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    <title>Fabula : Appels à contribution</title>
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    <copyright>Copyright 2026, Fabula</copyright>
    <pubDate>Sat, 28 Mar 2026 09:00:04 +0100</pubDate>
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      <title>Illustrer l'Arioste. Dossier Rubriques du site Utpictura18</title>
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      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 11:15:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>Comité scientifique Fanny Eouzan, Docteure en Études italiennes, Professeure agrégée d’italienClarisse Evrard, Docteure en Histoire de l’art, Professeure agrégée de lettres classiquesGianluca Genovese, Professeur à l’Università degli Studi Suor Orsola Benincasa de NaplesMichel Paoli, Professeur à l’université d’AmiensAndrea Torre, Professeur associé à l’École normale supérieure de Pise Dossier coordonné par Stéphane Lojkine Calendrier et consignes Les propositions d’articles (250-300 mots) devront être envoyées, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, avant le 1er septembre 2026 à Stéphane Lojkine, stephane.lojkine@univ-amu.fr. Le comité donnera sa réponse à la mi-octobre 2026. Les articles dont les propositions auront été retenues devront nous parvenir avant le 5 février 2027. Longueur maximale des articles : 25000 signes, espaces compris. Se conformer aux consignes de mise en page (à lire avant de commencer à rédiger) : https://utpictura18.univ-amu.fr/consignes-mise-en-page-articles Chaque article pourra être illustré de 15 images maximum. Les consignes sur la préparation des dossiers iconographiques seront données aux auteurs en octobre 2026. Publication prévue à l’été 2027. — Présentation du projetLe dossier « Illustrer l’Arioste » se propose de mettre à la disposition des enseignants du secondaire et des étudiants tous les éléments nécessaires pour aborder le corpus iconographique ariostien, et l’exploiter à des fins pédagogiques et de recherche.Le corpus des images est [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133616_b72d65da813d0847467c0182a42c89e6.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133616_b72d65da813d0847467c0182a42c89e6.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Comité scientifique</strong></p> <p>Fanny Eouzan, Docteure en Études italiennes, Professeure agrégée d’italien<br />Clarisse Evrard, Docteure en Histoire de l’art, Professeure agrégée de lettres classiques<br />Gianluca Genovese, Professeur à l’Università degli Studi Suor Orsola Benincasa de Naples<br />Michel Paoli, Professeur à l’université d’Amiens<br />Andrea Torre, Professeur associé à l’École normale supérieure de Pise</p> <p><strong>Dossier coordonné par Stéphane Lojkine</strong></p> <p><strong>Calendrier et consignes</strong></p> <p>Les propositions d’articles (250-300 mots) devront être envoyées, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, avant le 1er septembre 2026 à Stéphane Lojkine, <a href="mailto:stephane.lojkine@univ-amu.fr">stephane.lojkine@univ-amu.fr</a>.</p> <p>Le comité donnera sa réponse à la mi-octobre 2026.</p> <p>Les articles dont les propositions auront été retenues devront nous parvenir avant le 5 février 2027.</p> <p>Longueur maximale des articles : 25000 signes, espaces compris. Se conformer aux consignes de mise en page (à lire avant de commencer à rédiger) : <a href="https://utpictura18.univ-amu.fr/consignes-mise-en-page-articles">https://utpictura18.univ-amu.fr/consignes-mise-en-page-articles</a></p> <p>Chaque article pourra être illustré de 15 images maximum. Les consignes sur la préparation des dossiers iconographiques seront données aux auteurs en octobre 2026.</p> <p>Publication prévue à l’été 2027.</p> <p>—</p> <p><strong>Présentation du projet</strong><br />Le dossier « Illustrer l’Arioste » se propose de mettre à la disposition des enseignants du secondaire et des étudiants tous les éléments nécessaires pour aborder le corpus iconographique ariostien, et l’exploiter à des fins pédagogiques et de recherche.<br />Le corpus des images est gigantesque et multiforme : le premier objectif est d’en faire connaître les différentes composantes et d’aider à y circuler.<br />Le texte du <em>Roland furieux</em>, avec ses 46 chants, a de quoi impressionner : d’une certaine manière, l’iconographie y a opéré, sinon un tri, du moins une hiérarchisation des contenus narratifs. Le second objectif est de présenter, à partir de leur iconographie, les épisodes les plus célèbres, d’en proposer l’analyse et les enjeux culturels.<br />Ces enjeux sont en effet cruciaux pour comprendre comment s’est constitué le socle culturel commun de la Renaissance européenne, dont l’imaginaire contemporain est encore largement tributaire. Le troisième objectif de ce dossier sera de dégager les liens qui unissent, par l’image, l’Arioste à la fiction contemporaine, et notamment à la <em>Fantasy</em>.<br />Enfin, le corpus iconographique ariostien offre la particularité de fournir un volume soutenu et multinational d’images, pendant quatre siècles, se référant à un texte commun : il permet ainsi de mesurer précisément la genèse et l’évolution européenne de nos dispositifs et régimes de représentation, et fournit à ce titre les éléments d’une propédeutique à l’analyse d’image. La mise en place, à partir de l’iconographie de l’Arioste, d’une méthodologie d’analyse de l’image d’illustration constitue le 4e objectif de ce dossier.</p> <p><strong>Propositions de contributions</strong><br />Les articles sont à destination pédagogique. Ils n’excèderont pas 25000 signes. Dans le dossier, 4 rubriques sont prévues :</p><p> Editions illustrées de l’Arioste : présentation des principales éditions (éditeur, imprimeur, graveurs, type de gravure), parentés iconographiques, postérité. L’Arioste hors du livre : peinture, théâtre, objets d’art. Analyse des circulations, des adaptations, des procédés de narration visuelle et des milieux de réception. Scènes et personnages : étude transhistorique et intermédiale d’un épisode ou d’un personnage. Régimes de représentation : méthodologie de l’analyse d’image à partir d’études de cas. </p> <p>On détaille ci-après les grandes caractéristiques du corpus d’étude, sur lequel porteront les contributions :</p> <p><strong>Livres illustrés</strong><br />Le <em>Roland furieux</em> a été illustré très tôt. Le succès extraordinaire du livre et l’avance technique des typographes italiens expliquent sans doute le nombre des éditions illustrées. Les illustrations se présentent d’abord sous forme de vignettes gravées sur bois, une par chant : Ferrare, Zoppino, 1530 ; Venise, Giolito de’ Ferrari, 1543 ; Venise, Valvassori, 1553 ; Venise, Rampazetto, 1564 ; et une rare édition Gratioso Perchacino, 1567. A l’exception de cette dernière, toutes sont réimprimées à plusieurs reprises.<br />Viennent ensuite des programmes d’illustration plus ambitieux, en pleine page : Venise, Valgrisi, 1560, et inspirées de Valgrisi, les gravures sur cuivre de Girolamo Porro pour Franceschi, en 1584. Les gravures de Gaultier, pour l’édition en français de Paris, Foüet, 1615 doivent également beaucoup à Valgrisi.<br />Au XVIIIe siècle on voit à nouveau apparaître de luxueuses éditions illustrées de gravures sur cuivre pleine page : elles composant des scènes, et non plus un récit à petits personnages. Deux séries notamment se distinguent : celle de Cipriani, Moreau et Eisen pour l’édition en italien de Baskerville à Birmingham (1771-1773) et celle de Cochin pour l’édition en français de Brunet à Paris (1775). On peut mentionner également les 12 gravures de Chodowiecki pour l’Almanach général de Berlin, les gravures de P. A. Novelli pour l’édition de Venise, Zatta, 1776, et les dessins réalisés par Fragonard au début des années 1780, qui n’ont finalement pas été gravés. L’ensemble de ces séries est assez ramassé dans le temps : les années 1770 constituent un tournant dans l’illustration ariostienne et un témoignage essentiel de la manière dont il était lu et imaginé.<br />L’évolution iconographique se poursuit au XIXe siècle, et bénéficie de la révolution technologique des gravures sur bois de bout, qui permettent une illustration abondante à bien meilleur marché. Les deux séries les plus remarquables sont celle de Paris, Mallet, 1844, à laquelle participent Tonny Joahnnot et Célestin Nanteuil, et celle de Paris, Hachette, 1879, illustrée par Gustave Doré, qui prépare le basculement vers l’imaginaire de la <em>fantasy</em>.</p> <p><strong>Peinture</strong><br />Sans doute le livre a-t-il joué un rôle central dans la diffusion européenne et dans l’évolution historique de l’iconographie du <em>Roland furieux</em>. Mais il n’en a pas été le seul vecteur. Les plus anciennes peintures prenant pour thème le <em>Roland furieux</em> sont contemporaines des premières gravures d’illustration. On peut citer <em>Le Combat de Roland contre Rodomont</em>, peint au début des années 1530 par Battista Dossi ou un de ses élèves ; la série de fresques peintes par Niccolò del’Abbate pour le palais Torfanini à Bologne en 1548 ; ou encore les cinq médaillons monochromes de Pietro Dolce peints à fresque à Chiusa di Pesto vers 1550, peut-être d’après les gravures de Giolito de Ferrari. La peinture est d’abord pensée comme une création sérielle, sous la forme d’un cycle anthologique (sélection d’épisodes) ou monographique (narration suivie), pour une galerie ou pour servir de cartons de tapisserie : les douze tableaux du château d’Effiat, réalisés à la fin des années 1620, en sont un exemple caractéristique.<br />Dès la deuxième moitié du XVIe siècle, on assiste à une standardisation des épisodes peints. Les artistes et leurs commanditaires ne retiennent que quelques scènes au sein du gigantesque répertoire narratif des 46 chants de l’Arioste : la folie de Roland, puis les amours d’Angélique et Médor vont devenir de véritables topoï iconographiques, illustrés par Peterzano, Lanfranco, Caliari, Tiarini, puis Sebastiano Ricci, Tiepolo en Italie ; en France, par Dubreuil, Blanchard, La Hyre, puis Coypel et Boucher ; dans les Flandres, par Bartholomeus Spranger, Bloemaert.… Au XIXe siècle, c’est surtout Angélique au rocher menacée par l’orque et sauvée par Roger sur son hippogriphe qui séduit les artistes. Parmi les tableaux les plus célèbres, on peut citer ceux d’Ingres (1819), ou d’Arnold Böcklin (1873).</p> <p><strong>Théâtre, opéra, ballet</strong><br />Le monde fictionnel du <em>Roland furieux</em> s’autonomise peu à peu par rapport au texte. Dès le début du 17e siècle, on porte Roland à la scène, ou plus exactement on extrait de l’Arioste tel ou tel scénario qui en reprend partiellement et plus ou moins fidèlement les contenus. En France, les pièces de Charles Bauter, dit le sieur de Méliglosse, sont sans doute parmi les premières : <em>La Rodomontade</em> (1605) ; <em>Tragedie françoise des amours d’Angelique et de Medor</em> (1614), <em>La Mort de Roger</em> 1620). Riche puis Gilbert donnent à Paris <em>Les Amours d’Angélique et de Médor</em> (1637, 1664) ; Mairet donne un <em>Roland furieux</em> en 1638 ; Quinault fournit le livret de l’opéra de Lully, créé en 1685.<br />Au XVIIIe siècle, Roland est exploité sous forme parodique par la Comédie-Italienne et le théâtre de la foire : <em>Arlequin Roland furieux</em> (1694) de l’abbé Bordelon ; <em>Pierrot Roland</em> (1709) et <em>Pierrot furieux</em> (1717) de Fuzelier, <em>Arlequin Roland</em> (1727) de Dominique et Romagnesi et <em>Roland</em> (1744) de Panard et Sticotti. Parallèlement l’<em>opera seria</em> s’empare également du sujet : Vivaldi met en musique en 1714 un <em>Orlando furioso</em> (remanié jusqu’en 1727) et un <em>Orlando finto pazzo</em> qui est plutôt inspiré de Boiardo ; Haendel monte un <em>Orlando</em> en 1733 à Londres. Le spectacle ne se concentre pas nécessairement sur la folie de Roland, la magicienne Alcine et certains récits enchâssés, en particulier celui de Guenièvre et Ariodant connaissent une fortune particulière : on peut citer par exemple <em>Olimpia in Ebuda</em> de Hasse (1740), ou l’<em>Ariodante</em> puis l’<em>Alcina</em> de Haendel (1735).</p> <p>Cette intense production a produit des décors de théâtre, et à partir d’eux des gravures d’illustration sur les livrets, des tableaux et cartons de tapisserie. Pendant trois siècles, l’Europe s’est divertie, a rêvé, a imaginé avec l’Arioste.</p> <p><strong>Objets d’art</strong><br />La fiction ariostienne entre dans les intérieurs et habille les objets. Dès 1525, on voit apparaître sur les majoliques les figures des héroïnes et des héros de l’Arioste (ou de Boiardo). Francesco Xanto Avelli introduit l’hippogriffe dans ses créations : en 1532, il produit un <em>tondo</em> représentant Astolphe chassant les harpies ; en 1531, sans doute un Roger fuyant l’île d’Alcine. Les artisans puisent ainsi dans le nouveau répertoire de modèles fournis par l’imaginaire ariostéen pour décorer tapisseries, vaisselle, coffres peints ou encore cornes à poudre durant toute la période moderne. </p> <p><strong>Sources croisées</strong><br />Il ne faut pas se représenter une iconographie se déployant directement à partir d’un texte unique. L’Arioste vient après Boiardo qui lui-même puise dans le roman de chevalerie français, où une bonne partie de leurs personnages ont déjà existé ; par ailleurs, le <em>Roland furieux</em> sollicite massivement la culture antique : par exemple, l’évocation de la descendance de Bradamante par la magicienne Mélisse dans la caverne de Merlin (chant III) rappelle la rencontre que Virgile avait imaginée d’Énée avec Anchise aux Enfers ; le double épisode d’Olympe, puis d’Angélique au rocher (chant XI) parodie l’histoire de Persée et Andromède, qu’on peut lire chez Ovide ; la folie de Roland utilisant le corps d’un berger comme massue (chant XXIV) reprend l’histoire d’Hercule furieux massacrant Lichas. L’imaginaire ariostien est donc dès le départ un imaginaire interculturel aux inspirations multiples.</p> <p>L’usage de la gravure par ailleurs n’est pas toujours scrupuleux : bien souvent, les bois gravés employés pour illustrer un texte sont réemployés pour un autre. La raison n’en est pas seulement économique ; l’image peut renvoyer très précisément au texte comme elle peut le décorer, lui fournir un cadre, ou même simplement constituer un agrément de mise en page. Elle peut signifier le texte au détail près, comme elle peut renvoyer à la circulation intertextuelle dans laquelle il est inscrit.</p> <p>La circulation est d’abord interne. On remarque par exemple que d’une réédition l’autre, les bois de Rampazetto pour le Roland furieux changent de chant, ou que certaines des vignettes de Percacino sont utilisées pour plusieurs chants.</p> <p>On assiste également a des réemplois externes : depuis ou vers les illustrations des <em>Métamorphoses</em> d’Ovide et de leurs avatars (les <em>Trasformationi</em> de Dolce) ; des <em>Amadis</em> (la traduction de Nicolas d’Herberay des Essarts, Paris, Janot, 1540, et ses nombreux avatars) ; du <em>Roland amoureux</em> vers le <em>Roland furieux</em> et vice-versa : les toutes petites vignettes du premier <em>Roland amoureux</em> illustré, Venise, G. de Ruconi, 1513, donnent le cadre et les formes génériques à partir desquelles l’illustration épico-romanesque va se déployer ; la très rare édition Zoppino de 1521 propose déjà des bois in-4° pleine page ; le <em>Roland amoureux</em> de Venise, imprimé par Nicolini da Sabbio en 1539 s’ouvre avec une carte : on voit ainsi se dessiner les étapes préparatoires du dispositif territorial des gravures pleine page de l’édition Valgrisi du <em>Roland furieux </em>en 1560, qui, repris et corrigé dans les gravures sur cuivre de l’édition Franceschi en 1584, va servir de base à une organisation scénique de l’image.</p> <p><strong>Bibliographie</strong><br /><strong>Editions modernes du <em>Roland furieux</em></strong></p> <p><em>On n’entre pas ici dans le détail de la généalogie du texte et de ses éditions successives du vivant de l’auteur.</em></p> <p>Ludovico Ariosto, <em>Orlando furioso</em>, A cura di Lanfranco Caretti, Presentazione di Italo Calvino, 2 volumes, Turin, Einaudi, 1966, 1992. Voir l’introduction de Lanfranco Caretti, p. V-LX</p> <p>Ludovico Ariosto, <em>Opere</em>. A cura di Gabriele Pedullà, Rome, Editalia, Istituto Poligrafico e Zecca dello Stato, 2011 (contient tout l’apparat critique de la Renaissance et reproduit les cinq principaux cycles illustrés du Roland furieux du XVIe siècle et des Cinq Chants)</p> <p>Ludovico Ariosto, <em>Orlando furioso</em>, commento di Emilio Bigi, a cura di Cristina Zampese, Milan, BUR Rizzoli classici, 2012</p> <p><strong>Traductions et anthologies</strong><br />L’Arioste, <em>Roland furieux</em>, édition bilingue, introduction, traduction et notes par André Rochon, 4 volumes, Les Belles Lettres, 1998-2002. Voir l’introduction d’André Rochon, p. XI-LXXXIII</p> <p>L’Arioste, <em>Roland furieux</em>, éd. et trad. de Michel Orcel, 2 vol., Seuil, 2000 (bilingue), Points, 2021 (en français seulement)</p> <p>L’Arioste, <em>Roland furieux</em>, trad. Francisque Reynard (1880), Folio, 2003 (résumés chant par chant)</p> <p>Arioste, <em>Roland furieux</em>, présenté et raconté par Italo Calvino, Einaudi, 1970, traduction des extraits de l’Arioste par C. Hippeau, traduction d’I. Calvino par Nino Frank, Flammarion (GF), 1982. Voir l’introduction p. 5-30</p> <p><strong>Bibliographie critique</strong><br />Giorgia Atzeni, « Letteratura e immagini: le prime illustrazioni del Furioso », <em>ArcheoArte</em>, 2012, DOI: 10.4429/j.arart.2011.suppl.48</p> <p>Guido Beltramini &amp; Adolfo Tura, dir., <em>Orlando Furioso 500 anni: cosa vedeva Ariosto quando chiudeva gli occhi</em>, Ferrare, 2016</p> <p>Lina Bolzoni, <em>La stanza della memoria</em>, Einaudi, 1995</p> <p>Lina Bolzoni, dir., <em>Galassia Ariosto. Il modello editoriale dell’</em>Orlando furioso<em> dal libor illustrato al web</em>, Donzelli editore, 2017</p> <p>Nicole Botti, <em>Il baule del Furioso. La fortuna del poema ariostesco nel melodramma</em>, Lucca, Pacini Fazzi, 2018</p> <p>Mario Casari, Monica Preti, Michael Wyatt, <em>Ariosto and the Arabs: Contexts for the </em>Orlando furioso, Harvard University Press, 2022</p> <p>Marina Cogotti, Vincenzo Farinella, Monica Preti, dir., <em>I voli dell’Ariosto: L’“Orlando furioso” e le arti</em>, Milan, Officina Libraria, 2016</p> <p>Alexandre Doroszlai, <em>Ptolémée et l’hippogriffe. La géographie de l’Arioste soumise à l’épreuve des cartes</em>, Edizioni dell’Orso, 1998</p> <p>José Guidi, Alexandre Doroszlai ; Marie-Françoise Piéjus, André Rochon, <em>Espaces réels et espaces imaginaires dans le </em>Roland Furieux, Paris, Presses universitaires de la Sorbonne nouvelle, 1991</p> <p>Fanny Eouzan, « L’Arioste réécrit pour l’opéra : un voyage en Europe et dans les genres », <em>Cahiers d’études romanes</em>, n°20, 2009, p. 321-345</p> <p>Clarisse Evrard, « Les métamorphoses des paladins de l’Arioste au Cinquecento, de l’espace livresque à l’autonomie visuelle », <em>Histoire et civilisation du livre</em>, Genève, Droz, 2024, p. 137-147</p> <p>Gianluca Genovese, <em>Le vie del furioso</em>, Napoli, Guida, 2017</p> <p>Daniel Leisawitz, « Ironic Geography in Ariosto’s <em>Orlando furioso</em> », <em>Renaissance Quarterly</em>, 75/2, 2022, DOI: 10.1017/rqx.2022.103</p> <p>Stéphane Lojkine, « L’effet Argo. Le système des territoires dans le <em>Roland furieux</em> de l’Arioste », <em>Patrimoine et littérature au collège et au lycée,</em> Scérén, CRDP Franche-Comté, 2007, p. 123-153</p> <p>Stéphane Lojkine, « Les trois territoires de la fiction : le <em>Roland furieux</em> et ses illustrateurs », <em>Geographiae imaginariae : Dresser le cadastre des mondes inconnus dans la fiction narrative de l’Ancien Régime</em>, Presses de l’Université Laval, p. 165-193</p> <p>Stéphane Lojkine, « Entre nœud et lieu : géo-stratégie du <em>Roland furieux</em> », <em>Cahiers d’études romanes</em>, n°51, L’image réinterprétée, dir. P. Abbrugiati et Mathieu Corp, PUP, 2026, p. 125-145</p> <p>Ita Mac Carthy, « Icons in Time: Ariosto’s <em>Orlando furioso</em> and Chivalric Literature through the Ages », <em>The Oxford Handbook of Italian Literature</em>, Oxford University Press, 2025</p> <p>Peter W. Parshall, Rainer Schoch, et alii, <em>Origins of European Printmaking</em>, Yale University Press, 2005</p> <p>Michel Paoli et Monica Preti, dir., L’Arioste et les arts, Paris, Louvre éditions, 2012</p> <p>Francesco Sberlati, « Allegoriche figure. L’edizione Valgrisi del ‘Furioso’ (Venezia 1556) », <em>Letteratura &amp; Arte</em>, XII, 2014, p. 37–53</p> <p>Andrea Torre, « Il <em>Furioso</em> on the Web. Un archivio digitale delle illustrazioni cinquecentesche del poema », <em>Italianistica</em>, 2008, n°3</p> <p>Andrea Torre, « Pino Zac, <em>Orlando furioso</em> di Ludovico Ariosto », Arabeschi, 2013</p> <p>Andrea Torre, « Ovidio dopo Ariosto. Doppiaggi iconografici e testuali in edizioni illustrate del Cinquecento », <em>Galassia Ariosto</em>… (voir <em>supra</em>), 2017, p. 283-309</p> <p>Paolo Trovato, « Ariosto d’oro e figurato. Le principali edizioni illustrate del Cinquecento [dell''Orlando furioso'], in <em>L’‘Orlando furioso’ nello specchio delle immagini</em>, a cura di Lina Bolzoni, Roma, Istituto della Enciclopedia Italiana, 2014, p. 1-3</p>]]></content:encoded>
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      <title>Le corps à l'épreuve des frontières (Univ. de La Réunion)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133613/le-corps-a-l-epreuve-des-frontieres.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 08:59:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Appel à communications LE CORPS À L’ÉPREUVE DES FRONTIÈRES Colloque international, les 4 et 5 juin 2026 Université de La Réunion, île de La Réunion Colloque organisé par : Julien AUBERT (DIRE, Université de La Réunion), Sophie IRELAND (DIRE, Université de La Réunion), Ada LESCAY (DIRE, Université de La Réunion), Mélodie LHERMINEZ (OIES, Université de La Réunion), Jean Pierre SAGNO (LCF, Université de La Réunion) Soutenu par l’Observatoire des Sociétés de l’océan Indien – OSOI-FED4127 — Calendrier Diffusion de l’appel : vendredi 27 mars 2026 Date limite de soumission des résumés : mercredi 22 avril 2026 Notification d’acceptation : lundi 27 avril 2026 Dates du colloque : jeudi 4 et vendredi 5 juin 2026 La publication d’un ouvrage, composé de chapitres approfondissant les communications du colloque qui auront été sélectionnées, est ensuite prévue. Soumission des chapitres : vendredi 15 janvier 2027 Retour des évaluateurs (en double aveugle) : vendredi 4 juin 2027 Remise des chapitres définitifs : vendredi 3 septembre 2027 — Le colloque Le corps à l’épreuve des frontières souhaite explorer les multiples manières dont les corps humains, qu’ils soient individuels, collectifs, réels ou représentés (Le Breton et al. 2013 ; Berthelot, 1997), se confrontent aux limites qui les [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Appel à communications</p> <p style="text-align:center;"><strong>LE CORPS À L’ÉPREUVE DES FRONTIÈRES</strong></p> <p style="text-align:left;">Colloque international, les 4 et 5 juin 2026</p> <p style="text-align:left;">Université de La Réunion, île de La Réunion</p> <p style="text-align:left;">Colloque organisé par : Julien AUBERT (DIRE, Université de La Réunion), Sophie IRELAND (DIRE, Université de La Réunion), Ada LESCAY (DIRE, Université de La Réunion), Mélodie LHERMINEZ (OIES, Université de La Réunion), Jean Pierre SAGNO (LCF, Université de La Réunion)</p> <p style="text-align:left;">Soutenu par l’Observatoire des Sociétés de l’océan Indien – OSOI-FED4127</p> <p>—</p> <p><strong>Calendrier</strong></p> <p>Diffusion de l’appel : vendredi 27 mars 2026</p> <p>Date limite de soumission des résumés : mercredi 22 avril 2026</p> <p>Notification d’acceptation : lundi 27 avril 2026</p> <p>Dates du colloque : jeudi 4 et vendredi 5 juin 2026</p> <p>La publication d’un ouvrage, composé de chapitres approfondissant les communications du colloque qui auront été sélectionnées, est ensuite prévue.</p> <p>Soumission des chapitres : vendredi 15 janvier 2027</p> <p>Retour des évaluateurs (en double aveugle) : vendredi 4 juin 2027</p> <p>Remise des chapitres définitifs : vendredi 3 septembre 2027</p> <p>—</p> <p>Le colloque <em>Le corps à l’épreuve des frontières </em>souhaite explorer les multiples manières dont les corps humains, qu’ils soient individuels, collectifs, réels ou représentés (Le Breton et al. 2013 ; Berthelot, 1997), se confrontent aux limites qui les définissent, les contraignent ou les transforment, à celles qui les environnent, affectent leurs déplacements et orientent leurs trajectoires. Les frontières, comprises au sens large, couvrent l’ensemble de ces limites, qu’elles soient politiques ou territoriales, sociales ou normatives mais aussi esthétiques, médiatiques, temporelles ou perceptives. Elles concernent autant les corps vécus que les corps imaginaires, performés ou médiés par des dispositifs techniques. </p> <p>Le « corps » et la « frontière » sont deux notions productives en sciences humaines et sociales. De nombreux travaux ont mis à profit ces notions (sans forcément les lier) pour penser, entre autres, le pouvoir, les relations humaines, les mobilités, l’identité, l’altérité, la violence, la beauté, le stigmate ou encore la construction de soi. Articuler les notions de « corps » et de « frontière » exige l’examen (et/ou le réexamen) des relations plurielles que ces notions entretiennent et incite à questionner leur opérativité, à prendre en compte les transformations socio-politiques et à être attentif aux spécificités culturelles ainsi qu’aux cadres transnationaux.</p> <p>Qu’est-ce qu’un corps ? Qu’est-ce qu’une frontière ? À quoi servent-ils ? Au-delà d’être une structure, une entité physique et visible, lieu d’ancrage de nos expériences singulières, le corps (ou encore la corporéité) est un construit social. Parlant des sociétés de type individualiste, Le Breton (1992 [2023], p. 34) explique que « (…) le corps fonctionne là à la façon d’une vivante borne frontière<sup>1</sup> pour délimiter face aux autres la souveraineté de la personne » alors que dans les sociétés de type traditionnel ou communautaire, le corps est une partie du collectif, il est lié à l’« énergie collective ». Par ailleurs, le corps, notamment celui des femmes, a fait l’objet de plusieurs études qui ont mis en évidence les formes de contrôle, surveillance et/ou de résistance auxquelles il est soumis (Frigon, Kérisit et al. 2000 ; Butler, 1993 ; Butler, 2004 [2016]). De ce point de vue, il est notamment important de réfléchir à la manière dont les corps « abîmés » (Butnaru et Le Breton, 2013), « subalternes », « handicapés », « transgenres » et « migrants » ont bouleversé les frontières (Le Blanc, 2010 ; Agier 2018 ; Peiretti-Courtis, 2021 ; Balibar, 2022).</p> <p>Concernant la frontière, soulignons que nous vivons dans un monde saturé de limites, de passages et de contrôles : du portail d’immeuble à la portière d’un véhicule, nos déplacements les plus ordinaires sont rythmés par la traversée d’espaces juxtaposés et segmentés. La multiplication des portes, bornes et sas matérialise une tomogenèse de l’espace, c’est-à-dire la création de sections et de découpes qui organisent le passage entre le dedans et le dehors, entre le privé et le public (Gay, 2016). Ces seuils ne sont jamais neutres car ils trient, filtrent et hiérarchisent les corps qui les franchissent, ou qui restent tenus à distance. Cette segmentation du territoire s’illustre également par l’interdiction progressive du vagabondage et la restriction des formes de subsistance libre qui ont façonné un monde moins poreux, pour les humains comme pour les autres êtres vivants (Vanuxem et Mathieu, 2025).</p> <p>Dans ce colloque, la frontière est entendue dans un sens volontairement large. Elle renvoie d’abord à sa définition classique comme limite entre États et compétence territoriale, produit d’une histoire politique et cartographique qui a vu s’imposer la frontière-ligne, continue et juridiquement fixée, au détriment des confins plus flous. Mais, au-delà de cette acception strictement étatique, la frontière désigne toute discontinuité entre des espaces, des régimes d’appropriation ou des formes de pouvoir (Géoconfluences, 2025). Les frontières peuvent être ainsi coupures ou coutures, lieux de séparation mais aussi interfaces de contact, de circulation et de friction. Envisagées comme processus, elles illustrent aussi l’exploitation capitaliste des ressources, l’espace de dépossession des populations locales, ou encore les zones de tensions et d’arrangements entre acteurs aux intérêts divergents (Acloque, 2022). Mais à quoi sert la frontière ?</p> <p>« À faire corps ». C’est la réponse que Régis Debray (2010) donne à cette question dans son Éloge des frontières. Aussi la frontière a-t-elle une fonction liée à un élan collectif et exprime-t-elle un principe identitaire qui se forge dans la recherche de l’unité autant que dans le rapport à l’altérité. La frontière, en effet, marque un double mouvement, l’un centripète, l’autre centrifuge, et plus largement encore rappelle « ce qu’il faut d’ailleurs pour qu’un ici prenne et tienne » (Régis Debray, ibid., p. 62.) Indissociable de l’ancrage territorial, la frontière structure l’espace collectif. Mais qu’en est-il de ses effets sur le corps propre ? </p> <p>L’un des enjeux de ce colloque est d’explorer ce que l’écriture du corps révèle de la frontière et de l’expérience que l’on en fait. Il s’agira notamment d’étudier les éléments constitutifs des poétiques du corps et des frontières dans les textes se référant à l’expérience de la mobilité.</p> <p>C’est en prenant en compte ces différents éléments (et dans une perspective pluri-interdisciplinaire) que le colloque propose de situer la réflexion sur les corps à l’épreuve des frontières. Les contributions attendues s’attacheront à particulièrement réfléchir à l’opérativité d’une réflexion liant la notion de « corps » à celle de la « frontière ». Voici quelques propositions d’intrication :</p> <p>L’une des intrications possibles de ces deux notions est celle de « corps-frontière » qui peut se définir comme « […] un corps qui, traversé par les limitations sociales et spatiales, est marginalisé et effacé […] » (Simard, 2019, p.72). À ce « corps-frontière », on associe le corps-migrant, le corps violé, le corps stigmatisé, le corps du sans-abri, le corps racisé, le corps exilé ; un corps envisagé sous l’angle du néomalthusianisme, un excédent, un corps de trop, qu’on associe aux déchets (Mbembe, 2020), à l’instar des politiques de contrôle démographique opérées par le ventre des femmes racisées à La Réunion. Ces corps mutilés sans consentement sont devenus des objets de gouvernance en faisant l’objet de dispositifs de régulation démographique, médicalisation contrainte et violences institutionnelles, justifiées au nom d’un prétendu équilibre économique et social.</p> <p>On peut aussi s’interroger sur ce que la frontière fait aux corps ou ce que les corps font aux frontières. La première partie de cette interrogation peut particulièrement mobiliser la question de la visibilité ou de l’invisibilité des corps de part et d’autre des frontières (Guénif, 2010 ; Leclère, 2025). Quant à la seconde, elle peut inviter à réfléchir à l’imaginaire des frontières créé par les corps (par exemple, que nous racontent les corps des migrants qui se heurtent aux frontières nationales ?).</p> <p>La question de la « frontiérisation »<sup>2</sup> des corps mérite d’être examinée. Il s’agit ici d’aborder le corps non à partir des frontières territoriales mais plutôt sociales ; entendons par là le processus par lequel des discours et des codes imposent aux corps des limites à ne pas franchir. De fait, la frontière est une institution discursive dans la mesure où elle est l’objet de discussions, délibérations, codifications, en somme objet d’énonciation (politique, littéraire, journalistique etc.).</p> <p>À la suite d’une réflexion sur la visibilité, on pourra aborder la médiatisation de ces « corps-frontières » et des « corps aux frontières ». Comment sont-ils représentés ? Quels sont les codes médiatiques utilisés ? Par ailleurs, ces corps peuvent aussi être analysés comme des corps qui communiquent, ou des corps qui font trace (Galinon-Melenec, B. et al., 2017). Lier les notions de « corps » et de « frontière » à celle de la « trace » (données, digitalisation des corps physiques etc.) permet de questionner le corps dans le contexte numérique. On pourra ainsi interroger les frontières que le numérique impose aux corps, le réinvestissement des frontières sociales dans les espaces numériques ; ou encore se demander, plus globalement, ce que le numérique fait simultanément aux corps et aux frontières.</p> <p>Les propositions qui articulent réflexions théoriques et études contextualisées sont vivement encouragées, en particulier celles portant sur le contexte indiaocéanique. Elles permettront notamment d’interroger l’ancrage des corps, des pratiques et des représentations dans cet espace maritime, bordier et insulaire traversé par des circulations, des héritages pluriels et des rapports de pouvoir. À partir de terrains situés dans l’océan Indien, il s’agira notamment d’examiner comment les frontières s’y incarnent, s’y éprouvent et s’y recomposent. L’ensemble des propositions s’inscriront dans l’un des trois axes thématiques proposés ci-dessous.</p> <p><strong>Axe 1 : Le corps et le tracé des frontières</strong></p> <p>Notre premier axe propose d’aborder l’émergence et la création des frontières, ainsi que tout ce qu’implique l’acte de les tracer, dans toute la diversité de leurs acceptions, de la géopolitique à l’intime. Étudier les relations entre corps et frontières sous cet angle pourrait permettre de mettre au jour certains archétypes, rappelant notamment la dimension sacrée qui préside à l’acte de délimitation. Songeons par exemple à la fondation légendaire de Rome au cours de laquelle Romulus trace d’un sillon dans le sol les limites de la ville en prononçant des paroles sacramentelles. Ces limites alors définies par un sillon sacré distinguent deux espaces qu’elles séparent sans appel. Plus généralement, les frontières occupent une place importante dans les récits de cosmogonies ou dans les mythes ; leur tracé se fait délimitation de l’ordre et du chaos. Ces récits trouvent d’importants échos dans les sociétés contemporaines, notamment au sein de l’actualité internationale et des textes philosophiques et littéraires où des rôles fondamentaux sont accordés aux frontières et où est réinterrogé l’acte de séparation (Suter et Fournier Kiss, 2021).</p> <p>Le tracé des frontières ne saurait être envisagé seulement comme un geste figé ou purement spatial. Il s’inscrit dans des temporalités multiples, faites de déplacements des corps et des sens ainsi que de reconfigurations symboliques. Les frontières se déplacent, se (re)dessinent, se brouillent, à mesure que les pratiques sociales, artistiques et politiques les investissent voire les définissent. Qu’il s’agisse de frontières géographiques, corporelles ou esthétiques, leur tracé révèle autant un désir d’ordre et de séparation qu’une dynamique de passage et de transformation. Explorer ces lignes, c’est ainsi ouvrir un espace de réflexion sur ce qui distingue, relie et met en tension les corps, les territoires et les imaginaires.</p> <p>Enfin, le tracé des frontières engage une réflexion sur les espaces contemporains, marqués par la multiplication des dispositifs de contrôle, de surveillance et de normalisation des corps. Des frontières nationales aux frontières urbaines, numériques ou administratives, les lignes de démarcation se font parfois invisibles mais n’en demeurent pas moins agissantes. Elles produisent inclusions, exclusions et assignations des individus à des positions différenciées. Cette réflexion s’inscrit également dans un enjeu de place (Lussault, 2009). Les frontières ne séparent donc pas seulement des territoires, elles distribuent des places aux corps, autorisent ou interdisent des présences, orchestrent des luttes inégales pour l’accès aux espaces les plus valorisés. Étudier ces frontières, c’est alors interroger les rapports de pouvoir qu’elles cristallisent. En effet, l’hégémonie (Gramsci, 2003, 2004) a imposé des frontières tangibles et métaphoriques que les corps marginalisés ont dû apprendre à franchir, ou du moins à frôler, pour donner sens à leurs existences.</p> <p><strong>Axe 2 : Le corps et la traversée des frontières</strong></p> <p>Les expériences contemporaines de déplacement sont indissociables des tensions que cristallise le passage des frontières. Régi par des règles, ce dernier filtre les individus et dessine une géographie morale des mobilités (Schmoll, 2025). Les différents régimes de mobilité résultent de codes en vigueur sur des territoires donnés ; l’individu passant une frontière est donc directement confronté aux pouvoirs qui s’exercent dans les territoires qu’il traverse. Les normes d’usage de l’espace pour un groupe spécifique et les emplacements concrets qu’il est autorisé ou capable d’occuper s’incarnent en effet dans des institutions, des lois, des normes culturelles et des dispositifs spatiaux et ils organisent très concrètement qui peut être où, avec qui, à quel moment. En quoi les différentes modalités de déplacement affectent-elles les corps, qu’ils soient en mouvement ou assignés, en transit ou immobilisés ?</p> <p>Des aventures d’Ulysse aux épreuves contemporaines des migrants, le corps constitue un motif propre à refléter de manière toute concrète et toute symbolique, en deçà de l’ensemble des données relevant de l’organisation de la collectivité, la singularité de qui fait l’épreuve de la frontière. Si « la frontière est d’abord une affaire intellectuelle et morale » – selon le mot de l’historien Christian Jacob que cite Régis Debray (2010) dans son Éloge des frontières - elle est aussi affaire de corps. La fascination pour la frontière que ressent le personnage d’Aldo dans Le Rivage des Syrtes (Gracq, 1951), et qui l’incite à dépasser le tracé de la frontière, s’exprime en des termes qui renvoient à une expérience qui a trait au corps et à l’altération des limites du sujet : « Ce que je voulais n’avait de nom dans aucune langue. Être plus près. Ne pas rester séparé. Me consumer à cette lumière. Toucher ». Qu’est-ce que les représentations du corps dans les zones frontalières révèlent de la frontière, du corps et de leurs usages ? En quoi ces représentations qui font valoir les relations entre l’intime et le collectif, entre l’identité et l’altérité, entre l’expérience du corps propre et celles des institutions (Foucault, “Le corps utopique”, 1966) permettent-elles de dégager un ensemble d’enjeux spécifiques au passage des frontières, de penser un phénomène crucial du monde d’aujourd’hui et d’en appréhender les défis ?</p> <p>Par ailleurs, la frontière annonce l’incertain et son franchissement apparaît comme une confrontation à l’inconnu. Les représentations des passages de frontières mobilisent des éléments liés au mythe d’Orphée franchissant le seuil du monde connu grâce aux pouvoirs de son chant. Quel serait le monde inconnu auquel ouvrent les textes où se tisse la poétique du corps à l’épreuve de la frontière ? En quoi ce monde oscille-t-il entre espace référentiel et « espace littéraire » (Blanchot, 1951) ? Est-il à même de fournir des éléments de renouvellement de notre expérience de l’espace et plus encore de recréer notre rapport au territoire, de redéfinir les corps, de les investir de manière inédite ? De tels questionnements sont à la croisée de la littérature et des arts de la scène qui, tout particulièrement, incitent à aborder la porosité entre fiction et réel.</p> <p>En outre, le jeu d’acteur comme certains types de personnages incarnent un franchissement symbolique où l’identité devient surface mobile, et où le corps, volontairement ou malgré lui, transgresse ses assignations. Aussi la scène met-elle en lumière des corps soumis à l’épreuve constante des frontières. Par les jeux de masques, les simulations corporelles et les stratégies de traversée des normes, les frontières, tant sociales que morales, sont envisagées dans leur fragilité. La frontière au théâtre se manifeste également à travers la séparation, plus concrète mais parfois instable, entre la scène et les spectateurs. Ce seuil, matérialisé par l’espace scénique ou institutionnalisé sous la forme du « quatrième mur », organise la distribution des regards, des voix et des présences. Pourtant, il demeure une frontière poreuse, sans cesse traversée par les adresses directes, les apartés, les ruptures d’illusion ou les performances qui sollicitent la participation du public. Cette limite, qui sépare fiction et réalité, constitue un espace de tension où se négocient autorité dramatique et liberté interprétative. En jouant avec ce mur symbolique, en le renforçant, en le fissurant ou en le faisant voler en éclats, les dramaturges interrogent les conditions mêmes de la représentation, tout en exposant les corps à une zone de friction où se redéfinissent leurs places respectives.</p> <p><strong>Axe 3 : Le corps et les modes d’habiter les frontières</strong></p> <p>Au-delà de la prise en compte des modes selon lesquels les frontières sont tracées ou traversées, il nous importe également de valoriser les manières dont nous les habitons. Selon Léonora Miano, la frontière « […] est l’endroit où les mondes se touchent, inlassablement. C’est le lieu d’oscillation constante : d’un espace à l’autre, d’une sensibilité à l’autre, d’une vision du monde à l’autre » (Miano, 2012, p. 25). Les corps qui habitent cet espace structurent leurs identités à partir du dialogue ou du conflit entre des matrices ou des modèles culturels de nature diverse.</p> <p>Penser la frontière en tant qu’espace liminaire d’aller-retour favorise une conversation féconde sur les réalités et les imaginaires d’individus ou de groupes sociaux qui ont trouvé le sens de leur existence (Frankl, 1991) dans, au moins, deux contextes géographiquement ou symboliquement séparés. Que signifie habiter la frontière ? Quels sont les avantages et les défis liés au fait de l’habiter ? Les frontières peuvent-elles habiter les corps ?</p> <p>Dans quelle mesure les sciences sociales contemporaines ont-elles contribué à répondre à ces interrogations ? Dans quelle mesure l’histoire, la science politique, la géographie, l’anthropologie, la sociologie, la psychologie, les sciences de l’information et de la communication ont-elles apporté un éclairage sur ce sujet ? Quels sont les codes textuels et visuels qui ont permis de représenter les manières d’habiter les frontières ? Comment les études littéraires et les études sur la culture visuelle se sont-elles approchées des imaginaires inhérents aux rapports corps/frontières ? Nous espérons que les débats suscités dans le cadre du colloque apporteront des réponses à ces questions et à d’autres interrogations liées à ce thème.</p> <p>Une fois analysées les manières dont les frontières sont tracées, traversées ou habitées, nous souhaiterions inviter les participants au colloque à réfléchir à la possibilité de concevoir un monde, réel ou symbolique, sans frontières. Que se passe-t-il lorsque les binarismes se brisent ? À quoi ressemblerait le monde si les barrières entre le blanc et le noir disparaissaient ? À quoi ressemblerait le monde si nous oubliions les catégorisations liées à l’origine, la couleur de peau ou le genre ? À quoi ressemblerait un monde sans frontières ?</p> <p>—</p> <p>Pour terminer, le colloque invite également à répondre à plusieurs séries de questions : en quoi la frontière affecte-t-elle le corps du voyageur ? Quelles sont les représentations du corps dans les textes évoquant la traversée des frontières ? Le passage de frontière est-il l’occasion d’exprimer, via le corps, une réappropriation de la subjectivité, une perméabilité à l’altérité, une transformation identitaire, une créolisation, une ouverture radicale à l’inconnu ? Comment les corps subalternes ont-ils franchi ou contourné les frontières ? Quelles ont été les circonstances ayant motivé les relations conflictuelles avec les frontières ?In fine, les études de cas pourront également questionner les dispositifs au cœur de l’activité de « frontiérisation » et leurs effets sur les corps. Les analyses (sémiotique, discursive, littéraire, théâtrale, iconique etc.) des mises en scène, des récits de ces corps qui résistent aux frontières sont également bienvenues.</p> <p>—</p> <p><strong>Notes</strong></p><p> </p> <p>C’est nous qui soulignons.</p> <p></p> De l’anglais bordering, la « frontiérisation » désigne « (…) l’émergence, l’instauration et la consolidation de la frontière en tant qu’objet matériel et symbolique à travers l’instauration de dispositifs d’affirmation et de régulation du pouvoir ». [Source : Lexique de l’institut des frontières et discontinuités (Groupement d’intérêt scientifique transfrontalier Franco-Belge). En ligne : <a href="https://ifd.hypotheses.org/lexique">https://ifd.hypotheses.org/lexique</a> (consulté le 9 janvier 2026)].<p> </p> <p>—</p> <p><strong>Modalités de soumission</strong></p> <p>Les propositions de communication (500 mots environ, avec les références bibliographiques et courte notice biographique) sont à envoyer jusqu’au 22 avril 2026. Elles doivent notamment comporter l’axe choisi et le titre de l’intervention. Nous vous suggérons qu’elles contiennent les éléments suivants : problématique générale, question de recherche, cadre théorique, méthodologie et contribution(s) principale(s).</p> <p>Les propositions et communications pourront être présentées en français et anglais (ou encore espagnol et créole avec soumission de la communication traduite dans les grandes lignes pour en faciliter la diffusion et la compréhension). Les communications seront d’une durée de 20 minutes, suivies de 10 minutes de questions. Les propositions d’ordre artistique, type performances ou autres, sont également bienvenues.</p> <p>Contact et envoi des propositions à <a href="mailto:corps.frontieres@gmail.com">corps.frontieres@gmail.com</a>.</p> <p>NB. L’acceptation des propositions de communication ne vaut pas acceptation des articles qui seront soumis à évaluation anonyme. Les articles devront répondre aux standards des publications scientifiques. Une feuille de style vous sera transmise à cet effet.</p> <p>—</p> <p><strong>Informations pratiques</strong></p> <p>Aucune prise en charge des frais (transport, hébergement, etc.) ne pourra être assurée, mais les repas du midi ainsi que le dîner du dernier soir seront offerts.