet ou encore l’introduction par K. Popper (1973) du caractère provisoire de la vérité scientifique. Dans ce contexte, l’incertitude tend à s’imposer comme un paradigme structurant (E. Morin, 1984), ouvrant la voie à des pensées contemporaines de la complexité (E. Morin, J.-L. Le Moigne et H. Atlan…), du risque (U. Beck, M. Callon, B. Latour, P. Lagadec …) ou du chaos (R. Thom, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135647_dd1dbfc80b1de21a6abd8389c9fbaf23.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135647_dd1dbfc80b1de21a6abd8389c9fbaf23.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>13<sup>ème</sup> édition du Symposium international interdisciplinaire de l'UMA</strong></p> <p><strong>3-5 décembre 2026</strong></p> <p><strong></strong></p> <p><strong>Incertitudes / Certitudes</strong></p> <p><br /><strong>Argumentaire</strong><br /> <br />INTRODUCTION</p> <p>Interroger la tension entre incertitudes et certitudes revient à penser au plus près des turbulences à l’œuvre dans le monde contemporain. Objet d’interprétations contrastées, la certitude a été tantôt appréhendée comme la finalité d’une connaissance rationnelle (du cogito cartésien aux promesses universalistes des Lumières, en passant par la confiance positiviste dans le progrès scientifique…) ; tantôt battue en brèche par des courants philosophiques et scientifiques critiques qui ont mis en évidence les limites de toute prétention à une vérité unique et absolue. Il suffit d’évoquer la remise en cause par F. Nietzsche (1913) des valeurs morales établies au profit d’une conception perspectiviste de la vérité ; la découverte par S. Freud (1915) d’une vie psychique inconsciente qui échappe à la maîtrise du sujet ou encore l’introduction par K. Popper (1973) du caractère provisoire de la vérité scientifique. Dans ce contexte, l’incertitude tend à s’imposer comme un paradigme structurant (E. Morin, 1984), ouvrant la voie à des pensées contemporaines de la complexité (E. Morin, J.-L. Le Moigne et H. Atlan…), du risque (U. Beck, M. Callon, B. Latour, P. Lagadec …) ou du chaos (R. Thom, I. Prigogine et I. Stengers…) en rupture avec les logiques déterministes. Cette interrogation traverse également les traditions de pensée non occidentales, où les rapports entre doute et certitude ont été pensés dans des configurations philosophiques et théologiques propres. Elle invite également à souligner qu’une telle dynamique conduit à penser les certitudes non comme des illusions dépassées, mais comme des formes stabilisées de connaissance en tension permanente avec l’incertitude. Cette tension entre certitudes et incertitudes s’inscrit aussi dans les pratiques sociales, les régimes de savoir et les contextes historiques, en se reconfigurant selon les espaces culturels et géopolitiques. </p> <p>Au-delà de ces ruptures épistémologiques, c’est plus largement le projet moderne de maîtrise du réel qui se trouve interrogé. Les sciences, sous le joug du positivisme, ont longtemps plaidé pour une perspective visant à rendre le monde plus lisible, prévisible et maîtrisable. Les critiques de la modernité (K. Marx, S. Freud, l’École de Francfort) ont mis à nu les illusions qui sous-tendent de telles ambitions. Cette remise en question conduit à reconnaître que l’incertitude n’est pas une simple limite de la connaissance, mais un attribut inhérent à la réalité physique et humaine. Plus on connaît, plus les objets révèlent des zones d’ombre insoupçonnées. Comme l’a montré E. Schatzman (1988), les sciences ne produisent pas seulement des certitudes, mais organisent aussi leurs propres incertitudes.</p> <p>Dépassant le seul cadre de la pratique scientifique, les certitudes et les incertitudes renvoient aux choix de civilisation, aux modèles de société, y compris aux rapports de genre (J. Butler, 2005), aux valeurs politiques et aux projets de vie. Les premières renvoient au besoin de maintenir l’ordre établi en s’appuyant sur des formes de savoir reconnues comme légitimes : scientifiques, politiques, économiques, médicales ou médiatiques. Quant aux secondes, elles demeurent vigilantes vis-à-vis des prétentions et des promesses de ces mêmes discours. C’est dans cette perspective qu’U. Beck, dans La Société du risque (2001), analyse les transformations de la modernité avancée ; l’expansion des richesses et de la maîtrise s’accompagne d’une hausse des risques sanitaires, écologiques, politiques et financiers. L’incertitude s’avère alors constitutive du système plutôt qu’accidentelle. Quantifiée statistiquement, l’incertitude peut ainsi se convertir en probabilité, offrant aux décideurs une échelle de confiance sur laquelle fonder l’action.</p> <p>FORMES CONTEMPORAINES DE L’INCERTITUDE</p> <p>Le contexte contemporain se caractérise par une multiplication des foyers d’incertitude. Les crises sanitaires (Covid-19) et environnementales, les reconfigurations des rapports de force géopolitiques, les incertitudes économiques (crise financière de 2008), les mutations du monde du travail, les bouleversements induits par l’intelligence artificielle ou encore le « réchauffement médiatique » (D. Boullier, 2019) participent à la recomposition des repères sociaux, politiques et culturels. Les sciences juridiques illustrent également ces tensions, notamment à travers la montée d’une incertitude normative et jurisprudentielle liée à la complexification des dynamiques sociales actuelles.</p> <p>Les conflits armés actuels et les incertitudes géopolitiques constituent autant de facteurs incitant à une réflexion profonde sur les notions de souveraineté et, surtout, sur l’ordre international, au cœur des turbulences actuelles. Les enjeux sont multiples et complexes, et appellent des analyses approfondies susceptibles d’éclairer les transformations de l’ordre international ainsi que les débats relatifs à ses fondements éthiques et humanitaires, au-delà des clivages idéologiques, nationalistes et polarisants.</p> <p><em>Incertitudes et sciences du vivant et de la matière</em></p> <p>Au-delà des sciences humaines et sociales, les tensions entre certitudes et incertitudes traversent également d’autres champs disciplinaires. Les sciences exactes elles-mêmes ont profondément renouvelé notre compréhension des rapports entre certitude et incertitude. Qu’il s’agisse des systèmes complexes, des modèles climatiques ou de la physique quantique, les avancées scientifiques contemporaines montrent que l’incertitude n’est pas toujours le signe d’une ignorance provisoire appelée à disparaître. Dans certains cas, elle apparaît comme une dimension constitutive des phénomènes observés. Le principe d’incertitude formulé par Werner Heisenberg en 1927 marque à cet égard une rupture majeure dans l’histoire des sciences, en remettant en question l’idéal déterministe hérité de la physique classique (M. Kumar, 2011 ; J.-M. Lévy-Leblond, 2022). Les débats qu’il a suscités, notamment entre Einstein et Bohr, illustrent la fécondité intellectuelle des tensions entre différentes conceptions du réel et de la connaissance.</p> <p>Dans les sciences du vivant, de l’incommensurabilité des faits expérimentaux (L. Fleck, [1934] 2005) aux dernières avancées de l’épigénétique, les recherches contemporaines mettent en évidence des formes d’incertitude liées à la variabilité du vivant, à la pluralité des échelles d’observation et aux limites de la projection (M.-H. Boucand, 2019). Les mutations qui surviennent de manière aléatoire sur les génomes en sont l’illustration la plus fondamentale : moteur de l’évolution, elles peuvent, selon les contextes, générer la diversité et l’adaptation qui fondent la vie, ou déclencher des processus pathologiques aux conséquences irréversibles. Lorsque ces mutations affectent les gènes qui régulent la prolifération et la différenciation cellulaires, la cellule échappe aux signaux de contrôle de l’organisme et entre dans une dynamique anarchique ; c’est le cancer, où l’incertitude biologique se traduit directement en incertitude diagnostique, pronostique, thérapeutique et clinique (E. Hirsch, 2019).</p> <p>La certitude du déterminisme génétique n’est elle pas elle aussi questionnée aujourd’hui par les avancées en épigénétique, les microsatellites, le rôle des histones et l’éventuelle héritabilité des traumas ? Le microbiote humain illustre la même logique à l’échelle des communautés microbiennes : l’équilibre entre symbiose et dysbiose, entre santé et pathologie, demeure un système dynamique dont les mécanismes causaux résistent encore à toute certitude définitive, malgré des corrélations de plus en plus solides avec des pathologies aussi diverses que les cancers colorectaux, les troubles métaboliques ou les désordres neuropsychiatriques (S. Kouidhi et al., 2023). Pour le vivant, l’incertitude n’est donc pas un défaut de connaissance à combler mais elle constitue le principe même par lequel la vie se transforme, s’adapte et parfois déraille. La biologie contemporaine ne produit pas des certitudes définitives sur le vivant : elle cartographie des probabilités, identifie des régularités, et apprend à naviguer dans la complexité des systèmes biologiques (H. Atlan, 1999).</p> <p><em>L’incertitude, une donnée transversale </em></p> <p>Les sciences économiques et de gestion sont également traversées par ces incertitudes : fluctuations des marchés, instabilité des chaînes de valeur et limites des modèles fondés sur la rationalité parfaite. La tradition économique elle-même, d’A. Smith à J. M. Keynes et F. Hayek, a progressivement intégré l’incertitude comme élément constitutif de la décision et de la connaissance (M. Biziou, 2022). Toutefois, ces disciplines montrent également que les systèmes de connaissance et d’action reposent sur des régimes de certitudes relatives, indispensables à la prise de décision et à la stabilisation des pratiques.</p> <p>Plus largement, des domaines aussi divers que les sciences du sport, les sciences vétérinaires, les sciences de l’information et de la communication, les sciences politiques, les sciences de l’éducation ou encore les arts et les pratiques de design et de conception, où l’incertitude est également envisagée comme un matériau cognitif et une ressource des processus de conception, témoignent, chacun à sa manière, du caractère structurel de cette incertitude. Celle-ci constitue une donnée transversale qui affecte les modes de production des savoirs, les schèmes d’intelligibilité, les pratiques professionnelles et les processus de décision. Chaque jour, de nouvelles incertitudes nuancent les certitudes du jour précédent, alimentant une révision continue des savoirs ; la dialogique certitude/incertitude, entendue comme leur tension constitutive, semble devenir le propre de la production contemporaine de connaissance. Dans ce contexte, l’avènement des technologies informatiques, qui a largement contribué à l’inflation informationnelle et à la multiplication des fausses nouvelles, fait émerger, face à la désinformation, des mécanismes défensifs collectifs et individuels, politiques, professionnels et personnels, qui méritent d’être explorés. Ces dynamiques impliquent également la production et la stabilisation de formes de certitude sociale, institutionnelle et cognitive, sans lesquelles les sociétés contemporaines ne pourraient fonctionner.</p> <p>CERTITUDES ET INCERTITUDES DANS LA PENSEE ARABO MUSULMANE</p> <p>Dans le monde arabo-musulman, l’aventure de la certitude et de l’incertitude gravite, entre autres, autour du texte fondateur qu’est le Coran, présenté comme une parole évidente et sans équivoque, socle à partir duquel se sont édifiées les architectures juridiques, théologiques et éthiques de la civilisation. Toutefois, très tôt, cette certitude fondatrice s’est trouvée confrontée aux tensions de l’interprétation et aux exigences de réalités historiques, sociales et politiques en transformation. La pensée arabo-musulmane ne se réduit ainsi pas à une opposition entre certitude dogmatique et doute marginal ; elle constitue au contraire un espace historique de débats internes sur les conditions de la vérité, la validité des savoirs et les formes légitimes de la certitude. Dans ce cadre, la réflexion sur le shakk (الشك doute) et le yaqîn (اليقين certitude), que l’on retrouve aussi bien chez al-Jāḥiẓ (159–255 H / 776–868), al-Fārābī (257–339 H / 870–950), Ibn Sīnā (370–428 H / 980–1037), ou, plus tard, al-Ghazālī (450–505 H / 1058–1111), de même que les tensions entre le ‘aql (العقل raison) et le naql (النقل révélation), témoigne d’une pensée ancienne des rapports complexes entre vérité, doute et certitude. Les approches philosophiques, théologiques et mystiques de la connaissance, ainsi que les réflexions sur les limites du savoir humain, ont ainsi contribué à faire de l’incertitude non pas une faille du système de pensée, mais une dimension constitutive de toute construction du vrai.</p> <p>Ainsi, la vérité coranique, conçue comme socle épistémique et normatif, n’a cessé d’être travaillée par des tensions internes et des reconfigurations doctrinales, dissidences chiites et kharijites (Ier H / VIIe), d’une part, et rationalisme mu‘tazilite (IIe–Ve H / VIIIe–XIe), d’autre part, qui ont introduit l’incertitude au cœur même des processus d’élaboration de l’orthodoxie. Loin d’un édifice homogène et stable, la tradition apparaît ainsi comme un champ de tensions entre stabilisation des certitudes et ouverture des interprétations. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’aventure intellectuelle de figures majeures telles que le scepticisme existentiel d’at-Tawḥīdī (310–414 H / 922–1023), le doute critique d’al-Maʿarrī (363–449 H / 973–1057), le rationalisme philosophique d’Ibn Rushd (520–595 H / 1126–1198), jusqu’à la synthèse sociologique et historique d’Ibn Khaldūn (732–808 H / 1332–1406) dans la Muqaddima. Ces trajectoires intellectuelles attestent que les certitudes religieuses, théologiques ou politiques ne fonctionnent pas comme des points d’arrêt du savoir, mais comme des pôles de stabilisation provisoire constamment retravaillés par les incertitudes de la pensée critique.</p> <p>Cette dynamique se prolonge dans les reconfigurations de la modernité arabe, où la tension entre héritage et modernité constitue un schème structurant de la pensée arabe contemporaine, traversée par la persistance du tûrath comme espace de référence et par la montée d’incertitudes liées aux mutations politiques et épistémiques du monde contemporain.</p> <p>Dans cette continuité, les ruptures historiques majeures que constituent la Nakba (1948) et la Naksa (1967), envisagées non seulement comme événements politiques mais comme fractures épistémiques et culturelles, ont contribué à mettre en crise les certitudes historiques et les récits de souveraineté intellectuelle. La mondialisation contemporaine prolonge et amplifie ce déplacement, en généralisant un régime d’incertitude qui n’abolit pas les certitudes, mais les reconfigure en permanence dans un espace désormais globalisé de circulation des savoirs, des crises et des formes de légitimation.</p> <p>CERTITUDES / INCERTITUDES ET RECOMPOSITION DES FRONTIERES</p> <p>Certaines réflexions contemporaines, à l’instar de celles de B. Latour (1999) sur les recompositions du rapport entre science, nature et politique, des travaux de D. Fassin (2012, 2014) sur les vulnérabilités, les inégalités et les économies morales ou encore des analyses d’I. Stengers (1997) invitant à repenser les rapports entre savoirs, incertitude et complexité, montrent jusqu’à quel point les limites entre savoirs, croyances, légitimités et expériences vécues deviennent plus difficiles à tracer. Les frontières entre le vrai, le plausible et le faux s’avèrent de plus en plus poreuses, accentuant ainsi le sentiment d’un monde où les repères se déplacent plus rapidement que les cadres analytiques permettant de les appréhender.</p> <p>La construction sociale des certitudes mérite aussi une attention particulière. Comment une connaissance devient-elle « certaine » aux yeux d’une société ? Par quels mécanismes institutionnels, rhétoriques et politiques les certitudes s’imposent-elles et se légitiment-elles ? C’est au cœur des travaux de Latour sur les faits scientifiques comme constructions collectives et de Fleck (2005) sur les styles de pensée des collectifs scientifiques ; une dimension que ce symposium entend explorer dans toute sa complexité.</p> <p>Enfin, les sociétés du Sud global vivent et gèrent l’incertitude dans des conditions spécifiques qui méritent d’être interrogées en tant que telles : fragilité institutionnelle, données statistiques lacunaires, oralité prédominante, imprévisibilité climatique locale, instabilité des systèmes de santé... Ceci rejoint la critique épistémologique développée par des penseurs africains tels que Paulin Hountondji (1994) sur la dépendance théorique du Sud, ou Felwine Sarr (2016) sur la nécessité de construire des cadres d’intelligibilité propres à des sociétés dont l’avenir se construit structurellement dans l’incertitude. Cette perspective, cohérente avec le positionnement africain et méditerranéen de l’UMA, permet d’élargir le débat au-delà des cadres analytiques construits depuis les sociétés du Nord, et d’ouvrir des espaces de dialogue entre des expériences de l’incertitude radicalement différentes.</p> <p>QUESTIONS DIRECTRICES</p> <p>Le symposium invite à interroger les conditions dans lesquelles les sociétés contemporaines peuvent encore produire des formes de légitimité alors que les certitudes collectives s’effritent et que les modes traditionnels d’intelligibilité du réel sont traversés, de manière croissante, par l’incertain ? Comment préserver la liberté de jugement et d’action dans un monde où l’incertitude devient structurelle, voire instrumentalisée ? Dans quelle mesure l’incertitude affecte-t-elle les fondements mêmes de l’éthique, entre relativisation des normes et recherche de principes communs ? Comment les dynamiques d’incertitude reconfigurent-elles les rapports sociaux, notamment les rapports de genre, dans les sphères publiques et privées ? A l’échelle des décisions publiques, de quelles manières l’incertitude liée aux crises climatiques, sanitaires, médiatiques et économiques reconfigure-t-elle les choix collectifs et les politiques de décision ? C’est à cette exigence collective : penser autrement un monde qui résiste aux cadres établis, que ce symposium entend répondre.</p> <p>Cette invitation à (re)penser ensemble le binôme Incertitudes / Certitudes lancée par l’UMA propose au débat quatre axes thématiques interdisciplinaires :</p> <p>1-     Penser l’incertain : épistémologie, sciences et complexité.</p> <p>Comment les disciplines construisent-elles leurs certitudes ? Par quels mécanismes une connaissance devient-elle légitime et stable ? Cet axe couvre les fondements philosophiques et scientifiques de l’incertitude, les approches disciplinaires (mathématique, physique, biologie, médecine, histoire, géographie, sciences informatiques, économie, droit), la pensée de la complexité, et les pédagogies de l’incertitude.</p> <p>2-     Gouverner et agir dans l’incertain : risques, crises, éthique de la décision et responsabilité politique.</p> <p>Comment décide-t-on, gouverne-t-on lorsque les certitudes manquent ? Cet axe couvre la gestion des guerres, des crises sanitaires, climatiques et financières, ainsi que la communication de crise, l’éthique de la décision publique sous incertitude, le management organisationnel face à l’imprévisible, les reconfigurations géopolitiques et l’incertitude de l’ordre international, et les enjeux spécifiques des sociétés du Sud confrontées à une incertitude institutionnelle et environnementale structurelle.</p> <p>3-     Dire et représenter l’incertitude : discours, récits et imaginaires.</p> <p>Comment l’incertitude est-elle mise en forme, racontée, instrumentalisée ? Cet axe couvre les expressions littéraires, artistiques et cinématographiques du doute et de l’ambiguïté, les formes discursives de la certitude et de sa contestation, la « fabrique du doute » comme stratégie délibérée dans les espaces médiatiques et numériques, et les effets de l’IA générative sur la frontière entre information vérifiée et énoncé plausible.</p> <p>4-     Identités, mémoires et croyances à l’épreuve de l’incertitude.</p> <p>Comment les individus et les sociétés maintiennent-ils des certitudes identitaires, religieuses et culturelles dans un monde en recomposition ? Cet axe couvre la déstabilisation des repères collectifs et les réponses identitaires qu’elle engendre, les mémoires fragiles face à la multiplicité des récits concurrents (mémoires disputées), et les ressources intellectuelles, notamment dans la pensée arabo-musulmane et africaine, permettant de penser et d’habiter l’incertitude.</p> <p>Les travaux de Paul Ricœur (2000) invitent, dans cette perspective, à penser l’incertitude au cœur même des récits historiques et des constructions mémorielles.</p> <p>—</p> <p><strong>Quelques orientations bibliographiques</strong></p> <p>Atlan, Henri. La fin du “tout génétique” ? Vers de nouveaux paradigmes en biologie. Paris : Editions INRA, 1999.</p> <p>Ball, Philip. « Incertitudes quantiques ». In Quantique : au-delà de l’étrange. Paris : EPD Sciences, 2019, pp. 111-120.<br />Beck, Ulrich. La société du risque : Sur la voie d’une autre modernité. Paris : Flammarion, 2001.<br />Biziou, Michaël. « Connaissance incertaine du marché et libéralisme économique. D’Adam Smith à la théorie néoclassique, et retour », Noesis [En ligne], 39 | 2022, mis en ligne le 01 décembre 2024, consulté le 25 mai 2026. URL : <a href="http://journals.openedition.org/noesis/7845">http://journals.openedition.org/noesis/7845</a>  ; DOI : <a href="https://doi.org/">https://doi.org/</a> 10.4000/13egw.<br />Black, Deborah L., « Knowledge (‘Ilm) and certitude (Yaqīn) in al-Fārābī’s epistemology », Arabic Sciences and Philosophy, vol. 16 (2006) pp. 11–45, doi:10.1017/S0957423906000221, 2006 Cambridge University Press.<br />Boucand, Marie-Hélène. « L’incertitude en médecine ». In Revue médecine et philosophie. N° 2, 2019, Génétique et liberté, pp. 29-33.<br />Boullier, Dominique. Sociologie du numérique. Paris : Armand Colin, 2019.<br />Butler, Judith. Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité. Paris : La Découverte, 2005.<br />Chailleux, Sébastien. « Incertitude et action publique. Définition des risques, production des savoirs et cadrage des controverses ». Revue internationale de politique comparée, 2016, 23 (4), pp.519. ⟨10.3917/ripc.234.0519⟩. ⟨hal-01985826⟩<br />Dahan, Amy. « Gouvernance climatique, géopolitique et risques globaux ». Raison présente, 230 (2), 19-30. <a href="https://doi.org/10.3917/rpre.230.0019">https://doi.org/10.3917/rpre.230.0019</a>.<br />David, Michel. « Gérard Bronner, Apocalypse cognitive, Paris : PUF, 2021 ». L’information psychiatrique, 98 (7), 591-593, août- septembre 2022. DOI : <a href="https://doi.org/10.1684/ipe.2022.2474">https://doi.org/10.1684/ipe.2022.2474</a>.<br />Fassin, Didier. Sciences sociales par temps de crise. Paris : Collège de France, 2024. <br />Fassin, Didier, et Eideliman,Jean-Sébastien, dir. Économies morales contemporaines. Paris : La Découverte, 2012. <br />Fleck, Ludwik. 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Paris : Seuil, 2000.<br />Sarr, Felwine. Afrotopia. Paris : Philippe Rey, 2016. 154 p. ISBN : 978-2-84876-502-0.<br />Schatzman, Evry. « Certitudes et incertitudes de la science ». In: Raison présente, n°87, 3e trimestre 1988. Actualité du rationalisme. pp. 5-13; doi : <a href="https://doi.org/10.3406/raipr.1988.2690">https://doi.org/10.3406/raipr.1988.2690</a> <a href="https://www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_1988_num_87_1_2690">https://www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_1988_num_87_1_2690</a>, Consulté le 25 mai 2026. <br />Schön, Donald A. Le praticien réflexif. À la recherche du savoir caché dans l’agir professionnel. Paris : Éditions Logiques, 1994.<br />Stengers, Isabelle. Cosmopolitiques. Paris : La Découverte / Les Empêcheurs de penser en rond, 1997. <br />Taleb, Nassim Nicholas. Le Cygne noir : La puissance de l’imprévisible. Paris : Les Belles Lettres, 2008. </p> <p><strong>Sources arabes</strong></p> <p>·         ابن خلدون. المقدمة. تحقيق عبد السلام الشدادي. 5 مجلدات. الدار البيضاء: بيت الفنون والعلوم والآداب، 2005.</p> <p>·         ابن رشد. فصل المقال فيما بين الحكمة والشريعة من الاتصال. تحقيق محمد عمارة. القاهرة: دار المعارف، 1983.</p> <p>·         ابن سينا. الشفاء: المنطق (البرهان). تحقيق أبو العلا عفيفي القاهرة: الطبعة الأميرية بالقاهرة، 1956.</p> <p>·         أبو العلاء المعري. رسالة الغفران. تحقيق عائشة عبد الرحمن (بنت الشاطئ). القاهرة: دار المعارف، 1963.</p> <p>·         أبو حيان التوحيدي. الإمتاع والمؤانسة. تصحيح أحمد أمين وأحمد الزين. بيروت: المكتبة العصرية، 1953.</p> <p>·         الجاحظ. الرسائل. تحقيق عبد السلام محمد هارون. 4 مجلدات. القاهرة: مكتبة الخانجي، 1964.</p> <p>·         الجاحظ، أبو عثمان عمرو بن بحر. كتاب الحيوان. تحقيق عبد السلام محمد هارون. 8 مجلدات. القاهرة: مكتبة ومطبعة مصطفى البابي الحلبي وأولاده، 1947.</p> <p>·         الغزالي. المنقذ من الضلال. تحقيق جميل صليبا وكامل عياد. بيروت: دار الأندلس، 1967.</p> <p>·         الفارابي. المنطق عند الفارابي (ويتضمن كتاب البرهان). تحقيق ماجد فخري. بيروت: دار المشرق، 1987.</p> <p><strong>Cadre scientifique et participation</strong></p> <p>Dans la continuité des éditions précédentes, ces trois journées d’échanges et de réflexion offriront un cadre privilégié pour croiser les perspectives disciplinaires, confronter les approches méthodologiques et explorer de nouvelles pistes de recherche autour du binôme Incertitudes / Certitudes. Elles ambitionnent de favoriser la production de connaissances originales et le dialogue entre les différents acteurs de la recherche et de la société.</p> <p><strong>Public concerné</strong></p> <p>Cet appel s’adresse aux enseignant.e.s-chercheur.e.s, chercheur.e.s, doctorant.e.s et jeunes chercheur.e.s, issus de l’Université de la Manouba, des universités tunisiennes ainsi que des établissements universitaires et centres de recherche internationaux.</p> <p>Les propositions peuvent relever de l’ensemble des champs scientifiques en sciences humaines et sociales, sciences expérimentales, sciences exactes ou dans tout autre domaine susceptible d’éclairer, dans une perspective contemporaine ou historique, les dynamiques complexes qui se jouent entre incertitudes et certitudes.</p> <p>Une attention particulière sera accordée aux contributions permettant de mieux comprendre les défis scientifiques, sociaux, économiques, environnementaux, technologiques ou politiques qui caractérisent notre époque marquée par les crises, les mutations et les transformations profondes.</p> <p>La participation des étudiant.e.s, des acteurs socio-économiques, des praticien.ne.s et des décideur.e.s est vivement encouragée, de même que les collaborations interinstitutionnelles et internationales.</p> <p>Par ailleurs, un appel spécifique est ouvert aux étudiant.e.s des universités publiques tunisiennes souhaitant participer à un atelier de réalisation de films documentaires autour de la thématique du symposium.</p> <p><strong>Types de contributions attendues</strong></p> <p>Les participant.e.s sont invité.e.s à soumettre des propositions s’inscrivant dans l’un des axes thématiques du symposium, sous les formats suivants :</p> <p>Communications orales ;<br />Communications affichées (posters) ;<br />Tables rondes ou panels ;<br />Ateliers pratiques (workshops) ;<br />Masterclasses ;<br />Séminaires doctoraux.<br />Les propositions de communications devront être accompagnées d’un résumé, tandis que les propositions de tables rondes, d’ateliers ou de masterclasses devront prendre la forme d’une note conceptuelle.</p> <p><strong>Modalités de soumission</strong></p> <p>Les propositions doivent être soumises en ligne au comité scientifique du symposium au plus tard le 31 août 2026, via le formulaire en ligne dédié. Cliquez ici pour accéder au formulaire <a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScFxVxopK4q69EnSZXwO5el4ELaHtd69hXwvFrMz0Hjirgkyw/viewform?usp=header">https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScFxVxopK4q69EnSZXwO5el4ELaHtd69hXwvFrMz0Hjirgkyw/viewform?usp=header</a> </p> <p><strong>Informations complémentaires</strong></p> <p>Pour toute question relative à l’appel ou à l’organisation du symposium, les candidat.e.s sont invité.e.s à contacter le comité d’organisation à l’adresse électronique du symposium : <a href="mailto:symposium.manouba@uma.tn">symposium.manouba@uma.tn</a>.</p> <p>Seules les pauses-café et les pauses déjeuner seront prises en charge pendant les trois jours du symposium.</p> <p>—</p> <p><strong>Les membres du Comité scientifique :</strong></p> <p>Cherif Ameur, Président de l’Université de la Manouba</p> <p>Najar Sihem, Coordinatrice générale du symposium – IPSI</p> <p>Ait Mous Fadma, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ain Chok (université Hassan II de Casablanca) Maroc</p> <p>Aloui Bessem, FLAHM</p> <p>Arfaoui Mongi, ESCT</p> <p>Ben Hassine Lamia, IPSI</p> <p>Ben Yahia Nesrine, ENSI</p> <p>Benamar Imen, ISSEP</p> <p>Catusse Myriam, IRMC</p> <p>Cherif Fayçal, ISHTC</p> <p>Cherni Nabil, FLAHM</p> <p>Denieuil Pierre-Noël, CNRS</p> <p>Dhouib Meriem, FLAHM</p> <p>Di Felice Massimo, University of S. Paolo USP Brésil</p> <p>El Atoum Maysoon, Hashemite University - Zarqa</p> <p>El Bour Hamida, IPSI</p> <p>El Kefi Moez, ISAMM / IPSI</p> <p>Elloumi Rahma Hend, ESSTED</p> <p>Gdoura Wahid, ISD</p> <p>Ghosn Catherine, Université de Toulouse</p> <p>Haydar Najjar Marlène, Institut des sciences sociales à l'Université libanaise</p> <p>Kchaou Sihem, FLAHM</p> <p>Kebaili Sonia, ISES</p> <p>Khammessi Mediha, ENMV</p> <p>Khelifa Samiha, MSE</p> <p>Kotti Faten, ISBST</p> <p>Machikou Nadine, Université de Yaoundé II</p> <p>Mechken Radhia, INTES</p> <p>Rifi Hichem, UMA</p> <p>Sierra Alexis, IRD / CIRAD</p> <p>Skandrani Hamida, ISCAE</p> <p>Zaïem Farah, FLAHM</p> <p><strong>Les membres du Comité d’organisation :</strong></p> <p>Amri Nedia, UMA</p> <p>Balghouthi Hager, UMA</p> <p>Barbar Lilia, UMA</p> <p>Ben Yahia Nesrine, ENSI</p> <p>Berjeb Soumaya, IPSI</p> <p>El Achek Najla, ISD</p> <p>Ezzine Trabelsi Souad, IPSI</p> <p>Gharbi Elhem, ESCT</p> <p>Kchaou Sihem, FLAHM</p> <p>Mestiri Seif, ESSTED</p> <p>Ouelhazi Mouna, UMA</p> <p><strong>Les membres de la Cellule Communication :</strong></p> <p>Gharbi Elhem, ESCT (Coordinatrice de la cellule communication)</p> <p>Barbar Lilia, UMA</p> <p>Berjeb Soumaya, IPSI</p> <p>Ezzine Trabelsi Souad, IPSI</p> <p>Hammouda Ranim, IPSI</p> <p>Kamoun Ons, ESAC Gammarth / Laboratoire MCT - LR25ES01 - IPSI</p> <p>Mestiri Seif, ESSTED</p> <p>Saidi Radhia, IPSI</p> <p><strong>Les membres du Comité Junior :</strong></p> <p>Saidi Radhia, IPSI (Coordinatrice du Comité Junior)</p> <p>Azmi Said, ESAC Gammarth</p> <p>Ben Mohamed Nozha, IPSI</p> <p>Fathalli Hassen, IPSI</p> <p>Hammouda Ranim, IPSI</p> <p>Labiadh Shada, ESSTED</p> <p>Mejri Meriem, ESAC Gammarth</p> <p>Samet Amel, IPSI</p> <p>Sliti Khawla, IPSI</p> <p> —</p> <p><strong></strong></p> <p><strong>13th UMA International Interdisciplinary Symposium</strong></p> <p><strong>3 - 5 December 2026</strong></p> <p><strong>Uncertainties/Certainties</strong></p> <p><strong>CALL FOR PARTICIPATION</strong></p> <p>INTRODUCTION</p> <p>To examine the tension between uncertainties and certainties is to closely engage with the turbulences of the contemporary world. Certainty, a subject of contrasting interpretations, has at times been understood as the ultimate goal of rational knowledge—from the Cartesian cogito to the universalist promises of the Enlightenment, and through positivist confidence in scientific progress. At other times, it has been challenged by critical philosophical and scientific currents that have highlighted the limitations of any claim to a single, absolute truth. Notable examples include F. Nietzsche's (1913) questioning of established moral values in favor of a perspectivist conception of truth, S. Freud's (1915) discovery of an unconscious psychic life beyond the subject's control, and K. Popper's (1973) introduction of the provisional nature of scientific truth.</p> <p>In this context, uncertainty increasingly asserts itself as a structuring paradigm (E. Morin, 1984), paving the way for contemporary ideas of complexity (E. Morin, J.-L. Le Moigne, H. Atlan), risk (U. Beck, M. Callon, B. Latour, P. Lagadec), and chaos (R. Thom, I. Prigogine, I. Stengers), all of which break with deterministic logics. This question also resonates within non-Western thought traditions, where the relationships between doubt and certainty have been explored through their unique philosophical and theological frameworks. This dynamic suggests that certainties should not be viewed as outdated illusions, but rather as stabilized forms of knowledge in constant tension with uncertainty. This tension between certainties and uncertainties is also embedded in social practices, knowledge systems, and historical contexts, reconfiguring itself across diverse cultural and geopolitical spaces.</p> <p>Beyond these epistemological ruptures, the modern project of mastering reality itself invites for broader scrutiny. Sciences, often under the sway of positivism, have long advocated for a perspective aimed at making the world more legible, predictable, and manageable. Critics of modernity (K. Marx, S. Freud, the Frankfurt School) have exposed the illusions underlying such ambitions. This questioning leads to the recognition that uncertainty is not merely a limit of knowledge, but an inherent attribute of both physical and human realities. The more we learn, the more objects reveal unexpected shadow areas. As E. Schatzman (1988) demonstrated, science not only produces certainties but also organizes its own uncertainties.</p> <p>Beyond the mere framework of scientific practice, certainties and uncertainties reflect civilizational choices, societal models—including gender relations (J. Butler, 2005)—political values, and life projects. Certainty, in this context, refers to the need to maintain an established order based on recognized legitimate forms of knowledge: scientific, political, economic, medical, or media-driven. Uncertainty, conversely, encourages vigilance regarding the claims and promises of these same discourses.</p> <p>It is from this perspective that U. Beck, in The Risk Society (2001), analyzes the transformations of advanced modernity. He notes that the expansion of wealth and control is accompanied by an increase in health, ecological, political, and financial risks. Uncertainty, therefore, proves to be constitutive of the system rather than accidental. When statistically quantified, uncertainty can be converted into probability, offering decision-makers a confidence scale upon which to base action.</p> <p>CONTEMPORARY FORMS OF UNCERTAINTY</p> <p>The contemporary context is marked by a proliferation of areas of uncertainty. Health (Covid-19) and environmental crises, reconfigurations of geopolitical power relations, economic uncertainties (2008 financial crisis), changes in the world of work, upheavals induced by artificial intelligence, and "media warming" (D. Boullier, 2019) all contribute to the recomposition of social, political, and cultural benchmarks. Legal sciences also illustrate these tensions, particularly through the rise of normative and jurisprudential uncertainty linked to the complexity of current social dynamics.</p> <p>Current armed conflicts and geopolitical uncertainties further encourage deep reflection on the notions of sovereignty and, crucially, on the international order, which is at the heart of present turbulence. The stakes are multiple and complex, requiring in-depth analyses to illuminate the transformations of the international order and debates on its ethical and humanitarian foundations, transcending ideological, nationalist, and polarizing divides.</p> <p>Uncertainties in Life and Material Sciences</p> <p>Beyond the humanities and social sciences, tensions between certainties and uncertainties also permeate other disciplinary fields. The exact sciences themselves have profoundly renewed our understanding of this relationship. Whether in complex systems, climate models, or quantum physics, contemporary scientific advances demonstrate that uncertainty is not always a sign of temporary ignorance destined to disappear. In some cases, it appears as a constitutive dimension of observed phenomena. The uncertainty principle formulated by Werner Heisenberg in 1927 marked a major break in the history of science by challenging the deterministic ideal inherited from classical physics (M. Kumar, 2011; J.-M. Lévy-Leblond, 2022). The debates it provoked, notably between Einstein and Bohr, illustrate the intellectual fecundity of the tensions between different conceptions of reality and knowledge.</p> <p>In life sciences, contemporary research highlights various forms of uncertainty, from the incommensurability of experimental facts (L. Fleck, [1934] 2005) to the latest advances in epigenetics. This uncertainty stems from the variability of life, the plurality of observation scales, and the limits of projection (M.-H. Boucand, 2019). Random mutations on genomes provide a fundamental illustration: while driving evolution and generating the diversity and adaptation essential for life, they can also, depending on the context, trigger pathological processes with irreversible consequences. When these mutations affect genes regulating cell proliferation and differentiation, the cell escapes the body's control signals and enters an anarchic dynamic. This is cancer, where biological uncertainty directly translates into diagnostic, prognostic, therapeutic, and clinical uncertainty (E. Hirsch, 2019).</p> <p>Advances in epigenetics, microsatellites, the role of histones, and the possible heritability of traumas now challenge the certainty of genetic determinism. The human microbiota illustrates a similar logic within microbial communities: the balance between symbiosis and dysbiosis, between health and pathology, remains a dynamic system whose causal mechanisms still resist definitive certainty. This is despite increasingly strong correlations with diverse pathologies such as colorectal cancers, metabolic disorders, and neuropsychiatric disorders (S. Kouidhi et al., 2023). For living systems, uncertainty is not merely a knowledge gap to be filled; it is the fundamental principle by which life transforms, adapts, and sometimes derails. Contemporary biology does not produce definitive certainties about life; instead, it maps probabilities, identifies regularities, and learns to navigate the complexity of biological systems (H. Atlan, 1999).</p> <p><strong>Uncertainty: A Transversal Datum</strong></p> <p>Economics and management sciences are similarly affected by uncertainty, evidenced by market fluctuations, unstable value chains, and the limitations of models based on perfect rationality. The economic tradition itself, from A. Smith to J. M. Keynes and F. Hayek, has progressively integrated uncertainty as a constitutive element of decision and knowledge (M. Biziou, 2022). However, these disciplines also demonstrate that knowledge and action systems rely on regimes of relative certainty, which are crucial for decision-making and the stabilization of practices.</p> <p>More broadly, diverse fields such as sports sciences, veterinary sciences, information and communication sciences, political sciences, education sciences, and even design and design arts and practices—where uncertainty is also considered a cognitive material and a resource for design processes—each, in their own way, demonstrate the structural nature of this uncertainty. This constitutes a pervasive reality that influences modes of knowledge production, frameworks of intelligibility, professional practices, and decision-making processes. Each day, new uncertainties qualify the certainties of the previous day, fueling a continuous revision of knowledge. The dialogic relationship between certainty and uncertainty, understood as their constitutive tension, seems to be emerging as the hallmark of contemporary knowledge production. In this context, the advent of computer technologies, which has largely contributed to informational inflation and the proliferation of fake news, has led to the emergence of collective and individual defensive mechanisms—political, professional, and personal—in the face of disinformation, all of which warrant further exploration. These dynamics also involve the production and stabilization of forms of social, institutional, and cognitive certainty, without which contemporary societies could not function.</p> <p>CERTAINTIES AND UNCERTAINTIES IN MUSLIM AND ARAB THOUGHT</p> <p>In the Arab-Muslim world, the journey of certainty and uncertainty revolves, among other things, around the foundational text of the Quran. Presented as an obvious and unequivocal word, it served as the basis for the construction of the legal, theological, and ethical architectures of civilization. However, very early on, this foundational certainty was confronted with the tensions of interpretation and the demands of changing historical, social, and political realities. Arab-Muslim thought is thus not reducible to a simple opposition between dogmatic certainty and marginal doubt; on the contrary, it constitutes a historical space for internal debates on the conditions of truth, the validity of knowledge, and the legitimate forms of certainty. In this context, the reflection on shakk (الشك, doubt) and yaqîn (اليقين, certainty), found in the works of al-Jāḥiẓ (159-255 H / 776-868), al-Fārābī (257-339 H / 870–950), Ibn Sīnā (370–428 H / 980–1037), and later, al-Ghazālī (450–505 H / 1058–1111), as well as the tensions between 'aql (العقل, reason) and naql (النقل, revelation), testifies to an ancient consideration of the complex relationships between truth, doubt, and certainty. Philosophical, theological, and mystical approaches to knowledge, along with reflections on the limits of human understanding, have thus contributed to making uncertainty not a flaw in the system of thought, but a constitutive dimension of any construction of truth.</p> <p>Thus, Quranic truth, conceived as an epistemic and normative foundation, has always been subject to internal tensions and doctrinal reconfigurations. Shiite and Kharijite dissent (1st H / 7th century) on the one hand, and Mu'tazilite rationalism (2nd-5th H / 8th-11th century) on the other, introduced uncertainty into the very heart of the processes by which orthodoxy was elaborated. Far from being a homogeneous and stable edifice, tradition thus appears as a field of tension between the stabilization of certainties and the openness of interpretations. It is in this context that we find the intellectual adventures of major figures such as the existential skepticism of al-Tawḥīdī (310-414 H / 922-1023), the critical doubt of al-Maʿarrī (363-449 H / 973–1057), the philosophical rationalism of Ibn Rushd (520-595 H / 1126–1198), and the sociological and historical synthesis of Ibn Khaldūn (732-808 H / 1332–1406) in the Muqaddima. These intellectual trajectories attest that religious, theological, or political certainties do not function as endpoints of knowledge, but as poles of provisional stabilization constantly reworked by the uncertainties of critical thinking.</p> <p>This dynamic continues in the reconfigurations of Arab modernity, where the tension between heritage and modernity constitutes a structuring pattern of contemporary Arab thought. This thought is characterized by the persistence of turath as a space of reference and by the rise of uncertainties related to the political and epistemic changes of the contemporary world.</p> <p>In this continuity, the major historical ruptures of the Nakba (1948) and the Naksa (1967), considered not only as political events but as epistemic and cultural fractures, have contributed to the crisis of historical certainties and narratives of intellectual sovereignty. Contemporary globalization prolongs and amplifies this displacement by generalizing a regime of uncertainty that does not abolish certainties but permanently reconfigures them in a now globalized space of circulation of knowledge, crises, and forms of legitimation.</p> <p>CERTAINTIES / UNCERTAINTIES AND FRONTIER RECOMPOSITION</p> <p>Some contemporary reflections, such as those of B. Latour (1999) on the recomposition of the relationship between science, nature, and politics, the work of D. Fassin (2012, 2014) on vulnerabilities, inequalities, and moral economies, or the analyses of I. Stengers (1997) inviting a rethinking of the relationships between knowledge, uncertainty, and complexity, show the extent to which the boundaries between knowledge, beliefs, legitimacy, and lived experiences are becoming more difficult to draw. The boundaries between the true, the plausible, and the false are proving more and more porous, thus accentuating the feeling of a world where benchmarks move faster than the analytical frameworks available to apprehend them.</p> <p>The social construction of certainties also deserves special attention. How does knowledge become "certain" in the eyes of a society? By what institutional, rhetorical, and political mechanisms are certainties imposed and legitimized? This is at the heart of Latour's work on scientific facts as collective constructions and Fleck's (2005) work on the thought styles of scientific collectives—a dimension that this symposium intends to explore in all its complexity.</p> <p>Finally, societies in the Global South experience and manage uncertainty under specific conditions that warrant critical examination: institutional fragility, incomplete statistical data, predominant orality, local climate unpredictability, and unstable health systems, among others. This aligns with epistemological critiques from African thinkers such as Paulin Hountondji (1994), who addressed the theoretical dependence of the South, and Felwine Sarr (2016), who emphasized the need to develop frameworks of intelligibility specific to societies whose future is structurally built on uncertainty. This perspective, consistent with the African and Mediterranean focus of the University of Manouba, broadens the debate beyond analytical frameworks developed in Northern societies and fosters dialogue between radically different experiences of uncertainty.</p> <p>GUIDING QUESTIONS</p> <p>The symposium invites us to question the conditions under which contemporary societies can still produce forms of legitimacy as collective certainties erode and traditional modes of understanding reality are increasingly permeated by uncertainty. How can freedom of judgment and action be preserved in a world where uncertainty becomes structural, even instrumentalized? To what extent does uncertainty affect the very foundations of ethics, balancing the relativization of norms with the search for common principles? How do the dynamics of uncertainty reconfigure social relations, including gender relations, in both public and private spheres? At the level of public decisions, how do uncertainties related to climate, health, media, and economic crises reshape collective choices and decision-making policies? This symposium aims to address this collective imperative: to think differently about a world that resists established frameworks.</p> <p>This invitation to collectively (re)think the Uncertainty/Certainty binomial, launched by the University of Manouba, proposes four interdisciplinary thematic axes for debate:</p> <p>Thinking the Uncertain: Epistemology, Science, and Complexity.<br />How do disciplines construct their certainties? Through what mechanisms does knowledge become legitimate and stable? This axis covers the philosophical and scientific foundations of uncertainty, disciplinary approaches (mathematics, physics, biology, medicine, history, geography, computer science, economics, law), the conceptualization of complexity, and the pedagogies of uncertainty.<br />Governing and Acting in Uncertainty: Risks, Crises, Decision Ethics, and Political Accountability.<br />How do we make decisions and govern when certainties are lacking? This axis covers the management of wars, health, climate, and financial crises, as well as crisis communication, the ethics of public decision-making under uncertainty, organizational management in the face of the unpredictable, geopolitical reconfigurations and the uncertainty of the international order, and the specific challenges of Southern societies facing institutional and structural environmental uncertainty.<br />Articulating and Representing Uncertainty: Discourse, Narratives, and Imaginary.<br />How is uncertainty shaped, narrated, and instrumentalized? This axis covers the literary, artistic, and cinematographic expressions of doubt and ambiguity, the discursive forms of certainty and its contestation, the "manufacture of doubt" as a deliberate strategy in media and digital spaces, and the effects of generative AI on the boundary between verified information and plausible statements.<br />Uncertainty-Proof Identities, Memories, and Beliefs.<br />How do individuals and societies maintain their identity, religious beliefs, and cultural certainties in a recomposing world? This question explores the destabilization of collective benchmarks and the identity-based responses it generates. It also examines fragile memories in the face of multiple competing narratives (disputed memories) and the intellectual resources, particularly within Arab-Muslim and African thought, that allow us to contemplate and navigate uncertainty.</p> <p>From this perspective, the work of Paul Ricœur (2000) encourages us to consider uncertainty as an inherent part of historical narratives and memorial constructions.</p> <p>Suggested Bibliographical Sources</p> <p>·         Atlan, Henri. La fin du “tout génétique” ? Vers de nouveaux paradigmes en biologie. Paris : Editions INRA, 1999.</p> <p>Ball, Philip. « Incertitudes quantiques ». In Quantique : au-delà de l’étrange. Paris : EPD Sciences, 2019, pp. 111-120.<br />Beck, Ulrich. La société du risque : Sur la voie d’une autre modernité. Paris : Flammarion, 2001.<br />Biziou, Michaël. « Connaissance incertaine du marché et libéralisme économique. 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ISBN : 978-2-86978-039-2.<br />Kouidhi, Soumaya et al., Gut microbiota, an emergent target to shape the efficiency of cancer therapy. Exploration of Targeted Anti-tumor Therapy. Vol. 4(2), pp 240-265,  DOI 10.37349/etat.2023.00132<br />Kumar, Manjit. Le grand roman de la physique quantique. Einstein, Bohr… et le débat sur la nature de la réalité. Paris : éditions Jean-Claude Lattès, 2011.<br />Lagadec, Patrick. Ruptures créatrices. Paris : Editions d’organisation, 2000. <br />Latour, Bruno. Politiques de la nature : Comment faire entrer les sciences en démocratie. Paris : La Découverte, 1999. <br />Lévy-Leblond, Jean-Marc. « Les incertaines incertitudes de Heisenberg ». Noesis 39 (2022). La connaissance incertaine. Mis en ligne le 1 décembre 2024. Consulté le 25 mai 2026. <a href="http://journals.openedition.org/noesis/8116">http://journals.openedition.org/noesis/8116</a>. DOI : <a href="https://doi.org/10.4000/13eh2">https://doi.org/10.4000/13eh2</a>.<br />Magni, Beatrice. 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Paris : Les Belles Lettres, 2008.</p> <p> </p> <p>Academic Framework and Participation</p> <p>Within the tradition of previous editions, this three-day event of exchange and reflection will provide a unique opportunity to integrate diverse disciplinary perspectives, compare methodological approaches, and explore new research avenues centered on the theme of Uncertainties / Certainties. The aim is to foster the creation of original knowledge and promote dialogue among various stakeholders in research and society.</p> <p>Target Audience</p> <p>This call is open to professors, researchers, doctoral students, and early-career researchers from the University of Manouba, other Tunisian universities, and international academic institutions and research centers.</p> <p>We welcome proposals from all scientific fields within the humanities and social sciences, experimental sciences, exact sciences, or any other discipline that can illuminate, from either a contemporary or historical perspective, the complex dynamics between uncertainties and certainties.</p> <p>Special consideration will be given to contributions that enhance our understanding of the scientific, social, economic, environmental, technological, or political challenges characterizing our era, which is marked by crises, changes, and profound transformations.</p> <p>The participation of students, socio-economic actors, practitioners, and decision-makers is strongly encouraged, as are inter-institutional and international collaborations.</p> <p>Additionally, a specific call is open to students from Tunisian universities who wish to participate in a documentary filmmaking workshop related to the symposium's theme.</p> <p>Form</p> <p>Participants are invited to submit proposals in one of the symposium's thematic areas, in the following formats:</p> <p>·         Oral presentations</p> <p>·         Poster presentations</p> <p>·         Roundtables or panels</p> <p>·         Practical workshops</p> <p>·         Masterclasses</p> <p>·         PhD seminars</p> <p>Proposals for papers should include an abstract, while proposals for roundtables, workshops, or masterclasses should be submitted as a concept note.</p> <p>Submissions </p> <p>Proposals must be submitted online to the Symposium Scientific Committee no later than July 31, 2026, via the dedicated online form. Click here to access the application form <a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScFxVxopK4q69EnSZXwO5el4ELaHtd69hXwvFrMz0Hjirgkyw/viewform?usp=header">https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScFxVxopK4q69EnSZXwO5el4ELaHtd69hXwvFrMz0Hjirgkyw/viewform?usp=header</a> </p> <p>Additional Information</p> <p>For any questions related to this call or the symposium's organization, candidates are invited to contact the organizing committee at the symposium email address: <a href="mailto:symposium.manouba@uma.tn">symposium.manouba@uma.tn</a>.</p> <p>Only coffee breaks and lunch breaks will be provided during the three days of the symposium.</p> <p> </p> <p></p> <p> </p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Pratiques. Linguistique, Littérature, Didactique, n° 209-210 : "Enseigner toutes les littératures"</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135646/pratiques-linguistique-litterature-didactique.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 04:33:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution_revue</category>