</p> <p>—</p> <p><strong>Comité scientifique</strong></p> <p>Nathanaëla ANDRIANASOLO-MATHIEU (LPL, Aix-Marseille Université)<br />Marc ARINO (DIRE, Université de La Réunion)<br />Julien AUBERT (DIRE, Université de La Réunion)<br />Myriam BOUCHARENC (CSLF, Université Paris X Nanterre)<br />Christophe COSKER (HCTI, Université de Bretagne Occidentale)<br />Catherine HAMAN (HLLI, Université Littoral Côte d’Opale)<br />Fabrice FOLIO (OIES, Université de La Réunion)<br />Sophie IRELAND (DIRE, Université de La Réunion)<br />Marie-Annick LAMY-GINER (OIES, Université de La Réunion)<br />Ada LESCAY (DIRE, Université de La Réunion)<br />Mélodie LHERMINEZ (OIES, Université de La Réunion)<br />Valérie MAGDELAINE-ANDRIANJAFITRIMO (LCF, Université de La Réunion)<br />Axelle MARTIN (LERASS, Université Paul-Valéry Montpellier 3)<br />Alison MORANO (LCF, Université de La Réunion)<br />Urbain NDOUKOU-NDOUKOU (EHIC, Université de Limoges)<br />Simon NGONO (LCF, Université de La Réunion)<br />Christine OROBITG (DIRE, Université de La Réunion)<br />Yolaine PARISOT (UPEC, Paris-Est Créteil)<br />Sylviane RABETSARAZAKA (DIRE, Université de La Réunion)<br />Christiane RAFIDINARIVO (LCF, Université de La Réunion / CEVIPOF, Sciences Po)<br />Colin ROBINEAU (LCF, Université de La Réunion)<br />Jean Pierre SAGNO (LCF, Université de La Réunion)<br />François TAGLIONI (OIES, Université de La Réunion)<br />Sofiane TAOUCHICHET (chercheur indépendant)<br />Laurène TETU (LCF, Université de La Réunion)</p> <p><strong>Comité d’organisation</strong></p> <p>Julien AUBERT (DIRE, Université de La Réunion)<br />Fabrice FOLIO (OIES, Université de La Réunion)<br />Morgane GRONDIN (OIES, Université de La Réunion)<br />Sophie IRELAND (DIRE, Université de La Réunion)<br />Ada LESCAY (DIRE, Université de La Réunion)<br />Mélodie LHERMINEZ (OIES, Université de La Réunion)<br />Valérie MAGDELAINE-ANDRIANJAFITRIMO (LCF, Université de La Réunion)<br />Balaviknesh NILAMEGAME (OIES, Université La Réunion)<br />Jean Pierre SAGNO (LCF, Université de La Réunion)<br />Françoise SYLVOS (DIRE, Université de La Réunion)<br />Kasia SOBONIAK (DIRE, Université de La Réunion)</p> <p>—</p> <p><strong>Bibliographie </strong></p> <p>Acloque, Delphine (2022), « Frontière désertique, front pionnier et territorialisation. Approche à partir du cas égyptien », Géoconfluences, mis en ligne en juin 2022.<br />[consulté le 18/12/2025].</p> <p>Agier, Michel (2018), <em>L’Étranger qui vient : repenser l’hospitalité</em>. Paris, Éditions du Seuil. </p> <p>Balibar, Etienne (2022), <em>Cosmopolitique : Des frontières à l’espèce humaine</em>. Paris, La Découverte.</p> <p>Berthelot, Francis (1997), <em>Le Corps du héros. Pour une sémiotique de l’incarnation romanesque.</em> Paris, Nathan.</p> <p>Blanchot, Maurice (1955),<em> L’Espace littéraire.</em> Paris, Gallimard.</p> <p>Butler, Judith (1993),<em> Bodies That Matter</em>. New York, Routledge.</p> <p>Butler, Judith (2004 [2016]), <em>Défaire le genre</em>. Traduit de l’anglais par Maxime Cervulle. Paris, Éditions Amsterdam.</p> <p>Butnaru, Denisa et Le Breton, David (ed.) (2013), <em>Corps abîmés.</em> Laval, Presses de l’Université Laval.</p> <p>Debray, Régis (2010), <em>Éloge des frontières</em>. Paris, Gallimard.</p> <p>Foucault, Michel (1966 [2009]), <em>Le Corps utopique, les hétérotopies</em>. Paris, Éditions Lignes.</p> <p>Frankl, Viktor E (1991), <em>El hombre en busca de sentido</em>. Barcelona, Editorial Herder. </p> <p>Frigon, Sylvie et Kérisit, Michèle (ed.) (2000), <em>Du corps des femmes : contrôles, surveillances et résistances</em>. Ottawa, University of Ottawa Press.</p> <p>Galinon-Melenec, Béatrice (éd.) (2017), <em>L’Homme-trace</em>. Paris, CNRS Éditions.</p> <p>Gay, Jean-Christophe (2016), <em>L’Homme et les Limites</em>. Paris, Economica-Anthropos.</p> <p>Géoconfluences (2025), « Frontière, frontières ». Glossaire de géographie en ligne : [consulté le 18/12/2025].</p> <p>Gracq, Julien (1951), <em>Le Rivage des Syrtes</em>. Paris, Éditions José Corti.</p> <p>Gramsci, Antonio (2003), <em>Notas sobre Maquiavelo, sobre la política y sobre el Estado moderno</em>. Nueva Visión.</p> <p>Gramsci, Antonio (2004), <em>Los Intelectuales y la organización de la cultura</em>. Nueva Visión.</p> <p>Guénif, Nacira (2010), « Le corps-frontière, traces et trajets postcoloniaux ». In Mbembe Achille et al. (2010), <em>Ruptures postcoloniales : Les nouveaux visages de la société française</em>. Paris, La Découverte.</p> <p>Le Blanc, Guillaume (2010), <em>Dedans, dehors : la condition d’étranger</em>. Paris, Éditions du Seuil. </p> <p>Le Breton, David (1992 [2023]), <em>La Sociologie du corps</em>. Paris, Presses Universitaires de France.</p> <p>Le Breton, David et al. (2013),<em> Corps en formes</em>. Paris, CNRS éditions.</p> <p>Leclère, Anaïs (2025), « Les frontières corporelles-affectives dans l’espace public national français et néerlandais ». In Maryam Kolly, Anaïs Leclère, et Sarah Bracke (2025), Reprendre le voir. Bruxelles, Presses universitaires Saint-Louis.</p> <p>Lussault, Michel (2009), <em>De la lutte des classes à la lutte des places</em>. Paris, Grasset.</p> <p>Mbembe, Achille (2020), <em>Brutalisme</em>. Paris, La Découverte.</p> <p>Miano, Léonora (2012), <em>Habiter la frontière</em>. Paris, L’Arche Éditeur.</p> <p>Peiretti-Courtis, Delphine (2021), <em>Corps noirs et médecins blancs : La fabrique du préjugé racial, XIXe-XXe siècles.</em> Paris, La Découverte.</p> <p>Schmoll, Camille (2025),<em> Chacun sa place : une géographie morale des mobilités. </em>Paris, CNRS Éditions.</p> <p>Simard, Mélissa (2019), « Poétique et discours du corps-frontière : explorer les frontières sociales et culturelles et le rapport de la corporalité à l’espace », thèse soutenue sous la direction de Liviu Dospinescu et Constanza Camelo Suarez, Université de Laval.</p> <p>Suter, Patrick et Fournier Kiss, Corinne (ed.) (2021), <em>Poétique des Frontières</em>. Genève, MétisPresses.</p> <p>Vanuxem Sarah, Mathieu Geoffroy (2025), <em>Du droit de déambuler.</em> Marseille, Éditions Wildproject.</p> <p>Vergès, Françoise (2017), <em>Le Ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme</em>. Paris, Albin Michel.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Contester l’ordre : traditions contestataires, néo-contestation et reconfigurations politiques dans les Amériques (Nice &amp; Toulon)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133622/contester-l-ordre-traditions-contestataires-neo-contestation-et-reconfigurations-politiques-dans-les-ameriques.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 05:26:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Contester l’ordre : traditions contestataires, néo-contestation et reconfigurations politiques dans les Amériques Colloque international Université Côte d’Azur (LIRCES) et Université de Toulon (BABEL) Jeudi 26 et vendredi 27 novembre 2026 Organisation : José García-Romeu (Université de Toulon, BABEL), Anne-Claudine Morel (Université Côte d’Azur, LIRCES), Ruxandra Pavelchievici (Université Côte d’Azur, LIRCES) — Les sociétés américaines – qu’il s’agisse de l’Amérique du Nord, de l’Amérique latine ou des Caraïbes – se sont historiquement constituées comme des espaces de luttes, traversés par une pluralité de forces contestataires. Des mobilisations pour les droits civiques aux États-Unis dans les années 1960 aux soulèvements populaires d’Amérique latine, des expériences révolutionnaires et contre-révolutionnaires aux tournants autoritaires contemporains, l’histoire des Amériques est jalonnée de moments où la contestation est devenue un vecteur de reconfiguration politique et sociale. Ces dernières années, les élections de figures dites « antisystème » – Donald Trump aux États-Unis, Jair Bolsonaro au Brésil, Javier Milei en Argentine – ont donné une nouvelle visibilité à des formes de rupture avec les modèles démocratiques libéraux. Qu’elles se manifestent par des mouvements sociaux, des reconfigurations idéologiques, ou encore par des votes sanction et des discours populistes, les dynamiques contestataires s’expriment dans et en dehors du cadre électoral. [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133622_444a762acf2458ebd7ba1a982ac0713d.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133622_444a762acf2458ebd7ba1a982ac0713d.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Contester l’ordre : traditions contestataires, néo-contestation et reconfigurations politiques dans les Amériques</strong></p> <p><strong>Colloque international Université Côte d’Azur (LIRCES) et Université de Toulon (BABEL)</strong></p> <p><strong>Jeudi 26 et vendredi 27 novembre 2026</strong></p> <p><strong>Organisation : </strong></p> <p>José García-Romeu (Université de Toulon, BABEL),</p> <p>Anne-Claudine Morel (Université Côte d’Azur, LIRCES),</p> <p>Ruxandra Pavelchievici (Université Côte d’Azur, LIRCES)</p> <p>—</p> <p>Les sociétés américaines – qu’il s’agisse de l’Amérique du Nord, de l’Amérique latine ou des Caraïbes – se sont historiquement constituées comme des espaces de luttes, traversés par une pluralité de forces contestataires. Des mobilisations pour les droits civiques aux États-Unis dans les années 1960 aux soulèvements populaires d’Amérique latine, des expériences révolutionnaires et contre-révolutionnaires aux tournants autoritaires contemporains, l’histoire des Amériques est jalonnée de moments où la contestation est devenue un vecteur de reconfiguration politique et sociale.</p> <p>Ces dernières années, les élections de figures dites « antisystème » – Donald Trump aux États-Unis, Jair Bolsonaro au Brésil, Javier Milei en Argentine – ont donné une nouvelle visibilité à des formes de rupture avec les modèles démocratiques libéraux. Qu’elles se manifestent par des mouvements sociaux, des reconfigurations idéologiques, ou encore par des votes sanction et des discours populistes, les dynamiques contestataires s’expriment dans et en dehors du cadre électoral. Elles s’inscrivent dans des temporalités longues, mobilisent des mémoires collectives et se nourrissent souvent des héritages de luttes passées, réactivant des formes anciennes de dissidence ou en inventant de nouvelles.</p> <p>L’activité contestataire en Amérique latine est, à cet égard, particulièrement fournie depuis une quarantaine d’années : elle prend la forme de « mobilisations contre les régimes autoritaires, revendications indigènes, luttes contre l’extractivisme, émeutes et pillages liés à l’austérité économique, manifestations de rue contre la corruption ou mobilisations féministes, aujourd’hui parmi les plus emblématiques à l’échelle planétaire. »[1] Aux États-Unis, les transformations rapides et profondes opérées par l'administration Trump, visant à contester l’ordre politique et social, suscitent elles-mêmes une vague de contestation contre ce qui est perçu comme une forme nouvelle d’autoritarisme.</p> <p>Ce colloque propose d’interroger la notion de contestation, notamment à l’aune des bouleversements électoraux dans les Amériques, en adoptant une perspective diachronique et transdisciplinaire (histoire, sociologie, sciences politiques, anthropologie, études culturelles, littérature). Il s’agira d’examiner les interactions complexes entre mobilisation sociale et dynamique institutionnelle, entre traditions militantes et transformations du politique, dans un espace géographique (les Amériques) traversé par de profondes inégalités structurelles et de fortes tensions historiques, des années 1960 à nos jours.</p> <p>Une réflexion sur les notions de contestation et de néo-contestation, menées souvent au nom de la liberté, de la démocratie et/ou de la justice sociale, permettra de dégager les mécanismes d’opposition à l’ordre établi. Ces mécanismes pourront être également envisagés comme des forces de transformation ou de consolidation des régimes politiques et des imaginaires collectifs. </p> <p>Envisager ces multiples facettes de la contestation permettra de comprendre leur évolution dans le temps et dans un espace soumis à différentes pressions de type politique et économique, voire climatique, ainsi qu’à d’importantes transformations culturelles.</p> <p><strong>Axes de réflexion proposés </strong></p> <p><em>Champ politique - histoire :</em></p> <p>-  Héritages, continuités, mutations et réinvention des traditions contestataires dans les Amériques</p> <p>-  Mouvements sociaux, mobilisations populaires et reconfigurations du champ politique</p> <p>-  Médias, réseaux sociaux et nouvelles technologies de mobilisation</p> <p>-  Populisme, radicalité politique et (dé)légitimation des élites</p> <p><em>Champ culturel - littérature :</em></p> <p>-  Imaginaires révolutionnaires, contre-cultures et contestation politique, formes esthétiques de la dissidence : musique, art, littérature</p> <p>-  Médias, réseaux sociaux et nouvelles formes de mobilisation</p> <p>-  Acteurs et figures de la contestation et de la dissidence : intellectuels, leaders, militants et collectifs</p> <p>-  Discours de rupture et mémoire des luttes et réécriture de l’histoire militante</p> <p>—</p> <p><strong>Soumission des propositions </strong></p> <p>Les propositions de communication devront comporter un titre, un résumé (entre 300 et 500 mots), une brève notice biographique (100 à 150 mots), mentionnant l’affiliation institutionnelle et les axes de recherche.</p> <p>Les propositions pourront être rédigées en français, anglais ou espagnol.</p> <p>Elles devront être envoyées aux trois adresses suivantes avant le 15 juin 2026 :</p> <p><a href="mailto:anne-claudine.morel@univ-cotedazur.fr">anne-claudine.morel@univ-cotedazur.fr</a> </p> <p><a href="mailto:ruxandra.pavelchievici@univ-cotedazur.fr">ruxandra.pavelchievici@univ-cotedazur.fr</a> </p> <p><a href="mailto:jose.garcia-romeu@univ-tln.fr">jose.garcia-romeu@univ-tln.fr</a></p> <p>Une sélection d’articles fera l’objet d’une publication dans la revue Babel pour les travaux relevant de l’histoire et de la civilisation, ainsi que dans la revue Cycnos pour les travaux relevant de la littérature.</p> <p>— <br />[1] Hélène Combes, « Mobilisations », <em>Dictionnaire politique de l’Amérique latine</em>, Paris, Ed. de l’IHEAL, nov.  2024, p. 381.</p>]]></content:encoded>
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    </item>
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      <title>Vers un monde commun ? Déconstruire les conflits, repenser les liens terrestres (Prague)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133621/vers-un-monde-commun-deconstruire-les-conflits-repenser-les-liens-terrestres.html</link>
      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 04:23:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>25e édition de l’Université Européenne d’Été (UEE) du réseau OFFRES (Organisation Francophone pour la Formation et la Recherche Européennes en Sciences humaines). Cette édition aura lieu à l’Université Charles de Prague (Faculté des Lettres) du 12 au 19 juillet 2026 et sera consacrée au thème : « Vers un monde commun ? Déconstruire les conflits, repenser les liens terrestres ». — Après l’Université européenne d’été de Lyon, consacrée en 2025 à la dimension politique et historique du monde commun, l’édition pragoise de 2026 abordera sa dimension terrestre et écologique. Le monde commun n’est pas seulement l’espace du vivre-ensemble humain : il est également l’écosystème fragile et interdépendant où se tissent les conditions mêmes de la vie. L’époque actuelle révèle moins notre séparation d’avec la nature que notre coexistence problématique en son sein : ce qui autrefois relevait de déséquilibres locaux devient désormais un dérèglement global des conditions de la vie terrestre, et les effets des activités humaines se répercutent à l’échelle planétaire. Alors que les sociétés se fragmentent selon des lignes de pouvoir et d’accès aux ressources, nous demeurons pourtant pris dans un même réseau de dépendances vitales, si bien qu’en détruisant les conditions d’existence des autres vivants, c’est notre [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133621_c0bc1e809dd2808073d98d35abe4f754.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133621_c0bc1e809dd2808073d98d35abe4f754.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>25e édition de l’Université Européenne d’Été (UEE) du réseau OFFRES (Organisation Francophone pour la Formation et la Recherche Européennes en Sciences humaines).</p> <p>Cette édition aura lieu à l’Université Charles de Prague (Faculté des Lettres) du 12 au 19 juillet 2026 et sera consacrée au thème :</p> <p><strong>« Vers un monde commun ? Déconstruire les conflits, repenser les liens terrestres ».</strong></p> <p>—</p> <p>Après l’Université européenne d’été de Lyon, consacrée en 2025 à la dimension politique et historique du monde commun, l’édition pragoise de 2026 abordera sa dimension terrestre et écologique. Le monde commun n’est pas seulement l’espace du vivre-ensemble humain : il est également l’écosystème fragile et interdépendant où se tissent les conditions mêmes de la vie. L’époque actuelle révèle moins notre séparation d’avec la nature que notre coexistence problématique en son sein : ce qui autrefois relevait de déséquilibres locaux devient désormais un dérèglement global des conditions de la vie terrestre, et les effets des activités humaines se répercutent à l’échelle planétaire. Alors que les sociétés se fragmentent selon des lignes de pouvoir et d’accès aux ressources, nous demeurons pourtant pris dans un même réseau de dépendances vitales, si bien qu’en détruisant les conditions d’existence des autres vivants, c’est notre propre avenir que nous condamnons. Cette tension entre la divergence des intérêts et l’unicité du monde habitable constitue le fil directeur de notre réflexion. De ce point de vue, notre université d’été entend analyser les conflits environnementaux afin de comprendre comment des formes de cohabitation deviennent possibles malgré la pluralité irréductible des perspectives. Elle cherchera à repenser les liens terrestres, c’est-à-dire ces relations multiples (écologiques, techniques, économiques, symboliques, affectives) qui nous relient aux autres vivants et aux milieux de vie dont dépend notre existence commune.</p> <p>Comme chaque année, l'université d'été du réseau OFFRES prévoit des conférences plénières le matin et des ateliers thématiques l’après-midi, destinés à la formation à la recherche.</p> <p><strong>LES ATELIERS THEMATIQUES</strong></p> <p>1.        Une politique de la nature est-elle possible ?</p> <p>Atelier dirigé par Michel Baudouin (Éducation Nationale, France) et Abdou Cissokho</p> <p>2.        Le commun esthétique: Politiques du jardin terrestre</p> <p>Atelier dirigé par Orgest Azizaj (Musée Picasso, Paris), Momchil Hristov (Université de Sophia)</p> <p>3.        De l’espèce humaine au genre animal. Nous repolitiser par la dissolution du sens commun?</p> <p>Atelier dirigé par Clément Lion (Université de Lille) et Sofia Sorokina (Södertörn University, Suède)</p> <p>4.        Réconcilier économie et écologie (atelier franco-allemand)</p> <p>Atelier dirigé par Miriam Teschl (l’Université Goethe de Francfort), Falk Bretschneider (EHESS Paris) </p> <p>5.    Le lien vital à la terre: l'agriculture</p> <p>Atelier dirigé par Guillaume de Vaulx (Education nationale, France) et Alexandre Dubreu (Université du Littoral Côte d’Opale)</p> <p>—</p> <p>La participation à l’université d’été est gratuite. Nous encourageons les candidat·e·s à solliciter, dans la mesure du possible, un financement auprès de leur institution. Un hébergement en résidence universitaire sera proposé à tarif réduit ; selon les ressources disponibles, une prise en charge pourra être envisagée pour les participant·e·s ne disposant d’aucun financement.</p> <p>—</p> <p>Pour télécharger les documents, consultez le site : <a href="https://offres.hypotheses.org/1643">https://offres.hypotheses.org/1643</a> </p> <p>·      l'appel à candidatures (qui comporte l’argument scientifique, les descriptifs des ateliers et le programme)</p> <p>·      la fiche de candidature est à retourner complétée avant le 25 avril à l'adresse suivante :  <a href="mailto:uee2026@gmail.com">uee2026@gmail.com</a></p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>ICE Breakers. Hantises, résistances et imaginaires des corps racialisés, trans, queers et/ou migrants (revue radiophonique Nuage Mycelium)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133610/ice-breakers-hantises-resistances-et-imaginaires-des-corps-racialises-trans.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 09:22:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description> Appel à contributions pour le deuxième numéro de Nuage Mycélium, revue radiophonique de recherche-création du Laboratoire des Imaginaires.   “ avec pour seul horizon le mur noir, la digue gigantesque ki ka protéjé nou, ki ka fenmen nou anba Lanvil. Rien ni change isi-ba. Ayen pa chanjé."  — Michael Roch, Tè Mawon  "You don't need to die to leave a mark of psychic pain." — Carmen Maria Machado, In the Dream House, 2019  Nuage Mycélium est la revue radiophonique de recherche-création du Laboratoire des Imaginaires. Format hybride articulant recherche académique et création artistique autour de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique et de la création sonore, elle se veut un “pulp universitaire radiophonique” qui fait dialoguer chercheur·euse·s, auteur·ice·s, artistes et amateur·ice·s passionné·e·s. Chaque émission de 2h se compose de capsules tissées par une voix off qui crée correspondances et échos entre les propositions.    Appel à contributions  Quelle est la température d’un fantôme ? Les fascismes ne reviennent pas, ils n’ont jamais vraiment disparu. Ils se reforment, se normalisent, trouvent des tribunes, des élus, des algorithmes. Et avec eux, la même logique ancienne : désigner des corps comme jetables, des vies comme non-pleurables, des mémoires comme effaçables. Il y a une [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133610_bd183f731f415f4a30a8716466082f9c.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133610_bd183f731f415f4a30a8716466082f9c.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:right;"><strong> Appel à contributions pour le deuxième numéro de <em>Nuage Mycélium</em>, revue radiophonique de recherche-création du Laboratoire des Imaginaires.</strong><br />  <br /> “ avec pour seul horizon le mur noir, la digue gigantesque ki ka protéjé nou, ki ka fenmen nou anba Lanvil. Rien ni change isi-ba. Ayen pa chanjé."  — Michael Roch, <em>Tè Mawon</em></p> <p style="text-align:right;"> "You don't need to die to leave a mark of psychic pain." — Carmen Maria Machado, <em>In the Dream House</em>, 2019</p> <p style="text-align:left;"> Nuage Mycélium est la revue radiophonique de recherche-création du Laboratoire des Imaginaires. Format hybride articulant recherche académique et création artistique autour de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique et de la création sonore, elle se veut un “pulp universitaire radiophonique” qui fait dialoguer chercheur·euse·s, auteur·ice·s, artistes et amateur·ice·s passionné·e·s. Chaque émission de 2h se compose de capsules tissées par une voix off qui crée correspondances et échos entre les propositions.  </p> <p style="text-align:left;"><strong> Appel à contributions</strong></p> <p style="text-align:left;"><em> Quelle est la température d’un fantôme ?</em></p> <p style="text-align:left;">Les fascismes ne reviennent pas, ils n’ont jamais vraiment disparu. Ils se reforment, se normalisent, trouvent des tribunes, des élus, des algorithmes. Et avec eux, la même logique ancienne : désigner des corps comme jetables, des vies comme non-pleurables, des mémoires comme effaçables.</p> <p style="text-align:left;">Il y a une peur que certain·es d’entre nous portent dans le corps depuis l’enfance. Pas la même peur, pas le même bourreau, pas la même histoire. Mais une même structure : savoir qu’un nom, un corps, une couleur ou une existence peuvent devenir une cible. </p> <p> Que ça s’est déjà passé. </p> <p> Que ça se passe encore. </p> <p> Que ça pourrait recommencer.</p> <p>Comment vivre avec des morts que le monde dominant refuse de pleurer ? Comment porter des fantômes que personne d’autre ne voit ? Comment résister quand l’indicible devient censure ?</p> <p>Cette thématique s’inscrit dans la continuité des réflexions contemporaines sur les corporéités racialisées, les transidentités et les mémoires minorisées développées par les études postcoloniales, les Black studies, les Trans studies et les études décoloniales. Elle fait écho aux travaux d’Avery Gordon sur la hantise comme forme politique (Ghostly Matters, 1997), l’idée que les fantômes ne sont pas des résidus du passé mais les signes de ce qui a été violemment supprimé et qui refuse de disparaître.</p> <p>Pour ce deuxième numéro, nous proposons d'explorer la figure du corps fantôme à travers les cultures de l'imaginaire : ces existences racialisées, trans, queers, minorisées que les systèmes dominants s'efforcent de rendre spectrales avant même leur mort. La fiction spéculative, le fantastique et l'horreur sociale ne fuient pas le réel, ils le rendent visible autrement.</p> <p>En 2022, <em>Anhell69 </em>Theo Montoya filmait une génération de jeunes queers à Medellín, élevé·es pour la plupart sans père, décédés ou disparus. Certain·es jeunes mouraient pendant le tournage et le film en est devenu leur nécrologie.</p> <p>Depuis les fugitifs du marronnage jusqu'à Tony Morrison, Octavia Butler ou Michaëla Danjé, une tradition souterraine transforme la peur en mémoire, les morts en hantises qui travaillent l'avenir. Ces œuvres sont des cartographies de la peur collective projetée dans l'imaginaire pour pouvoir la regarder en face.</p> <p>La radio est elle-même un médium spectral, une voix sans corps, captée dans le noir, venue d’ailleurs. Ce que la transmission orale a traversé, génocides, esclavage, colonisations, ce n’est pas l’archive écrite, c’est la voix. Les cercles de parole, les griots, les chants codés, les langues créoles : autant de formes de survivance par l’auralité. Nuage Mycélium s’inscrit dans cet héritage.</p> <p><strong> Axes de réflexion</strong></p> <p><em> 1)  Fantômes et mémoire :</em> Hantise et trauma transgénérationnel, morts non-pleurés, archives du silence, génocides et effacement mémoriel, corps racialisés comme spectres sociaux, marronnage et résistance souterraine, retour du refoulé colonial, deuils impossibles…</p> <p><em> 2) L’imaginaire des résistances  : </em>Afrofuturisme, indigofuturisme, solarpunk décolonial, horreur sociale comme critique des systèmes d’oppression, monstres comme figures des minorités, corps trans et non-binaires dans la SF, intersectionnalité et fiction spéculative, weird et étrangeté politique…</p> <p> <em>3) L’auralité comme survivance :</em> Tradition orale et résistance, cercles d’oralité, griots et transmission, voix comme archive des corps réduits au silence, radio comme médium spectral, chants codés, langues minorisées et créoles comme actes de résistance, polyphonie comme forme politique… </p> <p>Ces axes peuvent être combinés et interrogés à travers toutes les formes des cultures de l’imaginaire : littérature, cinéma, jeux vidéo, bande dessinée, séries, musique, performance, et dans la diversité des aires géographiques et temporelles.</p> <p>—</p> <p><strong>Modalités pour les contributions radiophoniques</strong></p> <p>Nous recherchons des propositions qui embrassent l'hybridation des formats et explorent les potentialités expressives du médium radiophonique, dans l'esprit d'une accessibilité transgressive : rendre audibles des recherches pointues tout en préservant leur charge subversive, créer des "jingles théoriques" immédiatement reconnaissables.</p> <p>Toute proposition se rattachant aux sciences humaines et sociales ou aux pratiques artistiques est la bienvenue, dès lors qu'elle s'inscrit dans les cultures de l'imaginaire au sens large : science-fiction, fantasy, fantastique, horreur, mais aussi jeux vidéo, bande dessinée, cinéma, musique, podcast, arts plastiques, théâtre, toute forme où émerge dans la fiction un élément nouveau, extraordinaire ou futuriste, ou qui explore comment ces fictions se vivent, se partagent et se réapproprient collectivement.</p> <p><strong>Formats attendus</strong></p> <p>Chronique académique (3-7 min) : Analyse critique, réflexion théorique, décryptage d'œuvre, approche historique ou comparative. Plus courte qu'une communication universitaire, proche du format "Ma thèse en 180 secondes" — 7 minutes à l'oral, c'est 1000 mots.</p> <p>Création littéraire :Poème, lecture performée (5 min max)</p> <p>Nouvelle originale, théâtre radiophonique (jusqu'à 10 min)</p> <p>Entretien fragmenté (12-20 min répartis) : Proposition d'interview avec un·e invité·e (auteur·ice, chercheur·euse, artiste) accompagnée d'un conducteur</p> <p>Création sonore (1-7 min) : Musique originale, ambiance, field recording, Hörspiel, musique électroacoustique, interlude, paysage sonore, synthèse modulaire…</p> <p>Format libre : Expérimentation radiophonique, performance sonore, récit documentaire…</p> <p>—</p> <p><strong>Modalités pratiques</strong></p> <p> Propositions</p> <p><em> À l'écrit :</em></p> <p> Titre, résumé programmatique (500-1000 caractères), format choisi, prénom et bio-bibliographie (quelques lignes pour vous présenter)</p> <p><em> En audio :</em></p> <p>Vous pouvez aussi postuler directement en envoyant un fichier son — une tradition des podcasts de cabaret littéraire comme Mange Tes Mots. Un vocal, une maquette, une lecture : toute forme est bienvenue pour faire connaissance.</p> <p><em> Deadline propositions :</em> 25 mai 2026</p> <p><em> Remise des contributions finales : </em>Entre juin et juillet 2026</p> <p><em> Diffusions prévues </em>: Automne 2026</p> <p><em> Format technique </em>: wave si possible, mais toutes les qualités sont les bienvenues, du studio de streamer·euse aux vocaux enregistrés en marchant.</p> <p>—</p> <p><strong> Contact : </strong><a href="mailto:laboratoiredesimaginaires@gmail.com">laboratoiredesimaginaires@gmail.com</a> Objet : "Nuage Mycélium #2 – ICE breakers"</p> <p><strong>Langues :</strong> Français principalement, autres langues bienvenues avec sous-titrage audio dans le fichier son (en parallèle ou l’une après l’autre) ou traduction en texte dans les métadonnées.</p> <p>—</p> <p><strong> Qui peut participer ?</strong></p> <p>Chercheur·euse·s en sciences humaines et sociales, en art, en littérature, en histoire, en biologie, en physique, en recherche-création, en musicologie, en droit ou  en mécanique des fluides.</p> <p>Artistes, auteur·ice·s, créateur·ice·s sonores, amateur·ice·s passionné·e·s et autres "indiscipliné·e·s" des cultures de l'imaginaire.</p> <p><em>Le Laboratoire des Imaginaires a pour vocation d’accompagner et de valoriser les travaux de jeunes chercheur·euse·s et artistes. Nous pouvons donc offrir aide et conseils aux personnes n’ayant jamais (ou peu) produit de contenu radiophonique ou scientifique.</em></p> <p style="text-align:right;"> “Au croisement étoilé de la négritude et de la transidentité, l’accidentelle et lumineuse poésie de nos vies lancée au monde.”  — Michaëla Danjé, AfroTrans</p> <p>—</p> <p><strong>Comité éditorial et scientifique</strong></p> <p>Anaconda-Sauna Del Rio<br />Hibou-Hamac Oak Of Brocéliande<br />Tanuki-Etendoir Nanakamado<br />Chouette-Feutre Di Panti</p> <p>— </p> <p><strong> Bibliographie</strong></p> <p><em>Hantise, mémoire, politique</em><br /> Derrida, Jacques. Spectres de Marx. Galilée, 1993.<br /> Gordon, Avery F. Ghostly Matters: Haunting and the Sociological Imagination. University of Minnesota Press, 1997.<br /> Sharpe, Christina. In the Wake: On Blackness and Being. Duke University Press, 2016.<br /> Hartman, Saidiya. Lose Your Mother: A Journey Along the Atlantic Slave Route. Farrar, Straus and Giroux, 2007.<br /> Mbembe, Achille. « Nécropolitique ». Raisons politiques, n° 21, 2006, p. 29-60.<br /> Touam Bona, Dénètem. Sagesse des lianes : Marronnages et devenirs minoritaires. Post-Éditions, 2021.</p> <p><em> Diasporas, exils et mémoires</em><br /> Djavadi, Négar. Désorientale. Liana Levi, 2016.<br /> Maynard, Robyn et Simpson, Leanne Betasamosake. Rehearsals for Living. Haymarket Books, 2022.</p> <p><em> Fiction spéculative, race, résistance</em><br /> Butler, Octavia E. Kindred. Doubleday, 1979.<br /> Jemisin, N.K. La Cinquième Saison. J'ai Lu, 2017.<br /> Roch, Michael. Tè Mawon. La Volte, 2022.<br /> Machado, Carmen Maria. In the Dream House. Graywolf Press, 2019.<br /> Dillon, Grace L. (dir.). Walking the Clouds: An Anthology of Indigenous Science Fiction. University of Arizona Press, 2012.<br /> Eshun, Kodwo. « Further Considerations on Afrofuturism ». CR: The New Centennial Review, vol. 3, n° 2, 2003, p. 287-302.<br /> Womack, Ytasha L. Afrofuturism: The World of Black Sci-Fi and Fantasy Culture. Chicago Review Press, 2013.</p> <p><em> Transidentités et corps</em><br /> Preciado, Paul B. Dysphoria Mundi. Grasset, 2022.<br /> Malatino, Hil. Trans Care. University of Minnesota Press, 2020.<br /> Danjé, Michaëla (dir.). AfroTrans. Cases Rebelles, 2021.</p> <p><em> Féminismes décoloniaux et résistances autochtones</em><br /> Vergès, Françoise. Un féminisme décolonial. La Fabrique, 2019.<br /> Anzaldúa, Gloria. Borderlands / La Frontera : The New Mestiza. Aunt Lute Books, 1987.<br /> Simpson, Leanne Betasamosake. As We Have Always Done: Indigenous Freedom through Radical Resistance. University of Minnesota Press, 2017.</p> <p><em> Auralité, voix, résistance</em><br /> Glissant, Édouard. Poétique de la Relation. Gallimard, 1990.<br /> Ochoa Gautier, Ana María. Aurality: Listening and Knowledge in Nineteenth-Century Colombia. Duke University Press, 2014.<br /> LaBelle, Brandon. Acoustic Territories: Sound Culture and Everyday Life. Continuum, 2010.<br /> Sterne, Jonathan. The Audible Past: Cultural Origins of Sound Reproduction. Duke University Press, 2003.</p> <p>—</p> <p><strong> Laboratoire des Imaginaires</strong></p> <p><strong>Association de jeunes chercheur·euse·s - Rennes</strong></p>]]></content:encoded>
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      <title>Faire œuvre avec Pierre Bayard (Pau)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133588/colloque-faire-oeuvre-avec-pierre-bayard.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 07:37:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>« Faire œuvre avec Pierre Bayard » Colloque organisé par Sylvie Loignon et Loraine Toque  (UPPA, Alter UR 7504) 1er et 2 avril 2027 La recherche universitaire s’est emparée des travaux de Pierre Bayard afin d’examiner en quoi ils constituaient des outils d’analyse pertinents pour la didactique de la littérature, pour la théorie littéraire et pour les relations qu’entretiennent la littérature et la vie. En témoignent la journée d’étude organisée par Éric Hoppenot et Antony Soron en février 2023 et intitulée « Enseigner la littérature avec Pierre Bayard », et les deux colloques internationaux organisés pour l’un à l’université de Chicago par Loriane Lafont-Grave et Jacqueline Victor : « Creative Reading : Rethinking our Relationship to Art and Literature through Pierre Bayard » en octobre 2024 et, pour l’autre, par un collectif emmené par Aurélien Fouillet à l’ENSCI en décembre 2025 : « Design, narration(s) et théorie(s) littéraire(s). Au prisme de l’œuvre de Pierre Bayard ». Si le colloque « Faire œuvre avec Pierre Bayard » s’inscrit dans ces perspectives, il entend envisager les livres de Pierre Bayard non pas seulement comme des outils pour appréhender le monde, la fiction et leurs relations complexes, mais comme une œuvre à part [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>« Faire œuvre avec Pierre Bayard »</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Colloque organisé par Sylvie Loignon et Loraine Toque </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>(UPPA, Alter UR 7504)</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>1er et 2 avril 2027</strong></p> <p>La recherche universitaire s’est emparée des travaux de Pierre Bayard afin d’examiner en quoi ils constituaient des outils d’analyse pertinents pour la didactique de la littérature, pour la théorie littéraire et pour les relations qu’entretiennent la littérature et la vie. En témoignent la journée d’étude organisée par Éric Hoppenot et Antony Soron en février 2023 et intitulée « Enseigner la littérature avec Pierre Bayard », et les deux colloques internationaux organisés pour l’un à l’université de Chicago par Loriane Lafont-Grave et Jacqueline Victor : « <em>Creative Reading : Rethinking our Relationship to Art and Literature through Pierre Bayard </em>» en octobre 2024 et, pour l’autre, par un collectif emmené par Aurélien Fouillet à l’ENSCI en décembre 2025 : « Design, narration(s) et théorie(s) littéraire(s). Au prisme de l’œuvre de Pierre Bayard ».</p> <p>Si le colloque « Faire œuvre avec Pierre Bayard » s’inscrit dans ces perspectives, il entend envisager les livres de Pierre Bayard non pas seulement comme des outils pour appréhender le monde, la fiction et leurs relations complexes, mais comme une œuvre à part entière. En somme, il s’agit d’interroger la façon dont Pierre Bayard « fait œuvre ».</p> <p>Cette question de l’œuvre – nécessairement en construction – permet d’interroger le statut de l’auteur et celui du narrateur, d’en comprendre l’écart et le jeu. Comment faire œuvre en effet quand le narrateur fait preuve de désinvolture ou d’ironie à l’égard de la notion même d’œuvre ? Or, une telle interrogation suggère aussi d’analyser une énonciation qui sème le doute : « je sommes plusieurs » en quelque sorte… Ce faisant, ce statut ambigu questionne encore l’ethos auctorial et, plus largement, la posture adoptée par l’auteur, tout comme il questionne le genre dont relèvent ses livres (essai, fiction ?). Aux frontières de la théorie littéraire, de la critique et de la fiction, Pierre Bayard fait preuve d’une hybridité générique et revendique un détour par les autres arts. Dans l’ouvrage Le Détour par les autres arts : pour Marie-Claire Ropars qu’il a dirigé, Pierre Bayard propose en effet de recourir aux autres arts afin de mieux appréhender la littérature : le détour « modifie aussi profondément les œuvres entre lesquelles il les fait circuler, rendant perceptible en chacune l’inquiétude d’elle-même[1] ». Il affirme ainsi dans son article « Peut-on appliquer le cinéma à la psychanalyse ? », le pouvoir de la littérature d’affirmer la vie psychique, ce que lui envierait le cinéma.</p> <p>Faire œuvre suppose encore une cohérence dans la production, dessine les contours d’une unité qui ne semble pas si évidente de prime abord. Quelle serait alors la périodisation de la production bayardienne ? Peut-on voir des jeux d’échos d’un écrit à l’autre et selon quelle modalité : opposition, reprise, regrets et repentirs ? Faire œuvre, c’est aussi s’inscrire dans le champ littéraire, trouver une place dans un contexte éditorial et dans des courants critiques. Il s’agit ainsi d’étudier jusqu’à quel point l’œuvre de Pierre Bayard est novatrice, d’envisager la réception de ses livres, de ne pas éluder la dimension polémique de ceux-ci et de réévaluer leur place dans la critique contemporaine et plus largement dans la production littéraire d’aujourd’hui. </p> <p>Mais « faire œuvre avec Pierre Bayard » c’est aussi souligner la façon dont il mobilise la capacité de son / ses narrateur(s) à former des œuvres nouvelles à partir de textes connus, à partir de lectures supposées, à partir d’hypothèses qui vont souvent à l’encontre des lectures convenues et du « sens de l’auteur ». Pierre Bayard pose la question cruciale du sens et du contresens. Il place au cœur de ses œuvres la notion d’intertextualité et d’intertexte. Ce faisant, ses livres amènent souvent une implication du lecteur, voire sa participation active. Or, il serait intéressant d’envisager les modalités de cette participation du lecteur, d’étudier par exemple la structure inquisitoriale de certains de ses livres, dont on trouve un prolongement dans le travail de Clémentine Beauvais : <em>Pierre Bayard DéteXtive privé</em> (trois tomes parus : <em>L’Affaire Petit Prince</em>, <em>Enquête sur Peter Pan</em> et <em>Code Petite Sirène</em>). Si affleure l’éloge de la subjectivité du lecteur et de sa capacité à imaginer, le lecteur est-il cocréateur non pas seulement des œuvres dont parlent les livres de Pierre Bayard mais de ces derniers eux-mêmes ? Ne pourrait-on pas imaginer un lecteur qui prend à la lettre les textes de Bayard tant la démonstration se fait minutieuse et l’hypothèse crédible ? Jouer ou ne pas jouer le jeu…</p> <p> Si la place du lecteur et celle de l’auteur sont activement questionnées ici, on pourra aussi se demander comment les livres de Pierre Bayard, jouant donc de l’intertexte, dessinent une vision paradoxale de la littérature : elle semble participer de ce murmure indéfini dont parle Michel Foucault à propos de Flaubert : « chaque œuvre littéraire appartient au murmure indéfini de l’écrit ». Se donne alors à voir une intransitivité de la littérature, qui, se fermant sur elle-même, renvoie à une immense bibliothèque. Toutefois, à la lecture des livres de Pierre Bayard, la littérature est aussi un questionnement vif du réel : soit que la fiction anticipe la catastrophe et plus largement interfère avec la réalité (voir notamment <em>Le Titanic fera naufrage</em>), soit qu’il s’agit par la fiction d’interroger notre propre relation à nous-mêmes, aux autres, au réel et à l’Histoire, ce qui est au cœur du livre Aurais-je été résistant ou bourreau ? La littérature est donc aussi ce qui explore les questions sociales, éthiques et politiques les plus contemporaines. Apparaît alors un dernier questionnement : celui de l’actualité de l’œuvre bayardienne. Jouant sur les temporalités et les paradoxes (<em>Le Plagiat par anticipation</em>), cette œuvre fait œuvre avec son temps et à contretemps. </p> <p>—</p> <p> Les propositions de communication (500 signes espaces comprises) accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique sont à adresser conjointement à <a href="mailto:loraine.toque@univ-pau.fr">loraine.toque@univ-pau.fr</a> et <a href="mailto:sylvie.loignon@univ-pau.fr">sylvie.loignon@univ-pau.fr</a>  pour le 30 septembre 2026.</p> <p> —</p> <p><strong>Comité scientifique :</strong></p> <p>Pierre Bayard (Université Paris 8)</p> <p>Michel Braud (UPPA)</p> <p>Caroline Julliot (Université Jean Moulin Lyon 3)</p> <p>Eric Hoppenot (Sorbonne Université – Inspé)</p> <p>Sylvie Loignon (UPPA)</p> <p>Nancy Murzilli (Université Paris 8)</p> <p>Pascale Peyraga (UPPA)</p> <p>Mireille Séguy (Université Sorbonne Nouvelle)</p> <p>Loraine Toque (UPPA)</p> <p>Laurent Zimmermann (Université Paris Cité)</p> <p> </p> <p>[1] Pierre Bayard et Christian Doumet, « Avant-propos », in Pierre Bayard et Christian Doumet (dir.), <em>Le Détour par les autres arts : pour Marie-Claire Ropars</em>, Éditions L’improviste, 2004, p. 10. </p> <p><strong>NB : Les frais d'inscription au colloque s'élèvent à 50 euros. </strong></p>]]></content:encoded>
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      <title>Géographie des sentiments hostiles dans la littérature et les arts (Montréal)</title>
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      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 05:11:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Colloque international Géographie des sentiments hostiles dans la littérature et les arts Les 24-25 septembre 2026 – Université du Québec à Montréal Organisateurs : Laboratoire des Afriques Innovantes (LAFI) &amp; Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles Dans une époque marquée par des crises multiformes mettant à mal le vivre-ensemble, et se manifestant dans les négociations polarisantes entre individus et communautés, formes diverses et divergentes de sociabilités, ainsi que dans les rapports entre l’humain et son environnement, il apparaît impératif de s’attarder sur une « géographie » ponctuelle des sentiments hostiles dans la littérature et les arts en général.  Les sentiments hostiles, les affects les plus durs, les plus destructeurs ont quelque chose d’insaisissable, comme toute émotion, d’ailleurs. Les nommer, c’est déjà en faire quelque chose d’un peu trop rigide, c’est leur donner la fixité, l’immobilité d’une catégorie abstraite ; loin du désordre et de la bouillie affective dont ils sont issus. C’est que les sentiments, les affects, quels qu’ils soient, ne sont jamais simples ni entiers. Il n’y a jamais que la haine, ni quel’angoisse ; il n’y a jamais que la honte, ni que le dégoût, car l’angoisse préside à la haine, le dégoût est partie intégrante [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133608_8eaf62eb1353cac46e65162dbc7fc301.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133608_8eaf62eb1353cac46e65162dbc7fc301.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Colloque international</p> <p style="text-align:center;"><strong>Géographie des sentiments hostiles dans la littérature et les arts</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Les 24-25 septembre 2026 – Université du Québec à Montréal</strong></p> <p style="text-align:center;">Organisateurs :</p> <p style="text-align:center;">Laboratoire des Afriques Innovantes (LAFI)</p> <p style="text-align:center;">&amp; Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles</p> <p>Dans une époque marquée par des crises multiformes mettant à mal le vivre-ensemble, et se manifestant dans les négociations polarisantes entre individus et communautés, formes diverses et divergentes de sociabilités, ainsi que dans les rapports entre l’humain et son environnement, il apparaît impératif de s’attarder sur une « géographie » ponctuelle des sentiments hostiles dans la littérature et les arts en général. </p> <p>Les sentiments hostiles, les affects les plus durs, les plus destructeurs ont quelque chose d’insaisissable, comme toute émotion, d’ailleurs. Les nommer, c’est déjà en faire quelque chose d’un peu trop rigide, c’est leur donner la fixité, l’immobilité d’une catégorie abstraite ; loin du désordre et de la bouillie affective dont ils sont issus. C’est que les sentiments, les affects, quels qu’ils soient, ne sont jamais simples ni entiers. Il n’y a jamais que la haine, ni quel’angoisse ; il n’y a jamais que la honte, ni que le dégoût, car l’angoisse préside à la haine, le dégoût est partie intégrante de la honte. On peut trouver une foule d’exemples — mais il suffit d’éprouver réellement une émotion complexe — pour savoir à quel point tout ce qui s’agite en nous, tout ce qui nous agite, est essentiellement ambigu, mouvant, instable. Souvent, d’ailleurs, on ne saurait trop dire ce qui nous prend, ce qui nous fait basculer d’une émotion à une autre ; alors qu’une émotion unique, que l’on dirait formée d’un seul bloc, unidirectionnelle, en quelque sorte, passe pour peu nuancée, voire malade. Ce n’est plus alors une émotion, c’est un symptôme. Sans doute est-ce l’affaire de la psychologie ou de la philosophie d’interroger la fibre affective qui nous constitue, le ressort des passions humaines, la plasticité des affects dont l’art, la littérature parlent depuis des siècles. </p> <p>L’inconstance des affects, leur ambiguïté, mais aussi leur plasticité sont caractéristiques de la vie affective du sujet, ce qu’il éprouve, ce dont il fait l’épreuve, mais cette inconstance, cette ambiguïté, cette plasticité ne sont pas moins caractéristiques des affects lorsqu’ils sont éprouvés, exprimés et mobilisés collectivement. La « société des affects », pour reprendre l’expression de Frédéric Lordon (2013), est tout autant le lieu de cette instabilité qui les rend en partie insaisissables. S’il est vrai que le sujet de la psychologie ou de la philosophie ne sait plus toujours ce qu’il éprouve (colère, haine, peur, angoisse ; et parfois tout cela à la fois), on peut se demander si un groupe social, à petite ou à grande échelle, n’est pas plongé dans le même désarroi affectif. Ce désarroi se traduit d’ailleurs bien souvent par de réels effets ; il arrive, ainsi, qu’on ne sache plus ce qu’on doit faire parce qu’on ne sait plus ce qu’on éprouve. Or, il arrive, aussi, qu’on ne sache plus ce qu’on éprouve, parce que trop d’émotions sont prescrites, endiguées par autre chose. La question est alors éminemment politique. </p> <p>Du point de vue des communautés qui ont fait l’expérience de violences historiques (esclavage, colonisations etc.), les sentiments hostiles apparaissent comme une force travaillant en amont et en aval des dynamiques de répression et de résistance, quand elles justifient, par exemple, l’assujettissement de l’autre à partir d’une identification qui le place au bas de l’échelle des valeurs, comme le démontre toute l’histoire de la construction de la « race » ; ou en réaction à ces mécanismes d’exclusion et de rabaissement, lorsque ces violences suscitent des émotions diverses qui ne sont pas toujours de l’ordre de la haine facilement prévisible de la part de sujets victimes des régimes de violence inouïes et explosives, ou parfois insidieuses, structurelles (Johan Galtung, 1990). Bien au contraire, la théorisation des réactions des sujets colonisés ou racisés, comme le montrent Albert Memmi, Frantz Fanon, entre autres, pointe une ambivalence des attitudes et des sentiments envers le colonisateur qui varient de la haine à la honte et au mépris, non seulement de l’envahisseur, mais de soi également. Par conséquent, la géographie des sentiments hostiles (en référence non contraignante à La géographie de la colère d’Arjun Appadurai, 2007) que propose ce colloque nécessiterait à tout le moins une double exploration :</p> <p>1) Exploration d’une part des sentiments qui s’inscrivent dans une dynamique oppositionnelle a priori et appréhendés dans les figurations littéraires et artistiques en général, et que la littérature cible de manière récurrente: « Aimez-vous les Blancs », demande un procureur français à un prévenu africain accusé d’avoir usurpé la paternité d’un roman dont il est pourtant le véritable auteur (Sembène Ousmane, Le docker noir, 1956). Ici, les sentiments hostiles suivent les contours de la race et tracent des frontières à l’aide d’une palette de couleurs réduite au blanc et au noir. Au-delà de cet exemple tiré d’un classique des littératures africaines, il est possible d’observer et d’étudier dans d’autres littératures cette figuration des sentiments hostiles suivant une opposition radicale entre émotions positives et négatives.</p> <p>2) Le deuxième volet d’exploration de la géographie des sentiments hostiles est complémentaire du premier. Il s’agira d’aller vers des zones interstitielles où se logent les sentiments hostiles en se soustrayant aux catégorisations dichotomiques courantes : haine vs. amour, joie vs. peine, rires vs. pleurs. Cet examen s’attachera à rendre justice aux sentiments hostiles dans la littérature et les arts suivant leur complexité. Il inclura l’exploration par exemple de l’inaudible, de l’indicible, du silence et de toutes ces formes d’expression des émotions que l’on a tendance à ne pas voir ou entendre car justement étouffées par les cris de haine et les éclats de rire. En clair, il s’agira de poser un regard sensible à l’inconstance des affects, leur ambiguïté, mais aussi leur plasticité, là où le rire rencontre les pleurs et s’y noie dans l’oxymore parfois caractéristique de l’ambivalence des sentiments hostiles. </p> <p>Le colloque « Géographie des sentiments hostiles » s’adresse aux chercheur.e.s en littérature, dans les arts et plus largement dans les sciences humaines et sociales qui s’intéressent aux figurations et aux théorisations des émotions négatives. En parcourant les territoires littéraires et artistiques des sentiments hostiles, à petite (localement, individuellement) et à grande échelle (collectivement), il permettra de réfléchir sur les lieux symboliques et réels des tensions qui structurent les relations qu’entretiennent les sujets et les communautés. </p> <p>—</p> <p><strong>Soumission de résumés: </strong>Pour soumettre vos propositions de communications (200 - 300 mots), cliquez sur le lien suivant : <a href="https://forms.gle/4q6uN6BZizawWKDF9">https://forms.gle/4q6uN6BZizawWKDF9</a></p> <p><strong>Correspondance:</strong> Prière d’adresser toute correspondance relative au colloque à l’adresse suivante : <a href="mailto:geographiesentimentshostiles@gmail.com">geographiesentimentshostiles@gmail.com</a></p> <p>—</p> <p><strong>Calendrier de l’événement</strong> :</p> <p><strong>Date limite</strong> de soumission des propositions de communication : <strong>15 juin 2026</strong></p> <p><strong>Réponse</strong> aux auteur.e.s : <strong>19 juin 2026</strong> (si vous souhaitez une réponse avant cette date, merci de le spécifier lors de la soumission de votre proposition)</p> <p><strong>Date du colloque :</strong> Jeudi 24 - Vendredi 25 septembre 2026</p> <p><strong>Nota Bene : </strong>Le Comité d’organisation du colloque réunit les ressources pour la tenue de l’événement. Il ne dispose pas de moyens supplémentaires pour contribuer à la prise en charge des participant.e.s.</p> <p> —</p> <p><strong>Comités :</strong></p> <p><strong>Responsables du colloque :</strong></p> <p>Isaac Bazié, professeur, directeur du Laboratoire des Afriques Innovantes – LAFI, UQAM</p> <p>Alexis Lussier, professeur, directeur du Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles</p> <p><strong>Comité scientifique :</strong></p> <p>Isaac BAZIÉ, professeur, directeur du Laboratoire des Afriques Innovantes – LAFI, Département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, Canada</p> <p>Cassie BÉRARD, professeure, Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles, Département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, Canada</p> <p>Hassen BKHAIRIA, enseignant-chercheur, Institut Supérieur des Études Appliquées en Humanités de Gafsa, Tunisie</p> <p>Souleymane GANOU, maître de conférences, Laboratoire Littératures, Arts, Espaces et Sociétés (LLAES), Université Joseph KI-ZERBO, Ouagadougou, Burkina Faso</p> <p>Jalel EL GHARBI, professeur, écrivain</p> <p>Jonathan HOPE, professeur, Laboratoire des Afriques Innovantes – LAFI, Département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, Canada</p> <p>Alexis LUSSIER, professeur, directeur du Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les sentiments hostiles, Département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal, Canada</p> <p>Fatou Ghislaine SANOU, maître de conférences, Laboratoire Littératures, Arts, Espaces et Sociétés (LLAES), Université Joseph KI-ZERBO, Ouagadougou, Burkina Faso</p> <p> </p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Écrire et représenter l'expérience au XXIe s. dans le monde américano-caribéen (Univ. des Antilles)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133607/ecrire-et-representer-l-experience-au-xxie-siecle-dans-le-monde-americano-caribeen.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 04:00:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133607/ecrire-et-representer-l-experience-au-xxie-siecle-dans-le-monde-americano-caribeen.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>L’Expérience est source de maux ou de mots. Des mots qui se disent, qui s’écrivent et qui se crient, par des textes, des images, sur les réseaux sociaux ou encore des pratiques et des mouvements sociétaux. Selon la perspective sociologique, l’Expérience est porteuse de valeur subjective car elle relève d’un vécu unique et singulier qui met en marche le mécanisme de la mémoire. Elle convoque l’action, la mise en pratique ou un état de recherche qui nous positionne systématiquement dans une dynamique d’interrogations. Elle se traduit par « le fait d'acquérir, volontairement ou non, ou de développer la connaissance des êtres et des choses par leur pratique et par une confrontation plus ou moins longue de soi avec le monde » (source CNRTL). Ecrire ou représenter devient ainsi un acte nécessaire pour la transmission et le questionnement de notre conception des influences intimes ou collectives (systèmes de pensée, faits de société, entourage…) mais aussi de notre rapport à soi, au monde. Ce rapport déterminant des transformations réciproques indispensables au passage à d’autres étapes du cheminement identitaire qu’elles soient subversives, chaotiques ou fructueuses. Comme le prétend déjà le philosophe John Dewey dans son essai Démocratie et éducation : « Quand nous [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133607_0c6dda653efb0100737543a32da6e8f6.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133607_0c6dda653efb0100737543a32da6e8f6.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>L’Expérience est source de maux ou de mots. Des mots qui se disent, qui s’écrivent et qui se crient, par des textes, des images, sur les réseaux sociaux ou encore des pratiques et des mouvements sociétaux. Selon la perspective sociologique, l’Expérience est porteuse de valeur subjective car elle relève d’un vécu unique et singulier qui met en marche le mécanisme de la mémoire. Elle convoque l’action, la mise en pratique ou un état de recherche qui nous positionne systématiquement dans une dynamique d’interrogations. Elle se traduit par « le fait d'acquérir, volontairement ou non, ou de développer la connaissance des êtres et des choses par leur pratique et par une confrontation plus ou moins longue de soi avec le monde » (source CNRTL). Ecrire ou représenter devient ainsi un acte nécessaire pour la transmission et le questionnement de notre conception des influences intimes ou collectives (systèmes de pensée, faits de société, entourage…) mais aussi de notre rapport à soi, au monde. Ce rapport déterminant des transformations réciproques indispensables au passage à d’autres étapes du cheminement identitaire qu’elles soient subversives, chaotiques ou fructueuses. Comme le prétend déjà le philosophe John Dewey dans son essai Démocratie et éducation : « Quand nous faisons l’expérience d’une chose, nous agissons sur elle, nous faisons quelque chose avec elle ; puis nous en subissons les conséquences.  Nous faisons quelque chose à la chose qui, à son tour, nous fait ensuite quelque chose : c’est en cela que consiste cette combinaison particulière.  La fécondité, la valeur de l’expérience se mesure à la manière dont ces deux phases sont liées. L’activité pour l’activité ne constitue pas l’expérience » (Ed. Armand Colin, 2022, p.235). </p> <p>Dans une approche interdisciplinaire, ce colloque prétend impulser une réflexion sur la problématique de l’Expérience à partir des nouveaux discours, des nouvelles tendances idéologiques qui émanent de l’espace américano-caribéen. Il vise à comprendre comment l'expérience humaine – vécue, imaginée ou réinventée – nourrit et transforme l'acte littéraire. Protéiforme, l’Expérience porte une dimension créative et émotionnelle, inscrivant l'individu dans des intrigues inédites. De plus, la question de la transmission des premiers discours postcoloniaux, voire décoloniaux, s’impose dans les pratiques littéraires, artistiques, sociétales, des hommes et des femmes du XXIe siècle qui doivent relever de nouveaux défis. Cette démarche, nourrie par l’expérience, passe bien souvent ici par la remise en question, le dépassement de ces discours pour faire émerger des paradigmes en phase avec les transformations du monde actuel. </p> <p>Il conviendra dès lors d’ouvrir la discussion sur des études émanant des sciences humaines (littérature, arts, sociologie, philosophie et anthropologie) qui abordent des sujets tels que :  l’Afrofuturisme (genre littéraire et artistique où héritage africain et technologies se rencontrent), la contrecolonialité (Contra colonialidad de Antônio Bispo dos Santos o Negô Bispo), l’expression du « savoir-faire », l’art du « faire-savoir », l’expérience du numérique, l’expérience des femmes ou encore l’activisme comme expérience de la déconstruction et de la transgression des discours canoniques de la décolonialité. Comment l’écrivain ou l’artiste américano-caribéen exprime-t-il l’Expérience qui s’observe sous différentes pratiques : engagement social et idéologique, action activiste, vécu intimiste ? Comment parvient-il à restituer ses observations et à inviter le lecteur/spectateur à y prendre part ?  Quelles sont les nouvelles voix qui émergent du monde américano-caribéen et contribuent au concert des nations à l’aune du XXIe siècle ?</p> <p><strong>Axe 1 : Exploitation de nouveaux terrains esthétiques d’émancipation et d’expérimentation : Afrofuturisme, contracolonialidad (contrecolonialité)</strong></p> <p>Comment ces concepts sont-ils mis en pratique dans la littérature et l’art américano-caribéen ? Dans quelle mesure les écrivains et artistes afro-caribéens réinvestissent-ils les thèmes afrofuturistes pour questionner l'héritage esclavagiste et les devenirs hybrides de cet espace ? En quoi la contracolonialidad, née de l'Expérience et de l'Expérimentation communautaires, propose-t-elle des postulats inédits pour déconstruire les fondements du monde colonial occidental ? Quels impacts les postulats expérimentaux de l’afrofuturisme et de la contracolonialidad exercent-ils sur la construction des identités ?</p> <p><strong>Axe 2 : Féminismes et résistance dans les Amériques d’aujourd’hui</strong></p> <p>Comment les luttes féministes convergent-elles pour repenser une société post-patriarcale et décoloniale ?</p> <p>Dans la sphère latinoaméricaine, la pensée de Maria Lugones qui émerge dans la dynamique impulsée par les penseurs du groupe Modernité /Colonialité, invite à repenser l’activisme et l’expérience américano-Caraïbe au féminin. Ainsi, comment cette réinvention de l'expérience féminine au-delà des cadres hégémoniques occidentaux est-elle traduite dans les œuvres ?</p> <p>De même, l’« escrevivência » de Conceiçao Evaristo, nous arrive du Brésil pour apporter une vision innovatrice de l’expérience de l’écriture et de la lecture. Par quels moyens ce concept transcende-t-il les traditions littéraires occidentales pour exprimer les vécus marginalisés des femmes en contexte colonial persistant ? </p> <p><strong>Axe 3 : L’Activisme ou l’expérience de la déconstruction</strong></p> <p>Comment les actions des associations dans la sphère sociale ou culturelle nourrissent-elles les réflexions esthétiques, anthropologiques et sociologiques sur les dynamiques des sociétés américano-caribéennes actuelles ? L'expérience communautaire nourrit-elle une écriture capable de subvertir les hégémonies narratives occidentales ? Comment littérature et art dialoguent-ils dans l'activisme décolonial pour amplifier l'expérience collective face aux crises inhérentes à cet espace ?</p> <p><strong>Axe 4 : Ecrire et représenter le savoir-faire : symbole de résistance ?</strong></p> <p> La transmission du savoir-faire et des métiers dans la littérature et les arts américano-caribéens interroge-t-elle les héritages culturels face aux disruptions historiques et migratoires ? Comment les tensions générationnelles y sont-elles abordées ? Quelles sont les différentes représentations du savoir-faire dans les œuvres ? Dans quelle mesure l’évocation du savoir-faire traverse-t-elle des enjeux identitaires face aux héritages traumatiques et aux hybridations culturelles ? </p> <p>—</p> <p><strong>Modalités de soumission</strong> :  </p> <p>Les propositions de communication en français, anglais ou espagnol sont à envoyer à l’adresse suivante : <a href="mailto:">je.experience2026@gmail.com</a>"&gt;<a href="mailto:je.experience2026@gmail.com">je.experience2026@gmail.com</a>.  Elles comporteront : le titre de la communication, un résumé de 350 mots maximum et une brève notice biobibliographique précisant l’affiliation institutionnelle.  </p> <p>Date limite des propositions : 30 mai 2026</p> <p>Réponse du comité scientifique : 30 juin 2026</p> <p>—</p> <p><strong>Bibliographie :</strong></p> <p>Dewey, John. Démocratie et éducation. Paris : Armand Colin, 2022 (édition citée dans votre texte, p. 235). </p> <p>Guine, Anouk et Carvalheira de Maupeou, Émanuèle (dir.). Artivismes : Femmes et féminismes décoloniaux. Le Havre, GRIC, 2023. </p> <p>Schütz, Alfred. Expériences vécues et expérience scientifique. Paris : Méridiens Klincksieck, 2010. </p> <p>Glissant, Édouard. Poétique de la Relation. Paris : Gallimard, 1990. </p> <p>Chamoiseau, Patrick. Écrire en pays dominé. Paris : Gallimard, 1997.</p> <p>Mignolo, Walter D. The Darker Side of Western Modernity: Global Futures, Decolonial Options. Durham : Duke University Press, 2011 (trad. fr. : La face obscure de la modernité, 2015). </p> <p>Evaristo, Conceição. Insubmissas lágrimas de mulheres. Trad. fr. : Insoumises. Paris : Anacaona, 2018. </p> <p>Bhabha, Homi K. Les lieux de la culture. Paris : Payot, 2015 (éd. augm.). </p> <p>Bispo dos Santos, Antônio (Negô Bispo). Contra colonialidad. São Paulo : Editora UFSCar, 2020. </p> <p>Anderson, Reynaldo Jr., et Charles E. Jones (dir.). Afrofuturism 2.0: The Rise of Astroblackness. Lanham : Lexington Books, 2016. </p> <p>Okorafor, Nnedi. Who Fears Death [roman afrofuturiste]. New York : DAW Books, 2010 (trad. fr. : La mort ne veut pas de moi, 2018). </p> <p>Certeau, Michel de. L'invention du quotidien, t. 1 : Arts de faire. Paris : Gallimard, 1980 (rééd. 2020). </p> <p>Rofé, Laurence (dir.). Femmes et numérique : expériences et devenirs. Paris : L'Harmattan, 2022. </p> <p>Sharpe, Christina. In the Wake: On Blackness and Being. Durham : Duke University Press, 2016 (trad. fr. : Dans le sillage, 2021). </p> <p>Wynter, Sylvia. On Being Human as Praxis. Kingston : Savacou Publications, 2015 (rééd.). </p> <p>—</p> <p><strong>Comité scientifique :</strong></p> <p>DAULER Clara (Université des Antilles)</p> <p>SAINT-HILAIRE Clarissa (Université des Antilles)</p> <p>CASSIN-CARVIGAN Laura (Université des Antilles)</p> <p>PROVINZANO AMARAL Henrique (Université Fédérale de Juiz de Fora – Brésil)</p> <p>BARRIO Alejandra (Université des Antilles)</p> <p>ARTHERON Axel (Université des Antilles)</p> <p>DANGLADES Mylène (Université de la Guyane)</p> <p>JNO BAPTISTE Bruce (Université des Antilles)</p> <p>MACKENBACK Werner (Université du Costa-Rica)</p>]]></content:encoded>
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      <title>Fiction &amp; sciences Sociales II (Montpellier)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133602/fiction-amp-sciences-sociales-ii.html</link>
      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 01:52:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Ce colloque s’inscrit dans le prolongement direct de la rencontre « Fiction &amp; Sciences Sociales » organisée en mai 2024, consacrée aux articulations contemporaines entre les régimes de la fiction et les méthodologies des sciences sociales. Les échanges engagés à cette occasion ont permis d’approfondir des réflexions déjà anciennes sur les rapports de concurrence, de tension, mais aussi de complémentarité entre écriture savante et écriture fictionnelle, en accordant une attention particulière à des pratiques émergentes telles que l’enquête fictionnelle. L’enjeu central consistait à analyser comment l’hybridation entre les registres documentaire et fictionnel déplace les manières d’enquêter, d’écrire et de restituer les résultats de la recherche. L'édition de 2024 a ainsi mis en lumière l’émergence d’une véritable « communauté de langage », fédérant chercheurs, écrivains et artistes autour de problématiques partagées. Il en est ressorti que la fiction ne saurait être réduite à un simple ornement esthétique ; elle constitue un outil cognitif puissant permettant d'explorer le réel autrement. À travers une réflexion sur les « écritures alternatives » (BD, récits littéraires, formes hybrides), nous avons également interrogé la légitimité académique de ces pratiques, capables de rendre visibles des pans du social souvent difficilement accessible par les méthodes classiques. In fine, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133602_05169c69970ec8b1bcd0c494b3650700.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133602_05169c69970ec8b1bcd0c494b3650700.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Ce colloque s’inscrit dans le prolongement direct de la rencontre « Fiction &amp; Sciences Sociales » organisée en mai 2024, consacrée aux articulations contemporaines entre les régimes de la fiction et les méthodologies des sciences sociales. Les échanges engagés à cette occasion ont permis d’approfondir des réflexions déjà anciennes sur les rapports de concurrence, de tension, mais aussi de complémentarité entre écriture savante et écriture fictionnelle, en accordant une attention particulière à des pratiques émergentes telles que l’enquête fictionnelle. L’enjeu central consistait à analyser comment l’hybridation entre les registres documentaire et fictionnel déplace les manières d’enquêter, d’écrire et de restituer les résultats de la recherche.</p> <p>L'édition de 2024 a ainsi mis en lumière l’émergence d’une véritable « communauté de langage », fédérant chercheurs, écrivains et artistes autour de problématiques partagées. Il en est ressorti que la fiction ne saurait être réduite à un simple ornement esthétique ; elle constitue un outil cognitif puissant permettant d'explorer le réel autrement. À travers une réflexion sur les « écritures alternatives » (BD, récits littéraires, formes hybrides), nous avons également interrogé la légitimité académique de ces pratiques, capables de rendre visibles des pans du social souvent difficilement accessible par les méthodes classiques. In fine, ces travaux, qui feront l’objet d’un ouvrage collectif aux Éditions Effigi, dans la collection In Situ (juin 2026), ont posé les jalons d’un dialogue renouvelé où la fiction devient un laboratoire pour repenser les frontières de la connaissance sociologique, anthropologique et historique.</p> <p>Le colloque « Fiction &amp; Sciences Sociales II », qui se tiendra les 25 et 26 juin 2026 à Montpellier, sera l’occasion de prolonger ce sillon en mettant à l’honneur des cas concrets d’enquêtes fictionnelles, tout en interrogeant leurs usages, leurs conditions de possibilité, leurs formes de diffusion et leurs effets. Ce second volet accordera également une attention particulière à la diversification des écritures alternatives, aux nouveaux espaces de publication qu’offre l’ère numérique, ainsi qu’aux propositions d’ateliers thématiques, de conférences-performées, afin de faire émerger des formats d’échanges collaboratifs en lien avec les enjeux du colloque.</p> <p><strong>Problématique générale</strong></p> <p>En France, les travaux d’Éric Chauvier occupent une place décisive dans la réflexion contemporaine sur les rapports entre fiction et sciences sociales. Ils invitent à ne plus penser la fiction comme un simple supplément littéraire venant après l’enquête, mais comme l’une des modalités mêmes par lesquelles l’enquête peut s’écrire, se déplacer et produire de l’intelligibilité. Dans cette perspective, l’enquête n’est pas seulement exposée dans une forme narrative : elle peut être, en certains cas, fictionnelle dans son mode de déploiement, sans pour autant renoncer à ses exigences de rigueur, d’attention au réel et de démonstration. De Anthropologie à Somaland, de Plexiglas mon amour à Laura, Chauvier a contribué à ouvrir un espace de travail dans lequel la fiction n’apparaît plus comme l’envers de l’enquête, mais comme l’un de ses possibles prolongements, notamment lorsqu’il s’agit de saisir des expériences, des expériences de trouble dans le langage, des zones d’incertitude ou des formes de vie qui résistent aux formats académiques les plus stabilisés. En ce sens, l’enquête fictionnelle ne relève ni d’une simple licence littéraire, ni d’un abandon du réel : elle constitue une manière de travailler les limites de l’enquête, d’habiter ses points d’aveuglement, et d’explorer ses puissances descriptives et critiques. Cette réflexion entre en résonance avec les travaux de James Clifford, George E. Marcus, Clifford Geertz, Kirin Narayan, Ivan Jablonka ou encore Marc-Henry Soulet, qui ont chacun contribué, dans des cadres différents, à penser les enjeux d’écriture, de réflexivité, d’autorité, de narration et de restitution dans les sciences sociales. Le colloque souhaite ainsi offrir un espace de discussion autour des usages heuristiques, méthodologiques, épistémologiques, politiques, religieux et publics de la fiction dans les sciences sociales. </p> <p>Afin de structurer cette réflexion, le colloque propose trois axes de discussion. Le premier interrogera les usages de l’enquête fictionnelle dans la production de connaissance et les déplacements qu’elle introduit dans les manières d’écrire, de décrire et de restituer le réel. Le deuxième examinera les conditions de publication, de légitimation et de circulation institutionnelle de ces formes d’écriture encore souvent périphériques dans l’espace académique. Le troisième, enfin, portera sur les usages publics de la fiction dans la médiation des sciences sociales, ainsi que sur les formes de collaboration qu’elle rend possibles entre chercheurs, artistes et professionnels de la diffusion culturelle. </p> <p>—</p> <p><strong>Axe 1. Enquête fictionnelle, écriture et production de connaissance</strong></p> <p>On peut explorer l’articulation fiction et sciences sociales de plusieurs manières. Certains travaux insistent sur les ressources de la littérature non fictionnelle pour renforcer la réflexivité, la description et la portée analytique des sciences sociales. D’autres, dans le sillage de Clifford ou de Geertz, invitent à penser l’écriture de l’enquête comme une opération de mise en forme, de composition et de construction narrative, sans que cela la réduise pour autant à une fabulation mensongère.</p> <p>Le colloque de 2024 invitait ainsi à dépasser l'opposition classique entre vérité scientifique et construction narrative afin d’envisager la fiction comme un mode de connaissance légitime. Au-delà du débat sur la véracité des récits, il s'agissait d'analyser les gains heuristiques de l' « enquête fictionnelle » (Soulet, 2022), entendue comme un dispositif permettant de pousser l’investigation au-delà de la stricte factualité pour mieux saisir l’expérience concrète là où les méthodes les plus classiques s’essoufflent. Dans cette perspective, la fiction peut devenir, chez Chauvier, une nécessité pragmatique pour affronter des espaces de non-savoir, pour travailler l’incertitude, pour exemplifier des situations, ou encore pour approcher ce qui demeure difficilement dicible dans le monde social. D'autres chercheurs ont recours à des dispositifs voisins pour contourner les résistances du terrain (Milhé, 2020 ; Jounin, 2021) restituer des expériences sensibles ou prolonger le travail empirique sous des formes moins conventionnelles. L’enjeu de cet axe sera donc de discuter ce que de telles démarches impliquent en termes de stratégies d’écriture, de rapport au matériau, de mise en scène des personnages, de statut de la preuve, de réception et de validité scientifique.</p> <p>Les propositions pourront notamment porter sur :</p> <p>- les formes contemporaines de l’enquête fictionnelle ;</p> <p>- les usages empiriques de la fiction dans l’enquête ;</p> <p>- les gains heuristiques de la narration fictionnelle ;</p> <p>- les rapports entre fiction, vérité, vraisemblance et démonstration ;</p> <p>- les usages de la fiction pour restituer des expériences difficiles à documenter ;</p> <p>- les implications éthiques et méthodologiques de ces dispositifs.</p> <p>—</p> <p><strong>Axe 2. Publier des enquêtes fictionnelles : espaces éditoriaux, légitimités, circulations</strong></p> <p>Si les écritures fictionnelles ou hybrides occupent désormais une place plus visible dans les sciences sociales, leurs formes s’accordent encore difficilement avec les procédures ordinaires de validation académique. Les normes de présentation, d’évaluation et de valorisation de la recherche demeurent en effet largement structurées par des formats stabilisés, souvent peu propices à la reconnaissance de récits expérimentaux, d’écritures non calibrées ou d’objets éditoriaux hybrides.</p> <p>Ce second axe entend approfondir une dimension encore en friche dans les discussions engagées en 2024 : celle de l’ancrage éditorial et institutionnel de ces travaux. Écrire à rebours des genres dominants, s’affranchir des formats attendus ou déplacer les frontières entre recherche, récit et création revient souvent à proposer un autre partage du sensible, mais aussi à affronterdes contraintes spécifiques : difficultés d’évaluation, incertitudes quant aux lieux de publication, tensions avec les normes de carrière, fragilité institutionnelle de certaines productions. L’existence de la collection In Situ, aux Éditions Effigi, qui accueillera l’ouvrage issu du colloque de 2024, témoigne de cette volonté d’ouvrir des espaces de publication pour les récits d’enquête et les écritures alternatives. Mais quelles sont les autres voies éditoriales possibles ? Quels rôles jouent les maisons d’édition, les revues, les plateformes numériques, les collections transversales, les structures artistiques ou culturelles dans la diffusion de ces travaux ? Quelles formes de reconnaissance — ou de marginalisation — accompagnent ces choix d’écriture ?</p> <p>Les propositions pourront notamment interroger :</p> <p>- les conditions de publication des enquêtes fictionnelles ;</p> <p>- les rapports entre innovation formelle et légitimité scientifique ;</p> <p>- les effets institutionnels, professionnels et symboliques de ces choix d’écriture ;</p> <p>- les politiques éditoriales favorables aux écritures hybrides ;</p> <p>- les expériences concrètes de publication, de réception et de diffusion.</p> <p> —</p> <p><strong>Axe 3. Fiction, médiations et diffusion publique des sciences sociales</strong></p> <p>Cet axe interroge les usages de la fiction dans la diffusion des sciences sociales auprès de publics non académiques. Qu’il s’agisse de sociologie, d’anthropologie ou d’histoire, la mise en récit peut constituer un puissant vecteur de médiation. Lors du colloque de mai 2024, la bande dessinée a occupé une place importante dans les échanges. Or d’autres formes de valorisation méritent d’être davantage explorées : théâtre, cinéma, création sonore, exposition, performance, dispositifs numériques, podcasts, écritures visuelles ou scéniques.</p> <p>Il s’agira ici de réfléchir aux formes par lesquelles les sciences sociales circulent hors de l’espace académique, en empruntant parfois les codes de la fiction ou du récit sensible. Le colloque permettra ainsi d’analyser les modalités concrètes de collaboration entre chercheurs et artistes, entre chercheurs et professionnels du théâtre, du cinéma, de l’édition, des musées ou de l’audiovisuel. Au-delà de la démarche créative, l’enjeu sera aussi de comprendre les montages institutionnels, les modèles économiques, les contraintes matérielles et les formes de réception publique qui rendent possibles ces productions hybrides. </p> <p>Les propositions pourront porter sur :</p> <p>- les usages de la fiction dans la vulgarisation et la médiation scientifique ;</p> <p>- les collaborations entre chercheurs et artistes ;</p> <p>- les formes scéniques, visuelles, sonores ou éditoriales de diffusion de la recherche ;</p> <p>- les conditions institutionnelles et économiques de ces projets ;</p> <p>- les effets de ces médiations sur l’écriture même de la recherche.</p> <p>—</p> <p><strong>Consignes</strong></p> <p>Les communications orales se feront en français. Chaque intervention disposera de 20 minutes, suivies de 10 minutes de discussion.</p> <p>Les propositions devront comporter :</p> <p>- le titre de la communication ;</p> <p>- le nom du ou des auteurs ;</p> <p>- l’affiliation institutionnelle ;</p> <p>- une adresse électronique ;</p> <p>- un résumé de 300 mots maximum ;- 5 mots-clés précisant les thèmes et les champs scientifiques concernés ;</p> <p>- le cas échéant, l’indication de l’axe dans lequel s’inscrit la proposition.</p> <p>—</p> <p>Les propositions de communication sont à envoyer avant le 25 mai 2026 aux adresses électroniques suivantes : </p> <p><a href="mailto:eric.perera@umontpellier.fr">eric.perera@umontpellier.fr</a> ; <a href="mailto:yann.beldame@free.fr">yann.beldame@free.fr</a></p> <p>Informations : <a href="https://santesih.edu.umontpellier.fr/congres/">https://santesih.edu.umontpellier.fr/congres/</a></p> <p></p> <p><br /> </p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire : représentations littéraires de la Grèce antique dans sa matérialité, XIVe-XIXe s. (École française d’Athènes )</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133564/colloque-international-coorganise-avec-l-ecole-francaise-d-athenes-de-l-imaginaire-aux.html</link>
      <pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:31:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133564/colloque-international-coorganise-avec-l-ecole-francaise-d-athenes-de-l-imaginaire-aux.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>ERC Advanced Grant AGRELITA The Reception of Ancient Greece in pre-modern French Literature and Illustrations of Manuscripts and Printed Books (1320-1550) : How invented memories shaped the identity of European communities Direction : Catherine Gaullier-Bougassas https://agrelita.hypotheses.org/  The AGRELITA project was launched on October 1st, 2021. It is a 6-year project (2021-2027), which has received funding from the European Research Council (ERC) under the European Union’s Horizon 2020 research and innovation program (grant agreement No 101018777). —  Colloque international coorganisé  avec l’École française d’Athènes De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire : représentations littéraires de la Grèce antique dans sa matérialité (xive-xixe siècle) 25-26 février 2027 à l’École française d’Athènes Ce colloque se propose d’explorer les représentations des réalités matérielles de la Grèce antique dans les œuvres littéraires écrites entre le xive et le xixe siècle et d’étudier la manière dont les auteurs se sont forgé des images de la Grèce ancienne à partir de sa matérialité telle qu’ils se l’approprient et l’intègrent dans des textes divers. Son objectif est d’analyser comment la matérialité de la Grèce antique (monuments, édifices, ruines, œuvres d’art, objets, vêtements…) a été imaginée ou reproduite, reconstituée, réinterprétée et à nouveau fantasmée, avant et après les [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133564_added85c069836ac9fcff8bf3cc46751.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133564_added85c069836ac9fcff8bf3cc46751.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">ERC Advanced Grant AGRELITA</p> <p style="text-align:center;"><strong>The Reception of Ancient Greece in pre-modern French Literature and Illustrations of Manuscripts and Printed Books (1320-1550) : </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>How invented memories shaped the identity of European communities</strong></p> <p style="text-align:center;">Direction : Catherine Gaullier-Bougassas</p> <p style="text-align:center;"><strong><a href="https://agrelita.hypotheses.org/">https://agrelita.hypotheses.org/</a></strong><strong> </strong></p> <p style="text-align:center;"><em>The AGRELITA project was launched on October 1st, 2021. It is a 6-year project (2021-2027), which has received funding from the European Research Council (ERC) under the European Union’s Horizon 2020 research and innovation program (grant agreement No 101018777).</em></p> <p style="text-align:center;"><strong>— </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Colloque international coorganisé </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>avec l’École française d’Athènes</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire : </strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>représentations littéraires de la Grèce antique dans sa matérialité (xive-xixe siècle)</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>25-26 février 2027 à l’École française d’Athènes</strong></p> <p>Ce colloque se propose d’explorer les représentations des réalités matérielles de la Grèce antique dans les œuvres littéraires écrites entre le xive et le xixe siècle et d’étudier la manière dont les auteurs se sont forgé des images de la Grèce ancienne à partir de sa matérialité telle qu’ils se l’approprient et l’intègrent dans des textes divers. Son objectif est d’analyser comment la matérialité de la Grèce antique (monuments, édifices, ruines, œuvres d’art, objets, vêtements…) a été imaginée ou reproduite, reconstituée, réinterprétée et à nouveau fantasmée, avant et après les découvertes de vestiges matériels lors de voyages, d’explorations et de fouilles archéologiques. Il porte ainsi sur les alternances et surtout les interactions entre d’une part les constructions de l’imaginaire et de la pensée, et de l’autre les vestiges matériels de la Grèce ancienne découverts au fil des siècles, dont les œuvres proposent des reflets littéraires.</p> <p>Nous envisageons volontairement le corpus des textes littéraires dans son extension la plus large, celle qui prévaut durant la majorité des siècles considérés : romans, poésies, textes historiques, récits de voyage, littérature antiquaire, littérature d’art et d’architecture, traités archéologiques, récits de missions archéologiques, textes didactiques… Il s’agira de croiser les analyses sur des formes d’écriture souvent séparées. L’attention sera portée sur les textes et aussi les images visuelles susceptibles de les accompagner, qui mettent en scène des vestiges matériels associés à la Grèce antique, mais également les pratiques qui leur sont liées (politiques, artistiques, religieuses, funéraires, etc.).</p> <p>Les réalités matérielles que les auteurs figurent relèvent parfois en effet de la seule création de l’imaginaire. Nous pensons ici particulièrement à des textes du xive siècle et du début du xve siècle, mais pas seulement. Elles sont plus souvent le reflet et la réélaboration de realia grecques ou identifiées comme telles : reproduction, transformation, projection de l’imaginaire et/ou de cadres de pensée se mêlent alors. Les auteurs des textes envisagés ont parfois eu un accès direct aux realia grecques qu’ils représentent – des voyageurs, des antiquaires, des archéologues… – et/ou écrivent à partir de sources médiatrices diverses et de leur propre vision de la Grèce. Leur pensée et leur imaginaire ont pu conditionner la représentation et l’interprétation de cette matérialité découverte directement ou indirectement, jusqu’à la réinventer. Quels éléments de la matérialité de la Grèce ancienne intéressent les auteurs au fil des siècles, avec quels modes de figuration et pour quelles finalités ? Comment s’articulent différentes représentations de la matérialité de la Grèce antique d’une époque à l’autre, à une même époque et parfois dans une même œuvre ? Comment la réception de cette matérialité change-t-elle aussi d’un espace culturel à l’autre ? </p> <p>De l’engouement pour la Grèce antique qui se développe à partir du xive siècle, jusqu’à la naissance de l’archéologie moderne au xixe siècle, ce sont toutes ces matérialités fantasmées de la Grèce ancienne dans des textes littéraires que ce colloque souhaite explorer. Il a pour dessein de retracer l’évolution du regard que des auteurs très nombreux ont porté sur les vestiges matériels de la Grèce, et celle de leurs représentations, c’est-à-dire de leurs modes d’appropriation. À ce titre, la remise en contexte des ouvrages étudiés nous paraît essentielle pour mieux appréhender les enjeux (esthétiques, politiques, identitaires, etc.) qui sous-tendent ces représentations.</p> <p>Les propositions sont à adresser (titre et résumé de 200-300 mots, bref cv) avant le 15 mai 2026 à Catherine Gaullier-Bougassas et à Lorène Bellanger aux adresses suivantes :</p> <p>·       <a href="mailto:catherine.gaullier-bougassas@unicaen.fr">catherine.gaullier-bougassas@unicaen.fr</a></p> <p>·       <a href="mailto:lorene.bellanger@unicaen.fr">lorene.bellanger@unicaen.fr</a></p> <p>Les propositions pourront être présentées en français ou en anglais.</p> <p>Pour assurer une publication avant la fin du projet ERC, nous demandons aux auteurs de nous envoyer leur texte avant le 23 décembre 2026. Des modifications pourront être apportées après le colloque.</p> <p>Les articles issus des contributions seront publiés chez Brepols dans la collection « Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité » :</p> <p> <a href="http://www.brepols.net/Pages/Browse">http://www.brepols.net/Pages/Browse</a> BySeries.aspx?TreeSeries=RRA. </p>]]></content:encoded>
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      <title>Le canon en question : centre(s) et marge(s) en littérature et en sciences du langage (Gênes)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133562/le-canon-en-question-centre-s-et-marge-s-en-litterature-genes.html</link>
      <pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[vincent.ferre@sorbonne-nouvelle.fr (Vincent Ferré)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Congrès annuel SUSLLF 2026 jeunes chercheur·e·s   Le canon en question : centre(s) et marge(s) en littérature et en sciences du langage  Université de Gênes, 10 et 11 septembre 2026  - appel pour le 1er mai Impulsées par le monde anglo-saxon depuis la seconde moitié du XXe siècle, les réflexions à l’œuvre sur les mécanismes de construction des canons, et, parfois, sur la nécessité de proposer des « contre-canons », infusent aussi bien dans la société civile – voir le mouvement populaire de déboulonnage des statues dans les années 2020 – que dans les méthodes et thématiques du monde académique, linguistique et littéraire. Les recherches se sont multipliées depuis une dizaine d’années sur les hiérarchies littéraires et le canon, entendu comme ensemble figé de textes ayant une valeur littéraire, pour interroger les instances de prescription de la valeur littéraire (Académie, concours littéraires, institution scolaire, université, etc.), ainsi que les fondements idéologiques et identitaires du canon français. La recherche francophone rattrape ainsi son retard sur ce plan par rapport au voisin allemand, chez qui les réflexions sur les « classiques » datent des années 2000. Depuis 2012, le CRLC (Centre de recherches en littératures comparées) est moteur des interrogations sur les [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133562_52cacf4da09aff2277c33d467075a1d4.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133562_52cacf4da09aff2277c33d467075a1d4.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>Congrès annuel SUSLLF 2026 jeunes chercheur·e·s  </strong></p> <p style="text-align:center;"><br /><em><strong>Le canon en question : centre(s) et marge(s) en littérature et en sciences du langage</strong></em></p> <p style="text-align:center;"><strong> </strong><br /><strong>Université de Gênes, 10 et 11 septembre 2026  - appel pour le 1er mai</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong></strong></p> <p>Impulsées par le monde anglo-saxon depuis la seconde moitié du XXe siècle, les réflexions à l’œuvre sur les mécanismes de construction des canons, et, parfois, sur la nécessité de proposer des « contre-canons », infusent aussi bien dans la société civile – voir le mouvement populaire de déboulonnage des statues dans les années 2020 – que dans les méthodes et thématiques du monde académique, linguistique et littéraire.</p> <p>Les recherches se sont multipliées depuis une dizaine d’années sur les hiérarchies littéraires et le canon, entendu comme ensemble figé de textes ayant une valeur littéraire, pour interroger les instances de prescription de la valeur littéraire (Académie, concours littéraires, institution scolaire, université, etc.), ainsi que les fondements idéologiques et identitaires du canon français. La recherche francophone rattrape ainsi son retard sur ce plan par rapport au voisin allemand, chez qui les réflexions sur les « classiques » datent des années 2000. Depuis 2012, le CRLC (Centre de recherches en littératures comparées) est moteur des interrogations sur les constructions et déconstructions du canon littéraire.  </p> <p>L’année 2025-2026 est particulièrement riche sur ces questions : les recherches menées depuis une décennie voient l’arrivée à maturité de certaines thématiques, qui justifient des rencontres de grande ampleur : à Paris-Sorbonne, un colloque conclusif de deux années de travaux a réuni des spécialistes du monde entier en juin 2025, autour du splendide titre « Feu sur le canon ! ». À Nantes, en octobre, le réseau « Patrimonialitté » a organisé un nouveau volet de ses travaux, sur le canon transnational. Enfin, la SELF XX-XXI dédie son congrès annuel aux « Dynamiques du canon littéraire aux XXe et XXIe siècles ».  </p> <p>Pour ce qui est des sciences du langage, la notion de « canon » peut certainement être rattachée à la problématique de la norme linguistique ; cependant, on pourrait également emprunter un autre chemin interprétatif, et envisager le canon sous un angle nouveau. Si le terme « canon » évoque d’emblée une liste plus ou moins cristallisée d’auteurs incontournables ou d’œuvres modèles — selon la définition classique de l’Académie française —, il peut tout aussi bien s’appliquer à un ensemble de pratiques disciplinaires. Dans ce cas, la définition et même l’utilisation de ce mot suscitent des questionnements. Qu’est-ce que justement « le canon » ou même « un canon » en sciences du langage ? Cette interrogation a été justement au centre de nombreuses initiatives se penchant sur la circulation des notions, des théories et des méthodes issues des réseaux notamment français, et sur leur adaptation dans de nouveaux écosystèmes disciplinaires. Dans le seul domaine de l’analyse du discours, on peut citer le volume Partage des savoirs et influence culturelle : l’analyse du discours « à la française » hors de France (2019), dirigé par Rachele Raus ; le numéro de Synergies Italie consacré à « La réception de l’analyse du discours de l’école française en Italie. Parcours croisés » (2024), sous la direction de Lorella Sini et de Francesca Bisiani ; ou encore les journées d’étude internationales « Retour sur l’analyse du discours ‘de l’école française’ des origines : déconstruction, engagement et positionnements » (29-30 mai 2025, Bari), organisées par Alida M. Silletti.  </p> <p>Ce foisonnement d’ouvrages et de rencontres scientifiques témoigne d’une urgence à revenir continuellement sur les pratiques disciplinaires, à les interroger et à les renouveler. Ce même intérêt se retrouve chez les études littéraires. Si la prédominance historique de certaines approches est facile à identifier, plus rares sont cependant les tentatives de réflexion épistémologique d’une discipline dont l’intitulé même semble la confondre avec son sujet, au contraire d’autres traditions académiques, comme en Allemagne, où on distingue la « littérature » de la « science de la littérature ». On peut malgré tout identifier des initiatives récentes, comme le colloque « Comment lisons-nous ? Mutations des pratiques académiques en critique et théorie littéraires » qui s’est tenu à Saint-Étienne en 2024, ou, pour le domaine italien, le cycle de quatre rencontres intitulé Tradizione e contestazione, sous la direction de Giovanna Angeli, dont le dernier volume est paru en 2011.