      <description>Sous la direction de Nathalie Denizot, Blandine Longhi et Hélène Raux. Le numéro se propose d’explorer le pluriel des littératures d’un point de vue didactique et d’en interroger les usages. Dans un contexte où les frontières de la littérature évoluent (avec l’introduction du média numérique ou l’ouverture vers les sciences sociales qui questionne la distinction traditionnelle des genres), quelle littérature l’école transmet-elle ? Quelle y est la part des littératures contemporaines, populaires, francophones ? Les corpus ont-ils évolué pour s’accorder aux préoccupations sociétales et politiques actuelles (ouverture interculturelle, œuvres abordant des questions socialement vives…) ? Il s’agit aussi d’analyser les enjeux liés à l’ouverture à de nouveaux corpus : quels en sont les effets sur les élèves et les enseignants ? Le fait d’aborder ces textes a-t-il des conséquences sur la manière d’enseigner la littérature ? Les lit-on différemment ? Le volume s’organise en quatre sections. Un premier ensemble d’articles s’intéresse à la diversité des corpus enseignés dans les classes pour en interroger la constitution et l’usage. Qu’est-ce qui rend recevables certains corpus ? Quels sont en particulier les rôles des prescriptions institutionnelles dans la construction des corpus scolaires ? Comment les corpus sont-ils adaptés en fonction de différents publics ? [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135646_e8c8c6271e2388c936e4e9b932d3721a.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135646_e8c8c6271e2388c936e4e9b932d3721a.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Sous la direction de Nathalie Denizot, Blandine Longhi et Hélène Raux.</strong></p> <p>Le numéro se propose d’explorer le pluriel des littératures d’un point de vue didactique et d’en interroger les usages. Dans un contexte où les frontières de la littérature évoluent (avec l’introduction du média numérique ou l’ouverture vers les sciences sociales qui questionne la distinction traditionnelle des genres), quelle littérature l’école transmet-elle ? Quelle y est la part des littératures contemporaines, populaires, francophones ? Les corpus ont-ils évolué pour s’accorder aux préoccupations sociétales et politiques actuelles (ouverture interculturelle, œuvres abordant des questions socialement vives…) ? Il s’agit aussi d’analyser les enjeux liés à l’ouverture à de nouveaux corpus : quels en sont les effets sur les élèves et les enseignants ? Le fait d’aborder ces textes a-t-il des conséquences sur la manière d’enseigner la littérature ? Les lit-on différemment ?</p> <p>Le volume s’organise en quatre sections. Un premier ensemble d’articles s’intéresse à la diversité des corpus enseignés dans les classes pour en interroger la constitution et l’usage. Qu’est-ce qui rend recevables certains corpus ? Quels sont en particulier les rôles des prescriptions institutionnelles dans la construction des corpus scolaires ? Comment les corpus sont-ils adaptés en fonction de différents publics ?</p> <p>Les articles de la deuxième section questionnent les apprentissages qui peuvent être associés à des corpus jusqu’à présent peu exploités en contexte scolaire ordinaire. Chacun des articles s’attache à identifier les compétences de lecture requises par certaines caractéristiques des médiums, formes ou domaines littéraires considérés.</p> <p>La troisième section articule la question des corpus avec celle des pratiques et des postures de lecture qu’ils peuvent engager. Les contributions analysent de quelle manière de nouvelles manières de lire et de travailler les textes sont appelées par l’introduction dans les classes de corpus nouveaux.</p> <p>Enfin, la dernière section permet d’explorer la question <em>via</em> le prisme de la professionnalité enseignante. Le choix des textes étudiés en classe est en effet un geste professionnel qui cristallise de nombreux enjeux et révèle les représentations et les préoccupations, parfois divergentes, des enseignants.</p> <p><em>Revue publiée par le <a href="https://crem.univ-lorraine.fr/">Centre de recherche sur les médiations (Crem)</a>.</em></p> <p>—</p> <p><strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/20577">Sommaire en ligne via OpenEdition</a></strong></p> <p><strong>André Petitjean </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/22309">À la mémoire de Liliane Sprenger-Charolles (1946-2026)</a>In memory of Liliane Sprenger-Charolles (1946-2026)</p> <p><strong>Nathalie Denizot, Blandine Longhi et Hélène Raux </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/22421">Enseigner toutes les littératures</a> [Texte intégral]Teaching all literatures</p> <p class="section"><strong><em>Corpus et contextes d’enseignement / Corpus and teaching contexts</em></strong></p> <p><strong>François Le Goff et Élise Dardill</strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/21586"> Lire une œuvre littéraire en classe de seconde : les corpus déclarés des professeurs</a> [Texte intégral]Reading a literary work in the 10th grade: teachers’ stated corpus of works</p> <p><strong>Stéphanie Lemarchand </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/21647">Quelle littérature pour les élèves de lycée professionnel ?</a> [Texte intégral]What kind of literature for vocational high school students?</p> <p><strong>Isabelle de Peretti </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/21732">Élèves à besoins éducatifs particuliers : quels corpus littéraires pour quelles modalités de lecture ?</a> [Texte intégral]Students with special educational needs: which literary texts for which reading methods?</p> <p><strong>Maïté Eugène </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/21777">Spécialité Humanités, Littérature et Philosophie : effets d’un nouvel enseignement sur le corpus recommandé</a> [Texte intégral]Impact of the “Humanities, Literature, and Philosophy” specialization on the recommended corpus</p> <p class="section"><strong><em>Enjeux de l’introduction de corpus peu scolarisés / Issues surrounding the introduction of hardly-used corpus at school</em></strong></p> <p><strong>Nathalie Brillant Rannou, Erika Fülöp et Gaëlle Théval </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/21826">Qui a peur de la littéraTube ?</a> [Texte intégral]Who’s afraid of litteraTube?</p> <p><strong>Séverine De Croix et Dominique Ledur </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/21913">Introduire des albums fictionnels dans les corpus scolaires destinés aux adolescent·es : des conditions interrogées par les didacticien·nes et les enseignant·es</a> [Texte intégral]Introducing fictional picture books into school reading lists for teenagers: conditions questioned by didacticians and teachers</p> <p><strong>Zeina Hakim </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/21938">Défamiliariser la littérature scolaire : représentations et pratiques enseignantes des littératures francophones à Genève et à New York</a> [Texte intégral]Challenging the School Canon: Teachers’ Representations and Practices in Teaching Francophone Literature in Geneva and New York</p> <p class="section"><strong><em>Corpus littéraires et pratiques de lecture / Literary corpus and reading practices</em></strong></p> <p><strong>AMarie Petitjean </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/21976">L’idée de littérature(s) interrogée par l’écriture créative : un dispositif écrivain/enseignant en cursus de lettres</a> [Texte intégral]The idea of literature(s) explored through creative writing: a writing workshop paring a writer and a scholar in an academic literature program</p> <p><strong>Yassamine Fertah i</strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/22064">Scolariser la littérature orale au contact des langues-littératures au Maroc : du sujet-lecteur au sujet-orateur inter-langues</a> [Texte intégral]Schooling Oral Literature through the Contact of Languages and Literatures in Morocco: From the Reader-Subject to the Interlingual Speaker-Subject</p> <p><strong>Bénédicte Shawky-Milcent </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/22320">L<em>es</em> lectures de <em>toutes</em> les littératures</a> [Texte intégral]<em>The</em> readings of <em>all</em> literatures</p> <p class="section"><strong><em>Le choix des textes comme geste professionnel / The selection of texts as a professional act</em></strong></p> <p><strong>Sandrine Bazile </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/22123">Pluralité des corpus littéraires et choix de la trace écrite</a> [Texte intégral]Effets d’une négociation et de ses incidences dans le cadre d’une recherche collaborative à l’école élémentairePlurality of Literary Corpora and the Choice of Written Traces. The Story of a Negotiation and its Implications in a Collaborative Research Project at Primary School</p> <p><strong>Céline Foliot et Magali Brunel </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/22174">Lire toutes les littératures pour enseigner : l’étape essentielle de la lecture personnelle des œuvres</a> [Texte intégral]Reading all literature to teach : the essential step of personal reading of works</p> <p><strong>Judith Émery-Bruneau et Sonya Florey </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/22415">Littérature consentante, concertante ou déconcertante : quelle littérature contemporaine entre dans les classes du secondaire et pour quels enjeux ?</a> [Texte intégral]Consenting, concerting or disconcerting literature: what contemporary literature is entering secondary school classes and for what reasons?</p> <p><strong>Yoann Daumet, François Le Goff, Anne-Claire Marpeau, Kathy Similowski et Cendrine Waszak </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/22282">Les corpus socialement vifs</a> [Texte intégral]</p> <p><strong>Table ronde / Roundtable discussion : Sensitive Corpus.</strong></p> <p class="section"><em><strong>Note de lecture / Reading note</strong></em></p> <p><strong>Arnaud Moysan </strong><a href="https://journals.openedition.org/pratiques/20913">Muriel Jorge &amp; Pierre-Yves Testenoire (dirs). <em>Les Notes de cours des enseignants : des objets écrits à identifier. </em>Pessac : Presses universitaires de Bordeaux, coll. « Études sur l’éducation », 2024, 181 p.</a> [Texte intégral]</p> <p></p>]]></content:encoded>
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      <title>Questionner les frontières et relever le défi des différences. 8e Doctoriales de la SFLGC (Pau)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135643/questionner-les-frontieres-et-relever-le-defi-des-differences-8e.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 01:39:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>8e Doctoriales de la SFLGC 2027 Organisées par ALTER, la SFLGC, le Master LiLAC et l’ED 481 Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) Pau, mardi 8 et mercredi 9 juin 2027 Questionner les frontières et relever le défi des différences La Société Française de Littérature Générale et Comparée (SFLGC) organise ses Doctoriales 2027 à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), les 8 et 9 juin 2027. Destinées aux doctorantes et doctorants en littérature comparée, ces Doctoriales ont pour ambition de favoriser les échanges scientifiques, la confrontation des approches et la réflexion collective autour d’un thème fédérateur – sans exclure des propositions qui se situent au-delà de ce cadre. À une époque marquée par la multiplication des circulations, mais aussi par le renforcement de diverses formes de cloisonnement, les notions de frontière et de différence se trouvent au cœur des débats intellectuels, politiques, culturels et esthétiques. Les frontières, qu’elles soient géographiques, linguistiques, culturelles, disciplinaires ou symboliques, constituent à la fois des lignes de séparation et des espaces de rencontre, de négociation et de transformation. Elles invitent à repenser les modalités de construction des identités, les dynamiques d’échange et les formes de coexistence dans des sociétés [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135643_9432d146a1d6ef52cda251faa86d8012.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135643_9432d146a1d6ef52cda251faa86d8012.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>8<sup>e</sup> Doctoriales de la SFLGC 2027</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Organisées par ALTER, la SFLGC, le Master LiLAC et l’ED 481</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA)</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Pau, mardi 8 et mercredi 9 juin 2027</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Questionner les frontières et relever le défi des différences</strong></p> <p>La Société Française de Littérature Générale et Comparée (SFLGC) organise ses Doctoriales 2027 à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), les 8 et 9 juin 2027. Destinées aux doctorantes et doctorants en littérature comparée, ces Doctoriales ont pour ambition de favoriser les échanges scientifiques, la confrontation des approches et la réflexion collective autour d’un thème fédérateur – sans exclure des propositions qui se situent au-delà de ce cadre.</p> <p>À une époque marquée par la multiplication des circulations, mais aussi par le renforcement de diverses formes de cloisonnement, les notions de frontière et de différence se trouvent au cœur des débats intellectuels, politiques, culturels et esthétiques. Les frontières, qu’elles soient géographiques, linguistiques, culturelles, disciplinaires ou symboliques, constituent à la fois des lignes de séparation et des espaces de rencontre, de négociation et de transformation. Elles invitent à repenser les modalités de construction des identités, les dynamiques d’échange et les formes de coexistence dans des sociétés traversées par la pluralité.</p> <p>Le thème retenu pour cette 8<sup>e</sup> édition, <strong>« Questionner les frontières et relever le défi des différences »</strong>, propose ainsi d’explorer les multiples manières dont les œuvres, les discours et les pratiques culturelles représentent, traversent, déplacent ou redéfinissent les frontières, tout en interrogeant les formes de l’altérité et de la diversité.</p> <p>Les propositions pourront s’inscrire dans l’un des axes de réflexion suivants, sans que cette liste soit limitative.</p> <p><strong>Altérités et identités</strong></p> <p>Cet axe invite à réfléchir aux constructions de l’identité individuelle et collective à travers la rencontre avec l’autre. Les communications pourront notamment interroger les représentations de l’altérité dans les textes et les arts, les processus d’inclusion et d’exclusion, les identités plurielles, diasporiques ou transnationales, ainsi que les enjeux liés au genre, à la mémoire, à l’appartenance culturelle ou à la reconnaissance des différences.</p> <p><strong>Hybridations, comparaisons et circulations</strong></p> <p>La littérature comparée accorde une attention particulière aux phénomènes de circulation des formes, des idées et des imaginaires. Cet axe propose d’explorer les processus d’hybridation esthétique, générique ou culturelle, les transferts et réceptions, les influences réciproques, les réseaux transnationaux ainsi que les démarches comparatistes permettant de penser les interactions entre œuvres, langues et cultures.</p> <p><strong>Plurilinguisme et interculturalité</strong></p> <p>Le plurilinguisme littéraire constitue aujourd’hui un observatoire privilégié des transformations culturelles contemporaines. Les communications pourront porter sur les auteurs plurilingues, les pratiques multilingues, la traduction, l’autotraduction, les politiques linguistiques, les littératures de migration, les phénomènes de créolisation ou encore les différentes formes d’interculturalité à l’œuvre dans les productions littéraires et artistiques.</p> <p><strong>Mobilités, migrations et exils</strong></p> <p>Les déplacements volontaires ou contraints constituent des expériences privilégiées de la frontière. Les œuvres peuvent témoigner des parcours migratoires, des situations d’exil, des diasporas, des déplacements forcés ou encore des formes contemporaines de mobilité. Comment la littérature et les arts donnent-ils voix à ces expériences ?</p> <p><strong>Frontières disciplinaires et épistémologiques</strong></p> <p>La littérature comparée se construit historiquement à la croisée des disciplines. Comment les frontières entre littérature, histoire, philosophie, anthropologie, sociologie, sciences politiques, arts visuels ou études environnementales sont-elles aujourd’hui repensées ? Quels nouveaux objets, méthodes ou savoirs émergent de ces dialogues ?</p> <p><strong>Territoires, paysages et environnements</strong></p> <p>Les frontières ne concernent pas seulement les communautés humaines. Elles traversent également les relations entre nature et culture, humain et non-humain, local et global. Les approches écocritiques et géocritiques permettent d’interroger les représentations des territoires, des espaces frontaliers et des enjeux environnementaux contemporains.</p> <p><strong>Mémoire, héritages et conflits</strong></p> <p>Les différences et les frontières sont souvent façonnées par des mémoires collectives, des héritages historiques ou des expériences conflictuelles. Les communications pourront examiner les processus de transmission, de réécriture ou de contestation des récits mémoriels, ainsi que les formes de réconciliation ou de dialogue interculturel.</p> <p><strong>Corps, genres et normes</strong></p> <p>Les frontières peuvent également être envisagées comme des constructions sociales et symboliques qui définissent les appartenances, les identités et les exclusions. Les études de genre, les études queer et les approches intersectionnelles offrent des perspectives fécondes pour interroger les normes et leurs transgressions.</p> <p><strong>Humanités numériques et nouvelles frontières culturelles</strong></p> <p>Les technologies numériques redessinent les modes de création, de circulation et de réception des œuvres. Elles produisent de nouveaux espaces de rencontre, mais aussi de nouvelles formes de fragmentation ou d’inégalités culturelles. Comment penser les frontières à l’ère numérique ?</p> <p><strong>Traductions, médiation et transmission</strong></p> <p>La traduction apparaît comme l’un des lieux privilégiés de négociation des différences. Les propositions pourront s’intéresser aux pratiques de traduction, d’adaptation, de réécriture, de médiation culturelle ou de circulation des savoirs entre langues et cultures.</p> <p><strong>Littératures du monde et décentrement des regards</strong></p> <p>Les études comparatistes invitent à dépasser les cadres nationaux et eurocentrés pour envisager des perspectives plurielles. Comment les recherches actuelles contribuent-elles à déplacer les centres de gravité culturels, à faire entendre des voix marginalisées ou à reconfigurer les cartographies littéraires ?</p> <p><strong>Intermédialité, transmédialité</strong></p> <p>La littérature s’écrit au carrefour des arts, traversant les frontières entre les médias : les études comparatistes mettent en regard des textes littéraires et des tableaux, photographies, films, sculptures, œuvres musicales, ballets, etc., pour considérer les déplacements ou les transferts d’un médium l’autre. Les communications pourront considérer ces dynamiques d’échanges et ces points de contact.</p> <p><strong>Cultures savantes et cultures populaires</strong></p> <p>Les frontières qui séparent les cultures savantes ou légitimées et les cultures populaires deviennent aussi poreuses dans les corpus de thèses qui s’intéressent à des productions telles que le jeu vidéo, la bande dessinée ou les séries télévisées. L’étude de ces objets non conventionnels ou qui ne ressortissent pas au canon requiert de forger de nouveaux outils théoriques, que les communications pourront présenter. </p> <p><strong>Modalités de soumission</strong></p> <p>Les doctorantes et doctorants souhaitant participer sont invité·e·s à soumettre une proposition de communication comprenant :</p> <p>- un titre ; université d’appartenance ; directrice ou directeur de thèse ; début des recherches<br />- un résumé d’environ 300 mots ;<br />- une courte notice bio-bibliographique (100 mots maximum) ;<br />- éventuellement l’indication de l’axe dans lequel s’inscrit la proposition.</p> <p>Les propositions présentées doivent être en lien avec les travaux de recherches doctorales en cours des intervenant·e·s. Les communications retenues feront l’objet d’une présentation orale d’une vingtaine de minutes, suivie d’un temps d’échange. Deux conférences plénières et une ou deux tables rondes contribueront à l’exploration de la thématique ; un temps sera consacré à la présentation des modalités de qualification en 10e section du CNU.</p> <p>Date limite d’envoi des propositions : <strong>15 novembre 2026</strong></p> <p>Notification aux participant·e·s : <strong>15 janvier 2027</strong></p> <p>Adresses de soumission : <a href="mailto:caroline.fischer@univ-pau.fr">caroline.fischer@univ-pau.fr</a> et <a href="mailto:laurence.comut@univ-pau.fr">laurence.comut@univ-pau.fr</a> </p> <p>Nous espérons vous accueillir nombreuses et nombreux à Pau pour ces Doctoriales 2027, qui seront l’occasion de réfléchir collectivement aux enjeux contemporains des frontières, des circulations et des différences dans les littératures, les arts et les cultures du monde.</p> <p>Pour participer à l’événement, il convient d’être membre de la SFLGC.</p> <p>L’UPPA ne demande pas de frais d’inscription. Les participants et participantes seront invité·e·s aux déjeuners des 8 et 9 juin ainsi qu’à un cocktail en ville le 8 juin au soir. Les autres frais (voyage, hébergement) restent à la charge des participant·e·s, qui peuvent solliciter leur unité de recherche et/ ou leur École Doctorale.</p> <p>—</p> <p><strong>Comité scientifique : </strong></p> <p>Yvan Daniel</p> <p>Sylvain Dreyer</p> <p>Caroline Fischer</p> <p>Jean-Louis Haquette</p> <p>Yves Landerouin</p> <p>Laurence Riu-Comut</p> <p>—</p> <p><strong>Comité d’organisation :</strong></p> <p>Caroline Fischer</p> <p>Yves Landerouin</p> <p>Francesca Montanaro</p> <p>Laurence Riu-Comut</p>]]></content:encoded>
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      <title>États du livre. Un dossier d'en-attendant-nadeau.fr</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135640/etats-du-livre-un-dossier-d-en-attendant-nadeau-fr.html</link>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 01:28:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_web</category>
      <description>Le site en-attendant-nadeau met en ligne le premier volet de son dossier estival : "États du livre" On peut lire dans le premier volet de notre dossier estival : « Nous ne cessons jamais de transformer les livres. » Façon de dire que les livres ne cessent jamais de nous transformer. Ils font de nous des lecteurs de toute nature, ils suscitent nos interprétations et parfois nous incitent à écrire à notre tour. Cette circulation permanente de la lecture à l’écriture fait du livre un objet particulièrement vivant pour nous. Un dossier coordonné par Pierre Senges | Hors-série n° 9 : États du livre. — Que faisons-nous des livres ?, par Tiphaine Samoyault  Que devient un livre entre les mains des critiques ? Répondre à cette question suppose de comprendre le fonctionnement d’un comité éditorial. Celui d’En attendant Nadeau né d’une aventure collective en 2016 à la suite de La Quinzaine littéraire de Maurice Nadeau.  « Une aventure de langue » : entretien avec Marie-Hélène Lafon, par Isaure Hiace Marie-Hélène Lafon nous parle de son rapport à la lecture et à l’écriture. Deux activités qui ont été pour elle la voie d’une certaine libération et ont fait d’elle une aventurière [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135640_efdb179027d07034fdac4c9cbd23c9c5.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135640_efdb179027d07034fdac4c9cbd23c9c5.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/hors-serie-n9-livre/">Le site en-attendant-nadeau met en ligne le premier volet de son dossier estival : "États du livre"</a></strong></p> <p>On peut lire dans le premier volet de notre dossier estival : « <em>Nous ne cessons jamais de transformer les livres. </em>» Façon de dire que les livres ne cessent jamais de nous transformer. Ils font de nous des lecteurs de toute nature, ils suscitent nos interprétations et parfois nous incitent à écrire à notre tour. Cette circulation permanente de la lecture à l’écriture fait du livre un objet particulièrement vivant pour nous.</p> <p><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/hors-serie-n9-livre/"><strong><em>Un dossier coordonné par Pierre Senges | Hors-série n° 9 : États du livre</em>.</strong></a></p> <p><strong>—</strong></p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/que-faisons-nous-des-livres/">Que faisons-nous des livres ?, par Tiphaine Samoyault </a></p> <p>Que devient un livre entre les mains des critiques ? Répondre à cette question suppose de comprendre le fonctionnement d’un comité éditorial. Celui d’<em>En attendant Nadeau</em> né d’une aventure collective en 2016 à la suite de <em>La Quinzaine littéraire</em> de Maurice Nadeau. </p> <p><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/une-aventure-de-langue-entretien-avec-marie-helene-lafon/">« Une aventure de langue » : entretien avec Marie-Hélène Lafon, par Isaure Hiace</a></p> <p>Marie-Hélène Lafon nous parle de son rapport à la lecture et à l’écriture. Deux activités qui ont été pour elle la voie d’une certaine libération et ont fait d’elle une aventurière de la langue. </p> <p><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/cryptique/">Cryptique, par luvan</a></p> <p>De quelle manière, concrètement, écrit-on un livre ? luvan, autrice des romans <em>Agrapha</em> et <em>Nout</em>, raconte comment elle est descendue dans la crypte de l’abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard pour travailler une scène d’enfermement. Et comment l’histoire du lieu l’a rattrapée.  </p> <p><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/preuve-de-depot/">Preuve de dépôt, par Frédéric Forte</a></p> <p>Il existe des livres sans titre ou aux titres changeants ou arbitraires. D’autres restés à l’état de brouillons. Parfois, il faut proclamer un titre, officiellement, comme on dépose un nom, pour lui donner naissance. </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/y-a-t-il-encore-de-la-critique/">Y a-t-il encore de la critique ?, par Pascal Engel</a></p> <p>Comme la question « Que faire ? », la question « Qu’est-ce que la critique ? » demande à être reposée régulièrement. Il s’agit entre autres de savoir comment, dans un temps de polémiques artificielles (querelles personnelles), on peut être encore sévère et juste.</p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/les-voix-dans-ma-tete/">Les voix dans ma tête, par Santiago Artozqui</a></p> <p>On déplore souvent une diminution de la lecture et des lecteurs. Mais si le peuple des lecteurs est très divers, les modalités de lectures sont aussi multiples. Et certaines d’entre elles, enchanteresses, incitent au dialogue. </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/ghost-writer/">Ghost writer, par Jane Sautière</a></p> <p>Lire est une des versions de l’avidité, surtout quand lire se pratique à l’enfance. Quand vient le moment de passer à l’écriture, de l’autre côté du miroir, la page blanche devient à la fois source de désir et d’embarras. </p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/epreuves-vous-avez-dit-epreuves/">Épreuves, vous avez dit épreuves ?, par Roger-Yves Roche</a></p> <p>Entre les brouillons et le livre se tient le jeu d’épreuves non corrigées. Il est à la fois le privilège du critique littéraire, son avant-première, et un possible fardeau. Le mot épreuve change alors de sens et fait lire autrement.</p> <p class="article__titre"><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/07/14/de-la-galaxie-gutenberg-a-la-galaxie-numerique/">De la galaxie Gutenberg au numérique, par Alain Roussel</a></p> <p>Les livres tiennent compagnie sans fatalement condamner à la solitude. Bien souvent, ils provoquent des rencontres, et quand le lecteur devient à son tour écrivain puis critique, les auteurs chroniqués composent une émouvante liste d’amis. </p> <p>—</p> <p><strong><a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/hors-serie-n9-livre/">Accéder au dossier…</a></strong></p> <p></p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>IIe Congrès International « Le monstre et la méchanceté. Articulations et dérivations de l’idée du Mal dans la culture » (université de León)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135623/iie-congres-international-le-monstre-et-la-mechancete-articulations.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:53:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>La présente rencontre académique, de nature interdisciplinaire, s’inscrit dans le prolongement de la première édition, intitulée «El monstruo y el miedo. Indagaciones sobrela monstruosidad y su relación con lo humano», qui s’est tenue en octobre 2025 à l’Université de León. Si cette première manifestation visait à analyser les multiples modalités selon lesquelles le monstrueux s’articule autour de la terreur et des effets que celle-ci produit sur l’être humain, cette nouvelle édition entend approfondir une autre de ses dérivations fondamentales : sa relation avec la méchanceté et le Mal. Cette association, toutefois, est loin d’être stable ou univoque, comme en témoignent les nombreuses tentatives visant à comprendre le principe du Mal, lequel constitue une préoccupation philosophique, religieuse, sociopolitique et anthropologique traversant l’histoire de l’humanité sous des formes diverses.  Cette année, l’attention se porte sur les articulations du mal : ses représentations, ses imaginaires, ses mécanismes de légitimation et ses liens avec le monstrueux dans lalittérature, le cinéma, les arts, la philosophie ou encore l’histoire — en somme, dans l’ensemble des disciplines relevant des arts et des humanités. L’objectif est de problématiser l’émergence et la délimitation du mal à partir de ces différents champs de savoir ; de penser l’idée du Mal en relation avec le motif [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135623_e88414c2473ae5a3d8c62c718ecf04f5.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135623_e88414c2473ae5a3d8c62c718ecf04f5.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>La présente rencontre académique, de nature interdisciplinaire, s’inscrit dans le prolongement de la première édition, intitulée «El monstruo y el miedo. Indagaciones sobre<br />la monstruosidad y su relación con lo humano», qui s’est tenue en octobre 2025 à l’Université de León. Si cette première manifestation visait à analyser les multiples modalités selon lesquelles le monstrueux s’articule autour de la terreur et des effets que celle-ci produit sur l’être humain, cette nouvelle édition entend approfondir une autre de ses dérivations fondamentales : sa relation avec la méchanceté et le Mal. Cette association, toutefois, est loin d’être stable ou univoque, comme en témoignent les nombreuses tentatives visant à comprendre le principe du Mal, lequel constitue une préoccupation philosophique, religieuse, sociopolitique et anthropologique traversant l’histoire de l’humanité sous des formes diverses. </p> <p>Cette année, l’attention se porte sur les articulations du mal : ses représentations, ses imaginaires, ses mécanismes de légitimation et ses liens avec le monstrueux dans la<br />littérature, le cinéma, les arts, la philosophie ou encore l’histoire — en somme, dans l’ensemble des disciplines relevant des arts et des humanités. L’objectif est de problématiser l’émergence et la délimitation du mal à partir de ces différents champs de savoir ; de penser l’idée du Mal en relation avec le motif du monstre qui surgit de l’obscurité pour déstabiliser l’ordre, favoriser le chaos, pervertir les conditions supposées de stabilité et conduire, finalement, à la célébration même de son existence.</p> <p><strong>Axes thématiques</strong><br />Les propositions de communication pourront s’inscrire dans les champs de connaissance précédemment mentionnés ou interroger l’un ou plusieurs des axes thématiques suivants :<br />1. Parcourir les frontières de l’éthique : la genèse du Mal face à l’idée du Bien.<br />2. Comportements non normatifs : du monstre mythologique à la conduite criminelle.<br />3. Iconographies du mal ou les modes de représentation de l’aberrant.<br />4. Théologies du Mal.<br />5. Le monstre politique : censure, répression, manipulation de l’histoire et institutionnalisation du mal.<br />6. Marginalité et exclusion sociale : relégation et stigmatisation des individus inadaptés ou déviants.<br />7. La construction de l’Autre : le mythe de la civilisation face à la barbarie.<br />8. Technologie, surveillance et formes contemporaines de déshumanisation et de violence.<br />9. La monstruosité féminine et les poétiques de la perversité : de l’ange du foyer à la femme infâme.<br />10. Masculinités en conflit : les liens entre les représentations du masculin et l’exercice du mal.<br />11. Méchants et héros en déconstruction : analyse d’un mythe culturel.<br />12. Monstruosités queer : confrontation entre la norme et la dissidence dans les configurations sexo-genrées.<br />13. Corps monstrueux : maladie, mutation, contamination et difformité.<br />14. Créatures hybrides : perversités non humaines ou plus qu’humaines.<br />15. Écogothique, effondrement climatique et représentations du mal écologique : paysages toxiques, ruines environnementales et imaginaires de l’horreur à l’ère de l’Anthropocène.<br />16. Espaces liminaires et hétérotopies du mal : où habite le monstre ?<br />17. Folk horror : magie, superstition, ritualité et paganisme.<br />18. La domestication de la méchanceté : la construction du monstre à partir des logiques hégémoniques.</p> <p><strong>Soumission des communications</strong><br />Nous invitons toutes les personnes souhaitant participer à cette rencontre à explorer la manière dont l’art, la littérature, le cinéma, la philosophie, l’histoire, l’histoire de l’art ou les sciences humaines au sens le plus large ont abordé la question du mal en relation avec le monstrueux.</p> <p>Cette rencontre se tiendra les 6, 7 et 8 avril 2027 selon un format hybride : à la fois en ligne et en présentiel, au siège de la Faculté de Philosophie et de Lettres de l’Université de León (Espagne).</p> <p>Les propositions de communication, originales et inédites, dont la durée de présentation orale ne devra pas dépasser 20 minutes, devront être envoyées sous la forme d’un seul document PDF à l’adresse e-mail <a href="mailto:congresomonstruoule@gmail.com">congresomonstruoule@gmail.com</a> <strong>avant le 31 octobre 2026</strong>. Les propositions devront inclure les informations suivantes :<br />- Nom et prénom<br />- Adresse e-mail de contact<br />- Affiliation<br />- Titre de la proposition<br />- Brève synthèse de la proposition (300 mots maximum)<br />- Thème(s) auquel/auxquels se rattache la proposition<br />- Brève biographie (300 mots maximum)<br />- Préférence de participation : en présentiel/en ligne<br />Par ailleurs, les propositions de tables rondes, comprenant au maximum 4 propositions de communication, seront également prises en compte ; dans ce cas, le titre de la<br />table ronde devra être précisé dans le document PDF, en plus des informations indiquées précédemment.</p> <p>Les langues acceptées lors du congrès seront l'espagnol, l'anglais et le français.</p> <p>Les propositions individuelles et celles de panels seront évaluées par le comité scientifique. L'organisation du congrès communiquera l'acceptation ou le rejet des propositions à l'adresse e-mail de contact fournie <strong>le 22 décembre 2026</strong>.</p> <p><strong>Inscription</strong><br />Vous trouverez ci-dessous les tarifs d'inscription au congrès :<br />- Docteurs présentant une communication : 60 €<br />- Doctorants/étudiants en master présentant une communication : 40 €<br />- Membres de l'Université de León présentant une communication : 20 €<br />- Étudiants/participants sans communication de l'Université de León : 15 €<br />- Étudiants/participants externes sans communication : 25 €</p> <p>Les dates et les instructions pour finaliser l’inscription, qui s’effectuera via la plateforme de Extensión Universitaria de l’Université de León (plateforme pour la formation<br />continue), seront communiquées ultérieurement.</p> <p>L’inscription en tant qu'auditeur libre et l'obtention du certificat qui en découle impliquent la participation à au moins 80 % des sessions du congrès, ainsi que la remise d'un bref résumé et/ou d'une réflexion (deux pages maximum) sur les thèmes abordés au cours des sessions. Ce résumé devra être envoyé à l'adresse e-mail <a href="mailto:congresomonstruoule@gmail.com">congresomonstruoule@gmail.com </a>après la fin du congrès.</p> <p><strong>Publication</strong><br />À l'issue du congrès, les modalités de publication seront communiquées, ainsi que les dates limites d'envoi des manuscrits, qui feront ensuite l'objet d'une évaluation par les pairs en aveugle.</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Cycle de séminaires sur l'ironie (2026-2027) : "Ironie, pouvoir et rapports de force" (séance 1)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135622/cycle-de-seminaires-sur-l-ironie-2026-2027.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:47:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Ce séminaire est le premier d'un cycle qui s'étendra sur l'année scolaire 2026-2027. Cette séance aura lieu le 07 octobre 2026 à l'Université d'Orléans, elle est soutenue par le laboratoire POLEN. Les manifestations d'intérêt sont les bienvenues: n'hésitez pas à écrire à Laelia.Veron@univ-orleans.fr    Ironie, pouvoir et rapports de force Le descriptif de cette journée s'appuie en bonne partie sur le chapitre "L'ironie comme arme. Domination et rapports de pouvoir" dans "T'es sérieuse? Pouvoirs politiques de l'ironie" de Laélia Véron avec Guillaume Fondu, La Découverte, 2026 Si on entend l’ironie comme une « posture énonciative » (Leca-Mercier, 2023) et plus précisément une « mention critique » (Véron et Fondu, 2026), elle est fondamentalement tournée vers le discours de l’autre :  elle se fait l’écho d’un discours qu’elle ne reprend en réalité pas (ou pas totalement) à son compte, voire qu’elle ridiculise ou critique vertement. Cette critique du discours de l’autre peut d’ailleurs l’emporter sur l’affirmation d’un discours propre. Or l’ironie, lorsqu'elle est politique, prend souvent pour cible non seulement des discours actuels, mais des discours dominants, dans le sens où ils sont jugés massivement présents (souvent trop présents) dans le monde social. Elle peut démontrer en acte l’arbitraire de ces [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135622_30e88defa471a225f7bc0e6c112e3587.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135622_30e88defa471a225f7bc0e6c112e3587.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><em>Ce séminaire est le premier d'un cycle qui s'étendra sur l'année scolaire 2026-2027. Cette séance aura lieu le 07 octobre 2026 à <strong>l'Université d'Orléans</strong>, elle est soutenue par <strong>le laboratoire POLEN</strong>. Les manifestations d'intérêt sont les bienvenues: n'hésitez pas à écrire à &lt;<a href="mailto:">frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr</a>"&gt;<a href="mailto:frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr">frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr</a> et <a href="mailto:">Laelia.Veron@univ-orleans.fr</a>"&gt;<a href="mailto:Laelia.Veron@univ-orleans.fr">Laelia.Veron@univ-orleans.fr</a> </em></p> <p> </p> <p style="text-align:center;"><strong>Ironie, pouvoir et rapports de force</strong></p> <p><em>Le descriptif de cette journée s'appuie en bonne partie sur le chapitre "L'ironie comme arme. Domination et rapports de pouvoir" dans "T'es sérieuse? Pouvoirs politiques de l'ironie" de Laélia Véron avec Guillaume Fondu, La Découverte, 2026</em></p> <p>Si on entend l’ironie comme une « posture énonciative » (Leca-Mercier, 2023) et plus précisément une « mention critique » (Véron et Fondu, 2026), elle est fondamentalement tournée vers le discours de l’autre :  elle se fait l’écho d’un discours qu’elle ne reprend en réalité pas (ou pas totalement) à son compte, voire qu’elle ridiculise ou critique vertement. Cette critique du discours de l’autre peut d’ailleurs l’emporter sur l’affirmation d’un discours propre. Or l’ironie, lorsqu'elle est politique, prend souvent pour cible non seulement des discours actuels, mais des discours dominants, dans le sens où ils sont jugés massivement présents (souvent trop présents) dans le monde social. Elle peut démontrer en acte l’arbitraire de ces discours de domination ou en pointer le ridicule. Mais la définition de ce qui est un discours dominant peut être sujette à polémique et varier selon les camps politiques. L’ironie semble donc pouvoir aussi renforcer des processus de domination en ajoutant l’humiliation (symbolique) du rire aux dominations réelles</p> <p>On peut considérer que l’ironie est, par définition, une parole de pouvoir et même de domination, puisqu’elle appartient à ce domaine des pratiques langagières où peut s’exprimer de manière très forte la violence symbolique. Le discours ironique parait alors profondément asymétrique : on y trouve une locutrice ou un locuteur attaquant, une cible, dont il s’agit, la plupart du temps, de se moquer. Mais cette asymétrie doit être interrogée : elle peut être très ponctuelle (on pense aux chroniques minutées d’humoristes faces à des personnalités politiques), elle peut être spectaculaire en façade, pendant le temps du discours, mais finalement bien fragile par rapport aux autres ressources (économiques, sociales) de la cible. Elle peut également être tempérée et dépassée, notamment dans les cas d’ironie pédagogique quand l’ironie n’est plus spectacle au profit d’un public tiers au détriment de l’autre mais qu’elle se met à son service, notamment dans certains types d’échange dialogique (voir Véron et Fondu, 2026, sur l’ironie comme itinéraire pédagogique).</p> <p>On résume souvent l’alternative à laquelle l’ironie politique (et plus généralement l’humour politique) est soumis en ces termes : soit elle ferait écho aux dominations (et reproduirait alors des discours, des découpages du monde social, des clichés jugés oppressifs), soit elle tenterait de lutter contre ces dominations en les critiquant, les dénonçant, ou en tentant de proposer d’autres découpages du monde social que ceux jugés majoritaires et problématiques. C’est donc souvent à l’aune du choix de la cible que l’on interroge la politisation de l’humour et de l’ironie : de qui se moque-t-on? Des personnes puissantes, dominantes ou au contraire des dominées ? L’humour politique serait un « bon » humour s’il s’attaque puissants, aux dominants (dans ce cas, il renversait les dominations et sa violence symbolique serait acceptable puisqu’il s’agirait d’une défense), un « mauvais » humour s’il s’attaque aux faibles au lieu des forts : dans ce cas, il les redoublerait et sa violence symbolique ne serait pas acceptable car il s’agirait d’humiliation (c’est la position de Gazalé, 2024).</p> <p>Cette bipartition est cependant plus abstraite et morale qu’analytique, car en réalité, les situations sont souvent plus complexes, comme en témoignent les innombrables polémiques liées à l’utilisation de l’ironie, même à l’intérieur d’un camp politique. Les débats peuvent se multiplier que ce soit sur le choix de la cible ou sur la manière de la viser. Quand bien même l’identification et le choix de cette cible ne poseraient pas de problème, l’ironie, elle, peut toujours poser question, pour des raisons morales mais aussi politiques. Est-il éthiquement acceptable d’humilier une personne, même si cette personne est une personne de pouvoir ? Est-il politiquement judicieux d’utiliser des moyens qui peuvent servir à stigmatiser des groupes minoritaires (par exemple la caricature de certains accents, des termes comme « gogol » « autiste », des insultes visant le physique, des remarques sexistes) sous prétexte que la cible, elle, fait partie du camp des dominants ? </p> <p>Les partitions trop binaires ne permettent pas de comprendre le fonctionnement social et politique de l’ironie. En effet, comme l’a notamment montré le sociologue Élie Guéraut (2023) une même personne peut utiliser, selon les contextes, les cibles et selon ses ressources, l’ironie comme une résistance vis-à-vis d’une domination ou comme un moyen d’assoir une domination. Il n’est par ailleurs pas toujours aisé de délimiter quel est le fondement de l’ironie et pour quelles raisons on se moque d’une cible. Par exemple, l’ironie qui vise la manière de parler de l’animateur Cyril Hanouna relève-t-elle d’un « mépris de classe », comme le disait l’ancienne ministre chargée de la Citoyenneté (et invitée dans l’émission d’Hanouna), Marlène Schiappa ? Donc d’une ironie de dominants, qui possèdent un capital culturel et scolaire que n’aurait pas l’animateur de télévision, une ironie illégitime ? ou d’une attaque politique légitime contre le ton infantilisant, insultant, humiliant d’Hanouna ?</p> <p>Cette séance de séminaire cherchera à étudier les rapports de force politiques et sociaux en jeu autour de l’ironie dans une perspective socio-linguistique, en évitant de tomber soit dans des écueils élitistes soit dans des visions misérabilistes. Voici les axes que nous aimerions creuser.</p> <p><br /><strong><em>La socialisation de/à l’ironie </em></strong></p> <p>-Quels sont les lieux où apprend l’ironie ? Lignier (2023) a étudié la socialisation au rire chez les très jeunes enfants mais qu’en est-il de l’ironie ? On pense bien entendu à l’environnement familiale, à l’école (Charles et Godart-Wendling, 2022 a et b) mais aussi aux cadres militants (voir par exemple les travaux sur les ateliers « anti-langue de bois » de Krieg-Planque, 2018). Ces lieux de socialisation peuvent-ils contrebalancer certaines dispositions familiales ? Existe-t-il d’autres lieux d’apprentissage de l’ironie? Des études sur la familiarisation à une culture ironique numérique (Saint-Amand, 2026) seraient les bienvenues.</p> <p>-Le parcours d’ironisation peut-il être aussi un parcours de politisation ? Par exemple, les spectacles d’humoristes, et notamment des humoristes politiques, sont-ils non seulement des lieux d’écoute mais d’apprentissage, voire d’incitation à l’ironie ?</p> <p><br /><strong><em>Les ressources sociales de l’ironie </em></strong></p> <p>-Quelles sont les conditions sociales de pratique de l’ironie : qui a les ressources qui peuvent susciter ou favoriser le désir d’ironiser dans quel contexte, et surtout qui peut en retirer des bénéfices ? Qui peut, a contrario, rire de l’ironie, l’accepter, voire la retourner ? </p> <p>-L’ironie est-elle liée à certaines ressources sociales ? Permet-elle ainsi de structurer certains groupes autour de la détention d’un capital culturel ? Est-elle davantage la pratique des dominants « culturels » exercée contre les dominés « culturels », sans qu’on puisse présumer par-là d’autres rapports de domination potentiellement inverses entre eux ? (sur la critique de l’écueil qui viendrait à ne pas distinguer capital culturel et capital économique voir Geraut et Véron 2025) Nécessite-t-elle plutôt une certaine omnivorité culturelle (Peterson 2004) qui pourraient permettre à l’ironiste de naviguer entre divers registres et adapter ainsi son ironie aux situations ?</p> <p>-L’ironie, qui peut se définir comme une distance énonciative, est-elle favorisée par une certaine distance sociale (Véron/Fondu, 2026), qui serait le gage d’une certaine sécurité alors qu’un manque de distance peut provoquer une adhésion (si la domination est acceptée parce que normalisée), un silence ou une fuite, si la domination est écrasante, ou encore une révolte si la domination n’est pas acceptée mais ressentie comme violence ?</p> <p>-Existe-t-il des types de pratiques de l’ironie qui pourraient être reliées à des milieux sociaux ? Ce type de questionnement (dans la lignée de Flandrin 2021) pourrait permettre d’éviter une vision misérabiliste (telle qu’elle est par exemple portée par Annie Ernaux dans La Place lorsque la narratrice estime que l’ironie est l’apanage des classes dominantes alors que les classes populaires pratiqueraient au contraire l’humour et la gaieté (pour une analyse plus fine, voire Martin-Achard (2025)). Ernaux semble ici réduire toute l’ironie à un type d’ironie (l’ironie lettrée pratiquée par sa belle-famille qui est étrangère à son père). </p> <p>-La production de l’ironie peut être reliée à des milieux sociaux mais aussi à un espace marqué par un contexte de financiarisation. Des interventions dans la lignée méthodologique de Chaplet (2018) seraient bienvenues.</p> <p><br /><strong><em>L’efficacité et les limites de l’ironie</em></strong></p> <p>-On pourra étudier l’efficacité de l’ironie en tant que lien social en analysant la manière dont l’ironie peut faire groupe. On pourra se demander dans quelle mesure cette socialisation par l’ironie est démagogique (il s’agit de bâtir sur des a prioris communs, elle joue sur des signaux qui sont de véritables « vacances argumentatives » comme le dit Krieg-Planque, 1999) ou pédagogique (l’ironie pourrait permettre de construire des valeurs communes). On s’intéressera par exemple à la dimension sociale et commerciale de l’ironie comme produit formaté pour un public précis lorsque l’humour devient « une véritable industrie culturelle, gouvernée par des enjeux économiques » (Quemener 2023). L’efficacité de l’ironie peut être aussi une efficacité commerciale (Chaplet 2018).</p> <p>-On pourra également s’interroger sur l’efficacité de l’ironie en termes de renversement (ou non) des rapports de pouvoir : le fait de « titiller les interdits » (comme le disait la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth) permet-il vraiment de contester le pouvoir ? Ou ne s’agit-il que d’une fausse impertinence qui est finalement plus conservatrice que subversive ? la question se pose depuis le fameux « rire carnavalesque » analysé par Bakhtine (Gazalé 2024). Mais même lorsque l’ironie fait mouche, que peut-elle réellement provoquer ? Pour répondre à cette question, on cherchera à replacer l’ironie dans des rapports de force plus généraux. Dans quelles conditions peut-elle provoquer plus qu’une vexation ponctuelle et une catharsis tout aussi ponctuelle ? </p> <p>-Loin d’être une locutrice ou un locuteur tout-puissant, l’ironiste est aussi un·e salarié·e et un·e justiciable (Arzoumanov 2025, Véron 2025). On se demandera comment la justice juge aujourd’hui, en France, les mots de l’ironie et à quel point la spécificité énonciative de l’ironie entre discours rapporté et discours non assumé est pris en compte dans ce type de procédure. </p> <p>***</p> <p>Frédéric Martin-Achard et Laélia Véron proposent un cycle de séminaires de travail interdisciplinaire (ouverts au public) sur l'ironie.</p> <p>Premières séances</p> <ul> <li>"Ironie, pouvoir et rapports de force" (coordination par Laélia Véron): le mercredi 07 octobre 2026 à l'Université d'Orléans</li> <li>"Ironie, valeur et légitimation dans le champ littéraire" (coordination par Frédéric Martin-Achard) : en avril 2027 à l'Université de Saint-Etienne</li> </ul> <p>Le programme sera complété ultérieurement.</p> <p>Pour toute information, écrire à &lt;<a href="mailto:frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr">frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr</a>&gt;; <a href="mailto:Laelia.Veron@univ-orleans.fr">Laelia.Veron@univ-orleans.fr</a> </p>]]></content:encoded>