</p> <p>Dans une perspective similaire, notre initiative entend explorer le canon non pas comme un monument statique, mais bien comme un ensemble dynamique de « pratiques préférées » : théories, méthodes, terminologies et objets d’étude que les institutions disciplinaires (plus ou moins formalisées) reconnaissent comme valides dans un moment historique donné, en les distinguant de ce qui est parallèlement relégué aux marges. Cependant, loin d’être un objet fixe et immuable, issu de la simple standardisation de normes et d’usages, le canon disciplinaire est fluide et mobile, sous la pression constante d’un mécanisme fertile d’inclusion et d’expulsion. Penser le canon permet donc de porter un regard excentrique comme un puissant outil de validation tacite, déterminant quelles approches sont dignes d’attention académique, quelles théories (parfois mises de côté) méritent de réémerger et quels phénomènes inédits peuvent intégrer l’horizon de la recherche. Dans cette perspective, les recherches d’archive constituent un observatoire privilégié des processus de canonisation. Loin de se réduire à une entreprise de conservation patrimoniale, l’exploitation des manuscrits, des brouillons et des correspondances permet de rendre visibles les conditions matérielles, éditoriales et institutionnelles qui président à l’émergence d’une figure « canonique ». Pour les sciences du langage, l’exemple de Ferdinand de Saussure est à cet égard emblématique : si le Cours de linguistique générale fonctionne comme un texte fondateur, l’étude des manuscrits saussuriens a renouvelé la compréhension d’une pensée qui « continue de nous hanter » (Depecker, 2012) et c’est précisément en revenant aux archives que l’on peut mesurer les transformations et les inflexions qui ont fait de certains énoncés des pivots théoriques, tandis que d’autres variantes ou potentialités sont restées inaperçues. Ainsi, les archives ne viennent pas seulement compléter le canon : elles en déplacent les contours, en révélant la stratification des concepts, les hésitations théoriques et les possibles non réalisés. Problématiser le canon à l’aune des sources d’archive revient ainsi à historiciser les textes fondateurs et les lectures dont ils ont fait l’objet et à considérer la canonisation comme un processus éditorial, interprétatif et toujours ouvert à reconfiguration. L’objectif de ces journées est donc d’interroger la notion de « canon » dans les études littéraires et linguistiques, de tracer les parcours historiques et disciplinaires qui l’ont façonnée et, surtout, de penser critiquement l’appareil notionnel qui caractérise nos pratiques de recherche. Les axes suivants présentent quelques pistes de réflexion possibles pour les auteur·e·s : </p> <p><br /><strong>Axe 1 : Le canon entre linguistique et littérature </strong><br />Ce premier axe se propose d’ouvrir un débat fructueux entre les deux âmes disciplinaires des études francophones en Italie qui se rencontrent lors de ce colloque. Il propose d’interroger la dimension normative et prototypique qui est propre au sens originel du terme « canon », en réfléchissant de manière comparative aux conceptions élaborées dans les travaux littéraires et linguistiques. Alors que la notion de « canon » a une signification spécifique dans le contexte du patrimoine littéraire, recensée dans le dictionnaire de l’Académie française dans les termes suivants : « Liste des auteurs considérés comme des modèles dans chaque genre » (entrée « canon », Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition), en référence à la littérature ancienne, comment peut-on définir le canon contemporain dans les disciplines scientifiques qui se donnent pour objet la langue et la littérature ? À quel(s) niveau(x) se situent les points de contact et les différences ? Est-il possible d’identifier un ensemble d’auteurs, d’ouvrages, ou plutôt des notions et des méthodes « canoniques », qui seraient partagées par la littérature et la linguistique ?  </p> <p><strong>Axe 2 : Réception, rénovation et innovation du canon  </strong></p> <p>Cet axe se penche sur les processus historiques de la canonisation au sein des disciplines littéraires et linguistiques, en prêtant attention non seulement aux notions et aux objets qui ont été retenus, mais aussi à ceux qui ont été rejetés ou abandonnés. Il s’agit de revenir sur les notions et les théories qui ont perdu leur élan et leur attrait, mais qui pourraient néanmoins, sous certaines conditions, être récupérées. Il ne s’agit pas seulement de retracer les dynamiques de sélection du canon, mais aussi de revisiter l’histoire de la discipline de manière critique, afin de réactualiser les théories et les méthodes actuelles. Si les institutions françaises et notamment parisiennes du savoir ont contribué à définir les paradigmes dominants, il se peut que d’autres centres de savoir émergent à des époques plus récentes, permettant ainsi de dessiner un scénario polycentrique qui gagne en autonomie. Dans cette optique, nous encourageons les auteur·e·s à proposer, pour la littérature, des études de corpus qui dialoguent de façon problématique avec le canon établi, ou mettent en évidence les mécanismes à l’œuvre dans l’élection et/ou l’exclusion de certaines œuvres, notamment dans l’enseignement secondaire ou supérieur. On pourra s’interroger sur les transpositions, traductions, réceptions du canon littéraire français dans le domaine scolaire et éditorial italien, y compris dans sa dimension matérielle. Pour les sciences du langage, les propositions pourront porter sur des applications pratiques de cadres théoriques et méthodologiques ainsi que de notions moins utilisées, avec une justification de leur apport aux analyses linguistiques contemporaines. Cet axe invite à interroger les notions reçues et à proposer de nouveaux regards sur la recherche en littérature et en linguistique, notamment dans la prise en compte d’objets et de phénomènes inédits ou inattendus, qui nécessitent ou non une adaptation des cadres théoriques et méthodologiques préexistants. Les communications s’inscrivant dans cet axe pourront interroger les conditions de réception du canon, les manières dont il a évolué, ses transformations et ses applications à une tradition disciplinaire qui lui était étrangère. Les communications pourront également <br />porter sur la traduction des textes canoniques et sur les défis rencontrés par les traducteurs et traductrices.</p> <p><strong>Axe 3 : Constitution du canon et frontières disciplinaires </strong></p> <p>La perspective diachronique esquissée dans l’axe précédent est reprise dans le troisième, qui invite à s’interroger sur les relations disciplinaires de la littérature et de la linguistique dans l’univers des sciences humaines et sociales. Les contacts et les hybridations entre celles-ci et d’autres disciplines, telles que la sociologie, l’anthropologie, l’histoire ou les sciences de l’information et de la communication, ont permis d’accueillir dans le canon des notions et des méthodes provenant d’autres milieux disciplinaires. En littérature, on peut penser à la question de la narrativité, dont les concepts ont d’abord été forgés par Gérard Genette (Figures III, 1972), et qui voyage aujourd’hui dans les sciences de  l’information et de la communication, la psychologie et même le marketing, au point qu’elle s’est reconfigurée en un narrative turn qui fait du storytelling son point focal. Dans le sens inverse, les concepts de « mémoire », issu de l’histoire (Pierre Nora) ou de « transfuge de classe », issu de la sociologie, sont au cœur des études sur la littérature contemporaine.  <br />En sciences du langage, la notion de « performativité », par exemple, a beaucoup voyagé entre les frontières disciplinaires, de la pragmatique de John L. Austin (1955 [1969]) et de John Searle (1969 [1972]), en passant par la sociologie de Pierre Bourdieu (1975) et la philosophie de Judith Butler (2004). On peut également citer la notion d’« agency » (à ne pas confondre, malgré les quelques superpositions, avec celle d’« agentivité » en anthropologie linguistique ; cf. Duranti, 2004), fréquemment associée à l’élaboration de J. Butler et récemment resituée dans le champ linguistique par Noémie Marignier (2020).  <br />Si ces transpositions n’ont pas toujours été paisibles ou anodines, elles ont néanmoins contribué à enrichir considérablement les notions et à interroger leur signification particulière dans les champs disciplinaires qui les ont réappropriées. Cet axe invite donc les auteur·e·s à étudier les effets du dépassement des frontières disciplinaires et à explorer les possibilités d’une application nouvelle de notions venues d’autres disciplines.  <br />Nous espérons que le colloque sera une opportunité pour s’interroger sur la situation spécifique des chercheur·e·s dont la langue maternelle n’est pas le français ou qui vivent dans un autre territoire, en particulier en Italie. Qu’est-ce qui caractérise la francesistica italienne, par rapport au monde des études littéraires et linguistiques en France et dans les autres lieux de productions théoriques francophones, en termes de méthodes, de concepts et d’objets ? </p> <p><strong>Références bibliographiques </strong></p> <p>Angeli, Giovanna (dir.) (2009-2011), <em>Tradizione e contestazione</em>, Firenze, Alinea Editrice. <br />Austin, John L. (1970), <em>Quand dire, c’est faire</em>, traduit par Gilles Lane, Paris, Seuil. <br />Barré, J Poibeau, T &amp; Camps, J. (2023), “Operationalizing Canonicity: A Quantitative Study of French 19th and 20th Century Literature”, <em>Journal of Cultural Analytics</em> 8(3), <br />https://doi.org/10.22148/001c.88113 <br />Baudoin, Anne-Catherine, et Marion Lata (dir.) (2017), <em>Sacré canon. Autorité et marginalité en littérature</em>, Paris, Éditions Rue d’Ulm. <br />Berranger, Marie-Paule (dir.) (2015), <em>Évolutions/Révolutions des valeurs critiques (1860-1940)</em>, Presses universitaires de la Méditerranée. <br />Butler, Judith (2004), <em>Le pouvoir des mots. Politique du performatif</em>, traduit par Charlotte Nordmann, Paris, Éditions Amsterdam. <br />Bloom, Harold (1994), <em>The Western Canon. The Books and School of the Ages</em>, San Diego, Harcourt Brace. <br />Bourdieu, Pierre (1975), « Le langage autorisé », <em>Actes de la Recherche en Sciences Sociales</em> 1(5), p. 183-90, <a href="https://doi.org/10.3406/arss.1975.2488">https://doi.org/10.3406/arss.1975.2488</a>  <br />Casanova, Pascale, <em>La République mondiale des lettres</em>, Paris, Seuil, 1999. <br />De Zordo, Ornella &amp; Fantaccini, Fiorenzo (dir.) (2011), <em>Altri canoni / Canoni altri. Pluralismo e studi letterari</em>, Firenze University Press. <br />Depecker, Loïc. (2012), « Les manuscrits de Saussure : une révolution philologique », <em>Langages </em>1(185), p. 3-6.  <br />Ducournau, Claire, Leperlier, Tristan &amp; Sapiro, Gisèle (dir.) (2020), dossier<em> La littérature au-delà des nations. Hommage à Pascale Casanova</em>, Revue <em>Contextes </em>28, <a href="https://doi.org/10.4000/contextes.9188">https://doi.org/10.4000/contextes.9188</a> <br />Duranti, Alessandro (2004), « Agency in language », dans Alessandro Duranti (dir.), <em>A Companion to Linguistic Anthropology</em>, Malden/Oxford/Victoria, Blackwell, p. 451-73. <br />Grande, Nathalie &amp; Labbé, Mathilde (dir.) (2023), <em>Regards de femmes sur l’histoire littéraire, Revue d’histoire littéraire de la France</em>, 2023-4. <br />Marignier, Noémie (2020), « Pour l’intégration du concept d’agency en analyse du discours », <em>Langage et société</em> 170, p. 15-37, <a href="https://doi.org/10.3917/ls.170.0015">https://doi.org/10.3917/ls.170.0015</a>  <br />Raus, Rachele (dir.) (2019), <em>Partage des savoirs et influence culturelle : l’analyse du discours « à la française » hors de France</em>, Gerflint, collection Essais francophones. <br />Searle, John R. (1972), <em>Les actes de langage. Essai de philosophie du langage,</em> traduit par Hélène Pauchard, Paris, Hermann. <br />Sini, Lorella &amp; Bisiani, Francesca. (dir.) (2024), <em>L’analyse du discours en Italie : état des lieux et perspectives</em>, <em>Synergies Italie</em> 20. <br />Thiesse, Anne-Marie (2019), <em>La Fabrique de l’écrivain national. Entre littérature et politique</em>, Paris, Gallimard. <br />Zambelli, Chiara (2025), <em>De la philologie romane aux littératures étrangères : étude disciplinaire et méthodologique sur les études italiennes françaises et la « francesistica » </em><br /><em>italienne (XIX-XX siècle)</em>, Thèse de doctorat en Études italiennes soutenue le 18 avril 2025, en co-tutelle entre l’Università di Roma La Sapienza et l’Université Grenoble Alpes, sous la direction de Leonardo Casalino, Carlo Pulsoni et Filippo Fonio, <a href="https://theses.hal.science/tel05241113">https://theses.hal.science/tel05241113</a> </p> <p><strong>  Consignes aux auteur·e·s </strong><br />Les propositions, d’environ 300 mots, accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, sont à envoyer à <a href="mailto:marie.gaboriaud@unige.it">marie.gaboriaud@unige.it</a> et <a href="mailto:nora.gattiglia@unige.it">nora.gattiglia@unige.it</a> au plus tard le 1er mai 2026.</p> <p><strong>Calendrier  </strong><br />Envoi des propositions jusqu’au 1er mai 2026. <br />Les réponses seront signifiées au plus tard le 1er juin 2026. <br />Le colloque aura lieu à l’Université de Gênes les jeudi 10 et vendredi 11 septembre 2026. <br />Les possibilités de financement pour les participants aux journées ne sont pas garanties. Le comité examinera cependant toute demande de défraiement de la part de jeunes chercheur·e·s en cas d’impossibilité de prise en charge par l’université d’origine.</p> <p><strong>Comité d’organisation (université de Gênes) </strong><br />Elisa Arecco <br />Eliana Bergaglio <br />Marie Gaboriaud  <br />Nora Gattiglia <br />Giovanni Mantegazza <br />Elena Margherita Vercelli</p> <p><strong>Comité scientifique  </strong><br />Margherita Amatulli, université d’Urbino <br />Cristina Brancaglion, université de Milan <br />Francesca Dainese, université de Padoue <br />Ruggero Druetta, université de Turin <br />Claudia Cagninelli, université de Milan <br />Marie Gaboriaud, université de Gênes <br />Nora Gattiglia, université de Gênes <br />Fabio Libasci, université de l’Insubria <br />María Domenica Lo Nostro, université de Salerne  <br />Silvia Nugara, université de Turin <br />Francesco Spandri, università Roma Tre <br />Fabio Vasarri, université de Cagliari</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Enfance et femmes de plume. Autrices et traductrices pour la jeunesse en Grande-Bretagne et en Europe du XVIIIe au XXIe s. / Childhood and the Female Pen: Women Writers and Translators for Children and Young Adults in Britain and Europe from the 18th to the 21st C.</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133584/childhood-and-the-female-pen-women-writers-and-translators-for.html</link>
      <pubDate>Wed, 25 Mar 2026 10:00:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133584/childhood-and-the-female-pen-women-writers-and-translators-for.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>(Scroll down for French version)International Conference GRIC, Le Havre Normandy University, France, 5-6 May 2026 Childhood and the Female Pen: Women Writers and Translators for Children and Young Adults in Britain and Europe from the 18th to the 21stCenturies Children’s literature, which has been marginalised since its emergence in Britain in the mid-18th century, remained largely the preserve of female authors as long as it stayed on the margins, with the exception of authors of canonical works such as Lewis Carroll, Rudyard Kipling, J.M. Barrie, A.A. Milne, C.S. Lewis and J.R.R. Tolkien. Edith Nesbit for instance, who published most of her work in the late 19th and early 20th centuries — the same period during which Rudyard Kipling, J.M. Barrie and Kenneth Grahame published their now-canonised masterpieces, respectively The Jungle Books (1894-95), Peter Pan (1904/1911) and The Wind in the Willows (1908). Nesbit, one of many authors of children’s literature whose pen name (E. Nesbit) concealed her female identity, was the subject of several biographies and monographs in the 1950s and 60s, significantly written by women – Noel Streatfeild, Anthea Bell, Doris Moore, and Julia Briggs, has almost fallen into oblivion today, even though her influence on contemporary children’s fiction [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133584_2e01816369069d9ff649fc51f4a9108e.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133584_2e01816369069d9ff649fc51f4a9108e.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><em>(Scroll down for French version)</em><br /><br />International Conference</p> <p style="text-align:center;"><strong>GRIC, Le Havre Normandy University, France, 5-6 May 2026</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Childhood and the Female Pen: Women Writers and Translators for Children and</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong></strong><strong>Young Adults in Britain and Europe from the 18th to the 21stCenturies</strong></p> <p style="text-align:left;">Children’s literature, which has been marginalised since its emergence in Britain in the mid-18th century, remained largely the preserve of female authors as long as it stayed on the margins, with the exception of authors of canonical works such as Lewis Carroll, Rudyard Kipling, J.M. Barrie, A.A. Milne, C.S. Lewis and J.R.R. Tolkien. Edith Nesbit for instance, who published most of her work in the late 19th and early 20th centuries — the same period during which Rudyard Kipling, J.M. Barrie and Kenneth Grahame published their now-canonised masterpieces, respectively The Jungle Books (1894-95), Peter Pan (1904/1911) and The Wind in the Willows (1908). Nesbit, one of many authors of children’s literature whose pen name (E. Nesbit) concealed her female identity, was the subject of several biographies and monographs in the 1950s and 60s, significantly written by women – Noel Streatfeild, Anthea Bell, Doris Moore, and Julia Briggs, has almost fallen into oblivion today, even though her influence on contemporary children’s fiction has proved decisive. More than a century after the success of The Railway Children (1905), and now that children’s literature has eventually reached ‘maturity’1 and legitimacy, it is on the verge of being dominated quantitatively by men. Among Young Adult novels from the late 20th and early 21st centuries, for example, male authors tend to outnumber female authors. Yet, among British novelists, there have always been some talented women writers who deserve more critical attention than they have received, from Sarah Fielding (sister of Henry Fielding) with The Governess; The Little Female Academy (1749) to authors of recent decades, such as Diana Wynne Jones, Geraldine McCaughrean, Frances Hardinge, Meg Rosoff or Kiran Millwood Hargrave. To a certain extent, the genre of children’s literature, whose theory has been “bound up with sex”, according to Peter Hunt, might be repositioning itself in the twenty-first century, as the female “is redefined, rewritten, reasserted” and the “hierarchical male structure [is] replaced by the holistic female structure”.</p> <p style="text-align:left;">This conference on the place of women in children’s writing in Britain and Europe will also explore the case of women who have translated for the young. Translation is a highly gendered activity, as is writing for children. Often considered the ancillary activity par excellence despite its intrinsic creativity, it has in many cases served as a catalyst for the affirmation of the female voice through writing for young people.4 Gillian Lathey has forcefully shown that the woman translator of children’s books has either been one of Venuti’s “invisible translators” (1995) – indeed, “the most transparent of all” (2010, 5) – or, in the words of the translator of Grimm’s<br />fairy tales into English and prolific Victorian author for children, Mary Howitt, a “traveller, keen language learner, and assertive professional” (97). With this conference, we hope to further the analysis of some of the research topics that Lathey called for in the conclusion of her 2010 book, particularly that of the role of women translators for young people in Britain and Europe.<br /><em></em></p> <p style="text-align:left;"><em>All these questions, and others, may be addressed.</em><br /><em></em></p> <p style="text-align:left;"><em>Paper proposals (400 words maximum), in French or in English, including an explicit title </em><em>and a short bio-bibliographical notice, should be sent as two separate attached Word </em><em>documents by <strong>April 13th, 2026 to Virginie Douglas (<a href="mailto:virginie.douglas@univ-lehavre.fr">virginie.douglas@univ-lehavre.fr</a>).</strong></em><br /><em></em></p> <p style="text-align:left;"><em>Confirmed keynote: Pr. Vanessa Joosen, University of Antwerp (Belgium)</em></p> <p style="text-align:center;"><em>—</em></p> <p style="text-align:center;">Colloque International</p> <p style="text-align:center;"><strong>GRIC, Université Le Havre Normandie, 5-6 mai 2026</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Enfance et femmes de plume : Autrices et traductrices pour la jeunesse en</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Grande-Bretagne et en Europe du XVIIIe au XXIe siècles</strong></p> <p>La littérature pour la jeunesse, marginalisée depuis son émergence en Grande-Bretagne au milieu du XVIIIe siècle, est restée majoritairement l’affaire d’autrices tant qu’elle demeurait dans cette marge, mis à part dans le cas des auteurs d’œuvres canonisées comme Lewis Carroll, Rudyard Kipling, J.M. Barrie, A.A. Milne, C.S. Lewis ou J.R.R. Tolkien. Qu’on songe par exemple au sort d’Edith Nesbit, qui publia la majeure partie de son œuvre à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, c’est-à-dire au moment même où Rudyard Kipling, J.M. Barrie ou encore Kenneth Grahame publiaient leurs chefs d’œuvre désormais canonisés, respectivement The Jungle Books (1894-95), Peter Pan (1904 pour la pièce, 1911 pour le roman) et The Wind in the Willows (1908). Nesbit, l’une des nombreuses autrices pour la jeunesse dont le nom de plume (E. Nesbit) masquait l’identité féminine et qui a fait l’objet de plusieurs biographies ou monographies dans les années 1950 et 60 (significativement écrites par des femmes), est presque tombée dans l’oubli aujourd’hui, alors même que son influence sur le roman contemporain pour la jeunesse s’est avérée déterminante. Plus d’un siècle après le succès de The Railway Children (1905) et alors que la littérature pour la jeunesse a désormais atteint « sa maturité » et qu’elle est enfin légitimée, celle-ci est en passe d’être dominée quantitativement par les hommes. Parmi les romans Young Adult de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle par exemple, les auteurs masculins ont tendance à être majoritaires. Or, depuis l'apparition de la littérature de jeunesse au XVIIIe siècle, il y a eu parmi les romancières britanniques de très belles plumes qui mériteraient davantage d’attention critique qu’elles n’en ont suscité, depuis Sarah Fielding (sœur de Henry Fielding) avec The Governess; or, The Little Female Academy (1749) jusqu’aux autrices des décennies récentes, comme Diana Wynne Jones, Geraldine McCaughrean, Frances Hardinge, Meg Rosoff ou encore Kiran Millwood Hargrave. Dans une certaine mesure, le genre de la littérature pour la jeunesse, dont la théorie demeure « liée au genre (gender) » selon Peter Hunt, pourrait se repositionner au XXIe siècle, à mesure que la femme « est redéfinie, réécrite, réaffirmée » et que « la structure hiérarchique du masculin [est] remplacée par la structure holistique du<br />féminin ».</p> <p>Ce colloque sur la place des femmes dans l’écriture pour la jeunesse en GrandeBretagne et en Europe s'intéressera également au cas des femmes qui ont traduit pour la<br />jeunesse. La traduction est une activité profondément genrée, au même titre que l'écriture pour la jeunesse. Souvent considérée comme l’activité ancillaire par excellence malgré sa créativité intrinsèque, elle a dans bien des cas servi de catalyseur à l'affirmation de la voix féminine à travers l'écriture pour la jeunesse.9 Gillian Lathey démontre de manière convaincante que la traductrice de livres pour enfants a toujours fait partie des « traducteurs invisibles » de Venuti (1995) – voire « la plus transparente de tous » (2010, 5), mais aussi, selon les termes de Mary Howitt, traductrice des contes de Grimm en anglais et prolifique autrice victorienne pour la jeunesse, une « voyageuse, passionnée d'apprentissage des langues et professionnelle affirmée » (97). Grâce à cette conférence, nous espérons approfondir l'analyse de certains des thèmes<br />de recherche que Lathey a évoqués dans la conclusion de son ouvrage publié en 2010, en particulier celui du rôle des femmes traductrices pour les jeunes en Grande-Bretagne et en Europe.</p> <p><em>Toutes ces questions, et d’autres encore, pourront être abordées au cours du colloque.</em></p> <p><em>Les propositions de communications (400 mots maximum), en français ou en anglais, </em><em>accompagnées d'un titre clair et d'une courte notice bio-bibliographique, sont à envoyer sous </em><em>forme de deux fichiers Word séparés <strong>avant le 13 avril 2026 à Virginie Douglas </strong></em><strong><em>(<a href="mailto:virginie.douglas@univ-lehavre.fr">virginie.douglas@univ-lehavre.fr</a>).</em></strong><br /><em></em></p> <p><em>Keynote confirmée : Pr. Vanessa Joosen, Université d'Anvers (Belgique)</em><br /><br /></p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>"Séparations". Journées d'études philosophiques et interdisciplinaires du CRHI (Nice)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133579/separations-journees-d-etudes-philosophiques-et-interdisciplinaires-du-crhi.html</link>
      <pubDate>Wed, 25 Mar 2026 06:13:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Dans le langage courant, séparer désigne l’action de désunir ce qui est joint. Mais déjà depuis son étymologie latine, la séparation renvoie à un processus équivoque. Il s’agit à la fois de distinguer, d’écarter, de disjoindre (separare) mais aussi d’engendrer, de produire, d’inventer (separere). Se séparer c’est, pour une chose ou un être, tout à la fois perdre l’union préalable avec le tout auquel elle appartenait et avec lequel elle ne faisait qu’un, et gagner son identité et son individualité. À cette équivocité s’ajoute un double paradoxe. Du point de vue statique du résultat de la séparation, le séparé ne peut pas ne pas conserver quelque chose du tout dont il procède. En tant que nouvelle totalité, il suppose l’appartenance à l’ancien tout, ne serait-ce que sur le mode de l’avoir été, du passé, mais aussi sur le mode référentiel de l’appartenance à une nouvelle totalité ainsi capable de comprendre les éléments nouvellement distingués. Du point de vue dynamique du procès lui-même, la séparation est un engendrement qui peut se comprendre comme un événement, ou bien un acte intentionnel, et qui suppose dans tous les cas un état antérieur de non-séparation. Elle est donc à la fois originelle et temporelle, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133579_48d39dd1ef5375f428e245c12b39dba7.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133579_48d39dd1ef5375f428e245c12b39dba7.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Dans le langage courant, séparer désigne l’action de désunir ce qui est joint. Mais déjà depuis son étymologie latine, la séparation renvoie à un processus équivoque. Il s’agit à la fois de distinguer, d’écarter, de disjoindre (separare) mais aussi d’engendrer, de produire, d’inventer (separere). Se séparer c’est, pour une chose ou un être, tout à la fois perdre l’union préalable avec le tout auquel elle appartenait et avec lequel elle ne faisait qu’un, et gagner son identité et son individualité. À cette équivocité s’ajoute un double paradoxe. Du point de vue statique du résultat de la séparation, le séparé ne peut pas ne pas conserver quelque chose du tout dont il procède. En tant que nouvelle totalité, il suppose l’appartenance à l’ancien tout, ne serait-ce que sur le mode de l’avoir été, du passé, mais aussi sur le mode référentiel de l’appartenance à une nouvelle totalité ainsi capable de comprendre les éléments nouvellement distingués. Du point de vue dynamique du procès lui-même, la séparation est un engendrement qui peut se comprendre comme un événement, ou bien un acte intentionnel, et qui suppose dans tous les cas un état antérieur de non-séparation. Elle est donc à la fois originelle et temporelle, et suppose l’irruption et l’advenue du nouveau tout en se maintenant dans l’ordre de la succession. Le concept métaphysique de séparation est donc à ce niveau un concept critique au sens où il interroge d’emblée l’existence d’une séparation réelle ou absolue, à tel point que la question de la séparation semble pouvoir se confondre avec la question de l’absolu lui-même (comme le rappelle Quentin Meillassoux : « délié est le sens premier du latin absolutus »).</p> <p>En dehors ou à l’aune de cette interrogation sur l’absolu, le paradoxe de la séparation se rejoue à différents niveaux philosophiques fondamentaux. Chez Levinas par exemple, le paradoxe devient structurel : la séparation du Même et de l’Autre est la condition de l’éthique, mais cette séparation n’est pensable que sur le fond d’une proximité originaire, d’une exposition à l’Autre qui précède toute distance. La séparation éthique n’est pas une clôture : elle est une manière d’être affecté par ce qui me dépasse. De même, chez Fanon, la séparation coloniale – ségrégation, hiérarchisation raciale, déshumanisation – n’a de sens que parce qu’elle nie une humanité partagée. La séparation raciale est une construction violente qui présuppose l’unité anthropologique qu’elle cherche à effacer. Les théories critiques contemporaines prolongent ce paradoxe. Chez Fraser et Honneth, la séparation économique ou symbolique (exclusion, invisibilisation, mépris) n’est intelligible que parce qu’elle se produit au sein d’une société commune, d’un espace partagé de normes et de reconnaissance. La séparation est une pathologie du lien, non son absence. Chez Rosa, la séparation moderne d’avec le monde, l’aliénation, la perte de résonance, n’est pensable que parce qu’il existait une forme de résonance originaire, une manière d’être-au-monde que la modernité a abîmée. Enfin, les théories du Care rendent ce paradoxe explicite. La séparation éthique (distance, altérité, asymétrie) n’est possible que sur fond d’interdépendance. On ne peut être séparé que de ce avec quoi l’on est déjà lié. Le Care montre que la séparation n’est pas l’opposé de la relation : elle en est la condition. La distance juste, la non-fusion, la reconnaissance de l’altérité ne sont possibles que parce que les êtres humains sont pris dans des réseaux de dépendance, de vulnérabilité et de co‑présence.</p> <p>Contre les unions, les appartenances, les fusions, les identités, les totalités, les agrégations et les mélanges, force donc est de reconnaître que les êtres et les choses se séparent, se partagent, se répartissent, se distinguent, s’écartent, s’excluent… Les séparations concrètes, que nous souhaitons interroger dans leurs diversités et leurs singularités, désignent alors aussi bien des processus naturels que des décisions volontaires. D’un point de vue ontogénétique, à l’origine de la vie, la séparation permet aux organismes de se développer, de se former et de se complexifier. L’embryon humain se développe à partir de la division interne de l’œuf (ou zygote). La cellule se divise d’abord en deux, puis en quatre, etc. La séparation des cellules permet ainsi son développement puis la formation des organes qui constitueront l’organisme. Ainsi, la séparation comme division interne est à l’origine de la vie. D’un point de vue phylogénétique, la séparation des espèces entre elles, selon des degrés de complexification, permet l’évolution des êtres vivants et l’apparition de lignes divergentes de vie permettant, à terme, de voir éclore un individu plus complexe et plus évolué (Bergson). D’un point de vue psychologique, la séparation de l’enfant de ses parents ou référents s’impose là aussi comme un fait naturel qui procède du développement normal de l’individu (Winnicott). Mais à tous ces niveaux, l’être humain agit et se comporte de manières différentes en fonction de ses buts, de ses valeurs, de sa culture et de ses intérêts, et peut dans certaines mesures décider ou non de se séparer d’autrui, d’un contexte ou d’un objet, de même que sa culture et sa liberté influencent et orientent les manières qu’il a de se séparer.</p> <p>C’est pourquoi le paradoxe de la séparation peut et doit s’envisager à un niveau social et politique. Ici, la séparation n’est peut-être pas un simple geste technique ou institutionnel, mais plutôt le geste politique par excellence, celui par lequel un ordre se constitue, se stabilise, se transforme ou se défait. À travers des conceptions très différentes, parfois opposées, les philosophes ont tendance à converger sur un point : le politique naît d’un travail de distinction, d’un effort pour séparer ce qui, s’il restait confondu, produirait la violence, l’arbitraire ou la domination. Séparer, c’est, de manière ambivalente, rendre possible. Rendre possible l’unité en créant de la distance et de la limitation : la paix (Hobbes), le gouvernement (Machiavel), la liberté (Locke, Montesquieu), le commun (Rousseau), la nation (Sieyès), la continuité (Burke), l’analyse historique (Tocqueville), ou encore le pluralisme (Aron). De manière ambivalente, cela signifie par ailleurs que la séparation prend aussi le risque de la rupture, de la division et de la domination. On doit notamment à Michel Foucault d’avoir identifié, à travers sa lecture du Panoptique de Bentham, la manière dont des dispositifs de pouvoir, en séparant les individus, avaient vocation à discipliner leurs corps et s’immiscer jusque dans leurs subjectivités. C’est ce qui fait dire à des auteurs contemporains comme André Lepecki que la séparation des individus accroît la mainmise du pouvoir politique, et limite leurs agentivités, leurs initiatives, et a fortiori leurs perspectives d’émancipation politique. Mais d’outil d’oppression qui fragmente les dominé·es (Davis), hiérarchise les différences (Lorde), enferme les femmes dans le domestique (Friedan), maintient la domination coloniale (Coulthard), ou encore impose un monopole épistémique (Shilliam), la séparation peut se transformer en condition de la résistance possible, en tant qu’elle permet de penser ensemble ce que l’histoire a séparé (Davis), transformer la différence en puissance (Lorde), politiser le privé (Friedan), refuser la reconnaissance coloniale (Coulthard), et de pluraliser les savoirs (Shilliam). Comment séparer peut-il, là encore, signifier à la fois et sous un même rapport : émanciper et contraindre ?</p> <p>L’interrogation sur le politique conduit finalement à envisager notre problème, de manière transversale, sur un plan axiologique. Ainsi, ce n’est pas seulement à l’échelle du politique que les séparations produisent des logiques paradoxales, voire contradictoires. Cette idée qui consiste à envisager les séparations comme terrains de lutte au sein desquels se joue la possibilité d’un monde plus juste se rejoue par analogie dans des sphères en partie étrangères au social et au politique. En tant qu’elle implique par exemple un processus de hiérarchisation, la séparation peut dévaloriser certaines réalités au profit d’autres réalités, comme c’est le cas dans la métaphysique platonicienne où la séparation du monde intelligible et du monde sensible est solidaire d’une dévalorisation du second au profit du premier, ce qui se reflète notamment, mais pas seulement, au niveau des modes cognitifs (dévalorisation des sensations au profit de la raison ou noûs), mais aussi au niveau de la séparation entre l’âme et le corps. Les séparations peuvent également poser des problèmes d’ordre pratique et, en ce sens, se révéler abstraites eu égard à la complexité du réel. C’est la thèse soutenue par Bergson lorsqu’il s’attache à critiquer le procédé analytique de la science appliqué aux faits de conscience, en particulier par le biais de l’associationnisme en psychologie. Cette dernière est notamment accusée d’atomiser les états psychologiques internes pour comprendre un individu et ses comportements, alors que l’interpénétration des vécus dans la conscience, formant un tout indivisible à l’origine de l’identité de notre moi, ne pourrait légitimement permettre de les distinguer, séparer, isoler les uns des autres. Mais tout ceci requiert finalement que l’on s’interroge en retour ou en miroir sur les limites et les malheurs de l’inséparé, de l’inséparable ou du mal séparé, de l’appartenance ou de l’union malheureuse, ou encore de la fusion destructrice ou dominatrice en se demandant ce qu’il advient de nous, du monde et des choses, lorsque tout cela ne se sépare pas, ou se sépare mal.</p> <p>—</p> <p><strong>Axes de recherche</strong></p> <p><strong>1° La séparation absolue, un défi abstrait ?</strong> : penser le concept de séparation au prisme de sa radicalité métaphysique, logique et ontologique.</p> <p><strong>2° Le concept de séparation, une unité possible ?</strong> : cerner sa signification à l’aune de ces différentes variantes ou synonymes (division, déliaison, rupture, distinction, exclusion, partage…) ainsi qu’en la confrontant à ce à quoi elle s’oppose (fusion, union, appartenance…)</p> <p><strong>3° Les séparations des philosophes, une histoire conflictuelle ?</strong> : interroger le paradoxe du concept de séparation dans une perspective d’histoire de la philosophie chez les différents auteurs qui s’en emparent en philosophie sociale et politique, éthique, théorie critique, épistémologie ou phénoménologie. </p> <p><strong>4° Les séparations concrètes, une réalité humaine ?</strong> : pluraliser le concept de séparation à la lumière de ses réalités concrètes, par le biais des sciences humaines en général et des sciences naturelles.</p> <p><strong>5° Dangers et ressources de la séparation, une approche transversale ?</strong> : poser le problème de la séparation sur un plan axiologique en interrogeant ce qu’elle empêche et ce qu’elle permet dans les différents champs et domaines de la philosophie générale.</p> <p>—</p> <p><strong>Modalités </strong></p> <p>Les doctorant·e·s du Centre de Recherche en Histoire des Idées (CRHI) de l’Université Côte d’Azur vous proposent d’envoyer vos propositions de communications pour participer à leurs journées d’études philosophiques et interdisciplinaires qui se tiendront à Nice les 15 et 16 octobre 2026 prochains.</p> <p>L’appel à communications s’adresse prioritairement aux doctorant·e·s et jeunes chercheur·euse·s, mais aussi aux chercheur·euse·s confirmé·e·s, maître·sse·s de conférences et professeur·e·s des universités. Au-delà de l’argumentaire développé ci-dessus, notre comité scientifique sera attentif à toute proposition originale fidèle à la thématique.</p> <p>Les propositions attendues devront tenir en 500 mots maximum et être accompagnées d’une courte biographie de l’auteur (3-8 lignes).</p> <p>Les propositions seront à envoyer aux trois adresses suivantes, au format pdf, en indiquant pour le nom du fichier le titre suivant : « NOM Prénom - Titre de la communication - AAC Séparations », <strong>avant le 1er juin 2026 à minuit : </strong></p> <p><a href="mailto:casimir.lejeune@univ-cotedazur.fr">casimir.lejeune@univ-cotedazur.fr</a><br /><a href="mailto:Alessandra.RANDAZZO@univ-cotedazur.fr">Alessandra.RANDAZZO@univ-cotedazur.fr</a><br /><a href="mailto:maeva.guardia@etu.univ-cotedazur.fr">maeva.guardia@etu.univ-cotedazur.fr</a></p> <p>—</p> <p><strong>Bibliographie indicative</strong></p> <p>Bentham, Jeremy, Le Panoptique, trad. M. Sissung, Bartillat, Paris, 2024.</p> <p>Bergson, Henri, L’évolution créatrice, Paris, PUF, 2013.</p> <p>Bergson, Henri, « Introduction à la métaphysique » [1903], La pensée et le mouvant [1934], Paris,  PUF, coll. « Quadrige », 1938</p> <p>Brugère, Fabienne, Care Ethics. The Introduction of Care as a Political Category, trad. Armelle Chrétien, Olive Cooper-Aordjian et Brian Hefferman, Peters Publishing, Leuven, 2019.</p> <p>Burke, Edmund, Réflexions sur la Révolution de France (1790), Kessinger Publishing, London, 1819.</p> <p>Coulthard, Glen Sean, Red Skin, White Masks, University of Minnesota Press, Minneapolis, 2014.</p> <p>Davis, Angela, Women, Race &amp; Class (1981), Penguin Books, London, 2019.</p> <p>De La Boétie, Etienne, Le discours de la servitude volontaire (1576), Petite Bibliothèque Payot, Paris, 2002.</p> <p>Durkheim, Émile, Les formes élémentaires de la vie religieuse, PUF, Quadrige, Paris, 1960</p> <p>Dussy, Dorothée, Le berceau des dominations. Anthropologie de l’inceste, Paris, Pocket, 2021.</p> <p>Fanon, Frantz, The Wretched of the Earth (1963), trad. Constance Farrington, Penguin Books, 2001.</p> <p>Ferrarese, Estelle, La fragilité du souci des autres. Adorno et le care, ENS Éditions, 2018.</p> <p>Foucault, Michel, Surveiller et punir. Naissance de la prison, Gallimard, NRF, « Bibliothèque des histoires », 1975.</p> <p>Fraser,  Nancy &amp; Axel Honneth, Redistribution or Recognition?, trad. Joel Golb, James Ingram and Christiane Wilke, Verso Editions, London, 2003.</p> <p>Fraser,  Nancy, Qu’est-ce que la justice sociale ?, trad Estelle Ferrarese, La Découverte / Poche, Paris, 2005.</p> <p>Friedman, Betty, The Feminine Mystique (1963), Penguin Books, London, 2010.</p> <p>Garrau, Marie &amp; Le Goff, Alice, Care, justice et dépendance. Introduction aux théories du Care,  PUF, Paris, 2010.</p> <p>Hobbes, Thomas, Léviathan (1651), trad. Gérard Mairet, Gallimard, Folio Essais, Paris, 2000.</p> <p>Honneth, Axel, La société du mépris, trad. Olivier Voirol, Pierre Rusch et Alexandre Dupeyrix, La Découverte Poche, Paris, 2006.</p> <p>Lepecki, André, « Choreopolice and choreopolitics: or, the task of the dancer ». TDR: The Drama Review, MIT Press, 57(4), 2013, p. 13-27.</p> <p>Levinas, Emmanuel, Totalité et infini, Livre de Poche, Paris, 1961.</p> <p>Levinas, Emmanuel, Éthique  et infini, Le Livre de Poche, Paris, 1982.</p> <p>Lipovetsky, Gilles, L’ère du vide, Gallimard, Folio Essais, Paris, 1993.</p> <p>Locke,  John, Traité du gouvernement civil (1690), trad. David Mazel, GF – Flammarion, Paris, 1992.</p> <p>Machiavel, Nicolas, Le Prince (1550), trad. Christian Bec, Pocket, Paris, 1998.</p> <p>Meillassoux, Quentin, Après la finitude, Paris, Seuil, 2006.</p> <p>Montesquieu,  De l’esprit des lois(1748), GF – Flammarion, Paris, 1979.</p> <p>Platon, Phédon, trad. M. Dixsaut, Paris, Flammarion, coll. « GF », 1991.</p> <p>Platon, La République, trad. G. Leroux, édition corrigée et mise à jour, Paris, Flammarion, coll. « GF », 2016.</p> <p>Rosa, Hartmut, Aliénation et accélération, trad. Thomas Chaumont, La D2couverte, Poche, Paris, 2014</p> <p>Rousseau, Jean‑Jacques, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les  hommes (1755), Librio, Paris, 2016.</p> <p>Rousseau, Jean‑Jacques, Du contrat social (1762), Univers des Lettres Bordas, Paris, 1985.</p> <p>Schoonheim, Liesbeth, Tivadar Vervoort, Estelle Ferrarese, “The Politics of Vulnerability and Care: An Interview with Estelle Ferrarese”, Krisis, 42(1), 2022, pp. 77–92.</p> <p>Winnicott, Donald, Jeu et réalité. L’espace potentiel, Paris, Nrf Gallimard, 1975.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Théâtre et médecine (Florence)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133577/theatre-et-medecine.html</link>
      <pubDate>Wed, 25 Mar 2026 04:30:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133577/theatre-et-medecine.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>Le colloque s'inscrit dans le cadre du projet PRIN TheaMed (Théâtre et Médecine) qui vise à étudier les relations fructueuses entre le théâtre et la médecine dans la dramaturgie française et anglaise, en particulier aux XVIIIe et XIXe siècles.  De nature multidisciplinaire, le projet s'inscrit dans le domaine de l'histoire du théâtre et du spectacle, de l'histoire de la médecine et des sciences humaines médicales, visant d'abord à recenser (par la rédaction d'un catalogue raisonné), puis à analyser, dans une perspective historico-dramaturgique, certaines œuvres théâtrales dans lesquelles le lien avec la médecine apparaît particulièrement marqué en termes thématiques (pièces sur les médecins ; sur les différentes figures chargées des soins aux personnes et aux animaux ; sur les maladies ; sur les découvertes médico-scientifiques, etc.) ou linguistiques (utilisation substantielle de la terminologie médicale). Les recherches menées jusqu’à présent ont révélé l’existence de textes rares ou peu connus, qui n’ont fait l’objet d’aucune étude ni édition récente et qui tournent autour de thèmes extrêmement actuels tels que le pouvoir curatif de la médecine, le rôle social et politique des médecins, l’introduction de nouveaux traitements ou de mesures sanitaires préventives, l’affirmation de théories aujourd’hui considérées comme pseudo-scientifiques, l’utilisation potentiellement détournée des nouvelles [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133577_0603854139a0d1a4cb690821f97135dc.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133577_0603854139a0d1a4cb690821f97135dc.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Le colloque s'inscrit dans le cadre du projet PRIN TheaMed (Théâtre et Médecine) qui vise à étudier les relations fructueuses entre le théâtre et la médecine dans la dramaturgie française et anglaise, en particulier aux XVIIIe et XIXe siècles. </p> <p>De nature multidisciplinaire, le projet s'inscrit dans le domaine de l'histoire du théâtre et du spectacle, de l'histoire de la médecine et des sciences humaines médicales, visant d'abord à recenser (par la rédaction d'un catalogue raisonné), puis à analyser, dans une perspective historico-dramaturgique, certaines œuvres théâtrales dans lesquelles le lien avec la médecine apparaît particulièrement marqué en termes thématiques (pièces sur les médecins ; sur les différentes figures chargées des soins aux personnes et aux animaux ; sur les maladies ; sur les découvertes médico-scientifiques, etc.) ou linguistiques (utilisation substantielle de la terminologie médicale). Les recherches menées jusqu’à présent ont révélé l’existence de textes rares ou peu connus, qui n’ont fait l’objet d’aucune étude ni édition récente et qui tournent autour de thèmes extrêmement actuels tels que le pouvoir curatif de la médecine, le rôle social et politique des médecins, l’introduction de nouveaux traitements ou de mesures sanitaires préventives, l’affirmation de théories aujourd’hui considérées comme pseudo-scientifiques, l’utilisation potentiellement détournée des nouvelles découvertes médicales, la peur populaire face aux médicaments provenant de pays étrangers. </p> <p>Ces dernières années, la relation entre le théâtre, la médecine et la science a suscité à plusieurs reprises l’attention des spécialistes et des chercheurs. Ces travaux se sont principalement concentrés sur les XVIIe et XVIIIe siècles (par exemple, la « maladie érotique » et ses thérapies scéniques) et en particulier sur la relation entre Molière et ses pièces « médicales » (les contributions à ce sujet sont nombreuses, des chercheurs du XIXe siècle aux contemporains comme Patrick Dandrey). La relation entre théâtre et médecine a également été étudiée en ce qui concerne la production dramatique de la seconde moitié du XIXe siècle. Il convient de signaler, dans ce contexte, le colloque international qui s’est tenu à Florence (octobre 2023) et à Rouen (mars 2024) sous le titre « Le pouvoir du médecin au XIXe siècle : portraits, discours, influences », au cours duquel le théâtre a été abordé dans le contexte plus large de la rencontre entre la médecine et les arts. Ces travaux ont ensuite donné lieu à une publication intitulée Le pouvoir du médecin au XIXe siècle  parue chez Classiques Garnier (2025).</p> <p>Récemment, la médecine a redécouvert l’utilisation de la dramaturgie : « faire du théâtre » est devenu une expérience éducative et de nombreuses initiatives de mise en scène ont été lancées, dans le but d’expérimenter et d’évaluer des protocoles de formation, destinés également aux professionnels de santé. L’Unité de recherche interdépartementale en littérature, médecine et sciences de l’Université de Florence a récemment testé l’efficacité du théâtre dans le cadre de la formation des futurs médecins et infirmiers, en organisant des sessions de formation pour les étudiants.</p> <p><strong>Le colloque, qui associe la recherche scientifique à la réflexion sur ses applications pédagogiques, se tiendra à Florence les 5 et 6 novembre 2026 :</strong></p> <p><strong>5 novembre </strong>– Journée d’études : Levez le rideau ! La médecine en scène - table ronde sur le rôle du théâtre dans le contexte des sciences humaines médicales et de l’enseignement universitaire</p> <p><strong>6 novembre </strong>– Théâtre et médecine (XVIIIe-XIXe siècles).</p> <p>—</p> <p><strong>Les propositions, assorties d'un bref résumé et d'une note bio-bibliographique, sont à envoyer avant le 30 juin 2026 aux adresses suivantes :</strong> <a href="mailto:barbara.innocenti@unifi.it">barbara.innocenti@unifi.it</a>; <a href="mailto:michela.landi@unifi.it">michela.landi@unifi.it</a></p> <p>Les organisateurs ne prendront en charge que l'hébergement  Les frais de voyage sont à la charge des participants au colloque.</p> <p><strong>Comité scientifique:</strong> Michel Delon (Sorbonne Université); Pierre Frantz (Sorbonne Université); Barbara Innocenti (Université de Florence); Michela Landi (Université de Florence); Donatella Lippi (Université de Florence)</p> <p><strong>Comité d'organisation: </strong>Giulia Abbadessa (Université de Florence); Claudio Favazza (Université de Florence); Barbara Innocenti (Université de Florence); Michela Landi (Université de Florence); Donatella Lippi (Université de Florence); Veronica Massai (Université de Florence)</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Marronnages académiques : une approche décoloniale depuis SIRA (Savoirs, Idées, Réseau, Archives)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133575/marronnages-academiques-une-approche-decoloniale-depuis-sira-savoirs-idees-reseau-archives.html</link>
      <pubDate>Wed, 25 Mar 2026 03:15:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Éditeur.trices: Odome Angone (Université Cheikh Anta Diop de Dakar) Julia Borst (Universität Bremen) Mame-Fatou Niang (Carnegie Mellon University) Lissell Quiroz (CY Cergy Paris Université - Institut Universitaire de France) Nelson Sindze Wembe (Universität Bremen) — À PROPOS DE SIRA SIRA (Savoirs, Idées, Réseaux, Archives) est une école d’été décoloniale qui a vocation à devenir un réseau de recherche international réunissant des chercheur·ses (institutionnel·les ou indépendant·es) et des chercheur·ses en devenir, travaillant sur des problématiques décoloniales depuis des praxis issues des théories subalterne, postcoloniale et décoloniale. Le point de départ de SIRA est la rencontre de trois universitaires racisées – Odome Angone, Mame-Fatou Niang et Lissell Quiroz – rattachées à des institutions du Nord et du Sud Global qui rencontraient des problématiques semblables dans leurs domaines et lieux de recherche. En premier lieu, elles partageaient la difficulté à être reconnues dans le champ académique en raison du racisme structurel alors même que l’extractivisme universitaire était en plein développement. Ainsi par exemple, le champ des études décoloniales subissait l’appropriation culturelle de personnes qui bénéficient de leur position de privilège sans pour autant les questionner. Deuxièmement, elles mettaient en avant leur situation de femmes et de mères racisées subissant de manière encore plus [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133575_3e82ffe45a9ea4ca037d18910b1aa8a8.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133575_3e82ffe45a9ea4ca037d18910b1aa8a8.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>Éditeur.trices</strong>: Odome Angone (Université Cheikh Anta Diop de Dakar) Julia Borst (Universität Bremen) Mame-Fatou Niang (Carnegie Mellon University) Lissell Quiroz (CY Cergy Paris Université - Institut Universitaire de France) Nelson Sindze Wembe (Universität Bremen)</p> <p>—</p> <p><strong>À PROPOS DE SIRA</strong></p> <p>SIRA (Savoirs, Idées, Réseaux, Archives) est une école d’été décoloniale qui a vocation à devenir un réseau de recherche international réunissant des chercheur·ses (institutionnel·les ou indépendant·es) et des chercheur·ses en devenir, travaillant sur des problématiques décoloniales depuis des praxis issues des théories subalterne, postcoloniale et décoloniale.</p> <p>Le point de départ de SIRA est la rencontre de trois universitaires racisées – Odome Angone, Mame-Fatou Niang et Lissell Quiroz – rattachées à des institutions du Nord et du Sud Global qui rencontraient des problématiques semblables dans leurs domaines et lieux de recherche. En premier lieu, elles partageaient la difficulté à être reconnues dans le champ académique en raison du racisme structurel alors même que l’extractivisme universitaire était en plein développement. Ainsi par exemple, le champ des études décoloniales subissait l’appropriation culturelle de personnes qui bénéficient de leur position de privilège sans pour autant les questionner. Deuxièmement, elles mettaient en avant leur situation de femmes et de mères racisées subissant de manière encore plus brutale la colonialité du genre (Lugones). C’est la raison pour laquelle la première édition de SIRA (désormais SIRA 1) qui s’est tenue à Paris en mai 2024, a cherché à jeter les bases d’une exploration des pratiques de décolonialité des savoirs académiques. L’effort a été mis dans la déconstruction de la verticalité et la hiérarchie des savoirs, et à rendre tangible la justice épistémique. À titre d’exemple, un atelier intitulé “La cuisine à l'école des femmes : faire science hors de l’institution coloniale” (coordonné par O. Angone) a intégré les savoirs culinaires camerounais comme source de connaissance à égalité avec celle de l’institution universitaire, en l’occurrence l’université de Chicago à Paris.<br />Forts du succès de cette première édition et de l'élan collectif qu'elle avait suscité, les organisatrices ont choisi de reconduire l'école d'été mais en la délocalisant dans le Sud Global. La deuxième édition de SIRA, organisée en collaboration avec le GIRCI (Groupe Interdisciplinaire de Recherche sur les Cultures et les Identités) à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), a exploré les « Parcours, savoirs, espaces et mémoires décoloniaux ». Ce déplacement géographique n'était pas anecdotique : il était en lui-même un acte épistémique, un refus de reproduire la centralité du Nord global comme seul lieu légitime de production du savoir.<br />L'édition dakaroise s'est structurée autour d'un parcours en trois étapes, trois lieux chargés de sens : l'UCAD pour le volet institutionnel et académique ; le Musée des Civilisations Noires pour le débat autour de la restitution des objets d'art africain ; et l'île de Gorée pour sa portée historique et mémorielle. Ce mouvement entre l'université, le musée et le site de mémoire a permis de souligner, de façon concrète, que la décolonisation n'est pas juste une métaphore. SIRA 2 a rassemblé des chercheur·ses venu·es du monde entier et a fait émerger le projet d'un laboratoire international de recherche sur la décolonialité des savoirs.<br />Nous proposons à présent une troisième étape du parcours de SIRA, en réunissant dans un volume intitulé “Marronnages académiques : une approche décoloniale depuis SIRA (Savoirs, Idées, Réseau, Archives)” des articles inédits portant sur la décolonialité des savoirs. La publication s’articulera autour de la notion de “marronnage académique”.</p> <p><strong>Marronnages académiques</strong></p> <p>Le marronnage est un terme dérivé des langues arawaks qui désignait la fuite des animaux domestiques et leur retour dans leur état naturel. Le marronage désigne, dans son sens historique, la fuite et la résistance des personnes réduites en esclavage qui refusaient la domination en s'échappant vers des espaces de liberté — les palenques ou kilombos, c’est-à-dire des communautés autonomes fondées en marge de l'ordre colonial et luttant contre lui. Les marron·nes n'abandonnent jamais la lutte : ils créent, à l’abri du regard du maître, des formes de vie, de savoir et d'organisation radicalement autres.<br />C'est cette figure que nous convoquons lorsque nous parlons de marronnage académique que nous envisageons comme marronnage des savoirs. Dans l'espace universitaire contemporain, où l'extractivisme intellectuel, la hiérarchie épistémique et la colonialité du genre structurent encore profondément les conditions de production et de légitimation des connaissances, la démarche de SIRA s'apparente à un acte de fuite créatrice et émancipatrice : fuir les centres pour habiter les marges, fuir la verticalité pour tisser l'horizontalité, fuir l'hégémonie d'un seul régime de vérité pour faire coexister une pluralité de savoirs.<br />Le marronnage académique ne constitue pas un retrait, mais l’invention de scènes créatives et résistantes à partir de savoirs et d’expériences qui nous habitent et nous traversent. Le mouvement qui part de l'académie pour aboutir dans les espaces confinés aux marges — chargées d'une histoire de la résistance des savoirs — est une façon de prendre au sérieux les questions posées par SIRA : que signifie décoloniser ? Quelles en sont les implications pédagogiques ? Et dans quelle mesure l'université peut-elle s’affirmer, à son tour, comme un espace marron ?</p> <p>—</p> <p><strong>Axes de travail</strong></p> <p>Le présent ouvrage collectif, issu des travaux et échanges de SIRA 1 et 2, est une invitation à présenter des contributions portant sur les axes suivants :<br />1. Savoirs, pouvoir et justice épistémique<br />2. Archives et cyberespace<br />3. Corps, genre et santé mentale<br />4. Histoires, mémoires, imaginaires<br />5. Lieux, liens, relations<br />6. Langues et pouvoir<br />7. Initiatives de la prise de soin (corporel, mental, etc.) à l’intérieur des systèmes académiques.<br />Ces axes ne sont pas hermétiques : les contributions qui traversent plusieurs axes sont les bienvenues. Les approches qui articulent théorie et praxis, et qui font dialoguer des corpus, des langues et des épistémologies non hégémoniques, seront particulièrement appréciées.</p> <p>—</p> <p><strong>Modalités d’envoi</strong></p> <p>Nous vous prions de bien vouloir nous envoyer vos propositions d’articles (250 mots maximum) avant le 20 avril 2026 à :<br /><a href="mailto:siraecoledecoloniale@gmail.com">siraecoledecoloniale@gmail.com</a>.</p> <p>Nous communiquerons notre décision concernant l'acceptation des propositions le 20 mai 2026. Les articles complets (de 30 000 signes maximum) devront être remis avant le 15 décembre 2026.</p> <p>Les propositions pourront être soumises en français, en espagnol, en portugais, en allemand ou en anglais.</p>]]></content:encoded>
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      <title>« Décoloniser la comparaison : la transautochtonité littéraire aux Amériques » (@nalyses : revue des littératures franco-canadiennes et québécoise)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133570/decoloniser-la-comparaison-la-transautochtonite-litteraire-aux.html</link>
      <pubDate>Wed, 25 Mar 2026 02:16:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description> Appel à articles @nalyses : revue des littératures franco-canadiennes et québécoise (Université d’Ottawa), vol. 21, no. 1 (mi-2027) : « Décoloniser la comparaison : la transautochtonité littéraire aux Amériques »   Descriptif : L’objectif central de ce numéro sur les littératures et les pratiques littéraires autochtones contemporaines au Canada et aux Amériques est d’explorer les implications et les applications – possibles ou réalisées – de la méthodologie comparative transautochtone défendue par Chadwick Allen dans son ouvrage Trans-Indigenous: Methodologies for Global Native Literary Studies. Enracinée dans la pensée décoloniale de la seconde moitié du xxe siècle et du début du xxie siècle (cf. Quijano 2000, 2007 ; Mignolo 2015 ; Mignolo et Walsh 2018 ; Ali et Dayan-Herzbrun 2024 ; voir aussi, pour le Québec dans le contexte canadien, Gettler 2016 ; Roussel 2017 ; Lemieux et Labrecque 2018 ; Giroux 2020), cette démarche comparatiste introduite au sein des études autochtones vise à décoloniser la méthodologie (Smith 2021), en l’occurrence la comparaison même (Allen 2014, voir aussi Justice 2011 ; Wakeham 2017 ; Bradette 2019). Les travaux d’Allen mettent ainsi en évidence les failles des études culturelles et postcoloniales qui, jusque dans les années 2000, ont eu tendance à ignorer les [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"> <strong>Appel à articles</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong><em>@nalyses : revue des littératures franco-canadiennes et québécoise</em></strong></p> <p style="text-align:center;"><strong><em>(</em>Université d’Ottawa), vol. 21, no. 1 (mi-2027) : « Décoloniser la comparaison : la transautochtonité littéraire aux Amériques »</strong></p> <p><strong> </strong></p> <p><strong>Descriptif :</strong></p> <p>L’objectif central de ce numéro sur les littératures et les pratiques littéraires autochtones contemporaines au Canada et aux Amériques est d’explorer les implications et les applications – possibles ou réalisées – de la méthodologie comparative transautochtone défendue par Chadwick Allen dans son ouvrage <em>Trans-Indigenous: Methodologies for Global Native Literary Studies.</em></p> <p>Enracinée dans la pensée décoloniale de la seconde moitié du xxe siècle et du début du xxie siècle (cf. Quijano 2000, 2007 ; Mignolo 2015 ; Mignolo et Walsh 2018 ; Ali et Dayan-Herzbrun 2024 ; voir aussi, pour le Québec dans le contexte canadien, Gettler 2016 ; Roussel 2017 ; Lemieux et Labrecque 2018 ; Giroux 2020), cette démarche comparatiste introduite au sein des études autochtones vise à décoloniser la méthodologie (Smith 2021), en l’occurrence la comparaison même (Allen 2014, voir aussi Justice 2011 ; Wakeham 2017 ; Bradette 2019). Les travaux d’Allen mettent ainsi en évidence les failles des études culturelles et postcoloniales qui, jusque dans les années 2000, ont eu tendance à ignorer les réalités coloniales dans lesquelles vivent de nos jours les nations autochtones. Se donnant pour objectif d’étudier « l’acte politique qui consiste à se positionner entre deux ou plusieurs langues et systèmes culturels, en engageant activement les politiques relatives à leur asymétrie à l’intérieur de relations (post)coloniales » (Allen 2012 : 215, notre traduction), Allen établit des parallèles entre des États-nations étant à la fois postcoloniaux dans leur rapport au pouvoir européen dont ils sont devenus indépendants, et coloniaux dans leur relation aux nations autochtones vivant depuis des siècles, voire des millénaires, sur un territoire aujourd’hui colonisé.</p> <p>En outre, à la différence des méthodologies s’intéressant aux pratiques culturelles et littéraires autochtones uniquement dans leur cadre d’émergence national et politique, la transautochtonité souligne l’importance d’étudier les productions culturelles autochtones en les comparant non pas aux pratiques allochtones, mais à d’autres pratiques autochtones, à une échelle transnationale ou globale. En effet, bien que les peuples autochtones vivant aujourd’hui dans différents pays aient en commun une expérience de la colonisation, cette dernière s’est déroulée différemment, à différentes époques, et avec des conséquences différentes dans les diverses parties du globe. Qui plus est, la décolonisation et le contexte (post)colonial, national, culturel et politique dans lequel vivent ces groupes invitent à prendre conscience des différences qui régissent leurs productions littéraires contemporaines. Cette démarche valorise donc la souveraineté des corpus autochtones, dans un élan d’affirmation et d’autodétermination, de libération de la parole et de réinvestissement signifiant de l’oralité (cf. Womack 1999 ; Alfred 2005 ; Weaver et al. 2006) – et ce, en dépit de quelques excès, par exemple la pratique relativement récente, ambiguë et problématique de l’auto-autochtonisation (Leroux et al. 2023), qui interroge la valeur de la notion d’autochtonie dans les arts et la littérature contemporaine (Uzel 2018), et le phénomène de l’appropriation artistique, culturelle ou identitaire (Uzel 2019 ; Barraband et Duquette 2022).</p> <p>L’approche transautochtone que nous souhaitons explorer dans le cadre de ce numéro est susceptible d’offrir une meilleure compréhension de la manière dont les conditions politiques, culturelles et sociales, à la fois nationales et globales, influencent la production, le champ et les pratiques littéraires autochtones contemporaines. Cependant, le numéro a surtout pour but de remettre en cause les modalités de la critique comparatiste sur les littératures autochtones pour la désarrimer des corpus non autochtones ; ces derniers servent souvent de point de référence présumé nécessaire, comme si les littératures autochtones ne pouvaient être comprises en elles-mêmes et entre elles, et qu’à ce titre elles devaient toujours être évaluées en regard des corpus dominants. La transautochtonité repose ainsi sur une mise à plat de la valeur associée aux divers corpus, une égalité de principe qui fonde la possibilité d’une comparaison décolonisée.</p> <p>Pour ce numéro, les chercheur·es sont invité·es à limiter leurs interventions au corpus littéraire autochtone des Amériques pour construire une « autochtonie comparée » (Borm, Chartier, Devia et Rojo 2025) du continent. Les productions culturelles seront lues dans une perspective comparative incluant des œuvres issues de l’une des provinces ou de l’un des territoires du Canada d’un côté, et d’une zone géographique du reste du continent, de l’autre. Au Canada, l’approche transautochtone est considérée par Sarah Henzi et Marie-Ève Bradette comme « un point de départ non négligeable pour les chercheur·ses, les étudiant·es, mais aussi les enseignant·es » (2023 : 5). Elle a par ailleurs déjà commencé à porter des fruits, comme l’étude comparative d’Ana Kancepolsky Teichmann (2025) sur les littératures innue et mapuche, ou encore les travaux de Malou Brouwer (2019, 2021) ou de Nicolas Beauclair (2016, 2018).</p> <p>En restreignant le projet de Chadwick Allen au continent américain et en l’orientant vers les comparaisons entre le Canada, d’un côté, et le reste du continent, de l’autre, ce numéro entend contribuer à la construction d’un savoir comparatif de l’autochtonité littéraire transaméricaine, qui examine les ressemblances et interroge les différences entre des champs littéraires et des écrivain·es provenant de régions et de cultures différentes. Le numéro comprendra également un entretien avec Chadwick Allen.</p> <p><br /><strong>Modalités de soumission et calendrier :</strong></p> <p>Les propositions d’articles (environ 350 mots), en français, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, doivent être envoyées au format Word aux adresses : <a href="mailto:diana.mistreanu@uni-passau.de">diana.mistreanu@uni-passau.de</a> et <a href="mailto:levesque.simon@uqam.ca">levesque.simon@uqam.ca</a> <strong>au plus tard le 31 juillet 2026.</strong> Les notifications d’acceptation seront envoyées au plus tard le 10 août 2026. Les articles complets seront remis au plus tard le 15 janvier 2027 et feront l’objet d’une évaluation en double aveugle La publication du numéro est prévu pour l’été 2027.</p> <p> </p> <p><strong>Calendrier :</strong></p> <p>Réception des résumés : 31 juillet 2026<br />Notification d’acceptation : 10 août 2026<br />Réception des articles : 15 janvier 2027<br />Évaluation : février et mars 2027<br />Soumission de la version révisée des articles : fin avril 2027<br />Révision linguistique, mise en page, finalisation du dossier : mai 2027<br />Parution sur Érudit : environ trois mois plus tard<br /> </p> <p><strong>Direction :</strong></p> <p>Dr. Diana Mistreanu, candidate postdoctorale à l’obtention de l’Habilitation à diriger des recherches, (Université de Passau, Allemagne)</p> <p>Dr. Simon Levesque, chargé de cours (Université du Québec à Montréal, Canada)</p> <p><strong></strong></p> <p><strong>Références et orientations bibliographiques :</strong></p> <p>Alfred, Taiaiake, « Sovereignty », dans Joanne Barker (dir.), Sovereignty Matters: Location of Contestation and Possibility in Indigenous Struggles for Self-Determination, Lincoln, University of Nebraska Press, 2005, p. 33-50.</p> <p>Ali, Zahra et Sonia Dayan-Herzbrun, Decolonial Pluriversalism, Londres, Rowan &amp; Littlefield, 2024.</p> <p>Allen, Chadwick, Blood Narrative. Indigenous Identity in American Indian and Maori Literary and Activist Texts, Durham,‎ Duke University Press Books, 2002.</p> <p>—, Trans-Indigenous. Methodologies for Global Native Literary Studies, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2012.</p> <p>—, « Decolonizing Comparison: Toward a Trans-Indigenous Literary Studies », dans James H. Cox et Daniel Heath Justice (dir.), The Oxford Handbook of Indigenous American Literature, Oxford, Oxford University Press, 2014, p. 377-394. <a href="https://doi.org/10.1093/oxfordhb/9780199914036.001.0001">https://doi.org/10.1093/oxfordhb/9780199914036.001.0001</a></p> <p>Barraband, Mathilde et Anne-Marie Duquette, « Une polémique autour de la liberté de création. L’affaire Slāv, les devoirs des auteurs et les lecteurs du Devoir », dans Mathilde Barraband et al. (dir.), (Dé)limiter la création. Usages et usinages de la liberté d’expression artistique, Montréal, Laboratoire de recherche L’art en procès, 2022, p. 74-111.</p> <p>Beauclair, Nicolas, « Hétérogénéité et pensée frontalière dans la littérature amérindienne », Recherches amérindiennes au Québec, vol. 46, n° 2-3, 2016, p. 35-44. <a href="https://doi.org/10.7202/1040432ar">https://doi.org/10.7202/1040432ar</a></p> <p>—, « Ontologías poéticas diferenciadas en la literatura amerindia: “Braconaje” y decolonialidad », Vistas al patio, no 12, 2018, p. 75-95.</p> <p>Bradette, Marie-Ève, « Penser les relations autochtones entre comparaisons et relations », Post-Scriptum, n° 37, 2019. <a href="https://post-scriptum.org/numeros/all-my-relations">https://post-scriptum.org/numeros/all-my-relations</a></p> <p>Brouwer, Malou, « Comparative Indigenous Literature: Bridging the Gap Between Francophone and Anglophone Indigenous literatures », Post-Scriptum, n° 27, 2019.</p> <p>Brouwer, Malou et Camille Roberge, « Trans-Indigenous Sci-Fi in French: Language and Temporality in Wapke », SFRA Review, vol. 51, n° 4, 2021, p. 119-135.</p> <p>Borm, et Daniel Chartier, Leila Devia, Martina L. Rojo, L’autochtonie comparée des Amériques, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2025.</p> <p>Côté, Jean-François et Claudine Cyr, La renaissance des cultures autochtones : enjeux et défis de la reconnaissance, Québec, Presses de l’Université Laval, 2018.</p> <p>Gettler, Brian, « Les autochtones et l’histoire du Québec. Au-delà du négationnisme et du récit “nationaliste-conservateur” », Recherches amérindiennes au Québec, vol. 46, n° 1, 2016, p. 7‑18. <a href="https://doi.org/10.7202/1038931ar">https://doi.org/10.7202/1038931ar</a></p> <p>Giroux, Dalie, Dans l’œil du maître. Figures de l’imaginaire colonial québécois, Montréal, Mémoire d’encrier, 2020.</p> <p>Henzi, Sarah et Marie-Ève Bradette, « Rêves de langues, de visions, de constellations multiples : les littératures autochtones et leur étude aujourd’hui. Introduction », Alternative Francophone, vol. 3, no 3, « Imaginer des constellations linguistiques et théoriques pour l’étude des littératures autochtones », 2023. <a href="https://doi.org/10.29173/af29505">https://doi.org/10.29173/af29505</a></p> <p>Justice, Daniel Heath, « Currents of Trans/national Criticism in Indigenous Literary Studies », The American Indian Quarterly, vol. 35, n° 3, 2011, p. 334-352. <a href="https://doi.org/10.1353/aiq.2011.a447050">https://doi.org/10.1353/aiq.2011.a447050</a></p> <p>Kancepolsky Teichmann, Ana, « La langue comme arme et comme refuge dans des poèmes d’écrivaines innues et mapuches », dans Diana Mistreanu et Marina Ortrud M. Hertrampf (dir.), Littérature et nations autochtones au Canada francophone, Berlin / Boston, De Gruyter, 2025, p. 173-188. <a href="https://doi.org/10.1515/9783111001647">https://doi.org/10.1515/9783111001647</a></p> <p>Lemieux, René et Simon Labrecque, « L’État colonial canadien face aux récits identitaires québécois et autochtones », dans Luis A. Abanto et Ana Maria Fernandez (dir.), Reflecting on Identity in a Globalized World, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 2018, p. 109-127.</p> <p>Leroux, Darryl, Nawel Hamidi et Pierrot Ross-Tremblay, « Esquisse du phénomène de l’auto-autochtonisation au Québec : regards croisés sur une mutation coloniale », Revue d’études autochtones, vol. 53, n° 1, 2023-2024, p. 3-9. <a href="https://doi.org/10.7202/1113176ar">https://doi.org/10.7202/1113176ar</a></p> <p>Mignolo, Walter D. et Catherine E. Walsh, On Decoloniality. Concepts, Analytics, Praxis, Durham, Duke University Press, 2018. </p> <p>Mignolo, Walter D., La désobéissance épistémique. Rhétorique de la modernité, logique de la colonialité et grammaire de la décolonialité, trad. Y. Jouhari &amp; M. Maesschalk, Bruxelles, Peter Lang, 2015.</p> <p>Quijano, Aníbal, « Colonialidad del poder y clasificación social », Journal of World Systems Research, vol. 6, no 2, 2000, p. 342-386.</p> <p>—, « Coloniality and modernity/rationality », Cultural Studies, vol. 21, no 2-3, 2007, p. 168-178. <a href="https://doi.org/10.1080/09502380601164353">https://doi.org/10.1080/09502380601164353</a></p> <p>Roussel, Jean-François, « Pour la décolonisation du Canada », Relations, n° 790, 2017, p. 20-21. </p> <p>Smith, Linda Tuhiwai, Decolonizing Methodologies. Research and Indigenous Peoples, 3e éd., Londres, Zed Books, 2021.</p> <p>Uzel, Jean-Philippe, « La notion d’“autochtonie” dans la littérature et les arts visuels contemporains », Captures, vol. 3, n° 1, 2018. <a href="https://doi.org/10.7202/1055832ar">https://doi.org/10.7202/1055832ar</a></p> <p>—, « Appropriation artistique versus appropriation culturelle », esse, n° 97, 2019, p. 10-19.</p> <p>Wakeham, Pauline, « Beyond Comparison. Reading Relations between Indigenous Nations », Canadian Literature, n° 230-231, 2017, p. 124-142. <a href="https://doi.org/10.14288/cl.v0i230-1.188325">https://doi.org/10.14288/cl.v0i230-1.188325</a></p> <p>Weaver, Jace, Craig S. Womack et Robert Warrior, American Indian Literary Nationalism, Albuquerque, University of New Mexico Press, 2006.</p> <p>Womack, Craig S., « American Indian Literary Self-Determination », dans Red on Red: Native American Literary Separatism, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1999, p. 1-24.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Les périodiques et leur pratiques de sélection / Periodicals and Their Practices of Selection (Marburg, Allemagne)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133569/appel-a-contributions-les-periodiques-et-leur-pratiques-de.html</link>
      <pubDate>Wed, 25 Mar 2026 01:47:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>Call for Papers Periodicals and Their Practices of Selection Conference at Philipps-Universität Marburg, 9 October 2026 Deadline for the abstracts: 30 April 2026 The conference of the Arbeitskreis Kulturwissenschaftliche Zeitschriftenforschung (Working Group for Cultural Studies Approaches to Periodical Research, founded in 2016) offers a forum for the shared interest in the periodical as an object, bringing together Early Career Researchers from diverse disciplines across the German-speaking academic landscape to exchange and establish questions and analytical categories relating to periodical studies. Over the past 15 years, Europe has witnessed a boom in systematic, interdisciplinary research on newspapers and magazines. Periodicals are now taken seriously across a range of scholarly contexts as objects that follow their own logic and can be described in terms of their form and function. In recent years, systematic introductions to Periodical Studies as a distinct field of inquiry have been published (e.g., Fazli, Scheiding 2023; Ernst et al. 2022). Within a broader cultural studies context, numerous interdisciplinary approaches have emerged that explore periodicals through the dynamic structural principles of the periodical form, through media poetics, as networks, and in terms of their specific materiality. One fundamental functional and formal dimension of periodicals, selection, has however received comparatively [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133569_044f202f0e2bbe87007a6488ca646b78.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133569_044f202f0e2bbe87007a6488ca646b78.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Call for Papers</p> <p><strong>Periodicals and Their Practices of Selection</strong></p> <p><strong>Conference at Philipps-Universität Marburg, 9 October 2026</strong></p> <p><em>Deadline for the abstracts: 30 April 2026</em></p> <p>The conference of the Arbeitskreis Kulturwissenschaftliche Zeitschriftenforschung (Working Group for Cultural Studies Approaches to Periodical Research, founded in 2016) offers a forum for the shared interest in the periodical as an object, bringing together Early Career Researchers from diverse disciplines across the German-speaking academic landscape to exchange and establish questions and analytical categories relating to periodical studies.</p> <p>Over the past 15 years, Europe has witnessed a boom in systematic, interdisciplinary research on newspapers and magazines. Periodicals are now taken seriously across a range of scholarly contexts as objects that follow their own logic and can be described in terms of their form and function. In recent years, systematic introductions to Periodical Studies as a distinct field of inquiry have been published (e.g., Fazli, Scheiding 2023; Ernst et al. 2022). Within a broader cultural studies context, numerous interdisciplinary approaches have emerged that explore periodicals through the dynamic structural principles of the periodical form, through media poetics, as networks, and in terms of their specific materiality.</p> <p>One fundamental functional and formal dimension of periodicals, selection, has however received comparatively little attention, even though individual aspects have already been examined (e.g., from the perspective of the history of knowledge by Frank, Podewski, Scherer 2010). This conference is dedicated to the selection practices of periodicals and aims to contribute to their systematic exploration. In doing so, we seek to engage with recent research on selection practices from cultural studies, scholarly editing, book history, history, literary studies, art history, sociology, and other fields, and to ask about the specificity of these practices with respect to the periodical as an object. The dimension of selection opens up a broad range of perspectives on periodicals, only a few of which are outlined here as inspiration:</p> <p>Selection as editorial, typographic, and graphic practice: The selection of content and forms, that is, of texts, images (and image templates), sections, layouts, materials and paper, advertisements and merchandise, including the circulation of these elements and the resulting curatorial orders that decisively shape perception and meaning. This perspective also invites comparisons between traditional selection and filtering processes of historical periodicals and those of contemporary media, including social media and large language models. Selective uses: This includes the affordances of periodicals and the collective modes of usage they enable (ranging from reading to wrapping food), as well as the study of actual historical and empirical reading processes between intensive and extensive reading (Benedict 2022). More broadly, it also encompasses the question of how periodicals facilitated the extraction of elements from themselves (cutting out, collecting, extracting, decontextualizing; cf. Turner 2024).</p> <p>Building on these aspects, one may ask more generally about the specific materiality of periodicals as selected objects, as media that group together serial and heterogeneous elements (see the work of Mussell; Gretz et al. 2022). Selection in transnational exchange: What conditions determine the translation of certain texts? Which strategies of selection can be identified? And how do translated texts, published and received in a different context, relate to that new national, regional, or geopolitical environment? (Gemacher 2024) Selectedness and selectivity as a claim to distinction: Many periodicals present themselves as in some way refined and deliberately chosen objects, a claim articulated in manifold ways (in editorial programs, advertisements, etc.). In doing so, they aim to give their readership the impression of belonging to a refined group, an elite (in literature, art, sport, cuisine, lifestyle, etc.) or to a particular imagined community (Anderson 1983). </p> <p>One may also ask whether and how such claims were actually fulfilled. Research on literary canon formation (Rippl, Winko 2013), on the poetics of knowledge (Frank, Podewski 2022), and on the demarcation between different periodical formats (e.g., the weekly magazine as a more selected format compared to the daily newspaper) may be relevant in this regard. In this context, one might also consider the revolutionary potential of periodicals as spaces where selection practices may operate less under dominant “orders of knowledge” and which, in times of crisis, have been and can still be seen as revolutionary spaces of possibility (Anderson 1983; Pettitt 2020, 2022). </p> <p>More broadly, one can examine the consequences of selection practices: how periodicals contribute to directing their readers’ attention (especially with regard to processes of popularization, see Lickhardt 2024), filtering and limiting visibility, while simultaneously excluding certain experiences, voices, and bodies of knowledge. Such perspectives relate to Gender Studies, Postcolonial Studies, and Intersectionality Studies.We welcome both overarching, theory-oriented contributions as well as case studies. The working language of the conference is German; however, presentations in English are also welcome. </p> <p>Contributions should not exceed 20 minutes.</p> <p>Please send your abstract (max. 300 words) along with a short bio sketch (max. 100 words) by April 30, 2026 to Alexandra Dempe (<a href="mailto:alexandra.dempe@uni-tuebingen.de">alexandra.dempe@uni-tuebingen.de</a>) and Florian Gödel (<a href="mailto:florian.goedel@uni-marburg.de">florian.goedel@uni-marburg.de</a>). We aim to secure funding to reimburse travel expenses.</p> <p>—</p> <p><strong>Selected Bibliography</strong></p> <p>Anderson, Benedict. Imagined Communities: Reflections on the Origin and Spread of Nationalism. London: Verso, 1983. Barner, Ines. Auswählen, Bearbeiten, Adressieren: Lektorat und Lektüreerwartungen. Universität Duisburg-Essen, 2021. Unterstellte Leseschaften. Kulturwissenschaftliches Institut Essen, vol. 9. Benedict, Barbara M. “So Much to Read! So Little Time! Reading the Literary Miscellany in Eighteenth-Century Britain.” In Miszellanes Lesen. Interferenzen zwischen medialen Formaten, Romanstrukturen und Lektürepraktiken im 19. Jahrhundert, edited by Daniela Gretz, Marcus Krause, and Nicolas Pethes. Wehrhahn, 2022, pp. 55–73. Engelberg-Döckal, Eva von, and Stephanie Herold, editors. Ordnungssysteme: Auswählen, Werten, Sortieren. Universitätsverlag Siegen, 2024, Frieder &amp; Henner, vol. 4. Ernst, Jutta, Dagmar von Hoff, and Oliver Scheiding, editors. Periodical Studies Today: Multidisciplinary Analyses. Brill, 2022. Fazli, Sabina, and Oliver Scheiding, editors. Handbuch Zeitschriftenforschung – Disziplinäre Perspektiven und empirische Sondierungen: Eine Einführung. Transcript, 2023. Frank, Gustav, Madleen Podewski, and Stefan Scherer. “Kultur – Zeit – Schrift: Literatur- und Kulturzeitschriften als ‘kleine Archive.’” IASL, vol. 34, no. 2, 2010, pp. 1–45. Frank, Gustav, and Madleen Podewski. “The Object of Periodical Studies.” In Periodical Studies Today, edited by Ernst et al., Brill, 2022, pp. 29–53. Gemacher, Johanna. Feminist Activism, Travel and Translation Around 1900: Transnational Practices of Mediation and the Case of Käthe Schirmacher. Palgrave Macmillan, 2024. Gretz, Daniela, Marcus Krause, and Nicolas Pethes. “Einleitung.” In Reading Miscellanies / Miscellaneous Reading, edited by Daniela Gretz, Marcus Krause, and Nicolas Pethes, Wehrhahn, 2022, pp. 7–54. Heinold, Wolfgang Erhardt. Bücher und Büchermacher: Verlage als Umschlagplätze für Ideen und Informationen. Bramann, 2009. Lickhardt, Maren. “Aufwertung der großen Zahl: Popularität als quantitative Kategorie im Zeitschriftendiskurs der Weimarer Republik.” Jahrbuch zur Kultur und Literatur der Weimarer Republik, vols. 23–24, 2024, pp. 47–67. Mussell, James. The Nineteenth-Century Press in the Digital Age. Palgrave, 2012. Pettitt, Clare. Serial Forms: The Unfinished Project of Modernity, 1815–1848. Oxford University Press, 2020. Pettitt, Clare. Serial Revolutions 1848: Writing, Politics, Form. Oxford University Press, 2022. Rippl, Gabriele, and Simone Winko, editors. Handbuch Kanon und Wertung: Theorien, Instanzen, Geschichte. Metzler, 2013. Turner, Mark W. “‘Collect and Simplify’: Serial Miscellaneity and Extraction in the Early Nineteenth Century.” In British Writers, Popular Literature and New Media Innovation, 1820–1845, edited by Alexis Easley, Edinburgh University Press, 2024, pp. 19–39.<br /><br /></p>]]></content:encoded>
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      <title> L’alimentation et ses savoirs au XVIIIe s. : histoires, représentations, techniques (revue Dix-Huitième Siècle)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133539/cfp-revue-dix-huitieme-siecle-n-60-2028-l-alimentation.html</link>
      <pubDate>Tue, 24 Mar 2026 12:31:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
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      <description>Revue Dix-Huitième Siècle, n° 60, 2028 : L’alimentation et ses savoirs : histoires, représentations, techniques  Marianne Albertan-Coppola (Université d’Aix-Marseille – CIELAM), Matteo Marcheschi (ILIESI–CNR ; Università di Pisa ; CSLF–Nanterre) Francesco Toto (Roma Tre ; IHRIM–UMR 5317) Au XVIIIe siècle, l’alimentation offre un point d’observation privilégié des transformations sociales, économiques et culturelles, parce qu’elle se situe au croisement de pratiques matérielles, de techniques, de savoirs et de formes de représentation hétérogènes. Dans l’acte quotidien de se nourrir se rencontrent et se reconfigurent des catégories venues de champs différents – médecine, chimie, économie, morale, droit, savoir-vivre, esthétique –, qui passent d’un domaine à l’autre, changent de sens au contact des usages, et donnent lieu à de nouvelles articulations entre expérience matérielle et élaboration savante (Flandrin et Montanari 1996 ; Poulain 2002 ; Spary 2012 ; Von Hoffmann 2013 ; Bonnet 2015). L’alimentation ne renvoie donc pas seulement aux aliments ni à leurs représentations, mais à un ensemble mouvant de gestes, de normes, de discours et de classifications, où circulent à la fois des produits, des techniques, des mots, des valeurs et des critères de jugement. La table, réelle autant que figurée, devient ainsi un lieu de mise en forme sociale et [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133539_2ce6d96f2e5dff6c497600e80ac57e8b.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133539_2ce6d96f2e5dff6c497600e80ac57e8b.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>Revue</strong><em><strong> Dix-Huitième Siècle</strong></em><strong>, n° 60, 2028 :</strong><strong> </strong></p> <p style="text-align:center;"><em>L’alimentation et ses savoirs : histoires, représentations, techniques </em></p> <p style="text-align:center;">Marianne Albertan-Coppola (Université d’Aix-Marseille – CIELAM),</p> <p style="text-align:center;">Matteo Marcheschi (ILIESI–CNR ; Università di Pisa ; CSLF–Nanterre)</p> <p style="text-align:center;">Francesco Toto (Roma Tre ; IHRIM–UMR 5317)</p> <p>Au XVIIIe siècle, l’alimentation offre un point d’observation privilégié des transformations sociales, économiques et culturelles, parce qu’elle se situe au croisement de pratiques matérielles, de techniques, de savoirs et de formes de représentation hétérogènes. Dans l’acte quotidien de se nourrir se rencontrent et se reconfigurent des catégories venues de champs différents – médecine, chimie, économie, morale, droit, savoir-vivre, esthétique –, qui passent d’un domaine à l’autre, changent de sens au contact des usages, et donnent lieu à de nouvelles articulations entre expérience matérielle et élaboration savante (Flandrin et Montanari 1996 ; Poulain 2002 ; Spary 2012 ; Von Hoffmann 2013 ; Bonnet 2015). L’alimentation ne renvoie donc pas seulement aux aliments ni à leurs représentations, mais à un ensemble mouvant de gestes, de normes, de discours et de classifications, où circulent à la fois des produits, des techniques, des mots, des valeurs et des critères de jugement. La table, réelle autant que figurée, devient ainsi un lieu de mise en forme sociale et symbolique, où se lisent les distinctions, où l’on distribue les places, établit les normes de civilité, qui rend visibles leurs transgressions (Flandrin 1986 ; Roche 1981 ; Quellier 2007 ; Starobinski 1976 ; Starobinski 1996). Quant à la cuisine, elle apparaît comme un espace de passage entre artisanat, pratique domestique, expérimentation et formalisation des savoirs, où se laissent observer tout à la fois des transferts de techniques, des déplacements de catégories et des temporalités propres – celles de la préparation, de la conservation, de la fermentation, de l’attente, de la saison, de la mode ou de la crise (Girard 1977 ; Csergo 2002 ; Charbonneau 2008 ; Jones 2016 ; Michel 2020). Étudier l’alimentation au siècle des Lumières, c’est ainsi suivre moins un thème qu’un ensemble de dynamiques où se nouent des échanges matériels, des déplacements conceptuels et des reconfigurations des frontières entre savoirs (Revel 1982, Gillet 1987).</p> <p>Ce dossier recherche des contributions relevant de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, littératures, philosophies, histoire, etc. Sont bienvenues des études de cas, des comparaisons (espaces, milieux, circulations) et des analyses de corpus (archives, traités, livres de cuisine, presse, iconographie, textes normatifs), attentives aux gestes, aux techniques et aux formes de savoir, ainsi qu’aux enjeux politiques et symboliques qu’ils cristallisent. Les propositions seront sélectionnées en fonction de leur qualité scientifique mais aussi de leur capacité à dialoguer avec l’ensemble du dossier : nous privilégierons des contributions qui mettent au jour des dynamiques, des catégories ou des problèmes dotés d’une portée non seulement ponctuelle, mais aussi susceptibles d’éclairer des enjeux plus généraux.</p> <p><strong>Axe 1.</strong> <em>Dynamiques historico-économiques et politiques</em></p> <p>Comment la production, la circulation et la consommation des denrées redessinent-elles les géographies sociales et commerciales ? Quels effets produisent fiscalité et réglementations (grains, sel, douanes, police des marchés, contrôle des prix) sur les pratiques, les sociabilités et les conflits ? Une attention particulière pourra être portée aux sources juridiques (ordonnances, arrêts, règlements, jurisprudence) qui encadrent ces dispositifs et organisent la gestion publique de l’approvisionnement alimentaire. On pourra étudier l’introduction et la banalisation de produits dits « exotiques » (café, thé, cacao, sucre, maïs, pomme de terre), les peurs et préjugés qu’ils suscitent, et la construction de la figure du consommateur (Ferrières 2002 ; Mintz 1986 ; Schiebinger 2004 ; Spary 2012 ; Fink 1983). Les contributions pourront également analyser famines, disettes et crises frumentaires comme moments d’épreuve pour juger l’efficacité de l’action publique : gestion des ressources, dispositifs d’exception, responsabilités associées aux décisions du pouvoir, continuités et discontinuités entre Ancien Régime et conjonctures postrévolutionnaires (Lachivier 1991 ; Monahan 1993 ; Farge 2013 ; Michel 2020 ; Hincker 2023). On encouragera aussi des travaux sur la mise en récit de ces crises et de ces débats dans la presse, les pamphlets, le roman et le théâtre, ainsi que les études sur leurs inscriptions dans des dispositifs de spatialisation (cartes, itinéraires, atlas commerciaux). Enfin, cet axe accueillera des travaux sur les dimensions colonialistes et impérialistes de l’alimentation – exploitation, esclavage, racisme, économie de plantation – ainsi que sur les imaginaires de l’altérité qu’elles produisent (rencontres, conflits, tabous, cannibalisme réel ou supposé), en tant qu’ils structurent une géographie morale et politique de la consommation (Tarrade 1972 ; Wallerstein 1974 ; Braudel 1979 ; Ehrard 2008 ; Avramescu 2009). Il regroupera de plus des contributions d’histoire des idées et de philosophie politique attentives aux cadres conceptuels et normatifs qui organisent ces transformations (besoin et luxe, propriété, justice et bien commun, gouvernement des subsistances, droits, légitimation de l’intervention publique), ainsi qu’aux controverses qu’ils suscitent (Hubert et Figeac 2006 ; Meyzie 2007 ; Csergo 1996). </p> <p><strong>Axe 2.</strong> <em>Approches philosophico-médicales</em></p> <p>Le développement d’une chimie des aliments et la relecture de la physiologie digestive transforment le rapport entre cuisine, santé et médecine (Spary 2012 ; Charbonneau 2008). Qu’est-ce qu’un aliment salubre, et au nom de quels savoirs (chimie, hygiène, physiologie) le déclare-t-on tel ? Comment les prescriptions alimentaires se déclinent-elles selon les tempéraments, les passions, les métiers et les styles de vie ? Dans une perspective d’histoire des sciences, on pourra interroger les pratiques et les instruments qui fondent ces discours, ainsi que leurs modalités de diffusion. On pourra aussi étudier la circulation et la mise en récit de ces modèles dans des écrits littéraires (correspondances, récits de maladie, roman, théâtre, satire). Cet axe invitera à l’exploration des débats sur la nature humaine à partir du régime alimentaire : alimentation « originelle », place de la viande, végétarisme, cruauté, moralité, mais aussi effets attribués aux habitudes alimentaires sur le caractère individuel et collectif (Bonnet 1975 ; Mervaud 1998 ; Charbonneau 2008 ; Larue 2015 ; Larue 2019 ; Lebreton 2018 ; Assouly 2016). Il accueillera en outre des travaux sur la persistance et la contestation des prescriptions religieuses (jeûnes, carêmes, tabous, querelles autour de l’hostie), sur l’ingestion comme scène critique, ainsi que sur les troubles et pathologies (pica, boulimie, anorexie) dans leurs usages savants, médicaux et littéraires (Abad 1999 ; Mervaud 1998).</p> <p><strong>Axe 3.</strong><em> Savoirs et techniques culinaires</em></p> <p>La cuisine se dote au XVIIIe siècle de règles, d’une méthode, d’une langue et d’une histoire, et devient un lieu de transfert entre laboratoire, artisanat et pratiques domestiques (Girard 1977 ; Mennell 1981 ; Fink 1995 ; Von Hoffmann 2013). Comment l’innovation technique (fermentation, distillation, conservation, transformations) s’articule-t-elle à la codification des gestes et des goûts ? Dans quelle mesure la cuisine se pense-t-elle comme « chymie » (décomposer, digérer, quintessencier), et comment ce modèle reconfigure-t-il la réflexion sur les techniques, les arts et les sciences ? Quel statut épistémologique et esthétique pour le savoir culinaire (technique, art, beaux-arts), et quelles querelles – explicites ou latentes – organise-t-il (Csergo 2002 ; Champion 2010 ; Perullo 2013 ; Abramovici 2018) ? Une attention particulière pourra être portée à l’essor de l’écrit culinaire au XVIIIe siècle (recueils, paratextes, index, modes de classement des recettes, images) et à ce qu’il révèle des manières de systématiser, transmettre et légitimer un savoir en quête d’identité (Girard 1977 ; Von Hoffmann 2013 ; Bonnet 2015). Seront également bienvenues des études sur les représentations littéraires et artistiques de la cuisine et des métiers de bouche (scènes de table, comédies, roman ; natures mortes, estampes, caricatures), ainsi que sur les cadres juridiques et corporatifs (règlements de métiers, privilèges) qui conditionnent la transmission et la légitimation de ces savoirs (Knabe 1983 ; Démoris 1983 ; Lafon 1983 ; Abramovici 2018 ; Andries 1983).