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      <title>Émile Zola, L'Œuvre (éd. Clément Dessy et François-Marie Mourad)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135621/emile-zola-l-oeuvre-prepas-scientifiques-2026-2027-texte-avec-dossier.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:33:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_parution</category>
      <description>Face au conformisme du Salon officiel, Claude Lantier n’a qu’une ambition : faire souffler un vent nouveau sur la peinture, l’ouvrir enfin au plein air et à des visions singulières. Mais malgré le soutien de son ami d’enfance Sandoz et de sa femme Christine, l’artiste se heurte à l’hostilité du public, à l’incompréhension de ses pairs et aux limites de son propre génie. Il s’abîme alors dans une lutte acharnée pour réaliser son chef-d’œuvre et lui insuffler la vie, au risque de mettre la sienne en péril… Roman parmi les plus personnels de Zola, L’Œuvre interroge les affres de la création et les liens ambigus qu’elle entretient avec l’existence. Dossier • Arcanes de la création : facere de materia• Dominer le chaos : L’Œuvre• Simulacres de la création : la « grande boutique d’images ».</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135621_b23ddcb0695a95a7ffcb29a90fcd2cb1.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135621_b23ddcb0695a95a7ffcb29a90fcd2cb1.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Face au conformisme du Salon officiel, Claude Lantier n’a qu’une ambition : faire souffler un vent nouveau sur la peinture, l’ouvrir enfin au plein air et à des visions singulières. Mais malgré le soutien de son ami d’enfance Sandoz et de sa femme Christine, l’artiste se heurte à l’hostilité du public, à l’incompréhension de ses pairs et aux limites de son propre génie. Il s’abîme alors dans une lutte acharnée pour réaliser son chef-d’œuvre et lui insuffler la vie, au risque de mettre la sienne en péril…</p> <p>Roman parmi les plus personnels de Zola, <em>L’Œuvre</em> interroge les affres de la création et les liens ambigus qu’elle entretient avec l’existence.</p> <p><strong>Dossier</strong></p> <p>• Arcanes de la création : <em>facere de materia</em><br />• Dominer le chaos : <em>L’Œuvre</em><br />• Simulacres de la création : la « grande boutique d’images ».</p>]]></content:encoded>
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      <title>René Depestre, En état de poésie – En estado de poesía, éd. Cécile Bertin-Elisabeth et José Manuel Cruz Rodriguez</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135620/rene-depestre-en-etat-de-poesie-en-estado-de.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:26:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135620/rene-depestre-en-etat-de-poesie-en-estado-de.html</guid>
      <category>fabula_parution</category>
      <description>René Depestre (1926-2023), écrivain et poète haïtien né à Jacmel, s'engage très tôt en politique et en littérature. Contraint à l'exil pour son opposition aux dictatures, il fait du déracinement le moteur de son œuvre. À Paris, il fréquente les milieux surréalistes et les figures de la négritude comme Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, puis séjourne à Cuba avant de s'installer en France. Son écriture mêle poésie et engagement, explorant l'identité, la mémoire et la liberté. Prix Renaudot 1988 pour Hadriana dans tous mes rêves, il affirme dans En état de poésie (1980), objet de cette édition bilingue, une voix lyrique et combative célébrant les cultures noires et la dignité humaine. — Sommaire INTRODUCTION : SOLÈY LEVE/LEVER DU JOUR TRADUIRE LA POÉSIE DE DEPESTRE DOCUMENTS ICONOGRAPHIQUES/DOCUMENTOS ICONOGRÁFICOS AGRADECIMIENTOS INTRODUCCIÓN: SOLÈY LEVE/EL SOL AMANECE TRADUCIR LA POESÍA DE DEPESTRE PRÉLUDE/PRELUDIO L’ETAT DE POÉSIE/EL ESTADO DE POESÍA. 1 - CÔTE NORD DE LA TENDRESSE/COSTA NORTE DE LA TERNURA MÉTAMORPHOSES DE L’AN 77/METAMORFOSIS DEL AÑO 77. UN HÉRITIER DE CHARLOT/UN HEREDERO DE CHARLOT. TOUTE LA DOULEUR DU MONDE/TODO EL DOLOR DEL MUNDO. TOUT L’ESPOIR DU MONDE/TODA LA ESPERANZA DEL MUNDO. UNE CONSCIENCE EN FLEUR POUR AUTRUI/UNA CONCIENCIA EN FLOR PARA EL PRÓJIMO LE [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135620_a6cbccaee43d88be89ad5c1788d0dac9.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135620_a6cbccaee43d88be89ad5c1788d0dac9.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>René Depestre (1926-2023), écrivain et poète haïtien né à Jacmel, s'engage très tôt en politique et en littérature. Contraint à l'exil pour son opposition aux dictatures, il fait du déracinement le moteur de son œuvre. À Paris, il fréquente les milieux surréalistes et les figures de la négritude comme Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, puis séjourne à Cuba avant de s'installer en France. Son écriture mêle poésie et engagement, explorant l'identité, la mémoire et la liberté. Prix Renaudot 1988 pour <em>Hadriana dans tous mes rêves</em>, il affirme dans <em>En état de poésie</em> (1980), objet de cette édition bilingue, une voix lyrique et combative célébrant les cultures noires et la dignité humaine.</p> <p>—</p> <p><strong>Sommaire</strong></p> <ul> <li>INTRODUCTION : SOLÈY LEVE/LEVER DU JOUR</li> </ul> <p></p> <ul> <li>TRADUIRE LA POÉSIE DE DEPESTRE</li> </ul> <p></p> <ul> <li>DOCUMENTS ICONOGRAPHIQUES/DOCUMENTOS ICONOGRÁFICOS</li> </ul> <p></p> <ul> <li>AGRADECIMIENTOS</li> </ul> <p></p> <ul> <li>INTRODUCCIÓN: SOLÈY LEVE/EL SOL AMANECE</li> </ul> <p></p> <ul> <li>TRADUCIR LA POESÍA DE DEPESTRE</li> </ul> <p></p> <ul> <li>PRÉLUDE/PRELUDIO</li> </ul> <p></p> <ul> <li>L’ETAT DE POÉSIE/EL ESTADO DE POESÍA.</li> </ul> <p><br /><br /></p> <p><strong>1 - CÔTE NORD DE LA TENDRESSE/COSTA NORTE DE LA TERNURA</strong></p> <p><br /><br /></p> <ul> <li>MÉTAMORPHOSES DE L’AN 77/METAMORFOSIS DEL AÑO 77.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>UN HÉRITIER DE CHARLOT/UN HEREDERO DE CHARLOT.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>TOUTE LA DOULEUR DU MONDE/TODO EL DOLOR DEL MUNDO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>TOUT L’ESPOIR DU MONDE/TODA LA ESPERANZA DEL MUNDO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>UNE CONSCIENCE EN FLEUR POUR AUTRUI/UNA CONCIENCIA EN FLOR PARA EL PRÓJIMO</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LE POÈTE/EL POETA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li> RETOUR À UN JARDIN DE L’ENFANCE/REGRESO A UN JARDÍN DE LA INFANCIA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LA CONQUE MARINE/LA CARACOLA MARINA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>RAGE DE VIVRE/RABIA DE VIVIR.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>UN CAS CURIEUX/UN CASO CURIOSO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LE FOUR DE CALIBAN/EL HORNO DE CALIBÁN.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>FER À REPASSER/PLANCHA DE HIERRO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>POÈTE EN OCCIDENT/POETA EN OCCIDENTE.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>PAROLES D’UN SOIR DE JUIN/PALABRAS DE UNA NOCHE DE JUNIO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>ÉPITAPHE/EPITAFIO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>CHRIST AND CO/CRISTO AND CO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>BLUES EN AUTOMNE/BLUES EN OTOÑO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>UN TRAIN NOMMÉ ROSÉNA/UN TREN LLAMADO ROSÉNA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>L’ÉPONGE ENCHANTÉE/LA ESPONJA ENCANTADA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>VOYAGES AVEC ANITA MIRAFLOR/VIAJES CON ANITA MIRAFLOR.</li> </ul> <p><br /><br /></p> <p><strong>2 - D’UN EXIL À L’AUTRE/DE UN EXILIO AL OTRO</strong></p> <p><br /><br /></p> <ul> <li>UNE MOITIÉ D’ÎLE EN DÉRIVE/MEDIA ISLA A LA DERIVA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LE POUVOIR QUI REND FOU/EL PODER QUE VUELVE LOCO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>UN POÈME À ODEUR DE POMME/UN POEMA CON AROMA<br />A MANZANA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>L’ARTIBONITE/ARTIBONITO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>D’UN EXIL À L’AUTRE/DE UN EXILIO AL OTRO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>PROFESSION DE FOI TRANSRACIALE/PROFESIÓN DE FE TRANSRACIAL.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LOIN DE JACMEL/LEJOS DE JACMEL.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>PANNE D’ASCENSEUR/ASCENSOR AVERIADO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>CORPS SIMPLES DE LA POÉSIE/CUERPOS SENCILLOS DE LA POESÍA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>IDENTITÉ/IDENTIDAD.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>ADIEU AU TABAC, À LA FUMÉE/ADIÓS AL TABACO, AL HUMO.</li> </ul> <p><br /><br /></p> <p><strong>3 - VOYAGES À DOS DE CHAMEAU ET VIA SATELLITE… /VIAJES A LOMOS DE CAMELLO Y VÍA SATÉLITE…</strong></p> <p><br /><br /></p> <ul> <li>LE DERNIER DEGRÉ DE L’EXIL/EL ÚLTIMO GRADO DEL EXILIO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LE PIANO DE BEETHOVEN/EL PIANO DE BEETHOVEN.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>KARL MARX/CARLOS MARX.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>CHE GUEVARA PRÉSENT/CHE GUEVARA PRESENTE.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>L’ÉTOILE DU CHE/LA ESTRELLA DEL CHE.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LA RÉVOLUTION SANS FÉTICHES/LA REVOLUCIÓN SIN AMULETOS.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LA ZAFRA/LA ZAFRA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>FARAH MARIA À SOPOT 77/FARAH MARIA EN SOPOT 77.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>ALBERTO JUANTORENA/ALBERTO JUANTORENA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>PABLO NERUDA/PABLO NERUDA.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>POÈME D’AUTOMNE/POEMA DE OTOÑO.</li> </ul> <p></p> <ul> <li>LIBRES PAROLES VIA SATELLITE/PALABRAS LIBRES VÍA SATÉLITE.</li> </ul>]]></content:encoded>
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      <title>Penser l’enfant au XIXe siècle : l’enfance au croisement des discours, entre la monarchie de Juillet et la Troisième république (1830-1882)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135619/penser-l-enfant-au-xixe-siecle-l-enfance-au-croisement-des.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 10:14:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[noemie.rochatnogales@unil.ch (Noémie Rochat Nogales)]]></dc:creator>
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      <description>Penser l’enfant au XIXe siècle : l’enfance au croisement des discours, entre la monarchie de Juillet et la Troisième république (1830-1882). 15 janvier 2027, Université de Montpellier  Le XIXe siècle serait le siècle de l’enfance : « tout se passe comme si, à chaque époque, correspondait un âge privilégié et une périodisation particulière de la vie humaine : la « jeunesse est l’âge privilégié du XVIIe siècle, l’enfance du XIXe siècle, l’adolescence du XXe » (Ariès, p. 51). Certes, il s’agit là de l’« interprétation naïve, que l’opinion donne, à chaque époque, de sa structure démographique » (Ariès, p. 52), mais l’affirmation attire l’attention sur les multiples représentations dont l’enfant est l’objet et qui cherchent à le définir. S’il faut attendre la Troisième République pour qu’un arsenal de lois accordent un statut particulier à l’enfant (lois Ferry sur l’instruction primaire obligatoire, loi de 1889 sur la protection des enfants maltraités ou moralement abandonnés, loi de 1912 sur le statut pénal des enfants), le XIXe siècle ne cesse de penser la condition enfantine, à travers un ensemble profus de discours. Cependant, si les études sont nombreuses pour le début et pour la fin du siècle, au moment où se met en [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Penser l’enfant au XIXe siècle : l’enfance au croisement des discours, entre la monarchie de Juillet et la Troisième république (1830-1882).</strong></p> <p><strong>15 janvier 2027, Université de Montpellier </strong></p> <p>Le XIXe siècle serait le siècle de l’enfance : « tout se passe comme si, à chaque époque, correspondait un âge privilégié et une périodisation particulière de la vie humaine : la « jeunesse est l’âge privilégié du XVIIe siècle, l’enfance du XIXe siècle, l’adolescence du XXe » (Ariès, p. 51). Certes, il s’agit là de l’« interprétation naïve, que l’opinion donne, à chaque époque, de sa structure démographique » (Ariès, p. 52), mais l’affirmation attire l’attention sur les multiples représentations dont l’enfant est l’objet et qui cherchent à le définir.</p> <p>S’il faut attendre la Troisième République pour qu’un arsenal de lois accordent un statut particulier à l’enfant (lois Ferry sur l’instruction primaire obligatoire, loi de 1889 sur la protection des enfants maltraités ou moralement abandonnés, loi de 1912 sur le statut pénal des enfants), le XIXe siècle ne cesse de penser la condition enfantine, à travers un ensemble profus de discours.</p> <p>Cependant, si les études sont nombreuses pour le début et pour la fin du siècle, au moment où se met en place une prise en charge institutionnelle de l’enfance, elles sont lacunaires ou très ponctuelles pour la période allant de la monarchie de Juillet aux grandes lois Ferry de 1881-1882.</p> <p>C’est donc à cette période que cette journée d’étude voudrait s’attacher.</p> <p><strong>L’enfant : entre charité et éducation</strong></p> <p>Jean-Noël Luc (1989) montre qu’émerge, des textes médicaux du début du XIXe siècle, la perception nouvelle d’une « seconde enfance » (de 2 à 6 ans, après le nourrisson et avant l’âge de raison), de plus grande maturité corporelle, « qui peut donner prise à une première éducation où, de manière variable selon les auteurs, se combinent les éléments moraux et religieux (…) » (É. Plaisance, 2000, p.189). Le discours médical vient ici servir les discours pédagogiques, eux-mêmes lieux de relations complexes voire de confrontations, au cours du siècle, entre les institutions familiale, scolaire et ecclésiastique. C’est dans cette dynamique qu’entre la fin des années 1820 et l’instauration de l’école maternelle en 1882, entre paternalisme et philanthropie bourgeoise, s’ouvrent dans tout le pays des salles d’asile pour préparer l’enfant à l’école autant que libérer les mères pour le travail d’usine, à la croisée des discours médicaux et scolaire (J.-N. Luc, 2010).</p> <p>Sur le plan scolaire, les lois Guizot de 1833 ou le développement des méthodes d’enseignement héritées de Jean-Baptiste de La Salle, entendent d’abord prendre en charge les enfants de familles indigentes autant pour conditionner l’aide qui leur est apportée que pour donner des connaissances minimales à ceux qui devront devenir de bons ouvriers et de bons soldats. (Querrien, 2005).</p> <p>Des travaux d’Itard avec l’enfant de l’Aveyron au début du siècle à ceux de Séguin jusqu’à la création du service pour enfants « aliénés et déficients » du Dr Bourneville à l’hôpital Bicêtre à la fin du XIXe, les médecins s’intéressent aussi aux enfants, aux principes de leur développement comme de leurs conditions d’apprentissage (Barrandon, 2019 ; Le Bras, 2018). Si l’intention est médicale, l’ambition est tout autant pédagogique et Bourneville sera à pied d’œuvre dans la constitution des classes de perfectionnement en 1909. Ce n’est qu’à la fin du siècle, une fois l’école républicaine installée dans ses murs, que pourra se mettre en place tout un édifice institutionnel à destination des enfants restés dans ses marges.</p> <p><strong>L’enfant : entre marginalité, vulnérabilité et devoir de protection</strong></p> <p>La prétendue faiblesse constitutive des complexions enfantines, héritée des XVIIe et XVIIIe siècle (Locke, Rousseau, Cambacérès) légitime le retour de la puissance paternelle inscrite dans le code civil de 1804, qui est « vue comme une mesure de protection pour remédier à l’inexpérience de la jeunesse et à l’impétuosité des passions » (Desrayaud, A., 2012, p. 13). Le père dans le Code civil, est un magistrat domestique. Mais dans le même temps, l’État – qui doit s’affirmer face à la famille – favorise progressivement tout un encadrement institutionnel autour de l’enfant. Puisque celui-ci est faible, il faudra que ce soit la société qui lui vienne en aide, dans les différentes situations qu’il peut rencontrer, pour qu’advienne l’individu qu’elle attend. Dans ces différents mouvements, la série de lois concernant l’enfance (sur la pénalité, le travail et plus tard la déchéance paternelle) ouvre des brèches sur la diversité et la spécificité de sa condition, et invite à penser progressivement la nécessité de sa protection et son inscription dans le droit.</p> <p>L’enfant orphelin et souffrant devient par exemple un personnage littéraire central. À côté des héros de Dickens, et bien avant les souffre-douleurs de Daudet ou de Renard, à la fin du siècle, Balzac, Hugo ou Sand donnent ainsi naissance à Pierrette, Fadette, Cosette ou Gwynplaine, personnages nouveaux et complexes dont on peut se demander dans quelle mesure ils éclairent des manières de penser l’enfant. On peut également s’interroger sur la prégnance de ce type de personnages dans la littérature de jeunesse, en plein essor. Certes, celle-ci s’explique par la disponibilité narrative qu’ils offrent, autorisant les récits à se dérouler loin du monde des adultes, ou par les visées proprement éducatives de ce corpus. Cependant, on peut aussi les questionner dans leurs rapports aux discours sociaux : comment les rencontrent-ils et comment, le cas échéant, les reconfigurent- ils ?  Dans quelle mesure, réciproquement, ces représentations fictionnelles mettent-elles au jour la constitution d’un certain nombre d’institutions centrées sur l’enfance qui voient le jour au XIXe siècle ?  </p> <p>Du côté pénitentiaire, en parallèle des premières prisons pour mineurs comme la Petite Roquette, se développent, sous la Restauration et la monarchie de Juillet, les colonies pénitentiaires et les colonies agricoles (Pierre &amp; Dupont-Bouchat, 2001). Institutions publiques et privées où la charité vient prêter main forte aux volontés correctionnelles de l’époque, elles deviendront le point de départ de l’encadrement de l’enfance délinquante par l’administration pénitentiaire à la fin du siècle (Yvorel, 2006 ; Yvorel, 2019).</p> <p><strong>L’enfant : sujet ou enjeu social et politique ? </strong></p> <p>Au cours de la période, la reconnaissance du statut de l’enfant constitue un enjeu social et politique important. C’est le but, par exemple, des jeunes accusés des barricades de 1848. Étudiant les dossiers des procès de ces jeunes prévenus, Alexandre Frondizi montre qu’ils « mettent richement en débat » la notion d’enfance (2023, [En ligne] §5). La question du statut de l’enfant se pose avec la même acuité et la même perplexité dans un tout autre domaine, avec le cas de la troupe enfantine du théâtre Comte. N’ayant pas le privilège de se nommer « théâtre » (le nombre de salles de spectacle étant strictement limité par le décret de 1807), Louis Comte, physicien et prestidigitateur s’impose pourtant parmi les scènes de la Restauration sous le titre de « Théâtre des Jeunes Élèves », « jouant sur la liberté qu’offrent des comédiens enfants ou adolescents pour concurrencer les théâtres secondaires. » (Marc Soléranski, 2021, [En ligne] § 2). Le théâtre est finalement contraint de fermer pour affaires de mœurs. Cet exemple pose donc doublement la question du statut de l’enfant : du point de vue de la réglementation du travail et du point de vue de la protection contre les abus sexuels.</p> <p>Selon une autre perspective, c’est l’histoire politique qui a un impact sur l’appréhension de l’enfance : dans son ouvrage de référence, Librairie de jeunesse et littérature industrielle au XIXe siècles (2006), Francis Marcoin dresse une typologie calquée sur les césures politiques qui scandent le siècle. Ainsi, il distingue « l’enfant des philosophes » (sous la Restauration), « l’enfant de Juillet » (sous la monarchie de Juillet), « l’enfant de la modernité » (sous le second empire) et « l’enfant patriote et anarchiste » (sous la Troisième République). Si l’objet du livre est d’interroger les spécificités de la littérature de jeunesse à l’aune de problématiques d’histoire littéraire, d’histoire des médias et d’histoire sociologique, la typologie adoptée attire l’attention sur les oppositions et les enjeux idéologiques dont l’enfant est la cible. Revendiquant régulièrement le dessein d’éduquer en amusant – et se légitimant par ce double objectif – presse et littérature jeunesse constituent un bon poste d’observation des différentes instances éducatives qui se disputent l’enfant lecteur, des conceptions de l’enfance qui sous-tendent ces discours et des conflits qui les traversent. Par exemple, dans « L’enfant de juillet », le chercheur « souligne à quel point l’enfant est au centre de l’engouement romantique pour la nouveauté, suscitant d’ailleurs, du côté des religions chrétiennes (catholique et protestante) un souci de moralisation par le livre et la fiction » (A. Vaillant, 2008).</p> <p><strong>L’enfant : un sujet ? Quel sujet ?</strong></p> <p>Le discours médiatique dont l’enfant est une cible nouvelle définit également, en creux, par ses adresses, ses titres et ses contenus, ce destinataire singulier : l’enfant n’est pas l’adolescent, et des différences genrées se font jour, à partir de l’adolescence justement (âge pour lequel se développe, par exemple, un Journal des demoiselles). Ces scansions renvoient, sans nécessairement les recouvrir entièrement, aux seuils d’âge des discours médicaux, pédagogiques et juridique. Peut-on, à partir de là, penser l’enfant comme un sujet, comme se le demande Amélie Caldérone (Calderone, 2018) ? Cette question se pose au regard des représentations évoquées plus haut de Balzac, Hugo ou Sand (pour ne citer qu’eux), qu’il s’agisse de textes romanesques ou d’écrits autobiographiques : dans Histoire de ma vie, par exemple, donnant toute leur place au regard et aux perceptions enfantines, George Sand élabore une singularité de la subjectivité enfantine. Le développement de toute une culture matérielle de l’enfance pourrait aller dans ce sens, même si, comme le souligne Alexandre Frondizi, il faut bien avoir à l’esprit la diversité d’expérience sociales que recouvrent les termes « enfant » ou « enfance », qui est aussi « un âge de classe » (A. Frondizi, 2018).</p> <p>Ainsi, dans la temporalité particulière se déployant entre le début de la monarchie de Juillet et avant que l’école ne devienne le centre de gravité autour duquel penser les conditions enfantines sous la Troisième République, tout un ensemble de discours, y compris artistiques, concourt à élaborer une – ou des – figure(s) nouvelle(s) de l’enfance.</p> <p>Dans les quelques exemples évoqués, l’enfance apparait régulièrement comme un espace de tension entre « les droits de l’ordre social » (centrés sur différentes instances institutionnelles, familiale, étatiques et ecclésiastiques), les droits de protection de l’enfant (en développement au XIXe siècle) et « les droits de l’homme » (qui pensent l’émancipation) (D. Youf, 2011), bref, comme un puissant catalyseur de luttes institutionnelles et idéologiques, ce qui n’est sans doute pas si étonnant dans une période politique de tensions et de constructions autour de l’idéal démocratique.</p> <p>L’ambition de cette journée d’étude est de croiser les perspectives disciplinaires pour examiner la manière dont les jonctions ou les conflits entre ces discours éclairent l’institutionnalisation du statut de l’enfant, mettent en lumière des points devenus aveugles dans la pensée de l’enfance, et le cas échéant, configurent une altérité de l’enfance. D’une part, on pourra se demander comment caractériser et cartographier cette abondante « littérature » dans et en dehors de ces champs disciplinaires spécifiques. D’autre part, on pourra questionner la manière de considérer les discours – scientifiques, pédagogiques, juridiques, médicaux et littéraires – qui essaiment autour de l’enfant.</p> <p>Par exemple : comment ces différents discours se croisent-ils ? Dans quels lieux ? Dans quels types de représentations ? Celles-ci font-elles émerger des enfances spécifiques ?  La littérature permet-elle de construire des représentations singulières de l’enfance ? Participe-t-elle à l’élaboration et à la diffusion d’imaginaires institutionnels ? Si oui, dans quelle mesure et selon quelles périodisations ?</p> <p>Plusieurs axes d’étude et plusieurs approches méthodologiques pourront être envisagés (analyse des discours, analyse littéraire, approche historienne, etc.)</p> <p>Les propositions (3000 à 5000 signes), accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer avant le 30 septembre 2026 à : <a href="mailto:marion.mas@umontpellier.fr">marion.mas@umontpellier.fr</a> et <a href="mailto:michael.pouteyo@umontpellier.fr">michael.pouteyo@umontpellier.fr</a>.</p> <p>Journée d’étude organisée par Marion Mas et Michaël Pouteyo (Lirdef), à la faculté d’Éducation, Université de Montpellier, 15 janvier 2027.</p> <p><strong>Bibliographie indicative (et non exhaustive)</strong> </p> <p>-              Ariès, P. (1970), <em>L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime</em>, Seuil.</p> <p>-              Barrandon, A. (2019), « La parenthèse médico-pédagogique : une tentative éphémère d’assistance de l’enfant aliéné à la fin du xixe siècle », <em>Revue d'histoire du XIXe siècle</em>, 58 | 2019, p. 229-248.</p> <p>-              Becchi, E., Julia, D. (1998). <em>Histoire de l’enfance</em>. Tome II : <em>Du xviiie siècle à nos jours</em>, Seuil.</p> <p>-              Berthiaud, Emmanuelle, et al. (dir.). (2021), <em>Prévenir, accueillir, guérir. La médecine des enfants de l’époque moderne à nos jours</em>. Presses universitaires du Septentrion.</p> <p>-              Biet, C. (2002), <em>Droit et littérature sous l’Ancien Régime</em>, Honoré Champion.</p> <p>-              Caldérone, A. (2018). « Les voix lointaines du jeune lecteur dans la presse de jeunesse du XIXe siècle : entre lectorat effectif à créer et sujet idéal à former », dans Stiénon V. &amp; Absalyamova É., <em>Les Voix du lecteur dans la presse française du XIXe siècle</em>, Limoges, Presses Universitaires de Limoges, « Médiatextes », p. 99-115.</p> <p>-              Chauvau, F. (1995), « Gavroche et ses pairs. Aspects de la violence politique dans le groupe enfantin », <em>Culture et conflits. La Violence politique des enfants</em>, 18. <a href="https://journals.openedition.org/conflits/463">https://journals.openedition.org/conflits/463</a></p> <p>-              Chevalier, L. (1958), <em>Classes laborieuses et classes dangereuses</em>, Plon.</p> <p>-              Desrayaud, A. (2012). « Le père dans le Code civil, un magistrat domestique ». <em>Napoleonica. La Revue</em>, 14(2), p. 3-24.</p> <p>-              Frondizi, A. (2023). « Les Gavroches de 1848. Enfance combattante et justice d’exception après les journées de juin », <em>Romantisme</em>, 201, p.79-90.</p> <p>-              Gutman, D. (2003), notice « Enfant », dans D. Salas et S. Rials (dir.), <em>Dictionnaire de la culture juridique</em>, PUF, p. 613-614.</p> <p>-              Jablonka, I. (2006), « Les Droits de l’enfant abandonné (1811-2003), Cahiers de la recherche sur les droits fondamentaux, n°5 « l’Enfant », p. 23-30.</p> <p>-              Le Bras, A. (2018), <em>Un enfant à l’asile - Vie de Paul Taesch (1874-1914)</em>, CNRS Éditions.</p> <p>-              Luc, J.-N. (1989), « A trois ans l’enfant devient intéressant … : la découverte médicale de la seconde enfance (1750-1900) », <em>Revue d’histoire moderne et contemporaine</em>, 36/1, p. 83-112.</p> <p>-              Luc, J.-N. (2010), « Je suis petit mais important. La scolarisation des jeunes enfants en France du début du XIXe siècle à nos jours », <em>Carrefours de l’éducation</em>, 30/2, p. 9-22.</p> <p>-              Manson, M., Renonciat, A. (2012), « La Culture matérielle de l’enfance : un nouvel horizon de recherche », <em>Strenae</em>, 4, <a href="https://journals.openedition.org/strenae/600">https://journals.openedition.org/strenae/600</a>.</p> <p>-              Marcoin, F. (2006), <em>Librairie de jeunesse et littérature industrielle au XIXe siècle</em>, Honoré Champion.</p> <p>-              Perrot, M. (1989), « L’enfance révolutionnée par la révolution ? parents et enfants au XIXe siècle », dans M.-F. Lévy (dir.), <em>L'enfant, la famille et la Révolution française</em>, Plon, p. 401-412.</p> <p>-              Picaper, F. (1995), <em>L’enfant dans le roman français du XIXe siècle (1850-1914)</em>, thèse.</p> <p>-              Pierre, E. &amp; Dupont-Bouchat, M.-P. (2001), <em>Enfance et justice au XIXe siècle</em>, PUF.</p> <p>-              Querrien, A. (2005), <em>L’école mutuelle, une pédagogie trop efficace ?</em>, Empêcheurs de tourner en rond.</p> <p>-              Plaisance, É. (2000), <em>Revue française de Pédagogie</em>, n°130.</p> <p>-              Soléranski, M. (2021). « Le Théâtre des jeunes élèves de Louis Comte » dans Pauline Beaucé et al., <em>Les espaces du spectacle vivant dans la ville</em>, Presses universitaires Blaise-Pascal, p. 181-202, [https://doi.org/10.4000/13r2m.]</p> <p>-              Vaillant, A. (2008). <em>Littérature de jeunesse Francis Marcoin, Librairie de jeunesse et littérature industrielle au XIXe siècle</em>, Paris, Honoré Champion, coll. « Histoire culturelle de l’Europe », 2006, 893 p. Romantisme, 139(1).</p> <p>-              Vigarello, G. (2005), « L'intolérable de la maltraitance infantile Genèse de la loi sur la protection des enfants maltraités et moralement abandonnés en France », dans P. Bourdelais et É. Fassin (dir.), <em>Les Constructions de l’intolérable</em>, La Découverte, p.111-127.</p> <p>-              Youf, D. (2011), « Seuils juridiques d’âge : du droit romain aux droits de l’enfant », <em>Société et jeunesse en difficulté</em>, n°11.</p> <p>-              Yvorel, J.-J. (2006). Brève histoire de l'hébergement des mineurs de justice. <em>Les Cahiers Dynamiques</em>, 37(1), p. 24-27 ;</p> <p>-              Yvorel, J.-J. (2019). Justice des mineurs et « traitement sanitaire de la question sociale » : une vieille histoire ? Commentaire. <em>Sciences sociales et santé</em>, 37(2), p. 31-38.</p> <p> </p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Le lien biologique à l'épreuve : violences, conflits et métamorphoses desrelations familiales dans la fiction espagnole contemporaine (XIX-XX-XXIe siècles) (Colegio de España à Paris)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135634/le-lien-biologique-a-l-epreuve-violences-conflits-et-metamorphoses.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 06:25:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>                                                                                Appel à communications - Journée d'études doctorales – Narrativa Española Contemporánea                                                                                « Le lien biologique à l'épreuve : violences, conflits et métamorphoses des relations familiales dans la fiction                   espagnole contemporaine (XIX-XX-XXIème siècles) » Organisation :- Adrien Almeida (Université Bordeaux Montaigne, AMERIBER/ Université Gustave Eiffel)- Claire Fabre (Université Bordeaux Montaigne, AMERIBER) La famille, en tant qu'institution sociale et structure affective, constitue depuis longtemps un topos privilégié de la littérature espagnole. Des romans picaresques du Siècle d'Or aux récits familiaux dix-neuvièmistes, en passant par les œuvres ouvrant le XXème siècle et ceux appartenant à la période franquiste et postfranquiste, la représentation des liens familiaux a constamment interrogé les rapports de pouvoir, les mécanismes de transmission [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135634_3a59deac760566f6293667be31ed4f9f.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135634_3a59deac760566f6293667be31ed4f9f.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">                                                                               <strong> Appel à communications - Journée d'études doctorales – Narrativa Española Contemporánea</strong><br /><strong>                                                                                « Le lien biologique à l'épreuve : violences, conflits et métamorphoses des relations familiales dans la fiction                   espagnole contemporaine (XIX-XX-XXIème siècles) »</strong></p> <p><strong>Organisation :</strong><br />- Adrien Almeida (Université Bordeaux Montaigne, AMERIBER/ Université Gustave Eiffel)<br />- Claire Fabre (Université Bordeaux Montaigne, AMERIBER)</p> <p>La famille, en tant qu'institution sociale et structure affective, constitue depuis longtemps un topos privilégié de la littérature espagnole. Des romans picaresques du Siècle d'Or aux récits familiaux dix-neuvièmistes, en passant par les œuvres ouvrant le XXème siècle et ceux appartenant à la période franquiste et postfranquiste, la représentation des liens familiaux a constamment interrogé les rapports de pouvoir, les mécanismes de transmission et les processus d'individuation. Toutefois, la production fictionnelle espagnole contemporaine se caractérise par une intensification remarquable de la représentation des violences intrafamiliales et par une mise en question radicale du lien biologique comme<br />fondement naturel et incontestable de l'appartenance familiale. Cette évolution s'inscrit dans un contexte socio historique marqué par ce que le sociologue Julio Iglesias de Ussel nomme le passage « de una sociedad de familias a una sociedad de individuos ». La démocratisation de l'Espagne, l'émancipation progressive des femmes, la reconnaissance juridique de nouvelles formes de conjugalité et de parentalité, ainsi que la sécularisation accélérée de la société ont profondément transformé les structures familiales traditionnelles. Ces mutations sociologiques trouvent un écho puissant dans la fiction contemporaine, où les œuvres de Camilo José Cela, Almudena Grandes, Sara Mesa, Edurne Portela, Najat El Hachmi, Cristina Morales, ou encore Aixa de la Cruz mettent en scène des familles dysfonctionnelles, des violences transgénérationnelles et des trajectoires de rupture avec les héritages imposés. Comment la fiction espagnole contemporaine représente-t-elle la mise en crise du lien biologique comme fondement de la famille, et quels processus de métamorphose identitaire, corporelle et relationnelle met-elle en scène pour penser l'émergence de nouvelles formes de « faire famille » dans un contexte marqué par l'omniprésence des violences intrafamiliales ?</p> <p>Cette question centrale se décline en plusieurs interrogations subsidiaires :<br />• Quelles formes de violence familiale (directe, structurelle, symbolique) la fiction contemporaine privilégie-t-elle, et comment ces représentations dialoguent-elles avec les transformations sociohistoriques de la famille espagnole post-franquiste ?<br />• Par quels procédés narratifs, symboliques et génériques les auteurs et autrices représentent-ils les trajectoires de rupture, de résilience et de reconstruction identitaire des personnages confrontés à la violence familiale ?<br />• Comment la fiction interroge-t-elle les normes de genre, les injonctions corporelles et les scripts identitaires transmis par la famille, et quelles formes de subversion ou de<br />réappropriation met-elle en scène ?<br />• Quels modèles alternatifs de famille (posfamilia, familles électives, réseaux affinitaires) émergent dans la fiction contemporaine, et comment ces configurations redéfinissent-elles les notions d'appartenance, de filiation et de transmission ?</p> <p>Les propositions peuvent porter sur des œuvres romanesques publiées au XIX, XX et XXIème siècles et, par conséquent, mettre en exergue des familles espagnoles de ces diverses époques.</p> <p><strong>Bibliographie indicative</strong><br />[1] Iglesias de Ussel, J. (1998). La familia y el cambio político en España. Madrid: Tecnos.<br />[2] Galtung, J. (1969). Violence, Peace, and Peace Research. Journal of Peace Research, 6(3), 167-191.<br />[3] Bourdieu, P. (1998). La domination masculine. Paris: Seuil.<br />[4] Beck, U., &amp; Beck-Gernsheim, E. (2002). Individualization: Institutionalized Individualism and its Social and Political Consequences. London: Sage.<br />[5] Ricœur, P. (1990). Soi-même comme un autre. Paris: Seuil.<br />[6] Butler, J. (1990). Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity. New York: Routledge.<br />[7] Cyrulnik, B. (1999). Un merveilleux malheur. Paris: Odile Jacob.<br />[8] Morgan, D. H. J. (1996). Family Connections: An Introduction to Family Studies. Cambridge: Polity Press.<br />[9] Segalen, M. (2010). Sociologie de la famille (8e éd.). Paris: Armand Colin.</p> <p><strong>Modalités de soumission</strong><br /><strong>Format des propositions</strong><br />Les propositions de communication, rédigées en français ou en espagnol, devront comporter :<br />1. Un titre provisoire de la communication<br />2. Un résumé de 300 à 500 mots présentant :<br />• La problématique et les objectifs de la communication<br />• Le corpus d'œuvres analysées (avec références bibliographiques complètes)<br />• Le cadre théorique et méthodologique mobilisé<br />• Les principaux axes d'analyse<br />• 5 mots-clés maximum<br />3. Une notice biobibliographique de 100 mots maximum (nom, prénom, institution de rattachement, année de thèse, directeur/directrice, titre provisoire de la thèse, principaux axes de recherche)</p> <p><strong>Modalités de participation</strong><br />La journée d’ études se tiendra au Colegio de España à Paris. Les communications en modalité hybride sont possibles mais nous vous prions de privilégier le présentiel. La journée d’études donnera lieu à la publication d’un numéro dans la revue Narradoc de la NEC+ qui est accessible en ligne. La participation à la journée d’études ne vaut pas engagement de publication, les textes remis à l’issue de celle-ci devant être soumis à expertises.</p> <p><strong>Calendrier</strong><br />• Date limite de soumission des propositions : 10 novembre 2026<br />• Notification d'acceptation : 10 décembre 2026<br />• Date de la journée d'études : 15 mai 2027<br />• Durée des communications : 20 minutes, suivies de 10 minutes de discussion</p> <p><strong>Adresse de soumission</strong><br />Les propositions sont à envoyer aux adresses suivantes :<br /><a href="mailto:adrien.almeida@univ-eiffel.fr">adrien.almeida@univ-eiffel.fr</a><br /><a href="mailto:claire.fabre@u-bordeaux-montaigne.fr">claire.fabre@u-bordeaux-montaigne.fr</a></p> <p></p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Femmes, une minorité paradoxale dans les mondes hispaniques : domination, visibilité et émancipation (Paris)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135633/femmes-une-minorite-paradoxale-domination-visibilite-et-emancipation-journee-d-etudes.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 05:37:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_evenement</category>
      <description>Cette journée d’études, organisée dans le cadre du réseau sur « Les minorités dans les mondes hispaniques », propose d’explorer la condition féminine à travers un paradoxe : bien que constituant la moitié de l’humanité, les femmes ont souvent été reléguées, dans l’histoire et ses représentations, au statut de « minorité ». L’objectif de cette journée est d’analyser la tension constante entre les structures de domination et les stratégies de visibilisation et d’émancipation déployées par les femmes du Moyen Âge à nos jours.  Les thématiques suivantes seront abordées : le féminin dans la langue et les stéréotypes, la situation de la femme juive dans l’Espagne du Moyen Âge, l’écriture féminine au Siècle d’or, la femme romancière dans l’Amérique du Sud, la femme mapuche à travers sa poésie émancipatrice, les autrices de bandes dessinées espagnoles et les représentations de la femme dans la littérature de jeunesse et dans le cinéma. Un débat final permettra d’ouvrir des perspectives de travail. Ce bref colloque aura lieu au Colegio de España à Paris le 28 septembre 2026. Découvrir le programme…</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135633_e560628106793984a93bf8923f662e1b.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135633_e560628106793984a93bf8923f662e1b.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Cette journée d’études, organisée dans le cadre du réseau sur « Les minorités dans les mondes hispaniques », propose d’explorer la condition féminine à travers un paradoxe : bien que constituant la moitié de l’humanité, les femmes ont souvent été reléguées, dans l’histoire et ses représentations, au statut de « minorité ». L’objectif de cette journée est d’analyser la tension constante entre les structures de domination et les stratégies de visibilisation et d’émancipation déployées par les femmes du Moyen Âge à nos jours. </p> <p>Les thématiques suivantes seront abordées : le féminin dans la langue et les stéréotypes, la situation de la femme juive dans l’Espagne du Moyen Âge, l’écriture féminine au Siècle d’or, la femme romancière dans l’Amérique du Sud, la femme mapuche à travers sa poésie émancipatrice, les autrices de bandes dessinées espagnoles et les représentations de la femme dans la littérature de jeunesse et dans le cinéma. Un débat final permettra d’ouvrir des perspectives de travail.</p> <p>Ce bref colloque aura lieu au Colegio de España à Paris le 28 septembre 2026.</p> <p><a href="https://3lam.univ-lemans.fr/fr/index/actualites/actualites-2026/journee-d-etudes-femmes-une-minorite-paradoxale-domination-visibilite-et-emancipation.html"><strong>Découvrir le programme…</strong></a></p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Le cinéma de Teresa Villaverde: poétique des désorientations (Université de Poitiers)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135632/le-cinema-de-teresa-villaverde-poetique-des-desorientations.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 04:58:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Journée d'étude  "Le cinéma de Teresa Villaverde : poétique des désorientations" Université de Poitiers Organisation : Robert Bonamy et Sandra Teixeira (Laboratoire FORELLIS, Université de Poitiers) Teresa Villaverde est l’une des cinéastes les plus singulières du cinéma européen contemporain. Révélée par A Idade Maior (1991) et reconnue pour plusieurs films marquants, dont Os Mutantes (1998) et Transe (2006), elle a fait l’objet d’une rétrospective intégrale au Centre Pompidou en 2019. Pourtant, cette reconnaissance n’a suscité aucune publication monographique et aucun travail universitaire d’envergure. Cette lacune, surprenante au regard de la densité de son œuvre, nous conduit à l’organisation de cette journée d’étude le 11 mars 2027. Le titre « poétique des désorientations » entend mesurer la pluralité des registres dans lesquels la désorientation opère chez Villaverde. Désorientation des personnages d’abord : jeunes errants, corps en fuite ou en retrait, traversant des espaces urbains et périphériques - banlieues lisboètes, hôtels sans ancrage d’Europe centrale dans Transe, plages fluviales du Tage dans Colo (2017). Désorientation géographique et politique ensuite : les films s’inscrivent dans une histoire du Portugal post-révolutionnaire, tout en interrogeant la pauvreté et la violence des institutions. Son plus récent long métrage, Justa (2025) s’engage sur les terrains calcinés par [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135632_a1907f35648f89fccb8c8be0f761180c.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135632_a1907f35648f89fccb8c8be0f761180c.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>Journée d'étude </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>"Le cinéma de Teresa Villaverde : poétique des désorientations"</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Université de Poitiers</strong></p> <p style="text-align:center;">Organisation : Robert Bonamy et Sandra Teixeira (Laboratoire FORELLIS, Université de Poitiers)</p> <p>Teresa Villaverde est l’une des cinéastes les plus singulières du cinéma européen contemporain. Révélée par <strong><em>A Idade Maior</em> (1991)</strong> et reconnue pour plusieurs films marquants, dont <strong><em>Os Mutantes </em>(1998) </strong>et <strong><em>Transe </em>(2006)</strong>, elle a fait l’objet d’une rétrospective intégrale au Centre Pompidou en 2019. Pourtant, cette reconnaissance n’a suscité aucune publication monographique et aucun travail universitaire d’envergure. Cette lacune, surprenante au regard de la densité de son œuvre, nous conduit à l’organisation de cette <strong>journée d’étude le 11 mars 2027</strong>.</p> <p>Le titre « poétique des désorientations » entend mesurer la pluralité des registres dans lesquels la désorientation opère chez Villaverde. Désorientation des personnages d’abord : jeunes errants, corps en fuite ou en retrait, traversant des espaces urbains et périphériques - banlieues lisboètes, hôtels sans ancrage d’Europe centrale dans Transe, plages fluviales du Tage dans <strong><em>Colo</em> (2017).</strong> Désorientation géographique et politique ensuite : les films s’inscrivent dans une histoire du Portugal post-révolutionnaire, tout en interrogeant la pauvreté et la violence des institutions. Son plus récent long métrage, <strong><em>Justa</em> (2025)</strong> s’engage sur les terrains calcinés par l’incendie de Pedrógão Grande. Teresa Villaverde y construit une fiction de la mémoire hantée et des corps brulés, inscrivant le drame dans une réflexion sur la perte et la survivance. La désorientation est ainsi aussi celle du réalisme lui-même. La mise en scène de Villaverde, selon un sens particulièrement remarquable du cadrage et du montage, côtoie des tonalités fantastiques. L’analyse esthétique approfondie de ses films devra s’engager dans la texture même des plans et du montage, sans en rester à des évocations thématiques.</p> <p>Ses réalisations documentaires ne doivent être en aucune manière négligées, notamment dans leur capacité à proposer une réflexion sur la création, y compris dans d’autres disciplines artistiques et à la faveur d’autres médiums (dont la musique et la danse, en articulation avec des terrains politiques). En 2003, elle réalise <em><strong>A Favor da Claridade</strong></em>, documentaire commandé par la 50e Biennale de Venise sur l’artiste plasticien Pedro Cabrita Reis. <strong><em>Six Portraits of Pain</em></strong> (court métrage documentaire expérimental, 2018 ; réalisé à partir d’une composition du musicien portugais António Pinho Vargas) et <strong><em>Où en êtes-vous, Teresa Villaverde ?</em></strong> (court métrage documentaire, 2019) constituent aussi des films décisifs. Pour le film de 2019, commandé par le Centre Pompidou, Teresa Villaverde se rend à Rio de Janeiro, qui fête son carnaval après l’élection de Jair Bolsonaro. Le film se concentre sur l’école de samba de Mangueira, qui dédie son hymne aux communautés oubliées et à Marielle Franco.</p> <p>Cette journée d’étude souhaite réunir des contributions en esthétique du cinéma, en études portugaises et lusophones privilégiant des approches culturelles et historiques ainsi qu’en études de genre, afin de construire un premier espace d’étude à la hauteur de cette œuvre insuffisamment considérée à ce jour. Un partenariat avec le cinéma TAP Castille est à l’étude afin de proposer en parallèle de cette JE une rétrospective de plusieurs films de la cinéaste.</p> <p><br /><strong>Axes possibles :</strong><br />- Analyses filmiques des formes, des modalités figuratives et des récits, dans la fiction et/ou le documentaire.<br />- Teresa Villaverde aux prises avec le Portugal contemporain : portrait d’une jeunesse incomprise, traversée des tensions socio-économiques, interrogation des politiques sociales.<br />- Espaces et paysages dans l’œuvre de Teresa Villaverde.<br />- L’esthétique de Teresa Villaverde : influences et héritages (ou comment les cinéastes se sont inspiré·es de son œuvre).<br />- L’œuvre de Teresa Villaverde au prisme des études de genre</p> <p><br />Les propositions résumées d’articles peuvent être rédigées <strong>en français, anglais ou portugais</strong> et devront comprendre le nom, affiliation, adresse mail et quelques lignes de présentation de l’auteur.e, ainsi qu’une proposition de titre et un résumé de 2 000 à 3 000 caractères (espaces comprises). Elles doivent être envoyées à <a href="mailto:robert.bonamy@univ-poitiers.fr">robert.bonamy@univ-poitiers.fr</a> et <a href="mailto:sandra.teixeira@univ-poitiers.fr">sandra.teixeira@univ-poitiers.fr</a> <strong>avant le 30 septembre 2026.</strong></p> <p><br /><strong>Comité scientifique</strong> : Robert Bonamy, Corinne Maury, Alexandre Moussa et Sandra Teixeira (Université de Poitiers) ; Rémi Fontanel (Université Lumière-Lyon 2) ; Marc Gruas (Université Toulouse-Jean Jaurès); Anabela Oliveira (UTAD-Universidade de Vila Real) ; Agnès Pellerin (chercheuse INET-md/ Universidade Nova de Lisbonne-FCSH).</p> <p> </p>]]></content:encoded>