</p> <p>— </p> <p><strong>Calendrier</strong></p> <p><strong> Les propositions</strong> (titre et présentation d’une quinzaine de lignes) <strong>sont attendues pour le 15 juillet 2026</strong>. Elles doivent être envoyées à l’adresse suivante : <a href="mailto:dixhuitiemesiecle60@gmail.com">dixhuitiemesiecle60@gmail.com</a>.</p> <p>Les réponses seront données le <strong>1er septembre 2026</strong>. </p> <p>Les articles retenus, d’une longueur<strong> entre 30.000 et 40.000 signes espaces inclus</strong>, seront à rendre le <strong>1 avril 2027 </strong>à la même adresse.</p> <p>Les contributions retenues paraîtront dans <strong>le numéro de 2028 de <em>Dix-Huitième Siècle</em></strong><em>.</em></p> <p>— </p> <p><strong>Bibliographie</strong> </p> <p>Abad, R., « Un indice de déchristianisation ? L’évolution de la consommation de viande à Paris en carême sous l’Ancien Régime », <em>Revue historique</em>, 610 (1999), p. 237-276.</p> <p>Abramovici, J.-C., « Du ragoût en peinture », dans J. Csergo, F. Desbuissons (éd.), <em>Le cuisinier et l’art : art du cuisinier et cuisine d’artiste, XVIe-XXIe siècle</em>, Paris, INHA, 2018, p. 218-222.</p> <p>Andries, L., « Cuisine et littérature populaire »,<em> Dix-Huitième Siècle</em>, XV (1983), p. 35-52.</p> <p>Assouly, O., <em>Les nourritures de Jean-Jacques Rousseau. Cuisine, goût et appétit</em>, Paris, Classiques Garnier, 2016.</p> <p>Avramescu, C., <em>An Intellectual History of Cannibalism</em>, Princeton, Princeton University Press, 2009.</p> <p>Bonnet, J.-C., « Le système de la cuisine et du repas chez Rousseau », <em>Poétique</em>, XXII (1975), p. 244-267.</p> <p>Bonnet, J.-C., <em>La Gourmandise et la faim. Histoire et symbolique de l’aliment (1730-1830)</em>, Paris, Librairie Générale Française, 2015.</p> <p>Braudel, F., <em>Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVe-XVIIIe siècle</em>, 3 vol., Paris, LGF, 1979.</p> <p>Champion, C., <em>Hors d’œuvre. Essai sur les relations entre arts et cuisine</em>, Gallardon, Menu Fretin, 2010.</p> <p>Charbonneau, F., <em>L’École de la gourmandise de Louis XIV à la Révolution</em>, Paris, Desjonquères, 2008.</p> <p>Csergo, J., « L’émergence des cuisines régionales », dans J.-L. Flandrin, M. Montanari (éd.), <em>Histoire de l’alimentation</em>, Paris, Fayard, 1996, p. 823-841.</p> <p>Csergo, J., « L’art culinaire ou l’insaisissable beauté d’un art qui se dérobe. Quelques jalons (XVIIIe-XXIe siècle) », <em>Société &amp; Représentations</em>, XXXIV/2 (2002), p. 13-36.</p> <p>Démoris, R., « Chardin ou la cuisine en peinture », <em>Dix-Huitième Siècle</em>, XV (1983), p. 137-154.</p> <p>Ehrard, J., <em>Lumières et esclavage. L’esclavage colonial et l’opinion publique en France au XVIIIe siècle</em>, Paris, André Versaille éditeur, 2008.</p> <p>Farge, A., <em>La Déchirure : souffrance et déliaison sociale au XVIIIe siècle</em>, Montrouge, Bayard, 2013.</p> <p>Ferrières, M., <em>Histoire des peurs alimentaires : du Moyen Âge à l’aube du XXe siècle</em>, Paris, Seuil, 2002.</p> <p>Fink, B. (éd.), <em>Les liaisons savoureuses. Réflexions et pratiques culinaires au XVIIIe siècle</em>, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 1995.</p> <p>Fink, B., « L’avènement de la pomme de terre », <em>Dix-Huitième Siècle</em>, XV (1983), p. 19-32.</p> <p>Flandrin, J.-L., « La distinction par le goût », dans P. Ariès, G. Duby (éd.), <em>Histoire de la vie privée de la Renaissance aux Lumières</em>, Paris, Seuil, 1986, p. 267-309.</p> <p>Flandrin, J.-L., Montanari, M. (éd.), <em>Histoire de l’alimentation</em>, Paris, Fayard, 1996.</p> <p>Gillet, P., <em>Le goût et les mots. Littérature et gastronomie (XIVe-XXe siècles)</em>, Paris, Payot, 1987.</p> <p>Girard, A., « Le triomphe de “la cuisinière bourgeoise”. Livres culinaires, cuisine et société en France aux XVIIe et XVIIIe siècles », <em>Revue d’histoire moderne et contemporaine</em>, XXIV (1977), p. 497-523.</p> <p>Hincker, F., <em>La Révolution française et l’économie : de 1750 à 1815</em>, Malakoff, Armand Colin, 2023.</p> <p>Hubert, A., Figeac, M. (éd.), <em>La table et les ports. Cuisine et société à Bordeaux et dans les villes portuaires</em>, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2006.</p> <p>Jones, P. M.,<em> Agricultural Enlightenment: Knowledge, Technology, and Nature, 1750-1840</em>, Oxford, Oxford University Press, 2016.</p> <p>Knabe, P.-E., « Esthétique et art culinaire », <em>Dix-Huitième Siècle</em>, XV (1983), p. 125-136.</p> <p>Lachivier, M., <em>Les années de misère : la famine au temps du Grand Roi</em>, Paris, Fayard, 1991.</p> <p>Lafon, H., « Du thème alimentaire dans le roman », <em>Dix-Huitième Siècle</em>, XV (1983), p. 169-186.</p> <p>Larue, R., <em>Le végétarisme et ses ennemis. Vingt-cinq siècles de débats</em>, Paris, PUF, 2015.</p> <p>Larue, R., <em>Le Végétarisme des Lumières. L’abstinence de viande dans la France du XVIIIe siècle</em>, Paris, Classiques Garnier, 2019.</p> <p>Lebreton, C., « Empathie et cruauté : le paradoxe de l’imaginaire des viandes au XVIIIe siècle », <em>Asterion</em>, XVIII (2018).</p> <p>Mennell, S. (éd.), <em>Lettre d’un pâtissier anglois, et autres contributions à une polémique gastronomique du XVIIIe siècle</em>, Exeter, Exeter University Printing Unit, 1981.</p> <p>Mervaud, C., <em>Voltaire à table. Plaisir du corps, plaisir de l’esprit</em>, Paris, Desjonquères, 1998.</p> <p>Meyzie, Ph., <em>La table du Sud-Ouest et l’émergence des cuisines régionales (1700-1850)</em>, Rennes, PUR, 2007.</p> <p>Michel, T., <em>La conservation des grains en France au XVIIIe siècle : innovations au temps des Lumières</em>, Paris, Les Indes savantes, 2020.</p> <p>Mintz, S. W., <em>Sweetness and Power : The Place of Sugar in Modern History</em>, London, Penguin Books, 1986.</p> <p>Monahan, W. G., <em>The Year of Sorrows : The Great Famine of 1709 in Lyon</em>, Columbus, Ohio State University Press, 1993.</p> <p>Perullo, N., <em>La cucina è arte ? Filosofia della passione culinaria</em>, Roma, Carocci, 2013.</p> <p>Poulain, J.-P., <em>Penser l’alimentation. Entre imaginaire et rationalité</em>, Toulouse, Privat, 2002.</p> <p>Quellier, F., <em>La Table des Français : une histoire culturelle (XVe-début XIXe siècles)</em>, Rennes, PUR, 2007.</p> <p>Revel, J.-F., <em>Un festin en paroles. Histoire littéraire de la sensibilité gastronomique de l’Antiquité à nos jours</em>, Paris, Pauvert, 1982.</p> <p>Roche, D., <em>Le peuple de Paris. Essai sur la culture populaire</em>, Paris, Aubier, 1981.</p> <p>Schiebinger, L., <em>Plants and Empire : Colonial Bioprospecting in the Atlantic World</em>, Cambridge, Harvard University Press, 2004.</p> <p>Spary, E. C., <em>Eating the Enlightenment. Food and the Sciences in Paris, 1670-1760</em>, Chicago-London, The University of Chicago Press, 2012.</p> <p>Starobinski, J., « Le dîner chez Bertin », dans W. Preisendanz, R. Warning (éd.), <em>Das Komische</em>, München, W. Fink, 1976, p. 191-204.</p> <p>Starobinski, J., « Le philosophe à table », dans J. Berchtold, M. Porret (éd.), <em>Être riche au siècle de Voltaire</em>, Genève, Droz, 1996, p. 279-293.</p> <p>Tarrade, J., <em>Le commerce colonial de la France à la fin de l’Ancien Régime : l’évolution du régime de l’Exclusif de 1763 à 1789</em>, Poitiers, Oudin et Beaulu, 1972.</p> <p>Von Hoffmann, V., <em>Goûter le monde : une histoire culturelle du goût à l’époque moderne</em>, Bruxelles, Peter Lang, 2013.</p> <p>Wallerstein, I., <em>The Modern World-System</em>, New York-London-Toronto, Academic Press, 1974.</p> <p> </p>]]></content:encoded>
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      <title>Digital Philology Workshop: Methods, Tools, and Infrastructures (Pise, Italie)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133536/digital-philology-workshop-methods-tools-and-infrastructures.html</link>
      <pubDate>Tue, 24 Mar 2026 11:41:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>QUELS OUTILS ET QUELLES MÉTHODES NOUVELLES POUR ÉTUDIER, ÉDITER ET INTERPRÉTER LES TEXTES À L’ÈRE NUMÉRIQUE ? Organisée par la communauté de philologie numérique d’EELISA, cette école d’été de cinq jours (29/06/2026 - 03/07/2026) propose aux étudiants de master, doctorants et jeunes chercheurs une immersion dans les développements récents de la philologie numérique, à travers un programme associant conférences, ateliers pratiques et temps d’échange. Les participants auront l’occasion de découvrir et de mettre à l’épreuve des outils numériques, récemment développés ou encore en cours d’élaboration, au sein de trois équipes de recherche internationales : la Scuola Normale Superiore de Pise, l’École nationale des Chartes à Paris et la Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg. Ces séances pratiques seront accompagnées d’une réflexion sur les orientations scientifiques qui sous-tendent ces projets, ainsi que sur les transformations de la recherche philologique à l’ère de l’intelligence artificielle. Le programme comprend également une visite guidée de la Biblioteca Medicea Laurenziana à Florence, avec la présentation d’une sélection de manuscrits remarquables issus de ses collections. L’école d’été a pour objectif de fournir une formation solide aux outils actuellement mobilisés en philologie numérique, tout en ouvrant des perspectives sur des protocoles émergents, au-delà de l’état de l’art. Une attention particulière sera [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133536_5ce51112f0524269dab1c66860446ac7.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133536_5ce51112f0524269dab1c66860446ac7.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>QUELS OUTILS ET QUELLES MÉTHODES NOUVELLES POUR ÉTUDIER, ÉDITER ET INTERPRÉTER LES TEXTES À L’ÈRE NUMÉRIQUE ?</strong></p> <p>Organisée par la communauté de philologie numérique d’EELISA, cette <strong>école d’été</strong> de cinq jours (29/06/2026 - 03/07/2026) propose aux étudiants de master, doctorants et jeunes chercheurs une immersion dans les développements récents de la <strong>philologie numérique</strong>, à travers un programme associant conférences, ateliers pratiques et temps d’échange.</p> <p>Les participants auront l’occasion de découvrir et de mettre à l’épreuve des <strong>outils numériques, récemment développés ou encore en cours d’élaboration</strong>, au sein de trois équipes de recherche internationales : la Scuola Normale Superiore de Pise, l’École nationale des Chartes à Paris et la Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg. Ces séances pratiques seront accompagnées d’une réflexion sur les orientations scientifiques qui sous-tendent ces projets, ainsi que sur les transformations de la recherche philologique à l’ère de l’intelligence artificielle. Le programme comprend également une <strong>visite guidée de la Biblioteca Medicea Laurenziana à Florence</strong>, avec la présentation d’une sélection de manuscrits remarquables issus de ses collections.</p> <p>L’école d’été a pour objectif de fournir une formation solide aux outils actuellement mobilisés en philologie numérique, tout en ouvrant des perspectives sur des protocoles émergents, au-delà de l’état de l’art. Une attention particulière sera portée aux approches qui articulent les <strong>potentialités computationnelles de l’IA</strong> avec les exigences de <strong>l’analyse qualitative propre aux méthodes philologiques</strong>, dans un cadre de recherche ouvert, collaboratif et conforme aux principes FAIR. Si l’accent est mis sur les <strong>textes médiévaux</strong>, les cadres théoriques et les méthodes présentés pourront être transposés à un large éventail de traditions textuelles.</p> <p>—</p> <p><strong>Programme</strong></p> <p>Les séances se tiendront chaque jour de 9h à 18h. Les langues de travail seront l’anglais, l’italien et le français.</p> <p>Le <strong>programme détaillé</strong> est disponible ici : [<a href="https://www.sns.it/sites/default/files/2026-03/EELISA%20Workshop%20digital%20philology.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lien</a>].</p> <p>Les ateliers pourront porter soit sur des textes proposés par les intervenants (en italien et en français médiévaux), soit sur des textes choisis par les participants. Les personnes souhaitant travailler sur leurs propres corpus sont invitées à préparer en amont la transcription de quelques pages d’un manuscrit, accompagnée d’un dossier de variantes. Il est demandé à chacun de se munir de son ordinateur portable.</p> <p>—</p> <p><strong>Prise en charge</strong></p> <p>Les frais de déplacement (aller-retour vers Pise), l’hébergement ainsi que les déjeuners seront pris en charge pour les participants affiliés à un établissement partenaire du réseau EELISA.</p> <p>Pour les participants extérieurs au réseau EELISA (merci de vérifier l’appartenance de votre établissement via le lien suivant : [<a href="https://eelisa.eu/partners/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lien</a>]), l’inscription est gratuite ; en revanche, les frais de déplacement et d’hébergement restent à leur charge.</p> <p>—</p> <p><strong>Candidature</strong></p> <p>Les candidatures peuvent être déposées directement sur le portail <a href="https://digitalcampus.eelisa.eu/activities/11629f58-a0c4-4fcc-b92e-f77fd35e8df9" target="_blank" rel="noreferrer noopener">EELISA Digital Campus</a><br /><br />Pour toute information complémentaire : <a href="mailto:stefano.benenati@sns.it">stefano.benenati@sns.it</a></p>]]></content:encoded>
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      <title>Les possibilités de l'archive : Archives et rapports de pouvoir</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133535/les-possibilites-de-l-archive-archives-et-rapports-de-pouvoir.html</link>
      <pubDate>Tue, 24 Mar 2026 10:06:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <description>LES POSSIBILITÉS DE L’ARCHIVE : Archives et rapports de pouvoir  Le dictionnaire de l’Académie française définit les archives comme les documents « manuscrits, imprimés, photographies, films, enregistrements sonores, etc., concernant le passé d’un peuple, d’une province, d’un département, d’une ville, d’une famille, d’une institution publique ou privée, etc. ». Les archives désignent aussi l’institution dédiée au traitement, à la conservation et à la communication des documents. Finalement, « archives » est aussi le nom donné au lieu au sein duquel sont entreposés certains de ces documents et qui accueille du public pour permettre leur consultation.  Selon Michel de Certeau dans L’écriture de l’histoire (1975), l’accès au réel au travers de l’agrégation des restes du passé demeure énigmatique puisqu’il s’agit de questionner l’absence. Or, le réel trouve bel et bien sa consistance au sein de l'absence. En ce sens, Paul Ricoeur, dans Temps et récit (1985), élabore l’idée que l’archive fait partie d’un temps chronologique qu’il est facile de suivre à l’échelle du temps humain mais que si on la sort de celui-ci et qu’on l’associe au temps cosmique (c’est-à-dire où tous les temps sont égaux), elle perd son pouvoir historique et se délite en plusieurs événements qui, chacun à leur [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133535_34839053e158a003d0af270cd9616212.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133535_34839053e158a003d0af270cd9616212.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>LES POSSIBILITÉS DE L’ARCHIVE :</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Archives et rapports de pouvoir</strong></p> <p> Le dictionnaire de l’Académie française définit les archives comme les documents « manuscrits, imprimés, photographies, films, enregistrements sonores, etc., concernant le passé d’un peuple, d’une province, d’un département, d’une ville, d’une famille, d’une institution publique ou privée, etc. ». Les archives désignent aussi l’institution dédiée au traitement, à la conservation et à la communication des documents. Finalement, « archives » est aussi le nom donné au lieu au sein duquel sont entreposés certains de ces documents et qui accueille du public pour permettre leur consultation. </p> <p>Selon Michel de Certeau dans L’écriture de l’histoire (1975), l’accès au réel au travers de l’agrégation des restes du passé demeure énigmatique puisqu’il s’agit de questionner l’absence. Or, le réel trouve bel et bien sa consistance au sein de l'absence. En ce sens, Paul Ricoeur, dans Temps et récit (1985), élabore l’idée que l’archive fait partie d’un temps chronologique qu’il est facile de suivre à l’échelle du temps humain mais que si on la sort de celui-ci et qu’on l’associe au temps cosmique (c’est-à-dire où tous les temps sont égaux), elle perd son pouvoir historique et se délite en plusieurs événements qui, chacun à leur manière, révèle et modifie l’histoire de sa nation, voire du monde. </p> <p>Depuis les travaux de l’historien Clément Chéroux datant de 2013, la notion de vernaculaire, d’abord appliquée aux productions photographiques d’ordre utilitaire, domestiques ou populaires, trouve un écho auprès d’autres types de documents, interrogeant ainsi les hiérarchies entre les archives. Ainsi, les personnes queer, racisées et issues d’autres minorités se sont emparées du vernaculaire remettant en question les rapports de pouvoir, entre visibilisation et invisibilisation. En se développant en marge des institutions et du pouvoir dominant (Jacques Derrida, 1995 ; Ann Laura Stoler, 2009) les archives peuvent être le fruit d'un regard autre.</p> <p>Parallèlement, les archives connaissent un regain d’intérêt auprès des artistes visuel·les et sonores contemporain·es tels que Mayara Ferrão qui croise ce matériau à l'utilisation de l'intelligence artificielle dans l'objectif d’attirer le regard sur un angle mort de l’histoire. En effet, en entraînant son IA dans une perspective décoloniale et queer, l’artiste recompose des images qui n’existaient pas afin de créer de « nouveaux souvenirs ». L’utilisation de l’intelligence artificielle pose frontalement la question de la falsification des archives, bien que ces phénomènes de manipulation n’aient pas attendus les avancées technologiques pour se développer. <br />D’une autre manière, tout en conservant l’idée de révéler les non-dits de l’histoire dominante et officielle, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige puisent leur inspiration au sein d’archives personnelles et de documents trouvés. Ainsi, les deux cinéastes et artistes explorent le visible et l’absent en montrant ce qui existe sans être immédiatement visible. Également, des documentaristes comme Sergey Loznista et Mila Turajilić emploient des documents d’archives afin de rétablir des histoires oubliées de peuples aspirants à la liberté. Au travers de ces différents prismes, un glissement s’opère pour les archives qui deviennent matériaux artistiques.</p> <p>Les archives se trouvent également être la cible d’épistémicides, tels que les définit le sociologue portugais Boaventura de Sousa Santos. Nous rencontrons ces meurtres de connaissances et de savoirs dans différents contextes tels que l’extermination des Amérindiens lors de la conquête de l'Amérique, les autodafés du régime Nazi de 1933, le génocide du peuple palestinien, la destruction du cinéma cambodgien par l’armée des Khmers rouges ou encore la destruction de Palmyre par le groupe État islamique Daech. Or, c’est justement grâce aux archives qu’il est possible d’amorcer des processus de réparation morale et matérielle au regard des situations de guerres et de conflits. Se pose ici la question de la qualité précaire des archives orales. Si elles se dispersent en raison de leur caractère non figé, elles ne peuvent pas être effacées de la même manière que les archives écrites et subsistent dans une mémoire collective.</p> <p>Dans une perspective interdisciplinaire, cette journée d’étude souhaite s’intéresser aux archives dans leur multiplicité de nature, de formes et d’usages contemporains marqués par le tournant archivistique, qui témoigne de la mutation du statut des archives, de sources documentaires en objets sociaux plus complexes.</p> <p>La journée d’étude propose différents axes de réflexion, non exhaustifs, à explorer : </p> <p>-       Archives vernaculaires </p> <p>-       Archives comme matériaux artistiques</p> <p>-       Archives et conflits</p> <p>-       Destruction et ruines</p> <p><strong>Cette journée d’études aura lieu le 22 mai 2026</strong> et s’adresse aux doctorant·es et jeunes chercheur·euses travaillant dans les disciplines des sciences humaines et sociales (arts visuels et sonores, littérature, langues, musique, danse, théâtre, cinéma, ...). Les propositions s’intégreront dans un contexte historique allant du Moyen-Âge à nos jours, sans contrainte géographique et culturelle. Les approches comparatistes et interdisciplinaires sont particulièrement bienvenues. </p> <p>Les propositions de communications, d’une quinzaine de lignes maximum, et accompagnées d’une courte bibliographie, devront être envoyées à Mathilde Vanhelmon, chargée de communication au sein de la revue, à l'adresse suivante : <a href="mailto:revue.lcc@gmail.com">revue.lcc@gmail.com</a>, <strong>avant le 24 avril 2026. </strong></p> <p><strong>Bibliographie indicative :</strong></p> <p>ALFANDARY Isabelle, Dialoguer l’archive, Bry-sur-Marne, INA, 2019, 154 pages.</p> <p>ARTIÈRES Philippe, BANAT-BERGER Françoise, COEURÉ Sophie, et al., Les archives, Paris, Seuil, 2015, 188 pages.</p> <p>ARTIÈRE Philippe et KALIFA Dominique, Histoire et archives de soi, Paris, CREDHESS, 2022, 372 pages.</p> <p>BERT François et RATCLIFF Marc J. (dir.), Frontières d’archives : recherches, mémoire, savoirs, Paris, Éditions des archives contemporaines, 2015, 199 pages.</p> <p>CHÉROUX Clément, Vernaculaires : essais d’histoire de la photographie, Cherbourg-Octeville, Le Point du Jour, 2013, 192 pages.</p> <p>DE CERTEAU Michel, L’écriture et l’histoire, Paris, Gallimard, 1975, 368 pages.</p> <p>DELAGE Christian et GUIGUENO Vincent, L’historien et le film, Paris, Gallimard, 2018, 426 pages.</p> <p>DERRIDA Jacques, Mal d’archive : une impression freudienne, Paris, Galilée, 1995, 150 pages.</p> <p>DE SOUSA SANTOS Boaventura, Épistémologies du Sud : mouvements citoyens et polémique sur la science, Paris, Éditions Desclée de Brouwer, coll. « Solidarité et société », 2016, 445 pages.</p> <p>FERRARIS Maurizio, Documentalité : pourquoi il est nécessaire de laisser des traces, Paris, Édition du Cerf, 2021, 494 pages.</p> <p>FOUCAULT Michel, L’archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969, 275 pages.</p> <p>FARGE Arlette, Le goût de l'archive, Paris, Éditions du Seuil, 1997, 152 pages.</p> <p>UMUBYEYI-MAIRESSE Beata, Le convoi : récit, Paris, Flammarion, 2024, 333 pages.</p> <p>MAKAREMI Chowra, Le cahier d’Aziz : au cœur de la révolution iranienne, Paris, Gallimard, 2011, 198 pages.</p> <p>RICŒUR Paul, Temps et Récit : Le Temps raconté, Paris, Éditions du Seuil, Vol. III, 1985, 432 pages. </p> <p>STOLER Ann Laura, Au cœur de l’archive coloniale. Questions de méthode (2009), trad. de l’anglais par Christophe Jaquet et Joséphine Gross, Paris, Éditions de l’EHESS, 2019, 390 pages.</p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>Les revues comme espaces de médiation culturelle du fascisme et du postfascisme entre Italie et France, 1920-1970 (Nice)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133549/les-revues-comme-espaces-de-mediation-culturelle-du-fascisme-et.html</link>
      <pubDate>Tue, 24 Mar 2026 04:06:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Appel à communications  Les revues comme espaces de médiation culturelle du fascisme et du postfascisme entre Italie et France (1920-1970)  Cette manifestation s’inscrit dans le renouvellement scientifique et méthodologique impulsé par les periodical studies, qui envisagent les périodiques comme un objet d’étude à part entière. Les revues y sont analysées dans toute leur complexité — contenu, matérialité, réseaux et contextes de production — à la croisée de l’histoire et de la littérature. L’essor des humanités numériques, notamment à travers la lecture distante et l’analyse de réseaux, ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives pour appréhender à la fois les « revues en réseau » et les « réseaux de revues ». Sur le plan thématique, cette journée d’études s’inscrit dans le renouvellement des recherches consacrées au fascisme italien, en particulier dans le cadre du projet ANR EUROFA. Europe et fascisme italien (1922-1943), transnationalisme, circulations et réseaux. Elle propose d’examiner les relations entre revues et culture entre 1920 et 1970, dans une perspective croisée entre la France et l’Italie, en interrogeant le rôle des périodiques comme lieux d’élaboration intellectuelle et vecteurs d’idéologies en formation.  Dès les premières années du régime de Benito Mussolini, les revues s’imposent en effet comme des instruments essentiels de production, [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133549_d849f0c775387913154153ca0b1504a3.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133549_d849f0c775387913154153ca0b1504a3.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Appel à communications </p> <p style="text-align:center;"><strong>Les revues comme espaces de médiation culturelle du fascisme et du postfascisme entre Italie et France (1920-1970) </strong></p> <p style="text-align:left;">Cette manifestation s’inscrit dans le renouvellement scientifique et méthodologique impulsé par les <em>periodical studies</em>, qui envisagent les périodiques comme un objet d’étude à part entière. Les revues y sont analysées dans toute leur complexité — contenu, matérialité, réseaux et contextes de production — à la croisée de l’histoire et de la littérature. L’essor des humanités numériques, notamment à travers la lecture distante et l’analyse de réseaux, ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives pour appréhender à la fois les « revues en réseau » et les « réseaux de <br />revues ». Sur le plan thématique, cette journée d’études s’inscrit dans le renouvellement des recherches consacrées au fascisme italien, en particulier dans le cadre du projet <em>ANR EUROFA. Europe et fascisme italien (1922-1943), transnationalisme, circulations et réseaux</em>. Elle propose d’examiner les relations entre revues et culture entre 1920 et 1970, dans une perspective croisée entre la France et l’Italie, en interrogeant le rôle des périodiques comme lieux d’élaboration intellectuelle et vecteurs d’idéologies en formation. </p> <p style="text-align:left;">Dès les premières années du régime de Benito Mussolini, les revues s’imposent en effet comme des instruments essentiels de production, de médiation et de diffusion de la culture fasciste. Elles contribuent à façonner un imaginaire et un lexique en articulant étroitement projet esthétique et projet idéologique. Dans le même temps, les périodiques de l’exil antifasciste maintiennent des espaces de dissidence et de débat, notamment en France. La circulation matérielle des revues et leur réception, en Italie comme à l’étranger, témoignent ainsi de leur rôle central dans les dynamiques culturelles et politiques de l’époque. </p> <p style="text-align:left;">Du milieu des années 1930 jusqu’à l’immédiat après-guerre, les revues italiennes constituent un observatoire privilégié des bouleversements politiques et culturels induits par la guerre. Elles accompagnent l’affirmation d’un impérialisme culturel reflétant les ambitions coloniales et expansionnistes du régime, tandis que les publications antifascistes en exil proposent une lecture critique des événements. Dans ce contexte, la circulation des périodiques se trouve profondément conditionnée par la guerre et les occupations. Après 1945, la chute du fascisme ouvre une phase de refondation intellectuelle marquée par une véritable floraison de revues culturelles, devenues les symboles d’une liberté retrouvée. Nombre d’entre elles posent explicitement la question d’une <em>« nuova cultura »</em>, redéfinissant les rapports entre littérature, politique et société dans une Italie engagée dans la reconstruction démocratique. </p> <p style="text-align:left;">À partir des années 1950, les revues italiennes s’affirment enfin comme des laboratoires de l’expérimentalisme, de la néo-avant-garde et de la contre-culture, sur fond de <em>« miracolo economico »</em> et de généralisation des médias. Elles remettent en question les modèles traditionnels d’écriture, expérimentent de nouvelles formes linguistiques et intègrent à la réflexion littéraire la sémiotique, la sociologie ou l’analyse de l’industrie culturelle. Ouvertes au contexte international et attentives aux circulations intellectuelles, elles accueillent des voix étrangères et prolongent l’héritage des avant-gardes. La revue devient ainsi un espace d’élaboration théorique, d’innovation esthétique et de résistance symbolique face à la massification culturelle, contribuant à redéfinir les rapports entre langage et idéologie ainsi que la fonction de l’intellectuel dans une société en mutation.</p> <p style="text-align:left;">Les propositions de communication pourront s’inscrire, à titre indicatif et non exhaustif, dans les axes suivants :</p> <p style="text-align:left;"><strong>1 – Les revues et la diffusion de la culture fasciste</strong></p> <p style="text-align:left;">- Production et circulation matérielle infra- et transnationale<br />- Réception politique, intellectuelle et institutionnelle<br />- Confrontations entre fascisme et antifascisme<br />- Enjeux et débats de l’élaboration théorique d’une culture fasciste</p> <p style="text-align:left;"><strong>2 – Les revues comme laboratoires entre conflits et <em>« nuova cultura »</em></strong></p> <p style="text-align:left;">- Valorisation et critique de la culture impérialiste fasciste<br />- Circulation matérielle dans un contexte de guerre<br />- Laboratoires de pensées durant la reconstruction postfasciste<br />- Débats sur la fonction de la littérature dans l’immédiat d’après-guerre</p> <p style="text-align:left;"><strong>3 – Revues, expérimentalisme et contre-culture</strong></p> <p style="text-align:left;">- Laboratoires d’expérimentation formelle et interdisciplinaire<br />- Littérature et industrie culturelle : nouvelles perspectives critiques<br />- Dialogues franco-italiens et élaboration d’une identité littéraire européenne<br />- Polémiques et conflits dans l’espace des revues culturelles</p> <p style="text-align:left;">Une attention particulière sera également accordée aux approches relevant des humanités numériques (lexicométrie, analyse de réseaux, approches prosopographiques, etc.), ainsi qu’à l’exploitation d’archives variées allant des archives de correspondances et de fonds éditoriaux aux archives administratives.</p> <p style="text-align:left;">—</p> <p style="text-align:left;">Les propositions de communication (300–400 mots en français, italien ou anglais) seront accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique et devront être envoyées avant le <strong>1er juin 2026</strong> aux adresses suivantes : <a href="mailto:virginia.giacomelli@univ-cotedazur.fr">virginia.giacomelli@univ-cotedazur.fr</a> ; <a href="mailto:vincent.sarbach-pulicani@outlook.com">vincent.sarbach-pulicani@outlook.com</a>.</p> <p style="text-align:left;">La journée d’étude se tiendra les <strong>8 et 9 octobre 2026</strong> à Nice et en distanciel. Les langues de travail seront le français, l’italien et l’anglais ; la maîtrise du français et de l’italien est vivement recommandée.</p> <p style="text-align:left;">Le transport est à la charge des participants.</p> <p style="text-align:left;">L’hébergement et la restauration (un repas et un buffet) sont à la charge de l’organisation.</p> <p style="text-align:left;">—</p> <p style="text-align:left;"><strong>Comité d’organisation</strong> : Virginia Giacomelli (doctorante, CMMC – Università "La Sapienza") ; Jérémy Guedj (MCF, CMMC) ; Barbara Meazzi (PR, CMMC) ; Jean-Paul Pellegrinetti (PR, CMMC) ; Vincent Sarbach-Pulicani (doctorant, CMMC – Università di Pisa).<br /><strong></strong></p> <p style="text-align:left;"><strong>Comité scientifique</strong> : Cecilia Bello Minciacchi (Università "La Sapienza") ; Jérémy Guedj (CMMC) ; Stéphanie Lanfranchi (ENS Lyon) ; Barbara Meazzi (CMMC) ; Jean-Paul Pellegrinetti (CMMC).</p> <p style="text-align:center;">—</p> <p style="text-align:center;"><strong>Call for papers</strong><br /><strong>Le riviste come spazi di mediazione culturale tra fascismo e postfascismo tra Italia e Francia (1920-1970)</strong></p> <p style="text-align:left;">Questa manifestazione si inserisce nel rinnovamento scientifico e metodologico promosso dai <em>periodical studies</em>, che considerano i periodici come un oggetto di studio a sé stante. Le riviste vengono analizzate in tutta la loro complessità — contenuti, materialità, reti e contesti di produzione — all’incrocio tra storia e letteratura. Lo sviluppo delle <em>digital humanities</em>, in particolare attraverso la <em>distant reading</em> e l’analisi delle reti, apre oggi nuove prospettive per comprendere sia le «riviste in rete» sia le «reti di riviste». Da un punto di vista tematico, questa giornata di studi si inserisce nel rinnovamento delle ricerche dedicate al fascismo italiano, in particolare nell’ambito del progetto <em>ANR EUROFA. Europe et fascisme italien (1922-1943), transnationalisme, circulations et réseaux</em>. Essa propone di esaminare le relazioni tra riviste e cultura tra il 1920 e il 1970, in una prospettiva incrociata tra Italia e Francia, interrogando il ruolo dei periodici come luoghi di elaborazione intellettuale e vettori di ideologie in formazione.</p> <p style="text-align:left;">Fin dai primi anni del regime di Benito Mussolini, le riviste si affermano infatti come strumenti essenziali di produzione, mediazione e diffusione della cultura fascista. Esse contribuiscono a plasmare un immaginario e un lessico, tenendo strettamente uniti progetto estetico e progetto ideologico. Allo stesso tempo, i periodici dell’esilio antifascista mantengono spazi di dissenso e di dibattito, in particolare in Francia. La circolazione materiale delle riviste e la loro ricezione, in Italia come all’estero, testimoniano così il loro ruolo centrale nelle dinamiche culturali e politiche dell’epoca.</p> <p style="text-align:left;">Dalla metà degli anni Trenta fino all’immediato dopoguerra, le riviste italiane costituiscono un osservatorio privilegiato dei mutamenti politici e culturali provocati dal conflitto. Se da un lato esse accompagnano l’affermazione di un imperialismo culturale che riflette le ambizioni coloniali ed espansionistiche del regime, dall’altro le pubblicazioni antifasciste in esilio offrono una lettura critica degli eventi. In questo contesto, la circolazione dei periodici risulta profondamente condizionata dalla guerra e dall’occupazione straniera. Dopo il 1945, la caduta del fascismo apre una fase di rifondazione intellettuale segnata da una vera e propria fioritura di riviste culturali, divenute simbolo di libertà ritrovata. Molte di esse pongono esplicitamente la questione di una <em>nuova cultura</em>, ridefinendo i rapporti tra letteratura, politica e società in un’Italia impegnata nella ricostruzione democratica.</p> <p style="text-align:left;">A partire dagli anni Cinquanta, le riviste italiane si affermano come laboratori di sperimentalismo, neoavanguardia e controcultura, sullo sfondo del miracolo economico e della diffusione generalizzata dei media. Esse mettono in discussione i modelli tradizionali di scrittura, sperimentano nuove forme linguistiche e integrano nella riflessione letteraria la semiotica, la sociologia e l’analisi dell’industria culturale. Aperte al contesto internazionale e attente alla circolazione intellettuale, accolgono voci straniere e prolungano l’eredità delle avanguardie. La rivista diventa così uno spazio di elaborazione teorica, di innovazione estetica e di resistenza simbolica alla massificazione culturale, contribuendo a ridefinire i rapporti tra linguaggio e ideologia, nonché la funzione dell’intellettuale in una società in trasformazione.<br /><br />Le proposte di comunicazione potranno inserirsi, a titolo indicativo e non esaustivo, nei seguenti assi di ricerca:</p> <p style="text-align:left;"><strong>1 – Le riviste e la diffusione della cultura fascista</strong><br />- Produzione e circolazione materiale infra- e transnazionale<br />- Ricezione politica, intellettuale e istituzionale<br />- Confronti tra fascismo e antifascismo<br />- Questioni e dibattiti legati all’elaborazione teorica di una cultura fascista</p> <p style="text-align:left;"><strong>2 – Le riviste come laboratori tra conflitti e “nuova cultura”</strong><br />- Valorizzazione e critica della cultura imperialista fascista<br />- Circolazione materiale in un contesto di guerra<br />- Laboratori di pensiero durante la ricostruzione postfascista<br />- Dibattiti sulla funzione della letteratura nell’immediato dopoguerra</p> <p style="text-align:left;"><strong>3 – Riviste, sperimentalismo e controcultura</strong><br />- Laboratori di sperimentazione formale e interdisciplinare<br />- Letteratura e industria culturale: nuove prospettive critiche<br />- Dialoghi franco-italiani e costruzione di un’identità letteraria europea<br />- Polemiche e conflitti nello spazio delle riviste culturali</p> <p style="text-align:left;">Particolare attenzione sarà inoltre rivolta agli approcci legati alle digital humanities (lessicometria, analisi di reti, approcci prosopografici, ecc.), nonché all’utilizzo di archivi eterogenei: dalle corrispondenze e dai fondi editoriali, fino agli archivi amministrativi.</p> <p style="text-align:left;">Le proposte di comunicazione (300–400 parole, in francese, italiano o inglese) dovranno essere accompagnate da una breve nota bio-bibliografica e inviate entro il <strong>1° giugno 2026</strong> ai seguenti indirizzi: <a href="mailto:virginia.giacomelli@univ-cotedazur.fr">virginia.giacomelli@univ-cotedazur.fr</a> ; <a href="mailto:vincent.sarbach-pulicani@outlook.com">vincent.sarbach-pulicani@outlook.com</a> . La giornata di studio si terrà l’<strong>8 e 9 ottobre 2026</strong> a Nizza e online. Le lingue di lavoro saranno il francese, l’italiano e l’inglese; è fortemente raccomandata una buona conoscenza del francese e dell’italiano.</p> <p style="text-align:left;">Le spese di viaggio sono a carico dei partecipanti. L’alloggio e la ristorazione (un pasto e un buffet) sono a carico dell’organizzazione.</p> <p style="text-align:left;"><strong>Comitato organizzativo</strong>: Virginia Giacomelli (dottoranda, CMMC – Università "La Sapienza"); Jérémy Guedj (MCF, CMMC); Barbara Meazzi (prof.ssa, CMMC); Jean-Paul Pellegrinetti (prof., CMMC); Vincent Sarbach-Pulicani (dottorando, CMMC).<br /><strong>Comitato scientifico</strong>: Cecilia Bello Minciacchi (Università "La Sapienza"); Jérémy Guedj (CMMC); Stéphanie Lanfranchi (ENS Lyon); Barbara Meazzi (CMMC); Jean-Paul Pellegrinetti (CMMC).<strong></strong></p>]]></content:encoded>
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      <title>Styles écologiques : vers une écostylistique ?</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133543/styles-ecologique-vers-une-ecostylistique.html</link>
      <pubDate>Tue, 24 Mar 2026 02:35:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Styles écologiques à l’épreuve du vivant Vers une écostylistique ?   Dossier coordonné par Cécile Narjoux et Sophie Milcent-Lawson    Argumentaire Depuis une dizaine d’années, les études littéraires ont vu se développer de manière soutenue des recherches consacrées aux relations entre littérature, écologie et vivant[1]. Sous les appellations d’écocritique[2], d’écopoétique[3], de zoopoétique[4] ou encore d’humanités environnementales[5], ces approches ont contribué à renouveler en profondeur les cadres d’analyse, en attirant l’attention sur la manière dont les textes interrogent les milieux, les interdépendances du vivant[6], les catastrophes naturelles[7] et en explorant les formes contemporaines mobilisées pour dire la crise écologique[8]. Si ces perspectives ont permis de penser autrement les objets[9], les imaginaires et les enjeux éthiques des textes, elles ont plus marginalement interrogé de manière systématique les formes linguistiques[10] et stylistiques[11] par lesquelles le vivant – et aujourd’hui le vivant en crise – se donne à lire. Or la crise écologique ne constitue pas seulement un thème ou un arrière-plan narratif : elle engage une transformation profonde des modes de représentation et met à l’épreuve les formes mêmes de la langue, du récit et de l’énonciation. Ce dossier se donne pour objectif d’explorer, dans une perspective stylistique, ce que la confrontation au [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;"><strong>Styles écologiques à l’épreuve du vivant</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Vers une écostylistique ?</strong></p> <p> </p> <p>Dossier coordonné par Cécile Narjoux et Sophie Milcent-Lawson </p> <p> </p> <p><strong>Argumentaire</strong></p> <p>Depuis une dizaine d’années, les études littéraires ont vu se développer de manière soutenue des recherches consacrées aux relations entre littérature, écologie et vivant[1]. Sous les appellations d’écocritique[2], d’écopoétique[3], de zoopoétique[4] ou encore d’humanités environnementales[5], ces approches ont contribué à renouveler en profondeur les cadres d’analyse, en attirant l’attention sur la manière dont les textes interrogent les milieux, les interdépendances du vivant[6], les catastrophes naturelles[7] et en explorant les formes contemporaines mobilisées pour dire la crise écologique[8]. Si ces perspectives ont permis de penser autrement les objets[9], les imaginaires et les enjeux éthiques des textes, elles ont plus marginalement interrogé de manière systématique les formes linguistiques[10] et stylistiques[11] par lesquelles le vivant – et aujourd’hui le vivant en crise – se donne à lire. Or la crise écologique ne constitue pas seulement un thème ou un arrière-plan narratif : elle engage une transformation profonde des modes de représentation et met à l’épreuve les formes mêmes de la langue, du récit et de l’énonciation.</p> <p>Ce dossier se donne pour objectif d’explorer, dans une perspective stylistique, ce que la confrontation au vivant fait à la littérature et au style. Ancrée dans la tradition de la stylistique et de la linguistique du texte, la réflexion proposée accordera une attention fine aux formes du langage – syntaxe, lexique, figures, dispositifs énonciatifs et pragmatiques – envisagées non comme de simples vecteurs de représentation, mais comme des lieux de médiation sensible entre les humains et leurs milieux. Elle dialoguera ainsi étroitement avec l’écopoétique (au sens large, incluant la zoopoétique), tout en affirmant la spécificité d’une approche fondée sur l’analyse linguistique et stylistique des textes. Deux axes principaux structureront la réflexion : </p> <p>• D’une part, l’attention sera portée à des styles écologiques émergents, envisagés comme des configurations langagières historiquement et génériquement situées, par lesquelles les textes donnent forme à des manières spécifiques de dire, de percevoir et d’habiter le monde vivant à l’anthropocène. Les études sur corpus proposées auront ainsi pour horizon d’esquisser une cartographie raisonnée des « styles écologiques ». Il s’agira donc de repérer, par-delà la stylistique d’auteur, des récurrences formelles, des écarts et des tensions, afin d’interroger ce que l’identification de telles configurations stylistiques permet de penser du rapport entre langage, formes et vivant – et ce qu’elle laisse éventuellement hors champ.</p> <p>• D’autre part, si le terme d’« écostylistique » n’est pas entièrement inédit et a été employé de manière ponctuelle dans certains travaux récents, en français comme en anglais[12], il n’a toutefois pas fait l’objet d’une conceptualisation théorique stabilisée. Le présent dossier se donne précisément pour objectif d’interroger la fécondité heuristique d’une possible écostylistique, en dialogue – voire en tension – avec l’écopoétique, dédiée aux innovations stylistiques que l’attention au vivant suscite dans les œuvres littéraires de l’extrême-contemporain[13]. L’enjeu est de réfléchir à la manière dont le vivant – dans sa vulnérabilité, sa persistance ou sa disparition – oblige la stylistique à réinterroger ses catégories, ses gestes analytiques et ses présupposés. En ce sens, une écostylistique sera ici envisagée comme une hypothèse de travail, problématisante et non prescriptive, afin d’examiner ce que la crise écologique fait à nos outils d’analyse largement hérités d’une tradition anthropocentrée. À titre d’exemple, les notions de parole[14], de discours, de polyphonie[15], de flux de conscience[16], de prosopopée[17] sont-elles adaptées lorsqu’il s’agit d’essayer de représenter les points de vue du non-humain, par définition non locuteur[18] ? Quels autres moyens stylistiques les textes expérimentent-ils et par quels nouveaux outils d’analyse l’approche stylistique peut-elle en rendre compte ? </p> <p>Les contributions pourront adopter des approches théoriques, méthodologiques ou analytiques, en s’appuyant sur des corpus précisément situés, non pour en épuiser l’analyse, mais pour interroger, à travers eux, les conditions stylistiques de l’expérience du vivant. Une attention particulière sera accordée à la diversité institutionnelle des contributeurs et à la variété des corpus étudiés au sein des écritures contemporaines du vivant (France, francophonies, espaces transnationaux), ainsi qu’à la pluralité des outils mobilisés.</p> <p>Les contributions pourront notamment explorer, sans s’y limiter, les axes suivants :</p> <ul> <li>reconfigurations de la temporalité narrative face à la crise écologique ;</li> <li>modalisations de l’incertitude, du possible et de la catastrophe ;</li> <li>tensions syntaxiques et figurales entre débordement, saturation et effacement ;</li> <li>déplacements de la voix et de l’énonciation au-delà du seul sujet humain (prosopopées, dispositifs de délégation de parole, formes de zoocentrage ou d’écocentrage) ;</li> <li>transformations des régimes de la représentation narrative (élargissement de la notion de personnage[19], narratologies non naturelles, éconarratologie[20]) ;</li> <li>émergence de formes langagières nouvelles (néologismes, reconfigurations pronominales, hybridations discursives, flux de conscience physiologique, énonciations partagées) ;</li> <li>continuités et écarts stylistiques entre textes littéraires et discours environnementaux non littéraires (scientifiques, politiques, médiatiques[21])</li> </ul> <p>Sans opposer ces corpus, il s’agira d’examiner ce que leurs matérialités langagières respectives permettent de saisir des transformations contemporaines du rapport au vivant sensibles dans la langue.</p> <p>En plaçant ainsi la stylistique à l’épreuve du vivant, ce dossier entend ouvrir un espace de réflexion collective, et contribuer à poser les jalons d’un champ en devenir, comme zone de tension féconde entre analyse linguistique, histoire des formes, réflexion poétique et interrogation éthique.</p> <p> </p> <p><strong>Cécile Narjoux</strong> est professeure de langue française et de stylistique à l’Université Paris Cité (CERILAC). Ses travaux portent sur la littérature française contemporaine et développent une approche grammastylistique des formes langagières par lesquelles s’écrivent la crise écologique et les catastrophes naturelles. Elle est notamment l’autrice de <em>La Grammaire graduelle du français</em> (De Boeck, 3e éd., 2025) et de <em>L’Expérience du temps dans les récits de fiction contemporains </em>(EUD, 2022), consacrés aux reconfigurations temporelles et aux tensions stylistiques dans la prose contemporaine. Elle coanime à Paris Cité des séminaires de recherche dédiés aux écritures du vivant et aux formes narratives et stylistiques de la faille (Lignes de faille), ainsi qu’à la diversité des manières de dire, de faire et de vivre les relations entre le vivant et ses milieux (<em>La Terre en écritures</em>). Elle travaille actuellement à un ouvrage consacré aux configurations narratives du désarroi écologique dans les fictions françaises et francophones du XXIᵉ siècle.</p> <p><strong>Sophie Milcent-Lawson</strong> est professeure de stylistique à l’Université de Lorraine (Nancy, LIS). Spécialiste de zoopoétique, ses travaux portent plus particulièrement sur les tentatives de représentation d’un point de vue animal en littérature et sur les discours prêtés aux animaux (<em>Discours animaux, discours sur les animaux</em>, dir., 2025). Elle est également l’autrice de nombreux articles sur la prose narrative des XXe et XXIe siècles, d’études sur les figures, et de travaux sur les zoofictions et les zoographies, notions qu’elle a contribué à théoriser ainsi que celles de « séquence zoocentrée », de « on trans-spécifique » de « flux de conscience physiologique », ou encore d’« uglossies animales » et d’ « imaginaires zoolinguistiques ». Son essai <em>Le Point de vue animal dans les textes littéraires</em> est à paraître aux éditions Classiques Garnier. Elle travaille également sur les problématiques de délégation de parole au service des non-humains (<em>Manières de parler pour. Enjeux, limites et réinvention des dispositifs de porte-parola</em>t, co-dir. avec Charlotte Lacoste, à par. juillet 2027).</p> <p></p> <p><strong>Modalités de soumission </strong></p> <p>La date limite de réception des propositions d’articles est fixée au <strong>15 juin 2026. </strong></p> <p>Elles doivent être adressées aux coordinatrices du numéro : <a href="mailto:cecilenarjoux.univpariscite@gmail.com">cecilenarjoux.univpariscite@gmail.com</a> et <a href="mailto:sophie.lawson@orange.fr">sophie.lawson@orange.fr</a> </p> <p> </p> <p><strong>Les propositions devront comporter :</strong></p> <p>·      Un titre et 4 à 6 mots clés.</p> <p>·      Un résumé (entre 3000 et 5000 signes) précisant le cadre théorique et méthodologique, le corpus d’étude envisagé, ainsi que les principales références bibliographiques </p> <p>·      Une notice biobibliographique précisant notamment l’affiliation institutionnelle et la fonction actuelles.</p> <p>·      Le fichier (adressé en format word et PDF) sera nommé de la manière suivante : NOM-Prénom-titre-date</p> <p>Les auteur·ices se verront notifié·e·s le 12 juillet 2026. </p> <p>Les articles attendus sont d’un format de 35 à 40 000 signes (espaces, notes et bibliographie incluses) et la version 1 devra être remise au plus tard le 15 octobre 2026, afin de pouvoir être expertisée. </p> <p><br /> <br />[1] Voir le site <a href="https://www.literature.green">https://www.literature.green</a> ; Schoentjes, Pierre, <em>Littérature et écologie. Le mur des abeilles,</em> Paris, Corti, coll. « Les Essais », 2020. <br />[2] Suberchicot, Alain, <em>Littérature et environnement : pour une écocritique comparée</em>, Paris, Champion, 2012 ; Finch-Race Daniel et Posthumus Stéphanie (dir.),<em> French Ecocriticism. From the Early Modern Period to the Twenty-First Century</em>, Frankfurt, Peter Lang, 2017. <br />[3] Schoentjes, Pierre, <em>Ce qui a lieu : essai d'écopoétique</em>, Marseille, Éditions Wild Project, 2015. Marcandier, Christine, <em>L’Écopoétique</em>, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, coll. « Libre cours », 2024.<br />[4] Simon, Anne et Benhaïm, André (dir.), « Zoopoétique : les animaux dans la littérature de langue française (XXe-XXIe siècles) », <em>Revue des Sciences Humaines</em>, n° 328, octobre-décembre 2017. Simon, Anne, <em>Une bête entre les lignes. Essai de zoopoétique</em>. Marseille, Wildproject., 2021. Voir aussi le Carnet de zopoétique : <a href="https://animots.hypotheses.org">https://animots.hypotheses.org</a> <br />[5] Blanc, Guillaume, Demeulenaere, Élise et Feuerhahn, Wolf (dir.), <em>Humanités environnementales. Enquêtes et contre-enquêtes</em>, Paris, Éd. de la Sorbonne, 2017. ; disponible en ligne : <a href="https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.84270">https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.84270</a> ; Buekens, Sara, <em>Émergence d’une littérature environnementale : Gary, Gascar, Gracq, Le Clézio, Trassard à la lumière de l’écopoétique</em>, Genève, Droz, 2020.<br />[6] Cornelus, Hannah,<em> Tisser les interdépendances. Écopoétique des liens dans la littérature française contemporaine</em>, Genève, Droz, coll. « Romanica Gandensia », n°54, 2023.<br />[7] Narjoux, Cécile, « “une pluie de pleurs tombant continûment du ciel” : les eaux et les larmes ou le pathétique écologique dans les récits contemporains de catastrophes naturelles », <em>Revue critique de fixxion française contemporaine</em> [En ligne], 31, 2025. URL : <a href="http://journals.openedition.org/fixxion/15877">http://journals.openedition.org/fixxion/15877</a> ; DOI : <a href="https://doi.org/10.4000/15cih">https://doi.org/10.4000/15cih</a>.; Langlet Irène et Huz Aurélie, « Fictions climatiques. Introduction », <em>ReS Futurae,</em> n°21, Fictions climatiques, dir. Irène Langlet et Aurélie Huz, 2023 : <a href="https://doi.org/10.4000/resf.12271">https://doi.org/10.4000/resf.12271</a><br />[8] Cavallin, Jean-Christophe, et Alain Romestaing (dir.), <em>Écopoétique pour des temps extrêmes</em>, Fabula-LhT, en ligne, n° 27, 2021. <a href="https://doi.org/10.58282/lht.2832">https://doi.org/10.58282/lht.2832</a> ; Barontini, Riccardo, Buekens, Sara et Schoentjes, Pierre (dir.),<em> L’horizon écologique des fictions contemporaines,</em> Genève, Droz, 2022 ; Caracciolo Marco, <em>Contemporary Fiction and Climate Uncertainty. Narrating Unstable Futures</em>, London, New York et Dublin, Bloomsbury Academic, coll. « Environmental Cultures », 2022.<br />[9] Khon, Eduardo (2017), <em>Comment pensent les forêts : vers une anthropologie au-delà de l’humain</em>, Bruxelles, Zones sensibles éditions.<br />[10] Kerbrat-Orecchioni, Catherine, <em>Nous et les autres animaux</em>, Limoges, Lambert-Lucas. 2021. <br />[11] Milcent-Lawson, Sophie, <em>Le Point de vue animal dans les textes littéraires des XXe et XXie siècles</em>, Paris, Classiques Garnier, coll. « Investigations stylistiques », à paraître.<br />[12] Virdis, Daniela Francesca, <em>Ecological Stylistics: Ecostylistic Approaches to Discourses of Nature, the Environment and Sustainability.</em> Palgrave Macmillan, 2022.<br />[13] Voir par exemple Beltran, Perrine, Stylistique du zoocentrage dans les fictions contemporaines de langue française : le rôle de l’analogie, thèse de doctorat, soutenue le 2/12/2024 à Sorbonne Nouvelle, dir. Claire Badiou-Montferran. <br />[14] Goudet, Laura, Paveau, Marie-Anne et Ruchon, Catherine, « Écouter les animaux parler » dans Discours animal. Langages, interactions, représentations : <em>Itinéraires</em> [En ligne], 2020, consulté le 21 février 2026. URL : <a href="http://journals.openedition.org/itineraires/8756">http://journals.openedition.org/itineraires/8756</a> ; DOI : <a href="https://doi.org/10.4000/itineraires.8756">https://doi.org/10.4000/itineraires.8756</a> ; <a href="https://journals.openedition.org/itineraires/6587">https://journals.openedition.org/itineraires/6587</a>.<br />[15] Voir par ex. Rosier, Laurence, « Du discours rapporté à la dilution énonciative : un paradigme stylistique pour une écriture bestiaire ? À partir de l’exemple d’<em>Un chien à ma table</em> de Claudie Hunzinger », <em>Pratiques</em>, 2023, p. 199-200, <a href="https://doi.org/10.4000/pratiques.13704">https://doi.org/10.4000/pratiques.13704</a>.<br />[16] Milcent-Lawson, Sophie, « Variante physiologique du flux de conscience. Écrire un vécu animal dans la littérature française des XXe et XXIe siècles », dans Éric Baratay (dir.), <em>Ecrire du côté des animaux</em>, Éditions de la Sorbonne, 2023, p. 125-136.<br />[17] Plas, Elisabeth, « ‘(Ainsi parlent les araignées)’ : Les prosopopées sans anthropocentrisme de l’histoire naturelle romantique »,<em> Itinéraires. Littérature, textes, cultures</em>, 2, dans le dossier « Discours animal. Langages, interactions, représentations », 2020. DOI : <a href="https://doi.org/10.4000/itineraires.8718">https://doi.org/10.4000/itineraires.8718</a><br />[18] Milcent-Lawson, Sophie, « Émergence d’un on trans-spécifique », <em>Pratiques</em> [En ligne], 207-208, 2025, consulté le 22 décembre 2025. URL : <a href="http://journals.openedition.org/pratiques/19928">http://journals.openedition.org/pratiques/19928</a> ; DOI : <a href="https://doi.org/10.4000/15dim">https://doi.org/10.4000/15dim</a>.<br />[19] Posthumus Stéphanie, « Écocritique et ecocriticism. Repenser le personnage écologique. », dans Mirella Vadean et Sylvain Davir, <em>La Pensée écologique et l’espace littéraire</em>, « Figura », n° 36, 2014, p. 15-34. <br />[20] Voir Patron, Sylvie, « Narrations d’Anima : un récit non naturel ? », dans C. Badiou Monferran, L. Denooz (dir.) <em>Langues d’Anima</em>, Paris, Classiques Garnier, 2016, p. 41-61. Voir aussi James Erin et Morel Eric (dir.), <em>Environment and Narrative. New Directions in Narratology,</em> Colombus, Ohio State University Press, 2020. <br />[21] Voir par exemple Nataly Botero, « “Aux abeilles, la patrie reconnaissante”. Discours et dispositifs de communication des associations engagées dans la lutte contre les pesticides », <em>Semen</em> [En ligne], 55 | 2024, mis en ligne le 23 janvier 2025, consulté le 19 février 2026. URL : <a href="http://journals.openedition.org/semen/19828">http://journals.openedition.org/semen/19828</a>;  Andrea Catellani et Amaia Errecart, « Introduction. Agir pour l’environnement – performativité et action dans les discours écologiques », <em>Semen</em>, 55 | 2024, 11-19. <a href="https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.4000/137xq">https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.4000/137xq</a>: Guest, Bertrand, « L'essai, forme-sens de l'écologie naissante ? Humboldt, Thoreau, Reclus », <em>Romantisme</em>, n° 164, 2014/2, p. 63-73.</p>]]></content:encoded>
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      <title>"Pratiques du commun" dans les lettres et les arts afro‑luso‑brésiliens (Sorbonne Université)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133518/colloque-international-pratiques-du-commun-dans-les-lettres.html</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:03:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[perrine.coudurier@fabula.org (Perrine Coudurier)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Appel à communications  Colloque international « Pratiques du commun » dans les lettres et les arts afro‑luso‑brésiliens Sorbonne Université, les 16 et 17 novembre 2026 Alors que les notions de communauté, de partage et de création collective occupent une place centrale dans les débats contemporains, ce colloque international propose d’explorer les « pratiques du commun » dans les lettres et les arts afro‑luso‑brésiliens, en interrogeant leurs formes, leurs imaginaires, leurs héritages et dynamiques. La notion de « commun » est ici comprise non comme un bloc homogène et prédéfini – à l’image de ce qui prévaut dans les contextes autoritaires –, mais en tant qu’ensemble de pratiques hétérogènes et en transformation permanente, qui relient, délient et reconfigurent continuellement la relation. Cette perspective s’inspire d’auteurs tels que Pierre Dardot et Christian Laval[1], qui conçoivent le commun comme un principe politique et une pratique instituante, mais également d’approches qui, dans les arts, mettent en avant la dimension relationnelle du processus de création, comme l’a formulé le commissaire d’exposition et historien de l’art français Nicolas Bourriaud en introduisant la notion d’« esthétique relationnelle »[2]. Les dynamiques du commun croisent des épistémologies qui valorisent l’ancestralité, l’oralité et la mémoire collective, ainsi que le mouvement, la [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133518_a62480ddbb6db2d923ca799be5331220.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133518_a62480ddbb6db2d923ca799be5331220.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Appel à communications </p> <p style="text-align:center;">Colloque international</p> <p style="text-align:center;"><strong>« Pratiques du commun » dans les lettres et les arts afro‑luso‑brésiliens</strong></p> <p style="text-align:center;">Sorbonne Université, les 16 et 17 novembre 2026</p> <p style="text-align:left;">Alors que les notions de communauté, de partage et de création collective occupent une place centrale dans les débats contemporains, ce colloque international propose d’explorer les « pratiques du commun » dans les lettres et les arts afro‑luso‑brésiliens, en interrogeant leurs formes, leurs imaginaires, leurs héritages et dynamiques. La notion de « commun » est ici comprise non comme un bloc homogène et prédéfini – à l’image de ce qui prévaut dans les contextes autoritaires –, mais en tant qu’ensemble de pratiques hétérogènes et en transformation permanente, qui relient, délient et reconfigurent continuellement la relation. Cette perspective s’inspire d’auteurs tels que Pierre Dardot et Christian Laval[1], qui conçoivent le commun comme un principe politique et une pratique instituante, mais également d’approches qui, dans les arts, mettent en avant la dimension relationnelle du processus de création, comme l’a formulé le commissaire d’exposition et historien de l’art français Nicolas Bourriaud en introduisant la notion d’« esthétique relationnelle »[2].</p> <p>Les dynamiques du commun croisent des épistémologies qui valorisent l’ancestralité, l’oralité et la mémoire collective, ainsi que le mouvement, la rencontre et la friction, comme le formule Édouard Glissant dans sa poétique de la Relation[3], ou encore Saidiya Hartman lorsqu’elle pense les formes de vie rebelles de filles noires en révolte[4]. Il s’agit des histoires des vaincus[5], faites de fragments et de ruines, de groupes marginalisés et de géographies périphériques. Le commun se conçoit comme un mode d’existence, une politique sensible qui circule entre les territoires, les langues, les mémoires et façonne les imaginaires. Il se manifeste à la fois dans des pratiques collaboratives et dans des formes de résistance qui contestent les hiérarchies de pouvoir, de valeur et de légitimité, ouvrant la voie à d’autres partages du sensible, pour reprendre l’expression de Jacques Rancière[6], à d’autres modes de distribution du visible et du dicible, ainsi qu’à des formes alternatives, dissensuelles et émancipatrices de production et de diffusion des savoirs.</p> <p>Les mondes lusophones, marqués par des histoires coloniales et postcoloniales contrastées, constituent un terrain privilégié pour interroger les tensions entre uniformisation et dissidence, production du « même » et de l’altérité. Comme l’ont montré les réflexions sur la colonialité du savoir, du pouvoir et de l’être – dont celles d’Aníbal Quijano[7] et de Walter Mignolo[8] – ainsi que les analyses portant sur la persistance des hiérarchies raciales et épistémiques, ces espaces sont traversés par des dynamiques complexes : à la fois productrices d’appartenances et reproductrices de subalternisation, elles renforcent des solidarités tout en révélant des logiques de domination et d’invisibilisation.</p> <p>La critique de la communauté homogène et harmonieuse, telle que l’ont développée Jean‑Luc Nancy et Roberto Esposito, permet de penser le commun comme un champ de frictions, de vulnérabilités et de conflits. Pour Nancy, les grands paradigmes communautaires fondés sur un mythe d’unité, d’essence partagée ou de projet collectif, sont désormais inopérants. Si l’idée de communauté subsiste, c’est comme expression de singularités dans leur « être‑en‑commun »[9], entendu comme une co-présence sans fusion. Quant à Esposito, il montre que la communauté (<em>communitas</em>[10]) ne repose ni sur une identité ni sur un bien partagé, mais sur le <em>munus</em>, c’est‑à‑dire l’obligation et le don qui lient chaque sujet aux autres. À l’inverse, l’<em>immunitas</em>[11] désigne les mécanismes qui soustraient l’individu à cette dette et le protègent du risque inhérent au partage. La contemporanéité se caractérise, selon lui, par une tendance croissante à l’immunisation, qui préserve l’individu mais fragilise le commun en neutralisant la dynamique du don qui fonde la communauté. </p> <p>Penser les pratiques du commun dans les lettres et les arts afro‑luso‑brésiliens implique, dès lors, d’examiner la manière dont les communautés, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, artistiques, de genre ou d’orientation sexuelle, élaborent des formes de vie partagées, tout en affirmant des hétérogénéités, en rendant visibles des inégalités et en luttant contre les processus d’invisibilisation. Comme l’observe Antonio Negri, il s’agit de pratiques qui favorisent l’action collective et la transformation sociale[12]. Dans cette perspective, l’apport des études féministes et queer[13]permet également de montrer que les pratiques du commun se tissent à partir de corps situés, marqués par la différence, traversés par des violences historiques et symboliques, et engagés dans des résistances quotidiennes. En croisant race, classe et genre, bell hooks rappelle que la solidarité, l’écoute et les relations affectives constituent des pratiques collectives essentielles de résistance et de reconstruction de mémoires partagées[14].</p> <p>Dans les différents espaces lusophones, la littérature, les arts visuels, la musique, la performance, les oralités et les archives tissent des manières de créer et d’agir qui nourrissent des imaginaires communs dissensuels, des formes de convivialité et des réseaux de solidarité ouverts. Le commun s’exprime dans le soutien mutuel émancipateur, dans les histoires des vaincus en devenir et dans leurs archives, dans des économies créatives alternatives, dans des poétiques ancrées dans l’imaginaire et la mémoire, ainsi que dans des circulations qui défient les modes institués de distribution des rôles sociaux. Ces pratiques font du commun une force créatrice et transformatrice, une politique inventive du quotidien, une « poéthique »[15] de la présence qui brouille les frontières entre art, vie et communauté. En réunissant différentes voix et perspectives, il s’agit de créer un espace de réflexion transdisciplinaire qui valorise les pratiques d’un commun hétérogène comme axe majeur pour penser aujourd’hui les lettres et les arts afro‑luso‑brésiliens.</p> <p><strong>Axes d’analyse possibles (liste non exhaustive) :</strong></p> <p>-       Épistémologies du commun et poétiques de la relation</p> <p>-       Communautés de mémoire, ancestralité et transmission</p> <p>-       Colonialité, post‑colonialité et décolonialité : reconfigurations du commun</p> <p>-       Territorialités, mobilités et géographies périphériques</p> <p>-       Genre et politiques du corps : appartenances et résistances incarnées</p> <p>-       Groupes marginalisés – genre, race, classe – et leurs (co)dynamiques</p> <p>-       Littérature des périphéries et des mouvements sociaux, slam, poésie oralisée et performée</p> <p>-       Histoire orale et formes collectives de production de mémoire et de savoir historique</p> <p>-       Cinéma communautaire, collectifs d’audiovisuel périphérique</p> <p>-       Esthétiques relationnelles, dispositifs collaboratifs et pratiques de cocréation  </p> <p>—</p> <p><strong>Langues : </strong>français, portugais</p> <p><strong>Lieu : </strong>Sorbonne Université, Salle des actes, 54 rue Saint-Jacques, Paris 5e</p> <p><strong>Dates : </strong>16 et 17 novembre 2026 </p> <p>— </p> <p><strong>Modalités de participation :</strong></p> <p>Soumission des propositions : envoi d’un titre, d’un résumé (max. 500 mots) et d’une brève note biobibliographique (max. 150 mots) avant le 30 avril 2026 à : <a href="mailto:pratiquescommun2026@gmail.com">pratiquescommun2026@gmail.com</a></p> <p>Notification d’acceptation : jusqu’au 15 mai 2026.</p> <p>Confirmation de participation : jusqu’au 30 juin 2026.</p> <p>—</p> <p><strong>Comité scientifique et d’organisation :</strong></p> <p>Maria Araújo da Silva – Sorbonne Université, CRIMIC</p> <p>Maria Benedita Basto – Sorbonne Université, CRIMIC</p> <p>Alberto Da Silva – Sorbonne Université, CRIMIC</p> <p>Mireille Garcia – Sorbonne Université, CRIMIC</p> <p>Rita Novas Miranda – Sorbonne Université, CRIMIC</p> <p><br /> <br />[1] Pierre Dardot, Christian Laval, <em>Commun, Essai sur la révolution au XXI<sup>e</sup> siècl</em>e, Paris, La Découverte, 2014.<br />[2] Nicolas Bourriaud, <em>Esthétique relationnelle</em>, Dijon, Les Presses du réel, 1998.<br />[3] Édouard Glissant, <em>Poétique de la Relation</em>, Paris, Gallimard, 1990 ; Introduction à une Poétique du Divers, Paris, Gallimard, 1996 ; Traité du Tout-Monde, Paris, Gallimard, 1997.<br />[4] Saidiya Hartman, <em>Vies rebelles, Histoires intimes de filles noires en révolte, de radicales queers et de femmes dangereuses</em>, Paris, Seuil, 2024.<br />[5] Walter Benjamin, <em>Sur le concept d’histoire</em>, Paris, Payot-Rivages, 2013.<br />[6] Jacques Rancière, <em>Le Partage du sensible</em>, Paris, La Fabrique, 2000. <br />[7] Anibal Quijano, « ‘Race’ et colonialité du pouvoir », <em>Mouvements</em>, n° 51, 2007, p. 111-118, ˂https://doi-org.ressources-electroniques.univ-lille.fr/10.3917/mouv.051.0111˃<br />[8] Walter Mignolo, Catherine E. Walsh, <em>On Decoloniality: Concepts, Analytics, Praxis</em>, Durham, Duke University Press, 2018 et W. Mignolo, <em>The Politics of Decolonial Investigations</em>, Durham, Duke University Press, 2021.<br />[9] Jean-Luc Nancy, <em>La Communauté désœuvrée</em>, Paris, Christian Bourgeois Éditeur, 1989.<br />[10] Roberto Esposito, <em>Communitas. Origine et destin de la communauté</em>, trad. Nadine Le Lirzin, Paris, PUF, 2000, et <em>Communauté, immunité, biopolitique. Repenser les termes de la politique</em>, trad. de Bernard Chamayou, <br />[San Giovanni], Éditions Mimesis, 2019.<br />[11] Ibid., <em>Immunitas. Protection et négation de la vie</em>, Paris, Seuil, 2021. <br />[12] António Negri, <em>Fabrique de porcelaine. Pour une nouvelle grammaire du politique</em>, Paris, Stock, 2006.<br />[13] Judith Butler, <em>Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity</em>, New York, Routledge, 1990.<br />[14] bell hooks, <em>À propos d’amour</em>, Paris, Éditions Divergences, 2022; <em>Where We Stand: Class Matters</em>, London, Routledge, 2000.<br />[15] Jean-Claude Pinson, <em>À Piatigorsk sur la poésie</em>, Nantes, Éditions Cécile Defaut, 2008.</p> <p> </p> <p>© <em>A City Called Mirage</em>, Kiluanji Kia Henda, 2014</p>]]></content:encoded>
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      <title>Albums de littérature de jeunesse anglophones et enseignement-apprentissage de l’anglais (revue Textes et Contextes)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133516/revue-textes-et-contextes-22-1-albums-de-litterature-de-jeunesse.html</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 11:42:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Faculté des lettres - Université de Lausanne)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>Appel à contributions pour la revue Textes et Contextes (22.1 – juin 2027)  « Albums de littérature de jeunesse anglophones et enseignement-apprentissage de l’anglais » Les albums de littérature de jeunesse sont des œuvres littéraires dont la narration s’appuie sur une iconographie essentielle au déroulé du récit, à son contexte ou à ses personnages. Ils sont manipulables comme des objets – la matérialité de l’album est d’ailleurs une caractéristique particulièrement notable (Ouvrard, 2022) – et l’identité singulière de ces iconotextes s’appuie souvent sur une situation de lecture dialogique : un album se lit/se parle volontiers à plusieurs. Ainsi, dans la mesure où la présence conjointe du texte et des illustrations relève de deux codes sémiotiques différents, la lecture et la discussion autour de l'album nécessite l'activation croisée de deux mécanismes complexes que sont la littéracie verbale et la littéracie visuelle. Dans le cas de l'album sans texte (A Stone for Sascha de Aaron Becker, 2018 ou Migrants d’Issa Watanabe, 2019 par exemple), ce sont les lecteurs qui proposent leur propre script et le verbalisent.  Sachant que le sens doit nécessairement être déployé sur deux axes différents (le visuel et le verbal), les créateurs d'albums ainsi que les professionnels de ce [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133516_eff5a033f501451252abdba471f3eaac.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133516_eff5a033f501451252abdba471f3eaac.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Appel à contributions pour la revue <em>Textes et Contextes</em> (22.1 – juin 2027)</p> <p><strong> « Albums de littérature de jeunesse anglophones et enseignement-apprentissage de l’anglais »</strong></p> <p>Les albums de littérature de jeunesse sont des œuvres littéraires dont la narration s’appuie sur une iconographie essentielle au déroulé du récit, à son contexte ou à ses personnages. Ils sont manipulables comme des objets – la matérialité de l’album est d’ailleurs une caractéristique particulièrement notable (Ouvrard, 2022) – et l’identité singulière de ces iconotextes s’appuie souvent sur une situation de lecture dialogique : un album se lit/se parle volontiers à plusieurs.</p> <p>Ainsi, dans la mesure où la présence conjointe du texte et des illustrations relève de deux codes sémiotiques différents, la lecture et la discussion autour de l'album nécessite l'activation croisée de deux mécanismes complexes que sont la littéracie verbale et la littéracie visuelle. Dans le cas de l'album sans texte (A Stone for Sascha de Aaron Becker, 2018 ou Migrants d’Issa Watanabe, 2019 par exemple), ce sont les lecteurs qui proposent leur propre script et le verbalisent. </p> <p>Sachant que le sens doit nécessairement être déployé sur deux axes différents (le visuel et le verbal), les créateurs d'albums ainsi que les professionnels de ce domaine particulier de l'édition littéraire cultivent l'art du décalage. Parlant de Randolph Caldecott (1846-1886), qu'il considère comme le père de l'album moderne, Maurice Sendak (1988) utilise le mot "syncope", au sens musical du terme, pour définir l'écart rythmique qui existe entre le contenu des images et celui du texte. Image et texte ne sont jamais tout à fait là où on les attend, ne tombent jamais tout à fait sur le même temps ; un décalage original et fructueux surgit entre eux. </p> <p>L'autre force de l’album tient au travail sur les détails et les indices cachés. Il s’agit de poser les yeux sur tout ce qui peut faire sens, comme l'explique Serafini dans Reading the Visual: An Introduction to Teaching Multimodal Literacy (2014) mais aussi d'écouter avec attention les sons de la langue (Orange, Pear, Apple, Bear de Emily Gravett, 2006). Il peut aussi s’agir de repérer l'absence, alors signifiante, d'éléments attendus, de nature visuelle ou verbale. Le lecteur est ainsi entraîné à percevoir et démêler ces indices, à développer des hypothèses et mener un raisonnement. </p> <p>Forme courte, économe, faussement simple, l’album présente en quelques pages, pour chacun de ses titres publiés, un propos singulier. Il existe aujourd'hui une multitude d'albums traitant, avec concision et originalité, d’une grande diversité de sujets, proposant des univers visuels variés, des contenus culturels distincts (Burgain, 2018), et offrant des manières multiples de valoriser la langue (Partridge Salomon, 2019). En anglais, il est évident que l'album, dans sa forme sonore, fait écho aux caractéristiques phonologiques de la langue anglaise. </p> <p>Choisi dans l’optique d’objectifs didactiques précis, un album peut donc se révéler un support d'apprentissage très productif de la maternelle à l'université. Il permet la mise en place d’activités langagières autour de problématiques culturellement riches et de nombreux objectifs appelés "citoyens" dans le cadre institutionnel français, car une des caractéristiques de l'album, contemporain, en particulier, est d'associer les lecteurs aux questions de société (Haaland, Kümmerling-Meibauer et Ommundsen, 2022). C’est cette complexité de l'album qu’il s’agira d’interroger, dans une perspective de didactique de la littérature, pour ce numéro de la revue <em>Textes et Contextes</em>. </p> <p>—</p> <p>Les propositions d’une page maximum, en anglais ou français, devront être envoyées avant le 30 avril 2026 aux directrices scientifiques du numéro (<a href="mailto:veronique.alexandre@unicaen.fr">veronique.alexandre@unicaen.fr</a> ; <a href="mailto:christine.colliere-whiteside@u-bourgogne.fr">christine.colliere-whiteside@u-bourgogne.fr</a> ;  <a href="mailto:elise.ouvrard@unicaen.fr">elise.ouvrard@unicaen.fr</a>) et comprendront un titre, un résumé ainsi qu’une courte biobibliographie. Les articles, une fois les propositions acceptées, pourront être rédigés en anglais ou en français.</p> <p> —</p> <p><strong>Direction scientifique du numéro :</strong></p> <p>Véronique Alexandre, Université de Caen</p> <p>Christine Collière-Whiteside, Université Bourgogne Europe</p> <p>Elise Ouvrard, Université de Caen</p> <p> —</p> <p><strong>Bibliographie :</strong></p> <p> </p> <p>Bang Molly (2016) [1991]. Picture This: How Pictures Work. San Francisco: Chronicle Books. </p> <p> </p> <p>Bland Janice (2013). Children’s Literature and Learner Empowerment: Children and Teenagers in English Language Education. London: Bloomsbury.</p> <p> </p> <p>Burgain Marie-France (2018). Pratiques transfictionnelles en classe de langue à l’école primaire, Recherches en didactique des langues et des cultures, 15-3.</p> <p> </p> <p>Haaland, Gunnar, Kümmerling-Meibauer, Bettina et Ommundsen, Ase (2022). Exploring Challenging Picturebooks in Education. New York: Routledge. </p> <p> </p> <p>Mourão, Sandie. (2023). The effectiveness of picturebooks for intercultural awareness in foreign language education: A scoping study. Zeitschrift für Interkulturellen Fremdsprachenunterricht, 28(1), 173-209.</p> <p>  </p> <p>Nodelman Perry (2008). The Hidden Adult: Defining Children’s Literature. Baltimore: The Johns Hopkins University.</p> <p> </p> <p>Ouvrard Elise (2022). The Children’s Illustrated Literature Book in an Elementary School English Session: An Object Considered in its Materiality? in Bisault Joël, Le Bourgeois Roselyne, Thémines Jean-François, Le Mentec Mickaël and Chauvet-Chanoine Céline (dir.), Objects to Learn About and Objects for Learning: Which Teaching Practices for Which Issues? London: ISTE Group, pp. 3-20.</p> <p> </p> <p>Partridge Salomon Jill Kay (2019) La littérature de jeunesse anglophone dans l’enseignement de l’anglais à l’école primaire, Les Langues Modernes, n° 2, 24-30.</p> <p> </p> <p>Prince Nathalie et Thiltges Sébastian (dir.) (2018). Eco-Graphies – Ecologie et littératures pour la jeunesse. Presses Universitaires de Rennes.  </p> <p> </p> <p>Rose Gillian (2023) [2006]. Visual Methodologies: an introduction to researching with visual materials (5th edition). London: Thousand Oaks.</p> <p> </p> <p>Sendak Maurice (1988). Caldecott &amp; Co.: Notes on Books and Pictures. New York: Farrar Straus &amp; Giroux.</p> <p> </p> <p>Serafini Frank (2014). Reading the Visual: An Introduction to Teaching Multimodal Literacy. New York: Teacher College Press.</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Übersetzen, verlegen, lizenzieren. Der Transfer von Texten im Post-Exil, 1945–1960 (Lausanne)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133529/colloque-international-en-traductologie-ubersetzen-verlegen-lizenzieren-der-transfer-von-texten-im-post-exil-1945-1960.html</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 11:33:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[marc.escola@unil.ch (Université de Lausanne)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133529/colloque-international-en-traductologie-ubersetzen-verlegen-lizenzieren-der-transfer-von-texten-im-post-exil-1945-1960.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>Dans le cadre du projet de recherche subventionné par le FNS, la DFG et le FWF Translation im Post-Exil. Personen, Texte, Verflechtungen 1945–1960 aura lieu à l’Université de Lausanne, du 27 au 29 août 2026, le colloque international Übersetzen, verlegen, lizenzieren. Der Transfer von Texten im Post-Exil (1945–1960).  Le colloque vise à mettre en lumière les différentes variantes et les conditions politiques, économiques et sociales du transfert des textes dans le cadre du post-exil. Les études de cas, tout comme les réflexions théoriques sur le post-exil et du transfert interlingual, transnational et transculturel de textes sont les bienvenues. Les présentations dureront au maximum 30 minutes.  Les propositions d'abstract accompagné d'une petite bio-bibliographie peuvent être envoyées à l'adresse suivante jusqu'au 27 avril 2026 :  pino.dietiker@unil.ch. Pour plus d'informations, consultez le pdf informatif sous : https://www.unil.ch/news/1772553389278</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133529_ca9a99a1c671900c5fa4a78143aa3414.jpeg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133529_ca9a99a1c671900c5fa4a78143aa3414.jpeg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Dans le cadre du projet de recherche subventionné par le FNS, la DFG et le FWF <em>Translation im Post-Exil. Personen, Texte, Verflechtungen 1945–1960</em> aura lieu à l’Université de Lausanne, du 27 au 29 août 2026, le colloque international <em>Übersetzen, verlegen, lizenzieren. Der Transfer von Texten im Post-Exil (1945–1960)</em>. </p> <p>Le colloque vise à mettre en lumière les différentes variantes et les conditions politiques, économiques et sociales du transfert des textes dans le cadre du post-exil. Les études de cas, tout comme les réflexions théoriques sur le post-exil et du transfert interlingual, transnational et transculturel de textes sont les bienvenues. Les présentations dureront au maximum 30 minutes. </p> <p>Les propositions d'abstract accompagné d'une petite bio-bibliographie peuvent être envoyées à l'adresse suivante jusqu'au 27 avril 2026 :  <a href="mailto:pino.dietiker@unil.ch">pino.dietiker@unil.ch</a>.</p> <p>Pour plus d'informations, consultez le pdf informatif sous : <a href="https://www.unil.ch/news/1772553389278">https://www.unil.ch/news/1772553389278</a></p>]]></content:encoded>
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    <item>
      <title>ELiHisp 2026 - Journée d'étude pour jeunes chercheur·se·s en linguistique hispanique (Lyon)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133515/elihisp-2026-journee-d-etude-pour-jeunes-chercheur-se-s-en-linguistique-hispanique.html</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 11:12:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[mihaisorinduma@gmail.com (Mihai Duma)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133515/elihisp-2026-journee-d-etude-pour-jeunes-chercheur-se-s-en-linguistique-hispanique.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>Cette première édition des journées d’étude ELiHisp, née de la volonté de mettre en lumière la richesse et la diversité des études de linguistique hispanique dans l’espace francophone européen, aura lieu le 2 octobre 2026 à Lyon. ELiHisp a pour objectif de permettre à des jeunes chercheur·ses de présenter leur travail de recherche et d’échanger avec les membres de leur communauté scientifique.  Dans cette perspective, nous invitons les jeunes chercheur·ses en linguistique hispanique d’une université intégrée dans l’espace francophone européen, inscrit·es en doctorat ou ayant soutenu leur thèse il y a deux ans maximum, à proposer une communication autour de leur travail de recherche. La diversité des projets scientifiques étant un axe central de cette journée d’étude, nous accueillons toute proposition de communication ayant trait à un ou plusieurs champs de la linguistique (phonétique, phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique, pragmatique, sociolinguistique, analyse du discours, didactique des langues), dans une perspective synchronique (état de langue actuel ou révolu) ou diachronique et portant sur l’espace hispanophone global ou une aire géographique particulière. Les communications pourront également inclure une approche des humanités numériques ou computationnelle, comme la linguistique de corpus. Modalités : La journée d’étude ELiHisp s’adresse aux jeunes chercheur·ses, et les communications collectives [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133515_735ffc85ee78abe2b53850edb60c0b70.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133515_735ffc85ee78abe2b53850edb60c0b70.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Cette première édition des journées d’étude <strong>ELiHisp</strong>, née de la volonté de mettre en lumière la richesse et la diversité des études de linguistique hispanique dans l’espace francophone européen, aura lieu le <strong>2 octobre 2026</strong> à <strong>Lyon</strong>. ELiHisp a pour objectif de permettre à des jeunes chercheur·ses de présenter leur travail de recherche et d’échanger avec les membres de leur communauté scientifique. </p> <p>Dans cette perspective, nous invitons les jeunes chercheur·ses en linguistique hispanique d’une université intégrée dans l’espace francophone européen, inscrit·es en doctorat ou ayant soutenu leur thèse il y a deux ans maximum, à proposer une communication autour de leur travail de recherche. La diversité des projets scientifiques étant un axe central de cette journée d’étude, nous accueillons toute proposition de communication ayant trait à un ou plusieurs champs de la linguistique (phonétique, phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique, pragmatique, sociolinguistique, analyse du discours, didactique des langues), dans une perspective synchronique (état de langue actuel ou révolu) ou diachronique et portant sur l’espace hispanophone global ou une aire géographique particulière. Les communications pourront également inclure une approche des humanités numériques ou computationnelle, comme la linguistique de corpus.</p> <p></p> <p>Modalités :</p> <p>La journée d’étude ELiHisp s’adresse aux jeunes chercheur·ses, et les communications collectives ne seront prises en considération que si tous·tes les intervenant·es remplissent cette condition. </p> <p>Les propositions de communication, rédigées en français ou en espagnol, devront comporter un titre, un résumé de 400 mots maximum (bibliographie exclue), des références bibliographiques et cinq mots-clés. Les propositions devront être anonymisées avant envoi en vue de l’évaluation des soumissions en double aveugle par le comité scientifique. Les communications pourront être présentées en français ou en espagnol et devront correspondre à un format de vingt minutes. </p> <p>La soumission des propositions se fera directement sur le site ELiHisp 2026 (https://elihisp2026.sciencesconf.org/), dans l’onglet Soumission, au format PDF et traitement de texte, au plus tard le 17 avril 2026.</p> <p> </p> <p>Calendrier :</p> <p>Date limite de réception des propositions : 17 avril 2026.</p> <p>Notification d’acceptation des propositions : fin juin 2026.</p> <p>Programme définitif : juillet 2026.</p> <p>  </p> <p>Comité d’organisation :</p> <p>Andrea Condori Diaz (CEL – Université Jean Moulin Lyon 3)</p> <p>Kelían Desnoues (LER – Université Paris 8 &amp; Universidad de Sevilla)</p> <p>Mónica Durán Orozco (CeRLA – Université Lumière Lyon 2)</p> <p>Catline Dzelebdzic (CeRLA – Université de Tours) </p> <p>Yaël Fenelon (ReSO – Université Montpellier Paul Valéry)</p> <p>Félix Le Guen (CEL – Université Jean Moulin Lyon 3)</p> <p> </p> <p>Comité scientifique :</p> <p>Alejandra Barrio García – Université des Antilles</p> <p>Élodie Blestel – Université Sorbonne Nouvelle</p> <p>Mónica Castillo Lluch – Université de Lausanne</p> <p>Juan Carlos De Hoyos – Université Jean Moulin Lyon 3</p> <p>Yekaterina García Markina – Université de Tours</p> <p>Nadège Juan – Université Marie et Louis Pasteur</p> <p>Corinne Mencé Caster – Université Sorbonne Nouvelle</p> <p>Mallorie Labrousse – Université Toulouse Jean Jaurès</p> <p>Marta López Izquierdo – Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis</p> <p>Alexandra Oddo – Université Paris Nanterre</p> <p>Carlota Piedehierro Sáez – Université Paris-Cité</p> <p>Florence Serrano – Université Lyon 2</p> <p>Axelle Vatrican – Université de Toulon</p> <p>José Vicente Lozano – Université de Rouen</p> <p>María Belén Villar Díaz – Université Lumière Lyon 2</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Poétiques de l'appropriation (Ca' Foscari, Venezia) – 19-20 novembre 2026</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133511/poetiques-de-l-appropriation.html</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 10:07:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133511/poetiques-de-l-appropriation.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>Loin d'être un phénomène marginal ou dérivé, l'appropriation s'impose comme un principe structurant de la modernité et de la contemporanéité littéraires, remettant en question les notions d'originalité, d'auctorialité, de propriété textuelle et d'autorité créatrice. Des premières réflexions sur la citation et l'imitation aux théories modernes de l'intertextualité et de la réécriture, la critique littéraire a progressivement déplacé la figure de l'auteur autonome au profit d'une conception relationnelle et palimpsestique du texte. Des interventions fondatrices telles que la critique de la souveraineté auctoriale par Roland Barthes, la théorie de la transtextualité de Gérard Genette et les travaux d'Antoine Compagnon sur la citation et la répétition ont fourni un cadre théorique essentiel pour appréhender la littérature comme une pratique de réemploi et de transformation. La critique anglophone a encore affiné et élargi ces perspectives. La théorie de l'influence de Harold Bloom conceptualise la création littéraire comme une mélecture agonistique ; Linda Hutcheon a théorisé l'adaptation et la parodie comme des modes créatifs et réflexifs ; Julie Sanders a cartographié la réécriture et l'appropriation en tant que pratiques littéraires historiquement situées. Plus récemment, les travaux de Kenneth Goldsmith sur l'écriture non créative ont mis au premier plan l'appropriation comme stratégie esthétique et conceptuelle [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133511_6e1d3d93b711db3dfa24ac75124252ff.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133511_6e1d3d93b711db3dfa24ac75124252ff.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p>Loin d'être un phénomène marginal ou dérivé, l'appropriation s'impose comme un principe structurant de la modernité et de la contemporanéité littéraires, remettant en question les notions d'originalité, d'auctorialité, de propriété textuelle et d'autorité créatrice. Des premières réflexions sur la citation et l'imitation aux théories modernes de l'intertextualité et de la réécriture, la critique littéraire a progressivement déplacé la figure de l'auteur autonome au profit d'une conception relationnelle et palimpsestique du texte. Des interventions fondatrices telles que la critique de la souveraineté auctoriale par Roland Barthes, la théorie de la transtextualité de Gérard Genette et les travaux d'Antoine Compagnon sur la citation et la répétition ont fourni un cadre théorique essentiel pour appréhender la littérature comme une pratique de réemploi et de transformation.</p> <p>La critique anglophone a encore affiné et élargi ces perspectives. La théorie de l'influence de Harold Bloom conceptualise la création littéraire comme une mélecture agonistique ; Linda Hutcheon a théorisé l'adaptation et la parodie comme des modes créatifs et réflexifs ; Julie Sanders a cartographié la réécriture et l'appropriation en tant que pratiques littéraires historiquement situées. Plus récemment, les travaux de Kenneth Goldsmith sur l'écriture non créative ont mis au premier plan l'appropriation comme stratégie esthétique et conceptuelle explicite dans la littérature contemporaine.</p> <p>Dans cette constellation théorique, l'appropriation est ici abordée non pas principalement comme un problème éthique ou juridique — bien que ces questions demeurent pertinentes — mais comme une poétique : un ensemble d'opérations formelles, stylistiques et discursives (citation, allusion, ekphrasis, montage, collage, pastiche, réécriture, sampling, réemploi archivistique) par lesquelles les textes négocient leur rapport aux textes antérieurs, aux genres et aux matériaux culturels. L'appropriation devient ainsi un lieu où la littérature réfléchit sur ses propres conditions de possibilité, sa mémoire et ses modes de transmission.</p> <p>Le colloque cherche à explorer comment ces poétiques de l'appropriation opèrent à travers les genres et les périodes, des réécritures du mythe, des textes sacrés et du canon aux expérimentations modernistes et postmodernes avec la fragmentation et la citation, en passant par les pratiques contemporaines façonnées par la traduction, la remédiation et la textualité numérique.</p> <p>Nous invitons des contributions examinant l'appropriation comme paradigme poétique et théorique central dans les littératures française et anglophone/américaine du XIXe au XXIe siècle, à partir de la lecture rapprochée, de la poétique, de la narratologie, de la théorie intertextuelle, des études sur l'adaptation et de la critique culturelle.</p> <p>Les sujets possibles incluent (sans s'y limiter) :</p> <p>L'appropriation comme principe poétique : modèles théoriques et vocabulaires critiques<br />Réécriture, adaptation et transformation littéraire<br />Intertextualité, transtextualité et formes hypertextuelles<br />Intermédialité, appropriation entre les arts<br />Influence, mélecture et distorsion créatrice<br />Citation, montage, collage et écriture fragmentaire<br />Pastiche, parodie et ironie comme modes d'appropriation critique<br />Traduction, auto-traduction et réécriture interlinguistique<br />Appropriation, auctorialité et autorité textuelle<br />Poétiques de l'appropriation et générations (littéraires)<br />Archives, mémoire et héritage culturel<br />L'appropriation dans l'écriture contemporaine et expérimentale</p> <p>—</p> <p>Veuillez envoyer un résumé de 250 mots en italien, en anglais ou en français avant le 17 mai 2026 aux organisateurs du colloque Simone Francescato, <a href="mailto:simone.francescato@unive.it">simone.francescato@unive.it</a> et Julien Zanetta, <a href="mailto:julien.zanetta@unive.it">julien.zanetta@unive.it</a>.</p> <p>Les notifications d'acceptation seront envoyées avant le 15 juin 2026.</p>]]></content:encoded>
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    </item>
    <item>
      <title>Objets et discours du ressentiment (Brest)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133510/objets-et-discours-du-ressentiment.html</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 09:45:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
      <guid>https://www.fabula.org/actualites/133510/objets-et-discours-du-ressentiment.html</guid>
      <category>fabula_appel</category>