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      <title>Textimage, n° 19 : "Quignard en images" (dir. Maxime Cartron)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/135631/textimage.html</link>
      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 04:48:00 +0200</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/135631/textimage.html</guid>
      <category>fabula_parution_revue</category>
      <description>Revue Textimage, n°19 : Quignard en images dir. Maxime Cartron L’œuvre de Pascal Quignard, c’est presque un truisme de l’écrire, vit et respire par l’image ; elle se nourrit du dialogue avec les artistes et les peintres au moins autant que de celui avec les musiciens. Il semble donc qu’elle fournisse un champ d’investigation idéal pour aborder le thème Un auteur en images, puisqu’elle peut couvrir toutes les déclinaisons de cette formule, comme le montrent les articles rassemblés ici. Sommaire Entretien avec Bernard Vouilloux Lecture, écriture et rhétoriques de l’image Irène Fenoglio L’image comme antériorité sensible de l’écriture chez Pascal Quignard Agnès Cousin de Ravel Quignard, de la page à la scène, le texte et l’image en face à face Mina Norouzi et Allahshokr Assadollahi Quignard, ou l’art du récit en image Gilles Declercq Lector errabundus. Images quignardiennes et rhétorique de la lecture Noir quignardien Mireille Calle-Gruber il fait venir l’image d’un théâtre obscurément.Pascal Quignard dans l’œil de la ténèbre Jonathan Degenève Rencontre sur fond noir entre le texte et l’imagedans La Nuit sexuelle de Pascal Quignard Stéphanie Boulard Noir comme corbeau. Les dessins de Pascal Quignard Peintures et gravures Stella Spriet La peinture dans l’œuvre de Pascal Quignard : une porteouverte sur l’autre [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/135631_4085f9f7200ab87ebd242f2ee771f94c.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="135631_4085f9f7200ab87ebd242f2ee771f94c.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong><a href="https://revue-textimage.com/sommaire/sommaire_25quignard_images.html"><em>Revue Textimage</em>, n°19 : <em>Quignard en images</em></a></strong></p> <p><strong>dir. Maxime Cartron</strong></p> <p>L’œuvre de Pascal Quignard, c’est presque un truisme de l’écrire, vit et respire par l’image ; elle se nourrit du dialogue avec les artistes et les peintres au moins autant que de celui avec les musiciens. Il semble donc qu’elle fournisse un champ d’investigation idéal pour aborder le thème <em>Un auteur en images</em>, puisqu’elle peut couvrir toutes les déclinaisons de cette formule, comme le montrent les articles rassemblés ici.</p> <p><strong><a href="https://revue-textimage.com/sommaire/sommaire_25quignard_images.html">Sommaire</a></strong></p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/vouilloux1.html">Entretien avec Bernard Vouilloux</a></p> <p><strong>Lecture, écriture et rhétoriques de l’image</strong></p> <p>Irène Fenoglio</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/fenoglio1.html">L’image comme antériorité sensible de l’écriture chez Pascal Quignard</a></p> <p>Agnès Cousin de Ravel</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/cousinderavel1.html">Quignard, de la page à la scène, le texte et l’image en face à face</a></p> <p>Mina Norouzi et Allahshokr Assadollahi</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/norouzi-assadollahi1.html">Quignard, ou l’art du récit en image</a></p> <p>Gilles Declercq</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/declercq1.html"><em>Lector errabundus</em>. Images quignardiennes et rhétorique de la lecture</a></p> <p><strong>Noir quignardien</strong></p> <p>Mireille Calle-Gruber</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/calle-gruber1.html">il fait venir l’image d’un théâtre obscurément.</a><br /><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/calle-gruber1.html">Pascal Quignard dans l’œil de la ténèbre</a></p> <p>Jonathan Degenève</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/degeneve1.html">Rencontre sur fond noir entre le texte et l’image</a><br /><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/degeneve1.html">dans <em>La Nuit sexuelle</em> de Pascal Quignard</a></p> <p>Stéphanie Boulard</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/boulard1.html">Noir comme corbeau. Les dessins de Pascal Quignard</a></p> <p><strong>Peintures et gravures</strong></p> <p>Stella Spriet</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/spriet1.html">La peinture dans l’œuvre de Pascal Quignard : une porte</a><br /><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/spriet1.html">ouverte sur l’autre monde</a></p> <p>Clément Girardi</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/girardi1.html">Natures mortes chez Pascal Quignard</a></p> <p>Marouene Souab</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/souab1.html">La picturalisation du Jadis chez Quignard</a></p> <p>Alexandre Solans</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/solans1.html">L’énigme au fond du puits : écrire Lascaux, de Bataille à Quignard</a></p> <p>Damien Fortin</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/fortin1.html">Les ombres bleues de la vengeance. A propos de</a><br /><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/fortin1.html"><em>La Frontière</em> de Pascal Quignard</a></p> <p>Maxime Cartron</p> <p><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/cartron1.html">Les réunions du sensible : résurgence des images et</a><br /><a href="https://revue-textimage.com/25_quignard_images/cartron1.html">« retentissements de l’émotion » dans <em>L’Amour, la Mer</em></a></p> <p></p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Enquête historique sur le « faire littéraire » dans la modernité</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21404</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:53:08 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>La Poétique historique de la « modernité » d’Alain Vaillant poursuit la trajectoire de recherche inaugurée en 2005 par la publication de La Crise de la littérature 1 et prolongée par celle en 2016 de L’Art de la littérature 2. Tandis que son premier livre prenait acte de la chute du système littéraire d’Ancien Régime afin d’en enregistrer les mutations et les répercussions sur le champ et la production littéraires, le deuxième était, quant à lui, consacré à l’invention par les écrivains de la littérature au xixe siècle comme un art autonome, subjectif et assumant un magistère quasi sacré. Son dernier ouvrage, publié chez Classiques Garnier en 2025, se présente sous la forme d’une somme rassemblant nombre de ses travaux précédents3. Il s’intéresse tout particulièrement aux évolutions du « faire littéraire » dans la modernité. Depuis ce cadre méthodologique qu’est la « poétique historique », il invite en effet à considérer la littérature comme une pratique communicationnelle parmi d’autres et à la réinscrire parmi les influences réciproques des deux phénomènes communicationnels majeurs du xixe siècle, à savoir la place prépondérante qu’occupent l’imprimé ainsi que l’objet-livre et la mise en place d’un système médiatique fondé sur la presse papier. Si cette « poétique historique » donne ainsi à lire la méthode employée par Alain Vaillant, la « modernité » recouvre, quant à elle, autant un discours pessimiste sur les transformations économiques et symboliques du xixe siècle qu’une période historique avec laquelle il coïncide et qui s’étend des années 1830 aux années 1870. Afin de donner à lire ces mutations dans la production littéraire, le plan de l’ouvrage propose un parcours en quatre temps. Le premier, intitulé « La communication littéraire », rappelle les principes de sa conception de la littérature comme système de communication à l’heure de l’émergence d’un espace public (Habermas). Consacré à des figures d’auteurs canoniques telles que Baudelaire, Flaubert ou encore Vallès, le deuxième temps envisage et interroge la figure de « L’écrivain » à travers, notamment, ses relations avec l’institution scolaire et au prisme du biographique. Le troisième temps, intitulé « Le rire », s’intéresse à la pratique du rire moderne envisagé dans ses évolutions et jusqu’à son retournement empathique à la fin du siècle. La dernière partie, « Le vers », propose finalement d’envisager la fabrique du vers moderne à l’aune de sa recrudescence en tant que pure forme artiste </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21404/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2018.08.10.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Enquête historique sur le « faire littéraire » dans la modernité'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>La Poétique historique de la « modernité » d’Alain Vaillant poursuit la trajectoire de recherche inaugurée en 2005 par la publication de La Crise de la littérature 1 et prolongée par celle en 2016 de L’Art de la littérature 2. Tandis que son premier livre prenait acte de la chute du système littéraire d’Ancien Régime afin d’en enregistrer les mutations et les répercussions sur le champ et la production littéraires, le deuxième était, quant à lui, consacré à l’invention par les écrivains de la littérature au xixe siècle comme un art autonome, subjectif et assumant un magistère quasi sacré. Son dernier ouvrage, publié chez Classiques Garnier en 2025, se présente sous la forme d’une somme rassemblant nombre de ses travaux précédents3. Il s’intéresse tout particulièrement aux évolutions du « faire littéraire » dans la modernité. Depuis ce cadre méthodologique qu’est la « poétique historique », il invite en effet à considérer la littérature comme une pratique communicationnelle parmi d’autres et à la réinscrire parmi les influences réciproques des deux phénomènes communicationnels majeurs du xixe siècle, à savoir la place prépondérante qu’occupent l’imprimé ainsi que l’objet-livre et la mise en place d’un système médiatique fondé sur la presse papier. Si cette « poétique historique » donne ainsi à lire la méthode employée par Alain Vaillant, la « modernité » recouvre, quant à elle, autant un discours pessimiste sur les transformations économiques et symboliques du xixe siècle qu’une période historique avec laquelle il coïncide et qui s’étend des années 1830 aux années 1870. Afin de donner à lire ces mutations dans la production littéraire, le plan de l’ouvrage propose un parcours en quatre temps. Le premier, intitulé « La communication littéraire », rappelle les principes de sa conception de la littérature comme système de communication à l’heure de l’émergence d’un espace public (Habermas). Consacré à des figures d’auteurs canoniques telles que Baudelaire, Flaubert ou encore Vallès, le deuxième temps envisage et interroge la figure de « L’écrivain » à travers, notamment, ses relations avec l’institution scolaire et au prisme du biographique. Le troisième temps, intitulé « Le rire », s’intéresse à la pratique du rire moderne envisagé dans ses évolutions et jusqu’à son retournement empathique à la fin du siècle. La dernière partie, « Le vers », propose finalement d’envisager la fabrique du vers moderne à l’aune de sa recrudescence en tant que pure forme artiste ]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Aux origines de l’uchronie : l’histoire alternative comme point de divergence avec le régime mainstream de l’historiographie</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21391</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:50:12 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Il est des ouvrages qui marquent une étape décisive dans la compréhension d’un texte ou d’un auteur, mais qui, au-delà de leur objet d’étude, réinterrogent en profondeur les méthodes et les cadres épistémologiques d’une discipline. Peut-on changer l’histoire ? L’histoire alternative dans l’Uchronie de Charles Renouvier, de Monique Clavel-Lévêque et Laure Lévêque, est de ceux-là. Prenant appui sur l’Uchronie de Charles Renouvier (1815-1903), texte fondateur longtemps négligé d’un genre désormais florissant, les autrices ne se contentent pas d’en proposer une exégèse savante : elles en révèlent la portée philosophique, historique et politique et, inscrivant leur propos dans une réflexion plus large sur la nature même de l’histoire, elles engagent une réflexion ambitieuse sur ses usages et ses possibles. Redonner voix à un texte fondateur et méconnu Si le terme « uchronie » nous est aujourd’hui familier maintenant qu’il a gagné la culture populaire — des romans de science-fiction aux films hollywoodiens et à l’univers des séries et des jeux vidéo —, son inventeur, Charles Renouvier, demeure paradoxalement méconnu, tout comme l’œuvre qui l’a vu naître, cette Uchronie (l’utopie dans l’histoire), esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait pu être qui n’avait encore jamais donné lieu à une étude d’ensemble. Monique Clavel-Lévêque et Laure Lévêque remédient aujourd’hui heureusement à cette lacune. Avec minutie, elles reconstituent la genèse complexe du projet de Renouvier, en suivant les étapes de son élaboration depuis les premières publications en revue, intervenues en 1857, jusqu’à la version définitive de 1876 qui s’attache à revisiter l’histoire romaine et à la réorienter, Rome évitant le déclin et la chute sous l’impulsion d’audacieuses réformes politiques et sociales initiées au IIe siècle par Avidius Cassius qui vont lui permettre de se régénérer, faisant bifurquer les destins du monde. Prenant au mot un Renouvier qui reconnaissait à son texte « un objet moral des plus impérieux », les autrices lèvent le voile sur ce que recouvre l’histoire romaine fantasmée par Renouvier : un projet philosophique et politique d’une ampleur considérable. Car Renouvier ne propose pas seulement une fiction historique mais invente un outil critique destiné à dénoncer « l’illusion du fait accompli », cette pente fatale des historiens qui les porte à confondre ce qui est effectivement advenu et ce qui rel</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21391/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2018.06.56%20-%20Grande.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Aux origines de l’uchronie : l’histoire alternative comme point de divergence avec le régime mainstream de l’historiographie'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Il est des ouvrages qui marquent une étape décisive dans la compréhension d’un texte ou d’un auteur, mais qui, au-delà de leur objet d’étude, réinterrogent en profondeur les méthodes et les cadres épistémologiques d’une discipline. Peut-on changer l’histoire ? L’histoire alternative dans l’Uchronie de Charles Renouvier, de Monique Clavel-Lévêque et Laure Lévêque, est de ceux-là. Prenant appui sur l’Uchronie de Charles Renouvier (1815-1903), texte fondateur longtemps négligé d’un genre désormais florissant, les autrices ne se contentent pas d’en proposer une exégèse savante : elles en révèlent la portée philosophique, historique et politique et, inscrivant leur propos dans une réflexion plus large sur la nature même de l’histoire, elles engagent une réflexion ambitieuse sur ses usages et ses possibles. Redonner voix à un texte fondateur et méconnu Si le terme « uchronie » nous est aujourd’hui familier maintenant qu’il a gagné la culture populaire — des romans de science-fiction aux films hollywoodiens et à l’univers des séries et des jeux vidéo —, son inventeur, Charles Renouvier, demeure paradoxalement méconnu, tout comme l’œuvre qui l’a vu naître, cette Uchronie (l’utopie dans l’histoire), esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait pu être qui n’avait encore jamais donné lieu à une étude d’ensemble. Monique Clavel-Lévêque et Laure Lévêque remédient aujourd’hui heureusement à cette lacune. Avec minutie, elles reconstituent la genèse complexe du projet de Renouvier, en suivant les étapes de son élaboration depuis les premières publications en revue, intervenues en 1857, jusqu’à la version définitive de 1876 qui s’attache à revisiter l’histoire romaine et à la réorienter, Rome évitant le déclin et la chute sous l’impulsion d’audacieuses réformes politiques et sociales initiées au IIe siècle par Avidius Cassius qui vont lui permettre de se régénérer, faisant bifurquer les destins du monde. Prenant au mot un Renouvier qui reconnaissait à son texte « un objet moral des plus impérieux », les autrices lèvent le voile sur ce que recouvre l’histoire romaine fantasmée par Renouvier : un projet philosophique et politique d’une ampleur considérable. Car Renouvier ne propose pas seulement une fiction historique mais invente un outil critique destiné à dénoncer « l’illusion du fait accompli », cette pente fatale des historiens qui les porte à confondre ce qui est effectivement advenu et ce qui rel]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>La quête de l’alliance entre tragique et biblique</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21388</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:47:30 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Dans la continuité de ses études sur le théâtre de la première modernité, Tristan Alonge s’intéresse à l’influence de la Bible sur la genèse de la tragédie française. La présence ou l’absence de la littérature antique dans la constitution du genre théâtral dit « classique » avait fait l’objet de deux ouvrages sous la signature du même chercheur, l’un consacré à Racine1 et l’autre, plus général, dédié à l’inspiration de la tragédie grecque dans le renouvellement du genre sous l’Ancien régime2. Dans les deux cas, l’étude de l’intertextualité avec la source antique a permis de révéler les enjeux poétiques, historiques ou religieux liés à l’écriture des pièces. Ces mêmes questionnements structurent le dernier ouvrage du critique, mais dans des rapports différents : celui entre le nouveau genre de la tragédie biblique et sa double origine (sacrée par les textes religieux, païenne par la tradition antique). Tristan Alonge s’interroge alors : peut-on faire du sujet biblique une tragédie ? Ce questionnement émerge d’un constat, celui du succès paradoxal de la tragédie biblique sous l’Ancien régime : alors que la Bible est une source majeure pour le théâtre sérieux, rares ont été les dramaturges étant passés à la postérité. Ces oubliés de l’histoire littéraire mènent notre critique à chercher des critères de sélection justifiant la survivance de quelques œuvres et donc une poétique de la tragédie biblique. Tristan Alonge s’applique ainsi à redécouvrir un corpus majeur, non pas uniquement composé des pièces de Garnier, La Taille, Montchrestien, Du Ryer ou encore Racine, mais réunissant un ensemble de soixante dramaturges. Cette exhaustivité a pour but de chercher le point de départ de la tragédie biblique, et donc, d’une certaine façon, de la tragédie française dans sa conception classique (p. 11). La vue d’ensemble qu’offrent les soixante‑quinze pièces étudiées — pour certaines inédites —, s’étendant de l’Abraham sacrifiant de Buchanan (1550) au début et à l’apogée du théâtre biblique avec l’Athalie racinienne (1691), permet de comprendre de manière globale comment la mise en spectacle de la Bible a contribué au patrimoine théâtral français. Malgré le potentiel tragique des récits hagiographiques qu’il serait pertinent d’explorer, le corpus étudié se limite par souci de faisabilité aux pièces inspirées des deux Testaments. Les études génétiques et comparatives des différents épisodes bibliques mis en scène aux xvie et xviie siècles interrogent la compatibilité entr</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21388/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2017.56.19.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La quête de l’alliance entre tragique et biblique'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans la continuité de ses études sur le théâtre de la première modernité, Tristan Alonge s’intéresse à l’influence de la Bible sur la genèse de la tragédie française. La présence ou l’absence de la littérature antique dans la constitution du genre théâtral dit « classique » avait fait l’objet de deux ouvrages sous la signature du même chercheur, l’un consacré à Racine1 et l’autre, plus général, dédié à l’inspiration de la tragédie grecque dans le renouvellement du genre sous l’Ancien régime2. Dans les deux cas, l’étude de l’intertextualité avec la source antique a permis de révéler les enjeux poétiques, historiques ou religieux liés à l’écriture des pièces. Ces mêmes questionnements structurent le dernier ouvrage du critique, mais dans des rapports différents : celui entre le nouveau genre de la tragédie biblique et sa double origine (sacrée par les textes religieux, païenne par la tradition antique). Tristan Alonge s’interroge alors : peut-on faire du sujet biblique une tragédie ? Ce questionnement émerge d’un constat, celui du succès paradoxal de la tragédie biblique sous l’Ancien régime : alors que la Bible est une source majeure pour le théâtre sérieux, rares ont été les dramaturges étant passés à la postérité. Ces oubliés de l’histoire littéraire mènent notre critique à chercher des critères de sélection justifiant la survivance de quelques œuvres et donc une poétique de la tragédie biblique. Tristan Alonge s’applique ainsi à redécouvrir un corpus majeur, non pas uniquement composé des pièces de Garnier, La Taille, Montchrestien, Du Ryer ou encore Racine, mais réunissant un ensemble de soixante dramaturges. Cette exhaustivité a pour but de chercher le point de départ de la tragédie biblique, et donc, d’une certaine façon, de la tragédie française dans sa conception classique (p. 11). La vue d’ensemble qu’offrent les soixante‑quinze pièces étudiées — pour certaines inédites —, s’étendant de l’Abraham sacrifiant de Buchanan (1550) au début et à l’apogée du théâtre biblique avec l’Athalie racinienne (1691), permet de comprendre de manière globale comment la mise en spectacle de la Bible a contribué au patrimoine théâtral français. Malgré le potentiel tragique des récits hagiographiques qu’il serait pertinent d’explorer, le corpus étudié se limite par souci de faisabilité aux pièces inspirées des deux Testaments. Les études génétiques et comparatives des différents épisodes bibliques mis en scène aux xvie et xviie siècles interrogent la compatibilité entr]]></content:encoded>
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      <title>L’imagination littéraire comme force émancipatrice</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21385</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:44:17 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Rédigées entre novembre 2019 et juin 2020, les lettres de l’écrivaine et universitaire iranienne Azar Nafisi à son père décédé apparaissent brûlantes d’actualité, voire prophétiques dans leur analyse de la banalité du mal. Elles sont aussi le lieu de défense et illustration de la littérature, et des moyens qu’elle met à notre disposition, écrivains comme lecteurs, pour ne pas céder à la tentation facile du renoncement. Ces cinq lettres, dont le germe est né en octobre 2016 à l’aube du premier mandat de Donald Trump, se présentent comme des méditations conjointement autobiographiques et littéraires, inspirées par les événements emblématiques de la période : les émeutes sanglantes contre la République islamique en Iran, les manifestations consécutives à l’assassinat de Georges Floyd, la pandémie de Covid19, l’exacerbation du conflit israélo-palestinien… Azar Nafisi actualise ainsi la proposition fondatrice de Jean-Paul Sartre : « La fonction de l’écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne puisse s’en dire innocent1 ». Simultanément elle renouvelle et dépasse la conception existentialiste de l’engagement en ne prônant pas « une littérature résistante, mais […] la littérature comme résistance » (p. 26). Ainsi le fil rouge de Lire dangereusement est la puissance de l’imagination fictionnelle comme arme émancipatrice, en écho et prolongement à La République de l’imagination 2, où l’autrice convoquait ses auteurs américains favoris, le Mark Twain des Aventures d’Huckleberry Finn, Sinclair Lewis, Carson McCullers, James Baldwin. Azar Nafisi y affirmait déjà : Les histoires ne sont pas que fuites dans le rêve ou instruments de pouvoir et de contrôle politique. Elles nous relient à notre passé, elles nous fournissent une vision critique du présent et nous permettent de ne pas concevoir nos vies uniquement comme elles sont, mais comme elles devraient être ou pourraient devenir3. Dans Lire dangereusement, Azar Nafisi convoque à nouveau les auteurs qui ont joué un rôle fondateur dans la construction de son identité littéraire, humaine et politique : Salman Rushdie, Platon, Ray Bradbury, Nancy Hurston, Toni Morrison, David Grossman, Elliot Ackerman, Elias Khoury, Margareth Atwood, James Baldwin, Ta-Nehisi Coates. Chaque page nous parle d’émancipation : l’autrice réfléchit aux fondements d’une démocratie authentique, entendue comme une société où la vérité ne se confond pas avec le discours de ceux qui sont au pouvoir. Sa réflexion se</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21385/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2017.55.17.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='L’imagination littéraire comme force émancipatrice'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Rédigées entre novembre 2019 et juin 2020, les lettres de l’écrivaine et universitaire iranienne Azar Nafisi à son père décédé apparaissent brûlantes d’actualité, voire prophétiques dans leur analyse de la banalité du mal. Elles sont aussi le lieu de défense et illustration de la littérature, et des moyens qu’elle met à notre disposition, écrivains comme lecteurs, pour ne pas céder à la tentation facile du renoncement. Ces cinq lettres, dont le germe est né en octobre 2016 à l’aube du premier mandat de Donald Trump, se présentent comme des méditations conjointement autobiographiques et littéraires, inspirées par les événements emblématiques de la période : les émeutes sanglantes contre la République islamique en Iran, les manifestations consécutives à l’assassinat de Georges Floyd, la pandémie de Covid19, l’exacerbation du conflit israélo-palestinien… Azar Nafisi actualise ainsi la proposition fondatrice de Jean-Paul Sartre : « La fonction de l’écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne puisse s’en dire innocent1 ». Simultanément elle renouvelle et dépasse la conception existentialiste de l’engagement en ne prônant pas « une littérature résistante, mais […] la littérature comme résistance » (p. 26). Ainsi le fil rouge de Lire dangereusement est la puissance de l’imagination fictionnelle comme arme émancipatrice, en écho et prolongement à La République de l’imagination 2, où l’autrice convoquait ses auteurs américains favoris, le Mark Twain des Aventures d’Huckleberry Finn, Sinclair Lewis, Carson McCullers, James Baldwin. Azar Nafisi y affirmait déjà : Les histoires ne sont pas que fuites dans le rêve ou instruments de pouvoir et de contrôle politique. Elles nous relient à notre passé, elles nous fournissent une vision critique du présent et nous permettent de ne pas concevoir nos vies uniquement comme elles sont, mais comme elles devraient être ou pourraient devenir3. Dans Lire dangereusement, Azar Nafisi convoque à nouveau les auteurs qui ont joué un rôle fondateur dans la construction de son identité littéraire, humaine et politique : Salman Rushdie, Platon, Ray Bradbury, Nancy Hurston, Toni Morrison, David Grossman, Elliot Ackerman, Elias Khoury, Margareth Atwood, James Baldwin, Ta-Nehisi Coates. Chaque page nous parle d’émancipation : l’autrice réfléchit aux fondements d’une démocratie authentique, entendue comme une société où la vérité ne se confond pas avec le discours de ceux qui sont au pouvoir. Sa réflexion se]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>« Une présence complètement indispensable ». Quand Claude Lanzmann dictait ses mémoires. Entretien avec Juliette Simont sur la genèse du Lièvre de Patagonie</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21373</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:37:37 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Le 12 mars 2009, Claude Lanzmann, résistant, journaliste, réalisateur et intellectuel, publie le Lièvre de Patagonie — Mémoires dans la collection blanche des éditions Gallimard. S’ensuit une version poche dans la collection Folio en 2010. Récompensé du prix Saint-Simon et traduit dans plusieurs langues, le livre reçoit un accueil critique et commercial très favorable. Lanzmann y raconte son enfance pendant la Seconde Guerre mondiale, son engagement dans la Résistance, sa carrière de journalisme, son amitié avec Sartre, Beauvoir, et les autres membres du comité des Temps Modernes, mais aussi la réalisation de ses films sur Israël et sur la Shoah et son engagement contre la colonisation et pour la défense de l’État hébreu.  Le titre du livre tisse un lien entre le conte de Silvina Ocampo, écrivaine argentine, Le lièvre doré (en espagnol La liebre dorada), que Lanzmann appréciait, et la rencontre d’un lièvre sur une route proche d’El Calafate en Patagonie. Cette rencontre signifie pour l’auteur la plénitude du rapport au monde : « la Patagonie et moi nous étions vrais ensemble, le monde cessait d’être un décor 1 ». Juliette Simont est philosophe, spécialiste de Sartre, maître de recherches au Fonds National de la Recherche scientifique de Belgique. Elle a été directrice-adjointe des Temps Modernes de 2001 à 2018. En 2017, elle a dirigé un ouvrage collectif autour de l’œuvre Claude Lanzmann, intitulé Un voyant dans le siècle2. En 2005, elle avait convaincu Lanzmann d’écrire ses mémoires. Un usage laborieux de l’ordinateur poussa Lanzmann à dicter son récit à Juliette Simont. Au bout de quatre années de travail collaboratif, 560 pages sont publiées dans la collection blanche de Gallimard. Juliette Simont m’a raconté cette expérience singulière.  Nombreux sont les récits autobiographiques pour lesquels les auteurs et autrices ont recours à l’aide d’un interlocuteur ou d’une interlocutrice. Le travail collaboratif prend parfois la forme d’un entretien, comme Albert Memmi avec Victor Malka 3 ou, plus récemment, Etel Adnan avec Laure Adler 4. L’interlocuteur ou l’interlocutrice facilite ainsi le travail de narration, notamment grâce au jeu, quelquefois rhétorique, de question-réponse. Par sa présence physique et morale, l’interlocuteur ou l’interlocutrice assure un soutien, souvent déterminant, à la narration. Parfois, celui ou celle qui accompagne le travail d’écriture s’efface dans la rédaction définitive. Le cas qui nous occupe ici apporte un éclairage un peu d</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21373/couv_Simont_Lanzmann_Rybak.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='« Une présence complètement indispensable ». Quand Claude Lanzmann dictait ses mémoires. Entretien avec Juliette Simont sur la genèse du Lièvre de Patagonie'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le 12 mars 2009, Claude Lanzmann, résistant, journaliste, réalisateur et intellectuel, publie le Lièvre de Patagonie — Mémoires dans la collection blanche des éditions Gallimard. S’ensuit une version poche dans la collection Folio en 2010. Récompensé du prix Saint-Simon et traduit dans plusieurs langues, le livre reçoit un accueil critique et commercial très favorable. Lanzmann y raconte son enfance pendant la Seconde Guerre mondiale, son engagement dans la Résistance, sa carrière de journalisme, son amitié avec Sartre, Beauvoir, et les autres membres du comité des Temps Modernes, mais aussi la réalisation de ses films sur Israël et sur la Shoah et son engagement contre la colonisation et pour la défense de l’État hébreu.  Le titre du livre tisse un lien entre le conte de Silvina Ocampo, écrivaine argentine, Le lièvre doré (en espagnol La liebre dorada), que Lanzmann appréciait, et la rencontre d’un lièvre sur une route proche d’El Calafate en Patagonie. Cette rencontre signifie pour l’auteur la plénitude du rapport au monde : « la Patagonie et moi nous étions vrais ensemble, le monde cessait d’être un décor 1 ». Juliette Simont est philosophe, spécialiste de Sartre, maître de recherches au Fonds National de la Recherche scientifique de Belgique. Elle a été directrice-adjointe des Temps Modernes de 2001 à 2018. En 2017, elle a dirigé un ouvrage collectif autour de l’œuvre Claude Lanzmann, intitulé Un voyant dans le siècle2. En 2005, elle avait convaincu Lanzmann d’écrire ses mémoires. Un usage laborieux de l’ordinateur poussa Lanzmann à dicter son récit à Juliette Simont. Au bout de quatre années de travail collaboratif, 560 pages sont publiées dans la collection blanche de Gallimard. Juliette Simont m’a raconté cette expérience singulière.  Nombreux sont les récits autobiographiques pour lesquels les auteurs et autrices ont recours à l’aide d’un interlocuteur ou d’une interlocutrice. Le travail collaboratif prend parfois la forme d’un entretien, comme Albert Memmi avec Victor Malka 3 ou, plus récemment, Etel Adnan avec Laure Adler 4. L’interlocuteur ou l’interlocutrice facilite ainsi le travail de narration, notamment grâce au jeu, quelquefois rhétorique, de question-réponse. Par sa présence physique et morale, l’interlocuteur ou l’interlocutrice assure un soutien, souvent déterminant, à la narration. Parfois, celui ou celle qui accompagne le travail d’écriture s’efface dans la rédaction définitive. Le cas qui nous occupe ici apporte un éclairage un peu d]]></content:encoded>
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      <title>« Un léger trouble du langage » : Vertu et Rosalinde d’Anne Serre</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21364</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:33:04 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Cet article est le fruit d’une communication faite dans le cadre du séminaire Lectures sur le fil le 19 décembre 2025 à la bibliothèque de l’UFR de Langue française. Voilà plus de trente ans qu’Anne Serre publie des livres beaux et singuliers, que leurs couvertures étiquettent souvent comme romans, bien que le mot ne décrive qu’imparfaitement leur forme vagabonde. Jean-Pierre Richard1 avait très tôt senti l’importance et la singularité de cette œuvre. Sa physionomie s’est depuis redessinée, approfondie sans doute, assouplie et déployée assurément, en renouvelant ses images de prédilection ; mais l’écriture d’Anne Serre est restée fidèle à beaucoup de ses inflexions premières2.   Vertu et Rosalinde : on peut s’étonner qu’un livre paru en 2025 porte un titre qui le situe si visiblement hors du temps présent. On le dirait échappé à une pièce oubliée de Maeterlinck (Aglavaine et Sélysette, Alladine et Palomides ?) ou peut-être, plus près de nous, au dernier livre de Louise Glück (Marigold et Rose) ; à moins qu’Anne Serre n’ait pensé au Ginger and Fred de Fellini, cinéaste qu’elle aime tant qu’elle le glisse désormais au détour de chacun de ses livres ? Peut-être un peu de tout ça, ou bien rien : Anne Serre aime les devinettes irrésolues, et nous nous garderons bien de solder celle-ci. Au reste, je doute qu’elle tienne à enclore ses livres dans les titres qu’elle leur donne. À vrai dire, Vertu et Rosalinde n’a presque du roman que le nom : l’unité de ce livre en trente-trois historiettes réside dans sa narratrice — dans un foyer énonciatif qui agence secrètement ce qu’elle raconte, plutôt que dans le silhouettage de cette dernière, élusif et parfois contradictoire (on ne saura pas même son nom, qui change à mesure ou se dérobe). Gageons qu’Anne Serre s’y est employée très consciemment : […] tout l’intérêt du roman, c’est qu’on ne sait pas qui parle, et c’est pour ça qu’un roman est ensorcelant — enfin, un bon roman, c’est pour ça qu’un bon, un grand roman est ensorcelant, c’est justement à cause de ce mystère : qui parle ? qui est ce narrateur, qui est cette narratrice qui raconte une histoire ? Et c’est cette impossibilité de le localiser, de l’identifier, qui fait toute l’épaisseur du roman et le mystère du roman, et l’art du roman3. Langue La langue de la littérature   Anne Serre n’est pas le moins du monde stylisticienne : mais la langue est son affaire, comme écrivaine et comme lectrice. Entendons-nous toutefois : ce qui retient sa curiosité, c’est ce qu’e</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21364/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2018.01.36.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='« Un léger trouble du langage » : Vertu et Rosalinde d’Anne Serre'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Cet article est le fruit d’une communication faite dans le cadre du séminaire Lectures sur le fil le 19 décembre 2025 à la bibliothèque de l’UFR de Langue française. Voilà plus de trente ans qu’Anne Serre publie des livres beaux et singuliers, que leurs couvertures étiquettent souvent comme romans, bien que le mot ne décrive qu’imparfaitement leur forme vagabonde. Jean-Pierre Richard1 avait très tôt senti l’importance et la singularité de cette œuvre. Sa physionomie s’est depuis redessinée, approfondie sans doute, assouplie et déployée assurément, en renouvelant ses images de prédilection ; mais l’écriture d’Anne Serre est restée fidèle à beaucoup de ses inflexions premières2.   Vertu et Rosalinde : on peut s’étonner qu’un livre paru en 2025 porte un titre qui le situe si visiblement hors du temps présent. On le dirait échappé à une pièce oubliée de Maeterlinck (Aglavaine et Sélysette, Alladine et Palomides ?) ou peut-être, plus près de nous, au dernier livre de Louise Glück (Marigold et Rose) ; à moins qu’Anne Serre n’ait pensé au Ginger and Fred de Fellini, cinéaste qu’elle aime tant qu’elle le glisse désormais au détour de chacun de ses livres ? Peut-être un peu de tout ça, ou bien rien : Anne Serre aime les devinettes irrésolues, et nous nous garderons bien de solder celle-ci. Au reste, je doute qu’elle tienne à enclore ses livres dans les titres qu’elle leur donne. À vrai dire, Vertu et Rosalinde n’a presque du roman que le nom : l’unité de ce livre en trente-trois historiettes réside dans sa narratrice — dans un foyer énonciatif qui agence secrètement ce qu’elle raconte, plutôt que dans le silhouettage de cette dernière, élusif et parfois contradictoire (on ne saura pas même son nom, qui change à mesure ou se dérobe). Gageons qu’Anne Serre s’y est employée très consciemment : […] tout l’intérêt du roman, c’est qu’on ne sait pas qui parle, et c’est pour ça qu’un roman est ensorcelant — enfin, un bon roman, c’est pour ça qu’un bon, un grand roman est ensorcelant, c’est justement à cause de ce mystère : qui parle ? qui est ce narrateur, qui est cette narratrice qui raconte une histoire ? Et c’est cette impossibilité de le localiser, de l’identifier, qui fait toute l’épaisseur du roman et le mystère du roman, et l’art du roman3. Langue La langue de la littérature   Anne Serre n’est pas le moins du monde stylisticienne : mais la langue est son affaire, comme écrivaine et comme lectrice. Entendons-nous toutefois : ce qui retient sa curiosité, c’est ce qu’e]]></content:encoded>
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      <title>Shakespearean biography and the method of de-mastery </title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21363</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:25:49 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>All human, no being If there’s one thing we don’t need, it’s yet another biography of Shakespeare. It’s already remarkable that so much biographical material has been dedicated to a man about whom we know so little, and whose life – to the extent that we can discern it – was comparatively unexciting. He’s a far cry from Christopher Marlowe anyways. Who doesn’t want to read about a man who gets into street fights, counterfeits money, spies for the queen, and dies at the age of 29 at a disreputable bar with a knife in his eye? Now that’s entertainment. By contrast, the records we have for Shakespeare assure us of the man’s biological and bureaucratic existence, but little else. He lived, he litigated, he bought property, he died. That much is certain. But what about his personality, his character, his psyche? This, after all, is the stuff of biography. But there are no letters or diaries left by Shakespeare, and no sensational stories or accusations either. Just dull church records and legal documents.  Well, that’s not completely true. There are also the portraits. You’ve seen them. A balding middle-aged man who refuses to cut the hair he still has on the back and sides; a recently divorced line manager who decides to spice things up by getting an earring. The one surviving portrait of Marlowe – which, by the way, is almost certainly not of him (but that’s another story) – presents a dashing young rogue with a look of detached mischief in his eyes. Will, by contrast, stares back at us blank and expressionless. All human, no being. Just like the archive of Shakespeare’s life more generally: all zōē, no bios.  The method of de-mastery And yet this may be precisely where the interest lies. Images of Shakespeare elicit two immediate and contrasting reactions: that’s Shakespeare and who was Shakespeare? It’s this strange mixture of recognition and incognizance that forms the foudation of Shakespeare’s unique magnetism, that tractor beam of fascination that drives writers again and again to revisit his life. The allure of William Shakespeare, in other words, is not your typical allure. It’s of an entirely different order. It has something to do with what is not given rather than with what is. In that empty space between the dry factual outlines of a man is where we put our imagination, our desires, our questions, ourselves. Between those lines is also where Shakespeare’s plays and poems live – the body of work which connects us to him because they are both his an</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21363/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2017.52.24%20copie.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Shakespearean biography and the method of de-mastery '/></p><p style='text-align:center;'>**</p>All human, no being If there’s one thing we don’t need, it’s yet another biography of Shakespeare. It’s already remarkable that so much biographical material has been dedicated to a man about whom we know so little, and whose life – to the extent that we can discern it – was comparatively unexciting. He’s a far cry from Christopher Marlowe anyways. Who doesn’t want to read about a man who gets into street fights, counterfeits money, spies for the queen, and dies at the age of 29 at a disreputable bar with a knife in his eye? Now that’s entertainment. By contrast, the records we have for Shakespeare assure us of the man’s biological and bureaucratic existence, but little else. He lived, he litigated, he bought property, he died. That much is certain. But what about his personality, his character, his psyche? This, after all, is the stuff of biography. But there are no letters or diaries left by Shakespeare, and no sensational stories or accusations either. Just dull church records and legal documents.  Well, that’s not completely true. There are also the portraits. You’ve seen them. A balding middle-aged man who refuses to cut the hair he still has on the back and sides; a recently divorced line manager who decides to spice things up by getting an earring. The one surviving portrait of Marlowe – which, by the way, is almost certainly not of him (but that’s another story) – presents a dashing young rogue with a look of detached mischief in his eyes. Will, by contrast, stares back at us blank and expressionless. All human, no being. Just like the archive of Shakespeare’s life more generally: all zōē, no bios.  The method of de-mastery And yet this may be precisely where the interest lies. Images of Shakespeare elicit two immediate and contrasting reactions: that’s Shakespeare and who was Shakespeare? It’s this strange mixture of recognition and incognizance that forms the foudation of Shakespeare’s unique magnetism, that tractor beam of fascination that drives writers again and again to revisit his life. The allure of William Shakespeare, in other words, is not your typical allure. It’s of an entirely different order. It has something to do with what is not given rather than with what is. In that empty space between the dry factual outlines of a man is where we put our imagination, our desires, our questions, ourselves. Between those lines is also where Shakespeare’s plays and poems live – the body of work which connects us to him because they are both his an]]></content:encoded>
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      <title>La biographie shakespearienne : le non-savoir comme méthode</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21359</link>
      <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 18:19:29 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>S’il y a bien une chose dont nous n’avions sans doute pas besoin, c’est d’une nouvelle biographie de Shakespeare. Il est déjà remarquable que tant d’essais historiographiques aient été consacrés à un homme dont nous savons si peu de choses, et dont la vie ne fut pas vraiment passionnante — pour autant qu’on puisse en juger. Jusqu’à plus ample information, son existence fut bien éloignée du destin d’un Christopher Marlowe. Qui en effet se refuserait à lire l’histoire d’un homme qui prend part à des bagarres de rue, se lance dans la fabrication de fausse-monnaie, devient l’espion de la reine, et meurt à vingt-neuf ans dans un bar douteux, un couteau fiché dans l’œil ? On ne saurait rêver meilleur scénario. Une existence sans biographèmes Les rares documents conservés sur la vie de Shakespeare nous assurent platement de l’existence biologique et bureaucratique de cet homme, mais guère davantage. Il a vécu, il a plaidé, il a acheté des biens, il est mort. Voilà pour les certitudes. Mais qu’en est-il de sa personnalité, de son caractère, de sa psyché, qui forment, somme toute, le matériau d’une biographie ? Shakespeare ne nous a laissé ni lettres ni journaux intimes ; nous n’avons hérité d’aucune histoire sensationnelle à son sujet, et pas davantage d’actes d’accusation. Seulement des registres d’église et quelques fades documents juridiques.  La liste n’est pas tout à fait exacte : il faut aussi compter avec les portraits. Qui ne les a pas en mémoire ? Un homme d’âge moyen, chauve, qui refuse de couper les cheveux qu’il garde à l’arrière et sur les côtés ; une sorte de chef de bureau récemment divorcé qui aurait décidé de pimenter son apparence en s’offrant une boucle d’oreille. Par contraste, le seul portrait conservé de Marlowe — qui, soit dit en passant, n’est peut-être pas le sien (mais c’est une autre histoire) — présente un jeune voyou séduisant, avec un éclat de malice dans les yeux. Will, en revanche, nous regarde d’un œil vide, sans expression. Une personne, pas une personnalité. Les archives de la vie de Shakespeare ? Zōē, et non pas bios : une existence sans biographèmes. Le non-savoir comme méthode Et pourtant, c’est peut-être précisément dans cette tension que réside l’intérêt de toute biographie du dramaturge. Les images de Shakespeare suscitent deux réactions immédiates et contrastées : c’est Shakespeare et qui était Shakespeare ? C’est ce mélange étrange de reconnaissance et d’inconscience qui est à la source du magnétisme unique de Shakespeare</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21359/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-07-03%20a%CC%80%2017.52.24.png' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La biographie shakespearienne : le non-savoir comme méthode'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>S’il y a bien une chose dont nous n’avions sans doute pas besoin, c’est d’une nouvelle biographie de Shakespeare. Il est déjà remarquable que tant d’essais historiographiques aient été consacrés à un homme dont nous savons si peu de choses, et dont la vie ne fut pas vraiment passionnante — pour autant qu’on puisse en juger. Jusqu’à plus ample information, son existence fut bien éloignée du destin d’un Christopher Marlowe. Qui en effet se refuserait à lire l’histoire d’un homme qui prend part à des bagarres de rue, se lance dans la fabrication de fausse-monnaie, devient l’espion de la reine, et meurt à vingt-neuf ans dans un bar douteux, un couteau fiché dans l’œil ? On ne saurait rêver meilleur scénario. Une existence sans biographèmes Les rares documents conservés sur la vie de Shakespeare nous assurent platement de l’existence biologique et bureaucratique de cet homme, mais guère davantage. Il a vécu, il a plaidé, il a acheté des biens, il est mort. Voilà pour les certitudes. Mais qu’en est-il de sa personnalité, de son caractère, de sa psyché, qui forment, somme toute, le matériau d’une biographie ? Shakespeare ne nous a laissé ni lettres ni journaux intimes ; nous n’avons hérité d’aucune histoire sensationnelle à son sujet, et pas davantage d’actes d’accusation. Seulement des registres d’église et quelques fades documents juridiques.  La liste n’est pas tout à fait exacte : il faut aussi compter avec les portraits. Qui ne les a pas en mémoire ? Un homme d’âge moyen, chauve, qui refuse de couper les cheveux qu’il garde à l’arrière et sur les côtés ; une sorte de chef de bureau récemment divorcé qui aurait décidé de pimenter son apparence en s’offrant une boucle d’oreille. Par contraste, le seul portrait conservé de Marlowe — qui, soit dit en passant, n’est peut-être pas le sien (mais c’est une autre histoire) — présente un jeune voyou séduisant, avec un éclat de malice dans les yeux. Will, en revanche, nous regarde d’un œil vide, sans expression. Une personne, pas une personnalité. Les archives de la vie de Shakespeare ? Zōē, et non pas bios : une existence sans biographèmes. Le non-savoir comme méthode Et pourtant, c’est peut-être précisément dans cette tension que réside l’intérêt de toute biographie du dramaturge. Les images de Shakespeare suscitent deux réactions immédiates et contrastées : c’est Shakespeare et qui était Shakespeare ? C’est ce mélange étrange de reconnaissance et d’inconscience qui est à la source du magnétisme unique de Shakespeare]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Le souvenir colonial européen au Cameroun. Entre devoir mémoriel, restitution et reconquête identitaire en contexte postcolonial</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21344</link>