      <description>Colloque international Objets et discours du ressentiment Université de Bretagne Occidentale, Brest, les 21-22 octobre 2026 Loin d’être de l’ordre de l’intime, les études récentes autour de l’émotion, notamment depuis l’affective turn, ont montré la complexité de celle-ci en tant qu’objet d’étude, au croisement de la psychologie, de l’histoire, de la sociologie, de l’anthropologie, des neurosciences, etc. Certes, l’émotion est de l’ordre du subjectif, mais elle a également une dimension collective, sociale et culturelle. Elle est ressentie par le sujet dans son psychisme et son corps, mais sa représentation et sa sémiotisation utilisent des codes linguistiques et sémiotiques propres à une culture, à une époque, à des normes sociales et culturelles qui permettent et valorisent l’expression de certains affects et interdisent et délégitiment d’autres. Ce colloque s'intéresse à une émotion en particulier : le ressentiment.  Souvent perçu comme une émotion négative, une passion mélancolique et « indigne », associée à la victimisation de soi, le ressentiment serait l'affect des individus impuissants, des personnes vulnérables et des perdants au sein de sociétés en pleine mutation et hautement compétitives.  Le problème avec une telle définition réside dans le risque de ne voir certaines critiques des injustices sociales que l’expression d’un affect triste [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/medias/image-defaut.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="image-defaut.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">Colloque international</p> <p style="text-align:center;"><strong>Objets et discours du ressentiment</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Université de Bretagne Occidentale, Brest, les 21-22 octobre 2026</strong></p> <p>Loin d’être de l’ordre de l’intime, les études récentes autour de l’émotion, notamment depuis l’affective turn, ont montré la complexité de celle-ci en tant qu’objet d’étude, au croisement de la psychologie, de l’histoire, de la sociologie, de l’anthropologie, des neurosciences, etc. Certes, l’émotion est de l’ordre du subjectif, mais elle a également une dimension collective, sociale et culturelle. Elle est ressentie par le sujet dans son psychisme et son corps, mais sa représentation et sa sémiotisation utilisent des codes linguistiques et sémiotiques propres à une culture, à une époque, à des normes sociales et culturelles qui permettent et valorisent l’expression de certains affects et interdisent et délégitiment d’autres.</p> <p>Ce colloque s'intéresse à une émotion en particulier : le ressentiment.  Souvent perçu comme une émotion négative, une passion mélancolique et « indigne », associée à la victimisation de soi, le ressentiment serait l'affect des individus impuissants, des personnes vulnérables et des perdants au sein de sociétés en pleine mutation et hautement compétitives.  Le problème avec une telle définition réside dans le risque de ne voir certaines critiques des injustices sociales que l’expression d’un affect triste et mauvais, le ressentiment. La critique sociale sera, alors, réduite à sa dimension affective, ce qui empêche de prendre en compte sa dimension politique et morale. Souvent, les discours qui mobilisent cet affect visent à inverser la hiérarchie des valeurs, à dépeindre les valeurs du groupe dominant comme injustes, iniques, moralement basses, etc., tandis que celles du groupe dominé sont présentées comme les plus pures et les plus moralement acceptables.</p> <p>Par conséquent, loin d'être l'expression de rancune, de jalousie, d'amertume, etc., le ressentiment est un affect moral qui remet en question la hiérarchie des valeurs qui prédominent dans une société à un moment donné et qui appelle à soumettre, dans l’espace public, le système de valeur existant et sa hiérarchie à de nouvelles discussions.</p> <p>Puisque toute émotion est activée et qu’elle est une réponse à un stimulus, nous pouvons poser les questions suivantes : quels stimuli activent le ressentiment ? Quelles sont les raisons qui le fondent ? Quels arguments utilise-t-on pour l’expliquer, le justifier, le disqualifier ?</p> <p>Nous invitons les participantes et les participants à aborder la question du ressentiment, à partir de champs disciplinaires variés, tels que la philosophie, les sciences politiques, la linguistique, la rhétorique, l’analyse du discours, la psychologie, etc., en traitant, à titre d’exemples, des aspects suivants :</p> <p>-       Les métamorphoses du concept de ressentiment</p> <p>-       Les manifestations linguistiques, rhétoriques, discursives de l’expression du ressentiment ;</p> <p>-       Ressentiment et actes du langage</p> <p>-       Les modalités d’auto-attribution et d’alter-attribution du ressentiment</p> <p>-       Les groupes sociaux, politiques qui mobilisent le ressentiment dans leurs discours ;</p> <p>-       Ressentiment et politique</p> <p>-       Valeurs morales, politiques, sociales et ressentiment</p> <p>-       Expressions culturelles et/ou historiques du ressentiment</p> <p>-       Les objets et les catalyseurs du ressentiment</p> <p>-       Etc.</p> <p>— </p> <p><strong>Soumission des résumés</strong> :</p> <p>Nous invitons les participants et les participant.es à soumettre des résumés de 300 mots pour des présentations orales de 30 minutes (25 minutes pour la présentation et 5 minutes pour la discussion) à l’adresse suivante : d&amp;<a href="mailto:o_ressentiment@univ-brest.fr">o_ressentiment@univ-brest.fr</a> </p> <p>Les langues de la conférence sont le français et l'anglais.</p> <p>— </p> <p><strong>Dates importantes </strong>:</p> <p>-        Date limite de soumission des résumés : <strong>21 juin 2026</strong></p> <p>-        Notification d'acceptation : <strong>10 juillet 2026</strong></p> <p>-        Dates de la conférence :<strong> 21-22 octobre 2026</strong>.</p>]]></content:encoded>
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    </item>
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      <title>Éric Vuillard, écrivain : engagement et complexité</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133508/eric-vuillard-ecrivain-engagement-et-complexite.html</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 08:56:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <description>APPEL À CONTRIBUTIONS Colloque international Éric Vuillard, écrivain : engagement et complexité Université Paris Nanterre, 23-25 mars 2027 Éric Vuillard, prix Goncourt 2017, traduit en une quarantaine de langues, est un écrivain qui se tourne vers « les races, les tribus, les continents, l’histoire et la géographie, toujours un champ social[1] » : colonisations (Conquistadors, Congo, Tristesse de la terre, Une sortie honorable et Les Orphelins), révolutions (14 juillet et La Guerre des pauvres), conflits mondiaux (La Bataille d’Occident et L’Ordre du jour). Il est, si ce n’est engagé, du moins « embarqué[2] » à l’extrême gauche d’un champ politique de plus en plus polarisé. Ainsi, de son soutien aux Gilets Jaunes non seulement lors d’un entretien paru dans un journal proche du Comité invisible[3] mais aussi en choisissant de publier La Guerre des pauvres (2019) au moment même de la crise. Par un effet de boucle, la photographie d’un tag rouge sur un mur, « Lisez la guerre des Pauvres. E. VUILLARD », vient illustrer l’interview, tout comme une formule extraite du livre, taguée quant à elle en noir : « Le MARTYR EST UN PIÈGE / Seule la victoire COMPTE ». Plus récemment, il a enjoint dans le [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133508_9a75e497f0b318981cabe3333f1498e3.jpg" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133508_9a75e497f0b318981cabe3333f1498e3.jpg" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p style="text-align:center;">APPEL À CONTRIBUTIONS</p> <p style="text-align:center;">Colloque international</p> <p style="text-align:center;"><strong>Éric Vuillard, écrivain : engagement et complexité</strong></p> <p style="text-align:center;"><strong>Université Paris Nanterre, </strong><strong>23-25 mars 2027</strong></p> <p>Éric Vuillard, prix Goncourt 2017, traduit en une quarantaine de langues, est un écrivain qui se tourne vers « les races, les tribus, les continents, l’histoire et la géographie, toujours un champ social[1] » : colonisations (<em>Conquistadors</em>, <em>Congo</em>, <em>Tristesse de la terre</em>, <em>Une sortie honorable</em> et <em>Les Orphelins</em>), révolutions (<em>14 juillet</em> et <em>La Guerre des pauvres</em>), conflits mondiaux (<em>La Bataille d’Occident</em> et <em>L’Ordre du jour</em>). Il est, si ce n’est engagé, du moins « embarqué[2] » à l’extrême gauche d’un champ politique de plus en plus polarisé. Ainsi, de son soutien aux Gilets Jaunes non seulement lors d’un entretien paru dans un journal proche du Comité invisible[3] mais aussi en choisissant de publier <em>La Guerre des pauvres</em> (2019) au moment même de la crise. Par un effet de boucle, la photographie d’un tag rouge sur un mur, « Lisez la guerre des Pauvres. E. VUILLARD », vient illustrer l’interview, tout comme une formule extraite du livre, taguée quant à elle en noir : « Le MARTYR EST UN PIÈGE / Seule la victoire COMPTE ». Plus récemment, il a enjoint dans le même journal à refuser l’exécution du mandat d’arrêt européen émis par la Hongrie contre un militant antifasciste[4]. L’auteur met donc sa notoriété, acquise par l’écriture, au service de causes politiques.</p> <p>Mais y a-t-il parfaite coïncidence entre son œuvre littéraire et ses partis pris publics ? Ses livres seraient-ils des « romans à thèse[5] » ? Cherche-t-il à épouser la vision des vaincus, contre une histoire qui serait toujours écrite par les vainqueurs, selon les thèses de Walter Benjamin qu’on a coutume de résumer de la sorte[6] ? Si on revient sur la trajectoire de l’écrivain, et sur chaque livre qui la ponctue, alors c’est plutôt un espace remarquable de tensions qui se manifeste, dont une principale entre engagement et complexité, au plan historique, moral et politique, impliquant des « enjeux de représentation, de discours ou de délégation[7] ».</p> <p>Ainsi, Vuillard débute par trois livres, <em>Le Chasseur</em> (1999), <em>Bois vert</em> (2002) et <em>Tohu</em> (2005), qui diffèrent avec la suite de l’œuvre, dont le moment charnière est <em>Conquistadors</em> (2009), tandis que <em>La Bataille d’Occident</em> et <em>Congo</em>, publiés en 2012, en actent le véritable (re)commencement. Certes, <em>Le Chasseur</em> est en partie matriciel, par le couple qu’il met en scène – un prédateur et une proie –, et une dialectique qui transpose celle du maître et de l’esclave. Ce premier livre contient en puissance les innombrables figures d’oppresseur et d’opprimé qu’ausculte Vuillard encore aujourd’hui. Néanmoins, il est difficile après-coup de le rattacher au même auteur. En effet, comme son titre allégorique le suggère, il s’agit d’un bref récit où l’abstraction règne : aucun contexte historique ou géographique n’est précisé. En outre, sans terme assigné, la parabole est amputée de sa morale. Le contraste est encore plus marqué avec <em>Bois vert</em> : mince recueil de poèmes en prose où se condensent les tribulations d’un « je » rimbaldien. <em>Tohu</em> poursuit encore plus radicalement dans cette veine poétique et d’une certaine façon l’épuise. C’est un livre à la fois touffu et fragmentaire, sans fil narratif, juxtaposant des visions cauchemardesques. Le titre résonne avec une œuvre qui semble en quête de sa propre genèse. À l’origine donc, un tohu(-bohu), mais qui reste pour l’instant intérieur.</p> <p>C’est dire la rupture que représente la publication de <em>Conquistadors</em>. Ce livre, qui retrace de façon globalement linéaire sur près de quatre-cents pages la conquête espagnole du Pérou au XVI<sup>e </sup>siècle, délaisse l’expérimentation littéraire au profit de la tradition du roman historique. Après le tohu-bohu poétique, c’est donc un retour à l’ordre narratif. De même, l’angle adopté sur l’Histoire semble clair : « GLORIA VICTIS ! » (« gloire aux vaincus ») est ainsi gravé en majuscules à la dernière page du livre. Il s’agirait, d’un côté, de glorifier les Incas, les Indiens, de l’autre, de détricoter la geste héroïque dont se sont vantés après-coup les conquérants espagnols. Cependant, ce roman historique, premier d’une suite nombreuse, ne cherche en fait nullement à adopter la vision des vaincus : « Ce que faisaient alors les Indiens, nous ne le saurons pas. » (p. 57) Vuillard fait donc un choix : épouser le point de vue de Pizarre, de ses frères, de ses soldats. C’est qu’il présuppose avec eux une plus grande proximité, malgré la distance historique. Outre le fait qu’il appelle à suspendre les jugements moraux vers la fin du récit, il dresse un étonnant parallèle entre l’exécution d’Atahualpa, et celles de Charles I<sup>er </sup>et de Louis XVI, faisant de Pizarre, de façon paradoxale, une figure révolutionnaire inaugurale. En rappelant que parmi les conquistadors nombreux étaient les « bâtards » (p. 181), il laisse entendre que la conquête du Pérou aurait été une façon pour ces hommes de venger leur classe. Ainsi, être aux côtés des conquistadors, ne serait-ce pas déjà être, <em>jusqu’à un certain point</em>, du côté des « pauvres » ?</p> <p>Les livres postérieurs sont traversés à leur tour par une tension entre engagement et complexité qui prend diverses formes et qui varie en intensité. Avec <em>La Bataille d’Occident</em>, qui marque son transfert à Actes Sud, l’image d’un auteur qui revisite les événements du passé à l’aune des luttes du présent commence à se cristalliser. De son côté, <em>Congo </em>abandonne l’amplitude narrative de <em>Conquistadors</em> au profit d’une poétique de la brièveté qu’il va privilégier désormais. Ce n’est plus le récit d’une conquête. C’est une galerie de portraits. Le livre amorce un art où l’auteur excelle – la caricature politique – en s’inscrivant dans la lignée de Daumier et de Philipon[8]. Le ton à dominante satirique laisserait-il moins de place à la nuance ? Que l’on songe au « pharaon du caoutchouc », Léopold II, et à la galerie des impérialistes belges qui couvrent les crimes coloniaux. Si Vuillard les tire de l’oubli, c’est pour mieux les <em>exposer</em>, comme il le fera ensuite avec Buffalo Bill dans <em>Tristesse de la terre</em>, avec le personnel politique de la IV<sup>e</sup> République face à l’Indochine dans <em>Une sortie honorable</em>, ou encore avec les grands patrons allemands ayant financé le parti nazi dans <em>L’Ordre du jour</em>. L’Académie Goncourt récompense alors le livre sans doute le plus univoque de l’auteur, mais pas le moins efficace ni le moins actuel.</p> <p>L’art du portrait littéraire se double de l’<em>ekphrasis</em> de photographies[9]. Sur ce point, <em>Congo</em> n’hésite pas à opérer des montages qui pourraient relever de l’agit-prop. Vuillard s’ingénie à gratter l’aura héroïque ou le vernis de respectabilité sous lesquels se drapent les puissants qui ont commis, fait commettre, cautionné, mis à profit ou blanchi le pire. Les illustrations de jaquette et de couverture jouent désormais un rôle central dans cette visée : Henry Morton Stanley qui pose fusil à la main à côté d’un jeune Africain dans <em>Congo</em>, le couple Jacqueline et Christian de la Croix de Castries, pochette de costume et porte-cigarette aux lèvres, dans <em>Une sortie honorable</em>, ou encore Gustav Krupp, de plain-pied, col blanc, chapeau d’une main, gants de l’autre, dans <em>L’Ordre du jour</em>. <em>Tristesse de la terre</em>, qui intègre des photographies à l’intérieur même du livre, concrétise le type de montage voulu par le narrateur de <em>Congo</em> : alternent une photographie où Buffalo Bill pose avec superbe aux côtés du chef indien Sitting Bull et des photographies de rescapés du massacre de Wounded Knee. C’est <em>La Bataille d’Occident</em> qui avait mis en place une tension entre texte et images : une photographie de gueule cassée venait ironiser les plans calamiteux des stratèges cacochymes de la III<sup>e</sup> République.</p> <p>Ces procédés, qui marquent un point de vue engagé, ne dissipent pas pour autant la complexité historique, morale et politique. Pas plus que <em>Conquistadors</em>, ces livres ne cherchent à épouser la vision des vaincus. Le narrateur reste fasciné par les colonisateurs. Un mélange d’attrait et de répulsion est sensible dans le portrait de « Stanley, le petit gamin de l’orphelinat de Saint-Asaph, avec derrière lui sa blessure secrète, le registre de naissance où il est écrit : “John Rowlands, bâtard”, lui le fils d’ivrogne, abandonné, maltraité, sorti tout droit d’un roman de Dickens » et qui finira en première ligne de la « grande entreprise léopoldienne » (p. 45). L’affinité avec les « orphelins » est déjà ici sous-jacente. On mesure la déception du narrateur face à une trajectoire qui aurait pu être celle d’un Oliver Twist ou d’un David Copperfield, ou mieux encore, d’un Jean Genet, voire d’un révolutionnaire, déception analogue à celle éprouvée face aux conquistadors. De même, certes, <em>Tristesse de la terre</em> reconduit le dessein de <em>Conquistadors</em> : dissiper les mirages de l’épopée, cette fois de la « conquête de l’Ouest » que le <em>Wild West Show</em> de Buffalo Bill a ancrée dans les imaginaires[10]. Cependant, la satire ne va pas aussi loin que <em>Buffalo Bill and the Indians, or Sitting Bull’s History Lesson</em> (1976), film de Robert Altman, emblématique de la contre-culture des seventies. En effet, Vuillard prête à son personnage des moments de lucidité et fait même montre d’une certaine empathie au moment où les divertissements plus modernes ringardisent le <em>Wild West Show</em>.</p> <p><strong>Orientations</strong></p> <p><em>Enjeux stylistiques et morales de la forme</em></p> <p>L’œuvre vuillardienne nécessite par conséquent d’entrer dans les subtilités stylistiques[11], en gardant à l’esprit la « morale de la forme[12] » (Barthes) : dans quelle mesure certains choix formels engagent-ils des choix moraux, voire politiques ? Ceux-ci coïncident-ils ou contredisent-ils ceux-là ? On pourrait partir d’une distinction entre procédés au service d’un engagement (devenir slogan des sentences et maximes, brièveté lapidaire, portraits au vitriol, <em>ekphrasis</em> émouvante de photographies, tonalité ironique, nomination préférée à la suggestion...) et figures de la complexité (aphorismes, discours indirect libre, focalisation interne, modalisations, vocabulaire axiologique qui se nuance, inflexions de la voix narrative, mélange concerté des niveaux de langue...) pour mieux ensuite préciser cette distinction, voire la dialectiser. Ce questionnement concernerait aussi l’expérience de réalisateur de Vuillard, notamment son adaptation, sortie en 2014, d’une nouvelle corse de Prosper Mérimée, <em>Mateo Falcone</em>. Réciproquement, un art du montage inspiré du cinéma nourrit-il son écriture[13] ? L’attention sensible aux paysages naturels, par ailleurs, n’est-elle pas présente de part et d’autre ? N’appellerait-elle pas une approche écopoétique, en complément de la critique d’un capitalisme extractiviste ? Pensons au dernier chapitre de <em>Tristesse de la terre</em>, consacré au premier photographe à avoir fixé sur la pellicule des flocons de neige. De même, l’adaptation de <em>L’Ordre du jour</em> par Jean Bellorini à la Comédie-Française au printemps 2026 invite à se demander si une forme de théâtralité, ou de vision théâtrale de l’Histoire, ne serait pas aussi inhérente à l’écriture vuillardienne. </p> <p><em>Regard panoramique : tohu-bohu et ligne claire</em></p> <p>Un retour sur la période charnière entre, d’un côté, <em>Conquistadors</em>, de l’autre, <em>La Bataille d’Occident</em> et <em>Congo</em>, permettrait d’observer la mue d’une écriture. On pourrait aussi étudier des regroupements : les trois premiers livres, le diptyque des guerres mondiales, celui des révolutions, la pentalogie de la colonisation, au sein de laquelle se distinguent <em>Tristesse de la terre : une histoire de Buffalo Bill Cody</em> et <em>Les Orphelins : une histoire de Billy the Kid</em>. Et s’il est tentant de rapprocher <em>14 juillet</em> et <em>La Guerre des pauvres</em>, force est de constater qu’ils présentent deux images <em>a priori</em> incompatibles du phénomène révolutionnaire[14]. Ces regroupements thématiques ne recoupent pas forcément ceux que l’on peut établir à partir d’aspects davantage formels, autour du portrait littéraire et photographique, ou bien encore des stratégies énonciatives. À ce propos, Vuillard confirme non seulement la « mort de l’auteur » (Barthes) mais aussi celle du « narrateur », congédiant sans ménagement ces « secrets de polichinelle », au profit d’un « je » qui ne laisserait s’interposer entre lui et le lecteur aucun « faux-semblant[15] ». Il convient donc d’interroger l’évolution de la poétique du récit de Vuillard et de son éthos discursif, dans ses mutations, ses ruptures, mais aussi ses éventuelles permanences.</p> <p><em>Réception : entre contestation et consécration</em></p> <p>Dès lors, comment aller au-delà d’un lectorat convaincu par avance de la nécessité de ses combats ? Considérons la réception des livres de Vuillard dans toute sa diversité : de la plus militante à la plus institutionnelle en passant par la presse. Outre le Goncourt, l’auteur a obtenu de nombreux prix (prix de l’inaperçu – Ignatius J. Reilly, prix Franz-Hessel, prix Valery-Larbaud, prix Joseph-Kessel, prix Alexandre-Vialatte, prix Ernst-Bloch). Mais obtenir le Goncourt est une chose. Retrouver des extraits de ses livres tagués sur des murs en est une autre, encore plus rare. C’est la preuve d’un usage politique de l’œuvre, d’une performativité à laquelle aspirent beaucoup d’écrivains, d’une coïncidence fugace avec les « écrits sauvages de la contestation[16] ». Néanmoins, entre ces deux pôles, il ne faudrait pas oublier l’accueil réservé par la presse spécialisée (écrite, radiophonique, en ligne). Quelle image de l’œuvre et de l’écrivain se forge la critique ? Quel type de « posture littéraire[17] » Vuillard construit-il au cours de ses apparitions médiatiques ?</p> <p><em>Pensée de la fiction</em></p> <p>Vuillard n’a encore jamais publié d’essai sur le roman qui théoriserait sa propre pratique. Les moments réflexifs de la sorte sont rares, et d’autant plus précieux, dans ses livres mêmes. En revanche, ses nombreux entretiens accordés à la presse sont devenus le lieu principal d’une pensée originale, mouvante, des rapports entre « réalisme » et « fiction » : « ce qui est intéressant au fond je pense lorsqu’on écrit, si le mot “fiction” est au cœur toujours des opérations en littérature, ou le mot “roman”, c’est parce qu’au fond on est tous prisonniers d’une fausse conscience d’une certaine façon, et donc je crois qu’écrire justement, que ce soit de la littérature ou autre chose, à ce titre, c’est essayer bizarrement de se défaire de la fiction. Alors la fiction peut être un outil pour se défaire d’elle-même, puisqu’il y a différents types de fiction, au fond[18]. » L’abandon de la mention « roman » au profit de la mention « récit » à partir de <em>La Bataille d’Occident</em> ne se réduit donc nullement à un rejet du fictionnel au profit du factuel. Tenter de reconstituer cette pensée complexe de la fiction, mais sans la figer, est donc une autre ambition de ce colloque[19]. </p> <p><em>Frictions épistémologiques</em></p> <p>La polémique avec l’historien américain Robert O. Paxton, consécutive à la traduction en anglais de <em>L’Ordre du jour</em>, n’épuise ni les termes ni le sujet de la discorde[20]. Vuillard a reçu une solide formation en sciences humaines et sociales (DEA d’histoire et civilisations à l’EHESS sous la direction de Jacques Derrida, entre autres), il se documente pour chaque nouveau livre, il voyage dans le monde entier. Ceci le rapproche de beaucoup d’écrivains de sa génération (lui qui est né à Lyon le 4 mai 1968, cela ne s’invente pas). En revanche, il n’écrit pas de récits de voyage. Il n’arpente pas les territoires de l’intime, ni même ne part de l’intime pour élargir la focale vers le politique. Ses livres ne ressemblent pas non plus à des récits d’enquête ni n’entrent dans l’aire d’une littérature factuelle. Ceci le singularise au sein du paysage narratif contemporain. L’œuvre est somme toute difficilement catégorisable. Il nous faut donc interroger ce que Vuillard retient et délaisse, sa façon de traiter le matériau historique, la nécessité qu’il éprouve de s’en détacher partiellement, la force et la tâche aveugle des points de vue qu’il adopte, ou des montages qu’il opère, les résonances qu’il cherche entre ses livres, leur contexte de publication et le dépassement de ce contexte. L’ouvrage de Nathan Wachtel, <em>La vision des vaincus : les Indiens du Pérou devant la Conquête espagnole</em> (1971), a-t-il été pris en compte pour écrire <em>Conquistadors</em> ? Dans quelle mesure <em>Congo</em> participe-t-il à la redécouverte d’une mémoire belge de la colonisation initiée bien en amont par <em>King Leopold’s Ghost</em> (1998) de l’historien américain Adam Hochschild[21] ? C’est donc la question des rapports complexes entre les savoirs et la littérature d’une part, entre la narration historique et la fiction d’autre part, que ne cesse de poser l’œuvre de Vuillard et qui mérite, à ce titre, d’être examinée de près.</p> <p><em>Situations</em></p> <p>Étudier ces différents points saillants de l’œuvre aboutirait enfin à mesurer le rapport de Vuillard à la tradition du roman historique, mais aussi au legs perecquien, puisque Robert Bober lui a rendu un très bel hommage dans <em>Par instants, la vie n’est pas sûre</em> (2020), sensible au souci de nommer les Juifs qui se sont suicidés lors de l’Anschluss dans <em>L’Ordre du jour</em>, d’exhumer les quelques noms propres retrouvés parmi la foule révolutionnaire dans <em>14 juillet</em>, ou encore de s’adresser à un jeune garçon mutilé dans <em>Congo</em>, au point d’inviter Vuillard, après avoir lu <em>Tristesse de la terre</em>, à commenter une photographie de Jean Moulin enfant dans <em>Il y a quand même dans la rue des gens qui passent</em> (2023). Dans cette optique, une attention spéciale devrait se tourner vers son attachement à la description signifiante – lieux, vêtements, objets, détails –, en tant que ceux-ci matérialisent des rapports de force, dans une tradition réaliste et naturaliste qu’il renouvelle à sa manière. Les préfaces que Vuillard a écrites pour une réédition d’<em>Histoire de la colonne infâme </em>(1840) d’Alessandro Manzoni ou pour <em>Lettres à la bien-aimée et autres poèmes</em> (2025) de Thierry Metz incitent à percevoir des affinités entre leurs œuvres respectives. Mais des comparaisons fructueuses pourraient être menées avec des écrivains contemporains qui partagent des combats, des thèmes, un ton ou une pratique du récit analogues (Joseph Andras, Sandra Lucbert, Arnaud Maïsetti, Philippe Videlier...) et le goût de décaper le genre du western (Céline Minard, Christine Montalbetti...), ou bien avec des auteurs ayant abordé de mêmes événements historiques mais selon des options littéraires très différentes (Laurent Binet, Gérard Macé, Pierre Michon, Jean Rouaud, Pierre Senges...).</p> <p>—</p> <p><strong>Format et date-limite d’envoi des propositions :</strong> </p> <p>Les propositions de 2500 à 3000 signes, accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, et au format PDF, sont à envoyer à Alexis Buffet (<a href="mailto:alexis.buffet@univ-lille.fr">alexis.buffet@univ-lille.fr</a>) et Jérémie Majorel (<a href="mailto:jmajorel@parisnanterre.fr">jmajorel@parisnanterre.fr</a>) avant le <strong>23 juin 2026</strong> inclus.</p> <p>Une réponse sera communiquée autour du 23 septembre 2026.</p> <p>—</p> <p><strong>Comité scientifique</strong></p> <p>Hélène Baty-Delalande (maîtresse de conférences, Rennes 2, CELLAM)</p> <p>Ridha Boulaâbi (professeur des universités, Paris Nanterre, CSLF)</p> <p>Alexis Buffet (maître de conférences, Lille, ALITHILA)</p> <p>Laurence Campa (professeure des universités, Paris Nanterre, CSLF)</p> <p>Stéphane Chaudier (professeur des universités, Lille, ALITHILA)</p> <p>Maxime Decout (professeur des universités, Sorbonne, CELLF)</p> <p>Laurent Demanze (professeur des universités, Grenoble Alpes, LITT&amp;ARTS)</p> <p>Jean-François Hamel (professeur des universités, UQAM, FIGURA - Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire)</p> <p>Justine Huppe (chargée de recherches, Liège, FNRS)</p> <p>Jérémie Majorel (professeur des universités, Paris Nanterre, CSLF)</p> <p>Nathalie Piégay (professeure des universités, Genève)</p> <p>Sylvie Servoise (professeure des universités, Le Mans, 3L.AM)</p> <p> —</p> <p><strong>Bibliographie</strong></p> <p><em>Œuvres d’Éric Vuillard</em></p> <p><em>Le Chasseur</em>, Paris, éditions Michalon, 1999 ;</p> <p><em>Bois vert</em>, Paris, éditions Léo Scheer, 2002 ;</p> <p><em>Tohu</em>, Paris, éditions Léo Scheer, 2005 ;</p> <p><em>Conquistadors</em>, Paris, éditions Léo Scheer, 2009 ;</p> <p><em>La Bataille d’Occident</em>, Arles, Actes Sud, 2012 ;</p> <p><em>Congo</em>, Arles, Actes Sud, 2012 ;</p> <p><em>Tristesse de la terre : une histoire de Buffalo Bill Cody</em>, Arles, Actes Sud, 2014 ;</p> <p><em>14 juillet</em>, Arles, Actes Sud, 2016 ;</p> <p><em>L’Ordre du jour</em>, Arles, Actes Sud, 2017 ;</p> <p><em>La Guerre des pauvres</em>, Arles, Actes Sud, 2019 ;</p> <p><em>Une sortie honorable</em>, Arles, Actes Sud, 2022 ;</p> <p><em>Les Orphelins : une histoire de Billy the Kid</em>, Arles, Actes Sud, 2026.</p> <p> —</p> <p><em>Textes en revue</em></p> <p>« Mes rêves entraînent des cataclysmes », <em>Vacarme</em>, n° 11, 2000/1, p. 80 ;</p> <p>« Cris figés par l’ombre : (extraits) », <em>Vacarme</em>, n° 13, 2000/3, p. 72-74 ;</p> <p>« J’ai vécu sous la paupière », <em>Lignes</em>, n° 5, 2001/2, p. 134-145 ;</p> <p>« Le pain et la gloire », <em>En attendant Nadeau</em>, n° 21, 22 novembre 2016, URL : &lt; <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2016/11/22/pain-gloire-london-vuillard/">https://www.en-attendant-nadeau.fr/2016/11/22/pain-gloire-london-vuillard/</a> &gt; ;</p> <p>« Des poignées de corolles… », <em>La Nouvelle Revue française</em>, n° 626, 2017/5, p. 63-71 ;</p> <p>« Titien et la blanchisseuse », <em>Cahiers de L’Herne</em>, « Giono », 2020, p. 181-183 ;</p> <p>« Une simple phrase », <em>La Nouvelle Revue française</em>, n° 657, 2024/1, p. 32-36 ;</p> <p>« Ronan Barrot et l’énigme de la peinture », <em>En attendant Nadeau</em>, n° 215, 25 février 2025, URL : &lt; <a href="https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/02/25/ronan-barrot-et-lenigme-de-la-peinture/">https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/02/25/ronan-barrot-et-lenigme-de-la-peinture/</a> &gt;.</p> <p> —</p> <p><em>Sur Éric Vuillard</em></p> <p><em>Le Matricule des anges</em>, n° 176, « Éric Vuillard fait sa révolution », septembre 2016 ;</p> <p><em>Le Matricule des anges</em>, n° 269, « Éric Vuillard, rendre justice », janvier 2026 ; </p> <p>Alix, Florian, « Éric Vuillard. <em>Congo</em> », <em>Afrique contemporaine</em>, n° 252, 2014/ 4, p. 210-213 ;</p> <p>Autin, Louis, Pierre-Victor Haurens &amp; Yves Schulze, « De la poétique de la foule à la politique de la foule dans <em>14 juillet</em> d’Éric Vuillard », <em>La Révolution française</em>, n° 17, 2020, URL : &lt; <a href="http://journals.openedition.org/lrf/3532">http://journals.openedition.org/lrf/3532</a> &gt; ;</p> <p>Bober, Robert, <em>Par instants, la vie n’est pas sûre</em>, Paris, P.O.L, 2020, p. 237-246 ;</p> <p>–, <em>Il y a quand même dans la rue des gens qui passent</em>, Paris, P.O.L, 2023, p. 189-197 ;</p> <p>Bracher, Nathan, “<em>Learning the Lessons of History and Literature. The case of Éric Vuillard’s</em> L’Ordre du jour”, <em>History &amp; Memory</em>, vol. 31, n° 1, printemps-été 2019, p. 3-24 ;</p> <p>Chaffel, Boris, « Naturalisations : deuil et violence coloniale », <em>Savoirs et Clinique</em>, n° 22, 2017, p. 105-114 ;</p> <p>Demanze, Laurent, « Émeutes historiographiques selon Éric Vuillard (<em>14 juillet</em>) », <em>Diacritik</em>, 1er décembre 2016, URL : &lt; <a href="https://diacritik.com/2016/12/01/emeutes-historiographiques-selon-eric-vuillard-14-juillet/">https://diacritik.com/2016/12/01/emeutes-historiographiques-selon-eric-vuillard-14-juillet/</a> &gt; ;</p> <p>Dion, Robert, « Ce que l’histoire fait à la littérature (et inversement) : <em>L’Ordre du jour</em> d’Éric Vuillard », <em>Roman 20-50</em>, n° 65, 2018/ 2, p. 201-214 ;</p> <p>Huppe, Justine, <em>La littérature embarquée</em>, Paris, Éditions Amsterdam, 2023, p. 92-96 ;</p> <p>Macé, Marielle, « Le chant sinistre de la conquête », <em>Critique</em>, n° 838, 2017/3, p. 202-214 ;</p> <p>Majorel, Jérémie, « Paradoxes de l’empathie : <em>Conquistadors</em>, <em>Congo</em> et <em>Tristesse de la terre</em> d’Éric Vuillard », <em>Itinéraires. Littérature, Textes, Cultures</em>, à paraître au printemps 2026 ;</p> <p>Mannet, Geoffrey, « Jacques Rancière et Éric Vuillard. Des exclus de la fiction à la fiction des exclus », <em>En marge du récit : enjeux critiques de la narration</em>, Marie-Hélène Desmeules, Geoffroy Mannet &amp; Thibault Tranchant (dir.), Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », 2025, p. 167-198 ;</p> <p>Paxton, Robert O., “<em>The Reich in Medias Res</em>”, <em>The New York Review of Books</em>, 6 décembre 2018, URL : &lt; <a href="https://www.nybooks.com/articles/2018/12/06/eric-vuillard-third-reich-medias-res/">https://www.nybooks.com/articles/2018/12/06/eric-vuillard-third-reich-medias-res/</a> &gt; ;</p> <p>Rachebœuf, Sam, « Éric Vuillard et la photographie ‒ l’album de notre modernité », <em>Loxias</em>, n° 70, 2020, URL : &lt; <a href="https://epi-revel.univ-cotedazur.fr/publication/item/5977">https://epi-revel.univ-cotedazur.fr/publication/item/5977</a> &gt; ;</p> <p>Ritz, Olivier, « Un <em>14 juillet</em> de combat », <em>Écrire l’histoire</em>, n° 18, 2018, p. 209-211 ;</p> <p>–, « Compte-rendu de la table ronde autour du récit d’Éric Vuillard, <em>14 juillet</em>, Paris Diderot, 9 juin 2017 », URL : ;</p> <p>Schoentjes, Pierre, « Regards romanesques sur la Grande Guerre : Échenoz, Vuillard et les arts visuels », dans <em>Le roman français contemporain face à l’Histoire : thèmes et formes</em>, Gianfranco Rubino &amp; Dominique Viart (dir.), Macerata, Quodlibet, 2014, p. 259-274 ;  </p> <p>–, « <em>14 juillet</em> : réinventer le mythe », <em>Critique</em>, n° 840, 2017/5, p. 402-413 ;</p> <p>Traverso, Enzo, <em>Passés singuliers : le « je » dans l’écriture de l’histoire</em>, Montréal, Lux, 2020 [développements sur L’Ordre du jour] ;</p> <p>Von Tschilschke, Christian, « Panorama et recadrage. La mise en récit de l’Histoire dans <em>Conquistadors</em> (2009) d’Éric Vuillard », dans <em>Le roman contemporain à l’épreuve du temps : configurations et défigurations narratives</em>, Jochen Mecke &amp; Anne-Sophie Donnarieix (dir.), Berlin et al., Peter Lang, 2025, p. 83-96 ;</p> <p>Wesley, Bernabé, « De mémoire vulnérable : le massacre des Sioux dans <em>Tristesse de la terre</em> d’Éric Vuillard », <em>ELFe xx-xxi</em>, n° 9, 2020, URL : &lt; <a href="http://journals.openedition.org/elfe/2562">http://journals.openedition.org/elfe/2562</a> &gt;.</p> <p>—<br /> <br />[1] Gilles Deleuze, <em>Pourparlers</em>, Paris, Minuit, 2003 [1990], p. 197. Nous écririons aujourd’hui : les procédés de racisation de l’autre.  <br />[2] Voir les pages que Justine Huppe consacre à Vuillard dans <em>La littérature embarquée</em>, Paris, éditions Amsterdam, 2023, p. 92-96.<br />[3] « Dialogue avec Éric Vuillard », <em>lundimatin</em>#182, 10 mars 2019, URL : &lt; <a href="https://lundi.am/Dialogue-avec-Eric-Vuillard">https://lundi.am/Dialogue-avec-Eric-Vuillard</a> &gt;.<br />[4] « La justice ne serait-elle plus qu’un mot en Europe ? Éric Vuillard sur l’affaire “Gino” », <em>lundimatin</em>#466, 14 mars 2025, URL : &lt; <a href="https://lundi.am/La-justice-ne-serait-elle-plus-qu-un-mot-en-Europe">https://lundi.am/La-justice-ne-serait-elle-plus-qu-un-mot-en-Europe</a> &gt;.<br />[5] Susan Rubin Suleiman, <em>Le roman à thèse ou l’autorité fictive</em>, Paris, Classiques Garnier, 2018 [1988].<br />[6] Walter Benjamin, <em>Sur le concept d’histoire</em>, trad. de l’allemand par Olivier Mannoni, Paris, Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot », 2017 [1942].<br />[7] « L’opuscule de Vuillard [<em>La Guerre des pauvres</em>] [...] montre bien que les enjeux de représentation, de discours ou de délégation sont à restituer à leur complexité et à leur matérialité » (Justine Huppe, <em>La littérature embarquée</em>, <em>op. cit.</em>, p. 92).<br />[8] Il établit cette filiation dans un entretien, <em>La Marche de l’histoire</em>, France inter, 09 novembre 2017, URL : &lt; <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-marche-de-l-histoire/eric-vuillard-goncourt-avec-l-ordre-du-jour-3745535">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-marche-de-l-histoire/eric-vuillard-goncourt-avec-l-ordre-du-jour-3745535</a> &gt;.<br />[9] Voir Sam Rachebœuf, « Éric Vuillard et la photographie ‒ l’album de notre modernité », <em>Loxias</em>, n° 70, 2020, URL : &lt; <a href="https://epi-revel.univ-cotedazur.fr/publication/item/5977">https://epi-revel.univ-cotedazur.fr/publication/item/5977</a> &gt;.<br />[10] Voir Bernabé Wesley, « De mémoire vulnérable : le massacre des Sioux dans <em>Tristesse de la terre</em> d’Éric Vuillard », <em>ELFe xx-xxi</em>, n° 9, 2020, URL : &lt; <a href="http://journals.openedition.org/elfe/2562">http://journals.openedition.org/elfe/2562</a> &gt;.<br />[11] Ce qu’amorcent ces deux articles : Marielle Macé, « Le chant sinistre de la conquête », <em>Critique</em>, n° 838, 2017/3, p. 202-214 ; Louis Autin, Pierre-Victor Haurens &amp; Yves Schulze, « De la poétique de la foule à la politique de la foule dans <em>14 juillet</em> d’Éric Vuillard », <em>La Révolution française</em>, n° 17, 2020, URL : &lt; <a href="http://journals.openedition.org/lrf/3532">http://journals.openedition.org/lrf/3532</a> &gt;.<br />[12] Voir à ce propos Claude Coste, <em>Morales de la forme</em>, Paris, Classiques Garnier, coll. « Études de littérature des XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles », 2022.<br />[13] Voir Pierre Schoentjes, « Regards romanesques sur la Grande Guerre : Échenoz, Vuillard et les arts visuels », dans <em>Le roman français contemporain face à l’Histoire : thèmes et formes</em>, Gianfranco Rubino &amp; Dominique Viart (dir.), Macerata, Quodlibet, 2014, p. 259-274 ; Christian Von Tschilschke, « Panorama et recadrage. La mise en récit de l’Histoire dans <em>Conquistadors</em> (2009) d’Éric Vuillard », dans <em>Le roman contemporain à l’épreuve du temps : configurations et défigurations narratives</em>, Jochen Mecke &amp; Anne-Sophie Donnarieix (dir.), Berlin et al., Peter Lang, 2025, p. 83-96.<br />[14] Voir Laurent Demanze, « Émeutes historiographiques selon Éric Vuillard (<em>14 juillet</em>) », <em>Diacritik</em>, 1er décembre 2016, URL : &lt; <a href="https://diacritik.com/2016/12/01/emeutes-historiographiques-selon-eric-vuillard-14-juillet/">https://diacritik.com/2016/12/01/emeutes-historiographiques-selon-eric-vuillard-14-juillet/</a> &gt; ; Olivier Ritz, « Un <em>14 juillet </em>de combat », <em>Écrire l’histoire</em>, n° 18, 2018, p. 209-211 ; Pierre Schoentjes, « <em>14 juillet</em> : réinventer le mythe », <em>Critique</em>, n° 840, 2017/5, p. 402-413.<br />[15] <em>Le Matricule des anges</em>, n° 176, « Éric Vuillard fait sa révolution », septembre 2016, p. 22.<br />[16] Voir le colloque du même nom en ligne sur<em> Fabula</em>, URL : &lt; <a href="https://www.fabula.org/colloques/sommaire9277.php">https://www.fabula.org/colloques/sommaire9277.php</a> &gt;.<br />[17] Jérôme Meizoz, <em>Postures littéraires : mises en scène modernes de l’auteur</em>, Genève, Éditions Slatkine, 2007.<br />[18] L<em>a Marche de l’histoire</em>, entretien cité.<br />[19] Les interviews de Vuillard disponibles en podcast sur France inter ou sur France culture fournissent un matériau déjà conséquent, voir URL : &lt; <a href="https://www.radiofrance.fr/personnes/eric-vuillard?p=2">https://www.radiofrance.fr/personnes/eric-vuillard?p=2</a> &gt;. On remarquera un tic de langage oral, l’expression « au fond », dans les réponses de l’auteur, assez en phase avec l’archéologie des événements du passé à laquelle il s’adonne, sa pulsion d’excavation des intérêts qu’ils recouvrent.<br />[20] Voir Robert O. Paxton, “<em>The Reich in Medias Res</em>”, <em>The New York Review of Books</em>, 6 décembre 2018 ; Éric Vuillard, “<em>Novels as History</em>”, <em>The New York Review of Books</em>, 7 février 2019. Tandis que l’un taxe la prose de l’écrivain de « dogmatique » (“<em>opinionated</em>”), l’autre rappelle l’engagement colonialiste de son maître Raoul Girardet. Voir aussi ces deux lectures différentes du même livre : Robert Dion, « Ce que l’histoire fait à la littérature (et inversement) : <em>L’Ordre du jour</em> d’Éric Vuillard », <em>Roman 20-50</em>, n° 65, 2018/ 2, p. 201-214 ; Nathan Bracher, “<em>Learning the Lessons of History and Literature. The case of Éric Vuillard’s</em> L’Ordre du jour”, <em>History &amp; Memory</em>, vol. 31, n° 1, printemps-été 2019, p. 3-24.<br />[21] Voir Florian Alix, « Éric Vuillard. <em>Congo</em> », <em>Afrique contemporaine</em>, n° 252, 2014/ 4, p. 210-213.</p>]]></content:encoded>
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      <title>Récits de l’indice : inférences, traces, interprétation (revue Gentes)</title>
      <link>https://www.fabula.org/actualites/133526/recits-de-l-indice-inferences-traces-interpretation.html</link>
      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 05:39:00 +0100</pubDate>
      <dc:creator><![CDATA[escola@fabula.org (Marc Escola)]]></dc:creator>
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      <category>fabula_appel</category>
      <description>APPEL À CONTRIBUTIONS – GENTES, Vol. XIII, n° 13/2026 Date limite pour l’envoi des résumés : 15 avril 2026 Notification d’acceptation : 20 avril 2026 Date limite pour l’envoi des articles : 30 septembre 2026 Institution : Université pour Étrangers de Pérouse Contact : gentes@unistrapg.it — Récits de l’indice : inférences, traces, interprétation Au-delà de la commémoration : cinquante ans après la disparition d’Agatha Christie, Gentes propose un numéro thématique consacré au rapport entre le roman policier classique et les formes de l’indice, en mettant l’accent sur ses implications narratives, épistémologiques et culturelles. Plutôt que de reconduire Christie aux limites d’une catégorie générique, ce numéro envisage son oeuvre comme un terrain privilégié pour interroger les modalités selon lesquelles les sociétés modernes construisent, organisent et légitiment le savoir à partir de traces, de signaux, d’inférences et d’effets stratégiques de transparence. L’objectif n’est pas de nature commémorative, mais critique : le roman policier est ici envisagé comme un modèle permettant de comprendre comment la vérité est produite, négociée et rétrospectivement stabilisée. Le paradigme indiciaire — dans ses dimensions anthropologiques, narratives et culturelles — constitue le cadre d’analyse des textes de Christie comme des régimes plus larges d’interprétation. Le numéro privilégie des contributions théoriquement fondées et méthodologiquement [...]</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://www.fabula.org/actualites/documents/133526_f834f89133c4e43631144a9c8f10070c.png" style="max-width:256px;width:90%;margin-left:auto;margin-right:auto;" alt="133526_f834f89133c4e43631144a9c8f10070c.png" /></p> <p style="text-align:center;">**</p> <p><strong>APPEL À CONTRIBUTIONS – <em>GENTES,</em> Vol. XIII, n° 13/2026</strong></p> <p>Date limite pour l’envoi des résumés : <strong>15 avril 2026</strong></p> <p>Notification d’acceptation : <strong>20 avril 2026</strong></p> <p>Date limite pour l’envoi des articles :<strong> 30 septembre 2026</strong></p> <p>Institution : <strong>Université pour Étrangers de Pérouse</strong></p> <p>Contact : <a href="mailto:gentes@unistrapg.it">gentes@unistrapg.it</a></p> <p><em>—</em></p> <p><em><strong>Récits de l’indice : inférences, traces, interprétation</strong></em></p> <p>Au-delà de la commémoration : cinquante ans après la disparition d’Agatha Christie, Gentes propose un numéro thématique consacré au rapport entre le roman policier classique et les formes de l’indice, en mettant l’accent sur ses implications narratives, épistémologiques et culturelles.</p> <p>Plutôt que de reconduire Christie aux limites d’une catégorie générique, ce numéro envisage son oeuvre comme un terrain privilégié pour interroger les modalités selon lesquelles les sociétés modernes construisent, organisent et légitiment le savoir à partir de traces, de signaux, d’inférences et d’effets stratégiques de transparence.</p> <p>L’objectif n’est pas de nature commémorative, mais critique : le roman policier est ici envisagé comme un modèle permettant de comprendre comment la vérité est produite, négociée et rétrospectivement stabilisée. Le paradigme indiciaire — dans ses dimensions anthropologiques, narratives et culturelles — constitue le cadre d’analyse des textes de Christie comme des régimes plus larges d’interprétation.</p> <p>Le numéro privilégie des contributions théoriquement fondées et méthodologiquement explicites portant notamment sur :</p> <p>• les structures formelles du roman policier classique et les logiques de l’indice ;<br />• les épistémologies de la trace entre littérature, sciences sociales et modèles inférentiels ;<br />• manipulation, tromperie et construction rétrospective de la vérité dans le roman à énigme ;<br />• perspectives sémiotiques (Eco, modèle coopératif, codage de l’évidence, limites de l’interprétation) ;<br />• figures de l’enquêteur et formes de rationalité narrative ;<br />• Christie dans la culture visuelle et médiatique (adaptations, sérialité, true crime) ;<br />• le policier comme dispositif social (ordre, soupçon, communautés closes) ;<br />• transformations de l’énigme classique dans les narrations contemporaines.</p> <p>Les contributions mettant Christie en dialogue avec d’autres champs (visual studies, narration numérique, histoire des sciences, gender studies) sont également bienvenues, à condition qu’elles s’inscrivent explicitement dans le cadre théorique proposé.<br /><strong></strong></p> <p>—</p> <p><strong>Modalités de soumission</strong></p> <p>Les résumés (<strong>300 mots maximum</strong>), rédigés en italien et en anglais, accompagnés de quatre mots-clés et d’une brève notice biobibliographique, doivent être envoyés à <a href="mailto:gentes@unistrapg.it">gentes@unistrapg.it</a> avant le <strong>15 avril 2026.</strong></p> <p>La notification d’acceptation sera communiquée avant le <strong>20 avril 2026.</strong></p> <p>Les articles, conformes aux normes éditoriales de la revue, devront comporter <strong>entre 20 000 et 50 000 signes</strong> (espaces compris) et être envoyés avant le <strong>30 septembre 2026</strong>. Les propositions ne respectant pas ces normes ne seront pas prises en considération.</p> <p>L’objet du courriel devra contenir le nom de famille de l’auteur et le titre de l’article. Les propositions dans des langues autres que l’italien sont encouragées.</p> <p>Les articles feront l’objet d’une évaluation en double aveugle et seront classés comme suit:<br />a) acceptés ;<br />b) acceptés avec demandes de modification ;<br />c) refusés.<br />Les résultats de l’évaluation seront communiqués dans des délais permettant aux auteurs de réviser leur texte.</p> <p>—</p> <p><strong>Comptes rendus, notes, entretiens</strong></p> <p>Les propositions de comptes rendus, notes ou entretiens en lien avec le thème du numéro (<strong>10 000 signes maximum, espaces compris</strong>) peuvent être envoyées en pièce jointe au format .doc à <a href="mailto:gentes@unistrapg.it">gentes@unistrapg.it</a>, accompagnées d’une brève notice biographique.</p> <p>Le comité éditorial communiquera sa décision dans des délais rapides.</p>]]></content:encoded>
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