      <pubDate>Mon, 29 Jun 2026 11:11:27 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Les anciennes puissances coloniales européennes face à leur passé colonial1 sont, dans leur grande majorité, toujours confrontées à cette histoire brève pour les uns, mais qui soulève jusqu’à présent une longue et persistante question de mémoire,2 pour les autres. Par ce constat, l’épineuse question de l’expropriation du patrimoine culturel africain ainsi que sa restitution accompagnée des réparations, la recherche de provenance3, continue de susciter l’intérêt des intellectuels vu le caractère sacré et cultuel de ce patrimoine. On peut aussi ajouter à cela l’épineuse question des parties osseuses des ancêtres africains, amérindiens ou asiatiques et australiens. C’est dans cette mouvance que la place des écrivains [africains] dans la résurgence du passé colonial fait rebondir le débat avec plus d’attention et de considération de par leurs œuvres — aussi pluri- que transdisciplinaires — qui, on ne peut le nier, servent de médias pour accéder ou comprendre ce passé (tumultueux et traumatisant). En raison des atrocités du système colonial et des multiples traces physiques ou psychologiques voire traumatiques, ce passé peine à être oublié, compte tenu de l’existence des actes du « bourreau » sur son corollaire, la « victime » pendant la période coloniale. En effet, celui qui veut se consacrer au passé colonial sans passer par une perspective historique classique, devrait se poser certaines questions, comme l’auteur Richard Tsogang Fossi, notamment celles de savoir si le(s) passé(s) colonial(aux) mérite(nt) un autre regard que celui de l’historien « pur » face à cet éventail de paroles des écrivains et écrivaines qui font clairement mais avec beaucoup de créativité du matériau historique le sujet de leurs œuvres, auxquelles ils et elles confèrent en même temps une forte portée mémorielle. Ou bien comment faire resurgir la question mémorielle compte tenu de l’existence de ce matériau. Par cela, ces écrivaines et écrivains semblent montrer un autre regard sur leurs œuvres fondamentalement multi-perspectiviste et interdisciplinaire voire transdisciplinaire, ceci à travers les différentes techniques littéraires d’actualisation et de popularisation de ce passé colonial marqué par la confrontation ternaire germano-franco-anglaise dans la zone de contact camerounaise.  Le corpus de recherche de ce travail d’analyse que nous propose Richard Tsogang Fossi, est issu de trois sous-champs littéraires camerounais, à savoir le sous-champ francophone, germanophone et anglopho</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21344/Couv_Toyem_Fossi.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le souvenir colonial européen au Cameroun. Entre devoir mémoriel, restitution et reconquête identitaire en contexte postcolonial'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Les anciennes puissances coloniales européennes face à leur passé colonial1 sont, dans leur grande majorité, toujours confrontées à cette histoire brève pour les uns, mais qui soulève jusqu’à présent une longue et persistante question de mémoire,2 pour les autres. Par ce constat, l’épineuse question de l’expropriation du patrimoine culturel africain ainsi que sa restitution accompagnée des réparations, la recherche de provenance3, continue de susciter l’intérêt des intellectuels vu le caractère sacré et cultuel de ce patrimoine. On peut aussi ajouter à cela l’épineuse question des parties osseuses des ancêtres africains, amérindiens ou asiatiques et australiens. C’est dans cette mouvance que la place des écrivains [africains] dans la résurgence du passé colonial fait rebondir le débat avec plus d’attention et de considération de par leurs œuvres — aussi pluri- que transdisciplinaires — qui, on ne peut le nier, servent de médias pour accéder ou comprendre ce passé (tumultueux et traumatisant). En raison des atrocités du système colonial et des multiples traces physiques ou psychologiques voire traumatiques, ce passé peine à être oublié, compte tenu de l’existence des actes du « bourreau » sur son corollaire, la « victime » pendant la période coloniale. En effet, celui qui veut se consacrer au passé colonial sans passer par une perspective historique classique, devrait se poser certaines questions, comme l’auteur Richard Tsogang Fossi, notamment celles de savoir si le(s) passé(s) colonial(aux) mérite(nt) un autre regard que celui de l’historien « pur » face à cet éventail de paroles des écrivains et écrivaines qui font clairement mais avec beaucoup de créativité du matériau historique le sujet de leurs œuvres, auxquelles ils et elles confèrent en même temps une forte portée mémorielle. Ou bien comment faire resurgir la question mémorielle compte tenu de l’existence de ce matériau. Par cela, ces écrivaines et écrivains semblent montrer un autre regard sur leurs œuvres fondamentalement multi-perspectiviste et interdisciplinaire voire transdisciplinaire, ceci à travers les différentes techniques littéraires d’actualisation et de popularisation de ce passé colonial marqué par la confrontation ternaire germano-franco-anglaise dans la zone de contact camerounaise.  Le corpus de recherche de ce travail d’analyse que nous propose Richard Tsogang Fossi, est issu de trois sous-champs littéraires camerounais, à savoir le sous-champ francophone, germanophone et anglopho]]></content:encoded>
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      <title>Shoah et littératures : « Zakhor »</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21338</link>
      <pubDate>Mon, 29 Jun 2026 10:55:02 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Présenter l’essai original et substantiel d’Éléonore Hamaide sur l’iconotexte de la Shoah ne peut se faire que sous l’égide du souvenir, qu’il soit injonction ou allusion, rétrospection ou prospection, imaginaire ou réel. En effet, c’est à la page 215 de cet ouvrage que figure l’interpellation en hébreu « Zakhor » (p. 215) qui, comme le rappelle la note infrapaginale, est récurrente dans la Bible et signifie « souviens-toi ». Le choix de ce mot pour sous-titre de notre recension est emblématique de l’enjeu de l’ouvrage : loin de se cantonner à une injonction du devoir de mémoire, il entreprend une judicieuse confrontation entre l’histoire de la Shoah et celle de sa littérarisation en prenant appui sur W ou le souvenir d’enfance 1. Il s’agit de mesurer l’apport poïétique2 de cette « autobiographie » dans la relation du génocide aux jeunes lecteurs : le pari est audacieux. Béatrice Finet3 a déjà mis en exergue les points saillants de cet ouvrage en en reprenant la chronologie avec les titres émergents et en insistant sur sa complétude scientifique. Cependant sa richesse est telle qu’elle permet également de l’aborder sous un angle poïétique et mémoriel qui justifierait sa place dans la collection « Témoigner. Entre Histoire et Mémoire » des éditions KIMÉ, revue pluridisciplinaire de la Fondation Auschwitz. Pourquoi ? Comment ? La configuration de l’ouvrage permet d’abord de saisir quels sont les enjeux du souvenir de la catastrophe, puis la manière de les évoquer en littérature de jeunesse avant de se pencher finalement sur l’élargissement prospectif de la clausule. Un quadriptyque perecquien Premièrement le livre de 471 pages se présente comme un quadriptyque sur la Shoah dont chaque tableau repose sur une analyse transversale croisant l’hypotexte perecquien, la littérature générale testimoniale de l’indicible et les exploitations en littérature de jeunesse. Une double approche synchronique et diachronique permet de suivre l’évolution des représentations de la Shoah, tant textuelles qu’iconographiques suscitant ce que l’auteure nomme « lecture verbale » et « lecture iconologique ». Pourquoi avoir choisi Perec ? Outre le fait qu’Éléonore Hamaide a soutenu en 2008 une thèse sur les « influences, jeux d’échos, intertextualité entre l’œuvre de Georges Perec et la littérature de jeunesse des vingt dernières années4 », il faut noter son intérêt particulier pour l’album et le rapport texte/image ainsi qu’une appétence pour l’Oulipo et un topos historique récurrent</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21338/Couv_Hamaide_Meissonier.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Shoah et littératures : « Zakhor »'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Présenter l’essai original et substantiel d’Éléonore Hamaide sur l’iconotexte de la Shoah ne peut se faire que sous l’égide du souvenir, qu’il soit injonction ou allusion, rétrospection ou prospection, imaginaire ou réel. En effet, c’est à la page 215 de cet ouvrage que figure l’interpellation en hébreu « Zakhor » (p. 215) qui, comme le rappelle la note infrapaginale, est récurrente dans la Bible et signifie « souviens-toi ». Le choix de ce mot pour sous-titre de notre recension est emblématique de l’enjeu de l’ouvrage : loin de se cantonner à une injonction du devoir de mémoire, il entreprend une judicieuse confrontation entre l’histoire de la Shoah et celle de sa littérarisation en prenant appui sur W ou le souvenir d’enfance 1. Il s’agit de mesurer l’apport poïétique2 de cette « autobiographie » dans la relation du génocide aux jeunes lecteurs : le pari est audacieux. Béatrice Finet3 a déjà mis en exergue les points saillants de cet ouvrage en en reprenant la chronologie avec les titres émergents et en insistant sur sa complétude scientifique. Cependant sa richesse est telle qu’elle permet également de l’aborder sous un angle poïétique et mémoriel qui justifierait sa place dans la collection « Témoigner. Entre Histoire et Mémoire » des éditions KIMÉ, revue pluridisciplinaire de la Fondation Auschwitz. Pourquoi ? Comment ? La configuration de l’ouvrage permet d’abord de saisir quels sont les enjeux du souvenir de la catastrophe, puis la manière de les évoquer en littérature de jeunesse avant de se pencher finalement sur l’élargissement prospectif de la clausule. Un quadriptyque perecquien Premièrement le livre de 471 pages se présente comme un quadriptyque sur la Shoah dont chaque tableau repose sur une analyse transversale croisant l’hypotexte perecquien, la littérature générale testimoniale de l’indicible et les exploitations en littérature de jeunesse. Une double approche synchronique et diachronique permet de suivre l’évolution des représentations de la Shoah, tant textuelles qu’iconographiques suscitant ce que l’auteure nomme « lecture verbale » et « lecture iconologique ». Pourquoi avoir choisi Perec ? Outre le fait qu’Éléonore Hamaide a soutenu en 2008 une thèse sur les « influences, jeux d’échos, intertextualité entre l’œuvre de Georges Perec et la littérature de jeunesse des vingt dernières années4 », il faut noter son intérêt particulier pour l’album et le rapport texte/image ainsi qu’une appétence pour l’Oulipo et un topos historique récurrent]]></content:encoded>
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      <title>L’ère de la bienveillance</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21333</link>
      <pubDate>Tue, 23 Jun 2026 09:37:43 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21333</guid>
      <category>acta</category>
      <description>Dans un article célèbre de 1950, Nathalie Sarraute annonçait « l’ère du soupçon ». Cette expression, transformée en mot d’ordre, n’a été, depuis lors, que trop entendue et une part significative du programme intellectuel assumé par la postmodernité a consisté en une relecture soupçonneuse de la modernité, c’est-à-dire à la fois des œuvres et des principes qui la constituent. L’essai récent de Vincent Debaene, La Source et le signe, pourrait, notamment, être lu comme une tentative pour ouvrir une nouvelle ère, moins dominée par le soupçon que par la bienveillance : il affirme ainsi « l’exigence de contextualisations multiples et de bienveillance herméneutique » (p. 268). Du soupçon à la bienveillance  Le corpus auquel il s’attache offre, de fait, un terrain de prédilection pour engager une réflexion sur les enjeux inhérents à la lecture et à ses implications politiques. Écrivant à l’époque coloniale, souvent sur commande des instances impériales françaises et, assurément, sous la domination de paradigmes métropolitains, Paul Hazoumé, Fily Dabo Sissoko et Jean-Joseph Rabearivelo illustrent la littérature africaine et malgache d’expression française à ses débuts, avant que la revendication de la négritude ne lui donne une autre tournure, poétique et politique. C’est pourquoi ces œuvres ne semblent pouvoir s’intégrer à un récit historique que négativement, pour ce qu’elles ne sont pas, ou pas encore : leur signification n’est pas étroitement liée à un désir d’émancipation et elles n’ont guère contribué à la réaffirmation d’identités nationales contre la propagande coloniale. Il ne fait pas de doute que, pour beaucoup, cette (relative) faiblesse politique justifie l’oubli dans lequel ces écrivains et leurs œuvres ont sombré. Tout au contraire, Vincent Debaene retourne ces prétendues faiblesses en occasions d’une réflexion magistrale sur les lectures possibles aujourd’hui de textes portant l’empreinte profonde d’une domination politique et culturelle. Anthropologie et littérature La réflexion débute, d’ailleurs, par un détour dont le sens et l’opportunité apparaissent de plus en plus clairement au fil de la lecture de l’ensemble. Opposant les fondements et les méthodes de l’anthropologie française et de l’anthropologie anglo-saxonne, Vincent Debaene montre que la première s’est constituée dans un double rejet de la littérature et de l’exotisme touristique, revendiquant fermement son statut scientifique. Il en est résulté une méfiance intrinsèque pour la parole i</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21333/couverture_nau_debaene.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='L’ère de la bienveillance'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans un article célèbre de 1950, Nathalie Sarraute annonçait « l’ère du soupçon ». Cette expression, transformée en mot d’ordre, n’a été, depuis lors, que trop entendue et une part significative du programme intellectuel assumé par la postmodernité a consisté en une relecture soupçonneuse de la modernité, c’est-à-dire à la fois des œuvres et des principes qui la constituent. L’essai récent de Vincent Debaene, La Source et le signe, pourrait, notamment, être lu comme une tentative pour ouvrir une nouvelle ère, moins dominée par le soupçon que par la bienveillance : il affirme ainsi « l’exigence de contextualisations multiples et de bienveillance herméneutique » (p. 268). Du soupçon à la bienveillance  Le corpus auquel il s’attache offre, de fait, un terrain de prédilection pour engager une réflexion sur les enjeux inhérents à la lecture et à ses implications politiques. Écrivant à l’époque coloniale, souvent sur commande des instances impériales françaises et, assurément, sous la domination de paradigmes métropolitains, Paul Hazoumé, Fily Dabo Sissoko et Jean-Joseph Rabearivelo illustrent la littérature africaine et malgache d’expression française à ses débuts, avant que la revendication de la négritude ne lui donne une autre tournure, poétique et politique. C’est pourquoi ces œuvres ne semblent pouvoir s’intégrer à un récit historique que négativement, pour ce qu’elles ne sont pas, ou pas encore : leur signification n’est pas étroitement liée à un désir d’émancipation et elles n’ont guère contribué à la réaffirmation d’identités nationales contre la propagande coloniale. Il ne fait pas de doute que, pour beaucoup, cette (relative) faiblesse politique justifie l’oubli dans lequel ces écrivains et leurs œuvres ont sombré. Tout au contraire, Vincent Debaene retourne ces prétendues faiblesses en occasions d’une réflexion magistrale sur les lectures possibles aujourd’hui de textes portant l’empreinte profonde d’une domination politique et culturelle. Anthropologie et littérature La réflexion débute, d’ailleurs, par un détour dont le sens et l’opportunité apparaissent de plus en plus clairement au fil de la lecture de l’ensemble. Opposant les fondements et les méthodes de l’anthropologie française et de l’anthropologie anglo-saxonne, Vincent Debaene montre que la première s’est constituée dans un double rejet de la littérature et de l’exotisme touristique, revendiquant fermement son statut scientifique. Il en est résulté une méfiance intrinsèque pour la parole i]]></content:encoded>
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      <title>Les mosaïques de l’Eros : un grand XVIIIe siècle qui aime aimer</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21329</link>
      <pubDate>Tue, 23 Jun 2026 09:31:45 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>L’édition 2024 et au format de poche des Leçons d’amour des Lumières remet à la disposition des lecteurs curieux le bel essai de Stéphanie Loubère, initialement paru en 2011 aux mêmes éditions Classiques Garnier1. L’eros, dans toutes ses déclinaisons poétiques, stylistiques, esthétiques mais aussi sociologiques, constitue le fil rouge d’une œuvre critique menée depuis la thèse de l’autrice jusqu’à ses travaux les plus récents. En 2007, elle faisait paraître L’Art d’aimer au siècle des Lumières 2, ouvrage où elle engageait une véritable enquête archéologique : la piste d’Ovide dans la littérature du xviiie siècle se transformait en exploration épistémologique, destinée à saisir l’une des obsessions majeures du siècle — l’amour. En 2023, La Muse légère 3 s’attaque à un autre angle mort des études dix-huitiémistes : la poésie. Stéphanie Loubère y interroge la production hédoniste des vers légers, révélatrice d’un art de vivre et de penser propre aux Hommes des Lumières. Leçons d’amour des Lumières s’inscrit au cœur d’un itinéraire intellectuel, attaché à dévoiler ce qui fut sans doute la grande passion du siècle de la raison : non pas tant célébrer l’amour que le comprendre. Désormais disponible en format de poche, l’ouvrage propose en 2024 une lecture pour qui souhaite saisir, à travers l’analyse qu’en propose Stéphanie Loubère, l’épopée intellectuelle d’un eros éclairé, sensible et rationnel (ou non). L’ambition de l’autrice est claire : décrire, classer, modéliser les formes multiples qu’ont pu prendre, au xviiie siècle, les arts d’aimer. Qu’il s’agisse de textes visant à expliquer ou à enseigner l’amour, ou de fragments romanesques et théâtraux insérés dans des œuvres plus vastes et proposant, à travers un personnage ou un dialogue, de véritables systèmes amoureux, l’ouvrage cherche avant tout à exhausser la pensée de l’amour au fil du siècle. Dépassant les bornes strictes du xviiie siècle pour prolonger la réflexion jusqu’à Balzac4, Stéphanie Loubère, sans jamais quitter Ovide — véritable matrice de la pensée amoureuse des Lumières — met au jour les mécanismes intellectuels de l’amour : entre rationalisation extrême, didactisme sentimental, exploration libertine du corps et satire philosophique. Car l’amour, ici, ne se pense jamais sans philosophie, sans politique, et surtout sans morale. Cette vaste enquête, qui s’élance à travers le siècle et au-delà, met systématiquement en tension les discours, les modèles et les imaginaires amoureux, en les confront</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21329/Couv_de_sousa_loubere_lumieres.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Les mosaïques de l’Eros : un grand XVIIIe siècle qui aime aimer'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’édition 2024 et au format de poche des Leçons d’amour des Lumières remet à la disposition des lecteurs curieux le bel essai de Stéphanie Loubère, initialement paru en 2011 aux mêmes éditions Classiques Garnier1. L’eros, dans toutes ses déclinaisons poétiques, stylistiques, esthétiques mais aussi sociologiques, constitue le fil rouge d’une œuvre critique menée depuis la thèse de l’autrice jusqu’à ses travaux les plus récents. En 2007, elle faisait paraître L’Art d’aimer au siècle des Lumières 2, ouvrage où elle engageait une véritable enquête archéologique : la piste d’Ovide dans la littérature du xviiie siècle se transformait en exploration épistémologique, destinée à saisir l’une des obsessions majeures du siècle — l’amour. En 2023, La Muse légère 3 s’attaque à un autre angle mort des études dix-huitiémistes : la poésie. Stéphanie Loubère y interroge la production hédoniste des vers légers, révélatrice d’un art de vivre et de penser propre aux Hommes des Lumières. Leçons d’amour des Lumières s’inscrit au cœur d’un itinéraire intellectuel, attaché à dévoiler ce qui fut sans doute la grande passion du siècle de la raison : non pas tant célébrer l’amour que le comprendre. Désormais disponible en format de poche, l’ouvrage propose en 2024 une lecture pour qui souhaite saisir, à travers l’analyse qu’en propose Stéphanie Loubère, l’épopée intellectuelle d’un eros éclairé, sensible et rationnel (ou non). L’ambition de l’autrice est claire : décrire, classer, modéliser les formes multiples qu’ont pu prendre, au xviiie siècle, les arts d’aimer. Qu’il s’agisse de textes visant à expliquer ou à enseigner l’amour, ou de fragments romanesques et théâtraux insérés dans des œuvres plus vastes et proposant, à travers un personnage ou un dialogue, de véritables systèmes amoureux, l’ouvrage cherche avant tout à exhausser la pensée de l’amour au fil du siècle. Dépassant les bornes strictes du xviiie siècle pour prolonger la réflexion jusqu’à Balzac4, Stéphanie Loubère, sans jamais quitter Ovide — véritable matrice de la pensée amoureuse des Lumières — met au jour les mécanismes intellectuels de l’amour : entre rationalisation extrême, didactisme sentimental, exploration libertine du corps et satire philosophique. Car l’amour, ici, ne se pense jamais sans philosophie, sans politique, et surtout sans morale. Cette vaste enquête, qui s’élance à travers le siècle et au-delà, met systématiquement en tension les discours, les modèles et les imaginaires amoureux, en les confront]]></content:encoded>
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      <title>Un « Grand Siècle » lézardé ? Les pratiques de l’écrit des artistes français</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16941</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 16:58:25 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>L’idée selon laquelle le règne de Louis XIV aurait vu la perfection des pratiques artistiques en France ainsi que l’accès des artistes à un nouveau crédit social, aux côtés des hommes de lettres et des savants, est très présente dans l’historiographie des arts du « Grand Siècle ». Cette dernière s’est ainsi amplement consacrée aux mutations socio-professionnelles (Heinich, 1993 ; Schnapper, 2004), à la naissance de l’Académie royale de peinture et de sculpture et à l’émergence d’une théorie de l’art. Pareilles orientations épousent la conception des « hommes illustres » de Charles Perrault, selon lequel la célébration du pouvoir culturel de la monarchie française ne saurait omettre les artistes : « comme l’intention principale de ce recueil est de faire honneur à notre siècle, on a crû ne devoir pas oublier ceux qui ont excellé dans les beaux-arts et dont les ouvrages n’ont pas moins élevé la France au-dessus des autres États que les prodiges de valeur de nos grands capitaines, que la sagesse consommée de nos grands politiques et que les admirables découvertes que nos gens de lettres ont faites dans toutes les sciences ». Dans un même élan, l’historiographie des arts tend à créditer les peintres et sculpteurs conférenciers de l’Académie royale de peinture et de sculpture de qualités d’analyse et d’expression1, particulièrement Charles Le Brun. L’idée que l’on se fait de la conférence de ce dernier sur l’expression des passions continue de nourrir sa réputation de véritable théoricien2. Lorsque l’idée de « Grand Siècle » a été et est aujourd’hui discutée en matière d’arts français, c’est prioritairement autour des effets des besoins apologétiques sur les milieux et la création artistiques. Pourtant, supposer que les lettres et les arts aient pu suivre des logiques similaires mérite tout autant d’être critiqué. Certes, en France, au xviie siècle, les arts comme les lettres sont également marqués par la naissance d’une académie, les réflexions sur les règles de l’art, la mise en place d’instances de légitimation internes ou encore l’élargissement de la demande sociale et le développement d’un marché3. On sait néanmoins à quel point les académies (gens de lettres, peinture et sculpture, architecture, etc.) sont différentes dans leurs origines, dans leur organisation interne et leurs activités, ainsi que dans leur rapport au pouvoir royal. On ne peut guère comparer les quelques peintres qui s’affranchissent de la maîtrise, aux écrivains engagés dans un processu</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Un « Grand Siècle » lézardé ? Les pratiques de l’écrit des artistes français'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’idée selon laquelle le règne de Louis XIV aurait vu la perfection des pratiques artistiques en France ainsi que l’accès des artistes à un nouveau crédit social, aux côtés des hommes de lettres et des savants, est très présente dans l’historiographie des arts du « Grand Siècle ». Cette dernière s’est ainsi amplement consacrée aux mutations socio-professionnelles (Heinich, 1993 ; Schnapper, 2004), à la naissance de l’Académie royale de peinture et de sculpture et à l’émergence d’une théorie de l’art. Pareilles orientations épousent la conception des « hommes illustres » de Charles Perrault, selon lequel la célébration du pouvoir culturel de la monarchie française ne saurait omettre les artistes : « comme l’intention principale de ce recueil est de faire honneur à notre siècle, on a crû ne devoir pas oublier ceux qui ont excellé dans les beaux-arts et dont les ouvrages n’ont pas moins élevé la France au-dessus des autres États que les prodiges de valeur de nos grands capitaines, que la sagesse consommée de nos grands politiques et que les admirables découvertes que nos gens de lettres ont faites dans toutes les sciences ». Dans un même élan, l’historiographie des arts tend à créditer les peintres et sculpteurs conférenciers de l’Académie royale de peinture et de sculpture de qualités d’analyse et d’expression1, particulièrement Charles Le Brun. L’idée que l’on se fait de la conférence de ce dernier sur l’expression des passions continue de nourrir sa réputation de véritable théoricien2. Lorsque l’idée de « Grand Siècle » a été et est aujourd’hui discutée en matière d’arts français, c’est prioritairement autour des effets des besoins apologétiques sur les milieux et la création artistiques. Pourtant, supposer que les lettres et les arts aient pu suivre des logiques similaires mérite tout autant d’être critiqué. Certes, en France, au xviie siècle, les arts comme les lettres sont également marqués par la naissance d’une académie, les réflexions sur les règles de l’art, la mise en place d’instances de légitimation internes ou encore l’élargissement de la demande sociale et le développement d’un marché3. On sait néanmoins à quel point les académies (gens de lettres, peinture et sculpture, architecture, etc.) sont différentes dans leurs origines, dans leur organisation interne et leurs activités, ainsi que dans leur rapport au pouvoir royal. On ne peut guère comparer les quelques peintres qui s’affranchissent de la maîtrise, aux écrivains engagés dans un processu]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Traduire le « Grand Siècle » : le cas de l’historien de l’art norvégien Jens Thiis (1870-1942)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16927</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 16:08:53 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>En 1932, Henri Verne (1880-1949), alors directeur des Musées nationaux et de l’École du Louvre, propose de traduire du norvégien le tome III de l’œuvre de Jens Thiis [fig. 1] Fransk aand og kunst [L’Esprit et l’art français] (1917-1939), intitulé Det store aarhundrede [Le Grand Siècle] (1930) [fig. 2]. Ce projet, dont nous retracerons la genèse et les principales étapes dans cet article, témoigne des dynamiques d’échanges culturels et scientifiques entre la France et la Norvège durant une décennie marquée par le renforcement des idéologies nationalistes en Europe. D’abord, l’usage de certaines notions historiographiques dans l’ouvrage de Thiis, telles que « le classicisme français », le « Grand Siècle » ou le « Siècle de Louis XIV », révèle les mutations sémantiques que subissent ces notions lorsqu’elles circulent dans une nouvelle tradition intellectuelle. Ensuite, la réception française des trois premiers tomes de l’œuvre, étalée sur près de vingt ans, donne lieu à une seconde mise en circulation de ces mêmes notions, désormais dictée par les choix de sélection qui s’opèrent dans tout processus de traduction. Ainsi, dans un contexte d’intérêt accru pour le rayonnement de l’art français dans le monde, s’agit-il de comprendre les stratégies d’influence et de positionnement propres aux relations intellectuelles asymétriques entre la France et la Norvège, deux pays que l’on peut qualifier, au moins dans le cadre des échanges intellectuels, de « centre » et de « semi-périphérie » (Nygård, 2022). Associée à la notion de transfert culturel, expliquée et analysée dans les travaux fondamentaux de Michel Espagne, l’étude de ces stratégies met en lumière les vecteurs politiques, linguistiques ou sociaux déterminants dans l’importation des concepts historiographiques étrangers (Espagne, 2009 ; 2013). Cet article vise ainsi à explorer comment ces concepts historiographiques français, et notamment la notion de « Grand Siècle », circulent vers la Norvège, y sont appropriés et discutés, puis sont réintroduits en France dans le contexte politique et intellectuel des années 1930.  Fig. 1 : Jens Thiis (1870–1942), historien de l’art et directeur de la Galerie nationale de Norvège entre 1908 et 1941. Photographie d’Ernest Rude, 1924. ©Oslo Museum.  Fig. 2 : Frontispice du troisième tome de L’Esprit et l’art français de Jens Thiis, intitulé Det store aarhundrede [Le Grand Siècle]. L’Esprit et l’art français : une œuvre tentaculaire à la croisée des traditions intellectuelles</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Traduire le « Grand Siècle » : le cas de l’historien de l’art norvégien Jens Thiis (1870-1942)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En 1932, Henri Verne (1880-1949), alors directeur des Musées nationaux et de l’École du Louvre, propose de traduire du norvégien le tome III de l’œuvre de Jens Thiis [fig. 1] Fransk aand og kunst [L’Esprit et l’art français] (1917-1939), intitulé Det store aarhundrede [Le Grand Siècle] (1930) [fig. 2]. Ce projet, dont nous retracerons la genèse et les principales étapes dans cet article, témoigne des dynamiques d’échanges culturels et scientifiques entre la France et la Norvège durant une décennie marquée par le renforcement des idéologies nationalistes en Europe. D’abord, l’usage de certaines notions historiographiques dans l’ouvrage de Thiis, telles que « le classicisme français », le « Grand Siècle » ou le « Siècle de Louis XIV », révèle les mutations sémantiques que subissent ces notions lorsqu’elles circulent dans une nouvelle tradition intellectuelle. Ensuite, la réception française des trois premiers tomes de l’œuvre, étalée sur près de vingt ans, donne lieu à une seconde mise en circulation de ces mêmes notions, désormais dictée par les choix de sélection qui s’opèrent dans tout processus de traduction. Ainsi, dans un contexte d’intérêt accru pour le rayonnement de l’art français dans le monde, s’agit-il de comprendre les stratégies d’influence et de positionnement propres aux relations intellectuelles asymétriques entre la France et la Norvège, deux pays que l’on peut qualifier, au moins dans le cadre des échanges intellectuels, de « centre » et de « semi-périphérie » (Nygård, 2022). Associée à la notion de transfert culturel, expliquée et analysée dans les travaux fondamentaux de Michel Espagne, l’étude de ces stratégies met en lumière les vecteurs politiques, linguistiques ou sociaux déterminants dans l’importation des concepts historiographiques étrangers (Espagne, 2009 ; 2013). Cet article vise ainsi à explorer comment ces concepts historiographiques français, et notamment la notion de « Grand Siècle », circulent vers la Norvège, y sont appropriés et discutés, puis sont réintroduits en France dans le contexte politique et intellectuel des années 1930.  Fig. 1 : Jens Thiis (1870–1942), historien de l’art et directeur de la Galerie nationale de Norvège entre 1908 et 1941. Photographie d’Ernest Rude, 1924. ©Oslo Museum.  Fig. 2 : Frontispice du troisième tome de L’Esprit et l’art français de Jens Thiis, intitulé Det store aarhundrede [Le Grand Siècle]. L’Esprit et l’art français : une œuvre tentaculaire à la croisée des traditions intellectuelles]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>D’un « retour » du bon goût en France au goût français ? Les inspirations étrangères dans les récits de la genèse du goût français (1650-1700)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16918</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 15:18:21 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Roger de Piles, dans son Abrégé de la vie des peintres (1699), admet que « le goût français a toujours été si partagé, qu’il est difficile d’en donner une idée bien juste : car il paraît que les peintres de cette nation ont été dans leurs ouvrages assez différents les uns des autres » (De Piles, 1699, p. 532)1. Certains, ajoute-t-il, ont pris le goût tantôt de Rome, tantôt de Venise, tandis que d’autres « ont mis toute leur industrie à imiter la Nature telle qu’ils la croyaient voir », à l’inverse de ceux qui ont suivi le goût de l’Antique (De Piles, 1699, p. 532). Cette difficulté à cerner le goût français peut paraître étonnante, à une époque où les artistes comme les intellectuels – Abraham Bosse (Bosse, 1649, p. 26-27), André Félibien (Félibien, 1672, p. 61), Gérard Audran (Audran, 1683, Préface, n. p.), ou encore Charles Perrault (Perrault, 1688, p. 40-41), entre autres – tentent activement de définir ce qu’est le bon goût, le mauvais goût, et le goût des nations. Roger de Piles n’a d’ailleurs pas de mal à faire la différence entre les goûts romain, vénitien, lombard, et entre les goûts allemand et flamand (De Piles, 1699, p. 528-532).  Mais rares sont les tentatives explicites de définir le goût français dans l’abondante littérature artistique de la seconde moitié du xviie siècle : le Bernin, cité par Paul Fréart de Chantelou par trois fois dans le récit de son voyage en France, ne propose qu’une définition négative de la manière des Français qu’il décrit comme « petite, triste et menue » (Fréart de Chantelou, 1885, p. 138, 153, 155). Pour cause, les auteurs tentant de définir le goût français dans la littérature artistique de la seconde moitié du xviie siècle sont face à une double difficulté, qui est celle de ses bornes chronologiques, mais aussi de ce qui peut être considéré comme proprement « français ». La France a bien vu naître des artistes avant la première moitié du xviie siècle, mais selon De Piles, « leurs ouvrages néanmoins n’ont rien d’assez considérable pour attirer l’attention des curieux de notre siècle » (De Piles, 1699, p. 458)2. Ils témoignent bien plus d’un goût qu’il qualifie ailleurs de « fade et barbare » avant que Simon Vouet commençât « d’y introduire le bon goût, conjointement avec Blanchart » (De Piles, 1699, p. 457). Le retour du bon goût en France serait donc lié au retour de peintres dont la carrière et la manière sont marquées par l’Italie3. Ainsi, pour la plupart des auteurs de littérature artistique du second xviie si</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='D’un « retour » du bon goût en France au goût français ? Les inspirations étrangères dans les récits de la genèse du goût français (1650-1700)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Roger de Piles, dans son Abrégé de la vie des peintres (1699), admet que « le goût français a toujours été si partagé, qu’il est difficile d’en donner une idée bien juste : car il paraît que les peintres de cette nation ont été dans leurs ouvrages assez différents les uns des autres » (De Piles, 1699, p. 532)1. Certains, ajoute-t-il, ont pris le goût tantôt de Rome, tantôt de Venise, tandis que d’autres « ont mis toute leur industrie à imiter la Nature telle qu’ils la croyaient voir », à l’inverse de ceux qui ont suivi le goût de l’Antique (De Piles, 1699, p. 532). Cette difficulté à cerner le goût français peut paraître étonnante, à une époque où les artistes comme les intellectuels – Abraham Bosse (Bosse, 1649, p. 26-27), André Félibien (Félibien, 1672, p. 61), Gérard Audran (Audran, 1683, Préface, n. p.), ou encore Charles Perrault (Perrault, 1688, p. 40-41), entre autres – tentent activement de définir ce qu’est le bon goût, le mauvais goût, et le goût des nations. Roger de Piles n’a d’ailleurs pas de mal à faire la différence entre les goûts romain, vénitien, lombard, et entre les goûts allemand et flamand (De Piles, 1699, p. 528-532).  Mais rares sont les tentatives explicites de définir le goût français dans l’abondante littérature artistique de la seconde moitié du xviie siècle : le Bernin, cité par Paul Fréart de Chantelou par trois fois dans le récit de son voyage en France, ne propose qu’une définition négative de la manière des Français qu’il décrit comme « petite, triste et menue » (Fréart de Chantelou, 1885, p. 138, 153, 155). Pour cause, les auteurs tentant de définir le goût français dans la littérature artistique de la seconde moitié du xviie siècle sont face à une double difficulté, qui est celle de ses bornes chronologiques, mais aussi de ce qui peut être considéré comme proprement « français ». La France a bien vu naître des artistes avant la première moitié du xviie siècle, mais selon De Piles, « leurs ouvrages néanmoins n’ont rien d’assez considérable pour attirer l’attention des curieux de notre siècle » (De Piles, 1699, p. 458)2. Ils témoignent bien plus d’un goût qu’il qualifie ailleurs de « fade et barbare » avant que Simon Vouet commençât « d’y introduire le bon goût, conjointement avec Blanchart » (De Piles, 1699, p. 457). Le retour du bon goût en France serait donc lié au retour de peintres dont la carrière et la manière sont marquées par l’Italie3. Ainsi, pour la plupart des auteurs de littérature artistique du second xviie si]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Les arts du spectacle au service de la foi et de la grandeur : les fêtes du parti de France à Rome en 1686</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16907</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 14:55:47 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16907</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Comment servir son monarque et célébrer sa grandeur lorsqu’on ne vit pas dans sa proximité ? Telle était la tâche complexe qui était explicitement assignée aux ambassadeurs de Louis XIV et, de manière tacite, aux sujets du roi de France qui résidaient hors des frontières du royaume, en particulier aux femmes de la noblesse ayant épousé des étrangers. La présente enquête trouve son origine dans la lecture d’un avviso envoyé de Rome en avril 16861. Le document en question rapporte que Marie-Anne de La Trémoille (1642-1722), alors duchesse de Bracciano et future Princesse des Ursins, organisa dans son palais sur la place Navone, le 28 et le 29 avril, une académie de musique et de chant afin de célébrer la conversion des huguenots et le rôle joué par le roi très chrétien : Dimanche et lundi eut lieu en présence des susdites altesses royales en l’honneur du roi très chrétien une académie de musique et de chants dans le palais de la princesse de Bracciano, faisant allusion à la conversion des huguenots2 (notre traduction). À l’époque, les accademie di musica, ou per musica, renvoyaient autant à de grands concerts qu’à des concerts en effectif réduit, comme ce fut ici probablement le cas. Celle qu’organisa Christine de Suède (1626-1689) au palais Riario de Rome en 1687 pour fêter l’arrivée sur le trône de Jacques II d’Angleterre rassembla, sur une composition de Bernardo Pasquini, les virtuosi de la reine, cent cinquante instruments à archet dirigés par Arcangelo Corelli et cent choristes, et elle marqua les esprits pour longtemps. Derrière les « susdites altesses royales » que mentionne l’avviso se cachent assurément Charles III Ferdinand de Gonzague (1652-1708), duc de Mantoue, et peut-être ladite Christine de Suède, mentionnée à plusieurs reprises dans les avvisi précédents appartenant à la même série.  Marie-Anne de La Trémoille, qui, en 1675, avait épousé en secondes noces le chef du parti francophile à Rome, Flavio Orsini, duc de Bracciano, avait acquis l’estime et la considération d’un grand nombre de cardinaux. Son union avec le duc de Bracciano avait été orchestrée, avec le soutien de Louis XIV, par François-Annibal d’Estrées (1623-1687), ambassadeur de France à Rome, secondé par son frère, le cardinal César d’Estrées (1628-1714). Ce mariage était le fruit de la diplomatie matrimoniale française, qui visait à détacher les princes d’Italie de l’Autriche, la grande rivale. La diplomatie de Louis XIV, qui avait régulièrement recours aux relations familiales</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Les arts du spectacle au service de la foi et de la grandeur : les fêtes du parti de France à Rome en 1686'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Comment servir son monarque et célébrer sa grandeur lorsqu’on ne vit pas dans sa proximité ? Telle était la tâche complexe qui était explicitement assignée aux ambassadeurs de Louis XIV et, de manière tacite, aux sujets du roi de France qui résidaient hors des frontières du royaume, en particulier aux femmes de la noblesse ayant épousé des étrangers. La présente enquête trouve son origine dans la lecture d’un avviso envoyé de Rome en avril 16861. Le document en question rapporte que Marie-Anne de La Trémoille (1642-1722), alors duchesse de Bracciano et future Princesse des Ursins, organisa dans son palais sur la place Navone, le 28 et le 29 avril, une académie de musique et de chant afin de célébrer la conversion des huguenots et le rôle joué par le roi très chrétien : Dimanche et lundi eut lieu en présence des susdites altesses royales en l’honneur du roi très chrétien une académie de musique et de chants dans le palais de la princesse de Bracciano, faisant allusion à la conversion des huguenots2 (notre traduction). À l’époque, les accademie di musica, ou per musica, renvoyaient autant à de grands concerts qu’à des concerts en effectif réduit, comme ce fut ici probablement le cas. Celle qu’organisa Christine de Suède (1626-1689) au palais Riario de Rome en 1687 pour fêter l’arrivée sur le trône de Jacques II d’Angleterre rassembla, sur une composition de Bernardo Pasquini, les virtuosi de la reine, cent cinquante instruments à archet dirigés par Arcangelo Corelli et cent choristes, et elle marqua les esprits pour longtemps. Derrière les « susdites altesses royales » que mentionne l’avviso se cachent assurément Charles III Ferdinand de Gonzague (1652-1708), duc de Mantoue, et peut-être ladite Christine de Suède, mentionnée à plusieurs reprises dans les avvisi précédents appartenant à la même série.  Marie-Anne de La Trémoille, qui, en 1675, avait épousé en secondes noces le chef du parti francophile à Rome, Flavio Orsini, duc de Bracciano, avait acquis l’estime et la considération d’un grand nombre de cardinaux. Son union avec le duc de Bracciano avait été orchestrée, avec le soutien de Louis XIV, par François-Annibal d’Estrées (1623-1687), ambassadeur de France à Rome, secondé par son frère, le cardinal César d’Estrées (1628-1714). Ce mariage était le fruit de la diplomatie matrimoniale française, qui visait à détacher les princes d’Italie de l’Autriche, la grande rivale. La diplomatie de Louis XIV, qui avait régulièrement recours aux relations familiales]]></content:encoded>
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      <title>Un regard italien sur l’art français en 1625 </title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16895</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 14:24:51 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16895</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Pour examiner la notion de « Grand siècle », cette étude propose d’adopter un point de vue décentré, en s’appuyant sur un récit de voyage en France datant de 1625, un récit souvent cité, mais encore en grande partie inexploité dans toute sa richesse. Il s’agit du voyage diplomatique de la légation papale1 menée par Francesco Barberini, tout juste nommé cardinal en 1623 et neveu du pape. Ce déplacement est documenté par deux récits complémentaires : le journal officiel rédigé par le cardinal Lorenzo Magalotti2, et le journal officieux tenu par Cassiano Dal Pozzo. Ce dernier, bien que soumis aux conventions du genre, bénéficie d’une plus grande liberté d’écriture en raison de son rôle de compagnon de voyage.  Pendant le voyage en France, Dal Pozzo observe et enregistre autant les mœurs que le rapport à la création artistique de la période de la Régence de Marie de Médicis (1610-1617) et du début du règne personnel de Louis XIII. Or, tout ce qui se passe en marge de l’objectif diplomatique au cœur de la mission pontificale sert tout particulièrement pour notre propos. En effet, de manière singulière par rapport au récit du cardinal Magalotti, Cassiano dal Pozzo accorde « une importance inédite aux choses de l’esprit »3, ce qui nous permet d’apercevoir le milieu des élites françaises de 1625 au prisme d’un regard étranger, cultivé et de première main. Ce dernier récit représente alors une source qui se révèle précieuse pour connaître l’« âge d’or » de Marie des Médicis, annonciateur des développements artistiques du « grand siècle » de Louis XIV, dont les retombées pèseront également sur l’Italie. Nous étudierons, en premier lieu, le regard porté par la délégation romaine sur le mécénat de la reine, interprété dans la continuité de la longue tradition des cours princières italiennes. Les collections royales frappent les visiteurs par la qualité des objets d’art, des meubles, des tableaux arrivés d’Italie ou produits localement, qu’ils admirent notamment à Paris, dans les palais des Tuileries, du Louvre4 et du Luxembourg, en plus qu’au château de Fontainebleau. Le fait de retrouver en France des œuvres déplacées ou en lien avec l’Italie ajoute de la valeur et éveille la curiosité des voyageurs pour les créations réunies à la cour. Le cardinal et sa suite, restreinte aux membres de la ‘famille’ les plus proches, sont tout particulièrement surpris par les décors très novateurs des galeries, réalisés par des artistes italiens et par Rubens, flamand ayant longtemps</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Un regard italien sur l’art français en 1625 '/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Pour examiner la notion de « Grand siècle », cette étude propose d’adopter un point de vue décentré, en s’appuyant sur un récit de voyage en France datant de 1625, un récit souvent cité, mais encore en grande partie inexploité dans toute sa richesse. Il s’agit du voyage diplomatique de la légation papale1 menée par Francesco Barberini, tout juste nommé cardinal en 1623 et neveu du pape. Ce déplacement est documenté par deux récits complémentaires : le journal officiel rédigé par le cardinal Lorenzo Magalotti2, et le journal officieux tenu par Cassiano Dal Pozzo. Ce dernier, bien que soumis aux conventions du genre, bénéficie d’une plus grande liberté d’écriture en raison de son rôle de compagnon de voyage.  Pendant le voyage en France, Dal Pozzo observe et enregistre autant les mœurs que le rapport à la création artistique de la période de la Régence de Marie de Médicis (1610-1617) et du début du règne personnel de Louis XIII. Or, tout ce qui se passe en marge de l’objectif diplomatique au cœur de la mission pontificale sert tout particulièrement pour notre propos. En effet, de manière singulière par rapport au récit du cardinal Magalotti, Cassiano dal Pozzo accorde « une importance inédite aux choses de l’esprit »3, ce qui nous permet d’apercevoir le milieu des élites françaises de 1625 au prisme d’un regard étranger, cultivé et de première main. Ce dernier récit représente alors une source qui se révèle précieuse pour connaître l’« âge d’or » de Marie des Médicis, annonciateur des développements artistiques du « grand siècle » de Louis XIV, dont les retombées pèseront également sur l’Italie. Nous étudierons, en premier lieu, le regard porté par la délégation romaine sur le mécénat de la reine, interprété dans la continuité de la longue tradition des cours princières italiennes. Les collections royales frappent les visiteurs par la qualité des objets d’art, des meubles, des tableaux arrivés d’Italie ou produits localement, qu’ils admirent notamment à Paris, dans les palais des Tuileries, du Louvre4 et du Luxembourg, en plus qu’au château de Fontainebleau. Le fait de retrouver en France des œuvres déplacées ou en lien avec l’Italie ajoute de la valeur et éveille la curiosité des voyageurs pour les créations réunies à la cour. Le cardinal et sa suite, restreinte aux membres de la ‘famille’ les plus proches, sont tout particulièrement surpris par les décors très novateurs des galeries, réalisés par des artistes italiens et par Rubens, flamand ayant longtemps]]></content:encoded>
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      <title>Samuel Guichenon (1607-1664) et l’écriture de l’histoire entre France et Savoie. Réflexion sur la notion de « Grand Siècle » au miroir des pratiques de l’érudition</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16884</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 14:23:42 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>En ouverture de l’Histoire généalogique de la royale maison de Savoie parue en 1660, l’auteur, Samuel Guichenon, fait placer une lettre reçue de Louis XIV sept ans plus tôt. En voici la teneur : Monsieur Guichenon, Comme la Maison de Savoye a des alliances si grandes &amp; si particulieres avec celle de France, qu’il est impossible de parler de l’une sans dire beaucoup de choses de l’autre : j’ay crû que la passion que j’ay de faire revivre la gloire de mes Predecesseurs, treuveroit de quoy se satisfaire dans l’Histoire de cette Maison. La cognoissance particuliere que vous vous en estes acquise, &amp; le proiet que vous en avez dressé, m’a paru si beau, que j’approuve extremement le dessein que vous avez de la donner au public. Vous me feres plaisir de le faire le plus soigneusement &amp; le plus promptement que vous pourrés ; &amp; je vous asseure que je n’en considereray pas moins le travail, que s’il estoit employé à la gloire particuliere de ma Maison. C’est le sujet de cette Lettre que je finis, priant Dieu qu’il vous ayt, Monsieur Guichenon, en sa sainte garde. Escrit à Paris le 6. Juillet 1653. Signé LOUYS. Et plus bas, DE LOMENIE. En la Superscription de la Lettre est écrit. A Monsieur Guichenon mon Conseiller &amp; Historiographe de France (Guichenon, 1660a, vol. I, « Lettre du Roy à l’Autheur », n. p.) Louis XIV (ou plutôt son entourage, à commencer par Mazarin) félicite Guichenon pour le projet qu’il a d’écrire l’histoire de la Maison de Savoie. Dans une logique à la fois de compétition historiographique et de rivalité politique, c’est en raison d’une parenté entre les deux Maisons par les différents redoublements d’alliance1 que le Roi-Soleil évoque son intérêt pour le projet de Guichenon, tout en lui rappelant, dans l’adresse, qu’il est déjà son conseiller et qu’il exerce la charge d’« historiographe de France ». L’exemple de Guichenon permet, nous semble-t-il, de décentrer le regard en plaçant la focale sur une terre et un auteur des confins, servant à la fois la France et la Savoie. La présente contribution, partant de l’analyse des papiers personnels de Guichenon, propose ainsi de réfléchir à la question du Grand Siècle par l’étude des pratiques d’écriture de l’histoire dans les années 1630-16602. Itinéraire d’un historiographe entre France et Savoie Le parcours de S. Guichenon s’inscrit dans le cadre de confins territoriaux et de l’interface entre France et Savoie. Né vers 1607, Samuel Guichenon appartient à une famille protestante établie en Bresse, région </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Samuel Guichenon (1607-1664) et l’écriture de l’histoire entre France et Savoie. Réflexion sur la notion de « Grand Siècle » au miroir des pratiques de l’érudition'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En ouverture de l’Histoire généalogique de la royale maison de Savoie parue en 1660, l’auteur, Samuel Guichenon, fait placer une lettre reçue de Louis XIV sept ans plus tôt. En voici la teneur : Monsieur Guichenon, Comme la Maison de Savoye a des alliances si grandes & si particulieres avec celle de France, qu’il est impossible de parler de l’une sans dire beaucoup de choses de l’autre : j’ay crû que la passion que j’ay de faire revivre la gloire de mes Predecesseurs, treuveroit de quoy se satisfaire dans l’Histoire de cette Maison. La cognoissance particuliere que vous vous en estes acquise, & le proiet que vous en avez dressé, m’a paru si beau, que j’approuve extremement le dessein que vous avez de la donner au public. Vous me feres plaisir de le faire le plus soigneusement & le plus promptement que vous pourrés ; & je vous asseure que je n’en considereray pas moins le travail, que s’il estoit employé à la gloire particuliere de ma Maison. C’est le sujet de cette Lettre que je finis, priant Dieu qu’il vous ayt, Monsieur Guichenon, en sa sainte garde. Escrit à Paris le 6. Juillet 1653. Signé LOUYS. Et plus bas, DE LOMENIE. En la Superscription de la Lettre est écrit. A Monsieur Guichenon mon Conseiller & Historiographe de France (Guichenon, 1660a, vol. I, « Lettre du Roy à l’Autheur », n. p.) Louis XIV (ou plutôt son entourage, à commencer par Mazarin) félicite Guichenon pour le projet qu’il a d’écrire l’histoire de la Maison de Savoie. Dans une logique à la fois de compétition historiographique et de rivalité politique, c’est en raison d’une parenté entre les deux Maisons par les différents redoublements d’alliance1 que le Roi-Soleil évoque son intérêt pour le projet de Guichenon, tout en lui rappelant, dans l’adresse, qu’il est déjà son conseiller et qu’il exerce la charge d’« historiographe de France ». L’exemple de Guichenon permet, nous semble-t-il, de décentrer le regard en plaçant la focale sur une terre et un auteur des confins, servant à la fois la France et la Savoie. La présente contribution, partant de l’analyse des papiers personnels de Guichenon, propose ainsi de réfléchir à la question du Grand Siècle par l’étude des pratiques d’écriture de l’histoire dans les années 1630-16602. Itinéraire d’un historiographe entre France et Savoie Le parcours de S. Guichenon s’inscrit dans le cadre de confins territoriaux et de l’interface entre France et Savoie. Né vers 1607, Samuel Guichenon appartient à une famille protestante établie en Bresse, région ]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Malebranche, un « culte de la raison » au Grand Siècle ? </title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16872</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:19:27 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Dans son ouvrage sur La Crise de la conscience européenne, Paul Hazard définit les années 1680 à 1715 par l’émergence d’une « confiance dans la raison » si « déchaînée » (1944, p. 92) qu’elle s’élève au rang de fondement de toute vérité. Cette confiance trouverait son apogée dans la figure de Malebranche, qui, selon lui, fait de cette confiance un « culte de la raison » (p. 94) en identifiant la raison au Verbe même de Dieu. Mais, en même temps qu’il voit dans Malebranche l’une des figures les plus intrépides des « rationaux » (p. 84), Hazard souligne qu’il est aussi l’une des plus ambiguës, dans la mesure où il est tendu entre fidélité à la religion et foi enthousiaste dans la raison, contrairement à certains rationalistes du Grand Siècle, tel Spinoza, auquel l’on a tenté à tort de l’assimiler pour simplifier les difficultés de sa doctrine (Voltaire, 1879, t. XXII, p. 205). Il est également plus audacieux dans son rationalisme que ne le sont Descartes ou Pascal, qui séparent la foi et la raison pour éviter tout conflit entre elles ; enfin, il va plus loin dans l’analyse des rapports entre foi et raison que Leibniz, qui élabore certes une théologie, mais n’entreprend pas de prouver rationnellement la foi et les dogmes. Autrement dit, parce qu’il refuse de dissocier la foi de la raison, et choisit de les confronter pour tenter de les réconcilier, Malebranche témoigne de manière exemplaire des tensions qui habitent le Grand Siècle, dont l’historiographie récente souligne qu’il correspond au moment (1600-1700) où « s’organisent et se formalisent les lieux de conflits qui deviendront des lieux communs dans le paysage culturel occidental, puis mondial, entre la science et la foi » aux xviiie et xixe siècles (Armogathe, 1989, p. 16). Sur la base de cette description, le Grand Siècle apparaît comme cette époque où l’équilibre entre la raison et la foi est un enjeu central, mais instable et fragile. Nous nous proposons de nourrir cette hypothèse en analysant le rationalisme de Malebranche, dont nous venons d’expliquer en quoi il était le symptôme privilégié de cet état de crise. Nous examinerons ainsi la pertinence de la formule de « culte de la raison » proposée par Paul Hazard, oxymore qui suggère que Malebranche, en allant jusqu’à diviniser la raison, révèle le caractère excessif et irrationnel de la confiance que son siècle porte à la raison. En clair, si Malebranche entend résoudre les conflits entre la raison et la foi en instaurant un « culte de la raison »</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Malebranche, un « culte de la raison » au Grand Siècle ? '/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans son ouvrage sur La Crise de la conscience européenne, Paul Hazard définit les années 1680 à 1715 par l’émergence d’une « confiance dans la raison » si « déchaînée » (1944, p. 92) qu’elle s’élève au rang de fondement de toute vérité. Cette confiance trouverait son apogée dans la figure de Malebranche, qui, selon lui, fait de cette confiance un « culte de la raison » (p. 94) en identifiant la raison au Verbe même de Dieu. Mais, en même temps qu’il voit dans Malebranche l’une des figures les plus intrépides des « rationaux » (p. 84), Hazard souligne qu’il est aussi l’une des plus ambiguës, dans la mesure où il est tendu entre fidélité à la religion et foi enthousiaste dans la raison, contrairement à certains rationalistes du Grand Siècle, tel Spinoza, auquel l’on a tenté à tort de l’assimiler pour simplifier les difficultés de sa doctrine (Voltaire, 1879, t. XXII, p. 205). Il est également plus audacieux dans son rationalisme que ne le sont Descartes ou Pascal, qui séparent la foi et la raison pour éviter tout conflit entre elles ; enfin, il va plus loin dans l’analyse des rapports entre foi et raison que Leibniz, qui élabore certes une théologie, mais n’entreprend pas de prouver rationnellement la foi et les dogmes. Autrement dit, parce qu’il refuse de dissocier la foi de la raison, et choisit de les confronter pour tenter de les réconcilier, Malebranche témoigne de manière exemplaire des tensions qui habitent le Grand Siècle, dont l’historiographie récente souligne qu’il correspond au moment (1600-1700) où « s’organisent et se formalisent les lieux de conflits qui deviendront des lieux communs dans le paysage culturel occidental, puis mondial, entre la science et la foi » aux xviiie et xixe siècles (Armogathe, 1989, p. 16). Sur la base de cette description, le Grand Siècle apparaît comme cette époque où l’équilibre entre la raison et la foi est un enjeu central, mais instable et fragile. Nous nous proposons de nourrir cette hypothèse en analysant le rationalisme de Malebranche, dont nous venons d’expliquer en quoi il était le symptôme privilégié de cet état de crise. Nous examinerons ainsi la pertinence de la formule de « culte de la raison » proposée par Paul Hazard, oxymore qui suggère que Malebranche, en allant jusqu’à diviniser la raison, révèle le caractère excessif et irrationnel de la confiance que son siècle porte à la raison. En clair, si Malebranche entend résoudre les conflits entre la raison et la foi en instaurant un « culte de la raison »]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Du « Siècle de Louis le Grand » au « Grand Siècle » : Charles Perrault bâtisseur de la mémoire politique du xviie siècle</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16863</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:13:02 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>L’expression « Grand Siècle », dans ses usages, s’apparente à une marque devenue, comme l’écrit François Bluche dans l’introduction du Dictionnaire du Grand Siècle, « inséparable du patrimoine historique de la France » (2005, p. 17). Charles Perrault est l’un des acteurs de cette opération patrimoniale : observateur et acteur particulièrement proche du pouvoir, artisan du développement de Versailles, Perrault a contribué à la politique élaborant le fantasme d’une monarchie qui s’exercerait comme absolue dans un présent lui-même absolu. L’entreprise est cependant ambivalente, ne serait-ce que parce que la grandeur du « siècle » est dérivée de celle du roi qui le fait exister : le cercle vertueux est clairement exposé, à propos de Versailles, dans le premier tome du Parallèle des Anciens et des Modernes par les mots de l’Abbé : « l’on peut dire de Versailles ce qu’on disait de Rome, que de brique qu’elle était, Auguste l’avait rendue toute de marbre. Il est raisonnable que tout augmente dans ce palais, et se proportionne de jour en jour à la grandeur du Maître » (1688, p. 248, nous soulignons). Perrault, comme la plupart de ses contemporains, qualifie en effet systématiquement Louis XIV de « Grand » et le Parallèle est présenté comme le développement argumentatif du poème Le Siècle de Louis le Grand 1, à la thèse duquel il fournit des « preuves », empiriques pour la plupart, tirées donc de l’expérience de ce siècle présenté comme supérieur. De façon topique, l’entreprise encomiastique implique la célébration de l’époque sur laquelle règne « Des hommes le plus sage, et le plus grand des Rois » ([1687] 1688, p. 25) :  Les Siècles, il est vrai, sont entre eux différents,Il en fut d’éclairés, il en fut d’ignorants,Mais si le règne heureux d’un excellent MonarqueFut toujours de leur prix et la cause et la marque,Quel Siècle pour ses Rois, des hommes révérés,Au Siècle de Louis peut être préféré ?De Louis, qu’environne une gloire immortelle,De Louis, des grands Rois le plus parfait modèle ? (Perrault, [1687] 1688, p. 25) Perrault orchestre cependant de façon originale ce thème du grand roi. L’exhortation à « Aimer le siècle présent » (1690, p. 3) traduit chez lui une expérience temporelle propre à ce présent. Perrault ne cesse ainsi d’utiliser le possessif pour évoquer son époque : « notre temps2 », pour ce « siècle glorieux » ([1668] 1981, p. 228). C’est là l’un des indices de l’assimilation que le Parallèle entend achever entre grandeur et actualité du siècle pou</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Du « Siècle de Louis le Grand » au « Grand Siècle » : Charles Perrault bâtisseur de la mémoire politique du xviie siècle'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’expression « Grand Siècle », dans ses usages, s’apparente à une marque devenue, comme l’écrit François Bluche dans l’introduction du Dictionnaire du Grand Siècle, « inséparable du patrimoine historique de la France » (2005, p. 17). Charles Perrault est l’un des acteurs de cette opération patrimoniale : observateur et acteur particulièrement proche du pouvoir, artisan du développement de Versailles, Perrault a contribué à la politique élaborant le fantasme d’une monarchie qui s’exercerait comme absolue dans un présent lui-même absolu. L’entreprise est cependant ambivalente, ne serait-ce que parce que la grandeur du « siècle » est dérivée de celle du roi qui le fait exister : le cercle vertueux est clairement exposé, à propos de Versailles, dans le premier tome du Parallèle des Anciens et des Modernes par les mots de l’Abbé : « l’on peut dire de Versailles ce qu’on disait de Rome, que de brique qu’elle était, Auguste l’avait rendue toute de marbre. Il est raisonnable que tout augmente dans ce palais, et se proportionne de jour en jour à la grandeur du Maître » (1688, p. 248, nous soulignons). Perrault, comme la plupart de ses contemporains, qualifie en effet systématiquement Louis XIV de « Grand » et le Parallèle est présenté comme le développement argumentatif du poème Le Siècle de Louis le Grand 1, à la thèse duquel il fournit des « preuves », empiriques pour la plupart, tirées donc de l’expérience de ce siècle présenté comme supérieur. De façon topique, l’entreprise encomiastique implique la célébration de l’époque sur laquelle règne « Des hommes le plus sage, et le plus grand des Rois » ([1687] 1688, p. 25) :  Les Siècles, il est vrai, sont entre eux différents,Il en fut d’éclairés, il en fut d’ignorants,Mais si le règne heureux d’un excellent MonarqueFut toujours de leur prix et la cause et la marque,Quel Siècle pour ses Rois, des hommes révérés,Au Siècle de Louis peut être préféré ?De Louis, qu’environne une gloire immortelle,De Louis, des grands Rois le plus parfait modèle ? (Perrault, [1687] 1688, p. 25) Perrault orchestre cependant de façon originale ce thème du grand roi. L’exhortation à « Aimer le siècle présent » (1690, p. 3) traduit chez lui une expérience temporelle propre à ce présent. Perrault ne cesse ainsi d’utiliser le possessif pour évoquer son époque : « notre temps2 », pour ce « siècle glorieux » ([1668] 1981, p. 228). C’est là l’un des indices de l’assimilation que le Parallèle entend achever entre grandeur et actualité du siècle pou]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Une pensée ambivalente ? Le progrès du siècle de Louis le Grand dans l’œuvre de Charles Perrault</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16854</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:08:01 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Charles Perrault, une œuvre au service du Grand Siècle S’il est célèbre de nos jours pour être l’auteur des Contes, Charles Perrault (1628-1703) est principalement connu de son vivant comme poète. Proche de Colbert, il prit la défense du parti des Modernes, déclenchant la « Querelle des Anciens et des Modernes » lors de la lecture, à l’Académie française, de son poème Le Siècle de Louis le Grand (1687). Depuis quelques années, l’auteur était en disgrâce à la suite de la nomination du ministre Louvois, qui l’évinça de la Petite Académie. Charles était le membre d’une famille influente dont la fortune augmenta durant la seconde moitié du xviie siècle. Il était le frère de l’architecte Claude Perrault (1613-1688), qui remporta le concours qui l’opposa au Bernin pour la construction de la façade orientale du Louvre. En outre, les deux frères étaient proches de l’Académie royale des sciences fondée en 1666. Un tableau d’Henri Testelin (fig. 1) représente leur influence auprès de Louis XIV : Charles est disposé à la droite de Colbert, le fond de la composition représentant l’Observatoire construit d’après les plans réalisés par son frère. En 1672, pour son morceau de réception, Philippe Lallemand exécuta un Portrait de Charles Perrault (fig. 2) où celui-ci tient, de la main droite, un livre posé sur un plan d’architecture représentant l’Observatoire.   Fig. 1 : Testelin, Henri, d’après Charles le Brun, Colbert présente à Louis XIV les membres de l’Académie royale des sciences en 1667, huile sur toile, h. 348 ; l. 590 cm, 1673-1681, Versailles, château de Versailles et de Trianon.  Fig 2 : Philippe Lallemand, Portrait de Charles Perrault, huile sur toile, h. 134 ; l. 100 cm, 1672, Versailles, château de Versailles. Défendant les progrès du siècle de Louis XIV, Perrault déploie une œuvre à la gloire des Modernes dont le point culminant est la publication du Parallèle des Anciens et des Modernes (1688-1697). Pourtant, cet imaginaire anthropologique « cyclique », pour reprendre l’expression de Gilbert Durand1, n’est pas sans contradictions internes, la rhétorique volontairement polémiste voire momentanément abusive employée par Perrault l’amenant à formuler, paradoxalement, l’idée d’un Grand Siècle finissant dès la fin des années Colbert. S’il n’est pas positiviste, il anticipe toutefois certains arguments émis au xviiie siècle, en particulier chez Voltaire et dans l’Encyclopédie. Cette étude se propose donc de comprendre cette pensée ambivalente dans l’œuvre de Per</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Une pensée ambivalente ? Le progrès du siècle de Louis le Grand dans l’œuvre de Charles Perrault'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Charles Perrault, une œuvre au service du Grand Siècle S’il est célèbre de nos jours pour être l’auteur des Contes, Charles Perrault (1628-1703) est principalement connu de son vivant comme poète. Proche de Colbert, il prit la défense du parti des Modernes, déclenchant la « Querelle des Anciens et des Modernes » lors de la lecture, à l’Académie française, de son poème Le Siècle de Louis le Grand (1687). Depuis quelques années, l’auteur était en disgrâce à la suite de la nomination du ministre Louvois, qui l’évinça de la Petite Académie. Charles était le membre d’une famille influente dont la fortune augmenta durant la seconde moitié du xviie siècle. Il était le frère de l’architecte Claude Perrault (1613-1688), qui remporta le concours qui l’opposa au Bernin pour la construction de la façade orientale du Louvre. En outre, les deux frères étaient proches de l’Académie royale des sciences fondée en 1666. Un tableau d’Henri Testelin (fig. 1) représente leur influence auprès de Louis XIV : Charles est disposé à la droite de Colbert, le fond de la composition représentant l’Observatoire construit d’après les plans réalisés par son frère. En 1672, pour son morceau de réception, Philippe Lallemand exécuta un Portrait de Charles Perrault (fig. 2) où celui-ci tient, de la main droite, un livre posé sur un plan d’architecture représentant l’Observatoire.   Fig. 1 : Testelin, Henri, d’après Charles le Brun, Colbert présente à Louis XIV les membres de l’Académie royale des sciences en 1667, huile sur toile, h. 348 ; l. 590 cm, 1673-1681, Versailles, château de Versailles et de Trianon.  Fig 2 : Philippe Lallemand, Portrait de Charles Perrault, huile sur toile, h. 134 ; l. 100 cm, 1672, Versailles, château de Versailles. Défendant les progrès du siècle de Louis XIV, Perrault déploie une œuvre à la gloire des Modernes dont le point culminant est la publication du Parallèle des Anciens et des Modernes (1688-1697). Pourtant, cet imaginaire anthropologique « cyclique », pour reprendre l’expression de Gilbert Durand1, n’est pas sans contradictions internes, la rhétorique volontairement polémiste voire momentanément abusive employée par Perrault l’amenant à formuler, paradoxalement, l’idée d’un Grand Siècle finissant dès la fin des années Colbert. S’il n’est pas positiviste, il anticipe toutefois certains arguments émis au xviiie siècle, en particulier chez Voltaire et dans l’Encyclopédie. Cette étude se propose donc de comprendre cette pensée ambivalente dans l’œuvre de Per]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Le « Grand Siècle » et ses envers : que faire des contes du classicisme ?</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16848</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:03:32 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>La notion de « Grand Siècle » a-t-elle d’autre réalité que celle de ses « échos » polémiques (Spielmann, 2011) ? De même que la construction du classicisme apparaît inextricablement liée à l’invention de la modernité, de même le « Grand Siècle » semble toujours considéré à l’aune de ses « envers », que ceux-ci soient perçus négativement – on pense à la supposée décadence du xixe siècle (voir Zékian, 2012) mais aussi à l’usage critique que Bénichou fait de ses « Morales » en 19401 –, ou mobilisés positivement : du fameux ouvrage de Félix Gaiffe (1924) au dernier avatar de l’expression, reprise par Thierry Sarmant (2024), on n’en finit plus de découvrir les « envers » du « Grand Siècle », et de revaloriser, souvent à juste titre, les oubliés des manuels d’antan – les baroques, les libertins, les burlesques, les galants, les précieuses, etc. Si ces envers ont le mérite de faire apparaître d’autres xviie siècles face au mythe absolutiste et à son héritage idéologique, ils tendent à figer les siècles de Louis XIII et Louis XIV – ou ceux de Louis XIV et Louis XV, etc. – dans un antagonisme réducteur, se métamorphosant à l’infini2, mais presque aussi marmoréen dans sa durée que ne l’est l’idéal classique lui-même. Or, comme le défendait naguère un article séminal d’Hélène Merlin-Kajman, « le xviie siècle n’est pas pris, ou pas entièrement pris, dans le face-à-face agonistique du classicisme et de la modernité » (2005, p. 34).  Que faire donc, dans les études littéraires actuelles, dans notre recherche et dans nos enseignements, de ces dichotomies attachées à la notion de « Grand Siècle », autant qu’à celle du classicisme ? La nécessaire historicisation de ces catégories explique que nombre de chercheurs en littérature, historiens et / ou théoriciens, préfèrent les écarter de leurs propres analyses, que leur démarche adopte une position purement constructiviste ou nominaliste à l’égard de ces termes, ou que leurs travaux visent à en compliquer le réalisme, leur rapport à un référent historial pouvant faire passé commun. Mais est-on condamné à reconduire, à travers ces catégories de « classicisme » et de « Grand Siècle », la vision monolithique du xviie siècle qu’elles ont pu charrier dans la construction de notre « roman national » (Milo, 1986) ? Est-on voué à enrichir la collection des configurations, franchement binaires ou plus subtilement dialectiques, opposant absolutisme, académisme et classicisme à leur transgression ? Cet article fait le pari de ne pas rem</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le « Grand Siècle » et ses envers : que faire des contes du classicisme ?'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>La notion de « Grand Siècle » a-t-elle d’autre réalité que celle de ses « échos » polémiques (Spielmann, 2011) ? De même que la construction du classicisme apparaît inextricablement liée à l’invention de la modernité, de même le « Grand Siècle » semble toujours considéré à l’aune de ses « envers », que ceux-ci soient perçus négativement – on pense à la supposée décadence du xixe siècle (voir Zékian, 2012) mais aussi à l’usage critique que Bénichou fait de ses « Morales » en 19401 –, ou mobilisés positivement : du fameux ouvrage de Félix Gaiffe (1924) au dernier avatar de l’expression, reprise par Thierry Sarmant (2024), on n’en finit plus de découvrir les « envers » du « Grand Siècle », et de revaloriser, souvent à juste titre, les oubliés des manuels d’antan – les baroques, les libertins, les burlesques, les galants, les précieuses, etc. Si ces envers ont le mérite de faire apparaître d’autres xviie siècles face au mythe absolutiste et à son héritage idéologique, ils tendent à figer les siècles de Louis XIII et Louis XIV – ou ceux de Louis XIV et Louis XV, etc. – dans un antagonisme réducteur, se métamorphosant à l’infini2, mais presque aussi marmoréen dans sa durée que ne l’est l’idéal classique lui-même. Or, comme le défendait naguère un article séminal d’Hélène Merlin-Kajman, « le xviie siècle n’est pas pris, ou pas entièrement pris, dans le face-à-face agonistique du classicisme et de la modernité » (2005, p. 34).  Que faire donc, dans les études littéraires actuelles, dans notre recherche et dans nos enseignements, de ces dichotomies attachées à la notion de « Grand Siècle », autant qu’à celle du classicisme ? La nécessaire historicisation de ces catégories explique que nombre de chercheurs en littérature, historiens et / ou théoriciens, préfèrent les écarter de leurs propres analyses, que leur démarche adopte une position purement constructiviste ou nominaliste à l’égard de ces termes, ou que leurs travaux visent à en compliquer le réalisme, leur rapport à un référent historial pouvant faire passé commun. Mais est-on condamné à reconduire, à travers ces catégories de « classicisme » et de « Grand Siècle », la vision monolithique du xviie siècle qu’elles ont pu charrier dans la construction de notre « roman national » (Milo, 1986) ? Est-on voué à enrichir la collection des configurations, franchement binaires ou plus subtilement dialectiques, opposant absolutisme, académisme et classicisme à leur transgression ? Cet article fait le pari de ne pas rem]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Les historiens du xviie siècle et la construction du « Grand Siècle »</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16830</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:02:01 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Le règne de Louis XIV n’est pas marqué par l’épanouissement du genre historique et l’on peut s’interroger sur la contribution des historiens du temps à la glorification du « grand roi » et du « Grand Siècle » ; s’interroger aussi sur ce que furent, en la matière, les attentes du roi, celles de Colbert et de ses conseillers et dans quelle mesure l’historiographie officielle était en mesure de répondre aux missions qui lui étaient confiées. En 1639 ou 1640, un anonyme, dans une amplification de l’églogue latine de Campanella sur la naissance du dauphin, annonce la venue d’un « grand historien » pour célébrer un « nouvel âge d’or » : Un grand historien sera pour lors au monde,Qui de la docte plume en recherche fécondeDécrira l’origine et les progrès diversQu’eurent les nations de ce grand univers…Les peuples entendront ce grand historienQui de tout son savoir ne leur cachera rien1 Cette promesse s’accomplit-elle ? Les historiens ont-ils contribué à construire la « grandeur » du règne de Louis le Grand ? Quel lien entre « Louis le Grand », ainsi désigné en 1686, et le « Grand Siècle » ? Louis XIV, il faut le souligner, s’est beaucoup intéressé à l’histoire. Il y fut initié par La Porte, qui lui lisait chaque soir l’Histoire de France de Mézeray (1643) « d’un ton de conte » à la demande d’Anne d’Autriche (La Porte, 1755, p. 249), et aussi par son précepteur, qui lui donna pour modèle son grand-père2. Il fut même l’un des très rares rois à écrire (ou plus exactement à superviser l’écriture de) ses Mémoires et, plus que tout autre roi de France, il s’est préoccupé de sa gloire : « Ceux qui ont quelque droit de prétendre à cette immortalité que l’histoire peut donner, doivent être bien aises de voir de quelle manière elle parle des autres » (Louis XIV, 1860, II, p. 96). Après Richelieu, Louis XIV était convaincu que l’histoire véritable serait celle qu’il écrirait lui-même3. Aussi a-t-il exigé de ses historiographes — Pellisson, Racine et Boileau — qu’ils fussent les témoins oculaires des victoires qu’ils devaient relater. Peut-on dire pour autant que Louis XIV a réussi à créer ou voulu seulement créer « une Manufacture royale d’histoire » (selon l’expression de R. Picard, dans Racine, 1966, p. 193) ? Les coulisses de l’histoire Le pouvoir dispose de la censure pour contrôler l’histoire et de plusieurs moyens d’action pour surveiller la production littéraire et notamment historiographique car l’historien est d’abord et avant tout « un homme rompu à la politique » </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Les historiens du xviie siècle et la construction du « Grand Siècle »'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le règne de Louis XIV n’est pas marqué par l’épanouissement du genre historique et l’on peut s’interroger sur la contribution des historiens du temps à la glorification du « grand roi » et du « Grand Siècle » ; s’interroger aussi sur ce que furent, en la matière, les attentes du roi, celles de Colbert et de ses conseillers et dans quelle mesure l’historiographie officielle était en mesure de répondre aux missions qui lui étaient confiées. En 1639 ou 1640, un anonyme, dans une amplification de l’églogue latine de Campanella sur la naissance du dauphin, annonce la venue d’un « grand historien » pour célébrer un « nouvel âge d’or » : Un grand historien sera pour lors au monde,Qui de la docte plume en recherche fécondeDécrira l’origine et les progrès diversQu’eurent les nations de ce grand univers…Les peuples entendront ce grand historienQui de tout son savoir ne leur cachera rien1 Cette promesse s’accomplit-elle ? Les historiens ont-ils contribué à construire la « grandeur » du règne de Louis le Grand ? Quel lien entre « Louis le Grand », ainsi désigné en 1686, et le « Grand Siècle » ? Louis XIV, il faut le souligner, s’est beaucoup intéressé à l’histoire. Il y fut initié par La Porte, qui lui lisait chaque soir l’Histoire de France de Mézeray (1643) « d’un ton de conte » à la demande d’Anne d’Autriche (La Porte, 1755, p. 249), et aussi par son précepteur, qui lui donna pour modèle son grand-père2. Il fut même l’un des très rares rois à écrire (ou plus exactement à superviser l’écriture de) ses Mémoires et, plus que tout autre roi de France, il s’est préoccupé de sa gloire : « Ceux qui ont quelque droit de prétendre à cette immortalité que l’histoire peut donner, doivent être bien aises de voir de quelle manière elle parle des autres » (Louis XIV, 1860, II, p. 96). Après Richelieu, Louis XIV était convaincu que l’histoire véritable serait celle qu’il écrirait lui-même3. Aussi a-t-il exigé de ses historiographes — Pellisson, Racine et Boileau — qu’ils fussent les témoins oculaires des victoires qu’ils devaient relater. Peut-on dire pour autant que Louis XIV a réussi à créer ou voulu seulement créer « une Manufacture royale d’histoire » (selon l’expression de R. Picard, dans Racine, 1966, p. 193) ? Les coulisses de l’histoire Le pouvoir dispose de la censure pour contrôler l’histoire et de plusieurs moyens d’action pour surveiller la production littéraire et notamment historiographique car l’historien est d’abord et avant tout « un homme rompu à la politique » ]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>L’impossible canon. Norbert Dufourcq (1904–1990) et la question d’un « Grand Siècle » de la musique</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16820</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 10:00:45 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>Des années 1930 aux années 1980, la périodisation et la labellisation de la musique française ont été un enjeu majeur de l’activité intellectuelle de Norbert Dufourcq, particulièrement en ce qui concerne le xviie siècle. En cela, il initiait une démarche originale au sein de la musicologie française, où la teneur biographique et documentaire de la plupart des articles les confinait dans des strates temporelles très courtes, et où le processus de mise en histoire s’établissait donc davantage sur la sérialisation des événements, produite par l’accumulation d’articles d’érudition, que sur une démarche réflexive qui aurait consisté à placer un ou plusieurs de ces événements en perspective avec les autres.  Né en 1904 d’un père historien normalien, agrégé d’histoire, professeur à la Faculté de Bordeaux et spécialiste de l’histoire du christianisme, Norbert Dufourcq a grandi dans un milieu catholique conservateur où se sont épanouis son goût et ses dispositions pour la musique, particulièrement pour l’orgue. À 18 ans, il est nommé titulaire de l’orgue de Saint-Merry puis entre à l’École des chartes, dont il obtient le diplôme d’archiviste-paléographe en 1928 avec une thèse sur la facture française d’orgues, poursuivie par un doctorat ès lettres en 1935. Dès 1927, il avait créé avec le comte Bérenger de Miramon Fitz-James l’association des Amis de l’orgue. L’année suivante, il intégrait la rédaction de Larousse, où il joua un rôle fondamental pour la promotion d’ouvrages consacrés aux arts et particulièrement à la musique1. Sa triple activité d’organiste, de savant et, dirait-on aujourd’hui, de médiateur dans le milieu de l’orgue lui permit d’intégrer en 1932 la Ve section de la commission des monuments historiques, dédiée à cet instrument. C’est à cette époque qu’il est admis dans le comité de la Société des Concerts de Versailles, où il côtoie de nombreuses personnalités de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, très influentes dans les milieux culturels et politiques2. En 1941, il est nommé professeur d’histoire de la musique au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il a formé, jusqu’en 1975, plusieurs générations de musicologues, dont certains ont poursuivi son travail sur la musique française des xviie et xviiie siècles (voir Massip, 1995 ; L’Orgue, 1993). Sa production scientifique est marquée par la génération des fondateurs de la discipline en France et par leur « fétichisme documentaire » (Balmer, Reibel, 2017, p. 432), qui s’exerç</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='L’impossible canon. Norbert Dufourcq (1904–1990) et la question d’un « Grand Siècle » de la musique'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Des années 1930 aux années 1980, la périodisation et la labellisation de la musique française ont été un enjeu majeur de l’activité intellectuelle de Norbert Dufourcq, particulièrement en ce qui concerne le xviie siècle. En cela, il initiait une démarche originale au sein de la musicologie française, où la teneur biographique et documentaire de la plupart des articles les confinait dans des strates temporelles très courtes, et où le processus de mise en histoire s’établissait donc davantage sur la sérialisation des événements, produite par l’accumulation d’articles d’érudition, que sur une démarche réflexive qui aurait consisté à placer un ou plusieurs de ces événements en perspective avec les autres.  Né en 1904 d’un père historien normalien, agrégé d’histoire, professeur à la Faculté de Bordeaux et spécialiste de l’histoire du christianisme, Norbert Dufourcq a grandi dans un milieu catholique conservateur où se sont épanouis son goût et ses dispositions pour la musique, particulièrement pour l’orgue. À 18 ans, il est nommé titulaire de l’orgue de Saint-Merry puis entre à l’École des chartes, dont il obtient le diplôme d’archiviste-paléographe en 1928 avec une thèse sur la facture française d’orgues, poursuivie par un doctorat ès lettres en 1935. Dès 1927, il avait créé avec le comte Bérenger de Miramon Fitz-James l’association des Amis de l’orgue. L’année suivante, il intégrait la rédaction de Larousse, où il joua un rôle fondamental pour la promotion d’ouvrages consacrés aux arts et particulièrement à la musique1. Sa triple activité d’organiste, de savant et, dirait-on aujourd’hui, de médiateur dans le milieu de l’orgue lui permit d’intégrer en 1932 la Ve section de la commission des monuments historiques, dédiée à cet instrument. C’est à cette époque qu’il est admis dans le comité de la Société des Concerts de Versailles, où il côtoie de nombreuses personnalités de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, très influentes dans les milieux culturels et politiques2. En 1941, il est nommé professeur d’histoire de la musique au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il a formé, jusqu’en 1975, plusieurs générations de musicologues, dont certains ont poursuivi son travail sur la musique française des xviie et xviiie siècles (voir Massip, 1995 ; L’Orgue, 1993). Sa production scientifique est marquée par la génération des fondateurs de la discipline en France et par leur « fétichisme documentaire » (Balmer, Reibel, 2017, p. 432), qui s’exerç]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Une esthétique ombragée pour la France : la métaphysique en couleurs de Malebranche dans la seconde moitié du xixe siècle</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16810</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 09:59:24 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16810</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>À la question de savoir quelles sont les principales médiations de la fabrique polémique de nos représentations topiques du « Grand Siècle », les récits philosophiques s’efforçant de classer et d’évaluer le passé, dans la France du xixe siècle, peuvent apporter une contribution majeure. Ils permettent en effet d’articuler les représentations emboîtées de trois modernités : la modernité du xixe siècle, qui se décrit comme en crise et qui cherche à se reconstruire après la Terreur postrévolutionnaire ; la modernité des xviie et xviiie siècles1, dans laquelle la première se mire et se cherche des ancêtres à adouber ou à répudier ; et notre modernité à nous, dont la deuxième, qui contient la première, détient un certain nombre de clefs pour nous aider à comprendre comment nous en sommes arrivés là.  La dimension institutionnelle de ces récits désigne l’« éclectisme » ou le « spiritualisme » de Victor Cousin (1792-1867). Afin d’effacer les effets délétères de la métaphysique « sensualiste » du xviiie siècle, qui engendre une morale hédoniste et une politique alternativement qualifiée d’anarchique ou de despotique, il faut ainsi revenir à la psychologie rationalisée de celui que Cousin désigna comme le père légitime de son école : le Descartes de l’édition des Œuvres complètes de 1824-18262, articulée à la politique dite libérale de la Charte et à une morale fondée sur les idées de justice et de charité. Si on suit la logique cousinienne d’un engendrement de toutes les parties de la philosophie dans la seule métaphysique passée qui puisse servir de référence stable : celle du Grand Siècle, l’idée du Beau, solidaire de celle du Bien, devrait donc exprimer un Vrai cartésien. Or, sur les « sous-mains3 » (première modernité) de la conception cousinienne du Beau (deuxième modernité), et sur la participation de cette conception cousinienne du Beau à l’émergence d’une esthétique « française » dont nous serions en conséquence les héritiers (troisième modernité), l’état des connaissances reste étonnamment consensuel : les matériaux de Cousin seraient de part en part allemands. Cousin corrigerait le sensualisme exclusif du xviiie siècle par un kantisme et un néo-kantisme trop sceptiques, finalement rectifiés par le platonisme, afin de conserver l’exigence d’absolu4. Lorsqu’on insiste sur le rôle de Cousin dans la constitution d’un idéalisme « à la française5 », c’est davantage à la reconstitution a posteriori dans cette médiation officielle principale qu’est la Science du</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Une esthétique ombragée pour la France : la métaphysique en couleurs de Malebranche dans la seconde moitié du xixe siècle'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>À la question de savoir quelles sont les principales médiations de la fabrique polémique de nos représentations topiques du « Grand Siècle », les récits philosophiques s’efforçant de classer et d’évaluer le passé, dans la France du xixe siècle, peuvent apporter une contribution majeure. Ils permettent en effet d’articuler les représentations emboîtées de trois modernités : la modernité du xixe siècle, qui se décrit comme en crise et qui cherche à se reconstruire après la Terreur postrévolutionnaire ; la modernité des xviie et xviiie siècles1, dans laquelle la première se mire et se cherche des ancêtres à adouber ou à répudier ; et notre modernité à nous, dont la deuxième, qui contient la première, détient un certain nombre de clefs pour nous aider à comprendre comment nous en sommes arrivés là.  La dimension institutionnelle de ces récits désigne l’« éclectisme » ou le « spiritualisme » de Victor Cousin (1792-1867). Afin d’effacer les effets délétères de la métaphysique « sensualiste » du xviiie siècle, qui engendre une morale hédoniste et une politique alternativement qualifiée d’anarchique ou de despotique, il faut ainsi revenir à la psychologie rationalisée de celui que Cousin désigna comme le père légitime de son école : le Descartes de l’édition des Œuvres complètes de 1824-18262, articulée à la politique dite libérale de la Charte et à une morale fondée sur les idées de justice et de charité. Si on suit la logique cousinienne d’un engendrement de toutes les parties de la philosophie dans la seule métaphysique passée qui puisse servir de référence stable : celle du Grand Siècle, l’idée du Beau, solidaire de celle du Bien, devrait donc exprimer un Vrai cartésien. Or, sur les « sous-mains3 » (première modernité) de la conception cousinienne du Beau (deuxième modernité), et sur la participation de cette conception cousinienne du Beau à l’émergence d’une esthétique « française » dont nous serions en conséquence les héritiers (troisième modernité), l’état des connaissances reste étonnamment consensuel : les matériaux de Cousin seraient de part en part allemands. Cousin corrigerait le sensualisme exclusif du xviiie siècle par un kantisme et un néo-kantisme trop sceptiques, finalement rectifiés par le platonisme, afin de conserver l’exigence d’absolu4. Lorsqu’on insiste sur le rôle de Cousin dans la constitution d’un idéalisme « à la française5 », c’est davantage à la reconstitution a posteriori dans cette médiation officielle principale qu’est la Science du]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Du « Grand Siècle » au « Siècle des Saints ». La construction mémorielle du xviie siècle comme apogée de la Réforme catholique en France</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16800</link>
      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 09:58:25 +0200</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16800</guid>
      <category>colloques</category>
      <description>Le syntagme de « siècle des saints », du fait de son usage fréquent, mériterait une enquête approfondie de lexicométrie. Faute de pouvoir la mener ici, on se propose plus modestement de formuler quelques brèves remarques sur ce que peut révéler l’usage de cette dernière expression dans l’historiographie de langue française.  En effet, le xviie siècle français n’a pas seulement été désigné comme le « Grand Siècle », mais également, quoique plus rarement, comme le « siècle des saints » (expression parfois agrémentée de majuscules). En première approche, dans l’usage courant de la pratique historienne, il semblerait que cette dernière expression désigne une sorte de versant religieux du Grand Siècle : si celui-ci est considéré comme un siècle de « grands hommes », les « grands hommes » dans le domaine religieux ou spirituel, en un temps où la religion catholique reconquiert son hégémonie en France, seraient à l’évidence des saints et des saintes, et aussitôt quelques exemples viennent immédiatement à l’esprit : François de Sales, Vincent de Paul, Louise de Marillac, etc. Cela, bien sûr, n’épuise pas la richesse sémantique de l’expression. De quoi parle-t-on au juste lorsqu’on emploie le syntagme de « siècle des saints » ? Que désigne-t-il précisément ? En d’autres termes, comment caractériser les formes de sainteté dont il fait un attribut identitaire du xviie siècle ? Comment, enfin, mettre en relation cette supposée profusion de sainteté avec la « grandeur » alléguée d’un « Grand Siècle » ? Quelles nuances, finalement, apporte l’idée du « siècle des saints » à un tableau du Grand Siècle ?  Certes, pas plus que celle de « Grand Siècle », l’expression de « siècle des saints » ne s’impose naturellement et massivement pour qualifier le xviie siècle français : il s’agit dans un cas comme dans l’autre du résultat de plusieurs opérations historiographiques, un chrononyme (D. Kalifa) dont il importe de mettre au jour les présupposés, non parce que son emploi serait jugé préférable à celui de « Grand Siècle », mais parce que, si ces deux désignations sont souvent allées de pair dans une certaine historiographie elle-même classique du classicisme, elles ne sont pas équivalentes et ne désignent au fond pas la même chose. En effet, il nous semble que parler de « siècle des saints » opère une forme de déplacement, à la fois chronologique, thématique et critique à l’égard de ce qu’évoque le « Grand Siècle », déplacement qui permet précisément d’en questionner la grandeur</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Du « Grand Siècle » au « Siècle des Saints ». La construction mémorielle du xviie siècle comme apogée de la Réforme catholique en France'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le syntagme de « siècle des saints », du fait de son usage fréquent, mériterait une enquête approfondie de lexicométrie. Faute de pouvoir la mener ici, on se propose plus modestement de formuler quelques brèves remarques sur ce que peut révéler l’usage de cette dernière expression dans l’historiographie de langue française.  En effet, le xviie siècle français n’a pas seulement été désigné comme le « Grand Siècle », mais également, quoique plus rarement, comme le « siècle des saints » (expression parfois agrémentée de majuscules). En première approche, dans l’usage courant de la pratique historienne, il semblerait que cette dernière expression désigne une sorte de versant religieux du Grand Siècle : si celui-ci est considéré comme un siècle de « grands hommes », les « grands hommes » dans le domaine religieux ou spirituel, en un temps où la religion catholique reconquiert son hégémonie en France, seraient à l’évidence des saints et des saintes, et aussitôt quelques exemples viennent immédiatement à l’esprit : François de Sales, Vincent de Paul, Louise de Marillac, etc. Cela, bien sûr, n’épuise pas la richesse sémantique de l’expression. De quoi parle-t-on au juste lorsqu’on emploie le syntagme de « siècle des saints » ? Que désigne-t-il précisément ? En d’autres termes, comment caractériser les formes de sainteté dont il fait un attribut identitaire du xviie siècle ? Comment, enfin, mettre en relation cette supposée profusion de sainteté avec la « grandeur » alléguée d’un « Grand Siècle » ? Quelles nuances, finalement, apporte l’idée du « siècle des saints » à un tableau du Grand Siècle ?  Certes, pas plus que celle de « Grand Siècle », l’expression de « siècle des saints » ne s’impose naturellement et massivement pour qualifier le xviie siècle français : il s’agit dans un cas comme dans l’autre du résultat de plusieurs opérations historiographiques, un chrononyme (D. Kalifa) dont il importe de mettre au jour les présupposés, non parce que son emploi serait jugé préférable à celui de « Grand Siècle », mais parce que, si ces deux désignations sont souvent allées de pair dans une certaine historiographie elle-même classique du classicisme, elles ne sont pas équivalentes et ne désignent au fond pas la même chose. En effet, il nous semble que parler de « siècle des saints » opère une forme de déplacement, à la fois chronologique, thématique et critique à l’égard de ce qu’évoque le « Grand Siècle », déplacement qui permet précisément d’en questionner la grandeur]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Introduction</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/colloques/index.php?id=16787</link>
      <pubDate>Mon, 15 Jun 2026 14:21:09 +0200</pubDate>
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      <category>colloques</category>
      <description>En 2007, Christian Jouhaud publiait un ouvrage appelé à marquer et à nourrir le débat dans le champ des études sur la réception de la France du xviiᵉ siècle : Sauver le Grand Siècle ? Présence et transmission du passé (Jouhaud, 2007). Dans ce livre, l’historien s’interroge sur la manière dont l’écriture peut rendre le passé présent. La question n’est donc pas seulement de savoir ce qu’il subsiste du xviiᵉ siècle, mais d’examiner les conditions mêmes de cette survivance — la façon dont le passé continue d’agir dans le présent, à travers les discours, les gestes d’écriture et les institutions de mémoire. Dans cette perspective, Jouhaud envisage l’histoire et la littérature comme deux voies complémentaires vers la « présence du passé » : la première repose sur la rigueur de la méthode, la seconde sur la puissance figurative du langage. Son approche s’inscrit dans la lignée de Walter Benjamin (2000), Marc Bloch (2006) et Michel de Certeau (1975), qui conçoivent l’histoire comme une rencontre risquée entre le présent et l’altérité du passé. Elle rejoint également, par certains aspects, les réflexions de Reinhart Koselleck (1990) et de François Hartog (2003) sur les régimes d’historicité et les modes d’expérience du temps. Ce livre se fonde ainsi sur un déplacement méthodologique décisif. Le Journal de Marie Du Bois, valet de chambre de Louis XIII et de Louis XIV, y est lu comme un texte d’historien : une tentative pour comprendre son temps à travers l’expérience vécue et le geste d’écriture. En miroir, les historiographies modernes du xviiᵉ siècle — de Voltaire (1751) à Marc Fumaroli (1995), en passant par Victor-Lucien Tapié (1957) ou Paul Bénichou (1948) — sont abordées comme des témoignages sur leur propre rapport au passé, révélant les mécanismes par lesquels elles construisent, fixent et sacralisent l’image du « Grand Siècle ». Ce renversement entre témoin et historien permet de désacraliser la figure monumentale du Grand Siècle et d’en révéler les fissures, les zones d’ombre et les fragments oubliés. L’objectif n’est plus de célébrer un passé figé, mais de retrouver, derrière le monument, les lézardes qui laissent filtrer la vie du passé, au-delà des grands récits du xviiᵉ siècle, qui apparaissent souvent comme des entreprises de reconstruction d’une image idéalisée, mais figée, du Grand Siècle. En cela, le livre de Jouhaud, au titre volontairement ironique, ne prétend pas « sauver » le Grand Siècle comme monument mais, plutôt, la possibilité même de son </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Introduction'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En 2007, Christian Jouhaud publiait un ouvrage appelé à marquer et à nourrir le débat dans le champ des études sur la réception de la France du xviiᵉ siècle : Sauver le Grand Siècle ? Présence et transmission du passé (Jouhaud, 2007). Dans ce livre, l’historien s’interroge sur la manière dont l’écriture peut rendre le passé présent. La question n’est donc pas seulement de savoir ce qu’il subsiste du xviiᵉ siècle, mais d’examiner les conditions mêmes de cette survivance — la façon dont le passé continue d’agir dans le présent, à travers les discours, les gestes d’écriture et les institutions de mémoire. Dans cette perspective, Jouhaud envisage l’histoire et la littérature comme deux voies complémentaires vers la « présence du passé » : la première repose sur la rigueur de la méthode, la seconde sur la puissance figurative du langage. Son approche s’inscrit dans la lignée de Walter Benjamin (2000), Marc Bloch (2006) et Michel de Certeau (1975), qui conçoivent l’histoire comme une rencontre risquée entre le présent et l’altérité du passé. Elle rejoint également, par certains aspects, les réflexions de Reinhart Koselleck (1990) et de François Hartog (2003) sur les régimes d’historicité et les modes d’expérience du temps. Ce livre se fonde ainsi sur un déplacement méthodologique décisif. Le Journal de Marie Du Bois, valet de chambre de Louis XIII et de Louis XIV, y est lu comme un texte d’historien : une tentative pour comprendre son temps à travers l’expérience vécue et le geste d’écriture. En miroir, les historiographies modernes du xviiᵉ siècle — de Voltaire (1751) à Marc Fumaroli (1995), en passant par Victor-Lucien Tapié (1957) ou Paul Bénichou (1948) — sont abordées comme des témoignages sur leur propre rapport au passé, révélant les mécanismes par lesquels elles construisent, fixent et sacralisent l’image du « Grand Siècle ». Ce renversement entre témoin et historien permet de désacraliser la figure monumentale du Grand Siècle et d’en révéler les fissures, les zones d’ombre et les fragments oubliés. L’objectif n’est plus de célébrer un passé figé, mais de retrouver, derrière le monument, les lézardes qui laissent filtrer la vie du passé, au-delà des grands récits du xviiᵉ siècle, qui apparaissent souvent comme des entreprises de reconstruction d’une image idéalisée, mais figée, du Grand Siècle. En cela, le livre de Jouhaud, au titre volontairement ironique, ne prétend pas « sauver » le Grand Siècle comme monument mais, plutôt, la possibilité même de son ]]></content:encoded>
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      <title>Joseph Joubert, introspection générale</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21296</link>
      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:46:01 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Quelques jours après la mort de Joseph Joubert, survenue le 4 mai 1824, Chateaubriand rendait hommage à cet ami discret qui avait préféré à la célébrité « une vie inconnue au milieu d’une société choisie1 ». Ces propos élogieux, Chateaubriand les reprenait tels quels quatorze ans plus tard dans sa courte préface au Recueil des Pensées de M. Joubert (1838), qui confiait les écrits fragmentaires de son ami à la postérité, en accord avec le principe selon lequel « on ne vit dans la mémoire du monde que par des travaux pour le monde2 ». D’abord réservée à un cercle de connaissances, l’œuvre a ensuite connu un public plus étendu, puis retenu l’attention des critiques les plus célèbres. Georges Poulet a donné en 1966 une nouvelle édition des Pensées et a consacré à Joubert d’importants développements de ses Études sur le temps humain (1952) et de La Pensée indéterminée (19853). Maurice Blanchot, dans Le Livre à venir (1959), a affirmé que Joubert est « un des premiers écrivains tout modernes » : « auteur sans livre, écrivain sans écrit », Joubert y est présenté comme « une première version de Mallarmé », dont la pratique d’écriture révèle « le cheminement d’une pensée qui ne pense pas encore ou d’un langage de poésie qui tente de remonter vers lui-même »4. Œuvre en perpétuel devenir, les Pensées sont aussi un entretien infini : une conversation inachevée avec soi-même et avec les autres, qui laisse au temps le soin de faire son ouvrage. L’œuvre de Joubert demeure intrigante, dans sa présence fantomatique aussi bien que dans ses recompositions. Originale, elle semble cependant ne pas s’appartenir, et ce parce qu’elle a fait l’objet d’interventions extérieures. Chateaubriand avait présenté une sélection des pensées de Joubert selon une approche thématique (« j’ai séparé les sujets confondus sur des chiffons de papier5 »), contribuant à les inscrire dans l’héritage des moralistes ; Georges Poulet avait quant à lui choisi l’ordre chronologique afin de faire sentir les élans et les replis d’une écriture, le « style de l’âme, style rythmique, fait de mouvements et de repos, d’idées et de distance entre les idées6 ». Dans cette édition des Carnets de Joubert préfacée par Christiane Rancé, l’ordre chronologique a lui aussi été privilégié, moins pour isoler des maximes que pour donner à voir Joubert dans une plus profonde intimité par la forme diariste. Ce faisant, cette édition donne un nouvel accès à cette œuvre qui était entrée « à pas feutré […] dans l’histoire des l</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21296/couv_Joubert_schebelen.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Joseph Joubert, introspection générale'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Quelques jours après la mort de Joseph Joubert, survenue le 4 mai 1824, Chateaubriand rendait hommage à cet ami discret qui avait préféré à la célébrité « une vie inconnue au milieu d’une société choisie1 ». Ces propos élogieux, Chateaubriand les reprenait tels quels quatorze ans plus tard dans sa courte préface au Recueil des Pensées de M. Joubert (1838), qui confiait les écrits fragmentaires de son ami à la postérité, en accord avec le principe selon lequel « on ne vit dans la mémoire du monde que par des travaux pour le monde2 ». D’abord réservée à un cercle de connaissances, l’œuvre a ensuite connu un public plus étendu, puis retenu l’attention des critiques les plus célèbres. Georges Poulet a donné en 1966 une nouvelle édition des Pensées et a consacré à Joubert d’importants développements de ses Études sur le temps humain (1952) et de La Pensée indéterminée (19853). Maurice Blanchot, dans Le Livre à venir (1959), a affirmé que Joubert est « un des premiers écrivains tout modernes » : « auteur sans livre, écrivain sans écrit », Joubert y est présenté comme « une première version de Mallarmé », dont la pratique d’écriture révèle « le cheminement d’une pensée qui ne pense pas encore ou d’un langage de poésie qui tente de remonter vers lui-même »4. Œuvre en perpétuel devenir, les Pensées sont aussi un entretien infini : une conversation inachevée avec soi-même et avec les autres, qui laisse au temps le soin de faire son ouvrage. L’œuvre de Joubert demeure intrigante, dans sa présence fantomatique aussi bien que dans ses recompositions. Originale, elle semble cependant ne pas s’appartenir, et ce parce qu’elle a fait l’objet d’interventions extérieures. Chateaubriand avait présenté une sélection des pensées de Joubert selon une approche thématique (« j’ai séparé les sujets confondus sur des chiffons de papier5 »), contribuant à les inscrire dans l’héritage des moralistes ; Georges Poulet avait quant à lui choisi l’ordre chronologique afin de faire sentir les élans et les replis d’une écriture, le « style de l’âme, style rythmique, fait de mouvements et de repos, d’idées et de distance entre les idées6 ». Dans cette édition des Carnets de Joubert préfacée par Christiane Rancé, l’ordre chronologique a lui aussi été privilégié, moins pour isoler des maximes que pour donner à voir Joubert dans une plus profonde intimité par la forme diariste. Ce faisant, cette édition donne un nouvel accès à cette œuvre qui était entrée « à pas feutré […] dans l’histoire des l]]></content:encoded>
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      <title>Pour une esthétique de la curiosité</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21292</link>
      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:39:11 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>« Adieu ma femme, je vais voir Monte-Cristo, je ne sais pas si je reviendrai1... ». La mine grave tout en manifestant une impatience certaine, le bourgeois tend son testament à sa femme éplorée, pendant que leur jeune enfant s’agrippe à la jambe de ce dernier, suppliant le père de famille de ne pas se laisser happer par le Théâtre-Historique. Derrière cette savoureuse critique dessinée, pratique parodique courante de la petite presse humoristique, Cham, caricaturiste prolifique des journaux Philipon, croque la transposition, sur les planches du Théâtre-Historique, en février 1848, de l’un des romans les plus célèbres de Dumas père, Le Comte de Monte-Cristo. C’est à la fois l’activité prolifique de l’écrivain, le genre du roman-feuilleton, ainsi que la réception de ce dernier par des lecteurs attendant avec fébrilité la prochaine livraison, qui sont parodiés au-delà même de l’adaptation théâtrale en tant que telle. L’évènement devient un véritable « spectacle médiatique2 ». Ce que dévoile aussi, et peut-être surtout, la critique de Cham, c’est la pulsion scopique — ou « la curiosité publique » (p. 302) — comme phénomène collectif : à l’image de ces personnages mis en scène dans les vignettes de Cham — bourgeois trépignant d’impatience à l’idée d’assister à cette pièce qui agite tout Paris et spectateurs affamés après quarante-huit heures enfermés dans une salle — les foules post-révolutionnaires réclament des vivres au sens propre comme figuré. L’artiste satirique répond à cet appel, nourrit ce désir de (tout) voir et de (tout) savoir, dans un geste double, qui est aussi celui de Dumas — « saisi[r] le potentiel de la curiosité » (p. 26) tout en se mettant « au service d’une curiosité critique » (p. 200). Caricatures, réécritures, textes parodiques, pamphlets, constitutifs de la presse, apparaissent dès lors comme autant de moyens de répondre à l’avidité du peuple, à « l’attention collective » (p. 302) en matière de nouvelles3, qu’elles soient historiques, politiques, sociétales ou esthétiques, dans un monde hanté par le « couperet de la guillotine4 » et où « la base tremble5 ». Ce lien entre curiosité et Révolution française est très clairement posé par Steffie Van Neste dès le début de son ouvrage Alexandre Dumas ou la curiosité moderne : « le monde n’apparaît plus de la même manière. Les yeux de l’homme post-révolutionnaire se sont désillés, la curiosité concerne alors un plus vaste domaine » (p. 10). Comme l’a montré Erika Wicky, l’éclatement du « régime</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21292/couv_scepi_van-neste.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Pour une esthétique de la curiosité'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>« Adieu ma femme, je vais voir Monte-Cristo, je ne sais pas si je reviendrai1... ». La mine grave tout en manifestant une impatience certaine, le bourgeois tend son testament à sa femme éplorée, pendant que leur jeune enfant s’agrippe à la jambe de ce dernier, suppliant le père de famille de ne pas se laisser happer par le Théâtre-Historique. Derrière cette savoureuse critique dessinée, pratique parodique courante de la petite presse humoristique, Cham, caricaturiste prolifique des journaux Philipon, croque la transposition, sur les planches du Théâtre-Historique, en février 1848, de l’un des romans les plus célèbres de Dumas père, Le Comte de Monte-Cristo. C’est à la fois l’activité prolifique de l’écrivain, le genre du roman-feuilleton, ainsi que la réception de ce dernier par des lecteurs attendant avec fébrilité la prochaine livraison, qui sont parodiés au-delà même de l’adaptation théâtrale en tant que telle. L’évènement devient un véritable « spectacle médiatique2 ». Ce que dévoile aussi, et peut-être surtout, la critique de Cham, c’est la pulsion scopique — ou « la curiosité publique » (p. 302) — comme phénomène collectif : à l’image de ces personnages mis en scène dans les vignettes de Cham — bourgeois trépignant d’impatience à l’idée d’assister à cette pièce qui agite tout Paris et spectateurs affamés après quarante-huit heures enfermés dans une salle — les foules post-révolutionnaires réclament des vivres au sens propre comme figuré. L’artiste satirique répond à cet appel, nourrit ce désir de (tout) voir et de (tout) savoir, dans un geste double, qui est aussi celui de Dumas — « saisi[r] le potentiel de la curiosité » (p. 26) tout en se mettant « au service d’une curiosité critique » (p. 200). Caricatures, réécritures, textes parodiques, pamphlets, constitutifs de la presse, apparaissent dès lors comme autant de moyens de répondre à l’avidité du peuple, à « l’attention collective » (p. 302) en matière de nouvelles3, qu’elles soient historiques, politiques, sociétales ou esthétiques, dans un monde hanté par le « couperet de la guillotine4 » et où « la base tremble5 ». Ce lien entre curiosité et Révolution française est très clairement posé par Steffie Van Neste dès le début de son ouvrage Alexandre Dumas ou la curiosité moderne : « le monde n’apparaît plus de la même manière. Les yeux de l’homme post-révolutionnaire se sont désillés, la curiosité concerne alors un plus vaste domaine » (p. 10). Comme l’a montré Erika Wicky, l’éclatement du « régime]]></content:encoded>
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      <title>Au-delà de la figure, le fou</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/acta/index.php?id=21284</link>
      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:33:07 +0200</pubDate>
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      <category>acta</category>
      <description>Le fou est une figure fascinante qui n’a cessé de se transformer à travers les âges et les cultures, pour tenir devant nos yeux le miroir dans lequel se métamorphosent les hétéronomies de l’autre. Dans le jeu des identités, il joue toujours la figure du décentrement, du hors norme. De plus, cette figure possède sa grammaire qui ne s’épuise pas dans une logique des oppositions, mais relève toute la complexité étymologique du latin follis, qui renvoie au « souffle », au « vent » et au « soufflet ». C’est donc en suivant ces mouvements d’air qu’il convient d’approcher cet être creux et grimaçant, dont le vide est traversé par un autre souffle que celui de l’esprit, « dépourvu de sagesse, car il n’est rempli que de vent ». Le Moyen Âge vient enrichir cette définition de nouveaux termes pour désigner le fou : stultus, le « sot », « l’imbécile », mais aussi insipiens, « l’insensé », dépourvu de toute sagesse. En abordant la figure du fou, Élisabeth Antoine-König et Pierre-Yves Le Pogam ont proposé une exposition au musée du Louvre et un riche catalogue dont la démarche consiste à approcher le fou à partir de ses représentations, de son apparition dès la fin de la fin Moyen Âge pour ensuite retracer une démultiplication foisonnante de ses représentations au cours de la Renaissance, jusqu’à son apogée au xixe siècle comme une des grandes figures du romantisme. Il convient donc de commencer par dénombrer les différentes figures à partir des marges de ce monde jusqu’au cœur des cours royales afin d’établir une première nomenclature qui permette de suivre la métamorphose du fou à travers ses multiples avatars. Ainsi, il apparaît en marge des textes, parmi les enluminures du xiie siècle, comme une figure qui est accompagnée par un désordre étrange, bizarre et inquiétant. Il prend part à une faune et une flore étonnantes, participant clairement de ce monde hybride animé de drôleries ou de singeries. Des panneaux, des vitraux, des dalles ou encore les bas-reliefs multiplient les apparitions du fou qui côtoie aussi bien des diables que des chimères. Mais très vite, une des premières rencontres décisives est celle du fou et de dieu, définissant le fou comme le porteur de tous les maux, des peurs et les haines. Le débat théologique qui se noue entre Dieu et le fou est celui d’une « sainte folie » de celui qui nie l’existence divine. Cette incroyance relève du fait que son rire le tient hors de la crainte de Dieu. Autour de la figure du fou, s’entame un combat de valeurs : </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/lodel/acta/docannexe/image/21284/couv_massonet_konig.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Au-delà de la figure, le fou'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le fou est une figure fascinante qui n’a cessé de se transformer à travers les âges et les cultures, pour tenir devant nos yeux le miroir dans lequel se métamorphosent les hétéronomies de l’autre. Dans le jeu des identités, il joue toujours la figure du décentrement, du hors norme. De plus, cette figure possède sa grammaire qui ne s’épuise pas dans une logique des oppositions, mais relève toute la complexité étymologique du latin follis, qui renvoie au « souffle », au « vent » et au « soufflet ». C’est donc en suivant ces mouvements d’air qu’il convient d’approcher cet être creux et grimaçant, dont le vide est traversé par un autre souffle que celui de l’esprit, « dépourvu de sagesse, car il n’est rempli que de vent ». Le Moyen Âge vient enrichir cette définition de nouveaux termes pour désigner le fou : stultus, le « sot », « l’imbécile », mais aussi insipiens, « l’insensé », dépourvu de toute sagesse. En abordant la figure du fou, Élisabeth Antoine-König et Pierre-Yves Le Pogam ont proposé une exposition au musée du Louvre et un riche catalogue dont la démarche consiste à approcher le fou à partir de ses représentations, de son apparition dès la fin de la fin Moyen Âge pour ensuite retracer une démultiplication foisonnante de ses représentations au cours de la Renaissance, jusqu’à son apogée au xixe siècle comme une des grandes figures du romantisme. Il convient donc de commencer par dénombrer les différentes figures à partir des marges de ce monde jusqu’au cœur des cours royales afin d’établir une première nomenclature qui permette de suivre la métamorphose du fou à travers ses multiples avatars. Ainsi, il apparaît en marge des textes, parmi les enluminures du xiie siècle, comme une figure qui est accompagnée par un désordre étrange, bizarre et inquiétant. Il prend part à une faune et une flore étonnantes, participant clairement de ce monde hybride animé de drôleries ou de singeries. Des panneaux, des vitraux, des dalles ou encore les bas-reliefs multiplient les apparitions du fou qui côtoie aussi bien des diables que des chimères. Mais très vite, une des premières rencontres décisives est celle du fou et de dieu, définissant le fou comme le porteur de tous les maux, des peurs et les haines. Le débat théologique qui se noue entre Dieu et le fou est celui d’une « sainte folie » de celui qui nie l’existence divine. Cette incroyance relève du fait que son rire le tient hors de la crainte de Dieu. Autour de la figure du fou, s’entame un combat de valeurs : ]]></content:encoded>
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    </item>
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      <title>Le Parnasse est-il une catégorie (vraiment) générale ? Étude d’un transfert générique et culturel de la France au Brésil</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4852</link>
      <pubDate>Thu, 16 Apr 2026 16:40:15 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>En général, d’ailleurs, les mots dont se nomme un mouvement littéraire et social sont nés non d’une désignation expresse de la critique, de tel critique particulier, mais d’un hasard obscur, d’une profondeur populaire analogue à celle d’où provient le langage courant, et qui leur laisse le vague et la souplesse nécessaires.Albert Thibaudet, Réflexions sur le roman, 1938, p. 110. Dans le cadre d’une réflexion sur la question de la généralité en littérature, je voudrais m’intéresser ici au cas d’une catégorie d’histoire littéraire qui, d’abord conçue en France à la fin du xixe siècle, a ensuite circulé dans différents espaces d’Europe et d’Amérique latine : le Parnasse. L’objectif de cette étude est d’interroger le degré de généralité qu’il est possible d’imputer à la notion de Parnasse ou de poésie parnassienne quand celle-ci est employée dans le discours critique. S’il est d’abord nécessaire de comprendre le fonctionnement logique de cette appellation en tant que catégorie – dont le caractère général, précisément, ne va pas de soi –, on se concentrera principalement sur la fortune qu’a connue le Parnasse, au-delà des limites de son contexte d’élaboration, au Brésil. Le problème que pose une catégorie telle que celle de Parnasse est en effet interculturel avant tout : comment est-il possible qu’une catégorie empirique et historique – au degré de généralité nécessairement limité – puisse subsumer d’autres textes que ceux produits dans le contexte sociohistorique qui a vu naître l’expression ? Le cas du Parnasse brésilien, à cet égard, soulève la question de façon emblématique dans la mesure où il éprouve en effet, plus que tout autre type de transfert générique, les limites de l’interculturalité : là où les notions de romantisme ou de symbolisme semblent avoir évolué de façon globale à l’échelle d’une partie de l’Europe et d’autres espaces, dont le Brésil, le cas du Parnasse – dans ce qu’il a de plus particulier et de plus épisodique à l’échelle de la France – prend l’allure d’une anomalie générique. En ce sens, bien que l’expression « Parnasse » soit très répandue et intuitivement acceptée dans l’historiographie de la littérature brésilienne telle qu’elle s’est constituée au Brésil de la fin du xixe siècle jusqu’à nos jours, il s’agit ici de revenir sur les conditions de ce sentiment d’évidence et de postuler, ce faisant, que l’existence d’une poésie parnassienne au Brésil ne va pas de soi. L’enjeu concerne cependant non pas la littérature parnassienne en s</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le Parnasse est-il une catégorie (vraiment) générale ? Étude d’un transfert générique et culturel de la France au Brésil'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En général, d’ailleurs, les mots dont se nomme un mouvement littéraire et social sont nés non d’une désignation expresse de la critique, de tel critique particulier, mais d’un hasard obscur, d’une profondeur populaire analogue à celle d’où provient le langage courant, et qui leur laisse le vague et la souplesse nécessaires.Albert Thibaudet, Réflexions sur le roman, 1938, p. 110. Dans le cadre d’une réflexion sur la question de la généralité en littérature, je voudrais m’intéresser ici au cas d’une catégorie d’histoire littéraire qui, d’abord conçue en France à la fin du xixe siècle, a ensuite circulé dans différents espaces d’Europe et d’Amérique latine : le Parnasse. L’objectif de cette étude est d’interroger le degré de généralité qu’il est possible d’imputer à la notion de Parnasse ou de poésie parnassienne quand celle-ci est employée dans le discours critique. S’il est d’abord nécessaire de comprendre le fonctionnement logique de cette appellation en tant que catégorie – dont le caractère général, précisément, ne va pas de soi –, on se concentrera principalement sur la fortune qu’a connue le Parnasse, au-delà des limites de son contexte d’élaboration, au Brésil. Le problème que pose une catégorie telle que celle de Parnasse est en effet interculturel avant tout : comment est-il possible qu’une catégorie empirique et historique – au degré de généralité nécessairement limité – puisse subsumer d’autres textes que ceux produits dans le contexte sociohistorique qui a vu naître l’expression ? Le cas du Parnasse brésilien, à cet égard, soulève la question de façon emblématique dans la mesure où il éprouve en effet, plus que tout autre type de transfert générique, les limites de l’interculturalité : là où les notions de romantisme ou de symbolisme semblent avoir évolué de façon globale à l’échelle d’une partie de l’Europe et d’autres espaces, dont le Brésil, le cas du Parnasse – dans ce qu’il a de plus particulier et de plus épisodique à l’échelle de la France – prend l’allure d’une anomalie générique. En ce sens, bien que l’expression « Parnasse » soit très répandue et intuitivement acceptée dans l’historiographie de la littérature brésilienne telle qu’elle s’est constituée au Brésil de la fin du xixe siècle jusqu’à nos jours, il s’agit ici de revenir sur les conditions de ce sentiment d’évidence et de postuler, ce faisant, que l’existence d’une poésie parnassienne au Brésil ne va pas de soi. L’enjeu concerne cependant non pas la littérature parnassienne en s]]></content:encoded>
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      <title>Le singulier de la littérature</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4838</link>
      <pubDate>Mon, 13 Apr 2026 11:51:41 +0200</pubDate>
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      <description>L’histoire de la théorie en administre régulièrement la preuve, rarement heureuse : il vient toujours un âge où les plus sobres théoriciens délaissent le propos spéculatif pour s’adonner aux douteuses délices de la confession autobiographique. Pour sentir à divers signes que cette heure a pour moi sonné, j’entamerai ici mon autobiographie intellectuelle, dont voici déjà le titre piteux : Mes rencontres ratées avec des écrivains célèbres Titre librement inspiré d’un livre méconnu de Christine Montalbetti : Petits déjeuners avec quelques écrivains célèbres (2008), avec lequel mon propre ouvrage pourrait bien partager un chapitre, puisqu’il se trouve que j’ai été le témoin matinal, et peut-être gênant, d’un de ces petits déjeuners de la romancière avec l’un de ses aînés – Jean-Philippe Toussaint, pour ne rien vous cacher. Mais ce chapitre-là ne saurait être le premier, qui remonte bien plus haut dans le temps, et qui doit recevoir son titre du lieu de ma rencontre avec mon tout premier écrivain célèbre – qui n’était pas Claude Simon : Chapitre 1. Au jardin des plantes Ce fut par un dimanche ensoleillé de l’automne 1990, où j’étais allé lire, à l’ombre du Muséum, Les Caractères de La Bruyère, qui étaient cette année-là au programme de l’agrégation de lettres modernes, à laquelle je me faisais un devoir de me présenter. Il s’agissait moins pour moi de lire le moraliste que de découvrir une édition de son œuvre, une simple anthologie d’extraits déjà ancienne : celle de Pierre Kuentz dans les « Petits Classiques Bordas » (1969), la seule alors à offrir des reproductions de quelques pages de l’édition originale. Je fis dans ce moment la découverte que les remarques de La Bruyère ne constituaient nullement des fragments numérotés isolés par des blancs mais formaient un texte continu scandé par un signe typographique très exotique à l’aube des années 1990 mais que les traitements de texte n’allaient pas tarder à remettre au goût du jour : le pied de mouche.  Jean de La Bruyère, Les Caractères (1688), éd. Pierre Kuentz, Paris, Bordas, coll. « Petits Classiques Bordas », 1969. La découverte venait invalider toute la rêverie de Roland Barthes sur le rôle du blanc au sein des chapitres des Caractères, dans un article célèbre1. Révélation qui fut pour moi bientôt suivie de cette autre : il existe dans le texte des chapitres des alinéas qui ne sont pas marqués du pied de mouche ; c’est le signe que la « remarque » ne se confond pas avec l’alinéa, ou plus exactement que La</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le singulier de la littérature'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’histoire de la théorie en administre régulièrement la preuve, rarement heureuse : il vient toujours un âge où les plus sobres théoriciens délaissent le propos spéculatif pour s’adonner aux douteuses délices de la confession autobiographique. Pour sentir à divers signes que cette heure a pour moi sonné, j’entamerai ici mon autobiographie intellectuelle, dont voici déjà le titre piteux : Mes rencontres ratées avec des écrivains célèbres Titre librement inspiré d’un livre méconnu de Christine Montalbetti : Petits déjeuners avec quelques écrivains célèbres (2008), avec lequel mon propre ouvrage pourrait bien partager un chapitre, puisqu’il se trouve que j’ai été le témoin matinal, et peut-être gênant, d’un de ces petits déjeuners de la romancière avec l’un de ses aînés – Jean-Philippe Toussaint, pour ne rien vous cacher. Mais ce chapitre-là ne saurait être le premier, qui remonte bien plus haut dans le temps, et qui doit recevoir son titre du lieu de ma rencontre avec mon tout premier écrivain célèbre – qui n’était pas Claude Simon : Chapitre 1. Au jardin des plantes Ce fut par un dimanche ensoleillé de l’automne 1990, où j’étais allé lire, à l’ombre du Muséum, Les Caractères de La Bruyère, qui étaient cette année-là au programme de l’agrégation de lettres modernes, à laquelle je me faisais un devoir de me présenter. Il s’agissait moins pour moi de lire le moraliste que de découvrir une édition de son œuvre, une simple anthologie d’extraits déjà ancienne : celle de Pierre Kuentz dans les « Petits Classiques Bordas » (1969), la seule alors à offrir des reproductions de quelques pages de l’édition originale. Je fis dans ce moment la découverte que les remarques de La Bruyère ne constituaient nullement des fragments numérotés isolés par des blancs mais formaient un texte continu scandé par un signe typographique très exotique à l’aube des années 1990 mais que les traitements de texte n’allaient pas tarder à remettre au goût du jour : le pied de mouche.  Jean de La Bruyère, Les Caractères (1688), éd. Pierre Kuentz, Paris, Bordas, coll. « Petits Classiques Bordas », 1969. La découverte venait invalider toute la rêverie de Roland Barthes sur le rôle du blanc au sein des chapitres des Caractères, dans un article célèbre1. Révélation qui fut pour moi bientôt suivie de cette autre : il existe dans le texte des chapitres des alinéas qui ne sont pas marqués du pied de mouche ; c’est le signe que la « remarque » ne se confond pas avec l’alinéa, ou plus exactement que La]]></content:encoded>
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      <title>Lettre au doyen du 26 mai 1965</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4832</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 22:53:16 +0200</pubDate>
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      <description>Lettre écrite par Peter Szondi en 1965, présentée ci-dessous par Romain Bionda. Présentation La lettre qui suit a été publiée dans un volume collectif intitulé Nach Szondi (2016, trad. Après ou Selon Szondi) et consacré à la discipline de la littérature générale et comparée à l’Université libre de Berlin entre 1965 et 2015. Elle a été adressée au doyen de la faculté de philosophie le 26 mai 1965 par Peter Szondi. En avril 1965, celui-ci venait d’être nommé professeur ordinaire en littérature comparée1 (« Chronik », 2016, p. 454). Peter Szondi avait été classé primo et unico loco par une commission en novembre 1964 (p. 453), alors qu’il occupait durant un semestre la chaire de philologie allemande et d’études littéraires générales2 d’Eberhard Lämmert (p. 452), qui avait été créée en 1962 (p. 454). Le 5 mai 1965, le jeune professeur écrit une lettre pour « demander, au sens de l’accord d’engagement, la création d’un séminaire de littérature comparée3 » (p. 454). La lettre du 26 mai corrige partiellement cette requête, en proposant d’ajouter l’adjectif « général » aux noms de l’institut, de la chaire et de la discipline qui lui sont rattachés. Ce nom devra être « Littérature générale et comparée » ou, plus littéralement d’après l’allemand Allgemeine und Vergleichende Literaturwissenschaft, « Études littéraires générales et comparantes »4. En juillet 1963, dans une lettre adressée à Hans-Egon Hass, professeur ordinaire de germanistique à l’Université libre de Berlin, c’était déjà le nom que Peter Szondi donnait à la discipline : « Je préférerais une charge d’enseignement non pas en philologie allemande, mais en littérature générale et comparée5. » (1993, p. 132.) Comme le signale Jürgen Brokoff, cette « lettre du 26 mai 1965 est, d’une certaine manière, le document fondateur du séminaire de littérature générale et comparée de l’Université libre de Berlin6 » (2016, p. 22). La création de ce séminaire est acceptée par la faculté de philosophie en juin 1965 (« Chronik », 2016, p. 454) et décidée officiellement en décembre 1965 : « Il s’agit du premier institut créé sous ce nom dans une université allemande7 » (p. 455). Après le suicide de Peter Szondi en octobre 1971 – qui intervient quelques mois avant sa prise de poste à l’université de Zurich, prévue en avril 1972 (Albers, 2016, p. 10) –, son « séminaire » est renommé « institut » en octobre 1972 (« Chronik », 2016, p. 479). Il porte depuis 2005 le nom de son fondateur : l’Institut Peter Szondi de littérature </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Lettre au doyen du 26 mai 1965'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Lettre écrite par Peter Szondi en 1965, présentée ci-dessous par Romain Bionda. Présentation La lettre qui suit a été publiée dans un volume collectif intitulé Nach Szondi (2016, trad. Après ou Selon Szondi) et consacré à la discipline de la littérature générale et comparée à l’Université libre de Berlin entre 1965 et 2015. Elle a été adressée au doyen de la faculté de philosophie le 26 mai 1965 par Peter Szondi. En avril 1965, celui-ci venait d’être nommé professeur ordinaire en littérature comparée1 (« Chronik », 2016, p. 454). Peter Szondi avait été classé primo et unico loco par une commission en novembre 1964 (p. 453), alors qu’il occupait durant un semestre la chaire de philologie allemande et d’études littéraires générales2 d’Eberhard Lämmert (p. 452), qui avait été créée en 1962 (p. 454). Le 5 mai 1965, le jeune professeur écrit une lettre pour « demander, au sens de l’accord d’engagement, la création d’un séminaire de littérature comparée3 » (p. 454). La lettre du 26 mai corrige partiellement cette requête, en proposant d’ajouter l’adjectif « général » aux noms de l’institut, de la chaire et de la discipline qui lui sont rattachés. Ce nom devra être « Littérature générale et comparée » ou, plus littéralement d’après l’allemand Allgemeine und Vergleichende Literaturwissenschaft, « Études littéraires générales et comparantes »4. En juillet 1963, dans une lettre adressée à Hans-Egon Hass, professeur ordinaire de germanistique à l’Université libre de Berlin, c’était déjà le nom que Peter Szondi donnait à la discipline : « Je préférerais une charge d’enseignement non pas en philologie allemande, mais en littérature générale et comparée5. » (1993, p. 132.) Comme le signale Jürgen Brokoff, cette « lettre du 26 mai 1965 est, d’une certaine manière, le document fondateur du séminaire de littérature générale et comparée de l’Université libre de Berlin6 » (2016, p. 22). La création de ce séminaire est acceptée par la faculté de philosophie en juin 1965 (« Chronik », 2016, p. 454) et décidée officiellement en décembre 1965 : « Il s’agit du premier institut créé sous ce nom dans une université allemande7 » (p. 455). Après le suicide de Peter Szondi en octobre 1971 – qui intervient quelques mois avant sa prise de poste à l’université de Zurich, prévue en avril 1972 (Albers, 2016, p. 10) –, son « séminaire » est renommé « institut » en octobre 1972 (« Chronik », 2016, p. 479). Il porte depuis 2005 le nom de son fondateur : l’Institut Peter Szondi de littérature ]]></content:encoded>
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      <title>Edgar Quinet, inventeur de la littérature générale et comparée</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4824</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 22:16:46 +0200</pubDate>
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      <description>« [Ma] religion littéraire et politique, je veux dire l’unité des Lettres et la fraternité des peuples modernes. » (Quinet, 1839, p. 282.) Edgar Quinet passe pour être l’inventeur de la littérature générale et comparée à la fois comme catégorie méthodologique et comme institution académique. Il en aurait inauguré lui-même l’enseignement au milieu du xixe siècle. Quinet, malgré sa célébrité, est assez peu étudié, et lorsqu’il l’est, son enseignement et ses écrits concernant la littérature sont à peine mentionnés en quelques lignes. Cette grande figure républicaine qui a été le collègue et alter ego de Jules Michelet au Collège de France est pourtant centrale pour comprendre l’histoire de la pensée française au xixe siècle. Deux textes parus en 1838 et 1839 dans la Revue des Deux Mondes sont le fondement de la littérature comparée, il s’agit de « L’unité des littératures modernes » et de « L’unité morale des peuples modernes », ce dernier article étant en fait la transcription du discours pour la leçon inaugurale de sa chaire de « Littérature étrangère » à Lyon. Ces textes présentent un double intérêt : d’une part, ils permettent d’éclairer la source d’une certaine définition de la littérature et de la philosophie morale et politique de Quinet présente dans l’ensemble de son œuvre ; d’autre part, ils fournissent un point d’appui pour étudier l’apparition en France de la notion de littérature comparée, son contexte politique et intellectuel et son apport méthodologique dans la sphère académique. En 1827-1828, le très jeune Quinet (il est né en 1803) traduit les Idées sur la philosophie de l’histoire de l’Humanité de Johann Gottfried von Herder ([1784-1791] 1827), publiées en Allemagne en 1774. Il fait précéder sa traduction d’une longue introduction intitulée « Étude sur le caractère et les écrits de Herder » ([1827] 1882). À cette date, les études sur la philosophie allemande étaient très peu développées en France ; son travail sera d’ailleurs salué par Goethe. D’abord Quinet est enthousiasmé par l’œuvre de Herder, mais celle-ci devient progressivement l’objet de critiques de la part de son traducteur. Quinet alors commence à se forger sa propre philosophie de l’histoire. Il lit en parallèle Bossuet, Discours sur l’histoire universelle, dont il élabore également une critique. Rappelons que pour Herder chaque peuple a un génie singulier qui s’exprime à certains moments de l’histoire. L’histoire elle-même est alors une série d’apparitions éclatantes et de décl</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Edgar Quinet, inventeur de la littérature générale et comparée'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>« [Ma] religion littéraire et politique, je veux dire l’unité des Lettres et la fraternité des peuples modernes. » (Quinet, 1839, p. 282.) Edgar Quinet passe pour être l’inventeur de la littérature générale et comparée à la fois comme catégorie méthodologique et comme institution académique. Il en aurait inauguré lui-même l’enseignement au milieu du xixe siècle. Quinet, malgré sa célébrité, est assez peu étudié, et lorsqu’il l’est, son enseignement et ses écrits concernant la littérature sont à peine mentionnés en quelques lignes. Cette grande figure républicaine qui a été le collègue et alter ego de Jules Michelet au Collège de France est pourtant centrale pour comprendre l’histoire de la pensée française au xixe siècle. Deux textes parus en 1838 et 1839 dans la Revue des Deux Mondes sont le fondement de la littérature comparée, il s’agit de « L’unité des littératures modernes » et de « L’unité morale des peuples modernes », ce dernier article étant en fait la transcription du discours pour la leçon inaugurale de sa chaire de « Littérature étrangère » à Lyon. Ces textes présentent un double intérêt : d’une part, ils permettent d’éclairer la source d’une certaine définition de la littérature et de la philosophie morale et politique de Quinet présente dans l’ensemble de son œuvre ; d’autre part, ils fournissent un point d’appui pour étudier l’apparition en France de la notion de littérature comparée, son contexte politique et intellectuel et son apport méthodologique dans la sphère académique. En 1827-1828, le très jeune Quinet (il est né en 1803) traduit les Idées sur la philosophie de l’histoire de l’Humanité de Johann Gottfried von Herder ([1784-1791] 1827), publiées en Allemagne en 1774. Il fait précéder sa traduction d’une longue introduction intitulée « Étude sur le caractère et les écrits de Herder » ([1827] 1882). À cette date, les études sur la philosophie allemande étaient très peu développées en France ; son travail sera d’ailleurs salué par Goethe. D’abord Quinet est enthousiasmé par l’œuvre de Herder, mais celle-ci devient progressivement l’objet de critiques de la part de son traducteur. Quinet alors commence à se forger sa propre philosophie de l’histoire. Il lit en parallèle Bossuet, Discours sur l’histoire universelle, dont il élabore également une critique. Rappelons que pour Herder chaque peuple a un génie singulier qui s’exprime à certains moments de l’histoire. L’histoire elle-même est alors une série d’apparitions éclatantes et de décl]]></content:encoded>
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      <title>Introduction : qu’est-ce que la littérature générale ?</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4818</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 18:32:23 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>Qu’il est respectable parce qu’il est le genre général et qu’en être c’est être général en même temps et aussi bien que particulier (le rêve de tous ceux qui ne sont que « particuliers », et le demeurent).(Guillaumin, 1984, p. 65.) Aux sources de ce numéro, un constat : la « littérature générale » constitue un impensé au sein des études littéraires, alors même qu’elle figure dans le nom de la discipline de littérature générale et comparée depuis plusieurs décennies. L’usage elliptique de « littérature comparée » s’est ainsi imposé, faisant l’élision de l’épithète « générale ». Celle-ci apparaît pourtant aux côtés de la littérature comparée peu de temps après l’entrée de la discipline à l’université, au début du xxe siècle. Parmi toutes les tentatives de définition de la générale, on peut distinguer deux ramifications majeures qui se succèdent chronologiquement et qui sont tantôt en continuité, tantôt en rupture avec la comparée. D’abord, une ramification qui prolonge la conception du comparatisme comme étude de plusieurs littératures, conjuguant la méthode historique et le principe de synthèse ; pensons ici à l’histoire littéraire générale ou internationale de Paul Van Tieghem, pour qui la littérature générale désignait un stade avancé du comparatisme littéraire. Cette conception atteint son apogée juste après la Seconde Guerre mondiale avec l’idée que la littérature comparée pourrait être un « instrument de compréhension internationale1 », une discipline de conciliation. Puis, dans la seconde moitié du xxe siècle, une tout autre définition de la générale vient marquer une rupture avec cette première conception totalisante. Le congrès de 1956 de la Société nationale française de littérature comparée (devenue en 1973 la Société française de littérature générale et comparée) a par ailleurs pour thème évocateur « Littérature générale et histoire des idées ». La littérature générale s’oriente désormais vers des questions de théorie littéraire, par conséquent sa visée synthétique a moins trait au généralisme englobant : il s’agit d’un généralisme plus formaliste, qui s’exprime par une articulation de la littérature générale et comparée avec les problématiques qui transcendent ses partages aréaux. Après ce constat, un postulat : la littérature comparée est inévitablement aussi générale, mais c’est la réciproque qui ne va pas de soi. Or les études dites générales, qui vont au-delà de la spécificité des littératures nationales, ne sont pas impérativement dépourvue</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Introduction : qu’est-ce que la littérature générale ?'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Qu’il est respectable parce qu’il est le genre général et qu’en être c’est être général en même temps et aussi bien que particulier (le rêve de tous ceux qui ne sont que « particuliers », et le demeurent).(Guillaumin, 1984, p. 65.) Aux sources de ce numéro, un constat : la « littérature générale » constitue un impensé au sein des études littéraires, alors même qu’elle figure dans le nom de la discipline de littérature générale et comparée depuis plusieurs décennies. L’usage elliptique de « littérature comparée » s’est ainsi imposé, faisant l’élision de l’épithète « générale ». Celle-ci apparaît pourtant aux côtés de la littérature comparée peu de temps après l’entrée de la discipline à l’université, au début du xxe siècle. Parmi toutes les tentatives de définition de la générale, on peut distinguer deux ramifications majeures qui se succèdent chronologiquement et qui sont tantôt en continuité, tantôt en rupture avec la comparée. D’abord, une ramification qui prolonge la conception du comparatisme comme étude de plusieurs littératures, conjuguant la méthode historique et le principe de synthèse ; pensons ici à l’histoire littéraire générale ou internationale de Paul Van Tieghem, pour qui la littérature générale désignait un stade avancé du comparatisme littéraire. Cette conception atteint son apogée juste après la Seconde Guerre mondiale avec l’idée que la littérature comparée pourrait être un « instrument de compréhension internationale1 », une discipline de conciliation. Puis, dans la seconde moitié du xxe siècle, une tout autre définition de la générale vient marquer une rupture avec cette première conception totalisante. Le congrès de 1956 de la Société nationale française de littérature comparée (devenue en 1973 la Société française de littérature générale et comparée) a par ailleurs pour thème évocateur « Littérature générale et histoire des idées ». La littérature générale s’oriente désormais vers des questions de théorie littéraire, par conséquent sa visée synthétique a moins trait au généralisme englobant : il s’agit d’un généralisme plus formaliste, qui s’exprime par une articulation de la littérature générale et comparée avec les problématiques qui transcendent ses partages aréaux. Après ce constat, un postulat : la littérature comparée est inévitablement aussi générale, mais c’est la réciproque qui ne va pas de soi. Or les études dites générales, qui vont au-delà de la spécificité des littératures nationales, ne sont pas impérativement dépourvue]]></content:encoded>
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      <title>La littérature générale, un savoir situé ? Généralisation et pluralisation</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4811</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 12:34:58 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>La reconfiguration moderne de la « littérature » n’y a rien changé : les termes qui désignent les corpus littéraires (« belles-lettres », « littérature française », « littérature coréenne ») sont aussi ceux qui désignent l’étude de ces derniers. L’objet littéraire se confond avec un champ de recherches ; le champ implique (et cache) la construction de son objet. Bien que se plaçant a priori sur un plan différent, le syntagme « littérature générale » n’échappe pas à cette ambivalence. L’expression est aussi une expression de librairie, par ailleurs discutée, et assez révélatrice de ce dont procède souvent le général en littérature : non d’une généralisation, mais d’une exclusion, en l’occurrence celle des littératures dites « de genre ». D’un autre côté, l’étiquette « littérature générale » est bien souvent brandie en France lorsqu’on s’interroge sur l’appartenance disciplinaire d’un travail où les enjeux linguistiques et culturels sont faibles, et il s’agit alors d’éviter une exclusion du champ de la littérature générale et comparée, en rappelant que dans « littérature générale et comparée », il y a « général ». Mais que signifie alors « général » ? Quelque chose comme : certes, ce n’est pas comparatiste, mais c’est quand même « général-et-comparatiste », « comparatiste-parce-que-général ». La littérature générale apparaît ainsi d’emblée située, au sens le plus trivial du terme, à côté de la littérature comparée et en relation avec cette dernière. Mais elle a aussi une situation, au sens élaboré, après Sartre, par les études féministes et postcoloniales, qui se sont employées depuis les années 1980 à penser les intérêts et biais impensés de la recherche et à proposer des catégories d’analyse. Parmi elles, la situation, explicitée et revendiquée, constitue une méthode pour produire un nouveau type de discours de savoir. Si la théorie littéraire a ainsi été l’objet, récemment, de remarquables travaux1, la « littérature générale », embusquée derrière la théorie, reste cependant délaissée par ces approches, malgré les réflexions sur le général que l’on peut y trouver2. C’est l’objet du présent article que de proposer une tentative de situation de la « littérature générale », à la lumière d’une recherche elle-même située à la croisée des études littéraires et de l’indologie. Littérature générale et littérature comparée L’association de « générale » et « comparée » ne va en réalité pas de soi : l’appellation « littérature générale et comparée » est relativement </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La littérature générale, un savoir situé ? Généralisation et pluralisation'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>La reconfiguration moderne de la « littérature » n’y a rien changé : les termes qui désignent les corpus littéraires (« belles-lettres », « littérature française », « littérature coréenne ») sont aussi ceux qui désignent l’étude de ces derniers. L’objet littéraire se confond avec un champ de recherches ; le champ implique (et cache) la construction de son objet. Bien que se plaçant a priori sur un plan différent, le syntagme « littérature générale » n’échappe pas à cette ambivalence. L’expression est aussi une expression de librairie, par ailleurs discutée, et assez révélatrice de ce dont procède souvent le général en littérature : non d’une généralisation, mais d’une exclusion, en l’occurrence celle des littératures dites « de genre ». D’un autre côté, l’étiquette « littérature générale » est bien souvent brandie en France lorsqu’on s’interroge sur l’appartenance disciplinaire d’un travail où les enjeux linguistiques et culturels sont faibles, et il s’agit alors d’éviter une exclusion du champ de la littérature générale et comparée, en rappelant que dans « littérature générale et comparée », il y a « général ». Mais que signifie alors « général » ? Quelque chose comme : certes, ce n’est pas comparatiste, mais c’est quand même « général-et-comparatiste », « comparatiste-parce-que-général ». La littérature générale apparaît ainsi d’emblée située, au sens le plus trivial du terme, à côté de la littérature comparée et en relation avec cette dernière. Mais elle a aussi une situation, au sens élaboré, après Sartre, par les études féministes et postcoloniales, qui se sont employées depuis les années 1980 à penser les intérêts et biais impensés de la recherche et à proposer des catégories d’analyse. Parmi elles, la situation, explicitée et revendiquée, constitue une méthode pour produire un nouveau type de discours de savoir. Si la théorie littéraire a ainsi été l’objet, récemment, de remarquables travaux1, la « littérature générale », embusquée derrière la théorie, reste cependant délaissée par ces approches, malgré les réflexions sur le général que l’on peut y trouver2. C’est l’objet du présent article que de proposer une tentative de situation de la « littérature générale », à la lumière d’une recherche elle-même située à la croisée des études littéraires et de l’indologie. Littérature générale et littérature comparée L’association de « générale » et « comparée » ne va en réalité pas de soi : l’appellation « littérature générale et comparée » est relativement ]]></content:encoded>
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      <title>À la recherche de la littérature générale</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4793</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 12:17:41 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>Le terme de « littérature générale » reste aujourd’hui dans les noms des sociétés savantes (Société française de littérature générale et comparée), dans les intitulés de master (master de Littérature générale et comparée) sans que l’on sache vraiment ce que cela signifie. Il en va des mots « général » et « comparé » comme de ces termes anciens, surannés – tels que « vertu », « Monseigneur », « bouteille à l’encre » – qui sont restés dans l’usage, sans que l’on se souvienne vraiment de leur sens premier. Il nous arrive pourtant de buter sur ces appellations de « général » et de « comparé », quand il s’agit de présenter notre discipline hors du cercle des habitués, qui ont arrêté d’en questionner le sens. Nous sommes alors bien embarrassés, car notre matière semble loin d’avoir la transparence et la clarté des autres – et un collègue spécialiste d’« histoire médiévale » ou de « littérature contemporaine » paraît immédiatement accomplir un travail plus intéressant et plus accessible. Il n’en va pas seulement de notre image publique : il importe de comprendre ce que ces mots « général » et « comparé » signifient pour mieux savoir d’où viennent nos recherches et dans quelles directions elles évoluent, à l’heure où s’affirme la « littérature mondiale ». L’origine de la « littérature mondiale », en revanche, est bien connue. C’est le terme qu’emploie Goethe, dans une lettre de 1827, pour définir son ambition pour la littérature allemande : Je suis convaincu qu’une littérature mondiale est en train de se former, que toutes les nations y sont enclines et qu’elles font donc des pas amicaux. C’est ici que l’Allemand peut agir le plus, il aura un beau rôle à jouer dans ce grand rassemblement. Nous n’avons pas besoin d’aider la marée montante anglaise, nous devons attendre de voir ce qu’il adviendra de cette inondation. Les Français et les Italiens, en revanche, doivent être amenés discrètement, dans la mesure du possible, car leurs œuvres, même méritantes, ne plaisent pas vraiment au palais et à l’esprit allemands1. (Lettre à Adolf Friedrich Carl Streckfuß du 27 janvier 1827, Goethe, 1827, je traduis.) Pour Goethe la « Weltliteratur » correspond au projet de rassembler les littératures par-delà les frontières nationales, qui « sont disposées [geneigt sind] » à faire des « pas amicaux [freundliche Schritte] » ensemble. Cette idée d’ouverture et de communion est pourtant nuancée dans la suite de sa lettre. La rencontre des différentes littératures doit servir le « rôle </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='À la recherche de la littérature générale'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Le terme de « littérature générale » reste aujourd’hui dans les noms des sociétés savantes (Société française de littérature générale et comparée), dans les intitulés de master (master de Littérature générale et comparée) sans que l’on sache vraiment ce que cela signifie. Il en va des mots « général » et « comparé » comme de ces termes anciens, surannés – tels que « vertu », « Monseigneur », « bouteille à l’encre » – qui sont restés dans l’usage, sans que l’on se souvienne vraiment de leur sens premier. Il nous arrive pourtant de buter sur ces appellations de « général » et de « comparé », quand il s’agit de présenter notre discipline hors du cercle des habitués, qui ont arrêté d’en questionner le sens. Nous sommes alors bien embarrassés, car notre matière semble loin d’avoir la transparence et la clarté des autres – et un collègue spécialiste d’« histoire médiévale » ou de « littérature contemporaine » paraît immédiatement accomplir un travail plus intéressant et plus accessible. Il n’en va pas seulement de notre image publique : il importe de comprendre ce que ces mots « général » et « comparé » signifient pour mieux savoir d’où viennent nos recherches et dans quelles directions elles évoluent, à l’heure où s’affirme la « littérature mondiale ». L’origine de la « littérature mondiale », en revanche, est bien connue. C’est le terme qu’emploie Goethe, dans une lettre de 1827, pour définir son ambition pour la littérature allemande : Je suis convaincu qu’une littérature mondiale est en train de se former, que toutes les nations y sont enclines et qu’elles font donc des pas amicaux. C’est ici que l’Allemand peut agir le plus, il aura un beau rôle à jouer dans ce grand rassemblement. Nous n’avons pas besoin d’aider la marée montante anglaise, nous devons attendre de voir ce qu’il adviendra de cette inondation. Les Français et les Italiens, en revanche, doivent être amenés discrètement, dans la mesure du possible, car leurs œuvres, même méritantes, ne plaisent pas vraiment au palais et à l’esprit allemands1. (Lettre à Adolf Friedrich Carl Streckfuß du 27 janvier 1827, Goethe, 1827, je traduis.) Pour Goethe la « Weltliteratur » correspond au projet de rassembler les littératures par-delà les frontières nationales, qui « sont disposées [geneigt sind] » à faire des « pas amicaux [freundliche Schritte] » ensemble. Cette idée d’ouverture et de communion est pourtant nuancée dans la suite de sa lettre. La rencontre des différentes littératures doit servir le « rôle ]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>La littérature générale et comparée française : brève histoire et contextualisation du général dans les contours d’une discipline</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4782</link>
      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 12:07:29 +0200</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>En France, la discipline comparatiste est aujourd’hui officiellement désignée par le sigle « LGC » – littérature générale et comparée –, souvent abrégé par l’économie du général en « LC » – littérature comparée. Pourtant, l’adjectif générale n’apparaît dans la désignation de la discipline qu’à partir des années 1970. Auparavant et depuis son institutionnalisation au début du xxe siècle, la discipline s’intitulait « littérature comparée », formulation parfois orthographiée au pluriel. Tout comme l’adjectif comparée associé à littérature n’a jamais été une caractérisation interne de la littérature mais a toujours désigné une approche, une démarche (et l’histoire de la discipline montre bien que la définition de la démarche comparatiste n’a rien d’universel ni d’atemporel, qu’elle a connu en France des évolutions importantes et qu’elle ne recouvre pas exactement les mêmes pratiques ailleurs qu’en France), l’adjectif générale – quoi qu’ait pu recouvrir le terme et qu’il recouvre aujourd’hui – n’a jamais constitué une qualification interne de la littérature (une littérature qui serait générale par opposition à une littérature qui ne le serait pas) mais bien une démarche dans l’étude de la littérature. De fait, ce que toutes les définitions de la notion ont en commun au-delà de leurs différences, c’est de désigner une approche, qualifiée de générale, de la littérature et des faits littéraires. Si les premiers « Que sais-je ? » présentant la discipline – celui de Marius-François Guyard en 1951 puis celui d’Yves Chevrel en 1989 – ne mentionnent pas la littérature générale dans son rapport à la littérature comparée, l’édition refondue de 2006 comporte une section intitulée « Littérature comparée, littérature générale » (p. 17-18). Chevrel souligne, d’une part, que « la littérature comparée est à entendre comme la science comparative de la littérature » (p. 4) et, d’autre part, que l’introduction de l’adjectif générale au début des années 1970 « a l’intérêt de relier deux perspectives : le souci d’interroger le concept de littérature, la prise en compte d’un corpus non seulement varié mais aussi composé de traditions différentes » ([1989] 2023, p. 18). En commençant à rédiger cet article, je pensais m’attacher à deux moments des débats autour de la question du général dans son rapport à la discipline comparatiste (les années 1970 et les années 2000) parce que je croyais pouvoir ainsi dégager un mouvement qui aurait fait passer une discipline pensée, dans les débuts </description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='La littérature générale et comparée française : brève histoire et contextualisation du général dans les contours d’une discipline'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En France, la discipline comparatiste est aujourd’hui officiellement désignée par le sigle « LGC » – littérature générale et comparée –, souvent abrégé par l’économie du général en « LC » – littérature comparée. Pourtant, l’adjectif générale n’apparaît dans la désignation de la discipline qu’à partir des années 1970. Auparavant et depuis son institutionnalisation au début du xxe siècle, la discipline s’intitulait « littérature comparée », formulation parfois orthographiée au pluriel. Tout comme l’adjectif comparée associé à littérature n’a jamais été une caractérisation interne de la littérature mais a toujours désigné une approche, une démarche (et l’histoire de la discipline montre bien que la définition de la démarche comparatiste n’a rien d’universel ni d’atemporel, qu’elle a connu en France des évolutions importantes et qu’elle ne recouvre pas exactement les mêmes pratiques ailleurs qu’en France), l’adjectif générale – quoi qu’ait pu recouvrir le terme et qu’il recouvre aujourd’hui – n’a jamais constitué une qualification interne de la littérature (une littérature qui serait générale par opposition à une littérature qui ne le serait pas) mais bien une démarche dans l’étude de la littérature. De fait, ce que toutes les définitions de la notion ont en commun au-delà de leurs différences, c’est de désigner une approche, qualifiée de générale, de la littérature et des faits littéraires. Si les premiers « Que sais-je ? » présentant la discipline – celui de Marius-François Guyard en 1951 puis celui d’Yves Chevrel en 1989 – ne mentionnent pas la littérature générale dans son rapport à la littérature comparée, l’édition refondue de 2006 comporte une section intitulée « Littérature comparée, littérature générale » (p. 17-18). Chevrel souligne, d’une part, que « la littérature comparée est à entendre comme la science comparative de la littérature » (p. 4) et, d’autre part, que l’introduction de l’adjectif générale au début des années 1970 « a l’intérêt de relier deux perspectives : le souci d’interroger le concept de littérature, la prise en compte d’un corpus non seulement varié mais aussi composé de traditions différentes » ([1989] 2023, p. 18). En commençant à rédiger cet article, je pensais m’attacher à deux moments des débats autour de la question du général dans son rapport à la discipline comparatiste (les années 1970 et les années 2000) parce que je croyais pouvoir ainsi dégager un mouvement qui aurait fait passer une discipline pensée, dans les débuts ]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Une utopie sémantique : étude des modalités de réception de la théorie queer en France</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4729</link>
      <pubDate>Fri, 21 Nov 2025 18:05:10 +0100</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>L’usage du terme « queer » en anglais, depuis sa réappropriation par les discours militants et académiques, peut se comprendre comme une utopie sémantique : « queer » a apporté une nouvelle unité de signification permettant de décrire et de rassembler ce qui ne pouvait pas l’être, ou l’était de manière insatisfaisante dans le domaine des études gaies et lesbiennes1. Lors de son émergence aux États-Unis comme lors de son importation en France, le terme a été choisi sciemment, pour sa portée tant polémique qu’heuristique afin de déplacer la réalité, la porter ailleurs, en produisant de nouveaux savoirs. Cette utopie a été performative : elle a influé sur la perception de ce qui existait, sur la manière de (se) dire et sur la compréhension du monde. L’usage du terme « queer » a dessiné un horizon de possibilités, ce qui fait dire par exemple à José Esteban Muñoz, que « la queerness est un mode de désir structurant et éduqué qui nous permet de voir et de sentir par-delà le marécage du présent » (Muñoz, [2009] 2021, p. 19). Ce recours au terme « queer » et à ses dérivés (queerness, queeritude, queerisation queeriser…) s’inscrit dans un projet de définition alternative, qui ouvre un futur épistémologique permettant d’imaginer « à quoi ressemblerait ou à quoi ressemble une culture lorsqu’elle n’est pas hétéronormative » (Lebovici, 2021, p. 10). L’utopie queer inaugure des pratiques de transformation de la vision du monde. Le terme « queer » se transforme lui-même au fur et à mesure de son appropriation et de la diversification de ses usages. C’est ce qui sera discuté à partir de l’analyse des conditions et des modalités d’exposition aux idées queers en France. Comment ont-elles été intégrées dans les traditions nationales de la pensée critique ? Se sont-elles transformées sous l’effet de leur traduction et de leur institutionnalisation ? Les réponses seront apportées à partir d’une socio-histoire de la réception du mot queer en France, combinée à l’étude des conditions et des modalités d’exposition de ce qu’il désigne. Pour cela, nous nous fonderons sur l’étude des catalogues de traductions et de publications des textes queers, sur l’étude des premières thèses portant sur le queer ou utilisant « queer » pour qualifier de nouveaux objets académiques, tout en situant les initiatives pionnières, comme le séminaire du Zoo organisé par Sam Bourcier, qui ont contribué à la diffusion à la fois académique et militante du terme. Notre démarche identifiera également les dé</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Une utopie sémantique : étude des modalités de réception de la théorie queer en France'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>L’usage du terme « queer » en anglais, depuis sa réappropriation par les discours militants et académiques, peut se comprendre comme une utopie sémantique : « queer » a apporté une nouvelle unité de signification permettant de décrire et de rassembler ce qui ne pouvait pas l’être, ou l’était de manière insatisfaisante dans le domaine des études gaies et lesbiennes1. Lors de son émergence aux États-Unis comme lors de son importation en France, le terme a été choisi sciemment, pour sa portée tant polémique qu’heuristique afin de déplacer la réalité, la porter ailleurs, en produisant de nouveaux savoirs. Cette utopie a été performative : elle a influé sur la perception de ce qui existait, sur la manière de (se) dire et sur la compréhension du monde. L’usage du terme « queer » a dessiné un horizon de possibilités, ce qui fait dire par exemple à José Esteban Muñoz, que « la queerness est un mode de désir structurant et éduqué qui nous permet de voir et de sentir par-delà le marécage du présent » (Muñoz, [2009] 2021, p. 19). Ce recours au terme « queer » et à ses dérivés (queerness, queeritude, queerisation queeriser…) s’inscrit dans un projet de définition alternative, qui ouvre un futur épistémologique permettant d’imaginer « à quoi ressemblerait ou à quoi ressemble une culture lorsqu’elle n’est pas hétéronormative » (Lebovici, 2021, p. 10). L’utopie queer inaugure des pratiques de transformation de la vision du monde. Le terme « queer » se transforme lui-même au fur et à mesure de son appropriation et de la diversification de ses usages. C’est ce qui sera discuté à partir de l’analyse des conditions et des modalités d’exposition aux idées queers en France. Comment ont-elles été intégrées dans les traditions nationales de la pensée critique ? Se sont-elles transformées sous l’effet de leur traduction et de leur institutionnalisation ? Les réponses seront apportées à partir d’une socio-histoire de la réception du mot queer en France, combinée à l’étude des conditions et des modalités d’exposition de ce qu’il désigne. Pour cela, nous nous fonderons sur l’étude des catalogues de traductions et de publications des textes queers, sur l’étude des premières thèses portant sur le queer ou utilisant « queer » pour qualifier de nouveaux objets académiques, tout en situant les initiatives pionnières, comme le séminaire du Zoo organisé par Sam Bourcier, qui ont contribué à la diffusion à la fois académique et militante du terme. Notre démarche identifiera également les dé]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Lire la négativité queer dans Saute ma ville (1968) de Chantal Akerman</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4710</link>
      <pubDate>Wed, 19 Nov 2025 17:42:02 +0100</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>Saute ma ville (1968) marque le début de la carrière cinématographique de la réalisatrice, actrice, écrivaine et artiste Chantal Akerman (1950-2015)1. Dans ce court-métrage de treize minutes, Akerman joue le seul personnage. L’image montre d’abord un complexe résidentiel sur lequel le titre et la dédicace apparaissent, ensuite un immeuble filmé de bas en haut, puis l’arrivée précipitée de la jeune protagoniste. Elle entre dans son immeuble, prend son courrier, court vers l’ascenseur et, sans attendre qu’il arrive, monte les escaliers quatre à quatre en criant « pipi ! ». Une voix hors-champ accompagne l’arrivée de la protagoniste. Elle chante le mouvement « Tambourin » de la Suite en mi mineur (1724) de Jean-Philippe Rameau. Cette danse baroque conçue pour le clavecin est transposée par la voix d’Akerman, qui la chante en prenant ses libertés avec le rythme de danse écrit par Rameau, modérant la vitesse en fonction de l’essoufflement de son personnage qui monte les escaliers en même temps. C’est le premier de plusieurs refus. Une fois arrivée dans son appartement – la suite du film se déroule uniquement dans la cuisine –, une série d’actes se succèdent. La protagoniste scotche l’encadrement de la porte fermée sans faire attention à son travail et abandonne vite la tâche, se mettant à table pour manger. N’ayant pas terminé son plat, elle le place par terre, casse le robinet en essayant de boire dedans, met de l’eau à bouillir sur le feu et retourne à la porte. Ensuite, la protagoniste commence à accomplir des tâches ménagères à l’envers. Après avoir jeté un seau d’eau sur les poêles et produits éparpillés par terre, la protagoniste passe le balai avec de grands gestes exagérés. De temps en temps, elle reprend le travail de calfeutrer la porte. La voix hors-champ accompagne les actes réalisés dans la cuisine et annonce l’explosion que la coupe au noir remplace visuellement. En effet, dans les dernières minutes du film, la protagoniste met le feu à une lettre qu’elle a reçue et s’allonge la tête à côté du gaz ouvert en mimant le suicide, un bouquet de fleurs dans la main gauche. L’écran coupe au noir et nous entendons la voix hors-champ annoncer « bang ! », puis une série d’explosions. Le tournage de ce film en noir et blanc a été réalisé au cours d’une nuit par une équipe de trois personnes, dont Akerman, et il se déroule dans la cuisine de ses parents à Bruxelles (Rich, 2016, p. 17). Akerman explique dans un entretien avec B. Ruby Rich que cela est dû au fa</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Lire la négativité queer dans Saute ma ville (1968) de Chantal Akerman'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Saute ma ville (1968) marque le début de la carrière cinématographique de la réalisatrice, actrice, écrivaine et artiste Chantal Akerman (1950-2015)1. Dans ce court-métrage de treize minutes, Akerman joue le seul personnage. L’image montre d’abord un complexe résidentiel sur lequel le titre et la dédicace apparaissent, ensuite un immeuble filmé de bas en haut, puis l’arrivée précipitée de la jeune protagoniste. Elle entre dans son immeuble, prend son courrier, court vers l’ascenseur et, sans attendre qu’il arrive, monte les escaliers quatre à quatre en criant « pipi ! ». Une voix hors-champ accompagne l’arrivée de la protagoniste. Elle chante le mouvement « Tambourin » de la Suite en mi mineur (1724) de Jean-Philippe Rameau. Cette danse baroque conçue pour le clavecin est transposée par la voix d’Akerman, qui la chante en prenant ses libertés avec le rythme de danse écrit par Rameau, modérant la vitesse en fonction de l’essoufflement de son personnage qui monte les escaliers en même temps. C’est le premier de plusieurs refus. Une fois arrivée dans son appartement – la suite du film se déroule uniquement dans la cuisine –, une série d’actes se succèdent. La protagoniste scotche l’encadrement de la porte fermée sans faire attention à son travail et abandonne vite la tâche, se mettant à table pour manger. N’ayant pas terminé son plat, elle le place par terre, casse le robinet en essayant de boire dedans, met de l’eau à bouillir sur le feu et retourne à la porte. Ensuite, la protagoniste commence à accomplir des tâches ménagères à l’envers. Après avoir jeté un seau d’eau sur les poêles et produits éparpillés par terre, la protagoniste passe le balai avec de grands gestes exagérés. De temps en temps, elle reprend le travail de calfeutrer la porte. La voix hors-champ accompagne les actes réalisés dans la cuisine et annonce l’explosion que la coupe au noir remplace visuellement. En effet, dans les dernières minutes du film, la protagoniste met le feu à une lettre qu’elle a reçue et s’allonge la tête à côté du gaz ouvert en mimant le suicide, un bouquet de fleurs dans la main gauche. L’écran coupe au noir et nous entendons la voix hors-champ annoncer « bang ! », puis une série d’explosions. Le tournage de ce film en noir et blanc a été réalisé au cours d’une nuit par une équipe de trois personnes, dont Akerman, et il se déroule dans la cuisine de ses parents à Bruxelles (Rich, 2016, p. 17). Akerman explique dans un entretien avec B. Ruby Rich que cela est dû au fa]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Pensées de la bisexualité : regards sur une « queen des queers »… à la française</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4687</link>
      <pubDate>Tue, 18 Nov 2025 16:18:38 +0100</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>En 2010, à l’occasion de la réédition de son article « Le rire de la Méduse » (Cixous, 1975b), Hélène Cixous nomme Méduse « [u]ne queer. D’autres disent », précise-t-elle, « la queen des queers. La littérature comme telle est queer. » ([1975] 2010, p. 32-33.) Or Hélène Cixous est historiquement l’une des écrivaines majeures du moment féministe des années 1970-1980 et elle est, dans ce cadre, la principale penseuse de la bisexualité, ou plus précisément de « l’autre bisexualité », qu’elle identifie en 1975 dans La Jeune Née : une bisexualité qui se montre « monstre », qui rit (comme Méduse), qui s’identifie fluide, ouverte, mobile (1975a, p. 155). La bisexualité, chez Cixous, n’est ni une évidence descriptive de réalités sexuellement vécues, ni une référence classique – celle des androgynes du Banquet de Platon –, ni encore un souvenir de l’ange androgyne de la période dite décadente (Causse, 1980), non plus seulement une idée psychanalytique – où la bisexualité se référerait à la complexité des parts féminine et masculine qui se mêlent dans la psyché de chacun et chacune, en proportions variées et problématiques. Si la bisexualité de Cixous est « autre », c’est qu’elle accueille la « différance » au sens derridéen (Derrida, 1967a et 1967b), c’est-à-dire ce qui tend à l’au-delà du binaire, à l’informulé et surtout à l’incertain, à une attente curieuse. Cette notion est vouée à devenir, comme Cixous le reconnaît en 1983, l’une des premières « championnes » théoriques, d’« allure fière et belliqueuse » ([1983] 2021, p. 29-30), de sa carrière. Beaucoup de travaux se sont intéressés à la dimension queer de l’œuvre d’Hélène Cixous, particulièrement dans les sphères anglophones (à titre d’exemples parmi une vaste bibliographie, voir Cooper, 2000 ; Bostow, 2019 ; Setti, 2019 ; Cassigneul, 2021 ; Watson, 2022). Deux éléments, surtout, sont mobilisés pour traiter ce sujet : d’une part, ce que l’autrice en dit elle-même ; d’autre part, ce qui relève d’une proximité entre les théories queers et la pensée de la déconstruction, soit via le développement du mythe de la Méduse, soit via la conceptualisation de « l’autre bisexualité ». Le terme « queer » renvoie fréquemment, dans ces travaux, au sens très abstrait d’une construction intellectuelle et langagière étrange, comique ou monstrueuse, faite d’hypothèses, d’attentes, d’utopies éphémères ou construites par bribes1. Le point de départ de la notion même réside pourtant historiquement dans une question d’identité sexue</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Pensées de la bisexualité : regards sur une « queen des queers »… à la française'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>En 2010, à l’occasion de la réédition de son article « Le rire de la Méduse » (Cixous, 1975b), Hélène Cixous nomme Méduse « [u]ne queer. D’autres disent », précise-t-elle, « la queen des queers. La littérature comme telle est queer. » ([1975] 2010, p. 32-33.) Or Hélène Cixous est historiquement l’une des écrivaines majeures du moment féministe des années 1970-1980 et elle est, dans ce cadre, la principale penseuse de la bisexualité, ou plus précisément de « l’autre bisexualité », qu’elle identifie en 1975 dans La Jeune Née : une bisexualité qui se montre « monstre », qui rit (comme Méduse), qui s’identifie fluide, ouverte, mobile (1975a, p. 155). La bisexualité, chez Cixous, n’est ni une évidence descriptive de réalités sexuellement vécues, ni une référence classique – celle des androgynes du Banquet de Platon –, ni encore un souvenir de l’ange androgyne de la période dite décadente (Causse, 1980), non plus seulement une idée psychanalytique – où la bisexualité se référerait à la complexité des parts féminine et masculine qui se mêlent dans la psyché de chacun et chacune, en proportions variées et problématiques. Si la bisexualité de Cixous est « autre », c’est qu’elle accueille la « différance » au sens derridéen (Derrida, 1967a et 1967b), c’est-à-dire ce qui tend à l’au-delà du binaire, à l’informulé et surtout à l’incertain, à une attente curieuse. Cette notion est vouée à devenir, comme Cixous le reconnaît en 1983, l’une des premières « championnes » théoriques, d’« allure fière et belliqueuse » ([1983] 2021, p. 29-30), de sa carrière. Beaucoup de travaux se sont intéressés à la dimension queer de l’œuvre d’Hélène Cixous, particulièrement dans les sphères anglophones (à titre d’exemples parmi une vaste bibliographie, voir Cooper, 2000 ; Bostow, 2019 ; Setti, 2019 ; Cassigneul, 2021 ; Watson, 2022). Deux éléments, surtout, sont mobilisés pour traiter ce sujet : d’une part, ce que l’autrice en dit elle-même ; d’autre part, ce qui relève d’une proximité entre les théories queers et la pensée de la déconstruction, soit via le développement du mythe de la Méduse, soit via la conceptualisation de « l’autre bisexualité ». Le terme « queer » renvoie fréquemment, dans ces travaux, au sens très abstrait d’une construction intellectuelle et langagière étrange, comique ou monstrueuse, faite d’hypothèses, d’attentes, d’utopies éphémères ou construites par bribes1. Le point de départ de la notion même réside pourtant historiquement dans une question d’identité sexue]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Advenir queer dans Viendra le temps du feu de Wendy Delorme</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4675</link>
      <pubDate>Fri, 14 Nov 2025 17:07:44 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4675</guid>
      <category>lht</category>
      <description>Les questions de temporalité sont au cœur de la pensée queer et suscitent de multiples réflexions depuis plusieurs décennies. L’une des controverses les plus emblématiques de cette tendance remonte à 2005, lors de la convention de la MLA (Modern Language Association), où s’opposaient les défenseurs d’un positionnement queer antisocial et les défenseurs de la relationalité, autrement dit de nouvelles relations sociales (Caserio et al., 2006). Pour les premiers, inspirés notamment par Lee Edelman, auteur de Merde au futur ([2004] 2016), il s’agit de ne pas céder aux pressions sociales qui imposent aux sujets queers de se soucier d’un futur qui fait de la figure de l’enfant à venir et de son bien-être l’objectif central. Puisque ce futur reproductif et hétéronormatif1 stigmatise les formes de socialité alternatives, la thèse antisociale préconise de lutter contre un tel projet de société en embrassant la négation du futur. Même s’ils partagent le diagnostic établi par les antisociaux, les tenants de la relationalité proposent une solution moins radicale qui, chez le penseur José Esteban Muñoz, s’incarne dans ce qu’il appelle « futurity » ou, dans sa version française, l’advenir (Muñoz, [2009] 2021). Contrairement au futur reproductif, l’advenir est défini comme le souci du futur émergeant face à l’insatisfaction du présent. Une telle définition s’applique particulièrement bien aux minorités sexuelles puisque, comme l’explique Muñoz dans Cruiser l’utopie. L’après et ailleurs de l’advenir queer ([2009] 2021), l’identité queer n’est pas encore achevée et constitue plutôt un horizon vers lequel les sujets peuvent s’orienter pour faire face aux difficultés du présent : « Le présent n’est pas suffisant. Il est appauvri et toxique pour les personnes queers et les autres personnes qui ne ressentent pas le privilège de l’appartenance majoritaire, des goûts normatifs et des attentes “rationnelles”. » (Muñoz, [2009] 2021, p. 27.) Il est intéressant de remarquer que si Muñoz semble ici utiliser le terme « queer » dans son acception commune, c’est-à-dire ayant rapport à l’orientation sexuelle, la queerité en tant qu’horizon s’envisage surtout comme une notion temporelle orientée vers le futur (Muñoz, [2009] 2021, p. 1). José Esteban Muñoz montre ainsi que la critique queer du présent, loin d’être uniquement une affaire de sexualité, peut impliquer d’autres aspects minoritaires, notamment dans une perspective intersectionnelle, avec par exemple les « queers of color », aux</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Advenir queer dans Viendra le temps du feu de Wendy Delorme'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Les questions de temporalité sont au cœur de la pensée queer et suscitent de multiples réflexions depuis plusieurs décennies. L’une des controverses les plus emblématiques de cette tendance remonte à 2005, lors de la convention de la MLA (Modern Language Association), où s’opposaient les défenseurs d’un positionnement queer antisocial et les défenseurs de la relationalité, autrement dit de nouvelles relations sociales (Caserio et al., 2006). Pour les premiers, inspirés notamment par Lee Edelman, auteur de Merde au futur ([2004] 2016), il s’agit de ne pas céder aux pressions sociales qui imposent aux sujets queers de se soucier d’un futur qui fait de la figure de l’enfant à venir et de son bien-être l’objectif central. Puisque ce futur reproductif et hétéronormatif1 stigmatise les formes de socialité alternatives, la thèse antisociale préconise de lutter contre un tel projet de société en embrassant la négation du futur. Même s’ils partagent le diagnostic établi par les antisociaux, les tenants de la relationalité proposent une solution moins radicale qui, chez le penseur José Esteban Muñoz, s’incarne dans ce qu’il appelle « futurity » ou, dans sa version française, l’advenir (Muñoz, [2009] 2021). Contrairement au futur reproductif, l’advenir est défini comme le souci du futur émergeant face à l’insatisfaction du présent. Une telle définition s’applique particulièrement bien aux minorités sexuelles puisque, comme l’explique Muñoz dans Cruiser l’utopie. L’après et ailleurs de l’advenir queer ([2009] 2021), l’identité queer n’est pas encore achevée et constitue plutôt un horizon vers lequel les sujets peuvent s’orienter pour faire face aux difficultés du présent : « Le présent n’est pas suffisant. Il est appauvri et toxique pour les personnes queers et les autres personnes qui ne ressentent pas le privilège de l’appartenance majoritaire, des goûts normatifs et des attentes “rationnelles”. » (Muñoz, [2009] 2021, p. 27.) Il est intéressant de remarquer que si Muñoz semble ici utiliser le terme « queer » dans son acception commune, c’est-à-dire ayant rapport à l’orientation sexuelle, la queerité en tant qu’horizon s’envisage surtout comme une notion temporelle orientée vers le futur (Muñoz, [2009] 2021, p. 1). José Esteban Muñoz montre ainsi que la critique queer du présent, loin d’être uniquement une affaire de sexualité, peut impliquer d’autres aspects minoritaires, notamment dans une perspective intersectionnelle, avec par exemple les « queers of color », aux]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Le monde à l’envers : itinéraire d’une pensée queer dans Les États et Empires de la Lune et du Soleil (Cyrano de Bergerac, 1657 et 1662)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4665</link>
      <pubDate>Fri, 14 Nov 2025 11:59:16 +0100</pubDate>
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      <category>lht</category>
      <description>À mi-chemin entre fiction fantastique et relation de voyage, Cyrano offre deux récits inclassables. Le premier relate un voyage dans la lune ; le second, un voyage dans le soleil. Ces récits, qui forment un diptyque, portent pour titres respectifs : Histoire comique de Monsieur de Cyrano contenant les États et Empires de la Lune (1657) et Histoire comique des États et Empires du Soleil (1662). Les deux titres sont très souvent unifiés par la critique sous l’appellation L’Autre Monde, initialement accolée aux manuscrits de la Lune. Les récits des États et Empires de la Lune partent de l’hypothèse bouffonne que la « lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune » (Cyrano de Bergerac, [1657] 2004, p. 6). Fort de ce présupposé, Dyrcona, le protagoniste et narrateur de l’histoire, tente un premier envol vers la lune, mais il atterrit au Canada. Là, il rencontre le gouverneur de la province, M. de Montmagny, avec lequel il mène quelques dialogues réflexifs sur les lois physiques qui régissent notre univers. Toujours déterminé à vérifier son hypothèse, Dyrcona s’envole une seconde fois vers la lune. Cet envol le mène au paradis terrestre ; il en est cependant banni pour propos blasphématoires. Il parvient enfin sur la lune, et fait tout d’abord un séjour en ville. Objet de curiosité, il est ensuite transféré à la cour pour y être exhibé, puis jugé en procès. Après une amende honorable, il entame un nouveau séjour en ville. Cette fois-ci, il réside dans la maison d’un habitant de la lune. C’est l’occasion pour le protagoniste de débattre du fonctionnement de la société sélénite et d’en observer les us et coutumes. Ayant à nouveau blasphémé, Dyrcona est précipité de la lune vers la terre. Les États et Empires du Soleil, bien qu’inachevés, sont le miroir du récit lunaire. La narration s’ouvre sur les déboires de Dyrcona qui, consécutivement à la publication de ses aventures sélénites, se fait pourchasser et emprisonner à Toulouse. Il s’échappe de sa prison et s’envole vers le soleil. Avant d’atteindre l’astre solaire, il fait un premier séjour sur une macule, c’est-à-dire un satellite du soleil, puis il continue son voyage. Ayant atterri sur le soleil, Dyrcona arrive dans les régions lumineuses de l’astre, où il observe le principe de métamorphose de la matière protéiforme. Il continue vers les régions opaques. Sur ces terres, il découvre le royaume des oiseaux où il subit un nouveau procès. Gracié, Dyrcona poursuit son exploration des régions opaque</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Le monde à l’envers : itinéraire d’une pensée queer dans Les États et Empires de la Lune et du Soleil (Cyrano de Bergerac, 1657 et 1662)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>À mi-chemin entre fiction fantastique et relation de voyage, Cyrano offre deux récits inclassables. Le premier relate un voyage dans la lune ; le second, un voyage dans le soleil. Ces récits, qui forment un diptyque, portent pour titres respectifs : Histoire comique de Monsieur de Cyrano contenant les États et Empires de la Lune (1657) et Histoire comique des États et Empires du Soleil (1662). Les deux titres sont très souvent unifiés par la critique sous l’appellation L’Autre Monde, initialement accolée aux manuscrits de la Lune. Les récits des États et Empires de la Lune partent de l’hypothèse bouffonne que la « lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune » (Cyrano de Bergerac, [1657] 2004, p. 6). Fort de ce présupposé, Dyrcona, le protagoniste et narrateur de l’histoire, tente un premier envol vers la lune, mais il atterrit au Canada. Là, il rencontre le gouverneur de la province, M. de Montmagny, avec lequel il mène quelques dialogues réflexifs sur les lois physiques qui régissent notre univers. Toujours déterminé à vérifier son hypothèse, Dyrcona s’envole une seconde fois vers la lune. Cet envol le mène au paradis terrestre ; il en est cependant banni pour propos blasphématoires. Il parvient enfin sur la lune, et fait tout d’abord un séjour en ville. Objet de curiosité, il est ensuite transféré à la cour pour y être exhibé, puis jugé en procès. Après une amende honorable, il entame un nouveau séjour en ville. Cette fois-ci, il réside dans la maison d’un habitant de la lune. C’est l’occasion pour le protagoniste de débattre du fonctionnement de la société sélénite et d’en observer les us et coutumes. Ayant à nouveau blasphémé, Dyrcona est précipité de la lune vers la terre. Les États et Empires du Soleil, bien qu’inachevés, sont le miroir du récit lunaire. La narration s’ouvre sur les déboires de Dyrcona qui, consécutivement à la publication de ses aventures sélénites, se fait pourchasser et emprisonner à Toulouse. Il s’échappe de sa prison et s’envole vers le soleil. Avant d’atteindre l’astre solaire, il fait un premier séjour sur une macule, c’est-à-dire un satellite du soleil, puis il continue son voyage. Ayant atterri sur le soleil, Dyrcona arrive dans les régions lumineuses de l’astre, où il observe le principe de métamorphose de la matière protéiforme. Il continue vers les régions opaques. Sur ces terres, il découvre le royaume des oiseaux où il subit un nouveau procès. Gracié, Dyrcona poursuit son exploration des régions opaque]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Généalogie d’un trouble : la réception de Monsieur Vénus de Rachilde (1884-1889)</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4652</link>
      <pubDate>Thu, 13 Nov 2025 22:00:05 +0100</pubDate>
      <guid>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4652</guid>
      <category>lht</category>
      <description>« Ce livre bizarre sera lu et fera réfléchir » (Mélandri, 1884, p. 5) : voici la manière prémonitoire dont le journaliste Achille Mélandri qualifie en 1884 Monsieur Vénus, premier roman de l’autrice Rachilde, alors débutante dans le monde des lettres parisiennes. Il conte la relation entre Raoule, une aristocrate virile1, et Jacques Silvert, un ouvrier désargenté de plus en plus efféminé par sa relation avec celle qui se présente comme « son amant » puis « son mari ». Le texte met en scène une inversion des rôles de genre qui aboutit à la mort de Jacques : soupçonnant qu’il l’ait trompée avec le baron de Raittolbe, un de ses anciens soupirants, Raoule provoque sa mort dans un duel truqué et transforme le corps de Jacques en une poupée de cire à usage sexuel, exhibée dans la scène finale du roman. Ce texte semble s’inscrire dans les codes du roman de mœurs du xixe siècle : exception faite de la dernière phrase du roman sur laquelle nous reviendrons, il ne représente jamais directement l’acte sexuel et fait usage de la gaze libertine, qui limite la censure étatique tout en garantissant une circulation plus large du texte par la publicité due au scandale (Angenot, 1986 ; Abramovici, 2003). Mais cette gaze libertine recèle encore une autre fonction : elle en appelle à la complicité d’un lectorat informé ou non et permet une vaste spéculation sur la nature de la relation sexuelle entre les protagonistes. Ceci entraînera la trajectoire particulière du roman, entre États-Unis et France, qui nous permet d’en faire un cas d’étude idéal pour réfléchir à la possibilité de construire une généalogie française du queer. En effet, comme nous le verrons après avoir passé en revue les réceptions états-unienne et française dans les années 1980, le roman est non seulement qualifié de « queer » ou « proto-queer » par les critiques états-uniennes, mais il est également qualifié de « bizarre » dès sa parution en France, comme en témoigne sa première réception, à laquelle cette contribution se consacre principalement. Dans le cadre des analyses généalogiques sur la sexualité de Michel Foucault, reconnaître l’usage historique de l’insulte « bizarre » comme assignation à une sexualité minoritaire n’implique pas de considérer le roman de Rachilde comme une œuvre queer. En effet, il faut se garder d’appliquer le concept de « genre », qui n’existe pas encore, à des rapports sexuels psychiatrisés (Foucault, [1975] 1999, p. 263-265) : ce que nous appelons « genre », au sens de rôle soc</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Généalogie d’un trouble : la réception de Monsieur Vénus de Rachilde (1884-1889)'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>« Ce livre bizarre sera lu et fera réfléchir » (Mélandri, 1884, p. 5) : voici la manière prémonitoire dont le journaliste Achille Mélandri qualifie en 1884 Monsieur Vénus, premier roman de l’autrice Rachilde, alors débutante dans le monde des lettres parisiennes. Il conte la relation entre Raoule, une aristocrate virile1, et Jacques Silvert, un ouvrier désargenté de plus en plus efféminé par sa relation avec celle qui se présente comme « son amant » puis « son mari ». Le texte met en scène une inversion des rôles de genre qui aboutit à la mort de Jacques : soupçonnant qu’il l’ait trompée avec le baron de Raittolbe, un de ses anciens soupirants, Raoule provoque sa mort dans un duel truqué et transforme le corps de Jacques en une poupée de cire à usage sexuel, exhibée dans la scène finale du roman. Ce texte semble s’inscrire dans les codes du roman de mœurs du xixe siècle : exception faite de la dernière phrase du roman sur laquelle nous reviendrons, il ne représente jamais directement l’acte sexuel et fait usage de la gaze libertine, qui limite la censure étatique tout en garantissant une circulation plus large du texte par la publicité due au scandale (Angenot, 1986 ; Abramovici, 2003). Mais cette gaze libertine recèle encore une autre fonction : elle en appelle à la complicité d’un lectorat informé ou non et permet une vaste spéculation sur la nature de la relation sexuelle entre les protagonistes. Ceci entraînera la trajectoire particulière du roman, entre États-Unis et France, qui nous permet d’en faire un cas d’étude idéal pour réfléchir à la possibilité de construire une généalogie française du queer. En effet, comme nous le verrons après avoir passé en revue les réceptions états-unienne et française dans les années 1980, le roman est non seulement qualifié de « queer » ou « proto-queer » par les critiques états-uniennes, mais il est également qualifié de « bizarre » dès sa parution en France, comme en témoigne sa première réception, à laquelle cette contribution se consacre principalement. Dans le cadre des analyses généalogiques sur la sexualité de Michel Foucault, reconnaître l’usage historique de l’insulte « bizarre » comme assignation à une sexualité minoritaire n’implique pas de considérer le roman de Rachilde comme une œuvre queer. En effet, il faut se garder d’appliquer le concept de « genre », qui n’existe pas encore, à des rapports sexuels psychiatrisés (Foucault, [1975] 1999, p. 263-265) : ce que nous appelons « genre », au sens de rôle soc]]></content:encoded>
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      <title>Peut-être bien un universalisme de l’autre en soi</title>
      <link>https://www.fabula.org:443/lodel/lht2/index.php?id=4639</link>
      <pubDate>Thu, 13 Nov 2025 17:49:03 +0100</pubDate>
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      <description>Dans l’introduction à Qui a peur du genre ?, au moment d’analyser la « syntaxe incendiaire » qui anime le mouvement anti-genre à l’échelle mondiale, Judith Butler rappelle que « la syntaxe, de façon générale, est une manière d’agencer les éléments de la langue pour donner un sens au monde » (Butler, 2024, p. 22). Il faut noter que « penser queer » n’équivaut ni tout à fait à « penser queerly », car le calque lexical ici résiste en français (« penser queerement » ?), ni tout à fait à « penser le queer », car l’objectivation portée par l’article viendrait cette fois trahir ce qui, dans la pensée queer, veut dire autre chose. Qu’on choisisse d’en faire un substantif, un verbe, un adjectif ou, comme dans le titre du présent dossier, un mot qui hésite entre le statut d’adverbe et celui de complément d’objet, la proposition de « penser queer » commence par queeriser la grammaire. L’ambiguïté des usages théoriques du terme « queer » reste, comme on sait, indissociable des vicissitudes de sa circulation transatlantique. Est-il encore bien nécessaire de rappeler, à l’intention d’un public francophone, que dans l’argot new-yorkais des années 1920-1930, cet adjectif a perdu son sens général d’« étrange » pour devenir une injure adressée aux personnes dérogeant à la norme hétérosexuelle par leurs pratiques sexuelles ou par leur expression de genre ? Au tournant des années 1980-1990, le terme a pris un sens différent à mesure qu’il est devenu non seulement un outil d’auto-affirmation des minorités sexuelles, mais aussi un instrument de critique de la politique des identités, en somme une « arme vicieuse et ironique [a sly and ironic weapon] » que les activistes du groupe Queer Nation, formé au sein d’ACT UP New York en avril 1990, ont choisi de « voler des mains de l’homophobe [steal from the homophobe’s hands] » (Queer Nation, 1990, p. 9) pour la retourner contre lui. Contrairement au terme « gay », qui lui est alors concurrent et qui, s’étant lui-même substitué au terme d’origine médicale « homosexual », charrie un ensemble de connotations autrement positives, « queer » est encore à cette époque un « mot difficile [a rough word] » (p. 9), chargé d’une mémoire traumatique pour les individus qui tentent de se le réapproprier collectivement. Il a néanmoins pour mérite de prendre à contrepied les stratégies assimilationnistes dominantes au sein du mouvement gai et lesbien tout en invitant à serrer les rangs car, contrairement à « gay », « queer » « ne signifie pas “homme</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src='https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg' style='max-width:256px; width:90%; margin-left:auto; margin-right:auto;' alt='Peut-être bien un universalisme de l’autre en soi'/></p><p style='text-align:center;'>**</p>Dans l’introduction à Qui a peur du genre ?, au moment d’analyser la « syntaxe incendiaire » qui anime le mouvement anti-genre à l’échelle mondiale, Judith Butler rappelle que « la syntaxe, de façon générale, est une manière d’agencer les éléments de la langue pour donner un sens au monde » (Butler, 2024, p. 22). Il faut noter que « penser queer » n’équivaut ni tout à fait à « penser queerly », car le calque lexical ici résiste en français (« penser queerement » ?), ni tout à fait à « penser le queer », car l’objectivation portée par l’article viendrait cette fois trahir ce qui, dans la pensée queer, veut dire autre chose. Qu’on choisisse d’en faire un substantif, un verbe, un adjectif ou, comme dans le titre du présent dossier, un mot qui hésite entre le statut d’adverbe et celui de complément d’objet, la proposition de « penser queer » commence par queeriser la grammaire. L’ambiguïté des usages théoriques du terme « queer » reste, comme on sait, indissociable des vicissitudes de sa circulation transatlantique. Est-il encore bien nécessaire de rappeler, à l’intention d’un public francophone, que dans l’argot new-yorkais des années 1920-1930, cet adjectif a perdu son sens général d’« étrange » pour devenir une injure adressée aux personnes dérogeant à la norme hétérosexuelle par leurs pratiques sexuelles ou par leur expression de genre ? Au tournant des années 1980-1990, le terme a pris un sens différent à mesure qu’il est devenu non seulement un outil d’auto-affirmation des minorités sexuelles, mais aussi un instrument de critique de la politique des identités, en somme une « arme vicieuse et ironique [a sly and ironic weapon] » que les activistes du groupe Queer Nation, formé au sein d’ACT UP New York en avril 1990, ont choisi de « voler des mains de l’homophobe [steal from the homophobe’s hands] » (Queer Nation, 1990, p. 9) pour la retourner contre lui. Contrairement au terme « gay », qui lui est alors concurrent et qui, s’étant lui-même substitué au terme d’origine médicale « homosexual », charrie un ensemble de connotations autrement positives, « queer » est encore à cette époque un « mot difficile [a rough word] » (p. 9), chargé d’une mémoire traumatique pour les individus qui tentent de se le réapproprier collectivement. Il a néanmoins pour mérite de prendre à contrepied les stratégies assimilationnistes dominantes au sein du mouvement gai et lesbien tout en invitant à serrer les rangs car, contrairement à « gay », « queer » « ne signifie pas “homme]]></content:encoded>
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